[Bouches du Rhône] une journée à Arles pour les Rencontres de la Photographie

Cela faisait plusieurs années que je souhaitais me rendre à Arles pour les Rencontres de la Photographie. Jusqu’à présent, je n’avais pas réussi à caser cette découverte dans mon planning. Alors, cette année, j’ai posé une journée de congés exprès fin août et j’ai noté dans mon agenda que j’irai à Arles ce jour-là. J’ai fait l’aller-retour dans la journée en train : depuis Valence, Arles n’est qu’à 1h30 de trajet. Sur place, j’ai marché (beaucoup). J’ai donc limité mon rayon de visite aux lieux situés dans le centre d’Arles, et même comme cela, je n’ai pas tout vu. Petite rétrospective de mes découvertes arlésiennes.

vue aérienne du centre d'Arles
Arles vue depuis la terrasse panoramique de la tour LUMA

Arles, une ville pleine de charme

Dans les petites rues

Première surprise en arrivant à Arles : la ville est vraiment très jolie. Je n’avais pas d’idée préconçue car je n’ai pas l’impression que j’avais vu passer beaucoup d’images de la ville. Or, en passant la porte dans les remparts, et en avançant vers les Arènes par les petites rues, je suis immédiatement tombée sous le charme. Les rues sont colorées. La végétation grimpe à l’assaut des murs. Les hôtels particuliers se succèdent. Et tout semble converger vers les arènes, immenses, au cœur même de la ville fortifiée, et toujours en activité.

Le cloître Saint Trophime, joyau roman

Arles a longtemps été le siège d’un évêché, avant d’être rattaché au diocèse d’Aix en Provence. Arles garde de cette époque une cathédrale et tout son ensemble épiscopal. Le portail de l’église est caractéristique de l’art roman provençal. Quant au cloître, il a été édifié en deux temps : deux galeries au XIIe siècle de style roman et les deux autres au XIVe siècle de style gothique. Le cloître possède une série de chapiteaux historiés et de piliers sculptés très bien conservés. L’iconographie reprend en particulier le thème de la Résurrection du Christ et les histoires de Saint Trophime et Saint Etienne, tous les deux patrons de la ville. Il est également possible de se rendre sur les toits du cloître, pour une autre vue sur le cloître et l’église voisine.

Le parc des ateliers, réhabilitation d’un ancien site industriel

Situé sur une ancienne nécropole romaine, le parc des ateliers, c’est avant tout un ancien site industriel, né de la révolution industrielle pour construire et réparer les locomotives de la ligne Paris-Lyon-Méditerranée. Principal employeur de la ville au début du XXe siècle, il fermera ses portes en 1984. L’ancienne nécropole devient alors une friche industrielle. Le lieu est régulièrement investi par les Rencontres de la Photographie, mais il faut attendre le début des années 2010 pour qu’un vrai projet voit le jour. En 2013, LUMA Arles voit le jour. Il s’agit d’un campus créatif interdisciplinaire qui propose des expositions et des évènements culturels. Le site offre aussi un beau parc paysager, plusieurs restaurants et un hôtel. Aux 8 bâtiments historiques réhabilités vient s’ajouter la Tour, une réalisation de Frank Gehry qui marque le paysage arlésien depuis son édification entre 2014 et 2020.

jeu d'ombres au pied de la tour LUMA
Jeux d’ombres
la tour LUMA au parc des ateliers à Arles
La tour LUMA – architecte Frank Gehry
Krauses Gekröse – Franz West (dont je ne sais que penser..)
"Fear eats the soul", inscription sur un mur des Forges au parc des Ateliers à Arles
Dans la cour des Forges au parc des Ateliers

Les Rencontres de la Photographie, édition 2026

J’ai visité une vingtaine d’expositions dans le cadre des Rencontres de la Photographie, réparties sur une douzaine de lieux. Comme dans tout évènement de ce type, certaines propositions m’ont plu, d’autres m’ont laissée perplexe ou indifférente. Parfois, la photographie est juste un prétexte à une utilisation dans une installation plastique. Parfois, l’exposition nous emmène à travers l’histoire de la photo et les photographes qui l’ont façonnée. Parfois, l’image sert de témoignage d’une société en mutation ou d’un combat politique. Mais, une nouvelle fois, je crois que ce qui m’a le plus touchée, c’est la relation entre le lieu et ce qui y est exposé, la façon dont l’accrochage utilise le lieu pour l’habiter complètement.

Croisière, à Arles
Croisière, un des lieux phare des Rencontres de la Photographie

Sélection d’œuvres et d’expositions

Je vous propose ma sélection d’œuvres et d’expositions parmi celles que j’ai visitées. Ce choix est bien sûr totalement subjectif !

  • Nous ne sommes pas seuls – Images extraterrestres (à Croisière) : un fantastique travail de curation autour de la représentation des interférences extraterrestres dans notre monde, qu’il s’agisse des « observations » ou de mises en scène. Sans doute mon plus gros coup de cœur !

  • Olivier Metzger – Somewhere and somehow (à Croisière) : je ne connaissais pas le travail d’Olivier Metzger. C’est pour moi une belle découverte. Des images propres, léchées avec un travail impressionnant sur la lumière artificielle.

