Cela va vous sembler incroyable mais je n’étais encore jamais allée voir les orchidées sur le massif de Crussol. J’en avais parfois croisé au hasard d’une balade vers les ruines du château, mais je n’y étais jamais allée spécifiquement. Compte tenu qu’il s’agit d’un des endroits autour de Valence où il y a le plus d’orchidées, et avec ma passion pour ces fleurs, il faut avouer que c’était vraiment une bizarrerie de ne pas y avoir fait une balade rien que pour cela. Aussi, au mois de mai, j’ai profité d’une balade nature spéciale orchidées organisée par Rhône Crussol. Au pied du château, j’ai retrouvé Nicolas un guide accompagnateur qui a partagé avec le groupe d’une bonne vingtaine de personnes que nous étions ses connaissances sur ces plantes surprenantes pendant deux heures de promenade.
Au pied du château de Crussol
Un milieu naturel riche en orchidées de toutes sortes
J’ai finalement pris assez peu de photos lors de cette sortie. A cela deux raisons principales : le fait d’être en groupe et l’heure de la journée. En effet, en groupe, c’est compliqué de rester longtemps à photographier une même fleur, surtout que chacun veut repartir avec son image souvenir. Donc, pour ne pas ralentir tout le monde, j’ai pris mes photos très rapidement. Bilan : de nombreuses photos floues. Ensuite, la balade a eu lieu de 14.00 à 16.00 donc à l’heure où le soleil est très haut et en plus, un jour de grand beau temps. Bilan : des images surexposées. Je vais donc me contenter d’une sélection des merveilles aperçues ce jour là (et en demandant votre indulgence pour la qualité des photos), essentiellement destinée à me servir d’aide mémoire pour les années à venir.
La listère à feuilles ovales
La listère à feuilles ovales est une grande orchidée très discrète avec ses fleurs vert pâle et que l’on trouve sur quasiment tout le territoire de France métropolitain. Une orchidée à laquelle je n’avais jamais prêté attention alors que statistiquement, j’en ai forcément déjà croisé.
listère à feuilles ovales
L’orchis tridenté
L’orchis tridenté est une espèce protégée que j’ai déjà plusieurs fois croisée.
Orchis tridentéOrchis tridenté
L’anacamptis pyramidal
Autrefois dénommé orchis pyramidal, il a été reclassifié dans la famille des anacamptis. C’est en trouvant une anacamptis pyramidal dans le jardin de ma maison d’alors que je suis entrée dans le monde fascinant des orchidées sauvages. Le jour de la balade, nous avons aussi pu observer un individu hypochrome.
Ces deux ophrys sont assez proches et parfois un peu difficile à différencier. L’ophrys bécasse est un peu plus « large » que son cousin et présente de légères excroissances.
ophrys moucheophrys bécasse il tient son nom de la forme de son gynostème (la petite forme verte) qui fait penser à cet oiseau
L’ophrys de la Drôme
L’ophrys de la Drôme a été découvert dans la Drôme mais on peut aussi l’observer dans la vallée du Rhône côté ardéchois sur les massifs de Crussol et Soyons. C’est d’ailleurs à Soyons que je l’avais vu pour la première fois. On le reconnait aisément avec son petit « miroir ».
ophrys de la Drôme (en fin de floraison)ophrys de la Drôme
L’orchis fragans
L’orchis fragans est une orchidée assez rare (et protégée). Elle dégage une odeur vanillée assez nette. Je n’ai même pas eu besoin de coller mon nez à la plante pour la sentir.
orchis frangans
L’épipactis microphila
Les épipactis sont pour moi parmi les orchidées plus compliquées à repérer. Il faut dire qu’ils ont le don de se fondre dans la végétation environnante avec leurs couleurs d’herbe séchée et leurs silhouettes discrètes.
épipactis microphila
Il y a bien d’autres variétés d’orchidées sur le massif de Crussol dont la période de floraison varie. Lors de la balade que j’ai faite, nous avons ainsi aussi pu voir une céphalantère de Damas qui n’avait pas encore vraiment commencé à fleurir. Il y avait aussi des limodores anthocyanes (une orchidée parasite rare.. mais dont je n’ai pas su prendre de photos correctes), des orchis militaires et des orchis pourpres. A d’autres moment de l’année, il est possible d’y trouver par exemple des spirantes et des sérapias.
Massif de Crussol – Saint Péray – Ardèche – mai 2026
La vue sur Saint Péray depuis la montée vers le château de Crussol. On devine le château de Beauregard sur la droite et en arrière plan les vignes de Cornas.
Comme vous le savez peut-être déjà, j’aime beaucoup les cascades. Depuis toujours, je les trouve fascinantes et je ne me lasse pas de découvrir de nouvelles chutes d’eau. Certaines de ces cascades sont toutefois compliquées à voir, même si elles peuvent être faciles d’accès. En effet, certaines ne coulent que de façon intermittente, seulement après de très fortes pluies. Les voir en eau nécessite une bonne part de chance. Et on peut dire que j’en ai eu de la chance : à quelques jours près, j’ai bien failli les voir à sec.
La magique cascade de Rochecolombe
Le Gour de la Sompe, une cascade cachée
Dans la forêt de chênes verts, une approche épique
J’avais vu sur les réseaux sociaux que le Gour de la Sompe coulait après de nombreux jours de pluie et je m’y suis donc rendue le samedi suivant. J’avais repéré qu’elle était sur la commune de Lagorce mais j’avoue que je n’avais pas vraiment cherché avec précision comment m’y rendre. A posteriori, je m’aperçois que c’était une grosse erreur. En effet, la direction de la cascade du Gour de la Sompe n’est indiquée nulle part. La seule indication que j’avais consistait en un parking au bord de la route, une vague direction et une amie qui m’avait dit qu’il fallait compter un aller-retour d’environ 4 km pour s’y rendre.
