[Bouches du Rhône] 2025, l’année Cezanne à Aix en Provence

Quand, avec Melle 3e, nous avons appris qu’une exposition de grande envergure autour du peintre Cezanne allait avoir lieu à Aix en Provence, nous avons tout de suite cherché à quel moment nous pourrions y aller. Entre mon travail et son planning estival chargé, nous avons repéré un lundi de juillet. Nous avons alors aussitôt réservé nos places pour l’exposition, en choisissant un créneau matinal pour avoir le temps d’en profiter. Elle m’a alors parlé de l’atelier de Cezanne pour le visiter aussi. Là, on s’est mal comprises : elle parlait du dernier atelier du peintre, aux Lauves, tandis que je pensais à son premier atelier au Jas de Bouffan. J’ai donc réservé une visite au Jas de Bouffan pour l’après-midi. Il restait juste à trouver un hôtel le dimanche soir et prévenir Mr 1er (qui habite à Aix) pour partager un moment avec lui. Nous étions prêtes à partir dans les pas de Cezanne à Aix en Provence !

la façade arrière de la bastide du Jas de Bouffan à Aix en Provence
La bastide du Jas de Bouffan, maison de famille de Paul Cezanne

Cezanne au Jas de Bouffan, une exposition au Musée Granet

Melle 3e et moi avons appris chacune de notre côté la tenue de l’exposition consacrée à Cezanne au Musée Granet d’Aix. C’est en constatant que les nombreux prêts exceptionnels du Musée d’Orsay au Musée de Valence étaient habituellement localisés au Musée Granet que j’ai cherché pour quelle raison ils étaient déplacés temporairement. Quant à Melle 3e, elle l’a appris par son professeur d’histoire de l’art. Une telle exposition à 2 heures de route de la maison, nous ne pouvions pas la manquer.

au musée Granet durant l'exposition Cezanne au Jas de Bouffan en 2025
En apercevant ce tableau, j’ai eu l’impression de l’avoir déjà vu alors qu’il ne fait pas partie des tableaux célèbres de Cezanne. En lisant les informations, j’ai compris que je l’avais en effet sans doute déjà vu car il est habituellement exposé au Musée des Beaux-Arts de Montréal.

Intitulée Cezanne au Jas de Bouffan, l’exposition s’intéresse donc aux années aixoises du peintre. Issu d’une famille qui s’est embourgeoisée après le succès du père de Paul en affaires, le peintre commence sa formation à l’école municipale de dessin, dans les locaux de l’actuel Musée Granet. Paul a 21 ans quand son père achète la bastide du Jas de Bouffan. L’artiste y fera nombreuses expérimentations, peignant directement sur les murs ou utilisant ses toiles recto verso. Il fera ensuite des allers retours à Paris où il rencontre Camille Pissaro qui l’initiera à la lumière. Les toiles de Cezanne prennent alors une autre tournure, moins sombre, plus délicate. Aix reste son point d’ancrage et il y passe la plus grande partie de son temps. Le Jas de Bouffan l’inspire et est très souvent représenté dans ses tableaux. De là, il voit la montagne de la Sainte Victoire qui devient également un de ses sujets de prédilection. Il fait également des portraits des habitants du Jas ou des amis de passage.

Tableau de Paul Cezanne représentant la bastide et la ferme du Jas de Bouffan
Maison et ferme du Jas de Bouffan, tableau de Paul Cezanne qui a servi pour l’affiche de l’exposition

J’ai vraiment apprécié cette exposition dont la progression est très lisible, des premiers essais de Cezanne aux tableaux de sa fin de vie. La présentation chronologique s’entremêle avec une présentation plus thématique, mettant en avant les récurrences dans l’œuvre du peintre. Dans les natures mortes, on retrouve les mêmes objets comme le pot à olives vert ou le pot à gingembre bleu. Plusieurs tableaux présentent des compositions similaires tout en étant réalisés dans des styles différents comme dans les différentes versions des baigneurs et baigneuses ou celles de la partie de cartes. Les cartels et outils de médiation sont très clairs et apportent des éléments de compréhension sur le vie du peintre et son travail, même pour ceux qui découvrent l’artiste. Enfin, c’est l’occasion de voir des œuvres de Cezanne habituellement éparpillées dans les musées du monde entier (Canada, Etats-Unis, Japon, différents pays européens) mais aussi dans des collections privées. Ce sont plus de 130 œuvres de Paul Cezanne qui sont exposées sur les murs du Musée Granet, pour un plaisir visuel indéniable.

Tableau de Paul Cezanne représentant la bastide du Jas de Bouffan
La Maison du Jas de Bouffan, peinture de Paul Cezanne
Mon plus gros coup de cœur parmi les œuvres présentées.

La bastide du Jas de Bouffan, lieu de création

Après avoir un peu flâné en ville, et déjeuné à l’ombre de grands platanes sur une petite place, nous sommes parties pour la bastide du Jas de Bouffan. Heureusement que nous avions prévu un peu de marge avant le rendez-vous pour notre visite guidée car le GPS de la voiture nous a mal dirigées (nous avons pu nous retrouver avec l’aide de Google Maps..), et une fois sur place, nous avons constaté l’absence de stationnement proche. Coup de chance, en nous éloignant un peu, nous avons trouvé une (vraie) place dans une petite rue du quartier. Après la vérification de nos billets d’entrée, nous avons pu découvrir le jardin. Et là, c’était littéralement comme pénétrer dans un tableau de Cezanne. Après avoir vu le matin ses représentations des lieux, c’était vraiment chouette de les découvrir en vrai. En plus, un peu partout dans le parc, des chevalets ont été disposés avec des reproductions des tableaux devant l’emplacement représenté.

la bastide du Jas de Bouffan à Aix en Provence
Découvrir la réalité des lieux représentés par Cezanne

