[Bretagne x Normandie] 4 idées pour un été culturel

Je reviens régulièrement dans ma région d’origine, à cheval entre Bretagne et Normandie, pour des vacances en famille. Si nous faisons beaucoup de sorties nature pour profiter des beaux jours, nous ne limitons pas les sorties culturelles aux jours de pluie. Donc, cet été, même si nous n’avons pas vu une seule goutte tomber du ciel, nous avons aussi fait quelques visites de châteaux et musées. Nous avons également fait notre désormais traditionnelle sortie en soirée au Mont Saint Michel pour y profiter de la visite nocturne. Petit tour d’horizon de nos redécouvertes estivales.

Le Mont Saint Michel
Une visite au Mont Saint Michel

Colorama, pour passer une soirée magique au Mont Saint Michel

L’un de nos plaisirs estivaux consiste à découvrir le Mont Saint Michel autrement, lors d’une visite nocturne. Le parcours et les installations changent presque chaque année, et c’est donc une toute nouvelle scénographie à laquelle nous avons eu droit. Après l’onirique Rêves de Lune l’an dernier, place à la couleur avec Colorama cette année. Au fil d’une déambulation dans les différents espaces de l’abbaye, nous découvrons des installations lumineuses et colorées. Certaines sont interactives et invitent le public à se mouvoir pour déclencher des jeux de lumière. D’autres sont contemplatives et offrent des pauses bienvenues. Enfin, le clou du spectacle se joue dans l’abbatiale qui se pare de mille feux dans une mise en scène extravagante et complètement immersive.

Colorama au Mont Saint Michel
Dès l’entrée, le ton est donné !
coucher de soleil dans la baie du Mont Saint Michel
Pendant que nous attendions la tombée de la nuit dans le cloître, le ciel nous a aussi offert un magnifique spectacle dans la Baie

(*) Colorama s’est terminé le 31 août 2026. Il faudra maintenant attendre l’été prochain pour découvrir si cette version est prolongée ou si de nouvelles installations sont proposées.

Le musée des Beaux-Arts de Rennes, pour revoir des tableaux exceptionnels

J’avais découvert le musée des Beaux Arts de Rennes lorsque j’étais étudiante, à l’occasion d’une visite guidée organisée par notre prof de français (notre thème de l’année était « L’œuvre d’art » avec comme livres à étudier : Lettres à un jeune poète de Rilke, Gambara de Balzac et A l’ombre des jeunes filles en fleurs de Proust). A cette époque, le musée partageait les locaux avec le musée de Bretagne. Ce dernier ayant déménagé aux Champs Libres en 2006, le musée des Beaux Arts a pu investir plus d’espaces dans le bâtiment historique du quai Emile Zola. Nous y étions allés en famille il y a une dizaine d’années. Cette année, Melle 3e souhaitait y retourner. Je gardais de ma dernière visite une impression de fatigue visuelle que j’avais alors attribuée aux murs assez sombres (gris et rouge). Je pense maintenant que c’est plutôt lié à l’éclairage qu’à la couleur des murs.

Le musée possède une belle collection d’art contemporain. Nous avons cependant centré notre visite sur les salles dites d’art ancien, qui couvrent la période de la fin du Moyen-Âge au XIXe siècle. C’était en particulier pour moi l’occasion de revoir deux tableaux que j’apprécie particulièrement : La Chasse au Tigre de Rubens et le Nouveau-Né de Georges de la Tour. Je suis sous le charme à chaque fois que je les vois (même quand les conditions de visite ne sont pas bonnes comme c’était le cas lors de l’exposition George de la Tour au Musée Jacquemart André à Paris). L’ensemble de la collection ne se résume cependant pas à ces deux œuvres majeures et l’on peut « croiser » beaucoup d’artistes connus au fil des salles : Maurice Denis, Sisley, Caillebotte…

Tableau Le Nouveau Né de Georges de la Tour
Le Nouveau-Né de Georges de la Tour
œuvre d'orfèvrerie au musée des beaux arts de Rennes
Orfèvrerie et tableaux dans les salles du musée des Beaux Arts de Rennes

(*) Les conditions de visite du musée des Beaux Arts de Rennes sont à retrouver sur leur site internet. L’accès aux collections permanentes est gratuit pour tous. Le bâtiment du quai Emile Zola n’est pas climatisé et le jour de notre passage, il y faisait extrêmement chaud.

palais Saint Georges à Rennes
En sortant du musée, nous avons traversé la Vilaine pour aller faire quelques achats dans une librairie. Nous en avons profité pour passer par le jardin du palais Saint Georges.

Le château des Rochers, pour retrouver Madame de Sévigné

Cette année marque les 400 ans de la naissance de la Marquise de Sévigné (je vous en avais parlé à l’occasion d’une journée passée à Grignan). Il se trouve que la famille des Sévigné est une famille bretonne, et que c’est uniquement suite au mariage de la fille de Madame de Sévigné avec François Adhémar Monteil de Grignan que le destin de la Marquise se retrouve lié à la Provence. Le château familial des Sévigné est situé à côté de Vitré. Suite son veuvage, mère de deux jeunes enfants, Madame de Sévigné s’occupera de la gestion du domaine des Rochers. Elle participera au dessin des jardins et du parc, nommant les allées de façon parfois poétique, parfois très cynique. Elle fera ériger une nouvelle chapelle. Et surtout elle y passera beaucoup de temps, plus même qu’à Grignan où elle finira ses jours chez sa fille. Aujourd’hui, le château des Rochers est toujours une propriété privée, habitée. Cependant, quelques espaces dédiés à la Marquise de Sévigné se visitent. Si la visite est intéressante, elle reste assez superficielle et ne permet pas vraiment de plonger dans le quotidien de Madame de Sévigné. De plus, j’ai été assez surprise que cet anniversaire des 400 ans ne soient pas plus utilisés par Vitré pour la mise en valeur de son histoire.

La chaleur nous a un peu dissuadées de prolonger notre visite à Vitré par le château des Barons, au cœur de la ville. Nous avons cependant un peu flâné dans les rues bordées de maisons à pans de bois.

(*) Le château des Rochers se découvre uniquement en visites guidées, organisées par l’office de tourisme.

La vieille ville de Fougères, pour faire le tour du château

Nous avions une course à faire à Fougères et nous en avons profité pour refaire la balade que je faisais régulièrement avec mes copains le midi quand j’étais au lycée. Pour des raisons pratiques, nous ne sommes pas parties depuis le lycée mais depuis le parking du château. Nous avons donc commencé par longer le château avant de nous faufiler dans les ruelles de la basse ville. De là, nous avons gagné le jardin public où nous avons profité de l’une des plus belles vues sur le château, et de l’une des montées les plus raides vers la haute ville. La chaleur était bien présente mais avec l’ombre des arbres, cela rendait les choses un peu moins pénibles (une variante consiste à passer par la rue qui borde le jardin public : la pente y est – un peu – moins raide, mais l’ombre absente).

Une fois dans le haut du jardin public, nous ne sommes cependant pas redescendues vers le lycée mais avons opté pour un tour dans la haute ville (et un rafraichissement bien mérité dans un bar). Nous avons terminé la boucle en descendant vers le château par la rue de la Pinterie, une des plus verticales de la ville. Cette fois, nous n’avons pas visité le château mais si vous ne le connaissez pas encore, il vaut vraiment la peine de s’y attarder.


Mont Saint Michel – Manche
Rennes / Vitré / Fougères – Ille et Vilaine
Août 2026

[Bouches du Rhône] une journée à Arles pour les Rencontres de la Photographie

Cela faisait plusieurs années que je souhaitais me rendre à Arles pour les Rencontres de la Photographie. Jusqu’à présent, je n’avais pas réussi à caser cette découverte dans mon planning. Alors, cette année, j’ai posé une journée de congés exprès fin août et j’ai noté dans mon agenda que j’irai à Arles ce jour-là. J’ai fait l’aller-retour dans la journée en train : depuis Valence, Arles n’est qu’à 1h30 de trajet. Sur place, j’ai marché (beaucoup). J’ai donc limité mon rayon de visite aux lieux situés dans le centre d’Arles, et même comme cela, je n’ai pas tout vu. Petite rétrospective de mes découvertes arlésiennes.

vue aérienne du centre d'Arles
Arles vue depuis la terrasse panoramique de la tour LUMA

Arles, une ville pleine de charme

Dans les petites rues

Première surprise en arrivant à Arles : la ville est vraiment très jolie. Je n’avais pas d’idée préconçue car je n’ai pas l’impression que j’avais vu passer beaucoup d’images de la ville. Or, en passant la porte dans les remparts, et en avançant vers les Arènes par les petites rues, je suis immédiatement tombée sous le charme. Les rues sont colorées. La végétation grimpe à l’assaut des murs. Les hôtels particuliers se succèdent. Et tout semble converger vers les arènes, immenses, au cœur même de la ville fortifiée, et toujours en activité.

Le cloître Saint Trophime, joyau roman

Arles a longtemps été le siège d’un évêché, avant d’être rattaché au diocèse d’Aix en Provence. Arles garde de cette époque une cathédrale et tout son ensemble épiscopal. Le portail de l’église est caractéristique de l’art roman provençal. Quant au cloître, il a été édifié en deux temps : deux galeries au XIIe siècle de style roman et les deux autres au XIVe siècle de style gothique. Le cloître possède une série de chapiteaux historiés et de piliers sculptés très bien conservés. L’iconographie reprend en particulier le thème de la Résurrection du Christ et les histoires de Saint Trophime et Saint Etienne, tous les deux patrons de la ville. Il est également possible de se rendre sur les toits du cloître, pour une autre vue sur le cloître et l’église voisine.

Le parc des ateliers, réhabilitation d’un ancien site industriel

Situé sur une ancienne nécropole romaine, le parc des ateliers, c’est avant tout un ancien site industriel, né de la révolution industrielle pour construire et réparer les locomotives de la ligne Paris-Lyon-Méditerranée. Principal employeur de la ville au début du XXe siècle, il fermera ses portes en 1984. L’ancienne nécropole devient alors une friche industrielle. Le lieu est régulièrement investi par les Rencontres de la Photographie, mais il faut attendre le début des années 2010 pour qu’un vrai projet voit le jour. En 2013, LUMA Arles voit le jour. Il s’agit d’un campus créatif interdisciplinaire qui propose des expositions et des évènements culturels. Le site offre aussi un beau parc paysager, plusieurs restaurants et un hôtel. Aux 8 bâtiments historiques réhabilités vient s’ajouter la Tour, une réalisation de Frank Gehry qui marque le paysage arlésien depuis son édification entre 2014 et 2020.

jeu d'ombres au pied de la tour LUMA
Jeux d’ombres
la tour LUMA au parc des ateliers à Arles
La tour LUMA – architecte Frank Gehry
Krauses Gekröse – Franz West (dont je ne sais que penser..)
"Fear eats the soul", inscription sur un mur des Forges au parc des Ateliers à Arles
Dans la cour des Forges au parc des Ateliers

Les Rencontres de la Photographie, édition 2026

J’ai visité une vingtaine d’expositions dans le cadre des Rencontres de la Photographie, réparties sur une douzaine de lieux. Comme dans tout évènement de ce type, certaines propositions m’ont plu, d’autres m’ont laissée perplexe ou indifférente. Parfois, la photographie est juste un prétexte à une utilisation dans une installation plastique. Parfois, l’exposition nous emmène à travers l’histoire de la photo et les photographes qui l’ont façonnée. Parfois, l’image sert de témoignage d’une société en mutation ou d’un combat politique. Mais, une nouvelle fois, je crois que ce qui m’a le plus touchée, c’est la relation entre le lieu et ce qui y est exposé, la façon dont l’accrochage utilise le lieu pour l’habiter complètement.

