[Guernesey] que faire en une journée sur l’île ?

J’avais il y a plusieurs années passé une journée à Jersey. J’avais émis l’idée d’y retourner cet été. Mais Melle 3e m’a proposé d’aller plutôt à Guernesey. J’avoue que je ne m’étais jamais posé la question de la possibilité d’y aller pour une seule journée. Alors, j’ai regardé le temps de voyage depuis Saint Malo et les horaires des bateaux. Avec 2 heures de bateau entre Saint Malo et Saint Peter Port, il était tout à fait envisageable de faire un aller/retour dans la même journée tout en ayant du temps sur place. Je dois dire qu’après avoir réservé la traversée, je ne me suis pas trop penchée sur l’organisation de la journée, bien décidée à me laisser porter par ce que je découvrirais sur place.

le port de Saint Peter à Guernesey
Vue sur le port de Saint Peter

Une balade au charme so british à Saint Peter Port

Nous avons pris un bateau qui partait à 7.30 de Saint Malo. Comme il y a une heure de décalage horaire entre Guernesey et la France, nous sommes arrivées à 8.30 heure locale. Le temps de débarquer et de passer les formalités d’entrée au Royaume Uni, nous avons commencé notre journée sur place vers 9.15. La gare maritime est à quelques minutes à pied du centre de Saint Peter Port, la capitale de Guernesey. Tout de suite, j’ai été frappée par l’ambiance très britannique des lieux.

bow window sur une façade victorienne
De nombreuses maisons datent de l’époque victorienne

Je n’avais pas réussi à trouver un créneau horaire disponible pour visiter la maison de Victor Hugo. Nous sommes toutefois allées la voir, et avons pu profiter des jardins librement accessibles. Nous avons admiré la vue sur la mer, et feuilleté les ouvrages de l’écrivain mis à disposition sur les tables du jardin. Nous avons flâné un peu dans le quartier, aux façades victoriennes. Puis, nous avons gagné le sentier côtier pour une petite randonnée.

Hauteville House, maison de Victor Hugo à Guernesey
Depuis le jardin, Hauteville House, la maison de Victor Hugo, semble faite de bric et de broc !
maison victorienne à Guernesey
Les maisons victoriennes bordent les rues et invitent à un voyage dans le passé.

Après notre jolie randonnée (dont je vous parle plus bas), nous nous sommes baladées dans le centre ville de Saint Peter Port. La ville est assez petite, à la taille de l’île. Il y a de jolies rues commerçantes piétonnes. Mais ce qui m’a surtout frappé, ce sont les fleurs sur les façades. Il y a partout des potées de pétunias aux fenêtres. Cela apporte une touche so british et participe grandement au dépaysement. Flâner dans les rues, découvrir les petits parcs, entrer dans les boutiques : cela nous a occupées un moment.

Une randonnée en bord de mer jusqu’à Fermain Bay

En venant à Guernesey, j’avais très envie d’une randonnée (si vous passez régulièrement par ici, cela ne devrait pas trop vous surprendre !). J’avais rapidement jeté un œil au site internet de l’office de tourisme et nous avions récupéré une carte de l’île en descendant du bateau. J’avais choisi de partir sur le sentier côtier. Nous avons rejoint le cliff path, le sentier des falaises, au niveau de Fort George, au dessus de Soldier’s Bay. Dès le départ, les points de vue sur l’île de Herm en face sont splendides.

vue sur Herm depuis Guernesey
En face, l’île de Herm

La côte est assez similaire à la côte bretonne. Les falaises de granit plongent dans l’eau turquoise. Le sentier se glisse le long de la mer, suivant les courbes découpées du bord de l’île. Régulièrement, un banc invite à s’asseoir pour profiter du paysage. C’est à la fois très familier et très différent. On traverse Bluebell Woods, où poussent des tapis de jacinthes des bois (il faut venir au printemps pour les voir en fleurs). Des bornes indiquent les destinations. Notre but, c’est Fermain Bay. Et quand nous arrivons en vue de la baie, nous sommes émerveillées par la couleur de l’eau. Nous descendons au bord de la plage. Là, nous faisons une pause au beach cafe, le café de la plage, avec une pinte de cidre pression. Il est encore un peu trop tôt pour déjeuner mais le menu était alléchant.

Panneau directionnel sur le sentier des falaises à Guernesey
Suivre le bon chemin…
le mouillage de Fermain Bay à Guernesey
Des paysages très similaires à ceux de la côte bretonne
vue sur Fermain Bay à Guernesey
En arrivant à Fermain Bay

(*) Depuis la gare maritime de Saint Peter Port, il faut compter environ 4 km pour arriver à Fermain Bay.

Informations pratiques

  • Comment aller à Guernesey ? Depuis Saint Malo, il y a des ferries quotidiennement ou presque en haute saison. Nous avons traversé avec Condor, qui est une filiale de Brittany Ferries. Il faut compter 2 heures de traversée depuis Saint Malo. D’autres liaisons existent depuis les ports de la Manche (Granville, Barneret, Diélette) assurées par Manche Îles Express.
  • Quelles sont les formalités d’entrée ? Le baillage de Guernesey fait partie du Royaume Uni. Les règles qui s’appliquent à l’entrée de Guernesey sont les mêmes que pour le reste du Royaume Uni. Il faut donc un passeport et un ETA valides (celles que nous avions demandées l’an dernier pour aller en Ecosse étaient encore valides. Sinon, il faut penser à les demander à l’avance). Il y a cependant une exception pour Guernesey : on peut venir sur l’île avec seulement une carte d’identité à condition de faire l’aller-retour dans la journée.
  • On paie avec quoi ? La monnaie locale est la livre sterling. Les pièces et billets en livre sterling du Royaume Uni y sont valides, mais Guernesey a aussi sa propre livre sterling (non valable dans le reste du Royaume Uni). Je n’ai pas fait de change ou retiré d’espèces. La carte bancaire est largement acceptée dans les commerces de l’île. A noter : il n’y a pas de TVA applicable dans le baillage de Guernesey.
dans les rues de Saint Pierre Port à  Guernesey
Dans les rues de Saint Pierre Port

  • On passe combien de temps sur l’île ? Il est tout à fait possible de ne passer qu’une seule journée à Guernesey. J’ai toutefois un peu regretté de ne pas avoir plus de temps sur place. 2 ou 3 jours me semblent plus raisonnables pour pouvoir explorer différents secteurs de l’île. Avec une journée de plus, on peut aussi envisager d’aller sur Serq ou Herm, les autres îles du baillage de Guernesey.
  • On se déplace comment ? Vous l’avez compris, nous n’avons utilisé que nos pieds pour nous déplacer. Le réseau de bus est cependant très développé (nous avons failli revenir en bus de Fermain Bay à Saint Peter Port mais nous l’avons loupé de quelques minutes et le suivant nous faisait attendre plus longtemps que le temps de trajet à pied). Il est possible de venir en voiture (ou en vélo) avec le ferry ou d’en louer. La conduite se fait à gauche comme dans le reste du Royaume Uni. Je ne pense pas que la voiture est l’option que je recommanderais.
port de Saint Pierre à Guernesey
Marée basse à Saint Pierre Port
On devine le château Cornet au fond

  • On peut utiliser notre téléphone ? L’île est bien couverte par le réseau mobile. Les conditions de facturation dépendent de l’opérateur que l’on a. (Par exemple, dans notre cas, en août 2026, c’était inclus dans mon forfait Orange mais pas dans le forfait Free de Melle 3e)
  • Et si on a besoin de recharger un appareil électrique ? Les prises électriques sont les mêmes qu’au Royaume Uni. Il faut donc un adaptateur pour utiliser nos appareils continentaux.
vue sur la mer à Guernesey
Depuis le cliff path

  • On mange et on boit quoi ? On peut trouver un peu de tout à Saint Peter Port, comme dans toutes les villes européennes. Les spécialités de Guernesey sont à base de produits de la mer. J’ai testé la salade de crabe guernesiaise et je me suis régalée. Comme partout au Royaume Uni, il est facile de trouver des propositions végétariennes (et même vegan), clairement indiquées sur les menus.
    Côté boissons, on est au Royaume Uni donc on trouve dans les pubs et cafés de la bière et du cidre à la pression, servis en pinte ou en demie pinte.
    Les pubs, cafés et restaurants sont soumis à des horaires réglementés. Ils ouvrent à 10.00 du lundi au samedi et midi le dimanche. Il y a également des restrictions d’accès dans certains lieux pour les moins de 18 ans. La consommation d’alcool est interdite pour les moins de 18 ans, avec contrôle de la pièce d’identité.
  • On parle quelle langue ? La langue officielle est l’anglais. Je dois cependant avouer que j’ai parfois eu du mal avec l’accent des Guernesiais, qui m’a posé plus de difficulté que celui des Ecossais (peut-être parce qu’on entend plus souvent l’accent écossais que l’accent de Guernesey).
    Certains panneaux sont également en français, qui était la langue officielle jusqu’en 1948. Il s’agit cependant d’un français qui n’a pas évolué exactement comme le français continental.
    Le Guernesiais est la langue historique de Guernesey. Elle est considérée comme sérieusement en danger par l’UNESCO. Il s’agit d’un dialecte issu du normand et proche du gallo (la langue de Basse Bretagne). Le Guernesiais a de nombreuses similitudes aussi avec le Jersiais. Je n’ai pas eu l’occasion d’entendre du Guernesiais dont l’usage est tombé en désuétude. Je sais que ma compréhension du gallo ne permet de comprendre le Jersiais et je suppose donc que j’aurais réussi à comprendre le Guernesiais.
panneau bilingue français/anglais à Guernesey
Certains panneaux sont bilingues


Guernesey – août 2026


(*) Dans cet article, j’évoque la consommation d’alcool (cidre). Je rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il convient de le consommer avec modération.

[Bretagne x Normandie] 4 randonnées avec vue dans la Baie du Mont Saint Michel

Revenir dans ma région d’origine, entre Bretagne et Normandie, c’est avant tout multiplier les occasions de se balader dans la Baie du Mont Saint Michel et ses environs. Je le dis souvent mais cette baie est pour moi un des plus beaux endroits du monde, un de ces lieux qui m’apaisent instantanément. Cet été, le beau temps était de la partie (parfois même un peu trop chaud). Aussi, j’ai pu largement en profiter. J’ai refait des sorties que j’ai souvent faites : le long de la côte à Cancale, sur les falaises au dessus de Carolles, sur les prés salés. Mais j’ai aussi (enfin) fait une traversée de la baie, de la côte normande au Mont Saint Michel. Venez, je vous raconte tout cela !

vue sur le Mont Saint Michel depuis la baie
Au cœur de la baie du Mont Saint Michel

Cancale, une balade tranquille entre plage et rochers

Quelle que soit la saison, la balade à Cancale est devenue une tradition. Vous en trouverez de nombreuses versions au fil des articles du blog. Nous la couplons généralement à quelques achats en ville (en particulier, des épices chez Roellinger), et à un goûter à la crêperie. Selon la météo et la marée, mais aussi en fonction de là où nous trouvons un stationnement, le trajet varie mais il longe toujours la côte. Cette fois, nous avions trouvé à nous garer assez loin vers le haut de la ville. Nous avons récupéré la côte au niveau de la cale du mouillage de l’Abri des Flots. J’avais omis de regarder les horaires de marée avant de partir et je l’ai un peu regretté quand j’ai vu qu’elle était haute (et encore plus quand j’ai mis les pieds dans l’eau : j’aurais bien nagé un peu si j’avais eu mon maillot de bain avec moi).

