C’est le hasard qui m’a conduite vers la confluence du Rhône et de l’Isère (ou tout du moins une course à faire pas très loin…). La journée était bien chaude et l’idée d’une balade au bord de l’eau était séduisante.
Après avoir laissé ma voiture sur un parking desservant la Via Rhôna, j’ai emprunté un bout de la Vélo Route Voie Verte de la Vallée de l’Isère pour rejoindre la Via Rhôna au niveau de la confluence.
J’ai longé des vergers de pêchers et abricotiers qui m’ont rappelé que je devais m’arrêter chez « mon » producteur de fruits sur le trajet de retour à la maison. Puis après être passée sous la voie ferrée, j’ai commencé à longer lônes et canaux de délestage du Rhône.
Assez vite, j’ai rejoint la rive gauche de l’Isère. De là, une passerelle permet à la Via Rhôna de franchir la rivière. Cette passerelle est située juste à côté du pont ferroviaire de la ligne TER Valence/Grenoble, et pas très loin de l’ancien pont routier, aujourd’hui abandonné. J’ai été surprise de constater à quel point ces différentes structures sont aujourd’hui proche du niveau des eaux de la rivière, dont le débit est largement régulé par la présence de nombreux barrages entre Grenoble et la confluence avec le Rhône.
Après avoir traversé la rivière, je suis allée jusqu’au point de confluence, là où l’Isère rencontre le Rhône. J’ai été frappée par la différence de couleurs entre les eaux des deux cours d’eau, et j’ai passé un moment à regarder les eaux de l’Isère se diluer dans le courant du Rhône.
Le vent soufflait un peu, apportant une fraicheur bienvenue. La montagne de Crussol donnait l’impression d’être une île au milieu d’une mer légèrement agitée.
Doucement, une péniche s’est approchée, descendant le cours du Rhône, chargée de grumes. Elle a manœuvré pour prendre le léger virage après que l’Isère ait rejoint le fleuve. Je me suis laissée captiver par ce spectacle, attendant que le navire s’éloigne avant de reprendre mon chemin…
Espace vert…Au bord de l’IsèreA la confluence… On devine le Rhône à sa couleur plus bleue que l’IsèreAu dessus de l’IsèreL’ancien pont routier, aujourd’hui abandonné (et totalement fermé). Construit en 1827, il a été fragilisé lors de la 2e guerre mondiale puis par la montée des eaux générée par la construction du barrage et a été remplacé par un nouveau pont sur la Nationale 7Transport de grumesLe paysage semble dominé par la montagne de Crussol
Cela faisait un moment que j’avais envie de visiter la Villa Cavrois, et j’ai profité de mon passage à Lille pour y aller (elle était même la raison première de la prolongation de mon déplacement professionnel sur le week-end !). Comme j’avais vu passer déjà des dizaines de photos de cette villa sur les réseaux sociaux, je craignais malgré tout d’être un peu déçue en me confrontant à la réalité des lieux. Je vous préviens tout de suite (#SpoilerAlert), cela n’a pas du tout été le cas !
Quand j’avais lancé l’idée de rester à titre personnel un jour de plus à Lille (un samedi qui suivait un déplacement professionnel sur le jeudi/vendredi) pour aller visiter la Villa Cavrois, j’ai immédiatement deux collègues qui ont trouvé que l’idée était bonne et ont souhaité se joindre à moi. C’est donc avec elles deux que je suis partie en métro de la gare de Lille Flandres pour rejoindre Croix et l’arrêt Villa Cavrois (difficile de se tromper d’arrêt !). Du métro, il faut marcher une petite dizaine de minutes pour rejoindre la villa, en traversant un quartier résidentiel aux belles demeures.
Comme nous discutions, le trajet nous a semblé très court et nous n’avons pas tardé à arriver en vue de la Villa Cavrois, dans une avenue bordée d’arbres. Dès le pavillon d’accueil, nous sommes plongées dans l’univers Art Déco des lieux.
Mais la première vraie surprise est à venir. En effet, alors que nous entrons dans le jardin pour nous diriger vers la villa, je suis frappée de la taille de celle-ci : elle est immense ! Un coup d’oeil au livret de visite nous apprendra qu’elle fait plus de 1800 m2 habitables, et qu’elle mesure plus de 60 m de long.
Elle a été conçue par l’architecte Mallet-Stevens comme un véritable château moderne pour Paul Cavrois, riche industriel du textile. Au départ, Paul Cavrois fait établir des plans par un architecte local dans le style néo-régionaliste qui est à la mode, pour sa future maison de Croix, dans la banlieue de Roubaix où se situent ses usines. Il ne retiendra finalement pas ce projet et donnera carte blanche à Robert Mallet-Stevens, architecte avant-gardiste, dont la seule contrainte sera le budget. Nous sommes en 1929 et la villa sera inaugurée 3 ans plus tard, lors du mariage d’une des filles de Paul Cavrois.
