[Isère] 5 idées pour profiter de l’inter-saison aux Deux Alpes

Fin mai, sur une impulsion, je suis partie deux jours à la montagne. C’était quelque chose que j’avais envie de faire depuis un moment à cette saison, et que mon court séjour à l’Alpe d’Huez il y a deux ans avait renforcée. Je n’avais rien préparé. C’est en regardant la météo, très favorable, que je me suis décidée à partir deux jours. Je souhaitais de la montagne, et éviter les massifs que je fréquente habituellement. Exit donc le Vercors mais aussi la Chartreuse où j’étais allée peu avant. J’avais commencé à regarder du côté de la Matheysine que j’avais appréciée à l’automne. Mais en intersaison, je ne trouvais pas de logement de dernière minute. J’ai élargi un peu mes recherches et j’ai réservé moins de 2 jours avant aux Deux Alpes. Je suis arrivée sur place assez tôt un vendredi matin, pour repartir en fin d’après-midi le samedi.

La station des Deux Alpes, dominée par le roc de la Muzelle
La station des Deux Alpes, dominée par la roche de la Muzelle (3465 m)

1. Profiter de la station et ses points de vue

Le tour de la station

Quand je suis arrivée, et comme je n’avais rien préparé, mon premier réflexe a été de me rendre à l’office de tourisme pour des idées de randonnées. La dame à l’accueil m’a posé des questions sur mon style de randonnée (durée, rythme, dénivelé). Malgré tout, je n’ai pas vraiment eu l’impression d’être bien conseillée. Ses suggestions ont été faites sans grande conviction avec ce que j’ai ressenti comme un a priori (très négatif) sur mes capacités. (Je sais que j’hésite souvent quand on me pose ce type de question afin de ne pas me surestimer et d’éviter de me sous-estimer et que j’ai commis l’erreur de dire que je sortais d’une blessure. De plus, ma tenue ne plaidait pas en ma faveur puisque j’étais en robe et que j’avais encore aux pieds les sandales que je portais pour faire la route. Elle m’a fait une seule vraie proposition de randonnée, assez courte, alors que j’avais indiqué être là deux jours, et je n’ai pas apprécié son « si ça ne vous suffit pas, vous n’aurez qu’à revenir me voir demain ». Cependant, il faut sans doute reconnaître qu’il y a forcément des personnes, surtout dans ces secteurs de moyenne et haute montagne, qui doivent surestimer leurs capacités et qui, conseillées sur des chemins un peu trop techniques ou engagés, se retrouveraient en difficulté, et que donc les offices de tourisme peuvent être un peu frileux à envoyer les visiteurs sur de tels itinéraires. )

vue sur l'alpage et les montagnes aux 2 Alpes
depuis le chemin piétonnier de la station

Dans ses propositions, il y avait de parcourir le chemin piéton qui longe la station et de m’attarder un peu dans les quartiers plus anciens, bordés de chalets. Et, elle m’a conseillé deux points de vue à ne pas manquer, chacun à un bout de la station (et là, le chemin qui la longe prend toute son utilité). Depuis le chemin, on a de jolies vues sur les montagnes tout autour. Et cela m’a aussi permis de me repérer un peu (où se trouve l’hébergement, où il est possible de faire quelques courses, où on peut manger ou prendre un rafraichissement… c’est important à cette saison où beaucoup de commerces sont fermés).

vue sur la Roche de la Muzelle depuis les 2 Alpes
De partout, on voit la Roche de la Muzelle qui domine la station des Deux Alpes

Le point de vue de la pointe de Venosc

J’ai commencé par aller voir le point de vue à la pointe de Venosc, à environ 1 km du centre de la station. Là, à côté les installations du télécabine, un belvédère permet de faire face à la Roche de la Muzelle et d’apercevoir la cascade. J’ai vite repéré un sentier qui descend vers le village de Venosc. Je l’ai emprunté sur quelques centaines de mètres. Il descend à flanc de montagne sur environ 3 km jusqu’au village de Venosc. Il affiche aussi un D+ total de 675 m. Il est donc assez escarpé et je n’avais pas le temps de faire l’aller-retour avant l’heure du déjeuner (il est annoncé pour 1h15 à la descente et 2 heures à la montée). Et la télécabine n’était pas en fonctionnement ce jour-là. Je me suis donc contentée d’aller jusqu’au premier banc duquel on a une vue panoramique sur la vallée et la montagne en face.

vue sur la roche de la Muzelle depuis les 2 Alpes
Faire à la Roche de la Muzelle
banc avec vue sur la Roche de la Muzelle
Banc avec vue
On aperçoit la cascade au milieu, légèrement vers la gauche, dans le bas du versant d’en face

Le point du vue du lac de la Buissonière

Après le point du vue depuis la pointe de Venosc, je suis retournée dans le centre de la station pour acheter une bouteille d’eau (vu que j’avais oublié ma gourde à côté de l’évier en partant le matin). En discutant avec la personne à la caisse, elle m’a conseillé d’aller jusqu’au lac de la Buissonière. Et elle a su être beaucoup plus convaincante que la dame de l’office de tourisme dont les explications donnaient l’impression d’un point de vue sans intérêt mais facile d’accès. La caissière de la supérette au contraire, était enthousiaste sur le point de vue. Je m’y suis donc rendue (après un déjeuner en terrasse au soleil). Certes l’endroit est extrêmement facile d’accès, certes le lac est en réalité un petit plan d’eau pouvant servir à la baignade, mais il est situé au bord de la montagne, et on a l’impression qu’il se perd vers la vallée. Il mérite donc largement d’y faire un arrêt, et d’en faire le tour pour pleinement profiter du paysage.

vue sur le lac de la Buissonière
Le lac de la Buissonière
A noter qu’il est possible de s’y baigner, ce que je n’ai pas fait car je n’avais ni mon maillot ni ma serviette avec moi.
prairie de montagne au printemps
Les abords du lac de la Buissonière étaient fleuris de pissenlits

2. Randonner dans les alpages

Si j’avais souhaité venir à la montagne à cette saison, c’était pour profiter d’une randonnée sur les alpages. J’ai donc suivi l’itinéraire qui m’avait été conseillé à l’office de tourisme, mais je l’ai rallongé un peu. Il m’avait été indiqué de me rendre par le sentier jusqu’à la bergerie Kanata et de là rejoindre la station en longeant la montagne sur un sentier qui rejoint la place de Venosc. La montée à la bergerie (dont le départ se fait un peu plus haut que la station service, de l’autre de la route) m’avait été indiquée pour environ 1 heure et le retour à la station pour 30 minutes. Malgré de nombreuses pauses photos dues à la présence massive de fleurs, j’ai mis seulement une trentaine de minutes pour rejoindre la bergerie. Comme j’avais du temps, j’ai continué à monter sur la piste au dessus de la bergerie avant de faire demi-tour pour y redescendre. Puis, j’ai emprunté le sentier (a priori un sentier de PR, j’ai aperçu quelques rares balisages jaune) qui m’a ramenée à l’autre bout de la station. C’est globalement une randonnée sans difficulté qui offre de beaux panoramas. Il n’y a aucun passage technique et le dénivelé reste raisonnable. J’ai mis 2 heures pour faire une boucle incluant le passage par le lac de Buissonière, avec une longue pause goûter dans l’herbe à la bergerie, et pas mal de photos. Entre les fleurs, les paysages, et le soleil, c’était une dizaine de kilomètres de pur bonheur sur les chemins !

mare dans un alpage de montagne
Avec le printemps, les ruisseaux remplissent les petites mares
vue sur la Roche de la Muzelle et les sommets voisins
Toujours la Roche de la Muzelle en point de mire
vue sur un alpage
De l’autre côté de la station, il reste encore un peu de neige en altitude

3. Retrouver un peu la neige

Si je m’attendais à trouver les sommets enneigés en arrivant aux Deux Alpes, je ne pensais pas avoir l’occasion d’aller en profiter. En effet, il fallait vraiment monter en altitude pour la trouver et en randonnée, je n’en aurais pas eu le temps. Mais, la station des Deux Alpes permet de skier très tard dans l’année sur un glacier. Ainsi, une partie des pistes était encore ouverte, et il était possible de monter en tant que piéton via la télécabine du Jandri. Si très tôt le matin, la remontée est réservée aux clubs et fédérations de ski qui viennent ici pour s’entrainer quand il n’y a plus de neige ailleurs, un peu plus tard, on peut monter en tant que piéton (ou skieur individuel, ou vététiste). La télécabine, toute neuve, nous emmène en moins de 20 minutes jusqu’à 3200 mètres d’altitude, dans une benne silencieuse et vraiment très confortable. De là, les skieurs peuvent emprunter d’autres remontées mécaniques ou accéder directement à des pistes les redescendant jusqu’à 2600 mètres où ils peuvent reprendre la télécabine du Jandri. Les vététistes ont eux accès à une piste de descente qui les ramène à la station et qu’ils peuvent prolonger jusqu’à Venosc pour 25 km de descente et 2000 mètres de dénivelé. Pour ma part, je suis restée à pied et j’ai profité des magnifiques panoramas et de l’ambiance « ski » de la terrasse du restaurant d’altitude. J’aurais bien aimé poursuivre l’ascension jusqu’à 3400 m mais le funiculaire rencontrait un souci technique et ne fonctionnait pas.

panorama de montagne enneigées
Dans le fond, on pouvait apercevoir le Vercors et le Mont Aiguille
panorama de montagne enneigées
Dans le fond, la silhouette imposante du Mont Blanc et des Grandes Jorasses, au premier plan, les Aiguilles d’Arves
pistes de ski
Pistes de ski sur le glacier
panorama de montagne enneigées
La télécabine du Jandri
panorama de montagne enneigées
Au pied des Ecrins, les cours de ski
café en terrasse
Café en terrasse au restaurant d’altitude

4. Découvrir un village plein de charme

Après l’altitude et la neige, je suis redescendue par la télécabine du Jandri jusqu’à la station, puis j’ai pris la télécabine du Venosc pour rejoindre le village éponyme. De l’arrivée de la télécabine, il faut marcher un peu pour remonter jusqu’au village. Celui-ci est vraiment plein d’un charme à l’ancienne, avec ses rues piétonnes bordées de vieilles maisons. Il semble y avoir de jolies boutiques, mais j’y étais entre les saisons d’hiver et d’été et tout était fermé. J’ai poussé jusqu’au hameau du Sellier, de l’autre côté du ruisseau pour jeter un œil à la jolie petite chapelle. Très simple, elle fait partie de ces chapelles de montagne que l’on trouvait dans chaque hameau afin que la messe puisse être dite partout.

dans le village de Venosc
Balcon avec vue
dans le village de Venosc
Le vieux village de Venosc et ses maisons pleines de charme
chapelle de montagne
La petite chapelle du hameau du Sellier

