[Drôme] des idées pour un été culturel

Si la culture bouge tout au long de l’année dans la Drôme, l’été arrive chaque fois avec son lot de belles expositions, mais aussi de concerts et de spectacle, en particulier en plein air. Cet été 2025 ne déroge pas, et les propositions que j’ai déjà pu tester ont une nouvelle fois prouvé que notre beau département sait accueillir des manifestations de qualité. Bien sûr, je n’ai pas encore coché toutes les cases de ma liste de découvertes pour la saison. Mais voici déjà un petit aperçu de ce que j’ai vu, en espérant vous inspirer si vous habitez ou passez dans la région au cours de l’été.

une sculpture de la série des Voyageurs de Bruno Catalano
A Valence, Hubert III, un des Voyageurs de Bruno Catalano a posé sa valise (ou presque) à côté de la mairie depuis le mois de mai.

Deux expositions exceptionnelles au musée de Valence

Cet été, le musée de Valence nous gâte particulièrement avec des expositions et accrochages exceptionnels. Je vous ai déjà parlé de l’exposition des planches du livre Jazz d’Henri Matisse qui ont pris place dans la salle des arts graphiques. Deux autres expositions viennent actuellement agrémenter la visite du musée (qui, je le rappelle, vaut déjà la découverte même sans exposition spéciale).

devant l'affiche de la saison du musée de Valence, une sculpture de Jaume Plensa au milieu des arbres
Le Messager de Jaume Plensa accueille le visiteur devant le musée de Valence

Toros intime

Sur le plateau d’art contemporain, ce sont les œuvres du sculpteur Toros qui ont pris place. Ce sculpteur, d’origine arménienne est né à Alep en 1934. Il viendra s’installer dans la Drôme en 1967. Il finira par installer son atelier à Romans sur Isère, où il est décédé en 2020. Ses sculptures ont en commun des lignes fines et épurées, évoquant souvent le mouvement. Toros a réalisé de nombreuses sculptures pour l’espace public. On en retrouve ainsi à Valence, Romans, ou encore au bois des Naix à Bourg de Péage, mais aussi un peu partout en France ou à l’étranger (essentiellement en Syrie et en Arménie). Il a aussi imaginé de nombreux monuments au message plus politique, qu’il s’agisse de la mémoire des victimes du génocide arménien (par exemple à Valence), d’un hommage au groupe de résistants de Missak Manouchian (à Valence également) ou aux victimes des attentats de Romans sur Isère. Mais l’angle choisi cette fois par le musée nous invite à découvrir une facette plus intime de Toros, avec des œuvres de plus petite taille. J’ai aimé découvrir cet aspect de l’œuvre de Toros, empreint de douceur, et d’espoir.

reflet d'une sculpture de Toros dans les fenêtres du musée de Valence
Superposition de reflets – sculpture de Toros et fenêtres du musée

Giacometti et les prêts exceptionnels du Musée d’Orsay

Le musée de Valence a la chance d’accueillir des prêts exceptionnels du musée d’Orsay. Ceux-ci sont habituellement présentés au musée Granet d’Aix en Provence où ils ont dû laisser temporairement la place à une grande exposition consacrée à Cézanne. Ce sont ainsi 22 œuvres d’artistes majeurs que l’on peut découvrir à Valence tout l’été. Parmi les artistes, citons Picasso, Nicolas de Staël, Chardin, Fernand Léger ou encore Bram van Velde. Mais le plus impressionnant, ce sont les œuvres de Giacometti, tableaux et sculptures formant un ensemble homogène des années 1940 à 1960. Le musée leur consacre d’ailleurs une salle monographique.

une fenêtre éclaire une pièce aux murs noirs avec un tableau de Bram van Velde

Bram van Velde

Je dois avouer que si j’avais déjà quelques fois eu l’occasion de voir des sculptures de Giacometti, jamais je n’avais été touchée par celles-ci. La dernière fois, c’était lors de ma visite du Musée Bourdelle à Paris où une sculpture de Giacometti était mise en parallèle de celles de Bourdelle qui a été son maître ou encore de Germaine Richier, également élève de Bourdelle. J’avais trouvé intéressant de visualiser la filiation et les points communs mais sans ressentir d’émotion particulière devant l’œuvre de Giacometti. Or, au musée de Valence, entourée des tableaux et des sculptures de l’artiste suisse, je crois que j’ai enfin saisi une partie de l’âme de ceux-ci.

sculpture et tableau par Giacometti
Là, à quelques centimètres de cette sculpture de Giacometti, entourée de ses œuvres, j’ai ressenti une émotion forte, intense, comme si j’avais établi une connexion avec l’âme de l’artiste

Au fil des salles du musée

Les œuvres prêtées par le musée d’Orsay sont réparties dans différentes salles du musée. C’est donc aussi l’occasion de revoir certains tableaux mais également d’en découvrir d’autres, soit parce qu’ils sont nouvellement accrochés, soit parce qu’ils n’avaient jusqu’alors pas attiré mon regard. Et si vous visitez le musée pour la première fois, ne manquez surtout pas le panorama depuis la terrasse et celui depuis le belvédère.

2 tableaux représentant l'un un paysage urbain, l'autre la campagne
Je n’avais encore jamais fait attention au tableau de Dufy sur la gauche… ou peut-être n’était-il pas accroché ?
un tableau se reflète dans un miroir situé sur un mur où un autre tableau est accroché
jeu de reflets dans le petit cabinet rouge, aka ma nouvelle salle favorite du musée de Valence !

Genesis, la magie des photos de Sebastião Salgado à Montélimar

Après les photographies de William Klein l’année dernière, le musée d’art contemporain de Montélimar accueille un autre photographe d’exception. C’est l’exposition Genesis du photographe franco brésilien Sebastião Salgado qui est en effet accrochée sur les murs de l’ancienne caserne Saint Martin. Ce photographe de renommée internationale est connu pour son travail de photojournaliste. Economiste, il a appris la photo en autodidacte au début des années 1970 et en a ensuite fait son métier. Il a parcouru le globe dans un souci de témoignage constant. Genesis est présentée pour la première fois en 2013, en même temps que sort le livre éponyme. Depuis, l’exposition circule de musée en galerie.

entrée de l'exposition Genesis de Sebastião Salgado à Montélimar
L’entrée de l’exposition Genesis
(on retrouve le même graphisme que pour Play play play de William Klein l’été dernier)

Genesis est le résultat de voyages photographiques ayant eu lieu entre 2004 et 2012. Cette exposition (une des expos photos les plus vues dans le monde) est un hommage à la beauté et à la fragilité du monde. C’est Lelia Wanick Salgado, l’épouse du photographe, qui se charge de la curation et de la scénographie. Rien n’est laissé au hasard pour mettre en valeur les images de Sebastião. Celles-ci, toujours en noir et blanc, toujours avec un grain rappelant celui des pellicules photo, présente des compositions percutantes. Le but est clairement de susciter des émotions, sans nécessairement s’accompagner de longues explications. La nature est belle et il faut donc la protéger.

Le caractère très épuré de la scénographie rend encore plus percutante les images.
(Et j’aime toujours autant les possibilités infinies de jeux de perspective au musée d’art contemporain de Montélimar)

2 photos à 20 ans d'intervalle du domaine de l'instituto terra au Brésil pour montrer le résultat de la replantation
20 ans séparent ces deux images d’un même lieu. Sur la ferme familiale des Salgado au Brésil, Lelia et Sebastião ont fondé l’Instituto Terra, une ONG qui replante des arbres d’espèces endémiques sur des terres rendues arides par une sur-exploitation.
panneau de l'exposition issu de la biographie du photograpge
J’avais découvert les photos de Sebastião Salgado en 2019 au Centre du Patrimoine Arménien de Valence qui avait exposé Autres Amériques.

L’Arménie du sacré, une exposition pour les 20 ans du Centre du Patrimoine Arménien

Sur les traces des arméniens de Valence

Cette année, le Centre du Patrimoine Arménien de Valence fête ses 20 ans. Depuis 2005, cet équipement culturel public (il dépend directement de Valence Romans Agglo) propose une programmation sur des thématiques à fort enjeu géopolitique pour aider à appréhender le monde contemporain. Migrations, conflits contemporains et vivre ensemble sont au cœur des sujets abordés au centre du patrimoine arménien. Le point de départ de l’exposition temporaire est l’exil du peuple arménien suite au génocide de 1915 et l’arrivée dans la vallée du Rhône. C’est l’occasion de comprendre ce qui différencie un génocide d’un massacre ou encore ce qu’est un apatride. Le visiteur découvre ensuite les raisons de l’installation massive d’arméniens à Valence et dans ses environs, les préjugés auxquels ils ont été confrontés et comment ils se sont intégrés tout en perpétuant leurs traditions, leur langue et leur religion.

une œuvre en hommage à celles et ceux qui ont du tout abandonner pour migrer ouvre l’exposition permanente – le parti pris est de regarder l’exil des arméniens dans les années 1920 à travers le prisme valentinois

L’Arménie du sacré à l’épreuve du temps

L’exposition temporaire anniversaire du Centre du Patrimoine Arménien a été conçue en collaboration avec la fondation Boghossian de Bruxelles et le Musée Arménien de France. Différents artistes contemporains, photographes et plasticiens, proposent leur vision du sacré dans l’Arménie d’aujourd’hui (ou plutôt leur regard actuel dans ce qui composait autrefois l’Arménie avant l’annexion par l’Empire Ottoman).

Visuel de l'exposition l'Arménie du Sacré à l'épreuve du temps

Lydia Kasparian pose un regard photographique autour du Mont Ararat. Petite-fille d’un exilé arménien formé à la photographie qui fondé le studio Boissière, fille de Roger Kasparian photographe des stars des sixties, Lydia découvre le pays de ses racines en 2020 seulement. Elle en ramène un reportage photographique à la fois contemplatif et mystique.

Photographies de Lydia Kasparian prises en Arménie
Photographies de Lydia Kasparian

Pascal Convert est un plasticien qui travaille sur les sites archéologiques détruits. Après les Bouddhas géants de Bamiyan, il s’intéresse en 2018 aux katchkars du cimetière de Djoulfa, à la frontière de l’Azerbaïdjan et de l’Iran, détruits au cours des 30 dernières années pour des raisons idéologiques. Ces stèles funéraires massives sculptées d’entrelacs ont été datées du XIIe au XVIIIe siècle. Le cimetière en comptait environ 10 000 au début du XXe siècle et encore 3000 juste avant sa destruction systématique.

photographies de katchkars par Pascal Convert
Photographies de Pascal Convert

Antoine Agoudjian est un photo reporter qui nous entraine sur les traces de la mémoire des Arméniens. Du Mont Ararat au Haut Karabagh, ses images, tantôt en couleur, tantôt en noir et blanc, renvoient un message de résistance et de transmission de cette mémoire partagée. En écho, des objets prêtés par le Musée Arménien de France rappellent l’héritage culturel millénaire de l’Arménie.

photographies d'Antoine Agoudjian prises au Haut Karabagh
Photographies d’Antoine Agoudjian au Haut Karabagh
Livre ancien en arménien
Livre ancien en arménien

Des ateliers pour découvrir autrement

Tout au long de l’année, le Centre du Patrimoine Arménien propose des ateliers accessibles aux enfants et aux adultes. Entre ateliers créatifs, visites contées ou même visite apéro, il y a de quoi plaire à tout le monde. J’ai eu la chance d’être invitée pour découvrir un aperçu de ces différents ateliers et ils m’ont beaucoup plu. Mon coup de cœur va à l’atelier cyanotype qui permet facilement de repartir avec un tirage unique. J’ai aussi beaucoup apprécier la visite apéro qui se termine dans le patio pour un temps d’échange plus informel avec les équipes du centre.

patio du centre du patrimoine arménien avec une fresque de C215

Dans le patio / exemples d’ateliers créatifs

Le Barbier de Séville, en plein air à Grignan

Cela fait quelques années maintenant que je ne manque pas d’assister à l’une des représentations théâtrales de l’été dans la cour du château de Grignan. Chaque année, une nouvelle pièce est montée dans le cadre des Fêtes Nocturnes, portées par le département. Chaque année, c’est une production de qualité à partir d’un grand texte classique. Cet été, c’est Le Barbier de Séville qui a été choisi. Cela avait de quoi me plaire d’entrée de jeu car j’aime beaucoup cette pièce de Beaumarchais. Entre comédie pure et critique sociale, elle multiplie les punchlines et avait fait l’objet de plusieurs entrées dans mon carnet de citations au lycée.

