[coin lecture] Les Indes Fourbes // Les Mafieuses

Les Indes Fourbes – AYROLES (scénario) et GUARNIDO (dessin)

Au XVIe siècle, Don Pablos de Ségovie part à la conquête de l’Eldorado dans ce que l’on appelle alors les Indes Espagnoles, l’Amérique du Sud.

Entre flashback sur l’enfance du héros, narration de ses aventures en terres indiennes… et retournement de situation, le scénario d’Ayroles s’avère extrêmement bien construit et s’inscrit dans la grande tradition du récit picaresque (on ne peut pas parler de roman picaresque puisqu’il s’agit d’une bande dessinée…).

Quant au dessin de Guarnido (à qui l’on doit aussi la très belle atmosphère de Blacksad), il est vraiment beau et précis nous plongeant encore plus dans cette atmosphère de conquistadores et de légendes aurifères.

A eux deux, ils nous offrent un magnifique et flamboyant anti-héros !

Initialement, cette bande dessinée m’avait été conseillée par mon libraire pour un cadeau de Noël, mais j’avais finalement fait un autre choix. Je me le suis donc offert à la réouverture de ma librairie post-confinement. J’ai beaucoup aimé cette aventure dans les Indes Espagnoles qui a un côté Mystérieuses Cités d’Or pour adultes !

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Les Mafieuses – Pascale DIETRICH

A Grenoble, la mafia italienne domine un certain nombre de trafics depuis de nombreuses années. Leone Acampora, l’un des caporaux du parrain local, est sur le point de mourir et il lance un contrat sur sa femme qui l’a trompé bien des années auparavant avec son meilleur ami. Les deux filles de Leone ont pris des chemins de vie différents : Dina a pris le contrepied du business paternel et travaille dans l’humanitaire, tandis qu’Alessia est devenue pharmacienne et se sert de son officine comme couverture et point de distribution aux dealers locaux à l’aide de noms de code. Toutefois, les deux soeurs se rejoignent sur la nécessité de sauver leur mère. Et, Alessia fait en sorte de prendre le clan en main…

J’ai trouvé ce court roman à la réouverture de la librairie alors qu’il était assorti d’un petit commentaire assez engageant de mon libraire. Il se lit vite et bien. . Ce n’est ni un roman policier, ni un roman de chick-litt.. C’est quelque part entre les deux, et c’est divertissant…

[coin lecture] Les Quatre de Baker Street

Les Quatre de Baker Street – Jean-Blaise Djian / Olivier Legrand / David Etien


C’est mon fils qui a reçu en cadeau les deux premiers tomes de cette série.. et ces albums ont piqué ma curiosité.

Les Quatre de Baker Street, c’est un bande de gamins des rues dans l’East End londonien de l’époque victorienne : Billy, Charlie et Black Tom, accompagnés d’un chat roux. Ces trois-là sont amis avec les célèbres Sherlock Holmes et Watson pour qui ils ont déjà réalisés quelques petites missions de surveillance et de renseignements.

Quand la fiancée de Black Tom est enlevée par un sombre individu alors qu’Holmes et Watson élucident un mystère en province, les trois jeunes se mettent à sa recherche dans les bas-fonds de la ville… et résolvent leur première enquête.

Dans le second tome, ils se retrouvent mêlés à un imbroglio entre des espions russes du Tsar et des émigrés bolchéviques tandis que Jack l’Eventreur semble avoir refait surface.

Le dessin d’Etien, assez classique, fait clairement penser à celui de Loisel dans La Quête de l’Oiseau du Temps. Le scenario est bien construit.. et finalement crédible !

Les Quatre de Baker Street, c’est un peu la rencontre entre Sir Arthur Conan Doyle et Charles Dickens !

[coin lecture] l’Ecole des Mamans Heureuses

L’École des Mamans Heureuses – Sophie HORVATH

J’avais noté la sortie de L’École des Mamans Heureuses, le dernier roman de Sophie HORVATH juste avant le confinement. J’avais aussi prévu de me procurer Le Quartier des Petits Secrets, son premier roman. Mais ma librairie a dû fermer avant que je n’ai eu le temps de passer à l’action !

