[Drôme] Grignan 1690, une journée dans les pas de la Marquise de Sévigné

Durant le premier week-end de mai, le château de Grignan a offert à ses visiteurs un voyage dans le temps. Sitôt le châtelet passé, nous nous retrouvions en 1690 pour une journée riche en évènements et découvertes. Avec Melle 3e, nous y sommes allées le premier jour, pressées de découvrir ce que ce bond dans le passé nous réservait. Si sur le papier, une journée entière au château peut sembler longue, je peux vous assurer que nous ne nous sommes pas ennuyées et que nous n’avons pas vu passer le temps de notre arrivée à 10.30 jusqu’à notre départ à plus de 20.00. Venez, je vous raconte.

vue sur le château de Grignan
Le château de Grignan domine le village.

Un peu de contexte

Le château de Grignan à la fin du XVIIe siècle appartient à François Adhémar de Monteil de Grignan, héritier de la famille des Adhémar (qui a donné son nom à la ville de Montélimar). Il est lieutenant général de Provence, une des plus hautes fonctions de l’état. En 1669, il épouse en troisième noce Françoise Marguerite de Sévigné, la fille de la Marquise de Sévigné. Quand la nouvelle Comtesse de Grignan s’installe à Grignan, la Marquise débute alors une correspondance soutenue avec sa fille. Madame de Sévigné fera aussi trois longs séjours à Grignan, plus d’un an à chaque fois (en même temps, il lui faut trois semaines pour venir depuis le château des Rochers, sur ses terres de Bretagne). Elle y décèdera en 1696.

une Marquise et un mousquetaire à cheval lors d'une reconstitution historique
Evocation de l’arrivée de Madame de Sévigné à Grignan en 1690

Cette année marque les 400 ans de la naissance de la Marquise de Sévigné. Le département de la Drôme a lancé une année de célébrations : l’année Sévigné. Le château de Grignan est forcément très impliqué dans ce dispositif et de nombreux évènements y ont lieu toute l’année. Ce week-end de reconstitution historique, une première au château de Grignan, en fait partie. Et on peut dire que le succès a été au rendez vous car sur les trois jours, près de 10 000 visiteurs y ont participé.

manches de robes en toile fleuries
Tout le week-end, les visiteurs pouvaient louer des costumes de Marquise, Marquis ou Mousquetaire.
J’ai ainsi porté toute la journée une robe longue, pour entrer complètement dans l’ambiance Grand Siècle

Des animations dans les cours du château

Un spectacle équestre dans la cour d’honneur

Tout au long de la journée, des spectacles et animations se sont succédés dans les différentes cours du château. Dans la cour d’honneur, c’est un spectacle équestre qui se jouait. La Marquise de Sévigné, accompagnée de mousquetaires, a ainsi pu faire la démonstration de son savoir faire à cheval. Il est à noter la performance pour les chevaux qui ont travaillé dans un environnement peu propice : la cour d’honneur est en petits galets ronds et présente une légère déclivité. On est bien loin des carrières planes en sable dont ils ont l’habitude. Agrémenté de quelques danses baroques et d’un peu d’escrime, c’était un joli spectacle par lequel nous avons débuté notre journée.

cavalière en tenue de marquise
Démonstration d’équitation dans la cour du château
défilé de personnes en costumes baroques
Défilé des danseurs dans la cour d’honneur du château
défilé de personnes en costumes Grand Siècle
Défilé des danseurs costumés dans les cours du château

Des échoppes dans la cour des ruines

La cour des ruines est habituellement fermée au public. Il faut dire qu’elle se situe dans une aile qui n’a pas fait l’objet d’une reconstruction après l’achat du château par Marie Fontaine au début du XXe siècle, et qu’elle présente donc un intérêt de visite assez limité. Durant les journées de reconstitution, des échoppes y avaient été installées. On pouvait ainsi y découvrir des métiers aujourd’hui disparus, comme le poupetier (qui faisait des poupées) ou le paternostrier (qui fabriquait des chapelets à partir de graines séchées). Il y avait aussi un écrivain public et un intéressant cabinet de curiosités.

étalage de rubans sur un marché
Le marchand de tissus et rubans
renard empaillé avec un lapin
Un renard au regard douteux dans le cabinet de curiosités (ou comme dirait Melle 3e « passion animaux mal empaillés »)
lettres manuscrites
Extrait de lettres

De l’escrime dans la cour du puits

Dans la cour du puits, c’est avec bonheur que j’ai retrouvé les membres de l’Académie AMHE. Je les avais déjà vus lors de reconstitutions de combats du Moyen-Âge à Rochemaure et présentant l’escrime Renaissance à Montélier. J’aime beaucoup ce qu’ils proposent. Les explications de Gilles, le maître d’armes, sont toujours très claires. On repart à chaque fois en ayant appris quelque chose sur les pratiques de l’époque concernée. Cette fois, nous sommes au XVIIe siècle. Il est question de duels à l’épée mais aussi d’entrainements pour les batailles avec épée à deux mains ou encore avec épée et rondache. Les combats ne sont pas chorégraphiés et c’est ce qui rend les démonstrations encore plus intéressantes.

Des visites originales dans le château

Un accès libre tout au long de la journée

Durant ces trois jours, toute la journée, l’accès à l’intérieur du château était libre (dans la limite des jauges de sécurité bien entendu). C’était l’occasion pour moi de parcourir à nouveau les différentes salles du château dans ses habits de printemps. Comme il y avait beaucoup de monde, je n’ai pas pris de photos à l’intérieur en dehors de celles du bel escalier d’honneur, décoré de fleurs (Si vous voulez en voir plus, vous pouvez aller découvrir ma visite du château pour Pâques l’année dernière, à la saison des lavandes , un jour pluvieux à l’automne ou pour les fêtes de fin d’année).

rambarde d'escalier couverte de fleurs
L’escalier d’honneur dans son habit de printemps

Une visite théâtralisée en soirée

En fin d’après-midi, le château a fermé ses portes… pour les rouvrir à partir de 18.30 dans le cadre de visites théâtralisées. Répartis en deux « familles », les Forbin et les Castellane, nous sommes entraînés de pièce en pièce à la rencontre des habitants du château. Nous croisons ainsi le Comte et la Comtesse de Grignan qui préparent une fête, Madame de Sévigné qui écrit une lettre, Charles fils de la Marquise, mais aussi un groupe de gentilhommes prêts à en découdre. Ils finiront d’ailleurs par le faire sur la terrasse du château. Nous terminons dans la salle de bal pour une démonstration de danse baroque. La visite dure une heure que je n’ai pas vue passer, et se termine sur la terrasse avec le soleil déclinant, un verre à la main.