mouillage à Cancale
Le mouillage de l’Abri des Flots et les rochers des Rimains

Là, nous avons deux choix pour rejoindre le port de la Houle : emprunter le GR34 ou passer par la plage. Nous avons cette fois choisi de passer par la plage, pour pouvoir mettre les pieds dans l’eau, mais aussi pour en profiter pour crapahuter dans les rochers. Melle 3e en a même profité pour faire un peu d’escalade sur la falaise (attention, certaines portions sont friables !). La balade en soi n’est pas très longue mais elle permet de prendre l’air (et la remontée vers le haut de la ville depuis le port permet d’ajouter un peu de « difficulté » !).

personne assise sur des rochers face à la mer
Dans les rochers
bord de mer à Cancale à marée haute
Les pieds dans l’eau…

Carolles, le sentier sur la falaise

Tout comme Cancale, les falaises de Carolles font partie de nos secteurs de balades préférées. Il faut dire que de là-haut, le panorama sur la baie du Mont Saint Michel est exceptionnel. S’il fait beau, l’eau a en plus une couleur paradisiaque. Nous avions les dernières fois fait le tronçon allant de la grande plage de Carolles à la cabane Vauban, et celui de la cabane Vauban au port du Lude. Cette fois, nous choisissons de partir de la cabane de Carolles en direction de celle de Champeaux. L’itinéraire que nous empruntons se faufile sur la falaise. C’est une partie du GR223 (le GR qui longe le Cotentin) qui est bien balisée (en rouge/blanc).

la cabane Vauban de Carolles en bord de mer
La cabane Vauban de Carolles
Les cabanes Vauban sont des petits corps de garde situés sur le littoral et édifiés au XVIIe siècle pour surveiller l’arrivée éventuelle de navires ennemis et prévenir de celle-ci (par des signaux de fumée ou par des feux) de cabane en cabane jusqu’aux capitaineries. Elles seront ensuite utilisés par les douaniers comme postes de surveillance pour traquer les contrebandiers. On en trouve principalement sur les littoraux normands et bretons.

Si le terrain n’est pas montagnard, il n’est pas complètement plat pour autant. Sans être technique, le chemin offre quelques passages en bordure de falaise ainsi que des petites montées (ou descentes selon le sens de parcours) dans les rochers. Il faisait très chaud le jour où nous y étions et le sentier se trouve principalement en plein soleil. Nous n’avons donc fait qu’un petit tronçon d’environ 2 km : de quoi profiter de la vue sur le Mont Saint Michel et sur la côte jusqu’à Granville, mais aussi de la fabuleuse couleur de l’eau.

marcheurs sur la falaise de Carolles-Champeaux
Le sentier se faufile à travers la lande qui couvre la falaise

L’herbu, la baie du Mont Saint Michel côté moutons

Encore un grand classique pour nous avec la balade sur l’herbu (ou prés salés) avec les moutons. Pour moi, ce sont avant tout des souvenirs d’enfance : nous y allions le dimanche aux beaux jours, souvent avec un pique-nique. Cela reste une balade familiale, facilement accessible, et assez modulable en durée pour que nous puissions la faire après un repas de famille par exemple. L’endroit est calme et apaisant. Il y a plusieurs points d’accès dont certains faciles à trouver le long de la route qui va d’Avranches au Mont Saint Michel (si vous passez par là, vous ne pouvez pas les manquer). Je connais aussi quelques autres points d’accès, plus discrets (et sans stationnement à proximité immédiate). Mais peu importe d’où vous partez, le point de vue reste le même : le Mont Saint Michel !

le Mont Saint Michel vu depuis les prés salés
Le Mont Saint Michel depuis l’herbu

Là où je suis allée cet été, nous sommes à plusieurs kilomètres du Mont Saint Michel. Le plus gros avantage, c’est qu’il n’y a personne ou presque. Côté balade, c’est plat (en dehors de quelques « criches », ces entailles creusées par la mer dans l’herbu), et stable tant qu’on reste dans la partie enherbée. La plus grosse difficulté, c’est de savoir d’où vous êtes partis pour revenir au bon endroit (et d’estimer le nombre de kilomètres parcourus à pied durant la promenade). Si vous y allez, essayez de repérer un élément de paysage fixe : un arbre, un bosquet, une pointe rocheuse (ou mettez une épingle GPS sur une application au départ)… Il ne reste plus qu’à profiter. Avec un peu de chance, les moutons seront à proximité. N’allez pas les déranger ou leur faire peur, gardez vos distances mais soyez sereins : ici, il n’y a pas de patous.

fleuve au bord du pré salé avec le Mont Saint Michel au fond
Le pré salé présente peu de risques, à condition de vérifier le coefficient de marée pour s’assurer qu’elle ne viendra pas le recouvrir. Attention par contre aux abords des fleuves : c’est là que se cachent les sables mouvants.

La grande traversée de la baie, la randonnée mythique

Pour terminer notre séjour, nous avons décidé de faire une randonnée mythique : la grande traversée de la baie. Cette sortie, j’en rêvais depuis longtemps mais je n’avais encore jamais réussi à la caser sur des vacances dans la région. Cette fois, je m’y suis prise à l’avance pour réserver et bloquer une date dans une période de grandes marées. J’ai choisi de partir avec Ben pour cette traversée et je ne l’ai pas regretté ! Tout au long de cette longue demie journée, il a su nous apporter plein d’informations utiles sur la baie, son écosystème, son histoire et ses légendes. Il nous a aussi fait profiter de sa connaissance des sables mouvants avec une démonstration, et chacun a pu ensuite en faire l’expérience. J’ai aussi particulièrement apprécié sa bienveillance, et sa sensibilité à la beauté de la baie.

guide dans la baie du Mont Saint Michel
Ben en Baie – guide attesté de la baie du Mont Saint Michel

Nous sommes partis vers 13.30 à pied de Saint Léonard pour rejoindre la pointe du Grouin du Sud environ 1 km plus loin. Là, nous avons gagné l’estran. C’est parti pour presque 7 km pieds nus jusqu’au Mont Saint Michel. Le rythme de marche est soutenu : nous devons terminer l’aller-retour avant l’arrivée de la marée haute. Régulièrement, Ben fait des pauses pour nous expliquer les lieux, toujours de façon très pédagogue. Sa passion pour la baie se sent à chaque fois qu’il en parle. A l’arrivée au Mont Saint Michel, nous avons une grosse demie heure de quartier libre. Nous en profitons pour aller nous chercher une gaufre que nous dégustons assises par terre au pied du Mont. Il est temps de retrouver Ben pour revenir à notre point de départ. Nous sommes de retour à Saint Léonard vers 19.30, après quasiment 16 km de randonnée pieds nus, fatiguées mais heureuses ! Cette randonnée que j’attendais depuis longtemps ne m’a pas déçue et fait à coup sûr partie des plus belles que j’ai pu faire.

sentier avec vue sur le Mont Saint Michel
Entre Saint Léonard et la point du Grouin du Sud
Le Mont Saint Michel
En arrivant au Mont Saint Michel par la baie

Informations pratiques sur la traversée de la baie :
La grande traversée aller/retour fait environ 16 km depuis Saint Léonard. Il y a aussi des départs de Genêts pour une distance similaire. Si la baie est globalement plate (en incluant la remontée sur la pointe rocheuse du Grouin du Sud, nous avons fait environ 40 m de D+), la traversée est quand même assez physique. En effet, marcher pieds nus sur une grande distance ne fait pas partie de nos habitudes et cela sollicite différemment les muscles du pied et de la jambe (si vous n’avez jamais expérimenté de courbatures dans le pied, ça peut être l’occasion). Les franchissements des fleuves demandent également pas mal d’énergie entre l’eau qui peut aller jusqu’à mi-cuisse et le courant à couper sur une distance parfois assez importante.
Il existe d’autres formules de traversées, moins longues : l’aller simple, l’aller-retour à Tombelaine depuis le Mont ou depuis la côte, etc. J’ai noté les possibilités en semi nocturne et cela pourrait bien être un projet pour l’année prochaine.

⚠️ Attention / Sécurité : Pour partir en sécurité sur l’estran entre la côte normande et le Mont Saint Michel, il faut se faire accompagner par un guide attesté. Il s’assure des heures de départ en fonction de celles des marées. Il fait attention au courant et à la profondeur lors de la traversée des fleuves. Et il permet de suivre la bonne direction dans cet environnement avec peu de points de repère, et d’éviter les vasières. Contrairement à une idée répandue, il y a aussi des risques au pied même du Mont Saint Michel. Quand on ne connait pas la baie, on ne s’y aventure pas seul, et quand on connait la baie, on sait qu’il ne faut pas s’y aventurer sans guide !
J’avais choisi de partir pour cette traversée aller/retour avec Ben en Baie. Il y a de nombreux autres guides attestés, indépendants ou en agence. Vous pouvez en trouver la liste sur le site de l’office de tourisme du Mont Saint Michel.

traversée de la baie du Mont Saint Michel
La traversée retour se termine dans une belle lumière


Cancale – Ille et Vilaine
Carolles / Baie du Mont Saint Michel – Manche
Août 2026

[Bretagne] 5 idées pour s’occuper en hiver autour de Rennes et Saint Malo

Cette année encore, je suis allée en Bretagne dans ma famille passer quelques jours pour les fêtes de fin d’année. C’est l’occasion de faire des balades différentes de celles que j’y fais l’été. Cela permet aussi de découvrir les paysages d’une autre façon, avec des teintes différentes. J’ai donc profité de ce séjour pour retourner dans des lieux où je n’étais pas allée depuis longtemps mais aussi pour refaire quelques unes de mes balades favorites. Entre soleil et brouillard, je vous emmène avec moi autour de cinq lieux emblématiques.

herbe givrée
Le froid s’est invité et les matins ont souvent été givrés

A Rennes, flâner au Thabor

J’avais besoin d’aller à Rennes pour faire quelques achats. J’en ai profité pour flâner dans le centre ville, en jetant un œil aux maisons à pans de bois des places du Champ Jacquet et Sainte Anne. C’était aussi l’occasion de me rappeler de bons souvenirs de ma vie d’étudiante car j’avais des amis qui habitaient dans ce quartier, et puis c’était celui de nos sorties du jeudi soir. J’ai d’ailleurs été manger une crêpe à la crêperie Sainte Anne où j’allais déjà à l’époque.

crêpe au caramel
Une crêpe, du caramel et quelques morceaux de pomme, un goût de bonheur

Comme j’étais dans un mood nostalgique, j’ai décidé d’aller faire un tour au Thabor où je n’avais pas mis les pieds depuis quasiment 10 ans. Ce grand jardin public, situé à proximité immédiate du centre ville, faisait partie des endroits où nous allions nous promener étudiants, puis avec les enfants petits lors de nos passages à Rennes. C’est amusant car je l’ai trouvé plus petit que dans mon souvenir. Pourtant, avec sa dizaine d’hectares, il est plus grand que le parc Jouvet de Valence. De l’entrée situé à côté de l’église Saint Melaine, j’ai gagné le jardin à la française après avoir dépassé le kiosque à musique. Puis, j’ai longé les serres et l’orangerie avant de rejoindre le jardin anglais. La cascade n’était pas en eau (et je ne sais pas si c’est à cause de la saison ou si elle n’est plus active du tout). Cela reste malgré tout ma partie préférée du jardin, avec la roseraie au printemps.