Après un mois et demi de fermeture, la librairie a rouvert en mode click & collect et j’ai pu réapprovisionner ma pile à lire… Le Quartier des Petits Secrets n’était pas en stock mais L’École des Mamans Heureuses si. Le choix a donc été vite fait entre les deux romans !

Garance, débordée par la vie, engluée dans son rôle de maman, craque quand le pédiatre de son fils lui demande comment elle va… et il l’envoie à l’école des mamans heureuses, sorte de cercle de parole amélioré pour parents qui ont un peu perdu de vue qui ils sont.

Nous faisons donc la connaissance de toute une galerie de parents, forcément un peu caricaturaux mais dans lesquels on ne peut pas manquer de se projeter au moins partiellement si l’on est soi-même parent. Chacun présente ses failles. Aucun n’est parfait au-delà des apparences. Tous sont hautement attachants avec leurs qualités et leurs défauts.

Il en ressort un roman assez court qui se lit très facilement et qui distille une grande dose de bonne humeur (même un jour de pluie !). C’est frais et sans chichi. C’est selon moi un vrai roman feel-good : un de ceux qui donnent le sourire sans prise de tête, sans scénario abracadabrants, sans leçons de vie martelées à tue-tête mais avec un vrai message positif !

Et n’oubliez pas, si en tant que parent, vous vous sentez débordé, dépassé par les évènements, que vous avez l’impression que vous ne faites jamais assez bien, vous n’êtes pas seuls… Et c’est important de trouver un lieu (réel ou virtuel) bienveillant pour échanger, s’épancher, et savoir retrouver qui vous êtes vraiment !

[coin lecture] les fils de la poussière

Les fils de la poussière – Arnaldur Indridason

Ce roman est le tout premier d’Arnaldur Indridason à avoir été publié en Islande en 1997. Il a par contre fallu attendre plus de vingt ans avant qu’il ne soit traduit en français, en 2018 donc.

Le point de départ est assez simple : un quadragénaire schizophrène se suicide dans l’hôpital psychiatrique où il est interné tandis qu’au même moment, un de ses anciens professeurs meurt dans l’incendie criminel de sa maison. Commence alors une enquête menée par le commissaire Erlendur assisté de Sigirdur Oli (qui deviendront des personnages récurrents des romans d’Indridason).

La psychologie des personnages, en particulier Erlendur, est moins fouillée que dans les romans suivants mais l’auteur pose tout de même bien les bases, et donne déjà quelques clés de compréhension de leurs personnalités. De même l’intrigue est de facture classique mais bien menée, prenant des racines dans le passé comme sait si bien le faire Indridason.

Comme toujours dans les enquêtes d’Erlendur, c’est noir, c’est sombre, c’est un peu tordu, mais c’est carrément efficace. Je l’ai lu d’une seule traite : je voulais connaître le dénouement, valider ce que je devinais…. typiquement le genre de roman que je n’ai pas intérêt à commencer un soir si je n’ai pas l’intention de rester éveillée une bonne partie de la nuit ! (En l’occurrence, je l’ai ouvert en début d’après-midi, c’était plus raisonnable)

A lire donc si vous aimez les romans policiers bien ficelés, pour entrer dans l’univers d’Indridason ou pour passer un bon moment sans avoir à sortir de chez soi….

[Isère] le musée archéologique Saint Laurent

Ceci est une sortie d’avant confinement…

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Le musée archéologique Saint Laurent est situé dans le quartier éponyme de Grenoble. Je n’avais initialement pas prévu d’y aller mais j’avais encore du temps avec de repartir en sortant de l’exposition des photographies de Vivian Maier. Je n’avais jamais prêté attention à l’existence de ce musée jusqu’à ce que j’en entende parler quelques jours avant mon passage à Grenoble. L’occasion de m’y rendre était donc toute trouvée.

