J’étais allé au château musée de Tournon sur Rhône il y a très longtemps, plus d’une dizaine d’années. J’y suis retournée un après-midi du mois de mai. Il domine la ville de Tournon mais surtout, il surplombe le Rhône en faisant face à la ville de Tain et la colline de l’Hermitage. Venez, je vous emmène découvrir ce qui se cache derrière la lourde porte…
La porte d’entrée du château en bois clouté est très impressionnante.
Un musée entre histoire locale et beaux-arts
La partie muséographique de la visite s’attarde essentiellement sur l’histoire locale. C’est l’occasion au fil de la déambulation dans les différentes pièces d’évoquer les évènements majeurs qui se sont produits au château de Tournon, comme la mort du fils ainé de François 1er, et les personnages importants liés à la ville.
Evocation d’Hélène de Tournon, fille de Claude de la Tour-Turenne (une dame d’honneur de la future Reine Margot), décédée des suites d’un chagrin d’amour à 18 ans et dont le tragique destin aurait inspiré le personnage d’Ophélie dans la pièce Hamlet de Shakespeare.
D’autres salles du musée évoquent la vie liée au fleuve : la batellerie et les mariniers, les joutes, ou encore l’histoire des passerelles imaginées par Marc Seguin. Cet ingénieur ardéchois, originaire de la région d’Annonay, a en effet mis au point une technique de pont suspendu à l’aide de câbles formés de faisceaux de fils de fer. La première mise en œuvre de cette technologie sur une grande échelle aura lieu entre Tain et Tournon, avec l’édification d’un premier pont sur le Rhône en 1825 (ce premier pont sera détruit en 1965, l’actuelle passerelle Marc Seguin a été construite en 1847 selon le même principe).
Depuis une des salles du château, vue sur la passerelle Marc Seguin, édifiée en 1847 selon le principe déjà mis en pratique par l’ingénieur en 1825 avec la construction du premier pont de grande longueur suspendu par câbles de fils de fer.
Les autres salles emmènent le visiteur à la découverte d’artistes ayant un lien avec la ville, soit parce qu’elle a été leur sujet d’inspiration, soit parce qu’ils y sont nés ou y ont travaillés. C’est ainsi que j’ai découvert le travail de Marcel Antoine Gimond. Ce sculpteur, renommé dans la période de l’entre-deux-guerres, était né à Tournon. Parmi ses réalisations les plus connues, on peut notre la statue dorée de Flore sur l’esplanade du palais de Trocadéro à Paris. Mais le plus beau bijou conservé au château-musée de Tournon se trouve dans l’ancienne chapelle du château. Là, on découvre un triptyque commandé par le cardinal François de Tournon (un proche de François 1er) et peint en 1555 par le peintre florentin Giovanni Capassini sur le thème de la Résurrection. A l’origine, ce triptyque se trouvait dans la chapelle du collège de Tournon (aujourd’hui, le lycée Gabriel Faure), fondé par le cardinal. Au fil du temps, l’un des panneaux du retable s’est retrouvé à intégrer les collections du musée du Louvre tandis que les deux autres étaient restés à Tournon. Suite à un prêt du Louvre, le château de Tournon peut présenter aux visiteurs le triptyque complet.
Le triptyque de la Résurrection, présenté dans l’ancienne chapelle du château de Tournon.La sculpture de la femme pensive par Marcel Antoine Gimond m’a fait penser à la Pénélope de Bourdelle. Renseignements pris, il y a très certainement une filiation entre les deux car Gimond a été l’élève de Maillol qui fut lui-même élève de Bourdelle.Après l’exploration des espaces intérieurs, il est temps de sortir pour profiter des deux terrasses du château.
Des terrasses panoramiques
Le château dispose de deux terrasses panoramiques, au nord et au sud, chacune d’un côté du logis. Chacune permet de disposer d’une vue magnifique sur la ville dominée par les vignes de Saint Joseph d’un côté et sur le Rhône, la ville de Tain et la colline de l’Hermitage de l’autre. Il faisait très beau lorsque je suis allée visiter le château et j’ai largement profité de ces moments en extérieur, à admirer le paysage.
Les toits de la ville de Tournon sont dominés par le vignoble de l’appellation Saint Joseph et les anciennes tours de guêt.Le clocher de la collégiale Saint Julien dépasse des toits des maisons et hôtels particuliers de la vieille ville de TournonDe l’autre côté du Rhône, la colline de l’Hermitage surplombe la ville de TainLes deux ponts suspendus reliant Tain à Tournon au dessus du Rhône. Celui avec la pile centrale a été construit par les frères Seguin au milieu du XIXe siècle. C’est maintenant une passerelle piétonne.
Tournon sur Rhône – Ardèche – mai 2025
(*) Le château musée de Tournon accueille en complément régulièrement des expositions temporaires. Lors de mon passage, celle-ci était consacrée au bicentenaire du premier pont suspendu sur le Rhône, conçu par Marc Seguin et inauguré en 1825. Elle s’est terminée le 1er juin. Le programme des expositions ainsi que les conditions, horaires et tarifs, de visite sont à retrouver sur le site internet du château musée de Tournon.
Au pied du château, sur un mur de la mairie, les rosiers grimpants étaient en pleine floraison
Vers la mi-mai, avec Mr 1er, nous avons mis nos réveils un dimanche matin pour avoir le temps d’aller explorer Balazuc, avant qu’il ne reprenne le train pour rentrer à Aix-en-Provence. Le but principal de notre visite était d’aller voir le Museum de l’Ardèche que j’avais été invitée à venir découvrir, mais nous en avons profité pour un avant goût d’été au bord de la rivière et un tour dans le joli village.
Vue sur Balazuc depuis le pont sur la rivière
L’un des plus beaux villages de France
Au bord de la rivière Ardèche
Pour venir à Balazuc, nous avons suivi les indications du GPS. Depuis la plaine de Valence, il nous a fait passer à proximité d’Aubenas, puis nous avons bifurqué sur une toute petite route. Longeant un petit ravin, nous sommes arrivés sur la rive opposée de celle où le village est bâti et avons donc bénéficié d’une très belle vue sur celui-ci. (Attention, la circulation sur cette route fait l’objet de restrictions, renseignez-vous au préalable). Comme nous étions très tôt, nous avons vu trouver un stationnement sur le parking du bas du village. De là, nous sommes revenus à pied vers le pont pour profiter plus sereinement du point de vue. Nous sommes ensuite descendus au bord de la rivière. A cette heure matinale, nous étions seuls sur la plage.
Sur la droite, on aperçoit le contrefort de la route par laquelle nous sommes arrivésNous avons pris le temps de regarder et d’écouter la rivière, nous faisant surprendre par quelques grenouilles à nos piedsl’Ardèche passe au pied du village de Balazuc
Au fil des rues
Comme il était encore un peu trop tôt pour aller au Museum de l’Ardèche, nous avons décidé d’explorer les ruelles du village médiéval plutôt que le traverser en longeant la rue principale, percée au XIXe siècle à coups de dynamite. Nous arpentons de pittoresques petites rues qui passent parfois sous les maisons. Nous longeons une petite grotte bordée d’un passage souterrain. Figuiers et mûriers prodiguent une ombre qui sera bienvenue au cœur de l’été. Nous déambulons dans les calades (en faisant attention à ne pas glisser car Mr 1er a une entorse du genou et j’ai moi-même une cheville récalcitrante). J’étais déjà venue à Balazuc en 2017 avec Mr 2e et Melle 3e et nous étions monté sur le toit de l’église romane pour profiter de la vue. Compte tenu de l’état du genou de Mr 1er, nous n’irons pas cette fois, mais si vous passez à Balazuc, je vous le recommande.
Certaines calades ont été creusées dans le rocherles calades passent parfois sous les maisonsOlivier, figuier, laurier rose : la végétation est très méridionale dans ce secteur de l’Ardèche
Le Museum de l’Ardèche
Tout en prenant notre temps, nous sommes arrivés au Museum de l’Ardèche à l’heure de l’ouverture matinale. Ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre, nous avons été surpris par la modernité du bâtiment.
