Suite aux annonces faites hier soir par le Premier Ministre, je me suis demandée s’il était pertinent d’évoquer un café, une exposition, une balade en ville…. Puis, je me suis dit qu’il reviendrait un jour où nous pourrons de nouveau sortir dans les restaurants, les musées et les cinémas… Et que ce jour-là, finalement, les idées que j’aurai pu déposer par ici seront toujours valables ! J’ai toutefois repris un peu l’ordre des publications (qui suivait un ordre plus ou moins chronologique initialement) : j’ai plus envie de vous parler de balades en pleine nature et d’activités à faire à la maison (lecture, cuisine..) dans les prochains jours. Mais tous les billets déjà écrits sortiront dans les semaines qui viennent….
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Pendant les vacances, je suis allée prendre un goûter au Tamper & Yummy, un nouveau salon de café qui a ouvert à Valence.
Alors que j’étais déjà allée au Pont aux Etoiles seule, j’y suis retournée avec Mr 2e. Le soleil brillait lors de notre passage et c’est avec un réel plaisir que nous y avons passé un long moment, cherchant les plus beaux spécimens !
Le Pont aux Étoiles a la particularité de présenter un important gisement fossilifère . On y trouve en particulier des fossiles de lys de mer, ou crinoïdes (ce sont eux qui ont une forme d’étoile) et de rhynchonelles (ceux-là ressemblent à des coques). Le gisement a été mis à jour lors de la construction de la route et du pont, entre Rompon et La Voulte sur Rhône, au cours du XIXe siècle. Le lieu est situé à proximité immédiate de la faille géologique de La Voulte.
Sur une cinquantaine de mètres, la falaise calcaire s’érode, libérant de très nombreux fossiles : il suffit littéralement de se baisser pour les ramasser… juste au bord de la route.
La datation de ces fossiles les situe il y a environ 165 millions d’années ! A cette époque, la zone était recouverte par la mer, ce qui explique que nous y trouvions des fossiles marins. D’ailleurs un peu plus bas, l’ancienne mine de la Boissine recèle une remarquable faune jurassique de milieu marin profond.
La falaise fossilifère du Pont aux Etoiles
Le pont et la route dont la construction ont permis la découverte du site au XIXe siècle
Fossiles de lys de mer dans la falaise
Fossile de rhynchonelle dans la falaise
Pont aux Etoiles – Rompon – Ardèche – février 2020
(*) – Le Pont aux Etoiles est situé sur la D365, entre La Voulte sur Rhône et le hameau Celle-les-Bains de Rompon. La falaise fossilifère se trouve au niveau… du pont ! Un petit parking est aménagé près du pont, côté Rompon. Des panneaux explicatifs (lecture de paysage, fossiles) sont disponibles à proximité du site.
– La récolte des fossiles est autorisée sur le site du Pont aux Etoiles à condition de se faire sans outil dans les marnes déjà érodées et de se limiter à de petites quantités.
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Non loin de Rompon, à Celles-les-Bains, des sources thermales émergent (tout comme à Saint Georges les Bains). Connues depuis l’Antiquité, réputées aux XVIIe et XVIIIe siècle, elles ont été exploitées au XIXe avec la station thermale construite par le Docteur Barrier. Celle dite du Puits Artésien est facilement accessible depuis la route, à une cinquantaine de mètres à la sortie du village. Elle a la particularité de jaillir au coeur d’un tronc d’arbre pétrifié, dans les ruines des anciens thermes.
Lors de notre passage, nous n’avons pas eu de chance car la source est intermittente et l’eau ne coulait pas…. mais son aspect ferrugineux ne faisait aucun doute à voir la coloration d’oxyde de fer dont l’eau a recouvert le fond de son parcours !
La pâtisserie Intense a ouvert ses portes en début d’année à Tournon. Derrière les créations de la boutique, on trouve Bastien Girard.
Bastien a été sacré champion du monde de la pâtisserie lors du SIRHA en 2017 avec l’équipe de France. Il était alors en charge de toute la partie chocolat de la création de l’équipe. Après différentes expériences professionnelles, il est revenu à Tournon d’où il est originaire afin d’y installer une pâtisserie-salon de thé.
Cela faisait un moment que j’avais noté d’aller y faire un tour, alléchée par les jolies photos des créations que je voyais passer sur les réseaux sociaux. J’ai donc profité de mes derniers congés pour m’y rendre.
