[Drôme] un week-end nature à Chatillon en Diois en 5 étapes

Je n’étais allée qu’une seule fois à Chatillon en Diois. Ce jour là, je partais avec Mr 2e pour Mirmande, on avait aperçu de la neige sur les sommets du Glandasse et décidé d’opter pour un autre « plus beau village de France » : Chatillon en Diois. Notre découverte avait été rapide, entre le jour qui déclinait tôt et une entorse de la cheville qui m’empêchait de forcer, mais j’avais envie d’y revenir. L’occasion est venue d’une invitation à venir découvrir Valterra Lodges, des hébergements qui viennent d’ouvrir. J’ai choisi de venir le jour de la fête de la transhumance, un évènement qui me tentait depuis longtemps. Pour compléter le week-end, je suis allée randonner dans les magnifiques paysages du Diois.

Les vignes de Chatillon en Diois au pied des montagnes
Dans les vignes de Chatillon en Diois

Comprendre le pastoralisme à la fête de la transhumance

Les fêtes des transhumances sont nombreuses dans les massifs autour de chez moi. Le pastoralisme fait en effet partie des traditions de l’élevage, en particulier ovin (mais il y a aussi souvent des chèvres qui montent à l’estive en même temps). Au début de l’été, les troupeaux prennent la direction des alpages, guidés par les bergers à pied depuis les vallées où ils ont passé l’hiver dans les fermes. Cela donne lieu à des évènements festifs. Dans le Diois, la fête de la transhumance est jumelée à une fête de la Clairette, production viticole emblématique de la région.

défilé des brebis à la fête de la transhumance
Le moment fort de la transhumance, c’est le passage du troupeau dans les ruelles du village

Le temps fort de la fête de la transhumance est le passage des brebis dans les ruelles du village. C’est celui qui marque le début de la fête et il a lieu dès le matin. A Chatillon en Diois, ce sont presque 700 brebis et chèvres qui ont ainsi traversé le village vers 10.30 du matin en trottinant. Le spectacle ne dure pas longtemps mais il est impressionnant. Le reste de la journée, le troupeau se repose dans un pré en lisière du village, sous l’œil attentif des patous. Et justement durant la fête, des ateliers sont organisés pour mieux comprendre le rôle des patous, le comportement à avoir quand on croise un troupeau en montagne l’été, le travail des berges et de leurs chiens, mais aussi les enjeux du pastoralisme tant dans la dimension économique et agricole que dans la préservation des paysages.

troupeau de brebis se reposant à l'ombre
Le troupeau profite de l’ombre des arbres sous la surveillance du patou

Participer à une visite guidée du village

J’étais arrivée tôt afin de participer à la visite guidée du village prévue à 9.00 (afin qu’elle se déroule avant le lancement de la fête et que les ruelles ne deviennent trop encombrées). Découvrir un village avec une guide qui le connait par cœur, c’est l’occasion de prêter attention à des détails qui nous auraient échappé, de passer dans des endroits qu’on devine parfois à peine et surtout d’entendre plein d’anecdotes. La visite de Chatillon en Diois ne m’a pas déçue de ce point de vue. C’est toujours intéressant d’apprendre comment le village s’est construit et développé ou quels sont les enjeux géopolitiques auxquels il a fait face.

(Re)Découvrir la Clairette de Die à travers une randonnée dans les vignes

En même temps que la fête de la transhumance, dans le Diois, c’est la fête de la Clairette. Une grande partie des producteurs de Clairette étaient ainsi présents, proposant des dégustations, accessible avec un pass acheté au préalable. D’autres animations étaient incluses dans le pass, dont une randonnée dans les vignes accompagnés par des viticulteurs. A l’heure dite, nous sommes donc partis avec un groupe d’une quarantaine de personnes à pied du centre du village en direction des vignes. Nous avons ainsi pu découvrir les différents cépages qui entrent dans la composition de la Clairette (qui est une AOP), mais aussi des deux autres appellations locales : les coteaux du Diois et l’appellation Chatillon en Diois (qui produit des vins blanc, rouge et rosé). J’ai beaucoup aimé cette balade au cours de laquelle les viticulteurs nous ont montré les actions qu’ils réalisent à chaque saison sur la vigne, évoquant les techniques, le temps à y passer et l’éventuelle mécanisation ou pas, ainsi que l’histoire des vignes sur le territoire.