A Saint Suliac, se balader en bord de Rance

Cela faisait aussi très longtemps que je n’étais pas allée à Saint Suliac. Ce charmant petit village est situé sur les bords de la Rance maritime. Le fleuve y est en effet soumis aux effets de la marée à cet endroit de l’estuaire. C’était autrefois un village de pêcheurs et les marins partaient jusqu’à Terre Neuve pour la pêche à la morue. Aujourd’hui, il est classé parmi les plus beaux villages de France. Niché autour de son église, il est tourné vers le port et de nombreuses ruettes (la version locale des ruelles) y mènent. Nous nous promenés dans le village, avons visité l’église et son enclos paroissial (ce que l’on ne trouve plus beaucoup en Haute Bretagne), puis sommes descendus sur le port et avons fait un tour sur la grève et la cale. La météo, peu encourageante, nous a poussés à chercher un endroit où prendre le goûter. Et nous sommes ainsi tombés sur un sympathique café librairie où nous nous sommes régalés d’un gâteau maison et d’un thé réconfortant.

une tasse de thé et une part de gâteau
(*) Café Librairie La Renverse, Tiers Lieu le Grand Banc, rue Besnier, 35430 Saint Suliac

A Cancale, admirer le paysage

Cancale fait par contre partie de mes sorties habituelles. Que ce soit en été ou en hiver, il y a forcément une balade à Cancale au programme. Il faut dire que cette petite ville a pas mal d’atouts. Entre le port, les parcs à huitres, la grève, les rochers, le GR34 qui passe sur la falaise et les commerces, il y a de quoi s’occuper sans jamais vraiment refaire la même promenade. Cette fois encore, nous y étions un 24 décembre (il y a plusieurs endroits où je passe des commandes en prévision du réveillon de Noël). Si le soleil brillait, le vent soufflait très fort et était « piquant ». Nous n’avons donc pas trainé plus que de raison dehors. Mais nous avons pu profiter des jolis points de vue sur le port de la Houle, les parcs à huitres et les rochers des Rimains depuis le belvédère.

le monument aux morts de Cancale
Quand j’étais enfant, le monument aux morts de Cancale me faisait penser au Christ du Corcovaldo à Rio dans une version plus modeste

A la Pointe du Grouin, prendre un bol d’air

Nous étions allés l’hiver dernier à la Pointe du Grouin en pleine tempête Enol. Cette année, s’il y avait du vent, au moins nous pouvions avancer. Le paysage était moins épique mais la promenade plus agréable. Nous avons donc profité pendant plus d’une heure de la pointe et de ses points de vue sur la côte. La lumière d’hiver, rasante, donne une dimension particulière aux échancrures rocheuses. La marée était basse, découvrant des morceaux de plage au pied des 40 mètres de falaises. Le courant entre la pointe et l’île des Landes était marqué, et de petits rochers affleuraient aux abords du chenal. La balade, entre landes et mer, offre une diversité de paysages intéressante. Et les récents aménagements la rende facile et très agréable.

balisage du sentier à la pointe du Grouin
J’ai beaucoup aimé le nom du chemin balisé sur la pointe du Grouin

Rappel important : la pointe du Grouin est un milieu naturel fragile qui revit grâce à un laborieux programme de restauration mené depuis plusieurs dizaines d’années. Il est impératif de rester sur les sentiers balisés et de ne pas passer de l’autre côté des petites barrières destinées à protéger le site du piétinement.

A côté du Mont Saint Michel, aller voir les moutons

Note préliminaire : Si je sais que le Mont Saint Michel n’est pas en Bretagne, je sais aussi qu’il n’est qu’à moins d’une vingtaine de kilomètres de la maison de mon enfance, qui elle est bien en Bretagne. Il a toujours fait partie de mon paysage quotidien (on l’aperçoit depuis de nombreux endroits à côté de chez mes parents), et était un lieu de prédilection pour les promenades dominicales (j’ai même appris avec l’auto-école à faire demi-tour sur l’ancienne digue route !). Il a donc pour moi toute sa place dans un article avec des idées de balade dans mon secteur de la Bretagne. Inutile donc de venir en commentaire m’expliquer que le Mont n’est pas breton.

Cette fois, nous n’avons pas eu le temps d’aller dans le Mont Saint Michel. Mais nous sommes allés faire un tour vers l’herbu après avoir fait quelques courses à Pontorson un matin. Nous pensions aller marcher sur la digue du côté du Rivage à Huisnes. En effet, l’endroit est facile d’accès avec un grand parking qui borde une aire de pique-nique et l’on y a une très belle vue sur le Mont Saint Michel. Mais en arrivant, nous avons repéré un champ le long de la route dans lequel il y avait des agneaux. Nous sommes donc revenus à pied sur la voie verte jusqu’au niveau du champ. Et nous avons finalement passé 40 minutes (dans le froid glacial de ce matin d’hiver) à regarder les agneaux sautiller, courir, jouer. Entre amusement et mignonitude, cela va rester un joyeux souvenir de notre fin d’année.

moutons dans un champ avec le Mont Saint Michel en arrière plan
De loin, nous avons aperçu les agneaux dans le champ : une raison suffisante de s’arrêter !


Rennes / Saint Suliac / Cancale – Ille et Vilaine
Huisnes sur Mer – baie du Mont Saint Michel – Manche
Décembre 2025

[Bretagne] 4 idées pour s’occuper par tous les temps autour de Saint Malo

Cet été, j’ai passé deux fois 3 jours en Bretagne dans ma famille comme chaque année. La météo n’a pas toujours été au beau fixe. Nous avons aussi voulu trouver des sorties que nous n’avions pas fait depuis longtemps, même si la traditionnelle promenade à Cancale s’est imposée. Cette année, je me rends compte que nos balades se sont concentrées autour de Saint Malo, sans pour autant être toujours en bord de mer. Si vous cherchez des idées dans ce secteur, celles-ci sont faisables par tous les temps (ou presque).

2 goélands en train de se chamailler pour un bout de pain
Bataille pour un bout de pain

Découvrir un exemple d’art brut aux Rochers Sculptés de Rothéneuf

Je n’étais allée qu’une seule fois sur le site des Rochers Sculptés, malgré de très nombreux séjours à Saint Malo depuis mon enfance (mes grands-parents y habitaient). C’était il y a une dizaine d’années. Les enfants étaient encore petits et je n’avais sans doute pas vraiment pu profiter des lieux. Nous étions ce jour-là avec Melle 3e sur Saint Malo, et passions par Rothéneuf pour rentrer. Sur un coup de tête, nous avons bifurqué vers le site des Rochers Sculptés. Situé dans une impasse au bout d’un dédale de petites rues étroites, il s’agit de ne pas tourner au mauvais endroit.

point de vue sur la mer depuis le site des rochers sculptés de Rothéneuf
Le point de vue en arrivant sur le site des Rochers Sculptés

Le site en lui-même n’est pas très grand. Sur la pente de granit descendant vers la mer, l’abbé Fouré a passé environ treize ans, de 1894 à 1907, à sculpter personnages et créatures. Atteint de surdité, il avait été contraint de se retirer du service paroissial et avait été installé à Rothéneuf, à quelques kilomètres de Saint Malo. Là, il se met à sculpter le bois d’une part et les rochers d’autre part. Son art est rattaché à l’art brut (comme par exemple le Palais Idéal du Facteur Cheval). En effet, l’abbé Fouré n’avait aucune formation artistique préalable. Sous son marteau et son burin, ce sont 300 statues qui vont prendre forme dans les rochers.

On a longtemps voulu voir dans les rochers sculptés l’illustration des légendes locales et d’histoires de contrebandiers mythiques. Mais, de récentes recherches mettent à mal cette hypothèse. S’appuyant sur un petit ouvrage rédigé par l’abbé Fouré ainsi que sur des articles parus de son vivant, il semblerait que ce soit plutôt les thèmes d’actualité qui l’ont inspiré, comme par exemple la guerre du Transvaal ou les colonies. Le mieux pour découvrir l’œuvre colossale de l’abbé Fouré est de venir à marée basse. Il est alors possible de descendre sur la plage en contrebas pour avoir une vision complète des sculptures. Bien entendu, un petit sentier sinuant entre les sculptures permet de mieux en apprécier les détails.

(*) Le site des Rochers Sculptés est privé. L’accès est payant (5 € pour les adultes, 3 € pour les enfants lors de notre visite), mais le parking est gratuit. Les horaires sont plutôt larges. Nous y avons passé entre 30 et 45 minutes.
ATTENTION : le site est très escarpé, dans un terrain rocheux. Il n’est pas accessible aux poussettes ou aux fauteuils roulants, en dehors d’un belvédère en haut du site mais qui ne permet pas de voir les sculptures. S’il pleut, le terrain peut devenir très glissant. Il convient aussi d’être particulièrement vigilant avec les enfants en raison du risque de chute.


Flâner de librairie en librairie à Bécherel, village du livre

Il y a quelques mois, Melle 3e m’avait demandé si Bécherel était loin de la maison familiale en Bretagne. Je lui avais répondu que non et que nous y étions même déjà allés, il y a une petite dizaine d’années. Au début de notre séjour breton cet été, une journée s’annonçait très grise et ne permettait pas d’envisager une sortie en pleine nature sereinement. J’ai donc proposé à Melle 3e d’aller faire un tour à Bécherel. Si vous ne connaissez pas, Bécherel est une petite cité de caractère, mais c’est surtout un village du livre. C’est en 1987 qu’un groupe de libraires décide d’investir les commerces désertés du village sur le modèle de Hay-on-Wye au Pays de Galles ou de Redu en Belgique. Bécherel est ainsi le 3e village du livre à avoir été créé en Europe.

la façade de la librairie La souris des champs à Bécherel
Après les anciens commerces, ce sont des maisons qui sont devenues librairies

Connaissant notre passion partagée pour les livres, il aurait été irréaliste de penser que le tour allait être rapide. Effectivement, nous aurons passé plus de 4 heures à aller de librairie en librairie. Nous ne cherchions pas d’ouvrage en particulier, ni de thématique précise. La plupart des librairies proposent essentiellement des ouvrages d’occasion, qu’ils soient anciens ou récents. Nous avons littéralement flâné d’une boutique à l’autre, feuilletant les livres qui nous faisaient de l’œil (y compris des ouvrages rares qui étaient carrément en dehors de notre budget). Bien entendu, nous ne sommes pas reparties les mains vides. A nous deux, nous avons acheté une vingtaine de livres, souvent un peu anciens ou peu faciles à trouver.

panneau "les pensées sortent des livres" à côté d'un pot de fleurs en forme de livres avec des pensées dedans
« Les pensées sortent des livres »

Nous n’avons pas fait que trainer dans les librairies. Nous avons aussi pris un rafraichissement dans une libraire salon de thé, qui installe une petite terrasse sur la place du village. Et nous avons repris des forces dans le joli salon de thé qui propose une carte de boissons assez chouette et de bonnes pâtisseries maison (et en clin d’oeil, le sucrier qui était sur notre table provenait de la poterie des grottes à Dieulefit, devenu depuis un café galerie d’art).

(*) Chaque librairie gère ses jours et horaires d’ouverture de façon indépendante, mais elles sont généralement ouvertes le dimanche. Chacune a sa thématique ou sa spécialité de prédilection, mais plusieurs sont très généralistes ou possèdent des rayons sur différentes thématiques.
La plupart des librairies acceptent maintenant la carte bancaire mais avec un montant minimum. Le seul distributeur de billets du village est à l’intérieur de la supérette et donc soumis aux horaires d’ouverture de celle-ci. Si vous n’avez pas prévu avant de venir, il faudra aller à Tinténiac à dizaine de kilomètres pour trouver une banque.
A noter : C’est plutôt une activité pour ceux qui sont passionnés de livres et de librairies… Les autres risquent de trouver cela un peu pénible !


Changer de point de vue sur Saint Servan

La dernière fois que nous étions allés à Saint Servan, nous avions fait le tour de la cité d’Aleth. Cette fois, nous sommes restés au niveau du port Solidor en profitant de la marée basse. La balade est simple : on descend sur la plage Solidor et on traverse le mouillage jusqu’au bord de l’eau, puis on contourne la Tour Solidor par son côté « mer ». Il n’y a pas vraiment de difficulté, si ce n’est qu’il faut faire attention aux chaînes des bouées de mouillage et à là où on pose les pieds sur les rochers. Ce n’est cependant pas de l’escalade si on reste au pied du rocher de la tour. (Melle 3e a par contre testé pour nous l’escalade du rocher jusqu’au pied de la Tour d’un côté et jusqu’à l’entrée des jardins de l’autre : c’est faisable). La récompense, ce sont des vues inhabituelles sur Saint Servan, le barrage de la Rance et ses environs et la Tour Solidor (que l’on peut compléter par une crêpe dans l’une des crêperies du port).

