[Rhône] un week-end entre amis réussi dans les Monts du Lyonnais malgré la pluie

Les Monts du Lyonnais constituent un territoire à l’ouest de Lyon, s’étendant du sud du Beaujolais jusqu’à la vallée du Gier. J’avais déjà eu l’occasion de vous parler d’une journée que j’y avais passé il y environ un an et demi. Cette fois, c’est pour un week-end complet que j’ai retrouvé quelques copains Eclaireurs Partir-Ici.fr à l’invitation de l’office de tourisme des Monts du Lyonnais. Cette fois, il s’agissait de profiter d’activités plus automnales entre découvertes gastronomiques et paysages mordorés. Comme vous pourrez le constater, nous n’avons pas été gâtés par la météo et presque tout le week-end s’est passé sous la pluie. Mais cela n’a pas gâché du tout les découvertes, ni les bons moments.

paysage d'automne dans les Monts du Lyonnais à Yzeron
L’automne dans les Monts du Lyonnais

Etape 1 : un début de journée à la brasserie Virage Sept à L’Arbresle

Nous avions rendez-vous à 10.00 le samedi matin à la brasserie Virage Sept. Située à L’Arbresle, c’est une petite brasserie artisanale. Pascal, l’un des fondateurs, nous y a accueillis. Après un café partagé, il nous a expliqué l’histoire et les valeurs de Virage Sept. Au départ, le lieu accueillait à la fois un atelier de réparation de cycles et la brasserie. Mais Pascal et son associé se sont aperçus que les deux métiers demandaient chacun trop d’engagement et ils ont dû faire un choix. Ils sont donc maintenant uniquement brasseurs.

bouteilles de bières de la brasserie Virage Sept
La gamme de la brasserie Virage Sept au moment de ma visite.
Vous noterez avec le nom de ces créations que le cyclisme n’est jamais très loin. D’ailleurs le nom Virage Sept vient du virage des Hollandais dans la montée de l’Alpe d’Huez.

Passionné, Pascal nous a expliqué les différentes étapes de la fabrication de la bière. Il nous a montré les céréales maltées et le houblon qui sont utilisés. Nous sommes même allés devant la brasserie voir les pieds de houblon que Pascal aimerait bien utiliser d’ici quelques années. Les explications sont vraiment intéressantes et permettent de comprendre comment on produit une bière. De plus, la démarche de la brasserie Virage Sept s’inscrit dans une dynamique durable. L’entreprise participe à 1% for the planet. Les matières premières sont le plus possible sourcées localement. Les bouteilles sont consignées et réutilisées après lavage par une société spécialisée située dans la région lyonnaise. La drêche (c’est la partie solide qui reste au fond de la cuve après l’embouteillage) est partiellement utilisée pour produire des biscuits apéritifs et le reste est donné à des agriculteurs locaux pour nourrir le bétail.

des fleurs de houblon dans des mains
Pascal nous montre son houblon et la partie qui est à récupérer pour fabriquer la bière

La gamme produite par Virage Sept est très variée. Elle a été plusieurs fois récompensée au concours général du salon de l’agriculture de Paris. Pascal a eu la gentillesse de nous permettre de découvrir plusieurs de ses produits, en mode dégustation. J’ai particulièrement apprécié la bière Prologue, une blonde aux saveurs de fruits exotiques, médaillée d’argent au salon de l’agriculture 2022. Mais mon coup de cœur va à la dernière création saisonnière, une bière brune aux arômes de Forêt Noire avec de purée de cerises des Monts du Lyonnais.

un homme verse de la bière dans des verres
Virage Sept, c’est aussi un brewpub qui organise des concerts.

Etape 2 : un déjeuner à l’auberge du Pastoureau à Courzieu

Nous avons ensuite pris la direction de Courzieu, un petit village médiéval où se situe l’Auberge du Pastoureau. Ce restaurant se définit lui-même comme une auberge paysanne. Quand on passe la porte en bois, on entre immédiatement dans un univers chaleureux et convivial. Dans la cheminée, le feu de bois crépite. Dans les jolies salles aux murs et au sol de pierre, les grandes tables en bois brut invitent à s’installer. Le menu est sur l’ardoise. Il comprend entrée/plat/fromage/dessert et varie au fil des jours et des saisons. Les intitulés annoncent des plats du terroir réconfortants. Vu la météo, nous prenons presque tous la soupe, une crème de potimarrons aux cèpes. Le service ne se fait pas à l’assiette : on nous apporte les soupières directement sur la table. Pour les plats, ce sera plus diversifié : cuisses de grenouilles, quenelle lyonnaise, poulet aux morilles, le tout accompagné de gratin dauphinois. Là encore, les plats arrivent du four sur la table pour que nous nous servions. Tout est si copieux et délicieux que nous sommes plusieurs à délaisser le fromage (sec ou blanc) pour passer directement aux desserts, ultra-gourmands. Nous nous sommes régalés du début à la fin.

façade de l'auberge du pastoureau à Courzieu dans le Rhône
Le charme campagnard des environs de l’auberge du Pastoureau

Etape 3 : un parcours des Murmures du Temps

C’est sous la pluie que nous gagnons ensuite le point de rendez-vous avec Camille, médiatrice des Murmures du Temps, à Saint Germain Nuelles. Les Murmures du Temps, ce sont trois boucles de randonnée mêlant paysages de la campagne et œuvres d’art contemporain. Celle que nous faisons est le circuit intitulé D’Or et de Vigne. Equipés de parapluies et de bonnes chaussures, nous nous élançons. Sur notre parcours, nous croiserons 4 œuvres contemporaines, mais aussi plein de patrimoine vernaculaire : croix de chemin, lavoir, cabanon de vigneron, cadole (qui est aussi un abri de vigneron mais en pierres sèches, non maçonné). Les ruelles du village de Saint Germain Nuelles sont bordées de maisons en pierres dorées, typiques de cette région du sud du Beaujolais.

un groupe de 4 personnes de dos dans une rue de village bordée de maisons en pierres dorées
Dans les rues de Saint Germain Nuelles
paysage de campagne en automne un jour de pluie
Point de vue depuis le départ du circuit n°3 des Murmures du Temps
lavoir
Au bord du lavoir, alimenté par une source

Les quatre œuvres contemporaines que nous avons croisées sont, dans l’ordre :

J’ai bien aimé la force tranquille qui se dégageait de Mémoire fossile. J’ai apprécié la poésie d’ORG Mitra, un système de lumières et de séquences de sons qui se déclenchent aléatoirement en fonction des mouvements sur l’autoroute et sous le pont. Couplé au ruissellement de l’eau ce jour-là, c’était, paradoxalement à son emplacement; très poétique. La colonne dorée m’a vraiment laissée perplexe. Enfin, j’ai aimé la façon dont Géo-Empathie se lie au terroir, surtout que Camille avait prévu le nécessaire pour que nous puissions effectuer un rituel de libation, devenant ainsi participants de la vie de l’œuvre.

Malgré la pluie, nous avons aussi beaucoup admiré les jolies couleurs des vignes à cette période de l’année. C’était si beau que cela compensait les pieds mouillés ! Nous n’avons cependant pas fait l’intégralité du circuit proposé, en n’allant pas voir les carrières de pierres dorées de Glay. Il faut dire que nous sommes partis tard et qu’à cette saison la nuit arrive tôt. Le temps que nous revenions à notre point de départ, l’obscurité avait d’ailleurs déjà commencé à s’installer.

Etape 4 : une nuit au refuge d’Yzeron

Une arrivée épique

C’est de nuit que nous avons gagné notre hébergement. C’est important car c’est une des raisons pour lesquelles nous nous sommes perdus pour y aller. Nous roulions en convoi à 3 voitures, et avons tous loupé la « route à ne pas manquer » car nous n’avons pas vu les éléments qui se trouvaient sur la photo (de jour) que le propriétaire du gite avait envoyée. Après 2 demi-tours (oui, on a manqué la route une seconde fois !), nous avons trouvé le parking. Il restait maintenant à emprunter le chemin dans les bois pour arriver jusqu’au gite. Heureusement, nous avions prévu torches et frontales pour cette mini randonnée d’une douzaine de minutes dans l’obscurité. Je dois avouer que nous avons bien rigolé sur le trajet, nous imaginant une ambiance de scène d’introduction de film d’horreur.

chemin dans la foret en automne
Le chemin lorsque nous l’avons repris (de jour) pour partir.
Je n’ai pas de jolie photo de l’ambiance nocturne.

