[Isère] 5 idées pour profiter de l’inter-saison aux Deux Alpes

Fin mai, sur une impulsion, je suis partie deux jours à la montagne. C’était quelque chose que j’avais envie de faire depuis un moment à cette saison, et que mon court séjour à l’Alpe d’Huez il y a deux ans avait renforcée. Je n’avais rien préparé. C’est en regardant la météo, très favorable, que je me suis décidée à partir deux jours. Je souhaitais de la montagne, et éviter les massifs que je fréquente habituellement. Exit donc le Vercors mais aussi la Chartreuse où j’étais allée peu avant. J’avais commencé à regarder du côté de la Matheysine que j’avais appréciée à l’automne. Mais en intersaison, je ne trouvais pas de logement de dernière minute. J’ai élargi un peu mes recherches et j’ai réservé moins de 2 jours avant aux Deux Alpes. Je suis arrivée sur place assez tôt un vendredi matin, pour repartir en fin d’après-midi le samedi.

La station des Deux Alpes, dominée par le roc de la Muzelle
La station des Deux Alpes, dominée par la roche de la Muzelle (3465 m)

1. Profiter de la station et ses points de vue

Le tour de la station

Quand je suis arrivée, et comme je n’avais rien préparé, mon premier réflexe a été de me rendre à l’office de tourisme pour des idées de randonnées. La dame à l’accueil m’a posé des questions sur mon style de randonnée (durée, rythme, dénivelé). Malgré tout, je n’ai pas vraiment eu l’impression d’être bien conseillée. Ses suggestions ont été faites sans grande conviction avec ce que j’ai ressenti comme un a priori (très négatif) sur mes capacités. (Je sais que j’hésite souvent quand on me pose ce type de question afin de ne pas me surestimer et d’éviter de me sous-estimer et que j’ai commis l’erreur de dire que je sortais d’une blessure. De plus, ma tenue ne plaidait pas en ma faveur puisque j’étais en robe et que j’avais encore aux pieds les sandales que je portais pour faire la route. Elle m’a fait une seule vraie proposition de randonnée, assez courte, alors que j’avais indiqué être là deux jours, et je n’ai pas apprécié son « si ça ne vous suffit pas, vous n’aurez qu’à revenir me voir demain ». Cependant, il faut sans doute reconnaître qu’il y a forcément des personnes, surtout dans ces secteurs de moyenne et haute montagne, qui doivent surestimer leurs capacités et qui, conseillées sur des chemins un peu trop techniques ou engagés, se retrouveraient en difficulté, et que donc les offices de tourisme peuvent être un peu frileux à envoyer les visiteurs sur de tels itinéraires. )

vue sur l'alpage et les montagnes aux 2 Alpes
depuis le chemin piétonnier de la station

Dans ses propositions, il y avait de parcourir le chemin piéton qui longe la station et de m’attarder un peu dans les quartiers plus anciens, bordés de chalets. Et, elle m’a conseillé deux points de vue à ne pas manquer, chacun à un bout de la station (et là, le chemin qui la longe prend toute son utilité). Depuis le chemin, on a de jolies vues sur les montagnes tout autour. Et cela m’a aussi permis de me repérer un peu (où se trouve l’hébergement, où il est possible de faire quelques courses, où on peut manger ou prendre un rafraichissement… c’est important à cette saison où beaucoup de commerces sont fermés).

vue sur la Roche de la Muzelle depuis les 2 Alpes
De partout, on voit la Roche de la Muzelle qui domine la station des Deux Alpes

Le point de vue de la pointe de Venosc

J’ai commencé par aller voir le point de vue à la pointe de Venosc, à environ 1 km du centre de la station. Là, à côté les installations du télécabine, un belvédère permet de faire face à la Roche de la Muzelle et d’apercevoir la cascade. J’ai vite repéré un sentier qui descend vers le village de Venosc. Je l’ai emprunté sur quelques centaines de mètres. Il descend à flanc de montagne sur environ 3 km jusqu’au village de Venosc. Il affiche aussi un D+ total de 675 m. Il est donc assez escarpé et je n’avais pas le temps de faire l’aller-retour avant l’heure du déjeuner (il est annoncé pour 1h15 à la descente et 2 heures à la montée). Et la télécabine n’était pas en fonctionnement ce jour-là. Je me suis donc contentée d’aller jusqu’au premier banc duquel on a une vue panoramique sur la vallée et la montagne en face.

vue sur la roche de la Muzelle depuis les 2 Alpes
Faire à la Roche de la Muzelle
banc avec vue sur la Roche de la Muzelle
Banc avec vue
On aperçoit la cascade au milieu, légèrement vers la gauche, dans le bas du versant d’en face

Le point du vue du lac de la Buissonière

Après le point du vue depuis la pointe de Venosc, je suis retournée dans le centre de la station pour acheter une bouteille d’eau (vu que j’avais oublié ma gourde à côté de l’évier en partant le matin). En discutant avec la personne à la caisse, elle m’a conseillé d’aller jusqu’au lac de la Buissonière. Et elle a su être beaucoup plus convaincante que la dame de l’office de tourisme dont les explications donnaient l’impression d’un point de vue sans intérêt mais facile d’accès. La caissière de la supérette au contraire, était enthousiaste sur le point de vue. Je m’y suis donc rendue (après un déjeuner en terrasse au soleil). Certes l’endroit est extrêmement facile d’accès, certes le lac est en réalité un petit plan d’eau pouvant servir à la baignade, mais il est situé au bord de la montagne, et on a l’impression qu’il se perd vers la vallée. Il mérite donc largement d’y faire un arrêt, et d’en faire le tour pour pleinement profiter du paysage.

vue sur le lac de la Buissonière
Le lac de la Buissonière
A noter qu’il est possible de s’y baigner, ce que je n’ai pas fait car je n’avais ni mon maillot ni ma serviette avec moi.
prairie de montagne au printemps
Les abords du lac de la Buissonière étaient fleuris de pissenlits

2. Randonner dans les alpages

Si j’avais souhaité venir à la montagne à cette saison, c’était pour profiter d’une randonnée sur les alpages. J’ai donc suivi l’itinéraire qui m’avait été conseillé à l’office de tourisme, mais je l’ai rallongé un peu. Il m’avait été indiqué de me rendre par le sentier jusqu’à la bergerie Kanata et de là rejoindre la station en longeant la montagne sur un sentier qui rejoint la place de Venosc. La montée à la bergerie (dont le départ se fait un peu plus haut que la station service, de l’autre de la route) m’avait été indiquée pour environ 1 heure et le retour à la station pour 30 minutes. Malgré de nombreuses pauses photos dues à la présence massive de fleurs, j’ai mis seulement une trentaine de minutes pour rejoindre la bergerie. Comme j’avais du temps, j’ai continué à monter sur la piste au dessus de la bergerie avant de faire demi-tour pour y redescendre. Puis, j’ai emprunté le sentier (a priori un sentier de PR, j’ai aperçu quelques rares balisages jaune) qui m’a ramenée à l’autre bout de la station. C’est globalement une randonnée sans difficulté qui offre de beaux panoramas. Il n’y a aucun passage technique et le dénivelé reste raisonnable. J’ai mis 2 heures pour faire une boucle incluant le passage par le lac de Buissonière, avec une longue pause goûter dans l’herbe à la bergerie, et pas mal de photos. Entre les fleurs, les paysages, et le soleil, c’était une dizaine de kilomètres de pur bonheur sur les chemins !

mare dans un alpage de montagne
Avec le printemps, les ruisseaux remplissent les petites mares
vue sur la Roche de la Muzelle et les sommets voisins
Toujours la Roche de la Muzelle en point de mire
vue sur un alpage
De l’autre côté de la station, il reste encore un peu de neige en altitude

3. Retrouver un peu la neige

Si je m’attendais à trouver les sommets enneigés en arrivant aux Deux Alpes, je ne pensais pas avoir l’occasion d’aller en profiter. En effet, il fallait vraiment monter en altitude pour la trouver et en randonnée, je n’en aurais pas eu le temps. Mais, la station des Deux Alpes permet de skier très tard dans l’année sur un glacier. Ainsi, une partie des pistes était encore ouverte, et il était possible de monter en tant que piéton via la télécabine du Jandri. Si très tôt le matin, la remontée est réservée aux clubs et fédérations de ski qui viennent ici pour s’entrainer quand il n’y a plus de neige ailleurs, un peu plus tard, on peut monter en tant que piéton (ou skieur individuel, ou vététiste). La télécabine, toute neuve, nous emmène en moins de 20 minutes jusqu’à 3200 mètres d’altitude, dans une benne silencieuse et vraiment très confortable. De là, les skieurs peuvent emprunter d’autres remontées mécaniques ou accéder directement à des pistes les redescendant jusqu’à 2600 mètres où ils peuvent reprendre la télécabine du Jandri. Les vététistes ont eux accès à une piste de descente qui les ramène à la station et qu’ils peuvent prolonger jusqu’à Venosc pour 25 km de descente et 2000 mètres de dénivelé. Pour ma part, je suis restée à pied et j’ai profité des magnifiques panoramas et de l’ambiance « ski » de la terrasse du restaurant d’altitude. J’aurais bien aimé poursuivre l’ascension jusqu’à 3400 m mais le funiculaire rencontrait un souci technique et ne fonctionnait pas.

panorama de montagne enneigées
Dans le fond, on pouvait apercevoir le Vercors et le Mont Aiguille
panorama de montagne enneigées
Dans le fond, la silhouette imposante du Mont Blanc et des Grandes Jorasses, au premier plan, les Aiguilles d’Arves
pistes de ski
Pistes de ski sur le glacier
panorama de montagne enneigées
La télécabine du Jandri
panorama de montagne enneigées
Au pied des Ecrins, les cours de ski
café en terrasse
Café en terrasse au restaurant d’altitude

