[Drôme] spectacles et expositions – édition automne 2025

Les expositions et spectacles dont je parle dans cet article sont pour certains terminés ou passés. Malgré tout, j’avais envie d’en garder une petite trace par ici. Quelques expositions sont encore présentées pour quelques semaines. Cela vous donnera peut-être envie d’aller les découvrir avant qu’il ne soit trop tard. En complément, j’ai également visité des expositions qui ont fait l’objet d’autres articles, par exemple l’exposition L’Art Déco des régions, modernités méconnues au Musée de Valence.

Au LUX Valence

Exposition – Le Monde à l’envers

Le Monde à l’envers, c’est une expérience photographique menée par Anne-Lore Mesnage et Charles De Borggraef. Au fil des dernières années, ils ont promené sur les routes du Vercors une caravane transformée en sténopé, une camera obscura à la fois géante et rudimentaire. Il en ressort des clichés surprenants, mis en scène dans l’exposition avec d’autres images montrant la caravane et son environnement, des textes mis en forme ou encore des graphiques pour raconter leur odyssée picturale.

Spectacle – Par d’autres voix, Ambra Senatore

Je n’étais encore jamais allée voir un spectacle au LUX Valence. C’est par le biais d’une invitation, en dernière minute, que j’y ai mis les pieds. Sur scène, l’artiste Ambra Senatore, seule, livre une performance d’une heure vibrante, forte. Entre danse et texte, elle entraîne le spectateur à la limite de la transe, portant les voix des femmes d’ici et d’ailleurs, d’hier et de maintenant. Les émotions se bousculent, les questionnements aussi. C’est un spectacle puissant et bouleversant.

Spectacle – Encyclies, Adrien Mondot et Nathalie Morazin

Dès que j’ai aperçu la présentation du spectacle Encyclies d’Adrien Mondot et Nathalie Morazin, j’ai eu envie d’y assister. C’est plus une expérience qu’un spectacle, tressant un lien entre les notes du piano et les lignes projetées grâce à un programme informatique. Les deux artistes proposent ainsi un voyage à la fois visuel et sonore. C’est parfois poétique, parfois ébouriffant. Ils entrainent les spectateurs dans un tourbillon hypnotisant, entre ondes visuelles, jonglage silencieux et musique expérimentale. C’est tout à la fois doux et puissant, réconfortant et perturbant, dans un équilibre sans cesse à la limite de la rupture. C’est beau de simplicité et de complexité mélangées.

(*) Vous pouvez retrouver l’ensemble de la programmation du LUX sur leur site internet, qu’il s’agisse des expositions, des spectacles ou des séances de cinéma.


A l’Artsolite à Saint Jean en Royans

Exposition – Prism de Yann Nguema

J’avais repéré Prism depuis plusieurs mois sans prendre le temps d’y aller. Quelle erreur ! J’ai été captivée, hypnotisée par le travail de Yann Nguema. Spécialisé dans le mapping vidéo de grande ampleur (du genre de ceux que l’on peut découvrir sur des monuments), l’artiste s’est intéressé à des formes plus intimes de projections numériques. Prism présente une dizaine d’installation, dont 8 sont interactives. A travers des capteurs devant lesquels le visiteur est invité à passer ses mains, l’œuvre s’anime, au gré de nos mouvements. Une installation permet de plonger en 3D dans un atome, et c’est celle qui m’a le moins convaincue de l’exposition. Enfin, Gravity nous offre un spectacle aérien, hypnotique, et relaxant. Pendant 20 minutes, on se laisse porter par ce voile en mouvement sur lesquels sont projetés des vidéos.

Exposition – Twin Peaks en Royans de Nicolas Badout

J’avais découvert le travail de Nicolas Badout lors de l’acte 3 du Festival AiRt de Famille à Lyon en 2024. Il y présentait une œuvre immersive Bienvenue en Oregon qui plongeait le visiteur dans un décor de bulle de bande dessinée. A Saint Jean en Royans, le principe reste similaire : plonger le spectateur dans une œuvre immersive pour lui faire ressentir un univers. Le trait reste aussi assez similaire, avec toujours cette impression de case de comics. Cette fois, nous nous retrouvons dans un Twin Peaks fantasmé, situé dans le Vercors. Laura Palmer a disparu, le téléphone sonne, la lumière orange vacille : on retrouve l’ambiance de la série de David Lynch dans ce Twin Peaks en Royans. Je me serai presque attendue à me retrouver face à l’agent spécial Dale Cooper. Le mystère est accentué par l’utilisation de la lumière noire, qui ajoute au côté surréaliste. (et maintenant, j’ai encore plus envie de revoir la série)

Exposition – Les sentinelles de l’Aurore de Yan Vita

Cette troisième exposition à l’Artsolite, c’était un peu la cerise sur le gâteau. Nous étions venus pour voir Prism et Twin Peaks en Royans. Nous avons eu la très belle surprise de la découverte de l’univers de Yan Vita. Les sentinelles de l’Aurore, c’est le titre de la bande dessinée en cours de création de Yan Vita. Dans un Vercors fantasmé, aux allures de monde médiéval fantastique, c’est une histoire de quête, de résistance, de nature. L’exposition présente le processus créatif de l’artiste, ainsi que des planches d’ambiance ou de construction de personnages, façon fiche de jeu de rôle. Après cet avant-goût, je suis impatiente de découvrir la bande dessinée terminée. Hélas, la date de finalisation n’est pas encore connue.

(*) Les informations pratiques pour visiter ces 3 expositions sont disponibles sur le site internet de l’Artsolite. Le lieu propose en outre une boutique, un bar et un restaurant.


A O’Lac à Chateauneuf sur Isère

Spectacle – Giselle(s) avec Marie Claude Pietragalla

Plus jeune, je n’avais jamais pensé que j’aurais la chance de voir danser Marie Claude Pietragalla, étoile de l’Opéra de Paris dans les années 1990. J’avais loupé son Lorenzaccio créé pour les fêtes nocturnes de Grignan en 2017. Aussi, quand j’ai vu la programmation de son ballet Giselle(s) à O Lac, une salle de spectacles drômoise, je n’ai pas hésité à acheter ma place. Ce ballet contemporain, chorégraphié et mis en scène par Marie Claude Pietragalla et Julien Derouault, est une revisite moderne du ballet romantique Giselle. L’histoire originelle aborde le thème de la trahison, et de l’amour plus fort que la mort. Le duo de danseurs chorégraphes modifie le livret pour évoquer les violences faites aux femmes, en particulier les violences conjugales, à travers 4 couples et donc 4 « Giselle ». La partition est dépoussiérée pour intégrer des rythmes contemporains, entre musique hip-hop et tambours du Bronx, apportant une modernité au lyrisme romantique d’origine.

affiche du ballet contemporain Giselle(s) par Marie Claude Piétragalla et Julien Derouault
L’affiche de Giselle(s)

Je suis ressortie du spectacle avec un sentiment très ambivalent, comme si j’avais à la fois aimé et pas aimé. Quelques jours plus tard, je suis toujours perplexe quant à mon sentiment sur ce ballet. J’ai l’impression d’une dissonance entre la dureté du propos et l’esthétisme de la chorégraphie.

  • Les violences faites aux femmes sont, dans l’acte 1, évoquées au travers de pas de deux qui les rendent presque sensuelles et poétiques, créant un certain malaise.
  • Dans l’acte 2, la Reine des Wilis apparait comme une figure christique entourée de 12 disciples zombiesques. L’ouverture de l’acte se fait autour d’une table rappelant la cène, où les Wilis-zombies dévorent un homme.
  • Les Wilis-zombies viennent ensuite hanter les hommes jusqu’à la folie, sans répit. Et pourtant, le spectateur est emporté par la sensualité de l’échange qui se met en place entre Marie Claude Pietragalla et Julien Derouault.
Le salut à la fin du ballet Giselle(s) avec Marie Claude Pietragalla et Julien Derouault
Le salut final de Giselle(s)

C’est à la fois beau et violent, doux et brutal. C’est un ballet qui interroge et ne laisse pas indifférent. Et, au delà du propos du spectacle, il y a le bonheur de voir danser Marie Claude Pietragalla, accompagnée de Julien Derouault et des talentueux danseurs de la compagnie du Théâtre du Corps.

