Les semaines passent vite et les week-ends encore plus. Depuis le début du mois de décembre, j’ai fait pas mal de balades autour de la maison. A chaque fois, c’étaient des lieux où j’étais déjà allée et même certains où je me rends très régulièrement. Et même si j’en ai déjà parlé par ici, j’avais envie de partager avec vous quelques images de ces sorties sans forcément de longs discours.
Au pied du Vercors La Baume Cornillane – Drôme – décembre 2024
Monter à Château Rompu sous le soleil
C’est un dimanche matin de décembre que j’ai eu envie d’aller refaire un tour dans les ruines de Château Rompu à Châteaudouble. Cette balade a l’avantage d’être assez courte et donc de pouvoir entrer dans un planning un peu chargé assez facilement. Chez moi, nous étions dans les nuages (de pollution…) mais j’ai trouvé le soleil en m’approchant du village. Je suis montée assez vite le long du chemin baigné de lumière avant de sortir de la forêt au niveau des ruines. De là, il n’y a plus très loin pour arriver à la table d’orientation (un peu abîmée par le temps) et découvrir le panorama sur la plaine de Valence où une mer de nuages avait pris place.
au pied du Vercorsmer de nuagesau dessus du villageapercevoir le châteaumer de nuagesmer de nuagesdans les ruinesmer de nuage sur la plaine de Valencesur la place du village
La Tour de Barcelonne, je l’ai déjà dit, fait vraiment partie de nos promenades classiques. Cette fois, c’est avec Melle 3e que j’y suis allée, en tout début d’année. La météo n’était pas exceptionnelle, mais il y avait moins de vent que lors de ma dernière ascension à la tour de Barcelonne avec Mr 1er. Par contre, je sortais d’un épisode viral assez violent dans les moments de Noël, et j’avoue avoir un peu souffert dans la montée. Je peinais à trouver mon souffle, et j’ai mis certainement le double de temps qu’à l’accoutumée pour arriver au sommet. Malgré tout, la vue d’en haut, comme chaque fois, valait largement la peine.
admirer le paysageapercevoir la tourruines avec vueadmirer la Raye givréeen chemin pour la tour de Barcelonne
Barcelonne – Drôme – janvier 2025
Quelques autres balades autour de Barcelonne et Combovin :
C’est le 1er janvier que j’ai profité d’un rayon de soleil bienvenu pour faire le tour du lac de Beauvallon. C’était sur ma route entre deux déposes/récupérations d’enfants, et après plusieurs jours de grisaille, j’avais vraiment envie de prendre un peu l’air. L’endroit est assez agréable et il est possible de continuer la balade le long des anciens bassins du système hydraulique du parc du château voisin. D’ailleurs, les abords des bassins avaient été débroussaillés, permettant de vraiment bien les découvrir.
Rêver dans le brouillard à Saint Vincent la Commanderie
Le jour où j’étais allée à Saint Vincent la Commanderie pour voir les décorations de Noël, il y avait beaucoup de brouillard. Il nimbait tout le village d’un épais cocon et rendait onirique les scènes de la vie quotidienne. J’ai profité d’avoir avec moi mon appareil photo pour prendre quelques clichés.
Dans le brouillard
Saint Vincent la Commanderie – Drôme – décembre 2024
Admirer une œuvre d’art à Valence
Je l’avais déjà vue plusieurs fois de jour, mais c’est de nuit que j’ai trouvé la sculpture Le Messager de Jaume Plensa la plus belle. Son éclairage est vraiment très réussi et le met parfaitement en valeur. Ce n’est pas vraiment une balade, mais j’aime tellement cette installation que je ne pouvais pas garder ces photos seulement pour moi !
Le Messager par Jaume Plensa – Valence – Drôme – décembre 2024
J’avais passé une journée à Aix en Provence au mois de mars dernier avec Melle 3e. Nous avions alors visité une exposition à l’Hôtel de Caumont. J’avais également repéré la fondation Vasarely, mais cette période de l’art contemporain intéressait moins Melle 3e, et nous n’avions pas le temps pour deux musées / expositions. Début novembre, Mr 1er s’est installé à Aix en Provence pour y effectuer son stage de fin d’études. Alors que j’étais descendue avec une voiture pleine de ses affaires, nous avons profité d’avoir un peu de temps sur place pour aller visiter la Fondation Vasarely.
le centre architectonique
Une architecture hors du commun
C’est par son bâtiment que j’avais repéré la fondation Vasarely. En effet, lorsqu’on passe sur l’autoroute en direction de la Côte d’Azur, on passe au pied de la fondation, et avec son architecture présentant des ronds blancs dans des carrés noirs et inversement, il est impossible de la manquer. Le Centre Architectonique a été conçu dans les années 1970 par Victor Vasarely lui-même afin d’abriter sa fondation. Composé de 16 hexagones, chacun large de 14 mètres, le bâtiment s’inscrit dans un rectangle de 96 mètres par 40. C’est un immense vaisseau à la gloire de l’œuvre, encore en cours de création, de l’artiste plasticien. Le lieu lui-même répond aux critères esthétiques de Vasarely et reprend les codes qu’il a décrits. Il utilise des matériaux modernes,, qui donne aujourd’hui à l’ensemble une allure de décor de film.
Avec son miroir d’eau, le bâtiment aixois de la fondation Vasarely est imaginé comme un château contemporainLa cafétéria entre l’aluminium et les tons gris du skaï des fauteuils semble sortie d’un décor de film futuriste des années 1960L’escalier à double révolution est une interprétation contemporaine de celui du château de Chambord
Des œuvres monumentales
La fondation a été conçue par Victor Vasarely, et sa femme Claire, comme un écrin pour recevoir une quarantaine d’œuvres monumentales (allant jusqu’à 8 mètres de haut pour 6 mètres de large), dites intégrations, du plasticien. La plupart sont mêmes directement assemblées sur place. Elles occupent les alvéoles créées par les hexagones du bâtiment. En passant d’une alvéole à l’autre, on découvre ainsi l’ensemble du vocabulaire de l’artiste. Connu pour son exploitation des couleurs et des formes géométriques, et leur combinaison, l’art de Vasarely joue sur les effets optiques et cinétiques. Ainsi, certaines compositions semblent être en relief alors qu’elles sont bien réalisées à plat, tandis que d’autres semblent se mouvoir. Si l’effet peut être bluffant sur certains petits formats présentés à l’étage, c’est carrément impressionnant sur les œuvres monumentales du rez-de-chaussée.
Alvéole 2Alvéole 8Manifeste sur la couleur et le noir et blancSérie VégaAlvéole 6Tissages traditionnels lituaniens Alvéole 7
Fondation Vasarely – Aix-en-Provence – Bouches-du-Rhône – novembre 2024
(*) La fondation Vasarely est située dans les faubourgs d’Aix en Provence. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site de la fondation Vasarely. Elle est desservie par le réseau de bus d’Aix en Provence, arrêt Vasarely. L’accès au jardin est gratuit. Il présente quelques oeuvres et permet d’admirer le bâtiment du centre architectonique avec son miroir d’eau. Depuis l’arrière du bâtiment, il y a une magnifique vue sur la montagne Sainte Victoire.
Bonus : balade dans le centre-ville d’Aix-en-Provence à l’automne
Nous avons aussi profité du beau soleil de cette journée d’automne pour faire un tour dans les rues piétonnes du centre ville, et flâner un peu sur le marché. La ville est agréable pour se balader, avec ses places et ses fontaines. Nous avons même pu profiter de la place d’Albertas sur laquelle les travaux de réhabilitation étaient terminés.
Incontournable lavandeAix tire son nom du mot latin signifiant « Eaux »Le plaisir de déjeuner en terrasse en novembrePlace d’AlbertasAblutions pour pigeonSous les platanes du cours MirabeauLa vue sur la montagne Sainte Victoire, paysage iconique d’Aix en Provence, depuis le jardin de la Fondation Vasarely
Aix en Provence – Bouches du Rhône – novembre 2024
Depuis la rentrée, j’ai eu plusieurs occasions d’aller à Lyon. Depuis que je n’y vais plus quotidiennement pour le travail, j’y vais quelquefois le week-end pour profiter de la ville. En septembre, j’ai ainsi passé une journée en famille où nous avons fait une grande balade de la Presqu’île jusqu’à Fourvière et une journée entre amis où nous sommes allés à la découverte de la Croix Rousse depuis Perrache. Et en octobre, j’ai enfin pris le temps de découvrir le Musée des Confluences. Si vous cherchez des idées pour découvrir Lyon, j’en ai donc quelques-unes à vous proposer.
Lyon, vue depuis Fourvière. On remarque la cathédrale Saint Jean au premier plan, et la place Bellecour sur la droite.
Autour de la colline de Fourvière
Pour cette balade à la découverte de la colline de Fourvière, nous sommes partis de la Presqu’île où nous avions déjeuné et avons traversé la Saône, profitant de la vue sur le quartier Saint Georges. J’étais accompagnée de Mr 1er, rentré la veille du Canada, et de Melle 3e qui s’apprêtait à faire sa rentrée le lendemain. Nous avons donc choisi de ménager tout le monde et d’emprunter la ficelle, le funiculaire qui monte depuis le Vieux Lyon jusqu’au pied de la basilique Notre-Dame de Fourvière. Mais il est tout à fait possible de monter à pied par l’une des rues pentues ou des escaliers qui partent à l’assaut de la colline. Vous pouvez par exemple passer par les Jardins du Rosaire ou la montée du Gourguillon que j’aime beaucoup.
