[Normandie] une visite nocturne au Mont Saint Michel

Si le Mont Saint Michel est administrativement en Normandie, il reste un marqueur fort des paysages de mon enfance et adolescence en Bretagne. Dès que je l’aperçois à l’horizon, je sais que j’arrive à la maison : peu importe par quelle route, il est visible entre 10 et 20 kilomètres avant le village de mes parents. Je ne saurai par ailleurs dire combien de journées nous y avons passé, soit sur le rocher, soit dans la Baie. Bref, le Mont Saint Michel, c’est un incontournable de mes séjours bretons. L’été, alors qu’en journée, le Mont est assailli de visiteurs, j’aime particulièrement y aller le soir et profiter du parcours nocturne dans l’abbaye. J’ai d’ailleurs dû voir quasiment toutes les différentes propositions depuis la toute première au début des années 1990. Cette année, même si nous sommes restées peu de temps en Bretagne avec Melle 3e, nous avons profité d’y être 48 heures en même temps qu’une de mes nièces américaines pour y aller.

dans le cloître de l'abbaye du Mont Saint Michel, éclairé par la boule à facettes d'une installation artistique
dans le cloître de l’abbaye du Mont Saint Michel

Rêve de Lune, une balade nocturne poétique dans l’abbaye

Cette année, c’est une nouvelle proposition qui est faite au cœur de l’abbaye pour l’été. Intitulée Rêve de Lune, elle emmène le visiteur de salle en salle à travers des installations artistiques ayant comme fil conducteur la Lune. Cela faisait bien longtemps que le parcours nocturne ne m’avait pas autant enthousiasmée. C’était à la fois poétique et onirique. Certaines salles étaient même réellement magiques. Je ne vais pas vous détailler l’ensemble du parcours, mais vous montrer plutôt mes coups de cœur.

  • Dans la salle des gros piliers, l’attraction lunaire fait jouer les marées :
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel dans la salle des gros piliers

  • Dans la chapelle voisine, la lune joue avec les nuages sur la voûte. Parfois un dauphin ou une tortue volante apparaissent sans que j’en ai bien compris l’intérêt.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel
Nuit de pleine lune

  • Dans les escaliers, les rayons de la Lune jouent avec la perspective
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel avec des rayons de lumière dans un escalier
J’ai beaucoup aimé la perspective ainsi générée

  • Dans les petites salles, un jardin de Lune a été installé, en partie sur le haut des chapiteaux des piliers, en partie au sol contre le rocher qui saille à cet endroit.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel : des plantes sur les chapiteaux des piliers
Jardin éphémère.. ou la végétalisation d’un monde minéral

  • Dans le scriptorium, ce sont les enluminures qui prennent possession des lieux, déployant d’hypnotiques arabesques autour des visiteurs, tandis que des poèmes (en français et en anglais) sur la Lune sont déclamés dans les grandes cheminées.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel dans le scriptorium
arabesques enluminées et cercles concentriques

  • Dans la salles de hôtes, un ciel étoilé a remplacé la voûte et fait penser à la salle des banquets de Hogwarts. Une baignoire astucieusement placée permet à la lune de se mirer et donne son nom à l’installation : Bain de Lune.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel : ciel étoilé dans la salle des hôtes
Le ciel étoilé de la salle des hôtes était absolument magique : c’est un grand coup de cœur !
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel, l'installation Bain de Lune
Quand la Lune se baigne…

  • Dans l’abbatiale, la Lune se montre en version XXL et occupe tout le chœur. C’est sans doute l’installation la plus impressionnante.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel, une Lune géante est installée dans le chœur de l'église
La Lune au centre du chœur de l’abbatiale

  • Dans le cloître, une boule à facettes projette des éclats de lumière sur les bâtiments et trace des rayons dans l’herbe. Cette installation est mon plus gros coup de cœur. C’est magique. C’est doux et poétique. C’est hypnotique. C’est là que j’ai passé le plus de temps de tout le parcours.
parcours nocturne de l'abbaye du Mont Saint Michel, éclats de lumière dans le cloître
Eclats de lumière dans le cloître

Zeus, souvenir des JO de Paris 2024

Le parcours nocturne Rêve de Lune s’achève sur la terrasse de l’abbaye du Mont Saint Michel, l’endroit idéal pour regarder le ciel et la Lune en direct. Mais, il y aussi un invité surprise sur cette terrasse. Zeus, le cheval métallique de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, est en effet installé tout l’été sur la terrasse de l’abbaye du Mont Saint Michel. Il y est visible jour et nuit, lors des visites diurnes ou nocturnes. Je l’avais loupé lors de son passage à Lyon, alors j’en ai profité ici. Conçu par l’atelier nantais Blam, il galope une minute toutes les 5 minutes. S’il m’avait plu à la télévision, il m’a fascinée en vrai. Son mouvement reprend parfaitement le rythme du galop d’un cheval, sans à-coups, et même sa queue est articulée.

le cheval métallique de la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques de Paris 2024


Le Mont Saint Michel – Manche – août 2025

Informations pratiques :

  • Le parcours nocturne Rêve de Lune est visible chaque soir jusqu’au 31 août 2025. Les horaires et conditions d’accès sont disponibles sur le site internet des nocturnes. Il est conseillé de réserver par internet en amont pour s’assurer la disponibilité des places et bénéficier d’un tarif préférentiel. Pour ma part, même si l’entrée est possible à partir de 19.30, je vous conseille d’y venir de façon à être dans le cloître quand il fait nuit (comptez environ 30 minutes après votre entrée). L’ensemble du parcours prend entre 1h et 1h30 selon le temps que vous passez dans les salles.
  • Zeus est visible à l’abbaye du Mont Saint Michel jusqu’au 7 septembre 2025, sur la terrasse de l’ouest. Il faut disposer d’un billet de visite de l’abbaye pour le voir. On peut l’admirer en même temps qu’on fait le parcours Rêve de Lune comme je l’ai fait ou en visitant l’abbaye en journée. Compte tenu du nombre de visiteurs au Mont Saint Michel à cette période de l’année, il est plus que conseillé d’acheter ses billets à l’avance sur internet.

Pour aller plus loin :

[projet 52-2025] semaine 29 – en France

En France pour le thème de la semaine du projet 52. Vous certainement déjà noté, une majeure partie de mes photos est prise en France. Nous avons en effet la chance d’avoir un pays magnifique avec des paysages splendides, des villes et villages pleins de charme, des musées intéressants… J’avais donc pléthore de possibilités, que ce soit dans mes archives lointaines ou mes photos plus récentes. Mais, j’avais envie d’une photo qui symbolise la France un peu plus. C’est au point que j’ai failli aller chercher une photo de la Tour Eiffel. Et si j’ai d’emblée exclus le combo béret et marinière, j’ai hésité à photographier une baguette. Cependant, il y a eu le 14 juillet en début de semaine. Il me restait donc à choisir entre le bal des pompiers, le feu d’artifice ou le pavoisement en bleu blanc rouge. C’est cette dernière option que j’ai choisie quand j’ai aperçu l’éclairage de la mairie de Chabeuil où j’étais allée voir le feu d’artifice.

une mairie éclairée en bleu blanc rouge pour le 14 juillet
Chabeuil – Drôme
14 juillet 2025


Pour découvrir ce que les autres participants ont vu en France, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : le blog part en pause estivale à compter d’aujourd’hui. Les articles du projet 52 sont (quasiment) programmés pour les semaines à venir. La validation des commentaires en attente de modération se fera au fil de mes disponibilités, et au plus tard à la reprise de l’activité normale sur le blog dans le courant de la 2e quinzaine d’août.

JE VOUS SOUHAITE A TOUS UN BEL ETE !

[Drôme] des idées pour un été culturel

Si la culture bouge tout au long de l’année dans la Drôme, l’été arrive chaque fois avec son lot de belles expositions, mais aussi de concerts et de spectacle, en particulier en plein air. Cet été 2025 ne déroge pas, et les propositions que j’ai déjà pu tester ont une nouvelle fois prouvé que notre beau département sait accueillir des manifestations de qualité. Bien sûr, je n’ai pas encore coché toutes les cases de ma liste de découvertes pour la saison. Mais voici déjà un petit aperçu de ce que j’ai vu, en espérant vous inspirer si vous habitez ou passez dans la région au cours de l’été.

une sculpture de la série des Voyageurs de Bruno Catalano
A Valence, Hubert III, un des Voyageurs de Bruno Catalano a posé sa valise (ou presque) à côté de la mairie depuis le mois de mai.

Deux expositions exceptionnelles au musée de Valence

Cet été, le musée de Valence nous gâte particulièrement avec des expositions et accrochages exceptionnels. Je vous ai déjà parlé de l’exposition des planches du livre Jazz d’Henri Matisse qui ont pris place dans la salle des arts graphiques. Deux autres expositions viennent actuellement agrémenter la visite du musée (qui, je le rappelle, vaut déjà la découverte même sans exposition spéciale).

devant l'affiche de la saison du musée de Valence, une sculpture de Jaume Plensa au milieu des arbres
Le Messager de Jaume Plensa accueille le visiteur devant le musée de Valence

Toros intime

Sur le plateau d’art contemporain, ce sont les œuvres du sculpteur Toros qui ont pris place. Ce sculpteur, d’origine arménienne est né à Alep en 1934. Il viendra s’installer dans la Drôme en 1967. Il finira par installer son atelier à Romans sur Isère, où il est décédé en 2020. Ses sculptures ont en commun des lignes fines et épurées, évoquant souvent le mouvement. Toros a réalisé de nombreuses sculptures pour l’espace public. On en retrouve ainsi à Valence, Romans, ou encore au bois des Naix à Bourg de Péage, mais aussi un peu partout en France ou à l’étranger (essentiellement en Syrie et en Arménie). Il a aussi imaginé de nombreux monuments au message plus politique, qu’il s’agisse de la mémoire des victimes du génocide arménien (par exemple à Valence), d’un hommage au groupe de résistants de Missak Manouchian (à Valence également) ou aux victimes des attentats de Romans sur Isère. Mais l’angle choisi cette fois par le musée nous invite à découvrir une facette plus intime de Toros, avec des œuvres de plus petite taille. J’ai aimé découvrir cet aspect de l’œuvre de Toros, empreint de douceur, et d’espoir.

