Avant de me rendre à Charmes sur Rhône pour découvrir le domaine Mirabel Charmis, j’ai profité d’une éclaircie pour aller refaire un tour sous le pont des Lônes à Soyons. Sous les arches de ce pont routier qui enjambe le cours principal du Rhône, mais aussi de nombreux bras secondaires (les fameuses lônes), on trouve en effet un des plus beaux spots de street art de la région. Situé en pleine nature, un peu au milieu de nulle part, les arches du pont des Lônes sont un terrain de jeu privilégié des street-artistes de la région, et en particulier du collectif valentinois Sorry Graffiti. Régulièrement, ils investissent l’une des arches à plusieurs, avec un code couleur homogène et produisent d’immenses fresques sur une thématique.
Je me suis rendue compte que cela faisait bientôt 2 ans que je n’étais pas allée faire un tour dans ce secteur. Comme il fallait s’y attendre, les fresques avaient beaucoup changé, et une fois de plus, c’était génial de pouvoir prendre le temps d’admirer les différentes œuvres. Malgré une luminosité peu flatteuse, j’ai pris quelques photos que je vous propose ici en mode portfolio.
Extraits des fresques réalisées par les artistes du collectif Sorry Graffiti sous le pont des Lônes
Pont des Lônes – Soyons – Ardèche – mars 2025
Si vous voulez jeter un œil à de précédentes fresques réalisées à cet endroit, vous pouvez aller regarder :
Si vous partez au ski, je vous propose de faire une pause culturelle à Grenoble (qui se trouve sur le trajet vers de nombreuses vallées des Alpes). Et si vous ne partez pas au ski, je vous invite quand même à venir faire un tour dans la Capitale des Alpes où vous pourrez trouver de nombreux musées et expositions très intéressants. Pour ma part, je suis allée exprès à Grenoble samedi dernier parce que j’avais repéré une exposition, et j’en ai profité pour me balader et faire d’autres visites, accompagnée de Mr 2e. Cela faisait très longtemps que je n’étais pas venue pour me promener à Grenoble (la dernière fois, c’était en 2022 où profitant de devoir venir faire quelques achats, nous avions visité le muséum d’histoire naturelle et la précédente journée de balade remontait à 2020 avant le confinement) et malgré une météo un peu grise, ça a été un vrai plaisir d’y refaire un tour.
« Au bout de chaque rue, une montagne… »(Stendhal)
Le Couvent Sainte Cécile, eaux fortes de Rembrandt et bande dessinée
Nous sommes venus à Grenoble par le train, assez tôt le matin (depuis Romans, il faut compter 1 heure de TER). Nous avons commencé la journée en nous promenant en ville où nous souhaitions voir quelques boutiques, en particulier, la galerie Rêv’olution où Terres d’Oxymore vend ses poteries (je suis fan de ses messages à l’humour décalé et j’avais très envie d’avoir une 2e tasse à café pour les matins grognons). C’est comme cela que nous sommes passés devant le Couvent Sainte Cécile. Vu que nous avions du temps avant l’heure du déjeuner, nous avons poussé la grande porte en bois pour entrer dans la chapelle. Celle-ci, désacralisée, est maintenant une librairie – cabinet de curiosités et a fait l’objet d’un aménagement très réussi.
L’impressionnant mur de livresLa vue depuis l’entrée de la chapelle donne le ton
Ce qui nous a fait pousser la porte cependant, c’est une petite affiche annonçant le « Cabinet Rembrandt » : une exposition d’eaux fortes réalisées par l’artiste au XVIIe siècle. Une fois nos billets en main, nous avons parcouru les différentes pièces exposant des œuvres d’art. En effet, le couvent Sainte Cécile abrite le Fonds Glénat. Cette fondation a été créé pour mettre en valeur et préserver les collections de Jacques Glénat et des éditions éponymes. Le couvent abrite actuellement ainsi une exposition consacrée aux animaux dans l’art, une aux arts de la table et une autre à la bande dessinée. Cette dernière présente des dessins originaux dans lesquels on croise des personnages bien connus de la bande dessinée franco-belge comme Gaston Lagaffe, Alix ou Michel Vaillant mais aussi du monde du manga (Glénat a été le premier éditeur français à en publier).
Achille Talon
On découvre également le jardin de cet ancien couvent ainsi que le grand escalier transformé en galerie. Ce sont des peintres dauphinois ou de montagne qui y sont exposés. On y trouve ainsi plusieurs peintures de Gustave Doré, généralement connu pour ses gravures. Et parlant de gravure, le point fort de la visite, c’est bien entendu le cabinet des eaux fortes de Rembrandt. La collection de Jacques Glénat comprend une petite centaine de ces gravures, très fragiles, et une quarantaine d’œuvres sont présentées en rotation. La mise à disposition de loupes permet d’admirer la minutie des détails mis en œuvre par le maître dans cette technique de gravure (et des marchepieds permettent aux enfants aussi de se mettre à la hauteur de ces œuvres). Un dispositif numérique de médiation permet également de bien comprendre la technique mise en application pour réaliser une eau forte. En résumé, le couvent Sainte Cécile a été une très belle découverte.
Le jardin du couvent Sainte CécileL’escalier du couvent Sainte Cécile
(*) Le couvent Sainte Cécile est situé 37 rue Servan, à Grenoble, du côté du quartier des Antiquaires. Les horaires et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du couvent.
La Bastille, paysages et lieux culturels
Montée par les bulles et lecture de paysage
L’exposition que je souhaitais voir et le musée que nous avions prévu de visiter étant tous les deux situés au fort de la Bastille, nous avons pris le téléphérique pour y monter. Prendre les bulles, c’est une expérience à part entière. Elles sont d’ailleurs labellisées « Site touristique emblématique » de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Alors qu’on a l’habitude des téléphériques dans les stations de montagne, nous sommes ici en plein centre ville. Pourtant au fil de la montée, on a une vue panoramique sur les massifs environnants. C’est aussi l’occasion de découvrir le quartier Saint Laurent et les fortifications de la Bastille du dessus.
Depuis les bulles, la vue sur le village olympique et les montagnes de Belledonne. Depuis les bulles, vue sur l’Isère et le massif du Vercors
Une fois en haut, j’ai l’habitude de commencer par aller admirer le paysage depuis la terrasse. Là, on a littéralement la ville à ses pieds. On peut aussi voir les trois massifs qui la bordent : le Vercors, Belledonne et la Chartreuse, sur les piémonts de laquelle le fort de la Bastille est construit. On suit également le tracé des vallées du Drac et de l’Isère. Et si la météo le permet, on devine même l’entrée de la combe de Savoie.
Le massif de Belledonne domine Grenoble et la vallée de l’Isère
(*) Le téléphérique de Grenoble permet de rejoindre le fort de la Bastille depuis les quais de l’Isère, au niveau du jardin de ville. Les horaires de fonctionnement varient en fonction de la saison. Vous pouvez les trouver, tout comme les tarifs, sur le site internet du téléphérique. Vous pouvez aussi y consulter les informations relatives aux activités présentes au fort de la Bastille.
Experimenta, une exposition temporaire d’art contemporain
Si nous sommes montés à la Bastille, c’est avant tout pour aller voir les œuvres d’art contemporain installés dans le cadre de la Biennale Experimenta. Cette manifestation culturelle se situe aux confins de l’art et de la science. Sur le site sommital de la Bastille, elle a en particulier investit les salles Lesdiguières et Dutrievoz, situées à l’intérieur même de l’ancien fort. Le point commun entre les œuvres présentées est qu’elles interrogent notre rapport à la nature à travers l’empreinte que nous y laissons.
Le fléchage vers les salles d’exposition pour Experimenta m’a beaucoup plu
Parmi les œuvres présentées, certaines ont plus retenu mon attention que d’autres. C’est le cas :
Solaris de Nicky Assmann – une installation cinétique où la lumière vient frapper des films d’eau savonneuse, créant des irisations turbulentes hypnotiques (avec une petite pensée pour mon stage de fin d’études, autour des écoulements de fluides turbulents).
Ce qu’il reste à la nuit de Mathilde Reynaud et Fabien Malbet – une installation sonore et vidéo qui interroge notre rapport à l’espace et sa conquête.
Clams de Marco Barotti – une installation sonore et cinétique où des coquillages en plastique recyclé émettent des sons dépendant de la qualité des eaux de l’Isère captées un peu en amont.
Tipping point de Barthélemy Antoine-Lœff – une installation cinétique où goutte après goutte un glacier se créé, à mettre en parallèle avec la fonte des glaciers constatée partout dans le monde.
Flux de Barthélemy Antoine-Lœff – une installation cinétique où des roches suspendues et mises en mouvement évoquent la mémoire d’un cours d’eau. Cette installation extrêmement poétique a été un vrai coup de cœur.
