[Gard] une journée dans les Cévennes

J’ai profité d’une belle journée de printemps pour aller passer une journée dans les Cévennes, avant que la foule estivale ne vienne se presser sur les petites routes. Le point de départ de la journée était la découverte des grottes de la Cocalière et de la Salamandre où j’avais été invitée. Je me suis également promenée dans les villages alentours, et suis allée explorer les paysages de la région. Bien entendu, j’ai limité mes explorations à une toute petite zone géographique, grosso modo autour de Barjac (et je n’y ai même pas vu tout ce qui figurait sur ma liste tant il y a à voir).

vue sur la campagne depuis le village de Lussan
vue depuis le village de Lussan

Des explorations souterraines

La grotte de la Cocalière

La raison principale de ma venue dans les environs de Barjac était de venir découvrir deux grottes dont j’avais beaucoup entendu parler. J’ai commencé la journée par la visite de la grotte de la Cocalière. Arrivée à l’ouverture, j’ai pu participer à la première visite guidée de la journée. Hors saison et tôt le matin, il y a souvent peu de monde (il m’est même arrivé de ne pas pouvoir faire la visite car il y avait trop peu de monde à la grotte de la Madeleine). Cette fois, nous étions 5 visiteurs. Autant dire que c’était une visite VIP, presque privée. Nous avons pu largement échanger avec notre guide Guillaume, et la visite a même duré plus longtemps que prévu pour le plaisir de tous. En haute saison, les groupes de 50 visiteurs se succèdent toutes les 15 minutes, impossible donc d’autant prendre son temps.

concrétions en forme de draperie dans la grotte de la Cocalière
Sur cette draperie, on voit nettement les différentes strates de concrétion

La grotte de la Cocalière est encore active. L’eau s’infiltre et continue à déposer de fines couches de calcaire sur les concrétions. Après un début de printemps bien pluvieux, il y a pas mal d’eau dans la grotte. Malgré tout, les profondeurs des petits bassins restent très faibles, à peine quelques centimètres. La rivière souterraine se trouve beaucoup plus bas et remonte très rarement jusqu’au niveau de la grotte qui se visite. Ce peu d’eau est cependant suffisant pour créer des jeux de miroir très impressionnants.

Je dois dire que cette grotte a été un vrai coup de cœur. La mise en valeur des salles souterraines est toute en sobriété, révélant la beauté pure des concrétions de calcaire. Chaque salle révèle des secrets, et apporte son lot d’émerveillement. Complété par les explications de Guillaume, et les échanges que nous avons pu avoir, c’était réellement une visite exceptionnelle.

La grotte de la Salamandre

Après la grotte de la Cocalière, je suis allée à la grotte de la Salamandre. Celle-ci est la plus récente grotte ouverte à la visite dans le secteur. Elle a en effet ouvert aux visiteurs en 2013 seulement. Située dans un environnement naturel exceptionnel, il faut se stationner à environ 700 mètres de l’entrée et faire une petite marche dans la forêt de chênes verts avant d’arriver. Tout le long, des panneaux permettent d’en apprendre plus sur le milieu naturel traversé. Devant l’entrée de la grotte, adossée à la falaise, une immense terrasse en bois permet de découvrir le paysage. L’endroit est idéal pour une petite pause avant d’entrer sous terre.

une terrasse en bois, ombragée par des voilages, face à la forêt
Terrasse avec vue

Contrairement à la grotte de la Cocalière, une seule salle compose la grotte de la Salamandre. Elle a des dimensions exceptionnelles qui donnent un peu le tournis. Le parcours de la visite (guidée) permet de passer entre les colonnes impressionnantes. On y trouve aussi des concrétions qui semblent horizontales : il s’agit en fait de concrétions verticales qui se sont cassées, sans doute sous l’effet d’un séisme, et qui se sont ensuite retrouvées intégrées dans d’autres concrétions plus récentes.

J’ai moins aimé la visite de la grotte de la Salamandre que celle de la grotte de la Cocalière. Déjà, le fait qu’il n’y ait qu’une seule salle, même si elle est vraiment splendide, crée un rythme de visite un peu étrange. Ensuite, les jeux de couleurs des lumières et la musique de fond tout au long de la visite ne m’ont pas apporté de « plus » lors de la visite, et parfois même m’ont dérangée dans ma contemplation des merveilles de la nature qui m’entouraient. Malgré tout, il serait dommage de passer à proximité sans s’y arrêter car cette grotte reste exceptionnelle.

concrétions dans la grotte de la Salamandre
D’anciennes stalagmites effondrées créent des décors surnaturels.

Des villages pleins de charme

Passer dans le secteur sans s’arrêter dans les villages, ce serait vraiment dommage. Il y a en effet de très nombreux villages perchés dont certains sont classés. C’est le cas de Lussan, La Roque sur Cèze et Montclus qui sont parmi les plus beaux villages de France. Mais d’autres villages ont aussi beaucoup de charme, comme Barjac par exemple. Je me suis arrêtée rapidement à Barjac le matin, sur la route vers la grotte de la Cocalière. C’était l’occasion d’une jolie promenade dans les ruelles encore désertes.

L’après-midi, c’est à Lussan que j’ai fait un tour. Le village domine les environs. Il est possible de se promener le long des anciens remparts pour admirer le paysage. Dans le village, ruelles et petites places rivalisent de charme. J’ai pu aussi découvrir le temple, à la fois sobre et imposant, niché au cœur d’un joli jardin. J’y avais d’ailleurs vu une très belle Bible datant de la période du Désert.

Des paysages extraordinaires

Les concluses de Lussan

Difficile de faire abstraction des paysages quand on circule dans cette zone des Cévennes. Les petites routes circulent au cœur de forêts verdoyantes. Dès que l’on prend un peu d’altitude, chaque virage apporte son lot de points de vue. J’avais envie de m’arrêter partout ou presque (mais ne l’ai pas fait car ce n’était pas possible de le faire en sécurité). Comme en plus, le soleil brillait, je trouvais dommage de ne faire que du tourisme souterrain. J’ai donc eu envie d’une petite randonnée. J’avais depuis longtemps sur ma liste d’aller voir les concluses de Lussan.

vue sur une rivière au pied d'une falaise et dans la forêt
Les concluses de Lussan vues depuis le belvédère

Le site est à environ 5 km du village de Lussan depuis lequel il est bien fléché. Sur place, un petit parking permet de se stationner. J’étais déjà tard dans la journée (il était quasiment 16.00 quand je suis arrivée), et le parking était bien rempli. J’ai cependant eu la chance de trouver une place pour laisser ma voiture. J’ai ensuite suivi les panneaux indiquant le chemin. On part du haut de la falaise pour descendre à travers la forêt jusqu’à la rivière. Le retour se fait par le même chemin. Plusieurs panneaux d’interprétation sont disponibles le long du parcours. Le trajet en lui même permet quelques jolis points de vue, en particulier depuis le belvédère. Arrivée au bord de la rivière, j’ai regretté de ne pas avoir emporté mon maillot de bain car l’eau, fraîche et claire, était très tentante. J’ai marché un peu le long de la rivière, coincée entre les parois rocheuses, avant de remonter.

Les cascades du Sautadet

Sur le trajet du retour, j’ai fait un crochet par La Roque sur Cèze afin d’aller voir les cascades du Sautadet. Il s’agit là encore d’un site que j’avais repéré depuis très longtemps sans avoir eu l’occasion d’y aller. J’ai laissé la voiture sur le parking du village avant de longer la rivière jusqu’aux cascades. L’ayant beaucoup vu sur les réseaux sociaux, je craignais d’être un peu déçue par le site. Non seulement cela n’a pas été le cas, mais je l’ai trouvé encore plus impressionnant en vrai qu’en images. En aval du village, la Cèze a creusé des cavités dans le calcaire. Là, la rivière prend de la vitesse entre marmites de géants et rapides. C’est vraiment spectaculaire.

Informations pratiques

Les grottes

  • Grotte de la Cocalière : la grotte est ouverte de mi-mars à début novembre. Les horaires et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de la grotte.
    Sur place, il est possible de se restaurer avec une offre de type snack, mention spéciale pour la sélection de glaces Terre Adélice. L’eau utilisée est celle de la grotte, et il y a des points pour remplir sa gourde à plusieurs endroits sur le site.
    Il faut compter environ 250 marches à descendre et une bonne trentaine à remonter pour un parcours souterrain d’environ 1 km. Le retour au point de départ se fait en petit train à travers la garrigue. La température dans la grotte est de 14°C.
    En saison, la réservation est plus que conseillée.
  • Grotte de la Salamandre : la grotte est ouverte de mi-mars à début novembre. Les horaires et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de la grotte.
    Sur place, il est possible de se restaurer en profitant de la splendide terrasse. Des points d’eau sont également accessibles.
    L’accès à l’entrée de la grotte se fait depuis le parking via un sentier d’environ 700 mètres (avec un petit D+). Il est possible de venir déposer/récupérer des personnes en voiture à côté de l’entrée du site. Quelques places PMR sont également disponibles à côté des bâtiments d’accueil.
    Il faut compter environ 50 marches à descendre et 90 à remonter pour un parcours d’un peu plus de 500 mètres sous terre. Un belvédère accessible sans marches permet à tous de profiter d’une vue sur la grande salle. La température dans la grotte est de 12°C.
    En saison, la réservation est très fortement conseillée.
  • Ce secteur n’est pas très loin des gorges de l’Ardèche où vous pouvez découvrir d’autres grottes, par exemple l’Aven d’Orgnac, la grotte de la Madeleine, la grotte Saint Marcel ou la grotte aven forestière (que je ne connais pas encore mais suis curieuse de découvrir)

Pont sur la Cèze à La Roque sur Cèze
Pont sur la Cèze à La Roque sur Cèze

Les villages

Les jolis villages sont nombreux, que ce soit côté Gard ou côté Ardèche. A proximité immédiate de Barjac et Lussan, on peut citer La Roque sur Cèze et Montclus. Un peu plus loin, Aiguèze est aussi classé parmi les plus beaux villages de France.

Attention : compte tenu du caractère étroit des ruelles des villages, il faut éviter de s’y engager en voiture et privilégier les parkings dédiés, souvent à l’extérieur des villages. Certains sont payants, c’est par exemple le cas à Lussan ou La Roque sur Cèze.

Les randonnées

  • Les concluses de Lussan : depuis le parking (fléché au départ du village de Lussan), l’aller/retour jusqu’au portail des concluses sur la rivière Aiguillon fait environ 2.5 km pour un D+ de 100 mètres. C’est une longue descente à l’aller, et donc une longue montée au retour. Il s’agit d’un sentier d’interprétation très bien balisé. Le chemin est très caillouteux, et nécessite de faire attention à où on pose les pieds (et de porter des chaussures adaptées au terrain). Il est situé à flanc de falaise calcaire et même si la forêt apporte un peu d’ombre, il est prudent de partir avec de l’eau (et de la crème solaire en été). Le temps de parcours A/R est donné pour 45 minutes. C’est le temps que j’ai mis au total sachant que j’ai aussi fait une bonne pause au bord de la rivière.