(*) Giselle(s) a été créé en 2023 par Marie Claude Pietragalla, Julien Derouault et le Théâtre du Corps. Il est depuis représenté sur différentes scènes en tournée.


(*) J’ai été invitée (collaboration commerciale non rémunérée) au spectacle d’Ambra Senatore par le LUX Valence. Pour tous les autres spectacles et expositions cités dans cet article, y compris ceux au LUX, j’ai payé ma place/mon entrée.

[Drôme] des idées pour un été culturel

Si la culture bouge tout au long de l’année dans la Drôme, l’été arrive chaque fois avec son lot de belles expositions, mais aussi de concerts et de spectacle, en particulier en plein air. Cet été 2025 ne déroge pas, et les propositions que j’ai déjà pu tester ont une nouvelle fois prouvé que notre beau département sait accueillir des manifestations de qualité. Bien sûr, je n’ai pas encore coché toutes les cases de ma liste de découvertes pour la saison. Mais voici déjà un petit aperçu de ce que j’ai vu, en espérant vous inspirer si vous habitez ou passez dans la région au cours de l’été.

une sculpture de la série des Voyageurs de Bruno Catalano
A Valence, Hubert III, un des Voyageurs de Bruno Catalano a posé sa valise (ou presque) à côté de la mairie depuis le mois de mai.

Deux expositions exceptionnelles au musée de Valence

Cet été, le musée de Valence nous gâte particulièrement avec des expositions et accrochages exceptionnels. Je vous ai déjà parlé de l’exposition des planches du livre Jazz d’Henri Matisse qui ont pris place dans la salle des arts graphiques. Deux autres expositions viennent actuellement agrémenter la visite du musée (qui, je le rappelle, vaut déjà la découverte même sans exposition spéciale).

devant l'affiche de la saison du musée de Valence, une sculpture de Jaume Plensa au milieu des arbres
Le Messager de Jaume Plensa accueille le visiteur devant le musée de Valence

Toros intime

Sur le plateau d’art contemporain, ce sont les œuvres du sculpteur Toros qui ont pris place. Ce sculpteur, d’origine arménienne est né à Alep en 1934. Il viendra s’installer dans la Drôme en 1967. Il finira par installer son atelier à Romans sur Isère, où il est décédé en 2020. Ses sculptures ont en commun des lignes fines et épurées, évoquant souvent le mouvement. Toros a réalisé de nombreuses sculptures pour l’espace public. On en retrouve ainsi à Valence, Romans, ou encore au bois des Naix à Bourg de Péage, mais aussi un peu partout en France ou à l’étranger (essentiellement en Syrie et en Arménie). Il a aussi imaginé de nombreux monuments au message plus politique, qu’il s’agisse de la mémoire des victimes du génocide arménien (par exemple à Valence), d’un hommage au groupe de résistants de Missak Manouchian (à Valence également) ou aux victimes des attentats de Romans sur Isère. Mais l’angle choisi cette fois par le musée nous invite à découvrir une facette plus intime de Toros, avec des œuvres de plus petite taille. J’ai aimé découvrir cet aspect de l’œuvre de Toros, empreint de douceur, et d’espoir.

reflet d'une sculpture de Toros dans les fenêtres du musée de Valence
Superposition de reflets – sculpture de Toros et fenêtres du musée

Giacometti et les prêts exceptionnels du Musée d’Orsay

Le musée de Valence a la chance d’accueillir des prêts exceptionnels du musée d’Orsay. Ceux-ci sont habituellement présentés au musée Granet d’Aix en Provence où ils ont dû laisser temporairement la place à une grande exposition consacrée à Cézanne. Ce sont ainsi 22 œuvres d’artistes majeurs que l’on peut découvrir à Valence tout l’été. Parmi les artistes, citons Picasso, Nicolas de Staël, Chardin, Fernand Léger ou encore Bram van Velde. Mais le plus impressionnant, ce sont les œuvres de Giacometti, tableaux et sculptures formant un ensemble homogène des années 1940 à 1960. Le musée leur consacre d’ailleurs une salle monographique.

une fenêtre éclaire une pièce aux murs noirs avec un tableau de Bram van Velde

Bram van Velde

Je dois avouer que si j’avais déjà quelques fois eu l’occasion de voir des sculptures de Giacometti, jamais je n’avais été touchée par celles-ci. La dernière fois, c’était lors de ma visite du Musée Bourdelle à Paris où une sculpture de Giacometti était mise en parallèle de celles de Bourdelle qui a été son maître ou encore de Germaine Richier, également élève de Bourdelle. J’avais trouvé intéressant de visualiser la filiation et les points communs mais sans ressentir d’émotion particulière devant l’œuvre de Giacometti. Or, au musée de Valence, entourée des tableaux et des sculptures de l’artiste suisse, je crois que j’ai enfin saisi une partie de l’âme de ceux-ci.

sculpture et tableau par Giacometti
Là, à quelques centimètres de cette sculpture de Giacometti, entourée de ses œuvres, j’ai ressenti une émotion forte, intense, comme si j’avais établi une connexion avec l’âme de l’artiste

Au fil des salles du musée

Les œuvres prêtées par le musée d’Orsay sont réparties dans différentes salles du musée. C’est donc aussi l’occasion de revoir certains tableaux mais également d’en découvrir d’autres, soit parce qu’ils sont nouvellement accrochés, soit parce qu’ils n’avaient jusqu’alors pas attiré mon regard. Et si vous visitez le musée pour la première fois, ne manquez surtout pas le panorama depuis la terrasse et celui depuis le belvédère.

2 tableaux représentant l'un un paysage urbain, l'autre la campagne
Je n’avais encore jamais fait attention au tableau de Dufy sur la gauche… ou peut-être n’était-il pas accroché ?
un tableau se reflète dans un miroir situé sur un mur où un autre tableau est accroché
jeu de reflets dans le petit cabinet rouge, aka ma nouvelle salle favorite du musée de Valence !

Genesis, la magie des photos de Sebastião Salgado à Montélimar

Après les photographies de William Klein l’année dernière, le musée d’art contemporain de Montélimar accueille un autre photographe d’exception. C’est l’exposition Genesis du photographe franco brésilien Sebastião Salgado qui est en effet accrochée sur les murs de l’ancienne caserne Saint Martin. Ce photographe de renommée internationale est connu pour son travail de photojournaliste. Economiste, il a appris la photo en autodidacte au début des années 1970 et en a ensuite fait son métier. Il a parcouru le globe dans un souci de témoignage constant. Genesis est présentée pour la première fois en 2013, en même temps que sort le livre éponyme. Depuis, l’exposition circule de musée en galerie.

entrée de l'exposition Genesis de Sebastião Salgado à Montélimar
L’entrée de l’exposition Genesis
(on retrouve le même graphisme que pour Play play play de William Klein l’été dernier)

Genesis est le résultat de voyages photographiques ayant eu lieu entre 2004 et 2012. Cette exposition (une des expos photos les plus vues dans le monde) est un hommage à la beauté et à la fragilité du monde. C’est Lelia Wanick Salgado, l’épouse du photographe, qui se charge de la curation et de la scénographie. Rien n’est laissé au hasard pour mettre en valeur les images de Sebastião. Celles-ci, toujours en noir et blanc, toujours avec un grain rappelant celui des pellicules photo, présente des compositions percutantes. Le but est clairement de susciter des émotions, sans nécessairement s’accompagner de longues explications. La nature est belle et il faut donc la protéger.

Le caractère très épuré de la scénographie rend encore plus percutante les images.
(Et j’aime toujours autant les possibilités infinies de jeux de perspective au musée d’art contemporain de Montélimar)

2 photos à 20 ans d'intervalle du domaine de l'instituto terra au Brésil pour montrer le résultat de la replantation
20 ans séparent ces deux images d’un même lieu. Sur la ferme familiale des Salgado au Brésil, Lelia et Sebastião ont fondé l’Instituto Terra, une ONG qui replante des arbres d’espèces endémiques sur des terres rendues arides par une sur-exploitation.
panneau de l'exposition issu de la biographie du photograpge
J’avais découvert les photos de Sebastião Salgado en 2019 au Centre du Patrimoine Arménien de Valence qui avait exposé Autres Amériques.