La villa est un véritable manifeste de la pensée architecturale de Mallet-Stevens. Il ne se contentera d’ailleurs pas d’en imaginer les volumes : il concevra également l’ensemble du décor et du mobilier. Il réalise ainsi une « œuvre totale », selon un concept qui s’est progressivement développé dans les milieux artistiques depuis la fin du XIXe siècle et où un art ne peut pas s’envisager sans ceux qui lui sont complémentaires, l’œuvre étant l’aboutissement de la réunion de ceux-ci en une unité cohérente (c’est par exemple ce concept qui conduire Gropius à fusionner les écoles des Beaux-Arts et des Arts Décoratifs donnant naissance au Bauhaus, ou qui guidera les réalisations de Le Corbusier).
Ainsi, Mallet-Stevens livre une maison moderniste, aux volumes dépouillés, aux nombreux toits-terrasses, et aux équipements à la pointe de la technologie de l’époque (téléphone, ascenseur, horloges électriques dans chaque pièce, chauffage central… ). Les espaces d’apparat sont luxueux, du choix des matériaux au raffinement de leur mise en œuvre sans ostentation. Les espaces de service sont rationnels, fonctionnels, et font la part belle aux équipements ménagers (placards intégrés, monte-plat desservant jusqu’aux toits-terrasses, triple robinetterie avec eau froide/eau chaude mais aussi eau adoucie pour le rinçage de la vaisselle en évitant les traces de calcaire…). De larges baies vitrées dans l’ensemble des espaces assure un éclairage naturel optimal tout au long de la journée.
Alors que nous passons d’une pièce à l’autre, l’agencement de celles-ci, leur mobilier fonctionnel, les vastes espaces de vie permettent de très facilement se projeter dans la vie de la maisonnée. C’est ce genre de lieu où, instinctivement, vous vous sentez bien et réussissez sans peine à imaginer comment vous y vivriez…
Pourtant, la Villa Cavrois revient de loin. Au décès de Mme Cavrois en 1985, la villa est vendue à un promoteur qui souhaite lotir les 5 hectares du parc (ce qu’il fera en partie). La villa est laissée à l’abandon et vandales et pilleurs s’en donnent à cœur joie. Son état se dégrade rapidement, et son classement au titre des Monuments Historiques en 1990 ne suffit pas à rectifier le tir. Finalement, la villa est rachetée par l’état en 2001 avec une partie du parc. S’en suivront 13 ans de recherches et de restauration pour finalement restituer la Villa Cavrois dans son état d’origine, ou presque : dans les années 1950, Paul Cavrois avait fait installer deux appartements pour ses fils dans une aile de la maison dans le style De Stjil néerlandais (le mouvement artistique auquel appartient Piet Mondrian).
Après avoir parcouru les intérieurs, nous nous dirigeons vers le parc. En chemin, nous faisons une halte au bord du bassin de nage (où, compte-tenu de la chaleur, nous ne serions pas contre un petit bain…). Puis, nous allons jusqu’au bout de la perspective dessinée par le grand bassin du jardin afin de contempler le reflet de la villa dans le miroir d’eau…
Aucun doute n’est plus possible : la Villa Cavrois est un château moderne !
En approchant, les proportions de la villa se révèlent impressionnantesLa triple robinetterie eau chaude / eau adoucie / eau froideLa salle à manger des enfantsLa salle à manger et le salon en enfiladeVolumes et formes douces dans le grand escalierDepuis la circulation en mezzanine, vue sur l’espace de réceptionLa chambre à coucher des parentsJ’ai eu un coup de cœur pour les contremarches de la salle de jeuxLe toit-terrasse pouvant servir de salle à manger d’été grâce au monte-plat qui le relie directement à l’officeLe bassin de nageFaçade sur jardin
Villa Cavrois – Croix – Nord – juin 2022
(*) La Villa Cavrois est gérée par le Centre des Monuments Historiques. Vous pouvez retrouver l’ensemble des informations pratiques concernant les visites sur le site internet de la villa.
Cette semaine, il est question d’actualité dans le projet 52.
J’aurais pu vous parler des derniers évènements de politique nationale ou internationale. J’aurais pu vous parler des sujets à la mode. J’aurais pu vous parler du Tour de France (qui est passé cette semaine en Auvergne-Rhône-Alpes). J’aurais pu vous parler des activités estivales dans ma région ou des cloches qui sonnent de nouveau dans mon village (après avoir été arrêtées le temps de travaux sur le clocher dont le remplacement des charpentes supportant les cloches).
Mais finalement, j’ai choisi de faire simple en faisant coller l’actualité au calendrier ! Jeudi, c’était le 14 juillet avec son lot de prises d’armes, défilés, bals et feux d’artifice….