La randonnée, assez courte, nous a conduit au Serre de Poêt, une petite butte à environ 3 km du village. Là, à l’ombre des arbres, entourés par les vignes, nous avons dégusté une coupe de Clairette. En dehors de l’expérience de dégustation dans les vignes, j’ai beaucoup aimé les discussions qui sont nées spontanément avec les viticulteurs mais aussi entre les participants. J’ai ainsi eu l’occasion de beaux échanges avec Etienne, qui vit en itinérance avec sa compagne dans un van, et travaille à la saison dans l’hôtellerie restauration un peu partout en Europe depuis plusieurs années.

coupe de clairette
Déguster un verre de Clairette bien fraîche au milieu des vignes : une très belle expérience.
(*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.

Se ressourcer à Valterra Lodges

Le point de départ de ce week-end dans le Diois, c’était d’aller découvrir Valterra Lodges. Ce sont des lodges hyper cosy qui ont ouvert il y a quelques semaines à Chatillon en Diois. J’ai été très agréablement surprise par la qualité de la prestation. En effet, le lodge dans lequel je logeais, prévu pour 4 personnes était plus grand que ce à quoi je m’attendais. La pièce de vie est toute en baie vitrée, donc hyper lumineuse et ouverte vers l’extérieur. J’ai bien aimé le petit coin salon indépendant de la pièce principale, qui offre un espace de détente confortable à l’intérieur. Pensé pour les jours où il fait moins beau, il est aussi idéal pour se mettre à l’ombre si le soleil est un peu trop fort. La terrasse extérieure aussi était plus grande que ce que j’ai pu avoir dans d’autres hébergements de type bungalow. Là encore, en plus de l’espace repas avec une grande table, il y a un coin salon hyper agréable. C’est l’endroit où j’ai passé le plus de temps : dans l’après-midi avec un livre et en fin de journée avec ma tisane pour regarder le jour décliner et le soleil disparaitre.

Côté confort, vous l’aurez compris, j’ai été charmée. En plus, c’est calme et j’ai hyper bien dormi. Et si la cuisine du lodge est très bien équipée et permet de se préparer un repas, on est aussi à une dizaine de minutes à pied du centre du village, mais surtout juste à côté du restaurant Le Caveau. Bref, l’endroit est vraiment top pour un week-end orienté nature et déconnexion que ce soit en famille, entre amis ou en solo. On peut y passer du temps en mode chill, mais c’est aussi un excellent camp de base pour découvrir le Diois : randonnées, baignades, circuits à vélo mais aussi découvertes culturelles et producteurs locaux.

vue depuis la terrasse du lodge à Valterra
Ca, c’était la vue depuis la terrasse du lodge. J’ai pu prendre mon petit déjeuner face aux montagnes.

salade avec des ravioles
J’ai diné au restaurant Le Caveau. J’avais choisi le menu spécial transhumance avec une salade dioise, de l’agneau et des légumes au brasero et une tarte aux abricots. La cuisine est à base de produits de saison, et les saveurs sont là. J’ai particulièrement apprécié la cuisson de l’agneau, ce qui pour ceux qui me connaissent est un vrai point positif tant je peux être compliquée sur ce sujet.

Se rafraichir dans la rivière

Parmi les activités à faire dans le Diois (et plus globalement dans la Drôme) et qui ne demandent pas beaucoup d’engagement sportif, il y a aller se baigner à la rivière. Dès que le mercure grimpe sur le thermomètre, c’est le retour des pique-nique au bord de l’eau et des baignades. La rivière qui passe à Chatillon en Diois, c’est le Bez et il offre plein de jolis spots de baignade. L’un d’eux se situe à quelques centaines de mètres de Valterra Lodges (ils vont indiqueront comment y aller si vous leur demandez), mais il y en a plein d’autres tout au long de la rivière (un sentier la longe depuis le village). Je m’y suis rendue avec plaisir en fin d’après-midi. Après avoir bien marché toute la journée (entre la randonnée dans les vignes et le reste de la fête de la transhumance, j’avais déjà fait plus de 15 km à 16.00 !), j’avais envie de plonger dans l’eau fraîche. Enfin, plonger, le mot est peut être un peu exagéré : la rivière est plutôt un torrent et on ne peut pas vraiment y nager. Par contre, l’eau y est fraîche car elle arrive de la montagne (et il était encore tôt dans la saison), et elle était entre 15 et 16°C début juin. Pour les frileux, c’est sans doute encore un peu tôt pour se baigner, mais pour moi, c’était parfait !

passage sous les arbres menant à une rivière
Au bord de la rivière
(Note pour moi-même : penser plus souvent à aller se baigner dans les rivières)

