[Isère] une randonnée pour découvrir la magie de Belledonne

Le massif de Belledonne est aux portes de Grenoble. Je l’ai souvent observé mais je n’y étais jamais allée. Ce n’est pourtant pas très loin de la maison (il faut compter environ 1h30 de route pour me rendre à Chamrousse). Cela faisait un moment que je voyais passer des photos des lacs que l’on peut y admirer. Alors un week-end de septembre, j’ai décidé d’aller y faire un tour. Le samedi, j’ai pris le soin de repérer une trace de randonnée sur une application. Et le dimanche, direction Chamrousse pour une douzaine de kilomètres en montagne.

un lac en montagne
Lac Achard

De Chamrousse 1750 au lac Achard, une balade sous les arbres

Je suis partie de la station de Chamrousse 1750, au niveau de la Croisette. Très vite, je longe le lac de la Lauze, une retenue collinaire artificielle destinée à l’enneigement des pistes de ski. De l’autre côté de la vallée, on voit très bien la bordure orientale du Vercors. Le Mont Aiguille se détache nettement dans le paysage.

Lac artificiel en montagne
Le lac de la Lauze, face au Vercors
(Le Mont Aiguille est tout à fait à gauche)
panneau de randonnée
C’est parti vers le lac Achard

La direction du lac Achard est très bien indiquée et le sentier est clairement balisé. Il y a pas mal de monde sur ce tronçon. Il faut dire que c’est une balade assez facile. Les familles y sont nombreuses, les groupes d’amis également. On monte essentiellement en sous-bois. Il faut juste se méfier des nombreuses racines et des quelques cailloux. Mais globalement, je n’ai pas trouvé de difficulté sur cette partie. A l’arrivée, la récompense est un joli lac de montagne, entouré de sapins qui s’y reflètent.

3 personnes sur un sentier en montagne
sur le sentier vers le lac Achard
un lac en montagne
en montant au dessus du lac Achard, on découvre de nouveau un point de vue sur le Vercors
(si vous faites attention, vous devinerez la silhouette du Mont Aiguille)

Du lac Achard aux lacs Robert, une montée en altitude

Je dépasse le lac Achard et continue à monter, direction les lacs Robert. Je croise plein de petits lacs : je ne m’attendais pas à ce qu’il y en ait autant et je tombe sous le charme. Progressivement, le sentier se fait plus ardu, et plus pentu. Au col de l’Infernet, j’ai aussi changé de versant et c’est maintenant l’Oisans que je devine entre les sommets.

Le chemin continue à monter. Il devient de plus en plus caillouteux. La végétation tend à devenir rase, voire même à disparaitre. Je suis au dessus de 2000 mètres d’altitude et cela se ressent sur le paysage. La montée reste assez régulière et ne présente pas de difficulté particulière. En arrivant au col de la Botte, je fais une pause pour admirer le paysage, époustouflant.

Après le col de la Botte, j’aborde un sentier plutôt aérien, qui longe la montagne. De faible largeur, il n’inspire pas complètement confiance et il traverse un joli pierrier. De plus, il n’est pas toujours facile d’y croiser (ou dépasser) quelqu’un. Pour ma part, j’ai trouvé que c’était la partie la plus difficile de l’ascension (peut-être aussi parce que c’était la dernière partie… ou que je gardais encore une légère crainte face aux sentiers caillouteux après mon expérience dans les Ecrins ?). Heureusement, on finit par arriver au col des Lessines et là, le panorama fait tout oublier ! D’un côté, on jette un œil sur l’Oisans et de l’autre, on domine les lacs Robert. C’est magnifique.

sentier à flanc de montagne
Le sentier entre le col de la Botte et le col des Lessines passe à flanc de montagne
petit lac en montagne
Un dernier coup d’œil côté Oisans

Les lacs Robert, la pause avec vue

Je suis arrivée au col des Lessines à l’heure du déjeuner. J’ai donc sorti mon pique-nique face à une vue magique. Seul bémol : j’étais loin d’être la seule à avoir eu cette idée, et j’ai eu un peu de mal à me trouver un coin d’herbe tranquille. Mais, peu importe : le point de vue en valait la peine !

les lacs Robert depuis le col des Lessines
les lacs Robert depuis le col des Lessines : la récompense après la montée

Après ma pause, j’ai pris le chemin du retour. Pour cela, je suis descendue jusqu’aux lacs Robert pour les longer et redescendre de l’autre côté.