Flux de Barthélemy Antoine-LœffCe qu’il reste à la nuit de Mathilde Reynaud et Fabien Malbet
(*) Les installations de l’édition 2025 de la Biennale Experimenta sont visibles à la Bastille de Grenoble jusqu’au 1er mars 2025. L’entrée est libre et gratuite.
Le musée des troupes de montagne, un coup d’œil sur l’histoire militaire
Pour terminer notre journée de découvertes culturelles, nous avions choisi le musée des troupes de montagne. Situé dans le fort de la Bastille, nous l’avions repéré depuis longtemps mais n’avions pas encore eu l’occasion de nous y rendre. J’avoue que ce n’était pas forcément mon premier choix de musée à Grenoble mais quand on est plusieurs, il faut aussi tenir compte des goûts et centres d’intérêts de chacun. Finalement, j’ai été très agréablement surprise. En effet, à travers une douzaine de salles, le musée nous emmène dans un parcours chronologique découvrir l’histoire des troupes de montagne, des origines à nos jours. La scénographie est remarquable, mettant les objets en situation. Les cartels ne sont pas trop bavards et apportent les informations essentielles, surtout pour des non-spécialistes. Un audioguide, très bien conçu, complète le dispositif de médiation. Le visiteur se déplace ainsi au fil des salles en toute autonomie, à son rythme. Un focus particulier est mis sur le rôle que les troupes alpines ont joué lors des deux conflits mondiaux, ainsi que dans la Résistance. C’est d’ailleurs l’objet de l’exposition temporaire en cours qui suit un jeune grenoblois de son entrée en Résistance jusqu’en 1945 dans la 27e Division Alpine.
Les débuts des troupes alpinesPoste de commandement alpin durant la seconde guerre mondiale
(*) Le Musée des Troupes de Montagne est localisé à l’intérieur du fort de la Bastille à Grenoble. Vous pouvez consulter les conditions de visite sur le site internet du musée. Nous avons vraiment été très agréablement surpris de la qualité de l’exposition et de sa mise en scène. La visite est annoncée pour durer entre 30 et 40 minutes, et nous y avons passé plus d’une heure.
Grenoble – Isère – février 2025
Il y a de nombreux autres musées à Grenoble. Parmi ceux-ci, j’ai déjà eu l’occasion de visiter :
Le musée du Vieil Evêché qui outre ses collections permanentes et l’accès au baptistère paléo-chrétien propose des expositions temporaires de qualité. J’avais visité celles sur les estampes japonaises en 2019 et celle de photos de Vivian Maier en 2020.
Le musée de Grenoble, un musée des beaux-arts avec une forte composante contemporaine.
Cette semaine, le projet 52 nous emmène à la découverte de l’art. Le thème est vaste car il peut recouvrir tous les champs de la création artistique. Peinture, sculpture, dessin, musique, architecture, littérature et bien d’autres encore peuvent nous servir d’inspiration. Vous l’avez sans doute déjà noté mais c’est un thème qui me parle. En effet, j’aime aller visiter des musées et des châteaux, admirer les belles architectures, aller voir un spectacle, écouter un concert ou visionner un film. J’ai donc dans mes dossiers de très nombreuses photos d’œuvres d’art.
Alors, il a fallu choisir. Je n’ai pas sélectionné une photo très récente, car elle date de l’été dernier. Avec Melle 3e, nous étions allées à Granville. Avant d’aller faire un tour sur le bord de mer(et de prendre un goûter au salon de thé), nous nous sommes rendues au Musée Dior. Nous l’avions déjà visité mais le lieu fonctionne avec des expositions temporaires. L’été dernier, la thématique de l’exposition était Christian Dior, couturier visionnaire. L’exposition nous emmenait ainsi au fil des trois étages de la maison d’enfance du couturier à la découverte de son évolution créative. Elle mettait aussi en perspective les pièces créées par Christian Dior et celles imaginées depuis par les différents stylistes de la maison. J’ai particulièrement apprécié les broderies inspirées de l’univers floral cher à la maison Dior, et celles-ci sur une robe en organza sont de véritables œuvres d’art.
Musée Dior – Granville – Manche Eté 2024
(*) Le musée Dior de Granville est situé sur les hauteurs de la ville dans le jardin du même nom. La villa Les Rhumbs est ouverte lors des expositions. Vous pouvez retrouver les conditions de visite sur le site internet du musée Dior. La villa n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite car elle n’est accessible que par des escaliers. La jauge intérieure est très faible et il est plus que vivement conseillé de réserver son billet à l’avance sur internet. Si comme nous, vous êtes du genre à vous décider au dernier moment, n’hésitez pas à vous rendre sur le site internet via votre smartphone une fois dans le jardin : il reste souvent des places sur les prochains créneaux horaires et cela vous évite une longue attente dans la file sans billets.
Pour découvrir les œuvres d’art chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : je passe le week-end avec des amis que je n’ai pas vu depuis longtemps, et je suis bien décidée à profiter pleinement de ces moments. Je ne pourrai donc pas me connecter pour venir valider les commentaires qui ne s’affichent pas immédiatement avant dimanche en fin de journée.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, je n’étais jamais allée à Marseille alors que j’avais eu l’occasion de plusieurs séjours ou passage dans les environs (Cassis, La Ciotat, Aix en Provence… ). Mr 1er y était allé lors d’un voyage scolaire il y a quelques années. Il a proposé qu’on y aille ensemble car s’il avait visité le MUCEM, il n’avait pas vraiment vu la ville. Nous avons donc convenu de nous y retrouver un week-end de janvier. Nous avons profité d’une journée et demie sur place pour explorer quelques aspects de la cité phocéenne.
Vue sur la ville depuis Notre Dame de la Garde
De la gare Saint Charles à Notre Dame de la Garde
Passage par le Vieux Port
Arrivant tous les deux par le train (de deux directions différentes), nous nous sommes retrouvés dans un café à côté de la gare Saint Charles. En sortant sur le parvis de la gare, j’ai été accueillie par Notre Dame de la Garde, la Bonne Mère, qui surplombe le paysage et me faisait face. Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est la topologie de la ville telle que déjà je la devinais. J’imaginais Marseille beaucoup plus plate, et les escaliers de la gare Saint Charles ont vite fait de me faire comprendre le contraire.
Nous sommes ensuite partis poser nos valises à l’hôtel, puis vers le Vieux Port (le tout à pied). Nous avons choisi de commencer notre visite de la ville par prendre un peu de hauteur à Notre Dame de la Garde. Après avoir regardé le chemin pour y aller à pied, et vu le dénivelé, nous avons choisi de prendre le bus (il y a une ligne directe depuis le Vieux Port, très pratique). A la sortie du bus, nous avons fait le tour du sanctuaire, profitant largement des points de vue sur la ville et la mer.
vue sur la rade et le port de Marseille depuis Notre Dame de la GardeVue sur les îles du Frioul depuis Notre Dame de la Garde
Le sanctuaire de Notre Dame de la Garde
Après avoir profité du paysage, nous sommes entrés dans le sanctuaire de Notre Dame de la Garde. Nous n’avons pas pu entrer dans la crypte où avait lieu une célébration. Par contre, nous sommes entrés dans l’église principale. Je l’ai trouvée plutôt petite une fois à l’intérieur. De l’extérieur un effet de perspective la fait paraître beaucoup plus grande. C’est en partie dû au fait qu’elle est positionnée sur les murs d’un ancien fort. Son décor est très impressionnant, tout en mosaïques dorées, et comportant de très nombreux ex-voto. Ils témoignent des grâces accordées aux fidèles par Notre Dame de la Garde, protectrice de la ville de Marseille et des marins et pêcheurs.
La basilique, construite au XIXe siècle, est de style néo-byzantinLes décors intérieurs donnent une lumière particulièreLe clocher est dominé par une statue monumentale de Notre Dame de la Garde portant l’enfant Jésus et faisant face à la mer
Après la découverte de la basilique Notre Dame de la Garde et du panorama depuis son esplanade, nous avons repris le bus direction le Vieux Port. Nous avons mangé rapidement et sommes partis à pied vers le MUCEM que nous souhaitions découvrir.
Un après-midi au MUCEM
Le Fort Saint Jean et le nouveau bâtiment
Comme nous arrivions à pied du Vieux Port, c’est par le Fort Saint Jean, et plus particulièrement la tour du Roi René, que nous sommes entrés dans le MUCEM. Nous avons donc commencé par explorer cet ancien poste de surveillance et de défense du port de Marseille. Arrivés dans la cour basse, nous avons grimpé jusqu’à la place d’Armes du fort par une montée bien raide qui disposait un rail permettant de hisser les canons. Nous avons ensuite poursuivi sur le chemin de ronde et à travers les différents jardins qui agrémentent le site. La vue sur l’entrée du Vieux Port et le chenal est magnifique.