A l’heure dite, notre guide est venue nous chercher au point de rendez-vous. Elle a commencé par nous donner quelques consignes car la maison est encore en chantier. Nous avons d’ailleurs croisé des ouvriers lors de la visite. Toutes les pièces ne sont pas sécurisées et les lieux sont exigus. Sans être inintéressante, la visite de la bastide n’est pas non plus exceptionnelle (du moins à ce jour alors que les travaux de restauration ne sont pas achevés). J’ai malgré tout trouvé intéressant de voir le grand salon dont Paul Cezanne avait décoré les murs à même le plâtre. Ces « fresques » ont ensuite été en partie vendues à la découpe quand la maison a changé de propriétaires. Nous en avions vu quelques morceaux le matin, et les découvrir projetées à leur emplacement réel était intéressant. Parmi les autres pièces visitées, il y la cuisine provençale restaurée dans son état du XVIIIe siècle (avant donc l’achat de la bastide par les Cezanne), et la chambre de Léda, dont les décors de gypserie ont inspiré Paul Cezanne. Enfin, la visite se termine par l’atelier que le père de Paul Cezanne lui avait fait installer au dernier étage avec son immense verrière.

la façade avant de la bastide du Jas de Bouffan à Aix en Provence
On voit bien la verrière de l’atelier du peintre au dernier étage

Après cela, nous avons pris le temps de nous balader dans le jardin. C’est la partie de notre visite à la bastide du Jas de Bouffan que j’ai préféré. Là, tout rappelle les tableaux de Paul Cezanne : le bassin devant l’orangerie, les fontaines qui le bordent, les grands arbres. Les différences les plus notables avec l’état à la fin du XIXe siècle sont que les platanes ont remplacé les marronniers dans l’allée. Par ailleurs, on ne voit plus la Sainte Victoire depuis le jardin, entre la végétation qui a poussé et l’urbanisation de ce qui était alors la pleine campagne et est devenu un quartier d’Aix à part entière.

Informations pratiques

Cezanne 2025

  • L’exposition Cezanne au Jas de Bouffan se tient jusqu’au 12 octobre 2025 au Musée Granet (place Saint Jean de Malte, dans le quartier Richelieu). Côté temps de visite, nous avons passé plus de 2 heures dans l’exposition. C’est sans doute plus que la majorité des visiteurs car Melle 3e prend des notes (nous nous sommes fait beaucoup dépassées…).

    Précision sur l’estimation du temps de visite: Ayant vraiment apprécié l’exposition, j’y suis retournée fin août avec Mr 1er. Nous avons parcouru l’exposition un peu plus rapidement car il ne prend pas de notes, ne lit pas tous les cartels et que pour ma part, j’avais déjà lu l’ensemble des textes. Nous avons mis un peu moins d’1h30. Cela me semble être le temps raisonnable à prévoir, et je ne pense pas qu’on puisse vraiment profiter de l’exposition en moins d’une heure.

    Attention : le dispositif de sécurité à l’entrée du musée est impressionnant. Il n’est pas autorisé d’entrer dans l’exposition avec un sac trop volumineux, un sac à dos même de petite taille ou un sac à main qui ne peut pas se porter en bandoulière devant soi. Une consigne est disponible sur place. Il faut aussi prévoir d’arriver en avance par rapport à son créneau horaire pour passer la sécurité tranquillement.

  • La bastide du Jas de Bouffan (dans le quartier du même nom) est ouverte à la visite guidée uniquement actuellement car elle est encore en chantier de restauration. La visite dure 1 heure à l’intérieur de la maison, mais il est possible de profiter librement du jardin avant et après.
    A noter : il est interdit de boire à l’intérieur de la maison, mais quand nous y étions (un jour de forte chaleur) il y avait une fontaine d’eau potable (et fraîche) à côté de l’orangerie.
    Attention, il n’y a pas de stationnement à proximité immédiate de la bastide du Jas de Bouffan. Nous avons eu la chance de trouver une place dans une rue à quelques centaines de mètres, mais j’ai regretté de ne pas avoir pris l’option de venir en bus depuis le centre ville ni même d’avoir fait le trajet à pied (environ 1,5 km depuis la Rotonde).

ATTENTION : pour toutes ces visites, la réservation est obligatoire. Elle peut se faire en ligne via le site cezanne2025 ou à l’accueil de l’office de tourisme d’Aix en Provence (300 avenue Guiseppe Verdi, à côté de la place de la Rotonde).
Certains créneaux horaires partent très vite, particulièrement pour les visites à petite capacité de la bastide et de l’atelier. Aussi je vous conseille de réserver dès que vous savez quel jour vous venez.

fontaine de la rotonde à Aix en Provence
La fontaine de la Rotonde

Se loger, se restaurer

Hôtel Escaletto (74 Cours Sextius) : Mr 1er habite à Aix en Provence mais son studio est trop petit pour nous accueillir. J’avais donc réservé un hôtel en bordure immédiate du centre piéton ancien d’Aix. Je l’avais choisi en raison de son emplacement, permettant d’aller à pied chez Mr 1er et au musée Granet. En arrivant, j’ai aussi eu la bonne surprise de découvrir que l’hôtel possède un rooftop avec vue sur la Sainte Victoire. J’y ai profité le soir du coucher du soleil et le matin du lever du soleil. Nous y avons par ailleurs très bien dormi.

Les Fils à Maman (42 rue de la Verrerie) : un restaurant dans une ancienne chapelle à la décoration très vintage, surfant sur la nostalgie des 80’s. A l’entrée, l’effet wahou est garanti. La carte est ludique, mention spéciale pour la planche de tapas à partager. Le choix de cocktails est intéressant.

Quelques idées supplémentaires à Aix en Provence

  • Dans le cadre de l’année Cezanne, plusieurs lieux proposent des expositions thématiques. Par ailleurs, il est aussi possible de visiter l’atelier des Lauves, dernier atelier de Paul Cezanne qu’il fait lui-même construire (uniquement en visite guidée). Comme nous n’y sommes pas allées cette fois puisque j’ai confondu l’atelier des Lauves et la bastide du Jas de Bouffan, nous en avons noté la visite pour un prochain passage à Aix, tout comme celle des carrières Bibemus.
  • Le Musée des Tapisseries est situé à côté de la cathédrale dans l’ancien palais épiscopal. J’en ai eu de bons échos mais sans avoir encore l’occasion d’y aller.
  • L’Hôtel de Caumont accueille des expositions temporaires de grande qualité. Nous y avions vu celle consacrée à Chagall il y a une dizaine d’années et l’an dernier l’exposition sur Mucha. Jusqu’au 5 octobre 2025, c’est Nikki de Saint Phalle qui est exposée.
  • La Fondation Vasarely permet de découvrir le processus créatif du plasticien dans un véritable show-room de l’art cinétique.
  • Le centre ville d’Aix est très agréable pour s’y balader. Les rues sont bordées d’anciens hôtels particuliers et les places sont ponctuées de fontaines (Aix vient du latin acqua qui signifie eau). La cathédrale possède un baptistère paléo-chrétien ainsi qu’un cloître remarquable.