5. Aller se rafraichir au pied d’une cascade

En descendant à Venosc, en plus de la découverte du village, j’avais une idée bien précise : aller voir de près la cascade de la Muzelle que j’avais aperçue la veille depuis le point de vue de la pointe de Venosc. Le départ de la randonnée se fait depuis la station basse du télécabine de Venosc. Il faut d’abord suivre la route jusqu’au Bourg d’Arud, traverser la rivière et le hameau d’Alleau. De là, la cascade est clairement indiquée. Le sentier suit le GR (balisage rouge/blanc) sur un chemin bien empierré, qui ressemble à une ancienne voie de circulation et qui grimpe bien. A la bifurcation, il faut prendre une sente en terre sur la gauche légèrement en descente (un panneau indique la direction de la cascade, mais on peut aussi se guider au son de celle-ci). Un peu plus loin, un banc permet d’avoir une jolie vue sur la cascade. Un chemin descend vers le lit de la rivière et le pied de la cascade (attention un panneau indique un risque de modification soudaine du débit en raison de la présence d’ouvrages hydroélectriques en amont). De là, le spectacle en cette saison de fonte des neiges est impressionnant. Le retour se fait en rebroussant chemin. L’aller-retour depuis la télécabine du Venosc fait environ 3 km pour 120 m D+ et est donné pour 1h15 (j’ai mis 50 minutes, pauses photos comprises).

vue sur la vallée du Vénéon au niveau du Bourg d'Arud
On traverse le Vénéon aux eaux bleues glacier
chapelle du Bourg d'Arud
La chapelle du Bourg d’Arud a la simplicité des chapelles de montagne
vue sur le village de Venosc depuis la rive opposée du Vénéon
Vue sur le village de Venosc


Les 2 Alpes – Isère – mai 2026

chat observant à travers un feuillage
Celui qui m’a regardé traverser le village d’Alleau

[Isère x Savoie] admirer les cascades du cirque de Saint Même au printemps

J’ai une passion pour les cascades, depuis que je suis toute petite. J’ai pourtant grandi dans une région où elles sont peu nombreuses. Mais elles m’ont toujours fascinée, qu’ils s’agissent de cascades naturelles comme celles de Mortain ou artificielles comme la chute d’eau du moulin d’un ami de ma famille. Forcément, depuis que je vis au pied de la montagne, j’ai beaucoup plus souvent l’occasion d’en croiser. Pour cela, je vais essentiellement dans le Vercors. Mais le massif de la Chartreuse a aussi son lot de pépites, et en particulier dans le cirque de Saint Même. Au printemps, les cascades y sont exceptionnelles !

immense cascade au milieu de la forêt
La grande cascade du cirque de Saint Même

Direction le cirque de Saint Même

Cette sortie dans le cirque de Saint Même, je ne l’avais pas du tout anticipée. J’y étais déjà allée un été. Les cascades y étaient magnifiques mais j’avais gardé dans un coin de ma tête qu’à la fonte des neiges, elles devaient être très impressionnantes. Un matin de week-end du mois de mai, réveillée au petit jour, et alors que la météo s’annonçait belle après une semaine de fortes pluies, je cherchais une idée de balade. Saint Même s’est assez vite imposé. Me voilà donc partie pour la Chartreuse, à environ 1h30 de route de la maison. L’avantage d’être levée tôt, c’est qu’on part tôt et qu’on arrive sur place tôt. J’ai donc laissé la voiture sur le parking du cirque de Saint Même vers 9.00 du matin, après avoir enfilé mes chaussures de randonnée.

un rivière en montagne bordée d'arbres au pied d'une falaise
Il y avait beaucoup d’eau dans la rivière

Dès les abords du parking, le bruit de la rivière laisse présager qu’il y a beaucoup d’eau et que le spectacle des cascades sera au rendez-vous. Je commence à marcher dans la plaine du cirque en direction des sentiers qui mènent aux différentes cascades. L’heure étant encore matinale, je suis seule dans ce bout du monde. La fois où j’étais venue avec les enfants, nous avions commencé par le sentier du fond du cirque, le plus facile. Cette fois, je décide de commencer par le sentier des cascades afin de terminer par la partie la plus facile.

poteau directionnel de randonnée dans le cirque de Saint Même
C’est parti sur le sentier !

Le sentier des cascades

Une montée à flanc de montagne

Le sentier des cascades emmène d’abord le randonneur à la Grande Cascade, la plus iconique du cirque de Saint Même. Toutefois, elle se mérite un peu car le chemin est essentiellement une longue montée de presque 1 km. J’ai trouvé que le sentier était en moins bon état que dans mon souvenir. Si je me rappelais de la pente (et de combien j’avais souffert dans cette montée après des mois de confinement et en ayant repris la randonnée seulement la veille), je me souvenais d’un terrain plutôt facile. Là, j’ai l’impression que les intempéries ont fortement attaqué le sol et raviné la terre. Les racines sont à nu, formant des boucles dans lesquelles il est aisé de se prendre le pied. Les cailloux glissent sous les chaussures. Les rochers sont nombreux et forment des marches qu’il n’est pas toujours simple de passer. Malgré tout, j’avance bien (je peux donc affirmer que je nettement plus en forme qu’en juillet 2020 ! ).

balisage du sentier des cascades du cirque de Saint Même
Le sentier est très bien balisé
sentier dans les cailloux
Le sentier passe bien dans les cailloux…

La Grande Cascade

Environ une demie heure après avoir passé le panneau directionnel, j’arrive à proximité de la Grande Cascade. Compte tenu des conditions météo et du fait que je suis seule, je ne cherche pas à aller vers le Pas de la Mort et les cascades supérieures. Je m’approche donc de la Grande Cascade. Son débit est extrêmement puissant et elle projette des embruns à une bonne dizaine de mètres à la ronde. Je prends plein de photos avant de descendre au bord de la rivière. Puis, je me dirige vers le pont en bois pour le traverser et amorcer la descente sur l’autre rive.

Un crochet par la Cascade Isolée

Je descends tranquillement dans la forêt en longeant la rivière. Elle s’enfonce dans des chaos rocheux, et on l’entend de loin. Les lumières dans les arbres sont superbes. Je sens que le soleil est plus haut et surtout que je suis sur le versant le plus ensoleillé du cirque. Cette fois, je ne manque pas la bifurcation vers la Cascade Isolée. Au bout du chemin, l’eau chute rapidement le long d’une paroi abrupte. Cette cascade aussi projette de nombreux embruns, créant une vague de brume flottant au dessus du lit de la rivière. Je reste un long moment à contempler ce spectacle de la puissance de la nature, avant de rebrousser chemin pour rejoindre le sentier principal qui redescend vers le calme de la plaine du cirque.

torrent de montagne dans une forêt
La rivière se faufile au cœur d’un chaos rocheux.

Le sentier du fond du cirque

Une fois revenue dans la plaine, je suis repartie pour le sentier du fond du cirque. Celui-ci longe d’abord la rivière jusqu’à une passerelle très romantique. Puis, le chemin s’engage dans un chaos rocheux. Il ne faut pas avoir peur de grimper un peu : le chemin passe bien par là et emmène jusqu’au pied de la cascade de la Pisse du Guiers. C’est la plus basse des cascades du cirque de Saint Même. Le Guiers s’écoule ensuite à travers la plaine du cirque puis en direction des villages de Saint Pierre d’Entremont (j’ai bien mis « les villages » car Saint Pierre d’Entremont est un bi-village situé à cheval entre la Savoie et l’Isère). Là encore, le débit est très impressionnant et les embruns fortement présents. Une nouvelle fois, je passe un bon moment au pied de la cascade avant de revenir sur mes pas et de regagner le parking, des images époustouflantes plein la tête (et la carte mémoire de l’appareil photo).

balisage du sentier du fond du cirque à Saint Même
Le balisage du sentier du fond du cirque est très visible

rivière en forêt
Ici, j’ai eu l’impression d’être dans un décor du Seigneur des Anneaux et d’approcher de Rivendell (Fondcombe dans la version française)


Cirque de Saint Même – Chartreuse – entre Isère & Savoie
mai 2026


Informations pratiques

  • Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse : Le cirque de Saint Même est situé dans la réserve naturelle des Hauts de Chartreuse. La réglementation de la réserve naturelle s’applique donc, en particulier : pas de feu, pas de camping, pas de cueillette de plantes sauvages. Les chiens sont interdits dans la réserve naturelle, sauf sur les deux sentiers principaux du cirque de Saint Même. Par ailleurs, afin de respecter le milieu naturel, il est important de bien rester sur les chemins. En effet, le passage dégrade les sols, il faut donc limiter la zone concernée. Enfin, et cela devrait tomber sous le sens, on ne laisse pas ses déchets dans la nature et on ramène tout pour le mettre à la poubelle en rentrant. J’ai été choquée de trouver un mégot de cigarette non éteint sur le sentier. Entre le fait de laisser un déchet derrière soi et le risque de départ d’incendie, la personne qui l’avait jeté avait donc tout faux. (Et si vous vous posez la question, je l’ai éteint et emporté pour mettre dans une poubelle). L’accès à certaines peut aussi être interdit pour les préserver.
  • Accès au cirque de Saint Même : L’accès au cirque se fait depuis Saint Pierre d’Entremont. Il est payant en haute saison (tous les jours en juillet / août, les week-ends d’avril à juin et en septembre) entre 9.00 et 17.00. Etant arrivée avant 9.00, je n’ai pas eu besoin de payer. Il y a environ 200 places de stationnement à l’entrée du site. Le parking est souvent complet en journée à la belle saison. Le péage permet d’en réguler l’accès.
  • Sentier des Cascades : Le sentier des cascades part au fond du cirque et monte de façon assez raide, avant de redescendre plus doucement si on suit le sens fléché. Il fait environ 2.5 km en boucle auxquels il faut ajouter un aller/retour d’environ 1 km pour aller voir la Cascade Isolée, avec 225 mètres de D+. Il est donné pour 1h30. J’ai mis un peu moins malgré les pauses photos.
    ATTENTION : le sentier des cascades est une randonnée quasi exclusivement dans les rochers, les cailloux et les racines. Il convient d’être chaussé correctement pour ce type de terrain. En juillet 2020, j’écrivais qu’il peut s’envisager avec des enfants qui marchent bien. Je le pense toujours, mais j’ajouterais qu’il faut qu’ils aient l’habitude des terrains accidentés et ne craignent pas d’escalader un peu dans les rochers.
    Les environs des cascades sont humides et glissants.
  • Sentier du fond du cirque : C’est le chemin le plus facile au moins dans sa première partie. Il est dommage cependant de ne pas continuer dans les rochers pour arriver jusqu’au pied de la cascade (auquel on accède en suivant le balisage jusqu’au bout). On parle ici sans doute plutôt de balade que de randonnée, avec une boucle de 1.6 km et 68 mètres de D+. La facilité du chemin ne doit pas dissuader les randonneurs plus aguerris d’y aller car la cascade et son environnement valent le coup d’œil. Là aussi, à l’approche de la cascade, les rochers ont tendance à devenir plus glissants.
anémones fausses renoncules
En repartant le long de la rivière vers le parking depuis la cascade de la Pisse du Guiers, il y avait des tapis d’anémones fausses renoncules dans le sous-bois

⚠️ Attention / Sécurité : L’accès au dessus de la Grande Cascade vers le Pas de la Mort et les sources du Guiers Vif n’est pas balisé et très dangereux. Il emmène vers des vires étroites à flanc de falaise et des passages avec échelles et câbles. Quand la météo est humide, c’est particulièrement glissant, et il faut donc éviter ce secteur. En tous temps, il est très fortement déconseillé de s’y engager si vous n’avez pas le pied sûr dans ce type de terrain technique ou si vous avez le vertige. Il est également déconseillé de s’y aventurer seul.