Depuis le chemin de ronde du Fort Saint Jean, vue sur la tour du Roi René, le Fort Saint Nicolas et Notre Dame de la Garde. La tour du Roi René a été construite au XVe siècle pour défendre l’entrée du port après que les Espagnols ont emporté la chaîne qui la fermait auparavant (et qui se trouve toujours dans la cathédrale de València).De l’autre côté du chenal d’entrée dans le Vieux Port se trouve le palais du PharoAu bout du Fort Saint Jean, la tour du Fanal servait de vigie et de phare : un feu était allumé à son sommet pour guider les bateaux vers le port
Il est temps pour nous de traverser la passerelle au dessus de la darse qui longe le bâtiment J4 du MUCEM. Ce cube, conçu par l’architecte Rudy Ricciotti et inauguré en 2013, se démarque par sa résille en béton devenue sa signature. En traversant la passerelle, on arrive directement sur la terrasse du musée. Aux beaux jours, il doit être très agréable de s’y attarder, protégés du soleil par cette fameuse dentelle de béton.
Emprunter la passerelle qui relie le Fort Saint Jean au bâtiment J4 du MUCEMVéritable signature visuelle du MUCEM, la résille de béton sert d’ombrière à la terrasse faisant face à la mer.
Des expositions aux thématiques variées
Le MUCEM, Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, est l’héritier du Musée National des Arts et Traditions Populaires qui était situé à Paris dont il a hérité des collections. Initié au début des années 2000, le MUCEM a depuis agrandi ses collections en élargissant ses acquisitions aux cultures contemporaines et à l’ensemble du bassin méditerranéen, mais aussi en devenant dépositaire des collections européennes du Musée de l’Homme. Depuis son ouverture, il y a un peu plus de dix ans, le MUCEM propose aux visiteurs des expositions permanentes et temporaires, axées sur les cultures populaires et méditerranéennes.
L’entrée de l’exposition Méditerranées
Avec Mr 1er, nous avons parcouru trois des quatre expositions qui étaient proposées lors de notre visite. Cela nous a déjà pris presque tout l’après-midi, et nous n’avions alors plus le courage de découvrir la quatrième exposition.
Méditerranées – exposition permanente : de l’Antiquité à nos jours, en passant par la période coloniale, l’exposition nous entraine à la découverte de l’histoire des civilisations du bassin méditerranéen et des fantasmes qui l’accompagnent. J’ai aimé la façon dont l’exposition transcende les frontières entre art et ethnographie (deux domaines qui ont souvent fait l’objet d’une séparation muséographique).
Populaire ? – exposition permanente : A travers différentes thématiques, liées aux techniques utilisées, l’exposition invite à la découverte de la richesse des collections du musée. J’ai aimé que l’exposition mette en valeur à la fois des objets que l’on s’attend à trouver dans un musée et des objets qui nous semblent beaucoup plus simples ou banals, comme les boules à neige.
En piste ! – exposition temporaire : Une plongée dans l’univers du cirque, des saltimbanques et du spectacle itinérant qui mêle présentation d’objets et extraits de films dans une scénographie dynamique et colorée. J’ai aimé le joyeux fouillis qui donne une impression de fête et la richesse des éléments présentés.
Présentation face catwalk de costumes de scènes de clowns et autres artistes du cirque Exposition En Piste !Le retour du selfie-musée Dans un meuble de l’exposition Populaire ?
Du Vieux Port au Pharo
Le long du port
Pour notre deuxième jour (enfin demi jour pour être exact), nous avions comme objectif de nous rendre au Pharo. Nous avons fait le trajet à pied depuis notre hôtel, situé à une dizaine de minutes du Vieux Port. Nous avons donc comme la veille longé le Vieux Port, et j’ai trouvé ce côté du bassin plus agréable. En effet, on trouve sur ce quai plus de bateaux anciens tandis que de l’autre côté, ce sont plutôt les excursionnistes. Nous avons aussi profité d’une terrasse au soleil (timide) de cette fin de matinée hivernale pour une pause café.
Un matin d’hiver sur les quais du Vieux Port
Nous avions envisagé de nous arrêter visiter l’abbaye Saint Victor sur le chemin. Mais, nous étions dimanche matin, et une messe était en cours quand nous sommes arrivés. Nous avons donc poursuivi notre balade en pensant nous y arrêter au retour. Ce que nous n’avions pas anticipé, c’est qu’une deuxième messe a lieu une demi-heure après la première. Nous n’avons donc pas visité l’abbaye Saint Victor.
Les jardins du Pharo
La balade aux jardins du Pharo vaut surtout pour le point de vue qu’elle offre sur la ville et la mer. En effet, le palais, construit au XIXe siècle, est aujourd’hui un centre de congrès et ne se visite pas (et les autres bâtiments sont occupés par les services administratifs de l’Université Marseille-Aix). Quant au jardin en lui-même, c’est essentiellement une grande pelouse. Par contre, de nombreux bancs face à la mer permettent d’admirer le Fort Saint Jean ainsi que les allers et venues des bateaux à l’entrée du port, et en particulier sur le chenal du Vieux Port.
Le Fort Saint Jean vu de la rive opposéeL’entrée du Vieux Port depuis les jardins du PharoRegarder les voiliers quitter tranquillement le Vieux Port
Nous avons passé un long moment assis au pied du palais du Pharo à profiter du point de vue, avant de repartir pour récupérer nos valises à l’hôtel et retourner à la gare prendre nos trains respectifs.
A noter : La ville n’a pas été un coup de cœur, en dépit de quelques belles découvertes. Je n’ai pas accroché à l’ambiance générale qui se dégageait des lieux que nous avons parcouru. Si je retourne à Marseille, je pense que j’essaierai de visiter des quartiers moins urbains, d’aller sur les îles du Frioul ou dans les calanques. Notre timing un peu serré ne me l’a pas permis cette fois.
Quelques informations pratiques
Ce que j’ai visité à Marseille
Notre dame de la Garde
Si vous souhaitez vous rendre à Notre Dame de la Garde, je vous conseille d’y aller en transports en commun (bus 60 direct depuis le Vieux Port et le MUCEM). Les parkings sont limités en haut et le trajet impose de se faufiler dans les petites rues de la colline. Il est possible de valider un trajet directement dans le bus avec une carte bancaire (un seul voyageur par carte bancaire), d’acheter un ticket avant de monter dans le bus (distributeurs automatiques) ou au conducteur (un peu plus cher).
L’accès au Fort Saint Jean, aux jardins et à la terrasse du MUCEM sont libres.
Le billet du MUCEM donne accès à l’ensemble des expositions, permanentes et temporaires. Il y a plusieurs points de billetterie, dans le bâtiment J4 mais aussi dans le Fort Saint Jean, à côté des différentes entrées. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du MUCEM.
Le site internet du MUCEM indique une durée de visite estimée pour chaque exposition. Elle est cohérente avec le temps que nous y avons passé.
L’exposition En Piste ! est présentée jusqu’au 12 mai 2025.
Les expositions Méditerranées et Populaire ? sont annoncées jusqu’au 31 décembre 2026.
L’impressionnante façade fortifiée de l’abbaye Saint Victor, l’une des plus anciennes de France
L’abbaye Saint Victor
Nous avions repéré la façade fortifiée de l’abbaye Saint Victor depuis le Fort Saint Jean et envisagions de la visiter. Cela aura été le plus grand loupé de ce week-end, comme vous pouvez le lire plus haut. Donc, si vous envisagez de découvrir l’abbaye Saint Victor : renseignez-vous sur les horaires des messes et célébrations !
Où j’ai dormi et mangé à Marseille
Nous avions posé nos valises à l’hôtel Marsiho. Situé à une dizaine de minutes à pied de la gare de Marseille Saint Charles et du Vieux Port, c’était idéal pour pouvoir se déplacer aisément. Bien que situé sur le cours Belsunce, une rue très passante et bruyante en journée, nous n’avons pas eu de souci de bruits indésirables durant la nuit. L’accueil était vraiment très agréable, et le petit déjeuner varié.
Pour nous retrouver à côté de la gare et déjeuner avant de repartir, nous sommes allés au Café l’Ecomotive (2 place des Marseillaises, 1er arrondissement), situé au pied des escaliers de la gare Saint Charles. Cette cantine sans chichi propose une cuisine bio, locale et de saison, ainsi qu’un choix de boissons chaudes et froides et de petits grignotages. C’est l’endroit idéal pour attendre son train, sans l’agitation de la gare.
Pour le goûter, nous avons fait une pause dans la librairie / salon de thé Cup of Tea (1 rue Caisserie, 2e arrondissement), au pied du quartier du Panier. L’établissement propose une cinquantaine de thés, servis en théières de 60 cl, et une sélection de tartes maison. Les tables sont installées entre les étagères de livres pour une ambiance vraiment très cosy.
Pour le diner, nous avons découvert le restaurant TOMA(19 rue Fortia, 1er arrondissement). Dans un cadre chic et moderne, nous avons dégusté une cuisine inventive, pointue et raffinée. J’ai apprécié le concept des petites assiettes à cumuler selon les envies (entrée, viande, produit de la mer, légumes, dessert). Dire que nous nous sommes régalés est un euphémisme. Le restaurant est ouvert depuis quelques mois seulement, mais il a déjà tout d’un grand !