reflet d'une sculpture de Toros dans les fenêtres du musée de Valence
Superposition de reflets – sculpture de Toros et fenêtres du musée

Giacometti et les prêts exceptionnels du Musée d’Orsay

Le musée de Valence a la chance d’accueillir des prêts exceptionnels du musée d’Orsay. Ceux-ci sont habituellement présentés au musée Granet d’Aix en Provence où ils ont dû laisser temporairement la place à une grande exposition consacrée à Cézanne. Ce sont ainsi 22 œuvres d’artistes majeurs que l’on peut découvrir à Valence tout l’été. Parmi les artistes, citons Picasso, Nicolas de Staël, Chardin, Fernand Léger ou encore Bram van Velde. Mais le plus impressionnant, ce sont les œuvres de Giacometti, tableaux et sculptures formant un ensemble homogène des années 1940 à 1960. Le musée leur consacre d’ailleurs une salle monographique.

une fenêtre éclaire une pièce aux murs noirs avec un tableau de Bram van Velde

Bram van Velde

Je dois avouer que si j’avais déjà quelques fois eu l’occasion de voir des sculptures de Giacometti, jamais je n’avais été touchée par celles-ci. La dernière fois, c’était lors de ma visite du Musée Bourdelle à Paris où une sculpture de Giacometti était mise en parallèle de celles de Bourdelle qui a été son maître ou encore de Germaine Richier, également élève de Bourdelle. J’avais trouvé intéressant de visualiser la filiation et les points communs mais sans ressentir d’émotion particulière devant l’œuvre de Giacometti. Or, au musée de Valence, entourée des tableaux et des sculptures de l’artiste suisse, je crois que j’ai enfin saisi une partie de l’âme de ceux-ci.

sculpture et tableau par Giacometti
Là, à quelques centimètres de cette sculpture de Giacometti, entourée de ses œuvres, j’ai ressenti une émotion forte, intense, comme si j’avais établi une connexion avec l’âme de l’artiste

Au fil des salles du musée

Les œuvres prêtées par le musée d’Orsay sont réparties dans différentes salles du musée. C’est donc aussi l’occasion de revoir certains tableaux mais également d’en découvrir d’autres, soit parce qu’ils sont nouvellement accrochés, soit parce qu’ils n’avaient jusqu’alors pas attiré mon regard. Et si vous visitez le musée pour la première fois, ne manquez surtout pas le panorama depuis la terrasse et celui depuis le belvédère.

2 tableaux représentant l'un un paysage urbain, l'autre la campagne
Je n’avais encore jamais fait attention au tableau de Dufy sur la gauche… ou peut-être n’était-il pas accroché ?
un tableau se reflète dans un miroir situé sur un mur où un autre tableau est accroché
jeu de reflets dans le petit cabinet rouge, aka ma nouvelle salle favorite du musée de Valence !

Genesis, la magie des photos de Sebastião Salgado à Montélimar

Après les photographies de William Klein l’année dernière, le musée d’art contemporain de Montélimar accueille un autre photographe d’exception. C’est l’exposition Genesis du photographe franco brésilien Sebastião Salgado qui est en effet accrochée sur les murs de l’ancienne caserne Saint Martin. Ce photographe de renommée internationale est connu pour son travail de photojournaliste. Economiste, il a appris la photo en autodidacte au début des années 1970 et en a ensuite fait son métier. Il a parcouru le globe dans un souci de témoignage constant. Genesis est présentée pour la première fois en 2013, en même temps que sort le livre éponyme. Depuis, l’exposition circule de musée en galerie.

entrée de l'exposition Genesis de Sebastião Salgado à Montélimar
L’entrée de l’exposition Genesis
(on retrouve le même graphisme que pour Play play play de William Klein l’été dernier)

Genesis est le résultat de voyages photographiques ayant eu lieu entre 2004 et 2012. Cette exposition (une des expos photos les plus vues dans le monde) est un hommage à la beauté et à la fragilité du monde. C’est Lelia Wanick Salgado, l’épouse du photographe, qui se charge de la curation et de la scénographie. Rien n’est laissé au hasard pour mettre en valeur les images de Sebastião. Celles-ci, toujours en noir et blanc, toujours avec un grain rappelant celui des pellicules photo, présente des compositions percutantes. Le but est clairement de susciter des émotions, sans nécessairement s’accompagner de longues explications. La nature est belle et il faut donc la protéger.

Le caractère très épuré de la scénographie rend encore plus percutante les images.
(Et j’aime toujours autant les possibilités infinies de jeux de perspective au musée d’art contemporain de Montélimar)

2 photos à 20 ans d'intervalle du domaine de l'instituto terra au Brésil pour montrer le résultat de la replantation
20 ans séparent ces deux images d’un même lieu. Sur la ferme familiale des Salgado au Brésil, Lelia et Sebastião ont fondé l’Instituto Terra, une ONG qui replante des arbres d’espèces endémiques sur des terres rendues arides par une sur-exploitation.
panneau de l'exposition issu de la biographie du photograpge
J’avais découvert les photos de Sebastião Salgado en 2019 au Centre du Patrimoine Arménien de Valence qui avait exposé Autres Amériques.

L’Arménie du sacré, une exposition pour les 20 ans du Centre du Patrimoine Arménien

Sur les traces des arméniens de Valence

Cette année, le Centre du Patrimoine Arménien de Valence fête ses 20 ans. Depuis 2005, cet équipement culturel public (il dépend directement de Valence Romans Agglo) propose une programmation sur des thématiques à fort enjeu géopolitique pour aider à appréhender le monde contemporain. Migrations, conflits contemporains et vivre ensemble sont au cœur des sujets abordés au centre du patrimoine arménien. Le point de départ de l’exposition temporaire est l’exil du peuple arménien suite au génocide de 1915 et l’arrivée dans la vallée du Rhône. C’est l’occasion de comprendre ce qui différencie un génocide d’un massacre ou encore ce qu’est un apatride. Le visiteur découvre ensuite les raisons de l’installation massive d’arméniens à Valence et dans ses environs, les préjugés auxquels ils ont été confrontés et comment ils se sont intégrés tout en perpétuant leurs traditions, leur langue et leur religion.

une œuvre en hommage à celles et ceux qui ont du tout abandonner pour migrer ouvre l’exposition permanente – le parti pris est de regarder l’exil des arméniens dans les années 1920 à travers le prisme valentinois

L’Arménie du sacré à l’épreuve du temps

L’exposition temporaire anniversaire du Centre du Patrimoine Arménien a été conçue en collaboration avec la fondation Boghossian de Bruxelles et le Musée Arménien de France. Différents artistes contemporains, photographes et plasticiens, proposent leur vision du sacré dans l’Arménie d’aujourd’hui (ou plutôt leur regard actuel dans ce qui composait autrefois l’Arménie avant l’annexion par l’Empire Ottoman).

Visuel de l'exposition l'Arménie du Sacré à l'épreuve du temps

Lydia Kasparian pose un regard photographique autour du Mont Ararat. Petite-fille d’un exilé arménien formé à la photographie qui fondé le studio Boissière, fille de Roger Kasparian photographe des stars des sixties, Lydia découvre le pays de ses racines en 2020 seulement. Elle en ramène un reportage photographique à la fois contemplatif et mystique.

Photographies de Lydia Kasparian prises en Arménie
Photographies de Lydia Kasparian

Pascal Convert est un plasticien qui travaille sur les sites archéologiques détruits. Après les Bouddhas géants de Bamiyan, il s’intéresse en 2018 aux katchkars du cimetière de Djoulfa, à la frontière de l’Azerbaïdjan et de l’Iran, détruits au cours des 30 dernières années pour des raisons idéologiques. Ces stèles funéraires massives sculptées d’entrelacs ont été datées du XIIe au XVIIIe siècle. Le cimetière en comptait environ 10 000 au début du XXe siècle et encore 3000 juste avant sa destruction systématique.

photographies de katchkars par Pascal Convert
Photographies de Pascal Convert

Antoine Agoudjian est un photo reporter qui nous entraine sur les traces de la mémoire des Arméniens. Du Mont Ararat au Haut Karabagh, ses images, tantôt en couleur, tantôt en noir et blanc, renvoient un message de résistance et de transmission de cette mémoire partagée. En écho, des objets prêtés par le Musée Arménien de France rappellent l’héritage culturel millénaire de l’Arménie.

photographies d'Antoine Agoudjian prises au Haut Karabagh
Photographies d’Antoine Agoudjian au Haut Karabagh
Livre ancien en arménien
Livre ancien en arménien

Des ateliers pour découvrir autrement

Tout au long de l’année, le Centre du Patrimoine Arménien propose des ateliers accessibles aux enfants et aux adultes. Entre ateliers créatifs, visites contées ou même visite apéro, il y a de quoi plaire à tout le monde. J’ai eu la chance d’être invitée pour découvrir un aperçu de ces différents ateliers et ils m’ont beaucoup plu. Mon coup de cœur va à l’atelier cyanotype qui permet facilement de repartir avec un tirage unique. J’ai aussi beaucoup apprécier la visite apéro qui se termine dans le patio pour un temps d’échange plus informel avec les équipes du centre.

patio du centre du patrimoine arménien avec une fresque de C215

Dans le patio / exemples d’ateliers créatifs

Le Barbier de Séville, en plein air à Grignan

Cela fait quelques années maintenant que je ne manque pas d’assister à l’une des représentations théâtrales de l’été dans la cour du château de Grignan. Chaque année, une nouvelle pièce est montée dans le cadre des Fêtes Nocturnes, portées par le département. Chaque année, c’est une production de qualité à partir d’un grand texte classique. Cet été, c’est Le Barbier de Séville qui a été choisi. Cela avait de quoi me plaire d’entrée de jeu car j’aime beaucoup cette pièce de Beaumarchais. Entre comédie pure et critique sociale, elle multiplie les punchlines et avait fait l’objet de plusieurs entrées dans mon carnet de citations au lycée.

la cour du château de Grignan avec la scène pour une représentation du Barbier de Séville
Dans la cour du château avant le « lever de rideau »

