[Drôme x Isère] 3 randonnées entre printemps et hiver dans le Vercors

Chaque année, c’est un peu la même chose : doucement, l’hiver laisse la place au printemps. La nature se réveille. La neige fond. Les fleurs commencent à pointer le bout de leur pétales. Les journées allongent et le soleil réchauffe tout. Cette demie saison, je l’aime beaucoup pour aller randonner. Il faut dire que de façon générale, j’aime quand dehors les saisons se télescopent, et c’est autour de l’hiver que c’est le plus net. Alors, cette année encore, je suis allée dans le Vercors, chercher les traces du printemps à la sortie de l’hiver.

arbre fleuri
Au bord des chemins, les épinettes en fleurs

Entre neige et soleil au col du Lion

Le premier week-end du printemps, j’ai eu le plaisir de pouvoir passer une journée avec Mr 2e et Melle 3e à la maison. Comme il faisait (enfin) beau après des semaines de pluie, nous avons eu envie de faire une balade. Melle 3e voulait de la montagne et de la forêt. Nous sommes donc partis dans le Vercors, en direction du Grand Echaillon et du col de la Bataille. La route est encore fermée au delà de la station de ski à cette période de l’année, mais il y a des promenades sympas à faire dans ce secteur. Nous sommes donc partis en direction du col du Lion. La balade a l’avantage d’être plutôt facile, et calme.

Dans le sous-bois, il restait encore un peu de neige dans les endroits les plus abrités. Forcément, Mr 2e et Melle 3e se sont sentis obligés de faire une bataille de boules de neige : même en grandissant, certaines choses ne changent pas. Nous avons ensuite continué jusqu’au col du Lion. Mais, contrairement à ce que j’ai l’habitude de faire, nous n’avons pas pris la route forestière mais un sentier (balisé jaune/vert) qui s’enfonce dans la forêt de Comblezine. A un moment, le chemin quitte le sous-bois pour longer une prairie. Nous y avons fait un arrêt assez long, profitant du soleil, admirant les crocus dans la lumière, observant les sommets environnants. Puis, nous avons longé la pâture avant de filer sur des sentes à peine marquées dans la forêt pour revenir au col du Lion par une boucle.

sommets enneigés à travers des branches d'arbres en hiver
Jouer à se repérer et nommer les sommets (ici le plateau d’Ambel)

(*) Les possibilités de randonnée dans le secteur du col du Lion/col de la Bataille/forêt de Comblezine sont nombreuses. Il est possible de trouver en ligne assez facilement des topos ou d’en construire un soi même en partant des cartes IGN. Notre petite boucle faisait environ 8 km sans aucune difficulté particulière, le genre de sortie parfaite pour prendre l’air tranquillement.

Quand l’hiver n’a pas dit son dernier mot au Grand Echaillon

Quelques jours après la promenade au col du Lion, la météo a changé avec le retour de la pluie, mais surtout de températures froides accentuées par un fort mistral. Il a donc reneigé sur les sommets. Alors qu’une semaine auparavant, je pensais avoir fait ma dernière sortie avec de la neige de la saison, je ne pouvais pas manquer de retourner profiter du manteau blanc encore une fois. Je suis donc allée au Grand Echaillon, m’arrêtant au niveau de la station. Les conditions étaient loin d’être printanières, tôt ce dernier samedi de mars. Avec le vent très fort, le ressenti était en dessous de -10°C. J’ai même exceptionnellement sorti mon bonnet !

chemin enneigé en forêt
L’hiver a décidé de jouer les prolongations cette année sur les plateaux du Vercors

Compte tenu de l’état de la neige, très dure et « croûtée », et des conditions météo pas très accueillantes, j’ai choisi de ne pas me charger avec les raquettes. Cela s’est avéré un bon choix car je me suis très peu enfoncée dans la neige et j’étais ainsi plus libre dans mes mouvements. J’ai choisi de partir en direction de la bergerie du Grand Echaillon, en suivant le balisage du circuit raquettes du même nom. J’ai fait quelques détours pour aller voir des points de vue sur la vallée. Je ne pensais pas rester longtemps mais finalement, je me suis promenée presque 1 heure et demie. Il faut dire que j’avais une tenue adaptée aux circonstances (du moins pour moi car sans doute que beaucoup auraient trouvé que « juste » une bonne polaire n’était pas suffisant), et je n’ai pas eu froid.

En arrivant au niveau d’une prairie, complètement enneigée, j’ai repéré quelques discrètes tâches de couleur. Les crocus qui étaient déjà sortis étaient recouverts par la neige dans un joli carambolage entre le printemps et l’hiver. J’ai eu un peu de mal à les prendre en photo. Du moins, jusqu’à ce ce que je me décide à m’allonger au sol (comme je le fais habituellement au printemps). Je n’ai pas trainé à prendre mes photos cependant pour ne pas attraper froid. Puis, je suis passée dans la forêt avant de rentrer à la voiture (où un thermos de café bien chaud m’attendait).

fleur de crocus dans la neige
Les crocus dans la neige
sapin enneigé
Il se pourrait bien que cette photo serve de base à ma carte de vœux 2027 !
(J’ai regretté de ne pas avoir quelques boules de Noël rouges dans mon sac ! )

(*) De nombreux chemins et circuits partent de l’auberge du Grand Echaillon. Attention, en hiver, avec la neige, certains sentiers estivaux ne sont pas praticables ou sont dangereux, tandis que d’autres itinéraires sont ouverts à travers les prairies pour la saison. Il convient aussi d’être vigilants aux pistes de ski de fond et aux skieurs qui les empruntent.
Le circuit raquettes de la bergerie du Grand Echaillon est un circuit facile d’environ 4 km. Avec les « petits » crochets que j’ai fait, je l’ai rallongé à un peu plus de 5 km.

En route vers le printemps à Villard de Lans

La semaine suivante, alors qu’on apercevait encore depuis Valence de la neige sur les plus hauts sommets du Vercors, j’ai eu envie d’une journée à la montagne. Comme nous étions le week-end de Pâques, il était hors de question de prendre l’autoroute. Cela limitait donc les possibilités au Vercors, et j’ai choisi de retourner à Villard de Lans. Cette fois, je voulais aller découvrir la cascade de la Fauge. Je l’avais en effet beaucoup vue passer sur les réseaux sociaux des copains au cours de la saison, et j’anticipais qu’avec la fonte des neiges, elle coulerait bien.

paysage de montagne enneigé
Il y avait encore de la neige autour de Villard de Lans

J’ai commencé la journée par un café au soleil sur une terrasse : on sentait vraiment que le printemps commençait à être présent. Cela m’a permis d’affiner l’itinéraire de la randonnée, et surtout son point de départ. Il existe différents topos pour la cascade de la Fauge, selon le site de randonnée que vous regardez. Celui que j’ai choisi débute à côté du lycée (où j’ai donc laissé la voiture). D’autres démarrent depuis le centre de la station ou depuis le petit village des Clots. Très vite, le chemin s’enfonce en sous-bois et la neige fait son apparition. J’arrive au pont des Amours, un charmant petit pont de bois qui traverse le ruisseau de la Fauge.

J’avoue que je ne pensais pas trouver encore autant de neige, surtout que je suis encore assez bas. Mais le chemin est sur un versant exposé au nord et cela se sent. La couche de neige est peu épaisse, très tassée mais surtout verglacée. La prudence est donc de mise. Le soleil déjà haut, traverse les branches des arbres pour venir déposer des jeux d’ombres sur la neige. C’est doux et poétique. En contre bas du chemin, j’entends le ruisseau chanter. C’est calme et apaisant.