Tour Solidor à Saint Malo dans le quartier de Saint Servan
au pied de la Tour Solidor


Se balader à Cancale

Cancale, c’est LA promenade type des vacances, quelle que soit la saison, quelle que soit la météo. L’itinéraire varie essentiellement en fonction de la marée et nous fait emprunter soit le GR34 si la mer est haute, soit passer sur la plage et la grève si c’est dégagé. Cette fois, j’y suis allée avec Melle 3e et une de mes nièces. La mer était basse, et nous avons pu profiter de la plage et des rochers. Nous avons ramassé quelques coquillages, regardé les ostréiculteurs s’affairant dans les parcs à huitres, aperçu le Mont Saint Michel. Nous avions aussi quelques achats à faire sur le port (cartes postales, conserves de poisson… ). Enfin, nous avons pris un goûter à emporter (glaces pour les unes, crêpe pour l’autre) afin de le déguster face à la mer en regardant les goélands se chamailler pour de la nourriture.

falaise de Cancale à marée basse
Prendre son temps dans les rochers, profiter du soleil


Ille-et-Vilaine – juillet/août 2025


Si vous cherchez d’autres idées de sorties autour de Saint Malo, je peux aussi vous proposer :

[Bouches-du-Rhône] un city trip à Marseille

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’étais jamais allée à Marseille alors que j’avais eu l’occasion de plusieurs séjours ou passage dans les environs (Cassis, La Ciotat, Aix en Provence… ). Mr 1er y était allé lors d’un voyage scolaire il y a quelques années. Il a proposé qu’on y aille ensemble car s’il avait visité le MUCEM, il n’avait pas vraiment vu la ville. Nous avons donc convenu de nous y retrouver un week-end de janvier. Nous avons profité d’une journée et demie sur place pour explorer quelques aspects de la cité phocéenne.

vue générale de la ville de Marseille
Vue sur la ville depuis Notre Dame de la Garde

De la gare Saint Charles à Notre Dame de la Garde

Passage par le Vieux Port

Arrivant tous les deux par le train (de deux directions différentes), nous nous sommes retrouvés dans un café à côté de la gare Saint Charles. En sortant sur le parvis de la gare, j’ai été accueillie par Notre Dame de la Garde, la Bonne Mère, qui surplombe le paysage et me faisait face. Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est la topologie de la ville telle que déjà je la devinais. J’imaginais Marseille beaucoup plus plate, et les escaliers de la gare Saint Charles ont vite fait de me faire comprendre le contraire.

Nous sommes ensuite partis poser nos valises à l’hôtel, puis vers le Vieux Port (le tout à pied). Nous avons choisi de commencer notre visite de la ville par prendre un peu de hauteur à Notre Dame de la Garde. Après avoir regardé le chemin pour y aller à pied, et vu le dénivelé, nous avons choisi de prendre le bus (il y a une ligne directe depuis le Vieux Port, très pratique). A la sortie du bus, nous avons fait le tour du sanctuaire, profitant largement des points de vue sur la ville et la mer.

vue générale du port de Marseille
vue sur la rade et le port de Marseille depuis Notre Dame de la Garde
vue générale de la ville de Marseille et des îles du Frioul
Vue sur les îles du Frioul depuis Notre Dame de la Garde

Le sanctuaire de Notre Dame de la Garde

Après avoir profité du paysage, nous sommes entrés dans le sanctuaire de Notre Dame de la Garde. Nous n’avons pas pu entrer dans la crypte où avait lieu une célébration. Par contre, nous sommes entrés dans l’église principale. Je l’ai trouvée plutôt petite une fois à l’intérieur. De l’extérieur un effet de perspective la fait paraître beaucoup plus grande. C’est en partie dû au fait qu’elle est positionnée sur les murs d’un ancien fort. Son décor est très impressionnant, tout en mosaïques dorées, et comportant de très nombreux ex-voto. Ils témoignent des grâces accordées aux fidèles par Notre Dame de la Garde, protectrice de la ville de Marseille et des marins et pêcheurs.

vu extérieure de la basilique Notre Dame de la Garde
La basilique, construite au XIXe siècle, est de style néo-byzantin
vu intérieure de la basilique Notre Dame de la Garde
Les décors intérieurs donnent une lumière particulière
vu extérieure du clocher de la basilique Notre Dame de la Garde
Le clocher est dominé par une statue monumentale de Notre Dame de la Garde portant l’enfant Jésus et faisant face à la mer


Après la découverte de la basilique Notre Dame de la Garde et du panorama depuis son esplanade, nous avons repris le bus direction le Vieux Port. Nous avons mangé rapidement et sommes partis à pied vers le MUCEM que nous souhaitions découvrir.


Un après-midi au MUCEM

Le Fort Saint Jean et le nouveau bâtiment

Comme nous arrivions à pied du Vieux Port, c’est par le Fort Saint Jean, et plus particulièrement la tour du Roi René, que nous sommes entrés dans le MUCEM. Nous avons donc commencé par explorer cet ancien poste de surveillance et de défense du port de Marseille. Arrivés dans la cour basse, nous avons grimpé jusqu’à la place d’Armes du fort par une montée bien raide qui disposait un rail permettant de hisser les canons. Nous avons ensuite poursuivi sur le chemin de ronde et à travers les différents jardins qui agrémentent le site. La vue sur l’entrée du Vieux Port et le chenal est magnifique.

Depuis le chemin de ronde du Fort Saint Jean, vue sur la tour du Roi René, le Fort Saint Nicolas et Notre Dame de la Garde
Depuis le chemin de ronde du Fort Saint Jean, vue sur la tour du Roi René, le Fort Saint Nicolas et Notre Dame de la Garde. La tour du Roi René a été construite au XVe siècle pour défendre l’entrée du port après que les Espagnols ont emporté la chaîne qui la fermait auparavant (et qui se trouve toujours dans la cathédrale de València).
Vue sur le palais du Pharo et le chenal d'entrée du Vieux Port
De l’autre côté du chenal d’entrée dans le Vieux Port se trouve le palais du Pharo
des voiliers sortent du Vieux Port en passant devant la tour du Fanal
Au bout du Fort Saint Jean, la tour du Fanal servait de vigie et de phare : un feu était allumé à son sommet pour guider les bateaux vers le port

Il est temps pour nous de traverser la passerelle au dessus de la darse qui longe le bâtiment J4 du MUCEM. Ce cube, conçu par l’architecte Rudy Ricciotti et inauguré en 2013, se démarque par sa résille en béton devenue sa signature. En traversant la passerelle, on arrive directement sur la terrasse du musée. Aux beaux jours, il doit être très agréable de s’y attarder, protégés du soleil par cette fameuse dentelle de béton.

vue sur le bâtiment J4 du MUCEM et sa résille de béton
Emprunter la passerelle qui relie le Fort Saint Jean au bâtiment J4 du MUCEM
La résille de béton de la terrasse du MUCEM
Véritable signature visuelle du MUCEM, la résille de béton sert d’ombrière à la terrasse faisant face à la mer.

Des expositions aux thématiques variées

Le MUCEM, Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, est l’héritier du Musée National des Arts et Traditions Populaires qui était situé à Paris dont il a hérité des collections. Initié au début des années 2000, le MUCEM a depuis agrandi ses collections en élargissant ses acquisitions aux cultures contemporaines et à l’ensemble du bassin méditerranéen, mais aussi en devenant dépositaire des collections européennes du Musée de l’Homme. Depuis son ouverture, il y a un peu plus de dix ans, le MUCEM propose aux visiteurs des expositions permanentes et temporaires, axées sur les cultures populaires et méditerranéennes.

entrée de l'exposition Méditerranées au MUCEM de Marseille
L’entrée de l’exposition Méditerranées

Avec Mr 1er, nous avons parcouru trois des quatre expositions qui étaient proposées lors de notre visite. Cela nous a déjà pris presque tout l’après-midi, et nous n’avions alors plus le courage de découvrir la quatrième exposition.

  • Méditerranées – exposition permanente : de l’Antiquité à nos jours, en passant par la période coloniale, l’exposition nous entraine à la découverte de l’histoire des civilisations du bassin méditerranéen et des fantasmes qui l’accompagnent. J’ai aimé la façon dont l’exposition transcende les frontières entre art et ethnographie (deux domaines qui ont souvent fait l’objet d’une séparation muséographique).
  • Populaire ? – exposition permanente : A travers différentes thématiques, liées aux techniques utilisées, l’exposition invite à la découverte de la richesse des collections du musée. J’ai aimé que l’exposition mette en valeur à la fois des objets que l’on s’attend à trouver dans un musée et des objets qui nous semblent beaucoup plus simples ou banals, comme les boules à neige.
  • En piste ! – exposition temporaire : Une plongée dans l’univers du cirque, des saltimbanques et du spectacle itinérant qui mêle présentation d’objets et extraits de films dans une scénographie dynamique et colorée. J’ai aimé le joyeux fouillis qui donne une impression de fête et la richesse des éléments présentés.
costumes de clowns
Présentation face catwalk de costumes de scènes de clowns et autres artistes du cirque
Exposition En Piste !
détails d'un meuble peint
Le retour du selfie-musée
Dans un meuble de l’exposition Populaire ?

Du Vieux Port au Pharo

Le long du port

Pour notre deuxième jour (enfin demi jour pour être exact), nous avions comme objectif de nous rendre au Pharo. Nous avons fait le trajet à pied depuis notre hôtel, situé à une dizaine de minutes du Vieux Port. Nous avons donc comme la veille longé le Vieux Port, et j’ai trouvé ce côté du bassin plus agréable. En effet, on trouve sur ce quai plus de bateaux anciens tandis que de l’autre côté, ce sont plutôt les excursionnistes. Nous avons aussi profité d’une terrasse au soleil (timide) de cette fin de matinée hivernale pour une pause café.

bateaux dans le vieux port de Marseille
Un matin d’hiver sur les quais du Vieux Port


Nous avions envisagé de nous arrêter visiter l’abbaye Saint Victor sur le chemin. Mais, nous étions dimanche matin, et une messe était en cours quand nous sommes arrivés. Nous avons donc poursuivi notre balade en pensant nous y arrêter au retour. Ce que nous n’avions pas anticipé, c’est qu’une deuxième messe a lieu une demi-heure après la première. Nous n’avons donc pas visité l’abbaye Saint Victor.


Les jardins du Pharo

La balade aux jardins du Pharo vaut surtout pour le point de vue qu’elle offre sur la ville et la mer. En effet, le palais, construit au XIXe siècle, est aujourd’hui un centre de congrès et ne se visite pas (et les autres bâtiments sont occupés par les services administratifs de l’Université Marseille-Aix). Quant au jardin en lui-même, c’est essentiellement une grande pelouse. Par contre, de nombreux bancs face à la mer permettent d’admirer le Fort Saint Jean ainsi que les allers et venues des bateaux à l’entrée du port, et en particulier sur le chenal du Vieux Port.

le fort Saint Jean de Marseille
Le Fort Saint Jean vu de la rive opposée
l'entrée du vieux port de Marseille
L’entrée du Vieux Port depuis les jardins du Pharo
la sortie du vieux port de Marseille
Regarder les voiliers quitter tranquillement le Vieux Port


Nous avons passé un long moment assis au pied du palais du Pharo à profiter du point de vue, avant de repartir pour récupérer nos valises à l’hôtel et retourner à la gare prendre nos trains respectifs.