S’émerveiller au Vallon de Combeau

Un secteur de randonnée mythique

Après une bonne nuit de sommeil, et un copieux petit déjeuner, j’ai rendu les clés du lodge et j’ai pris la direction du vallon de Combeau. J’entends parler de cet endroit depuis que je vis dans la Drôme ou presque. Sur les bords orientaux du Vercors, à plus de 1500 mètres, ce vallon au cœur des montagnes est un petit paradis pour la faune et la flore sauvages. L’accès se situe au delà de Chatillon en Diois quand on arrive de la vallée de la Drôme, le mettant à presque 2 heures de route de chez moi. Quand le séjour à Valterra Lodges s’est organisé, j’ai tout de suite su que j’irai à Combeau.

des personnes randonnent au cœur des montagnes du Vercors
La taille des randonneurs donnent une idée de l’immensité du paysage

Des paysages grandioses

Depuis le parking, on ne devine pas le vallon de Combeau. Il faut encore monter un peu à pied pour y accéder. Sitôt que je suis entrée dans le vallon, j’ai été subjuguée par la beauté du paysage dominé par la Montagnette. J’ai commencé à marcher en direction de la bergerie de Combeau. On suit une piste assez large, tout en étant entouré de montagne. A la bergerie, j’ai continué vers la cabane puis le Pas de l’Essaure. Au fur et à mesure, le paysage devient de plus en plus impressionnant, jusqu’à arriver au Pas de l’Essaure d’où l’on domine toute la vallée du Drac. En face, les sommets de l’Oisans et des Ecrins sont encore enneigés, tandis que la silhouette du Mont Aiguille se dresse à ma gauche. J’ai poursuivi jusqu’à la Tête Chevalière (1951 mètres) pour encore plus de points de vue sur les environs et une vue très impressionnante sur le Mont Aiguille.

La joie de pouvoir observer la faune et la flore sauvages

Ce qui fait la réputation du vallon de Combeau, en dehors de ses paysages exceptionnels, c’est la richesse de sa faune et de sa flore. Lors de ma randonnée, j’ai ainsi pu observer de très nombreuses fleurs : narcisses des poètes, trolles, myosotis, centaurées, gentianes, orchidées (j’ai repéré des orchis sureau, des orchis mâles, et des orchis fragans), etc. Mais surtout, il y avait des tulipes australes. Cette variété de tulipe sauvage est un des emblèmes du Parc Naturel Régional du Vercors. Assez petite, très élancée, élégante, elle se fait discrète tant qu’elle n’est pas ouverte.

Ce que je savais moins, c’est que le vallon de Combeau est aussi connu pour sa faune. Tout au long de la sortie, j’ai été survolée par les chocards à becs jaunes mais aussi par quelques vautours. Mais ce que j’ai préféré, c’est voir plein de marmottes. Moi qui avais vu ma première marmotte seulement en avril dernier, là, j’en ai vu des dizaines, plus ou moins discrètes. Puis, il y a eu cette rencontre improbable avec un bouquetin à quelques mètres du sentier seulement. Je n’y allais pas pour la faune, mais je suis revenue émerveillée !

marmotte sur l'alpage
Cette marmotte a surgi de « nulle part » juste devant moi sur le sentier. J’ai pu la regarder assez longuement avant qu’elle ne continue son chemin.
bouquetin sous un arbre
Ce bouquetin était tranquillement en train de paître sous un arbre, à quelques mètres du sentier, imperturbable.


Informations pratiques

  • Hébergement : Valterra Lodges, 115 Route de Die, 26140 Chatillon en Diois.
  • Restaurant : Le Caveau, 115 route de Die, 26140 Chatillon en Diois
  • Visite guidée du village de Chatillon en Diois : des visites sont régulièrement organisées, les renseignements sont à prendre à l’office de tourisme
  • Producteurs de Clairette (et autres vins des appellations locales) : quelques vignerons indépendants sont installés sur Chatillon en Diois mais beaucoup travaillent en coopérative avec Jaillance, dont le caveau se situe 335 avenue de la Clairette à Die (à la sortie de la ville en direction de Crest / Valence)
    (*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
vue du vallon de Combeau
Randonnée au vallon de Combeau

A propos des randonnées

Dans les vignes à Chatillon en Diois : la randonnée jusqu’au Serre du Poêt est facile. En aller/retour depuis le village, il faut compter 6 km. Elle se fait sur une petite route au milieu des vignes.