J’arrive au niveau d’une bifurcation. Mon itinéraire continue normalement vers la droite mais la cascade est un peu plus loin sur la gauche. Je descends donc au fond du vallon, longeant le ruisseau. Arrivée à un petit pont enneigé, je devine la cascade derrière les arbres. Je m’approche. Elle tient ses promesses. Pas très haute, elle est vraiment charmante, tombant d’un arc de cercle dessiné dans la paroi rocheuse. Son débit à cette période de l’année est assez fort, et quelques stalactites de glace viennent parfaire le tableau. Ce n’est clairement pas la plus impressionnante cascade qui soit, mais elle a quelque chose qui la rend unique, et un peu magique.

Je reviens ensuite sur mes pas pour retrouver le chemin principal. Je prends encore un peu de hauteur avant d’arriver de nouveau à un petit pont permettant de traverser le ruisseau. La lumière à travers les frondaisons des arbres est fabuleuse, annonçant très clairement les beaux jours. Après avoir traversé le pont, j’entame la descente, alternant sur le chemin entre neige, boue de fonte et cailloux. Je retrouve le pont des Amours, mon « presque point de départ » avant de regagner à travers bois le parking du lycée. Il est l’heure de déjeuner alors je décide d’aller dans le centre de la station profiter d’une des nombreuses terrasses ensoleillées : l’hiver semble alors bien terminé et l’été en chemin !

petit pont en bois dans une forêt enneigée
J’aime beaucoup le charme romantique des petits ponts de bois qui jalonnent les sentiers en montagne
un ruisseau dans un sous bois enneigé
De retour au pont des Amours, je traverse le ruisseau de la Fauge

(*) La randonnée vers la cascade de la Fauge est accessible en été comme en hiver. Attention cependant, selon la saison, les conditions sur les chemins ne sont pas les mêmes, et les comportements et équipements à adopter varient. Quand j’y étais, il y avait toute une partie en neige glacée, mais aussi pas mal de boue et plusieurs gués de ruisselets de dégel tandis que par endroits les cailloux étaient bien présents. Pour trouver un topo pour aller à la cascade de la Fauge, vous pouvez rechercher dans votre appli de rando préférée ou bien suivre celui disponible à l’office de tourisme.
Celui que j’avais trouvé faisait environ 5 km, sans grande difficulté.

paysage de montagne avec une forêt de sapin et de la neige sur les sommets
Vue sur la barrière orientale du Vercors


Léoncel / Bouvante – Drôme
Villard de Lans – Isère
mars/avril 2026

[Drôme] 2 expositions à voir à Valence

En ce début de printemps, deux expositions que j’attendais sont programmées à Valence. Il y a d’une part l’exposition de dessins et peintures d’Hubert Robert et de Fragonard au musée de Valence, et d’autre part des photographies de Pierre de Vallombreuse au Centre du Patrimoine Arménien. Et pour une fois, je n’ai pas attendu leur quasi fin pour y aller, mais j’ai au contraire profité des premiers jours d’exposition (preuve s’il en fallait de mon impatience à les découvrir).

une sculpture de buste posée sur un manteau de cheminée, le regard tourné dos au visiteur
Rendez-vous au Musée de Valence

Hubert Robert & Fragonard – Le sentiment de la nature au Musée de Valence

Dire que j’attendais l’exposition Hubert Robert & Fragonard au musée de Valence est un euphémisme. Cela faisait plus d’un an que j’avais entendu qu’elle était en train de se monter, et même sans en connaître le sujet précis, j’avais hâte. Il faut dire qu’afficher ces deux peintres majeurs du XVIIIe siècle avait de quoi titiller ma curiosité.

Entrée de l'exposition Hubert Robert & Fragonard, le sentiment de nature au musée de Valence
L’entrée de l’exposition

Le choix de monter une exposition autour d’Hubert Robert semble assez naturel pour le musée de Valence. En effet, il possède l’une des plus importantes collections au monde d’œuvres du peintre (après Le Louvre et le musée de l’Hermitage de Saint Pétersbourg). C’est en visitant l’exposition que j’ai compris le choix de mettre l’œuvre d’Hubert Robert en dialogue avec celle de Fragonard. En effet, les deux artistes sont non seulement contemporains mais aussi se connaissaient très bien, avec des parcours qui se croisent tout au long de leurs carrières. Ils ont ainsi été tous les deux pensionnaires à Rome en même temps, et sont restés en contact jusqu’à la fin de leur vie.

Tableaux de Hubert Robert et de Fragonard
Chaque tableau nous plonge dans une vision idéalisée de la nature

Que ce soit pour Hubert Robert ou pour Fragonard, la nature a été une grande source d’inspiration. Il est intéressant de voir comment l’un et l’autre traitent le même sujet, ce qu’ils mettent en avant, comment ils composent le tableau qu’ils dessinent. L’exposition met vraiment en avant le parallélisme de leur travail, s’appuyant sur les similitudes mais aussi les différences. La diversité des formats proposés ainsi que le fait de mêler dessins et peintures, croquis et sujets achevés appuie les ressemblances de traitement entre les deux peintres tout en soulignant les écarts.

J’ai vraiment apprécié cette exposition qui immerge le visiteur dans la représentation de la nature au XVIIIe siècle à travers le regard de deux artistes qui se complètent. On y découvre aussi les frémissements de la naissance du Romantisme, particulièrement dans l’œuvre d’Hubert Robert.

Les temps modernes – photographies de Pierre de Vallombreuse au Centre du Patrimoine Arménien

Le Centre du Patrimoine Arménien propose régulièrement des expositions photographiques de qualité. Cette fois, ce sont des photos de Pierre de Vallombreuse prise sur une île des Philippines au fil des années. Au coeur d’une vallée sauvage de l’île de Palawan, le photographe a suivi pendant presque 40 ans l’évolution du quotidien de la tribu autochtone des Tau’t Batu. Dans une scénographie immersive, l’exposition présente une sélection d’images prises au fil des années. Elle documente les changements opérés dans le temps, la fin de l’isolement de la vallée, l’arrivée d’une modernisation avec ses dérives.

Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse. Entrée de l'exposition

Ce qui m’a frappé en premier, c’est la composition impeccable des photographies de Pierre de Vallombreuse. Chaque fois, l’humain est présenté comme minuscule face à l’immensité de la canopée de la forêt primaire. Affichées en grands formats, l’impression de plonger dans les images est fascinante. Mais assez vite, quelque chose m’a dérangée dans la scénographie de l’exposition, dans le choix des textes affichés, dans la présentation qui accompagne et contextualise les photos.

dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.
Immersion sous la canopée un jour de pluie
dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.
Se retrouver plongé dans la forêt primaire de l’île de Palawan aux Philippines

Je n’ai pas réussi à me départir d’une sensation étrange où tout est présenté à travers un prisme occidentaliste. Presque immédiatement, c’est la pensée de Rousseau, et de son homme à l’état de nature, ou encore de Diderot et son Supplément au voyage de Bougainville qui s’impose à moi. J’ai l’impression que le mythe de bon sauvage s’écrit une nouvelle fois. En y repensant, j’ai eu ce sentiment que j’étais en train de regarder une version photographique de Tristes tropiques de Claude Lévi Strauss, avec les mêmes réticences que j’avais eues à la lecture de l’ouvrage de l’ethnologue.

dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.
dans l'exposition Les temps modernes, Palawan, Philippines. Pierre de Vallombreuse.

En dépit de cela, le travail de documentation de Pierre de Vallombreuse est notable. On visualise les changements. On devine la catastrophe écologique, et économique sur cette région. J’aurais juste préféré que le propos associé aux images soit plus nuancé, plus neutre. Ce n’est pas la première fois que j’ai cette impression d’une présentation très occidentalo-centrée autour d’un témoignage artistique sur un peuple autochtone dans une exposition au Centre du Patrimoine Arménien. En effet, lors de ma visite de l’exposition de Julien Lombardi en 2024, les explications du médiateur m’avaient déjà laissé ce sentiment.

