[Auvergne] découvrir Issoire et ses environs en 10 lieux

Je m’étais arrêtée à Issoire il y a un peu moins de dix ans en rentrant d’un séjour dans le massif du Sancy. J’en gardais un souvenir flou, celui d’un arrêt plutôt court en début d’après-midi d’une journée estivale. Je me souvenais avoir été impressionnée par l’abbatiale, avoir acheté une glace à emporter, et que nous avions finalement hâte de revenir à la maison. Début juin, j’ai eu une belle occasion de retourner découvrir Issoire. Et cette fois, je suis complètement tombée sous le charme. Je vous invite donc à découvrir Issoire et ses environs à travers 10 lieux.

Une place : la place de la République

Je suis arrivée à Issoire un samedi en fin de matinée. Le marché battait son plein sur la place de la République et dans les rues environnantes. Il faut dire que le marché d’Issoire est le deuxième plus grand du Puy-de-Dôme. Sur les étals : de la charcuterie, des fruits et légumes, et du fromage. J’avoue avoir regretté de ne pas avoir pensé à emporter la glacière car j’aurais bien craqué sur un superbe Saint Nectaire. Je me suis donc contentée d’acheter de quoi pique-niquer le midi.

La fontaine de la place de la République et la maison aux arcades

Je suis repassée plus tard dans la journée sur la place de la République. L’ambiance y était très différente, permettant d’admirer les maisons anciennes et les hôtels particuliers qui bordent les lieux et de profiter de la jolie fontaine en pierre de Volvic. Un peu plus loin, une batacuda se produisait, attirant l’oreille et l’oeil dans une déambulation pleine d’énergie !

Batacuda dans les rues d’Issoire

Une église : l’abbatiale Saint Austremoine

Forcément, passer à Issoire sans aller voir l’abbatiale Saint Austremoine aurait été une terrible erreur (et en même temps, il est compliqué de la louper avec son positionnement en bordure du centre ancien, le long des boulevards, à deux pas de la gare !). J’ai profité de la fin de matinée du samedi pour y entrer avant qu’elle ne soit occupée par une célébration de mariage. Je l’ai trouvée encore plus impressionnante que dans mon souvenir !

L’abbatiale Saint Austremoine fait partie des églises romanes majeures de Basse Auvergne. Avec ses 65 mètres de long pour 17 mètres de haut, elle est aussi l’une des plus grandes. A l’extérieur, son architecture est similaire à ses consoeurs de Saint Nectaire, Orcival, Saint Saturnin et de Notre-Dame-du-Port à Clermont. Témoins inchangés de l’apogée de l’art roman, leurs silhouettes sont caractéristiques avec un chevet en chapelles rayonnantes et des décors de frises polychromes.

Le chevet de l’abbatiale Saint Austremoine d’Issoire

Restaurée au XIXe siècle, l’abbatiale Saint Austremoine est entièrement peinte, nous entrainant dans une joyeuse polychromie. Sa forme est typique des églises de pèlerinage avec une chevet déambulatoire à chapelles rayonnantes. Tout autour du chœur, les chapiteaux des colonnes nous racontent l’histoire de la Passion et la Résurrection du Christ. On peut également découvrir sous le chœur la crypte qui accueille les reliques de Saint Austremoine.

Le choeur de l’abbatiale Saint Austremoine d’Issoire
Le chapiteau de la Cène
Les chapiteaux du choeur

Un parc : le parc René Cassin

Situé en face de l’abbatiale, sur laquelle on a une jolie vue, le parc René Cassin d’Issoire est traversé par la Couze Pavin. Des passerelles permettent de passer d’une rive à l’autre. De nombreux jeux pour enfants mais aussi plein d’endroits pour se prélasser (tables, chaises-longues, bancs..) jalonnent le parc. C’est là que j’ai choisi de m’arrêter pour pique-niquer, assise à une table à deux pas de la rivière.

Vue sur l’abbatiale Saint Austremoine depuis le parc René Cassin

Un belvédère : la tour de l’Horloge

En plein centre d’Issoire, à deux pas de la place de la République, on trouve la tour de l’Horloge. Ce beffroi initialement érigé vers 1480 était alors un symbole du pouvoir municipal. Reconstruit en 1840, sa façade est depuis en pierre de Volvic. Il est possible de monter au sommet de la tour de l’Horloge pour bénéficier d’un panorama à 360° sur les toits d’Issoire et les paysages environnants. Des tables d’orientation situées aux quatre angles de la plateforme permettent de se repérer.

La tour de l’Horloge vue depuis la place de la République
Toits de tuiles et paysages auvergnats depuis le belvédère
Du belvédère, on a en particulier une très belle vue sur l’abbatiale Saint Austremoine

Une exposition : « Vous avez un message »

Le belvédère n’est pas la seule attraction de la tour de l’Horloge. En effet, la tour et le bâtiment voisin ont été aménagés en espace culturel et accueillent des expositions temporaires. Celle qui est actuellement proposée s’intitule « Vous avez un message » et propose d’explorer les moyens et modes de communication au fil des époques et des lieux.

L’exposition est annoncée sur le devant de la tour de l’Horloge

La muséographie de l’exposition est très attrayante, ludique et propose de nombreuses manipulations et expériences à vivre. Les objets présentés sont nombreux et permettent soit de plonger dans l’histoire de la communication, soit de se remémorer de vieux souvenirs. Je partageais cette visite avec des copains et les discussions ont fusé devant l’ancienne cabine téléphonique à pièces ou encore le premier minitel. Nous avons également bien rigolé en jouant aux jeux de mime sur la petite scène comme proposé dans l’une des salles.

J’ai beaucoup aimé l’architecture du lieu et la façon dont il a été exploité pour l’exposition
Objets anciens et références à la culture populaire se cotoient
Cette référence cinématographique m’a beaucoup fait sourire !
(pour ceux qui ne l’ont pas, je donne la réponse en bas de l’article)
Séquence souvenir : j’avais le même téléphone pour jouer quand j’étais enfant
Cette scénographie m’a fait penser au MuPop de Montluçon !

(*) L’exposition « Vous avez un message » se tient jusqu’au 27 août 2023 à la Tour de l’Horloge. Elle est gratuite.

Un escape game : l’Abri

Après la visite de la Tour de l’Horloge, nous sommes partis avec les copains pour une activité ludique. Pour cela, direction l’escape game l’Abri. Nous avons testé la salle des « 5 défis de l’Odyssée ». Comme nous étions nombreux (une douzaine), c’était parfait. En effet, contrairement aux salles classiques d’escape game, les 5 défis de l’Odysée permettent de se répartir sur plusieurs activités : recherche de clés, chasse aux rats, « qui est ce » à travers les indices récupérés, … Pour une première expérience tous ensemble et alors que nous ne nous connaissions pas tous préalablement, nous avons su coopérer et mettre en commun nos compétences.

C’est parti pour un escape game // petit coup d’oeil à la déco de l’Odysée

EDIT du 07/09/2025 – L’escape game L’Abri à Issoire a fermé définitivement

Un coffee shop : le Wake Up Coffee

Après avoir résolu les énigmes, et nous être de nouveau baladés dans le centre ville d’Issoire, il était temps de reprendre des forces. Pour cela, direction le Wake Up Coffe, situé à côté de la gare et en face du parc René Cassin. Le goûter nous a été servi sur le toit-terrasse avec vue sur l’abbatiale Saint Austremoine. Nous avons pu échanger autour de nos impressions et de nos vécus tout en dégustant d’excellentes gâteaux maison (brownie, cookies, macarons, sablés, muffins..) et buvant des jus de fruits frais (avec mention spéciale pour le jus orange/fraise/concombre/basilic).