Croisière, à Arles
Croisière, un des lieux phare des Rencontres de la Photographie

Sélection d’œuvres et d’expositions

Je vous propose ma sélection d’œuvres et d’expositions parmi celles que j’ai visitées. Ce choix est bien sûr totalement subjectif !

  • Nous ne sommes pas seuls – Images extraterrestres (à Croisière) : un fantastique travail de curation autour de la représentation des interférences extraterrestres dans notre monde, qu’il s’agisse des « observations » ou de mises en scène. Sans doute mon plus gros coup de cœur !

  • Olivier Metzger – Somewhere and somehow (à Croisière) : je ne connaissais pas le travail d’Olivier Metzger. C’est pour moi une belle découverte. Des images propres, léchées avec un travail impressionnant sur la lumière artificielle.

  • Stan Douglas – Bodies never lie (à la Mécanique Générale dans le Parc des Ateliers) : de très grands formats pour raconter l’histoire, entre mise en scène et travail sur des images anciennes.
Stan Douglas - Bodies never lie : exposition à Arles 2026
Stan Douglas – Bodies never lie

  • La nature d’Edward Steichen (à la Mécanique Générale dans le parc des Ateliers) : une rétrospective sur le travail d’Edward Steichen, photographe naturaliste au fil du XXe siècle, mais aussi botaniste.
exposition La nature d'Edward Steichen à la Mécanique Générale à Arles 2026
La nature d’Edward Steichen

  • Modèle animal – 200 ans de photographie (à la Mécanique Générale au parc des Ateliers) : l’exposition raconte la façon dont les animaux ont été photographiés depuis l’invention du médium et ce que ce regard dit de la société et de son évolution. On y retrouve des photos de grands noms (Martin Parr, Elliot Erwitt, ..) mais aussi d’anonymes.
Expo Modèle animal - 200 ans de photographie à la Mécanique Générale  dans le cadre d'Arles 2026
Modèle animal – 200 ans de photographie

  • R comme Regarder – le livre photo jeunesse (à l’espace Van Gogh) : une exposition qui retrace l’utilisation de la photographie dans l’édition jeunesse, depuis les abécédaires jusqu’à l’illustration de récits imagés au cours du XXe siècle. J’ai aimé ce regard sur un genre « grand public » et la façon dont il explore la vision de la société en abordant les thèmes de l’écologie ou de la différence depuis longtemps (même si on n’échappe bien sûr pas à certains clichés).
expo R comme Regarder - le livre photo jeunesse à Arles 2026
R comme Regarder – le livre photo jeunesse

  • Vigilance – le travail sous tension (à Ground Control) : une exposition qui s’intéresse à la photographie d’entreprise et à son utilisation à des fins pédagogiques, à travers une sélection d’images réalisées pour le magazine de prévention d’EDF.
Vigilance - le travail sous tension à Ground Control pour Arles 2026
Vigilance – le travail sous tension

  • Lara Tabet & Yasmine Chemali – Le Corps Vitré (au cloître Saint Trophime) : une présentation très graphique sous forme de vitraux d’images de micro-organismes d’eaux portuaires et littorales. La présentation dans la pénombre d’une salle du cloître Saint Trophime donne une dimension particulière à l’exposition.
Lara Tabet & Yasmine Chemali - Le Corps Vitré (au cloître Saint Trophime) - Arles 2026
Lara Tabet & Yasmine Chemali – Le Corps Vitré

  • Come Together / House of Love par Shelby Duncan (à la Fondation Manuel Rivera-Ortez) : Come Together est un ensemble d’expositions autour des liens humains. Parmi celles-ci, j’ai particulièrement remarqué House of Love qui documente la vie dans une maison partagée où vit une communauté artistique dans le Los Angeles du début des années 2010.

  • L’image cannibale (à la chapelle de la Charité) : je dois dire que je n’ai pas vraiment apprécié cette exposition collective, mais j’ai eu un coup de cœur pour cette installation (et bien sûr, j’ai oublié de noter le nom de l’artiste… si vous avez l’information, n’hésitez pas !)
L'image cannibale (à la chapelle de la Charité) - Arles 2026

Résonnances

En mode portfolio, je laisse ici pour mémoire quelques images des lieux et de la façon dont ils intègrent les Rencontres de la Photographie, les expositions…

Informations pratiques

  • Aller à Arles : depuis Valence, c’est vraiment facile par le train. Il y a des liaisons directes en 1h30. Cela laisse largement la possibilité de faire un aller / retour sur une journée. Il y a aussi des trains depuis Lyon, Marseille et Montpellier et des TGV depuis Paris qui desservent la gare d’Arles.
  • Se déplacer à Arles : j’ai choisi l’option piétonne ! Pour se rendre sur les lieux un peu plus éloignés (abbaye de Montmajour, Musée départemental Arles Antique..), il y a des possibilités de liaisons en bus depuis la gare.
  • Visiter les expositions des Rencontres de la Photographie :
    • L’édition 2026 se tient jusqu’au 6 octobre.
    • Les billets sont en vente en ligne sur le site des Rencontres de la Photographie ou aux billetteries situées à plusieurs endroits de la ville.
    • Il existe un billet journée, permettant d’entrer une fois dans chaque exposition sur une même journée, plus intéressant financièrement que le billet standard (une entrée dans chaque exposition sur toute la durée du festival) si on ne vient qu’une seule journée.
    • Certains lieux sont accessibles sans billet des Rencontres, mais il faut alors payer un droit d’accès. Compte tenu des tarifs, le billet journée est vite rentabilisé.
  • Manger à Arles : la ville est très touristique ! Il y a donc plein de restaurants un peu partout avec de belles terrasses. Certains m’ont donné l’air un peu « attrape touristes » avec des prix relativement élevés et des serveurs qui alpaguent les passants. Je les ai consciencieusement évités. J’ai déjeuné au Bar à Thym (62 rue de la République), un petit établissement à l’angle de deux ruelles qui propose une cuisine du jour à l’ardoise avec des prix raisonnables et des assiettes très correctes.
    Pour le goûter, j’ai pris une glace artisanale au Glacier des Remparts (55 rue Amédée Pichot), délicieuse et généreusement servie.
jardin de l'espace Van Gogh à Arles
Dans le jardin de l’ancien Hôtel Dieu où Van Gogh avait été interné et qu’il a peint
chat noir et blanc allongé
La rencontre inattendue : un chat endormi sur les toits du cloître Saint Trophime, complètement indifférent à sa popularité et aux touristes qui le prennent en photo !


Arles – Bouches du Rhône – août 2026

[Drôme x Ardèche] faire le plein d’idées pour profiter de l’été autour de Valence

On ne manque pas d’activités à faire autour de Valence, en particulier en été. Peu importe qu’il fasse très chaud ou plus maussade, la région regorge de propositions en plein air ou à l’intérieur. Il y en a vraiment pour tous les goûts : des propositions culturelles, des activités ludiques, des randonnées. Chacun peut trouver quelque chose à sa convenance. Ce que je vous suggère ici est bien entendu très loin d’être exhaustif. Ce sont par contre des idées que j’ai moi-même testées sur le début de l’été (et niveau météo, le denier mois a été caniculaire).

champ de lavande en fleurs
Les lavandes marquent le début de l’été dans la Drôme

Des idées de randonnées

Une randonnée vers la Tour de Barcelonne et la chapelle Sainte Marguerite

Parmi les randonnées que j’aime beaucoup en toutes saisons à proximité de Valence, il y a celles qui mènent à la Tour de Barcelonne et à la chapelle Sainte Marguerite, sur les hauteurs de Combovin. J’y vais régulièrement, généralement en partant depuis le parking du cimetière de Combovin. Cela faisait très longtemps que je n’étais montée en partant de Barcelonne. Le chemin est un peu plus long et moins impressionnant, offrant moins de points de vue. Il a par contre l’immense avantage de se faire quasi exclusivement en sous bois. Et en période estivale, c’est un véritable avantage.

Vue sur la Raye depuis le pied de la tour de Barcelonne
Au pied de la Tour de Barcelonne, pour observer les environs

Le départ se fait depuis la place de la mairie de Barcelonne. Il faut prendre la rue qui monte en face en direction de l’église puis continuer sur la gauche, toujours en montant. A un moment, la route se transforme en chemin puis sentier. C’est presque toujours tout droit, jusqu’à arriver au pied de la Tour. De la Tour, on rejoint facilement la chapelle Sainte Marguerite en passant par les Terres Blanches et le Gros Chêne. Le sommet est marqué par une croix. La chapelle se trouve un peu plus loin. Elle est toujours ouverte, pouvant servir d’abri au randonneur de passage. Il suffit de tourner la poignée et de pousser la porte. A l’intérieur, outre la statue de la Sainte, on trouve quelques textes, intentions de prière et ex-voto. Après voir fait le tour de la chapelle pour profiter du paysage, il est temps de prendre la direction du retour qui se fait plus ou moins par le même chemin.

Une sortie en Ardèche autour de Champis

Cette sortie en Ardèche, je ne l’ai pas faite seule. Avec quelques collègues, nous nous étions en effet donné rendez-vous un samedi matin pour aller randonner ensemble. Comme nous avions prévu la date longtemps à l’avance, c’est tombé en plein épisode caniculaire. Nous avons donc opté pour une boucle qui nous ferait prendre un peu de hauteur pour gagner quelques degrés de fraicheur, et surtout qui serait essentiellement ombragée. De ce point de vue, la mission était réussie. Cette boucle, trouvée sur VisoRando, permet de marcher à l’ombre dans la campagne autour de Champis. Elle offre de très jolis points de vue sur la campagne. Et au passage de la passerelle sur le Duzon, il est possible de descendre dans la rivière pour se baigner, ce que nous n’avons pas manqué de faire (attention, il y a beaucoup de cailloux glissants au fond et on ne voit pas trop où l’on pose les pieds).

passerelle au dessus d'une rivière
Spot de baignade dans le Duzon

Une balade en forêt de Saoû

La forêt de Saoû est un espace naturel protégé, un écosystème unique. Elle offre aussi de très nombreux sentiers de randonnée, pour tous les niveaux. C’est un soir après le travail que je me suis rendue en forêt pour profiter de la douceur (relative) de la fin de journée. J’ai pris un chemin au hasard, pas très loin de l’auberge des Dauphins. C’était une fabuleuse idée pour déconnecter après une journée de travail intense. Il se pourrait bien que je réitère l’expérience.

ATTENTION : l’accès à la forêt de Saoû est réglementé. Il est obligatoire de se stationner sur l’un des parkings aménagés. On peut pique-niquer dans la forêt, des espaces sont même spécialement aménagés, mais il est interdit de faire du feu ou un barbecue. Des zones de quiétude pour la faune peuvent être mises en place, interdisant certains secteurs provisoirement à la randonnée. Le bivouac est autorisé sous certaines conditions. Il est impératif de se renseigner préalablement à toute pratique et de respecter les affichages provisoires qui seraient en vigueur.