2 tirages de la même photo, un en noir et blanc, l'autre en couleurs
J’ai bien aimé cette présentation de deux tirages de la même photo qui prouve à quel point le fait que ce soit en noir et blanc ou en couleur influe sur la lecture de l’image et la potentielle narration associée.
Dans l’exposition, le noir et blanc est utilisé pour l’avant, évoquant une période de bonheur simple, tandis que la couleur est utilisée pour le maintenant, évoquant le progrès destructeur.
"La route qui mène au pied de la Vallée sera bientôt achevée. Ce jour-là, on travail prendra fin"
Le choix de cette citation de Pierre de Vallombreuse résume à lui tout seul la façon dont j’ai perçu le traitement du sujet de l’exposition, cette impression de « c’était mieux avant », ce sentiment de nostalgie d’une époque où la modernité n’avait pas encore perverti un peuple isolé…

Informations pratiques

  • L’exposition « Hubert Robert & Fragonard – Le sentiment de la nature » est présentée jusqu’au 21 juin 2026 au Musée de Valence. Les informations pratiques pour la visite, ainsi que la programmation associée à l’exposition, sont à retrouver sur le site internet du musée.
  • L’exposition « Les temps modernes. Palawan, Philippines » des photographies de Pierre de Vallombreuse est proposée jusqu’au 20 septembre 2026 au Centre du Patrimoine Arménien à Valence. Les informations pratiques pour la visiter sont disponibles sur le site internet du CPA.


Valence – Drôme – mars 2026

[Rhône] une soirée à l’Opéra de Lyon

Il y a une quinzaine de jours, je suis allée à Lyon pour passer une soirée à l’Opéra. L’idée était venue quelques semaines avant, suggérée par Mademoiselle 3e qui avait vu des affiches qui avaient piqué sa curiosité. Quand elle m’en a parlé, je n’ai pas hésité longtemps et nous avons pris des places pour une soirée en semaine (une des seules dates où il restait des places et où nous étions toutes les deux disponibles). J’avais pris une journée de congé aussi, je suis arrivée à Lyon dans l’après-midi. Il faisait froid mais entre deux giboulées, le soleil brillait. J’en ai profité pour me balader sur la Presqu’île et y faire les boutiques. Je pense que cela ne m’était pas arrivé depuis que j’étais étudiante !

Un cocktail en rooftop

Avec Melle 3e, nous nous sommes retrouvées à 18.00 devant l’opéra de Lyon. Nous avions en effet prévu d’aller prendre un verre et grignoter un morceau au bar Les Muses. Ce bar est situé dans le bâtiment de l’opéra et on peut y profiter d’une terrasse avec une belle vue sur la ville. J’avais vu de nombreuses fois passer des photos sur les réseaux sociaux, et y admirer le coucher de soleil semblait assez magique. Je dois avouer que nous n’avons pas été déçues. Nous avons pu bénéficier d’une table sur la terrasse. Et, malgré la température plutôt fraîche (à l’heure où nous y étions, il devait faire 6 ou 7°C), nous avons apprécié le moment.

(*) Le bar Les Muses est situé dans l’Opéra de Lyon. L’accès se fait par ascenseur directement depuis le péristyle, et ne nécessite pas d’avoir un billet de spectacle. Le bar est ouvert uniquement en soirée du mercredi au samedi, ainsi que le samedi après-midi. La carte propose un joli choix de boissons, dont une belle sélection de cocktails sans alcool, et quelques tapas à partager à l’heure de l’apéritif. Des plaids sont disponibles pour se réchauffer sur la terrasse. Ils sont les bienvenus, surtout une fois le soleil couché.


En avant spectacle (et à l’entracte s’il y en a un), il est aussi possible de prendre un verre dans le foyer de l’opéra de Lyon, qui a gardé son décor XIXe siècle. Il n’y est cependant pas possible de s’y assoir.

foyer de l'opéra de Lyon
Sous les ors du foyer de l’opéra de Lyon

Un lieu surprenant

Une fois entré dans le bâtiment, ce qui frappe, c’est son architecture. En effet, à la fin des années 1980/début des années 1990, l’architecte Jean Nouvel a imaginé et livré un projet d’agrandissement de l’ancien Grand Théâtre de Lyon. Il n’a conservé que les façades et le foyer du bâtiment d’origine. Il a également surélevé l’ensemble avec une immense verrière, donnant au lieu sa silhouette si particulière. Les circulations sont agréablement pensées, entre escalators étroits, escaliers métalliques d’inspiration industrielle et couloirs capitonnés de rouge (subtil rappel aux couleurs traditionnelles des théâtres et salles de spectacles classiques). L’ensemble dégage une puissance quasi organique. Quant à la salle de spectacle, d’une jauge de 1100 personnes, ses tons noirs contrastent avec ce que l’on a l’habitude de voir dans les opéras et théâtres à l’italienne parés de velours rouges, de stucs et d’ors. L’acoustique y est travaillée et la visibilité de la scène bien pensée avec des sièges disposés en quiconque au parterre.

vue de l'opéra de Lyon depuis la place Louis Pradel
La silhouette de l’Opéra de Lyon mélange clacissisme et architecture contemporaine.

Place au spectacle

L’opéra de que nous sommes allées voir est Manon Lescaut de Puccini. Le livret est directement inspiré du roman de l’Abbé Prévost. Manon, jeune femme à la très grande beauté, oscille entre un amour passionnel pour le chevalier des Grieux et l’intérêt matériel. En face, des Grieux se morfond d’amour, sans se rendre compte de l’influence néfaste de Manon sur sa vie. Il finit exilé, ruiné et malheureux. Si vous me demandez si j’ai apprécié le roman, la réponse sera immédiate : pas du tout ! Je trouve que Manon est un des personnages féminins les plus exécrables de la littérature française (avec en prime toute la misogynie même pas déguisée de l’auteur) et que des Grieux est l’un des personnages masculins les plus pathétiques de la littérature française, se laissant entraîner dans de sombres affaires par amour pour Manon qui ne le regarde que lorsque cela l’intéresse. De plus, je ne suis pas particulièrement fan d’opéra, et sans doute encore moins des partitions italiennes de la fin du XIXe siècle (Rossini, Puccini, Verdi, Bellini…). Je crois que je leur préfère les opéras allemands, plus directs. Bref, on ne partait pas sur une bonne base pour cette soirée.

Cependant, j’ai passé un très bon moment. Le spectacle durait 2h45 (dont 35 minutes d’entracte), et je n’ai pas vu le temps passer. Les décors et la mise en scène étaient vraiment très réussis, plongeant le spectateur dans les différentes ambiances des 4 actes de l’opéra. Quant aux artistes, tant dans l’orchestre que sur scène, ils ont su rendre le moment exceptionnel. Assister à un opéra « en vrai » n’a rien à voir avec l’écouter sur un enregistrement. Lors d’une représentation, il y a une dimension supplémentaire à la musique, et rien que pour cela, j’ai apprécié ma soirée.

Le salut des artistes à l'issue de la représentation de Manon Lescaut à Lyon le 26 mars 2026
Le salut des artistes


Lyon – Rhône – 26 mars 2026

giboulée de mars dans une rue de Lyon
Giboulée de mars
Derrière l’hôtel de ville – Lyon – mars 2026

[Haute-Savoie] 6 activités pour profiter d’Annecy et ses environs

Après plusieurs années dans la vallée de l’Arve, Mr 2e a emménagé il y a quelques mois à Annecy. Nous avons eu un peu de mal à caler nos agendas respectifs pour trouver un week-end où ni l’un ni l’autre n’avions quelque chose de prévu. C’est finalement fin février que je suis allée lui rendre visite. Il en a profité pour me faire découvrir ses endroits favoris : boutiques, points de vue, balades. A mon tour, je vous propose quelques idées pour passer un week-end agréable à Annecy.

vue sur le lac d'Annecy
Vue sur le lac d’Annecy

Une promenade en ville

J’avais déjà plusieurs fois eu l’occasion de me balader dans les rues d’Annecy. C’était cependant la première fois que je le faisais en hiver. Force est de constater qu’il y a moins de monde qu’aux beaux jours (et pourtant, nous étions en pleine période de vacances scolaires et de chassé-croisé vers les stations de ski des Alpes). Nous avons zig-zagué dans les petites rues, nous laissant guider par le hasard et les petits coins que Mr 2e voulait me montrer (tous ne sont pas touristiquement intéressants, mais c’était en lien avec des anecdotes personnelles qu’il m’avait racontées).