Une soirée conviviale

Arrivés de nuit dans la maison, nous n’avons pas pu avoir le plaisir d’en découvrir l’environnement. Mais en entrant dans la grande salle, le premier mot qui m’est venu à l’esprit est cosy. La maison est en effet très accueillante. Par contre, elle est autonome en énergie et en eau, ce qui signifie en particulier qu’il n’y avait pas de chauffage à notre arrivée (mais comme il faisait 6 ou 7°C dehors, la chaleur emmagasinée dans la maison nous a donné une impression agréable dès notre entrée). Notre première action (après avoir quitté nos chaussures trempées) a donc été d’allumer le grand poêle qui sert à la fois pour le chauffage et la cuisine. Très vite la chaleur s’est diffusée dans toutes les pièces. Après la répartition des chambres, chacun a pris une douche rapide (il y a de l’eau chaude mais il faut être parcimonieux dans son utilisation, car l’eau provient de la montagne et la chaleur de panneaux solaires : ces ressources sont donc limitées).

cuisine style chalet avec une grande table et un poêle massif
La pièce principale, côté cuisine

Pour le repas, l’office de tourisme des Monts du Lyonnais avait fait pour nous des courses dans un magasin de producteurs. Nous avons donc diné d’une soupe, de charcuteries et de fromages locaux, dans une ambiance conviviale. Après le repas, nous avons sorti une petite enceinte à karaoké qui était disponible sur place, avons approché les fauteuils du poêle et passé une excellente soirée. Il y a également de nombreux jeux de société et plein de livres à disposition. Nous avons hyper bien dormi car la literie était vraiment confortable et en ayant bien chargé le poêle avant de partir nous coucher, nous avons conservé une bonne température dans toutes les pièces. J’ai été réveillée avec le jour et j’ai pu découvrir par la fenêtre l’environnement absolument magnifique.

vue sur la campagne en automne par la fenêtre
La vue par la fenêtre…

Un petit déjeuner avec vue

Nous avons fait chauffer de l’eau et préparé du café pour prendre le petit déjeuner à la grande table tout en admirant la vue. Là encore, nous avions des produits locaux (yaourts, poires, jus de fruits, confiture, miel, beurre, œufs) en provenance d’un magasin de producteurs. Les filles de l’office de tourisme nous ont rejoint avec pain frais et viennoiseries pour partager ce moment avec nous, toujours dans la bonne humeur. Avant de repartir, nous avons exploré un peu les environs. Tout autour du gite, on trouve des chaises longues, des tables pour profiter de la vue, un terrain de pétanque (avec les boules), un brasero ou encore un barbecue. Bref, c’est l’endroit idéal pour passer un bon moment en famille ou entre amis dans un environnement à la fois outdoor et hyper confortable, en mode déconnexion (même si on capte plutôt bien la 4G). Il y a même des poules et des lapins.

C’est (déjà) l’heure de repartir. Nous reprenons le chemin qui descend au parking. Le soleil brille et nous permet de découvrir le superbe panorama sur les environs.

personne de dos avec un sac à dos dans la foret en automne
Sur le chemin du retour
paysage de collines en automne
Profiter encore un fois de la vue…

Etape 5 : un atelier cueillette-cuisine au Jardin d’Yzeron

Un accueil chaleureux

Nous avons passé notre dimanche chez Sébastien, un ancien cuisinier devenu herbaliste. Il a associé ses deux métiers pour fonder le Jardin d’Yzeron où il propose des ateliers cueillette et cuisine. Nous sommes arrivés vers 9.30 et avons été accueillis par Sébastien (et sa gentille chienne Holly, grande star de la journée). Autour d’une tisane issue de plantes cueillies par Sébastien, il nous a expliqué le déroulement de la journée et présenté le menu que nous aurions à préparer. Nous nous sommes répartis en 3 petits groupes, pour préparer chacun une partie du repas. J’allais devoir cuisiner le dessert à base de prunelles sauvages avec Nata.

Une cueillette fructueuse

Nous avons ensuite remis chaussures et blousons pour nous rendre dans un champ à proximité de chez Sébastien. Nous y avons trouvé beaucoup de trésors que nous avons appris à reconnaître grâce aux explications de Sébastien : oxalys, amarante, carotte sauvage, serpolet, oseille, mouron blanc, plantain, etc. Nos sacs de récolte se remplissent vite. Nous échangeons autour des vertus des plantes tout en ramassant le nécessaire pour préparer notre déjeuner. Il fait frais mais nous ne voyons pas vraiment le temps passer, happés par le sujet passionnant des plantes et la beauté du paysage.

Un temps de cuisine convivial et un repas partagé

De retour dans la grande cuisine de Sébastien, nous faisons de la place autour de la table et étalons dessus notre récolte. Chacun sait ce qu’il doit préparer et récupère les plantes correspondantes. Nous nous mettons au travail en cuisine, partageant les ustensiles et certains ingrédients. L’ambiance est vraiment sympathique. Sébastien dispense des conseils avisés concernant la préparation des différents plats. Il nous fait aussi une démonstration expliquée de pochage d’œuf. Nous sommes bien occupés et ne voyons une fois de plus pas vraiment le temps passer.

Une fois que tout est prêt, nous mettons la table. Sébastien dresse les assiettes et chacun explique ce qu’il a préparé. Les discussions vont bon train tout au long du repas, délicieux. Sébastien a même la gentillesse de me trouver quelque chose pour remplacer l’œuf poché de l’entrée alors que j’avais omis de le prévenir à l’avance. L’après-midi est déjà bien engagée quand nous arrivons au café. J’ai l’impression que personne n’a vraiment envie de partir, même si nous avons tous pas mal de route à faire. On se sent bien chez Sébastien, mais il est quand même temps de se quitter… jusqu’aux prochaines aventures !


L’Arbresle / Saint Germain Nuelles / Yzeron
Monts du Lyonnais – Rhône
Octobre 2025


Informations pratiques

  • Brasserie Virage Sept – 580A rue Claude Terrasse, 69210 L’Arbresle – magasin sur place et brewpub avec une programmation culturelle.
  • Auberge du Pastoureau – 4 place des Hostelleries, 69690 Courzieu – réservation indispensable
  • Les Murmures du Temps – projet culturel du pays de L’Arbresle – 3 circuits disponibles D’Or et de Vigne (9.3 km / D+ 155 m), Les balcons de l’abbaye (9.5 km / D+ 176 m) et La croisée des chemins (2.5 km / D+ 19 m). Le détail de chaque circuit est disponible sur le site internet. Chaque circuit associe patrimoine et art contemporain. Ils ont été inaugurés lors de l’été 2024 et certaines œuvres ont été installées pendant l’été 2025. Il est possible de se faire accompagner par un médiateur ou de faire les balades en autonomie à l’aide des panneaux explicatifs situés à proximité des œuvres.
  • Refuge d’Yzeron – 212 chemin de Py Froid, 69510 Yzeron – gite autonome forestier. L’électricité est produite par des panneaux solaires sur le site. Attention, en automne/hiver, lors des journées courtes et sombres, la production peut être un peu insuffisante. Nous nous sommes réveillés sans électricité. Mais pas d’inquiétude pour le chauffage (au bois) et la cuisine (au gaz ou au bois). Il y a des bougies pour s’éclairer si besoin. L’eau de pluie est récupérée via le ruissellement et des systèmes de cuves anciens. Elle est ensuite filtrée 4 fois avant d’arriver dans la maison. Un filtre Berkley est en outre disponible pour filtrer une dernière fois l’eau de boisson et cuisine. Le chemin d’accès dans la forêt est un chemin de randonnée : il ne conviendra donc pas à tout le monde. Si vous venez, prévoyez des frontales en cas d’arrivée nocturne.
  • Uniferme – 90 route départementale 34, Le Pont Rompu, Saint-Andéol-le-Château, 69700 Beauvallon – magasin de producteurs fermiers locaux à côté de Mornant. On y trouve à la fois des produits frais (fruits et légumes, fromages, charcuteries, viandes..) et en bocaux/bouteilles (jus de fruits, confitures, bocaux de légumes, soupes, miel…). Je m’y étais arrêtée l’année dernière en rentrant d’une escapade dans le secteur de Mornant/Riverie. C’est là que l’office de tourisme avait fait pour nous les courses.
  • Le jardin d’Yzeron – 10 chemin du Planil, 69510 Yzeron – Sébastien propose plusieurs formules d’ateliers et balades à la découverte des plantes sauvages et de leur utilisation en cuisine. C’est un passionné qui aime partager.
paysage des monts du Lyonnais
Vue sur les Monts du Lyonnais depuis les hauteurs de Py Froid à Yzeron


(*) Je parle dans cet article de bière et de vin. Je rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il est donc à consommer avec modération.