Aix en Provence – Bouches du Rhône – juillet 2025

[Drôme] le Souffle du Nord

Tous les soirs de la semaine dernière, l’association Upidum a joué son spectacle le Souffle du Nord au domaine de Valsoyo, à Upie, pas très loin de chez moi. Il y a deux ans, ils avaient monté le 3e volet de La Légende d’Andarta. Cette fois, c’est un tout nouvel arc narratif qui a été développé. Comme pour Andarta, les scénaristes sont partis d’un fait historique : une violente bataille entre les Cimbres venus du Nord et les Romains en IIe siècle avant notre ère qui a eu lieu dans les environs. La tradition populaire veut même que ce soit de là que vient le nom du quartier Les Batailles à Upie. A partir de là, ils ont imaginé un scénario faisant intervenir une princesse cimbre, un centurion romain pas toujours très futé, un guerrier gaulois, quelques divinités et une créature mythologique. Ce n’est donc pas un récit historique mais une fiction fantastique. Impliquant 160 bénévoles, c’est une grosse production à l’échelle locale. Comme pour Andarta, le texte fait la part belle à l’humour et aux clichés façon Astérix. Le spectacle est familial, l’ambiance conviviale. La soirée commence presque 3 heures avant le début du spectacle avec un village gaulois qui comporte un marché artisanal, une mini ferme, des jeux, des temps de contes, et bien entendu une taverne.

flyer du spectacle Le Souffle du Nord par l'association Upidum en 2025


Le souffle du nord
Domaine de Valsoyo – Upie – Drôme
août 2025


(*) Par souci de transparence, j’ai été invitée par l’association Upidum à ce spectacle (collaboration commerciale non rémunérée). J’avais bien aimé ma soirée à Andarta, et je n’ai donc pas hésité quand ils m’ont proposé de venir découvrir leur nouvelle création. Et je n’ai pas été déçue.

[projet 52-2025] semaine 35 – boussole

Autant le dire tout de suite, le thème de la semaine pour le projet 52 m’a déboussolée ! J’avoue que je n’ai aucune idée de ce à quoi j’avais bien pu penser en le mettant sur la liste. Cela fait bien longtemps que j’utilise une application sur mon téléphone pour servir de boussole quand j’en ai besoin, ce qui est de toutes façons rares (sauf quand je ne suis pas à la maison et que je veux savoir si j’ai une chance d’avoir un joli point de vue pour le lever ou le coucher du soleil). Je n’ai pas cherché à retrouver la boussole de course d’orientation de Melle 3e (et si ça se trouve, elle l’a de toutes façons emportée avec elle). Alors, j’ai ressorti ma vieille boussole, d’un temps où les smartphones n’existaient pas. Celle-ci n’est pas ma première boussole, qui était d’un modèle beaucoup plus simple et que j’avais eue quand j’étais enfant. Cette boussole, c’était un cadeau lors d’une convention d’entreprise il y a beaucoup d’années (l’entreprise a depuis fusionné et refusionné, changeant plusieurs fois de nom au passage). La photo est sans imagination mais elle m’a permis de m’assurer que ma boussole n’avait pas perdu le nord !

boussole


Pour découvrir les boussoles des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[Ain] que faire dans la Dombes, même s’il pleut ?

En juillet, j’ai été invitée avec d’autres éclaireurs Partir-Ici.fr par Dombes Tourisme à une journée de découverte de la région. Bien sûr, le programme avait été prévu en tablant sur du beau temps, ce qui est généralement le cas à cette saison de l’année. Mais, pas de chance pour nous, ce samedi là, la météo était à l’orage et c’est sous une pluie battante que nous avons découvert Chatillon sur Chalaronne, obligeant l’office de tourisme à adapter le programme au fil de la journée. Mais il est tout à fait possible de passer une très belle journée dans la Dombes, même quand il pleut !

des maisons à pans de bois et briques
Le ciel s’assombrit au dessus de Chatillon sur Chalaronne

Préambule : C’est où la Dombes ?

Pour ma part, je sais situer la Dombes depuis que j’avais fait mes stages sur Lyon quand j’étais étudiante. J’avais en effet une copine qui habitait Trévoux, une ville située à la limite de ce secteur de l’Ain, et j’avais eu l’occasion de lui rendre visite chez elle ainsi que de me balader un peu dans le coin. Mais si vous ne connaissez pas encore, c’est une zone qui est entre Lyon et Bourg en Bresse et dont la particularité est d’être couverte d’une multitude d’étangs. Cela en fait un paradis pour les pêcheurs mais aussi pour les ornithologues car de nombreux oiseaux y résident ou s’y arrêtent pendant les migrations. Ce n’est pas très loin de chez moi (environ 2 heures de route depuis Valence), mais je n’avais pas encore pensé à aller explorer par là.

un étang entouré de végétation
Etang de Quinson

Visiter l’Hôtel Dieu de Châtillon sur Chalaronne et son apothicairerie

La vie en Dombes en 1900

Lors de notre journée dans la Dombes, il était prévu que nous visitions l’apothicairerie de l’ancien Hôtel-Dieu. Si la pluie ne nous a pas épargnés sur le trajet, elle n’a en rien contrarié cette intéressante découverte. A notre arrivée à l’Hôtel-Dieu, nous avons commencé par la visite en autonomie du musée de la vie dans la Dombes au début du XXe siècle. En quelques salles, c’est toute la vie quotidienne des dombistes qui nous est racontée à travers la présentation d’objets du quotidien collectés dans les familles de la région. J’ai eu un coup de cœur pour les coiffes présentées, et en particulier les délicats bonnets de dentelle.

cour de l'hotel dieu de Chatillon sur Chalaronne
Il y a beaucoup d’hortensias à Chatillon sur Chalaronne car c’est ici qu’il a été acclimaté
La coiffe noire est une coiffe typique de cette région de l’Ain, et était portée pour les jours de fête