Annecy est parcourue de canaux et comme il faisait beau ce jour-là, c’était très agréable. Nous avons ainsi profité d’une terrasse de café juste au bord du Thiou pour une pause en milieu d’après-midi. Après un hiver riche en pluie et alors que la douceur des températures faisait fondre la neige des sommets, le courant était fort dans la petite rivière.

la rivière Thiou dans le centre d'Annecy
Faire une pause au soleil au bord du Thiou

Une balade au bord du lac

Le premier jour, j’étais arrivée un peu plus tard que ce que j’avais prévu en raison de bouchons sur la route (initialement, je devais venir en train mais un éboulement bloquait la circulation des TER entre Valence et Grenoble). Aussi, nous avions directement commencé par une très bonne fondue savoyarde dans une brasserie. Après cela, une balade digestive était de mise. Nous sommes donc partis le long du lac, en passant par le jardin de l’Europe, le pont des Amours, et le Pâquier. Nous avons continué jusqu’au niveau du port, profitant des vues sur les montagnes environnantes tout en discutant.

ponton au bord du lac d'Annecy avec des goélands posés dessus
Tout au long du lac d’Annecy, les points de vue sur les montagnes sont fantastiques
vue sur les montagnes depuis le bord du lac d'Annecy
Face à l’Impérial Palace, point d’arrivée de notre balade
vue sur les montagnes depuis le bord du lac d'Annecy
Le Pâquier, le lac et les montagnes, une vue typique d’Annecy

Une visite au château

Après avoir de nouveau flâné dans les petites rues du centre ville, nous sommes montés jusqu’au château. Comme il était ouvert, nous avons décidé d’y faire un tour. Le château d’Annecy a été construit par phases successives entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Au XIXe siècle, c’est une caserne et il s’en faut de peu que des travaux d’aménagements ne viennent détruire les plafonds anciens. Devenu propriété de la ville, il a été progressivement transformé en musée à partir des années 1950. Actuellement, il est de nouveau en travaux pour un réagencement complet du parcours muséographiques. Certaines salles sont donc inaccessibles et nous n’avons pu en voir qu’une partie. Les salles que nous avons vues s’articulaient autour de la représentation des paysages alpins et de la nature, avec une bonne part d’art contemporain.

cour du château d'Annecy
Dans la cour du château d’Annecy

Une randonnée sur les pentes du Semnoz

Le dimanche matin, nous voulions aller au sommet du Semnoz, encore enneigé pour y faire une balade. Le soleil brillait et nous n’étions clairement pas les seuls à avoir eu cette idée. Les bouchons dans la montée laissaient présager un parking complet en haut, aussi nous avons décidé de faire demi-tour et de nous arrêter pour une petite randonnée dans la forêt. Mr 2e connait assez bien maintenant le secteur, où il va assez souvent. Aussi, je l’ai suivi sans vraiment prêter attention à l’itinéraire. En fin d’hiver, la forêt est encore très lumineuse et c’est à peine si on devinait l’approche du printemps. Nous avons suivi des sentiers jusqu’à arriver à un point de vue sur le lac que l’on devinait à travers les arbres. J’ai vraiment apprécié cette parenthèse forestière à deux pas de la ville.

route forestière
Au départ, nous avons suivi une route forestière
sentier dans la forêt
Depuis la forêt des pentes du Semnoz, on devine les sommets de l’autre côté du lac d’Annecy à travers les arbres encore dépourvus de feuilles.

Un tour dans les montagnes

Difficile de venir à Annecy et de faire l’impasse sur les montagnes. Elles entourent la ville et le lac. Et en fin d’hiver, les sommets enneigés donnent envie d’aller y faire un tour. Comme nous n’avions pas pu monter au Semnoz le dimanche matin, nous sommes partis du côté des Aravis le dimanche après-midi. Nous avons emprunté la route qui monte de Veyrier du Lac vers Alex puis Thônes. Tout au long du trajet, j’ai été subjuguée par les paysages (et pour une fois que je ne conduisais pas, je pouvais encore plus en profiter). Nous avons fait un premier arrêt dans le petit village d’Alex, puis nous avons repris la route vers Thônes où nous avons fait une belle promenade en montant jusqu’au château.

falaises calcaires dans les Aravis
vue sur les montagnes depuis le village d’Alex
le village de Thônes entouré de montagnes
Les pentes du massif des Aravis sont encore bien enneigées
le village de Thônes entouré de montagnes
Balade dans le village de Thônes

Une soirée à la patinoire

Je dois avouer que le choix de la date de mon week-end à Annecy, en plus de nos contraintes d’agendas respectifs, avait été choisie parce que le samedi soir, le match de hockey opposait les Chevaliers du Lac d’Annecy aux Lynx de Valence. Comme Mr 2e et moi-même souhaitions retourner voir un match ensemble, l’occasion était trop belle pour la manquer. Nous avons donc passé la soirée à la patinoire dans les gradins à encourager les Lynx (et je peux vous dire qu’il y avait assez peu de spectateurs pour les valentinois). La patinoire d’Annecy est beaucoup plus grande que celle de Valence (environ 1500 places à Annecy contre – de mémoire – environ 400 à Valence). Par contre, nous y avons trouvé l’ambiance dans les gradins plus « molle ». Mais aller voir un match de hockey reste une chouette activité à partager !

Sur la glace, les chevaliers du lac vs les Lynx


Annecy – Haute-Savoie – février 2026


Informations pratiques

  • Pour manger des spécialités savoyardes, direction la Brasserie Savoyarde, quai Perrière à Annecy. Le service y est continu et efficace, les tarifs corrects, et la fondue était vraiment bonne et généreuse.
  • Le lac est bordé de voies douces, il est donc facile de s’y promener à pied (ou à vélo). La balade que nous avons faite du quai Perrière à l’Impérial Palace en passant par les jardins fait environ 2 km aller.
  • Le château-musée d’Annecy reste ouvert pendant les travaux actuellement en cours avec un parcours de visite restreint (et un tarif réduit). Les informations pratiques sont à retrouver sur le site internet des musées d’Annecy.
  • Sur le Semnoz et tout autour du lac, vous pourrez trouver de nombreux sentiers de randonnée, parfois même aux portes de la ville. Le site de l’office de tourisme référence beaucoup de balades plus ou moins engagées.
  • Thônes est la capitale du reblochon fermier. Il était donc impensable de repartir sans avoir fait quelques emplettes. La coopérative de producteurs Le Farto est très réputée. Nous y avons acheté des reblochons excellents et à un prix plus que raisonnable. J’avais aussi pris un morceau de tomme de Savoie, qui ne m’a pas déçue non plus.
  • Le programme des matchs des Chevaliers du Lac, l’équipe de hockey d’Annecy, est disponible sur leurs réseaux sociaux.

