Cette semaine, le projet 52 nous demande de faire un choix. Finalement, c’est ce que nous faisons chaque semaine afin de déterminer quelle photo va venir illustrer le thème. En ce qui me concerne, cette fois, j’avais envie de mettre en image la difficulté du choix, le processus. J’ai bien pensé à mettre une copie écran d’une des mes galeries de photos sur mon ordinateur, mais je n’y trouvais pas d’esthétique particulière. Je me suis alors penchée sur d’autres choix. L’après-midi, je prends souvent un thé et le soir une tisane. Comme j’en ai plein, que ce soit en vrac ou en sachets, il y a toujours un moment de choix au préalable. Il s’agissait maintenant de rendre ce choix visuel. Or, il y a peu, j’ai été conviée à découvrir Soïo, une nouvelle marque basée en Ardèche. Au cours de la soirée, j’ai ainsi pu choisir quel thé ou infusion j’allais essayer. Les sachets étaient disposés dans de grands paniers, invitant au choix. Et j’aime beaucoup l’identité visuelle de la marque, très douce.
Pour découvrir ce que les autres participants ont fait comme choix, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : je passe exceptionnellement la journée avec Melle 3e, et je ne pourrai donc pas me connecter par ici avant la fin de la journée. C’est à ce moment-là que je viendrai valider les commentaires qui seraient partis dans la file d’attente de la modération.
Alors que l’automne sortait doucement ses couleurs, je suis allée faire un tour dans le Vercors. Mon plan initial était de monter vers Font d’Urle. Comme la route de l’Arps que je prends habituellement était fermée pour travaux, je suis partie en direction de la route de Combe Laval. Cela faisait très longtemps que je n’y étais pas passée. Et j’ai finalement eu envie d’en profiter pleinement. C’est donc à pied que j’en ai parcouru les kilomètres les plus impressionnants.
J’ai laissé ma voiture au niveau du belvédère après le col de Gaudissart. Là, on voit la première arche creusée dans la roche. Sa forme vue d’ici lui a valu le surnom d’éléphant du Vercors.
Une balade en sous-bois
Cependant, avant de m’engager sur la route, j’ai fait un petit tour en sous-bois. J’ai suivi un chemin de randonnée balisé qui s’enfonce dans la forêt. Les couleurs automnales y étaient encore peu présentes, mais la lumière était particulièrement magique. En effet, le soleil venait juste d’arriver au niveau du sommets des arbres. L’humidité déposée par la nuit suintait le long des feuillages et créait un voile de brume magique. Là, seuls les oiseaux venaient troubler le calme.
Dans la forêt, l’automne s’installe doucement dans une ambiance magique
Combe Laval, une route mythique
Combe Laval, c’est une route mythique du Vercors. Construite au milieu du XIXe siècle, elle s’accroche à la falaise dominant la reculée pour relier Saint Jean en Royans au col de la Machine. Elle fait une dizaine de kilomètres en tout, mais ce sont surtout les 4 kilomètres (et quelques) entre les cols de Gaudissart et de la Machine qui sont impressionnants. Là, la route surplombe complètement le cirque. Elle a été creusée, à la pioche et avec quelques explosifs rudimentaires, dans la montagne. Elle passe parfois en encorbellement mais le plus souvent, elle se faufile sous la montagne.
L’entrée de la reculée de Combe Laval vue depuis la route
Je dois avouer qu’en voiture, elle peut être vraiment impressionnante. Elle est sinueuse, offre peu de visibilité et est régulièrement trop étroite pour se croiser. J’en garde un particulièrement mauvais souvenir un soir d’hiver alors que la nuit avait commencé à tomber et que la route était partiellement verglacée. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que je passe habituellement par la route de l’Arps quand je veux aller au col de la Machine, car les voies montantes et descendantes sont bien claires partout.
C’est ici, au niveau de l’éléphant, que la partie vertigineuse de la route débute
Cette fois, je l’ai donc parcourue à pied pour pouvoir profiter de la vue tout au long des un peu plus de 3 kilomètres de montée (je me suis arrêtée avant le dernier tunnel, un peu long et que je ne souhaitais pas emprunter à pied sans équipement de visibilité). Nous étions un samedi matin, et il y avait finalement assez peu de circulation. J’ai essentiellement croisé des vélos et des motos. J’ai aussi eu la chance de ne pas avoir de grosse pierre qui dévale la falaise au moment où je passais. Nous n’étions pas dans une période à fort risque (je n’irais pas à pied par là au moment du dégel ou après de fortes pluies qui font éclater la roche calcaire), même si j’ai entendu quelques petits cailloux tomber.
La route suit les contours des falaises de la reculée de Combe LavalDepuis la route, les points de vue sur les falaises de la montagne de l’Arps se multiplient
J’ai pris mon temps pour monter puis redescendre ces kilomètres époustouflants. Entre la vue sur le fond de la reculée de Combe Laval et celle sur les falaises de la montagne de l’Arps en face, on comprend les difficultés qu’il a fallu contrer pour construire cette route. Aujourd’hui, elle fait partie des plus belles routes du Vercors, et très certainement des plus impressionnantes.
En automne, les paysages sont sublimés par les couleurs chaudes
Route de Combe Laval – Saint Jean en Royans Vercors – Drôme octobre 2025
Parmi les autres routes remarquables du Vercors, vous pouvez emprunter :
La route des gorges de la Bourne entre Pont en Royans et Villard de Lans
La route des Ecouges entre Saint Gervais et Rencurel, il y a encore peu une des plus impressionnantes avec son tunnel de 500 mètres, sinueux, à voie unique et qui n’était pas éclairé (il l’est depuis 2021 avec un système de détection de mouvement)
La route des Goulets entre Sainte Eulalie en Royans et La Chapelle en Vercors, qui se décompose en deux parties, les Petits et les Grands Goulets. Cependant, la partie des Grands Goulets n’est aujourd’hui plus accessible pour des raisons de sécurité et est contournée par un tunnel moderne. Il est toutefois possible de la voir d’en face, par exemple depuis le belvédère de Révoulat.
Il y a une quinzaine de jours, j’ai eu la chance d’assister au lancement de Soïo, une nouvelle maison de thés et infusions basée en Ardèche. Au cours d’une soirée mémorable, dans le cadre exceptionnel de l’auberge de Crussol, j’ai pu découvrir l’histoire et les valeurs de la marque, mais aussi de déguster une bonne partie de leur gamme.
Soïo, marque de thés et infusions en Ardèche
Soïo, une entreprise ancrée dans son territoire
Soïo, artisan sourceur
Au départ, il y avait Natural Origins, une entreprise qui fournit des plantes médicinales et aromatiques à l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique. Petit à petit, l’idée a germé de produire leurs propres thés et infusions. Basés à Soyons, en Ardèche, l’entreprise avait à cœur de sourcer le mieux possible ses matières premières. Ils travaillent donc avec des agriculteurs drômois et ardéchois pour les plantes qui peuvent être produites localement et font une sélection rigoureuse de celles qui ne poussent pas sous nos latitudes, en allant directement les chercher chez des producteurs. L’ensemble des ingrédients est certifié 100% bio. De plus, tout leur identité visuelle a été conçue par des artistes locaux et le packaging est produit dans la région.
Des mélanges réfléchis à base de produits de qualité, comme ce thé vert menthe qui associe deux menthes différentes.
Pourquoi ce nom : Soïo ?
Soïo, c’est une déesse celte ancrée localement, protectrice de Soyons où est implantée l’entreprise. On la retrouve mentionnée sur un autel votif datant de la période gallo-romaine et qui a été retrouvé dans les ruines d’une chapelle du plateau de Malpas. Aujourd’hui, l’autel dédié à Soïo est visible dans le musée archéologique qui se situe au centre du village de Soyons. C’est d’ailleurs une visite que j’ai faite au printemps dernier, couplée avec celles des grottes et une jolie balade justement intitulée « De Néandertal à la déesse Soïo« .
La tour penchée de Soyons sur le plateau de Malpas
Notes de dégustation
Au cours de la soirée, j’ai eu l’occasion de déguster plus d’une dizaine de thés et infusions. J’ai aussi pu les apprécier dans des recettes de cocktails, dans les plats cuisinés par l’auberge de Crussol ou encore lors d’un atelier d’accord thé/chocolat. Je vous propose ici un petit récapitulatif de mes coups de cœur de la soirée.
Prêt à déguster !