4. Découvrir un village plein de charme

Après l’altitude et la neige, je suis redescendue par la télécabine du Jandri jusqu’à la station, puis j’ai pris la télécabine du Venosc pour rejoindre le village éponyme. De l’arrivée de la télécabine, il faut marcher un peu pour remonter jusqu’au village. Celui-ci est vraiment plein d’un charme à l’ancienne, avec ses rues piétonnes bordées de vieilles maisons. Il semble y avoir de jolies boutiques, mais j’y étais entre les saisons d’hiver et d’été et tout était fermé. J’ai poussé jusqu’au hameau du Sellier, de l’autre côté du ruisseau pour jeter un œil à la jolie petite chapelle. Très simple, elle fait partie de ces chapelles de montagne que l’on trouvait dans chaque hameau afin que la messe puisse être dite partout.

dans le village de Venosc
Balcon avec vue
dans le village de Venosc
Le vieux village de Venosc et ses maisons pleines de charme
chapelle de montagne
La petite chapelle du hameau du Sellier

5. Aller se rafraichir au pied d’une cascade

En descendant à Venosc, en plus de la découverte du village, j’avais une idée bien précise : aller voir de près la cascade de la Muzelle que j’avais aperçue la veille depuis le point de vue de la pointe de Venosc. Le départ de la randonnée se fait depuis la station basse du télécabine de Venosc. Il faut d’abord suivre la route jusqu’au Bourg d’Arud, traverser la rivière et le hameau d’Alleau. De là, la cascade est clairement indiquée. Le sentier suit le GR (balisage rouge/blanc) sur un chemin bien empierré, qui ressemble à une ancienne voie de circulation et qui grimpe bien. A la bifurcation, il faut prendre une sente en terre sur la gauche légèrement en descente (un panneau indique la direction de la cascade, mais on peut aussi se guider au son de celle-ci). Un peu plus loin, un banc permet d’avoir une jolie vue sur la cascade. Un chemin descend vers le lit de la rivière et le pied de la cascade (attention un panneau indique un risque de modification soudaine du débit en raison de la présence d’ouvrages hydroélectriques en amont). De là, le spectacle en cette saison de fonte des neiges est impressionnant. Le retour se fait en rebroussant chemin. L’aller-retour depuis la télécabine du Venosc fait environ 3 km pour 120 m D+ et est donné pour 1h15 (j’ai mis 50 minutes, pauses photos comprises).

vue sur la vallée du Vénéon au niveau du Bourg d'Arud
On traverse le Vénéon aux eaux bleues glacier
chapelle du Bourg d'Arud
La chapelle du Bourg d’Arud a la simplicité des chapelles de montagne
vue sur le village de Venosc depuis la rive opposée du Vénéon
Vue sur le village de Venosc


Les 2 Alpes – Isère – mai 2026

chat observant à travers un feuillage
Celui qui m’a regardé traverser le village d’Alleau

[Isère x Savoie] admirer les cascades du cirque de Saint Même au printemps

J’ai une passion pour les cascades, depuis que je suis toute petite. J’ai pourtant grandi dans une région où elles sont peu nombreuses. Mais elles m’ont toujours fascinée, qu’ils s’agissent de cascades naturelles comme celles de Mortain ou artificielles comme la chute d’eau du moulin d’un ami de ma famille. Forcément, depuis que je vis au pied de la montagne, j’ai beaucoup plus souvent l’occasion d’en croiser. Pour cela, je vais essentiellement dans le Vercors. Mais le massif de la Chartreuse a aussi son lot de pépites, et en particulier dans le cirque de Saint Même. Au printemps, les cascades y sont exceptionnelles !

immense cascade au milieu de la forêt
La grande cascade du cirque de Saint Même

Direction le cirque de Saint Même

Cette sortie dans le cirque de Saint Même, je ne l’avais pas du tout anticipée. J’y étais déjà allée un été. Les cascades y étaient magnifiques mais j’avais gardé dans un coin de ma tête qu’à la fonte des neiges, elles devaient être très impressionnantes. Un matin de week-end du mois de mai, réveillée au petit jour, et alors que la météo s’annonçait belle après une semaine de fortes pluies, je cherchais une idée de balade. Saint Même s’est assez vite imposé. Me voilà donc partie pour la Chartreuse, à environ 1h30 de route de la maison. L’avantage d’être levée tôt, c’est qu’on part tôt et qu’on arrive sur place tôt. J’ai donc laissé la voiture sur le parking du cirque de Saint Même vers 9.00 du matin, après avoir enfilé mes chaussures de randonnée.

un rivière en montagne bordée d'arbres au pied d'une falaise
Il y avait beaucoup d’eau dans la rivière

Dès les abords du parking, le bruit de la rivière laisse présager qu’il y a beaucoup d’eau et que le spectacle des cascades sera au rendez-vous. Je commence à marcher dans la plaine du cirque en direction des sentiers qui mènent aux différentes cascades. L’heure étant encore matinale, je suis seule dans ce bout du monde. La fois où j’étais venue avec les enfants, nous avions commencé par le sentier du fond du cirque, le plus facile. Cette fois, je décide de commencer par le sentier des cascades afin de terminer par la partie la plus facile.

poteau directionnel de randonnée dans le cirque de Saint Même
C’est parti sur le sentier !

Le sentier des cascades

Une montée à flanc de montagne

Le sentier des cascades emmène d’abord le randonneur à la Grande Cascade, la plus iconique du cirque de Saint Même. Toutefois, elle se mérite un peu car le chemin est essentiellement une longue montée de presque 1 km. J’ai trouvé que le sentier était en moins état que dans mon souvenir. Si je me rappelais de la pente (et de combien j’avais souffert dans cette montée après des mois de confinement et en ayant repris la randonnée seulement la veille), je me souvenais d’un terrain plutôt facile. Là, j’ai l’impression que les intempéries ont fortement attaqué le sol et raviné la terre. Les racines sont à nu, formant des boucles dans lesquelles il est aisé de se prendre le pied. Les cailloux glissent sous les chaussures. Les rochers sont nombreux et forment des marches qu’il n’est pas toujours simple de passer. Malgré tout, j’avance bien (je peux donc affirmer que je nettement plus en forme qu’en juillet 2020 ! ).

balisage du sentier des cascades du cirque de Saint Même
Le sentier est très bien balisé
sentier dans les cailloux
Le sentier passe bien dans les cailloux…

La Grande Cascade

Environ une demie heure après avoir passé le panneau directionnel, j’arrive à proximité de la Grande Cascade. Compte tenu des conditions météo et du fait que je suis seule, je ne cherche pas à aller vers le Pas de la Mort et les cascades supérieures. Je m’approche donc de la Grande Cascade. Son débit est extrêmement puissant et elle projette des embruns à une bonne dizaine de mètres à la ronde. Je prends plein de photos avant de descendre au bord de la rivière. Puis, je me dirige vers le pont en bois pour le traverser et amorcer la descente sur l’autre rive.

Un crochet par la Cascade Isolée

Je descends tranquillement dans la forêt en longeant la rivière. Elle s’enfonce dans des chaos rocheux, et on l’entend de loin. Les lumières dans les arbres sont superbes. Je sens que le soleil est plus haut et surtout que je suis sur le versant le plus ensoleillé du cirque. Cette fois, je ne manque pas la bifurcation vers la Cascade Isolée. Au bout du chemin, l’eau chute rapidement le long d’une paroi abrupte. Cette cascade aussi projette de nombreux embruns, créant une vague de brume flottant au dessus du lit de la rivière. Je reste un long moment à contempler ce spectacle de la puissance de la nature, avant de rebrousser chemin pour rejoindre le sentier principal qui redescend vers le calme de la plaine du cirque.

torrent de montagne dans une forêt
La rivière se faufile au cœur d’un chaos rocheux.

Le sentier du fond du cirque

Une fois revenue dans la plaine, je suis repartie pour le sentier du fond du cirque. Celui-ci longe d’abord la rivière jusqu’à une passerelle très romantique. Puis, le chemin s’engage dans un chaos rocheux. Il ne faut pas avoir peur de grimper un peu : le chemin passe bien par là et emmène jusqu’au pied de la cascade de la Pisse du Guiers. C’est la plus dernière des cascades du cirque de Saint Même. Le Guiers s’écoule ensuite à travers la plaine du cirque puis en direction des villages de Saint Pierre d’Entremont (j’ai bien mis « les villages » car Saint Pierre d’Entremont est un bi-village situé à cheval entre la Savoie et l’Isère). Là encore, le débit est très impressionnant et les embruns fortement présents. Une nouvelle fois, je passe un bon moment au pied de la cascade avant de revenir sur mes pas et de regagner le parking, des images époustouflantes plein la tête (et la carte mémoire de l’appareil photo).

balisage du sentier du fond du cirque à Saint Même
Le balisage du sentier du fond du cirque est très visible

rivière en forêt
Ici, j’ai eu l’impression d’être dans un décor du Seigneur des Anneaux et d’approcher de Rivendell (Fondcombe dans la version française)