(*) Ce week-end était une invitation de l’office de tourisme des Monts du Lyonnais (collaboration commerciale non rémunérée). J’ai été entièrement libre du contenu que j’ai produit à l’issue de ces 2 journées, et des avis et points de vue que j’ai émis. J’ai partagé ces moments avec d’autres éclaireurs de Partir-Ici.fr, la plateforme régionale pour soutenir un tourisme plus durable : Le Monde des Mirons, Balades autour de Lyon et Nata France Auvergne.

groupe de personnes prenant des photos et des notes sur téléphone
Créateurs de contenu en pleine action chez Sébastien du Jardin d’Yzeron

[projet 52-2025] semaine 45 – faire un choix

Cette semaine, le projet 52 nous demande de faire un choix. Finalement, c’est ce que nous faisons chaque semaine afin de déterminer quelle photo va venir illustrer le thème. En ce qui me concerne, cette fois, j’avais envie de mettre en image la difficulté du choix, le processus. J’ai bien pensé à mettre une copie écran d’une des mes galeries de photos sur mon ordinateur, mais je n’y trouvais pas d’esthétique particulière. Je me suis alors penchée sur d’autres choix. L’après-midi, je prends souvent un thé et le soir une tisane. Comme j’en ai plein, que ce soit en vrac ou en sachets, il y a toujours un moment de choix au préalable. Il s’agissait maintenant de rendre ce choix visuel. Or, il y a peu, j’ai été conviée à découvrir Soïo, une nouvelle marque basée en Ardèche. Au cours de la soirée, j’ai ainsi pu choisir quel thé ou infusion j’allais essayer. Les sachets étaient disposés dans de grands paniers, invitant au choix. Et j’aime beaucoup l’identité visuelle de la marque, très douce.

sachets d'infusion de la marque Soïo


Pour découvrir ce que les autres participants ont fait comme choix, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : je passe exceptionnellement la journée avec Melle 3e, et je ne pourrai donc pas me connecter par ici avant la fin de la journée. C’est à ce moment-là que je viendrai valider les commentaires qui seraient partis dans la file d’attente de la modération.

[Drôme] au début de l’automne – la route de Combe Laval

Alors que l’automne sortait doucement ses couleurs, je suis allée faire un tour dans le Vercors. Mon plan initial était de monter vers Font d’Urle. Comme la route de l’Arps que je prends habituellement était fermée pour travaux, je suis partie en direction de la route de Combe Laval. Cela faisait très longtemps que je n’y étais pas passée. Et j’ai finalement eu envie d’en profiter pleinement. C’est donc à pied que j’en ai parcouru les kilomètres les plus impressionnants.

route de Combe Laval en automne
J’ai laissé ma voiture au niveau du belvédère après le col de Gaudissart. Là, on voit la première arche creusée dans la roche. Sa forme vue d’ici lui a valu le surnom d’éléphant du Vercors.

Une balade en sous-bois

Cependant, avant de m’engager sur la route, j’ai fait un petit tour en sous-bois. J’ai suivi un chemin de randonnée balisé qui s’enfonce dans la forêt. Les couleurs automnales y étaient encore peu présentes, mais la lumière était particulièrement magique. En effet, le soleil venait juste d’arriver au niveau du sommets des arbres. L’humidité déposée par la nuit suintait le long des feuillages et créait un voile de brume magique. Là, seuls les oiseaux venaient troubler le calme.

Combe Laval, une route mythique

Combe Laval, c’est une route mythique du Vercors. Construite au milieu du XIXe siècle, elle s’accroche à la falaise dominant la reculée pour relier Saint Jean en Royans au col de la Machine. Elle fait une dizaine de kilomètres en tout, mais ce sont surtout les 4 kilomètres (et quelques) entre les cols de Gaudissart et de la Machine qui sont impressionnants. Là, la route surplombe complètement le cirque. Elle a été creusée, à la pioche et avec quelques explosifs rudimentaires, dans la montagne. Elle passe parfois en encorbellement mais le plus souvent, elle se faufile sous la montagne.

L'entrée de la reculée de Combe Laval vue depuis la route
L’entrée de la reculée de Combe Laval vue depuis la route

Je dois avouer qu’en voiture, elle peut être vraiment impressionnante. Elle est sinueuse, offre peu de visibilité et est régulièrement trop étroite pour se croiser. J’en garde un particulièrement mauvais souvenir un soir d’hiver alors que la nuit avait commencé à tomber et que la route était partiellement verglacée. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que je passe habituellement par la route de l’Arps quand je veux aller au col de la Machine, car les voies montantes et descendantes sont bien claires partout.

entrée aval de la route de Combe Laval
C’est ici, au niveau de l’éléphant, que la partie vertigineuse de la route débute

Cette fois, je l’ai donc parcourue à pied pour pouvoir profiter de la vue tout au long des un peu plus de 3 kilomètres de montée (je me suis arrêtée avant le dernier tunnel, un peu long et que je ne souhaitais pas emprunter à pied sans équipement de visibilité). Nous étions un samedi matin, et il y avait finalement assez peu de circulation. J’ai essentiellement croisé des vélos et des motos. J’ai aussi eu la chance de ne pas avoir de grosse pierre qui dévale la falaise au moment où je passais. Nous n’étions pas dans une période à fort risque (je n’irais pas à pied par là au moment du dégel ou après de fortes pluies qui font éclater la roche calcaire), même si j’ai entendu quelques petits cailloux tomber.

route de Combe Laval à flanc de falaise
La route suit les contours des falaises de la reculée de Combe Laval
route de Combe Laval à flanc de falaise
Depuis la route, les points de vue sur les falaises de la montagne de l’Arps se multiplient

J’ai pris mon temps pour monter puis redescendre ces kilomètres époustouflants. Entre la vue sur le fond de la reculée de Combe Laval et celle sur les falaises de la montagne de l’Arps en face, on comprend les difficultés qu’il a fallu contrer pour construire cette route. Aujourd’hui, elle fait partie des plus belles routes du Vercors, et très certainement des plus impressionnantes.


Route de Combe Laval – Saint Jean en Royans
Vercors – Drôme
octobre 2025


Parmi les autres routes remarquables du Vercors, vous pouvez emprunter :

  • La route du col de la Bataille entre Léoncel et Bouvante
  • La route des gorges de la Bourne entre Pont en Royans et Villard de Lans
  • La route des Ecouges entre Saint Gervais et Rencurel, il y a encore peu une des plus impressionnantes avec son tunnel de 500 mètres, sinueux, à voie unique et qui n’était pas éclairé (il l’est depuis 2021 avec un système de détection de mouvement)
  • La route des Goulets entre Sainte Eulalie en Royans et La Chapelle en Vercors, qui se décompose en deux parties, les Petits et les Grands Goulets. Cependant, la partie des Grands Goulets n’est aujourd’hui plus accessible pour des raisons de sécurité et est contournée par un tunnel moderne. Il est toutefois possible de la voir d’en face, par exemple depuis le belvédère de Révoulat.

[petits moments] Soïo, maison ardéchoise de thés et infusions

Il y a une quinzaine de jours, j’ai eu la chance d’assister au lancement de Soïo, une nouvelle maison de thés et infusions basée en Ardèche. Au cours d’une soirée mémorable, dans le cadre exceptionnel de l’auberge de Crussol, j’ai pu découvrir l’histoire et les valeurs de la marque, mais aussi de déguster une bonne partie de leur gamme.

Soïo, une entreprise ancrée dans son territoire

Soïo, artisan sourceur

Au départ, il y avait Natural Origins, une entreprise qui fournit des plantes médicinales et aromatiques à l’industrie agro-alimentaire et pharmaceutique. Petit à petit, l’idée a germé de produire leurs propres thés et infusions. Basés à Soyons, en Ardèche, l’entreprise avait à cœur de sourcer le mieux possible ses matières premières. Ils travaillent donc avec des agriculteurs drômois et ardéchois pour les plantes qui peuvent être produites localement et font une sélection rigoureuse de celles qui ne poussent pas sous nos latitudes, en allant directement les chercher chez des producteurs. L’ensemble des ingrédients est certifié 100% bio. De plus, tout leur identité visuelle a été conçue par des artistes locaux et le packaging est produit dans la région.

thé vert menthe séché sous une cloche en verre
Des mélanges réfléchis à base de produits de qualité, comme ce thé vert menthe qui associe deux menthes différentes.

Pourquoi ce nom : Soïo ?

Soïo, c’est une déesse celte ancrée localement, protectrice de Soyons où est implantée l’entreprise. On la retrouve mentionnée sur un autel votif datant de la période gallo-romaine et qui a été retrouvé dans les ruines d’une chapelle du plateau de Malpas. Aujourd’hui, l’autel dédié à Soïo est visible dans le musée archéologique qui se situe au centre du village de Soyons. C’est d’ailleurs une visite que j’ai faite au printemps dernier, couplée avec celles des grottes et une jolie balade justement intitulée « De Néandertal à la déesse Soïo« .

la tour penchée de Soyons
La tour penchée de Soyons sur le plateau de Malpas

Notes de dégustation

Au cours de la soirée, j’ai eu l’occasion de déguster plus d’une dizaine de thés et infusions. J’ai aussi pu les apprécier dans des recettes de cocktails, dans les plats cuisinés par l’auberge de Crussol ou encore lors d’un atelier d’accord thé/chocolat. Je vous propose ici un petit récapitulatif de mes coups de cœur de la soirée.

théière en verre remplie de thé noir
Prêt à déguster !

