Cette semaine, le projet 52 nous demande ce qui est vert. Cette année, autour de chez moi, les arbres ont changé de couleur bien trop tôt. Dès le mois d’août, avec les vagues de chaleur et les canicules, les arbres ont bloqué l’évaporation par les feuilles pour tenir le coup. Les feuilles ont pris des teintes automnales alors que l’été était encore bien présent, privant aussi les arbres d’une partie de leurs ressources et de la fabrication de réserves via la photosynthèse. Bref, cela fait longtemps qu’ils ne sont plus complètement verts. Alors, je suis retournée là où j’étais cet été, en Ecosse. Là bas, le climat (même s’il se réchauffe) est bien différent d’en France, certainement plus frais et plus humide. Dès que l’on se retrouve dans la nature, la couleur dominante devient nettement le vert (avec une touche de violet en été, lorsque les bruyères sont en fleurs sur les landes). Pour ce thème, j’ai choisi une photo prise en aval du barrage hydroélectrique de Dundreggan dans les Highlands. Nous étions sur la route et l’arrêt était complètement improvisé, mais ce sera l’objet d’une autre histoire que je vous raconterai dans un prochain article !
Le long de la rivière Moriston
Pour découvrir ce qui est vert chez les autres candidats, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : ce week-end, ce sont les journées du Patrimoine et je compte bien faire quelques visites de lieux rarement ouverts. Je ne sais donc pas quand j’aurai l’occasion de venir valider les commentaires qui seraient à modérer, mais je le ferai dès que possible.
Cet été, j’ai passé deux fois 3 jours en Bretagne dans ma famille comme chaque année. La météo n’a pas toujours été au beau fixe. Nous avons aussi voulu trouver des sorties que nous n’avions pas fait depuis longtemps, même si la traditionnelle promenade à Cancale s’est imposée. Cette année, je me rends compte que nos balades se sont concentrées autour de Saint Malo, sans pour autant être toujours en bord de mer. Si vous cherchez des idées dans ce secteur, celles-ci sont faisables par tous les temps (ou presque).
Bataille pour un bout de pain
Découvrir un exemple d’art brut aux Rochers Sculptés de Rothéneuf
Je n’étais allée qu’une seule fois sur le site des Rochers Sculptés, malgré de très nombreux séjours à Saint Malo depuis mon enfance (mes grands-parents y habitaient). C’était il y a une dizaine d’années. Les enfants étaient encore petits et je n’avais sans doute pas vraiment pu profiter des lieux. Nous étions ce jour-là avec Melle 3e sur Saint Malo, et passions par Rothéneuf pour rentrer. Sur un coup de tête, nous avons bifurqué vers le site des Rochers Sculptés. Situé dans une impasse au bout d’un dédale de petites rues étroites, il s’agit de ne pas tourner au mauvais endroit.
Le point de vue en arrivant sur le site des Rochers Sculptés
Le site en lui-même n’est pas très grand. Sur la pente de granit descendant vers la mer, l’abbé Fouré a passé environ treize ans, de 1894 à 1907, à sculpter personnages et créatures. Atteint de surdité, il avait été contraint de se retirer du service paroissial et avait été installé à Rothéneuf, à quelques kilomètres de Saint Malo. Là, il se met à sculpter le bois d’une part et les rochers d’autre part. Son art est rattaché à l’art brut (comme par exemple le Palais Idéal du Facteur Cheval). En effet, l’abbé Fouré n’avait aucune formation artistique préalable. Sous son marteau et son burin, ce sont 300 statues qui vont prendre forme dans les rochers.
Les Rochers Sculptés de Rothéneuf
On a longtemps voulu voir dans les rochers sculptés l’illustration des légendes locales et d’histoires de contrebandiers mythiques. Mais, de récentes recherches mettent à mal cette hypothèse. S’appuyant sur un petit ouvrage rédigé par l’abbé Fouré ainsi que sur des articles parus de son vivant, il semblerait que ce soit plutôt les thèmes d’actualité qui l’ont inspiré, comme par exemple la guerre du Transvaal ou les colonies. Le mieux pour découvrir l’œuvre colossale de l’abbé Fouré est de venir à marée basse. Il est alors possible de descendre sur la plage en contrebas pour avoir une vision complète des sculptures. Bien entendu, un petit sentier sinuant entre les sculptures permet de mieux en apprécier les détails.
Marée basse au pied des rochers sculptés
(*) Le site des Rochers Sculptés est privé. L’accès est payant (5 € pour les adultes, 3 € pour les enfants lors de notre visite), mais le parking est gratuit. Les horaires sont plutôt larges. Nous y avons passé entre 30 et 45 minutes. ATTENTION : le site est très escarpé, dans un terrain rocheux. Il n’est pas accessible aux poussettes ou aux fauteuils roulants, en dehors d’un belvédère en haut du site mais qui ne permet pas de voir les sculptures. S’il pleut, le terrain peut devenir très glissant. Il convient aussi d’être particulièrement vigilant avec les enfants en raison du risque de chute.
Flâner de librairie en librairie à Bécherel, village du livre
Il y a quelques mois, Melle 3e m’avait demandé si Bécherel était loin de la maison familiale en Bretagne. Je lui avais répondu que non et que nous y étions même déjà allés, il y a une petite dizaine d’années. Au début de notre séjour breton cet été, une journée s’annonçait très grise et ne permettait pas d’envisager une sortie en pleine nature sereinement. J’ai donc proposé à Melle 3e d’aller faire un tour à Bécherel. Si vous ne connaissez pas, Bécherel est une petite cité de caractère, mais c’est surtout un village du livre. C’est en 1987 qu’un groupe de libraires décide d’investir les commerces désertés du village sur le modèle de Hay-on-Wye au Pays de Galles ou de Redu en Belgique. Bécherel est ainsi le 3e village du livre à avoir été créé en Europe.
Après les anciens commerces, ce sont des maisons qui sont devenues librairies
Connaissant notre passion partagée pour les livres, il aurait été irréaliste de penser que le tour allait être rapide. Effectivement, nous aurons passé plus de 4 heures à aller de librairie en librairie. Nous ne cherchions pas d’ouvrage en particulier, ni de thématique précise. La plupart des librairies proposent essentiellement des ouvrages d’occasion, qu’ils soient anciens ou récents. Nous avons littéralement flâné d’une boutique à l’autre, feuilletant les livres qui nous faisaient de l’œil (y compris des ouvrages rares qui étaient carrément en dehors de notre budget). Bien entendu, nous ne sommes pas reparties les mains vides. A nous deux, nous avons acheté une vingtaine de livres, souvent un peu anciens ou peu faciles à trouver.
« Les pensées sortent des livres »
Nous n’avons pas fait que trainer dans les librairies. Nous avons aussi pris un rafraichissement dans une libraire salon de thé, qui installe une petite terrasse sur la place du village. Et nous avons repris des forces dans le joli salon de thé qui propose une carte de boissons assez chouette et de bonnes pâtisseries maison (et en clin d’oeil, le sucrier qui était sur notre table provenait de la poterie des grottes à Dieulefit, devenu depuis un café galerie d’art).