    ⚠️ Attention / Sécurité : l’accès aux concluses peut être interdit pour des raisons de sécurité. Il ne faut pas non plus s’aventurer dans le lit de la rivière s’il y a un risque d’orage ou de pluie (risque élevé de crue soudaine dans le goulet formé par les gorges).

  • Les cascades du Sautadet : depuis le parking du village de la Roque sur Cèze, il faut longer la rivière sur environ 800 mètres pour arriver aux cascades (rive droite). Il est aussi possible de traverser le pont et de se rendre sur la rive gauche pour un autre point de vue sur le site naturel.

    ⚠️ Attention / Sécurité : le site des cascades du Sautadet est dangereux et de nombreux accidents mortels y sont à déplorer. La baignade y est strictement interdite (une plage est accessible en aval du site). Et lors de l’exploration sur les rochers calcaires, il faut être prudent. Les anfractuosités y sont nombreuses, et les rochers à l’approche de la rivière peuvent être glissants. Il est fortement recommandé de ne pas s’approcher du bord. Une prudence extrême est de rigueur.

paysage des Cévennes
Vue sur la Cèze depuis le belvédère de la grotte de la Salamandre


Gard – avril 2026


(*) J’avais été invitée à venir visiter les grottes de la Cocalière et de la Salamandre après en avoir rencontré les équipes sur la journée professionnelle du salon Destination Ardèche. Mon avis est, comme toujours, sincère et reflète l’expérience que j’ai vécue. Ces deux visites constituent cependant une collaboration commerciale non rémunérée. Les autres découvertes sont des choix complètement personnels.

[Rhône] une journée autour de la Cité Internationale à Lyon

Certains d’entre vous le savent déjà, j’ai longtemps travaillé à Lyon. Mais, prise dans le tourbillon de mon quotidien professionnel, je fréquentais souvent les mêmes lieux, les mêmes rues. Et je n’avais pas le courage de retourner à Lyon le week-end. Depuis 2 ans, je ne vais plus chaque jour à Lyon, et j’y vais donc avec plaisir pour m’y balader ou y profiter de l’offre culturelle (même si dans la Drôme, il y a aussi plein de belles propositions). C’est pour découvrir les nouvelles expositions du macLyon que j’y suis allée cette fois, et je me suis aussi baladée dans les environs de la Cité Internationale.

la cité internationale à Lyon
La Cité Internationale de Lyon a été bâtie à la fin des années 1990/début des années 2000 sur le site de l’ancienne foire de Lyon. L’ensemble a été conçu par l’architecte Renzo Piano, et s’articule autour d’une rue piétonne interne. La Cité Internationale abrite des hôtels, un centre de congrès et spectacles, des salles de cinéma, des restaurants et des bureaux, ainsi que le Musée d’Art Contemporain de Lyon.

Une visite au Musée d’Art Contemporain

Redécouvrir le macLYON

Il suffit parfois d’une occasion pour retourner dans un quartier où on n’a pas mis les pieds depuis plusieurs années. C’était mon cas avec la Cité Internationale. La dernière fois que j’y étais allée, c’était il y a une dizaine d’années pour une soirée de gala à l’amphithéâtre 3000, et je n’avais pas vraiment flâné. La fois précédente remontait à la fin des années 1990. Le quartier était encore en construction, mais le Musée d’Art Contemporain (dit macLYON) venait d’ouvrir ses portes et j’étais venue le visiter. Et je n’y étais pas retournée depuis.

façade du Musée d'Art Contemporain de Lyon
La façade Art Déco du macLYON est celle de l’ancien palais de la foire, qui a été conservée.

C’est à l’invitation de IgersLyon et du macLYON que je suis venue pour découvrir les 3 nouvelles expositions temporaires. Le musée a en effet cette particularité de ne pas exposer de collections permanentes (même s’il possède un fonds d’œuvres), et de proposer uniquement des expositions temporaires avec généralement deux rotations annuelles. Un nouveau cycle d’expositions a été inauguré le 6 mars dernier, et j’ai eu la chance de les parcourir dès le lendemain avec un médiateur en visite guidée.

Truck, installation d’Eric Wurm en 2007
espace living du macLYON
Au macLYON, des espaces permettent de réaliser des activités en famille, de consulter des livres ou encore de faire une pause.

Encore lui ! – Jean-Claude Guillaumon

La première exposition est une monographie de Jean-Claude Guillaumon, intitulée Encore lui !. Elle propose un regard sur l’œuvre de cet artiste lyonnais autodidacte et peu connu du grand public. Dessinateur industriel de profession, proche du mouvement Fluxus (qui milite pour l’abolition des frontières de l’art), il a débuté en faisant des happenings dans les années 1960, apportant un vent de nouveauté dans la scène artistique lyonnaise. Au cours des années 1970, épaulé par son épouse Colette, il se met en scène dans des séries photographiques portant un regard à la fois acerbe et plein d’humour sur l’art, en particulier contemporain, et la société de façon plus générale. Loin du selfie façon XXIe siècle, Jean Claude Guillaumon ne se met pas au centre de ses productions pour des raison égotiques mais pour au contraire désacraliser la place de l’artiste et tourner en ridicule la vanité qui l’accompagne.

Attention vous marchez dans l'art - panneau en carton par Jean Claude Guillaumon
Dès l’entrée de l’exposition, le ton est donné
N'allez pas contredire l'artiste vous passeriez pour un imbécile  - panneau en carton par Jean Claude Guillaumon
« N’allez pas contredire l’artiste vous passeriez pour un imbécile »
Un avertissement en forme de pied de nez à la pédanterie des artistes
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Jean Claude Guillaumon explore de nombreux formats photographiques, en bande façon photomaton ou en tirage simple
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Je ne savais pas encore que Jean Claude Guillaumon était dessinateur industriel quand j’ai vu cette œuvre, mais j’ai immédiatement pensé à la correspondance des vues en dessin technique.
(Et je suis donc très surprise que mes cours de dessin industriel aient pu me servir à quelque chose une trentaine d’années après ! )
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Les oeuvres ne sont pas captives de leurs cadres mais envahissent le monde comme devrait le faire l’art.
Installation vidéo et plastique autour d'un jeu de go par Jean Claude Guillaumon
Dans la lancée des happenings, Jean Claude Guillaumon a aussi fait des captations vidéo comme cette partie de go un peu particulière, qu’il met ensuite en scène dans une installation.
Papier peint Jean Claude Guillaumon
Ce papier peint « Jean Claude Guillaumon » reprend la figure hypnotique de l’artiste (et me fait penser au papier peint des Renés d’Hervé Di Rosa au musée de Valence en 2022)

Regards sensibles – œuvres vidéo de la collection Lemaire

Isabelle et Jean-Conrad Lemaire ont constitué au fil des années l’une des plus importantes collections privées d’art vidéo en France. Les œuvres qu’ils ont acquis couvrent la période de 1984 à 2025. Ils ont fait don de cette collection au macLYON de façon récente. Dans cette collection, la commissaire d’exposition a imaginé un parcours à travers une sélection d’œuvres, les faisant ainsi dialoguer. La scénographie invite le visiteur à s’assoir pour regarder les vidéos proposées, dont la durée varie de quelques minutes à une demi-heure. Je dois avouer que l’art vidéo est sans doute celui qui a le plus de mal à me toucher. J’ai souvent du mal à interpréter l’intention de l’artiste, et j’analyse l’œuvre plus que je ne la ressent. Mais quelquefois, une œuvre vidéo trouve un écho en moi et m’émeut. Ca a été le cas pour Les Indes Galantes, une vidéo de Clément Cogitore, qui met en scène des danseurs dans une battle hip hop sur la musique de Rameau, et qui a été un vrai coup de cœur.

exposition Regards Sensibles au macLyon
Regardez bien, les mains d’Alexis le médiateur font écho à l’œuvre qui se joue dans son dos
exposition Regards Sensibles au macLyon
La scénographie de l’exposition est une vraie réussite
exposition Regards Sensibles au macLyon
Si l’œuvre vidéo m’a laissée perplexe, j’ai beaucoup aimé la douceur qui se dégageait de l’installation avec cette lumière bleutée.

Peinture froide – Giulia Andreani

Au troisième étage du musée, la peinture froide de Giulia Adreani nous emmène dans un univers monochrome. En effet, l’artiste peint uniquement avec du gris de Payne, un gris bleuté créé au XVIIe siècle par un aquarelliste anglais et utilisé généralement pour les ombres et les effets de profondeur. L’utilisation qu’en fait Giulia Andreani donne un rendu très froid, créant une distance entre le spectateur et le tableau, figeant dans une dimension quasi photographique les scènes représentées. Parmi les thématiques, on note une forte interrogation sur la place des femmes, tantôt invisibilisées, tantôt mises en valeur. L’artiste s’attache aussi à revisiter les esthétiques des images de propagande des régimes totalitaires. L’ensemble porte un regard interrogatif sur l’impact politique de l’iconographie, et le souvenir laissé dans la mémoire collective.

œuvres de Giulia Andreani
Questionnement sur la place de la femme dans le monde, en particulier artistique
œuvres de Giulia Andreani
Luttes politiques
œuvres de Giulia Andreani
Questionnement sur la place de la femme dans le monde, en particulier artistique
œuvres de Giulia Andreani
Une œuvre monochrome avec un fort impact


Informations pratiques :

  • Les horaires et tarifs de visite du Musée d’Art Contemporain sont disponibles sur le site internet du macLYON.
  • Les 3 expositions dont je parle ici sont présentées jusqu’au 12 juillet 2026.
  • Le macLYON sera ensuite fermé pour préparer les expositions de la prochaine Biennale d’Art Contemporain.

(*) J’ai été invitée (collaboration commerciale non rémunérée) au Musée d’Art Contemporain de Lyon.

tote bag du macLYON avec l'inscription l'art contemporain, j'ai rien compris : j'ai adoré !
Coup de cœur pour le tote bag du macLYON


Une promenade au parc de la Tête d’Or

La Cité Internationale de Lyon est situé juste en lisière du parc de la Tête d’Or. S’il m’est arrivé de temps en temps de faire un tour au parc, c’était plutôt du côté opposé, vers les serres et le jardin zoologique. J’ai donc profité d’être à la Cité Internationale pour aller me balader dans les allées du parc en bordure du lac. Comme j’y étais début mars, c’était la pleine floraison des différentes variétés de jonquilles mais aussi des magnolias (et dans quelques semaines, c’est la roseraie qui sera en fleurs). Cette version printanière du parc de la Tête d’Or est l’une des plus belles, et je n’ai pas manqué de faire beaucoup (trop) de photos.

jonquilles
Les pelouses étaient couvertes de jonquilles
cygne et reflets de branches sur un lac
L’un des cygnes du lac
pont couvert en bois au parc de la Tête d'Or à Lyon
J’avais découvert Lyon lors de mon premier stage quand j’étais étudiante, et j’étais complètement tombée sous le charme de ce pont en bois. J’y avais d’ailleurs à l’époque fait quelques séries de portraits.