Dans le vallon de Combeau :

  • La route d’accès au parking du vallon de Combeau est une route étroite de montagne, longeant parfois le précipice.
  • Le vallon de Combeau est très populaire. Il peut donc être compliqué de s’y stationner, même s’il y a un parking au niveau du panneau de départ des randonnées. J’ai du redescendre pour me stationner plus bas le long de la route à environ 600 mètres du parking. Quand je suis partie, il y avait des voitures jusqu’à plus de 1 km et demi du parking.
  • Il existe de nombreux tracés de randonnée dans le vallon de Combeau, plus ou moins techniques, plus ou moins difficiles. Vous en trouverez sans souci sur les différents sites type VisoRando ou AllTrails. Globalement, tant qu’on reste dans le fond du vallon, c’est assez facile. Dès qu’on approche des crêtes, cela devient plus difficile. La montée vers Tête Chevalière passe par exemple par un sentier qui tire droit dans la pente sur 500 à 600 mètres pour quasiment 120 mètres de D+ (j’ai fait le calcul pour vous, la pente est entre 20 et 25%).
  • Entre le Pas de l’Essaure et Tête Chevalière, on est facilement en bordure de précipice (falaises de plusieurs centaines de mètres de haut). Il convient donc d’être prudent.
  • Il n’y a pas de réseau dans le vallon de Combeau. Il faut donc prévoir une carte papier ou au moins avoir téléchargé la carte au préalable sur son téléphone.
  • Le balisage dans le vallon est réduit à sa plus simple expression : à peine quelques poteaux indicateurs. L’essentiel du balisage repose donc sur des cairns, technique traditionnelle pour indiquer les chemins. En l’absence de balisage et de cairns, il faudra utiliser son sens de l’orientation, sa carte et sa boussole.
  • A titre d’information, j’ai fait un circuit qui m’a emmenée de l’entrée du vallon de Combeau jusqu’à Tête Chevalière et retour. J’ai parcouru un peu plus de 10 km, avec 500 m D+. Le tracé était indiqué pour 4 à 5 heures, j’ai mis 3h15.
  • Le vallon de Combeau est un milieu naturel exceptionnel, et protégé. On n’y fait aucune cueillette. Et on ramène tous ses déchets (même les moins glamour, dont papier toilette et compagnie).
dans le vallon de Combeau
Au premier plan, un cairn de balisage : il suffit d’aller en direction du cairn suivant pour suivre le chemin.


Chatillon en Diois – Drôme – juin 2026


(*) J’étais invitée à séjourner à Chatillon en Diois par Valterra Lodges, ainsi que pour le diner au restaurant Le Caveau (collaboration commerciale non rémunérée). Mon avis est basé sur l’expérience que j’ai vécue. Les activités n’étaient pas organisées dans le cadre de cette collaboration. J’ai également choisi moi-même la date pour la faire correspondre à la fête de la transhumance.

[Drôme] découvrir la nature depuis la rivière, une croisière sur l’Isère

Si vous êtes à la recherche d’une expérience originale, calme et paisible, que vous voulez passer un moment à la fois contemplatif et instructif, je vous propose d’aller faire une croisière sur l’Isère avec le bateau à roue du Royans-Vercors. C’est une activité qui me faisait de l’œil depuis que je suis arrivée dans la Drôme, et que j’ai donc mis une douzaine d’années à aller vivre. Je n’ai qu’un seul regret : ne pas avoir tenté l’aventure avant. Venez, je vous emmène pour une découverte des berges de la rivière depuis l’eau.

sur une rivière entourée de rives boisées, un bateau de type bateau à roue à aube est amarré à quai
Le bateau à roue Royans-Vercors à l’embarcadère de Saint Nazaire en Royans

Naviguer sur la Bourne et l’Isère

Le départ de la croisière sur le bateau à roue Royans-Vercors se fait depuis Saint Nazaire en Royans. L’embarcadère est au pied de l’aqueduc qui emmène les eaux de la Bourne vers la plaine de Valence. Il est conseillé de réserver car le nombre de places est (très) limité et l’activité prisée, en particulier en été. C’est d’ailleurs parce que je ne m’y étais jamais prise à temps pour réserver que je n’avais pas encore fait cette expérience. Cette fois, j’ai profité d’un samedi matin où j’étais réveillée tôt pour me présenter à l’ouverture du comptoir, en me disant que comme nous étions en basse saison, j’arriverai sans doute à avoir une place dans la journée. C’était une bonne pioche puisqu’il restait encore des places pour la croisière qui débutait peu après.

les arches monumentales de l'aqueduc de Saint Nazaire en Royans au dessus de la rivière Bourne
La croisière débute au pied de l’aqueduc de Saint Nazaire en Royans

Une fois les passagers tous embarqués, et installés, la croisière débute. Il y a des places sur le pont supérieur en extérieur ou à l’abri du pont inférieur. J’avais choisi une place en haut, le long de la rambarde, bien décidée à profiter pleinement des paysages.