la cour du château de Grignan avec la scène pour une représentation du Barbier de Séville
Dans la cour du château avant le « lever de rideau »

C’est Jean-Philippe Daguerre qui signe la mise en scène. Dans la cour, une scène en forme d’arène donne une tonalité hispanisante. Mais le metteur en scène tire aussi parti du château, utilisant les fenêtres du premier étage pour figurer celles de la maison de Bartholo et des jalousies à travers lesquelles Rosine fait la connaissance d’Almaviva. La mise est en scène est vive, festive, joyeuse,… En un mot : jubilatoire. Les acteurs sont supportés par un musicien et une chanteuse qui reprennent les airs connus de l’opéra Le Barbier de Séville de Rossini durant les intermèdes. Le spectacle dure 1h45 mais on ne les voit pas passer, emportés par le tourbillon qui se joue sur scène.

scène du Barbier de Séville à la nuit tombée dans la cour du château de Grignan
Fin du spectacle
salut final de la troupe après la représentation du Barbier de Séville dans la cour du château de Grignan
Le salut final, de gauche à droite : Petr Ruzicka (violon / alto), Hervé Haine (L’Eveillé), François Raffenaud (Bartholo), Jean-Baptiste Artigas (le Comte Almaviva), Marion Bosgiraud (Rosine), Pascal Vannson (Figaro), Tullio Cipriano (Don Basile), Jean-François Toulouse (La Jeunesse / le notaire), Sabine Revault d’Allonnes (chant / violon)

Informations pratiques et autres suggestions

Pour ceux qui veulent découvrir ces propositions en vrai

  • Musée de Valence : place des Ormeaux, 26000 Valence.
    L’accrochage de Jazz d’Henri Matisse est visible jusqu’au 5 octobre 2025.
    Jusqu’au 30 novembre 2025, le Musée de Valence accueille des prêts exceptionnels du Musée d’Orsay, comprenant entre autre des oeuvres de Giacometti, Fernand Léger, Picasso, Chardin, Paul Klee, Tal Coat ou Nicolas de Stael.
    Enfin, l’exposition Toros intime prend place sur le plateau d’art contemporain jusqu’au 31 août 2025.
    Pour connaitre les horaires d’ouverture du musée et les conditions de visite, il faut se rendre sur leur site internet.
  • Musée d’art contemporain de Montélimar : place de Provence, 26200 Montélimar.
    L’exposition Genesis de Sebastião Salgado est présentée jusqu’au 24 août 2025.
    L’entrée est gratuite pour tous. Les horaires d’ouverture sont disponibles sur le site internet de la ville de Montélimar.
  • Centre du Patrimoine Arménien : rue Louis Gallet, 26000 Valence.
    L’exposition temporaire L’Arménie du sacré à l’épreuve du temps est visible jusqu’au 1er février 2026.
    Le parcours permanent est accessible à partir de 7/8 ans à l’aide des outils de médiation dédiés aux enfants. Si la thématique peut sembler « dure », elle est abordée avec finesse et discernement pour ne pas heurter les plus jeunes publics.
    Le programme des ateliers, mais aussi des spectacles et des conférences, ainsi que les conditions de visite sont disponibles sur le site internet du Centre du Patrimoine Arménien.
  • Fêtes nocturnes de Grignan : dans la cour du château, 26230 Grignan.
    Le Barbier de Séville est joué tout l’été, jusqu’au 23 août. La représentation commence à 21.00. Il est possible de profiter du coucher de soleil sur les terrasses du château avant. La réservation est indispensable.
    Il est possible de profiter d’une restauration légère au café Louis-Provence dans le bosquet avant le spectacle et d’y prendre un rafraichissement ou une boisson chaude après.
    Si vous souhaitez diner au restaurant avant le spectacle, je vous conseille de réserver. Nous ne l’avions pas fait et nous avons eu beaucoup de chance de trouver encore une table (pour 2) en faisant le tour des restaurants à 18.30. Il est aussi possible si on vient avec son pique-nique de s’installer dans l’herbe aux abords du village.

selfie dans un miroir où se reflète un tableau
Selfie-musée

Pour ceux qui aimeraient avoir des idées supplémentaires

J’ai bien entendu repéré d’autres propositions pour la suite de l’été, et même le début de l’automne, dans la région. J’ai en particulier noté :

Deux photos de l'expo Salgado sur les montants d'une sortie piétonne de parking pleine rue
Devant le musée d’art contemporain de Montélimar, une annonce pour l’exposition


Drôme – été 2025


A noter : La visite du Centre du Patrimoine Arménien, avec l’aperçu des ateliers qui y ont lieu, a été faite dans le cadre d’un instameet à l’invitation de Valence Romans Tourisme et du Centre du Patrimoine Arménien (collaboration commerciale non rémunérée). Si vous me suivez depuis un moment, vous aurez peut être noté que je vais régulièrement au CPA pour y découvrir les expositions temporaires, toujours qualitatives. Je n’ai pas attendu d’être invitée pour y aller et y retourner. Pour preuve, parmi les dernières expositions du CPA chroniquées par ici, il y en a une par an depuis la migration du blog ici :

[Drôme] 2 lieux atypiques à découvrir à La Baume d’Hostun

Je vis à côté de Valence et je ne cesse de vous parler par ici de la richesse de ce territoire drômois (et de son voisin ardéchois). Il faut dire que même lorsque je crois commencer à vraiment bien connaître ce qu’il y a et ce qu’il se passe autour de chez moi, je ne suis pas à l’abri d’une découverte originale. Et au début du mois, ce sont deux lieux atypiques que j’ai pu visiter à La Baume d’Hostun, un petit village à une vingtaine de kilomètres de Romans. J’ai en effet été invitée par Valence Romans Tourisme, en même temps qu’un groupe de créateurs de contenus locaux, à venir découvrir la Ferme Intégrale et le tiers-lieu Le Chalutier.

derrière un champ de foin et une rangée d'arbres on devine la silhouette du Vercors
La Baume d’Hostun est un petit village drômois, situé au pied du Vercors dans la vallée de l’Isère.

La Ferme Intégrale, producteur en aquaponie

Une ferme originale

J’avais repéré les serres de la Ferme Intégrale depuis quelques temps. Je les longe en effet lorsque je me rends dans le Royans, et il est difficile de ne pas les voir. J’avais également échangé avec eux lors de la dernière édition du festival Valence en Gastronomie, et cela avait piqué ma curiosité. J’étais donc ravie de cette occasion proposée par Valence Romans Tourisme d’en savoir plus sur la Ferme Intégrale.

le logo de la Ferme Intégrale dans un environnement fleuri

Il faut dire que c’est une ferme très atypique qui produit des légumes, mais aussi du poisson. En effet, la Ferme Intégrale travaille selon la technique de l’aquaponie. Ce système est l’héritier contemporain de la façon dont les Aztèques cultivaient le maïs et les haricots sur des îles artificielles flottant à la surface de petits lacs de montagne, mais aussi de la façon dont en Chine on associe pisciculture et culture du riz depuis 1700 ans. Aujourd’hui, l’intérêt pour l’aquaponie est grandissant, en particulier pour imaginer ce que pourrait être la production alimentaire de demain. Les principaux tests sont plutôt liés à l’envie de développer une agriculture urbaine. Ainsi des promoteurs immobiliers ont créé des fermes verticales en aquaponie lors de la création de nouveaux ensembles urbains.

salades poussant en hydroponie
Plantations de salades dans la serre

La Ferme Intégrale n’est pas vraiment urbaine, mais son emplacement ne doit rien au hasard. Située à la sortie de l’autoroute, elle est facile d’accès. Mais surtout, elle est à quelques centaines de mètres de l’Isère et au dessus d’une nappe phréatique qui n’est pas sujette aux sécheresses. L’autre originalité de la Ferme Intégrale, c’est le choix du poisson. Si la plupart des fermes aquaponiques font grandir des truites, ici, c’est le sandre qui a été choisi. En effet, ce poisson ne nécessite pas une eau trop fraîche, ce qui limite la nécessité de refroidir l’eau. Quant aux serres, elles ne sont pas chauffées mais un système de monitorage permet de gérer au mieux les ouvertures et rideaux pour maintenant la température idéale.

une serre de maraichage
Dans la serre

Mais l’aquaponie, c’est quoi ?

Pour mieux comprendre cette ferme si particulière, il faut que je vous parle un peu de l’aquaponie. C’est un écosystème construit autour de la circulation de l’eau entre les bassins des poissons de la pisciculture et les bassins des légumes dans la serre. L’eau de la pisciculture se charge en ammoniaque à cause des déjections des poissons. Une fois les boues séparées, elle passe aux UV pour détruire virus et bactéries avant d’être biotraitée par des bactéries pour dégrader l’ammonique en nitrite puis en nitrate. On y ajoute un peu de fer et on obtient alors une eau chargée de nutriments qui va servir pour faire pousser les plantes. Celles-ci sont installées sur dans des petits godets ou des rigoles contenant du substrat, et posées sur des radeaux flottant à la surface des bacs. L’eau chargée en nitrates est régulièrement oxygénée puis envoyée dans les bassins de la serre. Une circulation d’eau est créée et l’eau est récupérée en sortie de bassin, appauvrie de plus de 75% des nitrates qu’elle contenait en arrivant. Elle est alors prête à être réinjectée dans les bassins des poissons.

culture en hydroponie d'aneth
Les légumes sont cultivés sur des radeaux flottant à la surface de bassins remplis d’eau (ici de l’aneth)

Vous l’aurez compris, il y a très peu de pertes dans l’ensemble du processus. A la Ferme Intégrale, la perte en eau (à cause de la transpiration des plantes) nécessite d’injecter 5 à 7 m3 d’eau dans le système lors des journées d’été les plus chaudes mais la plupart du temps, elle est négligeable. C’est de l’eau de pluie récupérée qui est utilisée généralement (de l’eau de forage s’il n’y pas eu assez de pluie pour remplir les récupérateurs). Au final, une fois le système lancé, la consommation d’eau est très faible.

C’est parti pour la visite

Après ces quelques explications générales sur l’aquaponie, nous sommes partis à la découverte des installations de la Ferme Intégrale. Nous avons vu depuis une plateforme d’observation les bassins des poissons qui restent dans la pénombre pour être dans les meilleures conditions pour la croissance des sandres. Ce n’est pas la partie la plus agréable à visiter car c’est très bruyant, à la fois chaud et humide et l’odeur est assez forte. Nous avons ensuite vu le stockage des aliments et constaté que la taille de ceux ci varie pour être adapté à la croissance du poisson (bémol écologique, l’aliment est produit en Bretagne par la coopérative Le Gouessant, un des plus gros producteurs d’alimentation animale en France et un spécialiste de la conduite d’élevage industriel). Les sandres arrivant à la ferme à l’état d’alevin (la reproduction du sandre est mal connue et une seule personne actuellement sait le faire en France, dans les Ardennes). Ils y grossissent pendant un an, jusqu’à atteindre 1 kg. Il leur aura fallu 1 kg d’aliment pour cela. Puis nous jetons un œil au laboratoire de levée des filets : un sandre d’1kg correspond à environ 800 grammes de filets. Le reste est revendu à un musher pour l’alimentation de ses chiens.

jeunes pousses plantées en rigole sur un radeau d'hydroponie
Les jeunes pousses sur un radeau en rigole

Nous partons ensuite dans la serre pour des explications détaillées sur la production des légumes. Ici, on ne cultive que des légumes feuilles car ils n’ont besoin que de nitrates pour pousser. Pour obtenir d’autres légumes, il faut d’autres nutriments dans l’eau et cela impliquerait de les ajouter (à noter toutefois qu’une toute petite production de tels légumes est faite en utilisant les boues résiduelles de l’eau issue des bassins des poissons). C’est vraiment très intéressant de voir comment tout est réalisé, depuis le moment où les graines sont semées jusqu’au légume prêt à être consommés. Le jour où nous y étions, il y avait pas mal de salades différentes, du chou kalé, des herbes aromatiques, etc. L’avantage de cette méthode de production, c’est que l’on peut avoir des légumes toute l’année et ainsi s’affranchir en partie de la saisonnalité. (Et, à mon avis, l’inconvénient outre l’aspect écologique lié au transport des alevins et de l’alimentation puis des produits, une partie étant envoyée à Rungis, c’est qu’on perd la notion de saison dans l’agriculture encore un peu plus).

rangs de salades en hydroponie
Rangées de salades
semis de basilic
Semis de basilic

Et si on goûtait ?