A noter : La ville n’a pas été un coup de cœur, en dépit de quelques belles découvertes. Je n’ai pas accroché à l’ambiance générale qui se dégageait des lieux que nous avons parcouru. Si je retourne à Marseille, je pense que j’essaierai de visiter des quartiers moins urbains, d’aller sur les îles du Frioul ou dans les calanques. Notre timing un peu serré ne me l’a pas permis cette fois.


Quelques informations pratiques

Ce que j’ai visité à Marseille

Notre dame de la Garde

  • Si vous souhaitez vous rendre à Notre Dame de la Garde, je vous conseille d’y aller en transports en commun (bus 60 direct depuis le Vieux Port et le MUCEM). Les parkings sont limités en haut et le trajet impose de se faufiler dans les petites rues de la colline. Il est possible de valider un trajet directement dans le bus avec une carte bancaire (un seul voyageur par carte bancaire), d’acheter un ticket avant de monter dans le bus (distributeurs automatiques) ou au conducteur (un peu plus cher).
  • Pour découvrir le sanctuaire, vous pouvez trouver les horaires et conditions de visite de l’église sur le site internet de la basilique Notre Dame de la Garde.

Le MUCEM

  • L’accès au Fort Saint Jean, aux jardins et à la terrasse du MUCEM sont libres.
  • Le billet du MUCEM donne accès à l’ensemble des expositions, permanentes et temporaires. Il y a plusieurs points de billetterie, dans le bâtiment J4 mais aussi dans le Fort Saint Jean, à côté des différentes entrées. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du MUCEM.
  • Le site internet du MUCEM indique une durée de visite estimée pour chaque exposition. Elle est cohérente avec le temps que nous y avons passé.
  • L’exposition En Piste ! est présentée jusqu’au 12 mai 2025.
  • Les expositions Méditerranées et Populaire ? sont annoncées jusqu’au 31 décembre 2026.
façade fortifiée de l'abbaye Saint Victor de Marseille
L’impressionnante façade fortifiée de l’abbaye Saint Victor, l’une des plus anciennes de France

L’abbaye Saint Victor

  • Nous avions repéré la façade fortifiée de l’abbaye Saint Victor depuis le Fort Saint Jean et envisagions de la visiter. Cela aura été le plus grand loupé de ce week-end, comme vous pouvez le lire plus haut. Donc, si vous envisagez de découvrir l’abbaye Saint Victor : renseignez-vous sur les horaires des messes et célébrations !

Où j’ai dormi et mangé à Marseille

  • Nous avions posé nos valises à l’hôtel Marsiho. Situé à une dizaine de minutes à pied de la gare de Marseille Saint Charles et du Vieux Port, c’était idéal pour pouvoir se déplacer aisément. Bien que situé sur le cours Belsunce, une rue très passante et bruyante en journée, nous n’avons pas eu de souci de bruits indésirables durant la nuit. L’accueil était vraiment très agréable, et le petit déjeuner varié.
  • Pour nous retrouver à côté de la gare et déjeuner avant de repartir, nous sommes allés au Café l’Ecomotive (2 place des Marseillaises, 1er arrondissement), situé au pied des escaliers de la gare Saint Charles. Cette cantine sans chichi propose une cuisine bio, locale et de saison, ainsi qu’un choix de boissons chaudes et froides et de petits grignotages. C’est l’endroit idéal pour attendre son train, sans l’agitation de la gare.
  • Pour le goûter, nous avons fait une pause dans la librairie / salon de thé Cup of Tea (1 rue Caisserie, 2e arrondissement), au pied du quartier du Panier. L’établissement propose une cinquantaine de thés, servis en théières de 60 cl, et une sélection de tartes maison. Les tables sont installées entre les étagères de livres pour une ambiance vraiment très cosy.
  • Pour le diner, nous avons découvert le restaurant TOMA (19 rue Fortia, 1er arrondissement). Dans un cadre chic et moderne, nous avons dégusté une cuisine inventive, pointue et raffinée. J’ai apprécié le concept des petites assiettes à cumuler selon les envies (entrée, viande, produit de la mer, légumes, dessert). Dire que nous nous sommes régalés est un euphémisme. Le restaurant est ouvert depuis quelques mois seulement, mais il a déjà tout d’un grand !

Ce que j’ai rapporté de Marseille

Si je rapporte systématiquement un magnet de mes voyages, proches ou lointains, j’aime aussi revenir avec quelques spécialités locales ou produits artisanaux. Voici donc mes choix à rapporter de la cité phocéenne.

  • Forcément quand on dit Marseille, on pense savon. Il existe beaucoup de boutiques vendant du savon dans la ville, surtout dans les quartiers touristiques. Je dois avouer que vivant aux portes de la Provence, je trouve aussi des boutiques de savons de Marseille à côté de chez moi. J’avais donc envie de trouver un vrai savonnier marseillais. C’est grâce à l’hôtel (et aux petits savons de bienvenue qu’ils nous ont offert) que j’ai découvert la savonnerie de la Licorne . La fabrique artisanale de savons a reçu le label Entreprise du Patrimoine Vivant, et a son atelier de fabrication à Marseille même. Nous nous sommes arrêtés à la boutique située à côté de la Criée, sur le Vieux Port. Nous n’avons pas eu le temps de visiter le musée du savon de Marseille qui a l’air intéressant si on désire en apprendre plus sur ce produit ancestral.
  • Côté gourmandises, les navettes de Marseille, ces biscuits secs parfumés à la fleur d’oranger, font aussi partie des incontournables. Plusieurs boulangers et biscuiteries en proposent. Pour ma part, je suis allée au Four des Navettes, juste derrière l’abbaye Saint Victor. La recette est inchangée depuis le XVIIIe siècle quand les navettes permettaient de rassasier les pèlerins qui arrivaient à l’abbaye.
enseigne de la boulangerie Four des Navettes à Marseille
La boutique du Four des Navettes a des airs de boulangerie un peu désuète


Marseille – Bouches du Rhône – janvier 2025

[Normandie] faire le grand tour du Mont Saint Michel

Ce n’est pas un scoop : quand je vais en Bretagne, je vais souvent au Mont Saint Michel. Attention toutefois, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : je sais que le Mont Saint Michel est une commune de la Manche, en Normandie. Cependant, « ma » Bretagne n’est qu’à quelques kilomètres de la Normandie et le Mont a fait partie de mon paysage courant tout au long de mon enfance et de mon adolescence. (J’ai même fait une de mes premières leçons d’auto-école sur la digue-route en plein été !) Depuis, chaque fois que je retourne dans la maison de mes parents, je fais un saut au Mont Saint Michel ou dans ses environs. Généralement, l’été, j’évite d’aller dans le Mont et comme j’y étais déjà allée en décembre avec Melle 3e, je ne pensais pas y retourner. C’était sans compter sur la force de persuasion de Melle 3e et de sa cousine (qui, venant des Etats-Unis, a aussi moins l’occasion de visiter les lieux).

Le Mont Saint Michel
ce que l’on ne voit pas sur la photo : la foule au pied du Mont Saint Michel

Braver la foule dans le Mont Saint Michel

Toutes les 2 ont donc réussi à me convaincre de passer un après-midi au Mont Saint Michel. Je m’étais donc mentalement préparée à affronter la foule, dès l’entrée du parking. Je pense cependant que nous avons eu de la chance car s’il y avait beaucoup (vraiment beaucoup) de monde, c’était cependant « moins pire » que ce que j’avais anticipé. Nous avons donc facilement trouvé un stationnement, à proximité de la place des navettes, et nous n’avons pas eu à attendre du tout pour monter dans un des petits bus de la ligne Le Passeur.

le Mont Saint Michel
En arrivant au Mont Saint Michel

Malgré tout, il y avait foule dans la Grand Rue et sur les remparts. Nous avons tout de même monté l’ensemble de la rue avant de revenir par le chemin de ronde. Après quelques achats de souvenirs dans une des boutiques, nous avons cependant renoncé à prolonger notre balade à l’intérieur du Mont Saint Michel, et cherché à échapper un peu à l’effervescence ambiante.

une abbaye gothique
un coup d’œil à l’abbaye où nous n’irons pas cette fois
des maisons à pans de bois et toits en ardoise
Chaque fois, j’ai l’impression que les façades sont plus jolies que la fois précédente
des maisons à pans de bois et toits en ardoise
Le long des remparts

Trouver le calme à l’extérieur

Pour glaner un peu de calme, et comme la marée était basse (et pour un moment encore compte tenu de l’horaire de la prochaine marée haute), Melle 3e a suggéré de faire le grand tour du rocher par l’extérieur. C’était une bonne idée car cela faisait longtemps que nous n’avions pas pu le faire (essentiellement pour cause de marée trop haute lors de nos passages). Nous sommes donc parties par la porte des Fanils en direction de la chapelle Saint Aubert. Le Couesnon passe maintenant beaucoup plus proche du Mont Saint Michel que lorsque j’étais enfant, et le fleuve vient lécher le pied de la petite chapelle.

une petite chapelle sur un rocher au bord de l'eau et d'une plage
La chapelle Saint Aubert se situe à l’extérieur du Mont Saint Michel

C’est là que nous avons eu beaucoup de chance. En effet, nous avons assez rapidement repéré un point sombre se déplaçant dans l’eau. En le regardant avec attention, nous avons identifié qu’il s’agissait d’un phoque. Il est sorti et rentré dans l’eau à plusieurs reprises, prenant parfois la pause sur la rive opposée du Couesnon. Si la présence de phoques dans la baie du Mont Saint Michel est avérée depuis longtemps et que j’avais déjà eu l’occasion d’observer leurs traces sur le sable humide, c’était la première fois que j’en voyais un. Et j’étais vraiment contente de cette « rencontre » fortuite.

au bord de l'eau, on aperçoit un phoque sur la plage sur la rive opposée
Le phoque qui s’amusait dans l’eau, sort de la rivière pour se reposer un moment sur le sable
au bord de l'eau, on voit un phoque sur la plage sur la rive opposée
Je n’avais pas un zoom très puissant, la photo manque donc de précision mais je suis surtout contente de l’observation que j’ai pu faire ce jour-là

J’ai eu du mal à me remettre en marche. Il a vraiment fallu que le phoque s’éloigne hors de vue pour que je reprenne la balade. Après avoir dépassé la chapelle Saint Aubert, on arrive à la partie la plus sauvage du Mont Saint Michel. Nous sommes côté mer et il n’y a que la forêt sur le rocher. En levant les yeux, on aperçoit le haut de la flèche de l’abbaye. Les promeneurs sont aussi plus rares sur ce terrain très caillouteux et sauvage. Par endroits, on pourrait presque se croire sur une île déserte et peu hospitalière. C’est mon côté préféré du Mont Saint Michel, celui que les touristes ne voient généralement pas, celui qui ne peut pas toujours être accédé, celui qui se mérite. En continuant à longer le rocher, on retrouve la civilisation : d’abord le petit édicule qui abrite la source qui alimentait en eau l’abbaye et le village au Moyen-Âge (en complément de citernes d’eau de pluie), puis le pied des remparts.

un paysage de bord de mer avec une pointe rocheuse en arrière plan
avez-vous repéré le phoque qui s’éloigne dans l’eau ?
une abbaye qui domine une forêt
Au dessus de la forêt, on devine la Merveille, cet édifice gothique impressionnant . On notera en particulier les fenêtre élancées et rapprochées du réfectoire sur la gauche du bâtiment.
un petit édifice en granit milieu d'un éboulis de rochers
L’édicule protégeant la source, au milieu du chaos des rochers
une plage avec plein de gros cailloux, au pied d'une forêt
Le côté sauvage du Mont Saint Michel, mon préféré…


Après cela, nous avons encore eu de la chance avec la navette puisque nous avons pu monter dans la première qui est arrivée après que nous ayons pris place dans la file d’attente. Malgré l’impression de foule, la fréquentation du lieu restait donc plutôt basse pour la saison. Comme nous étions en plein milieu des Jeux Olympiques, nous avons pensé que sans doute une partie des touristes étrangers qui ne voulaient pas venir aux JO n’étaient pas venus en France cette année.