Grignan 1690 – journée de reconstitution historique
château de Grignan – Drôme
1er mai 2026


Informations pratiques pour (re)découvrir le château de Grignan

  • Pour visiter le château :
    • Le château de Grignan est ouvert à la visite toute l’année. Les horaires varient selon la saison.
    • Il n’y a pas de « meilleure saison » pour le visiter. J’y suis allée à différents moments de l’année, et c’est toujours un plaisir. Même si vous y êtes déjà allés, n’hésitez pas à en pousser à nouveau les portes.
    • Des évènements ponctuels ont lieu au fil des mois, et les décorations du château évoluent au fil du calendrier : Noël, Pâques, etc. De nombreuses manifestations sont organisées toute cette année 2026 dans le cadre de l’année Sévigné.
    • Un nouveau parcours de visite sera mis en place au début de l’été, avec l’ouverture du second étage. J’ai hâte de pouvoir le découvrir.
deux gentilhommes sur la terrasse du château de Grignan
Fin d’une belle journée au château de Grignan

  • Pour profiter d’un spectacle : Les Fêtes Nocturnes reviennent cet été dans la cour du château avec L’Ecole des Femmes de Molière, mise en scène par Robin Renucci. Cela fera forcément partie de mon programme estival (comme les pièces montées dans ce cadre ces dernières années : Fracasse en 2021, Les Fâcheux en 2022, L’Avare en 2023, Histoire d’un Cid en 2024, Le Barbier de Séville en 2025)

table de produits locaux pour un pique-nique
Le pique-nique chic à base de produits du terroir au Café Louis Provence

  • Pour se restaurer ou faire une pause : Le café Louis Provence situé dans le bosquet du château propose des paniers pique-nique du terroir à déguster sous les arbres, ainsi que des glaces et des rafraichissements. J’ai pu tester les produits (locaux) du panier pique-nique et je me suis régalée. Il y a une option végétarienne hyper qualitative à base de tartinade de légumes, houmous et affinade d’olive de Nyons.
  • Autour du vin : parler de Grignan sans parler de vin, c’est compliqué. Plusieurs animations sont proposées au château au fil de l’année autour de l’appellation Grignan-Adhémar. Il est aussi possible de prendre à certains moments un verre de vin sur la terrasse tout en profitant de la superbe vue sur les environs.
    (*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération
reflet de la balustrade du château de Grignan dans un verre de vin blanc avec un logo Sévigné 2026
Le plaisir d’un verre de vin sur la terrasse du château au coucher du soleil
(*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération


Le château de Grignan est en lice pour le Monument Préféré des Français 2026. Le vote est possible jusqu’au 22 mai 2026 sur le site de France TV. J’ai bien entendu voté pour lui, mais n’hésitez pas à le faire également !

[projet 52-2026] semaine 19 – campagne

Cette semaine, le projet 52 nous emmène à la campagne. Si vous venez régulièrement sur ce blog, vous devez le savoir : la campagne, c’est mon quotidien. En dehors de mes études à Rennes et Lyon, et de mon début de vie professionnelle en région parisienne, j’ai toujours habité à la campagne. Et ça me va bien ! Si j’aime les propositions culturelles que l’on peut avoir en ville, j’apprécie tout ce que la campagne m’apporte : le calme, la proximité avec la nature, les possibilités infinies de balades, le rythme des saisons… Bref, avec ce thème, nous sommes un peu dans ma zone de confort.

Le hic, c’est que j’ai beaucoup trop d’idées pour illustrer ce thème. Parmi les idées (concrètes et précises) que j’ai eues, je peux citer : un pique-nique pour profiter de la fin de journée, des achats de produits à la ferme, des chèvres ou des moutons dans un champ (il n’y a presque pas de vaches dans la campagne autour de chez moi : il faut monter sur le Vercors pour en trouver), des fleurs sauvages au bord du chemin, ou encore une petite route au milieu de « nulle part ». Finalement, j’ai choisi un moment matinal, alors que le soleil était encore en partie caché par la montagne. J’ai longé un champ de colza en fleurs et j’ai aimé l’ambiance qui s’en dégageait…

Quelque part au pied du Vercors – Drôme – avril 2026


Pour découvrir ce que les autres participants ont vu à la campagne, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[Gard] une journée dans les Cévennes

J’ai profité d’une belle journée de printemps pour aller passer une journée dans les Cévennes, avant que la foule estivale ne vienne se presser sur les petites routes. Le point de départ de la journée était la découverte des grottes de la Cocalière et de la Salamandre où j’avais été invitée. Je me suis également promenée dans les villages alentours, et suis allée explorer les paysages de la région. Bien entendu, j’ai limité mes explorations à une toute petite zone géographique, grosso modo autour de Barjac (et je n’y ai même pas vu tout ce qui figurait sur ma liste tant il y a à voir).

vue sur la campagne depuis le village de Lussan
vue depuis le village de Lussan

Des explorations souterraines

La grotte de la Cocalière

La raison principale de ma venue dans les environs de Barjac était de venir découvrir deux grottes dont j’avais beaucoup entendu parler. J’ai commencé la journée par la visite de la grotte de la Cocalière. Arrivée à l’ouverture, j’ai pu participer à la première visite guidée de la journée. Hors saison et tôt le matin, il y a souvent peu de monde (il m’est même arrivé de ne pas pouvoir faire la visite car il y avait trop peu de monde à la grotte de la Madeleine). Cette fois, nous étions 5 visiteurs. Autant dire que c’était une visite VIP, presque privée. Nous avons pu largement échanger avec notre guide Guillaume, et la visite a même duré plus longtemps que prévu pour le plaisir de tous. En haute saison, les groupes de 50 visiteurs se succèdent toutes les 15 minutes, impossible donc d’autant prendre son temps.

concrétions en forme de draperie dans la grotte de la Cocalière
Sur cette draperie, on voit nettement les différentes strates de concrétion

La grotte de la Cocalière est encore active. L’eau s’infiltre et continue à déposer de fines couches de calcaire sur les concrétions. Après un début de printemps bien pluvieux, il y a pas mal d’eau dans la grotte. Malgré tout, les profondeurs des petits bassins restent très faibles, à peine quelques centimètres. La rivière souterraine se trouve beaucoup plus bas et remonte très rarement jusqu’au niveau de la grotte qui se visite. Ce peu d’eau est cependant suffisant pour créer des jeux de miroir très impressionnants.

Je dois dire que cette grotte a été un vrai coup de cœur. La mise en valeur des salles souterraines est toute en sobriété, révélant la beauté pure des concrétions de calcaire. Chaque salle révèle des secrets, et apporte son lot d’émerveillement. Complété par les explications de Guillaume, et les échanges que nous avons pu avoir, c’était réellement une visite exceptionnelle.