Caravane d’Or : le curcuma, puissant et odorant, s’y marie très bien avec la fraicheur de la menthe poivrée et le côté réconfortant de la cannelle.
Rooibos en fête : une infusion qui promet une ambiance de Noël tout en douceur, et que je suis très curieuse de tester en version glacée aux beaux jours.
Thé noir Chaï : pour moi qui suis une grande fan de thés épicés, celui-ci est une petite merveille structurée par un thé noir savoureux, où la cannelle s’exprime avec délicatesse avant la puissance du gingembre et le petit kick de poivre en fin de bouche qui termine l’ensemble parfaitement. Cela faisait des années que je n’avais pas goûté un chaï aussi réussi !
Caravane d’OrLa jolie couleur dorée de l’infusion Caravane d’Or
Soirée de lancement de la marque Soïo Auberge de Crussol – Saint Péray – Ardèche 16 octobre 2025
(*) Si vous souhaitez plus d’informations sur la marque ou vous laisser tenter par un achat, vous pouvez vous rendre sur le site internet de Soïo.
J’aime beaucoup l’identité visuelle de la marque
(*) Cette soirée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) de la marque Soïo. J’y ai dégusté des produits dont la qualité m’a convaincue, et que j’ai depuis plaisir à utiliser à la maison. J’ai par ailleurs découvert l’auberge de Crussol où avait lieu la soirée. J’en avais déjà beaucoup entendu parler et ce que j’ai pu goûter de leur cuisine m’a donnée envie d’y aller pour un repas.
A l’auberge de Crussol, les viandes sont cuites au feu de bois. Au premier plan, l’un des délicieux desserts préparés en utilisant un des thés de chez Soïo.
Cette semaine, le projet 52 nous emmène en balade. Vous le savez déjà, je suis assez souvent en balade, que ce soit près ou plus loin de chez moi. J’ai un peu hésité pour illustrer ce thème, car j’avais beaucoup de photos s’y prêtant : des balades le long du Rhône, des balades en forêt, des balades en montagne, des balades en campagne, et même quelques balades en bord de mer de l’été dernier. Mais je cherchais une image un peu originale ou insolite. C’est le hasard qui m’a donné mon illustration, alors que je marchais en forêt. En effet, alors que je traquais les champignons, j’ai trouvé un tesson de céramique. C’était complètement improbable car nous étions en pleine forêt, loin de tous les villages ou hameaux. A ce jour, je n’ai pas réussi à percer le mystère de ce morceau de vaisselle en pleine montagne. Peut-être qu’une fée maladroite était venue ici prendre le thé ?
Pour découvrir ce que les autres participants ont trouvé en balade, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
Cette année 2025 marque le centenaire de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris en 1925 qui est souvent considérée comme l’acte de naissance du mouvement Art Déco. A l’occasion de cet anniversaire, de nombreux lieux ont consacré une exposition à ce mouvement artistique. C’est le cas du Musée de Valence en cette fin d’année. L’exposition, inaugurée fin septembre, offre cependant un angle d’approche assez original puisqu’il s’agit de regarder comment l’Art Déco a été interprété dans les régions. Il en ressort une présentation très loin du parisianisme habituel. J’ai eu la chance de la découvrir dans des conditions exceptionnelles avec un petit groupe de créateurs de contenu avant même son ouverture au public, et accompagnés par la commissaire d’exposition.
L’art déco des régions – affiche de l’exposition au Musée de Valence
Les expressions régionalistes de l’Art Déco
Mobilier, décoration et architecture
L’exposition s’ouvre sur un rappel de celle de 1925 à Paris. Le visiteur en découvre le plan, ainsi que des photographies et maquettes des différents pavillons régionaux. Ceux-ci adoptent les codes vernaculaires du bâti traditionnel en lui appliquant les lignes structurées propres à ce qui deviendra l’Art Déco. Dans chaque pavillon, les artistes locaux ont réinterprété le mobilier, la décoration ou encore la vaisselle traditionnels. Trois mouvements régionalistes sont évoqués dans l’exposition du musée de Valence, issus de la Bretagne, du Pays Basque et de Provence. Le Pays Basque est représenté à travers un immense buffet ayant été conçu pour la villa du joueur de tennis René Lacoste. Massif, il est sculpté de motifs de jeux basques, et garni de lampes en verre coloré. La Provence est présentée avec des éléments ayant servi à décorer le pavillon des Alpes Maritimes à l’expo de 1925. Table, siège et appliques reprennent des éléments végétaux à motifs de vigne ou d’olivier dans un format stylisé, aux lignes simples.
Mobilier et éléments décoratifs Art Déco de Provence
Les Seiz Breur, ou comment la Bretagne s’est appropriée l’Art Déco
Le mouvement régionaliste le plus représenté dans l’exposition du musée de Valence est le mouvement Seiz Breur. Ce courant artistique breton est né en 1923 autour de l’illustratrice (on dirait aujourd’hui graphiste) Jeanne Malivel et des artistes Suzanne et René-Yves Creston. Ils ont fédéré différents artistes et intellectuels bretons avec pour but d’exprimer de manière moderne les motifs traditionnels tout en valorisant les savoir-faire locaux. Ce sont eux qui sont en charge du pavillon Ty Breizh (la maison de Bretagne) lors de l’expo de 1925. Ils proposent ainsi tout un répertoire graphique qui renouvelle l’expression artistique bretonne, proposant ce qu’on nommerait aujourd’hui une nouvelle identité visuelle en s’appuyant sur les codes existants. Ce que nous considérons souvent comme des motifs traditionnels aujourd’hui sont en fait des interprétations Art Déco en lien avec les Seiz Breur.
Evocation de la salle de l’Osté de la maison de Bretagne à l’exposition de 1925, présentant le travail et les idées du groupe des Seiz BreurCafetière et sucrier de la faïencerie Henriot de Quimper, présentés lors de l’exposition de Paris en 1925Motifs dessinés par Jeanne Malivel pour des tissus ou des papiers peintsAssiettes à motifs bretons réinterprétés. Le décor de celle la plus à droite a été dessinée par le peintre Mathurin Méheut, qui a refusé de faire partie des Seiz Breur, mais a lui aussi réinterprété le graphisme breton dans les années 1920/1930Les illustrations issues de l’Art Déco en Bretagne se caractérisent par des couleurs franches et vives et des traits stylisés.
Modernités méconnues
L’exposition nous emmène suite explorer les savoir-faire régionaux et comment les industries ont intégré le vocabulaire de l’Art Déco dans leurs productions. Les exemples proposés sont avant tout issus des environs de Valence avec les soieries de Lyon, les rubans de Saint Etienne et les gants de Grenoble, mais la porcelaine et les émaux de Limoges sont aussi mis en avant. A travers des objets et échantillons de tissus et rubans, c’est toute la modernité du vocabulaire graphique Art Déco que l’on constate.
Motifs floraux de couleurs vives et fil d’or : les rubans reprennent les codes graphiques de l’Art DécoMotifs géométrique ou floraux mais toujours des formes claires, des couleurs vives et du doré !Catalogue de motifs de rubans stéphanois déposésTasses du service à boissons chaudes Stella en porcelaine de Limoges de la manufacture Chabrol Frères et PoirierService à dessert en porcelaine de Limoges de la manufacture Descote, Reboisson et BarangerOn ne serait pas vraiment surpris de trouver de la vaisselle avec ce motif rayons et nuages dans une boutique en 2025 ! Décor de Jean Luce pour la Manufacture AhrenfeldtQuand l’Art Déco des régions regagne Paris, il y est nommé « rustique » : le parisianisme n’est pas une nouveauté !
L’Art Déco à Valence et dans la Drôme
L’architecture, traces visibles de l’essor de l’Art Déco à Valence
Essentiellement sous l’impulsion des architectes Henri Joulie, Louis Bozon et Henri Garin, les bâtiments valentinois vont prendre les traits épurés de l’Art Déco. Il en reste aujourd’hui de très nombreux exemples. Ceux-ci sont localisés le long de l’ancienne Nationale 7, aujourd’hui avenue Victor Hugo, un quartier à l’extérieur des boulevards qui se développe entre les deux guerres. Il est en particulier boosté par le début du développement du tourisme, qui se fait alors en voiture. C’est ainsi que la station service Relais du Sud est aménagée, et offre encore actuellement sa silhouette iconique au regard des curieux. Parmi les bâtiments emblématiques, on trouve aussi l’immeuble à l’angle de l’avenue Victor Hugo et de l’avenue Pierre Semard (où se trouve maintenant le Monoprix), l’ancien grand magasin des Dames de France (devenu centre commercial Victor Hugo), et l’ancien palais consulaire.