Ca partait plutôt bien avec un chemin facile
Si, avant de partir, j’avais pris la peine de poser les choses comme je l’ai fait là, je me serais bien rendue compte que c’était une très mauvaise idée. J’ai trouvé sans problème le parking au bord de la route. Le chemin au départ était bien net et facile, je n’ai pas eu de mal à le suivre. Dès le départ il y avait des gués à passer sur des ruisseaux bien gonflés des dernières pluies, mais en dehors d’en ressortir les pieds mouillés, aucune difficulté. C’est après que tout s’est compliqué. Absorbée dans la contemplation du paysage, j’ai loupé une bifurcation. M’éloignant un peu trop de là où je devais me rendre, j’ai fait demi-tour pour retrouver le « bon » chemin…. que j’ai de nouveau manqué, prenant un autre chemin menant à une autre combe que celle où je voulais aller. C’est en arrivant face à un pierrier que je me suis dit que ça ne collait pas.
Quand la carte voudrait te faire croire qu’il y a un chemin…
J’ai continué un peu à descendre mais l’orientation que prenait la trace ne me convenait pas. J’ai finalement fait demi-tour pour revenir au grand chemin principal pour revenir vers là où je pensais m’être trompée. Et c’est quelques centaines de mètres plus loin que j’ai aperçu un discret sentier longeant un ruisseau : j’avais enfin trouvé le bon chemin. J’étais à même pas 500 mètres de la cascade ! On arrive par le haut de celle-ci, et il faut donc descendre pour l’admirer en entier. Le sentier est escarpé et il était glissant. J’ai redoublé de vigilance avant de faire un long arrêt contemplatif
Ce balisage jaune blanc m’a induite en erreur. Le chemin vers la cascade n’est pas sur un chemin balisé !Dans mes errements, j’ai quand même vu un joli chemin bordé d’un muret en pierres, et j’ai vu un orchis géant, ma première orchidée de l’année !
Deux étages pour une cascade impressionnante
Ce qui fait la particularité de la cascade du Gour de la Sompe (en dehors du fait qu’elle ne coule pas tout le temps), c’est qu’elle est constituée de deux cascades avec un bassin entre les deux. Le spectacle est impressionnant. Je n’ai pas réussi à faire de photos où l’on voyait bien les deux cascades en raison de la végétation. Mais j’ai bien profité des points de vue entre les branches des arbres. Puis, je suis allée m’installer tout en haut de la cascade du haut. Je me demande parfois si les cascades ne sont pas plus impressionnantes vues d’en haut. Ici, l’eau du ruisseau s’engouffre dans une entaille du rocher pour tomber dans le bassin intermédiaire. L’écoulement est hypnotisant.
Vue d’en haut, la cascade du Gour de la Sompe est hypnotisante
ATTENTION : si la cascade du Gour de la Sompe n’est pas fléchée, c’est parce qu’elle est située dans un environnement naturel hyper préservé avec des captages d’eau potable. Il est impératif de bien respecter les lieux et de ne pas les souiller. De plus, l’accès en est dangereux : le chemin est très raide et l’à pic en haut de la cascade est grand. La prudence est donc de mise si vous y allez. Il peut aussi arriver que l’accès en soit interdit pour des raisons de sécurité.
La cascade de Rochecolombe, une pépite facile d’accès
De l’eau dans la cascade, un spectacle rare
Après le Gour de la Sompe, je me suis rendue à Rochecolombe. A quelques centaines de mètre du village, on trouve en effet une cascade exceptionnelle. Déjà, sa forme est très particulière puisqu’elle tombe sur un gros rocher arrondi situé à son pied. Mais surtout, elle est coule extrêmement rarement. Il faut vraiment que les pluies aient été très abondantes et très récentes pour avoir la chance de la voir en eau. J’ai eu beaucoup de chance car elle coulait encore lorsque j’y suis allée. Ce n’était plus le cas quelques jours après quand des amis s’y sont rendus. Sur place, j’ai croisé un couple dont c’était la 7e tentative pour la voir couler, et ils ne cachaient pas leur émotion devant ce spectacle de la nature.
La cascade de Rochecolombe en action, un spectacle rareL’eau traverse le calcaire du plateau puis le dépose en tombant
Contrairement au Gour de la Sompe, la cascade de Rochecolombe est très bien indiquée. Depuis le parking du village, il suffit de suivre les panneaux en longeant la rivière. On traverse plusieurs fois celle-ci, sur des petits ponts de pierre plein de charme. On passe par les ruines d’anciens moulins, et il y a même un tout petit passage à gué. Si la cascade coule, c’est qu’il a beaucoup plu et donc le petit gué peut impliquer de devoir se mouiller les pieds malgré les pierres dans le lit de la rivière.
En chemin vers la cascade : petit pont de pierre, ruines de moulin et chemin de planches
Perché et escarpé, un village à découvrir
A Rochecolombe, après avoir la cascade, je suis allée faire un tour dans le vieux village perché. De nombreux bâtiments y sont en cours de restauration, mais le charme opère sans souci au fil des calades abruptes qui montent le long du piton rocheux sur lequel le village se trouve. En allant jusqu’en haut, on peut découvrir un magnifique point de vue sur Aubenas et les Monts d’Ardèche. Mais surtout, une fois au sommet, on se retrouve face à la cascade. De là, on peut l’admirer dans son entièreté, et voir la rivière serpenter sur le plateau au dessus avant de se jeter dans le vide. Le point de vue se mérite mais il vaut largement l’effort.
Le charme du village perché de RochecolombeDepuis le haut du village, la vue sur la cascade est plongeante
Si vous cherchez une cascade facile d’accès, Rochecolombe est un choix de prédilection. Barbara de Gulwen.fr y est allée avec ses jeunes enfants, et cela s’est très bien passé. Ardéchoise, elle propose plein de bonnes idées de balades et randos accessibles en famille dans la région.