C’est Jean-Philippe Daguerre qui signe la mise en scène. Dans la cour, une scène en forme d’arène donne une tonalité hispanisante. Mais le metteur en scène tire aussi parti du château, utilisant les fenêtres du premier étage pour figurer celles de la maison de Bartholo et des jalousies à travers lesquelles Rosine fait la connaissance d’Almaviva. La mise est en scène est vive, festive, joyeuse,… En un mot : jubilatoire. Les acteurs sont supportés par un musicien et une chanteuse qui reprennent les airs connus de l’opéra Le Barbier de Séville de Rossini durant les intermèdes. Le spectacle dure 1h45 mais on ne les voit pas passer, emportés par le tourbillon qui se joue sur scène.

scène du Barbier de Séville à la nuit tombée dans la cour du château de Grignan
Fin du spectacle
salut final de la troupe après la représentation du Barbier de Séville dans la cour du château de Grignan
Le salut final, de gauche à droite : Petr Ruzicka (violon / alto), Hervé Haine (L’Eveillé), François Raffenaud (Bartholo), Jean-Baptiste Artigas (le Comte Almaviva), Marion Bosgiraud (Rosine), Pascal Vannson (Figaro), Tullio Cipriano (Don Basile), Jean-François Toulouse (La Jeunesse / le notaire), Sabine Revault d’Allonnes (chant / violon)

Informations pratiques et autres suggestions

Pour ceux qui veulent découvrir ces propositions en vrai

  • Musée de Valence : place des Ormeaux, 26000 Valence.
    L’accrochage de Jazz d’Henri Matisse est visible jusqu’au 5 octobre 2025.
    Jusqu’au 30 novembre 2025, le Musée de Valence accueille des prêts exceptionnels du Musée d’Orsay, comprenant entre autre des oeuvres de Giacometti, Fernand Léger, Picasso, Chardin, Paul Klee, Tal Coat ou Nicolas de Stael.
    Enfin, l’exposition Toros intime prend place sur le plateau d’art contemporain jusqu’au 31 août 2025.
    Pour connaitre les horaires d’ouverture du musée et les conditions de visite, il faut se rendre sur leur site internet.
  • Musée d’art contemporain de Montélimar : place de Provence, 26200 Montélimar.
    L’exposition Genesis de Sebastião Salgado est présentée jusqu’au 24 août 2025.
    L’entrée est gratuite pour tous. Les horaires d’ouverture sont disponibles sur le site internet de la ville de Montélimar.
  • Centre du Patrimoine Arménien : rue Louis Gallet, 26000 Valence.
    L’exposition temporaire L’Arménie du sacré à l’épreuve du temps est visible jusqu’au 1er février 2026.
    Le parcours permanent est accessible à partir de 7/8 ans à l’aide des outils de médiation dédiés aux enfants. Si la thématique peut sembler « dure », elle est abordée avec finesse et discernement pour ne pas heurter les plus jeunes publics.
    Le programme des ateliers, mais aussi des spectacles et des conférences, ainsi que les conditions de visite sont disponibles sur le site internet du Centre du Patrimoine Arménien.
  • Fêtes nocturnes de Grignan : dans la cour du château, 26230 Grignan.
    Le Barbier de Séville est joué tout l’été, jusqu’au 23 août. La représentation commence à 21.00. Il est possible de profiter du coucher de soleil sur les terrasses du château avant. La réservation est indispensable.
    Il est possible de profiter d’une restauration légère au café Louis-Provence dans le bosquet avant le spectacle et d’y prendre un rafraichissement ou une boisson chaude après.
    Si vous souhaitez diner au restaurant avant le spectacle, je vous conseille de réserver. Nous ne l’avions pas fait et nous avons eu beaucoup de chance de trouver encore une table (pour 2) en faisant le tour des restaurants à 18.30. Il est aussi possible si on vient avec son pique-nique de s’installer dans l’herbe aux abords du village.

selfie dans un miroir où se reflète un tableau
Selfie-musée

Pour ceux qui aimeraient avoir des idées supplémentaires

J’ai bien entendu repéré d’autres propositions pour la suite de l’été, et même le début de l’automne, dans la région. J’ai en particulier noté :

Deux photos de l'expo Salgado sur les montants d'une sortie piétonne de parking pleine rue
Devant le musée d’art contemporain de Montélimar, une annonce pour l’exposition


Drôme – été 2025


A noter : La visite du Centre du Patrimoine Arménien, avec l’aperçu des ateliers qui y ont lieu, a été faite dans le cadre d’un instameet à l’invitation de Valence Romans Tourisme et du Centre du Patrimoine Arménien (collaboration commerciale non rémunérée). Si vous me suivez depuis un moment, vous aurez peut être noté que je vais régulièrement au CPA pour y découvrir les expositions temporaires, toujours qualitatives. Je n’ai pas attendu d’être invitée pour y aller et y retourner. Pour preuve, parmi les dernières expositions du CPA chroniquées par ici, il y en a une par an depuis la migration du blog ici :

[Ardèche] le château de Tournon, entre musée et panoramas

J’étais allé au château musée de Tournon sur Rhône il y a très longtemps, plus d’une dizaine d’années. J’y suis retournée un après-midi du mois de mai. Il domine la ville de Tournon mais surtout, il surplombe le Rhône en faisant face à la ville de Tain et la colline de l’Hermitage. Venez, je vous emmène découvrir ce qui se cache derrière la lourde porte…

une porte massive en bois clouté ouverte sur un escalier qui monte
La porte d’entrée du château en bois clouté est très impressionnante.

Un musée entre histoire locale et beaux-arts

La partie muséographique de la visite s’attarde essentiellement sur l’histoire locale. C’est l’occasion au fil de la déambulation dans les différentes pièces d’évoquer les évènements majeurs qui se sont produits au château de Tournon, comme la mort du fils ainé de François 1er, et les personnages importants liés à la ville.

Reflet d'une robe de style Renaissance dans un miroir posé au mur
Evocation d’Hélène de Tournon, fille de Claude de la Tour-Turenne (une dame d’honneur de la future Reine Margot), décédée des suites d’un chagrin d’amour à 18 ans et dont le tragique destin aurait inspiré le personnage d’Ophélie dans la pièce Hamlet de Shakespeare.

D’autres salles du musée évoquent la vie liée au fleuve : la batellerie et les mariniers, les joutes, ou encore l’histoire des passerelles imaginées par Marc Seguin. Cet ingénieur ardéchois, originaire de la région d’Annonay, a en effet mis au point une technique de pont suspendu à l’aide de câbles formés de faisceaux de fils de fer. La première mise en œuvre de cette technologie sur une grande échelle aura lieu entre Tain et Tournon, avec l’édification d’un premier pont sur le Rhône en 1825 (ce premier pont sera détruit en 1965, l’actuelle passerelle Marc Seguin a été construite en 1847 selon le même principe).

à travers une fenêtre aux carreaux en losange et colorés, vue sur le Rhône et la passerelle suspendue Marc Seguin depuis le château de Tournon
Depuis une des salles du château, vue sur la passerelle Marc Seguin, édifiée en 1847 selon le principe déjà mis en pratique par l’ingénieur en 1825 avec la construction du premier pont de grande longueur suspendu par câbles de fils de fer.

Les autres salles emmènent le visiteur à la découverte d’artistes ayant un lien avec la ville, soit parce qu’elle a été leur sujet d’inspiration, soit parce qu’ils y sont nés ou y ont travaillés. C’est ainsi que j’ai découvert le travail de Marcel Antoine Gimond. Ce sculpteur, renommé dans la période de l’entre-deux-guerres, était né à Tournon. Parmi ses réalisations les plus connues, on peut notre la statue dorée de Flore sur l’esplanade du palais de Trocadéro à Paris. Mais le plus beau bijou conservé au château-musée de Tournon se trouve dans l’ancienne chapelle du château. Là, on découvre un triptyque commandé par le cardinal François de Tournon (un proche de François 1er) et peint en 1555 par le peintre florentin Giovanni Capassini sur le thème de la Résurrection. A l’origine, ce triptyque se trouvait dans la chapelle du collège de Tournon (aujourd’hui, le lycée Gabriel Faure), fondé par le cardinal. Au fil du temps, l’un des panneaux du retable s’est retrouvé à intégrer les collections du musée du Louvre tandis que les deux autres étaient restés à Tournon. Suite à un prêt du Louvre, le château de Tournon peut présenter aux visiteurs le triptyque complet.

un triptyque du seizième siècle sur le thème de la Résurrection.
Le triptyque de la Résurrection, présenté dans l’ancienne chapelle du château de Tournon.
sculptures de Marcel Antoine Gimond en contre jour, au premier plan une femme debout et au second plan un buste d'homme
La sculpture de la femme pensive par Marcel Antoine Gimond m’a fait penser à la Pénélope de Bourdelle. Renseignements pris, il y a très certainement une filiation entre les deux car Gimond a été l’élève de Maillol qui fut lui-même élève de Bourdelle.

une porte ouverte sur l'extérieur
Après l’exploration des espaces intérieurs, il est temps de sortir pour profiter des deux terrasses du château.

Des terrasses panoramiques

Le château dispose de deux terrasses panoramiques, au nord et au sud, chacune d’un côté du logis. Chacune permet de disposer d’une vue magnifique sur la ville dominée par les vignes de Saint Joseph d’un côté et sur le Rhône, la ville de Tain et la colline de l’Hermitage de l’autre. Il faisait très beau lorsque je suis allée visiter le château et j’ai largement profité de ces moments en extérieur, à admirer le paysage.

des vignes en terrasse au dessus de toits en tuiles
Les toits de la ville de Tournon sont dominés par le vignoble de l’appellation Saint Joseph et les anciennes tours de guêt.
le clocher de l'église de Tournon au dessus des toits en tuiles
Le clocher de la collégiale Saint Julien dépasse des toits des maisons et hôtels particuliers de la vieille ville de Tournon
la colline de l'Hermitage à Tain, couverte de vignes
De l’autre côté du Rhône, la colline de l’Hermitage surplombe la ville de Tain
vue sur le Rhône depuis le château de Tournon avec les deux ponts suspendus reliant la Drôme et l'Ardèche entre Tain et Tournon
Les deux ponts suspendus reliant Tain à Tournon au dessus du Rhône. Celui avec la pile centrale a été construit par les frères Seguin au milieu du XIXe siècle. C’est maintenant une passerelle piétonne.


