Si nous avons eu un début d’hiver très arrosé, les températures sont globalement restées douces et les premières neiges sont arrivées tardivement. Il m’a en effet fallu attendre mi-décembre pour pouvoir me promener dans les paysages blanchis. En plaine, elle a encore mis plus de temps à arriver, c’est seulement en janvier que les premiers flocons ont fait leur apparition, couvrant très progressivement les paysages d’un tapis blanc, bien vite balayé par des vents glaciaux.

Dans la forêt givrée au Grand Echaillon
Mi-décembre, alors que de la neige était un peu tombée sur le Vercors quelques jours avant, j’ai décidé un samedi après-midi d’aller voir s’il en restait un peu. Comme je n’avais pas envie de faire beaucoup de route, j’ai choisi d’aller vers le Grand Echaillon. Je m’étais dit que neige ou pas, j’y trouverai bien une balade à faire. Au pied du col des Limouches, les conditions de circulation étaient annoncées délicates car il avait gelé les nuits précédentes et que les nuages étaient bas. Et effectivement, si la route était bien dégagée, j’ai rapidement vu la température chuter sur le thermomètre de la voiture. Mais, en descendant sur Léoncel, j’ai su que mon idée était bonne car les crêtes étaient blanchies et l’ambiance en haut s’annonçait magique.


J’ai laissé la voiture sur le parking de l’auberge. Le thermomètre indiquait -5°C et le vent soufflait fort. Sitôt descendue, j’ai cherché mes gants et m’apercevoir que j’avais oublié de les prendre. Je trouvais malgré tout dommage de ne pas profiter un peu des paysages complètement givrés autour de moi. Alors, j’ai resserré mon écharpe, remonté ma capuche, et glissé mes doigts dans mes manches. Les lieux étaient silencieux. Je me suis enfoncée dans la forêt, suivant un chemin que je connaissais. La neige était glacée, et avait emprisonné les traces de pas d’animaux. J’ai reconnu le cerf, le renard, le lièvre et le loup. Le vent faisait danser les troncs des grands arbres en un ballet hypnotique.





J’ai ensuite pris la direction de la bergerie. J’avais pensé aller longer la crête jusqu’au point de vue sur le plateau de Léoncel. Mais le brouillard se faisait de plus en plus présent, effaçant le paysage. Je me suis donc contentée de marcher jusqu’à la bergerie, m’émerveillant de la façon dont le vent et le froid avaient paré la nature d’une couche de magie.







J’ai fini par faire demi-tour au bout de plus d’une heure de balade dans la magie de ces paysages givrés. De retour à la voiture, mon seul regret a été que l’auberge n’était pas encore ouverte pour la saison car j’y aurais bien pris un thé au coin de la cheminée.
Le Grand Echaillon – Drôme – décembre 2023
Sur les sentiers enneigés au pied du Vercors
Le premier week-end de janvier, il a neigé sur le Vercors. J’avais un temps envisagé de retourner au Grand Echaillon mais un coup d’œil à la montagne par la fenêtre et à la webcam sur internet m’en avait découragé. En effet, les sommets étaient nimbés d’un épais brouillard, la neige tombait et les conditions de circulation étaient annoncées difficiles (d’ailleurs, des copains ont voulu y aller mais ont dû s’arrêter avant la station tant la route était glissante). Le lundi matin (comme exceptionnellement, je ne travaillais pas), quelques flocons voletaient dans l’air chez moi et je me suis dit qu’en allant vers le pied du Vercors du côté de Peyrus, je trouverais peut-être la neige. Ce secteur, bien que proche de chez moi, est en effet souvent plus froid et enneigé.

C’était une bonne idée car sitôt la sortie du village, les champs étaient couverts d’une pellicule blanche et la neige tombait plus fortement que chez moi. J’ai laissé ma voiture sur un emplacement de stationnement et je suis partie dans l’idée d’aller vers le Chemin des Moines (ce sont les premiers kilomètres du GR93). Si le début de ma balade s’est fait en suivant le balisage, j’ai bien vite bifurqué pour m’aventurer dans un sentier s’enfonçant dans les bois et éviter une marche sur route trop longue.

Tandis que l’averse de neige se densifiait, j’ai commencé à monter par ce chemin un peu escarpé. L’avantage, c’est qu’il m’a emmenée à l’abri du vent glacial, protégée par la colline sur laquelle j’avançais. J’ai continué à marcher, émerveillée par la forêt qui se couvrait peu à peu de neige, contrastant avec le vers des sapins et des genévriers. Le silence était total. Je n’entendais que le bruit de mes pas crissant sur la neige fraîche. L’instant semblait suspendu hors du temps. J’ai toutefois fini par faire demi-tour : l’heure du déjeuner approchait. En revenant à ma voiture, les routes avaient changé de couleur et on ne distinguait plus le bitume, entièrement blanchi. Cette fois, l’hiver semblait bien décidé à s’installer quelques temps !




Peyrus – Drôme – janvier 2024
Au dessus des nuages à la Croix de Chabreille
J’étais montée à la Croix de Chabreille il y a deux ans, après avoir cherché plusieurs fois le chemin pour arriver au sommet. Après d’importantes chutes de neige un début de semaine de janvier, je suis allée me promener dans le Vercors. Mon idée de départ était de pousser jusqu’au Grand Echaillon. Mais en montant vers le col des Limouches, je suis passée au dessus des nuages et la neige était déjà abondante. J’ai donc profité que le parking à proximité de Chabreille soit encore quasiment vide (il était encore tôt le matin) pour changer mon plan et décider d’aller à la Croix de Chabreille pour profiter de la mer de nuages sur la vallée du Rhône.

