Suite aux annonces faites hier soir par le Premier Ministre, je me suis demandée s’il était pertinent d’évoquer un café, une exposition, une balade en ville…. Puis, je me suis dit qu’il reviendrait un jour où nous pourrons de nouveau sortir dans les restaurants, les musées et les cinémas… Et que ce jour-là, finalement, les idées que j’aurai pu déposer par ici seront toujours valables ! J’ai toutefois repris un peu l’ordre des publications (qui suivait un ordre plus ou moins chronologique initialement) : j’ai plus envie de vous parler de balades en pleine nature et d’activités à faire à la maison (lecture, cuisine..) dans les prochains jours. Mais tous les billets déjà écrits sortiront dans les semaines qui viennent….
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Pendant les vacances, je suis allée prendre un goûter au Tamper & Yummy, un nouveau salon de café qui a ouvert à Valence.
En regardant le thème de la semaine, je me suis clairement demandée à quoi j’avais bien pu penser en le proposant ! Très honnêtement, je crois que je n’avais absolument aucune idée de comment l’illustrer à ce moment-là.
En y réfléchissant, j’ai pensé à l’écume en surface des vagues ou de l’eau des pâtes, à un peu de glace en surface d’une flaque (ce qui n’est pas vraiment arrivé cet hiver !), à un nénuphar en surface de l’eau d’un bassin, à une feuille flottant en surface d’un ruisseau, à une décoration de sucre ou de chocolat en surface d’un gâteau, à un rayon de soleil réchauffant le sol en surface ….
Puis j’ai croisé un reflet en surface d’une flaque… où toute la forêt semblait s’être donnée rendez-vous entre les brindilles et feuilles mortes qui affleuraient.
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Pour découvrir ce que l’on trouve en surface chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires…
De passage à Paris, j’ai eu besoin de me dégourdir les jambes après une grosse journée de travail… Je suis donc partie à l’assaut de Montmartre et de ses marches….
Arrivée par le métro, je suis descendue à la station Anvers. De là, le Sacré Coeur en ligne de mire, impossible de se tromper de chemin : c’est tout droit ! Au pied de la butte, j’avise le funiculaire et les escaliers. Comme je suis venue là parce que j’ai besoin de marcher, je me lance à l’assaut des escaliers. 222 marches plus tard, je suis au pied de la basilique et Paris semble s’étaler à mes pieds.
Mais les lieux sont fort fréquentés, un peu trop touristiques et donnent finalement peu envie de s’y attarder. Mon regard se porte toutefois sur un immeuble haussmannien paré de rouge qui émerge au coin d’une pelouse en pente. Je reconnais l’une des vues stars parisiennes sur Instagram : si l’on rectifie l’horizon le long de la pente herbeuse, l’immeuble semble en train de s’enfoncer dans le sol. Je fais rapidement une photo car j’ai envie de voir si je réussis moi aussi à reproduire l’effet (trêve de suspense : la réponse est oui, j’y suis parvenue !).
Je contourne le Sacré Coeur par la gauche, m’éloignant du Montmartre touristique. Je croise plusieurs volées d’escaliers. Le printemps commence à pendre ses marques dans les arbustes des jardinets qui les longent.
J’arrive à l’arrière de la grande église. Je ne croise plus que des habitants du quartier venant récupérer leurs enfants à la crèche ou à la garderie.
Le soleil décline, et dore les immeubles. Les rues pentues bordées d’immeubles Art Déco succèdent aux villas. Les vignes n’ont pas encore retrouvé leurs feuilles. Et la bicoque qui héberge le Lapin Agile semble sortie d’un autre temps, vestige d’une époque où les immeubles voisins n’existaient pas et où Montmartre était un quartier de bohème.
Je descends la rue des Saules et je quitte la Butte Montmartre. La journée s’achève… Il est temps pour moi d’aller me reposer…
Le fameux « immeuble qui tombe »….
