Il y a une quinzaine de jours, je suis allée à Lyon pour passer une soirée à l’Opéra. L’idée était venue quelques semaines avant, suggérée par Mademoiselle 3e qui avait vu des affiches qui avaient piqué sa curiosité. Quand elle m’en a parlé, je n’ai pas hésité longtemps et nous avons pris des places pour une soirée en semaine (une des seules dates où il restait des places et où nous étions toutes les deux disponibles). J’avais pris une journée de congé aussi, je suis arrivée à Lyon dans l’après-midi. Il faisait froid mais entre deux giboulées, le soleil brillait. J’en ai profité pour me balader sur la Presqu’île et y faire les boutiques. Je pense que cela ne m’était pas arrivé depuis que j’étais étudiante !

Un cocktail en rooftop
Avec Melle 3e, nous nous sommes retrouvées à 18.00 devant l’opéra de Lyon. Nous avions en effet prévu d’aller prendre un verre et grignoter un morceau au bar Les Muses. Ce bar est situé dans le bâtiment de l’opéra et on peut y profiter d’une terrasse avec une belle vue sur la ville. J’avais vu de nombreuses fois passer des photos sur les réseaux sociaux, et y admirer le coucher de soleil semblait assez magique. Je dois avouer que nous n’avons pas été déçues. Nous avons pu bénéficier d’une table sur la terrasse. Et, malgré la température plutôt fraîche (à l’heure où nous y étions, il devait faire 6 ou 7°C), nous avons apprécié le moment.




(*) Le bar Les Muses est situé dans l’Opéra de Lyon. L’accès se fait par ascenseur directement depuis le péristyle, et ne nécessite pas d’avoir un billet de spectacle. Le bar est ouvert uniquement en soirée du mercredi au samedi, ainsi que le samedi après-midi. La carte propose un joli choix de boissons, dont une belle sélection de cocktails sans alcool, et quelques tapas à partager à l’heure de l’apéritif. Des plaids sont disponibles pour se réchauffer sur la terrasse. Ils sont les bienvenus, surtout une fois le soleil couché.
En avant spectacle (et à l’entracte s’il y en a un), il est aussi possible de prendre un verre dans le foyer de l’opéra de Lyon, qui a gardé son décor XIXe siècle. Il n’y est cependant pas possible de s’y assoir.

Un lieu surprenant
Une fois entré dans le bâtiment, ce qui frappe, c’est son architecture. En effet, à la fin des années 1980/début des années 1990, l’architecte Jean Nouvel a imaginé et livré un projet d’agrandissement de l’ancien Grand Théâtre de Lyon. Il n’a conservé que les façades et le foyer du bâtiment d’origine. Il a également surélevé l’ensemble avec une immense verrière, donnant au lieu sa silhouette si particulière. Les circulations sont agréablement pensées, entre escalators étroits, escaliers métalliques d’inspiration industrielle et couloirs capitonnés de rouge (subtil rappel aux couleurs traditionnelles des théâtres et salles de spectacles classiques). L’ensemble dégage une puissance quasi organique. Quant à la salle de spectacle, d’une jauge de 1100 personnes, ses tons noirs contrastent avec ce que l’on a l’habitude de voir dans les opéras et théâtres à l’italienne parés de velours rouges, de stucs et d’ors. L’acoustique y est travaillée et la visibilité de la scène bien pensée avec des sièges disposés en quiconque au parterre.

Place au spectacle
L’opéra de que nous sommes allées voir est Manon Lescaut de Puccini. Le livret est directement inspiré du roman de l’Abbé Prévost. Manon, jeune femme à la très grande beauté, oscille entre un amour passionnel pour le chevalier des Grieux et l’intérêt matériel. En face, des Grieux se morfond d’amour, sans se rendre compte de l’influence néfaste de Manon sur sa vie. Il finit exilé, ruiné et malheureux. Si vous me demandez si j’ai apprécié le roman, la réponse sera immédiate : pas du tout ! Je trouve que Manon est un des personnages féminins les plus exécrables de la littérature française (avec en prime toute la misogynie même pas déguisée de l’auteur) et que des Grieux est l’un des personnages masculins les plus pathétiques de la littérature française, se laissant entraîner dans de sombres affaires par amour pour Manon qui ne le regarde que lorsque cela l’intéresse. De plus, je ne suis pas particulièrement fan d’opéra, et sans doute encore moins des partitions italiennes de la fin du XIXe siècle (Rossini, Puccini, Verdi, Bellini…). Je crois que je leur préfère les opéras allemands, plus directs. Bref, on ne partait pas sur une bonne base pour cette soirée.
Cependant, j’ai passé un très bon moment. Le spectacle durait 2h45 (dont 35 minutes d’entracte), et je n’ai pas vu le temps passer. Les décors et la mise en scène étaient vraiment très réussis, plongeant le spectateur dans les différentes ambiances des 4 actes de l’opéra. Quant aux artistes, tant dans l’orchestre que sur scène, ils ont su rendre le moment exceptionnel. Assister à un opéra « en vrai » n’a rien à voir avec l’écouter sur un enregistrement. Lors d’une représentation, il y a une dimension supplémentaire à la musique, et rien que pour cela, j’ai apprécié ma soirée.

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