Après avoir hésité à prendre mes raquettes (cela aura son importance plus tard), j’ai finalement opté pour y aller sans. J’ai suivi le trajet que j’avais pris la dernière fois, traversant d’abord le champ où quelques familles sont déjà à pied d’œuvre pour enchainer les descentes en luge. Le soleil est encore assez bas et une bonne partie du pré est resté à l’ombre. Le soleil rasant fait briller la neige qui a glacé pendant la nuit.




J’avance donc dans la neige, à l’ombre. Toutefois, le relief me protège du vent et j’ai plutôt chaud tandis que je marche. Surtout que, vu que je n’ai pas pris mes raquettes, je me retrouve rapidement à devoir faire plus d’efforts pour avancer dans une neige bien poudreuse et dans laquelle je m’enfonce généreusement. J’ai presque à chaque pas de la neige largement au dessus des chevilles (et à certains endroits, j’en aurai même jusqu’au dessus du genou !). Je dois avouer qu’à ce moment-là, je regrette un peu d’avoir eu la flemme de risquer de devoir porter les raquettes à la main dans certains passages !

Malgré tout, la balade est agréable. Il fait bon, les paysages sont somptueux et je commence à apercevoir la mer de nuages sur la vallée du Rhône. Après avoir loupé le chemin qui mène au second pré puis à la montée, je dois cependant revenir un peu sur mes pas. Mais je récupère assez vite mon itinéraire. Et j’attaque la montée un peu raide en direction de la Croix de Chabreille. Assez vite, celle-ci se dessine sur l’horizon. Je suis au sommet et je prends un moment pour contempler le paysage, grandiose !





Pour redescendre, j’ai choisi cette fois de faire une boucle. Une fois arrivée à la croix, je suis redescendue de l’autre côté, suivant un chemin bien marqué qui m’a conduite jusqu’à la route. Il m’a ensuite suffi de la longer pour regagner le parking, tout en continuant à admirer le paysage couvert de neige !

Chateaudouble – Drôme – janvier 2024
Pour d’autres balades dans la neige en Drôme :
- Sur l’alpage de Font d’Urle (à la fin de l’hiver)
- Sur la colline de la Gontarde à Chabeuil
- Au dessus de Montvendre
- Vers les ruines de Château Rompu à Chateaudouble
- Sur les sentiers autour de Chabeuil
- Le long de la Véore
Et un peu plus loin, en Isère, sur le domaine nordique de Villard de Lans.
De magnifiques images pour cette promenade que l’on suit pas à pas … Mais sans raquettes, ni gants … Il faut dire qu’à Athènes il fait 19 et tous ces accsessoires me seraient inutiles …
C’est vrai qu’avec 19°C, ces accessoires seraient tout à fait superflus !
wouahhhouhhh, des clichés absolument splendides !! 🤩🤩
On aimerait bien marcher à tes côtés – mais en silence…
Merci 🙂 avec juste le bruit du vent, c’est parfait !_
Je rêve en admirant ces paysages à peine enneigés…
Vivement la fin du mois où j’aurai le plaisir de me rendre dans le Vercors du nord… en espérant qu’il y ait de la neige!!!
La neige est rare cet hiver… il est possible qu’il reneige dans les prochains jours mais ce n’est pas certain encore !
Ces paysages sont magnifiques ! Merci ;-)
Belle journée
Merci pour ton passage et bonne journée à toi aussi !
Superbe! merci de partager
Avec plaisir !
Que de risques pris: pas de gants, pas de raquettes…. LOL
Tes photos sont magnifiques!
1ere annee ou pas eu le moindre flocon de neige au village…. juste un peu de froid….
Merci pour ces belles balades 🙂
C’est ce que j’aime vivre dangereusement 😉
Pas eu beaucoup de neige non plus cette année…
Superbes paysages, magnifiques photos
Et quel courage sans les gants (tu as pu rentrer tes mains dans tes manches ? c’est la très frileuse en moi qui parle 😀 ), pour les raquettes, c’est vrai que l’idée de s’encombrer inutilement peut gâcher le plaisir, ce ne doit pas être toujours un choix simple à faire (je n’ai qu’une rando raquettes à mon actifs, Le Prince a presque regretté d’en avoir pris, vu la neige que nous avions, moi j’ai apprécié de les avoir, ainsi que Miss… même si nous avons dû les porter sur une partie du parcours…)
Pour les gants (ou plutôt leur oubli), oui, j’ai pu un peu glisser les mains dans mes manches mais très peu finalement car j’avais besoin de mes mains pour prendre les photos…
Pour les raquettes, j’avoue que je ne pensais pas qu’il y aurait une telle couche de poudreuse sur la montée vers le sommet, sinon, j’aurais pris les raquettes quitte à les porter en partie.
Merci pour ces balades ! J’aime tout particulièrement la première, superbes photos. Tu as su capturer un peu de magie et nous la faire partager ! Je me suis embarquée deux fois dans ma vie dans des randonnées où je me suis enfoncée ainsi dans la neige faute de raquettes : une fois dans le Sundgau en Alsace et une fois en Laponie. Nous avons été bien prudents alors et nous sommes restés sur les chemins balisés. Et bien ces deux rando avec la neige aux genoux restent parmi mes meilleurs souvenirs de balade, on en parle encore !
Je me méfie des longues marches dans la neige profonde sans raquettes depuis qu’après une belle journée, je me suis retrouvée quasi incapable de marcher et encore moins de monter un escalier tant j’avais de grosses courbatures dans les mollets !
C’est sûr, après ces balades-là nous avons bien dormi… et nous avons (re)découvert certains muscles, qui se sont manifestés plus ou moins douloureusement !
😉