Pour d’autres idées à Annecy et dans les environs, vous pouvez aller voir les articles que j’avais écrit suite à un précédent séjour :

[Rhône] une journée autour de la Cité Internationale à Lyon

Certains d’entre vous le savent déjà, j’ai longtemps travaillé à Lyon. Mais, prise dans le tourbillon de mon quotidien professionnel, je fréquentais souvent les mêmes lieux, les mêmes rues. Et je n’avais pas le courage de retourner à Lyon le week-end. Depuis 2 ans, je ne vais plus chaque jour à Lyon, et j’y vais donc avec plaisir pour m’y balader ou y profiter de l’offre culturelle (même si dans la Drôme, il y a aussi plein de belles propositions). C’est pour découvrir les nouvelles expositions du macLyon que j’y suis allée cette fois, et je me suis aussi baladée dans les environs de la Cité Internationale.

la cité internationale à Lyon
La Cité Internationale de Lyon a été bâtie à la fin des années 1990/début des années 2000 sur le site de l’ancienne foire de Lyon. L’ensemble a été conçu par l’architecte Renzo Piano, et s’articule autour d’une rue piétonne interne. La Cité Internationale abrite des hôtels, un centre de congrès et spectacles, des salles de cinéma, des restaurants et des bureaux, ainsi que le Musée d’Art Contemporain de Lyon.

Une visite au Musée d’Art Contemporain

Redécouvrir le macLYON

Il suffit parfois d’une occasion pour retourner dans un quartier où on n’a pas mis les pieds depuis plusieurs années. C’était mon cas avec la Cité Internationale. La dernière fois que j’y étais allée, c’était il y a une dizaine d’années pour une soirée de gala à l’amphithéâtre 3000, et je n’avais pas vraiment flâné. La fois précédente remontait à la fin des années 1990. Le quartier était encore en construction, mais le Musée d’Art Contemporain (dit macLYON) venait d’ouvrir ses portes et j’étais venue le visiter. Et je n’y étais pas retournée depuis.

façade du Musée d'Art Contemporain de Lyon
La façade Art Déco du macLYON est celle de l’ancien palais de la foire, qui a été conservée.

C’est à l’invitation de IgersLyon et du macLYON que je suis venue pour découvrir les 3 nouvelles expositions temporaires. Le musée a en effet cette particularité de ne pas exposer de collections permanentes (même s’il possède un fonds d’œuvres), et de proposer uniquement des expositions temporaires avec généralement deux rotations annuelles. Un nouveau cycle d’expositions a été inauguré le 6 mars dernier, et j’ai eu la chance de les parcourir dès le lendemain avec un médiateur en visite guidée.

Truck, installation d’Eric Wurm en 2007
espace living du macLYON
Au macLYON, des espaces permettent de réaliser des activités en famille, de consulter des livres ou encore de faire une pause.

Encore lui ! – Jean-Claude Guillaumon

La première exposition est une monographie de Jean-Claude Guillaumon, intitulée Encore lui !. Elle propose un regard sur l’œuvre de cet artiste lyonnais autodidacte et peu connu du grand public. Dessinateur industriel de profession, proche du mouvement Fluxus (qui milite pour l’abolition des frontières de l’art), il a débuté en faisant des happenings dans les années 1960, apportant un vent de nouveauté dans la scène artistique lyonnaise. Au cours des années 1970, épaulé par son épouse Colette, il se met en scène dans des séries photographiques portant un regard à la fois acerbe et plein d’humour sur l’art, en particulier contemporain, et la société de façon plus générale. Loin du selfie façon XXIe siècle, Jean Claude Guillaumon ne se met pas au centre de ses productions pour des raison égotiques mais pour au contraire désacraliser la place de l’artiste et tourner en ridicule la vanité qui l’accompagne.

Attention vous marchez dans l'art - panneau en carton par Jean Claude Guillaumon
Dès l’entrée de l’exposition, le ton est donné
N'allez pas contredire l'artiste vous passeriez pour un imbécile  - panneau en carton par Jean Claude Guillaumon
« N’allez pas contredire l’artiste vous passeriez pour un imbécile »
Un avertissement en forme de pied de nez à la pédanterie des artistes
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Jean Claude Guillaumon explore de nombreux formats photographiques, en bande façon photomaton ou en tirage simple
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Je ne savais pas encore que Jean Claude Guillaumon était dessinateur industriel quand j’ai vu cette œuvre, mais j’ai immédiatement pensé à la correspondance des vues en dessin technique.
(Et je suis donc très surprise que mes cours de dessin industriel aient pu me servir à quelque chose une trentaine d’années après ! )
Photos de et par Jean Claude Guillaumon
Les oeuvres ne sont pas captives de leurs cadres mais envahissent le monde comme devrait le faire l’art.
Installation vidéo et plastique autour d'un jeu de go par Jean Claude Guillaumon
Dans la lancée des happenings, Jean Claude Guillaumon a aussi fait des captations vidéo comme cette partie de go un peu particulière, qu’il met ensuite en scène dans une installation.
Papier peint Jean Claude Guillaumon
Ce papier peint « Jean Claude Guillaumon » reprend la figure hypnotique de l’artiste (et me fait penser au papier peint des Renés d’Hervé Di Rosa au musée de Valence en 2022)

Regards sensibles – œuvres vidéo de la collection Lemaire

Isabelle et Jean-Conrad Lemaire ont constitué au fil des années l’une des plus importantes collections privées d’art vidéo en France. Les œuvres qu’ils ont acquis couvrent la période de 1984 à 2025. Ils ont fait don de cette collection au macLYON de façon récente. Dans cette collection, la commissaire d’exposition a imaginé un parcours à travers une sélection d’œuvres, les faisant ainsi dialoguer. La scénographie invite le visiteur à s’assoir pour regarder les vidéos proposées, dont la durée varie de quelques minutes à une demi-heure. Je dois avouer que l’art vidéo est sans doute celui qui a le plus de mal à me toucher. J’ai souvent du mal à interpréter l’intention de l’artiste, et j’analyse l’œuvre plus que je ne la ressent. Mais quelquefois, une œuvre vidéo trouve un écho en moi et m’émeut. Ca a été le cas pour Les Indes Galantes, une vidéo de Clément Cogitore, qui met en scène des danseurs dans une battle hip hop sur la musique de Rameau, et qui a été un vrai coup de cœur.

exposition Regards Sensibles au macLyon
Regardez bien, les mains d’Alexis le médiateur font écho à l’œuvre qui se joue dans son dos
exposition Regards Sensibles au macLyon
La scénographie de l’exposition est une vraie réussite
exposition Regards Sensibles au macLyon
Si l’œuvre vidéo m’a laissée perplexe, j’ai beaucoup aimé la douceur qui se dégageait de l’installation avec cette lumière bleutée.

Peinture froide – Giulia Andreani

Au troisième étage du musée, la peinture froide de Giulia Adreani nous emmène dans un univers monochrome. En effet, l’artiste peint uniquement avec du gris de Payne, un gris bleuté créé au XVIIe siècle par un aquarelliste anglais et utilisé généralement pour les ombres et les effets de profondeur. L’utilisation qu’en fait Giulia Andreani donne un rendu très froid, créant une distance entre le spectateur et le tableau, figeant dans une dimension quasi photographique les scènes représentées. Parmi les thématiques, on note une forte interrogation sur la place des femmes, tantôt invisibilisées, tantôt mises en valeur. L’artiste s’attache aussi à revisiter les esthétiques des images de propagande des régimes totalitaires. L’ensemble porte un regard interrogatif sur l’impact politique de l’iconographie, et le souvenir laissé dans la mémoire collective.

œuvres de Giulia Andreani
Questionnement sur la place de la femme dans le monde, en particulier artistique
œuvres de Giulia Andreani
Luttes politiques
œuvres de Giulia Andreani
Questionnement sur la place de la femme dans le monde, en particulier artistique
œuvres de Giulia Andreani
Une œuvre monochrome avec un fort impact


Informations pratiques :

  • Les horaires et tarifs de visite du Musée d’Art Contemporain sont disponibles sur le site internet du macLYON.
  • Les 3 expositions dont je parle ici sont présentées jusqu’au 12 juillet 2026.
  • Le macLYON sera ensuite fermé pour préparer les expositions de la prochaine Biennale d’Art Contemporain.