De Saint Nazaire en Royans à La Sône

Le départ se fait au pied de l’aqueduc de Saint Nazaire en Royans. La croisière est commentée en direct. Ainsi la guide adapte son discours aux observations en temps réel, indiquant par exemple aux passagers les oiseaux que l’on aperçoit. Les informations données sont claires, et permettent de comprendre la géographie, l’utilité passée de la rivière mais aussi la biodiversité qui l’habite. Après avoir fait quelques centaines de mètres sur la Bourne, le bateau rejoint l’Isère qu’il va remonter sur plusieurs kilomètres entre les barrages de Saint Hilaire du Rozier et de Beauvoir en Royans, avant de faire demi-tour devant La Sône.

le village de La Sône depuis la rivière Isère
En arrivant au niveau du village de La Sône
une pile de l'ancien pont suspendu de La Sône
L’ancien pont suspendu de La Sône a été détruit lors de la seconde guerre mondiale, il n’en reste plus que les piles et quelques câbles.
Le château de La Sône depuis la rivière Isère
Depuis la rivière, on voit bien le château de La Sône
vue sur la grande cascade du jardin des fontaines pétrifiantes à La Sône
On longe le Jardin des Fontaines Pétrifiantes

Je dois avouer que mon voyage a été essentiellement contemplatif car je connaissais déjà l’histoire de la rivière, des villages qui la bordent ou encore de la façon dont on cultive ici la noix de Grenoble. Le rythme de la croisière est doux et permet d’observer les rives. On y découvre de nombreux oiseaux : des aigrettes garzettes, des hérons, des cygnes mais aussi des goélands. On aperçoit quelques ragondins qui se glissent dans l’eau. On jette un œil aux roselières. J’ai même aperçu une petite cascade de tuf un peu cachée dans la végétation.

un kayak sur la rivière Bourne au pied d'un rocher rouge
A Saint Nazaire en Royans, certaines roches sont très chargées en fer et prennent une couleur rouge avec l’oxydation.
des oiseaux sur un haut fond de la rivière Bourne
sur les hauts fonds de la Bourne, les goélands et les aigrettes se reposent
des oiseaux sur la rive de la rivière Isère
Au bord des roselières de la rivière Isère
une petite cascade dans la végétation
Une cascade de tuf un peu cachée dans la végétation. Je pense que c’est une de celles que l’on peut voir depuis le sentier du Martin Pêcheur à Saint Roman.
deux nids de hérons dans les arbres
Il y a une héronnière sur les bords de l’Isère. Regardez bien et vous verrez deux nids dans les arbres. On aperçoit même les hérons dedans.
vue sur le Vercors depuis la rivière Isère
En revenant vers Saint Nazaire en Royans, on bénéficie d’une très belle vue sur les Monts du Matin.
au bord de la rivière, 6 aigrettes garzettes prennent leur envol
Six aigrettes s’envolent au moment où nous arrivons

Alors que nous sommes en vue du pont de Saint Hilaire du Rozier, le bateau tourne pour remonter la Bourne et revenir au port. La balade touche à sa fin. Cela fait 1 heure et demie que nous sommes partis. La croisière s’est écoulée tout en douceur, un moment un peu hors du temps.

le pont de Saint Hilaire du Rosier sur la rivière Isère
Le pont de Saint Hilaire du Rozier relie la Drôme à l’Isère
la jonction des eaux grises de l'Isère et des eaux vertes de la Bourne
A la jonction des deux rivières, la différence de couleur entre les eaux vertes de la Bourne et celles grises de l’Isère est frappante. La Bourne comporte beaucoup de microalgues, tandis que l’Isère est chargée en alluvions.


Informations pratiques : il est fortement recommandé de réserver en amont via le site internet du bateau à roue Royans-Vercors. Les horaires des différentes croisières et les périodes où le bateau est à l’hivernage y sont aussi détaillés.


Bonus – découvrir Saint Nazaire en Royans

En complément de la croisière sur la rivière avec le bateau à roue, j’ai fait un tour dans Saint Nazaire en Royans. J’avais déjà visité l’aqueduc d’où l’on a une vue à 360 degrés sur les environs. Cette fois j’en ai profité pour me balader le long de la rivière, dans des paysages très bucoliques. Et puis, par hasard, j’ai découvert quelques fresques de street art. Un festival, nommé Graff en Vallée, y a eu lieu à l’été 2024 (et une nouvelle édition est prévue cette année).