Wake Up Coffee, 13 bis avenue de la gare, 63500 Issoire

Un des plus beaux villages de France : Montpeyroux

Si l’on prend l’ordre chronologique de mon week-end, il aurait fallu que je commencer en vous parlant de Montpeyroux. Je m’y suis en effet arrêtée alors que j’étais sur la route vers Issoire. Il faut dire que Montpeyroux est littéralement situé à la sortie de l’autoroute. Comme j’avais besoin de faire une pause café, j’en ai profité pour découvrir ce village classé parmi les Plus Beaux Villages de France. J’ai laissé ma voiture à l’entrée du village, au bord d’une carrière d’arkose, cette pierre blonde d’origine volcanique qui a servi à construire les maisons et bâtiments du village.

Suivre les indications

J’ai suivi les panneaux indiquant la direction du fort villageois, le cœur du village ancien. Je suis ainsi montée jusqu’à une petite place sur laquelle se trouvent l’église et la porte d’entrée dans le vieux village. De là, la vue sur le Puy-de-Dôme et les environs est vraiment belle.

Vue sur les environs de Montpeyroux
L’église et l’entrée du fort villageois

Une fois la porte d’entrée du village passée, j’ai parcouru les petites rues encore assez vides à cette heure matinale. J’ai croisé un chat qui faisait une sieste au soleil dans un pot de fleurs en pierre et la scène m’a fait sourire. Je suis allée jusqu’au donjon, mais je n’y suis pas montée (après coup, je regrette un peu car la vue d’en haut doit être superbe). J’ai fini ma balade en prenant un café, confortablement installée sur la terrasse ensoleillée du bar-restaurant.

En passant la porte, entrer dans le village
Sieste féline matinale
Le charme des ruelles de Montpeyroux
Le donjon de Montpeyroux
Café en terrasse

Un château : le château de Parentignat

Après avoir aperçu le château de Parentignat, j’avais très envie de le visiter. J’y suis donc allée en fin de matinée le dimanche. Il faut dire que la bâtisse est impressionnante et qu’en traversant le village, on ne peut pas la manquer. Prolongeant une allée de tilleuls, son jardin à la française s’ouvre sur une vaste façade classique. Parentignat a en effet été construit dans son état actuel (ou presque) au XVIIIe siècle, sur les bases d’une ancienne maison forte médiévale. A cette période de l’année où il y a encore peu de touristes, j’ai eu le privilège de bénéficier d’une visite guidée privée puisque j’étais la seule visiteuse à l’horaire prévu.

La cour d’honneur du château de Parentignat

En environ une heure, j’ai ainsi pu découvrir l’histoire du château, son architecture mais aussi une partie des espaces intérieures et des collections d’art qu’il abrite. En effet, l’un des précédents propriétaires, Georges de Lastic était historien de l’art et collectionneur. Il a ainsi enrichi les collections historiques du domaine avec de nombreux tableaux des XVIIe et XVIIIe siècle, dont de nombreuses scènes de chasse et portraits. La visite se termine par la bibliothèque du XIXe siècle et son système de classification permettant de retrouver facilement l’ouvrage cherché parmi les centaines se trouvant dans les vitrines. J’ai ensuite pris le temps de flâner un peu sur la terrasse du château et dans le parc à l’anglaise.

Jouer avec les reflets
Des agrumes en pots viennent ponctuer le bord de la terrasse (ils sont conservés en orangerie durant l’hiver)

(*) Le château de Parentignat est une demeure privée ouverte à la visite, en visite guidée uniquement. Les horaires et conditions de visite sont détaillés sur le site internet du château.

Une randonnée : la Vallée des Saints à Boudes

Venir en Auvergne et ne pas faire de randonnée était impensable. Aussi, le dimanche matin, j’ai commencé ma journée par une petite boucle assez réputée dans le secteur : la vallée des saints à Boudes. Annoncée selon les sites entre 1h45 et 2h00 de marche (j’ai mis pour ma part plutôt 1h30), elle permet de découvrir plusieurs curiosités géologiques du secteur. Le départ se fait depuis le parking de randonnées à l’entrée du village de Boudes. Bien que vaste, on m’avait prévenue qu’aux beaux jours, il est assez rapidement plein. A 8.30 un dimanche matin de juin, il n’y avait pas encore foule, mais c’est vrai que lorsque je suis repartie, il était déjà bien rempli.

Les indications et le balisage sont très clairs tout au long du parcours

Après avoir traversé le village, une première montée m’emmène à travers les vignes (Boudes est réputé pour son petit vignoble) jusqu’à un croisement d’où l’on peut admirer les environs. Tout au long de la montée, je repère des orchidées sur les bords du chemins, essentiellement des anacamptis pyramidaux et des orchis boucs. Il est tôt mais le soleil bien présent se fait déjà sentir.

Au fil de la montée, découvrir des paysages
Anacamptis pyramidal
Vue sur le vignoble de Boudes

Le chemin me conduit ensuite en sous-bois, et c’est appréciable ! Assez vite, un petit panneau sur la droite m’indique un chemin en aller/retour pour me rendre au vallon des fosses. Le sentier devient plus étroit au fil de la descente, et le sol, trempé des orages de jours précédents, est un peu plus glissants (il faut aussi jouer un peu à éviter les grosses flaques). Le chemin arrive en cul-de-sac sur une plateforme avec un banc, permettant d’admirer ce « Colorado Auvergnat ». De retour sur le chemin principal, je fais un peu plus loin un autre petit aller/retour pour voir le cirque des mottes et ses cheminées de fées. Puis, une plateforme d’observation me permet de comprendre les couches géologiques que j’ai face à moi. Le sentier m’amène ensuite à traverser un pâturage (bien faire attention à refermer les portillons après être passé !). Là, un glougloutement attire mon oreille et je découvre la source romaine de Bard (nommée ainsi car on y a retrouvé des pièces de monnaie datant de l’époque romaine). A travers une petite vasque datant de plusieurs siècles, la source s’écoule en faisant des bulles.

Le vallon des fosses
Le cirque des mottes
Colorado Auvergnat
La source romaine de Bard

J’amorce ensuite la descente vers le village de Bard que je rejoins rapidement. Je fais un détour pour entrer dans le village afin de trouver le point d’eau annoncé. En effet, j’ai oublié ma gourde chez moi en partant en week-end et il fait bien chaud en marchant. Je l’ai un peu cherché : en bas de la rue de la fontaine (qui elle ne coule pas), il y a un robinet à poussoir le long du mur de l’ancien four à pain, à côté de la table de pique-nique. J’observe les hirondelles qui vont et viennent pour nourrir les petits dans les nids. Puis, je prend la direction de Boudes en montant le long des vignes. Le trajet de retour à Boudes me permet d’admirer les points de vues sur les volcans environnants. Avant de regagner le parking, je fais un crochet pour aller voir la jolie petite église romane de Boudes alors qu’un milan noir tourne dans le ciel au-dessus de moi.

A l’entrée de Bard
Vignoble et volcans
L’église de Boudes

(*) Vous pouvez trouve le descriptif du circuit de la vallée des saints de Boudes (ainsi que des variantes) sur les sites de randonnée. Elle est également décrite sur les panneaux dans la halle d’accueil du parking de randonnée. Le balisage est vraiment bien fait et facile à suivre (pour une fois, et ce n’est pas si fréquent, je n’ai manqué aucune bifurcation et n’ai jamais eu de doute sur le chemin à emprunter). Le circuit fait un peu moins de 6 km. Il est plutôt facile, la plus grosse difficulté étant la première montée et son pendant depuis Bard. C’est un circuit très fréquenté. Même tôt et en dehors de la pleine saison, j’y ai croisé pas mal de monde.