Bécherel – cité du livre
(*) Chaque librairie gère ses jours et horaires d’ouverture de façon indépendante, mais elles sont généralement ouvertes le dimanche. Chacune a sa thématique ou sa spécialité de prédilection, mais plusieurs sont très généralistes ou possèdent des rayons sur différentes thématiques. La plupart des librairies acceptent maintenant la carte bancaire mais avec un montant minimum. Le seul distributeur de billets du village est à l’intérieur de la supérette et donc soumis aux horaires d’ouverture de celle-ci. Si vous n’avez pas prévu avant de venir, il faudra aller à Tinténiac à dizaine de kilomètres pour trouver une banque. A noter : C’est plutôt une activité pour ceux qui sont passionnés de livres et de librairies… Les autres risquent de trouver cela un peu pénible !
Changer de point de vue sur Saint Servan
La dernière fois que nous étions allés à Saint Servan, nous avions fait le tour de la cité d’Aleth. Cette fois, nous sommes restés au niveau du port Solidor en profitant de la marée basse. La balade est simple : on descend sur la plage Solidor et on traverse le mouillage jusqu’au bord de l’eau, puis on contourne la Tour Solidor par son côté « mer ». Il n’y a pas vraiment de difficulté, si ce n’est qu’il faut faire attention aux chaînes des bouées de mouillage et à là où on pose les pieds sur les rochers. Ce n’est cependant pas de l’escalade si on reste au pied du rocher de la tour. (Melle 3e a par contre testé pour nous l’escalade du rocher jusqu’au pied de la Tour d’un côté et jusqu’à l’entrée des jardins de l’autre : c’est faisable). La récompense, ce sont des vues inhabituelles sur Saint Servan, le barrage de la Rance et ses environs et la Tour Solidor (que l’on peut compléter par une crêpe dans l’une des crêperies du port).
au pied de la Tour Solidorbalade à Saint Servan, autour du port Solidor
Se balader à Cancale
Cancale, c’est LA promenade type des vacances, quelle que soit la saison, quelle que soit la météo. L’itinéraire varie essentiellement en fonction de la marée et nous fait emprunter soit le GR34 si la mer est haute, soit passer sur la plage et la grève si c’est dégagé. Cette fois, j’y suis allée avec Melle 3e et une de mes nièces. La mer était basse, et nous avons pu profiter de la plage et des rochers. Nous avons ramassé quelques coquillages, regardé les ostréiculteurs s’affairant dans les parcs à huitres, aperçu le Mont Saint Michel. Nous avions aussi quelques achats à faire sur le port (cartes postales, conserves de poisson… ). Enfin, nous avons pris un goûter à emporter (glaces pour les unes, crêpe pour l’autre) afin de le déguster face à la mer en regardant les goélands se chamailler pour de la nourriture.
Prendre son temps dans les rochers, profiter du soleilMarée basse sur le port de Cancale et sur les parcs à huitres.
Ille-et-Vilaine – juillet/août 2025
Si vous cherchez d’autres idées de sorties autour de Saint Malo, je peux aussi vous proposer :
Le mois de septembre est aussi celui de la rentrée scolaire. Le projet 52 nous emmène donc assez logiquement sur la trace de nos souvenirs d’école. Si ce thème peut sembler simple, j’ai eu un peu de mal à le mettre en image. En effet, j’avais quelques idées mais je n’avais pas sous la main ce qu’il fallait. J’avais pensé à un sac de billes, souvenir de la cour de récré, ou au texte de la pièce de théâtre que nous avions écrite en CM2 pour la fête de Noël (mais où peut-il donc bien être passé ?). J’avais aussi des idées que j’avais déjà utilisées : une copie, une ardoise… et que je ne voulais pas reprendre. J’ai assez vite pensé à des vieux manuels. J’en ai en effet quelques-uns que je chine et récupère à droite et à gauche. Mais ce n’aurait pas alors été « mon » souvenir d’école. De fil en aiguille, j’ai repensé à mon Gaffiot, le dictionnaire de latin. J’ai toujours le mien, acheté après quelques mois en classe de seconde, à la fin des années 1980, et qui a servi de pilier à ma mise à niveau en latin. J’avais en effet commencé le latin en 4e comme mes autres camarades de classe, mais pas dans les mêmes conditions (mon collège était en ZEP rurale, le leur en centre ville). Mes cours de latin au collège étaient essentiellement axés sur la culture et l’histoire, et j’avais un sérieux décalage de niveau en grammaire et vocabulaire à l’arrivée en seconde. Avec du travail, j’ai rapidement récupéré la différence de niveau, et j’ai continué l’étude du latin jusqu’en terminale avec bonheur. Aujourd’hui, il sert épisodiquement à Melle 3e qui fait du latin dans le cadre de ses études, même si elle lui préfère la version abrégée en poche (qui n’existait pas à mon époque), nettement plus agréable à utiliser et transporter.
Pour découvrir les souvenirs d’école des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
Entre ma journée à Chaumont et ma journée dans la Dombes, je suis passée par le Jura. J’en ai profité pour découvrir deux sites emblématiques de l’arc jurassien. Depuis longtemps, je souhaitais visiter la saline royale d’Arc et Senans (située dans le département du Doubs) et le village abbaye de Baume les Messieurs. En regardant le trajet à parcourir, je m’étais aperçue que ça ne me ferait pas un gros détour et j’avais justement une journée de libre. Je suis partie tôt de Chaumont dans l’idée de visiter dès le matin la saline afin d’éviter le gros de la chaleur, puis je suis allée chercher un peu de fraîcheur vers Baume les Messieurs.
Dans le Jura, à la sortie du village de Baume les Messieurs
La Saline Royale à Arc et Senans
Une utopie sociale
Depuis mes cours de philosophie de terminale, je suis très intéressée par les utopies sociales et leurs mises en œuvre qui ont fleuri au fil du XIXe siècle pendant la période de forte industrialisation. Mais déjà avant le XIXe siècle, certains penseurs avaient posés les prémices de ces utopies sociales. Parmi eux, on trouve Claude-Nicolas Ledoux, l’architecte de la saline royale. A la fin du XVIIIe siècle, il a imaginé un lieu où travail et vie personnelle seraient mêlés. La construction de la saline entre 1774 et 1779 se fait dans l’immense forêt de Chaux sur un site où il n’y a préalablement rien. Il s’agit de construire d’immenses fours à proximité des sources de bois, pour permettre d’extraire le sel contenu dans les eaux saumurés extraites du site de Salins à une vingtaine de kilomètres et envoyées via un saumoduc.