La pharmacie de l’Hôtel Dieu

L’apothicairerie, située dans un autre bâtiment de l’ancien Hôtel-Dieu, n’est accessible qu’avec un guide. Il faut dire que les lieux sont fragiles et la collection exceptionnelle. En effet, l’apothicairerie a conservé ses 120 pots en faïence de Meillonnas telle qu’à son ouverture en 1814, ainsi que son meuble d’origine. Celui-ci a été conçu spécialement pour ranger les pots de façon à la fois pratique et esthétique. Dans la pièce, des tiroirs permettent aussi de ranger des plantes séchées entrant dans la composition des remèdes. Enfin, quelques outils de mesure et de fabrication sont également présentés. De l’autre côté du couloir, on trouve la tisanerie. Là, de grands tiroirs organisés pour faciliter l’accès aux plantes les plus courantes servaient à stocker les plantes séchées. On y assemblait des tisanes aux vertus curatives. La pharmacie de l’Hôtel Dieu a cessé ses activités en 1939.

pots et flacons dans les étagères de l'apothicairerie
pots et flacons dans les étagères de l’apothicairerie
pots et flacons dans les étagères de l'apothicairerie
Les étagères vont jusqu’au plafond. Dessous, des placards servent de rangements.
tiroirs en bois pour ranger les plantes
Sur les façades des tiroirs, les noms des plantes sont précédés des abréviations RD pour Racine De et FD pour Feuille De

Petit bonus : la visite de la chapelle

Afin de nous faire faire un tour complet des lieux, nous avons pu entrer dans la chapelle. Celle-ci était située entre les salles des hommes et des femmes. L’ensemble était conçu de sorte à permettre aux malades d’assister à la messe depuis leur lit. Chaque salle était en effet séparée de la chapelle par des grilles.

Ce triptyque datant de 1527 n’était pas à l’origine à l’Hôtel Dieu mais il y est conservé
La cour desservait les différents bâtiments de l’Hôtel Dieu. Elle permet aujourd’hui d’accéder à des jardins en visite libre.


(*) Le musée de la vie en Dombes en 1900 est en accès libre aux horaires d’ouverture de l’Hôtel Dieu. L’apothicairerie se visite uniquement en visite guidée. Les informations pratiques sont sur le site internet des musées municipaux.


Suivre une visite guidée pour découvrir Châtillon sur Chalaronne

Après la visite de l’Hôtel-Dieu, nous avons profité d’une accalmie côté pluie pour flâner un peu dans la ville de Chatillon sur Chalaronne, en particulier le long de la rivière et sur les petits ponts. Nous avons ensuite rejoint Diane, qui est guide conférencière, et propose via l’office de tourisme des visites guidées. Celle que nous avons suivie s’appelle Chatillon, regards d’hier et d’aujourd’hui. Diane nous a présenté des vues anciennes des lieux devant lesquels nous nous trouvions afin de constater les différences et de voir l’évolution des commerces dans le bourg au fil depuis la fin du XIXe siècle. Cette visite est aussi une opportunité d’évoquer le passé (et le présent) industriel de Chatillon sur Chalaronne ou encore les liens de la ville avec les courses de chevaux. En 1h30, Diane nous raconte la ville et son développement, mais également ses personnages célèbres (saviez-vous que Saint Vincent de Paul a été le curé de Chatillon sur Chalaronne ?) et ses particularités architecturales.


(*) La liste des visites guidées, leur dates et leur réservation se fait directement sur le site internet de Dombes Tourisme.

En complément des visites guidées, l’office de tourisme propose aussi Les aventures de Physalis : des pochettes de jeux de piste, l’un dans les rues de Chatillon sur Chalaronne et l’autre autour de l’étang Prêle, proche de la ville. Destinées aux familles (mais bien entendu jouables même sans enfants), les pochettes contiennent tout ce qu’il faut pour jouer et sont en vente à l’accueil de l’office de tourisme (place du champ de foire à Chatillon sur Chalaronne). Nous n’avons pas eu le temps de les essayer mais le matériel proposé donnait envie de jouer !


Prendre un cours de dessin en plein air

Parmi les activités originales proposées par Dombes Tourisme, il y a aussi La Dombes se dessine, des cours de dessin en plein air. Guidés pas à pas par Orianne Amiot, l’atelier permet de réaliser un dessin in situ. Au départ, nous devions aller au bord d’un étang (et en profiter pour faire de l’observation ornithologique) mais compte tenu de la météo, l’atelier a été rapatrié dans Chatillon sur Chalaronne, à proximité de la halle afin de pouvoir s’y abriter le cas échéant. C’est donc la perspective de la porte de Villars depuis la place du marché qui était notre sujet. Orianne fournit tout le matériel, et il suffit ensuite de se laisser guider pour démarrer. Petit à petit, on prend confiance et on interprète ce que l’on voit pour le traduire en lignes et en couleurs, toujours sous les conseils bienveillants d’Orianne. A la fin, sur la dizaine de participants que nous étions à l’atelier, il y avait autant de versions très différentes de la même rue vue du même endroit (et personnellement, je trouve cela fascinant). Et si vous vous demandez si vous avez les qualités artistiques nécessaires, arrêtez de vous poser des questions et essayez : avec Orianne, tout devient facile !

un dessin d'une rue devant la rue en question
Mon dessin…


(*) La liste des animations « La Dombes se dessine », leur dates et leur réservation se fait directement sur le site internet de Dombes Tourisme.


Se régaler

Aller au marché

La Dombes est une terre de gourmandise. A Chatillon sur Chalaronne, chaque samedi matin, les habitants et vacanciers se pressent sous la grande halle datant du XVe siècle. Là, un marché, reconnu marché d’exception au niveau national, se tient. Plusieurs dizaines de producteurs viennent proposer leurs produits : fruits, légumes, volailles de la Dombes et de Bresse, œufs, charcuteries, pain, pâtisseries, fleurs… Ce marché est une vraie pépite, typiquement le genre d’endroit où j’aime m’approvisionner (et contrairement à beaucoup de marchés, on y est à l’abri de la pluie !)