La référence cinématographique : La citation avec Eglantine et Mirabelle fait référence au film « Mais où est donc passée la 7e compagnie ? » de Robert Lamoureux, sorti en 1973.


Avec Krakotte, la mascotte d’Auvergne Rhône Alpes Tourisme

Le point de départ de mon séjour à Issoire était un instameet organisé par Pays d’Issoire et auquel je participais en tant qu’éclaireuse pour Partir-Ici.fr. Au cours de cet instameet, nous avons été invités à découvrir les activités suivantes (et j’en remercie l’office de tourisme Pays d’Issoire) :

  • Belvédère et exposition à la tour de l’Horloge
  • Escape Game à l’Abri
  • Goûter au Wake Up Coffee

Les 3 activités ci-dessus m’ayant été offertes, elles constituent donc une « collaboration commerciale » au regard de la loi.
Par ailleurs, j’ai fait seule toutes les autres expériences, visites, activités, payant les droits d’entrée quand il y en avait, ainsi que ma nuit d’hôtel. Mes avis, qu’il s’agisse d’activités où j’ai été invitée ou que j’ai moi même financées, restent toujours libres et sincères.


Pays d’Issoire – Puy-de-Dôme – juin 2023

[Drôme x Ardèche] 3 balades pour les jours gris

Ce printemps a été très pluvieux dans la Drôme. Et la météo n’a pas toujours été très favorable à de longues balades ou à des randonnées. Mais comme il n’était pas question pour moi de ne pas mettre du tout le nez dehors, j’ai fait des petites sorties ces jours gris. Au programme : des villages et de courtes randonnées pas très loin de la maison. Je vous en propose trois exemples ici. Bien entendu, elles sont aussi réalisables par grand beau temps, mais vous pourrez constater à travers les photos que même sous un ciel couvert, elles restent agréables.

Vue sur la forêt de Saoû depuis le Poët Célard

Le Poët Célard, village perché de la vallée du Roubion

J’étais déjà allée me promener il y a quelques années au Poët Célard. Ce village perché au dessus de la vallée du Roubion offre en particulier un magnifique point de vue sur le synclinal de Saoû. Ce jour-là, la pluie menaçait fortement (spoiler alert : je n’y ai pas complètement échappé car elle m’a rattrapée sur la route du retour), et la forêt de Saoû n’était donc pas une bonne option pour une balade. J’ai donc continué ma route jusqu’à l’entrée du village du Poët Célard.

Une fois sur place, j’ai fait le tour du village, passant par les jolies ruelles et calades. Je suis montée jusqu’au château. J’avais espéré pouvoir y prendre un café mais l’hôtel était encore fermé. Tant pis, j’ai arpenté l’ancienne forteresse et ses jardins suspendus, profitant du panorama. J’ai terminé ma balade par un petit crochet au lavoir-fontaine ( #PassionFontaines ).

Le château domine le village
Dans les ruelles du village
Panorama sur le synclinal de Saoû
Dans la calade qui monte au dessus de l’ancienne église
A l’entrée du château
Dominer le village
Depuis l’esplanade du château, vue panoramique sur la vallée du Roubion
Au lavoir-fontaine

Le Poët Célard – Drôme – avril 2023


Romans-sur-Isère, et son ciel de papillons

Après les rubans en 2020, les ballons en 2021 et les feuillages tropicaux en 2022, la ville de Romans a mis en place une nouvelle installation artistique au dessus des rues piétonnes que sont la côte Jacquemart et la rue Matthieu de la Drôme. Cet été, ce sont des papillons multicolores qui viennent égayer les virées shopping en centre-ville.

Je n’ai pas (encore) eu l’occasion de les voir sous le soleil, mais même lorsque la météo est hasardeuse, ils sont plein de pep’s. J’essaierai de trouver un moment un jour ensoleillé pour aller les revoir et capturer la façon dont les couleurs jouent avec le soleil…

Dans la côte Jacquemart
Dans la rue Mathieu de la Drôme
Je n’avais pas souvenir d’avoir déjà vu la fontaine du joueur de flûte en eau.. La sculpture est l’œuvre de Toros qui a signé plusieurs monuments à Romans, à Valence et dans les environs.

Romans sur Isère – Drôme – mai 2023


Soyons, balade à la Tour Penchée

C’est un peu le hasard qui m’a conduite à Soyons. Je partais en effet pour Crussol avec dans l’idée de chercher des orchidées. Par crainte de la foule au niveau du château de Crussol, j’ai bifurqué vers la Tour Penchée de Soyons où je n’étais pas allée depuis très longtemps (a priori ma précédente visite datait de 2017 et de la prise de cette photo). Depuis le parking des grottes, je suis rapidement partie à l’assaut des escaliers puis de la jolie montée qui mènent sur le plateau de Malpas, au pied de la Tour et d’où l’on domine la vallée du Rhône.

En direction de la tour Penchée

Construite au XIIe siècle pour protéger l’abbaye de Soyons, la tour faisait partie d’un ensemble de fortifications plus important. L’ensemble a été détruit au XVIIe siècle par les troupes royales comme bon nombre de fortifications un peu partout en France. La tour a alors pris son aspect penché en raison d’une destruction partielle qui a affaiblit sa base. Depuis, des travaux de sécurisation ont été menés afin d’empêcher son effondrement total…

Bientôt l’arrivée sur le plateau de Malpas
Vue sur la montagne de Crussol
Détails de la tour ruinée
Depuis le pied de la Tour Penchée, on domine la vallée du Rhône

De là, j’avais envisagé de gagner le sommet du Serre de Guercy voisin. On peut en effet y profiter d’une belle vue sur la montagne ardéchoise. Mais, quelques gouttes sont venues me rappeler que la météo était instable et je ne souhaitais pas être sous l’orage au sommet. J’ai donc opté pour la prudence en redescendant vers le parking. J’ai juste fait une pause rafraichissement à la brasserie 3.6.9 située au bord du chemin. Je ne connaissais pas du tout leurs bières, mais j’ai été séduite par leur IPA (alors que ce n’est généralement pas ma bière préférée) et j’ai acheté quelques autres de leurs produits afin de découvrir un peu plus leur univers très aromatique.

Accueil façon ginguette à la brasserie

Soyons – Ardèche – mai 2023

(*) En complément de la balade à la Tour Penchée de Soyons, il est possible de visiter deux grottes situées sur le flanc du Serre de Guercy. La Trou du Renard est une grotte à concrétions calcaires. La grotte de Néron est un ancien habitat de l’homme de Néandertal. Sa visite permet d’en apprendre plus d’une part sur l’archéologie et les fouilles mais aussi sur le mode de vie de celui qui nous a légué une partie de notre patrimoine génétique d’homme moderne et dont la civilisation était plus évoluée que ce que l’imagerie populaire aurait tendance à nous faire croire. Je n’ai pas visité les grottes cette fois car il y avait pas mal à attendre avant la visite suivante et beaucoup de visiteurs déjà, mais je l’avais fait il y a quelques années et j’avais trouvé cette visite vraiment très instructive.

[projet 52-2023] semaine 23 – comme au cinéma

Pour ce thème, comme au cinéma, j’avais d’abord pensé à une séance à la maison, en DVD ou en streaming, pour regarder un film bien installée dans le canapé. Mais je ne savais pas trop comment la mettre en scène pour en faire une photographie réussie. J’ai rapidement envisagé aussi de montrer une vraie séance de cinéma mais je n’avais pas pensé à prendre une jolie photo lorsque j’y suis allée les dernières fois.