La grotte de la Salamandre

Après la grotte de la Cocalière, je suis allée à la grotte de la Salamandre. Celle-ci est la plus récente grotte ouverte à la visite dans le secteur. Elle a en effet ouvert aux visiteurs en 2013 seulement. Située dans un environnement naturel exceptionnel, il faut se stationner à environ 700 mètres de l’entrée et faire une petite marche dans la forêt de chênes verts avant d’arriver. Tout le long, des panneaux permettent d’en apprendre plus sur le milieu naturel traversé. Devant l’entrée de la grotte, adossée à la falaise, une immense terrasse en bois permet de découvrir le paysage. L’endroit est idéal pour une petite pause avant d’entrer sous terre.

une terrasse en bois, ombragée par des voilages, face à la forêt
Terrasse avec vue

Contrairement à la grotte de la Cocalière, une seule salle compose la grotte de la Salamandre. Elle a des dimensions exceptionnelles qui donnent un peu le tournis. Le parcours de la visite (guidée) permet de passer entre les colonnes impressionnantes. On y trouve aussi des concrétions qui semblent horizontales : il s’agit en fait de concrétions verticales qui se sont cassées, sans doute sous l’effet d’un séisme, et qui se sont ensuite retrouvées intégrées dans d’autres concrétions plus récentes.

J’ai moins aimé la visite de la grotte de la Salamandre que celle de la grotte de la Cocalière. Déjà, le fait qu’il n’y ait qu’une seule salle, même si elle est vraiment splendide, crée un rythme de visite un peu étrange. Ensuite, les jeux de couleurs des lumières et la musique de fond tout au long de la visite ne m’ont pas apporté de « plus » lors de la visite, et parfois même m’ont dérangée dans ma contemplation des merveilles de la nature qui m’entouraient. Malgré tout, il serait dommage de passer à proximité sans s’y arrêter car cette grotte reste exceptionnelle.

concrétions dans la grotte de la Salamandre
D’anciennes stalagmites effondrées créent des décors surnaturels.

Des villages pleins de charme

Passer dans le secteur sans s’arrêter dans les villages, ce serait vraiment dommage. Il y a en effet de très nombreux villages perchés dont certains sont classés. C’est le cas de Lussan, La Roque sur Cèze et Montclus qui sont parmi les plus beaux villages de France. Mais d’autres villages ont aussi beaucoup de charme, comme Barjac par exemple. Je me suis arrêtée rapidement à Barjac le matin, sur la route vers la grotte de la Cocalière. C’était l’occasion d’une jolie promenade dans les ruelles encore désertes.

L’après-midi, c’est à Lussan que j’ai fait un tour. Le village domine les environs. Il est possible de se promener le long des anciens remparts pour admirer le paysage. Dans le village, ruelles et petites places rivalisent de charme. J’ai pu aussi découvrir le temple, à la fois sobre et imposant, niché au cœur d’un joli jardin. J’y avais d’ailleurs vu une très belle Bible datant de la période du Désert.

Des paysages extraordinaires

Les concluses de Lussan

Difficile de faire abstraction des paysages quand on circule dans cette zone des Cévennes. Les petites routes circulent au cœur de forêts verdoyantes. Dès que l’on prend un peu d’altitude, chaque virage apporte son lot de points de vue. J’avais envie de m’arrêter partout ou presque (mais ne l’ai pas fait car ce n’était pas possible de le faire en sécurité). Comme en plus, le soleil brillait, je trouvais dommage de ne faire que du tourisme souterrain. J’ai donc eu envie d’une petite randonnée. J’avais depuis longtemps sur ma liste d’aller voir les concluses de Lussan.

vue sur une rivière au pied d'une falaise et dans la forêt
Les concluses de Lussan vues depuis le belvédère

Le site est à environ 5 km du village de Lussan depuis lequel il est bien fléché. Sur place, un petit parking permet de se stationner. J’étais déjà tard dans la journée (il était quasiment 16.00 quand je suis arrivée), et le parking était bien rempli. J’ai cependant eu la chance de trouver une place pour laisser ma voiture. J’ai ensuite suivi les panneaux indiquant le chemin. On part du haut de la falaise pour descendre à travers la forêt jusqu’à la rivière. Le retour se fait par le même chemin. Plusieurs panneaux d’interprétation sont disponibles le long du parcours. Le trajet en lui même permet quelques jolis points de vue, en particulier depuis le belvédère. Arrivée au bord de la rivière, j’ai regretté de ne pas avoir emporté mon maillot de bain car l’eau, fraîche et claire, était très tentante. J’ai marché un peu le long de la rivière, coincée entre les parois rocheuses, avant de remonter.

Les cascades du Sautadet

Sur le trajet du retour, j’ai fait un crochet par La Roque sur Cèze afin d’aller voir les cascades du Sautadet. Il s’agit là encore d’un site que j’avais repéré depuis très longtemps sans avoir eu l’occasion d’y aller. J’ai laissé la voiture sur le parking du village avant de longer la rivière jusqu’aux cascades. L’ayant beaucoup vu sur les réseaux sociaux, je craignais d’être un peu déçue par le site. Non seulement cela n’a pas été le cas, mais je l’ai trouvé encore plus impressionnant en vrai qu’en images. En aval du village, la Cèze a creusé des cavités dans le calcaire. Là, la rivière prend de la vitesse entre marmites de géants et rapides. C’est vraiment spectaculaire.

Informations pratiques

Les grottes

  • Grotte de la Cocalière : la grotte est ouverte de mi-mars à début novembre. Les horaires et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de la grotte.
    Sur place, il est possible de se restaurer avec une offre de type snack, mention spéciale pour la sélection de glaces Terre Adélice. L’eau utilisée est celle de la grotte, et il y a des points pour remplir sa gourde à plusieurs endroits sur le site.
    Il faut compter environ 250 marches à descendre et une bonne trentaine à remonter pour un parcours souterrain d’environ 1 km. Le retour au point de départ se fait en petit train à travers la garrigue. La température dans la grotte est de 14°C.
    En saison, la réservation est plus que conseillée.
  • Grotte de la Salamandre : la grotte est ouverte de mi-mars à début novembre. Les horaires et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de la grotte.
    Sur place, il est possible de se restaurer en profitant de la splendide terrasse. Des points d’eau sont également accessibles.
    L’accès à l’entrée de la grotte se fait depuis le parking via un sentier d’environ 700 mètres (avec un petit D+). Il est possible de venir déposer/récupérer des personnes en voiture à côté de l’entrée du site. Quelques places PMR sont également disponibles à côté des bâtiments d’accueil.
    Il faut compter environ 50 marches à descendre et 90 à remonter pour un parcours d’un peu plus de 500 mètres sous terre. Un belvédère accessible sans marches permet à tous de profiter d’une vue sur la grande salle. La température dans la grotte est de 12°C.
    En saison, la réservation est très fortement conseillée.
  • Ce secteur n’est pas très loin des gorges de l’Ardèche où vous pouvez découvrir d’autres grottes, par exemple l’Aven d’Orgnac, la grotte de la Madeleine, la grotte Saint Marcel ou la grotte aven forestière (que je ne connais pas encore mais suis curieuse de découvrir)