Le bâtiment d’entrée de la saline royale d’Arc et Senans
Le projet de Claude-Nicolas Ledoux prévoit bien entendu les immenses bâtiments de travail. Leur architecture néoclassique s’impose dès le bâtiment d’accès avec son immense portique, sa fausse grotte et surtout ses motifs décoratifs représentants des sources desquelles coule le sel. Ce motif décoratif est d’ailleurs répété sur l’ensemble des bâtiments. Une fois le portail d’entrée passé, on prend toute l’ampleur du projet de Ledoux : un demi-cercle de 370 mètres de diamètre est entouré de l’ensemble des bâtiments. Au fond, face au visiteur qui entre, la maison du directeur domine le site avec ses impressionnantes colonnes doriques. Autour, on trouve à la fois les bâtiments de travail, des bâtiments communs et les logements des ouvriers.
La maison du directeur et ses colonnes doriques
Emprisonné lors de la Révolution, Ledoux continuera à élaborer son projet de cité idéale de Chaux. Le cercle serait alors complété avec des habitations dont chacune disposerait d’un petit jardin pour y faire pousser ses légumes. Cela aurait à la fois permis d’occuper les ouvriers en dehors de leur temps de travail (avec l’idée que s’ils sont en train de faire le potager, ils ne sont pas à la taverne) et de participer à les nourrir. Ce principe sera ultérieurement repris dans les cités industrielles, en particulier dans les corons du Nord de la France.
Points de vue sur la maison du directeur
La complétion du cercle
En 2019, un projet a été lancé afin de fermer le cercle imaginé par Ledoux. Il ne s’agit plus de construire des logements mais de créer un espace vert. Aujourd’hui, ce Cercle Immense accueille une vingtaine de jardins imaginés par des paysagistes (un peu comme au château de Chaumont en bord de Loire), mais aussi une mare peuplée de grenouilles, un champ de céréales anciennes, quelques rangées de vignes et un potager dont la production est valorisée par le restaurant du site. De même tout autour des bâtiments, un cercle a été planté de différents jardins paysagers depuis longtemps. Il faisait très chaud le jour où j’y étais et j’ai particulièrement apprécié la fraîcheur du jardin de fougères.
Les brumisateurs du jardin de fougères apportaient une touche rafraichissante dans la chaleur estivale
Le site de Baume les Messieurs
Une abbaye devenue l’un des plus beaux villages de France
Après la visite de la saline royale d’Arc et Senans, je me suis enfoncée dans le Jura. J’ai pris la direction du village de Baume les Messieurs. En chemin, j’ai traversé de très beaux paysages, en particulier les vignobles du vin jaune autour d’Arbois. J’ai aussi vu pas mal de vaches dans les champs de cette région productrice du Comté. Je ne m’y suis toutefois pas attardée car je tenais à avoir le temps de profiter de Baume les Messieurs avant de redescendre dans l’Ain. Le village s’est développé autour d’une abbaye bénédictine, fille de l’abbaye bourguignonne de Cluny. Arrivée à l’heure du déjeuner, j’ai laissé ma voiture sur l’un des parkings extérieurs au village et j’ai traversé la petite rivière avant de trouver de quoi manger et un coin d’ombre.
Sous le soleil dans le village de Baume les Messieurs
Le village est maintenant classé à la fois comme petite cité de caractère et comme l’un des plus beaux villages de France. Il faut dire qu’il ne manque pas de charme, bordé de vieilles maisons et dominé par l’abbaye Saint Pierre. L’église abbatiale est devenue église paroissiale, tandis que les anciens bâtiments conventuels abritent logements, salles d’expositions et boutiques de créateurs au fil des différentes cours.
L’abbaye Saint Pierre de Baume les Messieurs : façade dans l’une des cours, architecture minimaliste de l’église romane originelle, et magnificence du retable en bois sculpté
Une petite randonnée pour aller voir la cascade
Situé au fond d’une reculée du massif du Jura, le village de Baume les Messieurs est aussi connu pour sa cascade de tuf et ses grottes (que je n’aurai pas le temps d’aller visiter cette fois). Du village à la cascade, il y a environ 2 kilomètres et demi. C’était l’occasion parfaite pour une petite randonnée (il est aussi possible de s’approcher du site en voiture). Il y a un chemin qui long le bas des falaises et la rivière en sous-bois à partir de la petite chapelle au lieu-dit la Roche. Il est aussi possible d’y aller en longeant la route. J’ai fait ce second choix car je n’avais que des sandales et aucune chaussure adaptée à la nature du chemin. Les paysages sont grandioses et m’ont rappelé ceux du Vercors (avec qui le Jura partage des caractéristiques géologiques).
Sur la route en direction de la cascade
Arrivée à la cascade et même si le débit était faible, il m’a été impossible de ne pas être impressionnée. La concrétion de tuf est immense. J’ai passé un long moment à l’admirer et à profiter de la fraicheur au bord de l’eau. J’ai aussi acheté un rafraichissement à la buvette située à proximité car je n’avais pas prévu ce qu’il fallait. Là, assise face à la cascade, j’ai juste contemplé l’œuvre de la nature. Puis, j’en ai fait le tour, ou du moins tout ce qu’il était possible d’en faire, avant de repartir en direction du village. J’ai juste pris le temps de retourner au bord de la rivière avant de reprendre la route, histoire de plonger mes pieds dans l’eau délicieusement froide.
J’ai trouvé que la cascade de tuf de Baume les Messieurs avait une tête de YorkshireEn revenant vers le village, il y avait de jolis points de vue sur l’abbayeLe bonheur de mettre les pieds dans l’eau glacée au pied du petit pont après avoir marché par une chaude journée d’été est indescriptible
Arc et Senans – Doubs Baume les Messieurs – Jura Juillet 2025
A noter : ces deux visites éclairs sont uniquement un très bref aperçu d’une région qui a l’air vraiment magnifique. Tout au long de la journée, quand j’étais sur la route, j’ai aperçu des sites qui avaient l’air très beaux et intéressants à découvrir. Je n’avais pas le temps de m’y arrêter et j’ai donc fait le choix de rester sur mon programme initial. Ce programme avait été fait par rapport à deux lieux dont j’avais beaucoup entendu parler et que je souhaitais vraiment voir. Mais j’ai bien noté que cette région est superbe et mérite très certainement que j’y retourne.
Cette semaine, le projet 52 nous emmène au spectacle en nous proposant de montrer (ou de monter ?) sur scène. J’ai donc eu envie de vous parler des spectacles vus cet été. Ca a commencé par Le Barbier de Séville à Grignan dont je vous ai déjà parlé. Un peu plus tard dans l’été, il y a eu Rêve de Lune au Mont Saint Michel, mais il n’y avait pas de concert le soir où nous y étions. La semaine dernière, je suis allée voir le Souffle du Nord, un son et lumière monté par une équipe associative à côté de chez moi. Mais au milieu de tout cela, il y a eu l’Ecosse et plusieurs occasions de spectacles. Nous étions à Edimbourg en plein pendant le Fringe (soit le plus grand festival artistique au monde !). Partout dans la ville, on trouve des spectacles tout au long de la journée : en plein air dans la rue ou les parcs, dans les pubs, dans les centres culturels, et bien entendu dans les salles de spectacles. Nous avons profité des spectacles de rue mais sommes aussi allées voir un spectacle dans une salle. Je vous en reparlerai.
