[Rhône] une journée autour de la Cité Internationale à Lyon

Certains d’entre vous le savent déjà, j’ai longtemps travaillé à Lyon. Mais, prise dans le tourbillon de mon quotidien professionnel, je fréquentais souvent les mêmes lieux, les mêmes rues. Et je n’avais pas le courage de retourner à Lyon le week-end. Depuis 2 ans, je ne vais plus chaque jour à Lyon, et j’y vais donc avec plaisir pour m’y balader ou y profiter de l’offre culturelle (même si dans la Drôme, il y a aussi plein de belles propositions). C’est pour découvrir les nouvelles expositions du macLyon que j’y suis allée cette fois, et je me suis aussi baladée dans les environs de la Cité Internationale.

la cité internationale à Lyon
La Cité Internationale de Lyon a été bâtie à la fin des années 1990/début des années 2000 sur le site de l’ancienne foire de Lyon. L’ensemble a été conçu par l’architecte Renzo Piano, et s’articule autour d’une rue piétonne interne. La Cité Internationale abrite des hôtels, un centre de congrès et spectacles, des salles de cinéma, des restaurants et des bureaux, ainsi que le Musée d’Art Contemporain de Lyon.

Une visite au Musée d’Art Contemporain

Redécouvrir le macLYON

Il suffit parfois d’une occasion pour retourner dans un quartier où on n’a pas mis les pieds depuis plusieurs années. C’était mon cas avec la Cité Internationale. La dernière fois que j’y étais allée, c’était il y a une dizaine d’années pour une soirée de gala à l’amphithéâtre 3000, et je n’avais pas vraiment flâné. La fois précédente remontait à la fin des années 1990. Le quartier était encore en construction, mais le Musée d’Art Contemporain (dit macLYON) venait d’ouvrir ses portes et j’étais venue le visiter. Et je n’y étais pas retournée depuis.

façade du Musée d'Art Contemporain de Lyon
La façade Art Déco du macLYON est celle de l’ancien palais de la foire, qui a été conservée.

C’est à l’invitation de IgersLyon et du macLYON que je suis venue pour découvrir les 3 nouvelles expositions temporaires. Le musée a en effet cette particularité de ne pas exposer de collections permanentes (même s’il possède un fonds d’œuvres), et de proposer uniquement des expositions temporaires avec généralement deux rotations annuelles. Un nouveau cycle d’expositions a été inauguré le 6 mars dernier, et j’ai eu la chance de les parcourir dès le lendemain avec un médiateur en visite guidée.

Truck, installation d’Eric Wurm en 2007
espace living du macLYON
Au macLYON, des espaces permettent de réaliser des activités en famille, de consulter des livres ou encore de faire une pause.

Encore lui ! – Jean-Claude Guillaumon

La première exposition est une monographie de Jean-Claude Guillaumon, intitulée Encore lui !. Elle propose un regard sur l’œuvre de cet artiste lyonnais autodidacte et peu connu du grand public. Dessinateur industriel de profession, proche du mouvement Fluxus (qui milite pour l’abolition des frontières de l’art), il a débuté en faisant des happenings dans les années 1960, apportant un vent de nouveauté dans la scène artistique lyonnaise. Au cours des années 1970, épaulé par son épouse Colette, il se met en scène dans des séries photographiques portant un regard à la fois acerbe et plein d’humour sur l’art, en particulier contemporain, et la société de façon plus générale. Loin du selfie façon XXIe siècle, Jean Claude Guillaumon ne se met pas au centre de ses productions pour des raison égotiques mais pour au contraire désacraliser la place de l’artiste et tourner en ridicule la vanité qui l’accompagne.

Attention vous marchez dans l'art - panneau en carton par Jean Claude Guillaumon
Dès l’entrée de l’exposition, le ton est donné
N'allez pas contredire l'artiste vous passeriez pour un imbécile  - panneau en carton par Jean Claude Guillaumon
« N’allez pas contredire l’artiste vous passeriez pour un imbécile »
Un avertissement en forme de pied de nez à la pédanterie des artistes
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Jean Claude Guillaumon explore de nombreux formats photographiques, en bande façon photomaton ou en tirage simple
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Je ne savais pas encore que Jean Claude Guillaumon était dessinateur industriel quand j’ai vu cette œuvre, mais j’ai immédiatement pensé à la correspondance des vues en dessin technique.
(Et je suis donc très surprise que mes cours de dessin industriel aient pu me servir à quelque chose une trentaine d’années après ! )
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Les oeuvres ne sont pas captives de leurs cadres mais envahissent le monde comme devrait le faire l’art.
Installation vidéo et plastique autour d'un jeu de go par Jean Claude Guillaumon
Dans la lancée des happenings, Jean Claude Guillaumon a aussi fait des captations vidéo comme cette partie de go un peu particulière, qu’il met ensuite en scène dans une installation.
Papier peint Jean Claude Guillaumon
Ce papier peint « Jean Claude Guillaumon » reprend la figure hypnotique de l’artiste (et me fait penser au papier peint des Renés d’Hervé Di Rosa au musée de Valence en 2022)