Cirque de Saint Même – Chartreuse – entre Isère & Savoie
mai 2026


Informations pratiques

  • Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse : Le cirque de Saint Même est situé dans la réserve naturelle des Hauts de Chartreuse. La réglementation de la réserve naturelle s’applique donc, en particulier : pas de feu, pas de camping, pas de cueillette de plantes sauvages. Les chiens sont interdits dans la réserve naturelle, sauf sur les deux sentiers principaux du cirque de Saint Même. Par ailleurs, afin de respecter le milieu naturel, il est important de bien rester sur les chemins. En effet, le passage dégrade les sols, il faut donc limiter la zone concernée. Enfin, et cela devrait tomber sous le sens, on ne laisse pas ses déchets dans la nature et on ramène tout pour le mettre à la poubelle en rentrant. J’ai été choquée de trouver un mégot de cigarette non éteint sur le sentier. Entre le fait de laisser un déchet derrière soi et le risque de départ d’incendie, la personne qui l’avait jeté avait donc tout faux. (Et si vous vous posez la question, je l’ai éteint et emporté pour mettre dans une poubelle). L’accès à certaines peut aussi être interdit pour les préserver.
  • Accès au cirque de Saint Même : L’accès au cirque se fait depuis Saint Pierre d’Entremont. Il est payant en haute saison (tous les jours en juillet / août, les week-ends d’avril à juin et en septembre) entre 9.00 et 17.00. Etant arrivée avant 9.00, je n’ai pas eu besoin de payer. Il y a environ 200 places de stationnement à l’entrée du site. Le parking est souvent complet en journée à la belle saison. Le péage permet d’en réguler l’accès.
  • Sentier des Cascades : Le sentier des cascades part au fond du cirque et monte de façon assez raide, avant de redescendre plus doucement si on suit le sens fléché. Il fait environ 2.5 km en boucle auxquels il faut ajouter un aller/retour d’environ 1 km pour aller voir la Cascade Isolée, avec 225 mètres de D+. Il est donné pour 1h30. J’ai mis un peu moins malgré les pauses photos.
    ATTENTION : le sentier des cascades est une randonnée quasi exclusivement dans les rochers, les cailloux et les racines. Il convient d’être chaussé correctement pour ce type de terrain. En juillet 2020, j’écrivais qu’il peut s’envisager avec des enfants qui marchent bien. Je le pense toujours, mais j’ajouterais qu’il faut qu’ils aient l’habitude des terrains accidentés et ne craignent pas d’escalader un peu dans les rochers.
    Les environs des cascades sont humides et glissants.
  • Sentier du fond du cirque : C’est le chemin le plus facile au moins dans sa première partie. Il est dommage cependant de ne pas continuer dans les rochers pour arriver jusqu’au pied de la cascade (auquel on arrive en suivant le balisage jusqu’au bout). On parle ici sans doute plutôt de balade que de randonnée, avec une boucle de 1.6 km et 68 mètres de D+. La facilité du chemin ne doit pas dissuader les randonneurs plus aguerris d’y aller car la cascade et son environnement valent le coup d’œil. Là aussi, à l’approche de la cascade, les rochers ont tendance à devenir plus glissants.
anémones fausses renoncules
En repartant le long de la rivière vers le parking depuis la cascade de la Pisse du Guiers, il y avait des tapis d’anémones fausses renoncules dans le sous-bois

⚠️ Attention / Sécurité : L’accès au dessus de la Grande Cascade vers le Pas de la Mort et les sources du Guiers Vif n’est pas balisé et très dangereux. Il emmène vers des vires étroites à flanc de falaise et des passages avec échelles et câbles. Quand la météo est humide, c’est particulièrement glissant, et il faut donc éviter ce secteur. En tous temps, il est très fortement déconseillé de s’y engager si vous n’avez pas le pied sûr dans ce type de terrain technique ou si vous avez le vertige. Il est également déconseillé de s’y aventurer seul.

myosotis
Délicatesse du myosotis sauvage

[Drôme] profiter de la campagne au printemps

J’habite dans un village à la campagne, même si je ne suis pas très loin de la ville. J’aime profiter des différentes saisons autour de chez moi, et le printemps est une de celles qui offrent le plus de diversité. Chaque jour, je traverse des paysages changeant au fil des floraisons, et des cultures. Les évolutions dans les champs sont un marqueur du temps qui passe et qui nous emmène doucement vers la saison suivante, l’été et ses chaleurs. En attendant, je profite de la (relative) douceur du printemps. Venez, je vous emmène voir le printemps dans la campagne drômoise.

le synclinal de Saoû et les 3 Becs vu depuis le village de Suze dans la Drôme
Le synclinal de Saoû et les Trois Becs depuis Suze

De ferme en ferme, rendez-vous incontournable du printemps

Le domaine Peylong, viticulteurs depuis 6 générations

Ferme en ferme, c’est vraiment LE rendez-vous immanquable fin avril. Sur un week-end, de nombreuses fermes ouvrent leurs portes et nous permettent de découvrir comment sont produits les aliments que nous consommons. Ce sont toujours des découvertes intéressantes, et l’occasion de se fournir en bons produits locaux. Cette année, je n’ai visité que deux fermes, situées toutes les deux à Suze, dans le Vercors. J’ai commencé par le domaine Peylong. Là, la famille Lombard exploite des vignes depuis six générations.

des vignes au pied d'une montagne dans un paysage verdoyant
Les vignes du domaine Peylong au pied du synclinal de Saint Pancrace

Je suis arrivée juste après 9.00 et j’étais la première visiteuse de la journée. Quatre autres personnes sont arrivées juste après, et nous avons donc visité le domaine ensemble. Nous avons été accueillis par Fabien qui s’occupe du travail de la vigne et qui nous a expliqué le terroir et l’histoire du domaine. Puis, il nous a montré le chai. Nous avons ensuite rejoint Christelle dans le jardin, où nous avons pu nous installer pour une dégustation. Il était encore assez tôt mais le soleil brillait et rendait l’atmosphère joyeuse. C’est au son du chant des oiseaux que nous avons pu apprécier les différents vins du domaine.

vignes bordées d'arbres
Dans les vignes du domaine Peylong
verre de vin blanc
Dégustation de vin au soleil
(mention spéciale pour le blanc « L’oublié » que j’avais déjà eu l’occasion de goûter et qui se confirme comme un vin agréable que je prends plaisir à savourer).


(*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

La ferme de Saint Pancrace, producteurs de fromages de chèvre

Après quelques achats au domaine Peylong, j’ai pris la direction de la ferme de Saint Pancrace. La matinée est déjà plus avancée et cette ferme attire beaucoup plus de monde. En effet, il s’agit d’une ferme qui produit des fromages de chèvre. Et qui dit fromages de chèvre, dit troupeau de chèvres. Les familles sont donc nombreuses à se presser pour venir voir les animaux. Il faut avouer qu’en cette période où les naissances sont nombreuses, c’est toujours sympathique de pouvoir découvrir des jeunes chevreaux. Et comme nous avons de la chance, il y a deux chevreaux de moins de 24 heures, l’un né dans la nuit et l’autre le matin même.

Un peu plus loin, le troupeau d’une cinquantaine de chèvres pait tranquillement dans un pré. Nous visitons ensuite la fromagerie où nous voyons comment est fabriqué le Picodon, et la salle de traite voisine. Puis, c’est le moment de la dégustation… et des achats !

chèvre
Une chèvre au pré
vue sur les 3 Becs depuis le village de Suze.
Un dernier coup d’œil à la vue depuis la ferme de Saint Pancrace avant de redescendre dans la vallée de la Drôme

Balades dans les piémonts du Vercors

Une randonnée autour de la Baume Cornillane

Sur les chemins

Si vous suivez mes aventures, vous avez noté que je vais souvent me balader du côté de La Baume Cornillane. C’est en effet un de mes terrains de jeu favoris car il a la bonne idée de ne pas être loin de la maison, tout en offrant de nombreuses possibilités. Un dimanche matin, j’ai voulu profiter du beau temps sans aller loin car j’avais déjà fait une belle journée de randonnée la veille. Je me suis donc naturellement dirigée vers La Baume Cornillane. Pour changer, j’avais cherché une trace sur un site de randonnée et j’avais trouvé une jolie boucle qui passait par le Pas du Pont et le château. Compte tenu de là où je souhaitais partir, j’ai adapté la boucle et choisi de la faire en sens inverse de celui donné par le site, pour une distance totale d’environ 6 km. Je connais assez bien le secteur, pour l’avoir parcouru à de nombreuses reprises et cela me convenait mieux ainsi.

Sur les chemins autour de la Baume Cornillane, on croise pas mal de sable

Je suis donc partie confiante sur ces chemins peu fréquentés. J’ai croisé seulement 2 ou 3 traileurs. Le tracé ne présentait par ailleurs aucune difficulté technique, si ce n’est qu’il n’était jamais plat, alternant montées et descentes. Il empruntait toutefois des chemins assez larges, en dehors de brefs passages en mono trace. Le paysage était absolument somptueux, comme chaque fois dans ce secteur. Bref, tout était réuni pour une matinée fantastique sur les chemins.

L’inattendu

Mais, rien ne s’est vraiment passé comme prévu. En effet, à peu près à la moitié de la boucle, j’ai perdu l’équilibre sur un chemin de sable qui avait été raviné par les fortes pluies de l’hiver. Le chemin était beau, largement praticable, mais mon pied gauche a roulé sur un caillou et glissé dans l’ornière. Je suis tombée de façon assez violente, et j’ai immédiatement su que je m’étais blessée (même si une part de moi restait malgré tout un peu dans le déni en mode « ça va aller, c’est juste une douleur de contraction »). J’ai consulté l’itinéraire sur mon téléphone (ouf ! il y avait du réseau) pour confirmer ce que je voyais en lisant le paysage : il était préférable de continuer plutôt que faire demi tour, car j’étais à environ 1 km de croiser la route. Selon la douleur, je pouvais ainsi envisager de terminer en marchant sur le bitume, bien stable et en faux plat, même si cela allongeait la distance par rapport au chemin, caillouteux et avec deux belles montées/descentes.

paysage de moyenne montagne au pied du Vercors
Vue sur la Raye – le paysage juste avant que je ne tombe !