les rives boisées de la rivière s'y reflètent
Au bord de la Bourne
les rives boisées de la rivière s'y reflètent, et on aperçoit le Vercors dans le fond
Au fond, le Vercors se dessine avec l’entrée des Gorges de la Bourne
fresque de street art représentant une tête de loup bleu
Graff en Vallée, fresque de street art
fresque de street art représentant un personnage mi femme mi cyborg
Graff en Vallée, fresque de street art


Saint Nazaire en Royans – Drôme – mai 2025


A proximité de Saint Nazaire en Royans, vous pouvez :


Pour d’autres balades en bateau sur les rivières, je vous emmène :

[Ardèche] Balazuc, une journée en famille entre balade et fossiles

Vers la mi-mai, avec Mr 1er, nous avons mis nos réveils un dimanche matin pour avoir le temps d’aller explorer Balazuc, avant qu’il ne reprenne le train pour rentrer à Aix-en-Provence. Le but principal de notre visite était d’aller voir le Museum de l’Ardèche que j’avais été invitée à venir découvrir, mais nous en avons profité pour un avant goût d’été au bord de la rivière et un tour dans le joli village.

un village perché
Vue sur Balazuc depuis le pont sur la rivière

L’un des plus beaux villages de France

Au bord de la rivière Ardèche

Pour venir à Balazuc, nous avons suivi les indications du GPS. Depuis la plaine de Valence, il nous a fait passer à proximité d’Aubenas, puis nous avons bifurqué sur une toute petite route. Longeant un petit ravin, nous sommes arrivés sur la rive opposée de celle où le village est bâti et avons donc bénéficié d’une très belle vue sur celui-ci. (Attention, la circulation sur cette route fait l’objet de restrictions, renseignez-vous au préalable). Comme nous étions très tôt, nous avons vu trouver un stationnement sur le parking du bas du village. De là, nous sommes revenus à pied vers le pont pour profiter plus sereinement du point de vue. Nous sommes ensuite descendus au bord de la rivière. A cette heure matinale, nous étions seuls sur la plage.

des falaises arborées bordent une rivière
Sur la droite, on aperçoit le contrefort de la route par laquelle nous sommes arrivés
des falaises arborées bordent une rivière
Nous avons pris le temps de regarder et d’écouter la rivière, nous faisant surprendre par quelques grenouilles à nos pieds
des falaises arborées bordent une rivière
l’Ardèche passe au pied du village de Balazuc

Au fil des rues

Comme il était encore un peu trop tôt pour aller au Museum de l’Ardèche, nous avons décidé d’explorer les ruelles du village médiéval plutôt que le traverser en longeant la rue principale, percée au XIXe siècle à coups de dynamite. Nous arpentons de pittoresques petites rues qui passent parfois sous les maisons. Nous longeons une petite grotte bordée d’un passage souterrain. Figuiers et mûriers prodiguent une ombre qui sera bienvenue au cœur de l’été. Nous déambulons dans les calades (en faisant attention à ne pas glisser car Mr 1er a une entorse du genou et j’ai moi-même une cheville récalcitrante). J’étais déjà venue à Balazuc en 2017 avec Mr 2e et Melle 3e et nous étions monté sur le toit de l’église romane pour profiter de la vue. Compte tenu de l’état du genou de Mr 1er, nous n’irons pas cette fois, mais si vous passez à Balazuc, je vous le recommande.

une calade souterraine relie deux ruelles du village de Balazuc
Certaines calades ont été creusées dans le rocher
un passage couvert public sous une maison
les calades passent parfois sous les maisons
une place du village, entourée de végétation
Olivier, figuier, laurier rose : la végétation est très méridionale dans ce secteur de l’Ardèche

Le Museum de l’Ardèche

Tout en prenant notre temps, nous sommes arrivés au Museum de l’Ardèche à l’heure de l’ouverture matinale. Ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre, nous avons été surpris par la modernité du bâtiment.

le bâtiment d'accueil du muséum de l'Ardèche
J’ai eu un coup de coeur pour les lettres métalliques servant d’enseigne au Museum, à la fois massives et élégantes. On ne peut pas les manquer et en même temps, elles s’inscrivent parfaitement bien dans l’environnement.

Un atelier « fouilles »

En arrivant, nous avons découvert que mon invitation nous donnait accès à un atelier Fouilles. Il y en avait justement un à 10.00, juste à l’ouverture. Nous avons donc commencé notre visite par l’atelier. Nous avons eu de la chance car nous étions seuls pour y participer. Le médiateur nous a emmenés sur l’arrière du bâtiment, à flanc de coteau. Là, sept bacs de fouilles représentent autant de milieux naturels que l’on peut croiser en Ardèche : pouzzolane, calcaire, granit, etc. Au bord de chaque bac, un panneau explique les minéraux et fossiles qu’il est possible de trouver dans le milieu naturel ardéchois correspondant, ainsi que sa localisation dans le département.