Finalement, pour illustrer « sur scène », j’ai choisi un autre moment écossais. Un samedi soir, dans la petite ville de Portree sur l’île de Skye, nous sommes passées à la tombée de la nuit devant un pub. Et le son qui en sortait nous a donné envie d’entrer. Là, comme dans de très nombreux pubs un peu partout en Ecosse le week-end, un groupe jouait de la musique. L’ambiance était chaleureuse. Nous sommes restées à écouter, mais aussi à regarder les gens rire et partager un bon moment, une pinte à la main. The Mad Ferret, le groupe sur scène, était un duo folk écossais plein d’énergie. Devant il y avait un espace où danser et alors que la soirée débutait, je voyais déjà les pieds de certains les démanger avec l’envie de lancer les danses du ceilidh.
Pour découvrir comment les autres participants nous invitent sur scène, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
Quand, avec Melle 3e, nous avons appris qu’une exposition de grande envergure autour du peintre Cezanne allait avoir lieu à Aix en Provence, nous avons tout de suite cherché à quel moment nous pourrions y aller. Entre mon travail et son planning estival chargé, nous avons repéré un lundi de juillet. Nous avons alors aussitôt réservé nos places pour l’exposition, en choisissant un créneau matinal pour avoir le temps d’en profiter. Elle m’a alors parlé de l’atelier de Cezanne pour le visiter aussi. Là, on s’est mal comprises : elle parlait du dernier atelier du peintre, aux Lauves, tandis que je pensais à son premier atelier au Jas de Bouffan. J’ai donc réservé une visite au Jas de Bouffan pour l’après-midi. Il restait juste à trouver un hôtel le dimanche soir et prévenir Mr 1er (qui habite à Aix) pour partager un moment avec lui. Nous étions prêtes à partir dans les pas de Cezanne à Aix en Provence !
La bastide du Jas de Bouffan, maison de famille de Paul Cezanne
Cezanne au Jas de Bouffan, une exposition au Musée Granet
Melle 3e et moi avons appris chacune de notre côté la tenue de l’exposition consacrée à Cezanne au Musée Granet d’Aix. C’est en constatant que les nombreux prêts exceptionnels du Musée d’Orsay au Musée de Valence étaient habituellement localisés au Musée Granet que j’ai cherché pour quelle raison ils étaient déplacés temporairement. Quant à Melle 3e, elle l’a appris par son professeur d’histoire de l’art. Une telle exposition à 2 heures de route de la maison, nous ne pouvions pas la manquer.
En apercevant ce tableau, j’ai eu l’impression de l’avoir déjà vu alors qu’il ne fait pas partie des tableaux célèbres de Cezanne. En lisant les informations, j’ai compris que je l’avais en effet sans doute déjà vu car il est habituellement exposé au Musée des Beaux-Arts de Montréal.
Intitulée Cezanne au Jas de Bouffan, l’exposition s’intéresse donc aux années aixoises du peintre. Issu d’une famille qui s’est embourgeoisée après le succès du père de Paul en affaires, le peintre commence sa formation à l’école municipale de dessin, dans les locaux de l’actuel Musée Granet. Paul a 21 ans quand son père achète la bastide du Jas de Bouffan. L’artiste y fera nombreuses expérimentations, peignant directement sur les murs ou utilisant ses toiles recto verso. Il fera ensuite des allers retours à Paris où il rencontre Camille Pissaro qui l’initiera à la lumière. Les toiles de Cezanne prennent alors une autre tournure, moins sombre, plus délicate. Aix reste son point d’ancrage et il y passe la plus grande partie de son temps. Le Jas de Bouffan l’inspire et est très souvent représenté dans ses tableaux. De là, il voit la montagne de la Sainte Victoire qui devient également un de ses sujets de prédilection. Il fait également des portraits des habitants du Jas ou des amis de passage.
Maison et ferme du Jas de Bouffan, tableau de Paul Cezanne qui a servi pour l’affiche de l’exposition
J’ai vraiment apprécié cette exposition dont la progression est très lisible, des premiers essais de Cezanne aux tableaux de sa fin de vie. La présentation chronologique s’entremêle avec une présentation plus thématique, mettant en avant les récurrences dans l’œuvre du peintre. Dans les natures mortes, on retrouve les mêmes objets comme le pot à olives vert ou le pot à gingembre bleu. Plusieurs tableaux présentent des compositions similaires tout en étant réalisés dans des styles différents comme dans les différentes versions des baigneurs et baigneuses ou celles de la partie de cartes. Les cartels et outils de médiation sont très clairs et apportent des éléments de compréhension sur le vie du peintre et son travail, même pour ceux qui découvrent l’artiste. Enfin, c’est l’occasion de voir des œuvres de Cezanne habituellement éparpillées dans les musées du monde entier (Canada, Etats-Unis, Japon, différents pays européens) mais aussi dans des collections privées. Ce sont plus de 130 œuvres de Paul Cezanne qui sont exposées sur les murs du Musée Granet, pour un plaisir visuel indéniable.
La Maison du Jas de Bouffan, peinture de Paul Cezanne Mon plus gros coup de cœur parmi les œuvres présentées.jardin du Jas de BouffanBaigneuses et baigneursJoueurs de CartesTableaux de Paul Cezanne
La bastide du Jas de Bouffan, lieu de création
Après avoir un peu flâné en ville, et déjeuné à l’ombre de grands platanes sur une petite place, nous sommes parties pour la bastide du Jas de Bouffan. Heureusement que nous avions prévu un peu de marge avant le rendez-vous pour notre visite guidée car le GPS de la voiture nous a mal dirigées (nous avons pu nous retrouver avec l’aide de Google Maps..), et une fois sur place, nous avons constaté l’absence de stationnement proche. Coup de chance, en nous éloignant un peu, nous avons trouvé une (vraie) place dans une petite rue du quartier. Après la vérification de nos billets d’entrée, nous avons pu découvrir le jardin. Et là, c’était littéralement comme pénétrer dans un tableau de Cezanne. Après avoir vu le matin ses représentations des lieux, c’était vraiment chouette de les découvrir en vrai. En plus, un peu partout dans le parc, des chevalets ont été disposés avec des reproductions des tableaux devant l’emplacement représenté.