Le marché du samedi matin à Chatillon sur Chalaronne
Le marché du samedi matin à Chatillon sur Chalaronne

Déguster des spécialités locales

Si vous me connaissez un peu, vous savez que je suis toujours curieuse de découvrir les spécialités culinaires locales lorsque je visite une région. Pour cela, nous sommes allés manger au restaurant La Gourmandine. Quand il fait beau, il dispose d’une charmante terrasse au bord de la rivière. Quand la météo est plus contrariante, la salle du restaurant est aussi pleine de cachet, avec ses briques apparentes. La carte fait la part belle aux produits locaux, en particulier le poulet Prince des Dombes ou celui de Bresse, les goujonnettes de carpes, la truite et les grenouilles (n’oublions pas que nous sommes dans une région d’étangs). Pour ma part, j’ai opté pour les grenouilles. C’est un plat que j’aime beaucoup mais que l’on trouve rarement au restaurant. Celles-ci étaient parfaites, cuites juste comme il faut, absolument pas sèches. Et pour le dessert, le moelleux cœur coulant au chocolat est à commander en début de repas, et il est excellent.

façade du restaurant La Gourmandine
La Gourmandine est située dans une maison ancienne à pans de bois


(*) Le restaurant La Gourmandine est situé 142 Rue Pasteur à Chatillon sur Chalaronne. Il est recommandé de réserver car l’établissement a une capacité limitée.


Découvrir le savoir faire d’un MOF Chocolatier

Pour nous réconforter face aux aléas météorologiques, l’office de tourisme a demandé à Vincent Durant de nous accueillir, et il a gentiment accepté au pied levé pour notre plus grand bonheur. En effet, Vincent Durant est Meilleur Ouvrier de France chocolatier. De plus, il s’inscrit dans une démarche de promotion des produits locaux en sourçant au maximum ses matières premières dans la région. On trouve ainsi dans ses chocolats du beurre et du piment de Bresse ou encore des graines de tournesols d’un agriculteur de la région. La provenance est d’ailleurs indiquée sur les étiquettes des chocolats dans la boutique. Il cherche en outre à minimiser les kilomètres parcourus par ses emballages (produits donc à proximité) et à les rendre réutilisables. Pour cela, presque tous ses chocolats ont la même forme, celle d’un petit palet. Ainsi, ils peuvent tous prendre place dans les petits plateaux thermoformés empilables spécialement conçus pour Vincent Durant. Même les jolis petites grenouilles en chocolat ont des dimensions adaptés pour s’y insérer. C’est avec beaucoup de générosité que Vincent Durant nous a fait découvrir l’étendue de sa gamme, des chocolats aux associations insolites aux boissons maison (cola et kombucha) en passant par les pralines multicolores à l’enrobage fruité. Et tout était délicieux !


(*) La boutique de Vincent Durant se situe 39 rue Etienne Bouillet, dans le centre médiéval de Chatillon sur Chalaronne.


Assister à un spectacle

Lors de cette journée dans la Dombes, j’ai découvert que la région était un territoire très riche en festivals. Je connaissais de réputation celui des Musicales du Parc des Oiseaux qui accueille chaque année de très belles têtes d’affiche. Mais j’ai appris qu’il y avait un festival d’arts du cirque au début de l’été (fin juin/début juillet) et un festival de musique dédié aux cuivres en juillet. Cuivres en Dombes propose une programmation variée avec des évènements allant de l’apéritif musical au concert classique. Ces évènements ont en outre la particularité de se dérouler dans des lieux patrimoniaux majeurs du territoire, par exemple sous la halle de Chatillon que j’ai déjà évoquée. Le soir où j’étais dans la Dombes, le concert aurait dû se dérouler en plein air au domaine du Gouverneur (qui semble magnifique). Le département ayant été placé en alerte orange aux orages, le spectacle a été rapatrié en intérieur à l’hippodrome de Chatillon. Sur place, il était possible de boire un verre et de déguster une planche. J’avais choisi celle dite dombiste et qui proposait des produits à base de poisson d’eau douce. Quant à la programmation du jour, en première partie Heptabrass, un groupe d’anciens élèves de la Haute Ecole de Musique de Genève proposait un programme issu de la musique classique, tandis qu’en seconde partie le groupe australien Hot Potato Band offrait une prestation pleine d’énergie et de bonnes vibrations.


(*) Le festival Cuivres en Dombes a lieu chaque année en juillet. Il propose aussi quelques spectacles « hors saison ».


S’il ne pleut pas trop, se balader autour d’un étang

Le lendemain, la météo était plus clémente et j’ai eu envie de profiter un peu des étangs avant de reprendre la route vers la Drôme. Je suis donc allée à l’étang du Plantay car j’avais repéré sur le site internet de Dombes Tourisme une jolie balade à faire. Je n’ai pas été déçue. Entre les points de vue sur la Tour du Plantay (actuellement en cours de restauration), le calme des rives de l’étang seulement troublé par le chant des grenouilles et les oiseaux que j’ai pu observer, j’ai effectivement fait une très belle promenade. Concernant les oiseaux, sans prendre le temps de m’arrêter pour les attendre, j’ai pu voir des foulques, des canards colvert et des hérons. Et en chemin, au bord d’un autre étang, c’est un couple de cigognes qui s’est envolé devant moi.

Un peu plus loin, se recueillir au sanctuaire d’Ars

Toujours sur la route du retour, avant de rejoindre la vallée du Rhône, j’ai fait un arrêt au village d’Ars sur Formans. Il s’agit du village de Saint Jean Marie Vianney, le curé d’Ars. C’est aujourd’hui un lieu de pèlerinage avec plusieurs basiliques, l’une datant de la fin de XIXe siècle et construite par Pierre Bossan (l’architecte de la basilique de Fourvière à Lyon) et l’autre plus récente, en partie souterraine mais ne présentant pas d’intérêt visuel majeur. Malheureusement, je n’avais pas calculé que nous étions un dimanche matin et qu’il ne me serait pas possible de visiter la basilique du XIXe siècle, avec les messes s’y succédant. J’ai tout de même jeté un œil au presbytère, et aux chapelles voisines, ainsi qu’à l’impressionnante lanterne où les pèlerins déposent leurs intentions de prière en allumant une votive.


Châtillon sur Chalaronne et la Dombes – Ain – juillet 2025

(*) Bien entendu, ces activités ne sont pas réservées aux jours de pluie et peuvent être réalisées aussi quand il fait beau. J’espère d’ailleurs que lorsque vous irez dans la Dombes, le soleil brillera. Mais si ce n’est pas le cas, on ne s’y ennuie pas !

hortensias à coin d'un perron de maison

A noter : J’ai effectué les différentes activités à Châtillon sur Chalaronne (visite de l’Hôtel Dieu, visite guidée, cours de dessin, repas, découverte du chocolatier et concert Cuivres en Dombes) dans le cadre d’une invitation à un instameet par Dombes Tourisme (collaboration commerciale non rémunérée). Les avis et retours d’expérience restent cependant les miens.