Tournon sur Rhône – Ardèche – mai 2025


(*) Le château musée de Tournon accueille en complément régulièrement des expositions temporaires. Lors de mon passage, celle-ci était consacrée au bicentenaire du premier pont suspendu sur le Rhône, conçu par Marc Seguin et inauguré en 1825. Elle s’est terminée le 1er juin. Le programme des expositions ainsi que les conditions, horaires et tarifs, de visite sont à retrouver sur le site internet du château musée de Tournon.

un rosier grimpant couvert de fleurs roses
Au pied du château, sur un mur de la mairie, les rosiers grimpants étaient en pleine floraison

[Hérault] un week-end avec les copains à Montpellier

Au mois de mai, j’ai retrouvé des copains pour passer un week-end à Montpellier. Nous sommes arrivés dans la journée du vendredi (en fin d’après-midi pour ma part car je travaillais ce jour-là), avant de repartir le dimanche en fin de matinée. Je n’étais allée qu’une seule fois en touriste à Montpellier alors que Melle 3e qui m’accompagnait était encore petite (les autres fois où j’étais venue à Montpellier, c’était pour le travail et je n’avais pas pu profiter de la ville). J’étais donc impatiente de vraiment découvrir cette ville, en l’arpentant toute la journée du samedi.

la place de la Comédie à Montpellier un samedi après-midi
La très animée place de la Comédie, située en bordure de l’Ecusson, et à quelques minutes à pied de la gare Saint Roch

Se perdre dans les ruelles de l’Ecusson

Au hasard des petites rues

Si le vendredi soir, nous avons traversé l’Ecusson, le centre ancien de Montpellier, nous n’avons pas vraiment flâné. En effet, nous avions rendez-vous avec des copains montpelliérains dans un bar et avons suivi les indications fournies par le GPS du téléphone pour nous y rendre. C’est donc le samedi matin que nous sommes partis à pied pour découvrir le charme des petites ruelles de la ville. Nous avons commencé par la place de la Comédie, puisque notre logement se situait juste à côté. Nous avons longé les boulevards en direction du centre des Congrès, profitant des fontaines et des arbres. Puis, après avoir traversé le jardin de la maison des relations internationales, nous avons commencé à parcourir les petites rues, un peu au hasard.

un chat roux qui descend un escalier
Nous avons croisé un chat qui semblait connaître le quartier comme sa poche !

Au fil de la balade, je suis complètement tombée sous le charme des nombreuses façades fleuries. Nous avons aussi croisé beaucoup de street-art, essentiellement des collages. Si le plan semble médiéval avec ses ruelles étroites et ses escaliers, les rues sont bordées de nombreux hôtels particuliers des XVIIe et XVIIIe siècle (en cela, la ville m’a fait penser à Aix-en-Provence). Nous avons pu nous glisser dans quelques cours sur lesquelles donnent des galeries d’art (il y avait un festival de photographie en cours lors de notre passage).

une statue de Saint Roch à l'angle d'une maison
Saint Roch est le saint patron de Montpellier, dont il était natif. Il est invoqué contre les épidémies. On le représente avec un bâton de pèlerin, un chien et une plaie sur une jambe.
des chaussures suspendues autour d'une lanterne d'éclairage public
A proximité d’un centre d’art (où nous ne sommes pas entrés car il n’était pas encore ouvert), j’ai remarqué de nombreuses paires de chaussures suspendues aux chaines des lanternes d’éclairage public.
un collage street art représentant un musicien avec des coeurs qui s'envolent de sa trompette sur une façade fleurie d'un jasmin
Sur les façades, les jasmins et autres buissons grimpants étaient en fleurs et embaumaient l’air
décor de cour intérieure du dix-huitième siècle sur une fenêtre et une porte
Profiter d’une exposition photo pour jeter un œil au décor XVIIIe siècle de la cour d’un hôtel particulier

Des boulevards à la place du Peyrou

Nos pas nous ont mené à l’extérieur de l’Ecusson, le long des boulevards. Nous souhaitons aller nous balader dans le jardin des plantes que les copains montpelliérains nous avaient vanté. Malheureusement pour nous, ce jour-là, un DJ set avait lieu dans le jardin et l’accès au site de ce mini festival était payant. Comme ce qui nous attirait dans les allées du jardin au départ était le calme, nous avons renoncé à le découvrir. Nous avons cependant longé les boulevards jusqu’à la place du Peyrou.

façade d'un hôtel particulier du dix-neuvième siècle
En longeant les boulevards, mon œil a été attiré par le jardin d’hiver situé au dessus de la porte de cet hôtel particulier du XIXe siècle.

La place du Peyrou est une ancienne place royale. Nous l’avions aperçue la veille en passant au bout de l’avenue qui y mène alors que le soleil commençait à se coucher dans l’axe formé par l’avenue, l’arc de triomphe, la statue équestre de Louis XIV et le château d’eau. C’est en fin de matinée que nous sommes arrivés sur la promenade d’où nous avons admiré la vue sur les Cévennes et la campagne environnante. Nous avons aussi jeté un coup d’œil à l’aqueduc des Arceaux qui permet aux eaux de la source Saint Clément, à 14 kilomètres de là, de rejoindre le centre de Montpellier.

L'arc de triomphe du Peyrou à Montpellier
L’arc de triomphe marque l’entrée de la place royale du Peyrou. Quand on nous a parlé de l’avenue qui y mène et de son alignement avec le reste de la place, on nous a dit que c’était un peu les Champs Elysées montepelliérains.
le château d'eau du Peyrou à Montpellier
Le monument du château d’eau au bout de la promenade du Peyrou avec sa jolie fontaine sur le bord de laquelle nous avons fait une pause bien méritée après plusieurs heures à marcher.
l'aqueduc des arceaux à Montpellier
L’alignement des arcades de l’aqueduc des arceaux date du XVIIIe siècle.

La matinée touchant à sa fin, nous sommes repartis vers l’Ecusson afin de trouver un restaurant. En passant, nous sommes passés devant le Palais de Justice, très impressionnant avec ses escaliers monumentaux et son allure classique.

la façade du palais de justice de Montpellier
L’architecture est là pour renforcer le côté magistral et imposant de la Justice

En passant vers la cathédrale

Si lors de notre découverte matinale de l’Ecusson, nous sommes passés à côté de la cathédrale, nous n’avions pas pu y entrer. Il était encore tôt et elle n’était pas ouverte. Nous avons souhaité éviter le début de l’après-midi pour nous y rendre afin de nous assurer qu’il n’y aurait pas un mariage en cours. C’est donc en fin d’après-midi que nous y sommes retournés. Le bâtiment est très impressionnant avec ses quatre tours et son porche aux deux piliers cylindriques massifs. A l’origine, il s’agissait de la chapelle du monastère-collège Saint Benoit. Elle est devenue siège épiscopal seulement en 1536 (avant la cathédrale était à Maguelonne, au bord de la mer), et a fait l’objet de réaménagements et d’agrandissements aux XVIIIe et XIXe siècles.

La cathédrale Saint Pierre de Montpellier et son impressionnant porche d’entrée jouxtent l’Ecole de Médecine, qui est la plus ancienne faculté de médecine encore active d’Europe. Elle a été fondée en 1220.

En repartant de la cathédrale, nous sommes passés par la place de la Canourgue qui se situe juste à côté. Cette jolie petite place très végétalisée et bordée de jolies façades mène à un belvédère depuis lequel on a une jolie vue sur la cathédrale. Cependant, en cette période de l’année, la vue est partiellement masquée par le feuillage des arbres. Il n’en reste pas moins que c’est un détour vraiment charmant.

les jardins de la place de la Canourgue à Montpellier
Sur la place de la Canourgue, entre les jolies façades, la fontaine et les jardins, on a envie de prendre son temps.
vue sur la cathédrale de Montpellier depuis la place de la Canourgue
La vue sur la cathédrale est partiellement cachée par les arbres, mais reste intéressante.

Découvrir l’architecture contemporaine, d’Antigone aux berges du Lez

Entre classicisme et modernité

En début d’après-midi, avant de revenir dans le quartier de l’Ecusson pour voir la cathédrale, nous étions dans une ambiance très différente. En effet, sur les conseils de l’office de tourisme, nous avons pris la direction d’Antigone. Il s’agit d’un quartier édifié dans les années 1980 sur d’anciens terrains militaires. Conçu par l’architecte catalan Ricardo Boffil, le quartier fait le lien entre le centre ancien et les berges du Lez, un petit fleuve qui descend vers la Méditerranée. Le décor imaginé par l’architecte se veut postmoderne, à la fois minéral et vertical. Inspiré de l’esthétique de l’Antiquité, les bâtiments sont massifs et imposants. Le quartier est essentiellement piéton et la progression vers le Lez est rythmée de places où des fontaines viennent nuancer la minéralité de l’ensemble et où des reproductions de statues antiques affirment l’ancrage de l’architecture dans le classicisme.

reproductions de statues antiques sur une place du quartier Antigone à Montpellier
Les promenades sont ponctuées de reproductions de statues antiques, ici une Diane Chasseresse et la Vénus d’Arles, sur la place Zeus
fontaine et architecture massive dans le quartier Antigone
La fontaine des Trois Ephèbes est une création de Jean-Marc Boury et Alain Goestch, voulue comme un écho aux Trois Grâces de la place de la Comédie (à laquelle était initialement destinée la fontaine)
une reproduction de la Victoire de Samothrace faisant face aux immeubles de Ricardo Boffil
Face aux immeubles de la place de l’Europe, la Victoire de Samothrace regarde vers le quartier Antigone

Au bord du Lez

De l’autre côté du Lez, d’autres immeubles contemporains répondent au quartier Antigone, comme par exemple l’hôtel de région également conçu par Ricardo Boffil. Mais celui que je voulais voir, c’est l’Arbre Blanc. En effet, j’avais plusieurs vu passer des photos de cet immeuble sur les réseaux sociaux et il m’intriguait. Imaginé par le trio d’architectes Sou Fujimoto, Nicolas Laisné et Manal Rachdi, l’Arbre Blanc est avant tout une prouesse technologique avec des balcons en porte-à-faux pouvant atteindre plus de 7 mètres de long. Malgré tout, j’ai été un peu déçue par ses proportions hauteur/largeur qui le font plus ressembler à une pomme de pin qu’à un arbre…

des balcons en porte à faux sur l'immeuble l'Arbre Blanc à Montpellier
C’est finalement en « vue partielle » que je trouve l’Arbre Blanc le plus intéressant visuellement…

Quelques informations pratiques

Venir à Montpellier et s’y déplacer

Nous avons ce week-end là tous fait le choix de venir en train jusqu’à Montpellier. Il y a des TGV directs depuis Paris, Lyon et Valence. Les deux gares de Montpellier sont desservies. La gare Sud de France est à l’extérieur de la ville et une navette permet de rejoindre le terminus de la ligne de tramway la plus proche pour se rendre en centre-ville. La gare Saint Roch est à quelques minutes à pied de la place de la Comédie. C’est cette gare à laquelle j’avais attention d’arriver et de repartir. La desserte en TER depuis Lyon ou Valence n’est pas directe et implique une correspondance à Avignon.