Une leçon à tirer

La fin de la randonnée n’a pas vraiment été amusante, et j’ai passé le reste de la journée dans le canapé avec une poche de glace sur la jambe. Je m’étais fait un petit claquage au mollet, qui a ensuite généré une tendinite de compensation. Si je vous raconte cette mésaventure, ce n’est pas pour me faire plaindre (c’était il y a plusieurs semaines et tout est quasiment maintenant rentré dans l’ordre). C’est surtout pour rappeler qu’en randonnée, même sur un terrain facile, même sur un terrain connu, on n’est pas à l’abri d’un accident. Donc, même pour une petite balade, surtout en montagne, on prévoit le nécessaire : assez de batterie sur son téléphone portable, un sifflet pour indiquer sa présence sans devoir s’époumoner si nécessaire, une trousse de secours minimale (désinfectant, compresses, pansements, sérum physiologique, mouchoirs en papier, petite bande – oui, ça semble beaucoup mais tout ça m’a servi un jour ! – et on s’assure que ce n’est pas périmé. J’ajoute pour ma part un antidouleur à cette liste), une couverture de survie, une lampe frontale chargée. Je pars également toujours avec 2 ou 3 compotes en gourde dans mon sac. Et idéalement, on prévient quelqu’un d’où on part et de l’heure à laquelle on devrait être de retour, surtout si on est seul.

vue sur le château de la Baume Cornillane depuis les montagnes environnantes
Et on n’oublie pas de profiter du paysage !

Les premiers coquelicots au pied de la Raye

Les premiers coquelicots sont arrivés fin avril dans les champs. J’ai aperçu ceux-ci en passant sur la route, et je n’ai pas pu m’empêcher de les prendre en photo. Ils marquent le début de la bascule du printemps à l’été.

champ de coquelicots au pied du Vercors
Champs de coquelicots au pied de la Raye


Suze & La Baume Cornillane – Drôme – avril 2026

[Drôme] une journée de printemps dans le Vercors

Passer une journée dans le Vercors, c’est quelque chose qui m’arrive souvent. Généralement, j’y vais seule, essentiellement pour marcher. Cette fois, la situation était différente. En effet, deux copines avaient organisé une journée entre filles avec au programme une jolie randonnée sur le plateau de Font d’Urle et une déjeuner convivial au restaurant. Nous étions donc ce jour-là une dizaine à cheminer ensemble, mais aussi à discuter, échanger, comparer nos expériences.

des randonneuses de dos sur un alpage au début du printemps
Une journée entre filles dans le Vercors

En randonnée sur le sentier du Karst

L’arrivée du printemps sur l’alpage

Le point de rendez-vous était au départ du sentier du Karst, à Font d’Urle. J’avais covoituré depuis les piémonts du Vercors avec Pauline et Marine, et nous avons retrouvé les autres sur le parking de la station. Après les bonjours (et les présentations pour celles qui ne se connaissaient pas encore), nous avons enfilé nos chaussures de rando et pris la direction du sentier. Je vais chaque année à cette période de l’année sur l’alpage de Font d’Urle et c’est chaque année aussi magique. Cette fois n’a pas dérogé : les tapis de fleurs nous ont accueillies dès le bord du parking.

tapis de crocus sur l'alpage
Des fleurs partout… surtout des crocus, mais il y avait aussi des jonquilles, des érythrones dents de chien, des scilles à deux feuilles, des renoncules, des gentianes…

Pour autant, la neige était retombée le week-end précédent et était encore bien présente. Fort heureusement, nous avions prévu et étions bien chaussées pour traverser les grandes plaques de neige. Cette fois, nous avons suivi scrupuleusement le chemin (j’ai pour habitude de le prendre à l’envers ou de couper à certains endroits). Pour certaines, c’était leur première venue à Font d’Urle et le sentier permet d’en découvrir toutes les spécificités, en particulier géologiques.

Le bonheur de voir des animaux sauvages

En plus de la multitude de fleurs, nous avons aussi eu la chance de pouvoir observer des animaux dans leur milieu naturel. Deux vautours nous ont ainsi fait le plaisir de voler au dessus de nous dans un ballet hypnotique. Mais, ce que je retiens surtout, c’est la marmotte que nous avons pu longuement voir à côté de la grotte. Je dois avouer que c’était la première fois que je voyais une marmotte dans les Alpes (j’en avais vu à Montréal au Canada où elles sont communes, y compris en ville). Rien que ça aurait suffi à rendre cette journée extraordinaire !

une marmotte dans l'herbe au milieu des rochers à côté d'une plaque de neige
Une marmotte se cache sur cette image !
(elle est dans l’herbe, pas très loin de la neige au niveau du tiers gauche de la photo)
une marmotte dans l'herbe au milieu des rochers à côté d'une plaque de neige
Une marmotte se cache sur cette image !
(elle est sur un rocher, au niveau du tiers droit et du tiers bas de la photo )
vautour dans le ciel
un des vautours que nous avons pu observer

Un déjeuner au col de la Machine

Après deux heures à profiter du temps magnifique que nous avions ce matin-là, nous avons repris les voitures pour nous rendre au col de la Machine. Là, l’Hostel Quartier Libre propose une cuisine locale et de saison dans un environnement chaleureux. Nous avons ainsi largement profité d’une pause déjeuner très gourmande tout en continuant nos discussions.

Nous avons terminé la journée par un petit aller retour jusqu’au belvédère sur Combe Laval situé à quelques dizaines de mètres de Quartier Libre, l’occasion de profiter du paysage et faire quelques photos de groupe.

vue sur Combe Laval
Combe Laval depuis le belvédère du col de la Machine
On distingue la route à flanc de montagne sur la droite

Ce que je retiens de cette journée

Le point de départ de cette journée, c’était la volonté de Pauline et Cécile de réunir des créatrices de contenu actives sur les réseaux sociaux et partageant des points d’intérêt communs afin d’échanger autour d’un programme à tendance outdoor et gourmandise. Nous étions une dizaine à nous retrouver ce matin-là. J’en connaissais déjà un peu plus de la moitié mais je découvrais « en vrai » les autres. Comme à chaque fois, j’ai été surprise de la facilité avec laquelle nous avons échangé. J’ai par exemple fait la route depuis les piémonts du Vercors avec Pauline et Marine que je n’avais encore jamais vues. Et tout naturellement, les discussions se sont mises en place.

deux randonneuses sur l'alpage de Font d'Urle
En randonnée sur l’alpage de Font d’Urle

C’est d’ailleurs à la fluidité et la facilité des échanges que l’on se rend compte que le casting était réussi. Si tout le monde se parle, si les rires et les discussions n’ont pas de véritable temps mort, si les bavardages sont naturels, si personne ne reste isolé, alors c’est gagné. Et c’est exactement ce qu’il s’est passé ce jour-là. Les échanges ont été riches, nourris par nos diversités. Nous avons parlé de tout et de rien, des réseaux sociaux, des collaborations, des interactions avec nos communautés respectives, mais aussi simplement de nos vies. Je n’ai pas regretté un seul instant d’avoir décidé de participer à cette journée, entre la joie de randonner au soleil dans un décor féérique et le plaisir de partager ce moment avec un super groupe.

des randonneuses sur l'alpage de Font d'Urle au printemps
En randonnée dans le Vercors

Informations pratiques

  • La randonnée : sentier du Karst à Font d’Urle. Ce sentier fait environ 5 km pour 140 m de D+.
    C’est une randonnée vraiment accessible à (presque) tous. J’étais blessée à la jambe (a priori un claquage sur un des muscles du mollet, fait une semaine avant), et ça s’est très bien passé.
    Il faut compter 2 heures en prenant son temps (je l’ai déjà fait en 1h15/1h30 en prenant des photos).
    Il est important, surtout quand il y a des plaques de neige, de rester sur le tracé du sentier pour ne pas risquer de chuter dans un creux ou un trou. Les passages sur la crête ne sont pas dangereux tant qu’on reste sur le chemin qui est à bonne distance de l’à-pic.
randonnée sur le plateau de Font d'Urle
Le sentier passe à proximité des crêtes

  • Le restaurant : l’Hostel Quartier Libre est situé au col de la Machine.
    Il propose une cuisine locale et engagée, à base de produits frais et de saison. Les propositions sont originales et bien travaillées. L’ambiance est vraiment décontractée et agréable.
    Il est aussi possible de s’y arrêter pour le goûter avec de délicieux cookies maison. Quelques hébergements sont également disponibles.
  • Le belvédère : de l’autre côté de la route par rapport à l’Hostel Quartier Libre, il suffit de suivre le sentier balisé sur quelques dizaines de mètres.
    Attention : on est alors à flanc de falaise et il convient d’être très prudent
tapis de crocus sur l'alpage de Font d'Urle
La magie du printemps sur l’alpage de Font d’Urle


Font d’Urle – Vercors – Drôme
11 avril 2026

[Haute-Savoie] 6 activités pour profiter d’Annecy et ses environs

Après plusieurs années dans la vallée de l’Arve, Mr 2e a emménagé il y a quelques mois à Annecy. Nous avons eu un peu de mal à caler nos agendas respectifs pour trouver un week-end où ni l’un ni l’autre n’avions quelque chose de prévu. C’est finalement fin février que je suis allée lui rendre visite. Il en a profité pour me faire découvrir ses endroits favoris : boutiques, points de vue, balades. A mon tour, je vous propose quelques idées pour passer un week-end agréable à Annecy.

vue sur le lac d'Annecy
Vue sur le lac d’Annecy

Une promenade en ville

J’avais déjà plusieurs fois eu l’occasion de me balader dans les rues d’Annecy. C’était cependant la première fois que je le faisais en hiver. Force est de constater qu’il y a moins de monde qu’aux beaux jours (et pourtant, nous étions en pleine période de vacances scolaires et de chassé-croisé vers les stations de ski des Alpes). Nous avons zig-zagué dans les petites rues, nous laissant guider par le hasard et les petits coins que Mr 2e voulait me montrer (tous ne sont pas touristiquement intéressants, mais c’était en lien avec des anecdotes personnelles qu’il m’avait racontées).