Puis, j’ai pensé aux décors que l’on peut découvrir dans les films, à ces lieux que l’on connait et que l’on aperçoit sur l’écran, à ces lieux que parfois aussi on va découvrir après les avoir vus à l’écran. Il y en a pas mal autour de chez moi, par exemple Mirmande et Hauterives que l’on a pu voir dans L’incroyable histoire du Facteur Cheval avec Jacques Gamblin et Laetitia Casta ou le château de Montélimar aperçu dans Kaamelott : Premier Volet d’Alexandre Astier. Il y a aussi les lieux où je suis passée lors de vacances, comme Fort La Latte que l’on peut découvrir dans Vikings avec Kirk Douglas et Tony Curtis ou dans Chouans ! de Philippe de Broca. Mais finalement, mon choix s’est porté sur un lieu que j’ai retrouvé dans un des derniers films que j’ai vus au cinéma. En effet, la Place des Vosges à Paris est utilisée comme décor dans Les Trois Mousquetaires : D’Artagnan, sorti ce printemps en salles.


Pour voir comment cela se passe comme au cinéma chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

NB : je ne serai pas disponible ce week-end car j’ai des activités avec des copains de prévues. Je ne sais donc pas du tout à quel moment j’aurai le temps de venir valider les commentaires qui seraient en modération, mais j’essaierai de le faire au plus tard dimanche soir quand tout le monde sera rentré chez soi !

[Drôme] 4 idées à proximité de Valence pour se balader au printemps

Avec le retour des beaux jours, j’ai de plus en plus envie d’aller me balader. Parfois, j’ai pas mal de temps devant moi et parfois je m’arrête juste un instant sur un trajet, en rentrant du travail ou d’une promenade plus longue ou encore en allant faire une course. Ce sont souvent des lieux que je connais déjà et que j’ai déjà eu l’occasion de vous présenter (quelquefois sur l’ancienne version du blog d’ailleurs). Il en ressort cependant généralement quelques photos (prises avec mon téléphone quand je n’ai pas mon appareil photo avec moi). J’ai eu envie de regrouper ici les balades et sorties impromptues de ces dernières semaines, dans les environs de Valence.


Une fin de journée à Chabrillan

Je rentrais du forum touristique Destination Ardèche au Pouzin et d’une petite balade sur la voie douce de la Payre en remontant la vallée de la Drôme quand la lumière qui baignait le paysage m’a donné envie de m’arrêter en profiter. J’ai donc bifurqué vers le village de Chabrillan. J’avais déjà eu l’occasion de me promener dans ce village perché, enroulé au pied de son ancien château. On y découvre en particulier une vue magnifique sur le synclinal de la forêt de Saoû.

Lumière de fin de journée sur le village perché de Chabrillan dominé par les ruines de son château
Chabrillan fait partie des villages botaniques de la Drôme
La vue sur le synclinal de Saoû depuis le village de Chabrillan

Chabrillan – Drôme – mars 2023


Une visite au Musée de la Chaussure

Nous avons profité d’une course à faire à Romans pour retourner voir le Musée de la Chaussure, librement ouvert dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art. J’avais déjà eu l’occasion de visiter le musée trois ou quatre fois. Ce n’était donc pas une découverte. Mais j’ai apprécié parcourir à nouveau les différentes salles, m’attarder sur l’un ou l’autre des modèles exposés, découvrir les nouveautés aussi. En sortant, nous avons fait un rapide tour dans les jardins, entre deux averses avant de repartir.

J’ai une passion visuelle pour ce couloir que je trouve extrêmement photogénique !
Dans les jardins du Musée de la Chaussure

Musée de la Chaussure – Romans – Drôme – avril 2023

(*) Si vous souhaitez visiter le Musée de la Chaussure, les conditions de visite sont détaillées sur le site internet du musée. Les jours de gratuité y sont également annoncés.


Une soirée à Crest

C’est la perspective d’une séance de cinéma qui m’a conduite à Crest en début de soirée. Entre un diner rapide et l’heure de début du film, il y avait le temps pour une balade dans les ruelles de la ville, tout juste éclairées. L’ambiance à cette heure de la journée y est différente de celle du matin ou de l’après-midi. Le mystère semble plus présent encore. Puis, je suis allée un moment sur la passerelle le long du pont sur la rivière Drôme afin d’admirer le coucher du soleil et de profiter encore un peu de la douceur printanière de cette fin de journée.

Dans les rues de la vieille ville
Au bord de la rivière

Crest – Drôme – avril 2023


Une promenade à Autichamp

Un samedi après-midi ensoleillé, j’ai eu envie de retourner à Autichamp. Ce village perché de la vallée de la Drôme m’avait vraiment charmée lors d’un précédent passage. Une fois sur place, la magie pittoresque des lieux agit de nouveau immédiatement. J’arrive dans le village par le haut. Nous sommes le week-end de Pâques et la porte de l’église est entrouverte. J’y entre, doucement, silencieusement. L’ensemble est simple et paisible. La lumière crue du soleil du midi est filtrée par les vitraux colorés.

L’église du village d’Autichamp

Je me dirige ensuite de l’autre côté de la place, vers le belvédère situé au pied du clocher de l’ancienne église, trop dégradée et remplacée au XVIIIe siècle par l’actuelle église. Là, un chat fait sa sieste à l’ombre. D’abord timide, il finit par s’approcher afin de chercher quelques caresses. Je dois avouer que c’est toujours un plaisir de croiser un chat dans un village. Je l’ai déjà dit mais c’est pour moi typique du Sud et des villages ensoleillés (je n’ai pas souvenir de chats se promenant librement, se prélassant au soleil dans les rues et venant quémander des caresses dans les villages de mon enfance en Bretagne).

L’incontournable chat du village
Coup d’œil au clocher de l’ancienne église
Le belvédère au pied de l’ancien clocher, l’endroit idéal pour faire une pause
Depuis le belvédère au pied du clocher, la vue sur le synclinal de Saoû est somptueuse. De là, on peut aisément s’amuser à faire une lecture de paysage.

Après avoir admiré le paysage en direction du synclinal de Saoû, je continue ma balade au fil des calades. Je descend vers le pied du village en longeant des jardins fleuris. Et j’arrive à la Porte de France, vestiges de l’enceinte du château-fort érigé au XIIIe siècle. Les corbeaux que l’on aperçoit supportaient une bretèche en bois au Moyen-Âge. En continuant à descendre le long de la calade, j’arrive à ce qui est pour moi l’endroit le plus remarquable du village : ses sources. Celles-ci sont captées via des grottes-lavoirs. Le calcaire a fait son œuvre et peu à peu créé un décor de tuf absolument magique. L’eau s’écoule doucement à travers les plantes couvrant le haut de l’alcôve en un plic-ploc extrêmement relaxant. En plein été, l’endroit est en outre d’une fraîcheur inattendue.

Fleurs de pommiers dans les jardins du village
La Porte de France et sa calade
Dans l’alcôve d’un des lavoirs-fontaines, l’eau s’écoule paisiblement en goutte à goutte

Des lavoirs-fontaines, je gagne la route qui surplombe ce qu’il reste des jardins en terrasse de la Renaissance. A cette époque, le seigneur local avait en effet fait construire une série de luxueux jardins à cet endroit, alimentés en eau par les sources du village via un système d’irrigation ingénieux. Une autre grotte-fontaine se trouve d’ailleurs sous l’une des terrasses de ce jardin. Aujourd’hui, la terrasse supérieure n’existe plus car elle a été utilisée au début du XXe siècle pour permettre la construction de la route. Les deux autres terrasses sont actuellement des potagers privés appartenant à des habitants du village (il n’est donc pas possible de les visiter).