Pont sur la Cèze à La Roque sur Cèze
Pont sur la Cèze à La Roque sur Cèze

Les villages

Les jolis villages sont nombreux, que ce soit côté Gard ou côté Ardèche. A proximité immédiate de Barjac et Lussan, on peut citer La Roque sur Cèze et Montclus. Un peu plus loin, Aiguèze est aussi classé parmi les plus beaux villages de France.

Attention : compte tenu du caractère étroit des ruelles des villages, il faut éviter de s’y engager en voiture et privilégier les parkings dédiés, souvent à l’extérieur des villages. Certains sont payants, c’est par exemple le cas à Lussan ou La Roque sur Cèze.

Les randonnées

  • Les concluses de Lussan : depuis le parking (fléché au départ du village de Lussan), l’aller/retour jusqu’au portail des concluses sur la rivière Aiguillon fait environ 2.5 km pour un D+ de 100 mètres. C’est une longue descente à l’aller, et donc une longue montée au retour. Il s’agit d’un sentier d’interprétation très bien balisé. Le chemin est très caillouteux, et nécessite de faire attention à où on pose les pieds (et de porter des chaussures adaptées au terrain). Il est situé à flanc de falaise calcaire et même si la forêt apporte un peu d’ombre, il est prudent de partir avec de l’eau (et de la crème solaire en été). Le temps de parcours A/R est donné pour 45 minutes. C’est le temps que j’ai mis au total sachant que j’ai aussi fait une bonne pause au bord de la rivière.

    ⚠️ Attention / Sécurité : l’accès aux concluses peut être interdit pour des raisons de sécurité. Il ne faut pas non plus s’aventurer dans le lit de la rivière s’il y a un risque d’orage ou de pluie (risque élevé de crue soudaine dans le goulet formé par les gorges).

  • Les cascades du Sautadet : depuis le parking du village de la Roque sur Cèze, il faut longer la rivière sur environ 800 mètres pour arriver aux cascades (rive droite). Il est aussi possible de traverser le pont et de se rendre sur la rive gauche pour un autre point de vue sur le site naturel.

    ⚠️ Attention / Sécurité : le site des cascades du Sautadet est dangereux et de nombreux accidents mortels y sont à déplorer. La baignade y est strictement interdite (une plage est accessible en aval du site). Et lors de l’exploration sur les rochers calcaires, il faut être prudent. Les anfractuosités y sont nombreuses, et les rochers à l’approche de la rivière peuvent être glissants. Il est fortement recommandé de ne pas s’approcher du bord. Une prudence extrême est de rigueur.

paysage des Cévennes
Vue sur la Cèze depuis le belvédère de la grotte de la Salamandre


Gard – avril 2026


(*) J’avais été invitée à venir visiter les grottes de la Cocalière et de la Salamandre après en avoir rencontré les équipes sur la journée professionnelle du salon Destination Ardèche. Mon avis est, comme toujours, sincère et reflète l’expérience que j’ai vécue. Ces deux visites constituent cependant une collaboration commerciale non rémunérée. Les autres découvertes sont des choix complètement personnels.

[projet 52-2026] semaine 18 – printemps

Je n’ai volontairement pas mis le thème Printemps du projet 52 trop tôt dans la saison. En effet, autour de chez moi, l’hiver a régulièrement des sursauts, et en montagne où je vais souvent me promener, la neige n’est pas rare jusqu’en mai. Malgré tout, je vous ai déjà montré quelques images du printemps dans la plaine de Valence, avec en particulier les vergers qui ont fleuri dès la fin février et quelques orchidées précoces. Mais, en ce début du mois de mai, le printemps est maintenant bien installé, au moins dans la plaine et sur les piémonts du Vercors. Les premières couleurs sont apparues dans les champs. Et si depuis quelques jours, j’aperçois de plus en plus de coquelicots, c’est le colza qui a ouvert le bal des couleurs. Le jaune d’or des fleurs de colza a mis du soleil dans les paysages durant quelques semaines.

colza en fleurs
Champ de colza
Montvendre – Drôme – avril 2026


Pour découvrir ce qui représente le printemps pour les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : j’ai de la famille à la maison ce week-end. Je ne sais donc pas à quel moment, je serai disponible pour venir valider les commentaires qui auraient été envoyés en modération. Je le ferai quoi qu’il en soit le plus rapidement possible.

[Drôme] une journée de printemps dans le Vercors

Passer une journée dans le Vercors, c’est quelque chose qui m’arrive souvent. Généralement, j’y vais seule, essentiellement pour marcher. Cette fois, la situation était différente. En effet, deux copines avaient organisé une journée entre filles avec au programme une jolie randonnée sur le plateau de Font d’Urle et une déjeuner convivial au restaurant. Nous étions donc ce jour-là une dizaine à cheminer ensemble, mais aussi à discuter, échanger, comparer nos expériences.

des randonneuses de dos sur un alpage au début du printemps
Une journée entre filles dans le Vercors

En randonnée sur le sentier du Karst

L’arrivée du printemps sur l’alpage

Le point de rendez-vous était au départ du sentier du Karst, à Font d’Urle. J’avais covoituré depuis les piémonts du Vercors avec Pauline et Marine, et nous avons retrouvé les autres sur le parking de la station. Après les bonjours (et les présentations pour celles qui ne se connaissaient pas encore), nous avons enfilé nos chaussures de rando et pris la direction du sentier. Je vais chaque année à cette période de l’année sur l’alpage de Font d’Urle et c’est chaque année aussi magique. Cette fois n’a pas dérogé : les tapis de fleurs nous ont accueillies dès le bord du parking.

tapis de crocus sur l'alpage
Des fleurs partout… surtout des crocus, mais il y avait aussi des jonquilles, des érythrones dents de chien, des scilles à deux feuilles, des renoncules, des gentianes…

Pour autant, la neige était retombée le week-end précédent et était encore bien présente. Fort heureusement, nous avions prévu et étions bien chaussées pour traverser les grandes plaques de neige. Cette fois, nous avons suivi scrupuleusement le chemin (j’ai pour habitude de le prendre à l’envers ou de couper à certains endroits). Pour certaines, c’était leur première venue à Font d’Urle et le sentier permet d’en découvrir toutes les spécificités, en particulier géologiques.