Bleu/Blanc/Rouge – début du feu d’artifice de Romans/Bourg de Péage – 13/07/2022
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Pour découvrir les actualités chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
NB : cette semaine encore, le week-end s’annonce familial pour moi. Aussi, si votre commentaire ne s’affiche pas immédiatement, ne vous inquiétez pas : je viendrai bien valider ceux qui seront en modération au cours du week-end… dès que j’en aurai le temps !
Végétal, le thème de cette semaine pour le projet 52, nous invite à regarder du côté des plantes.
J’ai bien pensé vous montrer une photo de fleur (c’est encore un peu la saison des lavandes.. et déjà celle des tournesols par exemple). J’ai d’abord cherché du côté des parcs et des jardins. Mais je ne trouvais rien qui me convenait complètement.
J’ai aussi pensé à la cuisine végétale (même si je ne suis pas végétarienne, je prends souvent des repas sans viande). Mais je n’avais rien de vraiment photogénique à me mettre sous la dent.
J’ai alors repensé à une ancienne interprétation que j’avais faite de ce même thème : les motifs végétaux en architecture. Et c’est de là que m’est venue l’idée de vous remontrer une photo du joli Tropical Sky qui a envahi les rues de Romans pour l’été et dont les éléments sont en forme de feuilles.
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Pour voir ce que les autres participants ont trouvé de végétal, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
NB : ce week-end sera familial pour moi. Aussi, si votre commentaire ne s’affiche pas immédiatement, ne vous inquiétez pas : je viendrai bien valider ceux qui seront en modération, mais je ne peux pas vous garantir à quels moments du week-end j’en aurai le temsp !
J’ai eu l’occasion mi-juin d’aller à Lille pour des raisons professionnelles. Avec quelques collègues qui étaient aussi du déplacement, nous avons décidé de prolonger un peu à titre privé notre séjour lillois afin de découvrir un peu plus la ville. Cette visite, forcément superficielle, nous a toutefois permis de découvrir la ville à travers quelques activités et lieux, plus ou moins classiques. Voici donc ces idées qui nous ont permis de faire connaissance avec Lille.
Idée n°1 : Parcourir la ville à pied
Lorsque j’arrive dans une ville (connue ou inconnue), j’aime me déplacer le plus possible à pied. C’est, selon moi, la meilleure façon de découvrir une ville. Cela permet de passer dans des rues plus discrètes ou des passages inaccessibles aux véhicules, mais aussi de prendre un peu plus le temps pour admirer les lieux, se demander ce qui se trouve à tel ou tel endroit…
A Lille, je n’ai pas dérogé à cette habitude, parcourant plus de 20 km par jour !
Place de Paris… sur un trajet à pied pour me rendre à un lieu de rendez-vous depuis la gare
Idée n°2 : faire une urban quest
Mais qu’est-ce-donc qu’une urban quest ? me direz-vous…. C’est une chasse au trésor en version 2.0, un jeu de piste où le terrain de jeu est une partie remarquable de la ville.
Notre urban quest s’est tenue dans le Vieux Lille. Pendant 1h30, nous sommes allés de lieu en lieu, au fil d’énigmes nous invitant à regarder très attentivement notre environnement. Équipés d’un téléphone portable dédié, d’un plan, et de quelques accessoires (boussole, longue-vue, papier, crayon…), nous avons déambulé dans les rues, cherchant des éléments architecturaux originaux et des repères bien cachés, planchant sur des jeux de mots, estimant des positions.
J’ai vraiment beaucoup aimé le concept, très ludique, et je me suis rendue compte que nous avions ensuite une certaine facilité à nous repérer dans le quartier, ayant pris de nombreux points de repères grâce aux énigmes !
Départ du square jouxtant le musée de l’Hospice Comtesse / Trouver la plus petite maison de LilleAux abords de la Grand Place
Idée n°3 : se laisser émerveiller par la cathédrale Notre Dame de la Treille
De l’extérieur, la façade de la cathédrale de Notre Dame de la Treille interpelle. De l’intérieur, elle émerveille !
La construction de l’édifice débute au milieu du XIXe siècle, dans le style néo-gothique en vogue à l’époque. Le chantier sera chaotique, souvent ralenti pour des questions de financement, puis mis à l’arrêt avec la Première Guerre Mondiale avant de repartir lentement puis d’être de nouveau arrêté lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Ainsi en 1947, un mur provisoire en briques monté pour fermer la nef inachevée. Le chantier continue dans les parties hautes, qui sont cependant réduites par rapport au projet intiale. Mais l’ensemble dénote dans un quartier pittoresque, et quand la ville commence à rénover le Vieux Lille dans les années 1980, il devient nécessaire de trouver une solution pérenne.