En plein coeur de la vieille ville de Tournon, la boutique est lumineuse et accueillante. L’étalage des pâtisseries donne envie de tout goûter… C’est d’ailleurs un peu le souci ! Déjà que j’ai du mal à choisir habituellement, quand en plus tous les gâteaux ont l’air délicieux et que je n’en ai encore testé aucun, c’est d’autant plus compliqué….
Mon idée de départ était d’acheter une pâtisserie « grand format » pour déguster le soir en famille. Déjà, en ce matin de semaine, le choix est plus restreint que pour les pâtisseries individuelles. Je me décide pour Thimothée (caramel / cacahuète / fromage blanc) qui devrait convenir à tous les goûts.
Ma curiosité (pourquoi certains ont-ils pensé gourmandise ? ) me pousse à choisir aussi des pâtisseries individuelles pour le dessert du midi. J’opte pour Jane (cheesecake aux fruits exotiques) tandis que mon fils choisit Philippe (tarte pomme verte).
Le salon de thé semble nous tendre les bras… alors nous craquons (oui, j’admets que là, c’est sans doute un peu de la gourmandise) : Mr 2e pour un chou vanille et moi pour la forêt noire qui répond au doux nom de Cerise, avec un thé pour les accompagner. Nous nous installons… et profitons ! Si le chou vanille n’a pas complètement emballé Mr 2e (qui a des souvenirs d’autres choux vanille, plus à son goût), j’ai été conquise par Cerise… Le cerise est fruitée sans être trop sucrée tandis que le chocolat de la crème et du biscuit est très cacaoté. L’alliance cerise/chocolat en bouche est très réussie, pleine de pep’s.
Thimotée non plus ne nous emballera pas. Si la mousse au fromage blanc légèrement acidulée et le caramel au beurre salé hyper fondant sont vraiment réussis, nous avons trouvé que le goût de la cacahuète n’était pas assez marqué et qu’en dehors de son côté un peu crunchy, elle n’apportait pas de caractère à l’ensemble (qui demeure vraiment très bon tout de même !).
J’ai eu un coup de coeur pour Jane. Le cheesecake n’est pas trop sucré, apporte juste ce qu’il faut d’onctuosité sous la compotée de fruits exotiques. Il est posé sur une pâte sucrée croustillante et savoureuse.
Dans le même style, Philippe, la tarte aux pommes, est un délicat équilibre en l’acidulé de la pomme verte, la crème vanillée…. posés une fois encore sur cette exquise pâte sucrée.
Cerise au salon de thé…
Chantilly déposée en forme de sapin sur Cerise
Thimothée
Jane au premier plan et Philippe en arrière-plan
Philippe
Jane
Pâtisserie Intense – Tournon – Ardèche – mars 2020
Ma semaine de vacances a commencé par une petite journée à Grenoble pour raccompagner Mr 1er qui avait cours cette semaine… J’en ai donc profité pour quelques visites de musée/expo mais aussi pour un dessert à la Fabrique Givrée et une pause thé au Neko Café, histoire de faire coucou à Marcel et ses copains !
(*) La Fabrique Givrée, 3 Grande Rue, 38000 Grenoble (**) Neko Café, bar à chats, rue Jean-Jacques Rousseau, 38000 Grenoble
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Avec un bouquet de jonquilles, j’ai essayé de faire entrer un peu de soleil dans la maison pour contrer la pluie qui tombait dehors…
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Les matins se sont succédé sans se ressembler en allant déposer Melle 3e à son stage d’équitation…. Il y a eu des jours de pluie, des jours gris mais aussi du soleil !
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Rapide passage à Tournon, où le niveau du Rhône est relativement haut…
Le week-end dernier, une publication sur Facebook a attiré mon attention : sur la page Les Chemins de la Liberté, les premières orchidées étaient de sortie ! Ce n’est guère surprenant car déjà il y a une dizaine de jours en Ardèche, j’avais aperçu quelques orchis géants. Ce qui a piqué ma curiosité, c’est surtout que je ne connaissais (encore) pas ce spot à orchidées alors qu’il n’est pas très loin de chez moi….
J’ai profité de la matinée ensoleillée d’hier pour aller voir cela « en vrai ». Et je n’ai pas regretté ! D’abord cela m’a donné l’occasion d’une promenade agréable avec une jolie vue. Mais surtout, en bordure immédiate du Rhône, en amont du barrage de Bourg-lès-Valence, j’ai découvert des dizaines d’orchidées.