Bonus – regagner la vallée du Rhône par les Gorges de l’Ardèche
Pour rentrer vers le plaine de Valence depuis Rochecolombe, j’ai pris le chemin buissonnier et je suis passée par les Gorges de l’Ardèche. Les paysages y sont magnifiques et à cette période de l’année, il n’y a quasiment personne. On peut ainsi profiter de chaque belvédère aménagé le long de la route en toute tranquillité. Selon la saison, le paysage évolue, mais c’est toujours aussi impressionnant.
L’iconique Pont d’Arc, porte amont des Gorges de l’ArdècheChaque belvédère de la route des Gorges de l’Ardèche offre un point de vue grandiose sur la rivière et les falaises qui la bordent
Lagorce / Rochecolombe / Vallon Pont d’Arc – Ardèche – février 2026
Pour d’autres idées de cascades en Ardèche, n’hésitez pas à aller jeter un œil à l’article de Baskets en Vadrouille. Marlène et Jimmy forment un couple très sportif qui arpente les sentiers de la région, et sur leur blog, vous pouvez trouver de chouettes idées de randos et balades.
Et si vous cherchez d’autres activités dans ce secteur, je peux vous suggérer :
Il me semble que je pensais à des vélos quand j’ai ajouté le thème Cycle sur la liste du projet 52. D’ailleurs, si j’avais eu une photo récente de bicyclette, sans doute que c’est ce que j’aurais choisi de vous montrer. Mais, j’ai du faire preuve d’un peu plus d’imagination, et donc le thème m’a laissée un peu perplexe. Pour commencer, il fallait que je choisisse « mon » cycle. J’ai envisagé tout un tas d’idées saugrenues que je vous épargnerai ici. J’ai mis longtemps avant de penser au cycle de l’eau.
Puis, je me suis demandé comment j’allais bien pouvoir le mettre en image. Je ne souhaitais pas vous faire un schéma, même si c’est très intéressant. J’ai alors repensé aux cascades que j’étais allée voir en Ardèche il y a deux semaines (je vous ferai un article détaillé un peu plus tard). Elles ont la particularité d’être intermittentes : elles ne coulent que quelques jours juste après de très fortes pluies. Elles sont donc parfaites pour évoquer le cycle de l’eau. Voici donc l’une d’elles, la cascade de Rochecolombe, située au pied du village éponyme.
Pour découvrir les cycles des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
Pour la cinquième saison, le safari de Peaugres en Ardèche organise le Festival Lumières Sauvages. Des sculptures lumineuses en forme d’animaux sont disséminées dans tout le parc, qui rouvre aux visiteurs à la tombée de la nuit. Cela fait plusieurs années que j’avais envie d’y aller sans jamais en avoir le temps ou l’occasion. Alors quand, cette année, Mr 1er est venu à la maison pour mon anniversaire, je savais exactement où nous allions passer la soirée. Venez, je vous emmène faire une balade magique.
Dès l’arrivée, nous sommes accueillis par des sculptures lumineuses.
Un voyage poétique dans le monde animal
A la date où nous y sommes allés, le parc rouvrait pour la soirée à 18.30. Nous avions donc calculé pour être à l’entrée à l’heure dite. Il y avait quelques voitures devant nous pour passer les caisses, mais cela restait très raisonnable. Comme nous avions déjà nos billets, nous avons rapidement pu gagner les grands parkings du site. Après avoir pris quelques points de repère pour retrouver la voiture (les parkings ne sont pas éclairés), nous avons pris à pied la direction du parc. Dès l’arrivée, sur le plan d’eau, plusieurs dizaines de structures lumineuses flottent et se reflètent. La magie commence à opérer.
Nous partons donc pour une promenade d’1 heure et demie. Le circuit est bien indiqué, la circulation reste fluide sur les chemins. Je prends beaucoup de photos. Mais surtout, je me laisse happer par la beauté des représentations animales (même si certaines sont un peu moins réussies, un peu moins réalistes). Les sculptures sont scénographiées. Les grands animaux terrestres côtoient des plus petits. Lions, tigres, varans, panthères, suricates, zèbres, girafes, loutres : ils sont tous là. Les végétaux sont très présents aussi. Nous traversons ainsi une forêt de bambous lumineux. Sous une cascade, éléphants et hippopotames se baignent.
Balade dans le monde animal
En continuant notre promenade, nous traversons des zones où les végétaux sont gigantesques et les insectes bien visibles. Nous arrivons ensuite dans une allée bordée d’oiseaux exotiques multicolores. Enfin, nous pénétrons dans un monde sous marin, peuplé de poissons de toutes sortes mais aussi de pieuvres et calamars. En passant sous les tunnels lumineux, l’immersion est totale. C’est mon coup de cœur de cette soirée.
Les couleurs des oiseaux exotiques se prêtent bien aux sculptures lumineusesMondes sous-marins
Une balade imaginaire au pays des contes
En complément de la promenade dans les royaumes des animaux et des végétaux, certaines scénographies nous entrainent dans des univers fantastiques. Parmi les décors, on croise ainsi une sorcière entourée d’animaux en mode Halloween, un dragon, le traineau du Père Noël avec ses rennes, le lièvre de Pâques, un kitsune japonais ou encore tout un village peuplé de lutins dans une inspiration très schtroumpfesque. On peut aussi trouver quelques dinosaures.
Au pays des contes et légendes
Mon avis et quelques informations pratiques
Ce que j’en ai pensé : J’ai été très agréablement surprise par la quantité de sculptures lumineuses réparties dans le parc du safari de Peaugres. Le site en annonce plus de 2000. Je ne les ai pas comptées mais je n’ai pas de difficulté à croire ce chiffre. Moi qui ai une relation très ambivalente avec les zoos, j’ai trouvé que c’était une bonne idée que de proposer quelque chose qui n’implique pas d’enfermer des animaux. C’est en outre vraiment bien réalisé, utilisant une technique chinoise ancestrale (et qui est pas mal à la mode depuis quelques années en Occident).
Flore et faune locale au bord du lac
Combien de temps est-ce qu’on y passe ? Le site internet annonçait 1 heure 30 comme durée de visite. C’est effectivement grosso modo le temps que nous y avons passé. Les caisses ferment une heure avant l’évacuation du parc. Mon conseil serait donc de faire comme nous : y aller dès l’ouverture pour la visite nocturne afin d’être certain d’avoir bien le temps de tout voir tranquillement.