J’ai eu un coup de coeur pour les lettres métalliques servant d’enseigne au Museum, à la fois massives et élégantes. On ne peut pas les manquer et en même temps, elles s’inscrivent parfaitement bien dans l’environnement.
Un atelier « fouilles »
En arrivant, nous avons découvert que mon invitation nous donnait accès à un atelier Fouilles. Il y en avait justement un à 10.00, juste à l’ouverture. Nous avons donc commencé notre visite par l’atelier. Nous avons eu de la chance car nous étions seuls pour y participer. Le médiateur nous a emmenés sur l’arrière du bâtiment, à flanc de coteau. Là, sept bacs de fouilles représentent autant de milieux naturels que l’on peut croiser en Ardèche : pouzzolane, calcaire, granit, etc. Au bord de chaque bac, un panneau explique les minéraux et fossiles qu’il est possible de trouver dans le milieu naturel ardéchois correspondant, ainsi que sa localisation dans le département.
L’ombre du squelette du T-rex est projetée par le soleil au pied du squelette du tricératops (ces deux squelettes sont des moulages en bronze à taille réelle)
Notre mission est simple : nous avons une heure pour fouiller les sept bacs et y trouver fossiles et minéraux. Si le concept peut paraitre enfantin, je dois avouer qu’il est très facile de se prêter au jeu. Ainsi, avec Mr 1er, nous avons bien consciencieusement gratté chacun des bacs pour trouver un exemplaire de chacun des minéraux et fossiles qu’il était possible d’y trouver. Et si certains sont simples à repérer, d’autres demandent un peu plus de patience et d’attention. Le médiateur passe voir de temps en temps comment nous nous en sortons et nous aide un peu pour ceux que nous peinons à retrouver. Le temps qui nous était imparti a filé à toute vitesse, preuve que nous ne nous sommes pas ennuyés. Et nous avons eu la satisfaction d’avoir trouvé chaque minéral et chaque fossile indiqués sur les panneaux. En plus, nous repartons avec chacun nos trouvailles pour agrandir notre collection de petits trésors (qui pour ma part compte déjà quelques fossiles en particulier du pont aux étoiles de Rompon, et pas mal de coquillages et petits cailloux).
Mr 1er en pleine fouillePyriteFossile de dent de requin
La collection de fossiles
Après l’atelier Fouilles, nous sommes retournés à l’intérieur du Muséum pour découvrir la collection de fossiles. Nous avons un temps hésité à faire la visite libre, mais avons opté pour la visite guidée, sans regret. Le médiateur présente en effet de nombreuses images des animaux reconstitués que l’on peut par ailleurs découvrir en version fossile. La période balayée va du Cambrien il y a 541 millions d’années jusqu’à l’apparition des premiers hommes il y a 2 millions d’années. La diversité des espèces est donc très impressionnante. Environ 800 fossiles sont présentés dans l’exposition, dont la plus grande partie a été trouvée en Ardèche.
Aperçu des fossiles du Muséum de l’Ardèche
A l’origine du Muséum de l’Ardèche, on trouve la passion d’un homme, Bernard Riou, pour la paléontologie qu’il a découverte en trouvant des ammonites dans les champs familiaux. Il explore les zones fossilifères autour de La Voulte sur Rhône d’où il est originaire. Et c’est en 1982 qu’il fait une énorme découverte : la plus vieille pieuvre connue au monde. A la suite de cela, il va continuer à chercher des fossiles, multipliant les découvertes originales, comme une jument hipparion gravide ou encore la plus ancienne châtaigne d’Ardèche (un vrai clin d’œil à ce fruit emblématique du département). Il constitue ainsi une énorme collection privée, et ouvre un premier espace muséographique à La Voulte. Il y a une quinzaine d’années, Emmanuelle, la fille de Bernard Riou, et Mehdi son mari lancent une entreprise de médiation scientifique axée sur les sciences naturelles. Très vite, l’idée d’un nouvel espace muséal proposant des actions de médiation émerge. La localisation est choisie en raison de sa proximité avec les Gorges de l’Ardèche et de leur flux touristique. Le Muséum de l’Ardèche est né. Il est inauguré en 2016. Aujourd’hui, il est devenu un incontournable de la région. Et, après l’avoir visité, vu la richesse et la diversité des collections, et apprécié la qualité de la médiation, instructive tout en restant ludique, je comprends aisément pourquoi. Mr 1er, qui m’accompagnait, apprécie depuis tout petit les fossiles (sa passion pour les dinosaures n’a pas vraiment cessé !). Il a, tout comme moi, été surpris de la quantité et de la qualité de ceux qui sont montrés au Muséum de l’Ardèche. Nous sommes arrivés curieux et intrigués et sommes repartis enchantés !
la plus vieille pieuvre du monde
Collection de fossiles
(*) Vous pouvez retrouver les horaires d’ouverture, les tarifs, ainsi que le programme des différentes animations sur le site internet du Muséum de l’Ardèche.
Balazuc – Ardèche – mai 2025
Après la visite du Muséum de l’Ardèche, nous avons juste déjeuné en terrasse avant de repartir vers Montélimar et sa gare pour y déposer Mr 1er. Si vous avez un peu plus de temps, vous pouvez :
Profiter de la plage de Balazuc pour une baignade
Louer un kayak pour une balade sur la rivière
Aller vous promener le Vieil Audon, un hameau de Balazuc géré en coopérative
Partir un peu plus loin pour découvrir les autres jolis villages du secteur comme Vogüé (à 10 km) ou Labeaume (à 13 km),
Visiter des grottes, par exemple l’Aven d’Orgnac (à 37 km) ou la Grotte Chauvet 2 (à 25 km)
Vue sur la tour de la Reine Jeanne depuis le village de Balazuc
A noter : j’ai été invitée par le Muséum de l’Ardèche pour venir découvrir leurs activités, dans le cadre d’une collaboration commerciale non rémunérée. J’ai réellement apprécié l’expérience et la découverte, tout comme Mr 1er. Nous étions arrivés très perplexes (surtout après avoir vu à Ottawa et Toronto des fossiles de dinosaures), et nous sommes repartis entièrement convaincus par la qualité à la fois des collections et de la médiation.
Cette semaine, le projet 52 nous propose de découvrir un château. Si vous me suivez depuis un moment, vous devez déjà savoir que j’aime beaucoup le patrimoine et que donc je visite souvent des châteaux. Parmi mes plus récentes (re)découvertes, je peux citer Grignan, Aubenas, Dinan, Fougères, ceux de la forêt de Brocéliande ou encore les nombreux lieux visités lors de mon road-trip Châteaux & Chevaux de l’été dernier en Sologne et en Anjou. Et puis, il y a aussi tous les manoirs et autres petits châteaux que je peux croiser au hasard de mes balades, ceux ruinés qui dominent les villages autour de chez moi, celui de Crussol que j’aperçois quotidiennement, ou bien la Tour de Crest qui marque la jonction du Vercors et de la vallée de la Drôme. Autant dire que je n’ai que l’embarras du choix !
Cependant, j’avais envie de vous proposer un château dont je n’ai pas encore parlé ici. Il y a quelques semaines, je suis retournée visiter le château de Tournon, ce que je n’avais pas fait depuis les premiers temps de mon installation dans la région. La silhouette massive du bâtiment domine la ville et surveille la vallée du Rhône (vous pouvez l’apercevoir dans mon article sur un jardin tournonais dorénavant fermé). La photo que j’ai choisie cette semaine montre le logis, situé au sommet du château et entouré de terrasses panoramiques.
Si vous voulez découvrir comment les autres participants vivent la vie de château, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : je passe la journée avec des copains, et je n’aurai pas du tout le temps de passer sur l’ordinateur. Aussi, les commentaires qui seraient partis en modération et n’apparaitraient pas immédiatement seront validés à partir de demain dimanche. Il est inutile de les renvoyer.