La construction d’une grande rosace et de deux tours en façade est abandonnée. Il est même un temps envisagé de les remplacer par un immeuble de bureaux ! Finalement, le projet porté par Pierre-Louis Carlier et Peter Rice est retenu et mis en œuvre , pour une inauguration à la veille de l’an 2000.
De l’extérieur, c’est une façade de marbre blanc et de béton, avec un portail en bronze et verre. De l’intérieur, le marbre se révèle translucide, créant une vision magique.
L’intérieur de la cathédrale Notre Dame de la Treille
Idée n°4 : manger une glace sous les arbres
Après avoir beaucoup marché, et comme il faisait chaud, nous avons eu envie de déguster une glace. Une fois les glaces achetées, nous nous sommes installés à l’ombre sous les arbres du parc entourant la cathédrale Notre Dame de la Treille… et il semblerait que de nombreux lillois en faisaient autant !
Autour de Notre Dame de la Treille, se mettre à l’ombre des arbres
Idée n°5 : Flâner sur la Grand Place, en fin de journée
Si la Grand Place est superbe (bien que très fréquentée) en journée, à la nuit tombée, elle revêt un éclairage qui la sublime. Il serait dommage de ne pas en profiter.
A la tombée de la nuit sur la Grand Place
Idée n°6 : se promener à la Citadelle
La Citadelle de Lille a été imaginé par Vauban, pour s’inscrire dans la ligne de défense des frontières nord du pays.
Si la Citadelle de Lille est toujours un bâtiment militaire (il s’agit actuellement du quartier général du Corps de Réaction Rapide France, structure de commandement de l’OTAN), les fossés ont été transformés autour de la première enceinte en un agréable parc urbain.
Nous nous y sommes rendus en fin de journée, alors que le soleil déclinait. Il était impressionnant de constater la (relative) fraicheur sur la promenade autour de la Citadelle comparée à la chaleur du Vieux Lille voisin. Nous nous sommes promenés tranquillement, le long de la voie des Combattants, faisant le tour de l’enceinte. Sur environ 2 km, nous avons ainsi pris le temps d’observer faune et flore (ragondins, grenouilles, roseaux, oiseaux… ) tout en savourant des instants de calme (même si certains secteurs offrant de larges pelouses sont aussi des lieux de regroupement festifs à l’approche du week-end !).
Je retiens particulièrement le fait que la promenade, à deux pas de la ville, se fait au cœur de la verdure, et qu’en période estivale, les lieux gardent une certaine fraîcheur. Il est en outre possible de s’installer pour pique-niquer sans problème un peu partout.
Le canal de la Moyenne Deûle qui assure l’encerclement du site militaire par des cours d’eau, rendant son accès plus complexe pour un ennemiSoleil couchant sur la Porte Royale
Idée n°7 : manger dans une friterie
Difficile pour moi d’aller quelque part sans avoir envie de goûter quelques spécialités. Les jours où j’étais à Lille, il faisait très chaud, et je n’ai pas eu envie de courir après des pâtisseries. Par contre, nous avons diné de frites et de croquettes.
Nous avons choisi la Friterie Meunier, essentiellement parce qu’elle était situé face à la gare et que l’une de mes collègues reprenait le train dans la soirée.
Ce qui m’a frappée, c’est la générosité des portions ! J’ai pris une part de frites « moyenne » et j’étais bien contente de trouver quelqu’un avec qui la partager car la « petite » aurait largement suffi : la notion de taille des parts de frites n’est clairement pas la même dans le Nord que dans les grandes enseignes de fast-food…
Frites & croquettes
(*) Friterie Meunier, face à la gare de Lille Flandres (il y a une autre adresse sur la Grand Place)
Idée Bonus : visiter la Villa Cavrois
La Villa Cavrois n’est pas à Lille, mais à Croix, dans la métropole lilloise. Accessible en 30 min de tramway (et un peu de marche à pied) depuis la gare de Lille Flandres, elle mérite largement de s’y rendre exprès (et elle fera l’objet d’un futur article ! ).
Je ne connaissais Lille que pour y être rapidement passée deux fois auparavant. L’aperçu plus approfondi que j’en ai eu lors de ces deux jours m’a donné envie d’y retourner, car la liste de ce que j’aurais aimé voir dans la métropole lilloise est encore longue….
Chaque année, les vagues de floraisons se succèdent. Après les orchidées, le colza et les coquelicots, et en attendant les tournesols, c’est au tour des lavandes de venir apporter leur touche de couleur aux paysages.
Les rangées bien ordonnées se parent alors d’une jolie couleur entre le bleu et le violet. Quant on passe à proximité, c’est non seulement cet aspect visuel des champs que l’on remarque mais aussi la douce odeur qui s’en dégage.