myosotis
Délicatesse du myosotis sauvage

[Ardèche] les orchidées du massif de Crussol – édition 2026

Cela va vous sembler incroyable mais je n’étais encore jamais allée voir les orchidées sur le massif de Crussol. J’en avais parfois croisé au hasard d’une balade vers les ruines du château, mais je n’y étais jamais allée spécifiquement. Compte tenu qu’il s’agit d’un des endroits autour de Valence où il y a le plus d’orchidées, et avec ma passion pour ces fleurs, il faut avouer que c’était vraiment une bizarrerie de ne pas y avoir fait une balade rien que pour cela. Aussi, au mois de mai, j’ai profité d’une balade nature spéciale orchidées organisée par Rhône Crussol. Au pied du château, j’ai retrouvé Nicolas un guide accompagnateur qui a partagé avec le groupe d’une bonne vingtaine de personnes que nous étions ses connaissances sur ces plantes surprenantes pendant deux heures de promenade.

ruines du château de Crussol
Au pied du château de Crussol

Un milieu naturel riche en orchidées de toutes sortes

J’ai finalement pris assez peu de photos lors de cette sortie. A cela deux raisons principales : le fait d’être en groupe et l’heure de la journée. En effet, en groupe, c’est compliqué de rester longtemps à photographier une même fleur, surtout que chacun veut repartir avec son image souvenir. Donc, pour ne pas ralentir tout le monde, j’ai pris mes photos très rapidement. Bilan : de nombreuses photos floues. Ensuite, la balade a eu lieu de 14.00 à 16.00 donc à l’heure où le soleil est très haut et en plus, un jour de grand beau temps. Bilan : des images surexposées. Je vais donc me contenter d’une sélection des merveilles aperçues ce jour là (et en demandant votre indulgence pour la qualité des photos), essentiellement destinée à me servir d’aide mémoire pour les années à venir.

La listère à feuilles ovales

La listère à feuilles ovales est une grande orchidée très discrète avec ses fleurs vert pâle et que l’on trouve sur quasiment tout le territoire de France métropolitain. Une orchidée à laquelle je n’avais jamais prêté attention alors que statistiquement, j’en ai forcément déjà croisé.

listère à feuilles ovales
listère à feuilles ovales

L’orchis tridenté

L’orchis tridenté est une espèce protégée que j’ai déjà plusieurs fois croisée.

orchis tridenté
Orchis tridenté
Orchis tridenté
Orchis tridenté

L’anacamptis pyramidal

Autrefois dénommé orchis pyramidal, il a été reclassifié dans la famille des anacamptis. C’est en trouvant une anacamptis pyramidal dans le jardin de ma maison d’alors que je suis entrée dans le monde fascinant des orchidées sauvages. Le jour de la balade, nous avons aussi pu observer un individu hypochrome.

anacamptis pyramidal
anacamptis pyramidal

anacamptis pyramidal hypochrome
anacamptis pyramidal hypochrome

L’ophrys mouche et l’ophrys bécasse

Ces deux ophrys sont assez proches et parfois un peu difficile à différencier. L’ophrys bécasse est un peu plus « large » que son cousin et présente de légères excroissances.

ophrys mouche
ophrys mouche
ophrys bécasse
ophrys bécasse
il tient son nom de la forme de son gynostème (la petite forme verte) qui fait penser à cet oiseau

L’ophrys de la Drôme

L’ophrys de la Drôme a été découvert dans la Drôme mais on peut aussi l’observer dans la vallée du Rhône côté ardéchois sur les massifs de Crussol et Soyons. C’est d’ailleurs à Soyons que je l’avais vu pour la première fois. On le reconnait aisément avec son petit « miroir ».

ophrys de la Drôme
ophrys de la Drôme (en fin de floraison)
ophrys de la Drôme
ophrys de la Drôme

L’orchis fragans

L’orchis fragans est une orchidée assez rare (et protégée). Elle dégage une odeur vanillée assez nette. Je n’ai même pas eu besoin de coller mon nez à la plante pour la sentir.

orchis frangans
orchis frangans

L’épipactis microphila

Les épipactis sont pour moi parmi les orchidées plus compliquées à repérer. Il faut dire qu’ils ont le don de se fondre dans la végétation environnante avec leurs couleurs d’herbe séchée et leurs silhouettes discrètes.

épipactis microphila
épipactis microphila


Il y a bien d’autres variétés d’orchidées sur le massif de Crussol dont la période de floraison varie. Lors de la balade que j’ai faite, nous avons ainsi aussi pu voir une céphalantère de Damas qui n’avait pas encore vraiment commencé à fleurir. Il y avait aussi des limodores anthocyanes (une orchidée parasite rare.. mais dont je n’ai pas su prendre de photos correctes), des orchis militaires et des orchis pourpres. A d’autres moment de l’année, il est possible d’y trouver par exemple des spirantes et des sérapias.


Massif de Crussol – Saint Péray – Ardèche – mai 2026

vue sur Saint Péray
La vue sur Saint Péray depuis la montée vers le château de Crussol. On devine le château de Beauregard sur la droite et en arrière plan les vignes de Cornas.

[Drôme] profiter de la campagne au printemps

J’habite dans un village à la campagne, même si je ne suis pas très loin de la ville. J’aime profiter des différentes saisons autour de chez moi, et le printemps est une de celles qui offrent le plus de diversité. Chaque jour, je traverse des paysages changeant au fil des floraisons, et des cultures. Les évolutions dans les champs sont un marqueur du temps qui passe et qui nous emmène doucement vers la saison suivante, l’été et ses chaleurs. En attendant, je profite de la (relative) douceur du printemps. Venez, je vous emmène voir le printemps dans la campagne drômoise.

le synclinal de Saoû et les 3 Becs vu depuis le village de Suze dans la Drôme
Le synclinal de Saoû et les Trois Becs depuis Suze

De ferme en ferme, rendez-vous incontournable du printemps

Le domaine Peylong, viticulteurs depuis 6 générations

Ferme en ferme, c’est vraiment LE rendez-vous immanquable fin avril. Sur un week-end, de nombreuses fermes ouvrent leurs portes et nous permettent de découvrir comment sont produits les aliments que nous consommons. Ce sont toujours des découvertes intéressantes, et l’occasion de se fournir en bons produits locaux. Cette année, je n’ai visité que deux fermes, situées toutes les deux à Suze, dans le Vercors. J’ai commencé par le domaine Peylong. Là, la famille Lombard exploite des vignes depuis six générations.

des vignes au pied d'une montagne dans un paysage verdoyant
Les vignes du domaine Peylong au pied du synclinal de Saint Pancrace

Je suis arrivée juste après 9.00 et j’étais la première visiteuse de la journée. Quatre autres personnes sont arrivées juste après, et nous avons donc visité le domaine ensemble. Nous avons été accueillis par Fabien qui s’occupe du travail de la vigne et qui nous a expliqué le terroir et l’histoire du domaine. Puis, il nous a montré le chai. Nous avons ensuite rejoint Christelle dans le jardin, où nous avons pu nous installer pour une dégustation. Il était encore assez tôt mais le soleil brillait et rendait l’atmosphère joyeuse. C’est au son du chant des oiseaux que nous avons pu apprécier les différents vins du domaine.

vignes bordées d'arbres
Dans les vignes du domaine Peylong
verre de vin blanc
Dégustation de vin au soleil
(mention spéciale pour le blanc « L’oublié » que j’avais déjà eu l’occasion de goûter et qui se confirme comme un vin agréable que je prends plaisir à savourer).


(*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

La ferme de Saint Pancrace, producteurs de fromages de chèvre

Après quelques achats au domaine Peylong, j’ai pris la direction de la ferme de Saint Pancrace. La matinée est déjà plus avancée et cette ferme attire beaucoup plus de monde. En effet, il s’agit d’une ferme qui produit des fromages de chèvre. Et qui dit fromages de chèvre, dit troupeau de chèvres. Les familles sont donc nombreuses à se presser pour venir voir les animaux. Il faut avouer qu’en cette période où les naissances sont nombreuses, c’est toujours sympathique de pouvoir découvrir des jeunes chevreaux. Et comme nous avons de la chance, il y a deux chevreaux de moins de 24 heures, l’un né dans la nuit et l’autre le matin même.

Un peu plus loin, le troupeau d’une cinquantaine de chèvres pait tranquillement dans un pré. Nous visitons ensuite la fromagerie où nous voyons comment est fabriqué le Picodon, et la salle de traite voisine. Puis, c’est le moment de la dégustation… et des achats !

chèvre
Une chèvre au pré
vue sur les 3 Becs depuis le village de Suze.
Un dernier coup d’œil à la vue depuis la ferme de Saint Pancrace avant de redescendre dans la vallée de la Drôme

Balades dans les piémonts du Vercors

Une randonnée autour de la Baume Cornillane

Sur les chemins

Si vous suivez mes aventures, vous avez noté que je vais souvent me balader du côté de La Baume Cornillane. C’est en effet un de mes terrains de jeu favoris car il a la bonne idée de ne pas être loin de la maison, tout en offrant de nombreuses possibilités. Un dimanche matin, j’ai voulu profiter du beau temps sans aller loin car j’avais déjà fait une belle journée de randonnée la veille. Je me suis donc naturellement dirigée vers La Baume Cornillane. Pour changer, j’avais cherché une trace sur un site de randonnée et j’avais trouvé une jolie boucle qui passait par le Pas du Pont et le château. Compte tenu de là où je souhaitais partir, j’ai adapté la boucle et choisi de la faire en sens inverse de celui donné par le site, pour une distance totale d’environ 6 km. Je connais assez bien le secteur, pour l’avoir parcouru à de nombreuses reprises et cela me convenait mieux ainsi.

Sur les chemins autour de la Baume Cornillane, on croise pas mal de sable

Je suis donc partie confiante sur ces chemins peu fréquentés. J’ai croisé seulement 2 ou 3 traileurs. Le tracé ne présentait par ailleurs aucune difficulté technique, si ce n’est qu’il n’était jamais plat, alternant montées et descentes. Il empruntait toutefois des chemins assez larges, en dehors de brefs passages en mono trace. Le paysage était absolument somptueux, comme chaque fois dans ce secteur. Bref, tout était réuni pour une matinée fantastique sur les chemins.

L’inattendu

Mais, rien ne s’est vraiment passé comme prévu. En effet, à peu près à la moitié de la boucle, j’ai perdu l’équilibre sur un chemin de sable qui avait été raviné par les fortes pluies de l’hiver. Le chemin était beau, largement praticable, mais mon pied gauche a roulé sur un caillou et glissé dans l’ornière. Je suis tombée de façon assez violente, et j’ai immédiatement su que je m’étais blessée (même si une part de moi restait malgré tout un peu dans le déni en mode « ça va aller, c’est juste une douleur de contraction »). J’ai consulté l’itinéraire sur mon téléphone (ouf ! il y avait du réseau) pour confirmer ce que je voyais en lisant le paysage : il était préférable de continuer plutôt que faire demi tour, car j’étais à environ 1 km de croiser la route. Selon la douleur, je pouvais ainsi envisager de terminer en marchant sur le bitume, bien stable et en faux plat, même si cela allongeait la distance par rapport au chemin, caillouteux et avec deux belles montées/descentes.

paysage de moyenne montagne au pied du Vercors
Vue sur la Raye – le paysage juste avant que je ne tombe !