Immeuble du 10 place Aristide Briand à Valence, architecte Henri Garin Villa de Monsieur Rey à Valence, architecte Henri JoulieIllustrations de Une cité moderne de Robert Mallet Stevens, l’architecte de la Villa Cavrois à Roubaix
Etienne Noël et la céramique de Dieulefit
Enfin, l’exposition évoque l’artiste Etienne Noël. Ce peintre est marqué par son passage (et sa blessure) dans les tranchées de la première guerre mondiale, où il croisera d’ailleurs Mathurin Méheut. Il développera ensuite une activité de céramiste et de verrier. Installé à Dieulefit, il crée des pièces utilitaires aux lignes modernes et originales, éloignées des formes traditionnelles. De même, en tant que verrier, il imaginera des coupes à champagne que l’on ne peut poser qu’une fois vides.
Service à thé par Etienne Noël
Avec plus de 300 objets présentés et un axe scientifique original centré sur les régions, cette exposition a été classée d’intérêt national. Toutefois si on ne connait pas le mouvement artistique Art Déco, elle peut sembler un peu difficile à aborder. Il ne faut donc pas hésiter à recourir aux outils de médiation, à lire les éléments de contextualisation à l’entrée de chaque salle et à se référer aux cartels. Une visite guidée est aussi une très bonne façon de ne pas se laisser submerger par des informations trop pointues.
Pour ma part, j’ai apprécié cette visite qui m’a permis d’approfondir les connaissances que j’avais déjà sur l’Art Déco, de mieux comprendre la façon dont il s’est décliné dans la vie courante à travers les objets utilitaires ou l’architecture et de faire le lien avec des objets croisés chez mes grands-parents ou trouvés dans des vide-greniers.
L’entrée de l’exposition
Exposition L’Art Déco des Régions, Modernités Méconnues Musée de Valence – Drôme – septembre 2025
Informations pratiques : L’exposition L’Art Déco des Régions, Modernités Méconnues est présentée au musée de Valence jusqu’au 11 janvier 2026. Une programmation de visites guidées et d’ateliers en lien avec l’exposition est proposée. L’ensemble des informations pratiques pour visiter l’exposition ou participer à un atelier est disponible sur le site internet du musée de Valence.
(*) Ma découverte de l’exposition a eu lieu dans le cadre d’une invitation à un instameet (collaboration commerciale non rémunérée). C’est toutefois une exposition que je serai allée voir de moi-même quoi qu’il en soit.
Voilà un mois que nous sommes officiellement en automne. Et cette semaine, le projet 52 nous invite à le montrer. En cette période de vacances scolaires (et de moments en famille en ce qui me concerne), je ne vais pas faire compliqué pour illustrer ce thème. Alors, certes, j’aurais pu montrer des fruits et légumes de saison comme les champignons, les courges, les châtaignes ou les noix, mais j’ai déjà épuisé cette carte avec le thème « par terre » il y a 2 semaines. J’en reviens donc aux classiques couleurs de l’automne. La photo a été prise lors d’une balade dans le Vercors qui commençait doucement à prendre ses teintes mordorées.
Route de Combe Laval – Vercors – Drôme octobre 2025
Pour voir ce que les autres participants montrent de leur automne, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : comme je l’ai écrit plus haut, ce sont les vacances scolaires et je passe du temps en famille et entre amis. Je n’aurai donc pas l’occasion de venir valider durant le week-end les commentaires qui seraient passés en modération. Je le ferai en début de semaine.
Après une nuit de tempête au cœur de Glencoe et un petit crochet pour découvrir Glen Etive, nous sommes reparties sur la A82 en direction du Loch Lomond. En sortant de la vallée de Glencoe, nous avons fait un bref arrêt au bord de la route pour profiter d’un joli point de vue sur Rannoch Moor, et les lochs des environs. Puis, nous avons continué notre route pour rejoindre les rives du Loch Lomond.
Depuis le Rannoch Moor Viewpoint sur la A82
Sur les rives du Loch Lomond
Un arrêt aux Falls of Falloch
Une fois de plus, tout le long de la route, les paysages grandioses se sont succédés : des forêts, des lochs, des montagnes. J’avais peur qu’en quittant les Highlands, cela devienne moins impressionnant et il n’en est rien. La météo par contre s’est vite révélée très instable, coupant toute envie de promenades trop longue. Le vent était encore bien présent et les averses nombreuses. Toutefois, quand j’ai aperçu un panneau indiquant les Falls of Falloch, j’ai tourné dans le chemin menant au petit parking en sous-bois. Nous avons eu beaucoup de chance car une voiture s’en allait, libérant une place. En effet, le parking est minuscule (une dizaine de places, je dirais), et donc vite complet. Il peut aussi y être difficile de manœuvrer car il est étroit et le sol est meuble. Au bout de la zone de stationnement, un petit chemin s’enfonce dans la forêt. Après quelques (brèves) minutes de marche en sous-bois (prévoir de bonnes chaussures, surtout s’il a plu avant), la récompense est devant nos yeux. La cascade des Falls of Falloch fait une dizaine de mètres de haut et ce jour-là, le débit était très fort. La légende dit que Rob Roy MacGregor, le Robin des Bois écossais, s’y baignait (il semblerait que l’endroit soit nettement plus paisible quand ce n’est pas le lendemain d’un jour de fortes pluies.. même si malgré tout plusieurs incidents impliquant des baigneurs ont été reportés à cet endroit).
Falls of Falloch
(*) A noter : sur plusieurs guides, j’ai trouvé la mention d’un belvédère aménagé à cet endroit. L’accès en était fermé lors de notre passage.
En balade au bord du Loch Lomond
Nous avons continué la route et commencé à longer le Loch Lomond, que l’on apercevait parfois entre les arbres. Quand nous nous sommes arrêtées, nous ne pensions pas partir pour une balade au bord du loch. En effet, c’est parce qu’il y avait un petit parking avec des toilettes que nous avons fait un arrêt au niveau du Inveruglas Visitor Centre (qui était fermé pour travaux mais l’accès aux sanitaires était possible). Là, un petit escalier menait dans la forêt, promesse d’un point de vue sur le Loch. Normalement, de là, il est possible d’accéder à une structure pyramidale en bois pour profiter du panorama. Tout comme le visitor centre, elle était en travaux et inaccessible lors de notre passage. Mais cela ne nous a pas empêchées de profiter des petits sentiers longeant le loch. De crique en crique, de petite plage en petite plage, c’était un vrai bonheur. C’est l’arrivée de la pluie qui nous a fait revenir à la voiture.
Une ferme au bord du Loch LomondPetites plages au bord du Loch Lomond« True scottish sunshine » – le vrai soleil écossais : c’est ce que nous a dit un Ecossais que nous avons croisé au bord du Loch Lomond quand la météo s’est couverte
Doune Castle, une jolie surprise
Rendez-vous manqué avec le prieuré d’Inchmahome
Nous avons fait un second arrêt au bord du Loch Lomond pour prendre un café mais la pluie n’a pas permis que j’y fasse de photos sympas. Arrivées à l’extrémité du Loch Lomond, nous avons quitté la A82 pour prendre la direction de Callander où nous devions passer la nuit. Après un déjeuner rapide dans un pub de village, nous avons voulu aller voir le prieuré d’Inchmahome. Situé sur une île du lac de Menteith, il a accueilli quelques semaines Mary, Queen of Scots, encore enfant. Aujourd’hui en ruine, le fait qu’il soit situé sur une île lui ajoute une touche de charme supplémentaire. Mais c’est justement parce qu’il est sur une île que nous n’avons pas pu le voir. En effet, nous étions le lendemain du jour où la tempête Floris a balayé l’Ecosse et les vents étaient encore très violents. En conséquence, il n’était pas possible de faire circuler en sécurité les barques sur le lac pour rejoindre le prieuré. Nous l’avons appris en arrivant sur le parking du site. Le gardien, déçu pour nous, nous a proposé de passer quand même de l’autre côté des barrières pour accéder à la rive du lac et admirer la vue (à condition que nous soyons très prudentes). Puis, il nous a suggéré d’aller visiter Doune Castle à une vingtaine de minutes de route (en prenant soin de nous montrer sur son téléphone comment cela s’écrivait).
Le vent générait des vagues sur le (petit) lac de Menteith. A gauche, on aperçoit l’île du prieuré d’Inchmahome.