Cette année, c’est en rentrant de Saint Paul Trois Châteaux début juin que j’ai remarqué les premières colorations, dans les champs de Drôme Provençale. La semaine suivante, je suis allée faire un tour à La Baume Cornillane, sur les petites routes où je sais qu’il y a des champs de lavande, et bingo, ils étaient en fleurs.
J’ai donc continué ma tournée, ponctuée de nombreux arrêts afin d’essayer de capturer l’éphémère beauté violette, au pied du Vercors. Je ne me lasse pas de ces points de vue et de ces lignes de fuite tracées par les rangées de fleurs.
Vert / jaune / bleu… les couleurs de la Drôme au début de l’étéChamp de lavandes avec vueDans les lavandes agitées par le vent.…
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Je suis retournée deux semaines plus tard aux mêmes endroits. La floraison était quasiment terminée dans certains champs et les épis n’allaient pas tarder à y être ramassés. La floraison des lavandes est véritablement un spectacle éphémère….
Fin de journée / fin de floraison
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La Baume Cornillane – Drôme – juin 2022
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(*) Il me semble important de rappeler que ces champs sont le résultat du travail d’agriculteurs, qu’ils font partie de leur activité professionnelle et qu’ils sont destinés à être récoltés afin d’en extraire des huiles essentielles en particulier. Il convient donc de respecter ce travail et de ne pas cueillir de brins de lavandes dans les champs, ni de « caresser » les brins, ni de pénétrer entre les rangées pour ne pas tasser la terre et venir perturber l’équilibre autour des pieds de lavandes. Il est tout à fait possible d’admirer les lavandes depuis le bord de la route !
Nous étions déjà allés deux ou trois fois au Jardin des Fontaines Pétrifiantes en famille. Cette fois, je n’étais accompagnée que de Melle 3e, et c’est la chaleur des jours précédents qui nous avait donné envie d’y retourner. L’endroit est en effet parcouru par de nombreuses sources et il y a de l’eau partout, ce qui apporte une fraîcheur appréciable par forte chaleur.
Nous avons choisi d’y aller un matin presque à l’ouverture afin d’éviter la foule. (Nous avions d’ailleurs également pris nos billets à l’avance par internet pour éviter d’avoir à attendre à la caisse.) Les parkings les plus proches étant petits, nous avons malgré tout eu un peu de mal à trouver une place (après, il faut aller se stationner plus loin, dans le village, ce qui peut aussi donner l’occasion d’une petite balade sur le chemin au bord de l’Isère). Dès l’arrivée sur le site, on est entourés d’eau : rivière en contrebas, ruisseau qui coule le long de la route, et des cascades de tuf un peu partout.
Après avoir passé le pavillon d’entrée, ce sont les grenouilles qui nous ont accueillies. A cette saison, elles chantent bruyamment et il est impossible de ne pas les entendre autour du premier bassin. Avec un peu de patience, et un bon oeil, nous avons même réussi à les apercevoir cachées dans la végétation.
A partir de là, nous avons (plus ou moins) suivi le circuit de visite. Nous traversons et retraversons des ruisseaux. Plantes et fleurs attirent le regard, ainsi que quelques installations plus originales, comme une baignoire végétalisée dans laquelle « nagent » des canards de bain en plastique.
Nous arrivons à ce qui est, pour moi, le clou de la visite : la grande cascade de tuf. Pourtant, elle est discrète et ses formes naturelles ne sont guère mises en valeur. Pour le visiteur qui n’y prête garde, elle ressemble finalement à un mur de mousse suintant d’eau… Un discret escalier sous les figuiers conduit à une petite anfractuosité dans laquelle l’eau s’écoule, apportant une fraîcheur remarquable.
Mais l’œil est plutôt attiré par la cascade canalisée derrière laquelle on peut passer et d’où on accède la grotte qui abrite le cristallisoir (où sont déposés de petits objets qui en quelques semaines ou mois se couvriront d’une fine pellicule de calcaire, donnant l’illusion qu’ils sont devenus de pierre). La chute d’eau a été travaillée et elle a ainsi permis de donner vie et forme à des bassins à ses pieds.
En continuant à longer la paroi de la falaise qui domine le site, nous nous sommes laissées aller à la contemplation du cheminement de l’eau dans deux structures. L’une faite de vases se déversant les uns dans les autres anime un carillon par un jeu de seau et de poulies tandis que l’autre, simple succession de tuiles, permet un moment un peu plus zen, au seul son de l’écoulement de l’eau.
Dans le bas du jardin, que nous avons ensuite gagné, ce sont surtout les fleurs de nénuphar et les plantes carnivores qui nous ont émerveillées. Nous avons d’ailleurs passé un bon moment à les admirer.