La ville de Montpellier est bien desservie en transports en commun avec plusieurs lignes de tramway et de nombreuses lignes de bus. Les tickets peuvent être pris dans les bornes aux arrêts de tramway ou bien via une application sur smartphone. Ils sont valables une heure et demie à compter de l’achat sur borne ou de la validation sur téléphone. Pour ceux qui voudraient aller à la plage, le réseau de tramway peut se combiner avec des lignes de bus.

Et surtout, Montpellier est une ville pour les piétons. Tout le quartier de l’Ecusson et une grande partie du quartier Antigone sont piétonniers. La ville est idéalement dimensionnée pour s’y balader à pied.

installation contemporaine de reproductions colorées d'une sculpture issue du parc d'un château de Montpellier
Allégories – Allan McCallum , esplanade Charles de Gaulle

Dormir et se restaurer

L’offre d’hébergement sur Montpellier est importante et variée. Afin d’être plus libres, en particulier de nos horaires matinaux, nous avions choisi de louer un appartement. La copine qui s’est chargée de la réservation avait trouvé un appartement au dernier étage d’un immeuble de bureaux donnant sur la place de la Comédie. Nous étions donc idéalement situés pour explorer la ville à pied.

Pour ce qui est de manger, nous avons testé quelques adresses, un peu au hasard parfois. Voici la liste de là où nous sommes allés.

Petit déjeuner

  • Maison Bonnaire, 36 rue de l’Aiguillerie – une boulangerie qui semble réputée sur Montpellier avec trois points de vente et qui a gagné le prix du meilleur croissant d’Occitanie en 2022. Les viennoiseries étaient effectivement très bonnes. A noter qu’il y avait un cake sans gluten disponible.
  • Boulangerie Co.Pain, 1 rue Delpech – je serais bien retournée chez Maison Bonnaire le second matin, mais c’était fermé. Je me suis rabattue sur Co.Pain car ce n’était pas très loin. Les viennoiseries étaient correctes mais sans plus.

Déjeuner

  • Chez Cécé, 4 rue Jacques d’Aragon – un petit restaurant qui propose plein de bowls avec une petite terrasse le long d’une rue piétonne de l’Ecusson. C’était copieux et très bon. Aucun regret sur ce choix.
  • Pizza Papa, 13 place de la Comédie – une pizzeria sans surprise. Nous l’avons choisie pour son emplacement parce que nous avions nos valises avec nous et devions reprendre le train avant 14.00.

Diner / prendre un verre

  • Broc Café, 2 boulevard Henri IV – Nos copains montpelliérains nous y avait donné rendez-vous. Le lieu est sympathique et très animé (un vendredi soir). La carte de cocktails est originale. L’offre de restauration permet à chacun de trouver son bonheur. Et le service est au top !
  • Plein Sud, 16 rue de la Monnaie – une ambiance bar de copains dans ce petit établissement avec un choix de vins de producteurs et quelques tapas. Parfait pour prendre l’apéro.
  • Le Mustang, 2 place Castellane – sur une place animée du centre ville, une très grande terrasse où l’on sert cocktails, verres de vins et tapas. Les planches et assiettes à partager sont copieuses. L’ambiance est plutôt festive (un samedi soir).
  • Cafés avec terrasses, place de la Comédie – leur principal intérêt reste leur emplacement. Idéal pour prendre un café le matin ou un rafraichissement dans l’après-midi.

Goûter

  • Delacrem, 16 rue Saint Guilhem – un glacier qui propose des saveurs atypiques (orange/miel/romarin, citron/thym, pamplemousse/menthe… ) et bien sûr des parfums plus classiques. Nous nous sommes régalés. Seul bémol, il y a très peu de places assises, nous avons donc du manger nos glaces en marchant.
la fontaine des trois grâces et les façades de la place de la Comédie à Montpellier
Notre appartement se trouvait dans l’immeuble du fond.


Montpellier – Hérault – mai 2025

[Drôme] découvrir la nature depuis la rivière, une croisière sur l’Isère

Si vous êtes à la recherche d’une expérience originale, calme et paisible, que vous voulez passer un moment à la fois contemplatif et instructif, je vous propose d’aller faire une croisière sur l’Isère avec le bateau à roue du Royans-Vercors. C’est une activité qui me faisait de l’œil depuis que je suis arrivée dans la Drôme, et que j’ai donc mis une douzaine d’années à aller vivre. Je n’ai qu’un seul regret : ne pas avoir tenté l’aventure avant. Venez, je vous emmène pour une découverte des berges de la rivière depuis l’eau.

sur une rivière entourée de rives boisées, un bateau de type bateau à roue à aube est amarré à quai
Le bateau à roue Royans-Vercors à l’embarcadère de Saint Nazaire en Royans

Naviguer sur la Bourne et l’Isère

Le départ de la croisière sur le bateau à roue Royans-Vercors se fait depuis Saint Nazaire en Royans. L’embarcadère est au pied de l’aqueduc qui emmène les eaux de la Bourne vers la plaine de Valence. Il est conseillé de réserver car le nombre de places est (très) limité et l’activité prisée, en particulier en été. C’est d’ailleurs parce que je ne m’y étais jamais prise à temps pour réserver que je n’avais pas encore fait cette expérience. Cette fois, j’ai profité d’un samedi matin où j’étais réveillée tôt pour me présenter à l’ouverture du comptoir, en me disant que comme nous étions en basse saison, j’arriverai sans doute à avoir une place dans la journée. C’était une bonne pioche puisqu’il restait encore des places pour la croisière qui débutait peu après.

les arches monumentales de l'aqueduc de Saint Nazaire en Royans au dessus de la rivière Bourne
La croisière débute au pied de l’aqueduc de Saint Nazaire en Royans

Une fois les passagers tous embarqués, et installés, la croisière débute. Il y a des places sur le pont supérieur en extérieur ou à l’abri du pont inférieur. J’avais choisi une place en haut, le long de la rambarde, bien décidée à profiter pleinement des paysages.

De Saint Nazaire en Royans à La Sône

Le départ se fait au pied de l’aqueduc de Saint Nazaire en Royans. La croisière est commentée en direct. Ainsi la guide adapte son discours aux observations en temps réel, indiquant par exemple aux passagers les oiseaux que l’on aperçoit. Les informations données sont claires, et permettent de comprendre la géographie, l’utilité passée de la rivière mais aussi la biodiversité qui l’habite. Après avoir fait quelques centaines de mètres sur la Bourne, le bateau rejoint l’Isère qu’il va remonter sur plusieurs kilomètres entre les barrages de Saint Hilaire du Rozier et de Beaumont en Royans, avant de faire demi-tour devant La Sône.

le village de La Sône depuis la rivière Isère
En arrivant au niveau du village de La Sône
une pile de l'ancien pont suspendu de La Sône
L’ancien pont suspendu de La Sône a été détruit lors de la seconde guerre mondiale, il n’en reste plus que les piles et quelques câbles.
Le château de La Sône depuis la rivière Isère
Depuis la rivière, on voit bien le château de La Sône
vue sur la grande cascade du jardin des fontaines pétrifiantes à La Sône
On longe le Jardin des Fontaines Pétrifiantes

Je dois avouer que mon voyage a été essentiellement contemplatif car je connaissais déjà l’histoire de la rivière, des villages qui la bordent ou encore de la façon dont on cultive ici la noix de Grenoble. Le rythme de la croisière est doux et permet d’observer les rives. On y découvre de nombreux oiseaux : des aigrettes garzettes, des hérons, des cygnes mais aussi des goélands. On aperçoit quelques ragondins qui se glissent dans l’eau. On jette un œil aux roselières. J’ai même aperçu une petite cascade de tuf un peu cachée dans la végétation.

un kayak sur la rivière Bourne au pied d'un rocher rouge
A Saint Nazaire en Royans, certaines roches sont très chargées en fer et prennent une couleur rouge avec l’oxydation.
des oiseaux sur un haut fond de la rivière Bourne
sur les hauts fonds de la Bourne, les goélands et les aigrettes se reposent
des oiseaux sur la rive de la rivière Isère
Au bord des roselières de la rivière Isère
une petite cascade dans la végétation
Une cascade de tuf un peu cachée dans la végétation. Je pense que c’est une de celles que l’on peut voir depuis le sentier du Martin Pêcheur à Saint Roman.
deux nids de hérons dans les arbres
Il y a une héronnière sur les bords de l’Isère. Regardez bien et vous verrez deux nids dans les arbres. On aperçoit même les hérons dedans.
vue sur le Vercors depuis la rivière Isère
En revenant vers Saint Nazaire en Royans, on bénéficie d’une très belle vue sur les Monts du Matin.
au bord de la rivière, 6 aigrettes garzettes prennent leur envol
Six aigrettes s’envolent au moment où nous arrivons

Alors que nous sommes en vue du pont de Saint Hilaire du Rozier, le bateau tourne pour remonter la Bourne et revenir au port. La balade touche à sa fin. Cela fait 1 heure et demie que nous sommes partis. La croisière s’est écoulée tout en douceur, un moment un peu hors du temps.

le pont de Saint Hilaire du Rosier sur la rivière Isère
Le pont de Saint Hilaire du Rozier relie la Drôme à l’Isère
la jonction des eaux grises de l'Isère et des eaux vertes de la Bourne
A la jonction des deux rivières, la différence de couleur entre les eaux vertes de la Bourne et celles grises de l’Isère est frappante. La Bourne comporte beaucoup de microalgues, tandis que l’Isère est chargée en alluvions.