(*) J’ai été invitée (collaboration commerciale non rémunérée) au Musée d’Art Contemporain de Lyon.

tote bag du macLYON avec l'inscription l'art contemporain, j'ai rien compris : j'ai adoré !
Coup de cœur pour le tote bag du macLYON


Une promenade au parc de la Tête d’Or

La Cité Internationale de Lyon est situé juste en lisière du parc de la Tête d’Or. S’il m’est arrivé de temps en temps de faire un tour au parc, c’était plutôt du côté opposé, vers les serres et le jardin zoologique. J’ai donc profité d’être à la Cité Internationale pour aller me balader dans les allées du parc en bordure du lac. Comme j’y étais début mars, c’était la pleine floraison des différentes variétés de jonquilles mais aussi des magnolias (et dans quelques semaines, c’est la roseraie qui sera en fleurs). Cette version printanière du parc de la Tête d’Or est l’une des plus belles, et je n’ai pas manqué de faire beaucoup (trop) de photos.

jonquilles
Les pelouses étaient couvertes de jonquilles
cygne et reflets de branches sur un lac
L’un des cygnes du lac
pont couvert en bois au parc de la Tête d'Or à Lyon
J’avais découvert Lyon lors de mon premier stage quand j’étais étudiante, et j’étais complètement tombée sous le charme de ce pont en bois. J’y avais d’ailleurs à l’époque fait quelques séries de portraits.


Lyon – Rhône – mars 2026


magnolias en fleurs devant la bourse de commerce de Lyon
En passant sur la Presqu’île après ma journée autour de la Cité Internationale, j’ai pu admirer les magnolias en fleurs devant le bâtiment de la bourse du commerce à Cordeliers

[Drôme] le printemps autour de Valence

Cette année, le printemps est arrivé de bonne heure. Comme les années précédentes, je suis allée profiter des premières fleurs dans les environs immédiats de Valence. Morceaux choisis en mode portfolio.

verger en fleurs
Au cœur des arbres fruitiers en fleurs

Les vergers en fleurs

Dès la fin du mois de février, les vergers étaient en fleurs. En quelques jours, les champs sont passés des arbres nus à une floraison éclatante. Sur mon trajet quotidien, il y a des vergers et je les voyais évoluer de jour en jour. Aussi, le dimanche matin suivant, j’ai profité d’un beau rayon de soleil pour aller marcher le long des petites routes, en pleine campagne. Comme chaque année, j’ai fait des dizaines et des dizaines de photos. Comme chaque année, j’ai eu du mal à n’en sélectionner que quelques unes à vous montrer.

fleur d'arbre fruitier
fleurs de pêcher
fleurs de pêcher
fleurs d'abricotier
fleurs d'abricotier
fleurs d'abricotier
fleurs d'abricotier

Les orchidées au bord du Rhône

Après avoir longuement arpenté les vergers, j’ai eu envie d’aller voir si les orchidées sauvages étaient fleuries le long du Rhône. Je suis donc partie vers le barrage de Bourg lès Valence. Je n’étais pas complètement convaincue que j’en trouverais même si au cours de la semaine précédente, j’avais aperçu quelques spécimens d’orchis géants sur le bord de la route du côté de l’Epervière. C’est donc avec un plaisir mêlé de surprise que j’ai découvert que non seulement, il y avait quelques orchis géants mais en plus, les petits ophrys de mars étaient aussi sortis.

orchis géant
ophrys de mars
ophrys de mars
ophrys de mars
Certains individus parmi les ophrys de mars présentaient une légère variation chromatique
ophrys de mars
ophrys de mars


Chateauneuf sur Isère / Bourg lès Valence – Drôme – 1er mars 2026


Pour découvrir d’autres idées de balades printanières dans les environs de Valence, je vous suggère :

Et bientôt, ce sera le retour de la floraison des iris, des coquelicots, des orchidées sauvages dans le Vercors ou dans le massif de Crussol, des fleurs sauvages sur l’alpage de Font d’Urle… Le printemps ne fait que commencer !

[projet 52-2026] semaine 11 – dans la cuisine

Cette semaine, le projet 52 nous emmène dans la cuisine. J’ai eu pas mal d’idées, entre la vaisselle, ou des préparations culinaires. Il faut dire que depuis quelques semaines, je prends pas mal de plaisir à préparer des gâteaux pour mes collègues qui les apprécient grandement. Mais comme je ne veux pas que cela devienne une routine, je n’en ai pas fait cette semaine (en plus, je n’avais plus d’œufs). Et, je n’avais pas pensé à prendre ceux des dernières semaines en photo. Finalement, j’ai choisi de vous montrer ce que j’ai ramené de mon week-end en Haute Savoie. Nous avons fait un tour à Thones, qui se trouve être la « capitale » du reblochon fermier. Impossible donc de rentrer les mains vides ! Nous avons fait un arrêt à la coopérative de producteurs Le Farto, une institution dans la région. Là, nous avons acheté plusieurs reblochons ainsi que de la tomme de Savoie. De quoi se régaler une fois de retour à la maison, et préparer de bons petits plats dans la cuisine.

reblochon fermier dans son emballage


Pour découvrir ce qu’il se passe dans la cuisine des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[Ardèche] 2 cascades à voir seulement après de fortes pluies

Comme vous le savez peut-être déjà, j’aime beaucoup les cascades. Depuis toujours, je les trouve fascinantes et je ne me lasse pas de découvrir de nouvelles chutes d’eau. Certaines de ces cascades sont toutefois compliquées à voir, même si elles peuvent être faciles d’accès. En effet, certaines ne coulent que de façon intermittente, seulement après de très fortes pluies. Les voir en eau nécessite une bonne part de chance. Et on peut dire que j’en ai eu de la chance : à quelques jours près, j’ai bien failli les voir à sec.

cascade de Rochecolombe en eau
La magique cascade de Rochecolombe

Le Gour de la Sompe, une cascade cachée

Dans la forêt de chênes verts, une approche épique

J’avais vu sur les réseaux sociaux que le Gour de la Sompe coulait après de nombreux jours de pluie et je m’y suis donc rendue le samedi suivant. J’avais repéré qu’elle était sur la commune de Lagorce mais j’avoue que je n’avais pas vraiment cherché avec précision comment m’y rendre. A posteriori, je m’aperçois que c’était une grosse erreur. En effet, la direction de la cascade du Gour de la Sompe n’est indiquée nulle part. La seule indication que j’avais consistait en un parking au bord de la route, une vague direction et une amie qui m’avait dit qu’il fallait compter un aller-retour d’environ 4 km pour s’y rendre.

chemin dans la campagne ardéchoise
Ca partait plutôt bien avec un chemin facile

Si, avant de partir, j’avais pris la peine de poser les choses comme je l’ai fait là, je me serais bien rendue compte que c’était une très mauvaise idée. J’ai trouvé sans problème le parking au bord de la route. Le chemin au départ était bien net et facile, je n’ai pas eu de mal à le suivre. Dès le départ il y avait des gués à passer sur des ruisseaux bien gonflés des dernières pluies, mais en dehors d’en ressortir les pieds mouillés, aucune difficulté. C’est après que tout s’est compliqué. Absorbée dans la contemplation du paysage, j’ai loupé une bifurcation. M’éloignant un peu trop de là où je devais me rendre, j’ai fait demi-tour pour retrouver le « bon » chemin…. que j’ai de nouveau manqué, prenant un autre chemin menant à une autre combe que celle où je voulais aller. C’est en arrivant face à un pierrier que je me suis dit que ça ne collait pas.

pierrier dans la forêt de chênes verts
Quand la carte voudrait te faire croire qu’il y a un chemin…

J’ai continué un peu à descendre mais l’orientation que prenait la trace ne me convenait pas. J’ai finalement fait demi-tour pour revenir au grand chemin principal pour revenir vers là où je pensais m’être trompée. Et c’est quelques centaines de mètres plus loin que j’ai aperçu un discret sentier longeant un ruisseau : j’avais enfin trouvé le bon chemin. J’étais à même pas 500 mètres de la cascade ! On arrive par le haut de celle-ci, et il faut donc descendre pour l’admirer en entier. Le sentier est escarpé et il était glissant. J’ai redoublé de vigilance avant de faire un long arrêt contemplatif

balisage de randonnée jaune blanc sur une pierre
Ce balisage jaune blanc m’a induite en erreur. Le chemin vers la cascade n’est pas sur un chemin balisé !