Le Mont Saint Michel – Manche – août 2024


Petite note de sécurité : même au pied du Mont Saint Michel, on peut trouver des sables mouvants. De plus, le courant du Couesnon peut y être important (en particulier lors des lâchers d’eau du barrage) et le fleuve est très profond par endroits. Quant à la marée, elle est aussi piégeuse ici que dans le reste de la baie. En résumé : être au pied du Mont Saint Michel ne protège pas des dangers de la Baie.
Aussi, il est extrêmement important de respecter les consignes de sécurité et de ne pas s’aventurer n’importe où seul. Il est impératif d’être accompagné par un guide pour traverser la baie ou se rapprocher de Tombelaine (où je rappelle qu’il est interdit de monter : c’est une réserve naturelle sauvage). Il ne faut en aucun cas tenter de traverser seul le Couesnon, ni même s’amuser à y patauger.
On peut faire le tour du rocher sans risque à condition de justement rester sur le rocher; et de s’assurer que la marée ne viendra pas nous bloquer. Vérifier les horaires de la marée quand on décide d’aller se balader au pied du Mont Saint Michel ne doit pas être optionnel.

[Bretagne] marcher le long de la côte d’Emeraude

Vous l’avez peut-être déjà compris : les journées sur la plage, les pieds dans le sable, à ne rien faire, ce n’est pas vraiment ce qui nous motive. Par contre, aller marcher au bord de la mer, avec des vues magnifiques sur les environs, voilà qui nous plait. Cet été, donc, nous n’avons pas changé nos habitudes et avons profité de belles journées pour randonner sur le long de la côte d’Emeraude. Nous avons fait en particulier deux jolies balades dans le secteur de Cancale, autour des pointes des Daules et du Grouin.

rochers en bord de mer
Randonnée en bord de mer

Faire le tour de la pointe des Daules

Nous avons commencé notre sortie au niveau de la pointe des Daules. Elle est située à l’extrémité ouest de la plage du Verger, une grande plage de sable bordée d’une dune et d’une lagune. Nous avions déjà fait une balade dans ce secteur en hiver. Cette fois encore, nous avons laissé la voiture sur l’un des parkings situés au dessus de la chapelle Notre Dame du Verger et nous avons rejoint le petit corps de garde à travers champs. Sa silhouette fait, de loin, penser à une chapelle, mais en s’approchant on s’aperçoit que ce que l’on pourrait prendre pour un clocher est en fait une tour de guet accessible par un escalier extérieur.

chemin de campagne passant sous une voute d'arbres
Se faufiler sous les arbres
corps de garde en pierre avec une petite tour de guet
Il est possible de monter en haut de l’édifice par l’escalier extérieur

De là, nous avons emprunté le sentier qui traverse la lande en direction de la pointe. Nous avons croisé le GR34 sans l’emprunter. Nous souhaitions avant tout aller jusqu’au bout des rochers de la pointe des Daules. Un peu d’escalade plus tard, nous étions face à l’immensité de la mer, jouant à retrouver le nom des différentes avancées rocheuses et des plages nous entourant. Nous avons ensuite repris le sentier en direction de la plage du Verger. Comme il était encore tôt, nous avons alors décidé de reprendre la voiture pour rejoindre la pointe du Grouin.

un chemin à travers une lande de fougères en bord de mer
Direction la pointe des Daules
côte rocheuse de bord de mer
La pointe du Grouin (dont on devine le sémaphore), la pointe de Rochefroide, la pointe de la Moulière et la plage du Verger depuis la pointe des Daules
petites fleurs sauvages en bord de mer
Les arméries maritimes dansent dans le vent
personne debout sur un rocher au bord de la mer
Au bout du monde !
fleurs violettes
Dans la lande, les bruyères sont toutes en fleurs.
plage vue depuis la mer avec la campagne en arrière plan
La plage du Verger et son poste de secours

Profiter du site de la pointe du Grouin

Ma précédente expérience à la pointe du Grouin avait été mitigée en raison de l’afflux de monde et du manque de respect du site. Depuis, de grands travaux d’aménagement ont eu lieu. J’étais donc curieuse de découvrir si cela changeait les choses et de quelle façon. Déjà, le parc de stationnement a été éloignée du cœur du site. Il est maintenant également plus vaste, plus accessible et mieux balisé, ce qui évite du stationnement sauvage. De là, des chemins bien dessinés partent vers la pointe, soit en quasi ligne droite, soit en rejoignant le sentier des douaniers. Certains sont même accessibles en fauteuil roulant. Nous avons pour notre part fait le choix de rejoindre le sentier qui longe le bord de la pointe en provenance de Cancale et de la pointe de Barbe Brûlée.

chemin qui descend à travers la lande vers la mer face à une ile rocheuse
Nous prenons le sentier qui descend vers le GR34, face à l’Île des Landes
voilier devant une île rocheuse
Entre la pointe du Grouin et l’Île des Landes, le chenal est très emprunté
bord de mer découpé de falaises en rochers
En regardant vers Cancale, on voit la pointe de Barbe Brûlée, dominée par un petit manoir où j’étais allée en classe de mer en CM1

Depuis notre précédent passage, la lande a prospéré et a gagné en densité. Fougères, ajoncs, ronces et bruyères dissuadent maintenant naturellement les promeneurs de s’éloigner du chemin tracé. La nature a donc repris ses droits, profitant des difficultés d’accès dues aux travaux. Les points de vue sur l’Île des Landes (une réserve ornithologique où il est interdit d’accoster), le phare du Herpin et plus loin les îles Chausey se multiplient. Nous arrivons vers le bout de la pointe, là où les aménagements sont les plus notables. Une plateforme de planches a été aménagée, précisant que plus loin vers l’extrémité de la langue rocheuse, le danger est plus grand. Je m’assoie un long moment sur le bord de la plateforme, profitant du paysage, et observant un faucon crécerelle qui chasse sur la falaise que je domine.

îles de rochers dans la mer
Au bout de l’Île des Landes, le phare du Herpin prévient les navigateurs du danger
sentier de randonnée dans la lande en bord de mer
La lande est plus dense sur la pointe du Grouin, assurant un gîte à toute une petite faune
faucon crécerelle en vol au dessus de la mer
Le faucon crécerelle scrute la lande sur la falaise à la recherche d’une proie

De la plateforme, un chemin en stabilisé permet de rejoindre le sémaphore en passant au dessus de l’ancien blockhaus. Tout autour du sémaphore, une terrasse a été installée, avec quelques bancs. De là, on peut avoir une vue à 365° sur les environs. Je suis littéralement tombée sous le charme de cet aménagement de type chemin de planches qui rend le site accessible à tous. Comme la météo est vraiment favorable, avec Melle 3e, nous décidons d’en profiter en prolongeant notre balade le long de la côte. Après avoir dépassé le sémaphore, nous bifurquons donc à droite sur le GR34 en direction de l’ouest. Plus nous avançons, moins il y a de monde. Le spectacle des vagues venant s’échouer sur les rochers en contrebas me fascine toujours autant. Nous finirons cependant par faire demi-tour pour revenir vers la voiture (l’alternative aurait été de rejoindre la route via un sentier qui ramène à un petit espace de stationnement, puis de la longer : c’est plus court mais nettement moins agréable). Il est temps pour nous de repartir, non sans une pause goûter à Cancale sur le trajet !

chemin vers un sémaphore
En direction du sémaphore depuis l’extrémité de la pointe du Grouin
terrasse en bois avec vue sur la mer
Regarder la mer depuis la terrasse entourant le sémaphore
bord de mer découpé de rochers
Profiter de chaque point de vue sur la côte
falaises surmontée de lande en bord de mer
La pointe du Grouin vue depuis le sentier des douaniers en arrivant de la direction de Saint Malo

Cancale – Ille et Vilaine – juillet 2024

[Bretagne x Normandie] 4 idées pour randonner en baie du Mont Saint Michel

Cette année, nous avons repris nos habitudes estivales et avons pris la route vers la Bretagne. En effet, si vous me suivez depuis un moment, vous avez du comprendre que je suis originaire de Bretagne et que j’y ai toujours ma famille. La subtilité vient du fait que « ma » Bretagne est vraiment limitrophe avec la Normandie (et quand je dis limitrophe, je parle de quelques kilomètres), pas très loin du Mont Saint Michel et de son immense baie. Forcément, le Mont a toujours été un point de repère fort dans le paysage, surtout qu’on le repère de loin. Tout aussi logiquement, je suis très souvent allée passer des après-midis ou des fins de journées dans la baie tout au long de mon enfance/adolescence. Et quand, maintenant, il est question d’aller se promener lorsque je suis là-bas, nos pas nous dirigent très régulièrement autour de la baie du Mont Saint Michel. Voici donc 4 suggestions de randonnée, plutôt tranquilles mais très différentes les unes des autres, le long de la baie du Mont Saint Michel, sur les sentiers que nous avons parcourus au cours de nos dernières vacances.

Mont Saint Michel dominant des champs
Dans la baie du Mont Saint Michel

En ville ou presque, sur le sentier des douaniers à Cancale

Cancale, été comme hiver, c’est traditionnellement notre première sortie des vacances. Nous allons marcher le long de la côte, faisons un tour sur le port, quelques emplettes et nous terminons par une crêpe. Cette année n’a pas dérogé à la règle. Concernant le choix de la balade sur place, je dois avouer qu’il est essentiellement dicté par deux faits sur lesquels je n’ai aucune maîtrise : la marée et l’endroit où nous trouvons un stationnement. Par exemple si la mer est basse, nous partons parfois marcher directement sur la grève. Inversement, à marée haute, nous nous dirigeons plutôt vers les rochers. Si le stationnement que nous trouvons est très excentre, alors nous partons vers le sentier des douaniers pour rejoindre le port et ses commerces.

un sentier sous les arbres
Direction le sentier des douaniers à Cancale

C’est ce qui s’est passé cet été : nous étions à Cancale un jour où il y avait beaucoup de monde et nous n’avons pu stationner la voiture que loin du centre. Alors, nous sommes partis sur le chemin des douaniers, qui est ici une partie du GR34. Après un passage sous les voûtes des arbres, nous avons commencé à admirer les vues sur la baie (avec le Mont Saint Michel en tout petit dans le fond), les rochers de Cancale et des Rimains, les parcs à huitres, puis le port. Nous avons choisi de faire une balade assez courte car nous étions arrivés un peu tard et nous voulions avoir le temps d’une crêpe en plus de faire nos achats (pour les plus curieux, j’ai l’habitude de faire un stock de conserves de poissons à La Belle Iloise et d’épices chez Roellinger). Selon le temps et l’envie dont je dispose, j’apprécie de pouvoir facilement allonger ou raccourcir la balade le long du sentier des douaniers. Ainsi, pour le retour à la voiture, comme nous étions lourdement chargés, nous avons opté pour la version courte mais sportive qui consiste à remonter sur la falaise en empruntant les escaliers vers le monument aux disparus en mer.

côte rocheuse à marée basse
Coup d’œil vers les îles-rochers alors que la mer descend
côte rocheuse à marée basse
La mer découvre progressivement la grève
fleur d'agapanthe blanche
Les agapanthes sont en fleurs le long des murs des propriétés bordant le chemin
côte rocheuse à marée basse
Même par temps couvert, la lumière dans la baie me fascine
parcs à huitres à marée basse
Alors que la mer découvre les parcs à huitres les plus éloignés du rivage, les ostréiculteurs partent travailler.