Quels sont les horaires ? Les horaires du festival Lumières Sauvages varient selon la période pour tenir compte de la tombée de la nuit. Les horaires et possibilités de billets sont très clairement indiquées sur le site internet du Safari de Peaugres. Pour cette année, le Festival Lumières Sauvages a lieu jusqu’au 29 mars 2026.
Est-ce qu’il y a du monde ? Nous y étions un samedi soir en période de vacances scolaires pour la zone locale. Il y avait donc un peu de monde. Mais le site est vaste et les circulations larges et bien pensées. Au final, nous avons eu une déambulation agréable, sans être bousculés ou sentir que nous n’avancions pas assez vite.
Faut-il prendre ses billets à l’avance ? Il est possible d’acheter ses billets à l’entrée du site. Toutefois les tarifs sont plus intéressants sur internet. On peut y prendre des billets pour le jour même, y compris au dernier moment. Nous avons ainsi acheté les nôtres juste avant de partir de la maison, moins d’1h30 avant l’heure de réouverture du parc pour la soirée. A noter, les billets journée incluent la visite nocturne mais on peut aussi prendre des billets (moins chers) seulement pour les soirées.
Si vous avez vu (le premier) Jurassic Park, vous savez qu’il faut ce méfier de celui-ci !
Il y a environ un an, j’étais allée découvrir le château d’Aubenas, en Ardèche. Après plusieurs années de fermeture et de travaux, le château a en effet été transformé. Abritant autrefois les services municipaux de la ville, il est devenu un centre d’art contemporain. L’hiver dernier, les expositions proposées ne m’avaient pas vraiment touchée. Je n’avais pas eu l’occasion d’y retourner pour voir la programmation estivale, mais en ce début d’année, les images et impressions partagées par une copine m’avaient convaincue d’y retourner. Comme l’an dernier, il y plusieurs expositions en parallèle. En voici un rapide tour d’horizon.
Le château d’Aubenas : un écrin patrimonial pour de l’art contemporain
Canicules, de Baptiste Caccia
Baptiste Caccia est un artiste français né en 1988. Canicules est sa première exposition institutionnelle. Il travaille avec la technique de la sérigraphie, explorant les limites de cette pratique, et lui adjoignant la peinture et jouant sur les superpositions. Ses œuvres s’appuient sur des photographies qu’il a lui même prises ou des images issues de la presse ou du patrimoine. Le résultat est à la fois extrêmement hétérogène car il n’y a pas de vrai sujet de prédilection, et complètement homogène par les techniques mise en œuvre. L’ordre de présentation des œuvres dans les salles a même été tiré au sort par l’artiste, pour ajouter à ce jeu entre homogénéité et hétérogénéité. On notera toutefois un motif récurrent autour de la mort, et en particulier des danses macabres. J’ai apprécié la sensibilité du travail de Baptiste Caccia sur l’ensemble des tableaux présentés.
J’ai particulièrement aime la façon dont les intempéries ont fait évoluer les éléments du panneau d’accueil de l’exposition Canicules de Baptiste Caccia, comme un écho inversé au titre de l’exposition.Canicules occupe deux niveaux du château d’Aubenas, permettant d’appréhender la diversité et l’évolution de la technique et des sujets de Baptiste CacciaJ’ai vu dans cette œuvre une réinterprétation des Nymphéas de Monet. Ce qui est intéressant, c’est qu’une autre œuvre de l’exposition est réalisée à partir d’une photo d’une amie de Baptiste Caccia regardant les Nymphéas et qu’une troisième œuvre a été élaborée à partir de l’image d’une affiche de l’exposition qui s’est tenue au Musée d’Orsay en 2024 et intitulée « Paris 1874 – inventer l’impressionnisme » — En s’approchant de ce tableau, on peut deviner une inscription en rose sur rose : « Mensonge. Comme les pensées de l’ivrogne et du sage »
Je suis verticale, mais… – exposition collective
L’exposition collective Je suis verticale, mais… propose des œuvres de plusieurs artistes féminines regroupées sous le titre d’un poème de Silvia Plath. Dans ce texte, l’autrice parle de sa volonté de se fondre dans la nature horizontale, d’y acquérir une forme d’immortalité. L’exposition permet de découvrir le travail de Nadia Ayari, Molly Greene, Rose Lowder, Isa Melsheimer, Emma Reyes et Jacqueline Sotta, représentant la nature, et évoquant notre lien avec elle. J’ai eu un coup de cœur pour les céramiques d’Isa Melsheimer, et en particulier pour une guirlande évoquant des fleurs qui occupe à elle seule quasiment une pièce entière.
Quand la signalétique de l’exposition peut prêter à double sens…Guirlande en céramique d’Isa Melsheimer
La vie devant soi, photographies de Gilbert Garcin
Je ne connaissais pas le travail de Gilbert Garcin, ancien cadre de l’industrie qui s’est mis à la photographie lorsqu’il a pris sa retraite. Il a créé un univers délicieusement surréaliste, mettant en scène son alter ego Mister G dans des situations improbables, souvent secondé par son épouse Monique. Loin des retouches et traitements actuels par ordinateur, tout son travail repose sur des mises en scène réelles à partir de petits objets et de figurines qu’il créait lui-même. La façon de mettre en lumière ces saynètes et de les photographier en noir et blanc (à l’argentique) apporte une touche un brin désuète mais vraiment charmante. L’ensemble pourrait évoquer l’univers de Jacques Tati et son Monsieur Hulot, mais se révèle en fait extrêmement personnel.