Un tour vers le plateau d’Ambel dans le Vercors

Situé dans le Vercors, le plateau d’Ambel est un autre espace naturel sensible du département de la Drôme. Il est, tout comme la forêt de Saoû, parcouru de nombreux sentiers de randonnées, conduisant pour la plupart aux sommets qui l’entourent comme le Roc de Toulau ou la Tête de la Dame. L’accès au plateau d’Ambel se fait généralement depuis le refuge de Gardiole ou depuis le col de la Bataille. C’est en pleine canicule que j’y suis allée dernièrement. Je suis partie du col de la Bataille (où j’ai eu la chance de trouver un stationnement), en direction de la Tête de la Dame. J’avais choisi cet itinéraire car une partie était en sous bois et à l’ombre du Roc de Toulau. Malgré tout, une fois sur la crête, j’ai bien senti que le soleil était présent. Il y avait un peu de vent, agréable. Mais je n’ai pas regretté d’être partie relativement tôt (je dis relativement car la semaine précédente avait été très chargée et je m’étais réveillée un peu plus tard que ce que j’aurais aimé : il était donc quasiment 9.00 quand je suis arrivée et j’aurais aimé pouvoir y être au moins 1 heure plus tôt). Cela m’a permis d’éviter d’être en plein soleil sans abri sous une chaleur trop intense.

Le sentier part au pied de la montagne, presque horizontalement au niveau du col de la Bataille, sous le Roc de Toulau. Cette portion du GR93 commence en sous-bois, avant de rejoindre la crête au niveau du Pas de Gouillat et de la Croix d’Ambel. Une fois en crête, on quitte le balisage blanc/rouge du GR pour poursuivre selon une trace bien nette . Il n’y a plus d’ombre mais le paysage est époustouflant, typique du Vercors. Le chemin monte progressivement jusqu’à la Tête de la Dame. Après une pause, j’ai choisi de faire demi-tour pour ne pas être au soleil aux heures les plus chaudes de la journée, mais il est tout à fait possible de continuer, toujours sur le chemin de crête.

chemin en sous bois
Le bonheur au retour de retrouver l’ombre des arbres après plusieurs kilomètres en plein soleil
balisage jaune/rouge sur un poteau
Une partie du sentier en crête est incluse dans le GRP Grand Tour de la Gervanne

ATTENTION : le plateau d’Ambel et ses environs est un espace naturel protégé. Le bivouac y est autorisé sous certaines conditions. Il est interdit d’y faire du feu. Il faut bien rester sur les sentiers pour éviter les piétinements intempestifs et permettre aux espèces végétales de se développer correctement. Sur l’alpage d’Ambel, on peut croiser des troupeaux à l’estive. Il faut les laisser tranquille et les contourner largement. Si vous ouvrez une barrière pour passer, il faut impérativement la refermer. S’il y a un (ou plusieurs) patou(s), arrêtez vous et restez calme, parlez lui calmement, ne le regardez pas directement dans les yeux : il faut qu’il vous identifie comme un humain non menaçant. Une fois que le patou n’aboie plus, vous pouvez continuer à avancer, toujours doucement, toujours calmement, en passant le plus loin possible des bêtes. Si le patou se remet à aboyer, immobilisez vous de nouveau et recommencez le processus. Un patou n’attaque que s’il vous considère comme une menace pour le troupeau.


⚠️ ATTENTION : en raison des risques élevés d’incendie en Drôme et en Ardèche, certains secteurs/massifs/chemins peuvent faire l’objet d’une interdiction temporaire. Il est important de bien s’assurer de l’accessibilité avant de partir en randonnée. Les offices de tourisme peuvent vous renseigner sur les interdictions locales, et les risques en cours.


Des idées d’activités

Découvrir un labyrinthe végétal à Charmes sur Rhône

Je crois que je n’étais encore jamais allée dans un labyrinthe végétal. Aussi quand Labyléo, le labyrinthe végétal à Charmes sur Rhône en Ardèche, m’a proposé de venir découvrir l’activité, je n’ai pas hésité. Sur place, j’ai retrouvé plusieurs copains créateurs de contenu. Nous avons fait un tour assez rapide dans le labyrinthe car l’orage menaçait mais en 30 minutes, nous avons eu le temps de trouver (ou pas) quelques énigmes et de nous perdre à plusieurs reprises. Nous avons vraiment passé un chouette moment, et j’ai très envie d’y retourner en famille, ou entre amis, pour la version en nocturne.

(*) Labyléo, quartier Mirabel, 07800 Charmes sur Rhône. L’accès est fléché depuis le village. Pour le détail des jours et horaires d’ouverture, il suffit d’aller sur le site internet du labyrinthe végétal.

(*) J’ai été invitée (collaboration commerciale non rémunérée) pour venir découvrir Labyléo en avant première de la saison 2026.

Faire un tour en petit train à Valence

Les tours en petit train sont souvent associés à la découverte de villes qu’on ne connait pas, en mode « on veut tout voir mais sans se fatiguer ». J’avoue que c’est généralement une activité que je zappe, préférant une découverte pédestre des villes où je vais. Mais, quand Valence Romans Tourisme m’a proposé de tester le petit train de Valence, je n’ai pas hésité longtemps avant d’accepter. L’idée de jouer au touriste dans ma propre ville était séduisante. J’y suis allée avec Melle 3e, et ni l’une ni l’autre pensions autant passer un moment agréable malgré la canicule. Nous avons fait le tour en début d’après-midi un samedi (nous avions un choix limité par un horaire de train..), mais en roulant on a une sensation de « vent » qui rend la chaleur supportable. La balade dure environ 45 minutes, et nous n’avons pas vu le temps passer. Le petit train nous a emmenées voir tous les incontournables de la ville, en passant dans les rues piétonnes. Une bande audio permet de se situer et de repérer les différents monuments, mais aussi d’écouter quelques anecdotes. Bien qu’étant dans la région depuis 15 ans, j’ai appris 2 ou 3 petites choses. Si on ne connait pas la ville, c’est un excellent aperçu et qui donne des pistes pour venir ensuite flâner.

le petit train de Valence
Le départ du petit train de Valence se fait devant l’office de tourisme
billets pour le petit train de Valence
Prêtes au départ !

(*) Le départ du petit train se fait devant l’office de tourisme de Valence (boulevard Bancel). Les billets sont à acheter à l’office de tourisme. Il circule du lundi au samedi jusqu’au 29 août 2026.

(*) J’ai été invitée (collaboration commerciale non rémunérée) par Valence Romans Tourisme pour venir découvrir le petit train de Valence.

Aller à la piscine

Quand il fait chaud, la piscine est une excellente façon de se rafraichir. Et s’il pleut, les piscines couvertes offrent un espace de détente appréciable. Bref, la piscine, c’est toujours une bonne idée. Pour ma part, j’ai recommencé à aller très régulièrement à la piscine début janvier (j’y vais au moins 3 fois par semaine, en alternant aquagym et natation). Avec l’arrivée des beaux jours, j’ai eu envie d’essayer d’autres piscines autour de Valence. Voici celles que j’ai testées :

  • Centre aqualudique de l’Epervière à Valence : Situé à côté du parc de l’Epervière, il est géré par l’UCPA. C’est la piscine où je vais habituellement. Je l’ai choisie parce qu’elle est proche du bureau, mais j’apprécie vraiment le bassin extérieur (accessible été comme hiver). Il y a aussi un bassin intérieur, une pataugeoire avec des jeux d’eau, des toboggans et des grands espaces extérieurs. Facilement accessible en transports en commun, elle est littéralement prise d’assaut le week-end, durant les vacances scolaires et dès qu’il commence à faire chaud. A éviter à ces périodes si vous voulez vraiment nager (selon la foule les lignes de nage sont neutralisées) mais hyper agréable pour un moment de détente.
  • Centre aquatique Diabolo à Bourg de Péage : Cet équipement de l’agglo est un immense complexe aqualudique avec vue sur le Vercors, très lumineux et agréable. Il y a un bassin de natation intérieur, un bassin ludique intérieur, et des espaces de jeux d’eau dehors, ainsi que des espaces de détente extérieurs. J’y vais en plan B pour nager le week-end car même s’il y a du monde, le bassin de natation reste dédié à cette pratique. Côté ludique, il y a largement ce qu’il faut pour passer un bon après-midi détente en famille.
  • Piscine Le Petit Nice à Chabeuil : l’ancienne piscine municipale est maintenant gérée par Valence Romans Agglo. Elle a uniquement des espaces extérieurs et ouvre jusqu’au 30 août de 11.00 à 19.00 tous les jours. Elle se compose d’un grand bain (progressif de 1.55 m à 2 m de profondeur) et d’un petit bain/pataugeoire, ainsi que de grandes plages et pelouses ombragées. J’y vais ponctuellement et j’apprécie que 2 lignes soient réservées pour nager avec ou sans palmes/plaquettes.
piscine municipale extérieure en été
Le Petit Nice – piscine de Chabeuil – Drôme

Se baigner en pleine nature

Il est possible de se baigner dans de nombreuses rivières, que ce soit en Drôme ou en Ardèche. Il suffit de trouver un spot accessible et où il y a de l’eau pour pouvoir faire trempette. Les endroits où on peut nager sont plus rares. Ils sont généralement aménagés mais restent pour certains très « nature ». C’est le cas du plan d’eau du Pas des Ondes. Situé à la limite du Diois et des Baronnies, à environ 1h30 de Valence, il se compose en fait de deux lacs : l’un dédié à la pêche et aux activités nautiques et l’autre pour la baignade avec des vues sur les montagnes environnantes. J’y étais allée il y a 3 ans et j’y avais apprécié la baignade. J’y suis retournée un samedi matin début juillet cette année. En arrivant vers 9.45, j’ai eu le plan d’eau pour moi toute seule ou presque durant mon heure et demie de baignade. Il y a une petite plage et le sol en pente douce permet aux enfants de pouvoir facilement jouer dans l’eau. Un peu plus loin dans l’eau, on n’a plus pied. Pour ma part, j’ai apprécié retrouver les sensations de la nage en eau libre après des mois de piscine : les grandes lignes, les demis tours sans appui, la régularité sans les relances au mur, et l’impossibilité de poser le pied pour se reposer (à la place, c’est si chouette de pouvoir flotter sur le dos ! ). Si on n’a pas besoin de savoir ce qu’on a sous les pieds quand on nage et qu’on n’a pas peur de partager l’espace avec les poissons, c’est absolument génial !

(*) Plan d’eau du Pas des Ondes, 26510 Cornillon sur l’Oule. Accès libre mais parking payant du 15/06 au 15/09 (en 2026, 6 € par voiture). Sur place, snack et restaurant.

Des idées d’expositions

Inspirations Japon à l’Artsolite à Saint Jean en Royans

Après une première grande exposition consacrée aux œuvres numériques de Yann Nguema, l’Artsolite propose une exposition consacrée aux artistes occidentaux inspirés par le Japon. Le voyage nous emmène du XIXe siècle à nos jours, dans les pas de Henri Rivière, Cathelin ou encore les street-artistes du collectif Blast. Depuis les estampes, jusqu’aux mangas, en passant par le travail du papier, les codes graphiques et les techniques des artistes japonais ont été, et sont toujours, une source d’inspiration pour les artistes européens. Ils s’approprient les codes, les détournent, les transgressent aussi parfois pour raconter une esthétique hybride.

En complément, lors de ma visite de l’exposition Inspirations Japon à l’Artsolite, je suis passée jeter un œil aux deux expositions de la maison du canal :

  • A ce moment-là, j’entre dans une forêt où Benoît Manent explore les saisons des forêts du Vercors par touches colorées, entre l’œuvre de Jean Giono et les fantômes de la Résistance
Exposition A ce moment-là, j'entre dans une forêt de Benoit Manent
A ce moment-là, j’entre dans une forêt – Benoit Manent

  • La vie en rose, une installation immersive de Philippe Chitarrini qui se vit pieds nus, profondément déroutante et paradoxalement hyper relaxante.

