[Ardèche] les expositions d’art contemporain de la saison hivernale 25/26 au château d’Aubenas

Il y a environ un an, j’étais allée découvrir le château d’Aubenas, en Ardèche. Après plusieurs années de fermeture et de travaux, le château a en effet été transformé. Abritant autrefois les services municipaux de la ville, il est devenu un centre d’art contemporain. L’hiver dernier, les expositions proposées ne m’avaient pas vraiment touchée. Je n’avais pas eu l’occasion d’y retourner pour voir la programmation estivale, mais en ce début d’année, les images et impressions partagées par une copine m’avaient convaincue d’y retourner. Comme l’an dernier, il y plusieurs expositions en parallèle. En voici un rapide tour d’horizon.

la façade du château d'Aubenas
Le château d’Aubenas : un écrin patrimonial pour de l’art contemporain

Canicules, de Baptiste Caccia

Baptiste Caccia est un artiste français né en 1988. Canicules est sa première exposition institutionnelle. Il travaille avec la technique de la sérigraphie, explorant les limites de cette pratique, et lui adjoignant la peinture et jouant sur les superpositions. Ses œuvres s’appuient sur des photographies qu’il a lui même prises ou des images issues de la presse ou du patrimoine. Le résultat est à la fois extrêmement hétérogène car il n’y a pas de vrai sujet de prédilection, et complètement homogène par les techniques mise en œuvre. L’ordre de présentation des œuvres dans les salles a même été tiré au sort par l’artiste, pour ajouter à ce jeu entre homogénéité et hétérogénéité. On notera toutefois un motif récurrent autour de la mort, et en particulier des danses macabres. J’ai apprécié la sensibilité du travail de Baptiste Caccia sur l’ensemble des tableaux présentés.

entrée de l'exposition Canicules de Baptiste Caccia au château d'Aubenas en février 2026
J’ai particulièrement aime la façon dont les intempéries ont fait évoluer les éléments du panneau d’accueil de l’exposition Canicules de Baptiste Caccia, comme un écho inversé au titre de l’exposition.
œuvre de Baptiste Caccia
J’ai vu dans cette œuvre une réinterprétation des Nymphéas de Monet. Ce qui est intéressant, c’est qu’une autre œuvre de l’exposition est réalisée à partir d’une photo d’une amie de Baptiste Caccia regardant les Nymphéas et qu’une troisième œuvre a été élaborée à partir de l’image d’une affiche de l’exposition qui s’est tenue au Musée d’Orsay en 2024 et intitulée « Paris 1874 – inventer l’impressionnisme »

En s’approchant de ce tableau, on peut deviner une inscription en rose sur rose : « Mensonge. Comme les pensées de l’ivrogne et du sage »

Je suis verticale, mais… – exposition collective

L’exposition collective Je suis verticale, mais… propose des œuvres de plusieurs artistes féminines regroupées sous le titre d’un poème de Silvia Plath. Dans ce texte, l’autrice parle de sa volonté de se fondre dans la nature horizontale, d’y acquérir une forme d’immortalité. L’exposition permet de découvrir le travail de Nadia Ayari, Molly Greene, Rose Lowder, Isa Melsheimer, Emma Reyes et Jacqueline Sotta, représentant la nature, et évoquant notre lien avec elle. J’ai eu un coup de cœur pour les céramiques d’Isa Melsheimer, et en particulier pour une guirlande évoquant des fleurs qui occupe à elle seule quasiment une pièce entière.

signalétique dans l'exposition "Je suis verticale mais"
Quand la signalétique de l’exposition peut prêter à double sens…

La vie devant soi, photographies de Gilbert Garcin

Je ne connaissais pas le travail de Gilbert Garcin, ancien cadre de l’industrie qui s’est mis à la photographie lorsqu’il a pris sa retraite. Il a créé un univers délicieusement surréaliste, mettant en scène son alter ego Mister G dans des situations improbables, souvent secondé par son épouse Monique. Loin des retouches et traitements actuels par ordinateur, tout son travail repose sur des mises en scène réelles à partir de petits objets et de figurines qu’il créait lui-même. La façon de mettre en lumière ces saynètes et de les photographier en noir et blanc (à l’argentique) apporte une touche un brin désuète mais vraiment charmante. L’ensemble pourrait évoquer l’univers de Jacques Tati et son Monsieur Hulot, mais se révèle en fait extrêmement personnel.


Escalier d'honneur du château d'Aubenas
Depuis la cour du château, accéder aux étages par l’escalier du XVIIe siècle ou se rendre sur la terrasse

Informations pratiques :

Ces expositions sont présentées jusqu’au 8 mars 2026 au château d’Aubenas. Les conditions de visite (horaires, tarifs…), ainsi que les animations et visites guidées, sont détaillées sur le site internet du château.
A mon sens, ces trois expositions ne présentent pas d’images pouvant heurter les personnes sensibles et peuvent donc être visitées avec des enfants. Si vous y êtes allés et avez un avis différent, je vous propose d’échanger dans les commentaires.

vue sur la montagne ardéchoise depuis le château d'Aubenas
Depuis la terrasse, jeter un coup d’œil à la montagne ardéchoise enneigée


Château d’Aubenas – Ardèche – février 2026

2 réflexions sur « [Ardèche] les expositions d’art contemporain de la saison hivernale 25/26 au château d’Aubenas »

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