Escaliers montmartrois
Basilique du Sacré Coeur
Rue du Mont Cenis
Rue des Saules
Le cabaret « Au lapin agile »
Porte d’immeuble dans les escaliers de la rue des Saules
C’est le hasard qui m’a mis sur le chemin de ce livre. En me promenant dans Paris sans véritable but, je suis entrée dans une librairie. Ce n’était pas la première librairie que je croisais mais celle-ci a eu un quelque chose qui m’a attirée, peut-être les ouvrages présentés en vitrine, peut-être la lumière toute douce à l’intérieur…
Sur une table, la sélection de la libraire (une jeune femme féministe, si j’en crois ses mises en avant… ) avec des petits mots posés sur les ouvrages. Parmi ceux-ci quelques-uns que j’ai déjà lus, et puis plusieurs dont je n’ai jamais entendu parler. Je regarde ces derniers plus attentivement et Chicago semble m’appeler…
Je ne sais même pas dire pourquoi j’ai choisi ce petit opus parmi les autres livres : peut-être les petits coeurs rehaussés de surligneur qui accompagnaient le bref mot de la libraire, peut-être la simplicité de la couverture, peut-être la douceur du papier….Je l’ai lu très vite dans le train qui me ramenait chez moi, ce très court petit roman… et après l’avoir refermé, je me suis demandé si ce n’était pas plutôt un long poème que j’avais lu…Ramona, une jeune franco-anglaise, arrive à l’université de Chicago comme lectrice de français. Elle prends le pouls de la fac, le pouls de la ville, le pouls de la vie…. Et elle croise par hasard Jonathan à un concert, puis à un autre. Ils échangent quelques mots. Il lui présente Suzanne qui l’accompagne. Entre ces trois-là nait une amitié qui ne s’embarrasse pas du passé, qui ne s’inquiète pas de l’avenir et se nourrit de la simplicité du présent partagé….Les mots de Marion Richez sont aussi doux que le papier sur lequel ils sont imprimés. Ils sont justes. Ils sont mélodieux. Ils portent l’amitié de Ramona, Jonathan et Suzanne…. Il ne se passe rien et pourtant il se passe tout dans cette centaine de pages.
Moi aussi, j’ai envie de mettre à ce roman un petit bandeau avec plein de coeurs rehaussés de surligneur.
Alors que j’étais déjà allée au Pont aux Etoiles seule, j’y suis retournée avec Mr 2e. Le soleil brillait lors de notre passage et c’est avec un réel plaisir que nous y avons passé un long moment, cherchant les plus beaux spécimens !
Le Pont aux Étoiles a la particularité de présenter un important gisement fossilifère . On y trouve en particulier des fossiles de lys de mer, ou crinoïdes (ce sont eux qui ont une forme d’étoile) et de rhynchonelles (ceux-là ressemblent à des coques). Le gisement a été mis à jour lors de la construction de la route et du pont, entre Rompon et La Voulte sur Rhône, au cours du XIXe siècle. Le lieu est situé à proximité immédiate de la faille géologique de La Voulte.
Sur une cinquantaine de mètres, la falaise calcaire s’érode, libérant de très nombreux fossiles : il suffit littéralement de se baisser pour les ramasser… juste au bord de la route.
La datation de ces fossiles les situe il y a environ 165 millions d’années ! A cette époque, la zone était recouverte par la mer, ce qui explique que nous y trouvions des fossiles marins. D’ailleurs un peu plus bas, l’ancienne mine de la Boissine recèle une remarquable faune jurassique de milieu marin profond.
La falaise fossilifère du Pont aux Etoiles
Le pont et la route dont la construction ont permis la découverte du site au XIXe siècle
Fossiles de lys de mer dans la falaise
Fossile de rhynchonelle dans la falaise
Pont aux Etoiles – Rompon – Ardèche – février 2020
(*) – Le Pont aux Etoiles est situé sur la D365, entre La Voulte sur Rhône et le hameau Celle-les-Bains de Rompon. La falaise fossilifère se trouve au niveau… du pont ! Un petit parking est aménagé près du pont, côté Rompon. Des panneaux explicatifs (lecture de paysage, fossiles) sont disponibles à proximité du site.
– La récolte des fossiles est autorisée sur le site du Pont aux Etoiles à condition de se faire sans outil dans les marnes déjà érodées et de se limiter à de petites quantités.