(*) L’Artsolite, 105 impasse des Tisserands, 26190 Saint Jean en Royans.
Exposition Inspirations Japon jusqu’au 27 décembre 2026 (payant).
Exposition A ce moment là j’entre dans une forêt jusqu’au 27 septembre 2026 (gratuit).
Installation La Vie en Rose jusqu’au 27 septembre 2026 (gratuit)

Les expositions que je n’ai pas encore eu le temps de découvrir

Parmi les expositions que je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir mais que j’ai repérées, il y a :

  • A vélo ! Echappées historiques et artistiques, au centre d’art de Crest. Le sujet des liens entre le vélo et l’art est intrigant. Les expositions du centre d’art de Crest sont assez petites et peuvent facilement se caser sur une fin de journée. Jusqu’au 11 octobre 2026 (payant)
  • Voyages au Levant, photographies de Nicolas Bouvier, au Musée d’Art Contemporain de Montélimar. Les dernières expositions étaient hyper qualitatives et on m’a déjà dit beaucoup de bien sur celle-ci. Jusqu’au 31 octobre 2026 (gratuit).
  • La saison été 2026 des expositions au Château d’Aubenas, jusqu’au 20 septembre 2026 (payant) :
    • Mille six cent soixante-dix-sept, de Nicolas Daubanes, en lien avec les graffitis carcéraux que l’on trouve dans les anciens cachots du château.
    • Des patates, une exposition collective autour de la pomme de terre qui m’intrigue fortement

Edit du 17/07/2026 : j’ai eu le temps d’aller voir l’exposition A vélo ! Echappées historiques et artistiques à Crest. J’ai trouvé le propos plus orienté sociologie et technique qu’art et histoire. C’est surtout intéressant si vous aimez le cyclisme, et, idéalement, avez déjà quelques notions dans le domaine, en particulier sur les aspects techniques et leurs évolutions. Il reste qu’on y découvre de jolies machines, anciennes et modernes, et beaucoup de documents d’archives sur les courses nationales ou locales.

vélos et objets de cyclisme
A vélo ! Echappées historiques et artistiques – Centre d’art de Crest

Des idées de spectacles

Il y a de nombreuses propositions de spectacles autour de Valence tout au long de l’été, et j’avoue ne pas avoir eu le temps d’en faire un recensement. Je laisserai donc votre propre curiosité vous guider. Cependant, je souhaite partager avec vous ma dernière mésaventure « spectacle ».

Parmi les spectacles phares de l’été dans la Drôme, il y a les Fêtes Nocturnes de Grignan. Cette année, c’est L’Ecole des Femmes de Molière dans une mise en scène de Robin Renucci avec François Morel qui est proposée. Si je n’ai pas manqué une édition des Fêtes Nocturnes depuis plusieurs années, je dois avouer que cela s’est joué à pas grand chose cette année. J’attendais en effet de connaître les disponibilités de Melle 3e par rapport à ses examens scolaires et ses vacances avant de réserver les places. Or, elles sont parties encore plus vite que les dernières année. Quand j’ai appelé la billetterie fin juin, toutes les représentations de l’été étaient déjà complètes. Enfin, pas tout à fait puisqu’il restait quelques rares places uniquement pour la représentation du soir même. Il était 16.30 et je n’ai pas hésité quand la personne de la billetterie m’a demandé si j’étais disponible le jour même et si je pouvais payer immédiatement les billets par téléphone. Le spectacle était comme chaque fois d’une très grande qualité, tant dans la mise en scène que dans le jeu des acteurs. C’est même sans doute une des propositions estivales de Grignan que j’ai le plus apprécié.

Salut des acteurs à la fin d'une représentation de l'Ecole des Femmes au château de Grignan
L’école des femmes de Molière, mise en scène de Robin Renucci, avec François Morel (Arnolphe), Robin Renucci (Chrysalde), Juliette Cahon (Agnès) et François Deblock (Horace).

En conclusion : si un spectacle vous tente, réservez le plus vite possible. Et n’hésitez pas à tenter votre chance en appelant les billetteries même si cela semble complet !


Barcelonne & Combovin – Drôme – mai 2026
Champis – Ardèche – juin 2026
Saoû – Drôme – juin 2026
Plateau d’Ambel – Vercors – Drôme – juin 2026
Labyrinthe végétal – Charmes sur Rhône – Ardèche – juin 2026
Valence – Drôme – juillet 2026
Plan d’eau du Pas des Ondes – Cornillon sur l’Oule – Drôme – juillet 2026
Artsolite – Saint Jean en Royans – Vercors – Drôme – juin 2026
Grignan – Drôme – juin 2026

[Isère] une journée rando/expo à Grenoble

C’est une journée qui avait commencé de façon assez banale. La météo prévue n’était pas très engageante, et je m’étais dit que c’était l’occasion d’aller à Grenoble pour visiter l’exposition des photographies de montagne de Charlotte Perriand. J’ai donc pris le train depuis Romans assez tôt le matin, dans l’idée d’arriver à Grenoble avec le temps de prendre un café tranquillement avant l’ouverture du musée. Mais, comme souvent, il n’a pas fallu grand chose pour que je modifie mes plans.

La bastille de Grenoble et les quais de l'Isère
Vue sur la Bastille depuis les quais de l’Isère

Un tour à la Bastille

Faire une randonnée en ville

Alors que depuis la gare, je me dirigeais à pied vers le centre ville de Grenoble, j’ai croisé un panneau de randonnée. Il indiquait « La Bastille par la Fontaine au Lion ». J’avais souvent eu envie de monter à pied à la Bastille mais soit je n’en avais pas le temps, soit j’étais blessée (ou en rémission de blessure), soit j’étais vraiment trop en tenue de ville (surtout au niveau des chaussures). Cette fois, les conditions étaient bonnes. J’avais du temps devant moi car je pouvais tout aussi bien visiter l’exposition plus tard dans la journée. Le claquage que je m’étais fait un gros mois auparavant ne me faisait plus trop mal. Et j’avais presque une tenue adéquate : une robe légère mais des baskets (de ville) aux pieds, même si j’aurais préféré avoir mon sac à dos plutôt que mon sac à main. Quant à la météo, elle était grise mais ni trop froide ni trop chaude.

chemin sur la Bastille de Grenoble
Très vite, le chemin pour monter depuis la Fontaine au Lion a des allures de sentier

J’avoue que je n’ai pas mis longtemps à me décider et à partir sur les escaliers qui montent derrière la Fontaine au Lion. Très vite, ils se transforment en chemin et la balade urbaine devient randonnée. Comme nous étions samedi matin, j’étais loin d’être seule malgré l’heure encore matinale. J’ai en effet croisé de très nombreux trailers et quelques randonneurs. J’ai aussi surpris de nombreux regards interloqués en décryptant ma tenue : je n’avais clairement pas la tenue réglementaire rando/trail ! Cela ne m’a pas empêchée de monter à un rythme correct (et de dépasser quelques personnes au passage). J’ai profité des points de vue sur la ville tout au long de la montée. Je me suis amusée des passages un peu plus urbex.

Continuer jusqu’aux grottes de Mandrin

Une fois arrivée en haut de la Bastille, j’ai décidé de continuer un peu pour aller explorer les grottes de Mandrin, environ 500 mètres plus loin. Situées à flanc de rocher, dominant la presqu’île de Grenoble, ces grottes ont selon la légende servies de refuge au célèbre bandit du XVIIe siècle. En réalité, elles ont été creusées et aménagées par l’armée au moment de la construction du fort de la Bastille dans les années 1840. Elles ont servi d’abord de carrière pour les pierres du fort, avant d’être aménagées de sorte à pouvoir observer le glacis et prendre un ennemi à revers. Elles comportent donc de nombreuses fenêtres permettant de faire feu en direction du glacis, ainsi qu’un passage en grande partie souterrain permettant de rejoindre la porte du fort. Aujourd’hui, elles restent une curiosité sur ce côté du massif de la Chartreuse.

fenêtre dans les grottes de Mandrin à Grenoble
Vue sur Grenoble depuis les grottes de Mandrin


Après cela, sur le trajet de retour en ville, toujours à pied, je me suis arrêtée prendre un café dans le fort. J’avoue avoir été un peu vexée quand le serveur a sous-entendu que j’étais arrivée par les bulles. Lui par contre a semblé surpris quand je lui ai dit que non, j’étais venue à pied par le chemin…


Une visite au musée

De retour en ville, et après avoir déjeuné, je suis allée au musée. En plus de l’exposition des photographies de Charlotte Perriand pour laquelle j’étais venue, il y avait une exposition de photos de Bernard Descamps. J’en ai aussi profité pour un tour rapide dans les collections permanentes.

Charlotte Perriand, la montagne re-créative

L’exposition Charlotte Perriand, la montagne re-créative explore les liens entre les réalisations de l’architecte et designer et son rapport à la montagne. Elle était en effet une alpiniste confirmée et a passé beaucoup de temps à parcourir les sommets alpins. De ses expéditions, il reste de nombreuses photos de paysages, mais aussi des gens de la montagne, des objets et habitats. C’est un véritable témoignage sur la vie montagnarde entre 1927 et 1938. On y découvre aussi une jeune femme éprise de liberté et faisant fi de certaines convenances. Tout cela viendra ensuite nourrir tant ses meubles que les bâtiments qu’elle dessinera. De son travail à la montagne, on retiendra la station des Arcs, intégrée à la montagne, et le mobilier intégré, dessiné pour les appartements au ski qui ont tellement inspiré les générations suivantes qu’on a l’impression de les avoir forcément déjà vus. L’exposition aborde rapidement son lien avec Le Corbusier, et manque à mon avis un point important : comment une femme libre a été contrainte de cacher son talent derrière celui d’un homme et de voir son travail pillé sans la reconnaissance qu’elle méritait.

Bernard Descamps, là où souffle le vent

Je ne connaissais pas le travail photographique de Bernard Descamps, et il y a beaucoup de propositions que j’ai appréciées dans celui-ci. L’exposition se construit auprès de différentes séries, parfois très contemplatives, parfois jouant avec les détails d’un paysage ou d’une scène. Le noir et blanc, travaillé, apporte une certaine pureté à l’ensemble. Sans être un coup de cœur, c’est une exposition que j’ai eu plaisir à parcourir. Et puis, j’ai beaucoup aimé la façon dont le soleil venait jouer dans les fenêtres et porter des ombres aux lignes marquées dans certaines salles.


Grenoble – Isère – mai 2026


Informations pratiques

  • Montée à la Bastille : Il y a 2 chemins pour monter à la Bastille : par les escaliers en partant de la porte de France et par le sentier en partant de la Fontaine au Lion. Dans les 2 cas, il y a des escaliers et du sentier, c’est la proportion entre les deux qui varie.
    Par la Fontaine au Lion / depuis la passerelle Saint Laurent sur l’Isère : compter environ 2.5 km pour 300 de D+ pour arriver à la porte du fort. La montée est donnée pour 45 min à 1h15, et la descente pour 30 à 45 min.
    Pour aller jusqu’aux grottes de Mandrin, il y environ 500 m (30 m D+) depuis la porte du fort.
    A titre d’information, j’ai mis 1h30 à faire l’aller/retour depuis la passerelle sur l’Isère jusqu’aux grottes de Mandrin, pause café incluse.