Le quartier Saint Georges depuis le pont sur la SaôneLa basilique de Fourvière et la cathédrale Saint Jean depuis les quais de Saône, côté Presqu’île
La majestueuse basilique Notre-Dame de Fourvière
Je pense que cela faisait plus de 10 ans que je n’étais pas entrée dans la basilique de Fourvière. Comme je n’y vais pas souvent, je la redécouvre complètement à chaque fois. Sitôt les lourdes portes sculptées passées, on pénètre dans un décor extrêmement riche de mosaïques. Sur les murs et les plafonds, les tesselles racontent des histoires et reflètent les lueurs des bougies. D’un côté, les scènes racontent la relation de Marie à la France et de l’autre le rapport de Marie à l’Eglise. On est forcément impressionné par la richesse et la majesté des décors.
Les portes de la basilique sont ornées de lions monumentauxLa richesse des mosaïques de la basilique s’étale littéralement du sol au plafond
Mais la basilique de Fourvière cache une seconde église. Sous l’église haute, une crypte aux dimensions tout aussi impressionnantes que celles de l’église principale accueille dans une semi pénombre les Vierges du monde entier. Son décor est nettement plus sobre. Dédiée à Saint Joseph, elle avait été pensée pour être l’entrée du sanctuaire, le pèlerin devant prier Joseph avant d’aller vers Marie, de l’obscurité vers la lumière.
Au fond de la crypte, l’autel dédié à Saint Joseph
Le parc des hauteurs, ceinture verte de la colline
Après la visite de la basilique, nous avons pris longuement le temps d’admirer la vue sur la ville depuis la terrasse panoramique et de chercher à retrouver « vu d’en haut », les lieux que nous connaissons. Puis, nous sommes partis en direction de la tour métallique (que certains appellent Tour Eiffel lyonnaise alors qu’il n’y a aucun lien avec le célèbre ingénieur). Au pied de celle-ci, nous avons passé le grand portail qui mène à la passerelle des Quatre Vents. J’avais découvert cette passerelle et sa jolie vue sur la basilique un peu par hasard lors de mon tout premier séjour lyonnais en 1996. Elle était le premier maillon du parc des hauteurs : un cheminement piéton qui fait le tour de la colline. La balade suit à cet endroit le trajet d’une ancienne voie de tramway qui permettait de relier le cimetière de Loyasse à Saint Paul, dans le Vieux Lyon. La promenade longe les jardins de plusieurs couvents et monastères (n’oublions pas que Fourvière est la colline qui prie), et passe en surplomb de l’ancienne piste de ski de la Sarra. On rejoint ensuite les jardins de la Visitation, pour continuer notre balade au vert.
Balade au parc des hauteurs. Faire cette photo m’a amusée car j’en avais fait plusieurs très similaires l’été précédent tout au long de notre voyage au Canada .
Lugdunum, vestiges de la cité gallo-romaine
Avant d’entrer dans les jardins de la Visitation, nous avons fait un léger crochet pour aller jeter un œil aux vestiges de l’aqueduc du Gier. Cet aqueduc servait à alimenter Lyon en eau à l’époque gallo-romaine en captant les eaux du Gier. Construit vraisemblablement sous l’empereur Trajan, peut-être achevé sous Hadrien, l’ouvrage était long de 85 kilomètres et présentait de nombreux aménagements d’envergure. Aujourd’hui, il reste certains de ces aménagements dont un pont-siphon et de nombreuses arches disséminées dans la campagne des Monts du Lyonnais, dont les 72 arches à la sortie du village de Chaponost. Sur Fourvière, on approche de la fin du parcours de l’aqueduc et quelques piles, à moitié englouties dans les constructions environnantes, sont encore visibles.
Vestiges lyonnais de l’aqueduc du Gier
Nous ressortons à l’autre bout des jardins de la Visitation, entrant sur le site des théâtres gallo-romains de Fourvière par un petit chemin boisé. De là, nous dominons à la fois le grand théâtre et l’odéon (un théâtre de plus petite dimension, qui servait aux orateurs). Nous descendons entre les deux monuments, jusqu’à gagner le pavage d’une ancienne voie romaine.
Vue sur le théâtre gallo-romain de Fourvière. Il est utilisé chaque année à la belle saison pour le festival de Fourvière. Sur la droite au milieu, on devine l’une des fenêtres du musée Lugdunum, semi-enterré et qui abrite les collections archéologiques de la ville.
Flânerie dans le Vieux Lyon
Pour redescendre vers les quais et la Presqu’île, nous avons emprunté la montée du Chemin Neuf. Nous avons profité d’une pause au jardin du belvédère pour admirer la vue sur la cathédrale Saint Jean, juste en contrebas. Nous avons ensuite flâné un peu dans le Vieux Lyon, jetant un œil aux devantures des boutiques, faisant quelques achats. Nous avons fini par aller prendre le goûter sur la Presqu’île chez Loutsa, un torréfacteur qui propose quelques gourmandises, avant de prendre le métro pour rejoindre la gare Part Dieu et attraper le train du retour.
Vue sur la cathédrale Saint Jean depuis la montée du Chemin Neuf
A pied, de Perrache à la Croix Rousse
Une autre fois, j’ai profité de la présence de Delphine, une copine à Lyon pour l’y rejoindre avec Charles, un autre de nos copains. Delphine ne connaissait pas du tout la ville et Charles, lyonnais pur souche, avait concocté un programme de découverte sur 2 jours. Je ne pouvais me joindre à eux que le samedi et le programme était de découvrir la Croix Rousse à partir de la place Bellecour, puis de rejoindre Confluence. Comme j’arrivais à la gare de Perrache et que j’étais un peu en avance, j’ai rejoint le lieu de rendez-vous place Bellecour à pied.
La République, sur la place Carnot, en sortant de la gare de Perrache
Balade sur la Presqu’île
Avant de retrouver Delphine et Charles, j’ai commencé par rejoindre le quartier d’Ainay. Cela faisait très longtemps que je n’étais pas allée dans ce coin de Lyon. Autour de la basilique romane Saint Martin d’Ainay, les nombreux immeubles bourgeois datent essentiellement du XIXe siècle quand le quartier est devenu un lieu de résidence privilégié de la grande bourgeoisie lyonnaise. L’église était malheureusement fermée lors de mon passage et j’ai une nouvelle fois regretté de ne pas pouvoir y entrer.
La place devant la basilique d’Ainay
Après nous être retrouvés, nous avons décidé d’un saut au passage de l’Argue pour acheter des parapluies. En effet, la pluie avait décidé de s’inviter à nos retrouvailles, et nous étions 2 sur 3 à ne pas l’avoir prévue. Comme toute notre journée était prévue à pied dans les rues de la Capitale des Gaules, il était impératif de trouver l’équipement adéquat. Nous avons ensuite parcouru les lieux les plus emblématiques de la Presqu’île pour les faire découvrir à Delphine qui n’était jamais venue. Au programme : la place des Jacobins avec sa fontaine, la place des Célestins avec le théâtre et le parking, l’opéra, la place des Terreaux avec la fontaine Bartholdi et l’hôtel de ville…
Le théâtre des Célestins et au premier plan à gauche la lunette qui permet de jeter un œil au miroir tournant du parking souterrain, sans doute l’un des plus beaux parkings que je connaisseLa fontaine des JacobinsL’opéra de Lyon et son agrandissement par Jean NouvelL’arrière de l’hôtel de ville, au pied de l’opéra
Montée sur la Croix Rousse
Depuis la place des Terreaux, nous avons commencé à partir à l’assaut de la colline de la Croix Rousse. Sur les pentes, les immeubles aux hauts plafonds étaient les habitations et ateliers des canuts. Dans chaque appartement, un métier à tisser Jacquard était installé, permettant à l’ouvrier de travailler au tissage des soieries qui ont fait la réputation de Lyon. Ce quartier est, à l’instar du Vieux Lyon, parcouru de traboules qui permettent de traverser les immeubles. Nous avons emprunté l’une des plus célèbres, qui mène à la Cour des Voraces. Elle doit son nom au groupe de canuts à l’origine de plusieurs révoltes ouvrières au cours du XIXe siècle et qui avaient le siège de leur association à cet endroit. Presqu’en ruines, bordées d’immeubles insalubres dans les années 1980, elle a fait l’objet d’une rénovation et d’une remise en état des appartements dans les années 1990 alors que le quartier était encore populaire.
Immeubles des pentes de la Croix RousseL’impressionnant escalier de la Cour des Voraces
Nous avons ensuite continué notre ascension en direction de la place des Tapis et du mur des Canuts. Cette fresque monumentale est la plus grande d’Europe et représente la vie du quartier. Sa première version date de 1987. Elle a été actualisée une première fois en 1997 puis en 2013 afin de coller aux évolutions de la société et de la configuration du quartier. Celui-ci a connu une phase de gentrification importante depuis le début des années 2000. Ancien quartier populaire, les pentes de la Croix Rousse ont vu la proportion de cadres y habitant augmenter de façon significative (presque 2 fois plus que sur le reste de la ville). L’installation de couples et de jeunes familles avec un pouvoir d’achat plus élevé s’est accélérée et la physionomie du quartier a changé en conséquence. On peut ainsi noter un nombre grandissant de friperies, boutiques à vocation culturelle ou encore de coffee shops tendance.