  • Caravane d’Or : le curcuma, puissant et odorant, s’y marie très bien avec la fraicheur de la menthe poivrée et le côté réconfortant de la cannelle.
  • Rooibos en fête : une infusion qui promet une ambiance de Noël tout en douceur, et que je suis très curieuse de tester en version glacée aux beaux jours.
  • Thé noir Chaï : pour moi qui suis une grande fan de thés épicés, celui-ci est une petite merveille structurée par un thé noir savoureux, où la cannelle s’exprime avec délicatesse avant la puissance du gingembre et le petit kick de poivre en fin de bouche qui termine l’ensemble parfaitement. Cela faisait des années que je n’avais pas goûté un chaï aussi réussi !

infusion Caravane d'OR dans une théière en verre, petite cloche en verre, cannelle et curcuma sur des asssiettes
Caravane d’Or
infusion caravane d'or dans un verre
La jolie couleur dorée de l’infusion Caravane d’Or


Soirée de lancement de la marque Soïo
Auberge de Crussol – Saint Péray – Ardèche
16 octobre 2025


(*) Si vous souhaitez plus d’informations sur la marque ou vous laisser tenter par un achat, vous pouvez vous rendre sur le site internet de Soïo.

sachets et coffrets de thés de la marque Soïo
J’aime beaucoup l’identité visuelle de la marque

(*) Cette soirée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) de la marque Soïo. J’y ai dégusté des produits dont la qualité m’a convaincue, et que j’ai depuis plaisir à utiliser à la maison. J’ai par ailleurs découvert l’auberge de Crussol où avait lieu la soirée. J’en avais déjà beaucoup entendu parler et ce que j’ai pu goûter de leur cuisine m’a donnée envie d’y aller pour un repas.

desserts individuels devant une cheminée
A l’auberge de Crussol, les viandes sont cuites au feu de bois. Au premier plan, l’un des délicieux desserts préparés en utilisant un des thés de chez Soïo.

[projet 52-2025] semaine 44 – en balade

Cette semaine, le projet 52 nous emmène en balade. Vous le savez déjà, je suis assez souvent en balade, que ce soit près ou plus loin de chez moi. J’ai un peu hésité pour illustrer ce thème, car j’avais beaucoup de photos s’y prêtant : des balades le long du Rhône, des balades en forêt, des balades en montagne, des balades en campagne, et même quelques balades en bord de mer de l’été dernier. Mais je cherchais une image un peu originale ou insolite. C’est le hasard qui m’a donné mon illustration, alors que je marchais en forêt. En effet, alors que je traquais les champignons, j’ai trouvé un tesson de céramique. C’était complètement improbable car nous étions en pleine forêt, loin de tous les villages ou hameaux. A ce jour, je n’ai pas réussi à percer le mystère de ce morceau de vaisselle en pleine montagne. Peut-être qu’une fée maladroite était venue ici prendre le thé ?


Pour découvrir ce que les autres participants ont trouvé en balade, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[exposition] L’Art Déco des Régions, modernités méconnues, au musée de Valence

Cette année 2025 marque le centenaire de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris en 1925 qui est souvent considérée comme l’acte de naissance du mouvement Art Déco. A l’occasion de cet anniversaire, de nombreux lieux ont consacré une exposition à ce mouvement artistique. C’est le cas du Musée de Valence en cette fin d’année. L’exposition, inaugurée fin septembre, offre cependant un angle d’approche assez original puisqu’il s’agit de regarder comment l’Art Déco a été interprété dans les régions. Il en ressort une présentation très loin du parisianisme habituel. J’ai eu la chance de la découvrir dans des conditions exceptionnelles avec un petit groupe de créateurs de contenu avant même son ouverture au public, et accompagnés par la commissaire d’exposition.

L'art déco des régions - affiche de l'exposition au Musée de Valence
L’art déco des régions – affiche de l’exposition au Musée de Valence

Les expressions régionalistes de l’Art Déco

Mobilier, décoration et architecture

L’exposition s’ouvre sur un rappel de celle de 1925 à Paris. Le visiteur en découvre le plan, ainsi que des photographies et maquettes des différents pavillons régionaux. Ceux-ci adoptent les codes vernaculaires du bâti traditionnel en lui appliquant les lignes structurées propres à ce qui deviendra l’Art Déco. Dans chaque pavillon, les artistes locaux ont réinterprété le mobilier, la décoration ou encore la vaisselle traditionnels. Trois mouvements régionalistes sont évoqués dans l’exposition du musée de Valence, issus de la Bretagne, du Pays Basque et de Provence. Le Pays Basque est représenté à travers un immense buffet ayant été conçu pour la villa du joueur de tennis René Lacoste. Massif, il est sculpté de motifs de jeux basques, et garni de lampes en verre coloré. La Provence est présentée avec des éléments ayant servi à décorer le pavillon des Alpes Maritimes à l’expo de 1925. Table, siège et appliques reprennent des éléments végétaux à motifs de vigne ou d’olivier dans un format stylisé, aux lignes simples.

Fauteuil, table et poterie Art Déco de Provence
Mobilier et éléments décoratifs Art Déco de Provence

Les Seiz Breur, ou comment la Bretagne s’est appropriée l’Art Déco

Le mouvement régionaliste le plus représenté dans l’exposition du musée de Valence est le mouvement Seiz Breur. Ce courant artistique breton est né en 1923 autour de l’illustratrice (on dirait aujourd’hui graphiste) Jeanne Malivel et des artistes Suzanne et René-Yves Creston. Ils ont fédéré différents artistes et intellectuels bretons avec pour but d’exprimer de manière moderne les motifs traditionnels tout en valorisant les savoir-faire locaux. Ce sont eux qui sont en charge du pavillon Ty Breizh (la maison de Bretagne) lors de l’expo de 1925. Ils proposent ainsi tout un répertoire graphique qui renouvelle l’expression artistique bretonne, proposant ce qu’on nommerait aujourd’hui une nouvelle identité visuelle en s’appuyant sur les codes existants. Ce que nous considérons souvent comme des motifs traditionnels aujourd’hui sont en fait des interprétations Art Déco en lien avec les Seiz Breur.

évocation d'une salle de la maison Ty Breizh de l'expo des arts décoratifs de 1925 avec buffet, bonnetière, table, chaises
Evocation de la salle de l’Osté de la maison de Bretagne à l’exposition de 1925, présentant le travail et les idées du groupe des Seiz Breur
cafetière et sucrier en faience de Quimper à motifs bretonnants Seiz Breur
Cafetière et sucrier de la faïencerie Henriot de Quimper, présentés lors de l’exposition de Paris en 1925
motifs de textiles dessinés par Jeanne Malivel du mouvement Seiz Breur
Motifs dessinés par Jeanne Malivel pour des tissus ou des papiers peints
assiettes à motifs bretonnants, dessinées en marge du mouvement Seiz Breur
Assiettes à motifs bretons réinterprétés. Le décor de celle la plus à droite a été dessinée par le peintre Mathurin Méheut, qui a refusé de faire partie des Seiz Breur, mais a lui aussi réinterprété le graphisme breton dans les années 1920/1930
illustrations issues du mouvement Seiz Breur
Les illustrations issues de l’Art Déco en Bretagne se caractérisent par des couleurs franches et vives et des traits stylisés.

Modernités méconnues

L’exposition nous emmène suite explorer les savoir-faire régionaux et comment les industries ont intégré le vocabulaire de l’Art Déco dans leurs productions. Les exemples proposés sont avant tout issus des environs de Valence avec les soieries de Lyon, les rubans de Saint Etienne et les gants de Grenoble, mais la porcelaine et les émaux de Limoges sont aussi mis en avant. A travers des objets et échantillons de tissus et rubans, c’est toute la modernité du vocabulaire graphique Art Déco que l’on constate.

rubans Art Déco à motifs floraux tissés de fil d'or
Motifs floraux de couleurs vives et fil d’or : les rubans reprennent les codes graphiques de l’Art Déco
rubans Art Déco à motifs floraux et géométriques tissés de fil d'or
Motifs géométrique ou floraux mais toujours des formes claires, des couleurs vives et du doré !
Livre d'échantillons de rubans
Catalogue de motifs de rubans stéphanois déposés
tasses et sous-tasses en porcelaine
Tasses du service à boissons chaudes Stella en porcelaine de Limoges de la manufacture Chabrol Frères et Poirier
théière en porcelaine
Service à dessert en porcelaine de Limoges de la manufacture Descote, Reboisson et Baranger
assiette à motif rayons et nuages
On ne serait pas vraiment surpris de trouver de la vaisselle avec ce motif rayons et nuages dans une boutique en 2025 !
Décor de Jean Luce pour la Manufacture Ahrenfeldt

Quand l’Art Déco des régions regagne Paris, il y est nommé « rustique » : le parisianisme n’est pas une nouveauté !