    Si vous souhaitez découvrir les différentes possibilités de balade, vous pouvez consulter le site internet de la Bastille. Si vous voulez monter à la Bastille sans marcher, il est possible de prendre les bulles (téléphérique) au niveau du Jardin de Ville dans le centre.
la bastille de Grenoble depuis la passerelle Saint Laurent
la bastille de Grenoble depuis la passerelle Saint Laurent

  • Musée de Grenoble : Le musée de Grenoble présente les expositions Charlotte Perriand, la montagne re-créative et Bernard Descamps, là où souffle le vent jusqu’au 23 août 2026.
    Les conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du musée de Grenoble.
Liste des expositions temporaires au musée de Grenoble
Au musée de Grenoble

[Loire] une journée à Saint Etienne autour du design

Je connais assez peu Saint Etienne. J’y étais allée il y a bientôt 2 ans pour une découverte autour des savoir-faire et de la gourmandise. J’avais alors visité entre autres le Musée d’Art et d’Industrie avec ses collections d’armes, de cycles et de rubans. Je m’étais dit qu’il faudrait que je revienne pour explorer les liens de la cité stéphanoise avec le design. Saint Etienne fait en effet partie des villes créatives de design de l’UNESCO, et elle est la seule ville française avec cette distinction. J’ai donc profité du week-end inaugural de la toute nouvelle Galerie Nationale du Design pour retourner à Saint Etienne à l’invitation de Saint Etienne Hors Cadre et partir-ici.fr.

à la cité du design de Saint Etienne
A la cité du design

Explorer la Cité du Design

Prendre de la hauteur sur la plateforme de la Tour Observatoire

Le rendez-vous pour cette journée était donné sous la tour observatoire à la Cité du Design. Après avoir retrouvé notre hôte de l’office de tourisme et les autres instagrameurs présents, nous avons été accueillis par la responsable communication de la Cité du Design. Quand elle nous a proposé de nous faire ouvrir l’accès à la plateforme, nous n’avons pas hésité pour accepter. Accompagnés par une équipe de la Cité du Design, nous nous sommes dirigés vers le sommet à 32 mètres de haut. J’ai choisi de les monter à pied mais c’est possible d’emprunter un ascenseur.

"vous avez le droit de rêver", texte visible sous la plateforme de la cité du design à Saint Etienne
Sous la plateforme de la cité du design

Une fois en haut, j’ai été frappée par les lignes hyper graphiques des ombres de la structure tubulaire de la plateforme. Une fois tous arrivés au sommet, nous avons bénéficié d’une présentation des lieux et d’une lecture de paysage. La Cité du Design a pris place dans l’ancienne Manufacture d’Armes de Saint Etienne, là où était produit le fusil FAMAS de l’armée française. Inaugurée en 2009, elle est en partie installée dans les bâtiments historiques de l’ancienne manufacture, datant de 1864 (même si l’histoire de la manufacture d’armes de Saint Etienne est nettement plus ancienne). L’ensemble historique a été complété par un bâtiment moderne, la Platine, vaste vaisseau de 200 mètres de long abritant espaces d’exposition, boutique, salles de séminaires et auditorium.

Visiter les expositions de la Platine

Après cette introduction autour de l’histoire de la Cité du Design, mais aussi des liens entre le design et la ville de Saint Etienne, nous avons pris la direction de la Platine pour y visiter deux expositions. Nous avons commencé par l’exposition Créer un vase. Dans le cadre d’une commande publique, des artistes et designers contemporains ont proposé un dossier autour de la thématique du vase, de ce qu’il représente, de comment il peut se réinventer. Les dix lauréats retenus ont ensuite pu fabriquer leurs vases qui sont présentés dans l’exposition. Ce sont ainsi 21 vases qui sont visibles. Outre l’inventivité des projets présentés et la technicité de leur réalisation, j’ai aimé que l’exposition permette d’avoir un aperçu de la réponse que les candidats avaient faite. Ce petit coup d’œil dans les coulisses de la création permet aussi de se rendre compte qu’entre le projet initial et l’objet réalisé, il a parfois fallu se confronter à des réalités et difficultés techniques.

Nous sommes ensuite passés voir l’exposition Brèches Fertiles d’Anaïs Borie. Son inspiration se situe aux confins de l’archéologie futuriste et du steam punk. Dans un univers quasi aseptisé, elle interroge notre société et ce qu’il en resterait si dans quelques dizaines d’années, des historiens dans un monde post apocalyptique se penchaient dessus. Je dois avouer que la phrase d’introduction (« Dans le futur, on ne sait pas, même si nos ruines racontent qu’on a toujours su ») a trouvé de l’écho en moi, tout comme l’esthétique très particulière du travail d’Anaïs Borie.

oeuvre d'Anais Borie
Détail d’une des œuvres d’Anaïs Borie présentée dans l’exposition Brèches Fertiles

Découvrir la Galerie Nationale du Design

Après ces découvertes à la Platine, nous avons traversé un bâtiment et une cour pour nous rendre à la Galerie Nationale du Design. Cet espace avait été inauguré quelques jours auparavant seulement. Installé dans d’anciens ateliers réhabilités, cet espace a vocation à accueillir des expositions temporaires autour du design, en présentant des objets issus des collections publiques et en les faisant dialoguer. Il présente ainsi sa toute première exposition Design en main. Du langage à l’objet.

Galerie nationale du design à Saint Etienne
Depuis l’entrée de la Galerie Nationale du Design, vue sur la tour observatoire
L'entrée de la galerie nationale du design
Le Seuil – l’entrée de la Galerie Nationale du Design, accessible à tous gratuitement, présente des objets actuels, créés par des designers contemporains et toujours édités, avec chacun une petite fiche explicative

L’exposition d’inauguration Design en main s’articule autour d’expressions utilisant le mot main : à mains nues, mettre la main à la pâte, de main en main, prendre en main… Chaque expression renvoie à une réalité, une vision du lien entre le design et la vie quotidienne. On explore ainsi la transmission des gestes artisanaux ou encore de l’utilisation de certaines machines anciennes qui ne sont pas documentées. On découvre nos objets du quotidien avec un regard à la limite de l’ethnologie. On s’interroge sur les effets de la société de consommation, et l’impact de l’usage de machines pour remplacer des gestes manuels y compris dans la vie de tous les jours avec les robots ménagers, et autres appareils électro-ménagers plus ou moins utiles. Enfin, une partie de l’exposition est consacrée à Manufrance, ancien fleuron stéphanois.

Créer sa tablette de chocolat chez Weiss

Après ces belles découvertes à la Cité du Design, nous avons terminé notre journée par un atelier très gourmand aux Ateliers Weiss. Pour ceux qui ne le savent pas, Weiss, c’est LE chocolatier stéphanois, une institution depuis 1882. Lors de mon précédent passage à Saint Etienne, j’avais visité la boutique du centre ville pour découvrir leurs spécialités. Cette fois, nous avons rendez-vous aux Ateliers, situés en périphérie de la ville. Avant d’attaquer notre atelier, nous enlevons tous nos bijoux, montres et boucles d’oreilles comprises, puis nous nous équipons : blouses, charlottes et surchaussures pour tous, complément cache-barbe pour les concernés. Nous sommes prêts pour entrer dans la partie fabrication.

Après la présentation des ingrédients disponibles et une démonstration, nous voilà prêts à nous lancer dans la création de notre tablette. L’ambiance est à la fois joyeuse et concentrée, les gestes appliqués. Une fois toutes les tablettes mises à refroidir, nous bénéficions d’une visite de l’atelier de fabrication des confiseries. Les machines sont centenaires et racontent l’histoire de la gourmandise. Mais si je ne devais retenir qu’une seule chose, c’est la façon dont sont fabriqués les moules pour les inserts dans les bonbons. Ils sont en fécule de maïs, compressée pour prendre la forme, et ne nécessitant pas ensuite de démoulage. Il s’agit de la méthode traditionnelle, qui n’est plus beaucoup utilisée de nos jours.

atelier de fabrication de bonbons
Dans la « cuisine », le laboratoire de préparation des bonbons
moules pour oursons en guimauve
Les moules des inserts en guimauve pour les fameux oursons sont constitués de fécule de maïs compressée.

Et si vous vous demandez quel est le lien entre le design et le chocolat, il est dans le moule. Les moules des tablettes Weiss ont été travaillés avec des designers, et ceux pour les ateliers de création de tablettes ont même fait l’objet d’un vote lors d’une précédente biennale du design.

Tablette de chocolat gourmande
Ma création : chocolat noir, pistaches, framboises, pop-corn et nougatine

Quelques informations pratiques

  • Visiter la Cité du Design :
    • Accès par le tramway arrêt Cité du Design depuis le centre ville ou en une quinzaine de minutes à pied depuis la place de l’Hôtel de Ville, parkings gratuits au Zénith (moins de 5 minutes à pied).
    • Les expositions actuellement en cours à la Platine : Créer un vase (jusqu’au 20 septembre 2026), Brèches Fertiles (jusqu’au 4 octobre 2026), Local tools (jusqu’au 16 août 2026, et que je n’ai pas eu le temps de voir)
    • L’exposition Design en main à la Galerie Nationale du Design est présentée jusqu’au 7 mars 2027
    • L’ensemble des informations pratiques (horaires, tarifs, expositions en cours, ateliers et animations) est à retrouver sur le site internet de la Cité du Design.
affiches d'expositions
Expositions à la Platine

  • Faire un atelier chocolat :
    • Aux Ateliers Weiss, 1 rue Eugène Weiss, 42000 Saint Etienne
    • Les ateliers Maître Chocolatier de création de tablette de chocolat durent 1h. La réservation est obligatoire (possible via le site internet). L’animation n’est pas accessible aux jeunes enfants.
    • Sur place, il y a aussi une boutique où l’on retrouve toutes les références de la marqeu et un salon de thé.

  • Ramener un souvenir de Saint Etienne :
    • La boutique de la Cité du Design propose de nombreux objets et documents en lien avec le design.
    • La boutique de l’office de tourisme, Saint Etienne Hors Cadre (16 avenue de la Libération, 42000 Saint Etienne), propose une large sélection de produits locaux : livres, papeterie, gourmandises, textiles. Tous sont issus de filières locales, avec un approvisionnement garanti à moins de 50 km.
  • Manger à Saint Etienne :
    • Le food court La Commune Mazerat a ouvert début 2026 dans l’ancienne halle Mazerat (2 cours Victor Hugo, 42000 Saint Etienne)
    • Sur place, 8 échoppes permettent à chacun de trouver un repas à sa convenance puis de s’asseoir autour des grandes tables. Chaque échoppe est là pour 6 à 12 mois, permettant ainsi à de jeunes restaurateurs et entrepreneurs de tester et affiner leur concept dans cet incubateur culinaire. On trouve également un grand bar à la carte très complète.
    • Nous avons choisi de prendre nos plats chez Bode Gaga, qui propose des tapas et pintxos à base de produits locaux et de saison. Nous nous sommes régalés.


Saint Etienne – Loire – juin 2026

(*) J’ai participé à cette journée à l’invitation de Saint Etienne Hors Cadre, l’office de tourisme stéphanois et de Partir-Ici.fr, la plateforme de la région Auvergne Rhône Alpes pour un tourisme durable (collaboration commerciale non rémunérée). J’avais choisi de m’y rendre car le programme me plaisait beaucoup et correspond à des activités que je fais habituellement à titre personnel. Mon avis reflète l’expérience que j’ai vécue, telle que je l’ai vécue.

[Drôme] le top 5 des incontournables de Romans

La ville de Romans sur Isère est souvent méconnue alors qu’elle recèle de nombreuses pépites. Entre les éléments patrimoniaux et le savoir faire, la ville offre en effet de nombreux attraits pour le visiteur de passage ou celui qui habite à proximité. Afin d’aider à se repérer dans la ville, il existe un Top 5 des lieux incontournables à explorer, complété par quelques bonnes idées autour du patrimoine ou de la gastronomie. Avec un groupe d’instagrameuses de la région, j’ai été conviée le mois dernier à venir découvrir ces incontournables.