Lyon – Rhône – mars 2026


magnolias en fleurs devant la bourse de commerce de Lyon
En passant sur la Presqu’île après ma journée autour de la Cité Internationale, j’ai pu admirer les magnolias en fleurs devant le bâtiment de la bourse du commerce à Cordeliers

[Drôme] spectacles et expositions – édition automne 2025

Les expositions et spectacles dont je parle dans cet article sont pour certains terminés ou passés. Malgré tout, j’avais envie d’en garder une petite trace par ici. Quelques expositions sont encore présentées pour quelques semaines. Cela vous donnera peut-être envie d’aller les découvrir avant qu’il ne soit trop tard. En complément, j’ai également visité des expositions qui ont fait l’objet d’autres articles, par exemple l’exposition L’Art Déco des régions, modernités méconnues au Musée de Valence.

Au LUX Valence

Exposition – Le Monde à l’envers

Le Monde à l’envers, c’est une expérience photographique menée par Anne-Lore Mesnage et Charles De Borggraef. Au fil des dernières années, ils ont promené sur les routes du Vercors une caravane transformée en sténopé, une camera obscura à la fois géante et rudimentaire. Il en ressort des clichés surprenants, mis en scène dans l’exposition avec d’autres images montrant la caravane et son environnement, des textes mis en forme ou encore des graphiques pour raconter leur odyssée picturale.

Spectacle – Par d’autres voix, Ambra Senatore

Je n’étais encore jamais allée voir un spectacle au LUX Valence. C’est par le biais d’une invitation, en dernière minute, que j’y ai mis les pieds. Sur scène, l’artiste Ambra Senatore, seule, livre une performance d’une heure vibrante, forte. Entre danse et texte, elle entraîne le spectateur à la limite de la transe, portant les voix des femmes d’ici et d’ailleurs, d’hier et de maintenant. Les émotions se bousculent, les questionnements aussi. C’est un spectacle puissant et bouleversant.

Spectacle – Encyclies, Adrien Mondot et Nathalie Morazin

Dès que j’ai aperçu la présentation du spectacle Encyclies d’Adrien Mondot et Nathalie Morazin, j’ai eu envie d’y assister. C’est plus une expérience qu’un spectacle, tressant un lien entre les notes du piano et les lignes projetées grâce à un programme informatique. Les deux artistes proposent ainsi un voyage à la fois visuel et sonore. C’est parfois poétique, parfois ébouriffant. Ils entrainent les spectateurs dans un tourbillon hypnotisant, entre ondes visuelles, jonglage silencieux et musique expérimentale. C’est tout à la fois doux et puissant, réconfortant et perturbant, dans un équilibre sans cesse à la limite de la rupture. C’est beau de simplicité et de complexité mélangées.

(*) Vous pouvez retrouver l’ensemble de la programmation du LUX sur leur site internet, qu’il s’agisse des expositions, des spectacles ou des séances de cinéma.


A l’Artsolite à Saint Jean en Royans

Exposition – Prism de Yann Nguema

J’avais repéré Prism depuis plusieurs mois sans prendre le temps d’y aller. Quelle erreur ! J’ai été captivée, hypnotisée par le travail de Yann Nguema. Spécialisé dans le mapping vidéo de grande ampleur (du genre de ceux que l’on peut découvrir sur des monuments), l’artiste s’est intéressé à des formes plus intimes de projections numériques. Prism présente une dizaine d’installation, dont 8 sont interactives. A travers des capteurs devant lesquels le visiteur est invité à passer ses mains, l’œuvre s’anime, au gré de nos mouvements. Une installation permet de plonger en 3D dans un atome, et c’est celle qui m’a le moins convaincue de l’exposition. Enfin, Gravity nous offre un spectacle aérien, hypnotique, et relaxant. Pendant 20 minutes, on se laisse porter par ce voile en mouvement sur lesquels sont projetés des vidéos.

Exposition – Twin Peaks en Royans de Nicolas Badout

J’avais découvert le travail de Nicolas Badout lors de l’acte 3 du Festival AiRt de Famille à Lyon en 2024. Il y présentait une œuvre immersive Bienvenue en Oregon qui plongeait le visiteur dans un décor de bulle de bande dessinée. A Saint Jean en Royans, le principe reste similaire : plonger le spectateur dans une œuvre immersive pour lui faire ressentir un univers. Le trait reste aussi assez similaire, avec toujours cette impression de case de comics. Cette fois, nous nous retrouvons dans un Twin Peaks fantasmé, situé dans le Vercors. Laura Palmer a disparu, le téléphone sonne, la lumière orange vacille : on retrouve l’ambiance de la série de David Lynch dans ce Twin Peaks en Royans. Je me serai presque attendue à me retrouver face à l’agent spécial Dale Cooper. Le mystère est accentué par l’utilisation de la lumière noire, qui ajoute au côté surréaliste. (et maintenant, j’ai encore plus envie de revoir la série)

Exposition – Les sentinelles de l’Aurore de Yan Vita

Cette troisième exposition à l’Artsolite, c’était un peu la cerise sur le gâteau. Nous étions venus pour voir Prism et Twin Peaks en Royans. Nous avons eu la très belle surprise de la découverte de l’univers de Yan Vita. Les sentinelles de l’Aurore, c’est le titre de la bande dessinée en cours de création de Yan Vita. Dans un Vercors fantasmé, aux allures de monde médiéval fantastique, c’est une histoire de quête, de résistance, de nature. L’exposition présente le processus créatif de l’artiste, ainsi que des planches d’ambiance ou de construction de personnages, façon fiche de jeu de rôle. Après cet avant-goût, je suis impatiente de découvrir la bande dessinée terminée. Hélas, la date de finalisation n’est pas encore connue.

(*) Les informations pratiques pour visiter ces 3 expositions sont disponibles sur le site internet de l’Artsolite. Le lieu propose en outre une boutique, un bar et un restaurant.


A O’Lac à Chateauneuf sur Isère

Spectacle – Giselle(s) avec Marie Claude Pietragalla

Plus jeune, je n’avais jamais pensé que j’aurais la chance de voir danser Marie Claude Pietragalla, étoile de l’Opéra de Paris dans les années 1990. J’avais loupé son Lorenzaccio créé pour les fêtes nocturnes de Grignan en 2017. Aussi, quand j’ai vu la programmation de son ballet Giselle(s) à O Lac, une salle de spectacles drômoise, je n’ai pas hésité à acheter ma place. Ce ballet contemporain, chorégraphié et mis en scène par Marie Claude Pietragalla et Julien Derouault, est une revisite moderne du ballet romantique Giselle. L’histoire originelle aborde le thème de la trahison, et de l’amour plus fort que la mort. Le duo de danseurs chorégraphes modifie le livret pour évoquer les violences faites aux femmes, en particulier les violences conjugales, à travers 4 couples et donc 4 « Giselle ». La partition est dépoussiérée pour intégrer des rythmes contemporains, entre musique hip-hop et tambours du Bronx, apportant une modernité au lyrisme romantique d’origine.

affiche du ballet contemporain Giselle(s) par Marie Claude Piétragalla et Julien Derouault
L’affiche de Giselle(s)

Je suis ressortie du spectacle avec un sentiment très ambivalent, comme si j’avais à la fois aimé et pas aimé. Quelques jours plus tard, je suis toujours perplexe quant à mon sentiment sur ce ballet. J’ai l’impression d’une dissonance entre la dureté du propos et l’esthétisme de la chorégraphie.

  • Les violences faites aux femmes sont, dans l’acte 1, évoquées au travers de pas de deux qui les rendent presque sensuelles et poétiques, créant un certain malaise.
  • Dans l’acte 2, la Reine des Wilis apparait comme une figure christique entourée de 12 disciples zombiesques. L’ouverture de l’acte se fait autour d’une table rappelant la cène, où les Wilis-zombies dévorent un homme.
  • Les Wilis-zombies viennent ensuite hanter les hommes jusqu’à la folie, sans répit. Et pourtant, le spectateur est emporté par la sensualité de l’échange qui se met en place entre Marie Claude Pietragalla et Julien Derouault.
Le salut à la fin du ballet Giselle(s) avec Marie Claude Pietragalla et Julien Derouault
Le salut final de Giselle(s)

C’est à la fois beau et violent, doux et brutal. C’est un ballet qui interroge et ne laisse pas indifférent. Et, au delà du propos du spectacle, il y a le bonheur de voir danser Marie Claude Pietragalla, accompagnée de Julien Derouault et des talentueux danseurs de la compagnie du Théâtre du Corps.

(*) Giselle(s) a été créé en 2023 par Marie Claude Pietragalla, Julien Derouault et le Théâtre du Corps. Il est depuis représenté sur différentes scènes en tournée.


(*) J’ai été invitée (collaboration commerciale non rémunérée) au spectacle d’Ambra Senatore par le LUX Valence. Pour tous les autres spectacles et expositions cités dans cet article, y compris ceux au LUX, j’ai payé ma place/mon entrée.

[Rhône] un week-end entre amis réussi dans les Monts du Lyonnais malgré la pluie

Les Monts du Lyonnais constituent un territoire à l’ouest de Lyon, s’étendant du sud du Beaujolais jusqu’à la vallée du Gier. J’avais déjà eu l’occasion de vous parler d’une journée que j’y avais passé il y environ un an et demi. Cette fois, c’est pour un week-end complet que j’ai retrouvé quelques copains Eclaireurs Partir-Ici.fr à l’invitation de l’office de tourisme des Monts du Lyonnais. Cette fois, il s’agissait de profiter d’activités plus automnales entre découvertes gastronomiques et paysages mordorés. Comme vous pourrez le constater, nous n’avons pas été gâtés par la météo et presque tout le week-end s’est passé sous la pluie. Mais cela n’a pas gâché du tout les découvertes, ni les bons moments.

paysage d'automne dans les Monts du Lyonnais à Yzeron
L’automne dans les Monts du Lyonnais

Etape 1 : un début de journée à la brasserie Virage Sept à L’Arbresle

Nous avions rendez-vous à 10.00 le samedi matin à la brasserie Virage Sept. Située à L’Arbresle, c’est une petite brasserie artisanale. Pascal, l’un des fondateurs, nous y a accueillis. Après un café partagé, il nous a expliqué l’histoire et les valeurs de Virage Sept. Au départ, le lieu accueillait à la fois un atelier de réparation de cycles et la brasserie. Mais Pascal et son associé se sont aperçus que les deux métiers demandaient chacun trop d’engagement et ils ont dû faire un choix. Ils sont donc maintenant uniquement brasseurs.

bouteilles de bières de la brasserie Virage Sept
La gamme de la brasserie Virage Sept au moment de ma visite.
Vous noterez avec le nom de ces créations que le cyclisme n’est jamais très loin. D’ailleurs le nom Virage Sept vient du virage des Hollandais dans la montée de l’Alpe d’Huez.