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Non loin de Rompon, à Celles-les-Bains, des sources thermales émergent (tout comme à Saint Georges les Bains). Connues depuis l’Antiquité, réputées aux XVIIe et XVIIIe siècle, elles ont été exploitées au XIXe avec la station thermale construite par le Docteur Barrier. Celle dite du Puits Artésien est facilement accessible depuis la route, à une cinquantaine de mètres à la sortie du village. Elle a la particularité de jaillir au coeur d’un tronc d’arbre pétrifié, dans les ruines des anciens thermes.
Lors de notre passage, nous n’avons pas eu de chance car la source est intermittente et l’eau ne coulait pas…. mais son aspect ferrugineux ne faisait aucun doute à voir la coloration d’oxyde de fer dont l’eau a recouvert le fond de son parcours !
La pâtisserie Intense a ouvert ses portes en début d’année à Tournon. Derrière les créations de la boutique, on trouve Bastien Girard.
Bastien a été sacré champion du monde de la pâtisserie lors du SIRHA en 2017 avec l’équipe de France. Il était alors en charge de toute la partie chocolat de la création de l’équipe. Après différentes expériences professionnelles, il est revenu à Tournon d’où il est originaire afin d’y installer une pâtisserie-salon de thé.
Cela faisait un moment que j’avais noté d’aller y faire un tour, alléchée par les jolies photos des créations que je voyais passer sur les réseaux sociaux. J’ai donc profité de mes derniers congés pour m’y rendre.
En plein coeur de la vieille ville de Tournon, la boutique est lumineuse et accueillante. L’étalage des pâtisseries donne envie de tout goûter… C’est d’ailleurs un peu le souci ! Déjà que j’ai du mal à choisir habituellement, quand en plus tous les gâteaux ont l’air délicieux et que je n’en ai encore testé aucun, c’est d’autant plus compliqué….
Mon idée de départ était d’acheter une pâtisserie « grand format » pour déguster le soir en famille. Déjà, en ce matin de semaine, le choix est plus restreint que pour les pâtisseries individuelles. Je me décide pour Thimothée (caramel / cacahuète / fromage blanc) qui devrait convenir à tous les goûts.
Ma curiosité (pourquoi certains ont-ils pensé gourmandise ? ) me pousse à choisir aussi des pâtisseries individuelles pour le dessert du midi. J’opte pour Jane (cheesecake aux fruits exotiques) tandis que mon fils choisit Philippe (tarte pomme verte).
Le salon de thé semble nous tendre les bras… alors nous craquons (oui, j’admets que là, c’est sans doute un peu de la gourmandise) : Mr 2e pour un chou vanille et moi pour la forêt noire qui répond au doux nom de Cerise, avec un thé pour les accompagner. Nous nous installons… et profitons ! Si le chou vanille n’a pas complètement emballé Mr 2e (qui a des souvenirs d’autres choux vanille, plus à son goût), j’ai été conquise par Cerise… Le cerise est fruitée sans être trop sucrée tandis que le chocolat de la crème et du biscuit est très cacaoté. L’alliance cerise/chocolat en bouche est très réussie, pleine de pep’s.
Thimotée non plus ne nous emballera pas. Si la mousse au fromage blanc légèrement acidulée et le caramel au beurre salé hyper fondant sont vraiment réussis, nous avons trouvé que le goût de la cacahuète n’était pas assez marqué et qu’en dehors de son côté un peu crunchy, elle n’apportait pas de caractère à l’ensemble (qui demeure vraiment très bon tout de même !).
J’ai eu un coup de coeur pour Jane. Le cheesecake n’est pas trop sucré, apporte juste ce qu’il faut d’onctuosité sous la compotée de fruits exotiques. Il est posé sur une pâte sucrée croustillante et savoureuse.
Dans le même style, Philippe, la tarte aux pommes, est un délicat équilibre en l’acidulé de la pomme verte, la crème vanillée…. posés une fois encore sur cette exquise pâte sucrée.