Nous avons terminé la visite par une dégustation des produits transformés directement à la ferme. En effet, en plus de vendre les filets de sandre frais et les légumes, la Ferme Intégrale a développé une petite gamme de produits directement travaillés sur place. Celui qui m’avait vraiment plu lorsque je l’avais goûté à Valence en Gastronomie, c’était le filet de sandre fumé. J’ai tout autant apprécié cette seconde dégustation. Moins gras et plus subtil que le saumon fumé, le sandre fumé peut être servi en dés dans une salade ou bien à l’apéritif. Nous avons aussi pu tester la nouveauté Sand’Rillette : une rillette de sandre et c’est un vrai coup de cœur gustatif. Enfin, nous avons pu goûter une tartinade à l’oseille. Ce n’est pas ma préférée car la préparation manque du petit goût acidulé qui fait tout le charme de l’oseille.

feuille de wasabino
Avant de quitter la serre, nous avons pu goûter le wasabino, un chou asiatique dont les feuilles ont la saveur du wasabi tout en gardant un côté très vert

(*) La Ferme Intégrale, 222 rue des Bleuets, 26 La Baume d’Hostun. Si vous souhaitez visiter, savoir où trouver leurs produits, ou en commander, rendez-vous sur le site internet de la Ferme Intégrale.

Le Chalutier, tiers lieu rural et citoyen

EDIT du 19/04/2026 : l’aventure du Chalutier se termine fin avril 2026. Je n’ai à ce jour pas d’information sur le devenir du bâtiment.

Une histoire singulière

Après la visite de la Ferme Intégrale, nous avons pris le chemin du Chalutier. Ce tiers lieu rural et citoyen est installé dans les locaux d’un ancien centre de convalescence des années 1950. Le centre a été construit sur des terres léguées à la Congrégation des Filles de la Charité par la veuve d’un propriétaire fermier qui n’avait pas d’héritier. Elles y construisent une maison de repos pour les jeunes filles ayant souffert de tuberculose mais qui ne sont plus contagieuses. Avec le recul de la tuberculose, le centre de convalescence s’ouvre à différentes suites de pathologies. Peu à peu, les Sœurs se désengagent aussi du quotidien du centre tout en restant propriétaires du centre Sainte Catherine Labouré.

une cour de maison desservie par un escalier
La cour de l’habitation d’origine

En 2021, les derniers patients quittent les lieux, devenus inadaptés aux pratiques de soin. Un projet de tiers lieu est monté : le Chalutier est né. L’association intègre les locaux peu après la fermeture du centre de convalescence. Les locaux, fonctionnels mais vieillots, n’ont pas eu le temps de se dégrader. Après nous avoir présenté l’histoire du lieu, Thomas qui nous accueille nous emmène le visiter. Il nous entraine de la cave au grenier, pour que nous nous rendions compte de l’état et du potentiel des lieux. Dans certaines parties des bâtiments, aujourd’hui inutilisées, la visite prend des allures d’urbex. Et notre imagination nous fait envisager des scénarios de films d’horreur.

Une architecture typique des établissements de soin de l’après-guerre

Parmi les éléments architecturaux remarquables, j’ai noté la terrasse avec sa pergola ainsi que la chapelle. Située au premier étage du bâtiment principal, ses fenêtres ont une forme originale et accueillent des vitraux au graphisme intéressant. Je n’ai pas (encore) réussi à trouver des informations à leur sujet, mais ils m’intriguent fortement.

une chapelle avec des vitraux contemporains
Dans la chapelle de l’ancien centre de soins Sainte Catherine Labouré de La Baume d’Hostun

Quelques détails des vitraux : le Saint Suaire, les clous de la Passion, et les dés des soldats romains tirant au sort les vêtements du Christ

Un parc immense

En plus du bâtiment, le Chalutier dispose d’un immense parc de presque 7 hectares. La promenade y est agréable et permet de bénéficier de jolis points de vue sur les contreforts du Vercors et sur la vallée de l’Isère. Comme il s’agit d’un ancien centre de suites de soins, les allées sont ponctuées de nombreux bancs. Ceux en ciment ont un charme désuet. Dans les prairies, j’ai pu repérer quelques orchidées, essentiellement des orchis pyramidaux à cette période de l’année. Enfin, nous avons aussi profité de l’ombre des grands tilleuls pour déjeuner dehors avec les occupants du Chalutier.

un banc en ciment couvert de mousse, au bord d'une prairie
Le charme désuet des anciens bancs en ciment
des tables et des chaises de jardin sous les arbres
l’heure du déjeuner

Un lieu de partage

Le Chalutier est un tiers lieu, voulu comme un lieu de partage. De nombreux évènements y sont organisés : marchés d’été à l’ambiance guinguette, concerts, etc. Ce sont aussi des espaces qui sont à louer pour les artistes et artisans ou encore un studio de répétition. Les profils des occupants sont variés, et nous avons pu le constater au fil des étages. Certains avaient laissé leurs clés à Thomas pour que nous puissions jeter un œil à leurs ateliers. J’ai ainsi découvert des univers très différents, de la poterie à la couture en passant pour la marqueterie ou les arts plastiques.

nature morte sur une étagère entre livres, bois flotté et carcasse de poisson en métal
L’univers gothique de Vinz Dupux
un atelier d'ébénisterie
un atelier de travail du bois
des tableaux en marqueterie dans l'atelier d'ébénisterie
Les réalisations en marqueterie de Julie, atelier Le bois d’à côté
un atelier de couture
L’atelier de Cécile, Sudoku & Chemises
des pots en céramique
Les poteries d’Ariane, Aria Terra

Après la visite, nous avons eu la chance de participer chacun à 2 ateliers. Nous avons fait un atelier d’art-thérapie, installés sous les arcades, en extérieur mais abrités de la pluie battante. Le but était de se focaliser sur les couleurs, le mouvement du pinceau ou de la brosse, et les effets produits, en particulier en superposant les couleurs ou ajoutant plus ou moins d’eau à la peinture acrylique, sans chercher à représenter quoi que ce soit. J’ai trouvé cet atelier très apaisant, très relaxant, et cet effet était décuplé par le bruit de la pluie. Puis, je suis allée dans l’atelier d’Ariane la potière pour une initiation au tournage de la terre. Après mon atelier modelage chez Amélie il y a un peu plus de deux ans, j’avais eu envie d’essayer le tour sans jamais en avoir l’occasion depuis. J’étais donc ravie de pouvoir le faire cette fois. Après la démonstration d’Ariane, c’est à notre tour de tourner un cylindre. Spoiler alert : ça semble beaucoup plus facile quand Ariane le fait ! Mais j’ai réussi à sortir un presque cylindre. J’ai vraiment aimé les sensations du contact de la terre lors du tournage, mais il va falloir que je m’entraîne si je veux sortir des pots dignes de ce nom.

atelier art-thérapie

Initiation au tour de potier dans l’atelier Aria Terra d’Ariane Bonnet

(*) Le Chalutier, 301 côte Simond, 26 La Baume d’Hostun.
Le site internet du Chalutier permet de découvrir les différents profils des occupants du lieu, ainsi que les propositions festives et culturelles. Les artisans proposent aussi régulièrement des stages, n’hésitez pas à les contacter directement.

A noter : jusqu’au 16 juillet 2025, le Chalutier réalise une levée de fonds citoyenne afin de permettre à l’association de se porter acquéreur du bâtiment comme cela avait été prévu dans la convention temporaire d’occupation. Deux modes de participation sont possibles : un don jusqu’à 1000€ ou un prêt pour les montants supérieurs.
EDIT du 15/08/2025 : Bonne nouvelle : la campagne de levée de fonds citoyenne a permis de réunir un budget suffisant pour lancer la phase suivante du projet de rachat du bâtiment !

EDIT du 19/04/2026 : le projet de rachat du bâtiment n’a pas pu aboutir et l’aventure du Chalutier s’arrête fin avril 2026. Vous pourrez retrouver les artistes et artisans dans de nouveaux locaux, un peu partout dans la région.


La Baume d’Hostun – Drôme – juin 2025

un parc avec de grands arbres au pied du Vercors
Vue sur le parc et le Vercors depuis le Chalutier

(*) Les visites et ateliers évoqués dans cet article ont été réalisés dans le cadre d’un instameet auquel j’ai été invitée par Valence Romans Tourisme (constituant ainsi une collaboration commerciale non rémunérée). Je remercie l’office de tourisme ainsi que les partenaires pour leur accueil et les échanges que nous avons eus.
Comme à chaque fois, je livre ici un avis sincère, correspondant à l’expérience que j’ai vécue.

[Ardèche] Balazuc, une journée en famille entre balade et fossiles

Vers la mi-mai, avec Mr 1er, nous avons mis nos réveils un dimanche matin pour avoir le temps d’aller explorer Balazuc, avant qu’il ne reprenne le train pour rentrer à Aix-en-Provence. Le but principal de notre visite était d’aller voir le Museum de l’Ardèche que j’avais été invitée à venir découvrir, mais nous en avons profité pour un avant goût d’été au bord de la rivière et un tour dans le joli village.

un village perché
Vue sur Balazuc depuis le pont sur la rivière

L’un des plus beaux villages de France

Au bord de la rivière Ardèche

Pour venir à Balazuc, nous avons suivi les indications du GPS. Depuis la plaine de Valence, il nous a fait passer à proximité d’Aubenas, puis nous avons bifurqué sur une toute petite route. Longeant un petit ravin, nous sommes arrivés sur la rive opposée de celle où le village est bâti et avons donc bénéficié d’une très belle vue sur celui-ci. (Attention, la circulation sur cette route fait l’objet de restrictions, renseignez-vous au préalable). Comme nous étions très tôt, nous avons vu trouver un stationnement sur le parking du bas du village. De là, nous sommes revenus à pied vers le pont pour profiter plus sereinement du point de vue. Nous sommes ensuite descendus au bord de la rivière. A cette heure matinale, nous étions seuls sur la plage.

des falaises arborées bordent une rivière
Sur la droite, on aperçoit le contrefort de la route par laquelle nous sommes arrivés
des falaises arborées bordent une rivière
Nous avons pris le temps de regarder et d’écouter la rivière, nous faisant surprendre par quelques grenouilles à nos pieds
des falaises arborées bordent une rivière
l’Ardèche passe au pied du village de Balazuc

Au fil des rues

Comme il était encore un peu trop tôt pour aller au Museum de l’Ardèche, nous avons décidé d’explorer les ruelles du village médiéval plutôt que le traverser en longeant la rue principale, percée au XIXe siècle à coups de dynamite. Nous arpentons de pittoresques petites rues qui passent parfois sous les maisons. Nous longeons une petite grotte bordée d’un passage souterrain. Figuiers et mûriers prodiguent une ombre qui sera bienvenue au cœur de l’été. Nous déambulons dans les calades (en faisant attention à ne pas glisser car Mr 1er a une entorse du genou et j’ai moi-même une cheville récalcitrante). J’étais déjà venue à Balazuc en 2017 avec Mr 2e et Melle 3e et nous étions monté sur le toit de l’église romane pour profiter de la vue. Compte tenu de l’état du genou de Mr 1er, nous n’irons pas cette fois, mais si vous passez à Balazuc, je vous le recommande.

une calade souterraine relie deux ruelles du village de Balazuc
Certaines calades ont été creusées dans le rocher
un passage couvert public sous une maison
les calades passent parfois sous les maisons
une place du village, entourée de végétation
Olivier, figuier, laurier rose : la végétation est très méridionale dans ce secteur de l’Ardèche

Le Museum de l’Ardèche

Tout en prenant notre temps, nous sommes arrivés au Museum de l’Ardèche à l’heure de l’ouverture matinale. Ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre, nous avons été surpris par la modernité du bâtiment.

le bâtiment d'accueil du muséum de l'Ardèche
J’ai eu un coup de coeur pour les lettres métalliques servant d’enseigne au Museum, à la fois massives et élégantes. On ne peut pas les manquer et en même temps, elles s’inscrivent parfaitement bien dans l’environnement.

Un atelier « fouilles »

En arrivant, nous avons découvert que mon invitation nous donnait accès à un atelier Fouilles. Il y en avait justement un à 10.00, juste à l’ouverture. Nous avons donc commencé notre visite par l’atelier. Nous avons eu de la chance car nous étions seuls pour y participer. Le médiateur nous a emmenés sur l’arrière du bâtiment, à flanc de coteau. Là, sept bacs de fouilles représentent autant de milieux naturels que l’on peut croiser en Ardèche : pouzzolane, calcaire, granit, etc. Au bord de chaque bac, un panneau explique les minéraux et fossiles qu’il est possible de trouver dans le milieu naturel ardéchois correspondant, ainsi que sa localisation dans le département.