Une leçon à tirer

La fin de la randonnée n’a pas vraiment été amusante, et j’ai passé le reste de la journée dans le canapé avec une poche de glace sur la jambe. Je m’étais fait un petit claquage au mollet, qui a ensuite généré une tendinite de compensation. Si je vous raconte cette mésaventure, ce n’est pas pour me faire plaindre (c’était il y a plusieurs semaines et tout est quasiment maintenant rentré dans l’ordre). C’est surtout pour rappeler qu’en randonnée, même sur un terrain facile, même sur un terrain connu, on n’est pas à l’abri d’un accident. Donc, même pour une petite balade, surtout en montagne, on prévoit le nécessaire : assez de batterie sur son téléphone portable, un sifflet pour indiquer sa présence sans devoir s’époumoner si nécessaire, une trousse de secours minimale (désinfectant, compresses, pansements, sérum physiologique, mouchoirs en papier, petite bande – oui, ça semble beaucoup mais tout ça m’a servi un jour ! – et on s’assure que ce n’est pas périmé. J’ajoute pour ma part un antidouleur à cette liste), une couverture de survie, une lampe frontale chargée. Je pars également toujours avec 2 ou 3 compotes en gourde dans mon sac. Et idéalement, on prévient quelqu’un d’où on part et de l’heure à laquelle on devrait être de retour, surtout si on est seul.

vue sur le château de la Baume Cornillane depuis les montagnes environnantes
Et on n’oublie pas de profiter du paysage !

Les premiers coquelicots au pied de la Raye

Les premiers coquelicots sont arrivés fin avril dans les champs. J’ai aperçu ceux-ci en passant sur la route, et je n’ai pas pu m’empêcher de les prendre en photo. Ils marquent le début de la bascule du printemps à l’été.

champ de coquelicots au pied du Vercors
Champs de coquelicots au pied de la Raye


Suze & La Baume Cornillane – Drôme – avril 2026

[Gard] une journée dans les Cévennes

J’ai profité d’une belle journée de printemps pour aller passer une journée dans les Cévennes, avant que la foule estivale ne vienne se presser sur les petites routes. Le point de départ de la journée était la découverte des grottes de la Cocalière et de la Salamandre où j’avais été invitée. Je me suis également promenée dans les villages alentours, et suis allée explorer les paysages de la région. Bien entendu, j’ai limité mes explorations à une toute petite zone géographique, grosso modo autour de Barjac (et je n’y ai même pas vu tout ce qui figurait sur ma liste tant il y a à voir).

vue sur la campagne depuis le village de Lussan
vue depuis le village de Lussan

Des explorations souterraines

La grotte de la Cocalière

La raison principale de ma venue dans les environs de Barjac était de venir découvrir deux grottes dont j’avais beaucoup entendu parler. J’ai commencé la journée par la visite de la grotte de la Cocalière. Arrivée à l’ouverture, j’ai pu participer à la première visite guidée de la journée. Hors saison et tôt le matin, il y a souvent peu de monde (il m’est même arrivé de ne pas pouvoir faire la visite car il y avait trop peu de monde à la grotte de la Madeleine). Cette fois, nous étions 5 visiteurs. Autant dire que c’était une visite VIP, presque privée. Nous avons pu largement échanger avec notre guide Guillaume, et la visite a même duré plus longtemps que prévu pour le plaisir de tous. En haute saison, les groupes de 50 visiteurs se succèdent toutes les 15 minutes, impossible donc d’autant prendre son temps.

concrétions en forme de draperie dans la grotte de la Cocalière
Sur cette draperie, on voit nettement les différentes strates de concrétion

La grotte de la Cocalière est encore active. L’eau s’infiltre et continue à déposer de fines couches de calcaire sur les concrétions. Après un début de printemps bien pluvieux, il y a pas mal d’eau dans la grotte. Malgré tout, les profondeurs des petits bassins restent très faibles, à peine quelques centimètres. La rivière souterraine se trouve beaucoup plus bas et remonte très rarement jusqu’au niveau de la grotte qui se visite. Ce peu d’eau est cependant suffisant pour créer des jeux de miroir très impressionnants.

Je dois dire que cette grotte a été un vrai coup de cœur. La mise en valeur des salles souterraines est toute en sobriété, révélant la beauté pure des concrétions de calcaire. Chaque salle révèle des secrets, et apporte son lot d’émerveillement. Complété par les explications de Guillaume, et les échanges que nous avons pu avoir, c’était réellement une visite exceptionnelle.

La grotte de la Salamandre

Après la grotte de la Cocalière, je suis allée à la grotte de la Salamandre. Celle-ci est la plus récente grotte ouverte à la visite dans le secteur. Elle a en effet ouvert aux visiteurs en 2013 seulement. Située dans un environnement naturel exceptionnel, il faut se stationner à environ 700 mètres de l’entrée et faire une petite marche dans la forêt de chênes verts avant d’arriver. Tout le long, des panneaux permettent d’en apprendre plus sur le milieu naturel traversé. Devant l’entrée de la grotte, adossée à la falaise, une immense terrasse en bois permet de découvrir le paysage. L’endroit est idéal pour une petite pause avant d’entrer sous terre.

une terrasse en bois, ombragée par des voilages, face à la forêt
Terrasse avec vue

Contrairement à la grotte de la Cocalière, une seule salle compose la grotte de la Salamandre. Elle a des dimensions exceptionnelles qui donnent un peu le tournis. Le parcours de la visite (guidée) permet de passer entre les colonnes impressionnantes. On y trouve aussi des concrétions qui semblent horizontales : il s’agit en fait de concrétions verticales qui se sont cassées, sans doute sous l’effet d’un séisme, et qui se sont ensuite retrouvées intégrées dans d’autres concrétions plus récentes.

J’ai moins aimé la visite de la grotte de la Salamandre que celle de la grotte de la Cocalière. Déjà, le fait qu’il n’y ait qu’une seule salle, même si elle est vraiment splendide, crée un rythme de visite un peu étrange. Ensuite, les jeux de couleurs des lumières et la musique de fond tout au long de la visite ne m’ont pas apporté de « plus » lors de la visite, et parfois même m’ont dérangée dans ma contemplation des merveilles de la nature qui m’entouraient. Malgré tout, il serait dommage de passer à proximité sans s’y arrêter car cette grotte reste exceptionnelle.

concrétions dans la grotte de la Salamandre
D’anciennes stalagmites effondrées créent des décors surnaturels.

Des villages pleins de charme

Passer dans le secteur sans s’arrêter dans les villages, ce serait vraiment dommage. Il y a en effet de très nombreux villages perchés dont certains sont classés. C’est le cas de Lussan, La Roque sur Cèze et Montclus qui sont parmi les plus beaux villages de France. Mais d’autres villages ont aussi beaucoup de charme, comme Barjac par exemple. Je me suis arrêtée rapidement à Barjac le matin, sur la route vers la grotte de la Cocalière. C’était l’occasion d’une jolie promenade dans les ruelles encore désertes.

L’après-midi, c’est à Lussan que j’ai fait un tour. Le village domine les environs. Il est possible de se promener le long des anciens remparts pour admirer le paysage. Dans le village, ruelles et petites places rivalisent de charme. J’ai pu aussi découvrir le temple, à la fois sobre et imposant, niché au cœur d’un joli jardin. J’y avais d’ailleurs vu une très belle Bible datant de la période du Désert.

Des paysages extraordinaires

Les concluses de Lussan

Difficile de faire abstraction des paysages quand on circule dans cette zone des Cévennes. Les petites routes circulent au cœur de forêts verdoyantes. Dès que l’on prend un peu d’altitude, chaque virage apporte son lot de points de vue. J’avais envie de m’arrêter partout ou presque (mais ne l’ai pas fait car ce n’était pas possible de le faire en sécurité). Comme en plus, le soleil brillait, je trouvais dommage de ne faire que du tourisme souterrain. J’ai donc eu envie d’une petite randonnée. J’avais depuis longtemps sur ma liste d’aller voir les concluses de Lussan.

vue sur une rivière au pied d'une falaise et dans la forêt
Les concluses de Lussan vues depuis le belvédère

Le site est à environ 5 km du village de Lussan depuis lequel il est bien fléché. Sur place, un petit parking permet de se stationner. J’étais déjà tard dans la journée (il était quasiment 16.00 quand je suis arrivée), et le parking était bien rempli. J’ai cependant eu la chance de trouver une place pour laisser ma voiture. J’ai ensuite suivi les panneaux indiquant le chemin. On part du haut de la falaise pour descendre à travers la forêt jusqu’à la rivière. Le retour se fait par le même chemin. Plusieurs panneaux d’interprétation sont disponibles le long du parcours. Le trajet en lui même permet quelques jolis points de vue, en particulier depuis le belvédère. Arrivée au bord de la rivière, j’ai regretté de ne pas avoir emporté mon maillot de bain car l’eau, fraîche et claire, était très tentante. J’ai marché un peu le long de la rivière, coincée entre les parois rocheuses, avant de remonter.

Les cascades du Sautadet

Sur le trajet du retour, j’ai fait un crochet par La Roque sur Cèze afin d’aller voir les cascades du Sautadet. Il s’agit là encore d’un site que j’avais repéré depuis très longtemps sans avoir eu l’occasion d’y aller. J’ai laissé la voiture sur le parking du village avant de longer la rivière jusqu’aux cascades. L’ayant beaucoup vu sur les réseaux sociaux, je craignais d’être un peu déçue par le site. Non seulement cela n’a pas été le cas, mais je l’ai trouvé encore plus impressionnant en vrai qu’en images. En aval du village, la Cèze a creusé des cavités dans le calcaire. Là, la rivière prend de la vitesse entre marmites de géants et rapides. C’est vraiment spectaculaire.

Informations pratiques

Les grottes

  • Grotte de la Cocalière : la grotte est ouverte de mi-mars à début novembre. Les horaires et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de la grotte.
    Sur place, il est possible de se restaurer avec une offre de type snack, mention spéciale pour la sélection de glaces Terre Adélice. L’eau utilisée est celle de la grotte, et il y a des points pour remplir sa gourde à plusieurs endroits sur le site.
    Il faut compter environ 250 marches à descendre et une bonne trentaine à remonter pour un parcours souterrain d’environ 1 km. Le retour au point de départ se fait en petit train à travers la garrigue. La température dans la grotte est de 14°C.
    En saison, la réservation est plus que conseillée.
  • Grotte de la Salamandre : la grotte est ouverte de mi-mars à début novembre. Les horaires et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de la grotte.
    Sur place, il est possible de se restaurer en profitant de la splendide terrasse. Des points d’eau sont également accessibles.
    L’accès à l’entrée de la grotte se fait depuis le parking via un sentier d’environ 700 mètres (avec un petit D+). Il est possible de venir déposer/récupérer des personnes en voiture à côté de l’entrée du site. Quelques places PMR sont également disponibles à côté des bâtiments d’accueil.
    Il faut compter environ 50 marches à descendre et 90 à remonter pour un parcours d’un peu plus de 500 mètres sous terre. Un belvédère accessible sans marches permet à tous de profiter d’une vue sur la grande salle. La température dans la grotte est de 12°C.
    En saison, la réservation est très fortement conseillée.
  • Ce secteur n’est pas très loin des gorges de l’Ardèche où vous pouvez découvrir d’autres grottes, par exemple l’Aven d’Orgnac, la grotte de la Madeleine, la grotte Saint Marcel ou la grotte aven forestière (que je ne connais pas encore mais suis curieuse de découvrir)

Pont sur la Cèze à La Roque sur Cèze
Pont sur la Cèze à La Roque sur Cèze

Les villages

Les jolis villages sont nombreux, que ce soit côté Gard ou côté Ardèche. A proximité immédiate de Barjac et Lussan, on peut citer La Roque sur Cèze et Montclus. Un peu plus loin, Aiguèze est aussi classé parmi les plus beaux villages de France.