Mi-mai, j’ai passé une journée à partager le quotidien de Fanny, une productrice de plantes sur les hauteurs de Tournon en Ardèche. C’est à l’invitation de Maia, à l’origine du projet LivMyLife, que j’ai pu vivre cette expérience en immersion. Venez, je vous emmène découvrir ce beau projet et mon expérience concrète.
Depuis la ferme de Fanny, on découvre un panorama somptueux
LivMyLife, c’est quoi ?
Je suis certaine que vous connaissez le principe du « vis ma vie ». Il s’agit d’avoir la possibilité, pendant un ou plusieurs jours, de se plonger dans le quotidien de quelqu’un d’autre. Si ce principe est assez répandu dans le monde de l’entreprise, par exemple pour découvrir le quotidien de collègues qui font d’autres métiers que le sien, il est parfois compliqué de trouver des professionnels pour le faire dans le monde artisanal ou agricole. Or, nombreux sont ceux qui aimeraient avoir un aperçu concret d’un métier, que ce soit parce qu’ils envisagent une reconversion ou par simple curiosité.
Partant de ce constat, Maia a imaginé Livmylife, un concept de plateforme pour mettre en contact des Généreux qui ouvrent leurs portes et des Curieux qui viennent découvrir. Le but est de favoriser les échanges, en permettant aux Généreux de partager leur passion et aux Curieux de faire le plein d’idées inspirantes. Quand Maia m’a contactée, et m’a présenté ce projet, j’ai tout de suite aimé le concept, et me suis portée volontaire pour le tester.
Capture écran du site internet livmylife.net faite le 16/05/2025
Après une recherche sur le site internet de LivMyLife pour choisir le stage en immersion qui me convenait, j’ai contacté Fanny qui produit des plantes sur les hauteurs de Tournon. Il y avait d’autres propositions très intéressantes mais j’avais comme critère que ce ne soit pas trop loin de la maison, et l’univers des plantes m’intéresse beaucoup. Suite à quelques échanges, nous avons convenu avec Fanny d’une date pour que je vienne sur sa ferme découvrir son quotidien.
Mon expérience en immersion chez Fanny, productrice de plantes
Une matinée au champ
Le rendez-vous était donné à l’atelier de Fanny vers 9.30. Nous sommes d’ailleurs arrivées pile en même temps, chacune par un côté de la route différent. Nous avons commencé par faire connaissance autour d’un tisane, issue des préparations de Fanny, et en avons profité pour discuter du planning de la journée et de mes attentes. Nous avons ensuite pris la direction du champ voisin où poussent les différentes plantes utilisées par Fanny pour leurs vertus, que ce soit dans ses infusions ou dans ses macérations cosmétiques. Notre première tâche était le désherbage des échinacées. Fanny a commencé par me montrer quelques plantes et me faisant découvrir aussi leurs odeurs. Puis nous avons commencé à arracher les herbes qui venaient étouffer les échinacées en pleine croissance, installées côte à côte et profitant de ce moment pour discuter.
Vue sur la vallée du DouxDans le champ de culture
Après une petite heure de désherbage, nous avons récupéré un panier et des épinettes pour aller cueillir le sureau en fleurs. Nous sommes partis dans les champs en pente derrière la ferme où le voisin de Fanny fait pâturer des chevaux (que nous n’avons pas croisés ce jour-là). Tout en navigant dans les ronces et les orties, nous avons coupé plus de 700 grammes de fleurs. Une fois le panier plein, nous sommes revenues vers la ferme pour mettre notre récolte à sécher. Fanny en a profité pour m’expliquer le fonctionnement de son séchoir qui tire partie de la chaleur du soleil via une tôle et une circulation d’air naturelle.
dans le champcueillette avec vuesureau en fleurs
Un après-midi au labo
Avant de faire la pause déjeuner, nous avons déplacé un peu de matériel et de plantes séchées dans une petite salle à proximité en prévision de l’atelier que Fanny devait mener le surlendemain. Après le repas que nous avons partagé, nous avons fait des tâches à l’intérieur. Nous avons commencé par la mise en flacons d’un macérat huileux d’immortelle. Après m’avoir montré, Fanny m’a laissé faire. Et je dois avouer que cela demande beaucoup de précision pour remplir correctement des petits flacons de 15 millilitres. Une fois préparée la quarantaine de flacons dont Fanny avait besoin, nous avons débuté la préparation d’un mélange pour infusion avec des orties, du romarin, et de la menthe. Nous avons manqué de temps pour mélanger les plantes mais nous avons découpé les orties en plus petits morceaux, en particulier les tiges (que Fanny conserve dans son infusion car elles sont pleines de vertus). Après cela, il était temps de redescendre dans la vallée du Rhône pour notre dernière tâche de la journée. Fanny m’a emmenée réapprovisionner son rayon dans un des magasins de producteurs où elle distribue ses produits.
L’huile à l’immortelle était très d’une couleur dorée, et son odeur très parfumée.
Ce que j’ai pensé de mon expérience LivMyLife
J’ai réellement apprécié cette journée avec Fanny. Nous avons passé la plupart du temps à discuter. Fanny m’a donné plein d’explications très claires sur son métier, la façon dont elle travaille, et les vertus des plantes qu’elle utilise. Mais surtout, nous avons beaucoup échangé autour de nos parcours de vie respectifs. J’ai trouvé ces échanges vraiment très enrichissants. Fanny a su orienter la journée en fonction de mes aspirations, et je n’ai aucun doute qu’elle aurait pu mener la journée tout autrement si j’avais souhaité avoir plus de détails sur l’une ou l’autre facette de son métier.
Concernant le projet LivMyLife, comme je l’ai écrit plus haut, j’ai tout de suite été convaincue par le concept. J’avais très tôt échangé par écrit et par téléphone avec Maia, que j’ai rencontrée en mars sur un salon. Son enthousiasme pour ce projet est hyper communicatif. Quant à la plateforme, je l’ai trouvée très simple à utiliser en tant que Curieux. Si à ce jour, le nombre de propositions de stage est encore limité, Maia cherche activement de nouveaux Généreux. Si vous êtes intéressés pour en faire partie, n’hésitez pas à contacter Maia via le site internet de LivMyLife afin qu’elle vous donne plus d’informations.
Liens utiles
Plateforme LivMyLife : pour découvrir les propositions des Généreux et réserver un stage
Le site de Fanny La Magie des Plantes : pour découvrir et acheter les produits qu’elle fabrique à partir des plantes qu’elle cultive ou ramasse.
Tournon – Ardèche – mai 2025
(*) J’ai été invitée par LivMyLife à participer au stage chez Fanny. Il s’agit donc d’une collaboration commerciale (non rémunérée). Mon avis et mon enthousiasme sont bien réels et reflètent très exactement l’expérience que j’ai vécue.
Si je vais assez souvent me promener sur le massif de Crussol, je vais plus rarement jusqu’à son petit frère, le massif de Soyons. Ils ont pourtant beaucoup de points communs et sont issus du même plissement géologique, bordant tous les deux la « vallée morte », l’ancien lit du Rhône. Soyons est dominé par un vestige féodal, la Tour Penchée, lui même installé sur un ancien oppidum gaulois. Aller se promener sur le massif de Soyons, c’est à la fois une pause nature et un saut dans le passé, jusqu’aux temps lointains de la préhistoire.
Vue sur la vallée du Rhône et la forêt de Saoû depuis le massif de Soyons
Une balade sur le massif de Soyons
Dans la forêt au pied de la Tour Penchée pour profiter de l’ombre
La dernière fois que j’étais allée à Soyons, il ne faisait pas très beau. Cette fois, la météo était très printanière, et le soleil brillait. J’avais comme idée de visiter les grottes. Aussi, après avoir laissé la voiture au parking, j’ai commencé l’ascension des quelques 300 marches qui permettent d’accéder à l’entrée du site archéologique. C’est aussi ce chemin que l’on emprunte pour aller jusqu’au plateau de Malpas et à la Tour Penchée. Cette fois, je me suis contentée de l’observer de loin.