Informations pratiques : il est fortement recommandé de réserver en amont via le site internet du bateau à roue Royans-Vercors. Les horaires des différentes croisières et les périodes où le bateau est à l’hivernage y sont aussi détaillés.


Bonus – découvrir Saint Nazaire en Royans

En complément de la croisière sur la rivière avec le bateau à roue, j’ai fait un tour dans Saint Nazaire en Royans. J’avais déjà visité l’aqueduc d’où l’on a une vue à 360 degrés sur les environs. Cette fois j’en ai profité pour me balader le long de la rivière, dans des paysages très bucoliques. Et puis, par hasard, j’ai découvert quelques fresques de street art. Un festival, nommé Graff en Vallée, y a eu lieu à l’été 2024 (et une nouvelle édition est prévue cette année).

les rives boisées de la rivière s'y reflètent
Au bord de la Bourne
les rives boisées de la rivière s'y reflètent, et on aperçoit le Vercors dans le fond
Au fond, le Vercors se dessine avec l’entrée des Gorges de la Bourne
fresque de street art représentant une tête de loup bleu
Graff en Vallée, fresque de street art
fresque de street art représentant un personnage mi femme mi cyborg
Graff en Vallée, fresque de street art


Saint Nazaire en Royans – Drôme – mai 2025


A proximité de Saint Nazaire en Royans, vous pouvez :


Pour d’autres balades en bateau sur les rivières, je vous emmène :

[Drôme] 2 lieux atypiques à découvrir à La Baume d’Hostun

Je vis à côté de Valence et je ne cesse de vous parler par ici de la richesse de ce territoire drômois (et de son voisin ardéchois). Il faut dire que même lorsque je crois commencer à vraiment bien connaître ce qu’il y a et ce qu’il se passe autour de chez moi, je ne suis pas à l’abri d’une découverte originale. Et au début du mois, ce sont deux lieux atypiques que j’ai pu visiter à La Baume d’Hostun, un petit village à une vingtaine de kilomètres de Romans. J’ai en effet été invitée par Valence Romans Tourisme, en même temps qu’un groupe de créateurs de contenus locaux, à venir découvrir la Ferme Intégrale et le tiers-lieu Le Chalutier.

derrière un champ de foin et une rangée d'arbres on devine la silhouette du Vercors
La Baume d’Hostun est un petit village drômois, situé au pied du Vercors dans la vallée de l’Isère.

La Ferme Intégrale, producteur en aquaponie

Une ferme originale

J’avais repéré les serres de la Ferme Intégrale depuis quelques temps. Je les longe en effet lorsque je me rends dans le Royans, et il est difficile de ne pas les voir. J’avais également échangé avec eux lors de la dernière édition du festival Valence en Gastronomie, et cela avait piqué ma curiosité. J’étais donc ravie de cette occasion proposée par Valence Romans Tourisme d’en savoir plus sur la Ferme Intégrale.

le logo de la Ferme Intégrale dans un environnement fleuri

Il faut dire que c’est une ferme très atypique qui produit des légumes, mais aussi du poisson. En effet, la Ferme Intégrale travaille selon la technique de l’aquaponie. Ce système est l’héritier contemporain de la façon dont les Aztèques cultivaient le maïs et les haricots sur des îles artificielles flottant à la surface de petits lacs de montagne, mais aussi de la façon dont en Chine on associe pisciculture et culture du riz depuis 1700 ans. Aujourd’hui, l’intérêt pour l’aquaponie est grandissant, en particulier pour imaginer ce que pourrait être la production alimentaire de demain. Les principaux tests sont plutôt liés à l’envie de développer une agriculture urbaine. Ainsi des promoteurs immobiliers ont créé des fermes verticales en aquaponie lors de la création de nouveaux ensembles urbains.

salades poussant en hydroponie
Plantations de salades dans la serre

La Ferme Intégrale n’est pas vraiment urbaine, mais son emplacement ne doit rien au hasard. Située à la sortie de l’autoroute, elle est facile d’accès. Mais surtout, elle est à quelques centaines de mètres de l’Isère et au dessus d’une nappe phréatique qui n’est pas sujette aux sécheresses. L’autre originalité de la Ferme Intégrale, c’est le choix du poisson. Si la plupart des fermes aquaponiques font grandir des truites, ici, c’est le sandre qui a été choisi. En effet, ce poisson ne nécessite pas une eau trop fraîche, ce qui limite la nécessité de refroidir l’eau. Quant aux serres, elles ne sont pas chauffées mais un système de monitorage permet de gérer au mieux les ouvertures et rideaux pour maintenant la température idéale.

une serre de maraichage
Dans la serre

Mais l’aquaponie, c’est quoi ?

Pour mieux comprendre cette ferme si particulière, il faut que je vous parle un peu de l’aquaponie. C’est un écosystème construit autour de la circulation de l’eau entre les bassins des poissons de la pisciculture et les bassins des légumes dans la serre. L’eau de la pisciculture se charge en ammoniaque à cause des déjections des poissons. Une fois les boues séparées, elle passe aux UV pour détruire virus et bactéries avant d’être biotraitée par des bactéries pour dégrader l’ammonique en nitrite puis en nitrate. On y ajoute un peu de fer et on obtient alors une eau chargée de nutriments qui va servir pour faire pousser les plantes. Celles-ci sont installées sur dans des petits godets ou des rigoles contenant du substrat, et posées sur des radeaux flottant à la surface des bacs. L’eau chargée en nitrates est régulièrement oxygénée puis envoyée dans les bassins de la serre. Une circulation d’eau est créée et l’eau est récupérée en sortie de bassin, appauvrie de plus de 75% des nitrates qu’elle contenait en arrivant. Elle est alors prête à être réinjectée dans les bassins des poissons.

culture en hydroponie d'aneth
Les légumes sont cultivés sur des radeaux flottant à la surface de bassins remplis d’eau (ici de l’aneth)

Vous l’aurez compris, il y a très peu de pertes dans l’ensemble du processus. A la Ferme Intégrale, la perte en eau (à cause de la transpiration des plantes) nécessite d’injecter 5 à 7 m3 d’eau dans le système lors des journées d’été les plus chaudes mais la plupart du temps, elle est négligeable. C’est de l’eau de pluie récupérée qui est utilisée généralement (de l’eau de forage s’il n’y pas eu assez de pluie pour remplir les récupérateurs). Au final, une fois le système lancé, la consommation d’eau est très faible.

C’est parti pour la visite

Après ces quelques explications générales sur l’aquaponie, nous sommes partis à la découverte des installations de la Ferme Intégrale. Nous avons vu depuis une plateforme d’observation les bassins des poissons qui restent dans la pénombre pour être dans les meilleures conditions pour la croissance des sandres. Ce n’est pas la partie la plus agréable à visiter car c’est très bruyant, à la fois chaud et humide et l’odeur est assez forte. Nous avons ensuite vu le stockage des aliments et constaté que la taille de ceux ci varie pour être adapté à la croissance du poisson (bémol écologique, l’aliment est produit en Bretagne par la coopérative Le Gouessant, un des plus gros producteurs d’alimentation animale en France et un spécialiste de la conduite d’élevage industriel). Les sandres arrivant à la ferme à l’état d’alevin (la reproduction du sandre est mal connue et une seule personne actuellement sait le faire en France, dans les Ardennes). Ils y grossissent pendant un an, jusqu’à atteindre 1 kg. Il leur aura fallu 1 kg d’aliment pour cela. Puis nous jetons un œil au laboratoire de levée des filets : un sandre d’1kg correspond à environ 800 grammes de filets. Le reste est revendu à un musher pour l’alimentation de ses chiens.

jeunes pousses plantées en rigole sur un radeau d'hydroponie
Les jeunes pousses sur un radeau en rigole

Nous partons ensuite dans la serre pour des explications détaillées sur la production des légumes. Ici, on ne cultive que des légumes feuilles car ils n’ont besoin que de nitrates pour pousser. Pour obtenir d’autres légumes, il faut d’autres nutriments dans l’eau et cela impliquerait de les ajouter (à noter toutefois qu’une toute petite production de tels légumes est faite en utilisant les boues résiduelles de l’eau issue des bassins des poissons). C’est vraiment très intéressant de voir comment tout est réalisé, depuis le moment où les graines sont semées jusqu’au légume prêt à être consommés. Le jour où nous y étions, il y avait pas mal de salades différentes, du chou kalé, des herbes aromatiques, etc. L’avantage de cette méthode de production, c’est que l’on peut avoir des légumes toute l’année et ainsi s’affranchir en partie de la saisonnalité. (Et, à mon avis, l’inconvénient outre l’aspect écologique lié au transport des alevins et de l’alimentation puis des produits, une partie étant envoyée à Rungis, c’est qu’on perd la notion de saison dans l’agriculture encore un peu plus).

rangs de salades en hydroponie
Rangées de salades
semis de basilic
Semis de basilic

Et si on goûtait ?

Nous avons terminé la visite par une dégustation des produits transformés directement à la ferme. En effet, en plus de vendre les filets de sandre frais et les légumes, la Ferme Intégrale a développé une petite gamme de produits directement travaillés sur place. Celui qui m’avait vraiment plu lorsque je l’avais goûté à Valence en Gastronomie, c’était le filet de sandre fumé. J’ai tout autant apprécié cette seconde dégustation. Moins gras et plus subtil que le saumon fumé, le sandre fumé peut être servi en dés dans une salade ou bien à l’apéritif. Nous avons aussi pu tester la nouveauté Sand’Rillette : une rillette de sandre et c’est un vrai coup de cœur gustatif. Enfin, nous avons pu goûter une tartinade à l’oseille. Ce n’est pas ma préférée car la préparation manque du petit goût acidulé qui fait tout le charme de l’oseille.

feuille de wasabino
Avant de quitter la serre, nous avons pu goûter le wasabino, un chou asiatique dont les feuilles ont la saveur du wasabi tout en gardant un côté très vert

(*) La Ferme Intégrale, 222 rue des Bleuets, 26 La Baume d’Hostun. Si vous souhaitez visiter, savoir où trouver leurs produits, ou en commander, rendez-vous sur le site internet de la Ferme Intégrale.