Puis, nous sommes remontées vers la sortie. En échangeant, nous nous sommes rendues compte que nous avions toutes les deux un avis assez mitigé sur cette visite. Nous avons trouvé que le jardin s’était artificialisé depuis notre précédente visite. Ainsi, les cheminements ont été refaits de façon récente et là où dans notre souvenir, ils étaient couleur terre, ils sont maintenant en stabilisé blanc. De même, je crois que nous avons été toutes les deux choquées de voir un jardinier passer la balayette sur des mousses afin d’en enlever les petits pétales qui auraient pu tomber de l’arbre voisin… A trop vouloir rendre le jardin parfait, nous avons eu l’impression qu’il perdait de sa magie !
Malgré tout, nous n’avons pas passé un mauvais moment et cela reste un site à voir au moins une fois…
Les iris sont vraiment parmi mes fleurs préféréesTable de jardinageEntre jardin et installation artistique conceptuelle…Baignoire végétalisée et canards de bainLa cascade canaliséeA l’ombre des figuiers…Regarder l’eau s’écouler..Regarder l’eau s’écouler (bis)..Tandis que l’eau réelle transforme peu à peu la végétation en pierre, un miroir joue à imiter les reflets d’une eau cristallineSarracenias (Plantes carnivores)Plante carnivoreFleur de nénuphar
Jardin des Fontaines Pétrifiantes – La Sône – Isère – mai 2022
(*) Les horaires et conditions de visite sont détaillés sur le site internet du jardin où il est également possible d’acheter ses billets en avance.
J’étais déjà allée sur le site médiéval du Couvent des Carmes à Beauvoir en Royans il y a quelques années. Je n’avais alors pas pu visiter le musée qui n’était pas ouvert. Depuis, j’avais complètement « oublié » d’y retourner. A l’occasion d’un jour férié de mai, alors que je cherchais une promenade en complément d’une visite au Jardin des Fontaines Pétrifiantes (je vous en reparle bientôt !), et que je regardais une carte, le nom de Beauvoir en Royans m’a sauté aux yeux. Notre sortie allierait donc culture et nature…
Le Couvent des Carmes
Le site du Couvent des Carmes est situé au pied du Vercors, dans la vallée de l’Isère qu’il surplombe. Avant le couvent, le lieu était celui du château des Dauphins, seigneurs du Dauphiné avant l’achat de celui-ci par le Royaume de France. Du château médiéval, il reste un pan de mur d’enceinte, une porte d’accès au fossé extérieur, un donjon à flanc de colline, et l’arche gothique qui portait le vitrail majestueux de la chapelle. C’est Humbert II qui, au XIVe siècle, créé le couvent au pied de son château de Beauvoir où il a pris résidence habituelle.
Le bâtiment du couvent est reconstruit au XVIIe siècle. Il abritait les salles communes et la chapelle au rez-de-chaussée et les cellules des moines au premier étage. L’escalier à 2 volées dessert via un palier la tribune de la chapelle. Il se distingue par sa superbe rambarde en fer forgé.
Aujourd’hui, le couvent héberge un musée d’histoire locale ainsi qu’une exposition semi-permanente (les oeuvres tournent au fil des années afin de garantir leur bonne conservation dans le temps) consacrée au peintre contemporain Bob ten Hoope. Cet artiste hollandais a en effet vécu une cinquantaine d’années au pied du Vercors et a légué une partie de ses œuvres au département de l’Isère. Parmi celles-ci, on retrouve des paysages du Vercors ou encore des portraits croqués sur le vif dans les cafés et restaurants des environs.
Durant la saison 2022, le musée accueille également une exposition temporaire Forest Art Project autour du thème de la forêt où art et science se mêlent pour montrer la beauté des grandes forêts de la planète et sensibiliser aux menaces qui pèsent sur leur avenir. J’ai particulièrement aimé l’œuvre de Claude Como installée sur le grand mur de la chapelle.
Après cela, nous continuons notre découverte en faisant le tour du bâtiment pour admirer l’ancienne cour du couvent et profiter du jardin médiéval dont les carrés sont plantés d’herbes médicinales et de plantes potagères.
Escalier en fer forgé et tomettes sur le sol – le charme d’un bâtiment du XVIIe siècleL’oeuvre de Claude Como installée dans la chapelle pour l’exposition Forest Art ProjectTraverser la forêt stylisée du Forest Art Project pour rejoindre l’exposition Bob ten HoopePaysage du Vercors par Bob ten HoopeBarbières par Bob ten HoopeExposition Bob ten HoopeExposition Forest Art Project – peindre le vivantExposition Forest Art Project – contraste entre la délicatesse du dessin et la toile de jute bruteIris dans le jardin médiévalLa chapelle du Couvent des Carmes vue de la courUn verger conservatoire a également été aménagé sur le site, au pied du Vercors
Les orchidées de la pelouse
Le site médiéval de l’ancien château est maintenant un espace de verdure public où il est possible de venir pique-niquer ou passer un moment en famille ou entre amis. Après avoir nous-même profité de l’endroit pour déjeuner, nous sommes allées voir les ruines de plus près. Mais finalement, ce qui m’a le plus attiré, ce sont des petites fleurs plus ou moins discrètes disséminées sur les vastes pelouse. L’endroit s’est avéré être plein d’orchidées sauvages !