Un dépliant édité par la ville est disponible à l’office de tourisme, dans les sites du top 5 ou en ligne. Il comporte une carte qui permet de se repérer pour savoir où aller.
J’ai eu un gros coup de cœur pour le design illustré du dépliant.

La Cité de la Chaussure, pour découvrir un savoir faire

Alors que j’habite à proximité de Romans, je n’avais encore jamais eu l’occasion de découvrir la Cité de la Chaussure. Installée dans le local d’un supermarché désaffecté, la Cité est avant tout un projet solidaire. Après la crise de la chaussure qui a frappé Romans à la fin des années 1980, un groupe de travailleurs sociaux a cherché des solutions pour réemployer les anciens ouvriers des industries du cuir. Bien que n’ayant initialement pas envisagé d’ouvrir un atelier de fabrication de chaussures, c’est la mise en vente du matériel issu du démantèlement d’un grand chausseur qui fait prendre conscience du risque de perte de savoir faire lié au cuir sur le bassin romanais. La décision est prise de racheter le matériel et de recréer un atelier de fabrication de chaussures à Romans. La Cité de la Chaussure nait quelques années plus tard de la volonté de pérenniser les ateliers tout en proposant des visites et un magasin de vente.

exposition de photos dans l'entrée de la cité de la chaussure
Une exposition de photos des copains du Caillou aux Hiboux est proposée dans le hall de la Cité de la Chaussure

Après la présentation de l’histoire de la Cité de la Chaussure, et un petit tour dans la boutique (où quelques modèles me font de l’œil), nous avons pu visiter les ateliers. Là, des artisans étaient en train de travailler. Nous avons ainsi pu voir en direct certaines des étapes de la fabrication des chaussures. Le sens du détail et la précision des gestes sont impressionnants. Entre les différentes étapes, et les temps indispensables entre deux opérations, la fabrication d’une paire de chaussures s’étale sur deux jours et nécessite plusieurs heures de travail.

La Cité de la Raviole, pour une étape gourmande

Pour les gourmands, il faut aller à la Cité de la Raviole. Située juste en face de la gare, c’est à la fois une boutique et un lieu de découverte de cette fameuse petite pâte farcie, portée par la marque Mère Maury. On y découvre ainsi un film expliquant comment sont fabriquées les ravioles. On peut aussi y apprendre comment bien cuire ses ravioles. Et bien entendu, on peut acheter toute la gamme, en frais comme en surgelé.

ravioles en train de cuire dans une casserole d'eau
Leçon de préparation des ravioles

Mais, la raviole, c’est quoi ? C’est une spécialité de la région de Romans qui n’a rien à voir avec les raviolis italiens même si ce sont aussi des pâtes farcies. Elles se présentent en plaques de 48 ravioles. La recette traditionnelle est farcie à base de Comté, de persil et de fromage frais. Elle bénéficie d’une AOP, d’un label rouge et d’une IGP. Il existe maintenant de nombreuses variantes : au basilic, au fromage de chèvre, aux olives de Nyons, à l’ail noir, ou encore à la truffe par exemple. Ici, manger des ravioles, c’est habituel : on en trouve facilement partout, et chacun y va de sa recette. Le plus simple est de les cuire à l’eau ou au bouillon : on les sort de l’eau avec une écumoire dès qu’elles remontent et on déguste aussitôt. Mais on peut aussi les frire pour les mettre à l’apéritif ou en salade ou les faire en gratin, avec un peu de crème. Pour ma part, je les fais généralement en gratin avec des courgettes et du saumon, ou avec des champignons et du Saint Marcellin. J’aime bien aussi les préparer dans un bouillon miso. Le soir en hiver, c’est un plat simple, rapide et réconfortant.

un petit bol de ravioles et le visuel du top 5 des incontournables de Romans
Nous avons pu déguster les ravioles traditionnelles et les ravioles à l’olive de Nyons

Le Musée de la Chaussure, pour une pause culturelle

Le Musée de la Chaussure fait partie des incontournables de Romans depuis un moment pour moi. J’avais déjà eu plusieurs fois l’occasion de le visiter, mais c’est toujours un plaisir. Cette fois, nous étions accompagnés par Baptiste pour une visite guidée. J’avais déjà fait une visite guidée avec Baptiste et il a plein d’anecdotes à raconter, que ce soit sur le musée, la chaussure à Romans ou les collections qui sont exposées (et je ne dis pas cela parce que Baptiste est un copain : il est vraiment un guide fantastique !). Il nous a emmenés à travers les salles du musée pour nous expliquer le savoir faire romanais avec les marques historiques, l’évolution de la chaussure dans le temps et dans le monde, mais aussi les chaussures récentes, comme les fameux crampons de Kylian Mbappé.

Comme nous étions en visite VIP, nous avons eu le droit de nous rendre au centre de documentation du musée. Là, des milliers de documents relatifs à la chaussure sont archivés. Ils servent aujourd’hui de base de recherche pour les designers ou pour la création de costume de scène. Nous avons aussi eu la chance de pouvoir jeter un œil aux réserves. Le musée de la Chaussure a un fonds d’environ 20 000 pièces dont une infime partie est exposée. Le stockage de ces trésors est très impressionnant. Baptiste avait également eu l’autorisation de nous sortir quelques modèles prestigieux ou rares, dont certains sont inexposables en raison de leur fragilité. J’avoue avoir largement savouré ce moment privilégié.

Marques Avenue, pour le shopping

Marques Avenue s’est installé à Romans en , dans une ancienne caserne de gendarmerie réhabilitée par le cabinet d’architecture JML Wilmotte. C’est aujourd’hui un centre commercial outlet qui a la particularité d’être à deux pas du centre ville. Avec 90 boutiques de mode, pour la maison ou gourmandes, il y en a pour tout le monde. Le centre commercial est très végétalisé et le passage d’une boutique à l’autre se fait par l’extérieur, comme on se promènerait dans des rues bordées de magasins.

centre commercial Marques Avenue à Romans
Marques Avenue est installée sur une ancienne caserne de gendarmerie

Le matin, nous avons eu la chance de prendre notre petit déjeuner dans la boutique Lindt (une de mes boutiques préférées à Marques Avenue) où nous avons pu découvrir certaines des nouveautés. L’après-midi, nous étions de retour à Marques Avenue pour un défi shopping. Munie d’une carte cadeau, j’avais 45 minutes pour trouver un article coup de cœur dans les boutiques du centre commercial. Je dois dire que je ne suis pas vraiment branchée shopping, et que j’achète le plus souvent en réponse à un besoin. Avec seulement 3/4 d’heure devant moi, cela laissait peu de temps pour trouver un article de mode et faire des essayages. J’ai donc opté pour des choses pour la maison : des torchons, des assiettes et des bougies (des valeurs sûres en quelque sorte). Cela m’a quand même permis de voir la diversité des boutiques et de me donner des idées pour de futurs achats. Enfin, nous avons pris un goûter chez Bagelstein, situé dans l’enceinte de la caserne. La journée ayant été chaude, j’étais contente de pouvoir me poser pour savourer un smoothie.

sacs de shopping
Défi shopping relevé (et avec seulement 48 centimes de dépassement) !

Pour plus de découvertes… dont le 5e incontourable

Vous l’aurez noté : il manque le 5e incontournable. La journée ayant déjà été très bien remplie, je vais devoir retourner à Romans pour en profiter. Il s’agit des nombreux ateliers et boutiques d’artisans et créateurs situés dans le centre de Romans. J’en ai repéré quelques uns qui me font particulièrement de l’œil quand nous sommes passés dans les rues piétonnes du centre ville. J’ai par exemple eu un vrai coup de cœur pour un sac de la marque Nodie’s (et je ne suis pas la seule : la reine Rania de Jordanie en a déjà deux !)

chaussure géante devant la tour Jacquemart à Romans
Le parcours des chaussures géantes à Romans, ce sont 13 étapes pour découvrir la ville et le patrimoine.
Ici, un derby de Stéphane Kelian devant la Tour Jacquemart.

Pour d’autres idées à Romans, je peux vous suggérer de :

terrasse de café
Terrasse au soleil dans le centre ville de Romans

Informations pratiques

  • La Cité de la Chaussure – 36 place Jean Jaurès, 26100 Romans. Pour connaitre les horaires de la boutique et les possibilités de visites des ateliers, il faut se rendre sur le site internet de la Cité de la Chaussure.
  • La Cité de la Raviole Mère Maury – 33 boulevard Gabriel Péri, 26100 Romans – face à la gare. Les horaires sont à retrouver sur le site internet de la marque Mère Maury. En complément de la boutique, un distributeur de ravioles va être installé juste de l’autre côté de la rue, aux Halles Autonomes.
  • Le Musée de la Chaussure – rue Bistour, 26100 Romans. Les conditions de visite sont détaillées sur le site internet du Musée.
  • Marques Avenue – avenue Gambetta, 26100 Romans – 90 boutiques mode, maison et gourmandise.
chat endormi
Le plus mignon des gardiens du Musée de la Chaussure


Romans – Drôme – avril 2026

[Drôme] 2 expositions à voir à Valence

En ce début de printemps, deux expositions que j’attendais sont programmées à Valence. Il y a d’une part l’exposition de dessins et peintures d’Hubert Robert et de Fragonard au musée de Valence, et d’autre part des photographies de Pierre de Vallombreuse au Centre du Patrimoine Arménien. Et pour une fois, je n’ai pas attendu leur quasi fin pour y aller, mais j’ai au contraire profité des premiers jours d’exposition (preuve s’il en fallait de mon impatience à les découvrir).

une sculpture de buste posée sur un manteau de cheminée, le regard tourné dos au visiteur
Rendez-vous au Musée de Valence

Hubert Robert & Fragonard – Le sentiment de la nature au Musée de Valence

Dire que j’attendais l’exposition Hubert Robert & Fragonard au musée de Valence est un euphémisme. Cela faisait plus d’un an que j’avais entendu qu’elle était en train de se monter, et même sans en connaître le sujet précis, j’avais hâte. Il faut dire qu’afficher ces deux peintres majeurs du XVIIIe siècle avait de quoi titiller ma curiosité.

Entrée de l'exposition Hubert Robert & Fragonard, le sentiment de nature au musée de Valence
L’entrée de l’exposition

Le choix de monter une exposition autour d’Hubert Robert semble assez naturel pour le musée de Valence. En effet, il possède l’une des plus importantes collections au monde d’œuvres du peintre (après Le Louvre et le musée de l’Hermitage de Saint Pétersbourg). C’est en visitant l’exposition que j’ai compris le choix de mettre l’œuvre d’Hubert Robert en dialogue avec celle de Fragonard. En effet, les deux artistes sont non seulement contemporains mais aussi se connaissaient très bien, avec des parcours qui se croisent tout au long de leurs carrières. Ils ont ainsi été tous les deux pensionnaires à Rome en même temps, et sont restés en contact jusqu’à la fin de leur vie.

Tableaux de Hubert Robert et de Fragonard
Chaque tableau nous plonge dans une vision idéalisée de la nature

Que ce soit pour Hubert Robert ou pour Fragonard, la nature a été une grande source d’inspiration. Il est intéressant de voir comment l’un et l’autre traitent le même sujet, ce qu’ils mettent en avant, comment ils composent le tableau qu’ils dessinent. L’exposition met vraiment en avant le parallélisme de leur travail, s’appuyant sur les similitudes mais aussi les différences. La diversité des formats proposés ainsi que le fait de mêler dessins et peintures, croquis et sujets achevés appuie les ressemblances de traitement entre les deux peintres tout en soulignant les écarts.