Depuis la cour du château, accéder aux étages par l’escalier du XVIIe siècle ou se rendre sur la terrasse
Informations pratiques :
Ces expositions sont présentées jusqu’au 8 mars 2026 au château d’Aubenas. Les conditions de visite (horaires, tarifs…), ainsi que les animations et visites guidées, sont détaillées sur le site internet du château. A mon sens, ces trois expositions ne présentent pas d’images pouvant heurter les personnes sensibles et peuvent donc être visitées avec des enfants. Si vous y êtes allés et avez un avis différent, je vous propose d’échanger dans les commentaires.
Depuis la terrasse, jeter un coup d’œil à la montagne ardéchoise enneigée
Cette semaine, le projet 52 nous invite à regarder par terre. J’ai eu envie de partir sur une idée automnale. Après tout, nous sommes à la saison où les feuilles des arbres ont tendance à se retrouver par terre. Mais, à cette saison, il y a d’autres choses que l’on retrouve par terre : c’est le moment où certains fruits tombent des arbres. Certains, tels les glands et les faines, se retrouvent au pied des arbres en forêt. Mais d’autres sont aussi cultivés. C’est le cas autour de chez moi des noix, du côté de la vallée de l’Isère et du Royans, et des châtaignes, du côté de l’Ardèche. Et c’est actuellement le moment de la récolte.
A la toute fin du mois de septembre, j’ai participé à une journée de découvertes en Ardèche autour des produits locaux automnaux. J’ai en particulier visité une ferme qui produit des châtaignes. Nous étions juste avant la période de la récolte, et les castanéiculteurs avaient commencé à disposer sous les arbres les filets qui permettront de récupérer les châtaignes.
A noter : Si vous souhaitez vous-même ramasser des châtaignes en Ardèche, il faut savoir que c’est très réglementé. Déjà, la plupart des châtaigneraies sont privées, y compris les vieux châtaigniers que l’on croise en se baladant dans les bois. Il ne faut donc y pénétrer qu’avec l’accord explicite du propriétaire. De plus, sur certaines zones propriétés des communes, le ramassage peut être interdit : renseignez-vous au préalable sur les réglementations locales. Et dans tous les cas, il ne faut emporter qu’une petite quantité destinée à une consommation personnelle. Il existe d’ailleurs une charte du ramasseur de châtaignes sur certains territoires ardéchois. Les conseils qui y sont donnés sont d’ailleurs pertinents quel que soit l’endroit où vous voulez ramasser des châtaignes (sauf si vous êtes sur votre propre terrain !).
L’Automnal Gourmand est un ensemble de manifestations et d’évènements à travers les territoires du Pays de Lamastre, d’Ardèche Hautes Vallées et du Haut Pays du Velay, entre Ardèche et Haute-Loire. Cette année marque la 5e édition de ce festival qui fédère des fêtes gourmandes à travers les trois territoires dont les Castagnades et la Fête de la Courge de Saint Agrève. En début de semaine, j’étais invité à la journée de lancement de l’édition 2025 de l’Automnal Gourmand. Si l’an dernier, cette journée avait eu lieu entre le lac de Devesset et les Maisons Marcon à Saint Bonnet le Froid, nous avions cette fois rendez vous dans le Pays de Lamastre.
Lancement de l’Automnal Gourmand à la Ferme du Châtaignier
Une matinée à la Ferme du Châtaignier
L’accueil
La journée a commencé à la Ferme du Châtaignier où nous avons été accueillis par un café et des petits moelleux maison à la châtaigne. Après un temps de découverte de la boutique et de ses produits, et le mot d’accueil des élus et du chef Jacques Marcon (qui est le parrain de l’Automnal Gourmand), nous avons constitué des groupes pour visiter la ferme. Nous étions en effet une centaine d’ambassadeurs présents, entre les producteurs, restaurateurs, prestataires de service, les offices de tourisme, la presse et les créateurs de contenu. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de retrouver Léa Dugreen (que vous pouvez suivre sur Instagram) et Gaëlle des Petits Drômois.
Petit déjeuner ardéchoisDans la boutique de la Ferme du ChâtaignierLa prise de parole des élus et du chef Jacques Marcon, parrain de l’Automnal Gourmand
La visite de la ferme
La Ferme du Châtaignier est une exploitation castanéicole depuis 7 générations. C’est aujourd’hui Michel, le père, qui nous emmène découvrir ses châtaigniers. Au milieu des arbres, il nous explique comment le châtaignier est devenu si emblématique de l’Ardèche, comment l’AOP Châtaigne d’Ardèche a redynamisé la filière, mais aussi quelles sont les différentes variétés ou encore les menaces auxquelles il faut faire face : champignons, insectes, réchauffement climatique. Il nous parle aussi de la récolte qui va bientôt débuter et pour laquelle les filets commencent à être placés sous les arbres. Chaque année, la ferme produit environ 60 tonnes de châtaignes.
Dans la châtaigneraie de la famille Grange à Lamastre
Aurélien, le fils (et responsable de la production) nous emmène ensuite voir les ateliers de transformation. En effet, l’intégralité de la production est transformée sur place. Les ateliers servent aussi à la transformation des autres productions fruitières de la ferme, ainsi qu’à d’autres agriculteurs qui louent les infrastructures pour transformer leurs châtaignes. La récolte n’ayant pas commencé, la production le jour de notre visite est limitée à la pâtisserie et à la fabrication de crème de marrons. Malgré tout, les machines de décorticage et de tri des châtaignes sont très impressionnantes.
Dans l’atelier, les machines à éplucher les châtaignes peuvent traiter plusieurs centaines de kg par heure.Dans l’atelier, les pots de crème de châtaignes attendent de refroidir
Enfin, nous terminons notre découverte de la châtaigne par une balade nature où nous apprenons comment les plantes se sont développées jusqu’à devenir des arbres et donner des fruits, protégeant leurs graines.
