C’est une journée qui avait commencé de façon assez banale. La météo prévue n’était pas très engageante, et je m’étais dit que c’était l’occasion d’aller à Grenoble pour visiter l’exposition des photographies de montagne de Charlotte Perriand. J’ai donc pris le train depuis Romans assez tôt le matin, dans l’idée d’arriver à Grenoble avec le temps de prendre un café tranquillement avant l’ouverture du musée. Mais, comme souvent, il n’a pas fallu grand chose pour que je modifie mes plans.

Un tour à la Bastille
Faire une randonnée en ville
Alors que depuis la gare, je me dirigeais à pied vers le centre ville de Grenoble, j’ai croisé un panneau de randonnée. Il indiquait « La Bastille par la Fontaine au Lion ». J’avais souvent eu envie de monter à pied à la Bastille mais soit je n’en avais pas le temps, soit j’étais blessée (ou en rémission de blessure), soit j’étais vraiment trop en tenue de ville (surtout au niveau des chaussures). Cette fois, les conditions étaient bonnes. J’avais du temps devant moi car je pouvais tout aussi bien visiter l’exposition plus tard dans la journée. Le claquage que je m’étais fait un gros mois auparavant ne me faisait plus trop mal. Et j’avais presque une tenue adéquate : une robe légère mais des baskets (de ville) aux pieds, même si j’aurais préféré avoir mon sac à dos plutôt que mon sac à main. Quant à la météo, elle était grise mais ni trop froide ni trop chaude.

J’avoue que je n’ai pas mis longtemps à me décider et à partir sur les escaliers qui montent derrière la Fontaine au Lion. Très vite, ils se transforment en chemin et la balade urbaine devient randonnée. Comme nous étions samedi matin, j’étais loin d’être seule malgré l’heure encore matinale. J’ai en effet croisé de très nombreux trailers et quelques randonneurs. J’ai aussi surpris de nombreux regards interloqués en décryptant ma tenue : je n’avais clairement pas la tenue réglementaire rando/trail ! Cela ne m’a pas empêchée de monter à un rythme correct (et de dépasser quelques personnes au passage). J’ai profité des points de vue sur la ville tout au long de la montée. Je me suis amusée des passages un peu plus urbex.








Continuer jusqu’aux grottes de Mandrin
Une fois arrivée en haut de la Bastille, j’ai décidé de continuer un peu pour aller explorer les grottes de Mandrin, environ 500 mètres plus loin. Situées à flanc de rocher, dominant la presqu’île de Grenoble, ces grottes ont selon la légende servies de refuge au célèbre bandit du XVIIe siècle. En réalité, elles ont été creusées et aménagées par l’armée au moment de la construction du fort de la Bastille dans les années 1840. Elles ont servi d’abord de carrière pour les pierres du fort, avant d’être aménagées de sorte à pouvoir observer le glacis et prendre un ennemi à revers. Elles comportent donc de nombreuses fenêtres permettant de faire feu en direction du glacis, ainsi qu’un passage en grande partie souterrain permettant de rejoindre la porte du fort. Aujourd’hui, elles restent une curiosité sur ce côté du massif de la Chartreuse.

Après cela, sur le trajet de retour en ville, toujours à pied, je me suis arrêtée prendre un café dans le fort. J’avoue avoir été un peu vexée quand le serveur a sous-entendu que j’étais arrivée par les bulles. Lui par contre a semblé surpris quand je lui ai dit que non, j’étais venue à pied par le chemin…
Une visite au musée
De retour en ville, et après avoir déjeuné, je suis allée au musée. En plus de l’exposition des photographies de Charlotte Perriand pour laquelle j’étais venue, il y avait une exposition de photos de Bernard Descamps. J’en ai aussi profité pour un tour rapide dans les collections permanentes.




Charlotte Perriand, la montagne re-créative
L’exposition Charlotte Perriand, la montagne re-créative explore les liens entre les réalisations de l’architecte et designer et son rapport à la montagne. Elle était en effet une alpiniste confirmée et a passé beaucoup de temps à parcourir les sommets alpins. De ses expéditions, il reste de nombreuses photos de paysages, mais aussi des gens de la montagne, des objets et habitats. C’est un véritable témoignage sur la vie montagnarde entre 1927 et 1938. On y découvre aussi une jeune femme éprise de liberté et faisant fi de certaines convenances. Tout cela viendra ensuite nourrir tant ses meubles que les bâtiments qu’elle dessinera. De son travail à la montagne, on retiendra la station des Arcs, intégrée à la montagne, et le mobilier intégré, dessiné pour les appartements au ski qui ont tellement inspiré les générations suivantes qu’on a l’impression de les avoir forcément déjà vus. L’exposition aborde rapidement son lien avec Le Corbusier, et manque à mon avis un point important : comment une femme libre a été contrainte de cacher son talent derrière celui d’un homme et de voir son travail pillé sans la reconnaissance qu’elle méritait.



Bernard Descamps, là où souffle le vent
Je ne connaissais pas le travail photographique de Bernard Descamps, et il y a beaucoup de propositions que j’ai appréciées dans celui-ci. L’exposition se construit auprès de différentes séries, parfois très contemplatives, parfois jouant avec les détails d’un paysage ou d’une scène. Le noir et blanc, travaillé, apporte une certaine pureté à l’ensemble. Sans être un coup de cœur, c’est une exposition que j’ai eu plaisir à parcourir. Et puis, j’ai beaucoup aimé la façon dont le soleil venait jouer dans les fenêtres et porter des ombres aux lignes marquées dans certaines salles.


Grenoble – Isère – mai 2026
Informations pratiques
- Montée à la Bastille : Il y a 2 chemins pour monter à la Bastille : pas les escaliers en partant de la porte de France et par le sentier en partant de la Fontaine au Lion. Dans les 2 cas, il y a des escaliers et du sentier, c’est la proportion entre les deux qui varie.
Par la Fontaine au Lion / depuis la passerelle Saint Laurent sur l’Isère : compter environ 2.5 km pour 300 de D+ pour arriver à la porte du fort. La montée est donnée pour 45 min à 1h15, et la descente pour 30 à 45 min.
Pour aller jusqu’aux grottes de Mandrin, il y environ 500 m (30 m D+) depuis la porte du fort.
A titre d’information, j’ai mis 1h30 à faire l’aller/retour depuis la passerelle sur l’Isère jusqu’aux grottes de Mandrin.
Si vous souhaitez découvrir les différentes possibilités de balade, vous pouvez consulter le site internet de la Bastille. Si vous voulez monter à la Bastille sans marcher, il est possible de prendre les bulles (téléphérique) au niveau du Jardin de Ville dans le centre.

- Musée de Grenoble : Le musée de Grenoble présente les expositions Charlotte Perriand, la montagne re-créative et Bernard Descamps, là où souffle le vent jusqu’au 23 août 2026.
Les conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du musée de Grenoble.

- Quelques autres idées à Grenoble :
- Le musée des troupes de montagne à la Bastille et le couvent Sainte Cécile dans le centre
- Le musée archéologique Saint Laurent
- Le musée du Vieil Evêché avec ses expositions temporaires et son baptistère paléo-chrétien
- Le musée dauphinois (que je n’ai pas encore eu le temps de visiter)
- Le muséum d’histoire naturelle et sa collection de cristaux
- Une balade en ville en prêtant attention aux façades