Annecy est parcourue de canaux et comme il faisait beau ce jour-là, c’était très agréable. Nous avons ainsi profité d’une terrasse de café juste au bord du Thiou pour une pause en milieu d’après-midi. Après un hiver riche en pluie et alors que la douceur des températures faisait fondre la neige des sommets, le courant était fort dans la petite rivière.

la rivière Thiou dans le centre d'Annecy
Faire une pause au soleil au bord du Thiou

Une balade au bord du lac

Le premier jour, j’étais arrivée un peu plus tard que ce que j’avais prévu en raison de bouchons sur la route (initialement, je devais venir en train mais un éboulement bloquait la circulation des TER entre Valence et Grenoble). Aussi, nous avions directement commencé par une très bonne fondue savoyarde dans une brasserie. Après cela, une balade digestive était de mise. Nous sommes donc partis le long du lac, en passant par le jardin de l’Europe, le pont des Amours, et le Pâquier. Nous avons continué jusqu’au niveau du port, profitant des vues sur les montagnes environnantes tout en discutant.

ponton au bord du lac d'Annecy avec des goélands posés dessus
Tout au long du lac d’Annecy, les points de vue sur les montagnes sont fantastiques
vue sur les montagnes depuis le bord du lac d'Annecy
Face à l’Impérial Palace, point d’arrivée de notre balade
vue sur les montagnes depuis le bord du lac d'Annecy
Le Pâquier, le lac et les montagnes, une vue typique d’Annecy

Une visite au château

Après avoir de nouveau flâné dans les petites rues du centre ville, nous sommes montés jusqu’au château. Comme il était ouvert, nous avons décidé d’y faire un tour. Le château d’Annecy a été construit par phases successives entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Au XIXe siècle, c’est une caserne et il s’en faut de peu que des travaux d’aménagements ne viennent détruire les plafonds anciens. Devenu propriété de la ville, il a été progressivement transformé en musée à partir des années 1950. Actuellement, il est de nouveau en travaux pour un réagencement complet du parcours muséographiques. Certaines salles sont donc inaccessibles et nous n’avons pu en voir qu’une partie. Les salles que nous avons vues s’articulaient autour de la représentation des paysages alpins et de la nature, avec une bonne part d’art contemporain.

cour du château d'Annecy
Dans la cour du château d’Annecy

Une randonnée sur les pentes du Semnoz

Le dimanche matin, nous voulions aller au sommet du Semnoz, encore enneigé pour y faire une balade. Le soleil brillait et nous n’étions clairement pas les seuls à avoir eu cette idée. Les bouchons dans la montée laissaient présager un parking complet en haut, aussi nous avons décidé de faire demi-tour et de nous arrêter pour une petite randonnée dans la forêt. Mr 2e connait assez bien maintenant le secteur, où il va assez souvent. Aussi, je l’ai suivi sans vraiment prêter attention à l’itinéraire. En fin d’hiver, la forêt est encore très lumineuse et c’est à peine si on devinait l’approche du printemps. Nous avons suivi des sentiers jusqu’à arriver à un point de vue sur le lac que l’on devinait à travers les arbres. J’ai vraiment apprécié cette parenthèse forestière à deux pas de la ville.

route forestière
Au départ, nous avons suivi une route forestière
sentier dans la forêt
Depuis la forêt des pentes du Semnoz, on devine les sommets de l’autre côté du lac d’Annecy à travers les arbres encore dépourvus de feuilles.

Un tour dans les montagnes

Difficile de venir à Annecy et de faire l’impasse sur les montagnes. Elles entourent la ville et le lac. Et en fin d’hiver, les sommets enneigés donnent envie d’aller y faire un tour. Comme nous n’avions pas pu monter au Semnoz le dimanche matin, nous sommes partis du côté des Aravis le dimanche après-midi. Nous avons emprunté la route qui monte de Veyrier du Lac vers Alex puis Thônes. Tout au long du trajet, j’ai été subjuguée par les paysages (et pour une fois que je ne conduisais pas, je pouvais encore plus en profiter). Nous avons fait un premier arrêt dans le petit village d’Alex, puis nous avons repris la route vers Thônes où nous avons fait une belle promenade en montant jusqu’au château.

falaises calcaires dans les Aravis
vue sur les montagnes depuis le village d’Alex
le village de Thônes entouré de montagnes
Les pentes du massif des Aravis sont encore bien enneigées
le village de Thônes entouré de montagnes
Balade dans le village de Thônes

Une soirée à la patinoire

Je dois avouer que le choix de la date de mon week-end à Annecy, en plus de nos contraintes d’agendas respectifs, avait été choisie parce que le samedi soir, le match de hockey opposait les Chevaliers du Lac d’Annecy aux Lynx de Valence. Comme Mr 2e et moi-même souhaitions retourner voir un match ensemble, l’occasion était trop belle pour la manquer. Nous avons donc passé la soirée à la patinoire dans les gradins à encourager les Lynx (et je peux vous dire qu’il y avait assez peu de spectateurs pour les valentinois). La patinoire d’Annecy est beaucoup plus grande que celle de Valence (environ 1500 places à Annecy contre – de mémoire – environ 400 à Valence). Par contre, nous y avons trouvé l’ambiance dans les gradins plus « molle ». Mais aller voir un match de hockey reste une chouette activité à partager !

Sur la glace, les chevaliers du lac vs les Lynx


Annecy – Haute-Savoie – février 2026


Informations pratiques

  • Pour manger des spécialités savoyardes, direction la Brasserie Savoyarde, quai Perrière à Annecy. Le service y est continu et efficace, les tarifs corrects, et la fondue était vraiment bonne et généreuse.
  • Le lac est bordé de voies douces, il est donc facile de s’y promener à pied (ou à vélo). La balade que nous avons faite du quai Perrière à l’Impérial Palace en passant par les jardins fait environ 2 km aller.
  • Le château-musée d’Annecy reste ouvert pendant les travaux actuellement en cours avec un parcours de visite restreint (et un tarif réduit). Les informations pratiques sont à retrouver sur le site internet des musées d’Annecy.
  • Sur le Semnoz et tout autour du lac, vous pourrez trouver de nombreux sentiers de randonnée, parfois même aux portes de la ville. Le site de l’office de tourisme référence beaucoup de balades plus ou moins engagées.
  • Thônes est la capitale du reblochon fermier. Il était donc impensable de repartir sans avoir fait quelques emplettes. La coopérative de producteurs Le Farto est très réputée. Nous y avons acheté des reblochons excellents et à un prix plus que raisonnable. J’avais aussi pris un morceau de tomme de Savoie, qui ne m’a pas déçue non plus.
  • Le programme des matchs des Chevaliers du Lac, l’équipe de hockey d’Annecy, est disponible sur leurs réseaux sociaux.

Pour d’autres idées à Annecy et dans les environs, vous pouvez aller voir les articles que j’avais écrit suite à un précédent séjour :

[Drôme x Isère] 2 randonnées pour profiter de la neige dans le Vercors

Si j’ai fait cet hiver de très jolies promenades dans le Vercors peu ou pas enneigé, la saison a été globalement généreuse en neige. Cela a commencé comme chaque année autour du 20 novembre. Puis, les épisodes de neige se sont succédés jusqu’en février. Bien occupée les week-ends, j’ai finalement eu assez peu d’occasions d’aller en profiter. Fin janvier, je suis allée me promener sur le plateau de Léoncel, tandis que fin février, j’ai pris la direction de Villard de Lans. Venez, je vous emmène marcher dans la neige !

le plateau de Léoncel dans le Vercors dromois sous la neige
Le plateau de Léoncel sous la neige

Balade sur le plateau de Léoncel

Ce samedi là, je n’avais pas prévu d’aller me promener dans le Vercors. J’avais à faire en ville et la météo s’annonçait maussade. Mais une éclaircie en fin de matinée m’a fait changer d’avis. Je suis donc partie vers midi et demie, en direction du Grand Echaillon. Arrivée à La Vacherie, la quantité de neige qui recouvrait le paysage était déjà très abondante aussi, je ne suis pas allée plus loin. Il n’était pas encore 13 heures et j’ai sans souci trouvé un stationnement à côté du cimetière.

paysage enneigé du Vercors
Pas besoin de marcher très loin depuis le parking pour que la vue soit magnifique

De là, j’envisageais de partir en direction du ruisseau de Comberoufle qui se faufile à travers la montagne pour gagner ensuite les parois des Gorges d’Omblèze. La hauteur de la neige m’a fait hésité et finalement, à la jonction du chemin avec le GR9, j’ai décidé de suivre celui-ci en direction du village de Léoncel. Je m’enfonçais beaucoup et la progression n’était pas toujours évidente, mais la beauté du paysage rendait l’effort plus facile. Arrivée au niveau de la ferme des Coquins (en ruines), j’ai pris un petit chemin de traverse pour rejoindre un ruisseau et une petite cascade pleine de charme.

J’ai ensuite repris le tracé du GR9 en le suivant tant bien que mal. La neige masquait bon nombre de balisages, mais à cet endroit, il suit globalement le pied des falaises de la montagne de Chovet. Au loin, le clocher de l’église abbatiale de Léoncel me servait de point de repère. J’avais envisagé de m’y rendre, mais la progression dans la neige fraiche était compliquée. Très régulièrement, je m’enfonçais au moins jusqu’aux genoux (et je dois dire que j’ai bien regretté d’avoir hésité à prendre les raquettes pour finalement les laisser dans le coffre de la voiture !).

paysage enneigé du Vercors
On devine le village de Léoncel, coincé au pied de la montagne sur la gauche

Le ciel commençant à devenir menaçant, je changerai finalement d’idée et arrivée au niveau des ruines de l’ancienne ferme des Marais, je vais faire le choix de traverser le plateau pour rejoindre le bord de la route et revenir plus vite à la voiture. La suite me donnera raison : à peine revenue sur le parking, il commencera à pleuvoir. Au final, ma boucle aura fait un peu plus de 4 kilomètres, dans une neige épaisse rendant la progression difficile. J’aurais passé presque 2 heures à profiter de ces paysages sublimés par la neige.

paysage enneigé du Vercors avec une ferme en ruines
Si mes estimations sont bonnes, ces ruines sont celles de la ferme des Marais sur le plateau de Léoncel. Ici, pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Résistance avait installé un terrain de parachutage. J’ai essayé de trouver des informations sur ce qu’il s’est passé dans ce secteur, sans grand succès jusqu’à présent : il y avait tellement de maquis et de fermes accueillant des résistants dans le Vercors que seuls les plus importants sont très documentés.