L’Arménie du sacré, une exposition pour les 20 ans du Centre du Patrimoine Arménien

Sur les traces des arméniens de Valence

Cette année, le Centre du Patrimoine Arménien de Valence fête ses 20 ans. Depuis 2005, cet équipement culturel public (il dépend directement de Valence Romans Agglo) propose une programmation sur des thématiques à fort enjeu géopolitique pour aider à appréhender le monde contemporain. Migrations, conflits contemporains et vivre ensemble sont au cœur des sujets abordés au centre du patrimoine arménien. Le point de départ de l’exposition temporaire est l’exil du peuple arménien suite au génocide de 1915 et l’arrivée dans la vallée du Rhône. C’est l’occasion de comprendre ce qui différencie un génocide d’un massacre ou encore ce qu’est un apatride. Le visiteur découvre ensuite les raisons de l’installation massive d’arméniens à Valence et dans ses environs, les préjugés auxquels ils ont été confrontés et comment ils se sont intégrés tout en perpétuant leurs traditions, leur langue et leur religion.

une œuvre en hommage à celles et ceux qui ont du tout abandonner pour migrer ouvre l’exposition permanente – le parti pris est de regarder l’exil des arméniens dans les années 1920 à travers le prisme valentinois

L’Arménie du sacré à l’épreuve du temps

L’exposition temporaire anniversaire du Centre du Patrimoine Arménien a été conçue en collaboration avec la fondation Boghossian de Bruxelles et le Musée Arménien de France. Différents artistes contemporains, photographes et plasticiens, proposent leur vision du sacré dans l’Arménie d’aujourd’hui (ou plutôt leur regard actuel dans ce qui composait autrefois l’Arménie avant l’annexion par l’Empire Ottoman).

Visuel de l'exposition l'Arménie du Sacré à l'épreuve du temps

Lydia Kasparian pose un regard photographique autour du Mont Ararat. Petite-fille d’un exilé arménien formé à la photographie qui fondé le studio Boissière, fille de Roger Kasparian photographe des stars des sixties, Lydia découvre le pays de ses racines en 2020 seulement. Elle en ramène un reportage photographique à la fois contemplatif et mystique.

Photographies de Lydia Kasparian prises en Arménie
Photographies de Lydia Kasparian

Pascal Convert est un plasticien qui travaille sur les sites archéologiques détruits. Après les Bouddhas géants de Bamiyan, il s’intéresse en 2018 aux katchkars du cimetière de Djoulfa, à la frontière de l’Azerbaïdjan et de l’Iran, détruits au cours des 30 dernières années pour des raisons idéologiques. Ces stèles funéraires massives sculptées d’entrelacs ont été datées du XIIe au XVIIIe siècle. Le cimetière en comptait environ 10 000 au début du XXe siècle et encore 3000 juste avant sa destruction systématique.

photographies de katchkars par Pascal Convert
Photographies de Pascal Convert

Antoine Agoudjian est un photo reporter qui nous entraine sur les traces de la mémoire des Arméniens. Du Mont Ararat au Haut Karabagh, ses images, tantôt en couleur, tantôt en noir et blanc, renvoient un message de résistance et de transmission de cette mémoire partagée. En écho, des objets prêtés par le Musée Arménien de France rappellent l’héritage culturel millénaire de l’Arménie.

photographies d'Antoine Agoudjian prises au Haut Karabagh
Photographies d’Antoine Agoudjian au Haut Karabagh
Livre ancien en arménien
Livre ancien en arménien

Des ateliers pour découvrir autrement

Tout au long de l’année, le Centre du Patrimoine Arménien propose des ateliers accessibles aux enfants et aux adultes. Entre ateliers créatifs, visites contées ou même visite apéro, il y a de quoi plaire à tout le monde. J’ai eu la chance d’être invitée pour découvrir un aperçu de ces différents ateliers et ils m’ont beaucoup plu. Mon coup de cœur va à l’atelier cyanotype qui permet facilement de repartir avec un tirage unique. J’ai aussi beaucoup apprécier la visite apéro qui se termine dans le patio pour un temps d’échange plus informel avec les équipes du centre.

patio du centre du patrimoine arménien avec une fresque de C215

Dans le patio / exemples d’ateliers créatifs

Le Barbier de Séville, en plein air à Grignan

Cela fait quelques années maintenant que je ne manque pas d’assister à l’une des représentations théâtrales de l’été dans la cour du château de Grignan. Chaque année, une nouvelle pièce est montée dans le cadre des Fêtes Nocturnes, portées par le département. Chaque année, c’est une production de qualité à partir d’un grand texte classique. Cet été, c’est Le Barbier de Séville qui a été choisi. Cela avait de quoi me plaire d’entrée de jeu car j’aime beaucoup cette pièce de Beaumarchais. Entre comédie pure et critique sociale, elle multiplie les punchlines et avait fait l’objet de plusieurs entrées dans mon carnet de citations au lycée.

la cour du château de Grignan avec la scène pour une représentation du Barbier de Séville
Dans la cour du château avant le « lever de rideau »

C’est Jean-Philippe Daguerre qui signe la mise en scène. Dans la cour, une scène en forme d’arène donne une tonalité hispanisante. Mais le metteur en scène tire aussi parti du château, utilisant les fenêtres du premier étage pour figurer celles de la maison de Bartholo et des jalousies à travers lesquelles Rosine fait la connaissance d’Almaviva. La mise est en scène est vive, festive, joyeuse,… En un mot : jubilatoire. Les acteurs sont supportés par un musicien et une chanteuse qui reprennent les airs connus de l’opéra Le Barbier de Séville de Rossini durant les intermèdes. Le spectacle dure 1h45 mais on ne les voit pas passer, emportés par le tourbillon qui se joue sur scène.

scène du Barbier de Séville à la nuit tombée dans la cour du château de Grignan
Fin du spectacle
salut final de la troupe après la représentation du Barbier de Séville dans la cour du château de Grignan
Le salut final, de gauche à droite : Petr Ruzicka (violon / alto), Hervé Haine (L’Eveillé), François Raffenaud (Bartholo), Jean-Baptiste Artigas (le Comte Almaviva), Marion Bosgiraud (Rosine), Pascal Vannson (Figaro), Tullio Cipriano (Don Basile), Jean-François Toulouse (La Jeunesse / le notaire), Sabine Revault d’Allonnes (chant / violon)

Informations pratiques et autres suggestions

Pour ceux qui veulent découvrir ces propositions en vrai

  • Musée de Valence : place des Ormeaux, 26000 Valence.
    L’accrochage de Jazz d’Henri Matisse est visible jusqu’au 5 octobre 2025.
    Jusqu’au 30 novembre 2025, le Musée de Valence accueille des prêts exceptionnels du Musée d’Orsay, comprenant entre autre des oeuvres de Giacometti, Fernand Léger, Picasso, Chardin, Paul Klee, Tal Coat ou Nicolas de Stael.
    Enfin, l’exposition Toros intime prend place sur le plateau d’art contemporain jusqu’au 31 août 2025.
    Pour connaitre les horaires d’ouverture du musée et les conditions de visite, il faut se rendre sur leur site internet.
  • Musée d’art contemporain de Montélimar : place de Provence, 26200 Montélimar.
    L’exposition Genesis de Sebastião Salgado est présentée jusqu’au 24 août 2025.
    L’entrée est gratuite pour tous. Les horaires d’ouverture sont disponibles sur le site internet de la ville de Montélimar.
  • Centre du Patrimoine Arménien : rue Louis Gallet, 26000 Valence.
    L’exposition temporaire L’Arménie du sacré à l’épreuve du temps est visible jusqu’au 1er février 2026.
    Le parcours permanent est accessible à partir de 7/8 ans à l’aide des outils de médiation dédiés aux enfants. Si la thématique peut sembler « dure », elle est abordée avec finesse et discernement pour ne pas heurter les plus jeunes publics.
    Le programme des ateliers, mais aussi des spectacles et des conférences, ainsi que les conditions de visite sont disponibles sur le site internet du Centre du Patrimoine Arménien.
  • Fêtes nocturnes de Grignan : dans la cour du château, 26230 Grignan.
    Le Barbier de Séville est joué tout l’été, jusqu’au 23 août. La représentation commence à 21.00. Il est possible de profiter du coucher de soleil sur les terrasses du château avant. La réservation est indispensable.
    Il est possible de profiter d’une restauration légère au café Louis-Provence dans le bosquet avant le spectacle et d’y prendre un rafraichissement ou une boisson chaude après.
    Si vous souhaitez diner au restaurant avant le spectacle, je vous conseille de réserver. Nous ne l’avions pas fait et nous avons eu beaucoup de chance de trouver encore une table (pour 2) en faisant le tour des restaurants à 18.30. Il est aussi possible si on vient avec son pique-nique de s’installer dans l’herbe aux abords du village.