L’Art Déco à Valence et dans la Drôme

L’architecture, traces visibles de l’essor de l’Art Déco à Valence

Essentiellement sous l’impulsion des architectes Henri Joulie, Louis Bozon et Henri Garin, les bâtiments valentinois vont prendre les traits épurés de l’Art Déco. Il en reste aujourd’hui de très nombreux exemples. Ceux-ci sont localisés le long de l’ancienne Nationale 7, aujourd’hui avenue Victor Hugo, un quartier à l’extérieur des boulevards qui se développe entre les deux guerres. Il est en particulier boosté par le début du développement du tourisme, qui se fait alors en voiture. C’est ainsi que la station service Relais du Sud est aménagée, et offre encore actuellement sa silhouette iconique au regard des curieux. Parmi les bâtiments emblématiques, on trouve aussi l’immeuble à l’angle de l’avenue Victor Hugo et de l’avenue Pierre Semard (où se trouve maintenant le Monoprix), l’ancien grand magasin des Dames de France (devenu centre commercial Victor Hugo), et l’ancien palais consulaire.

dessins d'architectes de bâtiments Art Déco à Valence
Immeuble du 10 place Aristide Briand à Valence, architecte Henri Garin
Villa de Monsieur Rey à Valence, architecte Henri Joulie

images de la cité moderne de Mallet Stevens
Illustrations de Une cité moderne de Robert Mallet Stevens, l’architecte de la Villa Cavrois à Roubaix

Etienne Noël et la céramique de Dieulefit

Enfin, l’exposition évoque l’artiste Etienne Noël. Ce peintre est marqué par son passage (et sa blessure) dans les tranchées de la première guerre mondiale, où il croisera d’ailleurs Mathurin Méheut. Il développera ensuite une activité de céramiste et de verrier. Installé à Dieulefit, il crée des pièces utilitaires aux lignes modernes et originales, éloignées des formes traditionnelles. De même, en tant que verrier, il imaginera des coupes à champagne que l’on ne peut poser qu’une fois vides.

service à thé d'Etienne Noël en céramique
Service à thé par Etienne Noël


Avec plus de 300 objets présentés et un axe scientifique original centré sur les régions, cette exposition a été classée d’intérêt national. Toutefois si on ne connait pas le mouvement artistique Art Déco, elle peut sembler un peu difficile à aborder. Il ne faut donc pas hésiter à recourir aux outils de médiation, à lire les éléments de contextualisation à l’entrée de chaque salle et à se référer aux cartels. Une visite guidée est aussi une très bonne façon de ne pas se laisser submerger par des informations trop pointues.

Pour ma part, j’ai apprécié cette visite qui m’a permis d’approfondir les connaissances que j’avais déjà sur l’Art Déco, de mieux comprendre la façon dont il s’est décliné dans la vie courante à travers les objets utilitaires ou l’architecture et de faire le lien avec des objets croisés chez mes grands-parents ou trouvés dans des vide-greniers.


entrée de l'exposition l'Art Déco des Régions au musée de Valence
L’entrée de l’exposition

Exposition L’Art Déco des Régions, Modernités Méconnues
Musée de Valence – Drôme – septembre 2025


Informations pratiques :
L’exposition L’Art Déco des Régions, Modernités Méconnues est présentée au musée de Valence jusqu’au 11 janvier 2026.

Une programmation de visites guidées et d’ateliers en lien avec l’exposition est proposée. L’ensemble des informations pratiques pour visiter l’exposition ou participer à un atelier est disponible sur le site internet du musée de Valence.


(*) Ma découverte de l’exposition a eu lieu dans le cadre d’une invitation à un instameet (collaboration commerciale non rémunérée). C’est toutefois une exposition que je serai allée voir de moi-même quoi qu’il en soit.

[projet 52-2025] semaine 43 – automne

Voilà un mois que nous sommes officiellement en automne. Et cette semaine, le projet 52 nous invite à le montrer. En cette période de vacances scolaires (et de moments en famille en ce qui me concerne), je ne vais pas faire compliqué pour illustrer ce thème. Alors, certes, j’aurais pu montrer des fruits et légumes de saison comme les champignons, les courges, les châtaignes ou les noix, mais j’ai déjà épuisé cette carte avec le thème « par terre » il y a 2 semaines. J’en reviens donc aux classiques couleurs de l’automne. La photo a été prise lors d’une balade dans le Vercors qui commençait doucement à prendre ses teintes mordorées.

Route de Combe Laval – Vercors – Drôme
octobre 2025


Pour voir ce que les autres participants montrent de leur automne, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : comme je l’ai écrit plus haut, ce sont les vacances scolaires et je passe du temps en famille et entre amis. Je n’aurai donc pas l’occasion de venir valider durant le week-end les commentaires qui seraient passés en modération. Je le ferai en début de semaine.

[Ecosse] une journée dans le parc national du Loch Lomond et des Trossachs

Après une nuit de tempête au cœur de Glencoe et un petit crochet pour découvrir Glen Etive, nous sommes reparties sur la A82 en direction du Loch Lomond. En sortant de la vallée de Glencoe, nous avons fait un bref arrêt au bord de la route pour profiter d’un joli point de vue sur Rannoch Moor, et les lochs des environs. Puis, nous avons continué notre route pour rejoindre les rives du Loch Lomond.

vue depuis Rannoch Moor Viewpoint sur la A82 en Ecosse
Depuis le Rannoch Moor Viewpoint sur la A82

Sur les rives du Loch Lomond

Un arrêt aux Falls of Falloch

Une fois de plus, tout le long de la route, les paysages grandioses se sont succédés : des forêts, des lochs, des montagnes. J’avais peur qu’en quittant les Highlands, cela devienne moins impressionnant et il n’en est rien. La météo par contre s’est vite révélée très instable, coupant toute envie de promenades trop longue. Le vent était encore bien présent et les averses nombreuses. Toutefois, quand j’ai aperçu un panneau indiquant les Falls of Falloch, j’ai tourné dans le chemin menant au petit parking en sous-bois. Nous avons eu beaucoup de chance car une voiture s’en allait, libérant une place. En effet, le parking est minuscule (une dizaine de places, je dirais), et donc vite complet. Il peut aussi y être difficile de manœuvrer car il est étroit et le sol est meuble. Au bout de la zone de stationnement, un petit chemin s’enfonce dans la forêt. Après quelques (brèves) minutes de marche en sous-bois (prévoir de bonnes chaussures, surtout s’il a plu avant), la récompense est devant nos yeux. La cascade des Falls of Falloch fait une dizaine de mètres de haut et ce jour-là, le débit était très fort. La légende dit que Rob Roy MacGregor, le Robin des Bois écossais, s’y baignait (il semblerait que l’endroit soit nettement plus paisible quand ce n’est pas le lendemain d’un jour de fortes pluies.. même si malgré tout plusieurs incidents impliquant des baigneurs ont été reportés à cet endroit).

Cascade des Falls of Falloch en Ecosse après de fortes pluies
Falls of Falloch

(*) A noter : sur plusieurs guides, j’ai trouvé la mention d’un belvédère aménagé à cet endroit. L’accès en était fermé lors de notre passage.

En balade au bord du Loch Lomond

Nous avons continué la route et commencé à longer le Loch Lomond, que l’on apercevait parfois entre les arbres. Quand nous nous sommes arrêtées, nous ne pensions pas partir pour une balade au bord du loch. En effet, c’est parce qu’il y avait un petit parking avec des toilettes que nous avons fait un arrêt au niveau du Inveruglas Visitor Centre (qui était fermé pour travaux mais l’accès aux sanitaires était possible). Là, un petit escalier menait dans la forêt, promesse d’un point de vue sur le Loch. Normalement, de là, il est possible d’accéder à une structure pyramidale en bois pour profiter du panorama. Tout comme le visitor centre, elle était en travaux et inaccessible lors de notre passage. Mais cela ne nous a pas empêchées de profiter des petits sentiers longeant le loch. De crique en crique, de petite plage en petite plage, c’était un vrai bonheur. C’est l’arrivée de la pluie qui nous a fait revenir à la voiture.

une maison blanche au pied d'un montagne et au bord d'un lac en Ecosse
Une ferme au bord du Loch Lomond
Loch Lomond par temps gris
« True scottish sunshine » – le vrai soleil écossais : c’est ce que nous a dit un Ecossais que nous avons croisé au bord du Loch Lomond quand la météo s’est couverte

Doune Castle, une jolie surprise

Rendez-vous manqué avec le prieuré d’Inchmahome

Nous avons fait un second arrêt au bord du Loch Lomond pour prendre un café mais la pluie n’a pas permis que j’y fasse de photos sympas. Arrivées à l’extrémité du Loch Lomond, nous avons quitté la A82 pour prendre la direction de Callander où nous devions passer la nuit. Après un déjeuner rapide dans un pub de village, nous avons voulu aller voir le prieuré d’Inchmahome. Situé sur une île du lac de Menteith, il a accueilli quelques semaines Mary, Queen of Scots, encore enfant. Aujourd’hui en ruine, le fait qu’il soit situé sur une île lui ajoute une touche de charme supplémentaire. Mais c’est justement parce qu’il est sur une île que nous n’avons pas pu le voir. En effet, nous étions le lendemain du jour où la tempête Floris a balayé l’Ecosse et les vents étaient encore très violents. En conséquence, il n’était pas possible de faire circuler en sécurité les barques sur le lac pour rejoindre le prieuré. Nous l’avons appris en arrivant sur le parking du site. Le gardien, déçu pour nous, nous a proposé de passer quand même de l’autre côté des barrières pour accéder à la rive du lac et admirer la vue (à condition que nous soyons très prudentes). Puis, il nous a suggéré d’aller visiter Doune Castle à une vingtaine de minutes de route (en prenant soin de nous montrer sur son téléphone comment cela s’écrivait).