lacs Robert
Je ne suis jamais allée dans les Dolomites, mais ce paysage m’a fait penser à des images que j’en ai vues

Des lacs Robert à Chamrousse, une descente dans les cailloux

Pour le retour à la station, je suis passée par la brèche Robert Sud puis par le couloir de la Casse Rousse. Je n’avais sans doute pas bien regardé le topo avant de partir aussi, j’ai été surprise de me retrouver dans des pierriers importants. Il n’est pas possible de passer sans mettre les mains en raison de la taille des cailloux. Et si le chemin est bien balisé, il faut quand même parfois se poser la question de savoir sur quelle pierre c’est le plus simple de passer…

pierrier en montagne
Ceci est bien le chemin !

Heureusement, il y a quelques bonus à passer par là. Déjà, les points de vue sur la Chartreuse et l’agglomération grenobloise valent le coup d’œil. Mais surtout, j’ai eu la chance de voir des bouquetins. J’étais à un moment seule dans un pierrier sous une falaise et faisait une pause pour boire quand j’ai entendu un son étrange, comme un choc sur les pierres. Je me suis retournée vers la falaise et malgré le soleil qui était pile au dessus de la crête, j’ai aperçu une paire de cornes massives. Aucun doute : il y avait un bouquetin au dessus de moi. J’ai avancé un peu pour ne plus être éblouie par le soleil. Le mâle aux grandes cornes était couché mais à côté, il y avait une femelle qui se déplaçait et broutait les feuillages. Je suis restée très longtemps à les observer. Mes photos sont loin d’être réussies (les conditions de lumière étaient vraiment compliquées) mais je suis contente d’avoir pu en prendre quelques-unes de cette rencontre.

vue sur Grenoble et la Chartreuse depuis Belledonne
Dominer l’agglomération grenobloise et faire face à la Chartreuse
bouquetins sur une falaise
Rencontre avec les bouquetins : la femelle est perchée sur un rocher, tandis que le mâle est couché un peu plus bas dans la végétation (on voit surtout ses cornes)
En regardant de plus près la photo, j’aperçois également une paire de cornes sur la gauche dans les arbres : il y avait donc 3 bouquetins alors que je pensais en avoir croisé 2.

Une fois sortie des pierriers, j’ai rejoint les pistes de ski pour redescendre vers la station. J’ai encore croisé une petite retenue artificielle d’eau, le lac du Vallon. Puis, toujours via les pistes de ski, je suis revenue à Chamrousse 1750. Après un dernier regard sur le Vercors, il était temps de rentrer.

le Vercors depuis Chamrousse
Depuis Chamrousse, vue sur le Vercors et le Mont Aiguille, mais aussi sur les lacs de la Matheysine


Chamrousse – Isère – septembre 2026


Informations pratiques

  • La randonnée que j’ai faite est longue d’environ 12 km pour 560 m D+. J’ai mis environ 5 heures, pauses comprises.
  • Dans les topos et traces que j’ai trouvées, cette randonnée vers les lacs Robert est généralement indiquée comme modérée, mais je l’ai aussi vue en difficile. Il faut bien comprendre qu’il y a de longs passages techniques qui peuvent mettre en difficulté des personnes qui n’en ont pas l’habitude. De plus, certains passages ne conviennent pas aux personnes souffrant de vertige. A titre d’information, j’ai échangé avec des personnes sur le chemin qui me disaient que les pierriers dans lesquels nous étions leur faisaient penser au GR20 en Corse !
  • Avant de partir, il convient de vérifier les prévisions météo, et de s’équiper en conséquence (eau en quantité suffisante, vêtements chauds et/ou impérméables…), mais aussi de savoir renoncer à y aller si les conditions ne sont pas bonnes.
  • En montagne (comme dans tous les milieux naturels), on respecte quelques règles simples de bonne conduite, entre autres :
    • On emporte ses déchets, même ceux qui semblent biodégradables.
    • On ne perturbe pas la faune. On respecte les zones de reproduction des espèces quand elles sont indiquées. On ne nourrit pas les animaux sauvages.
    • On ne se baigne pas dans les lacs d’altitude qui sont des écosystèmes très fragiles. La baignade est d’ailleurs complètement interdite au lac Achard (même pour « juste les pieds »).
    • On ne fait pas de feu.
    • On ne fait pas de bruit abusif, à la fois pour la faune et pour les personnes que l’on croise.