Au bord du chemin, les arbres sont fleuris
C’est après la visite des grottes que j’ai fait une jolie balade dans la forêt qui couvre le massif. J’ai en effet choisi d’emprunter ce chemin pour me rendre à pied au cœur du village où se trouve le musée archéologique. J’ai ainsi pu marcher à l’ombre des arbres, même si à cette période de l’année, les feuillages n’étaient pas encore présents. C’est d’ailleurs ce qui m’a permis de profiter de jolis points de vue sur la vallée du Rhône, le fleuve ayant une jolie couleur bleue sous le soleil.
Les chemins se faufilent entre les arbres dans la forêtApercevoir le Rhône et la plaine de Valence depuis les hauteurs du massif de Soyons
Sur le Serre de Guercy, une vue à 360 degrés
Je ne suis pas cette fois montée jusqu’à Serre de Guercy, mais les chemins qui parcourent le massif de Soyons permettent d’y accéder assez facilement depuis le chemin des grottes. De là-haut, on domine la vallée morte, mais surtout on bénéficie d’un panorama à 360 degrés sur les environs. C’est à mon avis l’un des plus jolis points de vue sur la Tour Penchée.
La Tour Penchée vue depuis le Serre de Guercy – un jour avec beaucoup de pollution – janvier 2017Le plateau de Malpas et la vallée du Rhône, vus depuis le Serre de Guercy un jour avec beaucoup de pollution – janvier 2017
La découverte du site archéologique
Les grottes, dans les pas de Néandertal
Comme je le disais, ce qui m’avait amenée sur le massif de Soyons, c’était la perspective de (re)visiter les grottes. J’y étais déjà venue en octobre 2011, quelques mois après mon arrivée dans la Drôme, mais j’en avais un souvenir très flou. Il faut dire que ce jour-là, j’étais accompagnée de 5 enfants et adolescents (Mr 1er, Mr 2e, Melle 3e et deux de leurs cousines). Je pense que j’avais passé plus de temps à surveiller tout ce petit monde qu’à m’intéresser à la visite.
J’aime beaucoup le logo du site archéologique de Soyons avec son mammouth sympathique
Les grottes de Soyons (on en connait actuellement 8) ont été utilisées à la préhistoire comme abri par les hommes de Néandertal. Plus tard, certaines ont servi de sépultures au néolithique. C’est cependant sur la période Néandertal qu’elles sont le plus intéressantes et les archéologues qui continuent à fouiller y ont fait d’importantes découvertes. Celles-ci nous aident à mieux comprendre Néandertal qui était beaucoup plus évolué qu’on l’a longtemps pensé. Loin de l’image simiesque, Néandertal était une vraie civilisation. Ainsi, les fouilles nous ont permis d’apprendre qu’il avait découvert comment faire du feu, mais aussi qu’il utilisait des outils pour chasser, préparer sa nourriture ou encore coudre. A Soyons, on a pu trouver aussi des traces de cannibalisme à l’époque de Néandertal (et c’est le cas sur seulement 10 autres sites en Europe), même si on ne sait pas (encore ?) en expliquer les raisons (parmi les hypothèses : un rituel pour s’approprier les capacités de ses ennemis ou d’un membre éminent de la communauté ou encore le manque de nourriture). On a aussi retrouvé de nombreux os d’animaux, permettant de se faire une idée très précise de la faune qui peuplait les environs à la préhistoire : mammouths, ours des cavernes, hyènes, lions des cavernes…
La visite permet de découvrir deux des grottes de Soyons, la grotte de Néron (rien à voir avec l’empereur romain : c’était le nom du chien qui a trouvé l’entrée au XIXe siècle) et le trou du Renard (parce qu’on y a découvert un squelette de renard…). Dans la première, des reconstitutions ont été installées, permettant de se faire une idée à taille réelle à la fois de nos « cousins » Néandertal (qui nous ont légué entre 2 et 4% de leur ADN) et des animaux qu’ils pouvaient croiser tandis que le guide montre divers artefacts retrouvés dans la grotte pour appuyer ses propos. Dans la seconde grotte, le visiteur peut surtout admirer de très belles concrétions géologiques : draperies, fistuleuses, stalactites et stalagmites. Avec un peu de chance (et cela a été mon cas), vous apercevrez aussi quelques minuscules chauve-souris.
Petit coup d’oeil à la grotte de Néron à travers la grille (les photos sont interdites dans les grottes)
Le musée et son mammouth
Après la visite des grottes, je suis allée dans le village de Soyons pour visiter le petit musée archéologique qui est compris dans le billet d’entrée des grottes. Dans trois petites salles, on peut voir des fossiles préhistoriques ainsi que des artefacts taillés par l’homme à la préhistoire dont la plus grande partie a été retrouvé dans les environs (quelques fossiles viennent de régions plus lointaines). On peut également admirer une mosaïque datant de la période gallo-romaine, ainsi que quelques pierres sculptées. Mais ce qui m’a le plus marquée, c’est le mammouth (enfin demi mammouth serait plus exact car il n’y a que l’avant). Si les squelettes de mammouth ne sont pas rares, les conditions de découverte de celui-ci sont plutôt amusantes. C’est en effet un habitant de Soyons qui l’a découvert par hasard sous sa maison en creusant pour aménager sa cave (et c’est pour cela que le logo du site archéologique est un mammouth).
Présentation old school des silex taillés trouvés à SoyonsJ’ai appris au cours de ma visite que le bébé du mammouth s’appelle un mammoutheau et que le mammouth a 6 poussées de dents par cavité dentaire au cours de sa vie.Le fameux mammouth de Soyons
Soyons – Ardèche – avril 2025
(*) Les grottes et le musée archéologique se visitent avec le même billet. Il est conseillé de se rendre d’abord aux grottes, au pied desquelles se trouve un parking. Le stationnement dans le village, aux ruelles étroites, est déconseillé. Attention, pour accéder aux grottes, il faut monter environ 300 marches et faire une petite marche d’approche. Les visites de la grotte de Néron et du trou du Renard sont exclusivement guidées et le départ se fait environ toutes les 30 minutes à la grotte de Néron. L’horaire de la prochaine visite est affiché sur place, et l’achat des billets se fait sur place. L’ensemble des informations est à retrouver sur le site internet des grottes de Soyons. Pour rejoindre le musée depuis les grottes, il est possible de passer par la forêt ou de redescendre pour longer la route (très passante).
En traversant le village pour aller au musée, on peut croiser des habitants sympathiques
Le massif de Soyons offre de nombreuses possibilités de randonnées. L’accès à la Tour Penchée depuis les grottes est assez facile. Si vous voulez vous y rendre directement, et que vous vous stationnez au parking des grottes, il faudra aussi passer par la montée des 300 marches. On trouve de nombreuses orchidées sauvages au printemps sur le massif de Soyons. Des balades sont organisées par la communauté de communes pour découvrir cet espace naturel.
Lors de la dernière édition du salon Destination Ardèche (un salon annuel pour découvrir les nombreuses possibilités de balades et visites dans le département), j’avais échangé avec l’équipe de l’Aven d’Orgnac. Je ne connaissais ce grand site de France que de nom alors que ce n’est qu’à 1 heure et demie de route de chez moi (mais en même temps, la région est si riche qu’il y a pléthore de lieux à découvrir dans un tel rayon !). Ils m’ont donc invitée à venir voir sur place la grotte mais aussi la cité de la préhistoire. J’ai profité d’un dimanche un peu gris avant que la saison ne commence vraiment pour m’y rendre.
Avec du soleil, le jardin doit être vraiment agréable
Descendre 120 mètres sous terre
J’avais choisi d’arriver tôt pour suivre la première visite du matin, à l’ouverture du site. En effet, le temps maussade a tendance à pousser les visiteurs vers les lieux couverts et je voulais autant que possible éviter la foule. Le calcul s’est avéré bon : nous étions 7 visiteurs pour découvrir la grotte (le guide nous a glissé que la veille, dans l’après-midi, il avait eu des visites avec une soixantaine de personnes). C’est donc dans d’excellentes conditions que j’ai pu apprécier les merveilles souterraines de l’Aven d’Orgnac.