La Vacherie / Léoncel – Vercors – Drôme
Janvier 2026


Randonnée entre Bois Barbu et Valchevrière

Dans la forêt

Fin février la neige avait déjà bien fondu un peu partout. Je suis donc allée un peu plus en altitude pour en trouver. Direction le domaine nordique de Villard de Lans à Bois Barbu pour une randonnée jusqu’à Valchevrière. J’étais déjà allée dans ce secteur il y a 3 ans pour une randonnée en raquettes. Comme j’étais partie de la maison tôt le matin, un peu sur un coup de tête, je n’avais pas pris la peine de repérer un autre itinéraire. J’ai donc repris le même chemin que la dernière fois. J’avais emporté les raquettes cette fois encore, mais compte tenu de la quantité de neige, j’ai préféré les laisser dans la voiture. La suite me donnera raison : les chemins ne sont plus que partiellement enneigés, et là où il y a de la neige, elle est généralement glacée et glissante. Avec les raquettes, j’aurais été encombrée pour rien car il n’y aurait finalement eu que quelques centaines de mètres où elles auraient été utiles.

paysage enneigé du Vercors
Au départ de Bois Barbu, vue vers les Gorges de la Bourne

Comme je suis partie tôt, il est à peine 9.00 quand je m’engage sur le sentier. Je n’ai pas besoin de m’éloigner beaucoup pour me retrouver complètement seule. Avec l’approche du printemps, les oiseaux sont de sortie. J’entends très distinctement un pic (sans doute) épeiche taper sur un tronc mais je n’arrive pas à le voir. Je fais attention où je pose les pieds car je n’ai pas vraiment envie de glisser. Le ciel est couvert mais il fait plutôt beau, et la température est relativement douce. En marchant, je n’ai même pas besoin d’un pull. Le chemin se faufile dans la forêt entre les arbres, puis rejoint le bord de la piste de ski de fond. Je fais bien attention à rester sur la bordure de la piste afin de ne pas gêner les skieurs, avec qui nous échangeons des « bonjour ».

piste mixte ski de fond et randonnée en raquettes
Ici, la piste de randonnée en raquettes / piste piétonne longe la piste de ski de fond. Il est très important de ne pas aller marcher sur la piste de ski de fond. C’est une question de respect du travail des dameurs et de sécurité de tous. En effet, en marchant sur le damage ou sur les rails, on abime la piste travaillée par les dameurs et on crée des trous qui peuvent faire chuter les skieurs. De plus, les skieurs en descente peuvent atteindre des vitesses importantes et les risques de collision ne sont pas à sous estimer. Il y a largement la place pour tous à la montagne !
des skieurs sur une piste de ski de fond
C’est parti pour la descente !

Vers le village de Valchevrière

Le but de l’itinéraire que j’ai choisi est le village de Valchevrière. Cet ancien hameau, déserté entre les deux guerres, a abrité un groupe de maquisards et un camp d’entrainement de la Résistance. Quand le 21 juillet 1944, l’armée allemande lance une offensive contre la Résistance dans le Vercors, Valchevrière fait partie des cibles. C’est le 22 juillet que la bataille a lieu, sur la route d’Herbouilly, au niveau du belvédère. Les hommes de la compagnie Chabal tiendront du mieux qu’ils peuvent mais seront débordés par un ennemi mieux équipé et plus nombreux. Les maisons du hameau sont ensuite incendiées. Aujourd’hui, le hameau est resté en ruines. Seule la chapelle sera épargnée. C’est devenu un lieu de mémoire, un des symboles forts de la Résistance dans le Vercors.

panneaux directionnels indiquant Valchevrière et Bois Barbu
En chemin
vue depuis le belvédère de Valchevrière dans le Vercors
Depuis le belvédère de Valchevrière, on domine les Gorges de la Bourne
dans le hameau de Valchevrière sous la neige
La neige a recouvert les ruines du hameau de Valchevrière
la chapelle de Valchevrière sous la neige
La chapelle de Valchevrière sous la neige
une station du chemin de croix de Valchevrière
Depuis Villard de Lans jusqu’à Valchevrière un chemin de croix comportant 13 stations rappelle les noms des maquisards tués lors des combats de Valchevrière en juillet 1944. Il a été inauguré en 1948.


Le circuit que j’ai choisi est un aller retour, aussi après un temps dans le hameau de Valchevrière, je reviens sur mes pas pour retourner à Bois Barbu.


(*) Le circuit en aller retour entre Bois Barbu et Valchevrière est accessible en hiver en raquettes (pistes damées) et aux beaux jours via un chemin balisé en vert jaune (balisage PR). Il fait environ 7.5 km et est donné pour 3h30 en hiver / 2h30 en été sur les topos que j’ai trouvés. Pour ma part, j’ai mis 2h30 alors que les conditions n’étaient pas complètement favorables en raison de nombreuses plaques de neige verglacée.
En été, il est possible d’accéder au belvédère de Valchevrière en voiture (l’hiver, la route devient piste de ski de fond). Le hameau se trouve à environ 500 mètre du belvédère en bas d’un chemin forestier. On peut aussi emprunter le sentier patrimonial pour descendre au village : il est plus joli mais aussi plus raide et il y a un gué à traverser.


Villard de Lans – Vercors – Isère
Février 2026

[Drôme x Isère] 2 randonnées pour profiter du Vercors même sans neige

S’il y a régulièrement de la neige sur les hauteurs du Vercors depuis le début de l’hiver, elle est assez peu présente sur les lieux les plus exposés ou à moindre altitude. Chaque redoux signe en effet la fonte du manteau blanc dans certains secteurs, en attente des prochaines précipitations neigeuses. Parfois, je n’ai pas envie d’aller jusqu’en station pour me confronter à la foule sur les chemins. Dans ce cas, je préfère m’arrêter un peu plus bas et trouver une jolie randonnée à faire, un peu à l’écart. C’est ce qu’il s’est passé avec les deux idées dont je vous parle aujourd’hui, dans deux secteurs très différents du massif.

vue sur les falaises du Vercors légèrement enneigées
S’il y a un peu de neige sur les sommets, ce n’est pas forcément le cas plus bas.

Monter à la Croix de Chabreille

La Croix de Chabreille, c’est une courte randonnée que j’ai découverte il y a maintenant quelques années, un peu par hasard. Elle ne se situe pas très loin de chez moi, ce qui en fait un but de balade facilement accessible. Jusqu’il y quelques semaines, je ne l’avais faite qu’avec de la neige. Mais j’ai eu envie de le tenter sans. Et j’ai bien fait car elle est tout aussi géniale. C’était un dimanche matin, et le brouillard envahissait la plaine de Valence. J’avais donc décidé de prendre un peu de hauteur en espérant sortir des nuages. Initialement, je pensais aller jusqu’au Grand Echaillon même s’il n’y avait quasi plus de neige. Mais, en montant vers le Col des Limouches, j’ai aperçu la mer de nuages sur la vallée du Rhône. Et la Croix de Chabreille allait me donner un point de vue parfait dessus.

Ce que j’aime particulièrement dans cette randonnée vers la Croix de Chabreille, c’est qu’elle est un peu cachée. En effet, quasiment jusqu’au sommet de la butte, rien ne laisse deviner la présence de la croix. Même les chemins pour y accéder sont discrets et peu marqués. Le fait qu’il faille traverser le pré en naviguant un peu à vue ajoute à cette impression de randonnée mystérieuse. L’ayant déjà faite plusieurs fois, je n’hésite plus sur la direction à emprunter. Malgré tout, à chaque fois que je devine la présence de la croix, j’ai un sentiment de plénitude et d’accomplissement (sans doute que la montée, bien raide, pour y arriver joue ! ). Ce jour-là, je n’ai pas été déçue en arrivant au sommet : j’avais bien la mer de nuages à mes pieds. J’ai passé un long moment à admirer le paysage, cherchant des points de repères : la tour de Barcelonne, les 3 Becs, Roche Colombe, les rochers du Touet, les sommets du Vercors…

la croix de Chabreille
En arrivant au sommet, la croix se dévoile enfin


Informations pratiques sur la montée à la Croix de Chabreille

  • Le descriptif est dans l’article consacré à la Croix de Chabreille.
  • La balade en boucle (retour en redescendant du côté opposé à l’ascension, et passage le long de la route) fait environ 2.5km pour D+ 120 m. La montée est constituée d’un long faux plat et d’une pente bien raide.
  • Côté timing, c’est une promenade assez courte. En n’étant pas très en forme et en faisant une longue pause lecture de paysage au sommet, j’ai mis un peu plus d’une heure à faire la boucle.