Ce que j’ai rapporté de Marseille
Si je rapporte systématiquement un magnet de mes voyages, proches ou lointains, j’aime aussi revenir avec quelques spécialités locales ou produits artisanaux. Voici donc mes choix à rapporter de la cité phocéenne.
Forcément quand on dit Marseille, on pense savon. Il existe beaucoup de boutiques vendant du savon dans la ville, surtout dans les quartiers touristiques. Je dois avouer que vivant aux portes de la Provence, je trouve aussi des boutiques de savons de Marseille à côté de chez moi. J’avais donc envie de trouver un vrai savonnier marseillais. C’est grâce à l’hôtel (et aux petits savons de bienvenue qu’ils nous ont offert) que j’ai découvert la savonnerie de la Licorne . La fabrique artisanale de savons a reçu le label Entreprise du Patrimoine Vivant, et a son atelier de fabrication à Marseille même. Nous nous sommes arrêtés à la boutique située à côté de la Criée, sur le Vieux Port. Nous n’avons pas eu le temps de visiter le musée du savon de Marseille qui a l’air intéressant si on désire en apprendre plus sur ce produit ancestral.
Côté gourmandises, les navettes de Marseille, ces biscuits secs parfumés à la fleur d’oranger, font aussi partie des incontournables. Plusieurs boulangers et biscuiteries en proposent. Pour ma part, je suis allée au Four des Navettes, juste derrière l’abbaye Saint Victor. La recette est inchangée depuis le XVIIIe siècle quand les navettes permettaient de rassasier les pèlerins qui arrivaient à l’abbaye.
La boutique du Four des Navettes a des airs de boulangerie un peu désuète
J’avais aperçu le château d’Aubenas lors d’une soirée que j’avais passé dans la ville avant de rejoindre des copains pour une journée de découvertes des paysages d’automne en Ardèche. Il était alors fermé pour des travaux de restauration de longue haleine. Il a rouvert au début de l’été dernier, sous la forme d’un centre d’art contemporain. Je n’avais pas eu le temps d’y aller pour la première vague d’expositions présentées. C’est finalement au début du mois de janvier que j’ai profité d’une journée belle mais très venteuse pour aller le découvrir.
La jolie façade du château d’Aubenas avec son toit parsemé de tuiles colorées.
Du Moyen-Âge à nos jours, un château qui évolue
Arrivée en début d’après-midi à Aubenas, je suis allée directement vers le château et j’ai bien fait car cela m’a permis d’assister à la visite guidée patrimoniale. Cette visite permet de découvrir les détails de la construction et de l’évolution du château, mais aussi d’accéder à certaines parties qui ne sont pas visibles en visite libre. La visite commence dans la cour du château. Là, nous sommes au pied du donjon du château fort initial. La cour dessert plusieurs espaces dont d’anciennes salles médiévales en rez-de-chaussée, un escalier de la Renaissance construit en hors d’œuvre et des galeries de la même époque desservant l’ensemble des étages, ainsi qu’un escalier d’honneur du XVIIIe siècle.
La porte d’entrée du château a un très bel heurtoirLook-up depuis la cour, au pied du donjon, et entourée de galeries Renaissance
Avec la guide, nous descendons ensuite dans les sous-sols. Anciens celliers du Moyen-Âge, ils ont ultérieurement servi de prison. Les travaux effectués ont permis de (re)découvrir des graffitis carcéraux, certains datés du XVIIIe siècle et ayant a priori été réalisés par des huguenots emprisonnés après la révocation de l’Edit de Nantes. Ces graffitis sont encore loin d’avoir révélés leurs secrets même s’ils ont déjà été partiellement étudiés.
Graffitis carcéraux figuratifs dans les sous-sols du château d’Aubenas
Nous nous dirigeons ensuite vers les étages. Du XIXe siècle jusqu’il y a peu, le château d’Aubenas, propriété municipale, était occupé à la fois par la mairie et par le tribunal (ce dernier a déménagé en 2014). Au fil des travaux de restauration, des décors datant du XIXe siècle ont été retrouvés, en particulier dans l’ancienne salle des pas perdus. Et la façon dont les inscriptions font référence au Roi des Français permet de dater ceux-ci de l’époque où Louis-Philippe régnait, donc entre 1830 et 1848. Les inscriptions ont ensuite été effacées partiellement au moment de la Deuxième République.
Salle des pas perdus du château d’AubenasLe décor d’origine de la salle des pas perdus de l’ancien tribunal d’Aubenas
Nous empruntons ensuite un escalier moderne, installé lors des derniers travaux pour satisfaire aux normes de sécurité. Il y a eu un véritable parti pris de construire un escalier résolument dans l’air du temps, en métal, bois et verre avec un éclairage très contemporain. Le château continue ainsi à écrire son histoire architecturale et n’est pas un monument figé dans une époque lointaine.
Le nouvel escalier du château d’Aubenas se trouve dans une aile latéraleUn escalier résolument moderne
Le dernier lieu que nous visitons est le donjon. Celui-ci n’est accessible qu’en visite guidée et en petits groupes (nous le visiterons d’ailleurs en deux sous-groupes compte tenu du nombre limité de personnes pouvant y accéder en simultané). L’accès est un peu compliqué car l’escalier, raide et très étroit, se situe dans l’épaisseur du mur. La visite du donjon est donc une expérience à part entière. Une fois au sommet, on domine la ville à 24 mètres de haut. Il n’y a pas de bâtiment plus haut que celui-ci, et le panorama est à 360°.
Du sommet du donjon, on surplombe les toits du château. Certains (dont le donjon) ont été couverts en tuiles vernissées au XVIIe siècle par la famille d’Ornano qui était alors propriétaire des lieux. (L’effet un peu flou est dû au fait que les ouvertures sont toutes grillagées afin d’empêcher les pigeons de venir s’installer)
Petit conseil : depuis la cour, une porte donne accès aux toilettes et à des casiers. N’hésitez pas à la pousser et à descendre les escaliers : vous vous trouverez alors dans les anciennes écuries du château !
Les expositions de l’hiver 2024-2025
Le château d’Aubenas, suite aux travaux de restauration, est devenu un centre d’art contemporain. Il accueille donc différentes expositions qui changent au fil des saisons. Après une première série l’été dernier, c’est donc la seconde série d’expositions qui est actuellement présentée. Je n’ai pas vraiment accroché à cette programmation, et si j’ai bien aimé Dans une rouge clairière, les autres présentations ne m’ont pas convaincue. Même la présentation des photographies de Vanessa Winship n’a pas réussi à me faire entrer réellement dans l’univers de la photographe.
Gérard LattierDans la courVanessa WinshipVanessa WinshipJ’ai pleuré devant la fin d’un mangaJ’ai pleuré devant la fin d’un mangaJ’ai pleuré devant la fin d’un mangaJ’ai pleuré devant la fin d’un mangaDans une rouge clairière par Île/Mer/Froid
(*) Le château est situé en plein centre ville. Les conditions de visite sont détaillées sur le site internet du château d’Aubenas. Vous y retrouverez aussi le détail des expositions en cours. Le château est fermé entre deux périodes d’expositions pour permettre les démontages et installations.
Les expositions présentées jusqu’au 30 mars 2025 sont les suivantes, et correspondent aux photos ci-dessus
Dans une rouge clairière, par le duo Île/Mer/Froid (Hugo Lemaire et Boris Geoffroy)
Gérard Lattier, mythologies ardéchoises
Vanessa Winship, une route sans fin
J’ai pleuré devant la fin d’un manga, exposition collective
Attention, certaines œuvres peuvent heurter les sensibilités et être assez dérangeantes. Il convient donc de se méfier, en particulier si vous souhaitez visiter le château avec des enfants, et de vous renseigner préalablement sur le contenu des expositions au moment de votre passage.
Un petit tour en ville pour finir l’après-midi
En sortant du château, le mistral soufflait très fort. Avec les températures glaciales, cela ne donnait pas très envie de se balader dans Aubenas aussi je suis juste allée prendre un goûter. Si le temps est plus favorable, les ruelles sont jolies et très agréables. Il ne faut pas non plus manquer le point de vue depuis la montée du château, accessible en passant par la porte à gauche de l’entrée du château quand vous regardez la façade. De là, vous dominez la rivière Ardèche qui se faufile.
Par ici, il est possible d’accéder à un joli panoramaLa vue sur la rivière Ardèche depuis la montée du châteauLa place devant le château vue depuis les machicoulis
Pour le goûter, je vous conseille La Fabrique Givrée qui se situe sur la place à côté du château. Leurs glaces sont délicieuses (et idéales aux beaux jours) mais ils proposent aussi des beignets tièdes ou des bâtonnets de gaufre agrémentés d’une boule de glace, un délice parfait même en hiver !