De la route, la vue s’ouvre à nouveau vers le synclinal de Saoû. J’emprunte une autre calade pour remonter dans le cœur du village. Je m’attarde sur quelques détails qui ressortent sous le soleil. Je profite encore un peu des lieux, puis je décide de repartir.

Encore ce genre de vue sur le synclinal de Saoû… je ne me lasse pas de l’admirer !
Détails de façade
Un dernier regard au village d’Autichamp et à ses maisons imbriquées avant de repartir

Sur le trajet du retour, je marquerai cependant une petite pause devant la beauté du paysage. Depuis les hauteurs de la campagne entre Autichamp et Chabrillan, c’est tout le sud du Vercors qui me fait face, en particulier la Raye sur la gauche, le pays Diois avec les falaises du Glandasse sur la droite. Quant aux sommets encore enneigés au dessus des Hauts Plateaux, ils contrastent joliment avec les couleurs du printemps dans la plaine.

Sommets enneigés du Vercors et couleurs du printemps dans la plaine
Au delà des champs, au pied du Vercors, le sommet de la Tour de Crest émerge

Autichamp – Drôme – avril 2023

[projet 52-2023] semaine 13 – futuriste

Pour cette 23e semaine, le projet 52 nous emmène dans le futur… ou plutôt nous invite à partager une vision du futur. J’avais pensé à des sujets autour de la science-fiction, mais j’ai eu du mal à concrétiser mon idée. Puis, j’ai repensé à cette matinée passée à l’ESAD de Valence courant février. Le bâtiment à l’allure futuriste abrite les ateliers et espaces d’apprentissage. Il répond à la sculpture monumentale de Mark di Suvero dont les lignes et les couleurs font écho à celles de l’école.

Place des beaux-arts à Valence – un jour gris


Pour voir comment les autres participants nous invitent à regarder le futur, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

NB : Ce week-end des Rameaux va pour moi être bien rempli « dans la vraie vie », aussi je ne sais pas à quel moment j’aurais un instant pour venir voir vos participations, et valider les commentaires qui seraient passés en modération. Mais n’ayez crainte : je les validerai bien dès que possible.

[projet 52-2023] semaine 10 – bulle(s)

Le thème de cette 10e semaine du projet 52 est bulle(s)… Je vais être honnête : j’avais plein d’idées très variées, même si toutes n’étaient pas simple à mettre en œuvre ou photographier.

J’ai d’abord pensé aux boissons à bulles, qu’elles soient avec ou sans alcool (ah.. le plaisir d’une bonne limonade artisanale…). J’ai d’ailleurs bien essayé quelquefois de capter la pétillance dans un verre mais je n’ai encore jamais obtenu de résultat qui me satisfasse vraiment.

J’ai aussi envisagé les bulles de savon, au sens large : bain moussant (mais sans baignoire, c’est compliqué), mousse du liquide vaisselle dans l’évier (mais comment le rendre glamour ?), et bien sûr bulles des jeux d’enfants. Il a bien sûr fallu que la pluie s’invite dans le ciel avant que je n’ai le temps de faire ma photo (mais c’est très bien qu’il pleuve enfin un peu, même si ce n’est pas encore suffisant !).

Il me restait donc les bulles de bande dessinée. J’aime bien lire des bandes dessinées, même s’il y a des styles auxquels je n’ai pas accroché du tout (par exemple les mangas dont je sais qu’il en existe d’excellents et dont mes enfants sont tous de grands lecteurs… je n’arrive pas à apprécier le style du dessin, et ça m’empêche d’apprécier le fond). J’en possède un certain nombre dans ma bibliothèque. Il restait donc à choisir comment les montrer ou quel album présenter. Finalement, mon choix s’est porté sur un album que j’ai depuis assez longtemps : le tome 2 des Chemins de Compostelle de Servais. Dans cet opus, une page de l’action se situe dans le village de mon enfance, et j’aime la façon dont cela a été dessiné, avec pléthore de détails. On y voit même la maison de mes parents !

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Pour voir comment les autres participants ont joué avec les bulles, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[exposition] « Design ! » au centre d’art de Crest

Le centre d’art de Crest propose une nouvelle exposition depuis le début du mois de février 2023. Elle est consacrée au design, à travers une cinquantaine d’objets cultes. On croise ainsi les grands noms du design, ceux auxquels on pense immédiatement : Philippe Stark, Charlotte Pierrand, Arne Jacobsen, Marcel Breuer (le père du Bauhaus), etc. Mais on trouve aussi des objets que l’on connait bien, que l’on peut croiser chaque jour ou presque et dont le designer est souvent resté dans l’ombre.

Explorer le design du XXe siècle

Le design est né avec l’industrialisation de la production des objets. Il répond à la fois à une nécessité de fonctionnalité et à une fonction esthétique, souvent innovante, tout en permettant une fabrication industrielle. Ainsi, on retrouve parmi les objets exposés :

  • le stylo Bic Cristal et le stylo Bic 4-couleurs
  • la cafetière Bialetti
  • la cocotte-minute
  • la machine à écrire Valentine d’Olivetti
  • le verre de cantine Duralex
  • le premier ordinateur Apple
Jouer avec l’ombre de la cafetière italienne Bialetti
Cette machine à écrire est similaire à celle que j’avais enfant… sauf que la mienne était orange !
Iconiques stylos Bic
Le presse-citron Juicy de Philippe Stark, édité par Alessi, très élégant mais au design un peu « raté » puisqu’il n’est pas très efficace pour presser les agrumes..

Au delà des petits objets, il y a également le mobilier. Entre la chaise longue de Charlotte Pierrand et le fauteuil Poang d’Ikea, on peut voir des chaises de Philolaos (déjà aperçues au Musée de Valence lors de l’exposition de 2020 consacrée à l’artiste), la chaise B34 et le fauteil B3 Wassily de Marcel Breuer, la table et les chaises Tulip éditées par Knoll…

Au premier plan, chaise de Philolaos / en arrière-plan, chaise longue de Charlotte Pierrand
Ambiance sixties avec la table et les chaises Tulip d’Eero Saarinen pour Knoll
Chaise B34 (1933) et fauteuil B3 Wassily (1926) de Marcel Breuer
Au premier plan, la table de Theodore Waddell éditée par Cassina utilise une technique de câbles en tension pour déporter la portance entre le sol et le plateau… Mon vrai coup de cœur dans cette exposition. En arrière-plan, le fauteuil Poem d’Ikea, grand frère du fauteuil Poang actuel, et un bureau de Xavier Paulin.

Si l’exposition permet de toucher du doigt l’histoire du design du XXe siècle, j’ai regretté la légèreté des cartels qui ne permettent pas de mettre en avant la complexité de celle-ci. La qualité des objets présentés ne suffit pas à rattraper l’absence de contextualisation (période historique, interactions avec d’autres designers, liens avec les avancées technologiques..) et une mise en place manquant de lisibilité : ce n’est ni chronologique, ni thématique. Cela a amené Melle 3e à la conclusion suivante : « en fait, c’est juste des tables et des chaises »…

Bonus : heure dorée sur Crest

En sortant de l’exposition où nous étions allées en fin d’après-midi, nous avons fait un tour dans les rues de Crest où nous étions pile à l’heure pour admirer la lumière de l’heure dorée sur la tour de Crest et sur la rivière Drôme.