En chemin vers les entrailles de la terre !
Après une courte introduction sur la topologie de la grotte, nous entrons dans le vif du sujet et un premier escalier qui descend vers la première salle de l’aven. En tout, nous descendons un peu plus de 700 marches pour arriver 120 mètres sous la surface. Le premier escalier est un tunnel qui a été creusé pour l’ouverture de la grotte au public en 1939, seulement 4 ans après la première exploration de la grotte par Robert de Joly et ses acolytes. Il faut dire que l’entrée naturelle n’est praticable que pour des spéléologues bien équipés. En effet, un aven est une grotte dont l’entrée est verticale. L’entrée naturelle d’Orgnac est un trou qui se situe au milieu des chênes verts qui peuplent les environs, et qui mène à la première salle de la grotte dont le plafond s’élève à près de 30 mètres, tout en se situant à une cinquantaine de mètres sous la surface.
L’entrée naturelle de l’Aven d’OrgnacConcrétion en forme de « pancakes »
Quand nous arrivons dans la première salle, l’émerveillement est total. La lumière du matin passe à travers l’entrée naturelle de la grotte et la différence de température entre l’extérieur et l’intérieur produit une brume mystique. Face à nous, une immense salle avec de superbes concrétions déploie ses grandes dimensions : plus de 120 mètres de long pour presque 75 mètres de large. Avec la pluie des semaines et des jours précédents, la grotte est particulièrement active. L’eau coule, goutte, ruisselle. Les concrétions brillent des cristaux nouvellement déposés.
Magie des concrétions verticales
Nous continuons notre périple souterrain, tandis que notre guide nous explique comment la grotte s’est formée ainsi que l’histoire de sa découverte et de son aménagement au début du XXe siècle. La descente se poursuit au fil des salles. Partout où le regard se pose, les sculptures naturelles sont impressionnantes par leur taille et magiques par leurs détails. Moi qui aime les découvertes souterraines, je suis sous le charme. Stalactites, stalagmites, draperies, piliers : tout semble démesuré. Nous pouvons même admirer l’eau au travail. A plusieurs endroits, les gouttes tombent du plafond sur une stalagmites en produisant un splash dans la petite flaque au sommet. Le spectacle est hypnotisant.
le point jaune est un mannequin de taille adulte
Nous arrivons au bout des 700 marches. Nous sommes 120 mètres sous la surface. La dimension des salles est toujours aussi impressionnantes. Dans le fond, un mannequin de taille adulte nous donne une idée de l’échelle : nous sommes clairement minuscules dans ce monde souterrain exceptionnel. Avant d’assister au son et lumière qui anime la dernière salle, le guide nous fait expérimenter l’écho des lieux en nous invitant à lancer tous ensemble un hé-ho. Celui-ci reste suspendu dans les airs durant de longues secondes. Après le spectacle, la visite s’achève. Cela fait bientôt 1 heure et demie que nous avons pénétré dans cet univers souterrain (normalement, la visite est annoncée pour durer 1 heure, mais notre guide nous a permis de prendre notre temps car nous étions peu nombreux et le seul groupe présent dans la grotte ce matin-là). Il est temps de remonter à la surface en empruntant les ascenseurs.
Le cœur de Robert de Joly, l’inventeur de l’Aven d’Orgnac, est conservé dans la grotte, dans une urne installée sous les draperies des grandes orgues d’Orgnac
Profiter de la cité de la Préhistoire et des environs
Après la visite de la grotte, je suis allée faire un tour à la cité de la Préhistoire. C’est l’occasion de (re)découvrir la faune qui peuplait l’Ardèche il y a fort longtemps, mais aussi de faire un état des lieux des découvertes archéologiques et de nos connaissances actuelles sur la vie des hommes préhistoriques. C’est un voyage dans le temps depuis l’époque des Prénéandetaliens, qui ont occupé le site il y a 350 000 ans, jusqu’au néolithique 5500 ans avant notre ère et les dernières traces d’occupation préhistorique dans les grottes avoisinantes. Toute occupée à lire les différents cartels, je n’ai même pas pensé à prendre des photos ! J’ai trouvé que les outils de médiation étaient très bien faits, avec beaucoup de manipulations accessibles même aux enfants. J’ai ensuite profité du snack du site pour une pause déjeuner rapide. J’ai même réussi à m’installer sur la terrasse au milieu des chênes verts alors que le ciel se couvrait de plus en plus.
Une forêt de chênes verts s’étend tout autour de l’Aven d’Orgnac
(*) Les conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de l’Aven d’Orgnac. Il faut compter 1 heure pour la visite guidée de la grotte et 1 heure pour la cité de la préhistoire. A certaines périodes de l’année, des médiateurs proposent des ateliers à la cité de la préhistoire pour expérimenter les techniques préhistoriques, par exemple pour faire du feu. Attention, en période estivale, surtout les jours de pluie, il est fortement conseillé de réserver sa visite sur internet afin de s’assurer de pouvoir entrer dans la grotte en raison de la forte affluence. Sur place, un snack propose une restauration rapide faite maison à base de produits frais. En dehors des visites de la grotte, il est aussi possible d’y faire de la spéléologie, des dégustations de vin ou d’y assister à un concert. Cette dernière expérience me tente beaucoup d’ailleurs, peut-être une affaire à suivre donc !
Sur la route, faire un arrêt à Aiguèze
Depuis Valence, la route que m’a fait suivre le GPS pour aller jusqu’à l’Aven d’Orgnac m’a fait passer par Pont Saint Esprit et Aiguèze dans le Gard. En y passant le matin, je me suis dit que je m’y arrêterais au retour. C’est ce que j’ai fait à Aiguèze. Je connaissais déjà ce village, classé parmi les plus beaux de France et situé à la sortie des Gorges de l’Ardèche, sur la rive droite de la rivière. En effet, un copain m’avait conseillé d’y faire un saut lors de mon tout premier passage dans les Gorges de l’Ardèche au printemps 2017. Le village étant essentiellement piéton, il faut se stationner sur l’un des deux grands parkings situés aux abords.
Aiguèze est dans un terroir viticole et le village est entouré de vignesEn arrivant à pied depuis le parking, on profite d’une jolie vue sur le village.
Ce dimanche là, il y avait un vide grenier organisé dans les petites ruelles charmantes. Il y avait aussi beaucoup de monde, et je n’ai pas eu l’occasion de prendre beaucoup de photos. J’ai par contre longuement profité de la promenade au pied de l’ancien château fort perché sur son rocher. De là, la vue sur la rivière Ardèche est impressionnante : elle forme en effet un dernier coude au niveau des falaises de sa rive sud avant de quitter complètement les gorges. Comme il avait beaucoup plu les jours précédents, le débit était très important et le niveau de l’eau était très élevé. D’ailleurs, la rive d’en face avait partiellement disparu sous les flots.
une des rares rues calmes du vieux village d’Aiguèze ce jour de vide grenierLa vue sur la rivière Ardèche en crue depuis le village d’Aiguèze
J’ai écourté ma balade à Aiguèze car la pluie qui menaçait depuis un moment a commencé à tomber. Le temps d’arriver à Pont Saint Esprit, il pleuvait très fortement. Aussi, je ne m’y suis pas arrêtée mais j’ai noté de prendre le temps de découvrir cette cité au bord du Rhône une prochaine fois.
Aven d’Orgnac – Ardèche & Aiguèze – Gard mars 2025
L’Aven d’Orgnac est situé dans le secteur des Gorges de l’Ardèche, il y a donc de très nombreuses autres grottes à visiter. Vous en trouverez quelques-unes dans l’article sur une journée dans les Gorges de l’Ardèche. Lors d’un précédent séjour (avant que cette version du blog n’existe), j’avais aussi visité la Grotte Chauvet 2 qui est vraiment à voir au moins une fois. J’ai encore plusieurs grottes que j’ai prévu de visiter dans ce secteur. Je vous en reparlerai donc.