Cerise au salon de thé…
Chantilly déposée en forme de sapin sur Cerise
Thimothée
Jane au premier plan et Philippe en arrière-plan
Philippe
Jane
Pâtisserie Intense – Tournon – Ardèche – mars 2020
Ma semaine de vacances a commencé par une petite journée à Grenoble pour raccompagner Mr 1er qui avait cours cette semaine… J’en ai donc profité pour quelques visites de musée/expo mais aussi pour un dessert à la Fabrique Givrée et une pause thé au Neko Café, histoire de faire coucou à Marcel et ses copains !
(*) La Fabrique Givrée, 3 Grande Rue, 38000 Grenoble (**) Neko Café, bar à chats, rue Jean-Jacques Rousseau, 38000 Grenoble
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Avec un bouquet de jonquilles, j’ai essayé de faire entrer un peu de soleil dans la maison pour contrer la pluie qui tombait dehors…
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Les matins se sont succédé sans se ressembler en allant déposer Melle 3e à son stage d’équitation…. Il y a eu des jours de pluie, des jours gris mais aussi du soleil !
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Rapide passage à Tournon, où le niveau du Rhône est relativement haut…
En proposant ce thème, j’ai aimé que lettre(s) puisse désigner une correspondance, un ouvrage littéraire mais aussi faire référence à n’importe quelle écriture…
J’aime beaucoup les enseignes aux jolies typographies. J’aime beaucoup les jolies typographies un peu partout d’ailleurs. Je me suis un temps essayée à la calligraphie (mais je manque de patience pour arriver à des résultats probants).
J’aime donc les jolies lettres (du moins, celles que moi je trouve jolies ! )…. et je les prends en photo chaque fois que c’est possible. J’ai donc dans mon stock un nombre certain de devantures plus ou moins récentes qui auraient tout à fait eu leur place ici.
Mais lors de mon dernier déplacement (professionnel) à Paris, je suis passée par hasard à côté de l’entrée de la station de métro Lamarck-Caulaincourt dans le 18e arrondissement. Entre l’escalier, le panneau à la typographie art déco et le fléchage sur le lampadaire, elle est plutôt photogénique et elle fait sans doute partie des entrées de stations de métro les plus photographiées de Paris ! Et je n’ai pas pu résister…. surtout que j’ai trouvé qu’elle serait parfaite pour illustrer les lettres….
Station de métro Lamarck-Caulaincourt – Paris – février 2020
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Pour voir les lettres des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires….
Le week-end dernier, une publication sur Facebook a attiré mon attention : sur la page Les Chemins de la Liberté, les premières orchidées étaient de sortie ! Ce n’est guère surprenant car déjà il y a une dizaine de jours en Ardèche, j’avais aperçu quelques orchis géants. Ce qui a piqué ma curiosité, c’est surtout que je ne connaissais (encore) pas ce spot à orchidées alors qu’il n’est pas très loin de chez moi….
J’ai profité de la matinée ensoleillée d’hier pour aller voir cela « en vrai ». Et je n’ai pas regretté ! D’abord cela m’a donné l’occasion d’une promenade agréable avec une jolie vue. Mais surtout, en bordure immédiate du Rhône, en amont du barrage de Bourg-lès-Valence, j’ai découvert des dizaines d’orchidées.
J’ai bien entendu d’abord repéré les orchis géants (ou barlia robertania) que leur grande taille fait ressortir des pelouses et qui ne manquent pas d’attirer le regard. Déjà bien en fleurs, ils arborent toutes les nuances du violet. Un individu toutefois se détache un peu du lot : il est hypochrome. Ses fleurs se déclinent en nuances de blanc et vert dans la rosée du matin.
Les ophrys, par contre, j’ai eu un peu plus de mal à les voir… Il faut dire que leur (toute) petite taille et leurs couleurs proches de celle de l’herbe ne facilitent pas la chose. Mais comme souvent, il m’a suffi d’en repérer un pour en trouver des dizaines ensuite. Je pense que ce sont des ophrys de mars (ils y ressemblent et compte-tenu de leur précocité, cela semble correspondre).