Deux étages pour une cascade impressionnante

Ce qui fait la particularité de la cascade du Gour de la Sompe (en dehors du fait qu’elle ne coule pas tout le temps), c’est qu’elle est constituée de deux cascades avec un bassin entre les deux. Le spectacle est impressionnant. Je n’ai pas réussi à faire de photos où l’on voyait bien les deux cascades en raison de la végétation. Mais j’ai bien profité des points de vue entre les branches des arbres. Puis, je suis allée m’installer tout en haut de la cascade du haut. Je me demande parfois si les cascades ne sont pas plus impressionnantes vues d’en haut. Ici, l’eau du ruisseau s’engouffre dans une entaille du rocher pour tomber dans le bassin intermédiaire. L’écoulement est hypnotisant.


ATTENTION : si la cascade du Gour de la Sompe n’est pas fléchée, c’est parce qu’elle est située dans un environnement naturel hyper préservé avec des captages d’eau potable. Il est impératif de bien respecter les lieux et de ne pas les souiller.
De plus, l’accès en est dangereux : le chemin est très raide et l’à pic en haut de la cascade est grand. La prudence est donc de mise si vous y allez. Il peut aussi arriver que l’accès en soit interdit pour des raisons de sécurité.


La cascade de Rochecolombe, une pépite facile d’accès

De l’eau dans la cascade, un spectacle rare

Après le Gour de la Sompe, je me suis rendue à Rochecolombe. A quelques centaines de mètre du village, on trouve en effet une cascade exceptionnelle. Déjà, sa forme est très particulière puisqu’elle tombe sur un gros rocher arrondi situé à son pied. Mais surtout, elle est coule extrêmement rarement. Il faut vraiment que les pluies aient été très abondantes et très récentes pour avoir la chance de la voir en eau. J’ai eu beaucoup de chance car elle coulait encore lorsque j’y suis allée. Ce n’était plus le cas quelques jours après quand des amis s’y sont rendus. Sur place, j’ai croisé un couple dont c’était la 7e tentative pour la voir couler, et ils ne cachaient pas leur émotion devant ce spectacle de la nature.

cascade de Rochecolombe en eau
La cascade de Rochecolombe en action, un spectacle rare
cascade de Rochecolombe en eau
L’eau traverse le calcaire du plateau puis le dépose en tombant

Contrairement au Gour de la Sompe, la cascade de Rochecolombe est très bien indiquée. Depuis le parking du village, il suffit de suivre les panneaux en longeant la rivière. On traverse plusieurs fois celle-ci, sur des petits ponts de pierre plein de charme. On passe par les ruines d’anciens moulins, et il y a même un tout petit passage à gué. Si la cascade coule, c’est qu’il a beaucoup plu et donc le petit gué peut impliquer de devoir se mouiller les pieds malgré les pierres dans le lit de la rivière.

Perché et escarpé, un village à découvrir

A Rochecolombe, après avoir la cascade, je suis allée faire un tour dans le vieux village perché. De nombreux bâtiments y sont en cours de restauration, mais le charme opère sans souci au fil des calades abruptes qui montent le long du piton rocheux sur lequel le village se trouve. En allant jusqu’en haut, on peut découvrir un magnifique point de vue sur Aubenas et les Monts d’Ardèche. Mais surtout, une fois au sommet, on se retrouve face à la cascade. De là, on peut l’admirer dans son entièreté, et voir la rivière serpenter sur le plateau au dessus avant de se jeter dans le vide. Le point de vue se mérite mais il vaut largement l’effort.

vue sur la cascade de Rochecolombe et le plateau en surplomb
Depuis le haut du village, la vue sur la cascade est plongeante


Si vous cherchez une cascade facile d’accès, Rochecolombe est un choix de prédilection. Barbara de Gulwen.fr y est allée avec ses jeunes enfants, et cela s’est très bien passé. Ardéchoise, elle propose plein de bonnes idées de balades et randos accessibles en famille dans la région.


Bonus – regagner la vallée du Rhône par les Gorges de l’Ardèche

Pour rentrer vers le plaine de Valence depuis Rochecolombe, j’ai pris le chemin buissonnier et je suis passée par les Gorges de l’Ardèche. Les paysages y sont magnifiques et à cette période de l’année, il n’y a quasiment personne. On peut ainsi profiter de chaque belvédère aménagé le long de la route en toute tranquillité. Selon la saison, le paysage évolue, mais c’est toujours aussi impressionnant.

le pont d'Arc dans les gorges de l'Ardèche
L’iconique Pont d’Arc, porte amont des Gorges de l’Ardèche


Lagorce / Rochecolombe / Vallon Pont d’Arc – Ardèche – février 2026


Pour d’autres idées de cascades en Ardèche, n’hésitez pas à aller jeter un œil à l’article de Baskets en Vadrouille. Marlène et Jimmy forment un couple très sportif qui arpente les sentiers de la région, et sur leur blog, vous pouvez trouver de chouettes idées de randos et balades.

Et si vous cherchez d’autres activités dans ce secteur, je peux vous suggérer :

[Drôme x Isère] 2 randonnées pour profiter de la neige dans le Vercors

Si j’ai fait cet hiver de très jolies promenades dans le Vercors peu ou pas enneigé, la saison a été globalement généreuse en neige. Cela a commencé comme chaque année autour du 20 novembre. Puis, les épisodes de neige se sont succédés jusqu’en février. Bien occupée les week-ends, j’ai finalement eu assez peu d’occasions d’aller en profiter. Fin janvier, je suis allée me promener sur le plateau de Léoncel, tandis que fin février, j’ai pris la direction de Villard de Lans. Venez, je vous emmène marcher dans la neige !

le plateau de Léoncel dans le Vercors dromois sous la neige
Le plateau de Léoncel sous la neige

Balade sur le plateau de Léoncel

Ce samedi là, je n’avais pas prévu d’aller me promener dans le Vercors. J’avais à faire en ville et la météo s’annonçait maussade. Mais une éclaircie en fin de matinée m’a fait changer d’avis. Je suis donc partie vers midi et demie, en direction du Grand Echaillon. Arrivée à La Vacherie, la quantité de neige qui recouvrait le paysage était déjà très abondante aussi, je ne suis pas allée plus loin. Il n’était pas encore 13 heures et j’ai sans souci trouvé un stationnement à côté du cimetière.

paysage enneigé du Vercors
Pas besoin de marcher très loin depuis le parking pour que la vue soit magnifique

De là, j’envisageais de partir en direction du ruisseau de Comberoufle qui se faufile à travers la montagne pour gagner ensuite les parois des Gorges d’Omblèze. La hauteur de la neige m’a fait hésité et finalement, à la jonction du chemin avec le GR9, j’ai décidé de suivre celui-ci en direction du village de Léoncel. Je m’enfonçais beaucoup et la progression n’était pas toujours évidente, mais la beauté du paysage rendait l’effort plus facile. Arrivée au niveau de la ferme des Coquins (en ruines), j’ai pris un petit chemin de traverse pour rejoindre un ruisseau et une petite cascade pleine de charme.