selfie dans un miroir où se reflète un tableau
Selfie-musée

Pour ceux qui aimeraient avoir des idées supplémentaires

J’ai bien entendu repéré d’autres propositions pour la suite de l’été, et même le début de l’automne, dans la région. J’ai en particulier noté :

Deux photos de l'expo Salgado sur les montants d'une sortie piétonne de parking pleine rue
Devant le musée d’art contemporain de Montélimar, une annonce pour l’exposition


Drôme – été 2025


A noter : La visite du Centre du Patrimoine Arménien, avec l’aperçu des ateliers qui y ont lieu, a été faite dans le cadre d’un instameet à l’invitation de Valence Romans Tourisme et du Centre du Patrimoine Arménien (collaboration commerciale non rémunérée). Si vous me suivez depuis un moment, vous aurez peut être noté que je vais régulièrement au CPA pour y découvrir les expositions temporaires, toujours qualitatives. Je n’ai pas attendu d’être invitée pour y aller et y retourner. Pour preuve, parmi les dernières expositions du CPA chroniquées par ici, il y en a une par an depuis la migration du blog ici :

[projet 52-2025] top départ pour une nouvelle année en photos

Comme chaque année, j’ai pas mal hésité avant de relancer un projet 52 en photos. En effet, cela me demande du temps chaque semaine et entre le travail, les enfants qui sont éparpillés et mes autres activités, j’ai parfois un peu de difficulté à assurer. Ainsi, l’année dernière, j’ai à nouveau souvent manqué de temps, entre semaines très chargées et week-ends bien remplis. La conséquence directe a été que je suis souvent venue jeter un œil à vos participations bien après la fin du week-end. Malgré tout, j’ai apprécié vous retrouver tout au long de cette année 2024 (et je vous remercie d’ailleurs de votre fidélité).

Je sais que 2025 sera tout aussi intense que 2024 (ce n’est pas la peine de se bercer d’illusion : j’aurai tout autant de sujets à mener de front !). Je sais que cette année encore, je ne serai pas toujours très disponible le week-end. Mais, je sais que vous aimez ce rendez-vous du samedi, et j’avais envie de continuer avec vous cette jolie dynamique (qui est, je dois l’avouer, très motivante). Alors, après moult tergiversations, je suis ravie de vous présenter les thèmes pour l’année 2025 du projet 52 du côté de chez Ma’ !

J’attends donc les fidèles participants mais aussi tous ceux qui auraient envie de nous rejoindre, même ponctuellement dans cette aventure à compter de samedi prochain.

Une liste de 52 thèmes pour un défi photo hebdomadaire

Les règles du projet 52 Du côté de chez Ma’

Côté règles du jeu, il n’y aura encore pas de modifications cette année…

  • un thème par semaine, sachant que la 1ère semaine est la semaine qui arrive (ma photo sera donc en ligne samedi prochain, 4 janvier 2025)
  • une photo prise par vous (j’insiste sur ce point car c’est l’essence même de l’exercice : faire des photos ! )
  • une publication chacun sur son blog ou sur Instagram avec le hashtag #projet52dema (et, idéalement, en taguant également mon compte Instagram @ducotedechezma)
  • un commentaire à mettre avec le lien vers votre billet (ou vers la photo sur Instagram) sous mon propre billet du projet 52 pour la semaine (que je continuerai à publier le samedi)
  • aucune obligation : chacun publie quand il veut, quand il peut…

Pour découvrir les autres participations, il faudra suivre les liens déposés en commentaires. Je ne ferai en effet pas de récapitulatif des participations car cela demande énormément de temps (et si vous avez suivi, c’est une denrée dont je dispose en quantité assez faible..). Je me réserve aussi le droit d’un délai dans la validation des commentaires qui passeraient en modération car ma vraie vie ne se passe (toujours) pas sur internet !

Au plaisir de vous retrouver sur le projet 52-2025 donc!

[Drôme] 2 expositions à découvrir à Valence

A Valence, il y a régulièrement des expositions, au musée ou au centre du patrimoine arménien. J’ai pris l’habitude d’aller les voir à chaque fois. En effet, les propositions sont généralement très intéressantes, et me permettent d’élargir mes horizons et connaissances. Actuellement, les deux structures proposent des expositions temporaires que je suis allée voir. Au musée, il est question de regarder comment les collections se sont constituées. Au centre du patrimoine arménien, nous partons au Mexique avec un plasticien. Je vous invite à me suivre pour les découvrir.

Citation "sa place est dans un musée !"
« Sa place est dans un musée ! »J’ai retrouvé cette citation d’Indiana Jones sur les murs de l’exposition au Musée de Valence. J’aime la façon dont ce musée sait s’ouvrir à l’ensemble du monde et casser les codes traditionnels du musée. Cette fois, c’était donc en s’appropriant une phrase iconique de la pop-culture.


Histoires de collection, 2 siècles de donation au musée

A l’occasion des dix ans de sa réouverture, le musée de Valence a décidé de revenir sur la construction de ses collections à travers une exposition temporaire. Pour cela, de nombreuses œuvres ont été sorties des réserves et certaines sont présentées au public pour la première fois depuis bien longtemps. L’exposition débute par les origines de la création du musée et l’appel aux dons d’œuvres qui avait fait par le maire de Valence en 1834. Depuis, ce sont plus de 4000 œuvres et objets qui ont été donnés au musée de Valence.

livret de l'exposition Histoires de collection du musée de Valence

L’exposition parcours les donations par ordre chronologique, commençant par les deux dons exceptionnels de Julien Victor Veyrenc en 1835 et 1836. Ces donations constitueront entre autre le socle de la collection de dessins d’Hubert Robert que possède le musée (et qui est la 3e plus important collection au monde de cet artiste, après celles des musées du Louvre et de l’Ermitage). Les profils des donateurs sont variés : philanthropes, sociétés savantes, archéologues amateurs, artistes souhaitant assurer la pérennité de leur œuvre, personnalités locales confiant des portraits de famille, etc. Cette diversité est mise en évidence tout au long de la visite.

boite de papillons épinglés
Le musée comme héritier des cabinets de curiosité : l’histoire naturelle a toujours fait partie des collections. Ici, une boîte de papillons.
sachets en papier contenant des spécimens de papillons
Ces papillons, issus des réserves d’histoire naturelle du musée, sont encore ensachés et n’ont jamais été présentés.
Ammonites
La région offre de nombreux sites où l’on peut trouver des ammonites. Des spécimens de tailles très différentes font partie des collections du musée. Ici, une très grande ammonite est présentée côte à côte avec six toutes petites, créant un amusant effet de comparaison grand/petit.

Sur un fond jaune, très dynamique, l’exposition nous entraine donc à travers une histoire de l’art, depuis l’Antiquité jusqu’à l’art contemporain, avec en particulier la dotation Boncompain (qui avait à elle seule fait l’objet d’une exposition temporaire en 2015 : j’en avais parlé sur mon ancien blog). J’ai trouvé très intéressant de découvrir comment les collections du musée se sont construites, et de pouvoir jeter un œil à des œuvres peu montrées, qu’il s’agisse d’artistes reconnus, ou restés dans la pénombre.