Balade naturaliste dans la châtaigneraieVue sur Lamastre depuis la châtaigneraie
Un déjeuner partagé convivial
Pour le déjeuner, nous étions attendu sur la terrasse de Cathy qui tient la ferme auberge de Jameysse à Désaignes. Là, l’ensemble des producteurs et restaurateurs participant à cette journée des ambassadeurs de l’Automnal Gourmand avait apporté un aperçu de son savoir faire. C’est donc sous forme de buffet que le repas a été généreusement servi. C’était l’occasion de découvrir des produits de grande qualité, parmi lesquels j’ai particulièrement apprécié :
les fromages de la ferme de l’Oppidum, à Saint Andéol de Fourchades (Ardèche)
les picodons de la chèvrerie de Bouchet Ravaux, à Jaunac (Ardèche)
les planches gourmandes des délices du Mézenc, au Fay sur Lignon (Haute Loire)
les bouchées végétales de l’Ane Têtu, un restaurant végétalien de Désaignes (Ardèche)
les confitures (et les pancakes) d’Un brun gourmand, de Saint Romain Lachalm (Haute Loire)
les macarons de Thico, de Saint Agrève (Ardèche)
le café de Saba, torréfié à Saint Bonnet le Froid (Haute Loire)
Assortiments de délices locaux, d’Ardèche et de Haute Loire, sucrés et salés
Informations pratiques
Les partenaires chez qui nous avons passé un bon moment
Nous avons été accueillis à la Ferme du Châtaignier, située 700 chemin du Roux à Lamastre. Sur place, on trouve une boutique de produits préparés sur place. Il est aussi possible d’y prendre un goûter. Des visites de la ferme sont organisées, mais il y a aussi un sentier d’interprétation à travers la châtaigneraie. En particulier, durant l’Automnal Gourmand, la ferme du châtaignier organise des visites guides les mercredis et samedis.
Nous avons déjeuné sur la terrasse de la ferme auberge de la Jameysse, à Désaignes. Cathy y propose une cuisine de saison à base des produits de la ferme. En hiver, le feu crépite dans la cheminée de la grande salle aux longues tables conviviales.
Les évènements de l’Automnal Gourmand
La 5e édition de l’Automnal Gourmand a lieu du 27 septembre au 9 novembre 2025. Elle se décline entre rendez vous découvertes, temps forts et menus gourmands. L’an dernier, je n’avais pas eu l’occasion de participer aux différentes évènements en dehors de la journée de lancement, et je le regrette un peu. Cette année, mon mois d’octobre s’annonce bien rempli mais je vais essayer de garder un week-end pour l’Automnal Gourmand, même si je ne sais pas encore lequel.
Parmi les temps forts, j’ai particulièrement noté :
les Castagnades, par exemple celles de Désaignes le 19 octobre
la fête de la Courge de Saint Agrève et son concours de pâtisserie, qui aura lieu les 25 et 26 octobre
l’iconique foire aux champignons de Saint Bonnet le Froid, qui viendra clore cette édition de l’Automnal Gourmand les 8 et 9 novembre
Côté animations, je me laisserai bien tenter par une balade gourmande à Lamastre (les 11 / 14 / 21 / 28 octobre) ou à Désaignes (le 18 octobre) pour mêler découverte patrimoniale et dégustations (réservation via l’office de tourisme du Pays de Lamastre). Il y a aussi plein d’animations adaptées aux enfants durant les vacances de la Toussaint, dont des visites de chèvreries.
Star ardéchoise !
Lamastre & Désaignes Ardèche – 29 septembre 2025
(*) Cette journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) de la part des offices de tourisme des territoires organisant l’Automnal Gourmand, et en particulier de celui du Pays de Lamastre où se déroulait la journée. Comme l’année dernière, j’ai été ravie de vivre ces moments de partage avec les producteurs et prestataires de ces territoires aux paysages magnifiques, et j’ai découvert des produits exceptionnels.
Cette année, je n’ai fait qu’une seule visite lors des journées du patrimoine (pour cause de migraine…). Mais je dois dire que je suis plutôt contente du choix que j’ai fait. Je suis en effet allée au château de Roche Faucon à Chateaubourg en Ardèche. L’année dernière, déjà, j’avais voulu le visiter. Mais la file d’attente beaucoup trop longue alors que le monument venait à peine d’ouvrir ses portes m’avait dissuadée. Cette année, les propriétaires avaient choisi de ne proposer les visites que sur réservation afin de limiter la file d’attente d’une part et d’éviter les visiteurs frustrés d’autre part. J’avais réservé une place pour la première visite du samedi matin. C’est avec une quinzaine d’autres visiteurs que j’ai découvert le site.
Lors de cette ouverture exceptionnelle, on pouvait découvrir 3 salons ainsi que des parties communes de cet édifice dont les fondations remontent au XIe siècle. Situé sur un éperon rocheux, le château domine le village mais surtout la vallée du Rhône; à quelques dizaines de mètres du fleuve. On a donc depuis le château une vue panoramique sur les environs. A la fois habité et en cours de rénovation, le lieu était animé par la Maisnie du Chevalier Bragon. Nous avons commencé par découvrir le maître d’armes qui nous a présenté quelques équipements médiévaux. Puis, nous avons croisé le géographe et son apprenti qui prenaient des mesures par la fenêtre et les reportaient sur une carte à l’aide d’instruments anciens. Ensuite, ce sont les dames qui jouaient dans le salon. Enfin, dans une pièce en partie souterraine où le rocher affleurait, c’est le bourreau qui nous a parlé de son travail et ses outils.
La visite était animée par la Maisnie du Chevalier BragonLe plus mignon des habitants du châteauA l’intérieur du château
J’ai vraiment apprécié cette visite à la fois ludique et instructive. Le château est magnifique, même si cette découverte n’était qu’un bref aperçu de cet immense bâtiment. J’espère avoir une prochaine fois l’occasion d’en voir plus !
