Je connais assez peu Saint Etienne. J’y étais allée il y a bientôt 2 ans pour une découverte autour des savoir-faire et de la gourmandise. J’avais alors visité entre autres le Musée d’Art et d’Industrie avec ses collections d’armes, de cycles et de rubans. Je m’étais dit qu’il faudrait que je revienne pour explorer les liens de la cité stéphanoise avec le design. Saint Etienne fait en effet partie des villes créatives de design de l’UNESCO, et elle est la seule ville française avec cette distinction. J’ai donc profité du week-end inaugural de la toute nouvelle Galerie Nationale du Design pour retourner à Saint Etienne à l’invitation de Saint Etienne Hors Cadre.

Explorer la Cité du Design
Prendre de la hauteur sur la plateforme de la Tour Observatoire
Le rendez-vous pour cette journée était donné sous la tour observatoire à la Cité du Design. Après avoir retrouvé notre hôte de l’office de tourisme et les autres instagrameurs présents, nous avons été accueillis par la responsable communication de la Cité du Design. Quand elle nous a proposé de nous faire ouvrir l’accès à la plateforme, nous n’avons pas hésité pour accepter. Accompagnés par une équipe de la Cité du Design, nous nous sommes dirigés vers le sommet à 32 mètres de haut. J’ai choisi de les monter à pied mais c’est possible d’emprunter un ascenseur.

Une fois en haut, j’ai été frappée par les lignes hyper graphiques des ombres de la structure tubulaire de la plateforme. Une fois tous arrivés au sommet, nous avons bénéficié d’une présentation des lieux et d’une lecture de paysage. La Cité du Design a pris place dans l’ancienne Manufacture d’Armes de Saint Etienne, là où était produit le fusil FAMAS de l’armée française. Inaugurée en 2009, elle est en partie installée dans les bâtiments historiques de l’ancienne manufacture, datant de 1864 (même si l’histoire de la manufacture d’armes de Saint Etienne est nettement plus ancienne). L’ensemble historique a été complété par un bâtiment moderne, la Platine, vaste vaisseau de 200 mètres de long abritant espaces d’exposition, boutique, salles de séminaires et auditorium.


Lignes graphique sur la plateforme


Les vestes des médiateurs de la Cité du Design sont inspirées des vestes des mineurs, en référence au passé de la ville
Visiter les expositions de la Platine
Après cette introduction autour de l’histoire de la Cité du Design, mais aussi des liens entre le design et la ville de Saint Etienne, nous avons pris la direction de la Platine pour y visiter deux expositions. Nous avons commencé par l’exposition Créer un vase. Dans le cadre d’une commande publique, des artistes et designers contemporains ont proposé un dossier autour de la thématique du vase, de ce qu’il représente, de comment il peut se réinventer. Les dix lauréats retenus ont ensuite pu fabriquer leurs vases qui sont présentés dans l’exposition. Ce sont ainsi 21 vases qui sont visibles. Outre l’inventivité des projets présentés et la technicité de leur réalisation, j’ai aimé que l’exposition permette d’avoir un aperçu de la réponse que les candidats avaient faite. Ce petit coup d’œil dans les coulisses de la création permet aussi de se rendre compte qu’entre le projet initial et l’objet réalisé, il a parfois fallu se confronter à des réalités et difficultés techniques.



– les vases inspirés de poteries antiques et qui font penser à des coeurs humains par Ile/Mer/Froid (un duo dont j’avais déjà apprécié l’exposition Dans une rouge clairière au Château à Aubenas)
– les vases cueillettes en verre de Lorie Bayen El Kalim et Lauriane Carra, anciennes diplômées de l’ESAD de Saint Etienne, qui s’inspirent d’une balade en montagne et d’une cueillette de fleurs dans les alpages
– le vase à distorsion numérique d’Octave Rimbert-Rivière qui fait écho aux verreries du début du XXe siècle avec un petit côté Daum et l’utilisation d’un verre à l’uranium tout en ayant été conçu à l’aide de modèles numériques en 3D
Nous sommes ensuite passés voir l’exposition Brèches Fertiles d’Anaïs Borie. Son inspiration se situe aux confins de l’archéologie futuriste et du steam punk. Dans un univers quasi aseptisé, elle interroge notre société et ce qu’il en resterait si dans quelques dizaines d’années, des historiens dans un monde post apocalyptique se penchaient dessus. Je dois avouer que la phrase d’introduction (« Dans le futur, on ne sait pas, même si nos ruines racontent qu’on a toujours su ») a trouvé de l’écho en moi, tout comme l’esthétique très particulière du travail d’Anaïs Borie.

Découvrir la Galerie Nationale du Design
Après ces découvertes à la Platine, nous avons traversé un bâtiment et une cour pour nous rendre à la Galerie Nationale du Design. Cet espace avait été inauguré quelques jours auparavant seulement. Installé dans d’anciens ateliers réhabilités, cet espace a vocation à accueillir des expositions temporaires autour du design, en présentant des objets issus des collections publiques et en les faisant dialoguer. Il présente ainsi sa toute première exposition Design en main. Du langage à l’objet.