C’est ainsi que je me suis retrouvée rapidement agenouillée dans l’herbe à photographier les orchis boucs, les ophrys abeille et les anacamptis pyramidaux qui peuplaient les lieux !
Enfin, nous avons terminé notre découverte de Beauvoir en Royans par un petit tour dans le vieux village. Nous y avons trouvé une église de poche et une place du village pleine de charme bordée de façades parées de vignes entourant un lavoir-fontaine rafraichissant (ce qui était bienvenu dans cette journée quasi-estivale).
Rappel : les orchidées sauvages sont fragiles, et nombre d’entre elles, protégées. Il ne faut en aucun cas les cueillir. Il convient également de faire attention à ne pas piétiner les jeunes pousses et donc d’être très prudent de là où on pose les pieds quand on se trouve dans un lieu où les orchidées poussent.
C’est un dimanche en fin de matinée, alors que le soleil brillait et que le ciel était d’un bleu immaculé, que l’idée a surgi : « et si nous allions pique-niquer ? ». Ce n’était pas ce qui était prévu au menu du déjeuner, mais un rapide calcul m’a permis de me rendre compte que l’on pouvait décaler et réorganiser les menus prévus pour les différents repas afin de ne rien perdre. Il ne restait donc plus qu’à trouver un lieu pour ce pique-nique improvisé : « Et pourquoi pas dans les jardins de Barbières ? ». Le temps de s’arrêter acheter de quoi confectionner un pique-nique sur le pouce, et nous étions en route pour Barbières !
L’idée n’était pas de faire une grande promenade mais bien de prendre un peu l’air et profiter du beau temps pour un déjeuner sur l’herbe, avant de rentrer à la maison où nous attendaient pas mal de choses à faire..
Malgré tout, il aurait été dommage de venir là et de ne pas faire une petite balade sur le sentier qui longe le canal dérivé de la Barberolle puis de descendre jusqu’à la rivière. Nous avons donc pris le temps d’une petite flânerie dans ce cadre si bucolique. Chaque fois que je prends ce chemin, que je longe ces jardins, je me sens si loin de l’impression de village-rue coincé entre les montagnes que l’on peut avoir en traversant Barbières pour rejoindre le col de Tourniol depuis la plaine de Valence.
C’est dans le jardin public de Barbières, situé en contrebas du lavoir et menant du sentier à la rivière, que nous nous arrêterons pour notre pause déjeuner, profitant d’une des tables de pique-nique mises à disposition, avant de prendre le chemin du retour.
Nous nous sommes fait la réflexion que c’est tellement agréable de pique-niquer aux beaux jours que nous devrions le faire plus souvent, même lorsque nous ne sommes pas en sortie à la journée !
Direction les jardins de Barbières, en longeant le canalle lavoir du villageAu pied de la montagneProfiter des rosiers en fleursCôté jardins…S’amuser à traverser la rivière de pierre en pierreAu niveau de la cluse
En avril, j’ai fait un saut à Montluçon et Mr 2e m’a accompagnée. Si le but premier n’était pas touristique, cela a cependant été pour nous l’occasion d’y passer (à peine) 24 heures et de profiter un peu de la ville et ses environs.
Je connaissais déjà un peu la ville de Montluçon où j’avais fait une étape il y a presque 2 ans en rentrant de Bretagne. J’avais alors profité d’une fin d’après-midi sur place pour visiter le MuPop, musée des musiques populaires. Cette fois, nous avons plutôt choisi de profiter du beau temps pour parcourir la vieille ville mais aussi les environs de Montluçon.
Samedi fin d’après-midi – La Cité Médiévale de Montluçon
Après avoir stationné la voiture sous les arbres de l’allée Marx Dormoy et posé nos valises à l’hôtel, nous sommes partis à l’assaut de la Cité Médiévale à pied (histoire de nous dégourdir les jambes après 4 heures de route).
Dominée par le château des Ducs de Bourbon, la vieille ville se déploie autour de deux églises : Notre Dame en haut de la colline, juste sous le château et Saint Pierre au pied de la colline. Nous commençons par monter jusqu’à l’esplanade du château pour profiter de la vue à quasiment 360° sur les environs. Nous nous servons des tables d’orientation présentes sur le site (il y a d’ailleurs deux versions tout autour de l’esplanade : une des années 1930 et une des années 1950).