Passionné, Pascal nous a expliqué les différentes étapes de la fabrication de la bière. Il nous a montré les céréales maltées et le houblon qui sont utilisés. Nous sommes même allés devant la brasserie voir les pieds de houblon que Pascal aimerait bien utiliser d’ici quelques années. Les explications sont vraiment intéressantes et permettent de comprendre comment on produit une bière. De plus, la démarche de la brasserie Virage Sept s’inscrit dans une dynamique durable. L’entreprise participe à 1% for the planet. Les matières premières sont le plus possible sourcées localement. Les bouteilles sont consignées et réutilisées après lavage par une société spécialisée située dans la région lyonnaise. La drêche (c’est la partie solide qui reste au fond de la cuve après l’embouteillage) est partiellement utilisée pour produire des biscuits apéritifs et le reste est donné à des agriculteurs locaux pour nourrir le bétail.

des fleurs de houblon dans des mains
Pascal nous montre son houblon et la partie qui est à récupérer pour fabriquer la bière

La gamme produite par Virage Sept est très variée. Elle a été plusieurs fois récompensée au concours général du salon de l’agriculture de Paris. Pascal a eu la gentillesse de nous permettre de découvrir plusieurs de ses produits, en mode dégustation. J’ai particulièrement apprécié la bière Prologue, une blonde aux saveurs de fruits exotiques, médaillée d’argent au salon de l’agriculture 2022. Mais mon coup de cœur va à la dernière création saisonnière, une bière brune aux arômes de Forêt Noire avec de purée de cerises des Monts du Lyonnais.

un homme verse de la bière dans des verres
Virage Sept, c’est aussi un brewpub qui organise des concerts.

Etape 2 : un déjeuner à l’auberge du Pastoureau à Courzieu

Nous avons ensuite pris la direction de Courzieu, un petit village médiéval où se situe l’Auberge du Pastoureau. Ce restaurant se définit lui-même comme une auberge paysanne. Quand on passe la porte en bois, on entre immédiatement dans un univers chaleureux et convivial. Dans la cheminée, le feu de bois crépite. Dans les jolies salles aux murs et au sol de pierre, les grandes tables en bois brut invitent à s’installer. Le menu est sur l’ardoise. Il comprend entrée/plat/fromage/dessert et varie au fil des jours et des saisons. Les intitulés annoncent des plats du terroir réconfortants. Vu la météo, nous prenons presque tous la soupe, une crème de potimarrons aux cèpes. Le service ne se fait pas à l’assiette : on nous apporte les soupières directement sur la table. Pour les plats, ce sera plus diversifié : cuisses de grenouilles, quenelle lyonnaise, poulet aux morilles, le tout accompagné de gratin dauphinois. Là encore, les plats arrivent du four sur la table pour que nous nous servions. Tout est si copieux et délicieux que nous sommes plusieurs à délaisser le fromage (sec ou blanc) pour passer directement aux desserts, ultra-gourmands. Nous nous sommes régalés du début à la fin.

façade de l'auberge du pastoureau à Courzieu dans le Rhône
Le charme campagnard des environs de l’auberge du Pastoureau

Etape 3 : un parcours des Murmures du Temps

C’est sous la pluie que nous gagnons ensuite le point de rendez-vous avec Camille, médiatrice des Murmures du Temps, à Saint Germain Nuelles. Les Murmures du Temps, ce sont trois boucles de randonnée mêlant paysages de la campagne et œuvres d’art contemporain. Celle que nous faisons est le circuit intitulé D’Or et de Vigne. Equipés de parapluies et de bonnes chaussures, nous nous élançons. Sur notre parcours, nous croiserons 4 œuvres contemporaines, mais aussi plein de patrimoine vernaculaire : croix de chemin, lavoir, cabanon de vigneron, cadole (qui est aussi un abri de vigneron mais en pierres sèches, non maçonné). Les ruelles du village de Saint Germain Nuelles sont bordées de maisons en pierres dorées, typiques de cette région du sud du Beaujolais.

un groupe de 4 personnes de dos dans une rue de village bordée de maisons en pierres dorées
Dans les rues de Saint Germain Nuelles
paysage de campagne en automne un jour de pluie
Point de vue depuis le départ du circuit n°3 des Murmures du Temps
lavoir
Au bord du lavoir, alimenté par une source

Les quatre œuvres contemporaines que nous avons croisées sont, dans l’ordre :

J’ai bien aimé la force tranquille qui se dégageait de Mémoire fossile. J’ai apprécié la poésie d’ORG Mitra, un système de lumières et de séquences de sons qui se déclenchent aléatoirement en fonction des mouvements sur l’autoroute et sous le pont. Couplé au ruissellement de l’eau ce jour-là, c’était, paradoxalement à son emplacement; très poétique. La colonne dorée m’a vraiment laissée perplexe. Enfin, j’ai aimé la façon dont Géo-Empathie se lie au terroir, surtout que Camille avait prévu le nécessaire pour que nous puissions effectuer un rituel de libation, devenant ainsi participants de la vie de l’œuvre.

Malgré la pluie, nous avons aussi beaucoup admiré les jolies couleurs des vignes à cette période de l’année. C’était si beau que cela compensait les pieds mouillés ! Nous n’avons cependant pas fait l’intégralité du circuit proposé, en n’allant pas voir les carrières de pierres dorées de Glay. Il faut dire que nous sommes partis tard et qu’à cette saison la nuit arrive tôt. Le temps que nous revenions à notre point de départ, l’obscurité avait d’ailleurs déjà commencé à s’installer.

Etape 4 : une nuit au refuge d’Yzeron

Une arrivée épique

C’est de nuit que nous avons gagné notre hébergement. C’est important car c’est une des raisons pour lesquelles nous nous sommes perdus pour y aller. Nous roulions en convoi à 3 voitures, et avons tous loupé la « route à ne pas manquer » car nous n’avons pas vu les éléments qui se trouvaient sur la photo (de jour) que le propriétaire du gite avait envoyée. Après 2 demi-tours (oui, on a manqué la route une seconde fois !), nous avons trouvé le parking. Il restait maintenant à emprunter le chemin dans les bois pour arriver jusqu’au gite. Heureusement, nous avions prévu torches et frontales pour cette mini randonnée d’une douzaine de minutes dans l’obscurité. Je dois avouer que nous avons bien rigolé sur le trajet, nous imaginant une ambiance de scène d’introduction de film d’horreur.

chemin dans la foret en automne
Le chemin lorsque nous l’avons repris (de jour) pour partir.
Je n’ai pas de jolie photo de l’ambiance nocturne.

Une soirée conviviale

Arrivés de nuit dans la maison, nous n’avons pas pu avoir le plaisir d’en découvrir l’environnement. Mais en entrant dans la grande salle, le premier mot qui m’est venu à l’esprit est cosy. La maison est en effet très accueillante. Par contre, elle est autonome en énergie et en eau, ce qui signifie en particulier qu’il n’y avait pas de chauffage à notre arrivée (mais comme il faisait 6 ou 7°C dehors, la chaleur emmagasinée dans la maison nous a donné une impression agréable dès notre entrée). Notre première action (après avoir quitté nos chaussures trempées) a donc été d’allumer le grand poêle qui sert à la fois pour le chauffage et la cuisine. Très vite la chaleur s’est diffusée dans toutes les pièces. Après la répartition des chambres, chacun a pris une douche rapide (il y a de l’eau chaude mais il faut être parcimonieux dans son utilisation, car l’eau provient de la montagne et la chaleur de panneaux solaires : ces ressources sont donc limitées).

cuisine style chalet avec une grande table et un poêle massif
La pièce principale, côté cuisine

Pour le repas, l’office de tourisme des Monts du Lyonnais avait fait pour nous des courses dans un magasin de producteurs. Nous avons donc diné d’une soupe, de charcuteries et de fromages locaux, dans une ambiance conviviale. Après le repas, nous avons sorti une petite enceinte à karaoké qui était disponible sur place, avons approché les fauteuils du poêle et passé une excellente soirée. Il y a également de nombreux jeux de société et plein de livres à disposition. Nous avons hyper bien dormi car la literie était vraiment confortable et en ayant bien chargé le poêle avant de partir nous coucher, nous avons conservé une bonne température dans toutes les pièces. J’ai été réveillée avec le jour et j’ai pu découvrir par la fenêtre l’environnement absolument magnifique.

vue sur la campagne en automne par la fenêtre
La vue par la fenêtre…

Un petit déjeuner avec vue

Nous avons fait chauffer de l’eau et préparé du café pour prendre le petit déjeuner à la grande table tout en admirant la vue. Là encore, nous avions des produits locaux (yaourts, poires, jus de fruits, confiture, miel, beurre, œufs) en provenance d’un magasin de producteurs. Les filles de l’office de tourisme nous ont rejoint avec pain frais et viennoiseries pour partager ce moment avec nous, toujours dans la bonne humeur. Avant de repartir, nous avons exploré un peu les environs. Tout autour du gite, on trouve des chaises longues, des tables pour profiter de la vue, un terrain de pétanque (avec les boules), un brasero ou encore un barbecue. Bref, c’est l’endroit idéal pour passer un bon moment en famille ou entre amis dans un environnement à la fois outdoor et hyper confortable, en mode déconnexion (même si on capte plutôt bien la 4G). Il y a même des poules et des lapins.

C’est (déjà) l’heure de repartir. Nous reprenons le chemin qui descend au parking. Le soleil brille et nous permet de découvrir le superbe panorama sur les environs.

personne de dos avec un sac à dos dans la foret en automne
Sur le chemin du retour
paysage de collines en automne
Profiter encore un fois de la vue…

Etape 5 : un atelier cueillette-cuisine au Jardin d’Yzeron

Un accueil chaleureux

Nous avons passé notre dimanche chez Sébastien, un ancien cuisinier devenu herbaliste. Il a associé ses deux métiers pour fonder le Jardin d’Yzeron où il propose des ateliers cueillette et cuisine. Nous sommes arrivés vers 9.30 et avons été accueillis par Sébastien (et sa gentille chienne Holly, grande star de la journée). Autour d’une tisane issue de plantes cueillies par Sébastien, il nous a expliqué le déroulement de la journée et présenté le menu que nous aurions à préparer. Nous nous sommes répartis en 3 petits groupes, pour préparer chacun une partie du repas. J’allais devoir cuisiner le dessert à base de prunelles sauvages avec Nata.

Une cueillette fructueuse

Nous avons ensuite remis chaussures et blousons pour nous rendre dans un champ à proximité de chez Sébastien. Nous y avons trouvé beaucoup de trésors que nous avons appris à reconnaître grâce aux explications de Sébastien : oxalys, amarante, carotte sauvage, serpolet, oseille, mouron blanc, plantain, etc. Nos sacs de récolte se remplissent vite. Nous échangeons autour des vertus des plantes tout en ramassant le nécessaire pour préparer notre déjeuner. Il fait frais mais nous ne voyons pas vraiment le temps passer, happés par le sujet passionnant des plantes et la beauté du paysage.

Un temps de cuisine convivial et un repas partagé

De retour dans la grande cuisine de Sébastien, nous faisons de la place autour de la table et étalons dessus notre récolte. Chacun sait ce qu’il doit préparer et récupère les plantes correspondantes. Nous nous mettons au travail en cuisine, partageant les ustensiles et certains ingrédients. L’ambiance est vraiment sympathique. Sébastien dispense des conseils avisés concernant la préparation des différents plats. Il nous fait aussi une démonstration expliquée de pochage d’œuf. Nous sommes bien occupés et ne voyons une fois de plus pas vraiment le temps passer.