Sculpture de femme de facture classique
Sculpture du XIXe siècle
torse masculin d'une statue antique
Fragment de sculpture gallo-romaine
vue générale dans l'exposition
Coup d’œil sur quelques œuvres de la donation Boncompain

Après l’exposition temporaire, nous en avons profité pour faire un tour dans l’exposition permanente afin de découvrir les nouveaux accrochages. Nous avons surtout vu de grands changements dans la partie consacrée à l’art contemporain. Ainsi, la grande structure arc-en-ciel a changé de place pour s’installer sur le grand plateau. Elle y est, à mon avis, bien mieux mise en valeur que dans son précédent emplacement. De même, le petit tableau rond de Nymphéas de Monet est resté sur les murs du Musée de Valence après l’exposition L’Univers sans l’Homme, mais positionné sur un mur plus petit et avec un éclairage limitant les reflets, on en profite plus.

œuvres d'art contemporain
sur le plateau d’art contemporain
sur le plateau d'art contemporain du musée de Valence
Face à face avec un tableau de Joan Mitchell

(*) L’exposition Histoires de collections se tient jusqu’au 19 mai 2024 au Musée de Valence. Les conditions de visite sont à retrouver directement sur le site internet du musée.


La Terre où est né le Soleil, Julien Lombardi

Julien Lombardi avait présenté son exposition La terre où est né le soleil aux rencontres d’Arles en 2022. Si le Centre du Patrimoine Arménien a déjà présenté plusieurs expositions photographiques (dont celle sur l’émergence de la photographie dans l’Empire Ottoman, celle sur les portraits du studio Kasparian ou encore les séries Orages de Guillaume Herbaut), celle-ci est très différente, tant dans le fond que dans la forme. En effet, le travail de Julien Lombardi est plus plastique que purement photographique. Ainsi, la mise en espace joue un rôle fort dans la présentation, et l’on trouve également plusieurs installations qui ne sont pas purement photographiques.

Flyer de l'exposition La terre où est né le soleil de Julien Lombardi au Centre du Patrimoine Arménien à Valence

Le postulat de départ de l’artiste est lié à la façon dont le peuple Wixarika, dans la vallée sacrée du Wirikuta, en plein cœur du Mexique, maintient sa culture depuis la colonisation espagnole jusqu’au monde contemporain et l’exploitation minière intense de ce bout de désert. A travers ses photos, mais aussi des montages avec des brochures publicitaires pour les mines, ou encore des photogrammes d’objets trouvés dans le désert, Julien Lombardi évoque le respect du peuple Wixarika pour cette vallée, la nature qui la peuple, le lien fort qu’ils entretiennent avec le monde sacré et les traditions qui perdurent malgré tout. Son travail, plus artistique que journalistique, brise les code de la photographie de témoignage, empruntant au passage quelques formes de restitution à la recherche scientifique.

Photographies par Julien Lombardi
Tunnel de mine et extraits de brochures publicitaires minières
Installation artistique  par Julien Lombardi
au premier plan, travail en 3D à partir de relevés topographiques
Installation artistique  par Julien Lombardi
photogrammes d’objets du désert – œuvre à manipuler pour découvrir la collection complète de photogrammes en les posant les uns après les autres sur le caisson lumineux – on retrouve dans cette installation des codes visuels liés à la recherche scientifique
photographies par Julien Lombardi
Photos du désert, terre sacrée des Wixarika

Comme c’est souvent le cas pour les expositions présentées au Centre du Patrimoine Arménien, celle-ci tient en peu de salles et peut se parcourir assez rapidement sans avoir l’impression de la survoler. Le travail de Julien Lombardi est assez atypique par rapport à ce qui est habituellement présenté au CPA. En effet, le musée nous a habitués à des expositions de type témoignage (qu’il s’agisse d’histoire ou du monde contemporain). Or cette fois, c’est vraiment un travail artistique qui est proposé. Lors de ma visite, j’ai bénéficié d’une « visite éclairage », à savoir une introduction à la visite d’une vingtaine de minutes par un médiateur. Cette présentation m’a laissé un peu perplexe et m’a semblé en dissonance avec les œuvres présentées ensuite. L’introduction s’est essentiellement faite autour du contexte géopolitique (colonisation, industrie minière, proximité avec la Californie et les Etats Unis, etc.) et très peu sur le travail artistique de Julien Lombardi. La médiation m’a par ailleurs donné l’impression de véhiculer une vision très européanocentrée de la culture du peuple Wixarika, ramenant toute une civilisation au rang de folklore, étriquant un peu le sens mystique derrière les propositions de Julien Lombardi.

photographies de cactus par Julien Lombardi dans le désert mexicain

(*) L’exposition « La terre où est né le soleil » est présentée jusqu’au 1er septembre 2024 au Centre du Patrimoine Arménien. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du CPA.

[projet 52-2024] une nouvelle année en photos

J’ai cette année encore assez longuement hésité avant de relancer un projet 52 en photos. Cette activité est en effet plutôt chronophage. Et l’année dernière, j’ai à nouveau souvent manqué de temps, entre semaines très chargées et week-ends bien remplis. La conséquence directe a été que je suis souvent venue jeter un œil à vos participations bien après la fin du week-end. Malgré tout, j’ai apprécié vous retrouver tout au long de cette année 2023.

Je sais que 2024 sera tout aussi intense que 2023 (avec en prime de nouveaux challenges), et que j’aurais donc probablement encore trop peu de temps à accorder au projet 52. Mais, je sais que vous aimez ce rendez-vous du samedi, et j’avais envie de continuer avec vous cette jolie dynamique. Alors, après avoir pesé le pour et contre entre arrêter et continuer, je suis ravie de vous présenter les thèmes pour l’année 2024 du projet 52 du côté de chez Ma’ !

liste des thèmes pour le projet 52 pour l'année 2024 sur Du côté de chez Ma

Les règles du projet 52 Du côté de chez Ma’

Côté règles du jeu, il n’y aura encore pas de modifications cette année…

  • un thème par semaine, sachant que la 1ère semaine est cette semaine  (ma photo sera donc en ligne samedi prochain, 6 janvier 2024)
  • une photo prise par vous (j’insiste sur ce point car c’est l’essence même de l’exercice : faire des photos ! )
  • une publication chacun sur son blog ou sur Instagram avec le hashtag #projet52dema (et, idéalement, en taguant également mon compte Instagram @ducotedechezma)
  • un commentaire à mettre avec le lien vers votre billet (ou vers la photo sur Instagram) sous mon propre billet du projet 52 pour la semaine (que je continuerai à publier le samedi)
  • aucune obligation : chacun publie quand il veut, quand il peut…

Pour découvrir les autres participations, il faudra suivre les liens déposés en commentaires. Je ne ferai en effet pas de récapitulatif des participations car cela demande énormément de temps (et si vous avez suivi, c’est une denrée dont je dispose en quantité assez faible..). Je me réserve aussi le droit d’un délai dans la validation des commentaires qui passeraient en modération car ma vraie vie ne se passe pas sur internet !

Au plaisir de vous retrouver sur le projet 52-2024 donc!

[Ardèche x Lyon] street art & expo photo

Les propositions culturelles sur Lyon sont forcément plus nombreuses que sur Valence, en raison de la taille de la ville. Bien que je ne sois pas très loin de Lyon, j’y vais finalement assez rarement pour profiter des nombreuses expositions et activités que l’on y trouve. En dehors d’une journée où j’avais été invitée pour faire des activités insolites et d’une rapide visite à Magonia cet été, je n’y étais pas retournée pour les loisirs depuis ma visite de la Biennale d’Art Contemporain, l’an dernier. Cette fois, ce sont deux expositions qui m’ont attirée et j’ai profité d’un jour férié pour aller les voir toute les deux. Mais avant cela, j’avais pris le temps de passer sur un joli site de street-art le long du Rhône en Ardèche.

sous le pont des Lônes – Soyons – Ardèche

Du street-art au milieu de nulle part en Ardèche : le site du Pont des Lônes

Le site du pont des Lônes se trouve en pleine nature, étrange paradoxe pour un des meilleurs spots de street-art sur la région valentinoise (l’autre étant les Locaux Rock à Valence). Ma dernière visite sous le pont des Lônes remontait à fin 2021. Les fresques avaient donc forcément évolué pendant presque ces deux années. J’ai profité d’un dimanche matin ensoleillé pour m’y rendre. Comme chaque fois, j’ai été frappée par la diversité des œuvres. J’ai aussi remarqué que le lettrage semblait être plus présent, comme si cette partie du street-art revenait à la mode après avoir fait les beaux jours des premiers graffeurs dans les années 1980.