Parcourir le chemin des grottes à Choranche

Un samedi matin, alors qu’une fois de plus, le brouillard recouvrait la plaine de Valence, j’ai eu envie de montagne. Mon plan initial était d’aller vers Villard de Lans pour une randonnée en raquettes. En effet, il y avait eu de fortes chutes de neige durant la nuit. Mais qui dit fortes chutes de neige, dit aussi routes enneigées et beaucoup de monde allant vers la station. J’avoue que si j’aime me promener dans la neige, je n’aime pas du tout conduire lorsque les routes sont mal dégagées. Or, c’était le cas (peut-être parce qu’il était encore tôt le matin), et je savais que la perspective du trajet retour risquait de me gâcher ma sortie. J’ai donc décidé de faire demi-tour avant d’arriver à Villard de Lans, et de m’arrêter dans le village de Choranche.

fontaine dans le village de Choranche
La fontaine-lavoir du village de Choranche

Comme toute bonne journée se doit de commencer par un café, je me suis arrêtée dans l’unique bar hôtel restaurant du village. En discutant avec la dame du café, elle m’a parlé du chemin des grottes en me disant que c’était joli, mais de me méfier car avec les intempéries récentes, les chemins risquaient d’être très gras et peu praticables. Mais un rapide coup d’œil à la carte m’a convaincue. Le chemin part du village et monte jusqu’au porche de Coufin, l’entrée de la fameuse grotte de Choranche, en passant à côté de la grotte de Gournier. Me voilà donc partie !

chemin de randonnée en campagne
Sur les chemins

Le début s’effectue en montée régulière, sur un sentier étroit mais sans difficulté. Assez vite, on prend de la hauteur et on domine la vallée de la Bourne. Je profite des premiers points de vue sur les montagnes environnantes. En plus, les conditions sont idéales : il ne fait ni trop chaud ni trop froid. Arrivée au hameau de Ranconnière, je continue en suivant les panneaux vers le carrefour des Buis. Et je tombe sur la première surprise de cette randonnée : un passage de gué. Le ruisseau de Jaillifiers est à cette saison plutôt une petite rivière. Pour la traversée, j’ai le choix entre une passerelle branlante qui ne m’inspire vraiment pas confiance ou mettre les pieds dans l’eau. Une rapide estimation du niveau d’eau me laisse penser que celle-ci n’entrera pas trop dans mes chaussures. Aussi, j’opte pour cette solution, et traverse donc le ruisseau les pieds dans l’eau.

passage de gué sur un ruisseau
Pour le passage du gué, vous auriez plutôt pris la passerelle branlante ou mis les pieds dans l’eau ?

Puis, les choses sérieuses commencent. La pente s’accentue. J’entends de plus en plus le ruisseau de Gournier qui coule dans la forêt voisine. Le sentier devient de plus en plus raide. Les cailloux roulent sous les pieds. Les passages gorgés d’eau se succèdent. Des panneaux avertissent du risque d’éboulement. Mais les points de vue sur les falaises environnantes est magnifique. J’aperçois même les premières primevères sur le bord du chemin. Quand j’arrive au poteau indicateur du carrefour des Buis, deux possibilités s’offrent à moi, formant une boucle. Je décide de commencer par le chemin qui monte. A l’approche d’une passerelle, un chemin sur ma gauche indique la direction de la grotte de Gournier. C’est un petit crochet en aller retour, mais qui mérite d’être fait.

passerelle en bois au dessus d'un ruisseau dans la forêt
La passerelle au dessus du ruisseau de Gournier est verglacée

J’étais déjà allée à la grotte de Gournier mais en été. Aussi, je ne m’attendais pas à ce que j’allais découvrir. Le ruisseau de Gournier prend sa source sous le porche de la grotte. Ce sont les eaux du plateau des Coulmes qui s’infiltrent dans le calcaire qui alimentent une rivière souterraine qui se déverse ensuite vers la vallée de la Bourne. La grotte de Gournier est donc une grotte inondée dont la première salle est un lac souterrain, situé sous le porche. Après les épisodes de pluie et de neige du début de la saison, le niveau du lac est haut. Mais ce qui surprend le plus, c’est sa couleur, un superbe bleu profond. Là, seule au monde, bercée par le bruit de l’eau courante (définitivement un de mes sons préférés dans la nature), je me suis laissée aller dans un grand moment de contemplation souterraine.

porche de la grotte de Gournier avec le ruisseau qui part vers la vallée
Sous le porche de la grotte de Gournier
lac souterrain à l'eau de couleur bleue
Le lac souterrain de Gournier et sa couleur intense

Après cela, je suis repartie en longeant le ruisseau, jetant un oeil aux petites cascades qu’il produit dans le tuf. J’ai traversé la passerelle et suivi le chemin jusqu’à l’entrée de la grotte de Choranche (que je n’irai pas visiter cette fois). Je suis alors revenue sur mes pas jusqu’au belvédère de la cascade et j’ai pris le chemin descendant jusqu’à celle-ci. L’immense cascade de tuf se voit de loin en l’absence de feuilles sur les arbres. Mais le plus amusant, c’est qu’on peut passer dans un petit tunnel creusé derrière la cascade. De là, j’ai retrouvé rapidement le carrefour des Buis avant de redescendre vers le village de Choranche en suivant le même chemin qu’à la montée.


Informations pratiques sur le chemin des grottes à Choranche

  • Le chemin est balisé en jaune vert (PR) à partir du village de Choranche. Le point de départ se situe au niveau du parking du village. On y trouve un panneau explicatif. Les poteaux et indications sont très clairs et lisibles.
  • Le passage par la grotte de Gournier est en option mais mérite largement les quelques centaines de mètres supplémentaires.
  • La randonnée, en aller retour (modulo la boucle autour de la cascade de Gournier), fait environ 5.7 km avec D+ 438 m. Elle est plutôt difficile. Il y a un passage de gué qui peut être compliqué pour certains et le profil est souvent très (très) raide. Il est impératif d’être correctement chaussé. Ce n’est pas un itinéraire que je conseillerais avec des enfants ou si vous avez peu d’expérience en randonnée.
  • IMPORTANT : en hiver, comme dans tout le reste du massif, entre les pluies, la neige et les épisodes de gel/dégel, les risques d’éboulements et de chutes de pierre au pied des falaises est très important. Il peut s’avérer dangereux d’accéder à cet itinéraire en fonction de la météo des jours précédents.
  • Attention aussi aux chutes, surtout à la descente, si comme moi vous y allez à une période humide. Entre les cailloux qui roulent et le sol très gras qui glisse sous les feuilles mortes, dans la pente, ça peut vite devenir périlleux (spoiler alert : oui, je suis tombée après avoir perdu toute adhérence dans un passage assez raide à la descente).
  • Les passerelles en bois que l’on croise sur le chemin étaient verglacées quand j’y suis passée.
  • Côté temps de parcours, la randonnée est annoncée pour 2h15. J’ai mis 2h10 avec une pause d’environ 20 minutes au lac souterrain, et plusieurs arrêts photos en chemin. (J’avoue que j’étais contente de revenir « dans les temps » des panneaux indicateurs, car après pas mal de blessures, cela faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé).
  • Pour prendre une boisson chaude ou un rafraichissement avant ou après la rando, l’accueil au bar Le Jorjane (sur la grande rue) est top. Ils font aussi restaurant (et hôtel). Je n’ai pas eu l’occasion de tester, mais cela m’a fait envie.
vue sur la vallée de la Bourne côté Royans depuis Choranche
Vue sur la vallée de la Bourne et le Royans

Croix de Chabreille – Chateaudouble – Drôme
Choranche – Isère
Vercors – janvier 2026

[Drôme] 3 promenades hivernales dans le Vercors

Les journées d’hiver ensoleillées sont parmi celles que je préfère pour aller me promener. Le froid sec me donne l’occasion de me balader autour de chez moi, et de redécouvrir les paysages environnants avec une touche de givre ou de neige. Le soleil a bien brillé au début de l’année, et le ciel bleu s’est montré généreux. J’ai donc débuté janvier par de jolies balades dans le Vercors.

piémonts du Vercors vus depuis les hauteurs de Combovin
vue sur les contreforts du Vercors depuis les hauteurs de Combovin

Prendre de la hauteur à Combovin

Dès le matin du 1er janvier, j’ai profité du soleil pour aller me balader. Mon choix s’est porté sur Combovin et j’avais comme idée de monter jusqu’à la Tour de Barcelonne. C’est une balade assez tranquille, parfaite pour bien démarrer l’année. Mais, je suis partie un peu tard de la maison et il y avait pas mal de monde à s’engager sur le chemin vers la tour. J’ai donc changé d’itinéraire en empruntant assez vite un sentier qui montait sur la gauche à travers les conifères. J’avais déjà repéré ce sentier mais ne l’avait pas encore exploré. Comme il est plus petit que le chemin qui monte à la tour et un peu plus abrupt, je n’y ai croisé personne. Tout juste ai-je aperçu un trailer à un moment mais il a bifurqué avant d’arriver à ma hauteur.

Comme il avait neigé à Noël et que certains passages ne prennent que peu le soleil en hiver, il y avait des restes de neige sur le bord du sentier et dans la végétation. Le givre était aussi bien présent en prenant un peu d’altitude. Je me suis donc longuement amusée à photographier les plantes givrées ou les traces de neige. Arrivée à un embranchement, plutôt que de revenir immédiatement vers les Terres Blanches et d’aborder la redescente vers le village de Combovin, j’ai choisi de continuer à monter, sur un serre bordant Combe Grande. Le sentier, assez raide, monte sur le serre et permet de bénéficier de très jolis points de vue sur la tour de Barcelonne. N’ayant pas l’intention de contourner le vallon de la Véore, j’ai ensuite fait demi-tour avant de gagner les Terres Blanches et revenir à mon point de départ, faisant ainsi presque une boucle.

une bande d'herbe givrée entre les arbres
Retour au point de départ, au bord de la Véore

Aller voir les cascades dans les Gorges d’Omblèze

Descendre au pied de la chute de la Druise

Cela faisait plusieurs années que je n’étais pas descendue au pied de la chute de la Druise. Ce matin-là, j’avais pour objectif une autre cascade dans le fond des gorges d’Omblèze (spoiler alert : je n’irai pas jusqu’au bout de la route des gorges en raison du verglas). Mais en arrivant à la bifurcation de la route conduisant à la chute de la Druise, j’ai eu envie d’y retourner. J’ai laissé ma voiture sur le parking, puis j’ai emprunté le sentier qui descend vers la rivière. Il a été refait il y a peu car il avait tendance à beaucoup s’éroder. Il était devenu dangereux et avait alors été interdit d’accès.

sentier en escalier
Le chemin vers la chute de la Druise a été entièrement refait et sécurisé

Une fois au bord de la rivière, je me suis accordé une pause contemplative. J’aime ces moments où l’on entend seulement le bruit de l’eau qui courre (sans doute l’un de mes sons préférés dans la nature). Puis, j’ai remonté le courant pour approcher de la cascade. On entendait son fort débit d’assez loin. J’aurais aimé l’approcher plus mais j’ai du me contenter de la regarder de loin. Il y avait en effet trop d’eau pour aller plus loin sans mettre les pieds dans l’eau au moins jusqu’aux chevilles (sur les zones sableuses). J’avoue avoir hésité un moment mais j’avais prévu de marcher encore un peu, et il faisait trop froid pour le faire raisonnablement avec les pieds mouillés.

torrent de montagne
Faire une pause au bord de la rivière
la chute de la Druise, cascade du Vercors
Ici, la Gervanne chute de 72 mètres de haut. La chute de la Druise est la plus haute cascade du Vercors.