Attention : compte tenu du caractère étroit des ruelles des villages, il faut éviter de s’y engager en voiture et privilégier les parkings dédiés, souvent à l’extérieur des villages. Certains sont payants, c’est par exemple le cas à Lussan ou La Roque sur Cèze.

Les randonnées

  • Les concluses de Lussan : depuis le parking (fléché au départ du village de Lussan), l’aller/retour jusqu’au portail des concluses sur la rivière Aiguillon fait environ 2.5 km pour un D+ de 100 mètres. C’est une longue descente à l’aller, et donc une longue montée au retour. Il s’agit d’un sentier d’interprétation très bien balisé. Le chemin est très caillouteux, et nécessite de faire attention à où on pose les pieds (et de porter des chaussures adaptées au terrain). Il est situé à flanc de falaise calcaire et même si la forêt apporte un peu d’ombre, il est prudent de partir avec de l’eau (et de la crème solaire en été). Le temps de parcours A/R est donné pour 45 minutes. C’est le temps que j’ai mis au total sachant que j’ai aussi fait une bonne pause au bord de la rivière.

    ⚠️ Attention / Sécurité : l’accès aux concluses peut être interdit pour des raisons de sécurité. Il ne faut pas non plus s’aventurer dans le lit de la rivière s’il y a un risque d’orage ou de pluie (risque élevé de crue soudaine dans le goulet formé par les gorges).

  • Les cascades du Sautadet : depuis le parking du village de la Roque sur Cèze, il faut longer la rivière sur environ 800 mètres pour arriver aux cascades (rive droite). Il est aussi possible de traverser le pont et de se rendre sur la rive gauche pour un autre point de vue sur le site naturel.

    ⚠️ Attention / Sécurité : le site des cascades du Sautadet est dangereux et de nombreux accidents mortels y sont à déplorer. La baignade y est strictement interdite (une plage est accessible en aval du site). Et lors de l’exploration sur les rochers calcaires, il faut être prudent. Les anfractuosités y sont nombreuses, et les rochers à l’approche de la rivière peuvent être glissants. Il est fortement recommandé de ne pas s’approcher du bord. Une prudence extrême est de rigueur.

paysage des Cévennes
Vue sur la Cèze depuis le belvédère de la grotte de la Salamandre


Gard – avril 2026


(*) J’avais été invitée à venir visiter les grottes de la Cocalière et de la Salamandre après en avoir rencontré les équipes sur la journée professionnelle du salon Destination Ardèche. Mon avis est, comme toujours, sincère et reflète l’expérience que j’ai vécue. Ces deux visites constituent cependant une collaboration commerciale non rémunérée. Les autres découvertes sont des choix complètement personnels.

[Drôme] une journée de printemps dans le Vercors

Passer une journée dans le Vercors, c’est quelque chose qui m’arrive souvent. Généralement, j’y vais seule, essentiellement pour marcher. Cette fois, la situation était différente. En effet, deux copines avaient organisé une journée entre filles avec au programme une jolie randonnée sur le plateau de Font d’Urle et une déjeuner convivial au restaurant. Nous étions donc ce jour-là une dizaine à cheminer ensemble, mais aussi à discuter, échanger, comparer nos expériences.

des randonneuses de dos sur un alpage au début du printemps
Une journée entre filles dans le Vercors

En randonnée sur le sentier du Karst

L’arrivée du printemps sur l’alpage

Le point de rendez-vous était au départ du sentier du Karst, à Font d’Urle. J’avais covoituré depuis les piémonts du Vercors avec Pauline et Marine, et nous avons retrouvé les autres sur le parking de la station. Après les bonjours (et les présentations pour celles qui ne se connaissaient pas encore), nous avons enfilé nos chaussures de rando et pris la direction du sentier. Je vais chaque année à cette période de l’année sur l’alpage de Font d’Urle et c’est chaque année aussi magique. Cette fois n’a pas dérogé : les tapis de fleurs nous ont accueillies dès le bord du parking.

tapis de crocus sur l'alpage
Des fleurs partout… surtout des crocus, mais il y avait aussi des jonquilles, des érythrones dents de chien, des scilles à deux feuilles, des renoncules, des gentianes…

Pour autant, la neige était retombée le week-end précédent et était encore bien présente. Fort heureusement, nous avions prévu et étions bien chaussées pour traverser les grandes plaques de neige. Cette fois, nous avons suivi scrupuleusement le chemin (j’ai pour habitude de le prendre à l’envers ou de couper à certains endroits). Pour certaines, c’était leur première venue à Font d’Urle et le sentier permet d’en découvrir toutes les spécificités, en particulier géologiques.

Le bonheur de voir des animaux sauvages

En plus de la multitude de fleurs, nous avons aussi eu la chance de pouvoir observer des animaux dans leur milieu naturel. Deux vautours nous ont ainsi fait le plaisir de voler au dessus de nous dans un ballet hypnotique. Mais, ce que je retiens surtout, c’est la marmotte que nous avons pu longuement voir à côté de la grotte. Je dois avouer que c’était la première fois que je voyais une marmotte dans les Alpes (j’en avais vu à Montréal au Canada où elles sont communes, y compris en ville). Rien que ça aurait suffi à rendre cette journée extraordinaire !

une marmotte dans l'herbe au milieu des rochers à côté d'une plaque de neige
Une marmotte se cache sur cette image !
(elle est dans l’herbe, pas très loin de la neige au niveau du tiers gauche de la photo)
une marmotte dans l'herbe au milieu des rochers à côté d'une plaque de neige
Une marmotte se cache sur cette image !
(elle est sur un rocher, au niveau du tiers droit et du tiers bas de la photo )
vautour dans le ciel
un des vautours que nous avons pu observer

Un déjeuner au col de la Machine

Après deux heures à profiter du temps magnifique que nous avions ce matin-là, nous avons repris les voitures pour nous rendre au col de la Machine. Là, l’Hostel Quartier Libre propose une cuisine locale et de saison dans un environnement chaleureux. Nous avons ainsi largement profité d’une pause déjeuner très gourmande tout en continuant nos discussions.

Nous avons terminé la journée par un petit aller retour jusqu’au belvédère sur Combe Laval situé à quelques dizaines de mètres de Quartier Libre, l’occasion de profiter du paysage et faire quelques photos de groupe.

vue sur Combe Laval
Combe Laval depuis le belvédère du col de la Machine
On distingue la route à flanc de montagne sur la droite

Ce que je retiens de cette journée

Le point de départ de cette journée, c’était la volonté de Pauline et Cécile de réunir des créatrices de contenu actives sur les réseaux sociaux et partageant des points d’intérêt communs afin d’échanger autour d’un programme à tendance outdoor et gourmandise. Nous étions une dizaine à nous retrouver ce matin-là. J’en connaissais déjà un peu plus de la moitié mais je découvrais « en vrai » les autres. Comme à chaque fois, j’ai été surprise de la facilité avec laquelle nous avons échangé. J’ai par exemple fait la route depuis les piémonts du Vercors avec Pauline et Marine que je n’avais encore jamais vues. Et tout naturellement, les discussions se sont mises en place.

deux randonneuses sur l'alpage de Font d'Urle
En randonnée sur l’alpage de Font d’Urle

C’est d’ailleurs à la fluidité et la facilité des échanges que l’on se rend compte que le casting était réussi. Si tout le monde se parle, si les rires et les discussions n’ont pas de véritable temps mort, si les bavardages sont naturels, si personne ne reste isolé, alors c’est gagné. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé ce jour-là. Les échanges ont été riches, nourris par nos diversités. Nous avons parlé de tout et de rien, des réseaux sociaux, des collaborations, des interactions avec nos communautés respectives, mais aussi simplement de nos vies. Je n’ai pas regretté un seul instant d’avoir décidé de participer à cette journée, entre la joie de randonner au soleil dans un décor féérique et le plaisir de partager ce moment avec un super groupe.

des randonneuses sur l'alpage de Font d'Urle au printemps
En randonnée dans le Vercors

Informations pratiques

  • La randonnée : sentier du Karst à Font d’Urle. Ce sentier fait environ 5 km pour 140 m de D+.
    C’est une randonnée vraiment accessible à (presque) tous. J’étais blessée à la jambe (a priori un claquage sur un des muscles du mollet, fait une semaine avant), et ça s’est très bien passé.
    Il faut compter 2 heures en prenant son temps (je l’ai déjà fait en 1h15/1h30 en prenant des photos).
    Il est important, surtout quand il y a des plaques de neige, de rester sur le tracé du sentier pour ne pas risquer de chuter dans un creux ou un trou. Les passages sur la crête ne sont pas dangereux tant qu’on reste sur le chemin qui est à bonne distance de l’à-pic.
randonnée sur le plateau de Font d'Urle
Le sentier passe à proximité des crêtes

  • Le restaurant : l’Hostel Quartier Libre est situé au col de la Machine.
    Il propose une cuisine locale et engagée, à base de produits frais et de saison. Les propositions sont originales et bien travaillées. L’ambiance est vraiment décontractée et agréable.
    Il est aussi possible de s’y arrêter pour le goûter avec de délicieux cookies maison. Quelques hébergements sont également disponibles.
  • Le belvédère : de l’autre côté de la route par rapport à l’Hostel Quartier Libre, il suffit de suivre le sentier balisé sur quelques dizaines de mètres.
    Attention : on est alors à flanc de falaise et il convient d’être très prudent
tapis de crocus sur l'alpage de Font d'Urle
La magie du printemps sur l’alpage de Font d’Urle


Font d’Urle – Vercors – Drôme
11 avril 2026

[Drôme x Isère] 3 randonnées entre printemps et hiver dans le Vercors

Chaque année, c’est un peu la même chose : doucement, l’hiver laisse la place au printemps. La nature se réveille. La neige fond. Les fleurs commencent à pointer le bout de leur pétales. Les journées allongent et le soleil réchauffe tout. Cette demie saison, je l’aime beaucoup pour aller randonner. Il faut dire que de façon générale, j’aime quand dehors les saisons se télescopent, et c’est autour de l’hiver que c’est le plus net. Alors, cette année encore, je suis allée dans le Vercors, chercher les traces du printemps à la sortie de l’hiver.

arbre fleuri
Au bord des chemins, les épinettes en fleurs

Entre neige et soleil au col du Lion

Le premier week-end du printemps, j’ai eu le plaisir de pouvoir passer une journée avec Mr 2e et Melle 3e à la maison. Comme il faisait (enfin) beau après des semaines de pluie, nous avons eu envie de faire une balade. Melle 3e voulait de la montagne et de la forêt. Nous sommes donc partis dans le Vercors, en direction du Grand Echaillon et du col de la Bataille. La route est encore fermée au delà de la station de ski à cette période de l’année, mais il y a des promenades sympas à faire dans ce secteur. Nous sommes donc partis en direction du col du Lion. La balade a l’avantage d’être plutôt facile, et calme.