C’est en partie pour cette fresque que je suis allée faire un tour au pont des Lônes. Regardez bien à droite, vous verrez un nom familier en vert et jaune. J’avais contribué à la campagne de financement participatif du festival Wall & Love qui a permis la création de plusieurs fresques sur les murs valentinois cet été et c’était la contrepartie.

Toutefois, ce qui fait la particularité du Pont de Lônes, ce sont les fresques communes où plusieurs artistes s’expriment sur un thème et dans une palette de couleurs identiques. La dernière née est une fresque en orange et bleu, s’étalant sur deux murs d’une des arches du pont.

Cette fresque m’a aussi permis de m’amuser avec les reflets. En effet, suite aux grosses pluies des jours précédents, une immense flaque s’étalait sous l’intégralité de l’arche… et la lumière était parfaite pour refléter non seulement les dessins mais aussi les arbres situés un peu plus loin.

A quelques pas du pont, on est en pleine nature, le long des lônes du Rhône…

Pont des Lônes – Soyons – Ardèche – octobre 2023


Un festival de street-art : Peinture Fraîche à Lyon

Pour continuer sur cette lancée street-art, je suis allée au festival Peinture Fraîche à Lyon. Après plusieurs éditions auxquelles je n’avais pas pu assister, j’ai profité d’un jour férié pour aller jeter un œil à celle-ci. De mi-octobre à début novembre, sur le sites dans anciennes usines Fagor, on pouvait ainsi découvrir un immense graffiti park où chacun pouvait laisser sa trace, mais surtout de nombreuses fresques réalisées par des artistes locaux et internationaux. En arrivant sur place, le foisonnement de couleurs du graffiti park était vraiment frappant. Il y avait des tags partout : sur les murs, le mobilier urbain, le sol.

A l’entrée du site du festival
Au cœur du graffiti park
Sur la partie basse des murs, le graffiti park, sur la partie haute, les fresques des artistes

J’ai commencé par les espaces extérieurs. Sur les parties hautes des murs surplombant le graffiti park, d’immenses fresques se déployaient. Ce que j’avais ressenti quelques temps auparavant en me rendant au Pont de Lônes se confirmait : le lettrage a de nouveau le vent en poupe ! Par contre, il est parfois compliqué d’identifier les artistes à l’origine de ceux-ci, et j’aurais bien aimé disposer d’un plan (via l’application sur smartphone par exemple) permettant de mettre un nom sur une réalisation.

à droite, les lettrages de RESE
Le moustique de Shamsham et l’arbre de Hoppn
Le Jiminy Cricket de Kamo
Fresque par Huereck

Après avoir passé le panneau « peinture interdite au delà de cette limite », et téléchargé l’application de réalité augmentée, j’étais prête à entrer dans le grand hall. Là, les fresques couvraient les murs et en utilisant l’application sur son smartphone pour fixer l’œuvre, on pouvait voir celle-ci s’animer. Si certaines animations étaient un peu limitées, d’autres apportaient un vrai plus à la fresque. Comme beaucoup de visiteurs, j’ai eu un coup de cœur pour le Spiderman de Onemizer et la façon dont l’application lui permettait de s’animer. J’ai également pu revoir le guerrier Ajax de Romain Larchandet que j’avais croisé à Magonia et qui s’était refait une beauté après ses mésaventures de l’été dernier.

La fresque de Onemizer vue en réalité augmentée
La fresque de S.W.A.L.T. vue en réalité augmentée

(*) Le Festival Peinture Fraîche s’est tenu aux anciennes usines Fagor à Lyon du 11 octobre au 5 novembre 2023

Peinture Fraîche Festival – Usines Fagor – Lyon – novembre 2023


Une expo photo : Elliot Erwitt à La Sucrière à Lyon

Après avoir passé la matinée à Peinture Fraîche, j’ai pris le tramway direction le quartier de la Confluence pour me rendre à la Sucrière. En effet, l’exposition rétrospective sur le travail du photographe Elliot Erwitt s’y tenait depuis quelques jours, après avoir été présentée au Musée Maillol à Paris. Je l’avais repérée avant même sa mise en place dans un article de magazine. J’avais aussi vu passer sur les réseaux sociaux quelques images d’Elliott Erwitt suite à l’ouverture de l’exposition. Mais je ne connaissais pas grand chose du travail de ce photographe franco-américain. Je suis toutefois toujours curieuse de découvrir la production photographique d’un artiste ou d’un studio.

Elliott Erwitt a réalisé à la fois des clichés pour des travaux personnels et pour des commandes. La plupart de ses clichés personnels sont en noir et blanc, tandis qu’il a exploité la couleur pour les photographies commerciales. Mais chaque fois, ce qui m’a frappé, c’est la maîtrise absolue de la composition. J’ai aussi découvert un photographe facétieux et plein d’humour, qui n’hésite pas à jouer avec le cadrage pour ajuster son effet comique.

« D’abord, il s’agit d’obtenir une sorte de cadre, puis d’attendre que quelque chose y prenne place »
(Elliott Erwitt)
« Tous les musées sont intéressants, même ceux qui ne le sont pas » (Elliott Erwitt)
planche contact – travail de recadrage

(*) L’exposition rétrospective Elliot Erwitt se tient à La Sucrière, quai Rambaud à Lyon, jusqu’au 17 mars 2024.
Un audioguide gratuit est à disposition et permet d’en apprendre plus sur quelques unes des photographies présentées. J’ai entendu dire qu’il était très bien fait mais je ne l’ai pas essayé. En effet, le jour où j’y étais (cumul d’un jour férié, de vacances scolaires et de pluie), il y avait énormément de monde à visiter l’exposition, et je n’avais pas envie de de devoir rester massée devant certains clichés.

Exposition Elliott Erwitt – La Sucrière – Lyon – novembre 2023


Bonus : quelques photos d’architecture dans le quartier de la Confluence à Lyon

Pour me rendre à la Sucrière, j’ai traversé à pied une partie du quartier de la Confluence. C’était l’occasion de prendre quelques photos très rapidement de certains des immeubles les plus remarquables du quartier, entre deux averses. Il faudra que j’y retourne un jour ensoleillé : c’est un superbe terrain de jeux pour la photographie d’architecture. En effet, ce quartier est né il y a une vingtaine d’années, au sud de la Presqu’île de Lyon. Il s’agit d’anciennes friches industrielles, en particulier celle du marché-gare de Perrache et du port industriel Rambaud. Depuis, une stratégie d’urbanisation a complètement transformé les lieux et les bâtiments ont rivalisé d’originalité.

La Sucrière, ancien entrepôt de stockage de sucre sur le quai Rambaud a été transformée en lieu culturel et accueille expositions et évènements. (rénovation d’un bâtiment des années 1930 augmenté dans les années 1970 de deux silos par Z Architecture en 2011)
Le cube vert est le siège mondial du média d’information Euronews (réalisation de l’agence Jakob + MacFarlane en 2015). Le bâtiment en arrière-plan est une réalisation de l’agence Odile Decq en 2015.
Le long de la darse, face au centre commercial, des immeubles d’habitation.
Le cube orange, pendant du cube vert, a aussi été conçu par l’agence Jakob+MacFarlane (en 2010).

Quartier de la Confluence – Lyon – novembre 2023

[Drôme] retour sur les expositions et spectacles de la rentrée

Après un été riche en découvertes culturelles, j’ai continué à profiter des propositions à Valence et dans ses environs depuis la rentrée. Au programme, il y a eu : une exposition de photos de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, une installation d’art contemporain et un concert très original dans un lieu absolument fabuleux lors des Journées Européennes du Patrimoine. Je vous propose donc de revivre cela en images.