Les semaines passent vite et les week-ends encore plus. Depuis le début du mois de décembre, j’ai fait pas mal de balades autour de la maison. A chaque fois, c’étaient des lieux où j’étais déjà allée et même certains où je me rends très régulièrement. Et même si j’en ai déjà parlé par ici, j’avais envie de partager avec vous quelques images de ces sorties sans forcément de longs discours.
Au pied du Vercors La Baume Cornillane – Drôme – décembre 2024
Monter à Château Rompu sous le soleil
C’est un dimanche matin de décembre que j’ai eu envie d’aller refaire un tour dans les ruines de Château Rompu à Châteaudouble. Cette balade a l’avantage d’être assez courte et donc de pouvoir entrer dans un planning un peu chargé assez facilement. Chez moi, nous étions dans les nuages (de pollution…) mais j’ai trouvé le soleil en m’approchant du village. Je suis montée assez vite le long du chemin baigné de lumière avant de sortir de la forêt au niveau des ruines. De là, il n’y a plus très loin pour arriver à la table d’orientation (un peu abîmée par le temps) et découvrir le panorama sur la plaine de Valence où une mer de nuages avait pris place.
au pied du Vercorsmer de nuagesau dessus du villageapercevoir le châteaumer de nuagesmer de nuagesdans les ruinesmer de nuage sur la plaine de Valencesur la place du village
La Tour de Barcelonne, je l’ai déjà dit, fait vraiment partie de nos promenades classiques. Cette fois, c’est avec Melle 3e que j’y suis allée, en tout début d’année. La météo n’était pas exceptionnelle, mais il y avait moins de vent que lors de ma dernière ascension à la tour de Barcelonne avec Mr 1er. Par contre, je sortais d’un épisode viral assez violent dans les moments de Noël, et j’avoue avoir un peu souffert dans la montée. Je peinais à trouver mon souffle, et j’ai mis certainement le double de temps qu’à l’accoutumée pour arriver au sommet. Malgré tout, la vue d’en haut, comme chaque fois, valait largement la peine.
admirer le paysageapercevoir la tourruines avec vueadmirer la Raye givréeen chemin pour la tour de Barcelonne
Barcelonne – Drôme – janvier 2025
Quelques autres balades autour de Barcelonne et Combovin :
C’est le 1er janvier que j’ai profité d’un rayon de soleil bienvenu pour faire le tour du lac de Beauvallon. C’était sur ma route entre deux déposes/récupérations d’enfants, et après plusieurs jours de grisaille, j’avais vraiment envie de prendre un peu l’air. L’endroit est assez agréable et il est possible de continuer la balade le long des anciens bassins du système hydraulique du parc du château voisin. D’ailleurs, les abords des bassins avaient été débroussaillés, permettant de vraiment bien les découvrir.
Rêver dans le brouillard à Saint Vincent la Commanderie
Le jour où j’étais allée à Saint Vincent la Commanderie pour voir les décorations de Noël, il y avait beaucoup de brouillard. Il nimbait tout le village d’un épais cocon et rendait onirique les scènes de la vie quotidienne. J’ai profité d’avoir avec moi mon appareil photo pour prendre quelques clichés.
Dans le brouillard
Saint Vincent la Commanderie – Drôme – décembre 2024
Admirer une œuvre d’art à Valence
Je l’avais déjà vue plusieurs fois de jour, mais c’est de nuit que j’ai trouvé la sculpture Le Messager de Jaume Plensa la plus belle. Son éclairage est vraiment très réussi et le met parfaitement en valeur. Ce n’est pas vraiment une balade, mais j’aime tellement cette installation que je ne pouvais pas garder ces photos seulement pour moi !
Le Messager par Jaume Plensa – Valence – Drôme – décembre 2024
J’avais passé une journée à Aix en Provence au mois de mars dernier avec Melle 3e. Nous avions alors visité une exposition à l’Hôtel de Caumont. J’avais également repéré la fondation Vasarely, mais cette période de l’art contemporain intéressait moins Melle 3e, et nous n’avions pas le temps pour deux musées / expositions. Début novembre, Mr 1er s’est installé à Aix en Provence pour y effectuer son stage de fin d’études. Alors que j’étais descendue avec une voiture pleine de ses affaires, nous avons profité d’avoir un peu de temps sur place pour aller visiter la Fondation Vasarely.
le centre architectonique
Une architecture hors du commun
C’est par son bâtiment que j’avais repéré la fondation Vasarely. En effet, lorsqu’on passe sur l’autoroute en direction de la Côte d’Azur, on passe au pied de la fondation, et avec son architecture présentant des ronds blancs dans des carrés noirs et inversement, il est impossible de la manquer. Le Centre Architectonique a été conçu dans les années 1970 par Victor Vasarely lui-même afin d’abriter sa fondation. Composé de 16 hexagones, chacun large de 14 mètres, le bâtiment s’inscrit dans un rectangle de 96 mètres par 40. C’est un immense vaisseau à la gloire de l’œuvre, encore en cours de création, de l’artiste plasticien. Le lieu lui-même répond aux critères esthétiques de Vasarely et reprend les codes qu’il a décrits. Il utilise des matériaux modernes,, qui donne aujourd’hui à l’ensemble une allure de décor de film.
Avec son miroir d’eau, le bâtiment aixois de la fondation Vasarely est imaginé comme un château contemporainLa cafétéria entre l’aluminium et les tons gris du skaï des fauteuils semble sortie d’un décor de film futuriste des années 1960L’escalier à double révolution est une interprétation contemporaine de celui du château de Chambord
Des œuvres monumentales
La fondation a été conçue par Victor Vasarely, et sa femme Claire, comme un écrin pour recevoir une quarantaine d’œuvres monumentales (allant jusqu’à 8 mètres de haut pour 6 mètres de large), dites intégrations, du plasticien. La plupart sont mêmes directement assemblées sur place. Elles occupent les alvéoles créées par les hexagones du bâtiment. En passant d’une alvéole à l’autre, on découvre ainsi l’ensemble du vocabulaire de l’artiste. Connu pour son exploitation des couleurs et des formes géométriques, et leur combinaison, l’art de Vasarely joue sur les effets optiques et cinétiques. Ainsi, certaines compositions semblent être en relief alors qu’elles sont bien réalisées à plat, tandis que d’autres semblent se mouvoir. Si l’effet peut être bluffant sur certains petits formats présentés à l’étage, c’est carrément impressionnant sur les œuvres monumentales du rez-de-chaussée.
Alvéole 2Alvéole 8Manifeste sur la couleur et le noir et blancSérie VégaAlvéole 6Tissages traditionnels lituaniens Alvéole 7
Fondation Vasarely – Aix-en-Provence – Bouches-du-Rhône – novembre 2024
(*) La fondation Vasarely est située dans les faubourgs d’Aix en Provence. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site de la fondation Vasarely. Elle est desservie par le réseau de bus d’Aix en Provence, arrêt Vasarely. L’accès au jardin est gratuit. Il présente quelques oeuvres et permet d’admirer le bâtiment du centre architectonique avec son miroir d’eau. Depuis l’arrière du bâtiment, il y a une magnifique vue sur la montagne Sainte Victoire.
Bonus : balade dans le centre-ville d’Aix-en-Provence à l’automne
Nous avons aussi profité du beau soleil de cette journée d’automne pour faire un tour dans les rues piétonnes du centre ville, et flâner un peu sur le marché. La ville est agréable pour se balader, avec ses places et ses fontaines. Nous avons même pu profiter de la place d’Albertas sur laquelle les travaux de réhabilitation étaient terminés.
Incontournable lavandeAix tire son nom du mot latin signifiant « Eaux »Le plaisir de déjeuner en terrasse en novembrePlace d’AlbertasAblutions pour pigeonSous les platanes du cours MirabeauLa vue sur la montagne Sainte Victoire, paysage iconique d’Aix en Provence, depuis le jardin de la Fondation Vasarely
Aix en Provence – Bouches du Rhône – novembre 2024
Depuis la rentrée, j’ai eu plusieurs occasions d’aller à Lyon. Depuis que je n’y vais plus quotidiennement pour le travail, j’y vais quelquefois le week-end pour profiter de la ville. En septembre, j’ai ainsi passé une journée en famille où nous avons fait une grande balade de la Presqu’île jusqu’à Fourvière et une journée entre amis où nous sommes allés à la découverte de la Croix Rousse depuis Perrache. Et en octobre, j’ai enfin pris le temps de découvrir le Musée des Confluences. Si vous cherchez des idées pour découvrir Lyon, j’en ai donc quelques-unes à vous proposer.
Lyon, vue depuis Fourvière. On remarque la cathédrale Saint Jean au premier plan, et la place Bellecour sur la droite.