(*) L’invitation à venir découvrir l’Aven d’Orgnac constitue une collaboration commerciale non rémunérée. J’ai cependant vécu l’expérience d’un visiteur tout à fait ordinaire : j’ai seulement « payé » mon billet d’entrée avec un bon cadeau qui m’avait été offert. Et je peux affirmer qu’Orgnac est entrée dans mon top 5 personnel des plus belles grottes à concrétions que j’ai eu l’occasion de visiter.
Avant de me rendre à Charmes sur Rhône pour découvrir le domaine Mirabel Charmis, j’ai profité d’une éclaircie pour aller refaire un tour sous le pont des Lônes à Soyons. Sous les arches de ce pont routier qui enjambe le cours principal du Rhône, mais aussi de nombreux bras secondaires (les fameuses lônes), on trouve en effet un des plus beaux spots de street art de la région. Situé en pleine nature, un peu au milieu de nulle part, les arches du pont des Lônes sont un terrain de jeu privilégié des street-artistes de la région, et en particulier du collectif valentinois Sorry Graffiti. Régulièrement, ils investissent l’une des arches à plusieurs, avec un code couleur homogène et produisent d’immenses fresques sur une thématique.
Je me suis rendue compte que cela faisait bientôt 2 ans que je n’étais pas allée faire un tour dans ce secteur. Comme il fallait s’y attendre, les fresques avaient beaucoup changé, et une fois de plus, c’était génial de pouvoir prendre le temps d’admirer les différentes œuvres. Malgré une luminosité peu flatteuse, j’ai pris quelques photos que je vous propose ici en mode portfolio.
Extraits des fresques réalisées par les artistes du collectif Sorry Graffiti sous le pont des Lônes
Pont des Lônes – Soyons – Ardèche – mars 2025
Si vous voulez jeter un œil à de précédentes fresques réalisées à cet endroit, vous pouvez aller regarder :
Le week-end dernier, j’ai eu le plaisir d’être invitée à une dégustation de vins sur le domaine Mirabel Charmis. J’y ai retrouvé un petit groupe de copains créateurs de contenu. Après une visite (rapide pour cause de pluie) du domaine, nous avons découvert les vins produits sur place accompagnés d’une jolie sélection de fromages et charcuteries. Si je devais résumer cette fin de journée, ce serait que de belles rencontres et de bons produits peuvent être la recette d’une soirée réussie.
Un petit caveau de dégustation a été installé par Claire sur le domaine Mirabel Charmis
A la découverte du domaine Mirabel Charmis
C’est Claire Léorat qui nous a accueillis au domaine Mirabel Charmis, sur les hauteurs de Charmes sur Rhône. Avec son frère Rémi, ils sont en train de reprendre le domaine familial et d’y apporter leur touche. Ainsi, Rémi a commencé il y a une dizaine d’années à produire du vin. Auparavant, leurs parents cultivaient les fruits : pêches, poires, pommes et abricots. Ils avaient aussi installé un labyrinthe végétal. Aujourd’hui, il y a encore des vergers d’abricotiers et de pommiers, et une petite production de jus de fruits. Mais progressivement, la vigne prend de plus en plus de place. Il y a 7 hectares, bientôt 8, plantés en Syrah, Viognier et Cinsault. Les vignes sont depuis longtemps présentes sur ce domaine familial, mais servaient auparavant à une utilisation domestique et pour le paiement des ouvriers agricoles lorsque c’était l’usage.
Les vignes sont plantées tout autour des bâtiments, sur le domaineIl pleuvait malheureusement ce jour-là, mais c’était déjà un bien joli paysage
Après nous avoir raconté que l’histoire du domaine a pu être retracée jusqu’au début du XVIIe siècle (où il était la propriété d’une famille de nobles protestants, qui y ont d’ailleurs installé un cimetière familial), Claire nous a emmené dans les vignes pour nous parler des différents cépages mais aussi de l’évolution actuelle du domaine. En plus de la transformation agricole vers la viticulture, le domaine a pris le virage de l’agrotourisme depuis 2 ans. Claire a ainsi aménagé deux petits gites de charme dans d’anciens bâtiments agricoles en pierre. Mais elle a surtout à cœur de développer l’œnotourisme. C’est dans cette optique qu’un petit caveau de dégustation a été installé.
Avant de déguster les vins de Rémi, nous sommes passés par le chai. Le bâtiment a été construit à la fin du XIXe siècle par l’arrière-grand-père de Claire et Rémi pour la sériciculture (l’élevage du ver à soie, très présent dans la région). Au cours du XXe siècle, il est devenu une salle d’emballage et de triage pour les pêches, et deux chambres froides datent de cette époque.Claire nous montre un pied de vigne qui sera très bientôt planté sur le domaine afin de donner ses premiers raisins à l’automne.
Vins du domaine Mirabel Charmis et produits locaux
Pour accompagner la dégustation des vins du domaine, Claire a fait appel à des voisins et amis pour qu’ils nous fassent découvrir leurs produits. Ainsi, Manon a apporté de la moutarde et des crackers. Elle transforme à Toulaud, juste à côté du domaine, les graines de moutardes produites par son frère à côté de Saillans dans la vallée de la Drôme. J’avais déjà eu l’occasion de goûter les moutardes fabriquées par Manon et j’étais ravie de pouvoir me réapprovisionner !
Manon nous parle de son travail sur la graine de moutarde
Claire a aussi fait appel à Benjamin qui tient la fromagerie de Saint Péray. Il est arrivé avec plusieurs plateaux et des propositions très différentes pour nous proposer un atelier d’accord vin/fromage. J’ai ainsi découvert la tomme en salade, une spécialité ardéchoise à base de fromage égoutté, de vinaigre, d’ail et de moutarde. C’est très frais et idéal à servir avec des pommes de terre par exemple. Accompagné du vin rosé « Le Saint Sot » du domaine, c’était parfait et on aurait presque pu se croire en été si la météo n’avait pas été si capricieuse. Nous avons ensuite dégusté le Viognier (un cépage très ardéchois que l’on retrouve aussi dans l’appellation Condrieu) avec de délicieux picodons d’un producteur de Boffres. Enfin, nous avons pu comparer les deux vins rouges produits sur le domaine, tous les deux en 100% Syrah (un cépage très présent dans la Vallée du Rhône, sur l’appellation Cornas où il est le seul autorisé mais aussi sur les appellations Crozes-Hermitage et Saint Joseph par exemple). La différence entre les deux vins réside dans leur vinification : temps de maturation du jus avec les peaux, puis temps en cuve inox et passage éventuel en barrique de chêne.
Benjamin de la fromagerie de Saint PérayPicodon de Boffres, fromage de brebis travaillé en fleurs, pâte de groseilles à maquereaux, et au fond la tomme en salade dans les petites coupelles de papierBleu du Vercors, Beaufort d’alpage et Gouda fermier au cuminClaire nous sert le Saint Sot, un rosé à base de cépage Cinsault, idéal pour les beaux joursClaire nous explique les différences entre les deux Syrah du domaine Mirabel Charmis
Pour accompagner cet atelier d’accord vin/fromage, il y avait également de la charcuterie ardéchoise (saucisson et caillette), ainsi que de l’excellent pain de la boulangerie de Toulaud. Claire avait aussi prévu du jus de pommes produit par son père sur le domaine. Pendant presque deux heures, nous avons pu déguster ces superbes produits et en apprendre plus sur leurs secrets de fabrication. Bien entendu, nous avons aussi beaucoup discuté, et c’était vraiment un moment très convivial. En plus, Claire et Rémi ont adopté un parti pris pour leurs vins, situés en IGP Ardèche (mais sur aucune appellation) : ils ont construits des vins faciles à déguster et apprécier, commercialisés à des prix très abordables. Et c’est un pari amplement réussi !