Un peu de dénivelé, sur les falaises de Carolles

Quelques jours plus tard, toujours sous une météo mitigée (nous aurons d’ailleurs droit à quelques gouttes de pluie avant la fin de la sortie), nous partons dans la direction opposée. Le but est d’aller marcher sur le GR longeant la côte normande, au niveau des falaises de Carolles. Là, il est facile d’avoir un peu de dénivelé à cet endroit où la côte s’élève mais reste constellée de criques et de plages. Nous avions déjà deux ou trois été randonner dans ce secteur. Quand on cherchait une idée, j’ai repensé à un tronçon que nous n’avions pas parcouru, au départ de la cabane Vauban où nous étions allés il y a 3 ans.

corps de garde en pierre dominant la mer
La cabane Vauban de Carolles

Il y a quelques années, nous étions partis de la grande plage de Carolles et avions longé la falaise en direction de Saint Jean le Thomas, en nous arrêtant juste après la vallée du Lude. Cette fois, l’idée était de partir de la cabane Vauban en direction de Jullouville pour aller jusqu’à la vallée du Lude et d’aviser ensuite (surtout parce que la météo était instable d’ailleurs). Du parking, le chemin se faufile entre les champs, sous le couvert des prunelliers. En arrivant à la cabane Vauban, c’est l’immensité de la Manche qui nous accueille. Dans le fond à gauche, un petit point se dessine de façon un peu vague : c’est le Mont Saint Michel.

paysage de bord de mer avec de la lande
Voyez-vous le Mont Saint Michel ?
paysage de bord de mer avec de la lande
Au fond, on aperçoit la pointe du Roc de Granville

Nous avons suivi le GR223, sur le chemin des douaniers. Les points de vue sur la mer se succèdent, forcément grandioses. Nous traversons les bruyères. Sous nos pieds, le sentier est léger. Nous grimpons sur les rochers qui le bordent. Puis, nous abordons la descente vers la vallée du Lude. Nous nous enfonçons dans la verdure de la forêt. Après avoir traversé le petit fleuve côtier, nous choisissons de le longer jusqu’à son embouchure. Le chemin se faufile à travers la lande jusqu’à déboucher au port du Lude, une toute petite plage de galets, accès facile à la mer depuis le village de Carolles. Nous n’y étions jamais allés alors nous partons en exploration dans les rochers qui se sont détachés de la falaise au fil du temps. Quelques gouttes de pluie nous rappellent à la réalité, nous ne continuerons pas jusqu’à la grande plage à pied…

sentier dans les landes le long de falaise en bord de mer
C’est parti !
sentier dans les landes le long de falaise en bord de mer
En haut des falaises
sentier à travers la lande
En longeant Le Lude, nous traversons la lande
sentier débouchant sur une plage de galets
Nous arrivons au niveau de la plage du port du Lude
Dans les rochers de granit
paysage de bord de mer avec des falaises
En revenant à la cabane Vauban, nous constatons que la mer est bien descendue (et que le Mont Saint Michel est toujours là !)

Avec les moutons, sur l’herbu à Ardevon

Aller marcher sur l’herbu au milieu des moutons est aussi une de nos sorties habituelles lors de nos vacances bretonnes. C’est généralement une balade très calme, dont on peut facilement moduler la durée ou la distance parcourue, au cours de laquelle on profite de la vue sur le Mont Saint Michel loin de la foule. Nous avons plusieurs points de départ possible, dépendant essentiellement des possibilités de stationnement à proximité. Cette fois, nous avons pu nous arrêter sur le parking situé le long de la route allant d’Avranches au Mont, au niveau du Rivage à Ardevon. Il y a là une aire de pique-nique ombragée et la possibilité d’entrer soit sur l’herbu, soit sur la digue pour emprunter le GR qui longe le Cotentin jusqu’au pied du Mont Saint Michel.

Le Mont Saint Michel vu de loin
Partir en direction du Mont Saint Michel
troupeau de moutons dans un pré
Les moutons ne sont pas loin
moutons en train de brouter
Ne pas faire de bruit et ne pas bouger pour ne pas faire peur aux moutons
mouton en train de brouter
Le mouton du Mont Saint Michel a la tête et les pattes noires

Nous avons eu de la chance car les moutons étaient proches de la digue (il faut parfois s’avancer assez loin sur l’herbu pour apercevoir le troupeau). Nous avons commencé notre balade par la digue et le GR, partant dans la direction du Mont Saint Michel. Le chemin croise plusieurs barrières qui permettent d’empêcher les moutons d’y aller lors de leurs transferts. Il y a aussi régulièrement des portails ou des passages afin que les marcheurs puissent entrer sur le pré salé. Comme chaque fois, nous avons fini par entrer sur l’herbu. Là, empruntant les sentes de moutons (de fins chemins tracés par les passages répétés des ovins), nous avons prolongé la promenade, observant d’un côté le Mont et de l’autre les moutons, avant de revenir sur nos pas à l’heure du goûter.

personne marchant sur un sentier au milieu d'un pré avec le Mont Saint Michel dans le fond
Sur les sentes à moutons
deux moutons dans un pré avec un rocher au fond
devant Tombelaine
troupeau de moutons
Moutons sur le pré salé
moutons couchés devant une barrière
Les gardiens de la barrière
moutons devant un portail
C’est bon : ils vont nous laisser passer.

Sur la plage, à la chapelle Sainte Anne

Cela faisait des années que nous n’étions pas allées à la chapelle Sainte Anne. Pourtant, on peut affirmer qu’on y a passé des heures et des heures. Il faut dire qu’une fois sur place, on le choix de ce que l’on fait : s’asseoir sur la digue pour admirer le paysage, partir marcher dans les polders, s’installer en contrebas de la digue dans l’herbe pour y lire, pique-niquer ou jouer au ballon, marcher entre les hautes herbes pour gagner le petit cordon de dunes et la grande plage derrière, poursuivre encore plus loin pour pêcher à pied lors des fortes marées…

Cette fois, nous y allions pour marcher, sur la digue, sur l’herbu, sur la plage. Nous n’avions pas arrêté notre choix en partant. Nous savions que nous serions accueillis par la petite chapelle sur la digue, dominant les mares lagunaires sur lesquelles les foulques prennent leurs aises. Nous savions qu’au loin, la silhouette du Mont Saint Michel nous observerait. Nous savions que nous serions seules ou presque, avec Melle 3e et une de mes nièces. Nous savions que nous passerions un agréable moment, bercées par le bruit du vent.

chapelle au bord d'un étang
La chapelle Sainte Anne au bord de la mare lagunaire
fleurs jaunes sur une digue au bord de l'herbu avec la chapelle en arrière plan
La chapelle est construite sur la digue
escargots agglutinés sur une branche
Les escargots s’agglutinent sur les brindilles

Nos pas nous ont menées sur la plage. Sous nos pieds, le crissement des coquillages écrasés s’est joint au chant du vent. En silence, nous en avons profité. Puis, apercevant quelque coquillage coloré, nous avons commencé à chercher les plus jolis, comme lorsqu’enfant nous les ramassions pour en faire des colliers ou des petits bricolages. Nous avions oublié de prendre un sac alors nous avons improvisé des « paniers » avec le revers d’un t-shirt ou une casquette. C’est le son des vagues qui m’a fait réaliser que nous étions là depuis longtemps. La mer se rapprochait au fil de la marée montante. Les chars à voile prenaient le chemin du retour, et nous avons fait de même, en prenant le temps d’écouter encore une fois notre silence rythmé par la mélodie du vent, des vagues et des coquillages.

grande plage de sable blanc
La plage déserte à perte de vue
une plage immense
Ramasser des coquillages sur la plage


Cancale / Carolles / Ardevon / Saint Broladre
Ille-et-Vilaine & Manche – juillet 2024


Il existe de nombreuses autres possibilités pour se promener le long de la baie du Mont Saint Michel, par exemple :

Le Mont Saint Michel vu de loin
Le Mont Saint Michel, point de repère immuable dans la Baie


ATTENTION : La Baie du Mont Saint Michel recèle de nombreux dangers, et il convient de rester sur les chemins balisés et les plages référencées. Si vous souhaitez vous éloigner des chemins balisés, il est important de prendre un guide qualifié pour aller l’explorer. En effet, la Baie ne peut pas être cartographiée car les marées font bouger les lits des fleuves et se déplacer les points de repère. Y allant depuis l’enfance, j’ai appris à reconnaître les signes de certains dangers et je sais où et quand je peux m’y aventurer sans risque. Malgré tout, il y a des secteurs où je n’irai pas sans guide.

[Bretagne] 2 balades autour de la Côte d’Emeraude

La Côte d’Emeraude, c’est une portion du littoral breton qui va de la Pointe du Grouin au Cap Fréhel, s’étalant ainsi entre Ille-et-Vilaine et Côtes-d’Armor. Elle tire son nom de la couleur de la mer, oscillant entre bleu et vert. C’est « ma » côte bretonne, celle à proximité de laquelle j’ai grandi, centrée sur Saint Malo où habitaient mes grands-parents. J’y ai fait un nombre de promenades incalculable au fil des années, et j’y reviens régulièrement. Toutefois lors de nos vacances de Noël avec Melle 3e, nous ne sommes pas du tout allées sur la Côte d’Emeraude, mais nous avons fait deux jolies balades à proximité immédiate : d’abord à Cancale, à l’est de la Pointe du Grouin, puis à Dinan, un peu plus dans les terres.

A Cancale, nous ne sommes pas encore tout à fait sur la Côte d’Emeraude

Lumières d’hiver sur le port de Cancale

C’est le 24 décembre que nous sommes allées à Cancale. Nous avions en effet quelques courses à y faire en prévision du réveillon de Noël (en particulier, nous avions commandé notre bûche chez Grain de Vanille, une excellente pâtisserie cancalaise). Comme il faisait beau, nous en avons profité pour nous promener sur le port de la Houle. La lumière hivernale était féérique. Comme la marée montait, nous n’avons pas pu faire une longue balade sur la grève comme nous en avons l’habitude, quelle que soit la saison. Nous avons donc opté pour marcher jusqu’au bout de la jetée du port.

Sur la plage
Lumière d’hiver sur le port de la Houle
Se promener sur la jetée
A l’extrémité de la jetée, admirer la mer
Revenir vers le village

Puis, nous avons pris un peu de hauteur pour gagner le chemin de ronde. Au dessus des parcs à huitres, on trouve en effet le kilomètre zéro du sentier des douaniers. Ce chemin longe l’ensemble des côtes françaises et servait à surveiller les côtes, en particulier pour éviter la contrebande et les intrusions. Aujourd’hui, le sentier des douaniers est devenu un chemin de randonnée. La partie qui fait le tour de la Bretagne constitue le fameux GR34. Nous n’en avons parcouru qu’un petit bout, avant de rejoindre le centre de Cancale. Puis, nous sommes redescendues vers le port pour nous arrêter prendre un goûter dans une crêperie.

Vue sur la jetée depuis le haut de la falaise
Fin d’après midi sur le port de Cancale

Cancale – Ille-et-Vilaine – décembre 2023


(*) Adresses gourmandes à Cancale :

  • Pâtisserie : Grain de Vanille, place de la Victoire – le lieu est un salon de thé en dehors de la période des fêtes de fin d’année où toute l’activité est centrée sur les bûches et gâteaux festifs. Il est impératif de commander à cette période de l’année.
  • Crêperie : Ty Skorn, place de la Chapelle – sans doute notre crêperie préférée à Cancale. Nous y avons toujours été bien accueillis, et les crêpes y sont très bonnes. La salle a beaucoup de charme avec ses pierres apparentes et son poêle. Il y a quelques tables en terrasse côté mer et en été, une terrasse côté jardin.
  • Conserves de poisson : la Belle Iloise, quai Gambetta – nous y faisons nos provisions de sardines, maquereaux, tartinades et soupes de poisson à chacun de nos passages. D’autres boutiques de la marque existent un peu partout en France, mais celle de Cancale fait vraiment partie de nos rituels.