Autour de la colline de Fourvière
Pour cette balade à la découverte de la colline de Fourvière, nous sommes partis de la Presqu’île où nous avions déjeuné et avons traversé la Saône, profitant de la vue sur le quartier Saint Georges. J’étais accompagnée de Mr 1er, rentré la veille du Canada, et de Melle 3e qui s’apprêtait à faire sa rentrée le lendemain. Nous avons donc choisi de ménager tout le monde et d’emprunter la ficelle, le funiculaire qui monte depuis le Vieux Lyon jusqu’au pied de la basilique Notre-Dame de Fourvière. Mais il est tout à fait possible de monter à pied par l’une des rues pentues ou des escaliers qui partent à l’assaut de la colline. Vous pouvez par exemple passer par les Jardins du Rosaire ou la montée du Gourguillon que j’aime beaucoup.
Le quartier Saint Georges depuis le pont sur la SaôneLa basilique de Fourvière et la cathédrale Saint Jean depuis les quais de Saône, côté Presqu’île
La majestueuse basilique Notre-Dame de Fourvière
Je pense que cela faisait plus de 10 ans que je n’étais pas entrée dans la basilique de Fourvière. Comme je n’y vais pas souvent, je la redécouvre complètement à chaque fois. Sitôt les lourdes portes sculptées passées, on pénètre dans un décor extrêmement riche de mosaïques. Sur les murs et les plafonds, les tesselles racontent des histoires et reflètent les lueurs des bougies. D’un côté, les scènes racontent la relation de Marie à la France et de l’autre le rapport de Marie à l’Eglise. On est forcément impressionné par la richesse et la majesté des décors.
Les portes de la basilique sont ornées de lions monumentauxLa richesse des mosaïques de la basilique s’étale littéralement du sol au plafond
Mais la basilique de Fourvière cache une seconde église. Sous l’église haute, une crypte aux dimensions tout aussi impressionnantes que celles de l’église principale accueille dans une semi pénombre les Vierges du monde entier. Son décor est nettement plus sobre. Dédiée à Saint Joseph, elle avait été pensée pour être l’entrée du sanctuaire, le pèlerin devant prier Joseph avant d’aller vers Marie, de l’obscurité vers la lumière.
Au fond de la crypte, l’autel dédié à Saint Joseph
Le parc des hauteurs, ceinture verte de la colline
Après la visite de la basilique, nous avons pris longuement le temps d’admirer la vue sur la ville depuis la terrasse panoramique et de chercher à retrouver « vu d’en haut », les lieux que nous connaissons. Puis, nous sommes partis en direction de la tour métallique (que certains appellent Tour Eiffel lyonnaise alors qu’il n’y a aucun lien avec le célèbre ingénieur). Au pied de celle-ci, nous avons passé le grand portail qui mène à la passerelle des Quatre Vents. J’avais découvert cette passerelle et sa jolie vue sur la basilique un peu par hasard lors de mon tout premier séjour lyonnais en 1996. Elle était le premier maillon du parc des hauteurs : un cheminement piéton qui fait le tour de la colline. La balade suit à cet endroit le trajet d’une ancienne voie de tramway qui permettait de relier le cimetière de Loyasse à Saint Paul, dans le Vieux Lyon. La promenade longe les jardins de plusieurs couvents et monastères (n’oublions pas que Fourvière est la colline qui prie), et passe en surplomb de l’ancienne piste de ski de la Sarra. On rejoint ensuite les jardins de la Visitation, pour continuer notre balade au vert.
Balade au parc des hauteurs. Faire cette photo m’a amusée car j’en avais fait plusieurs très similaires l’été précédent tout au long de notre voyage au Canada .
Lugdunum, vestiges de la cité gallo-romaine
Avant d’entrer dans les jardins de la Visitation, nous avons fait un léger crochet pour aller jeter un œil aux vestiges de l’aqueduc du Gier. Cet aqueduc servait à alimenter Lyon en eau à l’époque gallo-romaine en captant les eaux du Gier. Construit vraisemblablement sous l’empereur Trajan, peut-être achevé sous Hadrien, l’ouvrage était long de 85 kilomètres et présentait de nombreux aménagements d’envergure. Aujourd’hui, il reste certains de ces aménagements dont un pont-siphon et de nombreuses arches disséminées dans la campagne des Monts du Lyonnais, dont les 72 arches à la sortie du village de Chaponost. Sur Fourvière, on approche de la fin du parcours de l’aqueduc et quelques piles, à moitié englouties dans les constructions environnantes, sont encore visibles.
Vestiges lyonnais de l’aqueduc du Gier
Nous ressortons à l’autre bout des jardins de la Visitation, entrant sur le site des théâtres gallo-romains de Fourvière par un petit chemin boisé. De là, nous dominons à la fois le grand théâtre et l’odéon (un théâtre de plus petite dimension, qui servait aux orateurs). Nous descendons entre les deux monuments, jusqu’à gagner le pavage d’une ancienne voie romaine.
Vue sur le théâtre gallo-romain de Fourvière. Il est utilisé chaque année à la belle saison pour le festival de Fourvière. Sur la droite au milieu, on devine l’une des fenêtres du musée Lugdunum, semi-enterré et qui abrite les collections archéologiques de la ville.
Flânerie dans le Vieux Lyon
Pour redescendre vers les quais et la Presqu’île, nous avons emprunté la montée du Chemin Neuf. Nous avons profité d’une pause au jardin du belvédère pour admirer la vue sur la cathédrale Saint Jean, juste en contrebas. Nous avons ensuite flâné un peu dans le Vieux Lyon, jetant un œil aux devantures des boutiques, faisant quelques achats. Nous avons fini par aller prendre le goûter sur la Presqu’île chez Loutsa, un torréfacteur qui propose quelques gourmandises, avant de prendre le métro pour rejoindre la gare Part Dieu et attraper le train du retour.
Vue sur la cathédrale Saint Jean depuis la montée du Chemin Neuf
A pied, de Perrache à la Croix Rousse
Une autre fois, j’ai profité de la présence de Delphine, une copine à Lyon pour l’y rejoindre avec Charles, un autre de nos copains. Delphine ne connaissait pas du tout la ville et Charles, lyonnais pur souche, avait concocté un programme de découverte sur 2 jours. Je ne pouvais me joindre à eux que le samedi et le programme était de découvrir la Croix Rousse à partir de la place Bellecour, puis de rejoindre Confluence. Comme j’arrivais à la gare de Perrache et que j’étais un peu en avance, j’ai rejoint le lieu de rendez-vous place Bellecour à pied.
La République, sur la place Carnot, en sortant de la gare de Perrache
Balade sur la Presqu’île
Avant de retrouver Delphine et Charles, j’ai commencé par rejoindre le quartier d’Ainay. Cela faisait très longtemps que je n’étais pas allée dans ce coin de Lyon. Autour de la basilique romane Saint Martin d’Ainay, les nombreux immeubles bourgeois datent essentiellement du XIXe siècle quand le quartier est devenu un lieu de résidence privilégié de la grande bourgeoisie lyonnaise. L’église était malheureusement fermée lors de mon passage et j’ai une nouvelle fois regretté de ne pas pouvoir y entrer.
La place devant la basilique d’Ainay
Après nous être retrouvés, nous avons décidé d’un saut au passage de l’Argue pour acheter des parapluies. En effet, la pluie avait décidé de s’inviter à nos retrouvailles, et nous étions 2 sur 3 à ne pas l’avoir prévue. Comme toute notre journée était prévue à pied dans les rues de la Capitale des Gaules, il était impératif de trouver l’équipement adéquat. Nous avons ensuite parcouru les lieux les plus emblématiques de la Presqu’île pour les faire découvrir à Delphine qui n’était jamais venue. Au programme : la place des Jacobins avec sa fontaine, la place des Célestins avec le théâtre et le parking, l’opéra, la place des Terreaux avec la fontaine Bartholdi et l’hôtel de ville…
Le théâtre des Célestins et au premier plan à gauche la lunette qui permet de jeter un œil au miroir tournant du parking souterrain, sans doute l’un des plus beaux parkings que je connaisseLa fontaine des JacobinsL’opéra de Lyon et son agrandissement par Jean NouvelL’arrière de l’hôtel de ville, au pied de l’opéra
Montée sur la Croix Rousse
Depuis la place des Terreaux, nous avons commencé à partir à l’assaut de la colline de la Croix Rousse. Sur les pentes, les immeubles aux hauts plafonds étaient les habitations et ateliers des canuts. Dans chaque appartement, un métier à tisser Jacquard était installé, permettant à l’ouvrier de travailler au tissage des soieries qui ont fait la réputation de Lyon. Ce quartier est, à l’instar du Vieux Lyon, parcouru de traboules qui permettent de traverser les immeubles. Nous avons emprunté l’une des plus célèbres, qui mène à la Cour des Voraces. Elle doit son nom au groupe de canuts à l’origine de plusieurs révoltes ouvrières au cours du XIXe siècle et qui avaient le siège de leur association à cet endroit. Presqu’en ruines, bordées d’immeubles insalubres dans les années 1980, elle a fait l’objet d’une rénovation et d’une remise en état des appartements dans les années 1990 alors que le quartier était encore populaire.