J’ai vraiment apprécié cette exposition qui immerge le visiteur dans la représentation de la nature au XVIIIe siècle à travers le regard de deux artistes qui se complètent. On y découvre aussi les frémissements de la naissance du Romantisme, particulièrement dans l’œuvre d’Hubert Robert.

Les temps modernes – photographies de Pierre de Vallombreuse au Centre du Patrimoine Arménien

Le Centre du Patrimoine Arménien propose régulièrement des expositions photographiques de qualité. Cette fois, ce sont des photos de Pierre de Vallombreuse prise sur une île des Philippines au fil des années. Au coeur d’une vallée sauvage de l’île de Palawan, le photographe a suivi pendant presque 40 ans l’évolution du quotidien de la tribu autochtone des Tau’t Batu. Dans une scénographie immersive, l’exposition présente une sélection d’images prises au fil des années. Elle documente les changements opérés dans le temps, la fin de l’isolement de la vallée, l’arrivée d’une modernisation avec ses dérives.

Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse. Entrée de l'exposition

Ce qui m’a frappé en premier, c’est la composition impeccable des photographies de Pierre de Vallombreuse. Chaque fois, l’humain est présenté comme minuscule face à l’immensité de la canopée de la forêt primaire. Affichées en grands formats, l’impression de plonger dans les images est fascinante. Mais assez vite, quelque chose m’a dérangée dans la scénographie de l’exposition, dans le choix des textes affichés, dans la présentation qui accompagne et contextualise les photos.

dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.
Immersion sous la canopée un jour de pluie
dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.
Se retrouver plongé dans la forêt primaire de l’île de Palawan aux Philippines

Je n’ai pas réussi à me départir d’une sensation étrange où tout est présenté à travers un prisme occidentaliste. Presque immédiatement, c’est la pensée de Rousseau, et de son homme à l’état de nature, ou encore de Diderot et son Supplément au voyage de Bougainville qui s’impose à moi. J’ai l’impression que le mythe de bon sauvage s’écrit une nouvelle fois. En y repensant, j’ai eu ce sentiment que j’étais en train de regarder une version photographique de Tristes tropiques de Claude Lévi Strauss, avec les mêmes réticences que j’avais eues à la lecture de l’ouvrage de l’ethnologue.

dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.
dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.

En dépit de cela, le travail de documentation de Pierre de Vallombreuse est notable. On visualise les changements. On devine la catastrophe écologique, et économique sur cette région. J’aurais juste préféré que le propos associé aux images soit plus nuancé, plus neutre. Ce n’est pas la première fois que j’ai cette impression d’une présentation très occidentalo-centrée autour d’un témoignage artistique sur un peuple autochtone dans une exposition au Centre du Patrimoine Arménien. En effet, lors de ma visite de l’exposition de Julien Lombardi en 2024, les explications du médiateur m’avaient déjà laissé ce sentiment.

2 tirages de la même photo, un en noir et blanc, l'autre en couleurs
J’ai bien aimé cette présentation de deux tirages de la même photo qui prouve à quel point le fait que ce soit en noir et blanc ou en couleur influe sur la lecture de l’image et la potentielle narration associée.
Dans l’exposition, le noir et blanc est utilisé pour l’avant, évoquant une période de bonheur simple, tandis que la couleur est utilisée pour le maintenant, évoquant le progrès destructeur.
"La route qui mène au pied de la Vallée sera bientôt achevée. Ce jour-là, on travail prendra fin"
Le choix de cette citation de Pierre de Vallombreuse résume à lui tout seul la façon dont j’ai perçu le traitement du sujet de l’exposition, cette impression de « c’était mieux avant », ce sentiment de nostalgie d’une époque où la modernité n’avait pas encore perverti un peuple isolé…

Informations pratiques

  • L’exposition « Hubert Robert & Fragonard – Le sentiment de la nature » est présentée jusqu’au 21 juin 2026 au Musée de Valence. Les informations pratiques pour la visite, ainsi que la programmation associée à l’exposition, sont à retrouver sur le site internet du musée.
  • L’exposition « Les temps modernes. Palawan, Philippines » des photographies de Pierre de Vallombreuse est proposée jusqu’au 20 septembre 2026 au Centre du Patrimoine Arménien à Valence. Les informations pratiques pour la visiter sont disponibles sur le site internet du CPA.


Valence – Drôme – mars 2026

[Rhône] une journée autour de la Cité Internationale à Lyon

Certains d’entre vous le savent déjà, j’ai longtemps travaillé à Lyon. Mais, prise dans le tourbillon de mon quotidien professionnel, je fréquentais souvent les mêmes lieux, les mêmes rues. Et je n’avais pas le courage de retourner à Lyon le week-end. Depuis 2 ans, je ne vais plus chaque jour à Lyon, et j’y vais donc avec plaisir pour m’y balader ou y profiter de l’offre culturelle (même si dans la Drôme, il y a aussi plein de belles propositions). C’est pour découvrir les nouvelles expositions du macLyon que j’y suis allée cette fois, et je me suis aussi baladée dans les environs de la Cité Internationale.

la cité internationale à Lyon
La Cité Internationale de Lyon a été bâtie à la fin des années 1990/début des années 2000 sur le site de l’ancienne foire de Lyon. L’ensemble a été conçu par l’architecte Renzo Piano, et s’articule autour d’une rue piétonne interne. La Cité Internationale abrite des hôtels, un centre de congrès et spectacles, des salles de cinéma, des restaurants et des bureaux, ainsi que le Musée d’Art Contemporain de Lyon.

Une visite au Musée d’Art Contemporain

Redécouvrir le macLYON

Il suffit parfois d’une occasion pour retourner dans un quartier où on n’a pas mis les pieds depuis plusieurs années. C’était mon cas avec la Cité Internationale. La dernière fois que j’y étais allée, c’était il y a une dizaine d’années pour une soirée de gala à l’amphithéâtre 3000, et je n’avais pas vraiment flâné. La fois précédente remontait à la fin des années 1990. Le quartier était encore en construction, mais le Musée d’Art Contemporain (dit macLYON) venait d’ouvrir ses portes et j’étais venue le visiter. Et je n’y étais pas retournée depuis.

façade du Musée d'Art Contemporain de Lyon
La façade Art Déco du macLYON est celle de l’ancien palais de la foire, qui a été conservée.

C’est à l’invitation de IgersLyon et du macLYON que je suis venue pour découvrir les 3 nouvelles expositions temporaires. Le musée a en effet cette particularité de ne pas exposer de collections permanentes (même s’il possède un fonds d’œuvres), et de proposer uniquement des expositions temporaires avec généralement deux rotations annuelles. Un nouveau cycle d’expositions a été inauguré le 6 mars dernier, et j’ai eu la chance de les parcourir dès le lendemain avec un médiateur en visite guidée.

Truck, installation d’Eric Wurm en 2007
espace living du macLYON
Au macLYON, des espaces permettent de réaliser des activités en famille, de consulter des livres ou encore de faire une pause.

Encore lui ! – Jean-Claude Guillaumon

La première exposition est une monographie de Jean-Claude Guillaumon, intitulée Encore lui !. Elle propose un regard sur l’œuvre de cet artiste lyonnais autodidacte et peu connu du grand public. Dessinateur industriel de profession, proche du mouvement Fluxus (qui milite pour l’abolition des frontières de l’art), il a débuté en faisant des happenings dans les années 1960, apportant un vent de nouveauté dans la scène artistique lyonnaise. Au cours des années 1970, épaulé par son épouse Colette, il se met en scène dans des séries photographiques portant un regard à la fois acerbe et plein d’humour sur l’art, en particulier contemporain, et la société de façon plus générale. Loin du selfie façon XXIe siècle, Jean Claude Guillaumon ne se met pas au centre de ses productions pour des raison égotiques mais pour au contraire désacraliser la place de l’artiste et tourner en ridicule la vanité qui l’accompagne.

Attention vous marchez dans l'art - panneau en carton par Jean Claude Guillaumon
Dès l’entrée de l’exposition, le ton est donné
N'allez pas contredire l'artiste vous passeriez pour un imbécile  - panneau en carton par Jean Claude Guillaumon
« N’allez pas contredire l’artiste vous passeriez pour un imbécile »
Un avertissement en forme de pied de nez à la pédanterie des artistes
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Jean Claude Guillaumon explore de nombreux formats photographiques, en bande façon photomaton ou en tirage simple
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Je ne savais pas encore que Jean Claude Guillaumon était dessinateur industriel quand j’ai vu cette œuvre, mais j’ai immédiatement pensé à la correspondance des vues en dessin technique.
(Et je suis donc très surprise que mes cours de dessin industriel aient pu me servir à quelque chose une trentaine d’années après ! )
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Les oeuvres ne sont pas captives de leurs cadres mais envahissent le monde comme devrait le faire l’art.
Installation vidéo et plastique autour d'un jeu de go par Jean Claude Guillaumon
Dans la lancée des happenings, Jean Claude Guillaumon a aussi fait des captations vidéo comme cette partie de go un peu particulière, qu’il met ensuite en scène dans une installation.
Papier peint Jean Claude Guillaumon
Ce papier peint « Jean Claude Guillaumon » reprend la figure hypnotique de l’artiste (et me fait penser au papier peint des Renés d’Hervé Di Rosa au musée de Valence en 2022)

Regards sensibles – œuvres vidéo de la collection Lemaire

Isabelle et Jean-Conrad Lemaire ont constitué au fil des années l’une des plus importantes collections privées d’art vidéo en France. Les œuvres qu’ils ont acquis couvrent la période de 1984 à 2025. Ils ont fait don de cette collection au macLYON de façon récente. Dans cette collection, la commissaire d’exposition a imaginé un parcours à travers une sélection d’œuvres, les faisant ainsi dialoguer. La scénographie invite le visiteur à s’assoir pour regarder les vidéos proposées, dont la durée varie de quelques minutes à une demi-heure. Je dois avouer que l’art vidéo est sans doute celui qui a le plus de mal à me toucher. J’ai souvent du mal à interpréter l’intention de l’artiste, et j’analyse l’œuvre plus que je ne la ressent. Mais quelquefois, une œuvre vidéo trouve un écho en moi et m’émeut. Ca a été le cas pour Les Indes Galantes, une vidéo de Clément Cogitore, qui met en scène des danseurs dans une battle hip hop sur la musique de Rameau, et qui a été un vrai coup de cœur.

exposition Regards Sensibles au macLyon
Regardez bien, les mains d’Alexis le médiateur font écho à l’œuvre qui se joue dans son dos
exposition Regards Sensibles au macLyon
La scénographie de l’exposition est une vraie réussite
exposition Regards Sensibles au macLyon
Si l’œuvre vidéo m’a laissée perplexe, j’ai beaucoup aimé la douceur qui se dégageait de l’installation avec cette lumière bleutée.

Peinture froide – Giulia Andreani

Au troisième étage du musée, la peinture froide de Giulia Adreani nous emmène dans un univers monochrome. En effet, l’artiste peint uniquement avec du gris de Payne, un gris bleuté créé au XVIIe siècle par un aquarelliste anglais et utilisé généralement pour les ombres et les effets de profondeur. L’utilisation qu’en fait Giulia Andreani donne un rendu très froid, créant une distance entre le spectateur et le tableau, figeant dans une dimension quasi photographique les scènes représentées. Parmi les thématiques, on note une forte interrogation sur la place des femmes, tantôt invisibilisées, tantôt mises en valeur. L’artiste s’attache aussi à revisiter les esthétiques des images de propagande des régimes totalitaires. L’ensemble porte un regard interrogatif sur l’impact politique de l’iconographie, et le souvenir laissé dans la mémoire collective.