La fresque des canuts
Cela se ressent également dans la présence notable de street-art un peu partout sur les pentes de la Croix Rousse. De nombreux collages et graffiti continuent à envahir les murs. Les escaliers, très nombreux sur les pentes, se parent de couleurs. Ce quartier est devenu à la mode alors qu’il avait mauvaise réputation il y a une trentaine d’années. Je me souviens de la première fois où je suis venue à Lyon en 1996 (pour y faire un stage de 2 mois) : mes collègues m’avaient déconseillé d’aller sur les pentes avec ce commentaire « ça craint ! ». Décidément, les choses ont bien changé depuis.
Les pentes, ce sont des escaliers un peu partout !Et quand on se retourne, on peut avoir de jolis points de vue sur la ville, même un jour de pluieEscalier coloré de la montée des CarmélitesL’escalier Prunelle est le premier à avoir pris des couleurs dans le quartier, en 2015
Après cette balade croix-roussienne, nous sommes revenus sur la Presqu’île pour déjeuner rue Mercière (une rue bordée de restaurants) avant de revenir à pied vers Perrache. Delphine et Charles ont continué jusqu’à la Confluence pendant que je reprenais le train pour rentrer chez moi.
Le musée des Confluences
C’est ainsi que je me suis souvenue que je n’étais encore jamais allée au Musée des Confluences. Peu après, avec Mr 1er et Mr 2e, nous sommes montés à Lyon un dimanche pour déjeuner avec Melle 3e (qui y étudie depuis la rentrée). Comme eux non plus n’y étaient jamais allés, nous avons donc décidé d’aller découvrir le musée en famille. Bien sûr, je connaissais déjà le bâtiment que l’on ne peut pas manquer quand on arrive à Lyon depuis le sud par l’A7 en direction du tunnel de Fourvière. Je l’apercevais aussi régulièrement depuis le train en quittant la gare de Perrache. De près, le bâtiment conçu par l’agence d’architecture Coop Himmelb(l)au ne déçoit pas. Son allure de gros cristal fonctionne bien, et quand on le contourne, on découvre le bassin au dessus duquel il est construit, allusion à la confluence du Rhône et de la Saône toute proche. Je découvrais d’ailleurs aussi la Confluence côté terre après l’avoir découverte il y a un an côté fleuve lors d’une sortie en kayak.
Le bâtiment en forme de cristalUn bassin sous le muséela Confluence, côté terre
A l’intérieur, les zones de circulation, hyper lumineuses, contrastent avec les salles d’exposition aux murs peints en noir. Nous avons essentiellement visité les collections permanentes. Plusieurs immenses thématiques interrogent le monde. La salle des Origines mêle les squelettes de dinosaures et autres fossiles aux mythologies asiatiques, aborigènes et inuit. La salle Espèces s’attache au vivent qu’il soit imaginaire ou réel, entre Sphinx et animaux empaillés. La salle Sociétés porte le regard sur la création technique humaine des origines à nos jours, la mettant en parallèle des ressources naturelles. La salle Eternités s’intéresse au rapport à la mort dans différentes civilisations. Si l’ensemble des artefacts présentés est de qualité, j’ai parfois eu du mal avec les choix de scénographie et de mise en résonnance des objets. Et si la mise en lumière est très bien réalisée, j’ai trouvé que les outils de médiation étaient parfois un peu « légers » et manquant de consistance et j’ai eu du mal à trouver la cohérence scientifique dans le propos tenu (changement de paradigme dans une même salle ou dans une même exposition, sans explication). Sans aucun doute, c’est un musée qui gagne à être visité accompagné d’un médiateur.
papillons et coléoptères – une de mes scénographies préférées dans le muséesculpture du Nunavut, qui nous a rappelé la visite du Musée de l’Histoire du Canadaquelques squelettes de dinosaures, là aussi clin d’œil aux musées canadiensle genre de mise en résonnance qui m’a laissée perplexe : poteries antiques et accélérateur de particulesJeu de miroir pour le SphinxJeu de rayures pour le tigre
Lyon – Rhône – septembre/octobre 2024
(*) Le musée des Confluences propose une exposition permanente et plusieurs expositions temporaires en parallèle. Un arrêt de tramway « Musée des Confluences » se situe pile devant le musée : le trajet est direct depuis les gares de Perrache et de Part Dieu. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site du Musée des Confluences.
L’exposition Play Play Play de photos de William Klein au Musée d’Art Contemporain de Montélimar est proposée depuis déjà plusieurs mois. Plusieurs personnes m’en avaient parlé et j’avais très envie d’aller la voir. Mais je voyais aussi les semaines défiler sans y aller. Alors, j’ai profité d’un changement de plan un dimanche après-midi pour m’y rendre avec Mr 2e. Nous connaissions déjà le MAC de Montélimar pour y avoir déjà vu quelques expositions mais cela remontait déjà à plusieurs années.
« Donnez lui rendez vous au musée » – Ben Souvenir d’une exposition passée
Dès l’entrée, nous avons été frappés par la façon dont les lieux ont été utilisés, dont les perspectives ont été mises en scène pour servir le propos de l’exposition. C’est une rétrospective complète du travail photographique de William Klein qui est proposée : de ses premiers photogrammes non figuratifs, jusqu’à ses photographies parisiennes des années 1990/2000 en passant par ses livres sur New York, Tokyo, Rome ou la Russie, les photos de mode et de sport mais aussi abordant sa période de cinéaste. Nous avons vraiment apprécie cette exposition, tant le choix des œuvres présentées que la façon dont elles étaient mises en scène.
Play Play PlayPhotogrammes de William Klein Le photogramme est une technique où l’on vient directement projeter un objet sur une plaque sensibleQuand la mise en scène répond parfaitement aux œuvresA la lisière de la photo et du graphisme, William Klein a collaboré plusieurs années avec le magazine italien DomusTravail sur le minimalisme photographiqueExhale – New YorkA New York, le photographe expérimente, force le grain, recadre encore et encore…J’ai particulièrement aimé comment William Klein a su retranscrire l’effervescence des rues de TokyoRéférence à Un barbare en Asie d’Henri Michaux, un vieux souvenir de lecture scolaire… (C’est d’ailleurs assez amusant comment les lectures de mes années de prépa reviennent me faire des clins d’œil ces derniers temps…. )Les photos de mode et les contacts peints, œuvre hybride entre la photographie et la peinture mais aussi le cinéma
William Klein – Play Play Play Musée d’Art Contemporain – Montélimar – novembre 2024
(*) L’exposition William Klein – Play Play Play est visible jusqu’au 6 janvier 2025 au Musée d’Art Contemporain de Montélimar. Les informations sur les jours et horaires d’ouverture sont à retrouver sur le site internet de Montélimar Agglo. L’entrée est gratuite pour tous.
Le musée de Valence consacre une exposition temporaire à l’artiste catalan Jaume Plensa, sous-titrée Être là . Cela coïncide avec la mise en place d’une sculpture dans l’espace public, sur la place des Ormeaux, juste devant le musée. Ce choix fait suite à l’invitation qui avait été faite à l’artiste en 1994 par la ville de Valence d’être à l’affiche de la troisième édition de la Biennale « Un sculpteur, une ville ». Jaume Plensa commençait à se faire un nom sur la scène internationale. Il avait alors disséminé 21 portes en fonte dans la ville, ainsi que 21 sculptures dans des vitrines de commerçants du centre-ville. Trente ans après, il revient donc à Valence.
Le Messager de Jaume Plensa est installé entre la cathédrale et le musée.
Le Messager, une œuvre dans l’espace public valentinois
Le Messager s’inscrit dans la lignée des œuvres de Jaume Plensa utilisant les symboles typographiques du monde entier. Accroupi, prenant appui sur le sol grâce à des robustes filaments, il présente une allure aux formes rondes et accueillantes. Il est d’ailleurs possible de se glisser à l’intérieur de l’œuvre. Cette sculpture a été pensé par Jaume Plensa pour être installée à cet endroit, et ses proportions, plus modestes que d’autres œuvres similaires de l’artiste situées en extérieur, adaptées à la physionomie de la place des Ormeaux (lieu choisi par l’artiste lui-même) et des bâtiments environnants. Mêlant des lettres issues des alphabets latin, grec, cyrillique, hébreu, chinois, japonais, hindi et arménien, il symbolise une certaine forme d’universalité du langage. Ouvert, aérien, il ne bloque pas la vue et, la nuit, il éclaire le monde depuis l’intérieur.
Le Messager par Jaume Plensa lors de l’inauguration le 9 novembre 2024
Être là, une exposition en 5 actes
Au cœur du musée, c’est une soixantaine d’œuvres de Jaume Plensa qui attendent le visiteur. Réparties en plusieurs salles, comme autant d’actes, on les retrouve dans les salles d’exposition temporaires mais aussi sur le plateau d’art contemporain, complètement investi par l’artiste. J’ai eu le privilège de pouvoir découvrir l’exposition deux heures avant son ouverture au public et de la parcourir presque seule. J’aimais déjà beaucoup le travail de Jaume Plensa mais le voir ainsi, de près, dans ces conditions exceptionnelles, a été un choc poétique.