L'ombre d'un squelette de T-rex devant un squelette de tricératops
L’ombre du squelette du T-rex est projetée par le soleil au pied du squelette du tricératops (ces deux squelettes sont des moulages en bronze à taille réelle)

Notre mission est simple : nous avons une heure pour fouiller les sept bacs et y trouver fossiles et minéraux. Si le concept peut paraitre enfantin, je dois avouer qu’il est très facile de se prêter au jeu. Ainsi, avec Mr 1er, nous avons bien consciencieusement gratté chacun des bacs pour trouver un exemplaire de chacun des minéraux et fossiles qu’il était possible d’y trouver. Et si certains sont simples à repérer, d’autres demandent un peu plus de patience et d’attention. Le médiateur passe voir de temps en temps comment nous nous en sortons et nous aide un peu pour ceux que nous peinons à retrouver. Le temps qui nous était imparti a filé à toute vitesse, preuve que nous ne nous sommes pas ennuyés. Et nous avons eu la satisfaction d’avoir trouvé chaque minéral et chaque fossile indiqués sur les panneaux. En plus, nous repartons avec chacun nos trouvailles pour agrandir notre collection de petits trésors (qui pour ma part compte déjà quelques fossiles en particulier du pont aux étoiles de Rompon, et pas mal de coquillages et petits cailloux).

la main d'une personne qui cherche des petits fossiles au milieu de cailloux
Mr 1er en pleine fouille

La collection de fossiles

Après l’atelier Fouilles, nous sommes retournés à l’intérieur du Muséum pour découvrir la collection de fossiles. Nous avons un temps hésité à faire la visite libre, mais avons opté pour la visite guidée, sans regret. Le médiateur présente en effet de nombreuses images des animaux reconstitués que l’on peut par ailleurs découvrir en version fossile. La période balayée va du Cambrien il y a 541 millions d’années jusqu’à l’apparition des premiers hommes il y a 2 millions d’années. La diversité des espèces est donc très impressionnante. Environ 800 fossiles sont présentés dans l’exposition, dont la plus grande partie a été trouvée en Ardèche.

la salle du muséum présente de nombreux fossiles dans une scénographie moderne et lumineuse
Aperçu des fossiles du Muséum de l’Ardèche

A l’origine du Muséum de l’Ardèche, on trouve la passion d’un homme, Bernard Riou, pour la paléontologie qu’il a découverte en trouvant des ammonites dans les champs familiaux. Il explore les zones fossilifères autour de La Voulte sur Rhône d’où il est originaire. Et c’est en 1982 qu’il fait une énorme découverte : la plus vieille pieuvre connue au monde. A la suite de cela, il va continuer à chercher des fossiles, multipliant les découvertes originales, comme une jument hipparion gravide ou encore la plus ancienne châtaigne d’Ardèche (un vrai clin d’œil à ce fruit emblématique du département). Il constitue ainsi une énorme collection privée, et ouvre un premier espace muséographique à La Voulte. Il y a une quinzaine d’années, Emmanuelle, la fille de Bernard Riou, et Mehdi son mari lancent une entreprise de médiation scientifique axée sur les sciences naturelles. Très vite, l’idée d’un nouvel espace muséal proposant des actions de médiation émerge. La localisation est choisie en raison de sa proximité avec les Gorges de l’Ardèche et de leur flux touristique. Le Muséum de l’Ardèche est né. Il est inauguré en 2016. Aujourd’hui, il est devenu un incontournable de la région. Et, après l’avoir visité, vu la richesse et la diversité des collections, et apprécié la qualité de la médiation, instructive tout en restant ludique, je comprends aisément pourquoi. Mr 1er, qui m’accompagnait, apprécie depuis tout petit les fossiles (sa passion pour les dinosaures n’a pas vraiment cessé !). Il a, tout comme moi, été surpris de la quantité et de la qualité de ceux qui sont montrés au Muséum de l’Ardèche. Nous sommes arrivés curieux et intrigués et sommes repartis enchantés !

Collection de fossiles

(*) Vous pouvez retrouver les horaires d’ouverture, les tarifs, ainsi que le programme des différentes animations sur le site internet du Muséum de l’Ardèche.


Balazuc – Ardèche – mai 2025


Après la visite du Muséum de l’Ardèche, nous avons juste déjeuné en terrasse avant de repartir vers Montélimar et sa gare pour y déposer Mr 1er. Si vous avez un peu plus de temps, vous pouvez :

  • Profiter de la plage de Balazuc pour une baignade
  • Louer un kayak pour une balade sur la rivière
  • Aller vous promener le Vieil Audon, un hameau de Balazuc géré en coopérative
  • Partir un peu plus loin pour découvrir les autres jolis villages du secteur comme Vogüé (à 10 km) ou Labeaume (à 13 km),
  • Parcourir les gorges de l’Ardèche (le Pont d’Arc est à 23 km)
  • Visiter des grottes, par exemple l’Aven d’Orgnac (à 37 km) ou la Grotte Chauvet 2 (à 25 km)
au premier plan un village ancien, au second plan des falaises calcaires avec une tour de guêt
Vue sur la tour de la Reine Jeanne depuis le village de Balazuc


A noter : j’ai été invitée par le Muséum de l’Ardèche pour venir découvrir leurs activités, dans le cadre d’une collaboration commerciale non rémunérée. J’ai réellement apprécié l’expérience et la découverte, tout comme Mr 1er. Nous étions arrivés très perplexes (surtout après avoir vu à Ottawa et Toronto des fossiles de dinosaures), et nous sommes repartis entièrement convaincus par la qualité à la fois des collections et de la médiation.

[Ardèche] avec LivMyLife, j’ai expérimenté le quotidien d’une productrice de plantes

Mi-mai, j’ai passé une journée à partager le quotidien de Fanny, une productrice de plantes sur les hauteurs de Tournon en Ardèche. C’est à l’invitation de Maia, à l’origine du projet LivMyLife, que j’ai pu vivre cette expérience en immersion. Venez, je vous emmène découvrir ce beau projet et mon expérience concrète.

au premier plan un champ dans lequel le foin vient d'être coupé et sèche, en arrière plan des silhouettes de montagnes
Depuis la ferme de Fanny, on découvre un panorama somptueux

LivMyLife, c’est quoi ?

Je suis certaine que vous connaissez le principe du « vis ma vie ». Il s’agit d’avoir la possibilité, pendant un ou plusieurs jours, de se plonger dans le quotidien de quelqu’un d’autre. Si ce principe est assez répandu dans le monde de l’entreprise, par exemple pour découvrir le quotidien de collègues qui font d’autres métiers que le sien, il est parfois compliqué de trouver des professionnels pour le faire dans le monde artisanal ou agricole. Or, nombreux sont ceux qui aimeraient avoir un aperçu concret d’un métier, que ce soit parce qu’ils envisagent une reconversion ou par simple curiosité.

logo LivMyLife Expérience

Partant de ce constat, Maia a imaginé Livmylife, un concept de plateforme pour mettre en contact des Généreux qui ouvrent leurs portes et des Curieux qui viennent découvrir. Le but est de favoriser les échanges, en permettant aux Généreux de partager leur passion et aux Curieux de faire le plein d’idées inspirantes. Quand Maia m’a contactée, et m’a présenté ce projet, j’ai tout de suite aimé le concept, et me suis portée volontaire pour le tester.

Capture écran de la page de recherche d'une offre sur le site internet LivMyLife.net
Capture écran du site internet https://livmylife.net/ faite le 16/05/2025

Après une recherche sur le site internet de LivMyLife pour choisir le stage en immersion qui me convenait, j’ai contacté Fanny qui produit des plantes sur les hauteurs de Tournon. Il y avait d’autres propositions très intéressantes mais j’avais comme critère que ce ne soit pas trop loin de la maison, et l’univers des plantes m’intéresse beaucoup. Suite à quelques échanges, nous avons convenu avec Fanny d’une date pour que je vienne sur sa ferme découvrir son quotidien.

Mon expérience en immersion chez Fanny, productrice de plantes

Une matinée au champ

Le rendez-vous était donné à l’atelier de Fanny vers 9.30. Nous sommes d’ailleurs arrivées pile en même temps, chacune par un côté de la route différent. Nous avons commencé par faire connaissance autour d’un tisane, issue des préparations de Fanny, et en avons profité pour discuter du planning de la journée et de mes attentes. Nous avons ensuite pris la direction du champ voisin où poussent les différentes plantes utilisées par Fanny pour leurs vertus, que ce soit dans ses infusions ou dans ses macérations cosmétiques. Notre première tâche était le désherbage des échinacées. Fanny a commencé par me montrer quelques plantes et me faisant découvrir aussi leurs odeurs. Puis nous avons commencé à arracher les herbes qui venaient étouffer les échinacées en pleine croissance, installées côte à côte et profitant de ce moment pour discuter.

Après une petite heure de désherbage, nous avons récupéré un panier et des épinettes pour aller cueillir le sureau en fleurs. Nous sommes partis dans les champs en pente derrière la ferme où le voisin de Fanny fait pâturer des chevaux (que nous n’avons pas croisés ce jour-là). Tout en navigant dans les ronces et les orties, nous avons coupé plus de 700 grammes de fleurs. Une fois le panier plein, nous sommes revenues vers la ferme pour mettre notre récolte à sécher. Fanny en a profité pour m’expliquer le fonctionnement de son séchoir qui tire partie de la chaleur du soleil via une tôle et une circulation d’air naturelle.

Un après-midi au labo

Avant de faire la pause déjeuner, nous avons déplacé un peu de matériel et de plantes séchées dans une petite salle à proximité en prévision de l’atelier que Fanny devait mener le surlendemain. Après le repas que nous avons partagé, nous avons fait des tâches à l’intérieur. Nous avons commencé par la mise en flacons d’un macérat huileux d’immortelle. Après m’avoir montré, Fanny m’a laissé faire. Et je dois avouer que cela demande beaucoup de précision pour remplir correctement des petits flacons de 15 millilitres. Une fois préparée la quarantaine de flacons dont Fanny avait besoin, nous avons débuté la préparation d’un mélange pour infusion avec des orties, du romarin, et de la menthe. Nous avons manqué de temps pour mélanger les plantes mais nous avons découpé les orties en plus petits morceaux, en particulier les tiges (que Fanny conserve dans son infusion car elles sont pleines de vertus). Après cela, il était temps de redescendre dans la vallée du Rhône pour notre dernière tâche de la journée. Fanny m’a emmenée réapprovisionner son rayon dans un des magasins de producteurs où elle distribue ses produits.

L’huile à l’immortelle était très d’une couleur dorée, et son odeur très parfumée.

Ce que j’ai pensé de mon expérience LivMyLife

J’ai réellement apprécié cette journée avec Fanny. Nous avons passé la plupart du temps à discuter. Fanny m’a donné plein d’explications très claires sur son métier, la façon dont elle travaille, et les vertus des plantes qu’elle utilise. Mais surtout, nous avons beaucoup échangé autour de nos parcours de vie respectifs. J’ai trouvé ces échanges vraiment très enrichissants. Fanny a su orienter la journée en fonction de mes aspirations, et je n’ai aucun doute qu’elle aurait pu mener la journée tout autrement si j’avais souhaité avoir plus de détails sur l’une ou l’autre facette de son métier.

Concernant le projet LivMyLife, comme je l’ai écrit plus haut, j’ai tout de suite été convaincue par le concept. J’avais très tôt échangé par écrit et par téléphone avec Maia, que j’ai rencontrée en mars sur un salon. Son enthousiasme pour ce projet est hyper communicatif. Quant à la plateforme, je l’ai trouvée très simple à utiliser en tant que Curieux. Si à ce jour, le nombre de propositions de stage est encore limité, Maia cherche activement de nouveaux Généreux. Si vous êtes intéressés pour en faire partie, n’hésitez pas à contacter Maia via le site internet de LivMyLife afin qu’elle vous donne plus d’informations.

Liens utiles

  • Plateforme LivMyLife : pour découvrir les propositions des Généreux et réserver un stage
  • Le site de Fanny La Magie des Plantes : pour découvrir et acheter les produits qu’elle fabrique à partir des plantes qu’elle cultive ou ramasse.