Un château médiéval impressionnant
En arrivant à Doune Castle, nous avons su que nous avions eu raison de faire confiance au gardien du prieuré d’Inchmahome. Un peu l’écart du village, au bout d’une route étroite, on le découvre en arrivant au pied ou presque. Et il est impressionnant. D’ailleurs, il a servi de décor à plusieurs films et séries (dont Monty Python Sacré Graal et les séries Outlander et Game of Thrones). Nous avons eu la chance de trouver une place sur le petit parking à côté du château (mais sinon, les agents d’accueil dirigent vers des parkings annexes situés dans le village). Nous avons pris l’audioguide, même si celui-ci était uniquement en anglais (il était inclus dans le billet d’entrée). Et je n’ai pas regretté du tout car il était vraiment bien fait, très facile à comprendre, donnant ce qu’il faut d’informations et agréable à écouter.
Devant Doune Castle
Le château de Doune a été construit au XIVe siècle par Robert Stewart qui a été régent pour trois rois d’Ecosse. Personnage important et riche, il édifie une forteresse agréable à vivre. Plus tard, Doune sera une résidence royale, puis une prison durant le soulèvement jacobite au XVIIe siècle (parmi les incarcérés, on trouve en particulier un certain John Witherspoon qui signera plus tard la déclaration d’indépendance des Etats Unis). En une heure de visite, avec l’audioguide, j’ai ainsi appris beaucoup de choses sur l’histoire de l’Ecosse. Et puis, j’ai découvert que si en France à l’époque de Napoléon III, il y avait une mode d’un médiéval fantasmé avec en particulier les restaurations de Viollet le Duc, il se passait la même chose outre-Manche où l’époque victorienne était aussi friande de ce médiéval revisité. En entrant dans la grande salle de Doune, qui a fait l’objet d’une restauration par le 14e Comte de Moray au XIXe siècle, j’ai eu l’impression d’entrer dans celle du château de Pierrefonds (en plus modeste mais de facture très proche).
A droite : la grande salle médiévale ne comportait pas de cheminée mais un emplacement pour un brasero // A gauche : restauration du XIXe siècle au château de Doune
(*) Vous pouvez trouver les informations pour visiter le château de Doune sur le site internet de Historic Environment Scotland, qui en est propriétaire. Les tickets réservés par internet sont moins chers que ceux achetés sur place, et garantissent de pouvoir entrer dans le château.
Une fin de journée à Callander
Nourrir les canards
Nous avons fini notre journée à Callander. Avant d’aller nous installer à l’hôtel, nous sommes allées prendre un goûter dans un coffee shop du village. J’y ai goûté un intéressant thé au whisky (et bien sûr j’ai oublié de noter la marque !). Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est le duck feeder. Au bord de la rivière, on trouve les meadows, d’anciennes prairies communales devenues parc. Là, cygnes et canards ont été élu domicile. Comme on le sait, le pain est une très mauvaise idée pour les canards (cela leur provoque des problèmes de santé). Or les promeneurs (petits et grands) aiment nourrir les canards. La ville de Callander a donc installé un distributeur automatique de nourriture pour canards, adaptée à leur régime alimentaire et au fait qu’on le jette dans l’eau de la rivière. Contre 1£ (paiement en sans contact par carte bancaire), on reçoit une belle quantité de granulés. Idéalement, il faut venir avec son petit récipient mais on peut s’en sortir avec des mains d’adulte. Est-ce que nous avons essayé ? Bien entendu !
Les meadows de Callander
Un hôtel dans une maison historique
Le soir, nous logions au Roman Camp Hotel, situé un peu à l’écart du village. Au cœur d’un grand parc longeant la rivière, c’était au départ un relais de chasse des ducs de Perth. Entre les deux guerres, la maison est transformée en hôtel restaurant, ce qu’elle est toujours aujourd’hui. Dire que nous sommes tombées sous le charme de cet hôtel est un euphémisme. On a trouvé ici une vraie âme, dans chacune des pièces. La chambre semblait sortie d’un conte de fées, nous plongeant immédiatement à l’époque victorienne. Nous avons profité d’une balade dans le parc avant de diner au restaurant situé dans l’ancienne orangerie. Puis, nous nous sommes installées avec un whisky d’abord dans le jardin d’hiver. Puis la nuit tombant, nous avons pris place au coin de la cheminée allumé, dans les fauteuils confortables et cosy du salon.
L’entrée de l’hôtel donne le ton // Dans le parc, un petit pont plein de charme // La vue du matin par la fenêtre de la chambre (j’ai trouvé à ce côté du jardin un petit côté de celui du vieux MacGregor dans les livres de Beatrix Potter)Ambiance cosy au bar et au salon
Un arrêt au pied des Kelpies sur la route d’Edimbourg
Après Callander, il ne nous restait plus qu’une journée en Ecosse, que nous avions prévu de passer à Edimbourg (où nous devions rendre la voiture avant le milieu d’après-midi et avions un hôtel.. et des places de spectacle pour le soir). Nous souhaitons arriver tôt à Edimbourg pour profiter encore une journée de la ville et du Fringe Festival. Sur le trajet, il y avait cependant encore un arrêt que nous voulions absolument faire : voir les Kelpies à Falkirk. En effet, Melle 3e pour son grand oral du bac qu’elle avait passé en arts plastiques avait un sujet autour de la représentation des chevaux au fil du temps. Son exposé se terminait par les Kelpies de Falkirk. Les deux conseillères de l’agence de voyage à qui j’en avais parlé m’avaient indiqué que je ne pourrais pas les rater. De fait, les Kelpies sont beaucoup plus grands que ce que je croyais et ils sont littéralement au bord de l’autoroute.
Impossible de manquer les Kelpies quand on passe sur l’autoroute M9 à Falkirk
Les kelpies sont des créatures mythiques du folklore écossais. Parfois appelés chevaux ondins, ils habitent les cours d’eau, mais aussi certains lochs dont ils sont les gardiens. Capables de prendre une apparence humaine, le kelpie possède la force de 100 chevaux. A Falkirk, le projet des Kelpies est né de l’aménagement du Helix Park par Scottish Canals, qui exploite plusieurs canaux passant à proximité. C’est le sculpteur Andy Scott qui a imaginé les Kelpies que nous voyons aujourd’hui. S’éloignant un peu du concept mythique des kelpies du projet de départ, il les a voulus comme un hommage aux chevaux qui étaient utilisés dans les industries et mines en Ecosse et particulièrement autour de Falkirk. Les Kelpies font 30 mètres de haut et sont réalisées par un assemblage de plaques en acier (en référence au passé industriel de Falkirk). Installés en 2013 et inaugurés en 2014, les Kelpies sont les plus grandes représentations équines au monde. Et je dois avouer qu’ils sont à la fois très impressionnants et très élégants.
The Kelpies sont situés au coeur du Helix Park et l’on y croise aussi bien les touristes, les curieux que des habitués qui viennent se promener ou faire courir leur chienThe Kelpies gardent un bassin et une écluse permettant de rejoindre un petit canal essentiellement décoratif.
(*) L’accès au Helix Park, où se trouvent les Kelpies, est gratuit et ouvert tout le temps. Le parking par contre est payant à certaines heures selon la période de l’année. Celui situé à proximité immédiate des Kelpies est fermé durant la nuit, sans possibilité de sortir, contrairement à celui à l’entrée du parc, accessible H24.
Voilà qui marque la fin de notre road-trip écossais. Il nous a pris une semaine. C’est une bonne durée pour un premier aperçu mais cela ne permet pas d’aller explorer le nord de l’Ecosse, d’autres îles ou Glasgow par exemple. Il y a clairement de quoi passer (beaucoup) plus de temps en Ecosse. C’est un pays très riche de patrimoine historique et de paysages à couper le souffle.
Région de Loch Lomond et des Trossachs – Ecosse – août 2025
(*) Au cours de ce voyage, j’évoque à plusieurs reprises la consommation d’alcool (cidre, bière, whisky…). Il est important de noter que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et donc à consommer avec modération.