Dès la première salle de l’exposition, on entre dans l’univers de Jaume Plensa entre sculptures de lettres et visages doux
Des lettres et des visages
En entrant dans la première salle, on fait face à une autre sculpture de lettres. Au sol, les lettres s’éparpillent comme si elles diffusaient un message. Le métal, brillant, est presque éblouissant. La sculpture est hypnotisante, presque magnétique. Sur les murs, des réalisations issues de la série Shadow (Study). On y retrouve un composition en tressage de lettres, comme autant de tatouages sur les silhouettes dessinées. Face à l’immense sculpture métallique, 3 visages sont taillés dans l’albâtre. La blancheur du matériau fait écho à la douceur des traits juvéniles des visages aux paupières baissées. Cette série, Nest, a un lien de parenté avec Le Sommeil de Rodin ou encore celui de Brancusi.
Jaume PlensaShadow (Study) – Jaume PlensaNest– Jaume PlensaMétal vs pierreJaume Plensa« La sculpture, c’est la meilleure manière de poser une question. » Sculpture de la série Nest– Jaume Plensa
Une évocation des installations de la Biennale de 1994
Plus loin, c’est un retour en arrière sur la Biennale de 1994. Dans de petites vitrines, quelques unes des 21 œuvres qui avaient été disséminées dans les commerces du centre-ville valentinois sont exposées. On y trouve déjà des jeux de lettres, de perspectives et d’ombres. Sur le mur d’en face, quelques portes en bronze de l’installation créée pour la Biennale, et sobrement intitulée Valence, sont alignées. Je n’ai pas réussi à les photographier correctement (j’essaierai de faire mieux lors d’une prochaine visite), mais j’ai aimé l’effet accumulatif et la fausse perspective que cela créait sur le mur.
Plensa in Kreuzberg– Jaume Plensa
De la poésie pure
En montant à l’étage, je découvre White Forest. Cinq visages monumentaux, dont le bronze a été coulé à partir d’un moule issu d’une sculpture sur bois. L’ensemble présente visuellement les défauts, aspérités et éclatements du bois. Recouvert d’une patine blanche, il s’en dégage une impression de pureté extrêmement poétique. De toute l’exposition, c’est sans aucun doute l’œuvre qui m’a le plus touchée. Je n’ai aucune explication rationnelle : je me suis juste laissée entrainer dans la beauté de l’œuvre de Jaume Plensa, qui m’a enveloppée de sa douceur.
White Forest– Jaume PlensaWhite Forest– Jaume Plensa
Ces visages jouent avec l’anamorphose et selon l’angle sous lequel on les regarde changent de volumes. J’étais tellement captivée que j’ai seulement rapidement regardé la série Slumberland accrochée sur les murs. Les traits de cette série à la mine graphite jouent aussi sur l’anamorphose et font écho à ceux de White Forest.
Une déclaration
Sur le plateau d’art contemporain, dépourvu de ses œuvres habituelles, c’est la série Face qui occupe les murs. Des phrases issues de la version anglaise de la déclaration des droits de l’homme des Nations Unies de 1948 encadrent des photos de visages, issues d’anciens manuels de géographie ou d’anthropologie. Le travail de l’artiste prend là une dimension presque politique. Au centre de la pièce, un assemblage de lettres et de symboles en acier brut et sombre semble entrer en résonnance avec les mots imprimés.
Sur le mur du fond, un des tableaux de la série Face– Jaume PlensaDes œuvres d’art contemporain habituellement présentées, seul le grand tableau de Joan Mitchell est resté accroché au dessus de l’escalier.
Une pluie de mots
Silent Rain est ma deuxième œuvre préférée de l’exposition. Des lettres en suspension dans l’air forment des rideaux de mots issus de William Blake, Shakespeare, Goethe ou Baudelaire. Le passage des visiteurs les fait tinter tels des carillons de poésie. Le son est cristallin, parfois à peine audible. Visuellement, les mots volent, s’entrechoquent, se télescopent en créant une nouvelle poésie vibratoire. La lumière crée des reflets mouvants. Les lettres forment un cocon sensoriel apaisant. Le temps n’existe plus complètement.
D’autres œuvres sont présentées dans l’exposition, en particulier des travaux sur papier de Jaume Plensa.
(*) L’exposition Jaume Plensa. Être là. se tient jusqu’au 13 avril 2025 au Musée de Valence. De nombreuses propositions de médiation et d’activités autour de l’exposition sont proposées. Elles sont à découvrir, tout comme les informations pratiques, sur le site internet du musée.
Edit du 01/02/2025 : l’exposition Jaume Plensa. Être là. au Musée de Valence est prolongée jusqu’au 4 mai 2025.
Ailleurs, d’autres œuvres de Jaume Plensa
Ce n’était pas la première fois que je « croisais » le travail de Jaume Plensa. J’avais découvert cet artiste par hasard en 2014. Lors d’un déplacement professionnel à Bordeaux, j’étais tombée sur Sanna, un visage en anamorphose de bronze. Installé dans le cadre d’une exposition temporaire, la sculpture avait ensuite fait l’objet d’une prolongation puis d’une tentative d’achat par souscription qui n’avait pas aboutie. Achetée par un collectionneur privé anonyme, le propriétaire a donné l’autorisation à la ville de la conserver dans l’espace public jusqu’en 2027.
Sanna – Jaume Plensa Bordeaux – Gironde – janvier 2014Nomade – Jaume Plensa Antibes – Alpes Maritimes – mars 2014
Quelques mois plus tard, c’est Nomade, la sculpture monumentale en lettres installée au bout du bastion Saint Jaume à Antibes que j’ai découvert. Installé en 2010, c’est en allant visiter la vieille ville et le Musée Picasso que je l’ai aperçu avant d’aller le voir de plus près. Il faut dire que ses presque 10 mètres de haut, on le voit de loin. A l’époque, accompagnée des enfants, j’avais aussi apprécié le côté ludique de cette œuvre dans laquelle on peut entrer.
Et plus récemment, c’est au Canada que j’ai eu l’occasion de voir deux sculptures monumentales de Jaume Plensa. La première, c’était dans le quartier des affaires de Toronto, lors de notre visite guidée (privée). Notre guide ne connaissait pas l’auteur de cette œuvre, installée au Richmond Adelaide Center trois ans auparavant. Pour ma part, j’ai reconnu au premier coup d’oeil le travail de Jaume Plensa sur les visages et les anamorphoses, et j’ai pu frimer (un peu) en l’annonçant. La seconde, c’était en visitant le Musée des Beaux Arts de Montréal. Dans l’allée qui s’étire entre deux bâtiments du musée, plusieurs œuvres d’art contemporain ont été installées, dont une sculpture de lettres de Jaume Plensa. (Il y a une autre sculpture de Jaume Plensa à Montréal mais je ne l’ai pas vue)
Dreaming – Jaume Plensa Toronto – Canada – août 2023
(*) Concernant l’exposition Jaume Plensa. Être là. au Musée de Valence, j’ai été invitée au vernissage le 9 novembre 2024. C’était un évènement public, gratuit et ouvert à tous, tout comme l’inauguration de la sculpture Le Messsager . Cependant, j’ai aussi pu entrer dans l’exposition avant son ouverture au public, bénéficiant donc d’une invitation un peu particulière de la part de l’équipe du Musée (collaboration commerciale non rémunérée). Je les en remercie vivement, car j’ai eu le privilège de parcourir des salles d’exposition désertes et ai ainsi pu profiter des œuvres de Jaume Plensa dans des conditions exceptionnelles.
Peinture Fraîche est un festival lyonnais de street art. J’avais assisté l’an dernier à la 5e édition qui s’était tenu aux anciennes usines Fagor. L’édition 2024 est sous-titrée Secret Spot : l’art urbain digital. Elle se tient dans un lieu inédit, et éphémère. De ce que j’ai lu, le festival a eu du mal à trouver un lieu adéquat cette année : il semblerait que Lyon ne disposait pas d’une friche industrielle pouvant les accueillir. C’est assez tardivement que l’ancien collège de la place de Serin a été en partie mis à disposition via un de leurs partenaires (un groupe d’immobilier qui a lui-même sollicité un de ses partenaires). Le lieu est atypique pour ce type d’évènement car il est déjà en cours de réhabilitation et de transformation en résidence pour étudiants. D’ailleurs, les ouvriers s’y affairent dans les étages et l’extérieur a déjà été complètement ravalé.
Derrière les installations du festival Peinture Fraiche, le chantier de rénovation du bâtiment est en cours.
C’est donc un espace restreint qui a pu être mis à disposition : seulement une partie du rez-de-chaussée et du sous-sol. De plus, c’est très tardivement que le festival a pu avoir confirmation de pouvoir utiliser ce lieu. La programmation est donc moins grandiose que l’an dernier, plus intimiste. Une grande part a aussi été fait au digital, entre installations vidéos et réalité augmentée (ce dernier aspect avait d’ailleurs déjà été exploré l’an dernier). Si j’ai bien aimé les fresques et installations « physiques » présentées, je n’ai pas vraiment accroché aux propositions artistiques digitales (Il aurait peut-être fallu que j’y passe plus de temps, mais je ne disposais que d’une heure entre un déménagement et la nécessité de reprendre la route avant l’heure de sortie des bureaux à la veille d’un grand week-end).