Le château de Roche Faucon domine le village de Chateaubourg
C’est un peu par hasard que je me suis retrouvée à mettre mon réveil un samedi matin pour aller faire une rando-wine en nord Ardèche. J’ai découvert le concept par un reel posté sur Instagram par l’office de tourisme Ardèche Grand Air. Pour vous situer, le territoire Ardèche Grand Air se situe autour d’Annonay. C’est un secteur d’Ardèche que je ne connais quasiment pas. Au printemps, je m’étais donc abonnée à leurs réseaux sociaux pour me souvenir d’aller y faire un tour. Début septembre, en milieu de semaine, j’ai vu passer leur publication sur la rando-wine : un concept qui allie une balade dans les vignes et une dégustation de vin. Un coup d’œil à la météo plus tard, je prenais ma place.
au pied du coteau de Rochevine
La randonnée
Dans les vignes sur le coteau de Rochevine
Le rendez-vous était donné à la cave de Saint Désirat. Là, j’ai retrouvé Sandrine, la guide qui allait nous accompagner et les 8 autres personnes inscrites ce jour-là. Début septembre, la saison touristique touche à sa fin mais en pleine saison, le groupe peut aller jusqu’à une trentaine de personnes. Très vite, nous prenons le chemin qui passe derrière la cave. Nous sommes au pied du coteau de Rochevine que la balade va nous emmener découvrir. Rapidement, le sentier devient abrupt. Ici les vignes sont plantées en échalas, sans terrasses.
Vignes au dessus du village de Saint Désirat
La randonnée concoctée par Sandrine nous emmène au cœur du vignoble. En montant, nous découvrons de superbes points de vue sur la vallée du Rhône, le massif du Vercors et le village de Saint Désirat. Sandrine en profite pour nous raconter un peu la vie de ce village. On y trouve en particulier une distillerie d’eaux de vie de fruits, née de la reconversion d’une famille d’arboriculteurs. On échange, on discute, on rigole. Cela me change de mes randos solos habituelles !
dans les vignesVue sur le village de Saint Désirat depuis le coteau de Rochevine
La saison des vendanges
Tout au long de la balade, Sandrine nous explique la façon dont viticulteurs et vignerons cultivent ici la vigne. Nous sommes sur l’appellation Saint Joseph. Située entre celles de Condrieu au nord et Cornas au sud, l’AOP s’étend sur une soixantaine de kilomètres le long de la rive droite du Rhône. En ce début du mois de septembre, après un été précoce, chaud et ensoleillé, les vendanges sont (déjà) bien avancées. Plusieurs parcelles sont vendangées, et pour notre plus grand bonheur, nous picorons quelques grains sur les grappes restantes. Un peu plus loin, les vendangeurs sont au travail. C’est pour nous l’occasion de voir comment ils s’organisent dans cette zone escarpée aux rangées sinueuses et courtes. Un vendangeur passe avec une hotte et récupère le contenu des seaux des cueilleurs pour ramener le raisin au tracteur.
grappes de raisin, de variété Syrahles vendangeurs au travail
Une salle dans un tunnel ferroviaire
En redescendant vers la cave de Saint Désirat, Sandrine nous fait découvrir une salle atypique. Ici, il y avait autrefois une voie de chemin de fer. Une galerie avait été construite pour protéger la voie ferrée des chutes de pierres du coteau de Rochevine, très friable. Située juste au dessus de la cave coopérative, la galerie a été rachetée par celle-ci. Fermée de chaque côté, elle est devenu une immense salle de réception d’une centaine de mètres de long. Des panneaux anti-bruit ont été installés au niveau de la voute pour limiter les échos et résonnances mais les parois sont restées brutes et suintent des récentes pluies. L’expérience est surprenante.
dans la galerie de la ClauxSur le tracé de l’ancienne voie ferrée
La dégustation de vins
La randonnée se termine là où elle a commencé : à la cave de Saint Désirat. C’est là que nous allons faire la dégustation de vins. Nous sommes ici en plein milieu de l’appellation Saint Joseph. Moins connue que ses voisines d’en face, les AOP Crozes-Hermitage et Hermitage, l’AOP Saint Joseph devient de plus en plus qualitative, avec des vignerons impliqués. Assez logiquement, c’est donc des vins de Saint Joseph que nous allons découvrir. Nous avons commencé par les blancs, mélange de cépages roussanne et marsanne. Puis nous avons découvert les rouges, issus exclusivement du cépage Syrah (qui historiquement serait une hybridation ancienne entre la roussanne de Savoie et la mondeuse d’Ardèche). Cette dégustation marque la fin de la rando-wine, une très chouette expérience pour découvrir un terroir et ses produits.
Dégustation du Saint Joseph blanc
Saint Désirat / Champagne – Ardèche – septembre 2025
Informations pratiques
Généralités
Les rando wines dans la vallée du Rhône Nord sont organisées par une association de guides en œnotourisme. On peut retrouver leurs différentes propositions via les offices de tourisme du secteur : Ardèche Grand Air, Porte de Drôme Ardèche, Ardèche Hermitage, Rhône Crussol, Vienne Condrieu.
Dans cet article, j’évoque la pratique du glanage(ou grappillage). Il s’agit de la possibilité de récupérer des restes de productions agricoles pour un usage familial après la récolte par l’agriculteur ou le propriétaire, uniquement du lever au coucher du soleil et sur un terrain non clôturé. Seule la jurisprudence reconnaît le glanage qui peut sinon être assimilé à du vol. Si vous vous promenez dans les vignes, il est impératif de ne pas piquer quelques grains sur les grappes des parcelles non récoltées. Si vous avez un doute sur le fait que la parcelle a été vendangée, ne touchez pas aux raisins.
Nous avons aussi croisé des figuiers sauvages au bord des vignes
Compte-rendu de dégustation
Pour les curieux, dans l’ordre, nous avons dégusté :
Saint Joseph blanc Amendine – un vin très frais, très léger, qui pourrait aller pour un apéritif estival ou un poisson grillé. Ca n’a pas vraiment été un coup de cœur.
Saint Joseph blanc Cuvée Côte Diane – un vin avec plus de présence que le précédent, qui pourrait s’accorder d’un fromage ou d’un plat léger. J’en ai pris une bouteille pour ramener à la maison.