Le musée est situé dans l’ancienne église Saint Laurent. L’église telle que nous la voyons aujourd’hui a été construite au XIIe siècle par des moines bénédictins qui y avaient installé leur abbaye, au bord des anciennes fortifications de la ville. Elle se situe toutefois sur un site beaucoup plus anciens : une église carolingienne, elle-même construite sur une église funéraire paléo-chrétienne et sa crypte.

Au XIXe siècle, la construction par le général Haxo des fortifications de la Bastille modifient l’aspect du site. Initialement, l’église n’était pas adossée à la colline mais le devient suite aux remblais nécessaires aux installations militaires.

C’est Jacques-Joseph Champollion (le grand frère de l’égyptologue) qui le premier fera part de l’intérêt historique de l’église Saint Laurent et surtout de la chapelle mérovingienne Saint Oyand sur laquelle elle est construite. Nous sommes alors au tout début du XIXe siècle. Les premières tombes ont commencé à être détruites lors des travaux de la Bastille quelques années plus tard. Alerté par une société savante locale, l’Académie Delphinale, Proper Mérimée se rend plusieurs fois à Grenoble et fait classer les lieux au titre des Monuments Historiques en 1850. Un premier musée lapidaire ouvre sur le site quelques années après.

Dans les années 1960, lors de sondages visant à s’assurer de la stabilité du bâti, des maçonneries anciennes sont découvertes. Une campagne de fouilles est engagée dans le courant des années 1970 et l’importance des vestiges trouvés conduit à la désacralisation de l’église et sa transformation en musée archéologique.

Aujourd’hui, lors de la visite du musée, nous découvrons ainsi les vestiges des différentes églises empilées sur le site. Une mise en lumière colorée permet de bien discerner les éléments de chaque époque. L’ancien cloître, avec les vestiges de ses différents murs montrant son agrandissement au fil du temps, permet également de s’intéresser à l’évolution de la relation des hommes avec la mort.

En effet, le site de Saint Laurent, à l’abri des crues de l’Isère, est le tout premier site d’inhumation chrétien de Grenoble. Plus de 1500 sépultures datant du IVe au XVIIIe siècle sont ainsi présentes sur le site : sarcophages alignés sous la nef, sépultures en pleine terre dans des coffres de bois, sous des empilements de tuiles ou des tombes en maçonneries… La diversité des modes d’enterrement ainsi que les objets déposés avec les défunts permettent d’obtenir un panorama très large des rites funéraires chrétiens au fil des siècles.

C’est un musée surprenant que ce musée archéologique, qui va bien au delà des dépôts lapidaires et collections d’objets que l’on voit habituellement. La présence des tombes, l’omniprésence des squelettes, le passage par la chapelle mérovingienne Saint Oyand maintenant souterraine donnent à la visite une connotation étrange… comme un voyage spirituel à la rencontre des rites du passé.

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Sarcophages sous la nef de l’église
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Chapelle mérovingienne Saint Oyand
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Vue sur le choeur et les vestiges souterrains de la nef
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Remonter vers la surface…

Musée archéologique Saint Laurent – Grenoble – février 2020

(*) L’entrée au musée archéologique Saint Laurent, tout comme celles des autres musées départementaux de l’Isère, est gratuite.

[coin lecture] Carnaval noir

Carnaval noir – Metin ARDITI

J’ai acheté ce livre en même temps que Chicago. Il faisait aussi partie de ceux mis en avant par la libraire. Je ne connaissais pas l’auteur mais la quatrième de couverture et la façon dont la libraire parlait de « Metin » m’ont donné envie.

En 1575, Venise est secouée par une série de crimes durant la période du carnaval sans qu’on sache ni les motifs ni les auteurs.
De nos jours, des universitaires spécialisés en latin médiéval et en histoire du XVIe siècle se retrouvent au coeur d’une série d’agressions. Rapidement, des liens semblent se dessiner à travers les siècles.