Lake of Menteith en Ecosse un jour de vent fort
Le vent générait des vagues sur le (petit) lac de Menteith. A gauche, on aperçoit l’île du prieuré d’Inchmahome.

Un château médiéval impressionnant

En arrivant à Doune Castle, nous avons su que nous avions eu raison de faire confiance au gardien du prieuré d’Inchmahome. Un peu l’écart du village, au bout d’une route étroite, on le découvre en arrivant au pied ou presque. Et il est impressionnant. D’ailleurs, il a servi de décor à plusieurs films et séries (dont Monty Python Sacré Graal et les séries Outlander et Game of Thrones). Nous avons eu la chance de trouver une place sur le petit parking à côté du château (mais sinon, les agents d’accueil dirigent vers des parkings annexes situés dans le village). Nous avons pris l’audioguide, même si celui-ci était uniquement en anglais (il était inclus dans le billet d’entrée). Et je n’ai pas regretté du tout car il était vraiment bien fait, très facile à comprendre, donnant ce qu’il faut d’informations et agréable à écouter.

vue extérieure de Doune Castle en Ecosse
Devant Doune Castle

Le château de Doune a été construit au XIVe siècle par Robert Stewart qui a été régent pour trois rois d’Ecosse. Personnage important et riche, il édifie une forteresse agréable à vivre. Plus tard, Doune sera une résidence royale, puis une prison durant le soulèvement jacobite au XVIIe siècle (parmi les incarcérés, on trouve en particulier un certain John Witherspoon qui signera plus tard la déclaration d’indépendance des Etats Unis). En une heure de visite, avec l’audioguide, j’ai ainsi appris beaucoup de choses sur l’histoire de l’Ecosse. Et puis, j’ai découvert que si en France à l’époque de Napoléon III, il y avait une mode d’un médiéval fantasmé avec en particulier les restaurations de Viollet le Duc, il se passait la même chose outre-Manche où l’époque victorienne était aussi friande de ce médiéval revisité. En entrant dans la grande salle de Doune, qui a fait l’objet d’une restauration par le 14e Comte de Moray au XIXe siècle, j’ai eu l’impression d’entrer dans celle du château de Pierrefonds (en plus modeste mais de facture très proche).

(*) Vous pouvez trouver les informations pour visiter le château de Doune sur le site internet de Historic Environment Scotland, qui en est propriétaire. Les tickets réservés par internet sont moins chers que ceux achetés sur place, et garantissent de pouvoir entrer dans le château.

Une fin de journée à Callander

Nourrir les canards

Nous avons fini notre journée à Callander. Avant d’aller nous installer à l’hôtel, nous sommes allées prendre un goûter dans un coffee shop du village. J’y ai goûté un intéressant thé au whisky (et bien sûr j’ai oublié de noter la marque !). Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est le duck feeder. Au bord de la rivière, on trouve les meadows, d’anciennes prairies communales devenues parc. Là, cygnes et canards ont été élu domicile. Comme on le sait, le pain est une très mauvaise idée pour les canards (cela leur provoque des problèmes de santé). Or les promeneurs (petits et grands) aiment nourrir les canards. La ville de Callander a donc installé un distributeur automatique de nourriture pour canards, adaptée à leur régime alimentaire et au fait qu’on le jette dans l’eau de la rivière. Contre 1£ (paiement en sans contact par carte bancaire), on reçoit une belle quantité de granulés. Idéalement, il faut venir avec son petit récipient mais on peut s’en sortir avec des mains d’adulte. Est-ce que nous avons essayé ? Bien entendu !

un pont en grès rouge, une maison blanche et une rivière bordée d'une prairie
Les meadows de Callander

Un hôtel dans une maison historique

Le soir, nous logions au Roman Camp Hotel, situé un peu à l’écart du village. Au cœur d’un grand parc longeant la rivière, c’était au départ un relais de chasse des ducs de Perth. Entre les deux guerres, la maison est transformée en hôtel restaurant, ce qu’elle est toujours aujourd’hui. Dire que nous sommes tombées sous le charme de cet hôtel est un euphémisme. On a trouvé ici une vraie âme, dans chacune des pièces. La chambre semblait sortie d’un conte de fées, nous plongeant immédiatement à l’époque victorienne. Nous avons profité d’une balade dans le parc avant de diner au restaurant situé dans l’ancienne orangerie. Puis, nous nous sommes installées avec un whisky d’abord dans le jardin d’hiver. Puis la nuit tombant, nous avons pris place au coin de la cheminée allumé, dans les fauteuils confortables et cosy du salon.

Un arrêt au pied des Kelpies sur la route d’Edimbourg

Après Callander, il ne nous restait plus qu’une journée en Ecosse, que nous avions prévu de passer à Edimbourg (où nous devions rendre la voiture avant le milieu d’après-midi et avions un hôtel.. et des places de spectacle pour le soir). Nous souhaitons arriver tôt à Edimbourg pour profiter encore une journée de la ville et du Fringe Festival. Sur le trajet, il y avait cependant encore un arrêt que nous voulions absolument faire : voir les Kelpies à Falkirk. En effet, Melle 3e pour son grand oral du bac qu’elle avait passé en arts plastiques avait un sujet autour de la représentation des chevaux au fil du temps. Son exposé se terminait par les Kelpies de Falkirk. Les deux conseillères de l’agence de voyage à qui j’en avais parlé m’avaient indiqué que je ne pourrais pas les rater. De fait, les Kelpies sont beaucoup plus grands que ce que je croyais et ils sont littéralement au bord de l’autoroute.

The Kelpies à Falkirk
Impossible de manquer les Kelpies quand on passe sur l’autoroute M9 à Falkirk

Les kelpies sont des créatures mythiques du folklore écossais. Parfois appelés chevaux ondins, ils habitent les cours d’eau, mais aussi certains lochs dont ils sont les gardiens. Capables de prendre une apparence humaine, le kelpie possède la force de 100 chevaux. A Falkirk, le projet des Kelpies est né de l’aménagement du Helix Park par Scottish Canals, qui exploite plusieurs canaux passant à proximité. C’est le sculpteur Andy Scott qui a imaginé les Kelpies que nous voyons aujourd’hui. S’éloignant un peu du concept mythique des kelpies du projet de départ, il les a voulus comme un hommage aux chevaux qui étaient utilisés dans les industries et mines en Ecosse et particulièrement autour de Falkirk. Les Kelpies font 30 mètres de haut et sont réalisées par un assemblage de plaques en acier (en référence au passé industriel de Falkirk). Installés en 2013 et inaugurés en 2014, les Kelpies sont les plus grandes représentations équines au monde. Et je dois avouer qu’ils sont à la fois très impressionnants et très élégants.

The Kelpies à Falkirk
The Kelpies sont situés au coeur du Helix Park et l’on y croise aussi bien les touristes, les curieux que des habitués qui viennent se promener ou faire courir leur chien
The Kelpies à Falkirk
The Kelpies gardent un bassin et une écluse permettant de rejoindre un petit canal essentiellement décoratif.

(*) L’accès au Helix Park, où se trouvent les Kelpies, est gratuit et ouvert tout le temps. Le parking par contre est payant à certaines heures selon la période de l’année. Celui situé à proximité immédiate des Kelpies est fermé durant la nuit, sans possibilité de sortir, contrairement à celui à l’entrée du parc, accessible H24.


Voilà qui marque la fin de notre road-trip écossais. Il nous a pris une semaine. C’est une bonne durée pour un premier aperçu mais cela ne permet pas d’aller explorer le nord de l’Ecosse, d’autres îles ou Glasgow par exemple. Il y a clairement de quoi passer (beaucoup) plus de temps en Ecosse. C’est un pays très riche de patrimoine historique et de paysages à couper le souffle.