Le bonheur de voir des animaux sauvages

En plus de la multitude de fleurs, nous avons aussi eu la chance de pouvoir observer des animaux dans leur milieu naturel. Deux vautours nous ont ainsi fait le plaisir de voler au dessus de nous dans un ballet hypnotique. Mais, ce que je retiens surtout, c’est la marmotte que nous avons pu longuement voir à côté de la grotte. Je dois avouer que c’était la première fois que je voyais une marmotte dans les Alpes (j’en avais vu à Montréal au Canada où elles sont communes, y compris en ville). Rien que ça aurait suffi à rendre cette journée extraordinaire !

une marmotte dans l'herbe au milieu des rochers à côté d'une plaque de neige
Une marmotte se cache sur cette image !
(elle est dans l’herbe, pas très loin de la neige au niveau du tiers gauche de la photo)
une marmotte dans l'herbe au milieu des rochers à côté d'une plaque de neige
Une marmotte se cache sur cette image !
(elle est sur un rocher, au niveau du tiers droit et du tiers bas de la photo )
vautour dans le ciel
un des vautours que nous avons pu observer

Un déjeuner au col de la Machine

Après deux heures à profiter du temps magnifique que nous avions ce matin-là, nous avons repris les voitures pour nous rendre au col de la Machine. Là, l’Hostel Quartier Libre propose une cuisine locale et de saison dans un environnement chaleureux. Nous avons ainsi largement profité d’une pause déjeuner très gourmande tout en continuant nos discussions.

Nous avons terminé la journée par un petit aller retour jusqu’au belvédère sur Combe Laval situé à quelques dizaines de mètres de Quartier Libre, l’occasion de profiter du paysage et faire quelques photos de groupe.

vue sur Combe Laval
Combe Laval depuis le belvédère du col de la Machine
On distingue la route à flanc de montagne sur la droite

Ce que je retiens de cette journée

Le point de départ de cette journée, c’était la volonté de Pauline et Cécile de réunir des créatrices de contenu actives sur les réseaux sociaux et partageant des points d’intérêt communs afin d’échanger autour d’un programme à tendance outdoor et gourmandise. Nous étions une dizaine à nous retrouver ce matin-là. J’en connaissais déjà un peu plus de la moitié mais je découvrais « en vrai » les autres. Comme à chaque fois, j’ai été surprise de la facilité avec laquelle nous avons échangé. J’ai par exemple fait la route depuis les piémonts du Vercors avec Pauline et Marine que je n’avais encore jamais vues. Et tout naturellement, les discussions se sont mises en place.

deux randonneuses sur l'alpage de Font d'Urle
En randonnée sur l’alpage de Font d’Urle

C’est d’ailleurs à la fluidité et la facilité des échanges que l’on se rend compte que le casting était réussi. Si tout le monde se parle, si les rires et les discussions n’ont pas de véritable temps mort, si les bavardages sont naturels, si personne ne reste isolé, alors c’est gagné. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé ce jour-là. Les échanges ont été riches, nourris par nos diversités. Nous avons parlé de tout et de rien, des réseaux sociaux, des collaborations, des interactions avec nos communautés respectives, mais aussi simplement de nos vies. Je n’ai pas regretté un seul instant d’avoir décidé de participer à cette journée, entre la joie de randonner au soleil dans un décor féérique et le plaisir de partager ce moment avec un super groupe.

des randonneuses sur l'alpage de Font d'Urle au printemps
En randonnée dans le Vercors

Informations pratiques

  • La randonnée : sentier du Karst à Font d’Urle. Ce sentier fait environ 5 km pour 140 m de D+.
    C’est une randonnée vraiment accessible à (presque) tous. J’étais blessée à la jambe (a priori un claquage sur un des muscles du mollet, fait une semaine avant), et ça s’est très bien passé.
    Il faut compter 2 heures en prenant son temps (je l’ai déjà fait en 1h15/1h30 en prenant des photos).
    Il est important, surtout quand il y a des plaques de neige, de rester sur le tracé du sentier pour ne pas risquer de chuter dans un creux ou un trou. Les passages sur la crête ne sont pas dangereux tant qu’on reste sur le chemin qui est à bonne distance de l’à-pic.
randonnée sur le plateau de Font d'Urle
Le sentier passe à proximité des crêtes

  • Le restaurant : l’Hostel Quartier Libre est situé au col de la Machine.
    Il propose une cuisine locale et engagée, à base de produits frais et de saison. Les propositions sont originales et bien travaillées. L’ambiance est vraiment décontractée et agréable.
    Il est aussi possible de s’y arrêter pour le goûter avec de délicieux cookies maison. Quelques hébergements sont également disponibles.
  • Le belvédère : de l’autre côté de la route par rapport à l’Hostel Quartier Libre, il suffit de suivre le sentier balisé sur quelques dizaines de mètres.
    Attention : on est alors à flanc de falaise et il convient d’être très prudent
tapis de crocus sur l'alpage de Font d'Urle
La magie du printemps sur l’alpage de Font d’Urle


Font d’Urle – Vercors – Drôme
11 avril 2026

[projet 52-2026] semaine 17 – autrefois

Cette semaine, le projet 52 nous propose de nous intéresser à ce qu’il se passait autrefois. Pour ma part, j’ai cherché à retrouver des objets du passé marqués par le temps. Assez naturellement, j’ai eu envie de montrer des livres. J’en récupère régulièrement dans les boîtes à livres de mon village ou dans celles que je croise au gré de mes balades (j’en dépose aussi). J’aime aussi aller chiner dans les librairies d’occasion et sur les vide greniers. Mais le livre que j’ai finalement choisi de montrer ne m’appartient pas. Je l’ai vu presque par hasard le week-end dernier alors que je me baladais dans le Gard et que je m’étais arrêtée pour visiter le joli village de Lussan. Le temple et son jardin étaient ouverts, et la gardienne des lieux m’a proposé d’entrer. Là, posé sur une petite table, presque discrète, il y avait une Bible datant de la période du Désert. La période du culte au Désert correspond à la pratique clandestine de la religion protestante en France après la révocation de l’Edit de Nantes à la fin du XVIIe siècle et jusqu’à l’Edit de Tolérance de Versailles à la fin du XVIIIe siècle. Durant une centaine d’années, les protestants se sont donc réunis dans des lieux secrets. Ces pratiques étaient très vivaces dans les Cévennes, le Vivarais et certaines parties du Dauphiné. On trouve ainsi plusieurs lieux associés au culte au Désert autour de chez moi.