Autant le dire tout de suite, le thème de cette semaine pour le projet 52 n’est pas simple. C’est encore un de ces mots qui m’est venu à l’esprit un soir tardivement quand je listais les thèmes de l’année à venir. La persévérance, c’est une vertu, difficile à imager. Mais c’est aussi la détermination à tenir un objectif. Et de la détermination et de la persévérance, il en a fallu à ces hommes qui à la fin du XIXe siècle ont construit les routes vertigineuses du Vercors. Parmi ces routes, l’une des plus remarquables est celle de Combe Laval qui relie Saint Jean en Royans au col de la Machine. Destinée à raccourcir le trajet entre le plateau de Lente et la vallée, la route est construite à flanc de falaise, parfois en encorbellement, souvent à travers le rocher qui a été creusé à coups de barres à mine et d’explosifs. Aujourd’hui encore, cette route, comme d’autres dans le même secteur, fascine.
Pour voir comment les autres participants ont persévéré, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : c’est le premier week-end des vacances scolaires de la Toussaint et je serai bien occupée en famille. Je ne sais donc pas à quel moment du weekend je pourrai venir valider les commentaires qui seraient partis en modération. Je peux juste dire que je le ferai avant la fin du week-end.
Notre road trip nous a menées sur l’île de Skye pour deux journées très intenses. Située dans l’archipel des Hébrides Intérieures, Skye est rattachée aux Highlands. Distante d’environ 430 mètres du mainland écossais, elle y est reliée par un pont, le Skye Bridge. C’est une île très vaste et qui regroupe beaucoup de lieux très connus, souvent mise en avant quand on évoque l’Ecosse. En deux jours, nous sommes loin d’avoir parcouru toute l’île ou vu toutes ses merveilles. Nous avons par contre pris le temps de découvrir les endroits où nous nous sommes arrêtées, et de nous laisser surprendre par la beauté de sites peu connus.
Sur la côte, à Dunvegan, quelques moutons profitent de la marée basse
Dans les environs de Portree
En arrivant du Skye Bridge, entre mer et montagne
Après avoir passé le Skye Bridge, nous avons pris la direction de Portree, la principale ville de l’île. La route longe la côte, bien souvent coincée entre la mer et la montagne. Nous avons aperçu le charmant pont en pierre de Sligachan, mais il y avait beaucoup de monde et nous savions que nous repasserions là sur la route pour quitter l’île en fin de séjour. Nous avions donc prévu de nous y arrêter en repartant, car nous y serions tôt le matin (spoiler alert : la tempête Floris viendra contrecarrer nos plans en transformant le petit ruisseau en torrent furieux sous le déluge). Nous avons par contre fait un arrêt à la cascade Eas a’ Bhradain. Il est impossible de la manquer quand on va de Broadford à Portree car elle se trouve au bord de la route (et un parking permet de s’arrêter facilement).
Cascade Eas a’ Bhradain Sur le trajet de retour, après une nuit de pluie battante en pleine tempête Floris, la cascade débitait un flot impressionnant, occupant largement tout son espace.
Il y avait un peu de monde au pied de la cascade mais cela restait raisonnable. Nous avons décidé de trouver un petit chemin pour nous en approcher. Nous avons tenté la rive droite de la rivière. Elle mène à un chaos rocheux au pied de la cascade un peu complexe à traverser sans mettre les pieds dans l’eau (et si la question est de savoir si j’ai trébuché, la réponse est oui). Sur la rive gauche, le chemin est plus facile mais le terrain tourbeux est très meuble. Il est facile de s’y enfoncer (et si la question est de savoir si je me suis enfoncée quasiment jusqu’à la cheville, la réponse est oui). Nous avons ensuite continué vers Portree où nous avons déjeuné d’un fish & chips. Après un petit tour sur le port aux maisons colorées et sur la petite plage (où nous avons trouvé plein de débris de vaisselle), nous étions prêtes à partir pour la suite de nos explorations.
La baie et le port de Portree avec ses maisons colorées. Le soir, nous reviendrons y diner avec une jolie vue sur le mouillage. Nous y passerons aussi un bout de soirée au pub avec de la musique live.
Une rencontre avec les petites vaches
Parmi mes souhaits lors de ce voyage en Ecosse, il y avait de rencontrer des petites vaches Highland. Avec sa petite taille, ses jolies cornes, et sa frange qui vole au gré du vent, c’est vraiment une icone écossaise. En partant de Portree vers Old Man of Storr, j’ai aperçu le panneau d’un café qui avait comme logo une de ces Highland coos. Des palissades cachant la vue vers la terrasse du café, j’ai pensé qu’il était peut-être possible d’y approcher les vaches. Nous nous sommes donc arrêtées et y avons pris un café. C’était une bonne idée car effectivement, 3 petites vaches étaient là avec leurs veaux. L’un était d’ailleurs clairement en train de prendre son goûter lui aussi. Après la tétée, la mère s’est approchée de la clôture pour se laisser caresser, tandis que le bébé passait carrément de notre côté du fil pour venir chercher des calins.
Rencontre avec les petites vaches écossaises Les vaches sont de race Highland, tandis que les veaux sont croisés Highland et Angus expliquant leur couleur noire
(*) Untethered Skye Co. , sur la A855 à la sortie de Portree en direction de Old Man of Storr. Restauration légère et café, à déguster en extérieur au plus près des petites vaches.
Paysages sauvages à Old Man of Storr
Après l’arrêt au café des vaches, nous avons repris la route vers Old Man of Storr. Le paysage se fait rapidement plus sauvage et la route se rétrécit, passant à une seule voie ponctuée de passing places pour se croiser. L’après-midi était déjà bien avancée et l’essentiel du trafic se faisait en sens inverse du nôtre. Bientôt, un lac se dessine dans le paysage. Les lochs Fada et Leathan dominent la mer. On aperçoit les rivages de quelques îles des Hébrides intérieures, en particulier Raasay et Rona. Il y a peu d’endroits où s’arrêter mais nous avons profité pleinement du paysage. C’est au niveau de Bride Veil’s Fall, la cascade du voile de la mariée, que nous avons trouvé un stationnement. Nous avons décidé d’aller voir la cascade de plus près, en suivant un sentier qui monte vers son sommet (attention, ici aussi le sol peut être très meuble). Là, nous bénéficions d’un très beau point de vue sur les 2 lochs et sur les monolithes de Storr.
Depuis la cascade du voile de la mariée, le panorama englobe Old Man of Storr et les lochs Fada et LeithanPartir en randonnée au dessus de la cascade du voile de la mariéeLa silhouette tellement identifiable de Old Man of Storr
Après notre petite randonnée, nous avons repris la voiture pour rejoindre le départ du chemin vers Old Man of Storr. La météo commençait à se dégrader et l’après-midi touchait maintenant à sa fin. Aussi, nous avons trouvé sans difficulté une place sur le parking au pied de Old Man of Storr. Le chemin pour accéder vers les rochers est très fréquenté. Le sentier est large et la balade est plutôt familiale même si cela monte tout le temps. Malgré tout, je ne suis pas allée jusqu’en haut, m’arrêtant aux deux tiers du chemin : mon genou qui avait heurté un rocher le matin dans la cascade Eas a’ Bhradain était douloureux et je souhaitais le préserver en vue des jours suivants (Melle 3e est allée jusqu’au bout). Cela ne m’a pas empêchée de m’émerveiller devant le paysage, tant côté montagne de Storr que côté lochs et mer.
La tête dans les nuages à Old Man of StorrLoch Leithan depuis Old Man of Storr
(*) A Old Man of Storr, il est obligatoire de se stationner sur les places de parking identifiées. Le stationnement est payant (5 £ pour la journée). Attention sur les stationnements qui longent la route : les bas côtés sont très meubles et il est facile de s’y enliser. Le site, très connu, est aussi très fréquenté et selon le moment, il peut être difficile d’y trouver un stationnement. Il faut compter environ 1 heure pour faire l’aller-retour par le sentier.
Sur la péninsule de Trotternish
Impressionnantes cascades à Lealt et Kilt Rock
Le lendemain, nous sommes repassées devant Old Man of Storr, complètement dans les nuages. Notre objectif était de continuer à parcourir la A855 qui fait le tour de la péninsule de Trotternish, et de nous arrêter pour admirer les points, et pourquoi pas faire une petite randonnée. Après Old Man of Storr, la route longe la côte en surplomb de la mer. Ici, les volcans ont créé de grandes falaises de basalte. Nous avons commencé par la cascade de Lealt. Un belvédère a été construit pour dominer les chutes d’eau en toute sécurité. La rivière plonge de 90 mètres de haut dans un canyon avant de se déverser dans la mer.