Découvrir la réalité des lieux représentés par Cezanne
A l’heure dite, notre guide est venue nous chercher au point de rendez-vous. Elle a commencé par nous donner quelques consignes car la maison est encore en chantier. Nous avons d’ailleurs croisé des ouvriers lors de la visite. Toutes les pièces ne sont pas sécurisées et les lieux sont exigus. Sans être inintéressante, la visite de la bastide n’est pas non plus exceptionnelle (du moins à ce jour alors que les travaux de restauration ne sont pas achevés). J’ai malgré tout trouvé intéressant de voir le grand salon dont Paul Cezanne avait décoré les murs à même le plâtre. Ces « fresques » ont ensuite été en partie vendues à la découpe quand la maison a changé de propriétaires. Nous en avions vu quelques morceaux le matin, et les découvrir projetées à leur emplacement réel était intéressant. Parmi les autres pièces visitées, il y la cuisine provençale restaurée dans son état du XVIIIe siècle (avant donc l’achat de la bastide par les Cezanne), et la chambre de Léda, dont les décors de gypserie ont inspiré Paul Cezanne. Enfin, la visite se termine par l’atelier que le père de Paul Cezanne lui avait fait installer au dernier étage avec son immense verrière.
On voit bien la verrière de l’atelier du peintre au dernier étage
Après cela, nous avons pris le temps de nous balader dans le jardin. C’est la partie de notre visite à la bastide du Jas de Bouffan que j’ai préféré. Là, tout rappelle les tableaux de Paul Cezanne : le bassin devant l’orangerie, les fontaines qui le bordent, les grands arbres. Les différences les plus notables avec l’état à la fin du XIXe siècle sont que les platanes ont remplacé les marronniers dans l’allée. Par ailleurs, on ne voit plus la Sainte Victoire depuis le jardin, entre la végétation qui a poussé et l’urbanisation de ce qui était alors la pleine campagne et est devenu un quartier d’Aix à part entière.
Les abords du bassin à la bastide du Jas de Bouffan
Informations pratiques
Cezanne 2025
L’exposition Cezanne au Jas de Bouffan se tient jusqu’au 12 octobre 2025 au Musée Granet (place Saint Jean de Malte, dans le quartier Richelieu). Côté temps de visite, nous avons passé plus de 2 heures dans l’exposition. C’est sans doute plus que la majorité des visiteurs car Melle 3e prend des notes (nous nous sommes fait beaucoup dépassées…).
Précision sur l’estimation du temps de visite: Ayant vraiment apprécié l’exposition, j’y suis retournée fin août avec Mr 1er. Nous avons parcouru l’exposition un peu plus rapidement car il ne prend pas de notes, ne lit pas tous les cartels et que pour ma part, j’avais déjà lu l’ensemble des textes. Nous avons mis un peu moins d’1h30. Cela me semble être le temps raisonnable à prévoir, et je ne pense pas qu’on puisse vraiment profiter de l’exposition en moins d’une heure.
Attention : le dispositif de sécurité à l’entrée du musée est impressionnant. Il n’est pas autorisé d’entrer dans l’exposition avec un sac trop volumineux, un sac à dos même de petite taille ou un sac à main qui ne peut pas se porter en bandoulière devant soi. Une consigne est disponible sur place. Il faut aussi prévoir d’arriver en avance par rapport à son créneau horaire pour passer la sécurité tranquillement.
La bastide du Jas de Bouffan (dans le quartier du même nom) est ouverte à la visite guidée uniquement actuellement car elle est encore en chantier de restauration. La visite dure 1 heure à l’intérieur de la maison, mais il est possible de profiter librement du jardin avant et après. A noter : il est interdit de boire à l’intérieur de la maison, mais quand nous y étions (un jour de forte chaleur) il y avait une fontaine d’eau potable (et fraîche) à côté de l’orangerie. Attention, il n’y a pas de stationnement à proximité immédiate de la bastide du Jas de Bouffan. Nous avons eu la chance de trouver une place dans une rue à quelques centaines de mètres, mais j’ai regretté de ne pas avoir pris l’option de venir en bus depuis le centre ville ni même d’avoir fait le trajet à pied (environ 1,5 km depuis la Rotonde).
ATTENTION : pour toutes ces visites, la réservation est obligatoire. Elle peut se faire en ligne via le site cezanne2025 ou à l’accueil de l’office de tourisme d’Aix en Provence (300 avenue Guiseppe Verdi, à côté de la place de la Rotonde). Certains créneaux horaires partent très vite, particulièrement pour les visites à petite capacité de la bastide et de l’atelier. Aussi je vous conseille de réserver dès que vous savez quel jour vous venez.
La fontaine de la Rotonde
Se loger, se restaurer
Hôtel Escaletto(74 Cours Sextius) : Mr 1er habite à Aix en Provence mais son studio est trop petit pour nous accueillir. J’avais donc réservé un hôtel en bordure immédiate du centre piéton ancien d’Aix. Je l’avais choisi en raison de son emplacement, permettant d’aller à pied chez Mr 1er et au musée Granet. En arrivant, j’ai aussi eu la bonne surprise de découvrir que l’hôtel possède un rooftop avec vue sur la Sainte Victoire. J’y ai profité le soir du coucher du soleil et le matin du lever du soleil. Nous y avons par ailleurs très bien dormi.
lever de soleilcoucher du soleilfin de journéeDepuis le rooftop de l’hôtel
Les Fils à Maman(42 rue de la Verrerie) : un restaurant dans une ancienne chapelle à la décoration très vintage, surfant sur la nostalgie des 80’s. A l’entrée, l’effet wahou est garanti. La carte est ludique, mention spéciale pour la planche de tapas à partager. Le choix de cocktails est intéressant.
Quelques idées supplémentaires à Aix en Provence
Dans le cadre de l’année Cezanne, plusieurs lieux proposent des expositions thématiques. Par ailleurs, il est aussi possible de visiter l’atelier des Lauves, dernier atelier de Paul Cezanne qu’il fait lui-même construire (uniquement en visite guidée). Comme nous n’y sommes pas allées cette fois puisque j’ai confondu l’atelier des Lauves et la bastide du Jas de Bouffan, nous en avons noté la visite pour un prochain passage à Aix, tout comme celle des carrières Bibemus.
Le Musée des Tapisseries est situé à côté de la cathédrale dans l’ancien palais épiscopal. J’en ai eu de bons échos mais sans avoir encore l’occasion d’y aller.
L’Hôtel de Caumont accueille des expositions temporaires de grande qualité. Nous y avions vu celle consacrée à Chagall il y a une dizaine d’années et l’an dernier l’exposition sur Mucha. Jusqu’au 5 octobre 2025, c’est Nikki de Saint Phalle qui est exposée.
La Fondation Vasarely permet de découvrir le processus créatif du plasticien dans un véritable show-room de l’art cinétique.
Le centre ville d’Aix est très agréable pour s’y balader. Les rues sont bordées d’anciens hôtels particuliers et les places sont ponctuées de fontaines (Aix vient du latin acqua qui signifie eau). La cathédrale possède un baptistère paléo-chrétien ainsi qu’un cloître remarquable.