Tournon – Ardèche – mai 2025


(*) J’ai été invitée par LivMyLife à participer au stage chez Fanny. Il s’agit donc d’une collaboration commerciale (non rémunérée). Mon avis et mon enthousiasme sont bien réels et reflètent très exactement l’expérience que j’ai vécue.

[Ardèche] une promenade souterraine à l’aven d’Orgnac

Lors de la dernière édition du salon Destination Ardèche (un salon annuel pour découvrir les nombreuses possibilités de balades et visites dans le département), j’avais échangé avec l’équipe de l’Aven d’Orgnac. Je ne connaissais ce grand site de France que de nom alors que ce n’est qu’à 1 heure et demie de route de chez moi (mais en même temps, la région est si riche qu’il y a pléthore de lieux à découvrir dans un tel rayon !). Ils m’ont donc invitée à venir voir sur place la grotte mais aussi la cité de la préhistoire. J’ai profité d’un dimanche un peu gris avant que la saison ne commence vraiment pour m’y rendre.

un bassin dans un jardin en terrasse
Avec du soleil, le jardin doit être vraiment agréable

Descendre 120 mètres sous terre

J’avais choisi d’arriver tôt pour suivre la première visite du matin, à l’ouverture du site. En effet, le temps maussade a tendance à pousser les visiteurs vers les lieux couverts et je voulais autant que possible éviter la foule. Le calcul s’est avéré bon : nous étions 7 visiteurs pour découvrir la grotte (le guide nous a glissé que la veille, dans l’après-midi, il avait eu des visites avec une soixantaine de personnes). C’est donc dans d’excellentes conditions que j’ai pu apprécier les merveilles souterraines de l’Aven d’Orgnac.

un escalier en tunnel descend sous terre
En chemin vers les entrailles de la terre !

Après une courte introduction sur la topologie de la grotte, nous entrons dans le vif du sujet et un premier escalier qui descend vers la première salle de l’aven. En tout, nous descendons un peu plus de 700 marches pour arriver 120 mètres sous la surface. Le premier escalier est un tunnel qui a été creusé pour l’ouverture de la grotte au public en 1939, seulement 4 ans après la première exploration de la grotte par Robert de Joly et ses acolytes. Il faut dire que l’entrée naturelle n’est praticable que pour des spéléologues bien équipés. En effet, un aven est une grotte dont l’entrée est verticale. L’entrée naturelle d’Orgnac est un trou qui se situe au milieu des chênes verts qui peuplent les environs, et qui mène à la première salle de la grotte dont le plafond s’élève à près de 30 mètres, tout en se situant à une cinquantaine de mètres sous la surface.

Quand nous arrivons dans la première salle, l’émerveillement est total. La lumière du matin passe à travers l’entrée naturelle de la grotte et la différence de température entre l’extérieur et l’intérieur produit une brume mystique. Face à nous, une immense salle avec de superbes concrétions déploie ses grandes dimensions : plus de 120 mètres de long pour presque 75 mètres de large. Avec la pluie des semaines et des jours précédents, la grotte est particulièrement active. L’eau coule, goutte, ruisselle. Les concrétions brillent des cristaux nouvellement déposés.

stalagmites en forme de piles de pancakes
Magie des concrétions verticales

Nous continuons notre périple souterrain, tandis que notre guide nous explique comment la grotte s’est formée ainsi que l’histoire de sa découverte et de son aménagement au début du XXe siècle. La descente se poursuit au fil des salles. Partout où le regard se pose, les sculptures naturelles sont impressionnantes par leur taille et magiques par leurs détails. Moi qui aime les découvertes souterraines, je suis sous le charme. Stalactites, stalagmites, draperies, piliers : tout semble démesuré. Nous pouvons même admirer l’eau au travail. A plusieurs endroits, les gouttes tombent du plafond sur une stalagmites en produisant un splash dans la petite flaque au sommet. Le spectacle est hypnotisant.

Nous arrivons au bout des 700 marches. Nous sommes 120 mètres sous la surface. La dimension des salles est toujours aussi impressionnantes. Dans le fond, un mannequin de taille adulte nous donne une idée de l’échelle : nous sommes clairement minuscules dans ce monde souterrain exceptionnel. Avant d’assister au son et lumière qui anime la dernière salle, le guide nous fait expérimenter l’écho des lieux en nous invitant à lancer tous ensemble un hé-ho. Celui-ci reste suspendu dans les airs durant de longues secondes. Après le spectacle, la visite s’achève. Cela fait bientôt 1 heure et demie que nous avons pénétré dans cet univers souterrain (normalement, la visite est annoncée pour durer 1 heure, mais notre guide nous a permis de prendre notre temps car nous étions peu nombreux et le seul groupe présent dans la grotte ce matin-là). Il est temps de remonter à la surface en empruntant les ascenseurs.

concrétions souterraines de l'Aven d'Orgnac
Le cœur de Robert de Joly, l’inventeur de l’Aven d’Orgnac, est conservé dans la grotte, dans une urne installée sous les draperies des grandes orgues d’Orgnac

Profiter de la cité de la Préhistoire et des environs

Après la visite de la grotte, je suis allée faire un tour à la cité de la Préhistoire. C’est l’occasion de (re)découvrir la faune qui peuplait l’Ardèche il y a fort longtemps, mais aussi de faire un état des lieux des découvertes archéologiques et de nos connaissances actuelles sur la vie des hommes préhistoriques. C’est un voyage dans le temps depuis l’époque des Prénéandetaliens, qui ont occupé le site il y a 350 000 ans, jusqu’au néolithique 5500 ans avant notre ère et les dernières traces d’occupation préhistorique dans les grottes avoisinantes. Toute occupée à lire les différents cartels, je n’ai même pas pensé à prendre des photos ! J’ai trouvé que les outils de médiation étaient très bien faits, avec beaucoup de manipulations accessibles même aux enfants. J’ai ensuite profité du snack du site pour une pause déjeuner rapide. J’ai même réussi à m’installer sur la terrasse au milieu des chênes verts alors que le ciel se couvrait de plus en plus.

Une forêt de chênes verts s’étend tout autour de l’Aven d’Orgnac


(*) Les conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de l’Aven d’Orgnac. Il faut compter 1 heure pour la visite guidée de la grotte et 1 heure pour la cité de la préhistoire. A certaines périodes de l’année, des médiateurs proposent des ateliers à la cité de la préhistoire pour expérimenter les techniques préhistoriques, par exemple pour faire du feu. Attention, en période estivale, surtout les jours de pluie, il est fortement conseillé de réserver sa visite sur internet afin de s’assurer de pouvoir entrer dans la grotte en raison de la forte affluence.
Sur place, un snack propose une restauration rapide faite maison à base de produits frais.
En dehors des visites de la grotte, il est aussi possible d’y faire de la spéléologie, des dégustations de vin ou d’y assister à un concert. Cette dernière expérience me tente beaucoup d’ailleurs, peut-être une affaire à suivre donc !


Sur la route, faire un arrêt à Aiguèze

Depuis Valence, la route que m’a fait suivre le GPS pour aller jusqu’à l’Aven d’Orgnac m’a fait passer par Pont Saint Esprit et Aiguèze dans le Gard. En y passant le matin, je me suis dit que je m’y arrêterais au retour. C’est ce que j’ai fait à Aiguèze. Je connaissais déjà ce village, classé parmi les plus beaux de France et situé à la sortie des Gorges de l’Ardèche, sur la rive droite de la rivière. En effet, un copain m’avait conseillé d’y faire un saut lors de mon tout premier passage dans les Gorges de l’Ardèche au printemps 2017. Le village étant essentiellement piéton, il faut se stationner sur l’un des deux grands parkings situés aux abords.

paysage de vignes avec un village ancien au fond
Aiguèze est dans un terroir viticole et le village est entouré de vignes
paysage de vignes avec un village ancien au fond
En arrivant à pied depuis le parking, on profite d’une jolie vue sur le village.

Ce dimanche là, il y avait un vide grenier organisé dans les petites ruelles charmantes. Il y avait aussi beaucoup de monde, et je n’ai pas eu l’occasion de prendre beaucoup de photos. J’ai par contre longuement profité de la promenade au pied de l’ancien château fort perché sur son rocher. De là, la vue sur la rivière Ardèche est impressionnante : elle forme en effet un dernier coude au niveau des falaises de sa rive sud avant de quitter complètement les gorges. Comme il avait beaucoup plu les jours précédents, le débit était très important et le niveau de l’eau était très élevé. D’ailleurs, la rive d’en face avait partiellement disparu sous les flots.

ruelle de village bordée de maisons en pierres
une des rares rues calmes du vieux village d’Aiguèze ce jour de vide grenier
une rivière en crue entre un village et une falaise
La vue sur la rivière Ardèche en crue depuis le village d’Aiguèze


J’ai écourté ma balade à Aiguèze car la pluie qui menaçait depuis un moment a commencé à tomber. Le temps d’arriver à Pont Saint Esprit, il pleuvait très fortement. Aussi, je ne m’y suis pas arrêtée mais j’ai noté de prendre le temps de découvrir cette cité au bord du Rhône une prochaine fois.


Aven d’Orgnac – Ardèche & Aiguèze – Gard
mars 2025


L’Aven d’Orgnac est situé dans le secteur des Gorges de l’Ardèche, il y a donc de très nombreuses autres grottes à visiter. Vous en trouverez quelques-unes dans l’article sur une journée dans les Gorges de l’Ardèche. Lors d’un précédent séjour (avant que cette version du blog n’existe), j’avais aussi visité la Grotte Chauvet 2 qui est vraiment à voir au moins une fois.
J’ai encore plusieurs grottes que j’ai prévu de visiter dans ce secteur. Je vous en reparlerai donc.


(*) L’invitation à venir découvrir l’Aven d’Orgnac constitue une collaboration commerciale non rémunérée. J’ai cependant vécu l’expérience d’un visiteur tout à fait ordinaire : j’ai seulement « payé » mon billet d’entrée avec un bon cadeau qui m’avait été offert. Et je peux affirmer qu’Orgnac est entrée dans mon top 5 personnel des plus belles grottes à concrétions que j’ai eu l’occasion de visiter.

[Ardèche] une dégustation de vins entre copains au domaine Mirabel Charmis

Le week-end dernier, j’ai eu le plaisir d’être invitée à une dégustation de vins sur le domaine Mirabel Charmis. J’y ai retrouvé un petit groupe de copains créateurs de contenu. Après une visite (rapide pour cause de pluie) du domaine, nous avons découvert les vins produits sur place accompagnés d’une jolie sélection de fromages et charcuteries. Si je devais résumer cette fin de journée, ce serait que de belles rencontres et de bons produits peuvent être la recette d’une soirée réussie.

une terrasse devant une vieille maison en pierre
Un petit caveau de dégustation a été installé par Claire sur le domaine Mirabel Charmis

A la découverte du domaine Mirabel Charmis

C’est Claire Léorat qui nous a accueillis au domaine Mirabel Charmis, sur les hauteurs de Charmes sur Rhône. Avec son frère Rémi, ils sont en train de reprendre le domaine familial et d’y apporter leur touche. Ainsi, Rémi a commencé il y a une dizaine d’années à produire du vin. Auparavant, leurs parents cultivaient les fruits : pêches, poires, pommes et abricots. Ils avaient aussi installé un labyrinthe végétal. Aujourd’hui, il y a encore des vergers d’abricotiers et de pommiers, et une petite production de jus de fruits. Mais progressivement, la vigne prend de plus en plus de place. Il y a 7 hectares, bientôt 8, plantés en Syrah, Viognier et Cinsault. Les vignes sont depuis longtemps présentes sur ce domaine familial, mais servaient auparavant à une utilisation domestique et pour le paiement des ouvriers agricoles lorsque c’était l’usage.

paysage de vignes en hiver
Les vignes sont plantées tout autour des bâtiments, sur le domaine
paysage de vignes en hiver
Il pleuvait malheureusement ce jour-là, mais c’était déjà un bien joli paysage

Après nous avoir raconté que l’histoire du domaine a pu être retracée jusqu’au début du XVIIe siècle (où il était la propriété d’une famille de nobles protestants, qui y ont d’ailleurs installé un cimetière familial), Claire nous a emmené dans les vignes pour nous parler des différents cépages mais aussi de l’évolution actuelle du domaine. En plus de la transformation agricole vers la viticulture, le domaine a pris le virage de l’agrotourisme depuis 2 ans. Claire a ainsi aménagé deux petits gites de charme dans d’anciens bâtiments agricoles en pierre. Mais elle a surtout à cœur de développer l’œnotourisme. C’est dans cette optique qu’un petit caveau de dégustation a été installé.

cuves de vinification en inox
Avant de déguster les vins de Rémi, nous sommes passés par le chai. Le bâtiment a été construit à la fin du XIXe siècle par l’arrière-grand-père de Claire et Rémi pour la sériciculture (l’élevage du ver à soie, très présent dans la région). Au cours du XXe siècle, il est devenu une salle d’emballage et de triage pour les pêches, et deux chambres froides datent de cette époque.
une jeune femme présente un pied de vigne prêt à planter
Claire nous montre un pied de vigne qui sera très bientôt planté sur le domaine afin de donner ses premiers raisins à l’automne.

