Fin mai, sur une impulsion, je suis partie deux jours à la montagne. C’était quelque chose que j’avais envie de faire depuis un moment à cette saison, et que mon court séjour à l’Alpe d’Huez il y a deux ans avait renforcée. Je n’avais rien préparé. C’est en regardant la météo, très favorable, que je me suis décidée à partir deux jours. Je souhaitais de la montagne, et éviter les massifs que je fréquente habituellement. Exit donc le Vercors mais aussi la Chartreuse où j’étais allée peu avant. J’avais commencé à regarder du côté de la Matheysine que j’avais appréciée à l’automne. Mais en intersaison, je ne trouvais pas de logement de dernière minute. J’ai élargi un peu mes recherches et j’ai réservé moins de 2 jours avant aux Deux Alpes. Je suis arrivée sur place assez tôt un vendredi matin, pour repartir en fin d’après-midi le samedi.

1. Profiter de la station et ses points de vue
Le tour de la station
Quand je suis arrivée, et comme je n’avais rien préparé, mon premier réflexe a été de me rendre à l’office de tourisme pour des idées de randonnées. La dame à l’accueil m’a posé des questions sur mon style de randonnée (durée, rythme, dénivelé). Malgré tout, je n’ai pas vraiment eu l’impression d’être bien conseillée. Ses suggestions ont été faites sans grande conviction avec ce que j’ai ressenti comme un a priori (très négatif) sur mes capacités. (Je sais que j’hésite souvent quand on me pose ce type de question afin de ne pas me surestimer et d’éviter de me sous-estimer et que j’ai commis l’erreur de dire que je sortais d’une blessure. De plus, ma tenue ne plaidait pas en ma faveur puisque j’étais en robe et que j’avais encore aux pieds les sandales que je portais pour faire la route. Elle m’a fait une seule vraie proposition de randonnée, assez courte, alors que j’avais indiqué être là deux jours, et je n’ai pas apprécié son « si ça ne vous suffit pas, vous n’aurez qu’à revenir me voir demain ». Cependant, il faut sans doute reconnaître qu’il y a forcément des personnes, surtout dans ces secteurs de moyenne et haute montagne, qui doivent surestimer leurs capacités et qui, conseillées sur des chemins un peu trop techniques ou engagés, se retrouveraient en difficulté, et que donc les offices de tourisme peuvent être un peu frileux à envoyer les visiteurs sur de tels itinéraires. )

Dans ses propositions, il y avait de parcourir le chemin piéton qui longe la station et de m’attarder un peu dans les quartiers plus anciens, bordés de chalets. Et, elle m’a conseillé deux points de vue à ne pas manquer, chacun à un bout de la station (et là, le chemin qui la longe prend toute son utilité). Depuis le chemin, on a de jolies vues sur les montagnes tout autour. Et cela m’a aussi permis de me repérer un peu (où se trouve l’hébergement, où il est possible de faire quelques courses, où on peut manger ou prendre un rafraichissement… c’est important à cette saison où beaucoup de commerces sont fermés).

Le point de vue de la pointe de Venosc
J’ai commencé par aller voir le point de vue à la pointe de Venosc, à environ 1 km du centre de la station. Là, à côté les installations du télécabine, un belvédère permet de faire face à la Roche de la Muzelle et d’apercevoir la cascade. J’ai vite repéré un sentier qui descend vers le village de Venosc. Je l’ai emprunté sur quelques centaines de mètres. Il descend à flanc de montagne sur environ 3 km jusqu’au village de Venosc. Il affiche aussi un D+ total de 675 m. Il est donc assez escarpé et je n’avais pas le temps de faire l’aller-retour avant l’heure du déjeuner (il est annoncé pour 1h15 à la descente et 2 heures à la montée). Et la télécabine n’était pas en fonctionnement ce jour-là. Je me suis donc contentée d’aller jusqu’au premier banc duquel on a une vue panoramique sur la vallée et la montagne en face.


On aperçoit la cascade au milieu, légèrement vers la gauche, dans le bas du versant d’en face
Le point du vue du lac de la Buissonière
Après le point du vue depuis la pointe de Venosc, je suis retournée dans le centre de la station pour acheter une bouteille d’eau (vu que j’avais oublié ma gourde à côté de l’évier en partant le matin). En discutant avec la personne à la caisse, elle m’a conseillé d’aller jusqu’au lac de la Buissonière. Et elle a su être beaucoup plus convaincante que la dame de l’office de tourisme dont les explications donnaient l’impression d’un point de vue sans intérêt mais facile d’accès. La caissière de la supérette au contraire, était enthousiaste sur le point de vue. Je m’y suis donc rendue (après un déjeuner en terrasse au soleil). Certes l’endroit est extrêmement facile d’accès, certes le lac est en réalité un petit plan d’eau pouvant servir à la baignade, mais il est situé au bord de la montagne, et on a l’impression qu’il se perd vers la vallée. Il mérite donc largement d’y faire un arrêt, et d’en faire le tour pour pleinement profiter du paysage.

A noter qu’il est possible de s’y baigner, ce que je n’ai pas fait car je n’avais ni mon maillot ni ma serviette avec moi.