[Haute-Marne] un bref passage à Chaumont

Au début de l’été, j’ai passé une journée à Chaumont en Haute Marne. J’y étais essentiellement pour une raison personnelle qui m’a occupée du matin jusqu’en fin d’après-midi. Ne souhaitant pas faire l’aller-retour sur la journée car il y a environ 4 heures de route depuis chez moi, j’ai choisi de rester dormir dans Chaumont le soir. J’en ai profité pour faire un petit tour en ville, très calme en soirée. S’il y a quelques jolis bâtiments, la lumière du soir les laissait trop dans l’ombre pour en prendre de belles photos. J’ai toutefois admiré le point de vue depuis le jardin de l’ancien château médiéval. De là, on aperçoit la côte des Bar qui nous rappelle que nous sommes dans la région de production du Champagne. Et puis, sur la route, j’avais marqué un arrêt au pied de l’immense viaduc de Chaumont, son monument le plus emblématique. Avec ses 50 arches, ses 600 mètres de long et ses 52 mètres de haut permettant à la voie ferrée de traverser un vallon et de gagner la partie haute de la ville, il est difficilement manquable.

paysage de campagne dans la lumière de fin de journée aux environs de Chaumont
Vue sur la campagne depuis le jardin médiéval

Chaumont – Haute-Marne – juillet 2025

[projet 52-2025] semaine 34 – glace

En cette période estivale, le thème Glace de la semaine pour le projet 52 semble de saison. J’avoue toutefois avoir hésité à le traiter en partant du sens « miroir » du mot « glace » (comme dans la galerie des Glaces de Versailles). Mais je pense que la chaleur a eu raison de ma volonté d’originalité. Alors je suis restée sur un petit plaisir des beaux jours : prendre une glace au bord de la mer, en admirant l’horizon.

un pot de glace dans une main avec les parcs à huitres de Cancale en arrière plan
On devine la mer au loin : la marée était basse et découvrait les parcs à huitres à Cancale.
Pour les curieux, les parfums des 2 boules de glace étaient pêche et citron.


Pour voir comment les autres participants s’en sortent avec la glace, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

NB : ce week-end est encore familial. J’en profite donc un peu loin de l’ordinateur. Les commentaires qui seraient à valider ne le seront donc que lorsque j’en aurai le temps, au plus tard dans la soirée de dimanche (mais possiblement avant).

[Drôme] douceur de vivre estivale

L’arrivée de l’été dans la Drôme se ressent dès le début du mois de juin. Et le tout premier indice, c’est la floraison des lavandes. Quasiment d’un coup, les champs se parent de cette teinte de violet profond si caractéristique. Les jours s’allongent. Les températures montent. Les terrasses nous tendent leurs chaises pour un café matinal ou un rafraichissement l’après-midi. On cherche l’ombre des arbres. On profite dès qu’un vent léger se dessine. On scrute le ciel aussi, pour savoir si on doit s’attendre à quelques orages. Plus qu’en toute autre saison, la Drôme en été nous invite à la douceur de vivre du Sud.

Cette année, le mois de juin a été marqué par la présence dans l’air des particules générées par les incendies au Canada. Pendant plusieurs jours, on a peiné à deviner les silhouettes pourtant proches de nos collines et montagnes.

Dans les champs, les lavandes annonciatrices de l’été

Autour de Valence

Il suffit de parcourir les routes de campagne du sud de la Drôme jusqu’au territoire de Valence Romans pour découvrir les lavandes en fleurs. Bien entendu, j’ai mes champs de lavandes favoris, ceux qui sont proches de chez moi et faciles d’accès. Mais j’apprécie tomber sur un champ violet au détour d’un virage quand je me déplace. J’en ai même repéré un que j’aperçois depuis la voie rapide en allant au bureau le matin. Je ne m’arrête pas chaque fois pour les photographier sinon je risquerai de ne jamais arriver à destination, mais j’en profite pleinement. Parmi mes petits plaisirs, il y a celui d’emporter un pique-nique en fin de journée et de m’installer au bord d’un champ de lavandes en fleurs. J’aime aussi y passer tôt le matin, pour bien débuter la journée. Un vrai condensé de bonheur estival, et un goût de vacances même les jours de travail !

Lavandes en fleurs, un soir d’été – La Baume Cornillane – Drôme – juin 2025

Lavandes en fleurs, un matin d’été – La Baume Cornillane – Drôme – juin 2025

Entre vallée de la Drôme et Drôme provençale

Autour du village de Saoû, là où la vallée de la Drôme rejoint la Provence, les champs de lavandes sont très présents. Ils ont en plus l’avantage d’avoir un arrière plan splendide avec les montagnes entourant le synclinal de Saoû. A chaque entrée du village, l’or violet drômois est cultivé dans d’immenses champs. Un samedi matin, assez tôt pour que le soleil ne soit pas encore brûlant, je suis allée y faire un tour. J’y ai passé plusieurs heures, m’émerveillant devant la beauté de la couleur des champs combinée à celle des paysages. Puis, j’ai gagné le cœur du village pour faire quelques courses au marché et prendre un café en terrasse sous le grand platane. Clairement, la matinée avait des airs de vacances.

Cartes postales drômoises – Saoû – Drôme – juin 2025


Il me semble important de rappeler que ces champs sont le résultat du travail d’agriculteurs, qu’ils font partie de leur activité professionnelle et qu’ils sont destinés à être récoltés. C’est un travail exigeant, destiné à procurer des revenus en contrepartie pour les cultivateurs de lavandes. Il convient donc de respecter ce travail et de ne pas cueillir de brins de lavandes dans les champs, ni de « caresser » les brins, ni de pénétrer entre les rangées pour ne pas tasser la terre et venir perturber l’équilibre autour des pieds de lavandes. Il est tout à fait possible d’admirer les lavandes depuis le bord des champs !
Et pour ceux qui souhaiteraient avoir un bouquet de lavandes, les agriculteurs en vendent et on en trouve facilement sur les marchés en saison.