Dans le sous-bois, il restait encore un peu de neige dans les endroits les plus abrités. Forcément, Mr 2e et Melle 3e se sont sentis obligés de faire une bataille de boules de neige : même en grandissant, certaines choses ne changent pas. Nous avons ensuite continué jusqu’au col du Lion. Mais, contrairement à ce que j’ai l’habitude de faire, nous n’avons pas pris la route forestière mais un sentier (balisé jaune/vert) qui s’enfonce dans la forêt de Comblezine. A un moment, le chemin quitte le sous-bois pour longer une prairie. Nous y avons fait un arrêt assez long, profitant du soleil, admirant les crocus dans la lumière, observant les sommets environnants. Puis, nous avons longé la pâture avant de filer sur des sentes à peine marquées dans la forêt pour revenir au col du Lion par une boucle.

sommets enneigés à travers des branches d'arbres en hiver
Jouer à se repérer et nommer les sommets (ici le plateau d’Ambel)

(*) Les possibilités de randonnée dans le secteur du col du Lion/col de la Bataille/forêt de Comblezine sont nombreuses. Il est possible de trouver en ligne assez facilement des topos ou d’en construire un soi même en partant des cartes IGN. Notre petite boucle faisait environ 8 km sans aucune difficulté particulière, le genre de sortie parfaite pour prendre l’air tranquillement.

Quand l’hiver n’a pas dit son dernier mot au Grand Echaillon

Quelques jours après la promenade au col du Lion, la météo a changé avec le retour de la pluie, mais surtout de températures froides accentuées par un fort mistral. Il a donc reneigé sur les sommets. Alors qu’une semaine auparavant, je pensais avoir fait ma dernière sortie avec de la neige de la saison, je ne pouvais pas manquer de retourner profiter du manteau blanc encore une fois. Je suis donc allée au Grand Echaillon, m’arrêtant au niveau de la station. Les conditions étaient loin d’être printanières, tôt ce dernier samedi de mars. Avec le vent très fort, le ressenti était en dessous de -10°C. J’ai même exceptionnellement sorti mon bonnet !

chemin enneigé en forêt
L’hiver a décidé de jouer les prolongations cette année sur les plateaux du Vercors

Compte tenu de l’état de la neige, très dure et « croûtée », et des conditions météo pas très accueillantes, j’ai choisi de ne pas me charger avec les raquettes. Cela s’est avéré un bon choix car je me suis très peu enfoncée dans la neige et j’étais ainsi plus libre dans mes mouvements. J’ai choisi de partir en direction de la bergerie du Grand Echaillon, en suivant le balisage du circuit raquettes du même nom. J’ai fait quelques détours pour aller voir des points de vue sur la vallée. Je ne pensais pas rester longtemps mais finalement, je me suis promenée presque 1 heure et demie. Il faut dire que j’avais une tenue adaptée aux circonstances (du moins pour moi car sans doute que beaucoup auraient trouvé que « juste » une bonne polaire n’était pas suffisant), et je n’ai pas eu froid.

En arrivant au niveau d’une prairie, complètement enneigée, j’ai repéré quelques discrètes tâches de couleur. Les crocus qui étaient déjà sortis étaient recouverts par la neige dans un joli carambolage entre le printemps et l’hiver. J’ai eu un peu de mal à les prendre en photo. Du moins, jusqu’à ce ce que je me décide à m’allonger au sol (comme je le fais habituellement au printemps). Je n’ai pas trainé à prendre mes photos cependant pour ne pas attraper froid. Puis, je suis passée dans la forêt avant de rentrer à la voiture (où un thermos de café bien chaud m’attendait).

fleur de crocus dans la neige
Les crocus dans la neige
sapin enneigé
Il se pourrait bien que cette photo serve de base à ma carte de vœux 2027 !
(J’ai regretté de ne pas avoir quelques boules de Noël rouges dans mon sac ! )

(*) De nombreux chemins et circuits partent de l’auberge du Grand Echaillon. Attention, en hiver, avec la neige, certains sentiers estivaux ne sont pas praticables ou sont dangereux, tandis que d’autres itinéraires sont ouverts à travers les prairies pour la saison. Il convient aussi d’être vigilants aux pistes de ski de fond et aux skieurs qui les empruntent.
Le circuit raquettes de la bergerie du Grand Echaillon est un circuit facile d’environ 4 km. Avec les « petits » crochets que j’ai fait, je l’ai rallongé à un peu plus de 5 km.

En route vers le printemps à Villard de Lans

La semaine suivante, alors qu’on apercevait encore depuis Valence de la neige sur les plus hauts sommets du Vercors, j’ai eu envie d’une journée à la montagne. Comme nous étions le week-end de Pâques, il était hors de question de prendre l’autoroute. Cela limitait donc les possibilités au Vercors, et j’ai choisi de retourner à Villard de Lans. Cette fois, je voulais aller découvrir la cascade de la Fauge. Je l’avais en effet beaucoup vue passer sur les réseaux sociaux des copains au cours de la saison, et j’anticipais qu’avec la fonte des neiges, elle coulerait bien.

paysage de montagne enneigé
Il y avait encore de la neige autour de Villard de Lans

J’ai commencé la journée par un café au soleil sur une terrasse : on sentait vraiment que le printemps commençait à être présent. Cela m’a permis d’affiner l’itinéraire de la randonnée, et surtout son point de départ. Il existe différents topos pour la cascade de la Fauge, selon le site de randonnée que vous regardez. Celui que j’ai choisi débute à côté du lycée (où j’ai donc laissé la voiture). D’autres démarrent depuis le centre de la station ou depuis le petit village des Clots. Très vite, le chemin s’enfonce en sous-bois et la neige fait son apparition. J’arrive au pont des Amours, un charmant petit pont de bois qui traverse le ruisseau de la Fauge.

J’avoue que je ne pensais pas trouver encore autant de neige, surtout que je suis encore assez bas. Mais le chemin est sur un versant exposé au nord et cela se sent. La couche de neige est peu épaisse, très tassée mais surtout verglacée. La prudence est donc de mise. Le soleil déjà haut, traverse les branches des arbres pour venir déposer des jeux d’ombres sur la neige. C’est doux et poétique. En contre bas du chemin, j’entends le ruisseau chanter. C’est calme et apaisant.

J’arrive au niveau d’une bifurcation. Mon itinéraire continue normalement vers la droite mais la cascade est un peu plus loin sur la gauche. Je descends donc au fond du vallon, longeant le ruisseau. Arrivée à un petit pont enneigé, je devine la cascade derrière les arbres. Je m’approche. Elle tient ses promesses. Pas très haute, elle est vraiment charmante, tombant d’un arc de cercle dessiné dans la paroi rocheuse. Son débit à cette période de l’année est assez fort, et quelques stalactites de glace viennent parfaire le tableau. Ce n’est clairement pas la plus impressionnante cascade qui soit, mais elle a quelque chose qui la rend unique, et un peu magique.

Je reviens ensuite sur mes pas pour retrouver le chemin principal. Je prends encore un peu de hauteur avant d’arriver de nouveau à un petit pont permettant de traverser le ruisseau. La lumière à travers les frondaisons des arbres est fabuleuse, annonçant très clairement les beaux jours. Après avoir traversé le pont, j’entame la descente, alternant sur le chemin entre neige, boue de fonte et cailloux. Je retrouve le pont des Amours, mon « presque point de départ » avant de regagner à travers bois le parking du lycée. Il est l’heure de déjeuner alors je décide d’aller dans le centre de la station profiter d’une des nombreuses terrasses ensoleillées : l’hiver semble alors bien terminé et l’été en chemin !

petit pont en bois dans une forêt enneigée
J’aime beaucoup le charme romantique des petits ponts de bois qui jalonnent les sentiers en montagne
un ruisseau dans un sous bois enneigé
De retour au pont des Amours, je traverse le ruisseau de la Fauge

(*) La randonnée vers la cascade de la Fauge est accessible en été comme en hiver. Attention cependant, selon la saison, les conditions sur les chemins ne sont pas les mêmes, et les comportements et équipements à adopter varient. Quand j’y étais, il y avait toute une partie en neige glacée, mais aussi pas mal de boue et plusieurs gués de ruisselets de dégel tandis que par endroits les cailloux étaient bien présents. Pour trouver un topo pour aller à la cascade de la Fauge, vous pouvez rechercher dans votre appli de rando préférée ou bien suivre celui disponible à l’office de tourisme.
Celui que j’avais trouvé faisait environ 5 km, sans grande difficulté.

paysage de montagne avec une forêt de sapin et de la neige sur les sommets
Vue sur la barrière orientale du Vercors


Léoncel / Bouvante – Drôme
Villard de Lans – Isère
mars/avril 2026

[Haute-Savoie] 6 activités pour profiter d’Annecy et ses environs

Après plusieurs années dans la vallée de l’Arve, Mr 2e a emménagé il y a quelques mois à Annecy. Nous avons eu un peu de mal à caler nos agendas respectifs pour trouver un week-end où ni l’un ni l’autre n’avions quelque chose de prévu. C’est finalement fin février que je suis allée lui rendre visite. Il en a profité pour me faire découvrir ses endroits favoris : boutiques, points de vue, balades. A mon tour, je vous propose quelques idées pour passer un week-end agréable à Annecy.

vue sur le lac d'Annecy
Vue sur le lac d’Annecy

Une promenade en ville

J’avais déjà plusieurs fois eu l’occasion de me balader dans les rues d’Annecy. C’était cependant la première fois que je le faisais en hiver. Force est de constater qu’il y a moins de monde qu’aux beaux jours (et pourtant, nous étions en pleine période de vacances scolaires et de chassé-croisé vers les stations de ski des Alpes). Nous avons zig-zagué dans les petites rues, nous laissant guider par le hasard et les petits coins que Mr 2e voulait me montrer (tous ne sont pas touristiquement intéressants, mais c’était en lien avec des anecdotes personnelles qu’il m’avait racontées).