L’indispensable duo d’un apéro réussi : le pain et la charcuterieLe jus de pommes du Labyrinthe, production du papa de Claire
Les bonnes adresses
Vins : domaine Mirabel Charmis à Charmes sur Rhône. Le domaine propose des hébergements si vous souhaitez passer quelques jours en pleine campagne, avec de jolies balades à proximité. Claire peut organiser une dégustation des vins du domaine, sur rendez-vous. Il est aussi prévu d’organiser des évènements sur le domaine, par exemple un banquet champêtre au printemps.
Fromages : la Fromagerie de Saint Péray est située dans le centre du village de Saint Péray. Benjamin propose des plateaux de fromage qu’il prépare lui-même. Il est possible de le contacter pour organiser des ateliers de dégustation en accord vin/fromage.
Domaine Mirabel Charmis Charmes sur Rhône – Ardèche – mars 2025
(*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération
(*) J’ai été invité par Claire en tant que créatrice de contenu, cette découverte du domaine Mirabel Charmis et des producteurs locaux est donc une collaboration commerciale non rémunérée. Mais je peux vous assurer que j’ai apprécié les produits qui nous ont été proposés. La preuve : je n’ai pas hésité à sortir ma carte bancaire pour acheter vin et moutarde à ramener à la maison.
J’avais aperçu le château d’Aubenas lors d’une soirée que j’avais passé dans la ville avant de rejoindre des copains pour une journée de découvertes des paysages d’automne en Ardèche. Il était alors fermé pour des travaux de restauration de longue haleine. Il a rouvert au début de l’été dernier, sous la forme d’un centre d’art contemporain. Je n’avais pas eu le temps d’y aller pour la première vague d’expositions présentées. C’est finalement au début du mois de janvier que j’ai profité d’une journée belle mais très venteuse pour aller le découvrir.
La jolie façade du château d’Aubenas avec son toit parsemé de tuiles colorées.
Du Moyen-Âge à nos jours, un château qui évolue
Arrivée en début d’après-midi à Aubenas, je suis allée directement vers le château et j’ai bien fait car cela m’a permis d’assister à la visite guidée patrimoniale. Cette visite permet de découvrir les détails de la construction et de l’évolution du château, mais aussi d’accéder à certaines parties qui ne sont pas visibles en visite libre. La visite commence dans la cour du château. Là, nous sommes au pied du donjon du château fort initial. La cour dessert plusieurs espaces dont d’anciennes salles médiévales en rez-de-chaussée, un escalier de la Renaissance construit en hors d’œuvre et des galeries de la même époque desservant l’ensemble des étages, ainsi qu’un escalier d’honneur du XVIIIe siècle.
La porte d’entrée du château a un très bel heurtoirLook-up depuis la cour, au pied du donjon, et entourée de galeries Renaissance
Avec la guide, nous descendons ensuite dans les sous-sols. Anciens celliers du Moyen-Âge, ils ont ultérieurement servi de prison. Les travaux effectués ont permis de (re)découvrir des graffitis carcéraux, certains datés du XVIIIe siècle et ayant a priori été réalisés par des huguenots emprisonnés après la révocation de l’Edit de Nantes. Ces graffitis sont encore loin d’avoir révélés leurs secrets même s’ils ont déjà été partiellement étudiés.
Graffitis carcéraux figuratifs dans les sous-sols du château d’Aubenas
Nous nous dirigeons ensuite vers les étages. Du XIXe siècle jusqu’il y a peu, le château d’Aubenas, propriété municipale, était occupé à la fois par la mairie et par le tribunal (ce dernier a déménagé en 2014). Au fil des travaux de restauration, des décors datant du XIXe siècle ont été retrouvés, en particulier dans l’ancienne salle des pas perdus. Et la façon dont les inscriptions font référence au Roi des Français permet de dater ceux-ci de l’époque où Louis-Philippe régnait, donc entre 1830 et 1848. Les inscriptions ont ensuite été effacées partiellement au moment de la Deuxième République.
Salle des pas perdus du château d’AubenasLe décor d’origine de la salle des pas perdus de l’ancien tribunal d’Aubenas
Nous empruntons ensuite un escalier moderne, installé lors des derniers travaux pour satisfaire aux normes de sécurité. Il y a eu un véritable parti pris de construire un escalier résolument dans l’air du temps, en métal, bois et verre avec un éclairage très contemporain. Le château continue ainsi à écrire son histoire architecturale et n’est pas un monument figé dans une époque lointaine.
Le nouvel escalier du château d’Aubenas se trouve dans une aile latéraleUn escalier résolument moderne
Le dernier lieu que nous visitons est le donjon. Celui-ci n’est accessible qu’en visite guidée et en petits groupes (nous le visiterons d’ailleurs en deux sous-groupes compte tenu du nombre limité de personnes pouvant y accéder en simultané). L’accès est un peu compliqué car l’escalier, raide et très étroit, se situe dans l’épaisseur du mur. La visite du donjon est donc une expérience à part entière. Une fois au sommet, on domine la ville à 24 mètres de haut. Il n’y a pas de bâtiment plus haut que celui-ci, et le panorama est à 360°.
Du sommet du donjon, on surplombe les toits du château. Certains (dont le donjon) ont été couverts en tuiles vernissées au XVIIe siècle par la famille d’Ornano qui était alors propriétaire des lieux. (L’effet un peu flou est dû au fait que les ouvertures sont toutes grillagées afin d’empêcher les pigeons de venir s’installer)
Petit conseil : depuis la cour, une porte donne accès aux toilettes et à des casiers. N’hésitez pas à la pousser et à descendre les escaliers : vous vous trouverez alors dans les anciennes écuries du château !
Les expositions de l’hiver 2024-2025
Le château d’Aubenas, suite aux travaux de restauration, est devenu un centre d’art contemporain. Il accueille donc différentes expositions qui changent au fil des saisons. Après une première série l’été dernier, c’est donc la seconde série d’expositions qui est actuellement présentée. Je n’ai pas vraiment accroché à cette programmation, et si j’ai bien aimé Dans une rouge clairière, les autres présentations ne m’ont pas convaincue. Même la présentation des photographies de Vanessa Winship n’a pas réussi à me faire entrer réellement dans l’univers de la photographe.
Gérard LattierDans la courVanessa WinshipVanessa WinshipJ’ai pleuré devant la fin d’un mangaJ’ai pleuré devant la fin d’un mangaJ’ai pleuré devant la fin d’un mangaJ’ai pleuré devant la fin d’un mangaDans une rouge clairière par Île/Mer/Froid
(*) Le château est situé en plein centre ville. Les conditions de visite sont détaillées sur le site internet du château d’Aubenas. Vous y retrouverez aussi le détail des expositions en cours. Le château est fermé entre deux périodes d’expositions pour permettre les démontages et installations.
Les expositions présentées jusqu’au 30 mars 2025 sont les suivantes, et correspondent aux photos ci-dessus
Dans une rouge clairière, par le duo Île/Mer/Froid (Hugo Lemaire et Boris Geoffroy)
Gérard Lattier, mythologies ardéchoises
Vanessa Winship, une route sans fin
J’ai pleuré devant la fin d’un manga, exposition collective
Attention, certaines œuvres peuvent heurter les sensibilités et être assez dérangeantes. Il convient donc de se méfier, en particulier si vous souhaitez visiter le château avec des enfants, et de vous renseigner préalablement sur le contenu des expositions au moment de votre passage.
Un petit tour en ville pour finir l’après-midi
En sortant du château, le mistral soufflait très fort. Avec les températures glaciales, cela ne donnait pas très envie de se balader dans Aubenas aussi je suis juste allée prendre un goûter. Si le temps est plus favorable, les ruelles sont jolies et très agréables. Il ne faut pas non plus manquer le point de vue depuis la montée du château, accessible en passant par la porte à gauche de l’entrée du château quand vous regardez la façade. De là, vous dominez la rivière Ardèche qui se faufile.