J’ai lu le roman d’une seule traite un samedi après-midi. L’écriture est fluide. L’histoire est prenante. Les arcs narratifs se croisent et se complètent à la façon d’un puzzle.

L’auteur a su créer des personnages attachants, avec leurs doutes, leurs faiblesses et leurs fêlures d’une part, et des personnages carrément détestables mais pourtant habilement dépeints sans véritable jugement de ce qu’ils sont.

Les liens passé/présent sont habilement distillés. Et mes craintes que le roman soit un peu trop érudit ou un peu trop historique se sont très vites dissipées. L’intrigue est ancrée dans le présent et le passé sert de support pour apporter des éléments de compréhension. Nous sommes à la limite entre roman policier et thriller politique.

Je suis donc ravie de m’être laissée tenter par cette proposition d’une librairie où je n’ai pas mes habitudes. Et je crois que je vais lire un autre roman de Metin Arditi afin de voir si ce que j’ai découvert de la qualité de sa plume se confirme.

[coin lecture] Même les méchants rêvent d’amour

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Même les méchants rêvent d’amour – Anne-Gaëlle HUON
 
Ce livre était celui de ma box surprise de Noël (mon libraire prépare des box surprises à Noël où un livre est accompagné de petites choses : du thé, du chocolat, de la jolie papeterie…. il propose aussi des pochettes surprises avec juste un livre). J’aime l’idée de laisser le hasard choisir un livre pour moi…. Le seul indice que j’avais en l’achetant était « transmission familiale ».
Je l’avais mis de côté depuis, attendant le bon moment pour le lire. Ce moment est arrivé en début de mois, alors que mon fils se faisait opérer des dents de sagesse et que j’allais donc avoir quelques heures à attendre entre les murs ternes d’une chambre de clinique.
Je crois que ce roman m’attendait vraiment pour cette situation : je l’ai lu d’une traite, sans m’ennuyer, sans voir le temps passer… et quand mon fils est revenu, il me restait moins de 10 pages à lire ! L’histoire de Julia, Jeannine, Félix, Antoine et les autres m’a transportée dans la douceur de la Provence en arrière-saison, mais surtout j’ai été touchée par le récit.
 
Jeannine perd peu à peu la mémoire alors elle écrit ses souvenirs avant qu’il ne soit trop tard. Julia, sa petite fille, trouve le carnet alors qu’elle vient voir sa grand-mère, installée en maison de retraite après une mauvaise chute qui a accéléré le processus de perte de mémoire. Petit à petit, Julia assemble les pièces du puzzle de la vie de sa grand-mère et au fil des rencontres recompose aussi sa propre vie.
On est clairement dans un roman feel-good. Mais un joli roman, bien écrit, qui se laisse lire comme on dégusterait une pâtisserie au goût de bonheur.

[coin lecture] Chicago

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Chicago – Marion RICHEZ
C’est le hasard qui m’a mis sur le chemin de ce livre. En me promenant dans Paris sans véritable but, je suis entrée dans une librairie. Ce n’était pas la première librairie que je croisais mais celle-ci a eu un quelque chose qui m’a attirée, peut-être les ouvrages présentés en vitrine, peut-être la lumière toute douce à l’intérieur…
Sur une table, la sélection de la libraire (une jeune femme féministe, si j’en crois ses mises en avant… ) avec des petits mots posés sur les ouvrages. Parmi ceux-ci quelques-uns que j’ai déjà lus, et puis plusieurs dont je n’ai jamais entendu parler. Je regarde ces derniers plus attentivement et Chicago semble m’appeler…
Je ne sais même pas dire pourquoi j’ai choisi ce petit opus parmi les autres livres : peut-être les petits coeurs rehaussés de surligneur qui accompagnaient le bref mot de la libraire, peut-être la simplicité de la couverture, peut-être la douceur du papier….
Je l’ai lu très vite dans le train qui me ramenait chez moi, ce très court petit roman… et après l’avoir refermé, je me suis demandé si ce n’était pas plutôt un long poème que j’avais lu…Ramona, une jeune franco-anglaise, arrive à l’université de Chicago comme lectrice de français. Elle prends le pouls de la fac, le pouls de la ville, le pouls de la vie…. Et elle croise par hasard Jonathan à un concert, puis à un autre. Ils échangent quelques mots. Il lui présente Suzanne qui l’accompagne. Entre ces trois-là nait une amitié qui ne s’embarrasse pas du passé, qui ne s’inquiète pas de l’avenir et se nourrit de la simplicité du présent partagé….Les mots de Marion Richez sont aussi doux que le papier sur lequel ils sont imprimés. Ils sont justes. Ils sont mélodieux. Ils portent l’amitié de Ramona, Jonathan et Suzanne…. Il ne se passe rien et pourtant il se passe tout dans cette centaine de pages.