J’ai bien entendu d’abord repéré les orchis géants (ou barlia robertania) que leur grande taille fait ressortir des pelouses et qui ne manquent pas d’attirer le regard. Déjà bien en fleurs, ils arborent toutes les nuances du violet. Un individu toutefois se détache un peu du lot : il est hypochrome. Ses fleurs se déclinent en nuances de blanc et vert dans la rosée du matin.
Les ophrys, par contre, j’ai eu un peu plus de mal à les voir… Il faut dire que leur (toute) petite taille et leurs couleurs proches de celle de l’herbe ne facilitent pas la chose. Mais comme souvent, il m’a suffi d’en repérer un pour en trouver des dizaines ensuite. Je pense que ce sont des ophrys de mars (ils y ressemblent et compte-tenu de leur précocité, cela semble correspondre).
J’ai ramené un nombre impressionnant de photos comme à chacune de mes sorties « orchidées ». J’ai pas mal trié mais il en reste encore beaucoup et j’ai eu du mal à choisir lesquelles vous montrer…
Nous sommes au tout début de la saison et je suis ravie à l’idée de repartir sur les chemins à la rencontre de ces petites merveilles de la nature dans les mois à venir… Surtout que dorénavant, je peux ajouter un nouveau terrain de chasse à ma liste !
Vivian Maier est une photographe autodidacte dont l’oeuvre figure parmi les plus importantes du XXe siècle. Et pourtant, le travail de Vivian Maier n’a été découvert qu’à la toute fin de sa vie par un complet hasard et exposé pour la première fois de façon posthume !
D’origine franco-hongroise, émigrée avec sa mère aux Etats-Unis, la jeune Vivian devient gouvernante d’enfants. Elle travaillera principalement à Chicago et New-York mais fera également quelques voyages avec les enfants dont elle s’occupe ou à titre personnel, comme celui dans le Champsaur pour régler la succession d’une tante. Discrète, elle prendra sans cesse des photos sans les montrer. Une partie de ses négatifs ne sera même pas développée.
Elle conserve tirages et négatifs soigneusement inventoriés dans des cartons stockés dans un box à Chicago. A la fin de sa vie, faute de pouvoir payer le loyer alors qu’elle est hospitalisée, les biens contenus dans le box sont mis aux enchères. Parmi les acquéreurs, John Maloof, féru d’histoire locale, achète un lot de photos dans un carton avec l’idée de s’en servir pour illustrer des ouvrages qu’il écrit. Deux autres chineurs ont également acheté des photos de Vivian Maier lors de la vente aux enchères.
Progressivement, John Maloof prend conscience de la qualité photographique des clichés qu’il a entre les mains. Il rachète les autres lots et se retrouve avec plus de 100 000 négatifs…. Il ne connait toujours pas l’auteur de ces photos.
En cherchant parmi les négatifs, il trouve un pochette de laboratoire photographique avec le nom de Vivian Maier manuscrit : il vient de découvrir le nom de cette femme dont il a vu les autoportraits par centaine parmi les photos qu’elle a faites. John Maloof ne la rencontrera jamais : elle est décédée peu avant qu’il ne découvre son identité. Ce sera toutefois lui qui fera connaître au monde entier l’oeuvre de photographie de rue de Vivian Maier.
L’exposition présentée au Musée de l’Ancien Évêché de Grenoble met en scène plus de 130 photographies de Vivian Maier. Dans un accrochage épuré, où les photos se suffisent à elles-mêmes, on découvre essentiellement des images en noir et blanc.
J’ai été frappée par la façon qu’a Vivian Maier de saisir l’instant, un regard furtif, une émotion sur un visage. Ses cadrages se révèlent aussi malicieux, s’attachant parfois à des détails. Elle a photographié ses contemporains dans leurs activités quotidiennes, sans concession, et nous livre un formidable regard sur son époque.
Et il y a aussi ses autoportraits… Vivian Maier profite de tous les reflets pour se prendre en photo. Elle expérimente d’autres types d’autoportraits, jouant avec son ombre ou composant un portrait chinois. On a l’impression d’une véritable quête d’elle-même à travers ses clichés. Et ce qui m’a frappé, c’est qu’autant elle capture les émotions des autres sur le vif, autant elle masque toute émotion sur ses autoportraits (sauf sur celui dans le miroir d’un vitrier déchargeant son camion où un léger sourire semble nous dire à quel point elle est ravie de profiter de ce reflet furtif !)….
Je n’avais qu’une vision superficielle de l’oeuvre de Vivian Maier et j’ai découvert la sensibilité avec laquelle elle prend ses photos… Qu’au delà de la street photography, elle était une portraitiste de l’éphémère !