Tous les soirs de la semaine dernière, l’association Upidum a joué son spectacle le Souffle du Nord au domaine de Valsoyo, à Upie, pas très loin de chez moi. Il y a deux ans, ils avaient monté le 3e volet de La Légende d’Andarta. Cette fois, c’est un tout nouvel arc narratif qui a été développé. Comme pour Andarta, les scénaristes sont partis d’un fait historique : une violente bataille entre les Cimbres venus du Nord et les Romains en IIe siècle avant notre ère qui a eu lieu dans les environs. La tradition populaire veut même que ce soit de là que vient le nom du quartier Les Batailles à Upie. A partir de là, ils ont imaginé un scénario faisant intervenir une princesse cimbre, un centurion romain pas toujours très futé, un guerrier gaulois, quelques divinités et une créature mythologique. Ce n’est donc pas un récit historique mais une fiction fantastique. Impliquant 160 bénévoles, c’est une grosse production à l’échelle locale. Comme pour Andarta, le texte fait la part belle à l’humour et aux clichés façon Astérix. Le spectacle est familial, l’ambiance conviviale. La soirée commence presque 3 heures avant le début du spectacle avec un village gaulois qui comporte un marché artisanal, une mini ferme, des jeux, des temps de contes, et bien entendu une taverne.
Dans le village gaulois, tous les chemins mènent à Rome. A la taverne, la cervoise est fraiche. Avant le spectacle, les rapaces paradent comme ce Harfang des Neiges (ils viennent du zoo d’Upie). La météo a longtemps fait craindre que le ciel ne nous tombe sur la tête. L’espace scénique est au bord du petit lac de Valsoyo. Les décors, les costumes et la créature fantastique ont tous été conçus par les bénévoles de l’association.
Le souffle du nord Domaine de Valsoyo – Upie – Drôme août 2025
(*) Par souci de transparence, j’ai été invitée par l’association Upidum à ce spectacle (collaboration commerciale non rémunérée). J’avais bien aimé ma soirée à Andarta, et je n’ai donc pas hésité quand ils m’ont proposé de venir découvrir leur nouvelle création. Et je n’ai pas été déçue.
Autant le dire tout de suite, le thème de la semaine pour le projet 52 m’a déboussolée ! J’avoue que je n’ai aucune idée de ce à quoi j’avais bien pu penser en le mettant sur la liste. Cela fait bien longtemps que j’utilise une application sur mon téléphone pour servir de boussole quand j’en ai besoin, ce qui est de toutes façons rares (sauf quand je ne suis pas à la maison et que je veux savoir si j’ai une chance d’avoir un joli point de vue pour le lever ou le coucher du soleil). Je n’ai pas cherché à retrouver la boussole de course d’orientation de Melle 3e (et si ça se trouve, elle l’a de toutes façons emportée avec elle). Alors, j’ai ressorti ma vieille boussole, d’un temps où les smartphones n’existaient pas. Celle-ci n’est pas ma première boussole, qui était d’un modèle beaucoup plus simple et que j’avais eue quand j’étais enfant. Cette boussole, c’était un cadeau lors d’une convention d’entreprise il y a beaucoup d’années (l’entreprise a depuis fusionné et refusionné, changeant plusieurs fois de nom au passage). La photo est sans imagination mais elle m’a permis de m’assurer que ma boussole n’avait pas perdu le nord !
Pour découvrir les boussoles des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
En juillet, j’ai été invitée avec d’autres éclaireurs Partir-Ici.fr par Dombes Tourisme à une journée de découverte de la région. Bien sûr, le programme avait été prévu en tablant sur du beau temps, ce qui est généralement le cas à cette saison de l’année. Mais, pas de chance pour nous, ce samedi là, la météo était à l’orage et c’est sous une pluie battante que nous avons découvert Chatillon sur Chalaronne, obligeant l’office de tourisme à adapter le programme au fil de la journée. Mais il est tout à fait possible de passer une très belle journée dans la Dombes, même quand il pleut !
Le ciel s’assombrit au dessus de Chatillon sur Chalaronne
Préambule : C’est où la Dombes ?
Pour ma part, je sais situer la Dombes depuis que j’avais fait mes stages sur Lyon quand j’étais étudiante. J’avais en effet une copine qui habitait Trévoux, une ville située à la limite de ce secteur de l’Ain, et j’avais eu l’occasion de lui rendre visite chez elle ainsi que de me balader un peu dans le coin. Mais si vous ne connaissez pas encore, c’est une zone qui est entre Lyon et Bourg en Bresse et dont la particularité est d’être couverte d’une multitude d’étangs. Cela en fait un paradis pour les pêcheurs mais aussi pour les ornithologues car de nombreux oiseaux y résident ou s’y arrêtent pendant les migrations. Ce n’est pas très loin de chez moi (environ 2 heures de route depuis Valence), mais je n’avais pas encore pensé à aller explorer par là.
Etang de Quinson
Visiter l’Hôtel Dieu de Châtillon sur Chalaronne et son apothicairerie
La vie en Dombes en 1900
Lors de notre journée dans la Dombes, il était prévu que nous visitions l’apothicairerie de l’ancien Hôtel-Dieu. Si la pluie ne nous a pas épargnés sur le trajet, elle n’a en rien contrarié cette intéressante découverte. A notre arrivée à l’Hôtel-Dieu, nous avons commencé par la visite en autonomie du musée de la vie dans la Dombes au début du XXe siècle. En quelques salles, c’est toute la vie quotidienne des dombistes qui nous est racontée à travers la présentation d’objets du quotidien collectés dans les familles de la région. J’ai eu un coup de cœur pour les coiffes présentées, et en particulier les délicats bonnets de dentelle.
Il y a beaucoup d’hortensias à Chatillon sur Chalaronne car c’est ici qu’il a été acclimatéCoiffes en dentelle de la DombesLa coiffe noire est une coiffe typique de cette région de l’Ain, et était portée pour les jours de fête
La pharmacie de l’Hôtel Dieu
L’apothicairerie, située dans un autre bâtiment de l’ancien Hôtel-Dieu, n’est accessible qu’avec un guide. Il faut dire que les lieux sont fragiles et la collection exceptionnelle. En effet, l’apothicairerie a conservé ses 120 pots en faïence de Meillonnas telle qu’à son ouverture en 1814, ainsi que son meuble d’origine. Celui-ci a été conçu spécialement pour ranger les pots de façon à la fois pratique et esthétique. Dans la pièce, des tiroirs permettent aussi de ranger des plantes séchées entrant dans la composition des remèdes. Enfin, quelques outils de mesure et de fabrication sont également présentés. De l’autre côté du couloir, on trouve la tisanerie. Là, de grands tiroirs organisés pour faciliter l’accès aux plantes les plus courantes servaient à stocker les plantes séchées. On y assemblait des tisanes aux vertus curatives. La pharmacie de l’Hôtel Dieu a cessé ses activités en 1939.
pots et flacons dans les étagères de l’apothicairerieLes étagères vont jusqu’au plafond. Dessous, des placards servent de rangements.Sur les façades des tiroirs, les noms des plantes sont précédés des abréviations RD pour Racine De et FD pour Feuille De
Petit bonus : la visite de la chapelle
Afin de nous faire faire un tour complet des lieux, nous avons pu entrer dans la chapelle. Celle-ci était située entre les salles des hommes et des femmes. L’ensemble était conçu de sorte à permettre aux malades d’assister à la messe depuis leur lit. Chaque salle était en effet séparée de la chapelle par des grilles.