Une fois que tout est prêt, nous mettons la table. Sébastien dresse les assiettes et chacun explique ce qu’il a préparé. Les discussions vont bon train tout au long du repas, délicieux. Sébastien a même la gentillesse de me trouver quelque chose pour remplacer l’œuf poché de l’entrée alors que j’avais omis de le prévenir à l’avance. L’après-midi est déjà bien engagée quand nous arrivons au café. J’ai l’impression que personne n’a vraiment envie de partir, même si nous avons tous pas mal de route à faire. On se sent bien chez Sébastien, mais il est quand même temps de se quitter… jusqu’aux prochaines aventures !


L’Arbresle / Saint Germain Nuelles / Yzeron
Monts du Lyonnais – Rhône
Octobre 2025


Informations pratiques

  • Brasserie Virage Sept – 580A rue Claude Terrasse, 69210 L’Arbresle – magasin sur place et brewpub avec une programmation culturelle.
  • Auberge du Pastoureau – 4 place des Hostelleries, 69690 Courzieu – réservation indispensable
  • Les Murmures du Temps – projet culturel du pays de L’Arbresle – 3 circuits disponibles D’Or et de Vigne (9.3 km / D+ 155 m), Les balcons de l’abbaye (9.5 km / D+ 176 m) et La croisée des chemins (2.5 km / D+ 19 m). Le détail de chaque circuit est disponible sur le site internet. Chaque circuit associe patrimoine et art contemporain. Ils ont été inaugurés lors de l’été 2024 et certaines œuvres ont été installées pendant l’été 2025. Il est possible de se faire accompagner par un médiateur ou de faire les balades en autonomie à l’aide des panneaux explicatifs situés à proximité des œuvres.
  • Refuge d’Yzeron – 212 chemin de Py Froid, 69510 Yzeron – gite autonome forestier. L’électricité est produite par des panneaux solaires sur le site. Attention, en automne/hiver, lors des journées courtes et sombres, la production peut être un peu insuffisante. Nous nous sommes réveillés sans électricité. Mais pas d’inquiétude pour le chauffage (au bois) et la cuisine (au gaz ou au bois). Il y a des bougies pour s’éclairer si besoin. L’eau de pluie est récupérée via le ruissellement et des systèmes de cuves anciens. Elle est ensuite filtrée 4 fois avant d’arriver dans la maison. Un filtre Berkley est en outre disponible pour filtrer une dernière fois l’eau de boisson et cuisine. Le chemin d’accès dans la forêt est un chemin de randonnée : il ne conviendra donc pas à tout le monde. Si vous venez, prévoyez des frontales en cas d’arrivée nocturne.
  • Uniferme – 90 route départementale 34, Le Pont Rompu, Saint-Andéol-le-Château, 69700 Beauvallon – magasin de producteurs fermiers locaux à côté de Mornant. On y trouve à la fois des produits frais (fruits et légumes, fromages, charcuteries, viandes..) et en bocaux/bouteilles (jus de fruits, confitures, bocaux de légumes, soupes, miel…). Je m’y étais arrêtée l’année dernière en rentrant d’une escapade dans le secteur de Mornant/Riverie. C’est là que l’office de tourisme avait fait pour nous les courses.
  • Le jardin d’Yzeron – 10 chemin du Planil, 69510 Yzeron – Sébastien propose plusieurs formules d’ateliers et balades à la découverte des plantes sauvages et de leur utilisation en cuisine. C’est un passionné qui aime partager.
paysage des monts du Lyonnais
Vue sur les Monts du Lyonnais depuis les hauteurs de Py Froid à Yzeron


(*) Je parle dans cet article de bière et de vin. Je rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il est donc à consommer avec modération.

(*) Ce week-end était une invitation de l’office de tourisme des Monts du Lyonnais (collaboration commerciale non rémunérée). J’ai été entièrement libre du contenu que j’ai produit à l’issue de ces 2 journées, et des avis et points de vue que j’ai émis. J’ai partagé ces moments avec d’autres éclaireurs de Partir-Ici.fr, la plateforme régionale pour soutenir un tourisme plus durable : Le Monde des Mirons, Balades autour de Lyon et Nata France Auvergne.

groupe de personnes prenant des photos et des notes sur téléphone
Créateurs de contenu en pleine action chez Sébastien du Jardin d’Yzeron

[projet 52-2025] semaine 45 – faire un choix

Cette semaine, le projet 52 nous demande de faire un choix. Finalement, c’est ce que nous faisons chaque semaine afin de déterminer quelle photo va venir illustrer le thème. En ce qui me concerne, cette fois, j’avais envie de mettre en image la difficulté du choix, le processus. J’ai bien pensé à mettre une copie écran d’une des mes galeries de photos sur mon ordinateur, mais je n’y trouvais pas d’esthétique particulière. Je me suis alors penchée sur d’autres choix. L’après-midi, je prends souvent un thé et le soir une tisane. Comme j’en ai plein, que ce soit en vrac ou en sachets, il y a toujours un moment de choix au préalable. Il s’agissait maintenant de rendre ce choix visuel. Or, il y a peu, j’ai été conviée à découvrir Soïo, une nouvelle marque basée en Ardèche. Au cours de la soirée, j’ai ainsi pu choisir quel thé ou infusion j’allais essayer. Les sachets étaient disposés dans de grands paniers, invitant au choix. Et j’aime beaucoup l’identité visuelle de la marque, très douce.

sachets d'infusion de la marque Soïo


Pour découvrir ce que les autres participants ont fait comme choix, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : je passe exceptionnellement la journée avec Melle 3e, et je ne pourrai donc pas me connecter par ici avant la fin de la journée. C’est à ce moment-là que je viendrai valider les commentaires qui seraient partis dans la file d’attente de la modération.

[petits moments] Soïo, maison ardéchoise de thés et infusions

Il y a une quinzaine de jours, j’ai eu la chance d’assister au lancement de Soïo, une nouvelle maison de thés et infusions basée en Ardèche. Au cours d’une soirée mémorable, dans le cadre exceptionnel de l’auberge de Crussol, j’ai pu découvrir l’histoire et les valeurs de la marque, mais aussi de déguster une bonne partie de leur gamme.

Soïo, une entreprise ancrée dans son territoire

Soïo, artisan sourceur

Au départ, il y avait Natural Origins, une entreprise qui fournit des plantes médicinales et aromatiques à l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique. Petit à petit, l’idée a germé de produire leurs propres thés et infusions. Basés à Soyons, en Ardèche, l’entreprise avait à cœur de sourcer le mieux possible ses matières premières. Ils travaillent donc avec des agriculteurs drômois et ardéchois pour les plantes qui peuvent être produites localement et font une sélection rigoureuse de celles qui ne poussent pas sous nos latitudes, en allant directement les chercher chez des producteurs. L’ensemble des ingrédients est certifié 100% bio. De plus, tout leur identité visuelle a été conçue par des artistes locaux et le packaging est produit dans la région.

thé vert menthe séché sous une cloche en verre
Des mélanges réfléchis à base de produits de qualité, comme ce thé vert menthe qui associe deux menthes différentes.

Pourquoi ce nom : Soïo ?

Soïo, c’est une déesse celte ancrée localement, protectrice de Soyons où est implantée l’entreprise. On la retrouve mentionnée sur un autel votif datant de la période gallo-romaine et qui a été retrouvé dans les ruines d’une chapelle du plateau de Malpas. Aujourd’hui, l’autel dédié à Soïo est visible dans le musée archéologique qui se situe au centre du village de Soyons. C’est d’ailleurs une visite que j’ai faite au printemps dernier, couplée avec celles des grottes et une jolie balade justement intitulée « De Néandertal à la déesse Soïo« .

la tour penchée de Soyons
La tour penchée de Soyons sur le plateau de Malpas

Notes de dégustation

Au cours de la soirée, j’ai eu l’occasion de déguster plus d’une dizaine de thés et infusions. J’ai aussi pu les apprécier dans des recettes de cocktails, dans les plats cuisinés par l’auberge de Crussol ou encore lors d’un atelier d’accord thé/chocolat. Je vous propose ici un petit récapitulatif de mes coups de cœur de la soirée.

théière en verre remplie de thé noir
Prêt à déguster !

  • Caravane d’Or : le curcuma, puissant et odorant, s’y marie très bien avec la fraicheur de la menthe poivrée et le côté réconfortant de la cannelle.
  • Rooibos en fête : une infusion qui promet une ambiance de Noël tout en douceur, et que je suis très curieuse de tester en version glacée aux beaux jours.
  • Thé noir Chaï : pour moi qui suis une grande fan de thés épicés, celui-ci est une petite merveille structurée par un thé noir savoureux, où la cannelle s’exprime avec délicatesse avant la puissance du gingembre et le petit kick de poivre en fin de bouche qui termine l’ensemble parfaitement. Cela faisait des années que je n’avais pas goûté un chaï aussi réussi !

infusion Caravane d'OR dans une théière en verre, petite cloche en verre, cannelle et curcuma sur des asssiettes
Caravane d’Or
infusion caravane d'or dans un verre
La jolie couleur dorée de l’infusion Caravane d’Or


Soirée de lancement de la marque Soïo
Auberge de Crussol – Saint Péray – Ardèche
16 octobre 2025


(*) Si vous souhaitez plus d’informations sur la marque ou vous laisser tenter par un achat, vous pouvez vous rendre sur le site internet de Soïo.

sachets et coffrets de thés de la marque Soïo
J’aime beaucoup l’identité visuelle de la marque

(*) Cette soirée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) de la marque Soïo. J’y ai dégusté des produits dont la qualité m’a convaincue, et que j’ai depuis plaisir à utiliser à la maison. J’ai par ailleurs découvert l’auberge de Crussol où avait lieu la soirée. J’en avais déjà beaucoup entendu parler et ce que j’ai pu goûter de leur cuisine m’a donnée envie d’y aller pour un repas.

desserts individuels devant une cheminée
A l’auberge de Crussol, les viandes sont cuites au feu de bois. Au premier plan, l’un des délicieux desserts préparés en utilisant un des thés de chez Soïo.

[exposition] L’Art Déco des Régions, modernités méconnues, au musée de Valence

Cette année 2025 marque le centenaire de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris en 1925 qui est souvent considérée comme l’acte de naissance du mouvement Art Déco. A l’occasion de cet anniversaire, de nombreux lieux ont consacré une exposition à ce mouvement artistique. C’est le cas du Musée de Valence en cette fin d’année. L’exposition, inaugurée fin septembre, offre cependant un angle d’approche assez original puisqu’il s’agit de regarder comment l’Art Déco a été interprété dans les régions. Il en ressort une présentation très loin du parisianisme habituel. J’ai eu la chance de la découvrir dans des conditions exceptionnelles avec un petit groupe de créateurs de contenu avant même son ouverture au public, et accompagnés par la commissaire d’exposition.