Au Centre du Patrimoine Arménien

L’Orient Revisité, au Centre du Patrimoine Arménien

C’est au Centre du Patrimoine Arménien à Valence que je suis une nouvelle fois allée découvrir une exposition de photos. J’avais beaucoup apprécié les précédentes que j’y avais vues (vous pouvez retrouver mes avis sur l’exposition Orages de Guillaume Herbaut et sur l’aventure photographique des Kasparian), et j’étais impatiente de découvrir celle-ci.

La photographie s’est développé dans l’Empire Ottoman sous l’impulsion des arméniens qui se sont très vite intéressé à ce nouveau médium. A travers la production photographique des studios, essentiellement à Constantinople, c’est toute la société turque que l’on découvre. Les portraits occupent aussi une grande part de leur activité : c’est à la mode de se faire photographier. On découvre ainsi de nombreuses images de la famille impériale et de leurs proches. Des photos de paysages urbains donnent à voir une ville propre et qui se modernise.

Scènes de la vie de Constantinople
Palais et mosquées

A cette époque charnière des débuts de l’industrialisation, les studios de photographie sont mandatés par le gouvernement pour documenter les efforts de modernisation du pays et l’occidentalisation grandissante. Les images sont ensuite utilisées à des fins de propagande auprès des nations européennes, en particulier le Royaume Uni et la France. On y montre des usines propres aux ouvriers souriants et les enfants dans des classes à l’école.

Une autre partie de l’activité des studios de photographie est la production de mises en scène de la vie rurale et traditionnelle. En effet, l’exotisme est à la mode en Europe, et nombreux sont les occidentaux à la recherche de ces représentations. Les studios n’hésitent donc pas à engager des acteurs pour s’habiller dans les tenues traditionnelles des différentes régions de l’Empire Ottoman, et poser dans des décors factices. Si l’on y prête un peu attention, on peut même noter les bouts de décors ou les acteurs que l’on retrouve sur plusieurs photos. Certaines mises en scène sont très poussées, quasi bibliques.

L’exposition se termine par l’exil des photographes arméniens, chassés de l’Empire Ottoman au moment du génocide de 1915. Certains parviendront à partir avec une partie de leur matériel et de leur patrimoine photographique. Ils s’établiront dans d’autres pays, en Europe ou en Amérique.

L’exposition L’Orient Revisité est une plongée dans l’histoire de l’utilisation politique de la photographie. Elle est à la fois un témoignage artistique et historique de la naissance de cette technique, mais aussi de son émergence comme vecteur de propagande : en choisissant ce que l’on montre et comment on le montre, on envoie un message fort.

(*) L’exposition L’Orient Revisité est visible au Centre du Patrimoine Arménien de Valence jusqu’au 23 décembre 2023. Les horaires et tarifs sont à retrouver sur le site internet du CPA.

Centre du Patrimoine Arménien – Valence – Drôme – août 2023


Nuée, à la Bourse du Travail de Valence

Nuée, c’était l’installation de l’été à la Bourse du Travail de Valence. Ce lieu a dédié son unique salle à la création contemporaine et propose des installations temporaires. C’est l’artiste Mélissa Mariller qui a monté Nuée. L’installation s’articulait autour de panneaux souples en plastique coloré et découpé de motifs rappelant les vieux meubles savoyards. Des bancs métalliques venaient s’ajouter à cette interprétation moderne des meubles traditionnels. Enfin, les luminaires ajoutaient une ambiance particulière, soutenue par une bande son pour une expérience totalement immersive.

Nuée, installation de Mélissa Mariller à la Bourse du Travail de Valence

(*) Nuée s’est achevée début septembre. La Bourse du Travail de Valence propose plusieurs installations par an, toujours en accès libre.

Bourse du Travail – Valence – Drôme – août 2023


Electrorgue, au Palais Idéal du Facteur Cheval

La soirée Electrorgue au Palais Idéal du Facteur Cheval était initialement prévue en mai pour la Nuit des Musées. J’avais d’ailleurs pris des places. Mais les orages avaient contraint à l’annulation de la soirée. J’étais donc ravie quand j’ai vu que le concert était reprogrammé à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, et j’ai aussi réservé mes billets. J’y suis allée avec Melle 3e, ce qui nous a valu une fin de journée au pas de course entre la fin de son cours d’équitation à 19.30 et le début de la soirée à 21.00 à 1h de route de la maison. Mais cela en valait la peine !

A l’arrivée au Palais Idéal, celui-ci était plongé dans une semi obscurité, seulement éclairé par quelques lampes dans les jardins et les lumignons remis aux visiteurs à l’entrée. Notre première mission était de déposer notre lumignon quelque part sur l’œuvre du Facteur Cheval afin d’apporter notre pierre à l’édifice. Rien que pour cette expérience de découverte des lieux à la lumière de la lampe de mon téléphone, j’étais ravie d’être venue.

Découvrir le Palais Idéal du Facteur Cheval à la torche
Apporter un éclairage nouveau sur le bâtiment en se rappelant que le Facteur Cheval a souvent travaillé de nuit sur son œuvre.

Puis est venue l’heure du concert. Electrorgue, c’est le mariage réussi entre l’orgue de Barbarie et la musique électro. Nous étions environ 600 personnes dans les jardins et sur la terrasse du Palais Idéal à profiter de la douceur de cette soirée au rythme des basses électro-organiques. J’ai été frappée de la disparité du public : des personnes âgées, des enfants, des habitués des concerts électro et d’autres qui découvraient. Je m’attendais presque à voir les Trois Géants se dandiner. J’ai été fascinée par les jeux de la lumière sur la façade du Palais Idéal. J’ai vraiment apprécié ce moment un peu hors du temps, entre monument historique et musique actuelle. J’ai aimé la façon dont l’originalité de la proposition musicale venait jouer avec l’exubérance des lignes du Palais Idéal. Et bien que fatiguée, j’étais presque déçue quand la musique s’est tue à bientôt minuit.

Au pied des Trois Géants
Mixer de l’orgue de Barbarie…
Prendre de la hauteur et assister au concert depuis la terrasse
Profiter de l’exubérance

(*) Le Palais Idéal sert régulièrement de salle de spectacles. La programmation est à retrouver sur le site du monument, tout comme les horaires et conditions de visite plus classiques. Je vous recommande vivement de réserver si vous voulez vous y rendre. Le lieu est très prisé et la jauge relativement limitée.
Et si vous voulez découvrir une autre oeuvre du Facteur Cheval, n’oubliez pas de vous rendre au cimetière de Hauterives où vous trouverez son tombeau.

Palais Idéal du Facteur Cheval – Hauterives – Drôme – septembre 2023

[projet 52-2023] c’est parti pour une nouvelle année en photos !

J’ai très longuement hésité cette année avant de relancer un projet 52 en photos. En effet, c’est une activité très chronophage. Et l’année dernière, j’ai souvent manqué de temps, entre semaines très chargées et week-ends bien remplis. La conséquence directe a été que je suis souvent venue jeter un œil très tardivement à vos participations. Or, je sais que 2023 sera tout aussi intense que 2022, et que j’aurais donc probablement encore relativement peu de temps à accorder au projet 52. Mais, en même temps, vous avez été au rendez-vous chaque semaine avec enthousiasme tout au long de l’année écoulée. Et j’avais envie de continuer cette jolie dynamique. Alors, après avoir pesé le pour et contre entre arrêter et continuer, je suis ravie de vous présenter les thèmes pour l’année 2023 du projet 52 du côté de chez Ma’ !

Les règles du projet 52 Du côté de chez Ma’

Côté règles du jeu, il n’y aura encore pas de modifications cette année…

  • un thème par semaine, sachant que la 1ère semaine est cette semaine prochaine (ma photo sera donc en ligne samedi 7 janvier 2023)
  • une photo prise par vous (j’insiste sur ce point car c’est l’essence même de l’exercice : faire des photos ! )
  • une publication chacun sur son blog ou sur Instagram avec le hashtag #projet52dema (et, idéalement, en taguant également mon compte Instagram ducotedechezma)
  • un commentaire à mettre avec le lien vers votre billet (ou vers la photo sur Instagram) sous mon propre billet du projet 52 pour la semaine (que je continuerai à publier le samedi)
  • aucune obligation : chacun publie quand il veut, quand il peut…

Pour découvrir les autres participations, il faudra suivre les liens déposés en commentaires. Je ne ferai en effet pas de récapitulatif des participations car cela demande énormément de temps (et si vous avez suivi, c’est une denrée dont je dispose en quantité assez faible..).