Moi aussi, j’ai envie de mettre à ce roman un petit bandeau avec plein de coeurs rehaussés de surligneur.

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[exposition] Vivian Maier, street photographer

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Vivian Maier est une photographe autodidacte dont l’oeuvre figure parmi les plus importantes du XXe siècle. Et pourtant, le travail de Vivian Maier n’a été découvert qu’à la toute fin de sa vie par un complet hasard et exposé pour la première fois de façon posthume !

D’origine franco-hongroise, émigrée avec sa mère aux Etats-Unis, la jeune Vivian devient gouvernante d’enfants. Elle travaillera principalement à Chicago et New-York mais fera également quelques voyages avec les enfants dont elle s’occupe ou à titre personnel, comme celui dans le Champsaur pour régler la succession d’une tante. Discrète, elle prendra sans cesse des photos sans les montrer. Une partie de ses négatifs ne sera même pas développée.

Elle conserve tirages et négatifs soigneusement inventoriés dans des cartons stockés dans un box à Chicago. A la fin de sa vie, faute de pouvoir payer le loyer alors qu’elle est hospitalisée, les biens contenus dans le box sont mis aux enchères. Parmi les acquéreurs, John Maloof, féru d’histoire locale, achète un lot de photos dans un carton avec l’idée de s’en servir pour illustrer des ouvrages qu’il écrit. Deux autres chineurs ont également acheté des photos de Vivian Maier lors de la vente aux enchères.

Progressivement, John Maloof prend conscience de la qualité photographique des clichés qu’il a entre les mains. Il rachète les autres lots et se retrouve avec plus de 100 000 négatifs…. Il ne connait toujours pas l’auteur de ces photos.

En cherchant parmi les négatifs, il trouve un pochette de laboratoire photographique avec le nom de Vivian Maier manuscrit : il vient de découvrir le nom de cette femme dont il a vu les autoportraits par centaine parmi les photos qu’elle a faites. John Maloof ne la rencontrera jamais : elle est décédée peu avant qu’il ne découvre son identité. Ce sera toutefois lui qui fera connaître au monde entier l’oeuvre de photographie de rue de Vivian Maier.

L’exposition présentée au Musée de l’Ancien Évêché de Grenoble met en scène plus de 130 photographies de Vivian Maier. Dans un accrochage épuré, où les photos se suffisent à elles-mêmes, on découvre essentiellement des images en noir et blanc.

J’ai été frappée par la façon qu’a Vivian Maier de saisir l’instant, un regard furtif, une émotion sur un visage. Ses cadrages se révèlent aussi malicieux, s’attachant parfois à des détails. Elle a photographié ses contemporains dans leurs activités quotidiennes, sans concession, et nous livre un formidable regard sur son époque.