Bible d’autrefois dans le temple de Lussan (Gard)


Pour découvrir ce que les autres participants ont retrouvé d’autrefois, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[Drôme x Isère] 3 randonnées entre printemps et hiver dans le Vercors

Chaque année, c’est un peu la même chose : doucement, l’hiver laisse la place au printemps. La nature se réveille. La neige fond. Les fleurs commencent à pointer le bout de leur pétales. Les journées allongent et le soleil réchauffe tout. Cette demie saison, je l’aime beaucoup pour aller randonner. Il faut dire que de façon générale, j’aime quand dehors les saisons se télescopent, et c’est autour de l’hiver que c’est le plus net. Alors, cette année encore, je suis allée dans le Vercors, chercher les traces du printemps à la sortie de l’hiver.

arbre fleuri
Au bord des chemins, les épinettes en fleurs

Entre neige et soleil au col du Lion

Le premier week-end du printemps, j’ai eu le plaisir de pouvoir passer une journée avec Mr 2e et Melle 3e à la maison. Comme il faisait (enfin) beau après des semaines de pluie, nous avons eu envie de faire une balade. Melle 3e voulait de la montagne et de la forêt. Nous sommes donc partis dans le Vercors, en direction du Grand Echaillon et du col de la Bataille. La route est encore fermée au delà de la station de ski à cette période de l’année, mais il y a des promenades sympas à faire dans ce secteur. Nous sommes donc partis en direction du col du Lion. La balade a l’avantage d’être plutôt facile, et calme.

Dans le sous-bois, il restait encore un peu de neige dans les endroits les plus abrités. Forcément, Mr 2e et Melle 3e se sont sentis obligés de faire une bataille de boules de neige : même en grandissant, certaines choses ne changent pas. Nous avons ensuite continué jusqu’au col du Lion. Mais, contrairement à ce que j’ai l’habitude de faire, nous n’avons pas pris la route forestière mais un sentier (balisé jaune/vert) qui s’enfonce dans la forêt de Comblezine. A un moment, le chemin quitte le sous-bois pour longer une prairie. Nous y avons fait un arrêt assez long, profitant du soleil, admirant les crocus dans la lumière, observant les sommets environnants. Puis, nous avons longé la pâture avant de filer sur des sentes à peine marquées dans la forêt pour revenir au col du Lion par une boucle.

sommets enneigés à travers des branches d'arbres en hiver
Jouer à se repérer et nommer les sommets (ici le plateau d’Ambel)

(*) Les possibilités de randonnée dans le secteur du col du Lion/col de la Bataille/forêt de Comblezine sont nombreuses. Il est possible de trouver en ligne assez facilement des topos ou d’en construire un soi même en partant des cartes IGN. Notre petite boucle faisait environ 8 km sans aucune difficulté particulière, le genre de sortie parfaite pour prendre l’air tranquillement.

Quand l’hiver n’a pas dit son dernier mot au Grand Echaillon

Quelques jours après la promenade au col du Lion, la météo a changé avec le retour de la pluie, mais surtout de températures froides accentuées par un fort mistral. Il a donc reneigé sur les sommets. Alors qu’une semaine auparavant, je pensais avoir fait ma dernière sortie avec de la neige de la saison, je ne pouvais pas manquer de retourner profiter du manteau blanc encore une fois. Je suis donc allée au Grand Echaillon, m’arrêtant au niveau de la station. Les conditions étaient loin d’être printanières, tôt ce dernier samedi de mars. Avec le vent très fort, le ressenti était en dessous de -10°C. J’ai même exceptionnellement sorti mon bonnet !

chemin enneigé en forêt
L’hiver a décidé de jouer les prolongations cette année sur les plateaux du Vercors

Compte tenu de l’état de la neige, très dure et « croûtée », et des conditions météo pas très accueillantes, j’ai choisi de ne pas me charger avec les raquettes. Cela s’est avéré un bon choix car je me suis très peu enfoncée dans la neige et j’étais ainsi plus libre dans mes mouvements. J’ai choisi de partir en direction de la bergerie du Grand Echaillon, en suivant le balisage du circuit raquettes du même nom. J’ai fait quelques détours pour aller voir des points de vue sur la vallée. Je ne pensais pas rester longtemps mais finalement, je me suis promenée presque 1 heure et demie. Il faut dire que j’avais une tenue adaptée aux circonstances (du moins pour moi car sans doute que beaucoup auraient trouvé que « juste » une bonne polaire n’était pas suffisant), et je n’ai pas eu froid.

En arrivant au niveau d’une prairie, complètement enneigée, j’ai repéré quelques discrètes tâches de couleur. Les crocus qui étaient déjà sortis étaient recouverts par la neige dans un joli carambolage entre le printemps et l’hiver. J’ai eu un peu de mal à les prendre en photo. Du moins, jusqu’à ce ce que je me décide à m’allonger au sol (comme je le fais habituellement au printemps). Je n’ai pas trainé à prendre mes photos cependant pour ne pas attraper froid. Puis, je suis passée dans la forêt avant de rentrer à la voiture (où un thermos de café bien chaud m’attendait).

fleur de crocus dans la neige
Les crocus dans la neige
sapin enneigé
Il se pourrait bien que cette photo serve de base à ma carte de vœux 2027 !
(J’ai regretté de ne pas avoir quelques boules de Noël rouges dans mon sac ! )

(*) De nombreux chemins et circuits partent de l’auberge du Grand Echaillon. Attention, en hiver, avec la neige, certains sentiers estivaux ne sont pas praticables ou sont dangereux, tandis que d’autres itinéraires sont ouverts à travers les prairies pour la saison. Il convient aussi d’être vigilants aux pistes de ski de fond et aux skieurs qui les empruntent.
Le circuit raquettes de la bergerie du Grand Echaillon est un circuit facile d’environ 4 km. Avec les « petits » crochets que j’ai fait, je l’ai rallongé à un peu plus de 5 km.