J’ai ramené un nombre impressionnant de photos comme à chacune de mes sorties « orchidées ». J’ai pas mal trié mais il en reste encore beaucoup et j’ai eu du mal à choisir lesquelles vous montrer…
Nous sommes au tout début de la saison et je suis ravie à l’idée de repartir sur les chemins à la rencontre de ces petites merveilles de la nature dans les mois à venir… Surtout que dorénavant, je peux ajouter un nouveau terrain de chasse à ma liste !
Vivian Maier est une photographe autodidacte dont l’oeuvre figure parmi les plus importantes du XXe siècle. Et pourtant, le travail de Vivian Maier n’a été découvert qu’à la toute fin de sa vie par un complet hasard et exposé pour la première fois de façon posthume !
D’origine franco-hongroise, émigrée avec sa mère aux Etats-Unis, la jeune Vivian devient gouvernante d’enfants. Elle travaillera principalement à Chicago et New-York mais fera également quelques voyages avec les enfants dont elle s’occupe ou à titre personnel, comme celui dans le Champsaur pour régler la succession d’une tante. Discrète, elle prendra sans cesse des photos sans les montrer. Une partie de ses négatifs ne sera même pas développée.
Elle conserve tirages et négatifs soigneusement inventoriés dans des cartons stockés dans un box à Chicago. A la fin de sa vie, faute de pouvoir payer le loyer alors qu’elle est hospitalisée, les biens contenus dans le box sont mis aux enchères. Parmi les acquéreurs, John Maloof, féru d’histoire locale, achète un lot de photos dans un carton avec l’idée de s’en servir pour illustrer des ouvrages qu’il écrit. Deux autres chineurs ont également acheté des photos de Vivian Maier lors de la vente aux enchères.
Progressivement, John Maloof prend conscience de la qualité photographique des clichés qu’il a entre les mains. Il rachète les autres lots et se retrouve avec plus de 100 000 négatifs…. Il ne connait toujours pas l’auteur de ces photos.
En cherchant parmi les négatifs, il trouve un pochette de laboratoire photographique avec le nom de Vivian Maier manuscrit : il vient de découvrir le nom de cette femme dont il a vu les autoportraits par centaine parmi les photos qu’elle a faites. John Maloof ne la rencontrera jamais : elle est décédée peu avant qu’il ne découvre son identité. Ce sera toutefois lui qui fera connaître au monde entier l’oeuvre de photographie de rue de Vivian Maier.
L’exposition présentée au Musée de l’Ancien Évêché de Grenoble met en scène plus de 130 photographies de Vivian Maier. Dans un accrochage épuré, où les photos se suffisent à elles-mêmes, on découvre essentiellement des images en noir et blanc.
J’ai été frappée par la façon qu’a Vivian Maier de saisir l’instant, un regard furtif, une émotion sur un visage. Ses cadrages se révèlent aussi malicieux, s’attachant parfois à des détails. Elle a photographié ses contemporains dans leurs activités quotidiennes, sans concession, et nous livre un formidable regard sur son époque.
Et il y a aussi ses autoportraits… Vivian Maier profite de tous les reflets pour se prendre en photo. Elle expérimente d’autres types d’autoportraits, jouant avec son ombre ou composant un portrait chinois. On a l’impression d’une véritable quête d’elle-même à travers ses clichés. Et ce qui m’a frappé, c’est qu’autant elle capture les émotions des autres sur le vif, autant elle masque toute émotion sur ses autoportraits (sauf sur celui dans le miroir d’un vitrier déchargeant son camion où un léger sourire semble nous dire à quel point elle est ravie de profiter de ce reflet furtif !)….
Je n’avais qu’une vision superficielle de l’oeuvre de Vivian Maier et j’ai découvert la sensibilité avec laquelle elle prend ses photos… Qu’au delà de la street photography, elle était une portraitiste de l’éphémère !
Exposition « Vivian Maier, Street photographer » Musée de l’Ancien Évêché – Grenoble – Isère – février 2020
(*) L’exposition, initialement prévue jusqu’au 15 mars 2020, est prolongée jusqu’au 22 mars 2020 au Musée de l’Ancien Évêché à Grenoble. L’entrée est gratuite.