Dinan, sans la foule

Nous étions allés en famille à Dinan en plein période estivale il y a un peu plus de deux ans. Les rues étaient alors remplies de touristes, et la foule avait un peu limité notre envie d’explorer les rues médiévales. Aussi, nous avions envie d’y retourner et c’est la balade que Melle 3e a suggéré pour le jour de Noël. En plein mois de décembre et un jour férié, il y avait forcément beaucoup moins de monde !

Profiter des rues dinannaises sans la foule

Flâner dans les rues

Nous avons fait une longue balade dans les rues de Dinan, quasi désertes. C’était très agréable de pouvoir profiter de l’architecture et admirer les maisons à pans de bois sans être pressés de toutes parts. Nous avons vraiment pris notre temps. Il y a plus d’une centaine de maison à pans de bois dans les rues de Dinan (le chiffre exact serait 115 mais certaines sources indiquent 130). Certaines sont à porche, d’autres à encorbellement. Toutes ont un charme indéniable. Et contrairement à ce que l’on pense souvent, la plupart ne datent pas du Moyen-Âge mais des XVe et XVIe siècles. En effet, en Bretagne, on a longtemps continué à construire des maisons à pans de bois car les matériaux étaient faciles à obtenir et à travailler, contrairement à la pierre. On continuera donc à en construire jusqu’au XVIIIe siècle.

Place des Cordeliers, si la façade centrale est clairement à pans de bois, c’est aussi le cas de celle de gauche où les pans de bois sont recouverts d’un enduit
rue de la Lainerie
Le beffroi, dit Tour de l’Horloge, et l’hôtel Keratry, qui abrite la maison de la harpe celtique

Du centre, nous avons gagné le port sur la Rance en passant par la rue du Jerzual et la rue du Petit Fort. Ces deux rues sont bordées de maisons à pans de bois, mais ce qui fait leur plus grande particularité, c’est leur pente. En effet, elles descendent en ligne droite le long du coteau. Elles sont séparées l’une de l’autre par la porte du Jerzual, ancienne porte d’accès à la ville, percée dans les remparts (actuellement, on ne peut plus accéder aux remparts pour des raisons de sécurité car ils sont instables et une partie s’est effondrée il y a quelques années). Ce sont sans doute les rues les plus connues et les plus pittoresques de la ville. Et nous ne manquons jamais de les emprunter lorsque nous nous promenons à Dinan (nous les avons même déjà parcourues avec une poussette, ce que je déconseille vivement compte tenu de la pente et du pavage). Cette fois, nous ne ferons qu’un bref arrêt sur le port où tout est fermé mais où il y a quand même pas mal de monde à se promener en bord de Rance.

C’est parti pour descendre le Jerzual
Maisons à pans de bois et camélia en fleurs
On continue à descendre
Au niveau du port de Dinan, le vieux pont sur la Rance

Découvrir l’abbaye de Léhon

Après avoir jeté un œil au château de Dinan (fermé le jour où nous y étions, mais nous avons noté d’y revenir), nous avons repris la voiture pour quelques kilomètres afin de rejoindre Léhon. Je n’avais pas souvenir d’être déjà allée dans cette petite cité de caractère, élevée en bord de Rance autour de son abbaye. Nous avons commencé par faire un rapide tour du village, en descendant jusqu’à la rivière où le pont nous rappelle celui de Dinan situé un peu en aval.

Dans le village de Léhon
Le pont de Léhon sur la Rance

Puis, nous nous sommes dirigées vers l’abbaye Saint Magloire. Edifiée au IXe siècle, ce monastère bénédictin tire son nom d’un saint breton dont la dépouille aurait été volée par les moines et ramenée ici. L’abbaye telle que nous pouvons la voir aujourd’hui a été construite entre les XIIe et XIIIe siècles. L’église est ainsi de style gothique, et se compose d’une nef unique. On y trouve huit gisants, datant des XIIIe,XIVe et XVe siècles, et associés à la famille de Beaumanoir dont la chapelle funéraire était accolée à l’abbatiale. Après l’église, nous avons fait un tour dans le cloître, librement accessible, mais partiellement ruiné. Il nous faudra revenir en été afin de découvrir l’ensemble des bâtiments de l’ancienne abbaye et surtout ses jardins, situés au chevet de l’église.

La façade de l’église abbatiale Saint Magloire, devenue depuis église paroissiale
La nef de l’église où l’on aperçoit certains des gisants
Dans le cloître de l’abbaye Saint Magloire de Léhon

Dinan & Léhon – Côtes d’Armor – décembre 2023


[Bretagne x Normandie] deux jours dans la Baie du Mont Saint Michel

Pour Noël, je suis allée passer quelques trop courts jours dans ma famille, à proximité de la baie du Mont Saint Michel. Entre les différentes festivités et les soirées au coin du feu (un de mes grands plaisirs en cette saison !), nous avons pu, avec Melle 3e, profiter de deux très belles journées de promenades : l’une à Cancale et l’autre au Mont Saint Michel. Si les conditions météo de ces deux jours étaient quasi printanières, ces sorties sont tout à fait réalisables avec un temps beaucoup plus hivernal. Il suffira alors de bien se couvrir pour profiter de ces si beaux paysages.

Faut-il encore le présenter ?

Sur la grève à Cancale

La promenade à Cancale fait vraiment partie de nos habitudes de cette période de Noël (à vrai dire, la promenade à Cancale fait un peu partie de nos habitudes tout court…). Au fil des années, j’ai l’impression que l’endroit est de plus en plus fréquenté tout au long de l’année, et il n’est plus rare d’avoir un peu de mal à trouver du stationnement en plein hiver. Malgré tout, nous aimons l’ambiance du petit port de pêche et du marché aux huitres (bien que, paradoxalement, nous ne mangions pas d’huitres…).

Ce jour-là, en pleine semaine, il y avait du monde. Il faut dire que d’une part la météo était exceptionnellement douce et d’autre part la marée était très basse, attirant les curieux autour des parcs à huitres. Après avoir longuement observé un goéland qui récupérait la chair d’une huitre écrasée sur la rampe d’accès aux parcs, nous nous sommes éloignées par la grève afin de profiter des paysages. Nous avons eu la chance de nous retrouver abritées du vent qui soufflait assez fort. Nous sommes ensuite restées dans notre zone de confort pour une balade d’environ 2 kilomètres sur la grève, ponctuée de temps d’escalade dans les rochers et de pauses contemplation.

Comme le soleil était un peu bas, et afin de ne pas marcher en lui faisant face, nous avons fait le choix de ne pas revenir sur nos pas. Nous avons donc traversé la ville en partant du haut pour rejoindre le port de la Houle en bas. Nous avons prolongé le plaisir de profiter du beau temps en prenant notre goûter en terrasse dans une crêperie que nous aimons bien. Après quelques achats (essentiellement des conserves de poissons), nous avons repris la route pour rentrer nous asseoir devant la cheminée de ma maison d’enfance.

Plein soleil !
Marée basse
Le village de pêcheurs, blotti au pied de la falaise de la Houle
Le repas du goéland (c’est encore un jeune car les plumes de sa tête ne sont pas blanches)
Goéland juvénile au bord des parcs à huitres
Carte postale cancalaise : les parcs à huitres et les îlots
Contre-jour sur la jetée du port
Contre-jour sur les parcs à huitres
Dans les rochers de schiste
Face au soleil
Face à la mer…
Goûter gourmand à la crêperie Ty Skorn (Place de la Chapelle – Cancale)

Cancale – Ille-et-Vilaine – décembre 2022

Un tour au Mont Saint Michel

Si nous allons régulièrement à Cancale, cela faisait des années que je n’étais pas allée au Mont Saint Michel en pleine journée. Une fois sur place, je me suis souvenue pourquoi ! En effet, quelle que soit la saison, l’endroit est très fréquenté. Nous sommes arrivées vers 13.00 et les parkings (pourtant immenses) étaient presque tous pleins. Nous avons malgré tout eu la chance de pouvoir prendre une navette Le Passeur sans attendre. Mais une fois au pied des fortifications, le doute n’était plus permis : il y avait bel et bien une foule importante…

Nous avions pensé visiter l’abbaye. Aussi, nous avons emprunté la grande rue, nous déplaçant au rythme des autres visiteurs, en une longue file continue. Comme nous étions parties au Mont Saint Michel sans l’avoir anticipé, nous n’avions pas nos billets et nous avons renoncé en voyant la queue à faire pour entrer dans le monument pour les visiteurs non munis de billets.

Après avoir envisagé de revenir vers l’entrée du Mont par les remparts, nous avons changé d’avis, toujours à cause du monde, et sommes parties par les jardins (où nous étions loin d’être seules mais au moins, nous pouvions avancer..). De là, nous avons gagné la grève par la petite porte dans la montée des Fanils. Nous nous sommes éloignées en direction de la chapelle Saint Aubert, profitant du soleil pour quelques prises d’escalade et un peu de contemplation au soleil.

La petite chapelle sur son promontoire rocheux, au pied de l’abbaye, a été construite au XIIe siècle et sa simplicité fait son charme (elle est toutefois généralement fermée et il faut donc l’admirer de l’extérieur). Avant les grands travaux, il était facilement possible de faire le tour du Mont Saint Michel à pied en passant par là. Depuis, le lit du Couesnon s’est rapproché et la tangue n’est plus aussi stable. Comme nous étions en chaussures de ville, nous avons préféré ne pas tenter l’expédition et repartir en repassant dans le Mont Saint Michel.

Comme il y avait une attente assez impressionnante pour reprendre la navette en direction des parkings, qu’il faisait très beau et que nous n’avions pas pu passer beaucoup de temps dans le Mont Saint Michel, nous avons décidé de faire le trajet à pied (il y a environ 3 kilomètres). Nous avons ainsi pu profiter des superbes points de vue sur le rocher qui s’offrent au regard tout au long de la passerelle (à condition de se retourner régulièrement bien entendu).

L’arrivée au Mont Saint Michel depuis l’arrêt de la navette
Au pied de l’abbaye
Le Couesnon et la passerelle
Côté jardins
La chapelle Saint Aubert, dans les rochers
Mouette en atterrissage…
Monter jusqu’au pied de la chapelle
Soleil d’hiver sur la baie
Se retourner en revenant au parking pour profiter de la vue…

Le Mont Saint Michel – Manche – décembre 2022


Petits conseils pour profiter du Mont Saint Michel :

  • Y aller tôt le matin ou tard le soir : ce sont les heures où il y a le moins de monde.
  • Si vous voulez visiter l’abbaye, prenez vos billets au moins la veille sur son site internet. Nous avons clairement regretté de ne pas l’avoir fait.
  • L’été des visites nocturnes scénarisées de l’abbaye sont possibles. Il y a généralement nettement moins de monde qu’en journée. Là encore, prenez vos billets avant de venir.
  • La baie regorge de superbes points de vue sur le Mont Saint Michel et de nombreuses possibilités de balades ou de randonnées. N’hésitez pas à en profiter.
    Attention toutefois si vous souhaitez vous éloigner des sentiers balisés : La baie est fluctuante, et dangereuse. Il convient de se faire accompagner par un guide qualifié pour s’aventurer en son cœur. Les sables mouvants ne sont pas une légende, ni la vitesse de la marée montante (même si elle ne va pas tout à fait à la vitesse d’un cheval au galop, elle avance à une vitesse comprise entre 6 et 10 km/h, soit deux fois plus vite que la moyenne sur les côtes françaises).