L'art déco des régions - affiche de l'exposition au Musée de Valence
L’art déco des régions – affiche de l’exposition au Musée de Valence

Les expressions régionalistes de l’Art Déco

Mobilier, décoration et architecture

L’exposition s’ouvre sur un rappel de celle de 1925 à Paris. Le visiteur en découvre le plan, ainsi que des photographies et maquettes des différents pavillons régionaux. Ceux-ci adoptent les codes vernaculaires du bâti traditionnel en lui appliquant les lignes structurées propres à ce qui deviendra l’Art Déco. Dans chaque pavillon, les artistes locaux ont réinterprété le mobilier, la décoration ou encore la vaisselle traditionnels. Trois mouvements régionalistes sont évoqués dans l’exposition du musée de Valence, issus de la Bretagne, du Pays Basque et de Provence. Le Pays Basque est représenté à travers un immense buffet ayant été conçu pour la villa du joueur de tennis René Lacoste. Massif, il est sculpté de motifs de jeux basques, et garni de lampes en verre coloré. La Provence est présentée avec des éléments ayant servi à décorer le pavillon des Alpes Maritimes à l’expo de 1925. Table, siège et appliques reprennent des éléments végétaux à motifs de vigne ou d’olivier dans un format stylisé, aux lignes simples.

Fauteuil, table et poterie Art Déco de Provence
Mobilier et éléments décoratifs Art Déco de Provence

Les Seiz Breur, ou comment la Bretagne s’est appropriée l’Art Déco

Le mouvement régionaliste le plus représenté dans l’exposition du musée de Valence est le mouvement Seiz Breur. Ce courant artistique breton est né en 1923 autour de l’illustratrice (on dirait aujourd’hui graphiste) Jeanne Malivel et des artistes Suzanne et René-Yves Creston. Ils ont fédéré différents artistes et intellectuels bretons avec pour but d’exprimer de manière moderne les motifs traditionnels tout en valorisant les savoir-faire locaux. Ce sont eux qui sont en charge du pavillon Ty Breizh (la maison de Bretagne) lors de l’expo de 1925. Ils proposent ainsi tout un répertoire graphique qui renouvelle l’expression artistique bretonne, proposant ce qu’on nommerait aujourd’hui une nouvelle identité visuelle en s’appuyant sur les codes existants. Ce que nous considérons souvent comme des motifs traditionnels aujourd’hui sont en fait des interprétations Art Déco en lien avec les Seiz Breur.

évocation d'une salle de la maison Ty Breizh de l'expo des arts décoratifs de 1925 avec buffet, bonnetière, table, chaises
Evocation de la salle de l’Osté de la maison de Bretagne à l’exposition de 1925, présentant le travail et les idées du groupe des Seiz Breur
cafetière et sucrier en faience de Quimper à motifs bretonnants Seiz Breur
Cafetière et sucrier de la faïencerie Henriot de Quimper, présentés lors de l’exposition de Paris en 1925
motifs de textiles dessinés par Jeanne Malivel du mouvement Seiz Breur
Motifs dessinés par Jeanne Malivel pour des tissus ou des papiers peints
assiettes à motifs bretonnants, dessinées en marge du mouvement Seiz Breur
Assiettes à motifs bretons réinterprétés. Le décor de celle la plus à droite a été dessinée par le peintre Mathurin Méheut, qui a refusé de faire partie des Seiz Breur, mais a lui aussi réinterprété le graphisme breton dans les années 1920/1930
illustrations issues du mouvement Seiz Breur
Les illustrations issues de l’Art Déco en Bretagne se caractérisent par des couleurs franches et vives et des traits stylisés.

Modernités méconnues

L’exposition nous emmène suite explorer les savoir-faire régionaux et comment les industries ont intégré le vocabulaire de l’Art Déco dans leurs productions. Les exemples proposés sont avant tout issus des environs de Valence avec les soieries de Lyon, les rubans de Saint Etienne et les gants de Grenoble, mais la porcelaine et les émaux de Limoges sont aussi mis en avant. A travers des objets et échantillons de tissus et rubans, c’est toute la modernité du vocabulaire graphique Art Déco que l’on constate.

rubans Art Déco à motifs floraux tissés de fil d'or
Motifs floraux de couleurs vives et fil d’or : les rubans reprennent les codes graphiques de l’Art Déco
rubans Art Déco à motifs floraux et géométriques tissés de fil d'or
Motifs géométrique ou floraux mais toujours des formes claires, des couleurs vives et du doré !
Livre d'échantillons de rubans
Catalogue de motifs de rubans stéphanois déposés
tasses et sous-tasses en porcelaine
Tasses du service à boissons chaudes Stella en porcelaine de Limoges de la manufacture Chabrol Frères et Poirier
théière en porcelaine
Service à dessert en porcelaine de Limoges de la manufacture Descote, Reboisson et Baranger
assiette à motif rayons et nuages
On ne serait pas vraiment surpris de trouver de la vaisselle avec ce motif rayons et nuages dans une boutique en 2025 !
Décor de Jean Luce pour la Manufacture Ahrenfeldt

Quand l’Art Déco des régions regagne Paris, il y est nommé « rustique » : le parisianisme n’est pas une nouveauté !

L’Art Déco à Valence et dans la Drôme

L’architecture, traces visibles de l’essor de l’Art Déco à Valence

Essentiellement sous l’impulsion des architectes Henri Joulie, Louis Bozon et Henri Garin, les bâtiments valentinois vont prendre les traits épurés de l’Art Déco. Il en reste aujourd’hui de très nombreux exemples. Ceux-ci sont localisés le long de l’ancienne Nationale 7, aujourd’hui avenue Victor Hugo, un quartier à l’extérieur des boulevards qui se développe entre les deux guerres. Il est en particulier boosté par le début du développement du tourisme, qui se fait alors en voiture. C’est ainsi que la station service Relais du Sud est aménagée, et offre encore actuellement sa silhouette iconique au regard des curieux. Parmi les bâtiments emblématiques, on trouve aussi l’immeuble à l’angle de l’avenue Victor Hugo et de l’avenue Pierre Semard (où se trouve maintenant le Monoprix), l’ancien grand magasin des Dames de France (devenu centre commercial Victor Hugo), et l’ancien palais consulaire.

dessins d'architectes de bâtiments Art Déco à Valence
Immeuble du 10 place Aristide Briand à Valence, architecte Henri Garin
Villa de Monsieur Rey à Valence, architecte Henri Joulie

images de la cité moderne de Mallet Stevens
Illustrations de Une cité moderne de Robert Mallet Stevens, l’architecte de la Villa Cavrois à Roubaix

Etienne Noël et la céramique de Dieulefit

Enfin, l’exposition évoque l’artiste Etienne Noël. Ce peintre est marqué par son passage (et sa blessure) dans les tranchées de la première guerre mondiale, où il croisera d’ailleurs Mathurin Méheut. Il développera ensuite une activité de céramiste et de verrier. Installé à Dieulefit, il crée des pièces utilitaires aux lignes modernes et originales, éloignées des formes traditionnelles. De même, en tant que verrier, il imaginera des coupes à champagne que l’on ne peut poser qu’une fois vides.

service à thé d'Etienne Noël en céramique
Service à thé par Etienne Noël


Avec plus de 300 objets présentés et un axe scientifique original centré sur les régions, cette exposition a été classée d’intérêt national. Toutefois si on ne connait pas le mouvement artistique Art Déco, elle peut sembler un peu difficile à aborder. Il ne faut donc pas hésiter à recourir aux outils de médiation, à lire les éléments de contextualisation à l’entrée de chaque salle et à se référer aux cartels. Une visite guidée est aussi une très bonne façon de ne pas se laisser submerger par des informations trop pointues.

Pour ma part, j’ai apprécié cette visite qui m’a permis d’approfondir les connaissances que j’avais déjà sur l’Art Déco, de mieux comprendre la façon dont il s’est décliné dans la vie courante à travers les objets utilitaires ou l’architecture et de faire le lien avec des objets croisés chez mes grands-parents ou trouvés dans des vide-greniers.


entrée de l'exposition l'Art Déco des Régions au musée de Valence
L’entrée de l’exposition

Exposition L’Art Déco des Régions, Modernités Méconnues
Musée de Valence – Drôme – septembre 2025


Informations pratiques :
L’exposition L’Art Déco des Régions, Modernités Méconnues est présentée au musée de Valence jusqu’au 11 janvier 2026.

Une programmation de visites guidées et d’ateliers en lien avec l’exposition est proposée. L’ensemble des informations pratiques pour visiter l’exposition ou participer à un atelier est disponible sur le site internet du musée de Valence.


(*) Ma découverte de l’exposition a eu lieu dans le cadre d’une invitation à un instameet (collaboration commerciale non rémunérée). C’est toutefois une exposition que je serai allée voir de moi-même quoi qu’il en soit.

[Ardèche] une journée au pays des châtaignes pour le lancement de l’Automnal Gourmand

L’Automnal Gourmand est un ensemble de manifestations et d’évènements à travers les territoires du Pays de Lamastre, d’Ardèche Hautes Vallées et du Haut Pays du Velay, entre Ardèche et Haute-Loire. Cette année marque la 5e édition de ce festival qui fédère des fêtes gourmandes à travers les trois territoires dont les Castagnades et la Fête de la Courge de Saint Agrève. En début de semaine, j’étais invité à la journée de lancement de l’édition 2025 de l’Automnal Gourmand. Si l’an dernier, cette journée avait eu lieu entre le lac de Devesset et les Maisons Marcon à Saint Bonnet le Froid, nous avions cette fois rendez vous dans le Pays de Lamastre.

des programmes du festival l'Automnal Gourmand et des châtaignes
Lancement de l’Automnal Gourmand à la Ferme du Châtaignier

Une matinée à la Ferme du Châtaignier

L’accueil

La journée a commencé à la Ferme du Châtaignier où nous avons été accueillis par un café et des petits moelleux maison à la châtaigne. Après un temps de découverte de la boutique et de ses produits, et le mot d’accueil des élus et du chef Jacques Marcon (qui est le parrain de l’Automnal Gourmand), nous avons constitué des groupes pour visiter la ferme. Nous étions en effet une centaine d’ambassadeurs présents, entre les producteurs, restaurateurs, prestataires de service, les offices de tourisme, la presse et les créateurs de contenu. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de retrouver Léa Dugreen (que vous pouvez suivre sur Instagram) et Gaëlle des Petits Drômois.

table avec des petits gâteaux, du jus de fruits et des thermos de café
Petit déjeuner ardéchois

les élus et le chef Jacques Marcon
La prise de parole des élus et du chef Jacques Marcon, parrain de l’Automnal Gourmand

La visite de la ferme

La Ferme du Châtaignier est une exploitation castanéicole depuis 7 générations. C’est aujourd’hui Michel, le père, qui nous emmène découvrir ses châtaigniers. Au milieu des arbres, il nous explique comment le châtaignier est devenu si emblématique de l’Ardèche, comment l’AOP Châtaigne d’Ardèche a redynamisé la filière, mais aussi quelles sont les différentes variétés ou encore les menaces auxquelles il faut faire face : champignons, insectes, réchauffement climatique. Il nous parle aussi de la récolte qui va bientôt débuter et pour laquelle les filets commencent à être placés sous les arbres. Chaque année, la ferme produit environ 60 tonnes de châtaignes.