Région de Loch Lomond et des Trossachs – Ecosse – août 2025


(*) Au cours de ce voyage, j’évoque à plusieurs reprises la consommation d’alcool (cidre, bière, whisky…). Il est important de noter que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et donc à consommer avec modération.

[projet 52-2025] semaine 42 – persévérance

Autant le dire tout de suite, le thème de cette semaine pour le projet 52 n’est pas simple. C’est encore un de ces mots qui m’est venu à l’esprit un soir tardivement quand je listais les thèmes de l’année à venir. La persévérance, c’est une vertu, difficile à imager. Mais c’est aussi la détermination à tenir un objectif. Et de la détermination et de la persévérance, il en a fallu à ces hommes qui à la fin du XIXe siècle ont construit les routes vertigineuses du Vercors. Parmi ces routes, l’une des plus remarquables est celle de Combe Laval qui relie Saint Jean en Royans au col de la Machine. Destinée à raccourcir le trajet entre le plateau de Lente et la vallée, la route est construite à flanc de falaise, parfois en encorbellement, souvent à travers le rocher qui a été creusé à coups de barres à mine et d’explosifs. Aujourd’hui encore, cette route, comme d’autres dans le même secteur, fascine.


Pour voir comment les autres participants ont persévéré, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : c’est le premier week-end des vacances scolaires de la Toussaint et je serai bien occupée en famille. Je ne sais donc pas à quel moment du weekend je pourrai venir valider les commentaires qui seraient partis en modération. Je peux juste dire que je le ferai avant la fin du week-end.

[Ecosse] deux jours pour un aperçu de l’île de Skye

Notre road trip nous a menées sur l’île de Skye pour deux journées très intenses. Située dans l’archipel des Hébrides Intérieures, Skye est rattachée aux Highlands. Distante d’environ 430 mètres du mainland écossais, elle y est reliée par un pont, le Skye Bridge. C’est une île très vaste et qui regroupe beaucoup de lieux très connus, souvent mise en avant quand on évoque l’Ecosse. En deux jours, nous sommes loin d’avoir parcouru toute l’île ou vu toutes ses merveilles. Nous avons par contre pris le temps de découvrir les endroits où nous nous sommes arrêtées, et de nous laisser surprendre par la beauté de sites peu connus.

Sur la côte, à Dunvegan, quelques moutons profitent de la marée basse

Dans les environs de Portree

En arrivant du Skye Bridge, entre mer et montagne

Après avoir passé le Skye Bridge, nous avons pris la direction de Portree, la principale ville de l’île. La route longe la côte, bien souvent coincée entre la mer et la montagne. Nous avons aperçu le charmant pont en pierre de Sligachan, mais il y avait beaucoup de monde et nous savions que nous repasserions là sur la route pour quitter l’île en fin de séjour. Nous avions donc prévu de nous y arrêter en repartant, car nous y serions tôt le matin (spoiler alert : la tempête Floris viendra contrecarrer nos plans en transformant le petit ruisseau en torrent furieux sous le déluge). Nous avons par contre fait un arrêt à la cascade Eas a’ Bhradain. Il est impossible de la manquer quand on va de Broadford à Portree car elle se trouve au bord de la route (et un parking permet de s’arrêter facilement).

Il y avait un peu de monde au pied de la cascade mais cela restait raisonnable. Nous avons décidé de trouver un petit chemin pour nous en approcher. Nous avons tenté la rive droite de la rivière. Elle mène à un chaos rocheux au pied de la cascade un peu complexe à traverser sans mettre les pieds dans l’eau (et si la question est de savoir si j’ai trébuché, la réponse est oui). Sur la rive gauche, le chemin est plus facile mais le terrain tourbeux est très meuble. Il est facile de s’y enfoncer (et si la question est de savoir si je me suis enfoncée quasiment jusqu’à la cheville, la réponse est oui). Nous avons ensuite continué vers Portree où nous avons déjeuné d’un fish & chips. Après un petit tour sur le port aux maisons colorées et sur la petite plage (où nous avons trouvé plein de débris de vaisselle), nous étions prêtes à partir pour la suite de nos explorations.

Une rencontre avec les petites vaches

Parmi mes souhaits lors de ce voyage en Ecosse, il y avait de rencontrer des petites vaches Highland. Avec sa petite taille, ses jolies cornes, et sa frange qui vole au gré du vent, c’est vraiment une icone écossaise. En partant de Portree vers Old Man of Storr, j’ai aperçu le panneau d’un café qui avait comme logo une de ces Highland coos. Des palissades cachant la vue vers la terrasse du café, j’ai pensé qu’il était peut-être possible d’y approcher les vaches. Nous nous sommes donc arrêtées et y avons pris un café. C’était une bonne idée car effectivement, 3 petites vaches étaient là avec leurs veaux. L’un était d’ailleurs clairement en train de prendre son goûter lui aussi. Après la tétée, la mère s’est approchée de la clôture pour se laisser caresser, tandis que le bébé passait carrément de notre côté du fil pour venir chercher des calins.

(*) Untethered Skye Co. , sur la A855 à la sortie de Portree en direction de Old Man of Storr. Restauration légère et café, à déguster en extérieur au plus près des petites vaches.

Paysages sauvages à Old Man of Storr

Après l’arrêt au café des vaches, nous avons repris la route vers Old Man of Storr. Le paysage se fait rapidement plus sauvage et la route se rétrécit, passant à une seule voie ponctuée de passing places pour se croiser. L’après-midi était déjà bien avancée et l’essentiel du trafic se faisait en sens inverse du nôtre. Bientôt, un lac se dessine dans le paysage. Les lochs Fada et Leathan dominent la mer. On aperçoit les rivages de quelques îles des Hébrides intérieures, en particulier Raasay et Rona. Il y a peu d’endroits où s’arrêter mais nous avons profité pleinement du paysage. C’est au niveau de Bride Veil’s Fall, la cascade du voile de la mariée, que nous avons trouvé un stationnement. Nous avons décidé d’aller voir la cascade de plus près, en suivant un sentier qui monte vers son sommet (attention, ici aussi le sol peut être très meuble). Là, nous bénéficions d’un très beau point de vue sur les 2 lochs et sur les monolithes de Storr.

randonnée sur l'île de Skye
Partir en randonnée au dessus de la cascade du voile de la mariée
Old Man of Storr
La silhouette tellement identifiable de Old Man of Storr

Après notre petite randonnée, nous avons repris la voiture pour rejoindre le départ du chemin vers Old Man of Storr. La météo commençait à se dégrader et l’après-midi touchait maintenant à sa fin. Aussi, nous avons trouvé sans difficulté une place sur le parking au pied de Old Man of Storr. Le chemin pour accéder vers les rochers est très fréquenté. Le sentier est large et la balade est plutôt familiale même si cela monte tout le temps. Malgré tout, je ne suis pas allée jusqu’en haut, m’arrêtant aux deux tiers du chemin : mon genou qui avait heurté un rocher le matin dans la cascade Eas a’ Bhradain était douloureux et je souhaitais le préserver en vue des jours suivants (Melle 3e est allée jusqu’au bout). Cela ne m’a pas empêchée de m’émerveiller devant le paysage, tant côté montagne de Storr que côté lochs et mer.

Old Man of Storr dans les nuages
La tête dans les nuages à Old Man of Storr
Loch Leithan depuis Old Man of Storr par temps gris
Loch Leithan depuis Old Man of Storr

(*) A Old Man of Storr, il est obligatoire de se stationner sur les places de parking identifiées. Le stationnement est payant (5 £ pour la journée). Attention sur les stationnements qui longent la route : les bas côtés sont très meubles et il est facile de s’y enliser. Le site, très connu, est aussi très fréquenté et selon le moment, il peut être difficile d’y trouver un stationnement.
Il faut compter environ 1 heure pour faire l’aller-retour par le sentier.

Sur la péninsule de Trotternish

Impressionnantes cascades à Lealt et Kilt Rock

Le lendemain, nous sommes repassées devant Old Man of Storr, complètement dans les nuages. Notre objectif était de continuer à parcourir la A855 qui fait le tour de la péninsule de Trotternish, et de nous arrêter pour admirer les points, et pourquoi pas faire une petite randonnée. Après Old Man of Storr, la route longe la côte en surplomb de la mer. Ici, les volcans ont créé de grandes falaises de basalte. Nous avons commencé par la cascade de Lealt. Un belvédère a été construit pour dominer les chutes d’eau en toute sécurité. La rivière plonge de 90 mètres de haut dans un canyon avant de se déverser dans la mer.