Regards sensibles – œuvres vidéo de la collection Lemaire

Isabelle et Jean-Conrad Lemaire ont constitué au fil des années l’une des plus importantes collections privées d’art vidéo en France. Les œuvres qu’ils ont acquis couvrent la période de 1984 à 2025. Ils ont fait don de cette collection au macLYON de façon récente. Dans cette collection, la commissaire d’exposition a imaginé un parcours à travers une sélection d’œuvres, les faisant ainsi dialoguer. La scénographie invite le visiteur à s’assoir pour regarder les vidéos proposées, dont la durée varie de quelques minutes à une demi-heure. Je dois avouer que l’art vidéo est sans doute celui qui a le plus de mal à me toucher. J’ai souvent du mal à interpréter l’intention de l’artiste, et j’analyse l’œuvre plus que je ne la ressent. Mais quelquefois, une œuvre vidéo trouve un écho en moi et m’émeut. Ca a été le cas pour Les Indes Galantes, une vidéo de Clément Cogitore, qui met en scène des danseurs dans une battle hip hop sur la musique de Rameau, et qui a été un vrai coup de cœur.

exposition Regards Sensibles au macLyon
Regardez bien, les mains d’Alexis le médiateur font écho à l’œuvre qui se joue dans son dos
exposition Regards Sensibles au macLyon
La scénographie de l’exposition est une vraie réussite
exposition Regards Sensibles au macLyon
Si l’œuvre vidéo m’a laissée perplexe, j’ai beaucoup aimé la douceur qui se dégageait de l’installation avec cette lumière bleutée.

Peinture froide – Giulia Andreani

Au troisième étage du musée, la peinture froide de Giulia Adreani nous emmène dans un univers monochrome. En effet, l’artiste peint uniquement avec du gris de Payne, un gris bleuté créé au XVIIe siècle par un aquarelliste anglais et utilisé généralement pour les ombres et les effets de profondeur. L’utilisation qu’en fait Giulia Andreani donne un rendu très froid, créant une distance entre le spectateur et le tableau, figeant dans une dimension quasi photographique les scènes représentées. Parmi les thématiques, on note une forte interrogation sur la place des femmes, tantôt invisibilisées, tantôt mises en valeur. L’artiste s’attache aussi à revisiter les esthétiques des images de propagande des régimes totalitaires. L’ensemble porte un regard interrogatif sur l’impact politique de l’iconographie, et le souvenir laissé dans la mémoire collective.

œuvres de Giulia Andreani
Questionnement sur la place de la femme dans le monde, en particulier artistique
œuvres de Giulia Andreani
Luttes politiques
œuvres de Giulia Andreani
Questionnement sur la place de la femme dans le monde, en particulier artistique
œuvres de Giulia Andreani
Une œuvre monochrome avec un fort impact


Informations pratiques :

  • Les horaires et tarifs de visite du Musée d’Art Contemporain sont disponibles sur le site internet du macLYON.
  • Les 3 expositions dont je parle ici sont présentées jusqu’au 12 juillet 2026.
  • Le macLYON sera ensuite fermé pour préparer les expositions de la prochaine Biennale d’Art Contemporain.

(*) J’ai été invitée (collaboration commerciale non rémunérée) au Musée d’Art Contemporain de Lyon.

tote bag du macLYON avec l'inscription l'art contemporain, j'ai rien compris : j'ai adoré !
Coup de cœur pour le tote bag du macLYON


Une promenade au parc de la Tête d’Or

La Cité Internationale de Lyon est situé juste en lisière du parc de la Tête d’Or. S’il m’est arrivé de temps en temps de faire un tour au parc, c’était plutôt du côté opposé, vers les serres et le jardin zoologique. J’ai donc profité d’être à la Cité Internationale pour aller me balader dans les allées du parc en bordure du lac. Comme j’y étais début mars, c’était la pleine floraison des différentes variétés de jonquilles mais aussi des magnolias (et dans quelques semaines, c’est la roseraie qui sera en fleurs). Cette version printanière du parc de la Tête d’Or est l’une des plus belles, et je n’ai pas manqué de faire beaucoup (trop) de photos.

jonquilles
Les pelouses étaient couvertes de jonquilles
cygne et reflets de branches sur un lac
L’un des cygnes du lac
pont couvert en bois au parc de la Tête d'Or à Lyon
J’avais découvert Lyon lors de mon premier stage quand j’étais étudiante, et j’étais complètement tombée sous le charme de ce pont en bois. J’y avais d’ailleurs à l’époque fait quelques séries de portraits.


Lyon – Rhône – mars 2026


magnolias en fleurs devant la bourse de commerce de Lyon
En passant sur la Presqu’île après ma journée autour de la Cité Internationale, j’ai pu admirer les magnolias en fleurs devant le bâtiment de la bourse du commerce à Cordeliers

3 réflexions sur « [Rhône] une journée autour de la Cité Internationale à Lyon »

  1. J’aime beaucoup le tote bag 😉 (les musées d’arts moderne et contemporain, ne sont pas vraiment ma tasse de thé). Quant à Lyon, j’y ai laissé un autre bout de mon coeur (en plus de celui qui est resté en Bretagne), c’est une très belle ville et ce parc au printemps est vraiment superbe !

    Très bonne journée 😉

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