Aurélien, le fils (et responsable de la production) nous emmène ensuite voir les ateliers de transformation. En effet, l’intégralité de la production est transformée sur place. Les ateliers servent aussi à la transformation des autres productions fruitières de la ferme, ainsi qu’à d’autres agriculteurs qui louent les infrastructures pour transformer leurs châtaignes. La récolte n’ayant pas commencé, la production le jour de notre visite est limitée à la pâtisserie et à la fabrication de crème de marrons. Malgré tout, les machines de décorticage et de tri des châtaignes sont très impressionnantes.

machines industrielles de pelage des châtaignes
Dans l’atelier, les machines à éplucher les châtaignes peuvent traiter plusieurs centaines de kg par heure.
pots de crème de marron
Dans l’atelier, les pots de crème de châtaignes attendent de refroidir

Enfin, nous terminons notre découverte de la châtaigne par une balade nature où nous apprenons comment les plantes se sont développées jusqu’à devenir des arbres et donner des fruits, protégeant leurs graines.

un guide naturaliste
Balade naturaliste dans la châtaigneraie
vue sur la vallée dans une trouée de feuillages de châtaigniers
Vue sur Lamastre depuis la châtaigneraie

Un déjeuner partagé convivial

Pour le déjeuner, nous étions attendu sur la terrasse de Cathy qui tient la ferme auberge de Jameysse à Désaignes. Là, l’ensemble des producteurs et restaurateurs participant à cette journée des ambassadeurs de l’Automnal Gourmand avait apporté un aperçu de son savoir faire. C’est donc sous forme de buffet que le repas a été généreusement servi. C’était l’occasion de découvrir des produits de grande qualité, parmi lesquels j’ai particulièrement apprécié :

  • les fromages de la ferme de l’Oppidum, à Saint Andéol de Fourchades (Ardèche)
  • les picodons de la chèvrerie de Bouchet Ravaux, à Jaunac (Ardèche)
  • les planches gourmandes des délices du Mézenc, au Fay sur Lignon (Haute Loire)
  • les bouchées végétales de l’Ane Têtu, un restaurant végétalien de Désaignes (Ardèche)
  • les confitures (et les pancakes) d’Un brun gourmand, de Saint Romain Lachalm (Haute Loire)
  • les macarons de Thico, de Saint Agrève (Ardèche)
  • le café de Saba, torréfié à Saint Bonnet le Froid (Haute Loire)
  • les chocolats Riou, au Cheylard (Ardèche)

Informations pratiques

Les partenaires chez qui nous avons passé un bon moment

Nous avons été accueillis à la Ferme du Châtaignier, située 700 chemin du Roux à Lamastre. Sur place, on trouve une boutique de produits préparés sur place. Il est aussi possible d’y prendre un goûter. Des visites de la ferme sont organisées, mais il y a aussi un sentier d’interprétation à travers la châtaigneraie.
En particulier, durant l’Automnal Gourmand, la ferme du châtaignier organise des visites guides les mercredis et samedis.

Nous avons déjeuné sur la terrasse de la ferme auberge de la Jameysse, à Désaignes. Cathy y propose une cuisine de saison à base des produits de la ferme. En hiver, le feu crépite dans la cheminée de la grande salle aux longues tables conviviales.

Les évènements de l’Automnal Gourmand

La 5e édition de l’Automnal Gourmand a lieu du 27 septembre au 9 novembre 2025. Elle se décline entre rendez vous découvertes, temps forts et menus gourmands. L’an dernier, je n’avais pas eu l’occasion de participer aux différentes évènements en dehors de la journée de lancement, et je le regrette un peu. Cette année, mon mois d’octobre s’annonce bien rempli mais je vais essayer de garder un week-end pour l’Automnal Gourmand, même si je ne sais pas encore lequel.

Parmi les temps forts, j’ai particulièrement noté :

  • les Castagnades, par exemple celles de Désaignes le 19 octobre
  • la fête de la Courge de Saint Agrève et son concours de pâtisserie, qui aura lieu les 25 et 26 octobre
  • l’iconique foire aux champignons de Saint Bonnet le Froid, qui viendra clore cette édition de l’Automnal Gourmand les 8 et 9 novembre

Côté animations, je me laisserai bien tenter par une balade gourmande à Lamastre (les 11 / 14 / 21 / 28 octobre) ou à Désaignes (le 18 octobre) pour mêler découverte patrimoniale et dégustations (réservation via l’office de tourisme du Pays de Lamastre). Il y a aussi plein d’animations adaptées aux enfants durant les vacances de la Toussaint, dont des visites de chèvreries.

des châtaignes dans leur bogue, posée sur une main
Star ardéchoise !

Lamastre & Désaignes
Ardèche – 29 septembre 2025


(*) Cette journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) de la part des offices de tourisme des territoires organisant l’Automnal Gourmand, et en particulier de celui du Pays de Lamastre où se déroulait la journée. Comme l’année dernière, j’ai été ravie de vivre ces moments de partage avec les producteurs et prestataires de ces territoires aux paysages magnifiques, et j’ai découvert des produits exceptionnels.

[Drôme] le Souffle du Nord

Tous les soirs de la semaine dernière, l’association Upidum a joué son spectacle le Souffle du Nord au domaine de Valsoyo, à Upie, pas très loin de chez moi. Il y a deux ans, ils avaient monté le 3e volet de La Légende d’Andarta. Cette fois, c’est un tout nouvel arc narratif qui a été développé. Comme pour Andarta, les scénaristes sont partis d’un fait historique : une violente bataille entre les Cimbres venus du Nord et les Romains en IIe siècle avant notre ère qui a eu lieu dans les environs. La tradition populaire veut même que ce soit de là que vient le nom du quartier Les Batailles à Upie. A partir de là, ils ont imaginé un scénario faisant intervenir une princesse cimbre, un centurion romain pas toujours très futé, un guerrier gaulois, quelques divinités et une créature mythologique. Ce n’est donc pas un récit historique mais une fiction fantastique. Impliquant 160 bénévoles, c’est une grosse production à l’échelle locale. Comme pour Andarta, le texte fait la part belle à l’humour et aux clichés façon Astérix. Le spectacle est familial, l’ambiance conviviale. La soirée commence presque 3 heures avant le début du spectacle avec un village gaulois qui comporte un marché artisanal, une mini ferme, des jeux, des temps de contes, et bien entendu une taverne.

flyer du spectacle Le Souffle du Nord par l'association Upidum en 2025


Le souffle du nord
Domaine de Valsoyo – Upie – Drôme
août 2025


(*) Par souci de transparence, j’ai été invitée par l’association Upidum à ce spectacle (collaboration commerciale non rémunérée). J’avais bien aimé ma soirée à Andarta, et je n’ai donc pas hésité quand ils m’ont proposé de venir découvrir leur nouvelle création. Et je n’ai pas été déçue.

[Ain] que faire dans la Dombes, même s’il pleut ?

En juillet, j’ai été invitée avec d’autres éclaireurs Partir-Ici.fr par Dombes Tourisme à une journée de découverte de la région. Bien sûr, le programme avait été prévu en tablant sur du beau temps, ce qui est généralement le cas à cette saison de l’année. Mais, pas de chance pour nous, ce samedi là, la météo était à l’orage et c’est sous une pluie battante que nous avons découvert Chatillon sur Chalaronne, obligeant l’office de tourisme à adapter le programme au fil de la journée. Mais il est tout à fait possible de passer une très belle journée dans la Dombes, même quand il pleut !

des maisons à pans de bois et briques
Le ciel s’assombrit au dessus de Chatillon sur Chalaronne

Préambule : C’est où la Dombes ?

Pour ma part, je sais situer la Dombes depuis que j’avais fait mes stages sur Lyon quand j’étais étudiante. J’avais en effet une copine qui habitait Trévoux, une ville située à la limite de ce secteur de l’Ain, et j’avais eu l’occasion de lui rendre visite chez elle ainsi que de me balader un peu dans le coin. Mais si vous ne connaissez pas encore, c’est une zone qui est entre Lyon et Bourg en Bresse et dont la particularité est d’être couverte d’une multitude d’étangs. Cela en fait un paradis pour les pêcheurs mais aussi pour les ornithologues car de nombreux oiseaux y résident ou s’y arrêtent pendant les migrations. Ce n’est pas très loin de chez moi (environ 2 heures de route depuis Valence), mais je n’avais pas encore pensé à aller explorer par là.

un étang entouré de végétation
Etang de Quinson

Visiter l’Hôtel Dieu de Châtillon sur Chalaronne et son apothicairerie

La vie en Dombes en 1900

Lors de notre journée dans la Dombes, il était prévu que nous visitions l’apothicairerie de l’ancien Hôtel-Dieu. Si la pluie ne nous a pas épargnés sur le trajet, elle n’a en rien contrarié cette intéressante découverte. A notre arrivée à l’Hôtel-Dieu, nous avons commencé par la visite en autonomie du musée de la vie dans la Dombes au début du XXe siècle. En quelques salles, c’est toute la vie quotidienne des dombistes qui nous est racontée à travers la présentation d’objets du quotidien collectés dans les familles de la région. J’ai eu un coup de cœur pour les coiffes présentées, et en particulier les délicats bonnets de dentelle.

cour de l'hotel dieu de Chatillon sur Chalaronne
Il y a beaucoup d’hortensias à Chatillon sur Chalaronne car c’est ici qu’il a été acclimaté
La coiffe noire est une coiffe typique de cette région de l’Ain, et était portée pour les jours de fête

La pharmacie de l’Hôtel Dieu

L’apothicairerie, située dans un autre bâtiment de l’ancien Hôtel-Dieu, n’est accessible qu’avec un guide. Il faut dire que les lieux sont fragiles et la collection exceptionnelle. En effet, l’apothicairerie a conservé ses 120 pots en faïence de Meillonnas telle qu’à son ouverture en 1814, ainsi que son meuble d’origine. Celui-ci a été conçu spécialement pour ranger les pots de façon à la fois pratique et esthétique. Dans la pièce, des tiroirs permettent aussi de ranger des plantes séchées entrant dans la composition des remèdes. Enfin, quelques outils de mesure et de fabrication sont également présentés. De l’autre côté du couloir, on trouve la tisanerie. Là, de grands tiroirs organisés pour faciliter l’accès aux plantes les plus courantes servaient à stocker les plantes séchées. On y assemblait des tisanes aux vertus curatives. La pharmacie de l’Hôtel Dieu a cessé ses activités en 1939.

pots et flacons dans les étagères de l'apothicairerie
pots et flacons dans les étagères de l’apothicairerie
pots et flacons dans les étagères de l'apothicairerie
Les étagères vont jusqu’au plafond. Dessous, des placards servent de rangements.
tiroirs en bois pour ranger les plantes
Sur les façades des tiroirs, les noms des plantes sont précédés des abréviations RD pour Racine De et FD pour Feuille De

Petit bonus : la visite de la chapelle

Afin de nous faire faire un tour complet des lieux, nous avons pu entrer dans la chapelle. Celle-ci était située entre les salles des hommes et des femmes. L’ensemble était conçu de sorte à permettre aux malades d’assister à la messe depuis leur lit. Chaque salle était en effet séparée de la chapelle par des grilles.