Exposition « Vivian Maier, Street photographer » Musée de l’Ancien Évêché – Grenoble – Isère – février 2020
(*) L’exposition, initialement prévue jusqu’au 15 mars 2020, est prolongée jusqu’au 22 mars 2020 au Musée de l’Ancien Évêché à Grenoble. L’entrée est gratuite.
Vue sur le village de Montvendre depuis le pied de la Croix
Je suis souvent allée à Montvendre, j’y ai même habité quelques années, et pourtant, je n’étais jamais montée sur le coteau…. un manque maintenant comblé !
La balade jusqu’au point de vue est rapide. A la sortie du village, il suffit de suivre le panneau indiquant le coteau. Le sentier monte directement dans la pente, aidé de quelques marches.
Alors que le chemin se fraye un passage au coeur de la butte de molasse, le soleil vient jouer avec les monnaies du pape.
En haut, la première vue qui s’offre est celle sur le Vercors où l’on distingue la tour de Barcelonne. Puis, en montant encore un peu, on arrive au pied de la croix qui domine le village. La vue est alors plongeante sur l’église et la rue principale.
A peine plus loin, et nettement plus accessible, on se retrouve sur le belvédère de la Vierge. De là aussi, on devine les Trois Becs au fond du paysage.
J’ai prolongé la balade par un aller-retour jusqu’au Bois de la Cour, histoire de continuer à profiter du soleil hivernal et la douceur de l’après-midi, histoire de profiter encore plus de la vue sur le Vercors…. et d’imaginer quelques nouvelles sorties à prévoir.
Impossible de se tromper de chemin !
Quand le soleil joue avec les monnaies du pape…
Vue sur le Vercors et le Tour de Barcelonne
Au belvédère de la Vierge
Direction le Bois de la Cour
Au pied du Vercors
(*) La montée au pied de la croix se fait sur un sentier à flanc de coteau, étroit, et partiellement abîmé suite aux chutes d’arbre lors de l’épisode de neige du mois de novembre 2019. Il est déconseillé de le pratiquer lorsque le sol est glissant. Au printemps, les lilas qui ont envahi la butte doivent être en fleurs et cacher en partie la vue. L’accès au belvédère de la Vierge se fait par un chemin carrossable.
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Il ne faut pas oublier de faire un petit tour dans le vieux village de Montvendre. Si l’on ne peut manquer de remarquer la porte monumentale, vestige d’une enceinte fortifiée, la rue située à l’abri des anciens remparts est pleine de charme. Juste en face de la porte fortifiée, on découvre le chœur de l’ancienne église du village, aujourd’hui habitation privée. Et un peu plus loin, on arrive au pied de l’ancien château des évêques de Valence, qui faisait partie intégrante de l’enceinte du village.
Sous la porte monumentale
A l’intérieur des murs du village
Autour des murs du village
La tour de l’ancien château des évêques de Valence
Sauvage…. J’aurais pu vous montrer des fleurs sauvages, ce n’est pas ce qui manque dans les photos que je prends…
Mais quand j’entends sauvage, je pense plus faune que flore. Le souci, c’est que la faune sauvage est un peu plus difficile à photographier que la flore sauvage !
Alors bien souvent, ce sont surtout les traces des animaux sauvages que je croise : des empreintes dans la neige (celles des cervidés, des lièvres mais aussi quelquefois des loups par exemple), traces dans la boue (celles des bauges de sanglier peuvent être impressionnantes), déjections (et là forcément, je pense à ce moment où visitant une grotte ayant été utilisée par l’homme de Néandertal avec les enfants encore petits, quand la guide a montré un caillou en demandant ce que c’était tout en précisant que c’était d’origine animale, que beaucoup de gens ont ri doucement quand Mr 2e a proposé « un caca ».. et que la guide était toute contente qu’il ait trouvé : il s’agissait effectivement d’une crotte de hyène fossilisée…. )…. ou encore les traces de dents du castor sur les rivages des rivières, comme sur cette photo que je vous propose cette semaine.
Jeune tronc taillé par un castor – réserve naturelle des Ramières de la Drôme
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Pour voir ce qu’il y a de sauvage chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires…
PS : fort occupée pour des raisons familiales, je ne sais pas quand je pourrai venir valider les commentaires qui passeraient en modération. Je vous remercie donc par avance pour votre patience si votre commentaire n’apparaissait pas rapidement….