Lealt Falls
Plus loin, c’est au point de vue de Kilt Rock que nous avons fait une halte. Là, le loch Mealt se déverse dans la mer en une vertigineuse chute d’eau de plus de 60 mètres de haut. Le jour de notre venue, il y avait assez peu d’eau à s’écouler dans la cascade. Mais cela ne diminue en rien la beauté de la côte à cet endroit. Les falaises de basalte se dressent juste au dessus de la mer et mesurent jusqu’à 90 mètres de haut. Les bruyères en fleurs et le vert de l’herbe apportent une touche de couleur dans ce paysage minéral.
La cascade de Mealt Falls coulait assez peu ce jour-làLes impressionnantes falaises de Kilt Rock
(*) Pour Lealt Falls, un parking permet de se stationner à proximité du belvédère. Il est gratuit. Pour Kilt Rock, le parking est payant (forfait de 3 £ par demie-journée). L’accès au point de vue sur les falaises et la cascade est sécurisé.
Le domaine des moutons
En continuant sur la route A855, nous avons traversé un passage canadien, indiquant que nous entrions sur le domaine des moutons. La route s’éloigne alors un peu de la mer pour traverser la lande qui borde le Quiraing. Ce plateau a été formé par un glissement de terrain et il est toujours en mouvement. Les moutons sont chez eux et nous en avons croisé à plusieurs reprises sur la route. Nous nous sommes arrêtées sur un espace adéquat afin de mieux les observer. Sur la lande, le sol était très souple, faisant presque penser à un tapis rebondissant. Un promeneur avec son (petit) chien en laisse a fait peur aux ovins qui se sont vite enfoncé dans les fougères pour gagner un point un peu plus haut. J’avais un peu l’impression d’être dans la scène d’introduction très cliché d’un film se passant en Ecosse.
Soudain, les moutons se sont mis à courirLes moutons prennent se faufilent sur un léger sentier direction le plateau du Quiraing
Finalement, notre envie de randonnée tombera à l’eau, littéralement. La pluie s’est invité et elle est vite très forte. Nous ne marquerons pas d’arrêt supplémentaire sur la péninsule de Trotternish.
Dunvegan Castle, maison du clan Mac Leod
Le château de Dunvegan
L’étape suivante était prévue à notre programme depuis la construction du voyage. Nous avions en effet des billets pour visiter le château et les jardins de Dunvegan ce jour-là. Le château de Dunvegan est très connu car il est la maison du chef du clan MacLeod depuis plus de 800 ans. Ce clan des MacLeod de Dunvegan, est très puissant et apparenté au clan des MacLeod de Lewis. Les deux clans sont en effet issus du même ancêtre qui avait partagé son domaine entre ses deux fils. Au fil des siècles, le clan MacLeod s’est éparpillé à travers le monde. Mais au milieu du XXe siècle, alors que Dame Flora était la cheffe du clan MacLeod, elle a initié des rassemblements réguliers des membres du clan au château de Dunvegan. Le château, toujours utilisé par la famille du chef de clan, se visite partiellement. On peut ainsi découvrir l’épée du clan (et là, j’avoue que j’ai très fortement pensé au film Highlander avec Christophe Lambert), et le Fairy Flag, le drapeau historique du clan qui lui aurait été donné par les fées et assurerait la suprématie du clan sur le champ de bataille.
Le château de Dunvegan étant constamment habité, il a plusieurs fois été remanié. Son allure a été revue au XIXe siècle à l’époque Victorienne quand une certaine idée du Moyen-Âge était à la mode.Partout dans le château, on trouve les portraits des chefs successifs du clan et de leurs épouses, comme ici dans la salle à manger.
Les jardins et la baie de Dunvegan
Le château de Dunvegan est célèbre pour ses jardins qui comptent parmi les plus beaux du Royaume Uni. Il y a en particulier un très beau walled garden, un jardin entouré de murs conçu à l’origine pour protéger le potager des vents et y conserver la chaleur du soleil via le rayonnement des murs. Aujourd’hui, on y trouve de très beaux parterres de fleurs, en particulier des lys. J’ai beaucoup aimé aussi découvrir les deux belles cascades naturelles qui se trouvent dans les jardins.
L’une des cascades du domaine autour de Dunvegan CastleDans le walled garden
Des jardins, nous sommes descendues au bord de la baie de Dunvegan. Ce loch marin héberge une importante colonie de phoques. J’ai réussi à en apercevoir plusieurs, que ce soit dans l’eau ou au repos sur des bancs d’algues au bord du rivage, près de la digue. Je n’ai pas vraiment réussi à les prendre en photo car ils sont très mobiles. Mais l’essentiel était de les voir. De la digue, on dispose aussi d’une jolie vue sur le côté marin du château.
La photo n’est pas très bonne, mais ce que j’ai entouré, c’est la tête d’un phoque qui venait de retourner à l’eau depuis le banc d’algues.La digue vue depuis le château et le château vu depuis la digueVue sur le château en descendant des jardins
(*) Le château de Dunvegan et ses jardins sont ouverts à la visite. Il est possible aussi de faire un tour en bateau dans la baie pour voir les phoques de près. Entre le parking et le château, un café propose une restauration légère et un beau choix de pâtisseries.
Nest Point, un phare au bout du monde
Le dernier endroit que nous avons exploré sur l’île de Skye est Nest Point. Accessible depuis Dunvegan par une route d’une dizaine de miles (environ 15 km) à simple voie (mais double sens), Nest Point offre un panorama somptueux sur les environs. Nous sommes arrivées assez tôt en début d’après midi et n’avons donc pas eu de difficulté à rejoindre le parking (peu de circulation en sens inverse), ni à y trouver une place. L’effet wahou a été immédiat. La côte ici est faite de falaises abruptes. On devine même quelques cascades qui se déversent verticalement dans la mer.
Un panorama grandiose face à nous dès le parking
Mais ce qui rend Nest Point célèbre, c’est la presqu’île qui mène au phare. Un chemin de randonnée permet de s’y rendre, et nous avons décidé de le suivre. Il faut commencer par descendre le long de la falaise par un escalier abrupt (et déjà, se dire qu’il faudra ensuite le remonter…). Une fois en bas, il suffit de suivre le chemin bien marqué sur presque 1 kilomètre jusqu’au phare. Je me suis quand même approchée avec prudence des bords pour me rendre compte de la verticalité des lieux. C’est sans doute l’un des plus beaux endroits que nous ayons vu sur Skye, l’alliance entre la mer et la montagne. Le côté brut du paysage contraste avec le phare, mis en service en 1909, et situé à l’extrémité ouest de l’île. Face à nous, les côtes des îles des Hébrides extérieures se devinent, à la fois proches et lointaines.
La presqu’île de Nest Point et son phare. A l’arrière plan, on devine les côtes des îles des Hébrides extérieures
Ici aussi, nous sommes sur le domaine des moutons. Brebis et agneaux paissent tranquillement autour des touristes. Je me suis assise un long moment sur un bloc de pierre pour les regarder brouter, tout en profitant du soleil. D’ailleurs ce dernier nous a aussi fait la bonne surprise de transformer la couleur de l’eau en un bleu idyllique.
Les moutons à Nest Pointquand le soleil rend la couleur de l’eau paradisiaque à Nest Point
Nous avions prévu d’autres découvertes pour notre dernier matin sur l’île de Skye avant de prendre le ferry pour Mallaig. Mais la tempête Floris nous a contraint à changer nos plans : ne pas trainer sur l’île, reprendre le Skye Bridge au lieu de traverser en ferry, déverser des trombes d’eau et des vents violents réprimant ainsi toute envie de balade !
Deux jours sur l’île de Skye est vraiment un minimum. Comme nous avions fait le choix de prendre notre temps pour découvrir les endroits où nous sommes allées, et que nous nous sommes autorisées des arrêts impromptus juste parce que le paysage était beau (ou qu’il y avait des petites vaches), nous avons aussi laissé beaucoup de lieux de côté et nous savons qu’il y encore beaucoup à découvrir sur l’île si nous y retournons.
Sur l’île de Skye, nous avions un hébergement insolite. L’hôtel était constitué de pods disséminés sur la colline dominant la baie de Portree. Chaque pod a vue sur la mer mais la météo ne nous a pas réellement permis d’en profiter. C’est aussi le cas de la salle de restaurant où est servi le petit déjeuner. Les chambres bien que très confortables sont assez petites et peuvent vite devenir exigües dans le cas où la météo empêche de sortir.
(*) Au cours de ce voyage, j’évoque à plusieurs reprises la consommation d’alcool (cidre, bière, whisky…). Il est important de noter que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et donc à consommer avec modération.