Crest – Drôme – février 2023

(*) L’exposition « Design ! » se tient jusqu’au 30 avril 2023 au centre d’art de Crest.

[exposition] « Théophile-Jean Delaye, un arpenteur du 20e siècle » au Musée de Valence

Le Musée de Valence propose une nouvelle exposition autour d’un artiste local méconnu : Théophile-Jean Delaye. Né à la toute fin du XIXe siècle à Valence, il a ensuite grandi à Tournon et a passé la fin de sa vie à Saint Donat sur l’Herbasse dans les années 1960. Entre temps, il a conjugué son métier de topographe pour l’armée avec son goût pour le dessin et les grands espaces, laissant une œuvre colossale et pourtant méconnue que l’exposition met en lumière.

La cartographie du Maroc

Théophile-Jean Delaye est officier de l’armée française quand il arrive au Maroc (alors sous protectorat français) en 1924. Sa spécialité, c’est la topographie, et sa mission va consister à cartographier le pays. Pour cela, il parcourt les lieux à pied et à cheval, mais il est également un pionnier dans l’utilisation de la photographie aérienne à des fins de cartographie. Il sera également le premier à livrer une carte détaillée du massif du Toukbal, point culminant du Haut-Altas. Il innove également dans la représentation des montagnes en alliant l’utilisation de hachures aux lignes de niveau pour permettre de visualiser les reliefs.

Détail de la carte du massif du Toukbal // vues du même massif

En parallèle des cartes et relevés topographiques, il dessine et peint également des scènes de la vie quotidienne et des paysages du Maroc. Il nous laisse ainsi un témoignage vibrant du Maroc de l’entre-deux-guerres, représentant villes et villages, mais également leurs habitants et les motifs traditionnels s’y associant. Et chaque fois, il légende ses dessins avec précision, indiquant le lieu et l’année.

Paysage marocain // Souk de Tunis
Vue cartographique en élévation

A la fin de sa carrière militaire, il continue à vivre au Maroc. Il participe alors à l’essor du tourisme dans le pays, contribuant à différentes revues et étant très actif dans le club alpin du Maroc. Il dessine aussi des cartes touristiques illustrées à destination de l’office de tourisme dans les années 1950. Il a également été un des initiateurs de la création du parc naturel du Toukbal.

Carte touristique du sud marocain

Les Alpes et les beaux livres

Lorsqu’il revient en France, Théophile-Jean Delaye arpente les paysages alpins qu’il dessine avec la précision du cartographe. Il parcourt essentiellement les massifs des Ecrins, du Vercors et la Chartreuse. Il passe alors ses journées dehors avec son matériel de peinture, parfois à plus de 3000 mètres pour restituer ces paysages.

Chartreuse Vercors – illustré par Théophile-Jean Delaye – édité par Arthaud – 1934

Il participera à l’illustration de nombreux beaux livres de tourisme des éditions Arthaud. Situées à Grenoble, elles se sont spécialisées dès la fin du XIXe siècle dans les récits de voyage, d’exploration et de montagne (ce sont elles qui publieront Premier de Cordée de Frison-Roche). Les premières collaborations entre Théophile-Jean Delaye et Arthaud datent des années 1930. L’artiste illustre alors plusieurs ouvrages sur les Alpes : Oisans, les Routes des Alpes, Vercors & Chartreuse.. Puis, des ouvrages sur le Maroc suivront, ainsi que sur d’autres régions qu’il dessine sans doute d’après photographies. Théophile-Jean Delaye utilisera également ses talents d’illustrateurs pour des livres jeunesse d’aventures dans les années 1950.

L’exposition

Cette exposition au Musée de Valence revient sur l’ensemble des activités de Théophile-Jean Delaye, qu’il s’agisse des cartes auxquelles il a contribué, de ses dessins personnels ou des commandes pour illustration. Elle se termine par l’évocation des premières éditions du festival Jean Sébastien Bach de Saint Donat qu’il a contribué à créer.

Si elle peut intéresser tout le monde, cette exposition ravira particulièrement les adeptes de carnets de voyage, de cartes géographiques et de récits d’exploration. Elle permet aussi d’aborder avec les plus jeunes des notions de cartographie : échelle, représentation,… Et pour les fans de Star Wars, les aquarelles marocaines de Théophile-Jean Delaye sonnent comme une plongée dans les paysages de Tatooine !

(*) L’exposition « Théophile-Jean Delaye, un arpenteur du 20e siècle » est présentée au Musée de Valence jusqu’au 26 février 2023. Elle peut se visiter de façon indépendante des collections présentées dans le musée.

[Yvelines] une journée à la découverte du domaine de Versailles

Entre notre première et notre deuxième journée parisienne, nous avons passé une journée complète à Versailles. Si je connais assez bien le domaine du château de Versailles et la ville car j’ai habité une douzaine d’années à quelques kilomètres, Melle 3e n’en gardait pas vraiment de souvenirs (elle avait 5 ans lorsque nous avons déménagé). Or au printemps dernier, lors d’un voyage pour une compétition sportive scolaire, les profs avaient profité d’une demie-journée sans épreuve pour emmener les élèves découvrir les jardins de Versailles. Elle en était revenue avec l’envie d’en découvrir plus, et surtout de visiter le château.

Vue sur la cour royale à travers la grille…

Pour venir depuis Paris, nous avons pris le RER C à la gare d’Austerlitz (qui était proche de notre hôtel). Arrivées à la gare de Versailles Rive Gauche, qui a été renommée en Versailles Château, nous avons parcouru le chemin jusqu’au château à pied en environ 5 minutes (nous marchons vite, il est généralement indiqué un temps de l’ordre de 10 minutes). Il était encore tôt, et j’avais réservé pour une entrée au château à 10.00. Aussi, nous avons décidé de commencer par un tour dans les jardins.

« A toutes les gloires de la France », frontispice du Musée de l’Histoire de France voulu par Louis Philippe dans les murs du château.

Les jardins du château

Depuis la cour du château, l’entrée des jardins se fait sur la gauche. Nous avons attrapé un café à emporter en passant sous les arcades, puis nous nous sommes dirigées vers le point de vue au dessus de l’Orangerie, en traversant le parterre du Midi et ses bordures fleuries. Là, la perspective avec la pièce d’eau des Suisses (située de l’autre côté de la route, et dont le tour est librement accessible… souvenir de promenades dominicales) m’a toujours beaucoup plu. Les orangers et autres arbres qui prennent place en extérieur l’été étaient en cours de remisage à l’intérieur de l’Orangerie par les jardiniers.

Le parterre du Midi
Le parterre de l’Orangerie et la pièce d’eau des Suisses

Nous avons ensuite continué la promenade dans les bosquets accessibles de ce côté du Grand Canal. En effet, beaucoup de bosquets ne sont accessibles que lors des jours de Grandes Eaux, et par ailleurs, certains étaient en restauration. Cela ne nous a pas empêché de découvrir les bosquets de la Reine et du Roi, le bassin du miroir, le bosquet de la Girandole… Nous profitons des couleurs de l’automne dans les feuillages, et remarquons plusieurs écureuils faisant leurs provisions pour l’hiver.

Au détour d’une allée dans les jardins du château

Arrivées au bassin d’Apollon, à l’extrémité du Grand Canal, nous remontons celui-ci en direction du bassin de Latone. En effet, l’heure tourne et nous devons nous rapprocher de l’entrée du château. (Nous reviendrons un peu plus tard pour l’autre partie des jardins, lorsque nous nous dirigerons vers le domaine de Trianon.) Nous continuons à nous émerveiller de la perspective et de la vue sur la façade (et nous nous disons que cela fera un bel écrin pour les épreuves d’équitation aux Jeux Olympiques de Paris en 2024).