Nous déambulons au fil des rues médiévales, allant de place en place, admirant les façades à pans de bois. Nous ne suivons pas particulièrement d’itinéraire : la Cité Médiévale n’est pas très étendue et il est aisé de s’y repérer pour visualiser les rues que nous n’avons pas encore explorées.
Nous gagnons alors les jardins Wilson, le jardin public du centre ville, construit sur l’emplacement des anciens remparts. Le soleil qui commence à baisser fait scintiller le jet d’eau du grand bassin central et dore les herbes des parterres. Il fait doux et nous prenons notre temps.
Après notre balade, nous choisissons de diner dans un restaurant de la basse ville. Puis nous regagnons notre hôtel en passant devant les jets d’eau de l’avenue Marx Dormoy avec lesquels le soleil déclinant s’amuse.
Sur l’esplanade du château des Ducs de BourbonL’église Notre DameLe passage du DoyennéDe l’église Notre Dame à l’église Saint PierreFaçade à pans de bois et linteau sculptéDans les Jardins Wilson, profiter de la fin de journéeVue sur le Beffroi du Château des Ducs de BourbonCertaines rues de la Cité Médiévale sont très calmesJets d’eau dans la lumière du soir
Montluçon – Allier – avril 2022
Dimanche matin – Néris-les-Bains et la voie verte vers Montluçon
Après une bonne nuit de sommeil, nous avons décidé de mettre le cap sur Néris-les-Bains. J’en avais entendu parler car ma mère y avait fait plusieurs séjours thermaux, et nous avait dit que c’était une jolie petite ville. Néris se situant à moins de 10 km de Montluçon, nous en avons profité pour y faire un tour.
Nous avons laissé la voiture à proximité du casino, et sommes partis à pied découvrir la ville. Le grand parc du casino nous a conduits jusqu’aux thermes (qui étaient fermés ce jour-là). De là, nous avons arpenté les rues bordées d’anciens hôtels et de jolies maisons datant de l’âge d’or de la station thermale, au XIXe siècle. Le centre-ville Belle Epoque n’est pas très étendu et nous en avons finalement assez rapidement fait le tour.
Un air de décor de film de Wes Anderson pour l’ancien Grand Hôtel..Le bâtiment des thermes des années 1930 a été reconverti en spaÉlégante façade d’hôtel au charme désuetLe casino a été construit à la Belle Epoque, au moment où « prendre les eaux » était à la mode
Mais, en arrivant de Montluçon, nous avions vu un ancien viaduc ferroviaire sur lequel nous avions aperçu des personnes. Nous avons donc cherché à retrouver cette ancienne voie ferrée pour aller nous y promener. Nous sommes donc partis à travers un parc dans la direction de Montluçon, et nous n’avons pas tardé à apercevoir au-dessus de nous un (autre) viaduc. Après l’avoir gagné, nous l’avons traversé et sommes partis sur ce qui est maintenant une voie verte reliant Montluçon à Néris.
Arrivés sur le viaduc de Sainte Agathe que nous avions aperçu depuis la route, nous ne sommes pas déçus par notre choix de promenade. La campagne étale ses couleurs printanières en d’élégants vallonnements. Nous continuons quelques kilomètres avant de faire demi-tour, un peu avant d’arriver aux faubourgs de Montluçon.
Quelques magnolias sont encore en fleursL’ancienne voie ferrée entre Néris et Montluçon est devenue une voie verteDepuis le viaduc de Sainte Agathe, admirer la campagne de la CombrailleArbre solitaire
Néris-les-Bains – Allier – avril 2022
Dimanche après-midi – le parc du château de La Louvière
Le dimanche en début d’après-midi, avant de reprendre la route pour rentrer dans la Drôme, j’ai souhaité faire un arrêt au château de la Louvière, à Montluçon (que j’avais déjà repéré lors de mon précédent passage dans la ville sans prendre le temps de m’y arrêter). Situé un peu à l’extérieur de la ville, le château a été construit pour un industriel local dans les années 1920. C’est le Petit Trianon de Versailles qui a servi d’inspiration. Le parc arboré abrite de nombreuses essences.
Malheureusement, lors de notre passage, des travaux de restauration étaient en cours et des échafaudages entouraient l’ensemble du château. Le peu qu’on en apercevait avait cependant l’air charmant (et un coup d’œil à travers la vitre de la porte d’entrée m’a réellement donné envie de venir découvrir l’intégralité du lieu… ). Le petit bâtiment de l’orangerie est lui aussi très élégant…
La charmante orangerie du château de La Louvière
Parc de La Louvière – Montluçon – Allier -avril 2022
Après ces (presque) 24 heures à Montluçon et ses environs, il était temps de rentrer à la maison. J’ai bien repéré encore quelques lieux à découvrir dans le secteur, par exemple le village de Hérisson, la forêt de Tronçais ou encore les gorges du Cher… Ce sera une bonne raison pour revenir !