œuvres de Giulia Andreani
Questionnement sur la place de la femme dans le monde, en particulier artistique
œuvres de Giulia Andreani
Luttes politiques
œuvres de Giulia Andreani
Questionnement sur la place de la femme dans le monde, en particulier artistique
œuvres de Giulia Andreani
Une œuvre monochrome avec un fort impact


Informations pratiques :

  • Les horaires et tarifs de visite du Musée d’Art Contemporain sont disponibles sur le site internet du macLYON.
  • Les 3 expositions dont je parle ici sont présentées jusqu’au 12 juillet 2026.
  • Le macLYON sera ensuite fermé pour préparer les expositions de la prochaine Biennale d’Art Contemporain.

(*) J’ai été invitée (collaboration commerciale non rémunérée) au Musée d’Art Contemporain de Lyon.

tote bag du macLYON avec l'inscription l'art contemporain, j'ai rien compris : j'ai adoré !
Coup de cœur pour le tote bag du macLYON


Une promenade au parc de la Tête d’Or

La Cité Internationale de Lyon est situé juste en lisière du parc de la Tête d’Or. S’il m’est arrivé de temps en temps de faire un tour au parc, c’était plutôt du côté opposé, vers les serres et le jardin zoologique. J’ai donc profité d’être à la Cité Internationale pour aller me balader dans les allées du parc en bordure du lac. Comme j’y étais début mars, c’était la pleine floraison des différentes variétés de jonquilles mais aussi des magnolias (et dans quelques semaines, c’est la roseraie qui sera en fleurs). Cette version printanière du parc de la Tête d’Or est l’une des plus belles, et je n’ai pas manqué de faire beaucoup (trop) de photos.

jonquilles
Les pelouses étaient couvertes de jonquilles
cygne et reflets de branches sur un lac
L’un des cygnes du lac
pont couvert en bois au parc de la Tête d'Or à Lyon
J’avais découvert Lyon lors de mon premier stage quand j’étais étudiante, et j’étais complètement tombée sous le charme de ce pont en bois. J’y avais d’ailleurs à l’époque fait quelques séries de portraits.


Lyon – Rhône – mars 2026


magnolias en fleurs devant la bourse de commerce de Lyon
En passant sur la Presqu’île après ma journée autour de la Cité Internationale, j’ai pu admirer les magnolias en fleurs devant le bâtiment de la bourse du commerce à Cordeliers

[Ardèche] les expositions d’art contemporain de la saison hivernale 25/26 au château d’Aubenas

Il y a environ un an, j’étais allée découvrir le château d’Aubenas, en Ardèche. Après plusieurs années de fermeture et de travaux, le château a en effet été transformé. Abritant autrefois les services municipaux de la ville, il est devenu un centre d’art contemporain. L’hiver dernier, les expositions proposées ne m’avaient pas vraiment touchée. Je n’avais pas eu l’occasion d’y retourner pour voir la programmation estivale, mais en ce début d’année, les images et impressions partagées par une copine m’avaient convaincue d’y retourner. Comme l’an dernier, il y plusieurs expositions en parallèle. En voici un rapide tour d’horizon.

la façade du château d'Aubenas
Le château d’Aubenas : un écrin patrimonial pour de l’art contemporain

Canicules, de Baptiste Caccia

Baptiste Caccia est un artiste français né en 1988. Canicules est sa première exposition institutionnelle. Il travaille avec la technique de la sérigraphie, explorant les limites de cette pratique, et lui adjoignant la peinture et jouant sur les superpositions. Ses œuvres s’appuient sur des photographies qu’il a lui même prises ou des images issues de la presse ou du patrimoine. Le résultat est à la fois extrêmement hétérogène car il n’y a pas de vrai sujet de prédilection, et complètement homogène par les techniques mise en œuvre. L’ordre de présentation des œuvres dans les salles a même été tiré au sort par l’artiste, pour ajouter à ce jeu entre homogénéité et hétérogénéité. On notera toutefois un motif récurrent autour de la mort, et en particulier des danses macabres. J’ai apprécié la sensibilité du travail de Baptiste Caccia sur l’ensemble des tableaux présentés.

entrée de l'exposition Canicules de Baptiste Caccia au château d'Aubenas en février 2026
J’ai particulièrement aime la façon dont les intempéries ont fait évoluer les éléments du panneau d’accueil de l’exposition Canicules de Baptiste Caccia, comme un écho inversé au titre de l’exposition.
œuvre de Baptiste Caccia
J’ai vu dans cette œuvre une réinterprétation des Nymphéas de Monet. Ce qui est intéressant, c’est qu’une autre œuvre de l’exposition est réalisée à partir d’une photo d’une amie de Baptiste Caccia regardant les Nymphéas et qu’une troisième œuvre a été élaborée à partir de l’image d’une affiche de l’exposition qui s’est tenue au Musée d’Orsay en 2024 et intitulée « Paris 1874 – inventer l’impressionnisme »

En s’approchant de ce tableau, on peut deviner une inscription en rose sur rose : « Mensonge. Comme les pensées de l’ivrogne et du sage »

Je suis verticale, mais… – exposition collective

L’exposition collective Je suis verticale, mais… propose des œuvres de plusieurs artistes féminines regroupées sous le titre d’un poème de Silvia Plath. Dans ce texte, l’autrice parle de sa volonté de se fondre dans la nature horizontale, d’y acquérir une forme d’immortalité. L’exposition permet de découvrir le travail de Nadia Ayari, Molly Greene, Rose Lowder, Isa Melsheimer, Emma Reyes et Jacqueline Sotta, représentant la nature, et évoquant notre lien avec elle. J’ai eu un coup de cœur pour les céramiques d’Isa Melsheimer, et en particulier pour une guirlande évoquant des fleurs qui occupe à elle seule quasiment une pièce entière.

signalétique dans l'exposition "Je suis verticale mais"
Quand la signalétique de l’exposition peut prêter à double sens…

La vie devant soi, photographies de Gilbert Garcin

Je ne connaissais pas le travail de Gilbert Garcin, ancien cadre de l’industrie qui s’est mis à la photographie lorsqu’il a pris sa retraite. Il a créé un univers délicieusement surréaliste, mettant en scène son alter ego Mister G dans des situations improbables, souvent secondé par son épouse Monique. Loin des retouches et traitements actuels par ordinateur, tout son travail repose sur des mises en scène réelles à partir de petits objets et de figurines qu’il créait lui-même. La façon de mettre en lumière ces saynètes et de les photographier en noir et blanc (à l’argentique) apporte une touche un brin désuète mais vraiment charmante. L’ensemble pourrait évoquer l’univers de Jacques Tati et son Monsieur Hulot, mais se révèle en fait extrêmement personnel.


Escalier d'honneur du château d'Aubenas
Depuis la cour du château, accéder aux étages par l’escalier du XVIIe siècle ou se rendre sur la terrasse

Informations pratiques :

Ces expositions sont présentées jusqu’au 8 mars 2026 au château d’Aubenas. Les conditions de visite (horaires, tarifs…), ainsi que les animations et visites guidées, sont détaillées sur le site internet du château.
A mon sens, ces trois expositions ne présentent pas d’images pouvant heurter les personnes sensibles et peuvent donc être visitées avec des enfants. Si vous y êtes allés et avez un avis différent, je vous propose d’échanger dans les commentaires.

vue sur la montagne ardéchoise depuis le château d'Aubenas
Depuis la terrasse, jeter un coup d’œil à la montagne ardéchoise enneigée


Château d’Aubenas – Ardèche – février 2026

[Drôme] 2 propositions culturelles à découvrir pendant les vacances d’hiver

Je le dis assez régulièrement : il y a de nombreuses propositions culturelles tout au long de l’année dans la Drôme. Alors qu’ici, les vacances d’hiver débutent, j’ai sélectionné pour vous deux expositions : une à Valence et une à Montélimar. Et puis, en bonus, je vous évoquerai un festival de cinéma, actuellement terminé mais qui mérite d’y prêter attention pour l’année prochaine.

représentation de l'atelier de l'artiste Dalva Duarte
L’atelier de Dalva Duarte transposé au MAC de Montélimar

Amazônia, Dalva Duarte au MAC de Montéliar

J’ai bien failli louper l’exposition Amazônia de l’artiste brésilienne Dalva Duarte au Musée d’Art Contemporain de Montélimar. Heureusement pour moi, elle a été prolongée de plusieurs semaines, me laissant le temps d’aller la découvrir. Dalva Duarte est née et a grandi au Brésil, avant de vivre entre la France et les Etats-Unis. Elle a maintenant posé ses pinceaux dans un petit village d’Ardèche. Elle avait fait l’objet d’une exposition il y a quelques années au château de Tournon, et une de ses œuvres y est toujours exposée.

exposition Amazônia de Dalva Duarte au MAC de Montélimar
Je suis toujours aussi fan des perspectives que permet le MAC de Montélimar

Avec Amazônia, Dalva Duarte nous entraine à la rencontre de la forêt amazonienne et de ses habitants. L’artiste cherche à interpeller le visiteur en évoquant la déforestation massive et la destruction de cet écosystème fragile. Les regards des personnes représentées dans les tableaux sont tristes et graves, comme pour nous alerter sur une situation hors de contrôle. Les couleurs sont vives et les grands formats offrent une expérience quasi immersive. Il est même possible de méditer entouré des couleurs de la forêt amazonienne et des sons de la jungle.

exposition Amazônia de Dalva Duarte au MAC de Montélimar
Une salle immersive permet de méditer au cœur de la jungle

(*) L’exposition Amazônia de Dalva Duarte est présentée jusqu’au 22 février 2026 au Musée d’Art Contemporain de Montélimar (place de Provence). L’entrée est gratuite pour tous.

L’enchantement Chahine, au LUX Valence

Pour le centenaire du réalisateur égyptien Youssef Chahine, le LUX à Valence propose une petite exposition : L’enchantement Chahine. On y découvre de nombreux extraits de ses films, mais aussi des témoignages photographiques et des images des actrices et chanteuses égyptiennes qu’il a mises en scène. On croise ainsi Oum Kalthoum, ou encore Dalida, sur les murs du LUX.

(*) L’exposition L’enchantement Chahine est visible gratuitement durant les horaires d’ouverture du LUX à Valence jusqu’au 27 février 2026

Bonus : retour sur le festival Viva Cinéma, au LUX Valence

L’exposition L’enchantement Chahine au LUX a été montée dans le cadre du festival Viva Cinéma qui se tenait du 20 au 27 janvier 2026. Chaque début d’année, ce festival met à l’affiche des films anciens restaurés. Il s’agit de partager un patrimoine cinématographique, autour d’un ou deux thèmes. Le cinéma de Chahine était l’un des deux thèmes de 2026. L’autre thème nous invitait à frissonner devant des films de genre, souvent fantastiques. Pour ma part, je suis allée voir le Dracula de Francis Ford Coppola avec Winona Ryder, Gary Oldman, Keanu Reeves et Anthony Hopkins. Sorti en 1992, il se démarque par son ambiance très victorienne, et son esthétisme rempli de symbolisme et de référence à d’autres œuvres d’art. Chacun des acteurs apporte une dimension à l’histoire qu’ils portent, et on retrouve partout la grandiloquence de Coppola.

pêle mêle d'affiches de cinéma vintage
Quelques uns des films présentés à Viva Cinéma cette année
affiche du festival Viva Cinéma 2026 au LUX de Valence
J’aime beaucoup l’affiche de cette édition 2026 de Viva Cinéma


Montélimar & Valence – Drôme – janvier 2026