Parmi les artistes muralistes présentés, je connaissais déjà le travail de certains. Ainsi, le lyonnais PEC avait couvert un mur entier et quelques piliers de ses fameux Knars que l’on peut voir un peu partout dans l’espace public de la métropole. Le nantais Ador avait investi un espace faisant face à celui de PEC avec son univers aux personnages doux et facétieux. Le contraste entre les couleurs vives de PEC et les teintes claires d’Ador était très sympathique. A eux deux, ils occupaient les deux tiers du rez-de-chaussée. L’espace était complété par des écrans diffusant des créations digitales, une fresque de lettrage de PandorOner et une ville de Maxime Ivanez.
Maxime IvanezAdorPECAdorAdorPEC
Le suite de l’évènement se tenait dans le sous-sol du bâtiment, avec un chouette mood urbex. Là, les espaces avaient été totalement investi par successivement trois artistes déployant chacun leur univers. Le lyonnais 1Port avait en particulier créé une anamorphose, qui m’a fait penser à Méliès. Le muraliste Cobalt déployait « Capitaine Custo », une succession de fonds marins entre poissons et épaves. Puis, c’est Zeso qui avait complètement transformé l’espace entre fresque et installation artistique en trois dimensions (des installations très différentes des travaux de cet artiste que j’avais pu voir à Street Art City) .
CobaltZesoCobalt1Port
Peinture Fraiche Festival – Lyon – octobre 2024
(*) La 6e édition de Peinture Fraiche Festival se tient jusqu’à dimanche 3 novembre 2024. Le lieu est situé cette année place de Serin dans le 4e arrondissement de Lyon. Il faut compter une heure sur place, voir un peu plus si on s’attarde sur toutes les installations digitales. Attention : compte tenu du lieu, la jauge est limitée et les billets sont vendus uniquement en ligne.
Depuis quelques mois, le musée de la chaussure de Romans sur Isère accueille une exposition que j’avais très envie d’aller voir : Jean-Paul Gaultier pour Stéphane Kélian, sous-titrée « roman d’une rencontre ». Mais ma spécialité est de me dire que j’ai le temps de voir une exposition avant qu’elle ne se termine et donc d’y aller un peu au dernier moment (voire de la manquer complètement). Cette fois, c’est trois semaines avant la fin que j’y suis allée. Et j’aurais clairement regretté de ne pas la découvrir.
Portraits de Stéphane Kélian à gauche et Jean-Paul Gaultier à droite
Le dialogue entre le chausseur et le couturier
Stéphane Kélian a été à la tête d’une des plus grandes maisons de chaussures de Romans. Il venait d’ouvrir sa première boutique parisienne quand il a rencontré Jean-Paul Gaultier, alors couturier « débutant ». Très vite, les deux hommes trouvent des points de rapprochement dans leur vision de la mode. Nous sommes au début des années 1980, et Stéphane Kélian va créer les modèles que Jean-Paul Gaultier imagine pour ses lignes de prêt-à-porter. Leur collaboration est en route et la marque « Jean Paul Gaultier pour Stéphane Kélian » voit le jour.
Une mode avant-gardiste et audacieuse
La collaboration entre Jean-Paul Gaultier et Stéphane Kélian va durer de 1984 à 1996. Les modèles de chaussures sont audacieux, à l’image des vêtements de l' »enfant terrible de la mode » comme l’appellent alors les journalistes. Deux fois par an, les défilés des collections prêt-à-porter femme et homme de Jean Paul Gaultier renouvellent la vision de la mode. Portés par des inspirations fortes (esthétique de l’URSS qui commence à se fissurer, influences futuristes, références à l’âge d’or du cinéma..) et parfois provocatrices (par exemple la collection Les Rap’Pieuses ou celle Tatouages), ils donnent lieu à de grands shows où les chaussures sont plus qu’un simple accessoire.
Jean Paul Gaultier a fait sortir les baskets des terrains de sport pour les emmener sur les plateformes des défilés puis dans la rueVêtements et chaussures sont présentés en parallèle dans l’expositionTravailler des matières innovantes – chaussures en spandex et cuirLe tressé mythique de la maison Kélian est sublimé par la vision de Jean Paul Gaultier
Un flash-back dans la mode des années 1980 et 1990
Cette exposition est surtout une superbe plongée dans la mode iconoclaste des années 1980 et 1990. Jean Paul Gaultier mais aussi Thierry Mugler ou Claude Montana inventent une mode qui se défait des carcans des décennies précédentes et qui rend floues les frontières entre masculin et féminin. En parallèle, la collaboration entre Stéphane Kélian et Jean-Paul Gaultier compose un vestiaire complet, tant pour les hommes que pour les femmes, apportant à la chaussure un vent de nouveauté dans les formes (talons hauts pour les hommes ou sneakers par exemple) que dans les matières (utilisation du spandex ou encore de la maille néoprène). Ayant vécu l’émergence des créations de Jean Paul Gaultier dans les magazines de mode, j’ai apprécié découvrir en vrai les pièces présentées. Mention spéciale pour la scénographie, originale et décalée mais totalement en phase avec l’esprit Jean-Paul Gaultier de cette période.
Vue d’ensemble sur l’exposition
Musée de la Chaussure – Romans – Drôme – octobre 2024
Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir Saint Etienne. Jusqu’à présent, je n’en connaissais que la traversée par l’autoroute mais au fil des réseaux sociaux, j’avais eu l’occasion d’apercevoir des images qui me donnaient envie d’en voir plus. Aussi, quand Saint Etienne Hors Cadre(l’office de tourisme de la métropole stéphanoise) et Loire Tourisme m’ont invitée à passer une journée à Saint Etienne, je n’ai pas hésité un seul instant : j’avais dorénavant une bonne raison de venir m’y balader.
Sur les marches de l’Hôtel de Ville, les couleurs de Paris 2024 rappellent que la ville a accueilli des épreuves dans le mythique stade Geoffroy Guichard.
Saint Etienne, côté ville
Le rendez-vous était donné à 9.00 du matin en centre ville. Je partais le matin même de Valence en voiture avec Jérôme, un copain lui aussi invité à partager cette journée de découvertes. Nous avions prévu une (bonne) petite marge sur notre temps de trajet, et nous sommes donc arrivés très en avance (quelque chose comme un peu plus d’une heure d’avance !). Nous avons donc profité de la ville encore un peu endormie pour nous balader. Nous avions laissé la voiture en périphérie puis pris un bus. En en descendant square Violette, ce qui m’a frappée, ce sont les belles façades fin XIXe / début XXe siècles.
L’hôtel des ingénieurs a été édifié par la société des anciens élèves de l’école des Mines de Saint Etienne au tout début du XXe siècle, et sa façade a été récemment restaurée.Saint Etienne est construite sur des collines et les rues sont rarement plates.Le kiosque à musique de la place Jean Jaurès a été édifié en 1914Sur le bassin de la place Jean Jaurès, Daphné changée en laurier a retrouvé sa place en 2022 après avoir été fondue en 1942 pour en récupérer le bronze
Mais, c’est un peu plus loin que j’ai eu une vraie surprise. En approchant du cœur historique de la ville, ce sont des maisons à pans de bois que j’ai découvert. A l’angle de la place du Peuple, une magnifique façade entraine le regard vers la Droguerie de la Tour. Ce commerce y est établi depuis 1820 dans un bâtiment médiéval. Je pense que c’est à ce moment-là que le charme de Saint Etienne a commencé à opérer sur moi. La ville s’annonçait bien plus surprenante que je ne l’avais envisagé.
Centre médiéval de Saint Etienne
Saint Etienne, côté gourmand
Les chocolats Weiss, une institution stéphanoise
Notre premier rendez-vous de la journée était à la boutique Weiss du centre ville. Il s’agit de la boutique historique de cette marque créée en 1882 par Eugène Weiss. S’inspirant des techniques viticoles, il crée des assemblages de cacao pour fabriquer ses chocolats. Il invente aussi des bonbons adaptés au voyage, comme la Nougastelle, au cœur de praliné et qui est encore un des best-sellers de la maison. Aujourd’hui, la maison Weiss reste une maison intégralement artisanale et travaillant le cacao en bean to bar. Forcément, le moment le plus attendu était celui de la dégustation, et la promesse alléchante a largement été tenue.
La boutique historique de la maison Weiss : un écrin de choix pour les créations chocolatées.J’ai pu goûter plusieurs références chocolatées et pralinées : toutes sont excellentesPassion rubans…
La Table des Matrus, une cuisine inventive
C’est un peu plus tard dans la journée que nous avons fait une seconde pause très gourmande. En effet, pour le déjeuner, nous sommes allés à la Table des Matrus (pour ceux, qui comme moi, ne parlent pas le gaga stéphanois, un matru est un enfant). Ce restaurant situé dans le centre de Saint Etienne propose une cuisine entièrement maison dans un cadre moderne et chaleureux. Le chef a à cœur de travailler avec des produits les plus locaux possibles, en respectant les saisonnalités. Les assiettes sont généreuses, inventives et succulentes. Le pain au levain est fait sur place, et vraiment délicieux. Je n’ai pas vu de fausse note tout au long du repas.
Agneau, pommes sautées et crème de champignons
Baba à la Rhubarbe
Guimauve au bourgeon de sapin
(*) Les chocolats Weiss ont deux adresses à Saint Etienne : 8 rue du Général Foy (où nous étions) et rue Eugène Weiss où se trouve désormais l’atelier de fabrication.