Perspective du Grand Canal, dominée par le bassin de Latone
Le parterre d’eau et la façade du château côté jardins

La visite du château

Je n’avais pas visité le château de Versailles depuis un peu plus de quinze ans, et j’ai été agréablement surprise. Déjà, avec le système de réservation horaire, on n’attend plus devant l’entrée (où autrefois la file pouvait s’étendre sur plusieurs heures). Ainsi, en dix minutes, nous étions entrées et foulions le sol de la cour de marbre. Ensuite, de nouveaux espaces ont été restaurés et ajoutés dans le parcours de visite. Celui-ci se décompose en plusieurs parties : les appartements du Dauphin et de la Dauphine et des filles de Louis XV d’une part et les grands appartements d’autre part, auquel il faut ajouter la visite de l’exposition temporaire qui était consacrée à Louis XV lors de notre passage.

Façade sur la cour de marbre

Nous avons choisi de commencer par les appartements du Dauphin et de la Dauphine et des filles de Louis XV. Ces espaces, récemment restaurés et ouverts à la visite, nous emmène dans les appartements privés des membres de la famille royale. Ils constituent un joli pendant à notre visite la veille de l’Hôtel de la Marine, construit à l’époque de Louis XV pour être le garde-meuble royal. Nous avons la chance de parcourir les différentes pièces sans qu’il y ait trop de monde, et cela rend l’expérience de visite très agréable. De plus, la mise en lumière, imitant un éclairage à la bougie, donne une dimension intimiste aux pièces traversées.

Dans les appartements du Dauphin et de la Dauphine

Après être ressorties dans la cour de marbre, nous prenons la direction des grands appartements. La visite nous conduit à la découvert des appartements du Roi et de la Reine, mais aussi de l’iconique Galerie des Glaces et les salons la desservant. Elle permet également de découvrir la galerie de l’Histoire du Château, la galerie des Batailles, les salles de l’Empire ou encore d’accéder aux espaces abritant l’exposition sur Louis XV.

Sculptures dans la galerie de pierre
Statue de Louis XIV dans le salon de marbre
Galerie des Glaces, côté jardins
Iconique Galerie des Glaces

La foule est plus importante dans ces lieux nettement plus connus. Certains passages, comme l’entrée dans la Galerie des Glaces, forment un goulot d’étranglement. J’avoue avoir moins préféré la visite des grands appartements par rapport à celle des appartements du Dauphin et de la Dauphine. Nous terminons notre visite à l’intérieur du château un peu fatiguées par le monde et le piétinement (ainsi que la distance parcourue !). Il est l’heure de déjeuner et nous avons repéré dans les jardins un snack à proximité du bosquet de la Girandole. Le ciel s’est couvert mais nous espérons pouvoir passer entre les gouttes (spoiler alert : ce ne sera pas le cas ! ).

Le domaine de Trianon

Après un rapide repas, nous avons pris la direction du domaine de Trianon. La pluie était légère et intermittente. Nous avons donc traversé les jardins pour re joindre l’allée de la Reine et l’entrée du domaine de Trianon.

Le château de Grand Trianon

Nous avons commencé par visiter le Grand Trianon. Situé au bout d’un des bras du Petit Canal, il est le plus proche du château. J’ai souvent apprécié le calme et le côté plus informel de Grand Trianon par rapport au faste du château. Nous sommes là dans une maison de campagne, une résidence secondaire et cela se sent.

Salon de Grand Trianon (le mobilier date du 1er Empire)

J’ai aussi beaucoup de souvenirs à Grand Trianon et dans ses jardins. En effet, lorsque nous habitions à proximité de Versailles, le domaine de Trianon était du bon côté pour nous et nous y venions souvent en balade. Nous arrivions par la grille Saint Antoine, laissions la voiture au pied de Grand Trianon, et nous promenions autour (l’accès au domaine de Trianon était alors libre). Ainsi, Grand Trianon est le tout premier château que Mr 1er a visité, et nous avons fait de multiples parties de cache-cache dans les allées des jardins de Grand Trianon. J’espérais donc pouvoir retourner un peu dans les pas de ces souvenirs. Hélas, la météo en a décidé autrement.

Grand Trianon et ses jardins (où l’on retrouve l’attrait de Louis XIV pour le marbre !)

Pendant que nous visitions l’intérieur de Grand Trianon, la pluie s’est mise à tomber assez fortement, venant battre les carreaux et nous incitant à prolonger un peu la visite d’ailleurs. Nous avons même hésité à poursuivre jusqu’à Petit Trianon. Mais je savais que le petit château était proche et qu’il aurait été dommage de ne pas y aller.

Le château de Petit Trianon

Dire que nous nous sommes dépêchées pour rejoindre Petit Trianon est un euphémisme. Et pourtant, nous sommes arrivées dégoulinantes à l’entrée du château. Celui-ci a été édifié sous Louis XV, à la demande de Madame de Pompadour, dans un style « à la grecque » par Jacques-Ange Gabriel (le même architecte que pour l’Hôtel de la Marine). De taille très modeste, on peut visiter l’ensemble des pièces de service au rez-de-chaussée, mais surtout un amusant boudoir dont les fenêtres peuvent être dissimulées par des miroirs escamotables, commandé par Marie -Antoinette.

Le château de Petit Trianon, vu depuis le Temple de l’Amour

Comme nous n’avons pas pris le temps d’admirer les jardins à la française de Petit Trianon, trop occupées à tenter de minimiser notre temps sous la pluie, nous profitons d’être à l’abri pour jeter un coup d’œil en direction du Pavillon Français. Et de nouveau, nous nous posons la question de continuer la visite en direction du Hameau de la Reine, car la pluie n’a pas faibli pendant que nous étions à l’intérieur de Petit Trianon. Nous ferons finalement la même conclusion qu’un peu plus tôt : il serait dommage d’être là et de ne pas aller jusqu’au bout de la visite (et puis, trempées pour trempées.. on n’est plus à ça près !).

Le Pavillon Français à travers les vitres ruisselantes de pluie de Petit Trianon
Le temple de l’Amour dans le jardin de Petit Trianon

Le Hameau de la Reine

L’avantage de se rendre au Hameau de la Reine sous une pluie battante, c’est que les lieux sont presque déserts. Sur le chemin vers le hameau, nous faisons une courte halte au Temple de l’Amour, puis nous prenons les allées tortueuses du jardin à l’anglaise jusqu’au bord du lac. Là encore, nous abordons un lieu où j’ai de nombreux souvenirs. En effet, avant que l’accès au Hameau ne devienne payant et que nos balades nous emmènent à Grand Trianon, c’est au Hameau que nous avons nos habitudes. J’ai ainsi des souvenirs de pas de bébés hasardeux dans les allées, de goûters enfantins, d’observations des carpes depuis le petit pont… Par contre, Melle 3e n’y était jamais allée.

Depuis le petit pont, vue sur le moulin (dont la roue est purement décorative)

Dès notre arrivée aux abords du village, elle m’a fait remarquer quelque chose qui aurait dû me sauter aux yeux depuis longtemps : on croirait se promener dans le décor du village de La Belle et la Bête de Disney ! Et c’est vrai que le Hameau, vision idyllique du monde rural, semble avoir été créé pour être un décor : celui d’une reine en mal de campagne et harassée par les principes rigides de la cour, s’inscrivant dans un mouvement de retour à la simplicité et à la nature (référence bien entendu à Jean-Jacques Rousseau..).