Pause café sur la terrasse de L’Oiseau sur sa Branche, après le marché
Saoû – Drôme – juin 2025


Dans la campagne, le temps des moissons

Chaque année, j’ai l’impression que les moissons débutent plus tôt que l’année précédente. Cette année, fin juin début juillet, les moissonneuses batteuses tournaient à plein régime. J’avais cependant eu le temps de prendre rapidement en photo les céréales dorées, tôt un matin. Je n’ai pas eu d’autre occasion cette année. Mais j’aime beaucoup la couleur que prennent les champs prêts pour la récolte.

dans les champs de céréales, un matin d’été
La Baume Cornillane – Drôme – juin 2025


Le long des routes de campagne, le jaune de l’été

Après le rouge des coquelicots et le violet des lavandes, c’est le jaune qui devient couleur dominante quand on parcours les routes de campagne. Courant juillet, les tournesols sont en fleurs et l’espace de quelques semaines leur couleur soleil illumine les paysages. La floraison se termine bien avant la récolte car il faut ensuite laisser le temps aux graines de grandir (et c’est la période la moins jolies car il ne reste bientôt que les cœurs marron des fleurs). Cette année, c’était déjà mi-juillet quand je suis allée me balader autour d’un champ que j’avais repéré alors que les pousses des tournesols sortaient à peine de terre. C’était déjà presque trop tard car la floraison commençait à décliner. Mais je me suis quand même laisser émerveiller par cette immensité jaune et verte.

Champ de tournesols
La Baume Cornillane – Drôme – juillet 2025


Dans les villages perchés, la recherche de l’ombre

Si vous cherchez de jolis villages, les villages perchés drômois répondent à vos critères. Mais, en plein été, ils peuvent vite être exigeants. Leurs ruelles pavés de galets ou de calcaire, très minérales, peuvent devenir étouffantes. Combiné à l’effort de la montée, on peut vite vouloir renoncer. Ce serait dommage car certains sont de vraies pépites. C’est par exemple le cas de Mirmande, classé parmi les plus beaux villages de France. J’y suis passée au mois de juin, en plein après-midi alors que le thermomètre dépassait allègrement les 30°C. Comme nous étions en semaine, et pas encore en pleine saison touristique, les ruelles étaient quasi désertes. La chaleur avait même fait rester les chats dans la fraicheur des maisons. Alors, j’ai moi aussi cherché l’ombre, choisissant mon trajet pour monter au sommet du village en fonction de l’exposition des calades au soleil. La balade était malgré la chaleur très agréable : j’avais une fois de plus l’impression d’être en vacances alors que je n’étais qu’à quelques dizaines de kilomètres de la maison. Alors, pour terminer ce bel après-midi, je me suis installée avec une limonade sous les arbres qui ombrageaient une terrasse, prolongeant encore la sensation de vacances.

Florilège des ruelles de Mirmande
Drôme – juin 2025


En plein été, je vous conseille de visiter les villages soit tôt le matin, soit en fin de journée. Vous éviterez ainsi le gros du flot touristique et le soleil qui tape.
Si vous cherchez d’autres villages à voir dans la Drôme, je peux vous proposer :

Cette liste est bien sûr très loin d’être exhaustive, aussi n’hésitez pas à vous arrêter dans les villages que vous traversez. Et d’autres villages vous attendent aussi dans les départements voisins selon là où vous êtes.

un village aux maisons de pierre en fin de journée
A la fin de l’été dernier, j’avais participé à un afterwork au Poët Laval. C’était la vue depuis la placette où se tenait l’évènement.

[Normandie] une visite nocturne au Mont Saint Michel

Si le Mont Saint Michel est administrativement en Normandie, il reste un marqueur fort des paysages de mon enfance et adolescence en Bretagne. Dès que je l’aperçois à l’horizon, je sais que j’arrive à la maison : peu importe par quelle route, il est visible entre 10 et 20 kilomètres avant le village de mes parents. Je ne saurai par ailleurs dire combien de journées nous y avons passé, soit sur le rocher, soit dans la Baie. Bref, le Mont Saint Michel, c’est un incontournable de mes séjours bretons. L’été, alors qu’en journée, le Mont est assailli de visiteurs, j’aime particulièrement y aller le soir et profiter du parcours nocturne dans l’abbaye. J’ai d’ailleurs dû voir quasiment toutes les différentes propositions depuis la toute première au début des années 1990. Cette année, même si nous sommes restées peu de temps en Bretagne avec Melle 3e, nous avons profité d’y être 48 heures en même temps qu’une de mes nièces américaines pour y aller.

dans le cloître de l'abbaye du Mont Saint Michel, éclairé par la boule à facettes d'une installation artistique
dans le cloître de l’abbaye du Mont Saint Michel

Rêve de Lune, une balade nocturne poétique dans l’abbaye

Cette année, c’est une nouvelle proposition qui est faite au cœur de l’abbaye pour l’été. Intitulée Rêve de Lune, elle emmène le visiteur de salle en salle à travers des installations artistiques ayant comme fil conducteur la Lune. Cela faisait bien longtemps que le parcours nocturne ne m’avait pas autant enthousiasmée. C’était à la fois poétique et onirique. Certaines salles étaient même réellement magiques. Je ne vais pas vous détailler l’ensemble du parcours, mais vous montrer plutôt mes coups de cœur.

  • Dans la salle des gros piliers, l’attraction lunaire fait jouer les marées :
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel dans la salle des gros piliers

  • Dans la chapelle voisine, la lune joue avec les nuages sur la voûte. Parfois un dauphin ou une tortue volante apparaissent sans que j’en ai bien compris l’intérêt.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel
Nuit de pleine lune

  • Dans les escaliers, les rayons de la Lune jouent avec la perspective
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel avec des rayons de lumière dans un escalier
J’ai beaucoup aimé la perspective ainsi générée

  • Dans les petites salles, un jardin de Lune a été installé, en partie sur le haut des chapiteaux des piliers, en partie au sol contre le rocher qui saille à cet endroit.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel : des plantes sur les chapiteaux des piliers
Jardin éphémère.. ou la végétalisation d’un monde minéral

  • Dans le scriptorium, ce sont les enluminures qui prennent possession des lieux, déployant d’hypnotiques arabesques autour des visiteurs, tandis que des poèmes (en français et en anglais) sur la Lune sont déclamés dans les grandes cheminées.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel dans le scriptorium
arabesques enluminées et cercles concentriques