(*) La Table des Matrus, 26 rue Grand Gonnet à Saint Etienne. La carte change très régulièrement pour s’adapter aux approvisionnements.
Saint Etienne, côté savoir-faire
Armes, cycles et rubans : l’âge d’or de l’industrie stéphanoise
Mais la thématique de la journée n’était pas uniquement liée à la gourmandise. En effet, après avoir découvert le chocolat Weiss, nous avons pris la direction du Musée d’Art et d’Industrie. Ce musée, né en 1833, était à l’origine généraliste, héritier des cabinets de curiosité privé (comme beaucoup de musées à cette époque). A la fin de XIXe siècle, l’idée vient de le transformer en musée spécialisé dans les industries d’art qui sont en train de permettre le développement de la ville. Le Musée d’Art et d’Industrie devient alors un lieu de conservation mais aussi un lieu d’émulation pour inspirer les futurs créateurs d’armes, cycles et rubans. Encore aujourd’hui, le MAI de Saint Etienne s’articule autour de ces trois collections d’art industriel.
Le bâtiment, construit au XIXe siècle, devait au départ abriter une sous-préfecture juste avant qu’une réorganisation de l’état ne désigne la ville comme préfecture. Il est alors transformé en palais dédié aux arts industriels.
Nous avons eu la chance de suivre une visite guidée avec une médiatrice réellement passionnante. La visite, très vivante, nous a permis en 1h30 d’avoir un très bon aperçu des trois collections. Nous avons ainsi appris pourquoi et comment Saint Etienne est d’abord devenue une ville où les armes étaient fabriquées, puis comment l’industrie du cycle y a fait son apparition. Nous avons aussi appris que Saint Etienne est encore actuellement la capitale du ruban, qu’il s’agisse des rubans utilisés par l’industrie du luxe, des rubans médicaux (les bandages en particulier) ou les rubans colorés qui ornent les sachets et boîtes de chocolat.
La collection d’armes du MAI couvre toutes les périodes depuis le Moyen-Âge jusqu’au XXe siècle où l’on retrouve les fusils Lebel et FAMAS, produits à Saint Etienne.Détails des armuresPlusieurs modèles de bicyclettes ont été conçus et produits à Saint EtienneCatalogue de rubans avec échantillonsLe MAI possède plusieurs métiers à tisser les rubans en état de fonctionnement. Autrefois, les ouvriers tisseurs travaillaient à domicile sur ces métiers installés dans leur logement.
Faire soi-même au cours d’un atelier créatif
Après avoir admiré le savoir-faire industriel de Saint Etienne, il était temps pour nous de nous essayer à un atelier créatif. Nous étions attendus pour cela au Dobry Lab. Ce lieu hybride est à la fois un salon de thé et un atelier de créateur. L’équipe du Dobry Lab créé en effet des objets graphiques sur papier, bois et textiles qui sont proposés à la vente. Mais ils animent aussi des ateliers créatifs. Le thème du nôtre était la création de tampons. Après avoir vu les exemples proposés, j’avoue avoir un peu craint de ne pas être à la hauteur et de ne pas y arriver. Mais, guidée en pas à pas, et bien encouragée, j’ai réussi à me lancer et à produire un tampon plutôt sympa. L’atelier a été unanimement apprécié par notre groupe, malgré nos compétences en dessin disparates.
Le Dobry Lab est prêt à nous accueillir !
Etape 1 – dessiner son motif sur papier calque (et se demander pourquoi j’ai choisi de mettre des sapins alors que je ne sais pas les dessiner correctement)
Etape 2 – creuser le motif reporté sur la gomme douce en utilisant une gouge
Etape 3 – faire un essai pour voir le résultat
Les exemples du Dobry Lab sont nettement plus élaborés que nos créations. Ce qui est chouette, c’est que nous avons pu les utiliser pour personnaliser un petit leporello. Et comme nous étions ravis de cet atelier, nous nous sommes amusés à tamponner et signer les leporellos de tous les autres membres du groupe.Jouer avec les reflets !Une journée à Saint Etienne – exemple de leporello réalisé par le Dobry Lab à partir de tampons
(*) Les conditions de visite du musée d’Art et d’Industrie de Saint Etienne, située 2 place Louis Comte, sont à retrouver sur le site internet du musée. Je vous encourage à participer à une visite guidée qui permet vraiment de comprendre les collections très techniques du MAI, et leur importance pour la ville de Saint Etienne.
(*) Le Dobry Lab est situé 52 rue Charles de Gaulle à Saint Etienne. La programmation des ateliers est disponible sur le site internet du café créatif.
Saint Etienne, miscellanées
En complément de ces découvertes, lors de cette journée à Saint Etienne, je suis aussi allée :
Au coffee shop Les Simones, 40 rue de la Résistance : cet endroit est à la fois un concept store dédié à la féminité et un lieu pour faire une pause autour d’une boisson fraîche sans alcool, un café ou un thé. EDIT 07/09/2925 : le coffee shop Les Simones a définitivement fermé ses portes
dans la rue des garages pour découvrir les fresques d’Ella et Pitr, des artistes stéphanois aux personnages que l’on reconnait du premier coup d’œil.
fresque d’Ella et Pitr dans la rue des garages
Saint Étienne m’a convaincue qu’elle est bien plus qu’une ancienne ville minière et industrielle, que son passé est une richesse et que son présent mérite de prendre le temps de la découvrir. Cependant, il me reste encore beaucoup de lieux à découvrir à Saint Etienne, par exemple le musée de la mine au Puits Couriot ou la cité du design. Et j’ai aussi repéré de chouettes lieux à découvrir autour de la ville, comme les gorges de la Loire ou la cité Le Corbusier à Firminy. J’ai donc ce jour-là ajouté Saint Etienne à ma liste d’endroits à revenir explorer.
Saint Etienne – Loire – septembre 2024
(*) Comme je l’ai indiqué en introduction, cette journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée). Je remercie donc Saint Etienne Hors Cadre et Loire Tourisme pour cela, ainsi que tous les lieux où nous avons été accueillis. Cet instameet était un évènement à destination des éclaireurs de la plateforme de tourisme régional et durable Partir-Ici.fr à laquelle je collabore. J’ai vraiment apprécié ma découverte de la ville de Saint Etienne, et les activités auxquelles j’ai participé durant cette journée.
Sur une façade du centre ville stéphanois, des chats jouant avec une balle ont attiré mon regard. Je ne me souviens pas avoir déjà vu un motif similaire sur un immeuble.
J’ai eu du mal à me souvenir quand j’étais allée en forêt de Brocéliande pour la dernière fois. Quand j’étais étudiante, nous y allions parfois le week-end pour nous balader. J’y étais retournée au moins une fois avec les enfants il y a une dizaine d’années. Mais je n’avais jamais vraiment pris le temps d’en découvrir (presque) tous les recoins et sites mythiques. C’est Melle 3e qui en a parlé, qui souhaitait découvrir ces lieux dont les noms évoquent l’aventure, la magie et les chevaliers de la Table Ronde. Depuis la maison familiale bretonne, ce n’est pas si loin (entre 1h30 et 2h00 de route selon où on veut aller), mais j’avais envie de prendre le temps. Alors nous sommes parties 2 jours complets. Nous avons ainsi pu découvrir une douzaine de lieux iconiques. Je vous propose donc un voyage thématique à leur rencontre.
Randonner en forêt de Brocéliande
Des mégalithes en pleine forêt
La magie de Brocéliande n’est pas nouvelle. Les archéologues ont trouvé des vestiges remontant au néolithique. Parmi ceux-ci, plusieurs sépultures mégalithiques. Au fil du temps, de nombreuses légendes s’y sont attachées, en particulier avec l’émergence de la légende arthurienne et de sa localisation à Brocéliande.
Le Jardin aux Moines
Le Jardin aux Moines
C’est par hasard que nous sommes arrivées au Jardin aux Moines. Bien qu’il figurait sur le plan de la forêt que nous avions récupéré à l’office de tourisme de Paimpont, nous n’avions pas vraiment prévu d’y aller. Mais sur la route entre deux lieux que nous voulions voir, nous sommes passées à côté et avons aperçu un panneau l’indiquant. Nous avons donc pris le temps d’aller voir les lieux de plus près. Dans une clairière facilement accessible, les pierres dressées dessinent un trapèze dont les grands côtés font 27 et 23 mètres de long. On ne sait pas grand chose de la raison de cette construction, qui était sans doute un lieu de culte, et à proximité duquel on a retrouvé des fragments de vases du néolithique. Comme pour tous les lieux de la forêt de Brocéliande, une légende est attachée au Jardin aux Moines, il s’agit de celle des pierres maudites de Tréhoronteuc. Le lieu dégage quoiqu’il en soit une aura de mystère indéniable, renforcée par sa faible fréquentation.
Le Jardin aux Moines
Le tombeau de Merlin et la fontaine de Jouvence
Le tombeau de Merlin par contre fait partie des mégalithes les plus connus de la forêt de Brocéliande. Et c’est aussi, à mon avis, l’un des sites les plus décevants. A l’origine, il s’agit d’un dolmen, sépulture mégalithique datant du néolithique. Au XIXe siècle, des intellectuels locaux ont localisé l’endroit comme étant le tombeau de Merlin l’enchanteur (que je ne vous présente pas, vous en avez forcément entendu parler). Forcément, on s’attend à quelque chose d’un peu grandiose, à la hauteur du personnage. En réalité, le site a été dynamité à la fin du XIXe siècle par des chercheurs de trésors. De l’allée couverte de 12 mètres de long, il ne reste que deux pierres monumentales et le tracé du monument originel. Ajoutez à cela que c’est l’un des lieux les plus visités de la forêt, et vous comprendrez pourquoi ce n’est pas mon préféré.