A noter : le chemin vers la chute de la Druise n’est pas très long mais il descend à flanc de montagne (aller environ 1 km, 160m D-, retour en revenant sur ses pas : pas de boucle possible).
Le chemin est donc assez raide, et nécessite d’être correctement chaussé. Il est impératif de bien rester sur le chemin, à la fois pour des questions de sécurité mais aussi de respect car il est situé sur une propriété privée. Le site est entouré de falaises calcaires et devient vite chaud, voire très chaud en été. Il ne faut donc pas négliger de prévoir de l’eau.
Il s’agit en outre d’un site naturel très fragile (zone de frayère) et l’été, l’affluence peut y être très importante. Je vous conseille donc d’y aller hors saison.

S’arrêter à côté de la cascade de la Pissoire

Après la chute de la Druise, j’ai voulu continuer en remontant les gorges d’Omblèze jusqu’au village, d’où j’avais repéré un chemin vers une cascade que je ne connais pas encore. Mais, en passant à coté de la cascade de la Petite Pissoire, la route était fortement verglacée, et je n’ai pas osé aller plus loin, de crainte de glisser (la route devant la cascade de la Grande Pissoire tenait plus de la patinoire sur une dizaine de mètres que d’une route). Je me suis quand même arrêtée pour jeter un œil aux cascades de la Pissoire. Il faut dire que le ruissellement dans le tuf avait créé des stalactites de glace magnifiques, et que la végétation environnante était prise dans le givre.

S’aventurer vers le chemin des Moines à Peyrus

Mi-janvier, alors qu’il avait de nouveau neigé, j’ai eu envie de retourner faire un tour vers le chemin des Moines à Peyrus. Mais la première montée a eu un peu raison de mon optimisme : après avoir cumulé les blessures, j’ai manqué d’entrainement ces derniers mois, et je suis vite à la peine (tant au niveau du cardio, que du genou, et j’avoue que c’est ce dernier point qui me fait le plus réfléchir). Comme ce serait dommage de rentrer si vite à la maison alors que la météo est agréable, et que la neige s’est invitée dans le paysage, je décide de changer de trajet et de ne pas monter vers le Pas du Touet. A la place, je bifurque sur la gauche sur le tracé du GRP du Tour des Monts du Matin.

J’avais déjà suivi ce chemin il y a quelques années, au printemps, sur la piste des orchidées. Cette fois, le paysage est très différent, entre la neige qui recouvre partiellement les lieux et les nuages qui masquent les montagnes. Je prends doucement de l’altitude. Je contemple longuement le panorama. Seul le vent vient faire du bruit. C’est doux et calme. Puis, je repère des traces d’animaux sur le sol. J’essaie de les identifier. Il y a là un chevreuil, ce qui semble être un renard et ce qui pourrait bien être un (ou plusieurs) loups. Il finit par être temps de faire demi-tour, et prendre un café bien mérité en revenant à la voiture.

chemin légèrement enneigé dans un paysage de basse montagne
Des hauteurs de Peyrus, on devine le point de vue sur la plaine de Valence


Combovin / Plan de Baix & Omblèze / Peyrus
Drôme – janvier 2026


Si vous cherchez d’autres idées de sorties dans le Vercors en hiver, vous pouvez aussi aller voir vers :

[projet 52-2026] semaine 4 – sombre

En regardant le thème de cette semaine du projet 52, je me suis demandé ce qui avait bien pu me passer par la tête quand j’ai listé les thèmes. Ce genre de réflexion ne m’était encore jamais arrivée aussi tôt dans l’année. Autant dire que le thème Sombre ne m’a pas vraiment inspirée. J’ai cherché ce qui est sombre autour de moi, sans rien trouver de probant. Je me suis dit que j’allais faire une photo dehors une fois la nuit tombée ou avant le lever du jour, mais j’ai été prise de court et n’en ai pas eu l’opportunité. Alors, j’ai repensé au ciel du dimanche matin il y a deux semaines. Le plafond nuageux était très bas et je n’avais pas eu le courage d’affronter les conditions de circulation annoncées difficiles pour rejoindre les hauteurs et tenter de passer au dessus des nuages. J’avais donc opté pour une balade au pied du Vercors, et selon vers où je regardais, ciel et montagnes apparaissaient bien sombres.

bordure du Vercors un matin d'hiver dans les nuages
Peyrus – Drôme – janvier 2026


Pour découvrir ce qui est sombre chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[Drôme] 2 randonnées de novembre en mode automne/hiver

Le mois de novembre nous a fait basculer d’une météo automnale très douce à un temps hivernal au froid rugueux. En quelques jours, les températures ont chuté de presque 20°C. J’ai fait durant ce mois deux jolies randonnées dans des paysages très différents. Entre ces deux sorties, il y a une dizaine de jours et une dizaine de kilomètres (à vol d’oiseau) d’écart. Comme vous allez le constater, le contraste est pourtant saisissant !

un coucher de soleil sur une campagne vallonée
Fin de journée depuis le site médiéval de La Baume Cornillane

Une fin de journée d’automne à La Baume Cornillane

J’avais eu du mal à me décider à sortir ce jour-là, ayant débuté la journée par une migraine. Mais, en fin d’après-midi, comme j’allais mieux et que surtout le soleil brillait, je me suis motivée à enfiler mes chaussures de randonnée. Compte tenu de l’heure, il était impératif que je n’aille pas trop loin. Dans ce genre de circonstances, mon choix se porte souvent sur La Baume Cornillane. Là, entre le site médiéval, la cascade du Rif ou les roches de la Pangée, j’ai de quoi prendre l’air rapidement.

chemin de sous bois à l'automne
Emprunter les chemins dans la forêt

J’ai laissé la voiture sur un parking à la sortie du village, et je suis partie dans le sous-bois en direction du château des Cornillans. Je crois que c’était la première fois que je montais au château de ce côté. Habituellement, je pars soit du centre du village, soit de l’autre côté de la crête rocheuse. Il faisait doux et j’ai croisé quelques autres promeneurs en cette fin d’après-midi. J’ai pris le temps d’admirer les jolies couleurs de l’automne dans les arbres. Aussi, quand je suis arrivée dans les ruines, le soleil commençait déjà à être très bas sur l’horizon. Les environs se paraient de lumières dorées. C’était apaisant.

J’avais initialement prévu de monter jusqu’aux ruines du donjon. De là, je pensais profiter de la vue sur la plaine de Valence au soleil couchant avant de redescendre par le village. Comme la lumière était douce, je suis restée un moment à côté de l’arbre isolé qui se trouve au cœur des ruines. C’est là que j’ai remarqué un départ de chemin qu’il m’a semblé n’avoir encore jamais vu. Je l’ai suivi, et je suis arrivée dans une ruine de bâti médiéval. Celle-ci a été dégagée de façon récente de la végétation qui la rendait inaccessible. En effet, un parcours de course d’orientation a été installé sur le site de La Baume Cornillane et a permis d’étendre les endroits accessibles. A travers une fenêtre, le soleil couchant venait créer un rai de lumière dans l’ancien bâtiment. C’était doux et poétique. Je me suis approchée, et j’ai, assez longuement, profité de la vue depuis cette fenêtre ouverte au dessus du village. Le soleil est passé sous l’horizon, marquant le signal du retour à la maison pour moi.

Un après-midi hivernal à côté du col des Limouches

Comme chaque année ou presque, la neige est arrivée autour du 20 novembre sur les montagnes du Vercors. Parfois, ce ne sont vraiment que de rares flocons qu’il faut aller chercher un peu en altitude ou vers le centre du massif. Cette année, la neige est tombée en abondance, pas très haut et proche de Valence. J’ai contemplé la bordure du Vercors enneigée une bonne partie de la semaine, alors il était hors de question de ne pas y aller durant le week-end qui a suivi. J’ai choisi la proximité et j’avais dans l’idée de monter vers Léoncel, voire le Grand Echaillon. Je suis donc partie en direction du col des Limouches. A Peyrus, les conditions de route étaient annoncées délicates. En effet, assez vite, nous avons trouvé des plaques de neige tassée (et bien glissante) dans la montée.

Ce sont ces conditions de route qui m’ont conduite à m’arrêter avant le col des Limouches, avant même la Grange. En effet, j’avais alors des pneus 4 saisons un peu usés et donc plus du tout adaptés à la conduite sur neige (en prime, je me suis rendue compte le lendemain que les chaines que je croyais vraiment être dans le coffre n’y avaient pas été remises après un passage au garage où j’avais du vider complètement le coffre au printemps). J’ai donc profité d’une aire de pique-nique où il était facile de s’arrêter et faire demi-tour. J’ai laissé la voiture et je suis partie à pied dans un petit chemin. Bien que nous étions dans l’après-midi, j’étais la première à passer par là. J’ai toujours un sentiment de liberté quand je me rends compte que personne n’est venu avant moi marcher dans la neige. Le froid glacial, accentué par un fort mistral, ne m’a pas découragée d’une jolie promenade. Prendre l’air, se promener, avoir l’impression d’être seule au monde, admirer la végétation recouverte de neige. Puis, rentrer à la maison, se servir un thé fumant et s’installer avec un plaid. Je crois que je tiens là la définition d’une parfaite journée d’hiver.


La Baume Cornillane / Châteaudouble
Drôme – novembre 2025