Ce triptyque datant de 1527 n’était pas à l’origine à l’Hôtel Dieu mais il y est conservéLa cour desservait les différents bâtiments de l’Hôtel Dieu. Elle permet aujourd’hui d’accéder à des jardins en visite libre.
(*) Le musée de la vie en Dombes en 1900 est en accès libre aux horaires d’ouverture de l’Hôtel Dieu. L’apothicairerie se visite uniquement en visite guidée. Les informations pratiques sont sur le site internet des musées municipaux.
Suivre une visite guidée pour découvrir Châtillon sur Chalaronne
Après la visite de l’Hôtel-Dieu, nous avons profité d’une accalmie côté pluie pour flâner un peu dans la ville de Chatillon sur Chalaronne, en particulier le long de la rivière et sur les petits ponts. Nous avons ensuite rejoint Diane, qui est guide conférencière, et propose via l’office de tourisme des visites guidées. Celle que nous avons suivie s’appelle Chatillon, regards d’hier et d’aujourd’hui. Diane nous a présenté des vues anciennes des lieux devant lesquels nous nous trouvions afin de constater les différences et de voir l’évolution des commerces dans le bourg au fil depuis la fin du XIXe siècle. Cette visite est aussi une opportunité d’évoquer le passé (et le présent) industriel de Chatillon sur Chalaronne ou encore les liens de la ville avec les courses de chevaux. En 1h30, Diane nous raconte la ville et son développement, mais également ses personnages célèbres (saviez-vous que Saint Vincent de Paul a été le curé de Chatillon sur Chalaronne ?) et ses particularités architecturales.
En visite guidée avec Diane dans les rues de Chatillon sur ChalaronneAu bord de la rivière à Chatillon sur ChalaronneLes rues de Chatillon sur Chalaronne, bordées de maisons à pans de bois et briques et la place du marché avec sa grande halle datant du XVe siècle
(*) La liste des visites guidées, leur dates et leur réservation se fait directement sur le site internet de Dombes Tourisme.
En complément des visites guidées, l’office de tourisme propose aussi Les aventures de Physalis : des pochettes de jeux de piste, l’un dans les rues de Chatillon sur Chalaronne et l’autre autour de l’étang Prêle, proche de la ville. Destinées aux familles (mais bien entendu jouables même sans enfants), les pochettes contiennent tout ce qu’il faut pour jouer et sont en vente à l’accueil de l’office de tourisme (place du champ de foire à Chatillon sur Chalaronne). Nous n’avons pas eu le temps de les essayer mais le matériel proposé donnait envie de jouer !
Les aventures de Physalis, des jeux de piste à faire en famille dans la Dombes
Prendre un cours de dessin en plein air
Parmi les activités originales proposées par Dombes Tourisme, il y a aussi La Dombes se dessine, des cours de dessin en plein air. Guidés pas à pas par Orianne Amiot, l’atelier permet de réaliser un dessin in situ. Au départ, nous devions aller au bord d’un étang (et en profiter pour faire de l’observation ornithologique) mais compte tenu de la météo, l’atelier a été rapatrié dans Chatillon sur Chalaronne, à proximité de la halle afin de pouvoir s’y abriter le cas échéant. C’est donc la perspective de la porte de Villars depuis la place du marché qui était notre sujet. Orianne fournit tout le matériel, et il suffit ensuite de se laisser guider pour démarrer. Petit à petit, on prend confiance et on interprète ce que l’on voit pour le traduire en lignes et en couleurs, toujours sous les conseils bienveillants d’Orianne. A la fin, sur la dizaine de participants que nous étions à l’atelier, il y avait autant de versions très différentes de la même rue vue du même endroit (et personnellement, je trouve cela fascinant). Et si vous vous demandez si vous avez les qualités artistiques nécessaires, arrêtez de vous poser des questions et essayez : avec Orianne, tout devient facile !
La porte de Villars à Chatillon sur Chalaronne : notre sujet de dessin du jourOrianne dessine en même temps que nous pour nous guider en pas à pas.Mon dessin…
(*) La liste des animations « La Dombes se dessine », leur dates et leur réservation se fait directement sur le site internet de Dombes Tourisme.
Se régaler
Aller au marché
La Dombes est une terre de gourmandise. A Chatillon sur Chalaronne, chaque samedi matin, les habitants et vacanciers se pressent sous la grande halle datant du XVe siècle. Là, un marché, reconnu marché d’exception au niveau national, se tient. Plusieurs dizaines de producteurs viennent proposer leurs produits : fruits, légumes, volailles de la Dombes et de Bresse, œufs, charcuteries, pain, pâtisseries, fleurs… Ce marché est une vraie pépite, typiquement le genre d’endroit où j’aime m’approvisionner (et contrairement à beaucoup de marchés, on y est à l’abri de la pluie !)
Le marché du samedi matin à Chatillon sur Chalaronne
Déguster des spécialités locales
Si vous me connaissez un peu, vous savez que je suis toujours curieuse de découvrir les spécialités culinaires locales lorsque je visite une région. Pour cela, nous sommes allés manger au restaurant La Gourmandine. Quand il fait beau, il dispose d’une charmante terrasse au bord de la rivière. Quand la météo est plus contrariante, la salle du restaurant est aussi pleine de cachet, avec ses briques apparentes. La carte fait la part belle aux produits locaux, en particulier le poulet Prince des Dombes ou celui de Bresse, les goujonnettes de carpes, la truite et les grenouilles (n’oublions pas que nous sommes dans une région d’étangs). Pour ma part, j’ai opté pour les grenouilles. C’est un plat que j’aime beaucoup mais que l’on trouve rarement au restaurant. Celles-ci étaient parfaites, cuites juste comme il faut, absolument pas sèches. Et pour le dessert, le moelleux cœur coulant au chocolat est à commander en début de repas, et il est excellent.
La Gourmandine est située dans une maison ancienne à pans de boisAu restaurant : assiette de grenouilles et moelleux au chocolat
(*) Le restaurant La Gourmandine est situé 142 Rue Pasteur à Chatillon sur Chalaronne. Il est recommandé de réserver car l’établissement a une capacité limitée.