Immeubles des pentes de la Croix RousseL’impressionnant escalier de la Cour des Voraces
Nous avons ensuite continué notre ascension en direction de la place des Tapis et du mur des Canuts. Cette fresque monumentale est la plus grande d’Europe et représente la vie du quartier. Sa première version date de 1987. Elle a été actualisée une première fois en 1997 puis en 2013 afin de coller aux évolutions de la société et de la configuration du quartier. Celui-ci a connu une phase de gentrification importante depuis le début des années 2000. Ancien quartier populaire, les pentes de la Croix Rousse ont vu la proportion de cadres y habitant augmenter de façon significative (presque 2 fois plus que sur le reste de la ville). L’installation de couples et de jeunes familles avec un pouvoir d’achat plus élevé s’est accélérée et la physionomie du quartier a changé en conséquence. On peut ainsi noter un nombre grandissant de friperies, boutiques à vocation culturelle ou encore de coffee shops tendance.
La fresque des canuts
Cela se ressent également dans la présence notable de street-art un peu partout sur les pentes de la Croix Rousse. De nombreux collages et graffiti continuent à envahir les murs. Les escaliers, très nombreux sur les pentes, se parent de couleurs. Ce quartier est devenu à la mode alors qu’il avait mauvaise réputation il y a une trentaine d’années. Je me souviens de la première fois où je suis venue à Lyon en 1996 (pour y faire un stage de 2 mois) : mes collègues m’avaient déconseillé d’aller sur les pentes avec ce commentaire « ça craint ! ». Décidément, les choses ont bien changé depuis.
Les pentes, ce sont des escaliers un peu partout !Et quand on se retourne, on peut avoir de jolis points de vue sur la ville, même un jour de pluieEscalier coloré de la montée des CarmélitesL’escalier Prunelle est le premier à avoir pris des couleurs dans le quartier, en 2015
Après cette balade croix-roussienne, nous sommes revenus sur la Presqu’île pour déjeuner rue Mercière (une rue bordée de restaurants) avant de revenir à pied vers Perrache. Delphine et Charles ont continué jusqu’à la Confluence pendant que je reprenais le train pour rentrer chez moi.
Le musée des Confluences
C’est ainsi que je me suis souvenue que je n’étais encore jamais allée au Musée des Confluences. Peu après, avec Mr 1er et Mr 2e, nous sommes montés à Lyon un dimanche pour déjeuner avec Melle 3e (qui y étudie depuis la rentrée). Comme eux non plus n’y étaient jamais allés, nous avons donc décidé d’aller découvrir le musée en famille. Bien sûr, je connaissais déjà le bâtiment que l’on ne peut pas manquer quand on arrive à Lyon depuis le sud par l’A7 en direction du tunnel de Fourvière. Je l’apercevais aussi régulièrement depuis le train en quittant la gare de Perrache. De près, le bâtiment conçu par l’agence d’architecture Coop Himmelb(l)au ne déçoit pas. Son allure de gros cristal fonctionne bien, et quand on le contourne, on découvre le bassin au dessus duquel il est construit, allusion à la confluence du Rhône et de la Saône toute proche. Je découvrais d’ailleurs aussi la Confluence côté terre après l’avoir découverte il y a un an côté fleuve lors d’une sortie en kayak.
Le bâtiment en forme de cristalUn bassin sous le muséela Confluence, côté terre
A l’intérieur, les zones de circulation, hyper lumineuses, contrastent avec les salles d’exposition aux murs peints en noir. Nous avons essentiellement visité les collections permanentes. Plusieurs immenses thématiques interrogent le monde. La salle des Origines mêle les squelettes de dinosaures et autres fossiles aux mythologies asiatiques, aborigènes et inuit. La salle Espèces s’attache au vivent qu’il soit imaginaire ou réel, entre Sphinx et animaux empaillés. La salle Sociétés porte le regard sur la création technique humaine des origines à nos jours, la mettant en parallèle des ressources naturelles. La salle Eternités s’intéresse au rapport à la mort dans différentes civilisations. Si l’ensemble des artefacts présentés est de qualité, j’ai parfois eu du mal avec les choix de scénographie et de mise en résonnance des objets. Et si la mise en lumière est très bien réalisée, j’ai trouvé que les outils de médiation étaient parfois un peu « légers » et manquant de consistance et j’ai eu du mal à trouver la cohérence scientifique dans le propos tenu (changement de paradigme dans une même salle ou dans une même exposition, sans explication). Sans aucun doute, c’est un musée qui gagne à être visité accompagné d’un médiateur.
papillons et coléoptères – une de mes scénographies préférées dans le muséesculpture du Nunavut, qui nous a rappelé la visite du Musée de l’Histoire du Canadaquelques squelettes de dinosaures, là aussi clin d’œil aux musées canadiensle genre de mise en résonnance qui m’a laissée perplexe : poteries antiques et accélérateur de particulesJeu de miroir pour le SphinxJeu de rayures pour le tigre
Lyon – Rhône – septembre/octobre 2024
(*) Le musée des Confluences propose une exposition permanente et plusieurs expositions temporaires en parallèle. Un arrêt de tramway « Musée des Confluences » se situe pile devant le musée : le trajet est direct depuis les gares de Perrache et de Part Dieu. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site du Musée des Confluences.
L’exposition Play Play Play de photos de William Klein au Musée d’Art Contemporain de Montélimar est proposée depuis déjà plusieurs mois. Plusieurs personnes m’en avaient parlé et j’avais très envie d’aller la voir. Mais je voyais aussi les semaines défiler sans y aller. Alors, j’ai profité d’un changement de plan un dimanche après-midi pour m’y rendre avec Mr 2e. Nous connaissions déjà le MAC de Montélimar pour y avoir déjà vu quelques expositions mais cela remontait déjà à plusieurs années.
« Donnez lui rendez vous au musée » – Ben Souvenir d’une exposition passée
Dès l’entrée, nous avons été frappés par la façon dont les lieux ont été utilisés, dont les perspectives ont été mises en scène pour servir le propos de l’exposition. C’est une rétrospective complète du travail photographique de William Klein qui est proposée : de ses premiers photogrammes non figuratifs, jusqu’à ses photographies parisiennes des années 1990/2000 en passant par ses livres sur New York, Tokyo, Rome ou la Russie, les photos de mode et de sport mais aussi abordant sa période de cinéaste. Nous avons vraiment apprécie cette exposition, tant le choix des œuvres présentées que la façon dont elles étaient mises en scène.
Play Play PlayPhotogrammes de William Klein Le photogramme est une technique où l’on vient directement projeter un objet sur une plaque sensibleQuand la mise en scène répond parfaitement aux œuvresA la lisière de la photo et du graphisme, William Klein a collaboré plusieurs années avec le magazine italien DomusTravail sur le minimalisme photographiqueExhale – New YorkA New York, le photographe expérimente, force le grain, recadre encore et encore…J’ai particulièrement aimé comment William Klein a su retranscrire l’effervescence des rues de TokyoRéférence à Un barbare en Asie d’Henri Michaux, un vieux souvenir de lecture scolaire… (C’est d’ailleurs assez amusant comment les lectures de mes années de prépa reviennent me faire des clins d’œil ces derniers temps…. )Les photos de mode et les contacts peints, œuvre hybride entre la photographie et la peinture mais aussi le cinéma
William Klein – Play Play Play Musée d’Art Contemporain – Montélimar – novembre 2024
(*) L’exposition William Klein – Play Play Play est visible jusqu’au 6 janvier 2025 au Musée d’Art Contemporain de Montélimar. Les informations sur les jours et horaires d’ouverture sont à retrouver sur le site internet de Montélimar Agglo. L’entrée est gratuite pour tous.
Le musée de Valence consacre une exposition temporaire à l’artiste catalan Jaume Plensa, sous-titrée Être là . Cela coïncide avec la mise en place d’une sculpture dans l’espace public, sur la place des Ormeaux, juste devant le musée. Ce choix fait suite à l’invitation qui avait été faite à l’artiste en 1994 par la ville de Valence d’être à l’affiche de la troisième édition de la Biennale « Un sculpteur, une ville ». Jaume Plensa commençait à se faire un nom sur la scène internationale. Il avait alors disséminé 21 portes en fonte dans la ville, ainsi que 21 sculptures dans des vitrines de commerçants du centre-ville. Trente ans après, il revient donc à Valence.
Le Messager de Jaume Plensa est installé entre la cathédrale et le musée.