Après avoir passé une grande journée à Edimbourg et une bonne nuit de repos, nous avons pris un solide petit déjeuner et sommes parties à pied récupérer notre voiture de location dans un quartier calme de la ville. Une fois les formalités faites, nous avons pris la route direction les Highlands. Nous avions une étape au bord du Loch Ness avant de rejoindre l’île de Skye (dont je vous parlerai dans un article dédié tant j’ai de choses à vous raconter). En rentrant de Skye, nous avons de nouveau traversé les Highlands en empruntant une vallée mythique : celle de Glencoe. Compte tenu de la durée de notre séjour en Ecosse, nous sommes restées dans le sud des Highlands. De même, nous n’avons pas exploré de façon exhaustive les endroits connus auprès desquels nous sommes passées. Je fais le choix quand je voyage de ne pas chercher à « tout » voir, mais de profiter des lieux que je découvre.
Quelque par le long de la A82 dans la vallée de Glencoe
D’Edimbourg au Loch Ness
Pause déjeuner sur la route
Après avoir quitté Edimbourg et traversé le Forth of Firth, nous avons pris l’autoroute. Progressivement, les paysages ont changé, devenant plus vallonnés mais aussi plus violets. En effet, les bruyères étaient en fleurs et coloraient joliment les landes. Nous avons fait notre premier arrêt en quittant l’autoroute. Il était l’heure de déjeuner et la météo était très différente du matin à Edimbourg. Le thermomètre de la voiture indiquait 14°C. Nous nous sommes arrêtées au premier restaurant que nous avons croisé, juste au bord de la route. J’ai bien aimé son nom The deerstalker diner. A l’intérieur, la décoration était simple tout comme le menu. J’ai commandé une soupe (maison), excellente. Nous avons pris une table à côté de la fenêtre avec vue sur les montagnes. Le road trip avait vraiment commencé !
The deerstalker diner – Dalwhinnie
Randonnée à Spean Bridge
Nous avons ensuite bien entendu repris la route en direction de Fort Augustus où nous avions notre logement pour le soir. Après avoir passé le village de Spean Bridge, un panneau indiquait Viewpoint au niveau du Commando Memorial. Je me suis donc garée sur le petit parking du mémorial. Là, le point de vue permet de voir toute la chaîne du Ben Nevis Range et en particulier, le point culminant de Grande Bretagne, le sommet de Ben Nevis.
Au pied de la chaîne de Ben Nevis
Au pied du mémorial, une lande accueillait des moutons en pâturage. En allant les voir de plus près, j’ai aperçu des panneaux comme ceux que l’on trouve au bord des chemins et qui donnent des explications sur les lieux. Nous avons donc décidé d’aller les voir de plus près. Une fois la barrière pour entrer sur la lande passée, nous avons découvert un joli sentier de randonnée qui se faufilait entre les fougères. Il n’en fallait pas beaucoup plus pour que nous le suivions. Nous sommes arrivées le long d’une petite rivière, que nous avons traversée sur un petit pont de bois. Nous avons continué à marcher, sur le domaine des moutons que nous apercevions au milieu de la lande. Nous avons fait demi tour au bout d’environ 2 kilomètres, pour revenir à la voiture car nous avions encore un peu de route avant de rejoindre le Loch Ness.
Sur la lande avec les moutonsune randonnée sans difficultés avec une vue sur le Ben Nevis Range
Balade au bord du Loch Ness
Après avoir longé les lochs Lochie et Oich et traversé le canal calédonien (qui relie la mer du Nord à la mer d’Ecosse via les lochs), nous sommes arrivées à Fort Augustus. Le petit village a la particularité d’être situé à l’extrême sud du Loch Ness, sur le canal calédonien. Nous avons donc laissé la voiture sur le parking et longé le canal pour arriver jusqu’à une petite plage au bord du Loch Ness. L’endroit étant indiqué comme LE point de vue sur le Loch Ness, il y avait pas mal de monde. Aussi, après avoir trempé les mains dans l’eau, nous avons décidé de revenir sur nos pas pour rejoindre l’autre rive du canal et aller prendre un rafraichissement sur la terrasse du boathouse du Highland Club. Le point de vue y est tout aussi magique, mais il y a beaucoup moins de monde puisqu’il faut consommer au restaurant pour y accéder.
La rivière Oich rejoint le Loch Ness depuis le Loch Oich à Fort AugustusVue sur le Loch Nesssur la plage au bord du Loch Ness
Hôtel avec vue
La journée touchant à sa fin, nous avons repris la route pour rejoindre notre hôtel, situé dans les environs de Fort Augustus. The Inch est un ancien relais de chasse avec une vue panoramique sur le Loch Ness. Nous avons tout de suite été séduites par le charme des lieux, très rustique chic. Moquettes en tartan, escalier majestueux en bois, salon cosy, bow window : nous avons eu l’impression de tomber dans un décor de roman de cosy mystery. D’ailleurs, dans la soirée, alors que nous étions installées confortablement dans les fauteuils du salon, nous avons imaginé tout un pitch pour un roman, en inventant des vies aux autres hôtes du jour. Nous avons aussi profité du cadre pour déguster notre premier whisky du séjour, un Dalwhinnie distillé dans le village où nous avions fait notre pause déjeuner.
Après avoir dormi au bord du Loch Ness, nous avons pris la route pour rejoindre l’île de Skye. Notre route nous a emmenées à travers les montagnes et les landes en suivant lochs et rivières. Comme la veille, à Spean Bridge, le panneau viewpoint nous avait menées à une jolie surprise, quand j’en ai vu un au bord de la route, je n’ai pas hésité à m’arrêter. Mais, cette fois, nous avons été un peu perplexe quand, une fois arrêtées, nous ne voyions rien de particulier. Cependant, nous avons assez vite avisé un petit sentier qui s’enfonçait dans la végétation au bord de la route. Nous l’avons suivi et passé une petite crête, nous nous sommes retrouvées sur une lande en plein milieu des bruyères. Nous faisions face à une rangée de montagnes au pied desquelles coulait une jolie petite rivière. Nous avons donc continué à suivre le chemin jusqu’à la rivière, légèrement en aval du barrage de Dundreggan que nous apercevions. Dans ce paysage idyllique, nous étions seules, loin du bruit de la circulation, loin de tout, nous émerveillant de la couleur des bruyères et de la beauté des lieux.
Le long de la rivière Glenmoriston – Quelque part en aval de Dundreggan Dam
Les pieds dans l’eau à Loch Cluanie
En continuant notre route, nous sommes arrivées le long du Loch Cluanie. Là encore, un panneau indiquait un viewpoint. Sauf que cette fois, nous n’avons pas pu nous y arrêter. En effet, nous étions encore tôt le matin et plusieurs vans y étaient encore installés, finissant leur nuit. Nous avons donc continué un peu pour trouver un autre parking, moins chargé. De là, nous avons emprunté un sentier qui nous a conduit au bord du lac avec de magnifiques points de vue sur les environs. Cette courte randonnée s’est aussi transformée en session d’escalade pour Melle 3e qui n’a pas su résister à l’appel des rochers bordant le loch. Pour ma part, j’ai choisi de plutôt m’assoir au bord de l’eau dans une session de contemplation des rides formées par le vent à la surface du lac.
Les reflets dans le petit lac à Loch CluanieFascinant paysage à Loch Cluanie
Point de vue iconique à Eilean Donan Castle
En longeant les lochs pour nous rendre vers l’île de Skye, nous sommes passées à côté du château de Eilean Donan. Sa silhouette, plantée sur une petite île à laquelle on accède par un pont en pierre, est iconique. Elle a été utilisée dans de très nombreux films et séries. Je l’avais découvert dans le premier film Highlander au milieu des années 1980 (avec Christophe Lambert et Sean Connery, soit un français qui joue un écossais tandis qu’un écossais joue un espagnol). Je crois que c’est ce film qui m’a donné envie de découvrir les paysages écossais d’ailleurs. Nous n’avons pas visité le château (qui semble-t-il ne présente pas d’intérêt majeur), mais nous avons traversé le petit pont pour en faire le tour. La marée était basse, et nous avons pu accéder aux petites plages pour de très beaux panoramas sur les 3 lochs environnants.
la silhouette iconique de Eilean Donan Castleau pied du pont pour rejoindre l’île de Eilean Donan Castle
(*) Le parking à proximité de Eilean Donan Castle est payant. Le forfait est de 2 heures pour 3 £ (j’ai pour ma part eu beaucoup de chance car au moment où je descendais de voiture, un véhicule s’est arrêté à ma hauteur et le conducteur m’a donné son ticket sur lequel il restait encore 1h30 de stationnement). L’accès à l’île est payant. Il y a des caisses et des distributeurs automatiques de tickets dans le petit visitor centre. On y trouve aussi un café qui permet de prendre une pâtisserie ou un repas léger avec vue sur le château.