Le Tombeau de Merlin
Située à proximité du tombeau de Merlin (on peut facilement aller de l’un à l’autre à pied et le parking aménagé est commun aux deux sites), la fontaine de Jouvence est une des nombreuses sources présentes dans la forêt. Elle a été rattachée à la légende de la fée Viviane par la tradition populaire, ainsi qu’à des pratiques druidiques ancestrales. Tout comme son voisin le tombeau de Merlin, la fontaine de Jouvence attire la foule. Nous n’avons donc pas réellement pu goûter au charme bucolique du lieu (surtout que nous y étions en fin de matinée). Je crois que ce qui m’a le plus amusée, ce sont les petites grenouilles présentes au bord de la fontaine, et que personne ne semblait voir !
La fontaine de JouvenceDeux grenouilles se cachent sur cette photo !Juste à côté de la fontaine de Jouvence, dans une ancienne carrière de grès rouge, des centaines de petits cairns ont été dressés comme autant d’offrandes aux esprits de la forêt/
Des arbres remarquables
Impossible d’évoquer une forêt sans parler de ses arbres. Brocéliande est une hêtraie-chênaie (comme la forêt de Villecartier), qui comporte aussi des parcelles de conifères et de vastes espaces de landes. C’est la plus vaste forêt de Bretagne avec ses 7000 hectares et elle est essentiellement privée. Parmi tous les arbres, certains se distinguent par leur caractère exceptionnel. Au cours de notre périple, nous avons croisé 3 arbres remarquables sur la dizaine que compte la forêt.
Route forestière
Le chêne des Hindrés
Le premier arbre remarquable que nous avons croisé est le chêne des Hindrés. Nous avions en effet repéré une petite boucle de randonnée qui passe à proximité. Nous l’avions choisi pour être notre randonnée du 2e jour, car elle est essentiellement en sous-bois et nous étions à Brocéliande sur deux jours très chauds et ensoleillés. Nous avions d’ailleurs préféré faire cette randonnée le matin pour éviter les heures les plus chaudes de la journée.
Randonnée en forêt
La boucle du Chêne des Hindrés, un circuit de 4 kilomètres, est bien fléchée à partir du parking. Elle ne présente aucune difficulté particulière et permet une jolie balade en sous-bois. Fin juillet, les bruyères étaient en fleurs et à certains endroits, leur odeur était particulièrement notable et agréable. Forcément, le chemin passe au pied du grand chêne, sans doute l’un des plus hauts de la forêt. Son port élégant le rend encore plus majestueux. Vieux de plus de 500 ans, il est très certainement le roi des chênes de Brocéliande.
Au pied du chêne des HindrésTapis de bruyèresJe n’ai pas réussi, avec la forêt environnante, à prendre assez de recul pour faire entrer tout le chêne des Hindrés sur la photo !
Le chêne des Eons, dit chêne à Guillotin
Comme nous ne passions pas très loin du chêne à Guillotin, nous nous sommes arrêtées pour aller le voir. Je l’avais vu pour la dernière fois il y a une dizaine d’années et son état semble avoir empiré. Ce chêne fait partie des doyens de Brocéliande : la légende le dit vieux de 800 à 1000 ans (il aurait en réalité plutôt 5 siècles). Il est creux et a servi de refuge à des ermites et des prêtres réfractaires au fil des siècles écoulés. Un temps entouré d’une plateforme en bois permettant de l’approcher, il est maintenant entouré d’une barrière qui tient les touristes (et les comportements indélicats de certains) à distance tout en améliorant le confort de l’arbre (la plateforme avait avec le temps des effets délétères sur la santé du vieux chêne). S’il fait partie des arbres les plus connus de la forêt, ce n’est pas forcément le plus beau !
Le chêne à Guillotin
L’arbre de Merlin
L’arbre de Merlin est lui aussi un chêne. Contrairement aux deux autres, il est situé sur un domaine privé. Il se trouve en effet dans le parc du château de Comper. On peut donc y accéder, comme au reste du parc, quand on visite le château. S’il n’a pas le port élancé du chêne des Hindrés, il a quand même fière allure au bord du lac. Et il est très agréable de s’asseoir à son pied dans son ombre rafraichissante quand il fait chaud.
L’arbre de Merlin
Des châteaux remplis de légendes
Il y a deux châteaux médiévaux ouverts à la visite dans la forêt de Brocéliande, chacun construit à côté d’un lac, chacun avec sa légende.
Le château de Trécesson et la Dame Blanche
Nous avons commencé notre périple par la visite du château de Trécesson. Ce château-fort est complètement entouré d’un lac dans lequel il vient se refléter, presque complètement. La visite permet d’entrer dans le colombier avec ses 1800 boulins, démontrant la richesse du propriétaire au XVIIe siècle. Une première cour est située avant le pont enjambant la rivière qui alimente le lac. On passe ensuite le châtelet d’entrée pour pénétrer dans la cour principale où l’on visitera la jolie petite chapelle et les salles situées au dessus du portail.
Le château de Trécesson et son châtelet d’entréeLa cour du château de Trécesson
Mais si le château de Trécesson est très connu, ce n’est pas vraiment en raison de son histoire ou son architecture. C’est plutôt à cause de ses légendes et de ses fantômes. Parmi eux, on trouve la Dame Blanche. Des braconniers auraient surpris un étrange attelage au milieu de la nuit. Deux hommes en seraient sortis pour creuser une fosse, au bord du lac, et y jeter une jeune mariée, enterrée vivante. Depuis, son fantôme se promène sur les toits du château les nuits de pleine lune, tandis que son voile est conservé dans la chapelle du château.
Le château de Trécesson se reflète intégralement dans le lac qui l’entoureLes chemins autour du château de Trécesson
Le château de Comper et la Dame du Lac
A l’autre bout de la forêt de Brocéliande, on trouve le château de Comper. Là encore, il s’agit d’un château remontant au Moyen-Âge et bordé d’un étang, même si le logis actuel a été construit à la Renaissance. Là encore, une dame hante les légendes du lieu. Cette fois, il s’agit de la Dame du Lac et elle nous replonge dans les mythes arthuriens. En effet, la Dame du Lac est la fée Viviane, disciple de Merlin l’enchanteur. Par amour, il lui aurait alors construit un palais de cristal au fond du lac. C’est là que Viviane élèvera Lancelot et qu’il gagnera son surnom de Lancelot du Lac.
Le château de Comper se reflétant dans son étang bordé de schistes rouges
Depuis le début des années 1990, le château de Comper abrite le Centre de l’Imaginaire Arthurien. Cette association a pour but de transmettre le patrimoine de la légende arthurienne. Elle propose donc au château de Comper une exposition permanente très complète sur les mythes arthuriens, analysant les différents récits médiévaux qui les composent et leurs variations. Sur deux étages, le visiteur découvre ainsi une scénographie accessible à tous les curieux de la légende d’Arthur et des panneaux explicatifs très précis pour ceux qui souhaitent en apprendre plus. Cet été, en outre, une exposition temporaire retraçait l’épopée de Ségurant, le chevalier au dragon, ressorti de l’oubli suite à la quête d’un médiéviste dans toutes les bibliothèques d’Europe afin de combler les trous dans chacun des récits qui nous sont parvenus.
Arthur, Excalibur, Merlin – le trio de base du mythe arthurienLa Dame du LacDans l’antre de MerlinSégurant, le chevalier au dragon
Des évocations du mythe arthurien
La Table Ronde
La forêt de Brocéliande étant indissociable du mythe arthurien, on y retrouve un peu partout des évocations des légendes, que ce soit dans les lieux existants ou dans des installations plus récentes. Ainsi la Table Ronde est une œuvre d’art contemporain encore en cours de mise en place. A Néant-sur-Yvel, à l’ombre des grands arbres, une immense table ronde a été édifiée. A la suite du Roi Arthur, qui fut le premier à s’asseoir, les chevaliers rejoignent le cercle. Ils sont 10 à être attendus, et 4 d’entre eux ont déjà pris place. Keu, Gauvain, Girflet et Perceval attendent Galaad qui devrait les rejoindre à l’automne. Cette oeuvre monumentale du sculpteur Mickaël Thomazo sera donc achevée d’ici quelques années, une fois que tous les chevaliers l’auront rejointe.
La Table Ronde des ChevaliersLa Table Ronde des ChevaliersLa Table Ronde des ChevaliersLa Table Ronde des ChevaliersLa Table Ronde des ChevaliersLa Table Ronde des Chevaliers
Excalibur
L’épée du Roi Arthur a trouvé place depuis quelques années sur le bord du lac de Trémelin. Fichée dans un rocher de schiste rouge, l’épée est facile à trouver. Elle se situe en effet en plein milieu de la base de loisirs, entre le local des activités nautiques, l’aire de jeux pour enfants et la plage pour la baignade. Vous l’aurez compris la localisation est quelque peu décevante. Avec quelques efforts de cadrage cependant, et en y allant tôt le matin pour éviter les vacanciers venant profiter des infrastructures, il est possible d’avoir une photo où l’on oublie sa situation.