J’ai ensuite repris le tracé du GR9 en le suivant tant bien que mal. La neige masquait bon nombre de balisages, mais à cet endroit, il suit globalement le pied des falaises de la montagne de Chovet. Au loin, le clocher de l’église abbatiale de Léoncel me servait de point de repère. J’avais envisagé de m’y rendre, mais la progression dans la neige fraiche était compliquée. Très régulièrement, je m’enfonçais au moins jusqu’aux genoux (et je dois dire que j’ai bien regretté d’avoir hésité à prendre les raquettes pour finalement les laisser dans le coffre de la voiture !).

paysage enneigé du Vercors
On devine le village de Léoncel, coincé au pied de la montagne sur la gauche

Le ciel commençant à devenir menaçant, je changerai finalement d’idée et arrivée au niveau des ruines de l’ancienne ferme des Marais, je vais faire le choix de traverser le plateau pour rejoindre le bord de la route et revenir plus vite à la voiture. La suite me donnera raison : à peine revenue sur le parking, il commencera à pleuvoir. Au final, ma boucle aura fait un peu plus de 4 kilomètres, dans une neige épaisse rendant la progression difficile. J’aurais passé presque 2 heures à profiter de ces paysages sublimés par la neige.

paysage enneigé du Vercors avec une ferme en ruines
Si mes estimations sont bonnes, ces ruines sont celles de la ferme des Marais sur le plateau de Léoncel. Ici, pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Résistance avait installé un terrain de parachutage. J’ai essayé de trouver des informations sur ce qu’il s’est passé dans ce secteur, sans grand succès jusqu’à présent : il y avait tellement de maquis et de fermes accueillant des résistants dans le Vercors que seuls les plus importants sont très documentés.


La Vacherie / Léoncel – Vercors – Drôme
Janvier 2026


Randonnée entre Bois Barbu et Valchevrière

Dans la forêt

Fin février la neige avait déjà bien fondu un peu partout. Je suis donc allée un peu plus en altitude pour en trouver. Direction le domaine nordique de Villard de Lans à Bois Barbu pour une randonnée jusqu’à Valchevrière. J’étais déjà allée dans ce secteur il y a 3 ans pour une randonnée en raquettes. Comme j’étais partie de la maison tôt le matin, un peu sur un coup de tête, je n’avais pas pris la peine de repérer un autre itinéraire. J’ai donc repris le même chemin que la dernière fois. J’avais emporté les raquettes cette fois encore, mais compte tenu de la quantité de neige, j’ai préféré les laisser dans la voiture. La suite me donnera raison : les chemins ne sont plus que partiellement enneigés, et là où il y a de la neige, elle est généralement glacée et glissante. Avec les raquettes, j’aurais été encombrée pour rien car il n’y aurait finalement eu que quelques centaines de mètres où elles auraient été utiles.

paysage enneigé du Vercors
Au départ de Bois Barbu, vue vers les Gorges de la Bourne

Comme je suis partie tôt, il est à peine 9.00 quand je m’engage sur le sentier. Je n’ai pas besoin de m’éloigner beaucoup pour me retrouver complètement seule. Avec l’approche du printemps, les oiseaux sont de sortie. J’entends très distinctement un pic (sans doute) épeiche taper sur un tronc mais je n’arrive pas à le voir. Je fais attention où je pose les pieds car je n’ai pas vraiment envie de glisser. Le ciel est couvert mais il fait plutôt beau, et la température est relativement douce. En marchant, je n’ai même pas besoin d’un pull. Le chemin se faufile dans la forêt entre les arbres, puis rejoint le bord de la piste de ski de fond. Je fais bien attention à rester sur la bordure de la piste afin de ne pas gêner les skieurs, avec qui nous échangeons des « bonjour ».

piste mixte ski de fond et randonnée en raquettes
Ici, la piste de randonnée en raquettes / piste piétonne longe la piste de ski de fond. Il est très important de ne pas aller marcher sur la piste de ski de fond. C’est une question de respect du travail des dameurs et de sécurité de tous. En effet, en marchant sur le damage ou sur les rails, on abime la piste travaillée par les dameurs et on crée des trous qui peuvent faire chuter les skieurs. De plus, les skieurs en descente peuvent atteindre des vitesses importantes et les risques de collision ne sont pas à sous estimer. Il y a largement la place pour tous à la montagne !
des skieurs sur une piste de ski de fond
C’est parti pour la descente !

Vers le village de Valchevrière

Le but de l’itinéraire que j’ai choisi est le village de Valchevrière. Cet ancien hameau, déserté entre les deux guerres, a abrité un groupe de maquisards et un camp d’entrainement de la Résistance. Quand le 21 juillet 1944, l’armée allemande lance une offensive contre la Résistance dans le Vercors, Valchevrière fait partie des cibles. C’est le 22 juillet que la bataille a lieu, sur la route d’Herbouilly, au niveau du belvédère. Les hommes de la compagnie Chabal tiendront du mieux qu’ils peuvent mais seront débordés par un ennemi mieux équipé et plus nombreux. Les maisons du hameau sont ensuite incendiées. Aujourd’hui, le hameau est resté en ruines. Seule la chapelle sera épargnée. C’est devenu un lieu de mémoire, un des symboles forts de la Résistance dans le Vercors.

panneaux directionnels indiquant Valchevrière et Bois Barbu
En chemin
vue depuis le belvédère de Valchevrière dans le Vercors
Depuis le belvédère de Valchevrière, on domine les Gorges de la Bourne
dans le hameau de Valchevrière sous la neige
La neige a recouvert les ruines du hameau de Valchevrière
la chapelle de Valchevrière sous la neige
La chapelle de Valchevrière sous la neige
une station du chemin de croix de Valchevrière
Depuis Villard de Lans jusqu’à Valchevrière un chemin de croix comportant 13 stations rappelle les noms des maquisards tués lors des combats de Valchevrière en juillet 1944. Il a été inauguré en 1948.


Le circuit que j’ai choisi est un aller retour, aussi après un temps dans le hameau de Valchevrière, je reviens sur mes pas pour retourner à Bois Barbu.


(*) Le circuit en aller retour entre Bois Barbu et Valchevrière est accessible en hiver en raquettes (pistes damées) et aux beaux jours via un chemin balisé en vert jaune (balisage PR). Il fait environ 7.5 km et est donné pour 3h30 en hiver / 2h30 en été sur les topos que j’ai trouvés. Pour ma part, j’ai mis 2h30 alors que les conditions n’étaient pas complètement favorables en raison de nombreuses plaques de neige verglacée.
En été, il est possible d’accéder au belvédère de Valchevrière en voiture (l’hiver, la route devient piste de ski de fond). Le hameau se trouve à environ 500 mètre du belvédère en bas d’un chemin forestier. On peut aussi emprunter le sentier patrimonial pour descendre au village : il est plus joli mais aussi plus raide et il y a un gué à traverser.


Villard de Lans – Vercors – Isère
Février 2026

[projet 52-2026] semaine 9 – cycle

Il me semble que je pensais à des vélos quand j’ai ajouté le thème Cycle sur la liste du projet 52. D’ailleurs, si j’avais eu une photo récente de bicyclette, sans doute que c’est ce que j’aurais choisi de vous montrer. Mais, j’ai du faire preuve d’un peu plus d’imagination, et donc le thème m’a laissée un peu perplexe. Pour commencer, il fallait que je choisisse « mon » cycle. J’ai envisagé tout un tas d’idées saugrenues que je vous épargnerai ici. J’ai mis longtemps avant de penser au cycle de l’eau.

Puis, je me suis demandé comment j’allais bien pouvoir le mettre en image. Je ne souhaitais pas vous faire un schéma, même si c’est très intéressant. J’ai alors repensé aux cascades que j’étais allée voir en Ardèche il y a deux semaines (je vous ferai un article détaillé un peu plus tard). Elles ont la particularité d’être intermittentes : elles ne coulent que quelques jours juste après de très fortes pluies. Elles sont donc parfaites pour évoquer le cycle de l’eau. Voici donc l’une d’elles, la cascade de Rochecolombe, située au pied du village éponyme.

une cascade


Pour découvrir les cycles des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.