Après Eilean Donan, nous avons traversé le Skye Bridge pour nous rendre sur l’île de Skye. Bien que faisant partie de la région des Highlands, nous y avons fait tellement de découvertes que je ferai un article dédié. Nous reprenons ce road trip dans les Highlands du mainland écossais à notre retour de l’île de Skye, direction Glencoe.
De l’île de Skye à la vallée de Glencoe
Faire la route sous la tempête Floris
Nous devions quitter l’île de Skye le lundi 4 août en empruntant un ferry à Armadale en fin de matinée. Mais la tempête Floris avait commencé à souffler assez fort dans la nuit et les prévisions n’allaient pas en s’améliorant. En faisant le check out à l’hôtel, la réceptionniste nous a averties que le pont était prévu pour fermer à midi (voire avant si les vents devenaient trop forts) et que les ferries étaient vraisemblablement annulés (nous en avons eu rapidement la confirmation par notre agence de voyages). Son conseil était donc de ne pas s’attarder sur l’île et de filer prendre le pont pour regagner au plus vite le mainland. Nous avons suivi ce conseil et rejoint le Skye Bridge que nous avons traversé. Nous avons ensuite cherché un endroit où faire une pause afin de faire le point sur le trajet à emprunter pour rejoindre la vallée de Glencoe où nous avions notre hôtel pour le soir.
Pause café sous la pluie dans un café-pâtisserie au bord de la route en face de l’auberge Cluanie Inn
La route vers Glencoe nous a fait repasser le long du Loch Cluanie. Si les paysages étaient très calmes deux jours avant, cette fois, l’ambiance était complètement différente. Entre la pluie et le vent, tout prenait une dimension épique et dramatique. La lumière était tellement particulière que nous étions partagées entre l’envie de nous arrêter malgré les conditions météo et celles de continuer à avancer pour se mettre à l’abri le plus rapidement possible. Nous sommes restées raisonnables et avons choisi de continuer notre route. Partout autour de nous, des cascades dévalaient les pentes des montagnes, y compris là où nous n’en aurions pas deviné quelques jours avant.
J’ai quand même marqué un arrêt pour prendre une photo quasiment à l’endroit où nous étions deux jours avant sur les rives du Loch Cluanie
Nous avons fini par rejoindre Fort Williams, où la mer se déchainait dans ce bras normalement très tranquille. Nous avons continué jusqu’au village de Glencoe où nous avons profité d’une accalmie pour faire un tour au bord de la rivière, transformée en torrent furieux. Un peu plus haut, le vent formait des vagues sur le loch Leven. Ce n’était pas vraiment un temps à flâner dehors ! Nous avons opté pour un déjeuner rapide au chaud à The Quarry, le visitor centre de Ballaculish. Là, beaucoup de randonneurs coincés par la tempête étudiaient leurs options dans une ambiance chaleureuse. Après une soupe réconfortante, nous avons repris la route vers Fort Williams (en revenant en arrière donc) pour trouver une activité en intérieur. Nous avions envie de visiter une distillerie de whisky mais nous n’avions pas réservé et tout était complet. Nous en avons profité pour nous rendre à la boutique de la Highland Soap Co. et y prendre un goûter avec vue sur Ben Nevis, le point culminant de Grande Bretagne.
La rivière Coe était en crue avec la tempête FlorisSur le Loch Leven, le vent formait des vagues pendant la tempête Floris
Remonter la vallée de Glencoe
Après cela, nous avons décidé de rejoindre l’hôtel pour nous y installer tranquillement et passer la fin d’après-midi à l’abri. Après avoir un peu zigzagué entre les arbres tombés sur la route et passé un pont avec un bon vent transverse, nous avons commencé à remonter la vallée de Glencoe par la route A82. J’avais lu qu’en été cette route est très fréquentée et que les places de stationnement au niveau des belvédères sont parfois compliquées à trouver. Je vais être franche, la tempête Floris avait du décourager bon nombre de touristes ce jour-là. En montant, les arbres ont disparu du paysage, m’apportant une certaine sérénité de conduite. Les pluies diluviennes avaient fait gonfler tous les cours d’eau et les cascades coulaient partout sur les flancs des montagnes. Je crois qu’il est impossible de compter le nombre de fois où j’ai dit « c’est beau » ou une autre phrase similaire sur ce trajet !
Point de vue des Three Sisters dans la vallée de Glencoe
Malgré la pluie battante et le vent, nous nous sommes arrêtées aux différents belvédères que nous avons croisés. Le premier était celui des Three Sisters, les Trois Sœurs. Il y avait plein de places disponibles sur le parking. Le ciré était indispensable une fois sorti de la voiture. Mais le paysage était époustouflant. C’était comme si la tempête voulait nous montrer le côté le plus rude de l’Ecosse, nous faire admirer les montagnes sous leur côté le moins hospitalier tout en nous faisant tomber sous le charme de ces paysages grandioses.
The meeting of the three waters
En continuant notre route, c’est au Meeting of the Three Waters, la rencontre des trois rivières, que nous avons fait un arrêt. Là encore, nous n’avons eu aucune difficulté pour trouver une place sur le petit parking en bordure de route. Les cascades, gonflées par les pluies des dernières 24 heures, avaient un fort débit. Les embruns se mélangeaient à la pluie tandis que nous longions le bord de la cascade. Le spectacle était une nouvelle fois grandiose. Peu avant d’arriver à l’hôtel, nous nous sommes arrêtées face à la Wee White House, la petite maison blanche. A ce moment là, la pluie avait de nouveau forci et le courage nous a manqué pour emprunter le chemin jusqu’à la petite maison.
The Wee White House
Se mettre à l’abri à Kingshouse
En arrivant à l’hôtel, nous ne pouvions qu’être impressionnées par son environnement naturel. Là, au milieu de nulle part, un ancien relais de poste a été transformé en hôtel chic d’une part et en refuge pour randonneurs d’autre part. Il faut dire que l’endroit est idéalement situé sur le West Highland Way, un chemin de grande randonnée dont il est une étape. Nous étions côté hôtel. De chaque chambre, on voit les montagnes autour. C’était finalement l’endroit idéal pour regarder la tempête se déchainer tout en restant à l’abri, ce que nous n’avons pas manqué de faire. Le soir, nous avons profité du restaurant et du bar, tous les deux panoramiques. Nous nous sommes de nouveau laissées tenter par un whisky à savourer dans les canapés accueillants face aux montagnes. Et si quelques jours plus tôt, nous avions imaginé un cosy mystery au bord du Loch Ness, ici, au milieu des Highlands, c’est un téléfilm de Noël dont nous écrivons le scénario.
N’ayant pas pu profiter des environs de l’hôtel le jour où nous sommes arrivées, c’est le matin avant le petit déjeuner que nous sommes allées marcher un peu autour. Dans la lumière du matin, juste après la tempête, les montagnes prenaient encore une autre dimension. Loin de l’ambiance apocalyptique de la veille, sous un ciel encore très sombre, la lumière se frayait un chemin. Sur le sentier, nous étions seules. Une excellente façon de débuter une journée !
Buachaille Etive MórAutour de Kingshouse, sur le West Highland Way
Découvrir Glen Etive
Comme nous n’avions pas pu parcourir Glen Etive le jour où la tempête faisait rage, nous y sommes allées le matin avant de quitter les Highlands. La route se faufile à travers une vallée étroite, longeant la rivière Etive. Plusieurs cascades, bien visibles de la route, jalonnent le parcours. L’une d’elles est d’ailleurs célèbre pour avoir servi de décor à Skyfall, un opus de James Bond. Nous avons fait demi-tour après une douzaine de kilomètres afin de reprendre notre road trip à partir de Kingshouse en direction de Loch Lomond, d’autant plus que le ciel redevenait menaçant.
Glen Etive
Highlands – Ecosse – août 2025
(*) Au cours de ce voyage, j’évoque à plusieurs reprises la consommation d’alcool (cidre, bière, whisky…). Il est important de noter que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et donc à consommer avec modération.