Excalibur au bord du lac de TrémelinExcalibur au bord du lac de TrémelinLe calme du lac de Trémelin tôt le matinLe calme du lac de Trémelin tôt le matin
L’église du Graal
Située à Tréhorenteuc, l’église du Graal est l’œuvre de l’abbé Gillard. Affecté à la paroisse en 1942, il s’intéresse aux mythes locaux et en particulier à celui du Graal. Il entreprend donc la rénovation de son église en faisant le lien entre la foi catholique et les légendes arthuriennes. Dans le fond de l’église, une mosaïque sortie des ateliers d’Odorico présente un immense cerf blanc, symbole du Christ, et quatre lions pour les évangélistes. Dans le chœur, le grand vitrail montre Joseph d’Arimathie ayant la vision du vase sacré, tandis qu’un tableau représente la Table Ronde et ses chevaliers. Enfin, la petite porte latérale est surmontée d’une phrase sibylline « La porte est en dedans ».
L’église du Graal« La porte est en dedans »Le Cerf Blanc se trouve à la source…
Des étangs magiques
Le Val sans Retour
Il existe de nombreux étangs, dans la forêt de Brocéliande. Parmi les plus connus, on trouve celui du Miroir aux Fées au fond du Val sans Retour. Comme les autres étangs de la forêt, ses eaux sont si tranquilles que les reflets y sont absolument magiques. A côté de l’étang, on trouve l’Arbre d’Or, une installation artistique réalisée par François Davin en 1991. En effet, l’année précédente, de grands incendies avaient dévasté la forêt et en particulier le secteur du Val sans Retour. Cette installation symbolise la renaissance de la forêt.
Le Miroir aux FéesL’Arbre d’Or
Mais il serait dommage quand on vient au Val sans Retour de s’arrêter là et de ne pas prolonger la balade en faisant le tour du vallon. Nous avons choisi de faire la petite boucle de randonnée de 4 kilomètres qui nous avait été conseillée à l’office du tourisme de Paimpont. Ce n’est pas la peine d’être équipé d’une carte car la boucle est très bien balisée depuis le centre du village de Tréhorenteuc où nous avions trouvé un stationnement (et le charmant Brocéliande Café pour déjeuner au jardin). Cela commence doucement, plutôt à plat en longeant l’étang du Miroir aux Fées puis le petit ruisseau qui l’alimente. Cette partie est en sous-bois et extrêmement agréable en plein été quand il fait chaud (car oui, il peut faire chaud en Bretagne ! On n’oublie donc pas d’emporter de l’eau avec soi quand on va randonner).
C’est ici que pour la seule fois de toute la randonnée nous avons eu un doute sur le chemin à emprunter. Fléché sur le côté, nous nous sommes ensuite aperçues que nous aurions pu filer tout droit dans le lit du ruisseau, quasi à sec, au lieu de juste monter puis redescendre la butte.Là aussi, les bruyères sont en fleurs
A mi-parcours cependant, le chemin devient un peu moins facile. En effet, il nous conduit sur la crête dominant le vallon en montant assez droit dans les schistes rouges. Nous comprenons alors mieux pourquoi il y avait un avertissement sur le plan de la forêt comme quoi le chemin était escarpé à cet endroit. Mais la grimpette, même en plein soleil, en vaut la peine. Les points de vue sur le vallon et ses environs sont superbes. Nous poursuivons sur un sentier bien aménagé et se faufilant entre les bruyères. Puis, le chemin bifurque entre les champs et nous ramène vers le village de Tréhorenteuc.
Grimper sur la crête du Val sans RetourEn haut de la crête, on domine les environsLe chemin est bordé de bruyères et d’ajoncs
Le Chambre aux Loups
La Chambre aux Loups est un autre vallon de la forêt de Brocéliande, situé dans un secteur différent du Val sans Retour. Il comporte également plusieurs étangs, bordés de forêt, et est lui aussi dominé par une crête recouverte de lande. L’endroit est aussi un lieu de randonnée prisé, mais nous avions choisi d’aller voir le chêne des Hindrés et n’avions pas le temps d’ajouter le tour de la Chambre aux Loups à notre programme ce jour-là. Nous avons toutefois fait un arrêt en passant à proximité, pour profiter du paysage et des reflets parfaits dans l’onde paisible.
RefletsReflets (bis)
Forêt de Brocéliande Ille et Vilaine & Morbihan – juillet 2024
Au bord de l’étang de Paimpont
Informations pratiques
Tous les sites listés à l’exception du château de Trécesson et de celui de Comper sont librement accessibles. Attention cependant en automne/hiver aux périodes de chasse dans la forêt qui peuvent rendre l’accès à certains lieux/secteurs interdit.
Afin de situer l’ensemble des sites, je vous conseille de passer à l’office de tourisme de Paimpont pour récupérer un plan de la forêt, ainsi que des conseils sur les lieux et leurs accessibilité selon le moment (en particulier en période de chasse). La carte permet aussi d’avoir les informations relatives à quelques boucles de randonnée dans la forêt.
Le château de Trécesson peut se visiter durant l’été, uniquement en visite guidée. Il faut compter environ 1h30 pour la visite du château. Il est possible de profiter depuis la route de la vue sur le château et son reflet dans le lac si on ne souhaite pas visiter le château.
L’accès au Centre de l’Imaginaire Arthurien permet de visiter l’ensemble du domaine de Comper, de se promener dans le parc et de profiter de certaines animations. Nous avons passé environ 2 heures à l’intérieur du château pour découvrir l’intégralité de la scénographie.
Nous avons également suivi le parcours-spectacle La Porte des Secrets. Localisé à Paimpont dans les mêmes locaux que l’office de tourisme, ce parcours permet de découvrir une partie des légendes de la forêt mais aussi son écosystème et son histoire. Le spectacle immersif dure environ 1 heure. La réservation est très fortement conseillée et peut se faire sur place ou par internet (par exemple, en arrivant à 10.00 un matin, la 1ère séance disponible pour la journée était à 17.00).
Pour dormir, nous avions choisi un hôtel très agréable à Ploërmel. Ce n’est pas vraiment dans la forêt mais ayant organisé notre séjour un peu au dernier moment, c’était le meilleur compromis distance/prix pour nous.
Ce week-end, je me suis rendue à deux festivals, très différents l’un de l’autre mais tous les deux sur le territoire de Valence Romans. Ce sont tous les deux des rendez-vous annuels où j’ai l’habitude faire un tour. Je vous en propose un petit aperçu rapide, même si les éditions 2024 de ces évènements sont maintenant terminées.
Les Rencontres de la Photo de Chabeuil
Sur un grand week-end, entre 20 et 30 expositions de photos sont proposées dans divers lieu du village, et du hameau de Parlanges, dans le cadre des Rencontres de la Photo de Chabeuil. Toutes les expositions sont gratuites et en entrée libre. En ce qui me concerne, c’est le vendredi que j’ai profité d’une grande partie des expositions (je n’ai pas eu le temps d’aller voir celles aux serres de Parlanges). Les artistes exposés font des propositions très différentes les unes des autres. J’ai comme chaque fois été plus sensibles à certaines. Mon coup de coeur a été pour les photographies polaires de Pierre Alexandre Chevallier, suivi du travail entre l’image et le support de Guillaume Holzer, des personnages surgissant des paysages d’Eric Ribot et du grain des photos de Maya Paulès.
Devant la mairie, le drapeau des Rencontres de la Photo
Françoise Huguier est l’invitée d’honneur de cette édition
Backstage
Jeux de texture avec les supports des photos de Guillaume Holzer
Détail d’une photo de Maya Paulès – Le grain dans la série Solastalgia
Détail d’une photo de Maya Paulès
Chabeuil – Drôme – 13 septembre 2024
Valence en Gastronomie Festival
Valence en Gastronomie est un autre festival que j’aime beaucoup et auquel je me rends chaque année. Sur un week-end, de nombreuses animations autour de la gastronomie et de ses matières premières sont proposées. Cette fois, j’ai passé une matinée complète sur le marché des pagodes Goutatou. Les pagodes sont des stands qui réunissent à la fois des producteurs et des restaurateurs et pâtissiers. Grâce à un système de tickets (les fameux Goutatou qu’il faut acheter en arrivant sur place), il est possible de déguster des mini portions de produits locaux, de plats de grands chefs, de pâtisseries mais aussi de vin, bière ou jus de fruits. J’y suis allée avec Mr 1er le samedi matin à l’ouverture et avec 2 planches de Goutatou, nous avons pu varier les dégustations mais aussi faire l’équivalent d’un repas chacun. Nous n’avions en effet plus faim pour déjeuner ensuite.
Le festival Valence en Gastronomie a lieu sur le champ de Mars, autour du kiosque Peynet
Comme nous sommes dans la Drôme, il y a forcément des ravioles. Ici celles de la Mère Maury avec une crème parmesan-citron de Aix&Terra
Apprendre à casser les noix avec la Confrérie de la Noix de Grenoble
Les cookies aussi bons que beaux du pâtissierAurélien Fournier (un ardéchois qui reste un de mes coups de cœur année après année )
Valence en Gastronomie – Drôme – 14 septembre 2024
Et si vous voulez vous rafraichir la mémoire, je vous ai déjà parlé de :