L'ombre d'un squelette de T-rex devant un squelette de tricératops
L’ombre du squelette du T-rex est projetée par le soleil au pied du squelette du tricératops (ces deux squelettes sont des moulages en bronze à taille réelle)

Notre mission est simple : nous avons une heure pour fouiller les sept bacs et y trouver fossiles et minéraux. Si le concept peut paraitre enfantin, je dois avouer qu’il est très facile de se prêter au jeu. Ainsi, avec Mr 1er, nous avons bien consciencieusement gratté chacun des bacs pour trouver un exemplaire de chacun des minéraux et fossiles qu’il était possible d’y trouver. Et si certains sont simples à repérer, d’autres demandent un peu plus de patience et d’attention. Le médiateur passe voir de temps en temps comment nous nous en sortons et nous aide un peu pour ceux que nous peinons à retrouver. Le temps qui nous était imparti a filé à toute vitesse, preuve que nous ne nous sommes pas ennuyés. Et nous avons eu la satisfaction d’avoir trouvé chaque minéral et chaque fossile indiqués sur les panneaux. En plus, nous repartons avec chacun nos trouvailles pour agrandir notre collection de petits trésors (qui pour ma part compte déjà quelques fossiles en particulier du pont aux étoiles de Rompon, et pas mal de coquillages et petits cailloux).

la main d'une personne qui cherche des petits fossiles au milieu de cailloux
Mr 1er en pleine fouille

La collection de fossiles

Après l’atelier Fouilles, nous sommes retournés à l’intérieur du Muséum pour découvrir la collection de fossiles. Nous avons un temps hésité à faire la visite libre, mais avons opté pour la visite guidée, sans regret. Le médiateur présente en effet de nombreuses images des animaux reconstitués que l’on peut par ailleurs découvrir en version fossile. La période balayée va du Cambrien il y a 541 millions d’années jusqu’à l’apparition des premiers hommes il y a 2 millions d’années. La diversité des espèces est donc très impressionnante. Environ 800 fossiles sont présentés dans l’exposition, dont la plus grande partie a été trouvée en Ardèche.

la salle du muséum présente de nombreux fossiles dans une scénographie moderne et lumineuse
Aperçu des fossiles du Muséum de l’Ardèche

A l’origine du Muséum de l’Ardèche, on trouve la passion d’un homme, Bernard Riou, pour la paléontologie qu’il a découverte en trouvant des ammonites dans les champs familiaux. Il explore les zones fossilifères autour de La Voulte sur Rhône d’où il est originaire. Et c’est en 1982 qu’il fait une énorme découverte : la plus vieille pieuvre connue au monde. A la suite de cela, il va continuer à chercher des fossiles, multipliant les découvertes originales, comme une jument hipparion gravide ou encore la plus ancienne châtaigne d’Ardèche (un vrai clin d’œil à ce fruit emblématique du département). Il constitue ainsi une énorme collection privée, et ouvre un premier espace muséographique à La Voulte. Il y a une quinzaine d’années, Emmanuelle, la fille de Bernard Riou, et Mehdi son mari lancent une entreprise de médiation scientifique axée sur les sciences naturelles. Très vite, l’idée d’un nouvel espace muséal proposant des actions de médiation émerge. La localisation est choisie en raison de sa proximité avec les Gorges de l’Ardèche et de leur flux touristique. Le Muséum de l’Ardèche est né. Il est inauguré en 2016. Aujourd’hui, il est devenu un incontournable de la région. Et, après l’avoir visité, vu la richesse et la diversité des collections, et apprécié la qualité de la médiation, instructive tout en restant ludique, je comprends aisément pourquoi. Mr 1er, qui m’accompagnait, apprécie depuis tout petit les fossiles (sa passion pour les dinosaures n’a pas vraiment cessé !). Il a, tout comme moi, été surpris de la quantité et de la qualité de ceux qui sont montrés au Muséum de l’Ardèche. Nous sommes arrivés curieux et intrigués et sommes repartis enchantés !

Collection de fossiles

(*) Vous pouvez retrouver les horaires d’ouverture, les tarifs, ainsi que le programme des différentes animations sur le site internet du Muséum de l’Ardèche.