Et il y a aussi ses autoportraits… Vivian Maier profite de tous les reflets pour se prendre en photo. Elle expérimente d’autres types d’autoportraits, jouant avec son ombre ou composant un portrait chinois. On a l’impression d’une véritable quête d’elle-même à travers ses clichés. Et ce qui m’a frappé, c’est qu’autant elle capture les émotions des autres sur le vif, autant elle masque toute émotion sur ses autoportraits (sauf sur celui dans le miroir d’un vitrier déchargeant son camion où un léger sourire semble nous dire à quel point elle est ravie de profiter de ce reflet furtif !)….

Je n’avais qu’une vision superficielle de l’oeuvre de Vivian Maier et j’ai découvert la sensibilité avec laquelle elle prend ses photos… Qu’au delà de la street photography, elle était une portraitiste de l’éphémère !

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Exposition « Vivian Maier, Street photographer »
Musée de l’Ancien Évêché – Grenoble – Isère – février 2020

(*) L’exposition, initialement prévue jusqu’au 15 mars 2020, est prolongée jusqu’au 22 mars 2020 au Musée de l’Ancien Évêché à Grenoble. L’entrée est gratuite.

 

 

[coin lecture] Une longue impatience // La révolte

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Une longue impatience – Gaëlle JOSSE
Ce livre, c’est mon libraire qui me l’a mis dans les mains, littéralement, sans que je demande quoi que ce soit…. Je devais le lire, point !
J’ai quand même mis un moment à l’ouvrir ce roman, sans trop savoir pourquoi (une période un peu creuse niveau temps à lire sans doute).
Mais une fois ouvert, je l’ai lu d’une traite…
Nous avons donc Anne dont le premier mari, marin-pêcheur, est décédé en mer et qui s’est remariée avec le pharmacien du village. Anne a eu un premier fils, Louis, de son premier mariage, puis deux autres enfants. Anne est une parfaite épouse et mère de province des années 50.
Mais tout ne se passe pas bien entre Louis et son beau-père, et un soir, Louis, 16 ans, ne rentre pas.Commence alors pour Anne une longue attente : celle du retour de son fils, dont elle apprend bien vite qu’il a embarqué sur un navire comme marin.
Et c’est cette attente, cette espérance qui rythment le livre, qui en constituent le coeur…. entre récits du passé réel et visions de l’avenir potentiel.
J’ai été prise par le récit des sentiments de la mère abandonnée par le fils mais qui envers et contre tout, aux limites de la folie, n’arrêtera jamais d’attendre.
La fin est toutefois un peu convenue : je crois que dès le départ, j’ai plus ou moins su que cela se terminerait ainsi…
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La révolte – Clara DUPONT-MONOD
J’ai été attirée par la quatrième de couverture. En effet, celle-ci annonçait un portait d’Aliénor d’Aquitaine par son fils, Richard Coeur de Lion.
J’avoue que j’ai été déçue sur ce point. En effet, sous prétexte de nous raconter Aliénor, c’est plus une biographie de Richard qui nous est proposée. Le parti pris de l’écriture de l’histoire d’Aliénor par son fils est une bonne idée et toute la première partie du livre y est conforme.
Mais peu à peu, tandis que Richard s’éloigne géographiquement de sa mère, que ce soit pour affronter son père ou mener une croisade, le récit se concentre plus sur son personnage que sur Aliénor.
Pourtant que le personnage d’Aliénor est propice à l’écriture d’une belle épopée : mariée au roi de France puis à celui d’Angleterre (elle a fait annuler son premier mariage..), puissante duchesse d’Aquitaine, stratège politique qui n’hésitera pas à utiliser ses fils contre leur père, femme cultivée qui fera apprendre à lire et écrire à ses filles (ce qui n’était pas vraiment dans l’air du temps), ….
A côté de cela, les atermoiements de Richard face à ses fiancées, ses états d’âme au siège d’Antioche (et son enlèvement sur le chemin du retour..), son idée fixe de construire une forteresse imprenable (ce sera Chateau-Gaillard en Normandie) semblent bien fades.
Clara Dupont-Monod aurait pu nous livre une fresque épique autour d’un personnage féminin mais elle s’est hélas laissée rattraper par son personnage masculin.
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