Au plaisir de vous retrouver sur le projet 52-2023 donc!

[exposition] le triomphe de la couleur

L’exposition Le Triomphe de la Couleur présentée actuellement au Centre d’Art de Crest est sous-titrée « une histoire de la photographie en couleurs dans les collections nationales des Monuments Historiques ». Et c’est en effet toute une histoire de la photographie en couleurs qui est proposée au visiteur, depuis les balbutiements au XIXe siècles jusqu’à la prédominance actuelle.

La Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine est l’héritière du Service des Archives Photographiques, initié au milieu du XIXe siècle. Ses collections ont grandi par dons et achats mais également par l’organisation de campagnes de prises de vue. Le Service des Archives Photographiques initie en particulier une campagne de prises de vue durant la Première Guerre Mondiale dans une logique documentaire en photographiant les monuments dans les zones sujettes aux bombardements. Aujourd’hui, la MAP est l’une des plus importantes collections photographiques de France, couvrant l’ensemble de l’histoire de la photographie, de ses balbutiements jusqu’aux donations d’artistes photographes actuels.

Les premiers procédés couleurs se développent à partir de la fin du XIXe siècle, et restent très minoritaires jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Toutefois, dès les débuts de la photographie, le souhait de retranscrire les couleurs se fait ressentir, et la MAP possède de nombreux exemples de colorisation. On retrouve en particulier ces photos colorisées dans les objets promotionnels du cinéma muet ou sur des cartes postales.

Jusque dans les années 1930, les procédés photographiques en couleur sont encore assez expérimentaux et complexes. Ils sont donc essentiellement utilisés par des amateurs qui défrichent de nouveaux terrains d’expression picturale. Ce sont d’abord des prises de vue trichromes où trois plaques sont successivement exposées portant chacune l’une des trois couleurs. Puis, la commercialisation des plaques autochromes des frères Lumière rend la photographie couleur plus accessible. Les plaques de verre permettent de capturer l’image puis de la restituer par projection ou via un appareil de visionnage dédié. Ainsi, Jacques-Henri Lartigue utilise l’autochrome pour mettre sa famille et ses proches en scène dans leurs loisirs et occupations. Cependant, l’autochrome est assez peu utilisé à des fins professionnelles car il ne permet pas le tirage sur papier.

La commercialisation par Kodak puis par Agfa de pellicules couleurs souples à la fin des années 1930 marque un tournant dans l’utilisation de la couleur en photographie. La couleur arrive au cinéma et dans la presse dans les même moments. Considérée comme « moderne », la photographie en couleur est fortement utilisée dans la presse et la publicité. Les photographes s’adaptent mais l’usage de la couleur est essentiellement commercial, tandis que les travaux personnels restent en noir et blanc. Il faut dire que la qualité des tirages en couleurs laisse encore à désirer avec un rendu médiocre et une moindre conservation dans le temps, limitant la possibilité de les faire rejoindre des musées ou des collections privées.

Au fil du temps, les problèmes de qualité s’amoindrissent, et la photo en couleur bascule progressivement au statut de pratique artistique à part entière. Les photographes peuvent ainsi explorer de nouveaux champs, plus personnels et dans une certaine mesure, s’affranchir des contraintes de la presse et des commandes. De nouvelles techniques font également leur apparition, parmi lesquelles le Polaroïd. Certains photographes expérimentent diverses techniques de tirage. Puis, depuis une vingtaine d’années, le numérique est venu bousculer encore une fois les pratiques…

L’exposition Le Triomphe de la Couleur nous propose donc un panorama complet de l’utilisation de la couleur en photographie, depuis les balbutiements jusqu’aux tirages numériques en grand format, pour une plongée en immersion dans l’histoire de la photographie.

Photographie sur plaque colorisée – Touring Club de France – XIXe siècle
Album photo constitué par un marin au fil de ses voyages, comportant de nombreuses photographies japonaises colorisée – vers 1880
Autochrome par Jacques-Henri Lartigue – vers 1910
Oiseau de Paradis – Autochrome par Fernand Baldet – 1916
Maison du chapitre et vitraux de la cathédrale de Bourges – autochromes de Lucien Roy – 1927
Noir & Blanc vs Couleurs / exposition personnelle vs publication dans Géo – François le Diascorn
Perspectives connues…- Le N&B artistique – Ouvrage Le Mont Saint Michel de Jean Mounicq publié en 2004
Papiers froissés – John Batho – tirages numériques – 1987/1990
Travail sur le tirage photographique – Denis Brihat
Autoportrait dans l’exposition – dans le Bouquet de Fleurs Sèches de Jean-François Bauret (vers 1990) avec le reflet des Papiers Froissés de John Batho

Exposition « Le Triomphe de la Couleur » – Centre d’Art de Crest – avril 2022

(*) L’exposition « Le Triomphe de la Couleur » est présentée au Centre d’Art de Crest jusqu’au 12 juin 2022. Un livret explicatif, sous forme de catalogue d’exposition, est disponible sur place pour prolonger les explications durant la visite.. et après !

[petits moments] s’initier au lightpainting

Lors de l’instameet organisé par Valence Romans Tourisme, nous avons eu le plaisir de nous initier au lightpainting dans les jardins du Musée de Valence. Cet atelier était encadré par Vincent Delesvaux, dont on peut également retrouver le travail de lightpainting sur Instagram.

Vincent avait installé son appareil photo en face de la fontaine du jardin. Le principe est finalement assez simple : dans un environnement sans lumière extérieure (ou avec peu de lumière extérieure), il s’agit de dessiner avec des lampes face à l’objectif qui va capter ces zones lumineuses dans une pause très longue (en l’occurrence, Vincent déclenche manuellement le début et la fin de la prise de vue). Après une rapide démonstration, c’est à nous de faire preuve de créativité !

Chacun à notre tour, nous dessinons avec la lumière, nous inspirant de la période de Noël. Regarder les images des autres prendre forme sur l’écran est vraiment chouette et a un petit côté magique ! L’expérience est toute différente quand il s’agit de soi-même créer une petite scénographie…

En effet, on avance alors un peu à l’aveugle, essayant de visualiser ce que l’on essaie de dessiner et où on a déjà tracé des lignes. Afin que nous puissions figurer sur la photo, Vincent vient nous éclairer une fois que nous avons fini de mettre en place notre décor lumineux. C’est intéressant de voir que les univers de chacun se devinent sur la mise en place d’une seule image.

Nous terminons l’atelier par la création d’une photo collective. Armés chacun d’une lampe, nous dessinons autour de nous, puis Vincent vient nous éclairer tour à tour. De notre côté de l’objectif, il est impossible de deviner ce que sera le résultat final, et cela rend l’expérience encore plus amusante et intéressante. Il s’agit en effet de faire confiance à chacun pour que tous se retrouvent sur la photo finale !

Enfin, Vincent a la gentillesse de faire de chacun d’entre nous un portrait… Avec son expérience du lightpainting, il a une maîtrise de la mise en lumière dans l’espace vraiment impressionnante !

Je repars de l’atelier réellement ravie de ce que j’ai pu découvrir grâce à Vincent qui a eu à cœur de partager avec nous cette technique photographique qui laisse une grande place à la créativité, et des bons moments passés avec les autres instagrameurs présents ce soir-là !

Quand je fais du lightpainting….
… vs quand Vincent Delesvaux fait du lightpainting !

Atelier lightpainting dans les jardins du Musée de Valence avec Vincent Delesvaux
4 décembre 2021

(*) Merci à Valence Romans Tourisme pour l’invitation (collaboration commerciale non rémunérée), au Musée de Valence pour le prêt de ce si joli lieu et à Vincent Delesvaux pour sa passion et son sens du partage !