Balazuc – Ardèche – mai 2025


Après la visite du Muséum de l’Ardèche, nous avons juste déjeuné en terrasse avant de repartir vers Montélimar et sa gare pour y déposer Mr 1er. Si vous avez un peu plus de temps, vous pouvez :

  • Profiter de la plage de Balazuc pour une baignade
  • Louer un kayak pour une balade sur la rivière
  • Aller vous promener le Vieil Audon, un hameau de Balazuc géré en coopérative
  • Partir un peu plus loin pour découvrir les autres jolis villages du secteur comme Vogüé (à 10 km) ou Labeaume (à 13 km),
  • Parcourir les gorges de l’Ardèche (le Pont d’Arc est à 23 km)
  • Visiter des grottes, par exemple l’Aven d’Orgnac (à 37 km) ou la Grotte Chauvet 2 (à 25 km)
au premier plan un village ancien, au second plan des falaises calcaires avec une tour de guêt
Vue sur la tour de la Reine Jeanne depuis le village de Balazuc


A noter : j’ai été invitée par le Muséum de l’Ardèche pour venir découvrir leurs activités, dans le cadre d’une collaboration commerciale non rémunérée. J’ai réellement apprécié l’expérience et la découverte, tout comme Mr 1er. Nous étions arrivés très perplexes (surtout après avoir vu à Ottawa et Toronto des fossiles de dinosaures), et nous sommes repartis entièrement convaincus par la qualité à la fois des collections et de la médiation.

[projet 52-2024] semaine 42 – flaque

Avec les (très fortes) pluies que nous avons subies ces derniers jours, le thème Flaque pour cette semaine du projet 52 est particulièrement d’actualité. Je dois cependant dire que chez moi, dans la Drôme, les impacts du violent épisode cévenol que nous venons de vivre ont été très limités, et qu’il n’y a pas eu de dégâts notables. Nos voisins ardéchois, par contre, ont très touchés et les dégâts sont considérables. Je reste effarée des images que j’ai vues d’endroits que je connais bien, habituellement si paisibles. J’espère donc qu’aucun de vous n’a été touché par ces crues impressionnantes et que si cela a malheureusement été le cas, il n’y a que des dégâts matériels.

Finalement, de mon côté, ce n’est pas la pluie qui m’a inspirée cette semaine, mais une action menée par Valence Romans Agglo pour aider à la biodiversité dans la rivière. Depuis quelques années, le lit de la rivière qui passe pas loin de chez moi n’est plus régulièrement entretenu comme un espace vert contraint par l’humain et la nature y a repris ses droits sauvages. On a ainsi vu apparaître des saules autres osiers au milieu du lit de la rivière. Ces arbustes qui sont des variétés endémiques, stabilisent les berges. Ici, ils ont aussi eu comme impact de trop guider le flux de l’eau et au fil des années, le lit s’est creusé, accélérant le courant et donc l’érosion. Comme notre petite rivière est rarement soumise à des crues d’importance (en plus de 12 ans, je n’en ai vu que 2), le phénomène s’aggrave. Le lit étant de plus en plus creux, même en cas de fortes pluies, l’eau ne sort plus de son « canal » et creuse encore plus le lit. Bref, c’est un cercle vicieux.

Pour rompre cette spirale, une solution consiste à s’inspirer de l’ingénierie des castors. En créant des barrages perméables sur les rivières, les castors en ralentissent le flux et favorisent un élargissement du lit de celles-ci. Ils taillent aussi les arbustes qui croissent aux abords et dans la rivière. Cela permet à la biodiversité de s’épanouir. Une première expérience a été menée sur un cours d’eau à quelques kilomètres de chez moi avec un grand succès. Il y a même été constaté le retour de la loutre. Depuis quelques semaines, un chantier de « castorification » s’est tenu sur la rivière qui traverse le village (A noter : le mot « castorification » n’existe pas vraiment, mais je l’aime bien. Le terme officiel est « ingénierie castor »).

Comme il n’y a pas de castors au cœur du village (il y en a qui vivent dans cette rivière mais plus en aval), ce sont des humains qui ont construit un barrage comme les castors, utilisant les troncs légers et les branches des arbustes de la rivière. Les premiers effets ont été rapidement visibles : création d’une retenue d’eau en amont du barrage et déport d’une partie du flux d’eau sur les côtés du lit principal. J’ai hâte de suivre les évolutions de la rivière suite à ce chantier.

rivière
Le faux barrage de castor sur le lit principal de la rivière a conduit à la création d’une « flaque »


Pour voir les flaques chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

NB : je récupère ce matin Melle 3e qui rentre après plusieurs semaines sans être revenue à la maison. Je n’aurai donc pas beaucoup de temps à consacrer à la lecture des commentaires aujourd’hui, ni au déblocage de ceux qui seraient passés en modération. Je m’en occuperai toutefois le plus rapidement possible.