En route vers le printemps à Villard de Lans

La semaine suivante, alors qu’on apercevait encore depuis Valence de la neige sur les plus hauts sommets du Vercors, j’ai eu envie d’une journée à la montagne. Comme nous étions le week-end de Pâques, il était hors de question de prendre l’autoroute. Cela limitait donc les possibilités au Vercors, et j’ai choisi de retourner à Villard de Lans. Cette fois, je voulais aller découvrir la cascade de la Fauge. Je l’avais en effet beaucoup vue passer sur les réseaux sociaux des copains au cours de la saison, et j’anticipais qu’avec la fonte des neiges, elle coulerait bien.

paysage de montagne enneigé
Il y avait encore de la neige autour de Villard de Lans

J’ai commencé la journée par un café au soleil sur une terrasse : on sentait vraiment que le printemps commençait à être présent. Cela m’a permis d’affiner l’itinéraire de la randonnée, et surtout son point de départ. Il existe différents topos pour la cascade de la Fauge, selon le site de randonnée que vous regardez. Celui que j’ai choisi débute à côté du lycée (où j’ai donc laissé la voiture). D’autres démarrent depuis le centre de la station ou depuis le petit village des Clots. Très vite, le chemin s’enfonce en sous-bois et la neige fait son apparition. J’arrive au pont des Amours, un charmant petit pont de bois qui traverse le ruisseau de la Fauge.

J’avoue que je ne pensais pas trouver encore autant de neige, surtout que je suis encore assez bas. Mais le chemin est sur un versant exposé au nord et cela se sent. La couche de neige est peu épaisse, très tassée mais surtout verglacée. La prudence est donc de mise. Le soleil déjà haut, traverse les branches des arbres pour venir déposer des jeux d’ombres sur la neige. C’est doux et poétique. En contre bas du chemin, j’entends le ruisseau chanter. C’est calme et apaisant.

J’arrive au niveau d’une bifurcation. Mon itinéraire continue normalement vers la droite mais la cascade est un peu plus loin sur la gauche. Je descends donc au fond du vallon, longeant le ruisseau. Arrivée à un petit pont enneigé, je devine la cascade derrière les arbres. Je m’approche. Elle tient ses promesses. Pas très haute, elle est vraiment charmante, tombant d’un arc de cercle dessiné dans la paroi rocheuse. Son débit à cette période de l’année est assez fort, et quelques stalactites de glace viennent parfaire le tableau. Ce n’est clairement pas la plus impressionnante cascade qui soit, mais elle a quelque chose qui la rend unique, et un peu magique.

Je reviens ensuite sur mes pas pour retrouver le chemin principal. Je prends encore un peu de hauteur avant d’arriver de nouveau à un petit pont permettant de traverser le ruisseau. La lumière à travers les frondaisons des arbres est fabuleuse, annonçant très clairement les beaux jours. Après avoir traversé le pont, j’entame la descente, alternant sur le chemin entre neige, boue de fonte et cailloux. Je retrouve le pont des Amours, mon « presque point de départ » avant de regagner à travers bois le parking du lycée. Il est l’heure de déjeuner alors je décide d’aller dans le centre de la station profiter d’une des nombreuses terrasses ensoleillées : l’hiver semble alors bien terminé et l’été en chemin !

petit pont en bois dans une forêt enneigée
J’aime beaucoup le charme romantique des petits ponts de bois qui jalonnent les sentiers en montagne
un ruisseau dans un sous bois enneigé
De retour au pont des Amours, je traverse le ruisseau de la Fauge

(*) La randonnée vers la cascade de la Fauge est accessible en été comme en hiver. Attention cependant, selon la saison, les conditions sur les chemins ne sont pas les mêmes, et les comportements et équipements à adopter varient. Quand j’y étais, il y avait toute une partie en neige glacée, mais aussi pas mal de boue et plusieurs gués de ruisselets de dégel tandis que par endroits les cailloux étaient bien présents. Pour trouver un topo pour aller à la cascade de la Fauge, vous pouvez rechercher dans votre appli de rando préférée ou bien suivre celui disponible à l’office de tourisme.
Celui que j’avais trouvé faisait environ 5 km, sans grande difficulté.

paysage de montagne avec une forêt de sapin et de la neige sur les sommets
Vue sur la barrière orientale du Vercors


Léoncel / Bouvante – Drôme
Villard de Lans – Isère
mars/avril 2026

[projet 52-2026] semaine 16 – lac/rivière

Cette semaine, le projet 52 nous emmène au bord de l’eau avec le thème lac ou rivière. Il n’y a pas eu de promenade de ce style cette semaine pour moi. Il faut dire qu’il n’y a pas forcément eu beaucoup de promenades compte tenu de la météo très pluvieuse du week-end dernier et du début de la semaine. Alors, je suis retournée un peu plus loin en arrière, il y a deux semaines. J’ai passé la journée du samedi à la montagne, à Villard de Lans. Là, j’ai fait une très belle randonnée autour d’un vallon parcouru par un joli ruisseau, une petite rivière. (J’ai prévu de vous en reparler rapidement). Mais cela me donne une bonne raison de vous montrer un premier aperçu…

une rivière traversée par un petit pont dans un paysage enneigé
Dans le vallon de la Fauge
Villard de Lans – Vercors – Isère
avril 2026


Pour découvrir les lacs et rivières des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : je passe ce week-end en famille et j’aurai peu de temps pour venir sur l’ordinateur. Je validerai les commentaires qui seraient à modérer dès que possible. Il est inutile de les reposter : cela ne ferait qu’inciter WordPress à vous considérer comme un spammeur.

[Drôme] 2 expositions à voir à Valence

En ce début de printemps, deux expositions que j’attendais sont programmées à Valence. Il y a d’une part l’exposition de dessins et peintures d’Hubert Robert et de Fragonard au musée de Valence, et d’autre part des photographies de Pierre de Vallombreuse au Centre du Patrimoine Arménien. Et pour une fois, je n’ai pas attendu leur quasi fin pour y aller, mais j’ai au contraire profité des premiers jours d’exposition (preuve s’il en fallait de mon impatience à les découvrir).

une sculpture de buste posée sur un manteau de cheminée, le regard tourné dos au visiteur
Rendez-vous au Musée de Valence

Hubert Robert & Fragonard – Le sentiment de la nature au Musée de Valence

Dire que j’attendais l’exposition Hubert Robert & Fragonard au musée de Valence est un euphémisme. Cela faisait plus d’un an que j’avais entendu qu’elle était en train de se monter, et même sans en connaître le sujet précis, j’avais hâte. Il faut dire qu’afficher ces deux peintres majeurs du XVIIIe siècle avait de quoi titiller ma curiosité.

Entrée de l'exposition Hubert Robert & Fragonard, le sentiment de nature au musée de Valence
L’entrée de l’exposition

Le choix de monter une exposition autour d’Hubert Robert semble assez naturel pour le musée de Valence. En effet, il possède l’une des plus importantes collections au monde d’œuvres du peintre (après Le Louvre et le musée de l’Hermitage de Saint Pétersbourg). C’est en visitant l’exposition que j’ai compris le choix de mettre l’œuvre d’Hubert Robert en dialogue avec celle de Fragonard. En effet, les deux artistes sont non seulement contemporains mais aussi se connaissaient très bien, avec des parcours qui se croisent tout au long de leurs carrières. Ils ont ainsi été tous les deux pensionnaires à Rome en même temps, et sont restés en contact jusqu’à la fin de leur vie.