Cascade de Lealt Falls sur l'île de Skye
Lealt Falls

Plus loin, c’est au point de vue de Kilt Rock que nous avons fait une halte. Là, le loch Mealt se déverse dans la mer en une vertigineuse chute d’eau de plus de 60 mètres de haut. Le jour de notre venue, il y avait assez peu d’eau à s’écouler dans la cascade. Mais cela ne diminue en rien la beauté de la côte à cet endroit. Les falaises de basalte se dressent juste au dessus de la mer et mesurent jusqu’à 90 mètres de haut. Les bruyères en fleurs et le vert de l’herbe apportent une touche de couleur dans ce paysage minéral.

Les falaises de Kilt Rock et la cascade de Mealt Falls
La cascade de Mealt Falls coulait assez peu ce jour-là
Les falaises de Kilt Rock
Les impressionnantes falaises de Kilt Rock

(*) Pour Lealt Falls, un parking permet de se stationner à proximité du belvédère. Il est gratuit.
Pour Kilt Rock, le parking est payant (forfait de 3 £ par demie-journée). L’accès au point de vue sur les falaises et la cascade est sécurisé.

Le domaine des moutons

En continuant sur la route A855, nous avons traversé un passage canadien, indiquant que nous entrions sur le domaine des moutons. La route s’éloigne alors un peu de la mer pour traverser la lande qui borde le Quiraing. Ce plateau a été formé par un glissement de terrain et il est toujours en mouvement. Les moutons sont chez eux et nous en avons croisé à plusieurs reprises sur la route. Nous nous sommes arrêtées sur un espace adéquat afin de mieux les observer. Sur la lande, le sol était très souple, faisant presque penser à un tapis rebondissant. Un promeneur avec son (petit) chien en laisse a fait peur aux ovins qui se sont vite enfoncé dans les fougères pour gagner un point un peu plus haut. J’avais un peu l’impression d’être dans la scène d’introduction très cliché d’un film se passant en Ecosse.

moutons qui courent sur une lande en Ecosse
Soudain, les moutons se sont mis à courir
moutons qui courent sur une lande en Ecosse
Les moutons prennent se faufilent sur un léger sentier direction le plateau du Quiraing

Finalement, notre envie de randonnée tombera à l’eau, littéralement. La pluie s’est invité et elle est vite très forte. Nous ne marquerons pas d’arrêt supplémentaire sur la péninsule de Trotternish.

Dunvegan Castle, maison du clan Mac Leod

Le château de Dunvegan

L’étape suivante était prévue à notre programme depuis la construction du voyage. Nous avions en effet des billets pour visiter le château et les jardins de Dunvegan ce jour-là. Le château de Dunvegan est très connu car il est la maison du chef du clan MacLeod depuis plus de 800 ans. Ce clan des MacLeod de Dunvegan, est très puissant et apparenté au clan des MacLeod de Lewis. Les deux clans sont en effet issus du même ancêtre qui avait partagé son domaine entre ses deux fils. Au fil des siècles, le clan MacLeod s’est éparpillé à travers le monde. Mais au milieu du XXe siècle, alors que Dame Flora était la cheffe du clan MacLeod, elle a initié des rassemblements réguliers des membres du clan au château de Dunvegan. Le château, toujours utilisé par la famille du chef de clan, se visite partiellement. On peut ainsi découvrir l’épée du clan (et là, j’avoue que j’ai très fortement pensé au film Highlander avec Christophe Lambert), et le Fairy Flag, le drapeau historique du clan qui lui aurait été donné par les fées et assurerait la suprématie du clan sur le champ de bataille.

château de Dunvegan
Le château de Dunvegan étant constamment habité, il a plusieurs fois été remanié. Son allure a été revue au XIXe siècle à l’époque Victorienne quand une certaine idée du Moyen-Âge était à la mode.
salle à manger du château de Dunvegan
Partout dans le château, on trouve les portraits des chefs successifs du clan et de leurs épouses, comme ici dans la salle à manger.

Les jardins et la baie de Dunvegan

Le château de Dunvegan est célèbre pour ses jardins qui comptent parmi les plus beaux du Royaume Uni. Il y a en particulier un très beau walled garden, un jardin entouré de murs conçu à l’origine pour protéger le potager des vents et y conserver la chaleur du soleil via le rayonnement des murs. Aujourd’hui, on y trouve de très beaux parterres de fleurs, en particulier des lys. J’ai beaucoup aimé aussi découvrir les deux belles cascades naturelles qui se trouvent dans les jardins.

cascade dans les jardins de Dunvegan Castle
L’une des cascades du domaine autour de Dunvegan Castle
parterre fleuri dans les jardins de Dunvegan Castle
Dans le walled garden

Des jardins, nous sommes descendues au bord de la baie de Dunvegan. Ce loch marin héberge une importante colonie de phoques. J’ai réussi à en apercevoir plusieurs, que ce soit dans l’eau ou au repos sur des bancs d’algues au bord du rivage, près de la digue. Je n’ai pas vraiment réussi à les prendre en photo car ils sont très mobiles. Mais l’essentiel était de les voir. De la digue, on dispose aussi d’une jolie vue sur le côté marin du château.

une tête de phoque dépasse légèrement de l'eau dans la baie de Dunvegan
La photo n’est pas très bonne, mais ce que j’ai entouré, c’est la tête d’un phoque qui venait de retourner à l’eau depuis le banc d’algues.
château de Dunvegan
Vue sur le château en descendant des jardins

(*) Le château de Dunvegan et ses jardins sont ouverts à la visite. Il est possible aussi de faire un tour en bateau dans la baie pour voir les phoques de près.
Entre le parking et le château, un café propose une restauration légère et un beau choix de pâtisseries.

Neist Point, un phare au bout du monde

Le dernier endroit que nous avons exploré sur l’île de Skye est Neist Point. Accessible depuis Dunvegan par une route d’une dizaine de miles (environ 15 km) à simple voie (mais double sens), Neist Point offre un panorama somptueux sur les environs. Nous sommes arrivées assez tôt en début d’après midi et n’avons donc pas eu de difficulté à rejoindre le parking (peu de circulation en sens inverse), ni à y trouver une place. L’effet wahou a été immédiat. La côte ici est faite de falaises abruptes. On devine même quelques cascades qui se déversent verticalement dans la mer.

paysage à Nest Point sur l'île de Skye
Un panorama grandiose face à nous dès le parking

Mais ce qui rend Neist Point célèbre, c’est la presqu’île qui mène au phare. Un chemin de randonnée permet de s’y rendre, et nous avons décidé de le suivre. Il faut commencer par descendre le long de la falaise par un escalier abrupt (et déjà, se dire qu’il faudra ensuite le remonter…). Une fois en bas, il suffit de suivre le chemin bien marqué sur presque 1 kilomètre jusqu’au phare. Je me suis quand même approchée avec prudence des bords pour me rendre compte de la verticalité des lieux. C’est sans doute l’un des plus beaux endroits que nous ayons vu sur Skye, l’alliance entre la mer et la montagne. Le côté brut du paysage contraste avec le phare, mis en service en 1909, et situé à l’extrémité ouest de l’île. Face à nous, les côtes des îles des Hébrides extérieures se devinent, à la fois proches et lointaines.

Ici aussi, nous sommes sur le domaine des moutons. Brebis et agneaux paissent tranquillement autour des touristes. Je me suis assise un long moment sur un bloc de pierre pour les regarder brouter, tout en profitant du soleil. D’ailleurs ce dernier nous a aussi fait la bonne surprise de transformer la couleur de l’eau en un bleu idyllique.

paysage de la côte à Nest point
quand le soleil rend la couleur de l’eau paradisiaque à Nest Point


Nous avions prévu d’autres découvertes pour notre dernier matin sur l’île de Skye avant de prendre le ferry pour Mallaig. Mais la tempête Floris nous a contraint à changer nos plans : ne pas trainer sur l’île, reprendre le Skye Bridge au lieu de traverser en ferry, voir se déverser des trombes d’eau et des vents violents réprimant ainsi toute envie de balade !

Deux jours sur l’île de Skye est vraiment un minimum. Comme nous avions fait le choix de prendre notre temps pour découvrir les endroits où nous sommes allées, et que nous nous sommes autorisées des arrêts impromptus juste parce que le paysage était beau (ou qu’il y avait des petites vaches), nous avons aussi laissé beaucoup de lieux de côté et nous savons qu’il y encore beaucoup à découvrir sur l’île si nous y retournons.


Sur l’île de Skye, nous avions un hébergement insolite. L’hôtel était constitué de pods disséminés sur la colline dominant la baie de Portree. Chaque pod a vue sur la mer mais la météo ne nous a pas réellement permis d’en profiter. C’est aussi le cas de la salle de restaurant où est servi le petit déjeuner. Les chambres bien que très confortables sont assez petites et peuvent vite devenir exigües dans le cas où la météo empêche de sortir.


Île de Skye – Ecosse – août 2025


(*) Au cours de ce voyage, j’évoque à plusieurs reprises la consommation d’alcool (cidre, bière, whisky…). Il est important de noter que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et donc à consommer avec modération.