Vins du domaine Mirabel Charmis et produits locaux

Pour accompagner la dégustation des vins du domaine, Claire a fait appel à des voisins et amis pour qu’ils nous fassent découvrir leurs produits. Ainsi, Manon a apporté de la moutarde et des crackers. Elle transforme à Toulaud, juste à côté du domaine, les graines de moutardes produites par son frère à côté de Saillans dans la vallée de la Drôme. J’avais déjà eu l’occasion de goûter les moutardes fabriquées par Manon et j’étais ravie de pouvoir me réapprovisionner !

Manon nous parle de son travail sur la graine de moutarde

Claire a aussi fait appel à Benjamin qui tient la fromagerie de Saint Péray. Il est arrivé avec plusieurs plateaux et des propositions très différentes pour nous proposer un atelier d’accord vin/fromage. J’ai ainsi découvert la tomme en salade, une spécialité ardéchoise à base de fromage égoutté, de vinaigre, d’ail et de moutarde. C’est très frais et idéal à servir avec des pommes de terre par exemple. Accompagné du vin rosé « Le Saint Sot » du domaine, c’était parfait et on aurait presque pu se croire en été si la météo n’avait pas été si capricieuse. Nous avons ensuite dégusté le Viognier (un cépage très ardéchois que l’on retrouve aussi dans l’appellation Condrieu) avec de délicieux picodons d’un producteur de Boffres. Enfin, nous avons pu comparer les deux vins rouges produits sur le domaine, tous les deux en 100% Syrah (un cépage très présent dans la Vallée du Rhône, sur l’appellation Cornas où il est le seul autorisé mais aussi sur les appellations Crozes-Hermitage et Saint Joseph par exemple). La différence entre les deux vins réside dans leur vinification : temps de maturation du jus avec les peaux, puis temps en cuve inox et passage éventuel en barrique de chêne.

Benjamin de la fromagerie de Saint Péray
Plateau de fromages
Picodon de Boffres, fromage de brebis travaillé en fleurs, pâte de groseilles à maquereaux, et au fond la tomme en salade dans les petites coupelles de papier
Plateau de fromages
Bleu du Vercors, Beaufort d’alpage et Gouda fermier au cumin
Claire nous sert le Saint Sot, un rosé à base de cépage Cinsault, idéal pour les beaux jours
Claire nous explique les différences entre les deux Syrah du domaine Mirabel Charmis

Pour accompagner cet atelier d’accord vin/fromage, il y avait également de la charcuterie ardéchoise (saucisson et caillette), ainsi que de l’excellent pain de la boulangerie de Toulaud. Claire avait aussi prévu du jus de pommes produit par son père sur le domaine. Pendant presque deux heures, nous avons pu déguster ces superbes produits et en apprendre plus sur leurs secrets de fabrication. Bien entendu, nous avons aussi beaucoup discuté, et c’était vraiment un moment très convivial. En plus, Claire et Rémi ont adopté un parti pris pour leurs vins, situés en IGP Ardèche (mais sur aucune appellation) : ils ont construits des vins faciles à déguster et apprécier, commercialisés à des prix très abordables. Et c’est un pari amplement réussi !

pain et charcuterie
L’indispensable duo d’un apéro réussi : le pain et la charcuterie
une bouteille et un verre de jus de pommes
Le jus de pommes du Labyrinthe, production du papa de Claire

Les bonnes adresses

  • Vins : domaine Mirabel Charmis à Charmes sur Rhône. Le domaine propose des hébergements si vous souhaitez passer quelques jours en pleine campagne, avec de jolies balades à proximité. Claire peut organiser une dégustation des vins du domaine, sur rendez-vous. Il est aussi prévu d’organiser des évènements sur le domaine, par exemple un banquet champêtre au printemps.
  • Fromages : la Fromagerie de Saint Péray est située dans le centre du village de Saint Péray. Benjamin propose des plateaux de fromage qu’il prépare lui-même. Il est possible de le contacter pour organiser des ateliers de dégustation en accord vin/fromage.
  • Moutardes : le site internet des petites graines de Manon est actuellement en travaux mais elle proposera bientôt une boutique en ligne. En plus de ses quatre recettes de moutarde, elle fabrique de délicieux petits crackers.


Domaine Mirabel Charmis
Charmes sur Rhône – Ardèche – mars 2025


(*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération

(*) J’ai été invité par Claire en tant que créatrice de contenu, cette découverte du domaine Mirabel Charmis et des producteurs locaux est donc une collaboration commerciale non rémunérée. Mais je peux vous assurer que j’ai apprécié les produits qui nous ont été proposés. La preuve : je n’ai pas hésité à sortir ma carte bancaire pour acheter vin et moutarde à ramener à la maison.

(*) Les copains : Lydie et Maxime du Caillou aux Hiboux, Lionel De Beaux Lents Demains, Robin, Maxime, Barbara Gulwen Heide, Anne Cécile la Montilienne.

[Drôme] une soirée au stade de rugby

Aller voir du sport au bord du terrain, c’est une expérience que j’avais envie de revivre après avoir applaudi les Lynx de Valence au hockey sur glace ou encouragé les cavaliers en bord de carrière. Aussi quand le Valence Romans Drôme Rugby m’a proposé de passer une soirée au stade vendredi dernier lors de la rencontre avec Aurillac, je n’ai pas hésité un instant. Venez, je vous emmène au cœur du stade des Damiers.

un match de rugby
pendant le match entre le VRDR et Aurillac

Des moments de convivialité

Le VRDR (Valence Romans Drôme Rugby) évolue en Pro D2 et joue au stade Pompidou à Valence. Vendredi dernier, le coup d’envoi était donné à 19.30 et le stade ouvrait ses portes à 17.30. Arriver tôt, c’est l’occasion de profiter d’un avant match hyper convivial. Déjà, il y a plusieurs food-trucks où l’on peut acheter de quoi manger, et une aire de restauration en plein air avec tables et chaises pour s’installer. Mais, le plus sympa, c’est d’aller à la Bodega des Damiers (les joueurs du VRDR sont appelés les Damiers en raison de leur maillot.. à damiers). Si on a pensé à réserver, on peut profiter d’une offre couplée planche de charcuterie et fromage plus boissons et place en tribune pour le match (minimum 2 personnes). C’est ce que nous avons pu tester avec les copains présents ce soir-là aussi. La planche est copieuse, et à base de produits savoureux. Si on n’a pas pensé à réserver une planche, il est possible d’acheter une boisson : bière, vin (l’un et l’autre à consommer avec modération) ou soft. Les discussions entre passionnés vont vite bon train.

A l’approche du match, il est bien sûr possible d’emporter son verre en tribune ou en gradins (ils sont en plastique et consignés). La Bodega des Damiers reste ouverte tout au long du match et même après pour une troisième mi-temps en musique. Clairement, la Bodega, c’est the place to be avant et après le match.

Attention : aucun paiement en espèces n’est possible, ni à la Bodega ni aux food-trucks. Les cartes bancaires sont acceptées mais on peut aussi utiliser une carte cashless rechargeable au stand dédié. C’est vraiment pratique et cela limite les temps d’attente et les problèmes de manipulation d’espèces et de rendu de monnaie.

Aux premières loges pour l’échauffement

Une demi-heure avant le coup d’envoi, c’est l’échauffement des joueurs sur le terrain. Nous avons eu la chance de pouvoir accéder au bord de la pelouse pour voir de près les joueurs du VRDR. Je dois avouer qu’entrer à l’intérieur du stade complètement éclairé et entouré de gradins qui se remplissent est très impressionnant. Depuis le bord du terrain, il est aussi impossible de manquer la puissance des joueurs. Je crois que de toute la soirée, c’est le moment que j’ai préféré.

Attention : l’accès au bord de la pelouse n’est pas autorisé au public. Il faut une accréditation spéciale.

Un stade plein pour un match à enjeu

Après cela, nous avons pris place dans la tribune Elie Cestier pour assister au match. Et nous n’étions pas seuls : il y avait vendredi soir presque 6500 spectateurs pour la rencontre avec Aurillac. En effet, ce match était important pour le Valence Romans Drôme Rugby qui était avant classé avant-dernier de Pro D2 alors que la saison se termine bientôt. Quant à Aurillac, ils avaient juste un point d’avance sur le VRDR. Autant dire qu’une victoire était attendue pour augmenter les chances de maintien en Pro D2 du VRDR, et que le public était au rendez-vous. Il y a 3 catégories de place autour du stade Pompidou : la tribune couverte (où nous étions), les gradins qui font face à la tribune et où se trouve le club de supporters Le 16e Damier, et le virage sud qui ouvre uniquement si les gradins sont complets. Vendredi soir, tout était donc rempli.

un match de rugby
L’entrée des joueurs sur la pelouse

Je connaissais un peu les règles du rugby pour en avoir plusieurs fois regardé à la télé, généralement pour le tournoi des cinq six nations. Je n’avais cependant jamais assisté à un match « en vrai ». L’ambiance était très chouette avec beaucoup de supporters très investis, y compris dans les tribunes. Les Damiers ont donc été largement encouragés tout au long du match et les actions suivies avec passion. Chaque essai du VRDR a été largement applaudi. Et l’équipe a été à la hauteur des attentes avec une très belle victoire 41 à 14 !

Ce que j’ai pensé de ma soirée au match de rugby

J’ai beaucoup aimé l’ambiance, que ce soit avant, pendant ou après le match. C’était convivial, et familial. Il y avait des enfants, même des tous petits et les poussettes sont admises en bas de la tribune. Les gens échangent, discutent. C’est vraiment très bon enfant. La Bodega permet d’attendre et de prolonger le match à l’abri. Même s’il y a un peu d’attente pour accéder au bar, ça va assez vite car le service est globalement efficace et les gens courtois, donc pas de bousculade ou de personnes qui jouent des coudes pour passer devant tout le monde.

joueurs sur le terrain pendant un match de rugby
Le petit camion téléguidé qui apporte le plot pour le tir des pénalités ou de transformation d’un essai m’a beaucoup amusée.

Concernant le match, je dois avouer que le rugby n’est pas mon sport préféré. Et je crois que j’ai compris pourquoi vendredi soir. En effet, la taille du terrain et les règles du jeu font que c’est un sport de puissance relativement lent. Les grandes courses pour traverser le terrain ballon en main afin de marquer un essai sont finalement assez rares. Or, personnellement, j’apprécie les sports plus rapides ou intenses (et pour ça, je préfère donc le hockey sur glace ou le saut d’obstacles en équitation). Il n’en reste pas moins que c’était une belle expérience et une excellente soirée.


Match VRDR / Aurillac – Stade Pompidou – Valence – Drôme
7 mars 2025


Si vous aussi, vous souhaitez vivre une soirée de match au stade Pompidou avec le VRDR, je vous invite à aller consulter le site internet du club où vous trouverez les informations sur les prochains matchs ainsi qu’une billetterie en ligne.


(*) Cette soirée était une collaboration commerciale non rémunérée. J’ai en effet été invitée par le VRDR pour la soirée complète : apéritif à la Bodega, boissons et nourriture aux food-trucks et à la buvette, match en tribune. Je les en remercie d’ailleurs vivement car cela m’a permis de vivre une expérience qui était sur ma liste d’envies. Il s’agissait d’un instameet avec d’autres influenceurs locaux.. Si vous voulez voir à quoi cela ressemblait en version moins statique, vous pouvez retrouver un réel sur mon compte Instagram.

[Drôme] où dormir dans un hébergement insolite à Romans ?

J’ai eu l’occasion de passer une nuit dans un hébergement insolite et charmant à Romans. Outre le fait de « prendre un week-end » sans avoir de route à faire, j’ai apprécié l’originalité du logement, tant d’un point de vue esthétique que sociétal. Bref, j’ai dormi dans un ancien café transformé en Bed In Shop.

devanture du grand café des cordeliers
Ceci n’est plus un café mais un hébergement insolite

Bed In Shop, c’est quoi ?