Par ici, il est possible d’accéder à un joli panoramaLa vue sur la rivière Ardèche depuis la montée du châteauLa place devant le château vue depuis les machicoulis
Pour le goûter, je vous conseille La Fabrique Givrée qui se situe sur la place à côté du château. Leurs glaces sont délicieuses (et idéales aux beaux jours) mais ils proposent aussi des beignets tièdes ou des bâtonnets de gaufre agrémentés d’une boule de glace, un délice parfait même en hiver !
L’Automnal Gourmand est un ensemble d’évènement durant tout le mois d’octobre sur les territoires Ardèche Hautes Vallées, du Pays de Lamastre et du Haut Pays du Velay, entre Ardèche et Haute-Loire. Le projet a été initié par Jacques Marcon, le chef 3 étoiles de Saint Bonnet le Froid pour fédérer les villages autour d’évènements gourmands en pleine saison des champignons, châtaignes et courges. La semaine dernière, j’ai eu la chance de participer au lancement de cette 4e édition de l’Automnal Gourmand. Je vous emmène pour un avant-goût de ce qui vous attend jusqu’au 3 novembre.
Présentation de l’Automnal Gourmand à Saint Bonnet le Froid
Rendez-vous au lac de Devesset
Le rendez-vous était donné à 9.30 au lac de Devesset. Situé à 1100 mètres d’altitude sur le plateau ardéchois, ce lac a des allures de grand nord avec ses rives bordées de sapins. Si en été, le lieu est très fréquenté, en automne (surtout en semaine tôt le matin), il n’y a pas foule. Comme j’étais en avance, j’en ai profité pour me balader un peu sur les rives. Le vent faisait ondoyer l’eau, dans un mouvement carrément hypnotisant. Je ne connaissais pas le lieu mais je suis immédiatement tombée sous le charme.
Avec cette lumière, et les rives arborées, le lac de Devesset m’a fait penser à la région des 1000 îles au Canadaau rythme hypnotisant de l’eau qui onduledépaysement garanti
Cueillette de champignons
Après un café/croissant partagé avec l’ensemble des partenaires de l’Automnal Gourmand (presque 120 personnes présentes ce matin-là !), Jacques Marcon a donné le top départ d’une cueillette de champignons, encadrée par des mycologues. Le plateau ardéchois est en effet un hotspot du champignon français, en particulier dans les environs du lac de Devesset. Il nous a été annoncé que nous trouverions sans problème plus de 40 variétés de champignons dont une bonne partie comestibles. J’avoue que le chiffre m’a semblé énorme sur le moment (spoiler alerte : ce n’est pas un chiffre exagéré).
C’est parti pour la chasse aux champignons !
Nous sommes partis en petits groupes et à peine avions nous fait quelques pas que nous trouvions une première coulemelle. Moi qui n’étais pas allée cueillir les champignons depuis des années et craignais de ne pas savoir reconnaître les espèces que j’avais l’habitude de ramasser enfant, j’ai vite été rassurée. J’ai beaucoup apprécié les explications données par le mycologue, que ce soit sur les premières identifications ou sur comment faire la cueillette. Cette fois, le but n’est pas de faire une cueillette alimentaire mais de ramasser un maximum de champignons différents pour qu’ils soient ensuite identifiés et exposés. C’est amusant car je repère des champignons auxquels je n’aurais sans doute pas prêté attention autrement.
Ces mini champignons étaient bien cachés dans les feuillages au solJ’ai bien aimé la forme originale de certains champignonsCa champignon orange un peu « punk » pousse sur les racines d’un arbreJouer à prendre les champignons en photoTrouver de beaux spécimensAprès plusieurs jours de pluie, les mousses étaient gorgées d’eauLa couleur de celui-ci est assortie à celle des fruits des myrtilliers qui l’entourent !La récolte a été bonne !
Déjeuner dans un lieu d’exception
Après un peu moins de deux heures de balade / cueillette / échanges, il est temps de prendre la route pour rejoindre le lieu du déjeuner. Pour cela, nous prenons la direction de Saint Bonnet le Froid, en Haute-Loire, à deux pas de l’Ardèche. C’est en effet aux Maisons Marcon que nous sommes attendus. Là, nous sommes accueillis par Régis et Jacques Marcon (trois étoiles au guide Michelin). Ils nous rappellent, avec les responsables des différentes communautés de communes concernées, les origines de l’Automnal Gourmand et sa raison d’être pour valoriser un territoire rural et bien vivant, ainsi que les principaux temps forts sur les semaines à venir.
L’arrivée aux Maisons Marcon à Saint Bonnet le Froid
L’accueil par Jacques (au premier plan) et Régis (en arrière plan) Marcon
Afin de continuer dans la convivialité, un buffet froid avait été dressé dans la grande salle du restaurant gastronomique avec salade de lentilles, charcuteries et fromages locaux, produits par des prestataires participant à l’Automnal Gourmand. Mais le clou du repas, c’était le (fameux) cochon en croûte de foin préparé par les Marcon. En plus, j’ai eu l’immense chance d’arriver dans les cuisines pile quand Régis Marcon ouvrait la croûte de l’un des deux jambons : un moment exceptionnel pour la fan de cuisine et gastronomie que je suis. C’est ensuite Jacques Marcon qui servait le cochon découpé dans les assiettes, dans la cuisine, à la bonne franquette. Et la dégustation qui a suivi a été largement à la hauteur du spectacle de l’ouverture du jambon en croûte de foin. Le repas s’est achevé sur une gourmandise 100% ardéchoise : Lou Pisadou, un gâteau à la crème de marron (que j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier l’an dernier du côté de Berg et Coiron).
Dans les cuisines des Maisons Marcon avec les chefs Régis et Jacques Marcon
Le délicieux jambon au foin accompagné d’un gratin aux cèpes
Lou Pisadou, spécialité pâtissière ardéchoise
C’est également dans les cuisines du restaurant de Régis et Jacques Marcon que nous avons pu découvrir l’exposition de tous les champignons ramassés le matin. Les quatre mycologues qui nous avaient accompagnés ont rangé les spécimens par type avant de soigneusement les étiqueter avec leurs noms et caractéristiques. Nous sommes largement au dessus des 40 espèces, preuve de la biodiversité des bords du lac de Devesset.
De nombreux évènements et animations à découvrir
Cette journée de lancement de l’Automnal Gourmand touche à sa fin. Elle a été riche en découvertes et en échanges. Mais l’Automnal Gourmand dure cinq semaines, avec de nombreuses animations et des temps forts iconiques. Parmi toutes les propositions, voici celles qui me tentent le plus dans la programmation de cette édition de l’Automnal Gourmand :
les castagnades de Saint Pierreville (les 12 et 13 octobre) et celles de Désaignes (le 20 octobre)
la foire aux champignons de Saint Bonnet le Froid (les 2 et 3 novembre)
une balade à la découverte du châtaignier à Saint Pierreville (le 12 octobre)
Il y a aussi des balades mycologiques comme celle que j’ai pu faire, avec Jérôme à Saint Bonnet le Froid (par exemple le 12 octobre), ou encore des randos gourmandes, des stages de cuisine, des visites de producteurs… Le programme est vraiment varié et s’intéresse à tous les aspects de la gourmandise automnale, même si les stars restent les champignons et les châtaignes.
balade en forêt autour du lac de Devesset
Devesset – Ardèche Saint Bonnet le Froid – Haute-Loire 30 septembre 2024
(*) Cette belle journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) de l’office de tourisme Ardèche Hautes Vallées à participer à cette journée de lancement de l’Automnal Gourmand et je les remercie de m’avoir permis de vivre ces beaux moments. C’était pour moi une découverte de ce territoire et de son voisin le Haut Pays du Velay, et j’ai eu un coup de cœur pour les paysages du plateau ardéchois mais aussi pour le sens de l’accueil de toutes les personnes rencontrées.