Tableaux de Hubert Robert et de Fragonard
Chaque tableau nous plonge dans une vision idéalisée de la nature

Que ce soit pour Hubert Robert ou pour Fragonard, la nature a été une grande source d’inspiration. Il est intéressant de voir comment l’un et l’autre traitent le même sujet, ce qu’ils mettent en avant, comment ils composent le tableau qu’ils dessinent. L’exposition met vraiment en avant le parallélisme de leur travail, s’appuyant sur les similitudes mais aussi les différences. La diversité des formats proposés ainsi que le fait de mêler dessins et peintures, croquis et sujets achevés appuie les ressemblances de traitement entre les deux peintres tout en soulignant les écarts.

J’ai vraiment apprécié cette exposition qui immerge le visiteur dans la représentation de la nature au XVIIIe siècle à travers le regard de deux artistes qui se complètent. On y découvre aussi les frémissements de la naissance du Romantisme, particulièrement dans l’œuvre d’Hubert Robert.

Les temps modernes – photographies de Pierre de Vallombreuse au Centre du Patrimoine Arménien

Le Centre du Patrimoine Arménien propose régulièrement des expositions photographiques de qualité. Cette fois, ce sont des photos de Pierre de Vallombreuse prise sur une île des Philippines au fil des années. Au coeur d’une vallée sauvage de l’île de Palawan, le photographe a suivi pendant presque 40 ans l’évolution du quotidien de la tribu autochtone des Tau’t Batu. Dans une scénographie immersive, l’exposition présente une sélection d’images prises au fil des années. Elle documente les changements opérés dans le temps, la fin de l’isolement de la vallée, l’arrivée d’une modernisation avec ses dérives.

Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse. Entrée de l'exposition

Ce qui m’a frappé en premier, c’est la composition impeccable des photographies de Pierre de Vallombreuse. Chaque fois, l’humain est présenté comme minuscule face à l’immensité de la canopée de la forêt primaire. Affichées en grands formats, l’impression de plonger dans les images est fascinante. Mais assez vite, quelque chose m’a dérangée dans la scénographie de l’exposition, dans le choix des textes affichés, dans la présentation qui accompagne et contextualise les photos.

dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.
Immersion sous la canopée un jour de pluie
dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.
Se retrouver plongé dans la forêt primaire de l’île de Palawan aux Philippines

Je n’ai pas réussi à me départir d’une sensation étrange où tout est présenté à travers un prisme occidentaliste. Presque immédiatement, c’est la pensée de Rousseau, et de son homme à l’état de nature, ou encore de Diderot et son Supplément au voyage de Bougainville qui s’impose à moi. J’ai l’impression que le mythe de bon sauvage s’écrit une nouvelle fois. En y repensant, j’ai eu ce sentiment que j’étais en train de regarder une version photographique de Tristes tropiques de Claude Lévi Strauss, avec les mêmes réticences que j’avais eues à la lecture de l’ouvrage de l’ethnologue.

dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.
dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.

En dépit de cela, le travail de documentation de Pierre de Vallombreuse est notable. On visualise les changements. On devine la catastrophe écologique, et économique sur cette région. J’aurais juste préféré que le propos associé aux images soit plus nuancé, plus neutre. Ce n’est pas la première fois que j’ai cette impression d’une présentation très occidentalo-centrée autour d’un témoignage artistique sur un peuple autochtone dans une exposition au Centre du Patrimoine Arménien. En effet, lors de ma visite de l’exposition de Julien Lombardi en 2024, les explications du médiateur m’avaient déjà laissé ce sentiment.

2 tirages de la même photo, un en noir et blanc, l'autre en couleurs
J’ai bien aimé cette présentation de deux tirages de la même photo qui prouve à quel point le fait que ce soit en noir et blanc ou en couleur influe sur la lecture de l’image et la potentielle narration associée.
Dans l’exposition, le noir et blanc est utilisé pour l’avant, évoquant une période de bonheur simple, tandis que la couleur est utilisée pour le maintenant, évoquant le progrès destructeur.
"La route qui mène au pied de la Vallée sera bientôt achevée. Ce jour-là, on travail prendra fin"
Le choix de cette citation de Pierre de Vallombreuse résume à lui tout seul la façon dont j’ai perçu le traitement du sujet de l’exposition, cette impression de « c’était mieux avant », ce sentiment de nostalgie d’une époque où la modernité n’avait pas encore perverti un peuple isolé…

Informations pratiques

  • L’exposition « Hubert Robert & Fragonard – Le sentiment de la nature » est présentée jusqu’au 21 juin 2026 au Musée de Valence. Les informations pratiques pour la visite, ainsi que la programmation associée à l’exposition, sont à retrouver sur le site internet du musée.
  • L’exposition « Les temps modernes. Palawan, Philippines » des photographies de Pierre de Vallombreuse est proposée jusqu’au 20 septembre 2026 au Centre du Patrimoine Arménien à Valence. Les informations pratiques pour la visiter sont disponibles sur le site internet du CPA.


Valence – Drôme – mars 2026

[projet 52-2026] semaine 15 – poule/lapin

Cette semaine, le thème du projet 52 nous propose poule ou lapin. Vous l’aurez compris, je pensais bien entendu à Pâques (qui était dimanche dernier) quand j’ai ajouté ce thème dans la liste. Pour l’illustrer, j’aurais pu choisir une vraie poule ou un vrai lapin, une sculpture ou un dessin de l’un ou l’autre, ou encore une cocotte en papier. Mais je suis restée sur ma première idée… et vous l’avez d’ailleurs déjà aperçu dimanche dernier. Je vous présente donc officiellement mon lapin de Pâques, en plein shooting sur fond de tulipes pour ma photo pascale de cette année.

lapin en chocolat et tulipes
Vous avez remarqué qu’il porte un petit chandail ? Il faut dire que la semaine précédent Pâques a été très froide autour de Valence, avec certains jours des ressentis maximum ne dépassant pas 2 ou 3 °C !


Pour découvrir à quoi ressemble les poules ou les lapins des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : je vais passer la journée avec des copines (et oui, pas de garçons : ce sera une « journée filles »), aussi je ne pourrai sans doute pas valider avant dimanche les commentaires qui seraient à modérer. Aussi, si votre commentaire n’apparait pas immédiatement, inutile de le renvoyer : il sera visible dès que je l’aurai validé.