Le Messager, une œuvre dans l’espace public valentinois
Le Messager s’inscrit dans la lignée des œuvres de Jaume Plensa utilisant les symboles typographiques du monde entier. Accroupi, prenant appui sur le sol grâce à des robustes filaments, il présente une allure aux formes rondes et accueillantes. Il est d’ailleurs possible de se glisser à l’intérieur de l’œuvre. Cette sculpture a été pensé par Jaume Plensa pour être installée à cet endroit, et ses proportions, plus modestes que d’autres œuvres similaires de l’artiste situées en extérieur, adaptées à la physionomie de la place des Ormeaux (lieu choisi par l’artiste lui-même) et des bâtiments environnants. Mêlant des lettres issues des alphabets latin, grec, cyrillique, hébreu, chinois, japonais, hindi et arménien, il symbolise une certaine forme d’universalité du langage. Ouvert, aérien, il ne bloque pas la vue et, la nuit, il éclaire le monde depuis l’intérieur.
Le Messager par Jaume Plensa lors de l’inauguration le 9 novembre 2024
Être là, une exposition en 5 actes
Au cœur du musée, c’est une soixantaine d’œuvres de Jaume Plensa qui attendent le visiteur. Réparties en plusieurs salles, comme autant d’actes, on les retrouve dans les salles d’exposition temporaires mais aussi sur le plateau d’art contemporain, complètement investi par l’artiste. J’ai eu le privilège de pouvoir découvrir l’exposition deux heures avant son ouverture au public et de la parcourir presque seule. J’aimais déjà beaucoup le travail de Jaume Plensa mais le voir ainsi, de près, dans ces conditions exceptionnelles, a été un choc poétique.
Dès la première salle de l’exposition, on entre dans l’univers de Jaume Plensa entre sculptures de lettres et visages doux
Des lettres et des visages
En entrant dans la première salle, on fait face à une autre sculpture de lettres. Au sol, les lettres s’éparpillent comme si elles diffusaient un message. Le métal, brillant, est presque éblouissant. La sculpture est hypnotisante, presque magnétique. Sur les murs, des réalisations issues de la série Shadow (Study). On y retrouve un composition en tressage de lettres, comme autant de tatouages sur les silhouettes dessinées. Face à l’immense sculpture métallique, 3 visages sont taillés dans l’albâtre. La blancheur du matériau fait écho à la douceur des traits juvéniles des visages aux paupières baissées. Cette série, Nest, a un lien de parenté avec Le Sommeil de Rodin ou encore celui de Brancusi.
Jaume PlensaShadow (Study) – Jaume PlensaNest– Jaume PlensaMétal vs pierreJaume Plensa« La sculpture, c’est la meilleure manière de poser une question. » Sculpture de la série Nest– Jaume Plensa
Une évocation des installations de la Biennale de 1994
Plus loin, c’est un retour en arrière sur la Biennale de 1994. Dans de petites vitrines, quelques unes des 21 œuvres qui avaient été disséminées dans les commerces du centre-ville valentinois sont exposées. On y trouve déjà des jeux de lettres, de perspectives et d’ombres. Sur le mur d’en face, quelques portes en bronze de l’installation créée pour la Biennale, et sobrement intitulée Valence, sont alignées. Je n’ai pas réussi à les photographier correctement (j’essaierai de faire mieux lors d’une prochaine visite), mais j’ai aimé l’effet accumulatif et la fausse perspective que cela créait sur le mur.
Plensa in Kreuzberg– Jaume Plensa
De la poésie pure
En montant à l’étage, je découvre White Forest. Cinq visages monumentaux, dont le bronze a été coulé à partir d’un moule issu d’une sculpture sur bois. L’ensemble présente visuellement les défauts, aspérités et éclatements du bois. Recouvert d’une patine blanche, il s’en dégage une impression de pureté extrêmement poétique. De toute l’exposition, c’est sans aucun doute l’œuvre qui m’a le plus touchée. Je n’ai aucune explication rationnelle : je me suis juste laissée entrainer dans la beauté de l’œuvre de Jaume Plensa, qui m’a enveloppée de sa douceur.
White Forest– Jaume PlensaWhite Forest– Jaume Plensa
Ces visages jouent avec l’anamorphose et selon l’angle sous lequel on les regarde changent de volumes. J’étais tellement captivée que j’ai seulement rapidement regardé la série Slumberland accrochée sur les murs. Les traits de cette série à la mine graphite jouent aussi sur l’anamorphose et font écho à ceux de White Forest.
Une déclaration
Sur le plateau d’art contemporain, dépourvu de ses œuvres habituelles, c’est la série Face qui occupe les murs. Des phrases issues de la version anglaise de la déclaration des droits de l’homme des Nations Unies de 1948 encadrent des photos de visages, issues d’anciens manuels de géographie ou d’anthropologie. Le travail de l’artiste prend là une dimension presque politique. Au centre de la pièce, un assemblage de lettres et de symboles en acier brut et sombre semble entrer en résonnance avec les mots imprimés.
Sur le mur du fond, un des tableaux de la série Face– Jaume PlensaDes œuvres d’art contemporain habituellement présentées, seul le grand tableau de Joan Mitchell est resté accroché au dessus de l’escalier.
Une pluie de mots
Silent Rain est ma deuxième œuvre préférée de l’exposition. Des lettres en suspension dans l’air forment des rideaux de mots issus de William Blake, Shakespeare, Goethe ou Baudelaire. Le passage des visiteurs les fait tinter tels des carillons de poésie. Le son est cristallin, parfois à peine audible. Visuellement, les mots volent, s’entrechoquent, se télescopent en créant une nouvelle poésie vibratoire. La lumière crée des reflets mouvants. Les lettres forment un cocon sensoriel apaisant. Le temps n’existe plus complètement.
D’autres œuvres sont présentées dans l’exposition, en particulier des travaux sur papier de Jaume Plensa.
(*) L’exposition Jaume Plensa. Être là. se tient jusqu’au 13 avril 2025 au Musée de Valence. De nombreuses propositions de médiation et d’activités autour de l’exposition sont proposées. Elles sont à découvrir, tout comme les informations pratiques, sur le site internet du musée.
Edit du 01/02/2025 : l’exposition Jaume Plensa. Être là. au Musée de Valence est prolongée jusqu’au 4 mai 2025.
Ailleurs, d’autres œuvres de Jaume Plensa
Ce n’était pas la première fois que je « croisais » le travail de Jaume Plensa. J’avais découvert cet artiste par hasard en 2014. Lors d’un déplacement professionnel à Bordeaux, j’étais tombée sur Sanna, un visage en anamorphose de bronze. Installé dans le cadre d’une exposition temporaire, la sculpture avait ensuite fait l’objet d’une prolongation puis d’une tentative d’achat par souscription qui n’avait pas aboutie. Achetée par un collectionneur privé anonyme, le propriétaire a donné l’autorisation à la ville de la conserver dans l’espace public jusqu’en 2027.
Sanna – Jaume Plensa Bordeaux – Gironde – janvier 2014Nomade – Jaume Plensa Antibes – Alpes Maritimes – mars 2014
Quelques mois plus tard, c’est Nomade, la sculpture monumentale en lettres installée au bout du bastion Saint Jaume à Antibes que j’ai découvert. Installé en 2010, c’est en allant visiter la vieille ville et le Musée Picasso que je l’ai aperçu avant d’aller le voir de plus près. Il faut dire que ses presque 10 mètres de haut, on le voit de loin. A l’époque, accompagnée des enfants, j’avais aussi apprécié le côté ludique de cette œuvre dans laquelle on peut entrer.
Et plus récemment, c’est au Canada que j’ai eu l’occasion de voir deux sculptures monumentales de Jaume Plensa. La première, c’était dans le quartier des affaires de Toronto, lors de notre visite guidée (privée). Notre guide ne connaissait pas l’auteur de cette œuvre, installée au Richmond Adelaide Center trois ans auparavant. Pour ma part, j’ai reconnu au premier coup d’oeil le travail de Jaume Plensa sur les visages et les anamorphoses, et j’ai pu frimer (un peu) en l’annonçant. La seconde, c’était en visitant le Musée des Beaux Arts de Montréal. Dans l’allée qui s’étire entre deux bâtiments du musée, plusieurs œuvres d’art contemporain ont été installées, dont une sculpture de lettres de Jaume Plensa. (Il y a une autre sculpture de Jaume Plensa à Montréal mais je ne l’ai pas vue)
Dreaming – Jaume Plensa Toronto – Canada – août 2023
(*) Concernant l’exposition Jaume Plensa. Être là. au Musée de Valence, j’ai été invitée au vernissage le 9 novembre 2024. C’était un évènement public, gratuit et ouvert à tous, tout comme l’inauguration de la sculpture Le Messsager . Cependant, j’ai aussi pu entrer dans l’exposition avant son ouverture au public, bénéficiant donc d’une invitation un peu particulière de la part de l’équipe du Musée (collaboration commerciale non rémunérée). Je les en remercie vivement, car j’ai eu le privilège de parcourir des salles d’exposition désertes et ai ainsi pu profiter des œuvres de Jaume Plensa dans des conditions exceptionnelles.