Saint Joseph rouge Les Mariniers du Fleuve – un vin rouge avec une petite note poivrée. Celui que nous avons dégusté était encore jeune et restait très vert en fin de bouche. De ce fait, je ne l’ai pas spécialement apprécié et j’aurais aimé pouvoir découvrir une année antérieure.
Saint Joseph rouge Cuvée Côte Diane – vieilli partiellement en fût de chêne, il a une note très légèrement boisée. Je l’ai trouvé nettement plus intéressant que le précédent. J’en ai d’ailleurs aussi acheté une bouteille, pour essayer avec une viande en sauce cet hiver.
Saint Joseph rouge Cœur de Rochevine – la cuvée haut de gamme de la cave Saint Désirat, parcellaire et vieillie en fût de chêne. A la dégustation, il est nettement plus complexe que les précédents tout en gardant le caractère du Saint Joseph.
(*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
J’étais allé au château musée de Tournon sur Rhône il y a très longtemps, plus d’une dizaine d’années. J’y suis retournée un après-midi du mois de mai. Il domine la ville de Tournon mais surtout, il surplombe le Rhône en faisant face à la ville de Tain et la colline de l’Hermitage. Venez, je vous emmène découvrir ce qui se cache derrière la lourde porte…
La porte d’entrée du château en bois clouté est très impressionnante.
Un musée entre histoire locale et beaux-arts
La partie muséographique de la visite s’attarde essentiellement sur l’histoire locale. C’est l’occasion au fil de la déambulation dans les différentes pièces d’évoquer les évènements majeurs qui se sont produits au château de Tournon, comme la mort du fils ainé de François 1er, et les personnages importants liés à la ville.
Evocation d’Hélène de Tournon, fille de Claude de la Tour-Turenne (une dame d’honneur de la future Reine Margot), décédée des suites d’un chagrin d’amour à 18 ans et dont le tragique destin aurait inspiré le personnage d’Ophélie dans la pièce Hamlet de Shakespeare.
D’autres salles du musée évoquent la vie liée au fleuve : la batellerie et les mariniers, les joutes, ou encore l’histoire des passerelles imaginées par Marc Seguin. Cet ingénieur ardéchois, originaire de la région d’Annonay, a en effet mis au point une technique de pont suspendu à l’aide de câbles formés de faisceaux de fils de fer. La première mise en œuvre de cette technologie sur une grande échelle aura lieu entre Tain et Tournon, avec l’édification d’un premier pont sur le Rhône en 1825 (ce premier pont sera détruit en 1965, l’actuelle passerelle Marc Seguin a été construite en 1847 selon le même principe).
Depuis une des salles du château, vue sur la passerelle Marc Seguin, édifiée en 1847 selon le principe déjà mis en pratique par l’ingénieur en 1825 avec la construction du premier pont de grande longueur suspendu par câbles de fils de fer.
Les autres salles emmènent le visiteur à la découverte d’artistes ayant un lien avec la ville, soit parce qu’elle a été leur sujet d’inspiration, soit parce qu’ils y sont nés ou y ont travaillés. C’est ainsi que j’ai découvert le travail de Marcel Antoine Gimond. Ce sculpteur, renommé dans la période de l’entre-deux-guerres, était né à Tournon. Parmi ses réalisations les plus connues, on peut notre la statue dorée de Flore sur l’esplanade du palais de Trocadéro à Paris. Mais le plus beau bijou conservé au château-musée de Tournon se trouve dans l’ancienne chapelle du château. Là, on découvre un triptyque commandé par le cardinal François de Tournon (un proche de François 1er) et peint en 1555 par le peintre florentin Giovanni Capassini sur le thème de la Résurrection. A l’origine, ce triptyque se trouvait dans la chapelle du collège de Tournon (aujourd’hui, le lycée Gabriel Faure), fondé par le cardinal. Au fil du temps, l’un des panneaux du retable s’est retrouvé à intégrer les collections du musée du Louvre tandis que les deux autres étaient restés à Tournon. Suite à un prêt du Louvre, le château de Tournon peut présenter aux visiteurs le triptyque complet.
Le triptyque de la Résurrection, présenté dans l’ancienne chapelle du château de Tournon.La sculpture de la femme pensive par Marcel Antoine Gimond m’a fait penser à la Pénélope de Bourdelle. Renseignements pris, il y a très certainement une filiation entre les deux car Gimond a été l’élève de Maillol qui fut lui-même élève de Bourdelle.Après l’exploration des espaces intérieurs, il est temps de sortir pour profiter des deux terrasses du château.
Des terrasses panoramiques
Le château dispose de deux terrasses panoramiques, au nord et au sud, chacune d’un côté du logis. Chacune permet de disposer d’une vue magnifique sur la ville dominée par les vignes de Saint Joseph d’un côté et sur le Rhône, la ville de Tain et la colline de l’Hermitage de l’autre. Il faisait très beau lorsque je suis allée visiter le château et j’ai largement profité de ces moments en extérieur, à admirer le paysage.
Les toits de la ville de Tournon sont dominés par le vignoble de l’appellation Saint Joseph et les anciennes tours de guêt.Le clocher de la collégiale Saint Julien dépasse des toits des maisons et hôtels particuliers de la vieille ville de TournonDe l’autre côté du Rhône, la colline de l’Hermitage surplombe la ville de TainLes deux ponts suspendus reliant Tain à Tournon au dessus du Rhône. Celui avec la pile centrale a été construit par les frères Seguin au milieu du XIXe siècle. C’est maintenant une passerelle piétonne.
Tournon sur Rhône – Ardèche – mai 2025
(*) Le château musée de Tournon accueille en complément régulièrement des expositions temporaires. Lors de mon passage, celle-ci était consacrée au bicentenaire du premier pont suspendu sur le Rhône, conçu par Marc Seguin et inauguré en 1825. Elle s’est terminée le 1er juin. Le programme des expositions ainsi que les conditions, horaires et tarifs, de visite sont à retrouver sur le site internet du château musée de Tournon.
Au pied du château, sur un mur de la mairie, les rosiers grimpants étaient en pleine floraison