  • Stan Douglas – Bodies never lie (à la Mécanique Générale dans le Parc des Ateliers) : de très grands formats pour raconter l’histoire, entre mise en scène et travail sur des images anciennes.
Stan Douglas - Bodies never lie : exposition à Arles 2026
Stan Douglas – Bodies never lie

  • La nature d’Edward Steichen (à la Mécanique Générale dans le parc des Ateliers) : une rétrospective sur le travail d’Edward Steichen, photographe naturaliste au fil du XXe siècle, mais aussi botaniste.
exposition La nature d'Edward Steichen à la Mécanique Générale à Arles 2026
La nature d’Edward Steichen

  • Modèle animal – 200 ans de photographie (à la Mécanique Générale au parc des Ateliers) : l’exposition raconte la façon dont les animaux ont été photographiés depuis l’invention du médium et ce que ce regard dit de la société et de son évolution. On y retrouve des photos de grands noms (Martin Parr, Elliot Erwitt, ..) mais aussi d’anonymes.
Expo Modèle animal - 200 ans de photographie à la Mécanique Générale  dans le cadre d'Arles 2026
Modèle animal – 200 ans de photographie

  • R comme Regarder – le livre photo jeunesse (à l’espace Van Gogh) : une exposition qui retrace l’utilisation de la photographie dans l’édition jeunesse, depuis les abécédaires jusqu’à l’illustration de récits imagés au cours du XXe siècle. J’ai aimé ce regard sur un genre « grand public » et la façon dont il explore la vision de la société en abordant les thèmes de l’écologie ou de la différence depuis longtemps (même si on n’échappe bien sûr pas à certains clichés).
expo R comme Regarder - le livre photo jeunesse à Arles 2026
R comme Regarder – le livre photo jeunesse

  • Vigilance – le travail sous tension (à Ground Control) : une exposition qui s’intéresse à la photographie d’entreprise et à son utilisation à des fins pédagogiques, à travers une sélection d’images réalisées pour le magazine de prévention d’EDF.
Vigilance - le travail sous tension à Ground Control pour Arles 2026
Vigilance – le travail sous tension

  • Lara Tabet & Yasmine Chemali – Le Corps Vitré (au cloître Saint Trophime) : une présentation très graphique sous forme de vitraux d’images de micro-organismes d’eaux portuaires et littorales. La présentation dans la pénombre d’une salle du cloître Saint Trophime donne une dimension particulière à l’exposition.
Lara Tabet & Yasmine Chemali - Le Corps Vitré (au cloître Saint Trophime) - Arles 2026
Lara Tabet & Yasmine Chemali – Le Corps Vitré

  • Come Together / House of Love par Shelby Duncan (à la Fondation Manuel Rivera-Ortez) : Come Together est un ensemble d’expositions autour des liens humains. Parmi celles-ci, j’ai particulièrement remarqué House of Love qui documente la vie dans une maison partagée où vit une communauté artistique dans le Los Angeles du début des années 2010.

  • L’image cannibale (à la chapelle de la Charité) : je dois dire que je n’ai pas vraiment apprécié cette exposition collective, mais j’ai eu un coup de cœur pour cette installation (et bien sûr, j’ai oublié de noter le nom de l’artiste… si vous avez l’information, n’hésitez pas !)
L'image cannibale (à la chapelle de la Charité) - Arles 2026

Résonnances

En mode portfolio, je laisse ici pour mémoire quelques images des lieux et de la façon dont ils intègrent les Rencontres de la Photographie, les expositions…

Informations pratiques

  • Aller à Arles : depuis Valence, c’est vraiment facile par le train. Il y a des liaisons directes en 1h30. Cela laisse largement la possibilité de faire un aller / retour sur une journée. Il y a aussi des trains depuis Lyon, Marseille et Montpellier et des TGV depuis Paris qui desservent la gare d’Arles.
  • Se déplacer à Arles : j’ai choisi l’option piétonne ! Pour se rendre sur les lieux un peu plus éloignés (abbaye de Montmajour, Musée départemental Arles Antique..), il y a des possibilités de liaisons en bus depuis la gare.
  • Visiter les expositions des Rencontres de la Photographie :
    • L’édition 2026 se tient jusqu’au 6 octobre.
    • Les billets sont en vente en ligne sur le site des Rencontres de la Photographie ou aux billetteries situées à plusieurs endroits de la ville.
    • Il existe un billet journée, permettant d’entrer une fois dans chaque exposition sur une même journée, plus intéressant financièrement que le billet standard (une entrée dans chaque exposition sur toute la durée du festival) si on ne vient qu’une seule journée.
    • Certains lieux sont accessibles sans billet des Rencontres, mais il faut alors payer un droit d’accès. Compte tenu des tarifs, le billet journée est vite rentabilisé.
  • Manger à Arles : la ville est très touristique ! Il y a donc plein de restaurants un peu partout avec de belles terrasses. Certains m’ont donné l’air un peu « attrape touristes » avec des prix relativement élevés et des serveurs qui alpaguent les passants. Je les ai consciencieusement évités. J’ai déjeuné au Bar à Thym (62 rue de la République), un petit établissement à l’angle de deux ruelles qui propose une cuisine du jour à l’ardoise avec des prix raisonnables et des assiettes très correctes.
    Pour le goûter, j’ai pris une glace artisanale au Glacier des Remparts (55 rue Amédée Pichot), délicieuse et généreusement servie.
jardin de l'espace Van Gogh à Arles
Dans le jardin de l’ancien Hôtel Dieu où Van Gogh avait été interné et qu’il a peint
chat noir et blanc allongé
La rencontre inattendue : un chat endormi sur les toits du cloître Saint Trophime, complètement indifférent à sa popularité et aux touristes qui le prennent en photo !


Arles – Bouches du Rhône – août 2026

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