Le Chalutier, tiers lieu rural et citoyen

Une histoire singulière

Après la visite de la Ferme Intégrale, nous avons pris le chemin du Chalutier. Ce tiers lieu rural et citoyen est installé dans les locaux d’un ancien centre de convalescence des années 1950. Le centre a été construit sur des terres léguées à la Congrégation des Filles de la Charité par la veuve d’un propriétaire fermier qui n’avait pas d’héritier. Elles y construisent une maison de repos pour les jeunes filles ayant souffert de tuberculose mais qui ne sont plus contagieuses. Avec le recul de la tuberculose, le centre de convalescence s’ouvre à différentes suites de pathologies. Peu à peu, les Sœurs se désengagent aussi du quotidien du centre tout en restant propriétaires du centre Sainte Catherine Labouré.

une cour de maison desservie par un escalier
La cour de l’habitation d’origine

En 2021, les derniers patients quittent les lieux, devenus inadaptés aux pratiques de soin. Un projet de tiers lieu est monté : le Chalutier est né. L’association intègre les locaux peu après la fermeture du centre de convalescence. Les locaux, fonctionnels mais vieillots, n’ont pas eu le temps de se dégrader. Après nous avoir présenté l’histoire du lieu, Thomas qui nous accueille nous emmène le visiter. Il nous entraine de la cave au grenier, pour que nous nous rendions compte de l’état et du potentiel des lieux. Dans certaines parties des bâtiments, aujourd’hui inutilisées, la visite prend des allures d’urbex. Et notre imagination nous fait envisager des scénarios de films d’horreur.

Une architecture typique des établissements de soin de l’après-guerre

Parmi les éléments architecturaux remarquables, j’ai noté la terrasse avec sa pergola ainsi que la chapelle. Située au premier étage du bâtiment principal, ses fenêtres ont une forme originale et accueillent des vitraux au graphisme intéressant. Je n’ai pas (encore) réussi à trouver des informations à leur sujet, mais ils m’intriguent fortement.

une chapelle avec des vitraux contemporains
Dans la chapelle de l’ancien centre de soins Sainte Catherine Labouré de La Baume d’Hostun

Quelques détails des vitraux : le Saint Suaire, les clous de la Passion, et les dés des soldats romains tirant au sort les vêtements du Christ

Un parc immense

En plus du bâtiment, le Chalutier dispose d’un immense parc de presque 7 hectares. La promenade y est agréable et permet de bénéficier de jolis points de vue sur les contreforts du Vercors et sur la vallée de l’Isère. Comme il s’agit d’un ancien centre de suites de soins, les allées sont ponctuées de nombreux bancs. Ceux en ciment ont un charme désuet. Dans les prairies, j’ai pu repérer quelques orchidées, essentiellement des orchis pyramidaux à cette période de l’année. Enfin, nous avons aussi profité de l’ombre des grands tilleuls pour déjeuner dehors avec les occupants du Chalutier.

un banc en ciment couvert de mousse, au bord d'une prairie
Le charme désuet des anciens bancs en ciment
des tables et des chaises de jardin sous les arbres
l’heure du déjeuner

Un lieu de partage

Le Chalutier est un tiers lieu, voulu comme un lieu de partage. De nombreux évènements y sont organisés : marchés d’été à l’ambiance guinguette, concerts, etc. Ce sont aussi des espaces qui sont à louer pour les artistes et artisans ou encore un studio de répétition. Les profils des occupants sont variés, et nous avons pu le constater au fil des étages. Certains avaient laissé leurs clés à Thomas pour que nous puissions jeter un œil à leurs ateliers. J’ai ainsi découvert des univers très différents, de la poterie à la couture en passant pour la marqueterie ou les arts plastiques.

nature morte sur une étagère entre livres, bois flotté et carcasse de poisson en métal
L’univers gothique de Vinz Dupux
un atelier d'ébénisterie
un atelier de travail du bois
des tableaux en marqueterie dans l'atelier d'ébénisterie
Les réalisations en marqueterie de Julie, atelier Le bois d’à côté
un atelier de couture
L’atelier de Cécile, Sudoku & Chemises
des pots en céramique
Les poteries d’Ariane, Aria Terra

Après la visite, nous avons eu la chance de participer chacun à 2 ateliers. Nous avons fait un atelier d’art-thérapie, installés sous les arcades, en extérieur mais abrités de la pluie battante. Le but était de se focaliser sur les couleurs, le mouvement du pinceau ou de la brosse, et les effets produits, en particulier en superposant les couleurs ou ajoutant plus ou moins d’eau à la peinture acrylique, sans chercher à représenter quoi que ce soit. J’ai trouvé cet atelier très apaisant, très relaxant, et cet effet était décuplé par le bruit de la pluie. Puis, je suis allée dans l’atelier d’Ariane la potière pour une initiation au tournage de la terre. Après mon atelier modelage chez Amélie il y a un peu plus de deux ans, j’avais eu envie d’essayer le tour sans jamais en avoir l’occasion depuis. J’étais donc ravie de pouvoir le faire cette fois. Après la démonstration d’Ariane, c’est à notre tour de tourner un cylindre. Spoiler alert : ça semble beaucoup plus facile quand Ariane le fait ! Mais j’ai réussi à sortir un presque cylindre. J’ai vraiment aimé les sensations du contact de la terre lors du tournage, mais il va falloir que je m’entraîne si je veux sortir des pots dignes de ce nom.

atelier art-thérapie

Initiation au tour de potier dans l’atelier Aria Terra d’Ariane Bonnet

(*) Le Chalutier, 301 côte Simond, 26 La Baume d’Hostun.
Le site internet du Chalutier permet de découvrir les différents profils des occupants du lieu, ainsi que les propositions festives et culturelles. Les artisans proposent aussi régulièrement des stages, n’hésitez pas à les contacter directement.

A noter : jusqu’au 16 juillet 2025, le Chalutier réalise une levée de fonds citoyenne afin de permettre à l’association de se porter acquéreur du bâtiment comme cela avait été prévu dans la convention temporaire d’occupation. Deux modes de participation sont possibles : un don jusqu’à 1000€ ou un prêt pour les montants supérieurs.
EDIT du 15/08/2025 : Bonne nouvelle : la campagne de levée de fonds citoyenne a permis de réunir un budget suffisant pour lancer la phase suivante du projet de rachat du bâtiment !


La Baume d’Hostun – Drôme – juin 2025

un parc avec de grands arbres au pied du Vercors
Vue sur le parc et le Vercors depuis le Chalutier

(*) Les visites et ateliers évoqués dans cet article ont été réalisés dans le cadre d’un instameet auquel j’ai été invitée par Valence Romans Tourisme (constituant ainsi une collaboration commerciale non rémunérée). Je remercie l’office de tourisme ainsi que les partenaires pour leur accueil et les échanges que nous avons eus.
Comme à chaque fois, je livre ici un avis sincère, correspondant à l’expérience que j’ai vécue.

[projet 52-2025] semaine 24 – faire attention

Quand j’ai vu le thème « faire attention » de cette semaine pour le projet 52, j’ai immédiatement pensé à un panneau d’avertissement. Le premier qui m’est venu à l’esprit est un de ceux que l’on peut trouver en randonnant sur certains plateaux du Vercors et qui avertissent de la présence de scialets (en gros, un trou sur le plateau karstique qui peut être très profond). Mais je n’en ai pas de photo récente. J’ai très vite éliminé les panneaux de signalisation routière qui sont souvent peu photogéniques. Bref, mon esprit bloquait sur cette idée de panneau mais sans que je réussisse à trouver comment l’imager.

Finalement, c’est dans les rues de Montpellier que j’ai trouvé l’inspiration, lors d’un week-end entre copains. Il y a beaucoup de street art un peu partout dans la ville, et ce carreau collé m’a attiré l’œil. Alertant face aux conséquences du réchauffement climatique, il nous demande de façon sous-jacente de faire attention… (Je n’ai pas trouvé qui était à l’origine de ce carreau de céramique par contre)

Outre le message du carreau de céramique, j’ai bien aimé son positionnement au-dessus d’une ancienne plaque « Incendie ».


Pour découvrir à quoi les autres participants font attention, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : la saison estivale a commencé et je passe moins de temps dans la journée devant l’ordinateur. Aussi, il est possible que les commentaires qui sont en attente de validation (modération) ne soient publiés que tard ce soir ou même demain.