  • Dans la salles de hôtes, un ciel étoilé a remplacé la voûte et fait penser à la salle des banquets de Hogwarts. Une baignoire astucieusement placée permet à la lune de se mirer et donne son nom à l’installation : Bain de Lune.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel : ciel étoilé dans la salle des hôtes
Le ciel étoilé de la salle des hôtes était absolument magique : c’est un grand coup de cœur !
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel, l'installation Bain de Lune
Quand la Lune se baigne…

  • Dans l’abbatiale, la Lune se montre en version XXL et occupe tout le chœur. C’est sans doute l’installation la plus impressionnante.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel, une Lune géante est installée dans le chœur de l'église
La Lune au centre du chœur de l’abbatiale

  • Dans le cloître, une boule à facettes projette des éclats de lumière sur les bâtiments et trace des rayons dans l’herbe. Cette installation est mon plus gros coup de cœur. C’est magique. C’est doux et poétique. C’est hypnotique. C’est là que j’ai passé le plus de temps de tout le parcours.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel, éclats de lumière dans le cloître
Eclats de lumière dans le cloître

Zeus, souvenir des JO de Paris 2024

Le parcours nocturne Rêve de Lune s’achève sur la terrasse de l’abbaye du Mont Saint Michel, l’endroit idéal pour regarder le ciel et la Lune en direct. Mais, il y aussi un invité surprise sur cette terrasse. Zeus, le cheval métallique de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, est en effet installé tout l’été sur la terrasse de l’abbaye du Mont Saint Michel. Il y est visible jour et nuit, lors des visites diurnes ou nocturnes. Je l’avais loupé lors de son passage à Lyon, alors j’en ai profité ici. Conçu par l’atelier nantais Blam, il galope une minute toutes les 5 minutes. S’il m’avait plu à la télévision, il m’a fascinée en vrai. Son mouvement reprend parfaitement le rythme du galop d’un cheval, sans à-coups, et même sa queue est articulée.

le cheval métallique de la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de Paris 2024


Le Mont Saint Michel – Manche – août 2025

Informations pratiques :

  • Le parcours nocturne Rêve de Lune est visible chaque soir jusqu’au 31 août 2025. Les horaires et conditions d’accès sont disponibles sur le site internet des nocturnes. Il est conseillé de réserver par internet en amont pour s’assurer la disponibilité des places et bénéficier d’un tarif préférentiel. Pour ma part, même si l’entrée est possible à partir de 19.30, je vous conseille d’y venir de façon à être dans le cloître quand il fait nuit (comptez environ 30 minutes après votre entrée). L’ensemble du parcours prend entre 1h et 1h30 selon le temps que vous passez dans les salles.
  • Zeus est visible à l’abbaye du Mont Saint Michel jusqu’au 7 septembre 2025, sur la terrasse de l’ouest. Il faut disposer d’un billet de visite de l’abbaye pour le voir. On peut l’admirer en même temps qu’on fait le parcours Rêve de Lune comme je l’ai fait ou en visitant l’abbaye en journée. Compte tenu du nombre de visiteurs au Mont Saint Michel à cette période de l’année, il est plus que conseillé d’acheter ses billets à l’avance sur internet.

Pour aller plus loin :

[projet 52-2025] semaine 33 – plein air

L’été, c’est vraiment la saison où l’on a tendance à passer le plus de temps dehors. C’est pour cela que le projet 52 nous emmène cette semaine en plein air. Bien sûr, les possibilités sont nombreuses : randonner, pratiquer un sport, se prélasser sur la plage ou dans un jardin public, assister à un spectacle… Mais cette fois, j’ai fait un choix très simple : celui d’un diner en terrasse dans un nouveau lieu à côté de chez moi. A La Baume Cornillane, le restaurant qui avait fermé a été repris par un groupe d’habitants pour un fonctionnement associatif. Ouvert le week-end, il propose une carte de restauration courte à base de produits de saison ainsi qu’un bar où des activités sont parfois organisées. Nous y sommes allées un vendredi soir du début de l’été avec Melle 3e. Sur la terrasse, nous avons longuement profité de la douceur de la fin de la journée dans une ambiance chaleureuse et conviviale. Et, en repartant, alors que le jour s’était presque éteint, j’ai aimé comment les fanions dansaient au dessus de la fontaine.

de nuit, une fontaine devant une terrasse de restaurant surmontée de guirlandes de fanions
La Pangée, place du village, 26120 La Baume Cornillane


Pour voir ce que les autres participants font en plein air, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : le blog est encore en pause estivale même si j’ai repris le travail. J’en profite pour déconnecter un peu. Les articles du projet 52 ont été programmés. La validation des commentaires qui seraient à modérer se fera au fil du week-end ou en début de semaine prochaine selon le temps dont je disposerai.

[projet 52-2025] semaine 32 – été

Le projet 52 nous parle d’été cette semaine. En ce début du mois d’août, on peut dire que la saison estivale est déjà bien entamée. Elle a de plus commencé très tôt, avec des périodes très chaudes dès le mois de juin. On a donc souvent au cours des semaines écoulées cherché l’ombre et la fraîcheur. Un dimanche fin juin, j’étais à Lyon avec Melle 3e pour récupérer une partie de ses affaires pour les vacances scolaires. Un contretemps a fait que nous avons du attendre quelques heures en ville avant de pouvoir repartir. Compte tenu des températures, il était hors de question de se flâner en ville. Aussi, nous avons opté pour visiter le Musée Gadagne (mon unique visite de ce musée remontait à 1996. Inutile de dire que la scénographie a bien changé depuis). Là, dans les pièces rafraîchies, les fenêtres étaient masquées de légers voilages. Avec le soleil, les carreaux de la Renaissance créaient de jolis motifs sur les tissus. Alors, mon illustration de l’été, ce sera ces jeux de lumières créés par le soleil brûlant sur les rideaux.

les carreaux multicolores et géométriques d'une fenêtre de la Renaissance vus à travers un voilage


Pour découvrir à quoi ressemble l’été des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter: Je suis actuellement en famille et bien décidée à profiter complètement de ces moments. Aussi, je ne sais pas si j’aurai l’occasion de me connecter durant le week-end. Je validerai les commentaires qui seraient en modération dès que possible, et au plus tard mi-août à la reprise de mon rythme de travail ! De même, je n’aurai sans doute pas le temps de voir vos participations avant cette date.