Ce triptyque datant de 1527 n’était pas à l’origine à l’Hôtel Dieu mais il y est conservé
La cour desservait les différents bâtiments de l’Hôtel Dieu. Elle permet aujourd’hui d’accéder à des jardins en visite libre.


(*) Le musée de la vie en Dombes en 1900 est en accès libre aux horaires d’ouverture de l’Hôtel Dieu. L’apothicairerie se visite uniquement en visite guidée. Les informations pratiques sont sur le site internet des musées municipaux.


Suivre une visite guidée pour découvrir Châtillon sur Chalaronne

Après la visite de l’Hôtel-Dieu, nous avons profité d’une accalmie côté pluie pour flâner un peu dans la ville de Chatillon sur Chalaronne, en particulier le long de la rivière et sur les petits ponts. Nous avons ensuite rejoint Diane, qui est guide conférencière, et propose via l’office de tourisme des visites guidées. Celle que nous avons suivie s’appelle Chatillon, regards d’hier et d’aujourd’hui. Diane nous a présenté des vues anciennes des lieux devant lesquels nous nous trouvions afin de constater les différences et de voir l’évolution des commerces dans le bourg au fil depuis la fin du XIXe siècle. Cette visite est aussi une opportunité d’évoquer le passé (et le présent) industriel de Chatillon sur Chalaronne ou encore les liens de la ville avec les courses de chevaux. En 1h30, Diane nous raconte la ville et son développement, mais également ses personnages célèbres (saviez-vous que Saint Vincent de Paul a été le curé de Chatillon sur Chalaronne ?) et ses particularités architecturales.


(*) La liste des visites guidées, leur dates et leur réservation se fait directement sur le site internet de Dombes Tourisme.

En complément des visites guidées, l’office de tourisme propose aussi Les aventures de Physalis : des pochettes de jeux de piste, l’un dans les rues de Chatillon sur Chalaronne et l’autre autour de l’étang Prêle, proche de la ville. Destinées aux familles (mais bien entendu jouables même sans enfants), les pochettes contiennent tout ce qu’il faut pour jouer et sont en vente à l’accueil de l’office de tourisme (place du champ de foire à Chatillon sur Chalaronne). Nous n’avons pas eu le temps de les essayer mais le matériel proposé donnait envie de jouer !


Prendre un cours de dessin en plein air

Parmi les activités originales proposées par Dombes Tourisme, il y a aussi La Dombes se dessine, des cours de dessin en plein air. Guidés pas à pas par Orianne Amiot, l’atelier permet de réaliser un dessin in situ. Au départ, nous devions aller au bord d’un étang (et en profiter pour faire de l’observation ornithologique) mais compte tenu de la météo, l’atelier a été rapatrié dans Chatillon sur Chalaronne, à proximité de la halle afin de pouvoir s’y abriter le cas échéant. C’est donc la perspective de la porte de Villars depuis la place du marché qui était notre sujet. Orianne fournit tout le matériel, et il suffit ensuite de se laisser guider pour démarrer. Petit à petit, on prend confiance et on interprète ce que l’on voit pour le traduire en lignes et en couleurs, toujours sous les conseils bienveillants d’Orianne. A la fin, sur la dizaine de participants que nous étions à l’atelier, il y avait autant de versions très différentes de la même rue vue du même endroit (et personnellement, je trouve cela fascinant). Et si vous vous demandez si vous avez les qualités artistiques nécessaires, arrêtez de vous poser des questions et essayez : avec Orianne, tout devient facile !

un dessin d'une rue devant la rue en question
Mon dessin…


(*) La liste des animations « La Dombes se dessine », leur dates et leur réservation se fait directement sur le site internet de Dombes Tourisme.


Se régaler

Aller au marché

La Dombes est une terre de gourmandise. A Chatillon sur Chalaronne, chaque samedi matin, les habitants et vacanciers se pressent sous la grande halle datant du XVe siècle. Là, un marché, reconnu marché d’exception au niveau national, se tient. Plusieurs dizaines de producteurs viennent proposer leurs produits : fruits, légumes, volailles de la Dombes et de Bresse, œufs, charcuteries, pain, pâtisseries, fleurs… Ce marché est une vraie pépite, typiquement le genre d’endroit où j’aime m’approvisionner (et contrairement à beaucoup de marchés, on y est à l’abri de la pluie !)

Le marché du samedi matin à Chatillon sur Chalaronne
Le marché du samedi matin à Chatillon sur Chalaronne

Déguster des spécialités locales

Si vous me connaissez un peu, vous savez que je suis toujours curieuse de découvrir les spécialités culinaires locales lorsque je visite une région. Pour cela, nous sommes allés manger au restaurant La Gourmandine. Quand il fait beau, il dispose d’une charmante terrasse au bord de la rivière. Quand la météo est plus contrariante, la salle du restaurant est aussi pleine de cachet, avec ses briques apparentes. La carte fait la part belle aux produits locaux, en particulier le poulet Prince des Dombes ou celui de Bresse, les goujonnettes de carpes, la truite et les grenouilles (n’oublions pas que nous sommes dans une région d’étangs). Pour ma part, j’ai opté pour les grenouilles. C’est un plat que j’aime beaucoup mais que l’on trouve rarement au restaurant. Celles-ci étaient parfaites, cuites juste comme il faut, absolument pas sèches. Et pour le dessert, le moelleux cœur coulant au chocolat est à commander en début de repas, et il est excellent.

façade du restaurant La Gourmandine
La Gourmandine est située dans une maison ancienne à pans de bois


(*) Le restaurant La Gourmandine est situé 142 Rue Pasteur à Chatillon sur Chalaronne. Il est recommandé de réserver car l’établissement a une capacité limitée.


Découvrir le savoir faire d’un MOF Chocolatier

Pour nous réconforter face aux aléas météorologiques, l’office de tourisme a demandé à Vincent Durant de nous accueillir, et il a gentiment accepté au pied levé pour notre plus grand bonheur. En effet, Vincent Durant est Meilleur Ouvrier de France chocolatier. De plus, il s’inscrit dans une démarche de promotion des produits locaux en sourçant au maximum ses matières premières dans la région. On trouve ainsi dans ses chocolats du beurre et du piment de Bresse ou encore des graines de tournesols d’un agriculteur de la région. La provenance est d’ailleurs indiquée sur les étiquettes des chocolats dans la boutique. Il cherche en outre à minimiser les kilomètres parcourus par ses emballages (produits donc à proximité) et à les rendre réutilisables. Pour cela, presque tous ses chocolats ont la même forme, celle d’un petit palet. Ainsi, ils peuvent tous prendre place dans les petits plateaux thermoformés empilables spécialement conçus pour Vincent Durant. Même les jolis petites grenouilles en chocolat ont des dimensions adaptés pour s’y insérer. C’est avec beaucoup de générosité que Vincent Durant nous a fait découvrir l’étendue de sa gamme, des chocolats aux associations insolites aux boissons maison (cola et kombucha) en passant par les pralines multicolores à l’enrobage fruité. Et tout était délicieux !


(*) La boutique de Vincent Durant se situe 39 rue Etienne Bouillet, dans le centre médiéval de Chatillon sur Chalaronne.


Assister à un spectacle

Lors de cette journée dans la Dombes, j’ai découvert que la région était un territoire très riche en festivals. Je connaissais de réputation celui des Musicales du Parc des Oiseaux qui accueille chaque année de très belles têtes d’affiche. Mais j’ai appris qu’il y avait un festival d’arts du cirque au début de l’été (fin juin/début juillet) et un festival de musique dédié aux cuivres en juillet. Cuivres en Dombes propose une programmation variée avec des évènements allant de l’apéritif musical au concert classique. Ces évènements ont en outre la particularité de se dérouler dans des lieux patrimoniaux majeurs du territoire, par exemple sous la halle de Chatillon que j’ai déjà évoquée. Le soir où j’étais dans la Dombes, le concert aurait dû se dérouler en plein air au domaine du Gouverneur (qui semble magnifique). Le département ayant été placé en alerte orange aux orages, le spectacle a été rapatrié en intérieur à l’hippodrome de Chatillon. Sur place, il était possible de boire un verre et de déguster une planche. J’avais choisi celle dite dombiste et qui proposait des produits à base de poisson d’eau douce. Quant à la programmation du jour, en première partie Heptabrass, un groupe d’anciens élèves de la Haute Ecole de Musique de Genève proposait un programme issu de la musique classique, tandis qu’en seconde partie le groupe australien Hot Potato Band offrait une prestation pleine d’énergie et de bonnes vibrations.


(*) Le festival Cuivres en Dombes a lieu chaque année en juillet. Il propose aussi quelques spectacles « hors saison ».


S’il ne pleut pas trop, se balader autour d’un étang

Le lendemain, la météo était plus clémente et j’ai eu envie de profiter un peu des étangs avant de reprendre la route vers la Drôme. Je suis donc allée à l’étang du Plantay car j’avais repéré sur le site internet de Dombes Tourisme une jolie balade à faire. Je n’ai pas été déçue. Entre les points de vue sur la Tour du Plantay (actuellement en cours de restauration), le calme des rives de l’étang seulement troublé par le chant des grenouilles et les oiseaux que j’ai pu observer, j’ai effectivement fait une très belle promenade. Concernant les oiseaux, sans prendre le temps de m’arrêter pour les attendre, j’ai pu voir des foulques, des canards colvert et des hérons. Et en chemin, au bord d’un autre étang, c’est un couple de cigognes qui s’est envolé devant moi.

Un peu plus loin, se recueillir au sanctuaire d’Ars

Toujours sur la route du retour, avant de rejoindre la vallée du Rhône, j’ai fait un arrêt au village d’Ars sur Formans. Il s’agit du village de Saint Jean Marie Vianney, le curé d’Ars. C’est aujourd’hui un lieu de pèlerinage avec plusieurs basiliques, l’une datant de la fin de XIXe siècle et construite par Pierre Bossan (l’architecte de la basilique de Fourvière à Lyon) et l’autre plus récente, en partie souterraine mais ne présentant pas d’intérêt visuel majeur. Malheureusement, je n’avais pas calculé que nous étions un dimanche matin et qu’il ne me serait pas possible de visiter la basilique du XIXe siècle, avec les messes s’y succédant. J’ai tout de même jeté un œil au presbytère, et aux chapelles voisines, ainsi qu’à l’impressionnante lanterne où les pèlerins déposent leurs intentions de prière en allumant une votive.


Châtillon sur Chalaronne et la Dombes – Ain – juillet 2025

(*) Bien entendu, ces activités ne sont pas réservées aux jours de pluie et peuvent être réalisées aussi quand il fait beau. J’espère d’ailleurs que lorsque vous irez dans la Dombes, le soleil brillera. Mais si ce n’est pas le cas, on ne s’y ennuie pas !

hortensias à coin d'un perron de maison

A noter : J’ai effectué les différentes activités à Châtillon sur Chalaronne (visite de l’Hôtel Dieu, visite guidée, cours de dessin, repas, découverte du chocolatier et concert Cuivres en Dombes) dans le cadre d’une invitation à un instameet par Dombes Tourisme (collaboration commerciale non rémunérée). Les avis et retours d’expérience restent cependant les miens.