Découvrir le savoir faire d’un MOF Chocolatier
Pour nous réconforter face aux aléas météorologiques, l’office de tourisme a demandé à Vincent Durant de nous accueillir, et il a gentiment accepté au pied levé pour notre plus grand bonheur. En effet, Vincent Durant est Meilleur Ouvrier de France chocolatier. De plus, il s’inscrit dans une démarche de promotion des produits locaux en sourçant au maximum ses matières premières dans la région. On trouve ainsi dans ses chocolats du beurre et du piment de Bresse ou encore des graines de tournesols d’un agriculteur de la région. La provenance est d’ailleurs indiquée sur les étiquettes des chocolats dans la boutique. Il cherche en outre à minimiser les kilomètres parcourus par ses emballages (produits donc à proximité) et à les rendre réutilisables. Pour cela, presque tous ses chocolats ont la même forme, celle d’un petit palet. Ainsi, ils peuvent tous prendre place dans les petits plateaux thermoformés empilables spécialement conçus pour Vincent Durant. Même les jolis petites grenouilles en chocolat ont des dimensions adaptés pour s’y insérer. C’est avec beaucoup de générosité que Vincent Durant nous a fait découvrir l’étendue de sa gamme, des chocolats aux associations insolites aux boissons maison (cola et kombucha) en passant par les pralines multicolores à l’enrobage fruité. Et tout était délicieux !
Le beau meuble de style bressan a été réalisé pour Vincent Durant par un artisan local. D’autres meubles de même facture vont suivre pour meubler la boutique. Les confitures étaient tellement tentantes que j’en ai acheté pour ramener à la maison.Les grenouilles et les palets en chocolat de Vincent Durant
(*) La boutique de Vincent Durant se situe 39 rue Etienne Bouillet, dans le centre médiéval de Chatillon sur Chalaronne.
Assister à un spectacle
Lors de cette journée dans la Dombes, j’ai découvert que la région était un territoire très riche en festivals. Je connaissais de réputation celui des Musicales du Parc des Oiseaux qui accueille chaque année de très belles têtes d’affiche. Mais j’ai appris qu’il y avait un festival d’arts du cirque au début de l’été (fin juin/début juillet) et un festival de musique dédié aux cuivres en juillet. Cuivres en Dombes propose une programmation variée avec des évènements allant de l’apéritif musical au concert classique. Ces évènements ont en outre la particularité de se dérouler dans des lieux patrimoniaux majeurs du territoire, par exemple sous la halle de Chatillon que j’ai déjà évoquée. Le soir où j’étais dans la Dombes, le concert aurait dû se dérouler en plein air au domaine du Gouverneur (qui semble magnifique). Le département ayant été placé en alerte orange aux orages, le spectacle a été rapatrié en intérieur à l’hippodrome de Chatillon. Sur place, il était possible de boire un verre et de déguster une planche. J’avais choisi celle dite dombiste et qui proposait des produits à base de poisson d’eau douce. Quant à la programmation du jour, en première partie Heptabrass, un groupe d’anciens élèves de la Haute Ecole de Musique de Genève proposait un programme issu de la musique classique, tandis qu’en seconde partie le groupe australien Hot Potato Band offrait une prestation pleine d’énergie et de bonnes vibrations.
HeptabrassHot Potato BandUne soirée au festival Cuivres en Dombes
(*) Le festival Cuivres en Dombes a lieu chaque année en juillet. Il propose aussi quelques spectacles « hors saison ».
S’il ne pleut pas trop, se balader autour d’un étang
Le lendemain, la météo était plus clémente et j’ai eu envie de profiter un peu des étangs avant de reprendre la route vers la Drôme. Je suis donc allée à l’étang du Plantay car j’avais repéré sur le site internet de Dombes Tourisme une jolie balade à faire. Je n’ai pas été déçue. Entre les points de vue sur la Tour du Plantay (actuellement en cours de restauration), le calme des rives de l’étang seulement troublé par le chant des grenouilles et les oiseaux que j’ai pu observer, j’ai effectivement fait une très belle promenade. Concernant les oiseaux, sans prendre le temps de m’arrêter pour les attendre, j’ai pu voir des foulques, des canards colvert et des hérons. Et en chemin, au bord d’un autre étang, c’est un couple de cigognes qui s’est envolé devant moi.
Au bord de l’étang du Plantay
Un peu plus loin, se recueillir au sanctuaire d’Ars
Toujours sur la route du retour, avant de rejoindre la vallée du Rhône, j’ai fait un arrêt au village d’Ars sur Formans. Il s’agit du village de Saint Jean Marie Vianney, le curé d’Ars. C’est aujourd’hui un lieu de pèlerinage avec plusieurs basiliques, l’une datant de la fin de XIXe siècle et construite par Pierre Bossan (l’architecte de la basilique de Fourvière à Lyon) et l’autre plus récente, en partie souterraine mais ne présentant pas d’intérêt visuel majeur. Malheureusement, je n’avais pas calculé que nous étions un dimanche matin et qu’il ne me serait pas possible de visiter la basilique du XIXe siècle, avec les messes s’y succédant. J’ai tout de même jeté un œil au presbytère, et aux chapelles voisines, ainsi qu’à l’impressionnante lanterne où les pèlerins déposent leurs intentions de prière en allumant une votive.
dans le village du Saint Curé d’Ars
Châtillon sur Chalaronne et la Dombes – Ain – juillet 2025
(*) Bien entendu, ces activités ne sont pas réservées aux jours de pluie et peuvent être réalisées aussi quand il fait beau. J’espère d’ailleurs que lorsque vous irez dans la Dombes, le soleil brillera. Mais si ce n’est pas le cas, on ne s’y ennuie pas !
A noter : J’ai effectué les différentes activités à Châtillon sur Chalaronne (visite de l’Hôtel Dieu, visite guidée, cours de dessin, repas, découverte du chocolatier et concert Cuivres en Dombes) dans le cadre d’une invitation à un instameet par Dombes Tourisme (collaboration commerciale non rémunérée). Les avis et retours d’expérience restent cependant les miens.
Au début de l’été, j’ai passé une journée à Chaumont en Haute Marne. J’y étais essentiellement pour une raison personnelle qui m’a occupée du matin jusqu’en fin d’après-midi. Ne souhaitant pas faire l’aller-retour sur la journée car il y a environ 4 heures de route depuis chez moi, j’ai choisi de rester dormir dans Chaumont le soir. J’en ai profité pour faire un petit tour en ville, très calme en soirée. S’il y a quelques jolis bâtiments, la lumière du soir les laissait trop dans l’ombre pour en prendre de belles photos. J’ai toutefois admiré le point de vue depuis le jardin de l’ancien château médiéval. De là, on aperçoit la côte des Bar qui nous rappelle que nous sommes dans la région de production du Champagne. Et puis, sur la route, j’avais marqué un arrêt au pied de l’immense viaduc de Chaumont, son monument le plus emblématique. Avec ses 50 arches, ses 600 mètres de long et ses 52 mètres de haut permettant à la voie ferrée de traverser un vallon et de gagner la partie haute de la ville, il est difficilement manquable.
Au pied du viaduc de ChaumontVue sur la campagne depuis le jardin médiéval