Annecy est parcourue de canaux et comme il faisait beau ce jour-là, c’était très agréable. Nous avons ainsi profité d’une terrasse de café juste au bord du Thiou pour une pause en milieu d’après-midi. Après un hiver riche en pluie et alors que la douceur des températures faisait fondre la neige des sommets, le courant était fort dans la petite rivière.

la rivière Thiou dans le centre d'Annecy
Faire une pause au soleil au bord du Thiou

Une balade au bord du lac

Le premier jour, j’étais arrivée un peu plus tard que ce que j’avais prévu en raison de bouchons sur la route (initialement, je devais venir en train mais un éboulement bloquait la circulation des TER entre Valence et Grenoble). Aussi, nous avions directement commencé par une très bonne fondue savoyarde dans une brasserie. Après cela, une balade digestive était de mise. Nous sommes donc partis le long du lac, en passant par le jardin de l’Europe, le pont des Amours, et le Pâquier. Nous avons continué jusqu’au niveau du port, profitant des vues sur les montagnes environnantes tout en discutant.

ponton au bord du lac d'Annecy avec des goélands posés dessus
Tout au long du lac d’Annecy, les points de vue sur les montagnes sont fantastiques
vue sur les montagnes depuis le bord du lac d'Annecy
Face à l’Impérial Palace, point d’arrivée de notre balade
vue sur les montagnes depuis le bord du lac d'Annecy
Le Pâquier, le lac et les montagnes, une vue typique d’Annecy

Une visite au château

Après avoir de nouveau flâné dans les petites rues du centre ville, nous sommes montés jusqu’au château. Comme il était ouvert, nous avons décidé d’y faire un tour. Le château d’Annecy a été construit par phases successives entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Au XIXe siècle, c’est une caserne et il s’en faut de peu que des travaux d’aménagements ne viennent détruire les plafonds anciens. Devenu propriété de la ville, il a été progressivement transformé en musée à partir des années 1950. Actuellement, il est de nouveau en travaux pour un réagencement complet du parcours muséographiques. Certaines salles sont donc inaccessibles et nous n’avons pu en voir qu’une partie. Les salles que nous avons vues s’articulaient autour de la représentation des paysages alpins et de la nature, avec une bonne part d’art contemporain.

cour du château d'Annecy
Dans la cour du château d’Annecy

Une randonnée sur les pentes du Semnoz

Le dimanche matin, nous voulions aller au sommet du Semnoz, encore enneigé pour y faire une balade. Le soleil brillait et nous n’étions clairement pas les seuls à avoir eu cette idée. Les bouchons dans la montée laissaient présager un parking complet en haut, aussi nous avons décidé de faire demi-tour et de nous arrêter pour une petite randonnée dans la forêt. Mr 2e connait assez bien maintenant le secteur, où il va assez souvent. Aussi, je l’ai suivi sans vraiment prêter attention à l’itinéraire. En fin d’hiver, la forêt est encore très lumineuse et c’est à peine si on devinait l’approche du printemps. Nous avons suivi des sentiers jusqu’à arriver à un point de vue sur le lac que l’on devinait à travers les arbres. J’ai vraiment apprécié cette parenthèse forestière à deux pas de la ville.

route forestière
Au départ, nous avons suivi une route forestière
sentier dans la forêt
Depuis la forêt des pentes du Semnoz, on devine les sommets de l’autre côté du lac d’Annecy à travers les arbres encore dépourvus de feuilles.

Un tour dans les montagnes

Difficile de venir à Annecy et de faire l’impasse sur les montagnes. Elles entourent la ville et le lac. Et en fin d’hiver, les sommets enneigés donnent envie d’aller y faire un tour. Comme nous n’avions pas pu monter au Semnoz le dimanche matin, nous sommes partis du côté des Aravis le dimanche après-midi. Nous avons emprunté la route qui monte de Veyrier du Lac vers Alex puis Thônes. Tout au long du trajet, j’ai été subjuguée par les paysages (et pour une fois que je ne conduisais pas, je pouvais encore plus en profiter). Nous avons fait un premier arrêt dans le petit village d’Alex, puis nous avons repris la route vers Thônes où nous avons fait une belle promenade en montant jusqu’au château.

falaises calcaires dans les Aravis
vue sur les montagnes depuis le village d’Alex
le village de Thônes entouré de montagnes
Les pentes du massif des Aravis sont encore bien enneigées
le village de Thônes entouré de montagnes
Balade dans le village de Thônes

Une soirée à la patinoire

Je dois avouer que le choix de la date de mon week-end à Annecy, en plus de nos contraintes d’agendas respectifs, avait été choisie parce que le samedi soir, le match de hockey opposait les Chevaliers du Lac d’Annecy aux Lynx de Valence. Comme Mr 2e et moi-même souhaitions retourner voir un match ensemble, l’occasion était trop belle pour la manquer. Nous avons donc passé la soirée à la patinoire dans les gradins à encourager les Lynx (et je peux vous dire qu’il y avait assez peu de spectateurs pour les valentinois). La patinoire d’Annecy est beaucoup plus grande que celle de Valence (environ 1500 places à Annecy contre – de mémoire – environ 400 à Valence). Par contre, nous y avons trouvé l’ambiance dans les gradins plus « molle ». Mais aller voir un match de hockey reste une chouette activité à partager !

Sur la glace, les chevaliers du lac vs les Lynx


Annecy – Haute-Savoie – février 2026


Informations pratiques

  • Pour manger des spécialités savoyardes, direction la Brasserie Savoyarde, quai Perrière à Annecy. Le service y est continu et efficace, les tarifs corrects, et la fondue était vraiment bonne et généreuse.
  • Le lac est bordé de voies douces, il est donc facile de s’y promener à pied (ou à vélo). La balade que nous avons faite du quai Perrière à l’Impérial Palace en passant par les jardins fait environ 2 km aller.
  • Le château-musée d’Annecy reste ouvert pendant les travaux actuellement en cours avec un parcours de visite restreint (et un tarif réduit). Les informations pratiques sont à retrouver sur le site internet des musées d’Annecy.
  • Sur le Semnoz et tout autour du lac, vous pourrez trouver de nombreux sentiers de randonnée, parfois même aux portes de la ville. Le site de l’office de tourisme référence beaucoup de balades plus ou moins engagées.
  • Thônes est la capitale du reblochon fermier. Il était donc impensable de repartir sans avoir fait quelques emplettes. La coopérative de producteurs Le Farto est très réputée. Nous y avons acheté des reblochons excellents et à un prix plus que raisonnable. J’avais aussi pris un morceau de tomme de Savoie, qui ne m’a pas déçue non plus.
  • Le programme des matchs des Chevaliers du Lac, l’équipe de hockey d’Annecy, est disponible sur leurs réseaux sociaux.

Pour d’autres idées à Annecy et dans les environs, vous pouvez aller voir les articles que j’avais écrit suite à un précédent séjour :

[Ardèche] 2 cascades à voir seulement après de fortes pluies

Comme vous le savez peut-être déjà, j’aime beaucoup les cascades. Depuis toujours, je les trouve fascinantes et je ne me lasse pas de découvrir de nouvelles chutes d’eau. Certaines de ces cascades sont toutefois compliquées à voir, même si elles peuvent être faciles d’accès. En effet, certaines ne coulent que de façon intermittente, seulement après de très fortes pluies. Les voir en eau nécessite une bonne part de chance. Et on peut dire que j’en ai eu de la chance : à quelques jours près, j’ai bien failli les voir à sec.

cascade de Rochecolombe en eau
La magique cascade de Rochecolombe

Le Gour de la Sompe, une cascade cachée

Dans la forêt de chênes verts, une approche épique

J’avais vu sur les réseaux sociaux que le Gour de la Sompe coulait après de nombreux jours de pluie et je m’y suis donc rendue le samedi suivant. J’avais repéré qu’elle était sur la commune de Lagorce mais j’avoue que je n’avais pas vraiment cherché avec précision comment m’y rendre. A posteriori, je m’aperçois que c’était une grosse erreur. En effet, la direction de la cascade du Gour de la Sompe n’est indiquée nulle part. La seule indication que j’avais consistait en un parking au bord de la route, une vague direction et une amie qui m’avait dit qu’il fallait compter un aller-retour d’environ 4 km pour s’y rendre.

chemin dans la campagne ardéchoise
Ca partait plutôt bien avec un chemin facile

Si, avant de partir, j’avais pris la peine de poser les choses comme je l’ai fait là, je me serais bien rendue compte que c’était une très mauvaise idée. J’ai trouvé sans problème le parking au bord de la route. Le chemin au départ était bien net et facile, je n’ai pas eu de mal à le suivre. Dès le départ il y avait des gués à passer sur des ruisseaux bien gonflés des dernières pluies, mais en dehors d’en ressortir les pieds mouillés, aucune difficulté. C’est après que tout s’est compliqué. Absorbée dans la contemplation du paysage, j’ai loupé une bifurcation. M’éloignant un peu trop de là où je devais me rendre, j’ai fait demi-tour pour retrouver le « bon » chemin…. que j’ai de nouveau manqué, prenant un autre chemin menant à une autre combe que celle où je voulais aller. C’est en arrivant face à un pierrier que je me suis dit que ça ne collait pas.

pierrier dans la forêt de chênes verts
Quand la carte voudrait te faire croire qu’il y a un chemin…

J’ai continué un peu à descendre mais l’orientation que prenait la trace ne me convenait pas. J’ai finalement fait demi-tour pour revenir au grand chemin principal pour revenir vers là où je pensais m’être trompée. Et c’est quelques centaines de mètres plus loin que j’ai aperçu un discret sentier longeant un ruisseau : j’avais enfin trouvé le bon chemin. J’étais à même pas 500 mètres de la cascade ! On arrive par le haut de celle-ci, et il faut donc descendre pour l’admirer en entier. Le sentier est escarpé et il était glissant. J’ai redoublé de vigilance avant de faire un long arrêt contemplatif

balisage de randonnée jaune blanc sur une pierre
Ce balisage jaune blanc m’a induite en erreur. Le chemin vers la cascade n’est pas sur un chemin balisé !

Deux étages pour une cascade impressionnante

Ce qui fait la particularité de la cascade du Gour de la Sompe (en dehors du fait qu’elle ne coule pas tout le temps), c’est qu’elle est constituée de deux cascades avec un bassin entre les deux. Le spectacle est impressionnant. Je n’ai pas réussi à faire de photos où l’on voyait bien les deux cascades en raison de la végétation. Mais j’ai bien profité des points de vue entre les branches des arbres. Puis, je suis allée m’installer tout en haut de la cascade du haut. Je me demande parfois si les cascades ne sont pas plus impressionnantes vues d’en haut. Ici, l’eau du ruisseau s’engouffre dans une entaille du rocher pour tomber dans le bassin intermédiaire. L’écoulement est hypnotisant.


ATTENTION : si la cascade du Gour de la Sompe n’est pas fléchée, c’est parce qu’elle est située dans un environnement naturel hyper préservé avec des captages d’eau potable. Il est impératif de bien respecter les lieux et de ne pas les souiller.
De plus, l’accès en est dangereux : le chemin est très raide et l’à pic en haut de la cascade est grand. La prudence est donc de mise si vous y allez. Il peut aussi arriver que l’accès en soit interdit pour des raisons de sécurité.


La cascade de Rochecolombe, une pépite facile d’accès

De l’eau dans la cascade, un spectacle rare

Après le Gour de la Sompe, je me suis rendue à Rochecolombe. A quelques centaines de mètre du village, on trouve en effet une cascade exceptionnelle. Déjà, sa forme est très particulière puisqu’elle tombe sur un gros rocher arrondi situé à son pied. Mais surtout, elle est coule extrêmement rarement. Il faut vraiment que les pluies aient été très abondantes et très récentes pour avoir la chance de la voir en eau. J’ai eu beaucoup de chance car elle coulait encore lorsque j’y suis allée. Ce n’était plus le cas quelques jours après quand des amis s’y sont rendus. Sur place, j’ai croisé un couple dont c’était la 7e tentative pour la voir couler, et ils ne cachaient pas leur émotion devant ce spectacle de la nature.

cascade de Rochecolombe en eau
La cascade de Rochecolombe en action, un spectacle rare
cascade de Rochecolombe en eau
L’eau traverse le calcaire du plateau puis le dépose en tombant

Contrairement au Gour de la Sompe, la cascade de Rochecolombe est très bien indiquée. Depuis le parking du village, il suffit de suivre les panneaux en longeant la rivière. On traverse plusieurs fois celle-ci, sur des petits ponts de pierre plein de charme. On passe par les ruines d’anciens moulins, et il y a même un tout petit passage à gué. Si la cascade coule, c’est qu’il a beaucoup plu et donc le petit gué peut impliquer de devoir se mouiller les pieds malgré les pierres dans le lit de la rivière.