Un concept original

Bed In Shop est un concept d’hébergement insolite qui a été développé à Romans par François-Xavier Chambost. Je l’ai rencontré lors des derniers sommets du tourisme de la Région Auvergne Rhône-Alpes où il a gagné un trophée spécial pour son concept original, et où j’ai été séduite par son pitch. Le constat de départ, c’est que dans les centres villes des petites et moyennes villes, il y a de nombreux locaux commerciaux vacants, y compris dans des rues qui ne sont pas passantes. Face au développement anarchique des locations de tourisme de courte durée dans les villes et aux problèmes que cela induit dans l’accès au logement des habitants, l’idée a donc été de transformer ces locaux commerciaux vides en hébergements insolites.

carte de visite BedInShop

L’idée est de ramener une certaine activité dans le centre des petites villes sans nuire à la qualité de vie des habitants. Les locaux sont réhabilités et décorés. Les vitrines sont agrémentées d’objets dans un parti pris esthétique. Les visiteurs sont invités à se rendre dans les commerces locaux, qu’il s’agisse des restaurants, des cafés ou des commerces alimentaires à l’aide d’une petite liste laissée à disposition dans le logement. Afin d’aller encore plus loin dans la responsabilité sociale et écologique, la décoration est essentiellement chinée et upcyclée, et des chantiers d’insertion ont été mis en place lors des phases de travaux. Des jeunes ont également été formés pour devenir des guides touristiques, une prestation complémentaire qu’il est possible de réserver en même temps que l’hébergement.

portail d'immeuble en métal forgé
Derrière cette porte se cachent 2 Bed In Shop : l’apothicaire à gauche et le tailleur à droite

Les différents univers

François-Xavier a eu la gentillesse de me faire découvrir tous les univers Bed In Shop. Chacun est nommé selon une thématique liée à un métier ou un type de commerce un peu désuet. Cela sert ensuite de fil conducteur à la décoration tant intérieure qu’extérieure. Celle-ci est chinée ou récupérée et régulièrement chargée de souvenirs personnels. Il y a autant d’ambiances très différentes que de Bed In Shop à Romans. Au fil des rues du centre historique, il est ainsi possible de croiser :

  • Le Grand Café des Cordeliers, un authentique ancien café qui a conservé son nom, anciennement tenu par 3 générations de femmes de la famille Longueville et qui a fermé en 1985
  • Le Bouquiniste, et son ambiance cosy à souhait
  • La Lavandière, avec son baldaquin créée à partir d’un panier de basket et son vieux fourneau transformé en meuble de cuisine
  • La Tannerie, une industrie fortement lié à l’histoire de Romans, ville du cuir et de la chaussure
  • L’Apothicaire, en hommage à l’arrière-grand-père de François-Xavier qui était pharmacien à Romans
  • Le Tailleur, avec ses anciennes machines à coudre
  • La Chaumière, le seul Bed In Shop qui n’a pas pignon sur rue mais est située en fond de cour d’un immeuble XVIIe siècle, et a vraiment des allures de trou de hobbit urbain.

Une nuit au Grand Café des Cordeliers

Comme je le disais en introduction, j’ai dormi au Grand Café des Cordeliers. Et l’expérience a été très sympathique. Le check-in se fait en toute autonomie : j’avais reçu la veille de mon séjour toutes les informations nécessaires pour récupérer la clé et m’installer dans le logement. Il est toutefois possible de joindre directement François-Xavier en cas de question ou de souci. J’ai choisi d’arriver un peu tard pour des raisons personnelles mais il est possible de venir à partir de 15.00 (ce qui est plus tôt que beaucoup d’hôtels). Dès que je suis entrée dans le Grand Café, je suis tombée sous le charme. L’ancien bar a été conservé et l’ambiance rappelle vraiment celle d’un café d’antan.

intérieur de café vintage
L’ancien bar du Grand Café a été conservé et ajoute un cachet incomparable au logement insolite
ancien carnet de prise de commande de bar-restaurant posé sur un dessous de plat vintage
La décoration a été pensée dans les moindres détails
arrière d'un comptoir de bar vintage
L’arrière du comptoir de bar a été transformé en cuisine et les anciens frigos sont devenus des placards.

Le logement est prévu pour 4 personnes et comporte deux chambres, très confortables. Il y a tout ce qu’il faut pour se préparer à manger si on le souhaite (pour ma part, j’ai choisi l’option flemme en allant chercher un plat à emporter). Et si l’on veut manger au restaurant, il y en a plusieurs à quelques minutes à pied (je pense par exemple au Jakadi sur la place Maurice Faure, un lieu super chouette où l’on mange des burgers et salades copieux et délicieux). Pour le petit déjeuner, il y a du café et du thé dans le logement, tandis que les boulangeries sont à 3 minutes à pied (personnellement, ma préférée, c’est Bédouin) : l’occasion parfaite pour goûter une bonne pogne de Romans.

sur une table de café, une tasse de café et une assiette garnie de brioches
Impossible de passer à côté de la pogne de Romans pour le petit déjeuner !

J’avais un peu peur de ne pas dormir correctement car forcément, le logement est en rez-de-chaussée sur la rue. Je craignais que cela soit un peu bruyant. Cela n’a pas du tout été le cas et j’ai vraiment très bien dormi. La literie très confortable a aussi été un gros plus. Après cette expérience très réussie au Grand Café, j’avoue avoir envie de tester les autres BedInShop romanais, juste pour le plaisir de profiter de chacune des ambiances.

chambre avec un grand lit
La chambre, chaleureuse et confortable
banquette et téléphone vintage
La banquette faisait partie du décor d’origine du Grand Café

(*) Si vous aussi vous souhaitez expérimenter les Bed In Shop de Romans, les réservations sont possibles via le site internet.


Romans – Drôme – novembre 2024


tasse de café sur un bar en zinc
Le plaisir d’un café accoudé au bar…

Et si vous ne connaissez pas Romans et souhaitez profiter d’un séjour chez Bed In Shop pour découvrir la ville et les environs, je peux vous conseiller :

Et en parlant de gourmandise, n’oubliez pas de déguster les spécialités locales de Romans : la pogne et la raviole….


(*) J’ai été invitée (collaboration commerciale) à venir découvrir dans les conditions réelles l’hébergement BedInShop Le Grand Café des Cordeliers. J’ai sincèrement été convaincue à la fois par le concept (sinon je n’aurais pas accepté l’invitation) et par l’hébergement que je n’hésiterai pas à réserver pour mes proches quand ils viennent dans la région.

[exposition] Jaume Plensa. Être là.

Le musée de Valence consacre une exposition temporaire à l’artiste catalan Jaume Plensa, sous-titrée Être là . Cela coïncide avec la mise en place d’une sculpture dans l’espace public, sur la place des Ormeaux, juste devant le musée. Ce choix fait suite à l’invitation qui avait été faite à l’artiste en 1994 par la ville de Valence d’être à l’affiche de la troisième édition de la Biennale « Un sculpteur, une ville ». Jaume Plensa commençait à se faire un nom sur la scène internationale. Il avait alors disséminé 21 portes en fonte dans la ville, ainsi que 21 sculptures dans des vitrines de commerçants du centre-ville. Trente ans après, il revient donc à Valence.

Sculpture en lettres d'acier assemblées pour former une silhouette humaine devant une cathédrale
Le Messager de Jaume Plensa est installé entre la cathédrale et le musée.

Le Messager, une œuvre dans l’espace public valentinois

Le Messager s’inscrit dans la lignée des œuvres de Jaume Plensa utilisant les symboles typographiques du monde entier. Accroupi, prenant appui sur le sol grâce à des robustes filaments, il présente une allure aux formes rondes et accueillantes. Il est d’ailleurs possible de se glisser à l’intérieur de l’œuvre. Cette sculpture a été pensé par Jaume Plensa pour être installée à cet endroit, et ses proportions, plus modestes que d’autres œuvres similaires de l’artiste situées en extérieur, adaptées à la physionomie de la place des Ormeaux (lieu choisi par l’artiste lui-même) et des bâtiments environnants. Mêlant des lettres issues des alphabets latin, grec, cyrillique, hébreu, chinois, japonais, hindi et arménien, il symbolise une certaine forme d’universalité du langage. Ouvert, aérien, il ne bloque pas la vue et, la nuit, il éclaire le monde depuis l’intérieur.

Sculpture en lettres d'acier assemblées pour former une silhouette humaine devant le musée
Le Messager par Jaume Plensa lors de l’inauguration le 9 novembre 2024

Être là, une exposition en 5 actes

Au cœur du musée, c’est une soixantaine d’œuvres de Jaume Plensa qui attendent le visiteur. Réparties en plusieurs salles, comme autant d’actes, on les retrouve dans les salles d’exposition temporaires mais aussi sur le plateau d’art contemporain, complètement investi par l’artiste. J’ai eu le privilège de pouvoir découvrir l’exposition deux heures avant son ouverture au public et de la parcourir presque seule. J’aimais déjà beaucoup le travail de Jaume Plensa mais le voir ainsi, de près, dans ces conditions exceptionnelles, a été un choc poétique.

salle d'exposition d'art contemporain
Dès la première salle de l’exposition, on entre dans l’univers de Jaume Plensa entre sculptures de lettres et visages doux

Des lettres et des visages

En entrant dans la première salle, on fait face à une autre sculpture de lettres. Au sol, les lettres s’éparpillent comme si elles diffusaient un message. Le métal, brillant, est presque éblouissant. La sculpture est hypnotisante, presque magnétique. Sur les murs, des réalisations issues de la série Shadow (Study). On y retrouve un composition en tressage de lettres, comme autant de tatouages sur les silhouettes dessinées. Face à l’immense sculpture métallique, 3 visages sont taillés dans l’albâtre. La blancheur du matériau fait écho à la douceur des traits juvéniles des visages aux paupières baissées. Cette série, Nest, a un lien de parenté avec Le Sommeil de Rodin ou encore celui de Brancusi.

sculpture en albâtre de type bas relief représentant un visage
« La sculpture, c’est la meilleure manière de poser une question. »
Sculpture de la série Nest– Jaume Plensa

Une évocation des installations de la Biennale de 1994

Plus loin, c’est un retour en arrière sur la Biennale de 1994. Dans de petites vitrines, quelques unes des 21 œuvres qui avaient été disséminées dans les commerces du centre-ville valentinois sont exposées. On y trouve déjà des jeux de lettres, de perspectives et d’ombres. Sur le mur d’en face, quelques portes en bronze de l’installation créée pour la Biennale, et sobrement intitulée Valence, sont alignées. Je n’ai pas réussi à les photographier correctement (j’essaierai de faire mieux lors d’une prochaine visite), mais j’ai aimé l’effet accumulatif et la fausse perspective que cela créait sur le mur.

sculpture en bronze
Plensa in Kreuzberg– Jaume Plensa

De la poésie pure

En montant à l’étage, je découvre White Forest. Cinq visages monumentaux, dont le bronze a été coulé à partir d’un moule issu d’une sculpture sur bois. L’ensemble présente visuellement les défauts, aspérités et éclatements du bois. Recouvert d’une patine blanche, il s’en dégage une impression de pureté extrêmement poétique. De toute l’exposition, c’est sans aucun doute l’œuvre qui m’a le plus touchée. Je n’ai aucune explication rationnelle : je me suis juste laissée entrainer dans la beauté de l’œuvre de Jaume Plensa, qui m’a enveloppée de sa douceur.

salle d'exposition d'art contemporain
White Forest– Jaume Plensa
salle d'exposition d'art contemporain
White Forest– Jaume Plensa

Ces visages jouent avec l’anamorphose et selon l’angle sous lequel on les regarde changent de volumes. J’étais tellement captivée que j’ai seulement rapidement regardé la série Slumberland accrochée sur les murs. Les traits de cette série à la mine graphite jouent aussi sur l’anamorphose et font écho à ceux de White Forest.

Une déclaration

Sur le plateau d’art contemporain, dépourvu de ses œuvres habituelles, c’est la série Face qui occupe les murs. Des phrases issues de la version anglaise de la déclaration des droits de l’homme des Nations Unies de 1948 encadrent des photos de visages, issues d’anciens manuels de géographie ou d’anthropologie. Le travail de l’artiste prend là une dimension presque politique. Au centre de la pièce, un assemblage de lettres et de symboles en acier brut et sombre semble entrer en résonnance avec les mots imprimés.

salle d'exposition d'art contemporain
Sur le mur du fond, un des tableaux de la série Face – Jaume Plensa
salle d'exposition d'art contemporain
Des œuvres d’art contemporain habituellement présentées, seul le grand tableau de Joan Mitchell est resté accroché au dessus de l’escalier.