2. Randonner dans les alpages
Si j’avais souhaité venir à la montagne à cette saison, c’était pour profiter d’une randonnée sur les alpages. J’ai donc suivi l’itinéraire qui m’avait été conseillé à l’office de tourisme, mais je l’ai rallongé un peu. Il m’avait été indiqué de me rendre par le sentier jusqu’à la bergerie Kanata et de là rejoindre la station en longeant la montagne sur un sentier qui rejoint la place de Venosc. La montée à la bergerie (dont le départ se fait un peu plus haut que la station service, de l’autre de la route) m’avait été indiquée pour environ 1 heure et le retour à la station pour 30 minutes. Malgré de nombreuses pauses photos dues à la présence massive de fleurs, j’ai mis seulement une trentaine de minutes pour rejoindre la bergerie. Comme j’avais du temps, j’ai continué à monter sur la piste au dessus de la bergerie avant de faire demi-tour pour y redescendre. Puis, j’ai emprunté le sentier (a priori un sentier de PR, j’ai aperçu quelques rares balisages jaune) qui m’a ramenée à l’autre bout de la station. C’est globalement une randonnée sans difficulté qui offre de beaux panoramas. Il n’y a aucun passage technique et le dénivelé reste raisonnable. J’ai mis 2 heures pour faire une boucle incluant le passage par le lac de Buissonière, avec une longue pause goûter dans l’herbe à la bergerie, et pas mal de photos. Entre les fleurs, les paysages, et le soleil, c’était une dizaine de kilomètres de pur bonheur sur les chemins !










3. Retrouver un peu la neige
Si je m’attendais à trouver les sommets enneigés en arrivant aux Deux Alpes, je ne pensais pas avoir l’occasion d’aller en profiter. En effet, il fallait vraiment monter en altitude pour la trouver et en randonnée, je n’en aurais pas eu le temps. Mais, la station des Deux Alpes permet de skier très tard dans l’année sur un glacier. Ainsi, une partie des pistes était encore ouverte, et il était possible de monter en tant que piéton via la télécabine du Jandri. Si très tôt le matin, la remontée est réservée aux clubs et fédérations de ski qui viennent ici pour s’entrainer quand il n’y a plus de neige ailleurs, un peu plus tard, on peut monter en tant que piéton (ou skieur individuel, ou vététiste). La télécabine, toute neuve, nous emmène en moins de 20 minutes jusqu’à 3200 mètres d’altitude, dans une benne silencieuse et vraiment très confortable. De là, les skieurs peuvent emprunter d’autres remontées mécaniques ou accéder directement à des pistes les redescendant jusqu’à 2600 mètres où ils peuvent reprendre la télécabine du Jandri. Les vététistes ont eux accès à une piste de descente qui les ramène à la station et qu’ils peuvent prolonger jusqu’à Venosc pour 25 km de descente et 2000 mètres de dénivelé. Pour ma part, je suis restée à pied et j’ai profité des magnifiques panoramas et de l’ambiance « ski » de la terrasse du restaurant d’altitude. J’aurais bien aimé poursuivre l’ascension jusqu’à 3400 m mais le funiculaire rencontrait un souci technique et ne fonctionnait pas.






4. Découvrir un village plein de charme
Après l’altitude et la neige, je suis redescendue par la télécabine du Jandri jusqu’à la station, puis j’ai pris la télécabine du Venosc pour rejoindre le village éponyme. De l’arrivée de la télécabine, il faut marcher un peu pour remonter jusqu’au village. Celui-ci est vraiment plein d’un charme à l’ancienne, avec ses rues piétonnes bordées de vieilles maisons. Il semble y avoir de jolies boutiques, mais j’y étais entre les saisons d’hiver et d’été et tout était fermé. J’ai poussé jusqu’au hameau du Sellier, de l’autre côté du ruisseau pour jeter un œil à la jolie petite chapelle. Très simple, elle fait partie de ces chapelles de montagne que l’on trouvait dans chaque hameau afin que la messe puisse être dite partout.



5. Aller se rafraichir au pied d’une cascade
En descendant à Venosc, en plus de la découverte du village, j’avais une idée bien précise : aller voir de près la cascade de la Muzelle que j’avais aperçue la veille depuis le point de vue de la pointe de Venosc. Le départ de la randonnée se fait depuis la station basse du télécabine de Venosc. Il faut d’abord suivre la route jusqu’au Bourg d’Arud, traverser la rivière et le hameau d’Alleau. De là, la cascade est clairement indiquée. Le sentier suit le GR (balisage rouge/blanc) sur un chemin bien empierré, qui ressemble à une ancienne voie de circulation et qui grimpe bien. A la bifurcation, il faut prendre une sente en terre sur la gauche légèrement en descente (un panneau indique la direction de la cascade, mais on peut aussi se guider au son de celle-ci). Un peu plus loin, un banc permet d’avoir une jolie vue sur la cascade. Un chemin descend vers le lit de la rivière et le pied de la cascade (attention un panneau indique un risque de modification soudaine du débit en raison de la présence d’ouvrages hydroélectriques en amont). De là, le spectacle en cette saison de fonte des neiges est impressionnant. Le retour se fait en rebroussant chemin. L’aller-retour depuis la télécabine du Venosc fait environ 3 km pour 120 m D+ et est donné pour 1h15 (j’ai mis 50 minutes, pauses photos comprises).









Les 2 Alpes – Isère – mai 2026