L’exposition temporaire de cet hiver au Musée de Valence est consacrée au sculpteur Philolaos. Ce dernier est en effet connu ici pour être le concepteur des deux châteaux d’eaux qui dressent leurs silhouettes courbes et élancées dans le ciel valentinois et dont on célèbrera bientôt les 50 ans.
Philolaos est un sculpteur grec, formé à l’école classique des Beaux-Arts d’Athènes juste après la deuxième guerre mondiale et qui s’est installé à Paris au début des années 1950. Il poursuit alors son apprentissage de la sculpture et s’affranchit progressivement des lignes classiques pour aller vers une abstraction de plus en plus nette.
Au début des années 1960, il rencontre l’architecte André Gomis avec qui il collaborera à de nombreuses reprises, en particulier donc sur les châteaux d’eaux de Valence réalisés dans le cadre de l’aménagement de la ZUP de Fontbarlettes. Il travaille à partir de là avec de nombreux architectes et paysagistes, intégrant ses sculptures monumentales dans les espaces nouvellement créés : villes nouvelles, quartiers à urbanisation massive, ou encore quartiers d’affaires. Il crée ainsi trois oeuvres pour le quartier de la Défense dont la fontaine des Nymphéas et l’Oiseau Mécanique.
L’exposition présentée à Valence s’attache à nous présenter un côté moins monumental et plus intime de l’artiste. Quelques croquis issus de ses années de formation athéniennes donnent à voir la rigueur de l’apprentissage classique. Quelques bustes, plus ou moins abstraits, permettent d’appréhender le travail sur la matière (céramique, plomb, bronze..), et la façon pour Philolaos de l’utiliser, d’en tirer parti.
L’exposition présente aussi de nombreux « bois-reliefs », tableaux en trois dimensions de bois tournés et de bois flottés, réalisés lorsque Philolaos retourne en vacances en Grèce et utile ce dont il dispose sur place pour exprimer sa créativité : le bois déposé par la mer sur plage, les outils de menuiserie et de tournage sur bois de son père…. Ses petits tableaux, tellement éloignés de l’image que l’on peut se faire des oeuvres de Philolaos, ont été un véritable coup de coeur. Qu’ils soient figuratifs ou abstraits, ils dégagent une jolie poésie, une invitation au voyage, à la contemplation, à la méditation.
Puis, il est question de la découverte de l’acier inoxydable : un matériau rigide qui vrille pourtant naturellement, un matériau à dompter, un formidable terrain d’expression pour l’artiste. Il en fera son matériau de prédilection, multipliant les usages, tant en oeuvres monumentales qu’en mobilier et objets pour sa maison.
En effet, Philolaos concevra sa maison, la construira et fabriquera lui-même une grande partie du mobilier et des aménagements de celle-ci. On peut ainsi qualifier la maison de l’artiste d’oeuvre totale où tout devient prétexte à création : les meubles, la vaisselle, les objets…. On découvre ainsi les meubles de la salle à manger, des couverts, des fauteuils, le coffre pour cacher la télévision, des bouteilles, … Leurs lignes sont à la fois d’une sobriété très moderne et d’une esthétique futuriste très marquée dans les années 70.
Enfin, on découvre de nombreuses maquettes pour des réalisations monumentales : les châteaux d’eau de Valence (forcément !), des fontaines, des sculptures pour des parcs, des statues magistrales…. Parfois, plusieurs versions sont présentées, témoins du cheminement de la pensée créative de Philolaos.
Je suis ressortie de l’exposition sous le charme des bois-reliefs et des créations en arts décoratifs, en particulier la vaisselle et les bouteilles en inox. J’ai pu découvrir la facette plus intime de cet artiste dont je connaissais déjà quelques oeuvres monumentales et c’est cette facette qui m’a le plus touchée.
Oeuvres de Philolaos en béton avec ruban d’acier (au 1er plan) et en acier (au 2nd plan) dans la cour du musée
Les Jumelles, sculpures en plomb
Buste en bronze
Vers l’abstration…
Les « bois-reliefs »
Les « bois-reliefs » – détail
Les « bois-reliefs » – détail
La découverte de l’inox
Etude pour un portail pour le Technocentre Renault de Guyancourt (78) / maquettes de statues : Christophe Colomb, Georges Pompidou, Pierre de Coubertin, Antoine de Saint-Exupéry
La salle à manger, mobilier et vaisselle de la maison de Philolaos
Etude pour un animal imaginaire en béton et ruban d’acier
(*) L’exposition se tient au Musée de Valence jusqu’au 8 mars 2020. Il s’agit de la première exposition retraçant l’ensemble de la carrière de Philolaos présentée dans un musée français.