L’exposition d’inauguration Design en main s’articule autour d’expressions utilisant le mot main : à mains nues, mettre la main à la pâte, de main en main, prendre en main… Chaque expression renvoie à une réalité, une vision du lien entre le design et la vie quotidienne. On explore ainsi la transmission des gestes artisanaux ou encore de l’utilisation de certaines machines anciennes qui ne sont pas documentées. On découvre nos objets du quotidien avec un regard à la limite de l’ethnologie. On s’interroge sur les effets de la société de consommation, et l’impact de l’usage de machines pour remplacer des gestes manuels y compris dans la vie de tous les jours avec les robots ménagers, et autres appareils électro-ménagers plus ou moins utiles. Enfin, une partie de l’exposition est consacrée à Manufrance, ancien fleuron stéphanois.



Manufrance – l’âge d’or de l’industrie stéphanoise
Appareils électro-ménagers – et la perte du geste au nom d’un pseudo-progrès
Créer sa tablette de chocolat chez Weiss
Après ces belles découvertes à la Cité du Design, nous avons terminé notre journée par un atelier très gourmand aux Ateliers Weiss. Pour ceux qui ne le savent pas, Weiss, c’est LE chocolatier stéphanois, une institution depuis 1882. Lors de mon précédent passage à Saint Etienne, j’avais visité la boutique du centre ville pour découvrir leurs spécialités. Cette fois, nous avons rendez-vous aux Ateliers, situés en périphérie de la ville. Avant d’attaquer notre atelier, nous enlevons tous nos bijoux, montres et boucles d’oreilles comprises, puis nous nous équipons : blouses, charlottes et surchaussures pour tous, complément cache-barbe pour les concernés. Nous sommes prêts pour entrer dans la partie fabrication.




– choix du chocolat à utiliser
– choix des ingrédients à y insérer
– coulage du chocolat dans le moule
– disposition des ingrédients
Reste ensuite à faire refroidir le chocolat et à le démouler
Après la présentation des ingrédients disponibles et une démonstration, nous voilà prêts à nous lancer dans la création de notre tablette. L’ambiance est à la fois joyeuse et concentrée, les gestes appliqués. Une fois toutes les tablettes mises à refroidir, nous bénéficions d’une visite de l’atelier de fabrication des confiseries. Les machines sont centenaires et racontent l’histoire de la gourmandise. Mais si je ne devais retenir qu’une seule chose, c’est la façon dont sont fabriqués les moules pour les inserts dans les bonbons. Ils sont en fécule de maïs, compressée pour prendre la forme, et ne nécessitant pas ensuite de démoulage. Il s’agit de la méthode traditionnelle, qui n’est plus beaucoup utilisée de nos jours.


Et si vous vous demandez quel est le lien entre le design et le chocolat, il est dans le moule. Les moules des tablettes Weiss ont été travaillés avec des designers, et ceux pour les ateliers de création de tablettes ont même fait l’objet d’un vote lors d’une précédente biennale du design.

Quelques informations pratiques
- Visiter la Cité du Design :
- Accès par le tramway arrêt Cité du Design depuis le centre ville ou en une quinzaine de minutes à pied depuis la place de l’Hôtel de Ville, parkings gratuits au Zénith (moins de 5 minutes à pied).
- Les expositions actuellement en cours à la Platine : Créer un vase (jusqu’au 20 septembre 2026), Brèches Fertiles (jusqu’au 4 octobre 2026), Local tools (jusqu’au 16 août 2026, et que je n’ai pas eu le temps de voir)
- L’exposition Design en main à la Galerie Nationale du Design est présentée jusqu’au 7 mars 2027
- L’ensemble des informations pratiques (horaires, tarifs, expositions en cours, ateliers et animations) est à retrouver sur le site internet de la Cité du Design.

- Faire un atelier chocolat :
- Aux Ateliers Weiss, 1 rue Eugène Weiss, 42000 Saint Etienne
- Les ateliers Maître Chocolatier de création de tablette de chocolat durent 1h. La réservation est obligatoire (possible via le site internet). L’animation n’est pas accessible aux jeunes enfants.
- Sur place, il y a aussi une boutique où l’on retrouve toutes les références de la marqeu et un salon de thé.


- Ramener un souvenir de Saint Etienne :
- La boutique de la Cité du Design propose de nombreux objets et documents en lien avec le design.
- La boutique de l’office de tourisme, Saint Etienne Hors Cadre (16 avenue de la Libération, 42000 Saint Etienne), propose une large sélection de produits locaux : livres, papeterie, gourmandises, textiles. Tous sont issus de filières locales, avec un approvisionnement garanti à moins de 50 km.
- Manger à Saint Etienne :
- Le food court La Commune Mazerat a ouvert début 2026 dans l’ancienne halle Mazerat (2 cours Victor Hugo, 42000 Saint Etienne)
- Sur place, 8 échoppes permettent à chacun de trouver un repas à sa convenance puis de s’asseoir autour des grandes tables. Chaque échoppe est là pour 6 à 12 mois, permettant ainsi à de jeunes restaurateurs et entrepreneurs de tester et affiner leur concept dans cet incubateur culinaire. On trouve également un grand bar à la carte très complète.
- Nous avons choisi de prendre nos plats chez Bode Gaga, qui propose des tapas et pintxos à base de produits locaux et de saison. Nous nous sommes régalés.


Saint Etienne – Loire – juin 2026
(*) J’ai participé à cette journée à l’invitation de Saint Etienne Hors Cadre, l’office de tourisme stéphanois (collaboration commerciale non rémunérée). J’avais choisi de m’y rendre car le programme me plaisait beaucoup et correspond à des activités que je fais habituellement à titre personnel. Mon avis reflète l’expérience que j’ai vécue, telle que je l’ai vécue.