[Ardèche] Balazuc, une journée en famille entre balade et fossiles

Vers la mi-mai, avec Mr 1er, nous avons mis nos réveils un dimanche matin pour avoir le temps d’aller explorer Balazuc, avant qu’il ne reprenne le train pour rentrer à Aix-en-Provence. Le but principal de notre visite était d’aller voir le Museum de l’Ardèche que j’avais été invitée à venir découvrir, mais nous en avons profité pour un avant goût d’été au bord de la rivière et un tour dans le joli village.

un village perché
Vue sur Balazuc depuis le pont sur la rivière

L’un des plus beaux villages de France

Au bord de la rivière Ardèche

Pour venir à Balazuc, nous avons suivi les indications du GPS. Depuis la plaine de Valence, il nous a fait passer à proximité d’Aubenas, puis nous avons bifurqué sur une toute petite route. Longeant un petit ravin, nous sommes arrivés sur la rive opposée de celle où le village est bâti et avons donc bénéficié d’une très belle vue sur celui-ci. (Attention, la circulation sur cette route fait l’objet de restrictions, renseignez-vous au préalable). Comme nous étions très tôt, nous avons vu trouver un stationnement sur le parking du bas du village. De là, nous sommes revenus à pied vers le pont pour profiter plus sereinement du point de vue. Nous sommes ensuite descendus au bord de la rivière. A cette heure matinale, nous étions seuls sur la plage.

des falaises arborées bordent une rivière
Sur la droite, on aperçoit le contrefort de la route par laquelle nous sommes arrivés
des falaises arborées bordent une rivière
Nous avons pris le temps de regarder et d’écouter la rivière, nous faisant surprendre par quelques grenouilles à nos pieds
des falaises arborées bordent une rivière
l’Ardèche passe au pied du village de Balazuc

Au fil des rues

Comme il était encore un peu trop tôt pour aller au Museum de l’Ardèche, nous avons décidé d’explorer les ruelles du village médiéval plutôt que le traverser en longeant la rue principale, percée au XIXe siècle à coups de dynamite. Nous arpentons de pittoresques petites rues qui passent parfois sous les maisons. Nous longeons une petite grotte bordée d’un passage souterrain. Figuiers et mûriers prodiguent une ombre qui sera bienvenue au cœur de l’été. Nous déambulons dans les calades (en faisant attention à ne pas glisser car Mr 1er a une entorse du genou et j’ai moi-même une cheville récalcitrante). J’étais déjà venue à Balazuc en 2017 avec Mr 2e et Melle 3e et nous étions monté sur le toit de l’église romane pour profiter de la vue. Compte tenu de l’état du genou de Mr 1er, nous n’irons pas cette fois, mais si vous passez à Balazuc, je vous le recommande.

une calade souterraine relie deux ruelles du village de Balazuc
Certaines calades ont été creusées dans le rocher
un passage couvert public sous une maison
les calades passent parfois sous les maisons
une place du village, entourée de végétation
Olivier, figuier, laurier rose : la végétation est très méridionale dans ce secteur de l’Ardèche

Le Museum de l’Ardèche

Tout en prenant notre temps, nous sommes arrivés au Museum de l’Ardèche à l’heure de l’ouverture matinale. Ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre, nous avons été surpris par la modernité du bâtiment.

le bâtiment d'accueil du muséum de l'Ardèche
J’ai eu un coup de coeur pour les lettres métalliques servant d’enseigne au Museum, à la fois massives et élégantes. On ne peut pas les manquer et en même temps, elles s’inscrivent parfaitement bien dans l’environnement.

Un atelier « fouilles »

En arrivant, nous avons découvert que mon invitation nous donnait accès à un atelier Fouilles. Il y en avait justement un à 10.00, juste à l’ouverture. Nous avons donc commencé notre visite par l’atelier. Nous avons eu de la chance car nous étions seuls pour y participer. Le médiateur nous a emmenés sur l’arrière du bâtiment, à flanc de coteau. Là, sept bacs de fouilles représentent autant de milieux naturels que l’on peut croiser en Ardèche : pouzzolane, calcaire, granit, etc. Au bord de chaque bac, un panneau explique les minéraux et fossiles qu’il est possible de trouver dans le milieu naturel ardéchois correspondant, ainsi que sa localisation dans le département.

L'ombre d'un squelette de T-rex devant un squelette de tricératops
L’ombre du squelette du T-rex est projetée par le soleil au pied du squelette du tricératops (ces deux squelettes sont des moulages en bronze à taille réelle)

Notre mission est simple : nous avons une heure pour fouiller les sept bacs et y trouver fossiles et minéraux. Si le concept peut paraitre enfantin, je dois avouer qu’il est très facile de se prêter au jeu. Ainsi, avec Mr 1er, nous avons bien consciencieusement gratté chacun des bacs pour trouver un exemplaire de chacun des minéraux et fossiles qu’il était possible d’y trouver. Et si certains sont simples à repérer, d’autres demandent un peu plus de patience et d’attention. Le médiateur passe voir de temps en temps comment nous nous en sortons et nous aide un peu pour ceux que nous peinons à retrouver. Le temps qui nous était imparti a filé à toute vitesse, preuve que nous ne nous sommes pas ennuyés. Et nous avons eu la satisfaction d’avoir trouvé chaque minéral et chaque fossile indiqués sur les panneaux. En plus, nous repartons avec chacun nos trouvailles pour agrandir notre collection de petits trésors (qui pour ma part compte déjà quelques fossiles en particulier du pont aux étoiles de Rompon, et pas mal de coquillages et petits cailloux).

la main d'une personne qui cherche des petits fossiles au milieu de cailloux
Mr 1er en pleine fouille

La collection de fossiles

Après l’atelier Fouilles, nous sommes retournés à l’intérieur du Muséum pour découvrir la collection de fossiles. Nous avons un temps hésité à faire la visite libre, mais avons opté pour la visite guidée, sans regret. Le médiateur présente en effet de nombreuses images des animaux reconstitués que l’on peut par ailleurs découvrir en version fossile. La période balayée va du Cambrien il y a 541 millions d’années jusqu’à l’apparition des premiers hommes il y a 2 millions d’années. La diversité des espèces est donc très impressionnante. Environ 800 fossiles sont présentés dans l’exposition, dont la plus grande partie a été trouvée en Ardèche.

la salle du muséum présente de nombreux fossiles dans une scénographie moderne et lumineuse
Aperçu des fossiles du Muséum de l’Ardèche

A l’origine du Muséum de l’Ardèche, on trouve la passion d’un homme, Bernard Riou, pour la paléontologie qu’il a découverte en trouvant des ammonites dans les champs familiaux. Il explore les zones fossilifères autour de La Voulte sur Rhône d’où il est originaire. Et c’est en 1982 qu’il fait une énorme découverte : la plus vieille pieuvre connue au monde. A la suite de cela, il va continuer à chercher des fossiles, multipliant les découvertes originales, comme une jument hipparion gravide ou encore la plus ancienne châtaigne d’Ardèche (un vrai clin d’œil à ce fruit emblématique du département). Il constitue ainsi une énorme collection privée, et ouvre un premier espace muséographique à La Voulte. Il y a une quinzaine d’années, Emmanuelle, la fille de Bernard Riou, et Mehdi son mari lancent une entreprise de médiation scientifique axée sur les sciences naturelles. Très vite, l’idée d’un nouvel espace muséal proposant des actions de médiation émerge. La localisation est choisie en raison de sa proximité avec les Gorges de l’Ardèche et de leur flux touristique. Le Muséum de l’Ardèche est né. Il est inauguré en 2016. Aujourd’hui, il est devenu un incontournable de la région. Et, après l’avoir visité, vu la richesse et la diversité des collections, et apprécié la qualité de la médiation, instructive tout en restant ludique, je comprends aisément pourquoi. Mr 1er, qui m’accompagnait, apprécie depuis tout petit les fossiles (sa passion pour les dinosaures n’a pas vraiment cessé !). Il a, tout comme moi, été surpris de la quantité et de la qualité de ceux qui sont montrés au Muséum de l’Ardèche. Nous sommes arrivés curieux et intrigués et sommes repartis enchantés !

Collection de fossiles

(*) Vous pouvez retrouver les horaires d’ouverture, les tarifs, ainsi que le programme des différentes animations sur le site internet du Muséum de l’Ardèche.


Balazuc – Ardèche – mai 2025


Après la visite du Muséum de l’Ardèche, nous avons juste déjeuné en terrasse avant de repartir vers Montélimar et sa gare pour y déposer Mr 1er. Si vous avez un peu plus de temps, vous pouvez :

  • Profiter de la plage de Balazuc pour une baignade
  • Louer un kayak pour une balade sur la rivière
  • Aller vous promener le Vieil Audon, un hameau de Balazuc géré en coopérative
  • Partir un peu plus loin pour découvrir les autres jolis villages du secteur comme Vogüé (à 10 km) ou Labeaume (à 13 km),
  • Parcourir les gorges de l’Ardèche (le Pont d’Arc est à 23 km)
  • Visiter des grottes, par exemple l’Aven d’Orgnac (à 37 km) ou la Grotte Chauvet 2 (à 25 km)
au premier plan un village ancien, au second plan des falaises calcaires avec une tour de guêt
Vue sur la tour de la Reine Jeanne depuis le village de Balazuc


A noter : j’ai été invitée par le Muséum de l’Ardèche pour venir découvrir leurs activités, dans le cadre d’une collaboration commerciale non rémunérée. J’ai réellement apprécié l’expérience et la découverte, tout comme Mr 1er. Nous étions arrivés très perplexes (surtout après avoir vu à Ottawa et Toronto des fossiles de dinosaures), et nous sommes repartis entièrement convaincus par la qualité à la fois des collections et de la médiation.

[projet 52-2025] semaine 23 – château

Cette semaine, le projet 52 nous propose de découvrir un château. Si vous me suivez depuis un moment, vous devez déjà savoir que j’aime beaucoup le patrimoine et que donc je visite souvent des châteaux. Parmi mes plus récentes (re)découvertes, je peux citer Grignan, Aubenas, Dinan, Fougères, ceux de la forêt de Brocéliande ou encore les nombreux lieux visités lors de mon road-trip Châteaux & Chevaux de l’été dernier en Sologne et en Anjou. Et puis, il y a aussi tous les manoirs et autres petits châteaux que je peux croiser au hasard de mes balades, ceux ruinés qui dominent les villages autour de chez moi, celui de Crussol que j’aperçois quotidiennement, ou bien la Tour de Crest qui marque la jonction du Vercors et de la vallée de la Drôme. Autant dire que je n’ai que l’embarras du choix !

Cependant, j’avais envie de vous proposer un château dont je n’ai pas encore parlé ici. Il y a quelques semaines, je suis retournée visiter le château de Tournon, ce que je n’avais pas fait depuis les premiers temps de mon installation dans la région. La silhouette massive du bâtiment domine la ville et surveille la vallée du Rhône (vous pouvez l’apercevoir dans mon article sur un jardin tournonais dorénavant fermé). La photo que j’ai choisie cette semaine montre le logis, situé au sommet du château et entouré de terrasses panoramiques.

le logis en pierres d'un château


Si vous voulez découvrir comment les autres participants vivent la vie de château, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : je passe la journée avec des copains, et je n’aurai pas du tout le temps de passer sur l’ordinateur. Aussi, les commentaires qui seraient partis en modération et n’apparaitraient pas immédiatement seront validés à partir de demain dimanche. Il est inutile de les renvoyer.