Une pluie de mots

Silent Rain est ma deuxième œuvre préférée de l’exposition. Des lettres en suspension dans l’air forment des rideaux de mots issus de William Blake, Shakespeare, Goethe ou Baudelaire. Le passage des visiteurs les fait tinter tels des carillons de poésie. Le son est cristallin, parfois à peine audible. Visuellement, les mots volent, s’entrechoquent, se télescopent en créant une nouvelle poésie vibratoire. La lumière crée des reflets mouvants. Les lettres forment un cocon sensoriel apaisant. Le temps n’existe plus complètement.

salle d'exposition d'art contemporain
Silent Rain – Jaume Plensa
ombres de lettres sur un mur
Silent Rain – Jaume Plensa
salle d'exposition d'art contemporain
Silent Rain – Jaume Plensa


Musée de Valence – Drôme – novembre 2024


10 tableaux en noir sur papier blanc accrochés sur un mur
D’autres œuvres sont présentées dans l’exposition, en particulier des travaux sur papier de Jaume Plensa.

(*) L’exposition Jaume Plensa. Être là. se tient jusqu’au 13 avril 2025 au Musée de Valence. De nombreuses propositions de médiation et d’activités autour de l’exposition sont proposées. Elles sont à découvrir, tout comme les informations pratiques, sur le site internet du musée.

Edit du 01/02/2025 : l’exposition Jaume Plensa. Être là. au Musée de Valence est prolongée jusqu’au 4 mai 2025.


Ailleurs, d’autres œuvres de Jaume Plensa

Ce n’était pas la première fois que je « croisais » le travail de Jaume Plensa. J’avais découvert cet artiste par hasard en 2014. Lors d’un déplacement professionnel à Bordeaux, j’étais tombée sur Sanna, un visage en anamorphose de bronze. Installé dans le cadre d’une exposition temporaire, la sculpture avait ensuite fait l’objet d’une prolongation puis d’une tentative d’achat par souscription qui n’avait pas aboutie. Achetée par un collectionneur privé anonyme, le propriétaire a donné l’autorisation à la ville de la conserver dans l’espace public jusqu’en 2027.

Quelques mois plus tard, c’est Nomade, la sculpture monumentale en lettres installée au bout du bastion Saint Jaume à Antibes que j’ai découvert. Installé en 2010, c’est en allant visiter la vieille ville et le Musée Picasso que je l’ai aperçu avant d’aller le voir de plus près. Il faut dire que ses presque 10 mètres de haut, on le voit de loin. A l’époque, accompagnée des enfants, j’avais aussi apprécié le côté ludique de cette œuvre dans laquelle on peut entrer.

Sculpture en lettres d'acier assemblées pour former une silhouette humaine sur une jetée dans la mer
Nomade – Jaume Plensa
Antibes – Alpes Maritimes – mars 2014

Et plus récemment, c’est au Canada que j’ai eu l’occasion de voir deux sculptures monumentales de Jaume Plensa. La première, c’était dans le quartier des affaires de Toronto, lors de notre visite guidée (privée). Notre guide ne connaissait pas l’auteur de cette œuvre, installée au Richmond Adelaide Center trois ans auparavant. Pour ma part, j’ai reconnu au premier coup d’oeil le travail de Jaume Plensa sur les visages et les anamorphoses, et j’ai pu frimer (un peu) en l’annonçant. La seconde, c’était en visitant le Musée des Beaux Arts de Montréal. Dans l’allée qui s’étire entre deux bâtiments du musée, plusieurs œuvres d’art contemporain ont été installées, dont une sculpture de lettres de Jaume Plensa. (Il y a une autre sculpture de Jaume Plensa à Montréal mais je ne l’ai pas vue)

Dreaming – Jaume Plensa
Toronto – Canada – août 2023


(*) Concernant l’exposition Jaume Plensa. Être là. au Musée de Valence, j’ai été invitée au vernissage le 9 novembre 2024. C’était un évènement public, gratuit et ouvert à tous, tout comme l’inauguration de la sculpture Le Messsager . Cependant, j’ai aussi pu entrer dans l’exposition avant son ouverture au public, bénéficiant donc d’une invitation un peu particulière de la part de l’équipe du Musée (collaboration commerciale non rémunérée). Je les en remercie vivement, car j’ai eu le privilège de parcourir des salles d’exposition désertes et ai ainsi pu profiter des œuvres de Jaume Plensa dans des conditions exceptionnelles.

[Ardèche x Haute-Loire] champignons et gourmandise pour l’Automnal Gourmand

L’Automnal Gourmand est un ensemble d’évènement durant tout le mois d’octobre sur les territoires Ardèche Hautes Vallées, du Pays de Lamastre et du Haut Pays du Velay, entre Ardèche et Haute-Loire. Le projet a été initié par Jacques Marcon, le chef 3 étoiles de Saint Bonnet le Froid pour fédérer les villages autour d’évènements gourmands en pleine saison des champignons, châtaignes et courges. La semaine dernière, j’ai eu la chance de participer au lancement de cette 4e édition de l’Automnal Gourmand. Je vous emmène pour un avant-goût de ce qui vous attend jusqu’au 3 novembre.

Cèpe et potimarron devant les plaquettes de l'évènement
Présentation de l’Automnal Gourmand à Saint Bonnet le Froid

Rendez-vous au lac de Devesset

Le rendez-vous était donné à 9.30 au lac de Devesset. Situé à 1100 mètres d’altitude sur le plateau ardéchois, ce lac a des allures de grand nord avec ses rives bordées de sapins. Si en été, le lieu est très fréquenté, en automne (surtout en semaine tôt le matin), il n’y a pas foule. Comme j’étais en avance, j’en ai profité pour me balader un peu sur les rives. Le vent faisait ondoyer l’eau, dans un mouvement carrément hypnotisant. Je ne connaissais pas le lieu mais je suis immédiatement tombée sous le charme.

sur le bord du lac
Avec cette lumière, et les rives arborées, le lac de Devesset m’a fait penser à la région des 1000 îles au Canada
sur le bord du lac
au rythme hypnotisant de l’eau qui ondule
sur le bord du lac
dépaysement garanti

Cueillette de champignons

Après un café/croissant partagé avec l’ensemble des partenaires de l’Automnal Gourmand (presque 120 personnes présentes ce matin-là !), Jacques Marcon a donné le top départ d’une cueillette de champignons, encadrée par des mycologues. Le plateau ardéchois est en effet un hotspot du champignon français, en particulier dans les environs du lac de Devesset. Il nous a été annoncé que nous trouverions sans problème plus de 40 variétés de champignons dont une bonne partie comestibles. J’avoue que le chiffre m’a semblé énorme sur le moment (spoiler alerte : ce n’est pas un chiffre exagéré).

promeneurs dans une clairière
C’est parti pour la chasse aux champignons !

Nous sommes partis en petits groupes et à peine avions nous fait quelques pas que nous trouvions une première coulemelle. Moi qui n’étais pas allée cueillir les champignons depuis des années et craignais de ne pas savoir reconnaître les espèces que j’avais l’habitude de ramasser enfant, j’ai vite été rassurée. J’ai beaucoup apprécié les explications données par le mycologue, que ce soit sur les premières identifications ou sur comment faire la cueillette. Cette fois, le but n’est pas de faire une cueillette alimentaire mais de ramasser un maximum de champignons différents pour qu’ils soient ensuite identifiés et exposés. C’est amusant car je repère des champignons auxquels je n’aurais sans doute pas prêté attention autrement.

champignons
Ces mini champignons étaient bien cachés dans les feuillages au sol
champignons
J’ai bien aimé la forme originale de certains champignons
champignons
Ca champignon orange un peu « punk » pousse sur les racines d’un arbre
personne prenant un champignon en photo avec un téléphone
Jouer à prendre les champignons en photo
personne ramassant un très gros champignon
Trouver de beaux spécimens
mousses gorgées d'eau
Après plusieurs jours de pluie, les mousses étaient gorgées d’eau
champignons
La couleur de celui-ci est assortie à celle des fruits des myrtilliers qui l’entourent !
personne ramassant des champignons
La récolte a été bonne !

Déjeuner dans un lieu d’exception

Après un peu moins de deux heures de balade / cueillette / échanges, il est temps de prendre la route pour rejoindre le lieu du déjeuner. Pour cela, nous prenons la direction de Saint Bonnet le Froid, en Haute-Loire, à deux pas de l’Ardèche. C’est en effet aux Maisons Marcon que nous sommes attendus. Là, nous sommes accueillis par Régis et Jacques Marcon (trois étoiles au guide Michelin). Ils nous rappellent, avec les responsables des différentes communautés de communes concernées, les origines de l’Automnal Gourmand et sa raison d’être pour valoriser un territoire rural et bien vivant, ainsi que les principaux temps forts sur les semaines à venir.

entrée d'un hôtel restaurant de luxe
L’arrivée aux Maisons Marcon à Saint Bonnet le Froid
Jacques et Régis Marcon
L’accueil par Jacques (au premier plan) et Régis (en arrière plan) Marcon

Afin de continuer dans la convivialité, un buffet froid avait été dressé dans la grande salle du restaurant gastronomique avec salade de lentilles, charcuteries et fromages locaux, produits par des prestataires participant à l’Automnal Gourmand. Mais le clou du repas, c’était le (fameux) cochon en croûte de foin préparé par les Marcon. En plus, j’ai eu l’immense chance d’arriver dans les cuisines pile quand Régis Marcon ouvrait la croûte de l’un des deux jambons : un moment exceptionnel pour la fan de cuisine et gastronomie que je suis. C’est ensuite Jacques Marcon qui servait le cochon découpé dans les assiettes, dans la cuisine, à la bonne franquette. Et la dégustation qui a suivi a été largement à la hauteur du spectacle de l’ouverture du jambon en croûte de foin. Le repas s’est achevé sur une gourmandise 100% ardéchoise : Lou Pisadou, un gâteau à la crème de marron (que j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier l’an dernier du côté de Berg et Coiron).

chefs en cuisine
Dans les cuisines des Maisons Marcon avec les chefs Régis et Jacques Marcon
assiette de viande
Le délicieux jambon au foin accompagné d’un gratin aux cèpes
Lou Pisadou, spécialité pâtissière ardéchoise


C’est également dans les cuisines du restaurant de Régis et Jacques Marcon que nous avons pu découvrir l’exposition de tous les champignons ramassés le matin. Les quatre mycologues qui nous avaient accompagnés ont rangé les spécimens par type avant de soigneusement les étiqueter avec leurs noms et caractéristiques. Nous sommes largement au dessus des 40 espèces, preuve de la biodiversité des bords du lac de Devesset.


De nombreux évènements et animations à découvrir

Cette journée de lancement de l’Automnal Gourmand touche à sa fin. Elle a été riche en découvertes et en échanges. Mais l’Automnal Gourmand dure cinq semaines, avec de nombreuses animations et des temps forts iconiques. Parmi toutes les propositions, voici celles qui me tentent le plus dans la programmation de cette édition de l’Automnal Gourmand :

  • les castagnades de Saint Pierreville (les 12 et 13 octobre) et celles de Désaignes (le 20 octobre)
  • la foire aux champignons de Saint Bonnet le Froid (les 2 et 3 novembre)
  • une balade à la découverte du châtaignier à Saint Pierreville (le 12 octobre)

Il y a aussi des balades mycologiques comme celle que j’ai pu faire, avec Jérôme à Saint Bonnet le Froid (par exemple le 12 octobre), ou encore des randos gourmandes, des stages de cuisine, des visites de producteurs… Le programme est vraiment varié et s’intéresse à tous les aspects de la gourmandise automnale, même si les stars restent les champignons et les châtaignes.

forêt de sapins
balade en forêt autour du lac de Devesset


Devesset – Ardèche
Saint Bonnet le Froid – Haute-Loire
30 septembre 2024


(*) Cette belle journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) de l’office de tourisme Ardèche Hautes Vallées à participer à cette journée de lancement de l’Automnal Gourmand et je les remercie de m’avoir permis de vivre ces beaux moments.
C’était pour moi une découverte de ce territoire et de son voisin le Haut Pays du Velay, et j’ai eu un coup de cœur pour les paysages du plateau ardéchois mais aussi pour le sens de l’accueil de toutes les personnes rencontrées.