Perché et escarpé, un village à découvrir

A Rochecolombe, après avoir la cascade, je suis allée faire un tour dans le vieux village perché. De nombreux bâtiments y sont en cours de restauration, mais le charme opère sans souci au fil des calades abruptes qui montent le long du piton rocheux sur lequel le village se trouve. En allant jusqu’en haut, on peut découvrir un magnifique point de vue sur Aubenas et les Monts d’Ardèche. Mais surtout, une fois au sommet, on se retrouve face à la cascade. De là, on peut l’admirer dans son entièreté, et voir la rivière serpenter sur le plateau au dessus avant de se jeter dans le vide. Le point de vue se mérite mais il vaut largement l’effort.

vue sur la cascade de Rochecolombe et le plateau en surplomb
Depuis le haut du village, la vue sur la cascade est plongeante


Si vous cherchez une cascade facile d’accès, Rochecolombe est un choix de prédilection. Barbara de Gulwen.fr y est allée avec ses jeunes enfants, et cela s’est très bien passé. Ardéchoise, elle propose plein de bonnes idées de balades et randos accessibles en famille dans la région.


Bonus – regagner la vallée du Rhône par les Gorges de l’Ardèche

Pour rentrer vers le plaine de Valence depuis Rochecolombe, j’ai pris le chemin buissonnier et je suis passée par les Gorges de l’Ardèche. Les paysages y sont magnifiques et à cette période de l’année, il n’y a quasiment personne. On peut ainsi profiter de chaque belvédère aménagé le long de la route en toute tranquillité. Selon la saison, le paysage évolue, mais c’est toujours aussi impressionnant.

le pont d'Arc dans les gorges de l'Ardèche
L’iconique Pont d’Arc, porte amont des Gorges de l’Ardèche


Lagorce / Rochecolombe / Vallon Pont d’Arc – Ardèche – février 2026


Pour d’autres idées de cascades en Ardèche, n’hésitez pas à aller jeter un œil à l’article de Baskets en Vadrouille. Marlène et Jimmy forment un couple très sportif qui arpente les sentiers de la région, et sur leur blog, vous pouvez trouver de chouettes idées de randos et balades.

Et si vous cherchez d’autres activités dans ce secteur, je peux vous suggérer :

[Drôme x Isère] 2 randonnées pour profiter de la neige dans le Vercors

Si j’ai fait cet hiver de très jolies promenades dans le Vercors peu ou pas enneigé, la saison a été globalement généreuse en neige. Cela a commencé comme chaque année autour du 20 novembre. Puis, les épisodes de neige se sont succédés jusqu’en février. Bien occupée les week-ends, j’ai finalement eu assez peu d’occasions d’aller en profiter. Fin janvier, je suis allée me promener sur le plateau de Léoncel, tandis que fin février, j’ai pris la direction de Villard de Lans. Venez, je vous emmène marcher dans la neige !

le plateau de Léoncel dans le Vercors dromois sous la neige
Le plateau de Léoncel sous la neige

Balade sur le plateau de Léoncel

Ce samedi là, je n’avais pas prévu d’aller me promener dans le Vercors. J’avais à faire en ville et la météo s’annonçait maussade. Mais une éclaircie en fin de matinée m’a fait changer d’avis. Je suis donc partie vers midi et demie, en direction du Grand Echaillon. Arrivée à La Vacherie, la quantité de neige qui recouvrait le paysage était déjà très abondante aussi, je ne suis pas allée plus loin. Il n’était pas encore 13 heures et j’ai sans souci trouvé un stationnement à côté du cimetière.

paysage enneigé du Vercors
Pas besoin de marcher très loin depuis le parking pour que la vue soit magnifique

De là, j’envisageais de partir en direction du ruisseau de Comberoufle qui se faufile à travers la montagne pour gagner ensuite les parois des Gorges d’Omblèze. La hauteur de la neige m’a fait hésité et finalement, à la jonction du chemin avec le GR9, j’ai décidé de suivre celui-ci en direction du village de Léoncel. Je m’enfonçais beaucoup et la progression n’était pas toujours évidente, mais la beauté du paysage rendait l’effort plus facile. Arrivée au niveau de la ferme des Coquins (en ruines), j’ai pris un petit chemin de traverse pour rejoindre un ruisseau et une petite cascade pleine de charme.

J’ai ensuite repris le tracé du GR9 en le suivant tant bien que mal. La neige masquait bon nombre de balisages, mais à cet endroit, il suit globalement le pied des falaises de la montagne de Chovet. Au loin, le clocher de l’église abbatiale de Léoncel me servait de point de repère. J’avais envisagé de m’y rendre, mais la progression dans la neige fraiche était compliquée. Très régulièrement, je m’enfonçais au moins jusqu’aux genoux (et je dois dire que j’ai bien regretté d’avoir hésité à prendre les raquettes pour finalement les laisser dans le coffre de la voiture !).

paysage enneigé du Vercors
On devine le village de Léoncel, coincé au pied de la montagne sur la gauche

Le ciel commençant à devenir menaçant, je changerai finalement d’idée et arrivée au niveau des ruines de l’ancienne ferme des Marais, je vais faire le choix de traverser le plateau pour rejoindre le bord de la route et revenir plus vite à la voiture. La suite me donnera raison : à peine revenue sur le parking, il commencera à pleuvoir. Au final, ma boucle aura fait un peu plus de 4 kilomètres, dans une neige épaisse rendant la progression difficile. J’aurais passé presque 2 heures à profiter de ces paysages sublimés par la neige.

paysage enneigé du Vercors avec une ferme en ruines
Si mes estimations sont bonnes, ces ruines sont celles de la ferme des Marais sur le plateau de Léoncel. Ici, pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Résistance avait installé un terrain de parachutage. J’ai essayé de trouver des informations sur ce qu’il s’est passé dans ce secteur, sans grand succès jusqu’à présent : il y avait tellement de maquis et de fermes accueillant des résistants dans le Vercors que seuls les plus importants sont très documentés.


La Vacherie / Léoncel – Vercors – Drôme
Janvier 2026


Randonnée entre Bois Barbu et Valchevrière

Dans la forêt

Fin février la neige avait déjà bien fondu un peu partout. Je suis donc allée un peu plus en altitude pour en trouver. Direction le domaine nordique de Villard de Lans à Bois Barbu pour une randonnée jusqu’à Valchevrière. J’étais déjà allée dans ce secteur il y a 3 ans pour une randonnée en raquettes. Comme j’étais partie de la maison tôt le matin, un peu sur un coup de tête, je n’avais pas pris la peine de repérer un autre itinéraire. J’ai donc repris le même chemin que la dernière fois. J’avais emporté les raquettes cette fois encore, mais compte tenu de la quantité de neige, j’ai préféré les laisser dans la voiture. La suite me donnera raison : les chemins ne sont plus que partiellement enneigés, et là où il y a de la neige, elle est généralement glacée et glissante. Avec les raquettes, j’aurais été encombrée pour rien car il n’y aurait finalement eu que quelques centaines de mètres où elles auraient été utiles.

paysage enneigé du Vercors
Au départ de Bois Barbu, vue vers les Gorges de la Bourne

Comme je suis partie tôt, il est à peine 9.00 quand je m’engage sur le sentier. Je n’ai pas besoin de m’éloigner beaucoup pour me retrouver complètement seule. Avec l’approche du printemps, les oiseaux sont de sortie. J’entends très distinctement un pic (sans doute) épeiche taper sur un tronc mais je n’arrive pas à le voir. Je fais attention où je pose les pieds car je n’ai pas vraiment envie de glisser. Le ciel est couvert mais il fait plutôt beau, et la température est relativement douce. En marchant, je n’ai même pas besoin d’un pull. Le chemin se faufile dans la forêt entre les arbres, puis rejoint le bord de la piste de ski de fond. Je fais bien attention à rester sur la bordure de la piste afin de ne pas gêner les skieurs, avec qui nous échangeons des « bonjour ».

piste mixte ski de fond et randonnée en raquettes
Ici, la piste de randonnée en raquettes / piste piétonne longe la piste de ski de fond. Il est très important de ne pas aller marcher sur la piste de ski de fond. C’est une question de respect du travail des dameurs et de sécurité de tous. En effet, en marchant sur le damage ou sur les rails, on abime la piste travaillée par les dameurs et on crée des trous qui peuvent faire chuter les skieurs. De plus, les skieurs en descente peuvent atteindre des vitesses importantes et les risques de collision ne sont pas à sous estimer. Il y a largement la place pour tous à la montagne !
des skieurs sur une piste de ski de fond
C’est parti pour la descente !

Vers le village de Valchevrière

Le but de l’itinéraire que j’ai choisi est le village de Valchevrière. Cet ancien hameau, déserté entre les deux guerres, a abrité un groupe de maquisards et un camp d’entrainement de la Résistance. Quand le 21 juillet 1944, l’armée allemande lance une offensive contre la Résistance dans le Vercors, Valchevrière fait partie des cibles. C’est le 22 juillet que la bataille a lieu, sur la route d’Herbouilly, au niveau du belvédère. Les hommes de la compagnie Chabal tiendront du mieux qu’ils peuvent mais seront débordés par un ennemi mieux équipé et plus nombreux. Les maisons du hameau sont ensuite incendiées. Aujourd’hui, le hameau est resté en ruines. Seule la chapelle sera épargnée. C’est devenu un lieu de mémoire, un des symboles forts de la Résistance dans le Vercors.

panneaux directionnels indiquant Valchevrière et Bois Barbu
En chemin
vue depuis le belvédère de Valchevrière dans le Vercors
Depuis le belvédère de Valchevrière, on domine les Gorges de la Bourne
dans le hameau de Valchevrière sous la neige
La neige a recouvert les ruines du hameau de Valchevrière
la chapelle de Valchevrière sous la neige
La chapelle de Valchevrière sous la neige
une station du chemin de croix de Valchevrière
Depuis Villard de Lans jusqu’à Valchevrière un chemin de croix comportant 13 stations rappelle les noms des maquisards tués lors des combats de Valchevrière en juillet 1944. Il a été inauguré en 1948.


Le circuit que j’ai choisi est un aller retour, aussi après un temps dans le hameau de Valchevrière, je reviens sur mes pas pour retourner à Bois Barbu.


(*) Le circuit en aller retour entre Bois Barbu et Valchevrière est accessible en hiver en raquettes (pistes damées) et aux beaux jours via un chemin balisé en vert jaune (balisage PR). Il fait environ 7.5 km et est donné pour 3h30 en hiver / 2h30 en été sur les topos que j’ai trouvés. Pour ma part, j’ai mis 2h30 alors que les conditions n’étaient pas complètement favorables en raison de nombreuses plaques de neige verglacée.
En été, il est possible d’accéder au belvédère de Valchevrière en voiture (l’hiver, la route devient piste de ski de fond). Le hameau se trouve à environ 500 mètre du belvédère en bas d’un chemin forestier. On peut aussi emprunter le sentier patrimonial pour descendre au village : il est plus joli mais aussi plus raide et il y a un gué à traverser.


Villard de Lans – Vercors – Isère
Février 2026