Vue générale sur le Hameau de la Reine

Nous faisons tranquillement le tour des différentes fabriques du village : le moulin, la laiterie, la pêcherie, la tour de Malborough… Les jardinets de chacune des maisons sont coquets et plantés de légumes de saison. Les citrouilles sont de sortie et les poireaux attendent d’être ramassés. Petit à petit, la pluie se calme, mais il est temps de rebrousser chemin.

La pêcherie et la tour de Malborough, au bord du lac

Nous prenons alors le chemin du retour, en empruntant le petit train qui nous dépose sur la terrasse du château (entre la pluie et les kilomètres déjà parcourus, cette petite pause est bienvenue), avant de regagner la gare de Versailles Rive Gauche et de là, Paris.


Informations pratiques :

  • Il existe des billets combinés permettant de visiter le château de Versailles et le domaine de Trianon (ce dernier n’est pas ouvert le matin). Il est possible de ne visiter que l’un ou l’autre. La réservation d’un créneau horaire pour la visite du château est obligatoire et compte-tenu de la demande, il est préférable d’anticiper et de le faire en ligne avant de venir. Les accès au château et au domaine de Trianon sont gratuits pour les moins de 18 ans et les moins de 26 issus de l’UE. L’accès aux jardins du château est gratuit en dehors des jours d’animation (Grandes Eaux et Jardins Musicaux). L’accès au parc est libre. Toutes les informations sur les horaires et les tarifs sont à retrouver sur le site internet du domaine de Versailles.
  • Versailles est desservie par 3 gares principales depuis Paris : Versailles Rive Gauche Château via le RER C, Versailles Rive Droite depuis Saint Lazare et Versailles Chantiers depuis Montparnasse. La gare la plus proche du château est Versailles Rive Gauche, mais depuis le domaine de Trianon, les gares Rive Gauche et Rive Droite sont à peu près à la même distance. Les 3 gares sont à moins de 20 minutes à pied de l’entrée du château.
  • Une journée à la découverte du domaine de Versailles, c’est avant tout beaucoup de pas effectués ! Nous avons estimé la distance totale parcourue lors de cette journée (incluant le trajet jusqu’à la gare d’Austerlitz et retour) à presque 20 km !
  • Dans le parc, il est possible de louer des voiturettes de golf, mais c’est relativement cher. Par ailleurs, un petit train dessert la terrasse du château et le domaine de Trianon dans les deux sens. Nous l’avons pour notre part emprunté dans le sens du retour (tarif spécial si on ne fait que le retour vers le château).

[Paris] deux jours de découvertes parisiennes – partie 2

Après une première journée parisienne bien remplie, suivie d’une journée à Versailles, nous avons continué nos balades et découvertes dans la capitale avec Melle 3e. Bien que n’ayant pas mis de réveil à sonner, nous nous sommes réveillées assez tôt. Nous avons donc rendu la chambre d’hôtel tout en laissant nos valises à la bagagerie de celui-ci afin d’être totalement libres dans nos déplacements du jour. Et nous sommes parties en direction de la place de la Bastille pour trouver un café où prendre un petit déjeuner (un de mes plaisirs parisiens est de prendre un café avec une tartine dans un café !).

Au bord de la place de la Bastille, le port de l’Arsenal et ses bateaux à l’amarrage

Bastille et le Marais

Nous avons ensuite jeté un œil au port de l’Arsenal, un endroit assez peu connu des touristes et que j’aime bien. Au pied de la colonne de Juillet, le bassin de l’Arsenal fait la jonction entre la Seine et le canal Saint Martin. Ancien port de marchandises, c’est maintenant un port de plaisance. Puis, nous avons traversé la place de la Bastille en direction du Marais. Je souhaitais en effet montrer à Melle 3e la place des Vosges, qui est pour moi la plus belle place de Paris (elle est d’ailleurs la place la plus ancienne de la ville). Comme il était encore tôt, les commerces n’étaient pas ouverts et nous avons pu profiter du calme dans le square central. Nous avons ensuite fait un tour dans les rues adjacentes, admirant quelques jolies façades au passage.

Dans le square de la place des Vosges, tôt le matin
Sous les arcades de la place des Vosges
Unité architecturale de la place des Vosges

Nous avons ensuite pris la direction de l’Hôtel de Ville avant de traverser la Seine pour rejoindre l’Île de la Cité. Après avoir jeté un œil à Notre Dame (en travaux suite à l’incendie d’avril 2019), nous nous sommes retrouvées face au Palais de Justice où nous avons décidé de visiter la Conciergerie et la Sainte Chapelle.

La Seine et l’Île de la Cité

La Conciergerie et la Sainte Chapelle

La Conciergerie et la Sainte Chapelle sont toutes les deux situées au cœur du Palais de Justice. En arrivant, lorsque nous avons vu la file d’attente pour la Sainte Chapelle, nous avons initialement renoncé à la visiter, nous reportant sur la Conciergerie (où il n’y avait absolument aucune attente par contre, peut-être parce qu’il y avait un périmètre de sécurité et qu’il fallait passer par un point de filtrage tenu par des CRS… ). J’avais déjà visité la Conciergerie il y a une vingtaine d’années et j’en gardais un souvenir assez mitigé : les lieux étaient intéressants mais peu mis en valeur et il y faisait sombre et humide.

L’expérience cette fois a été toute différente. L’éclairage a été revu, et le palais gothique est vraiment mis en valeur. Les salles liées à l’utilisation des lieux comme prison, en particulier lors de la Révolution Française, ont été repensées de façon instructive. Nous avons trouvé particulièrement intéressantes une salle dont les murs ont été recouverts par les noms de toutes les personnes jugées par le tribunal d’exception durant la Terreur qui met en exergue d’une part leur origine sociale (noblesse, clergé, tiers-état) et d’autre part s’ils ont été ou non condamnés à mort (et la plupart n’ont pas été condamné à mort, ce qui va à l’encontre de ce qui pouvait ressortir comme impression de mes cours d’histoire lorsque j’étais à l’école). Une table de médiation numérique permet en outre d’obtenir une biographie et les éléments de la condamnation de chacun de ces prisonniers. Par ailleurs, dans la cour, une exposition sur les femmes dans la Révolution retrace au travers du portrait de quelques-unes d’entre elles (dont Charlotte Corday, Olympe de Gouges ou encore Lucile Desmoulins), les façons dont elles se sont impliquées et les multiples facettes des valeurs qu’elles ont défendues.

Nous avons aussi beaucoup apprécié l’histopad prêté pour la visite. Ce dispositif de médiation numérique permet de visualiser les salles telles qu’elles étaient à différentes époques de l’histoire en mode « réalité virtuelle », mais aussi de se déplacer dans des salles inaccessibles ou aujourd’hui disparues. La cinématique, proche de celle d’un jeu vidéo, est très attractive et ludique. Enfin, une installation temporaire d’art contemporain était présentée dans la grande salle. Entre les piliers et sous les voûtes gothiques, des sculptures de sable ont été créées. Leur couleur se confond avec celle de la pierre. Leur réalisme est bluffant. Piliers effondrés, couettes et matelas, chiens de garde sommeillant nous plongent dans ce Sleeping Chapter du tryptique Outremonde de Théo Mercier. Nous sommes restées un long moment à admirer l’ensemble, aux frontières entre rêves et réalité.

Outremonde – Sleeping Chapter par Théo Mercier à la Conciergerie
Outremonde – Sleeping Chapter par Théo Mercier à la Conciergerie
Outremonde – Sleeping Chapter par Théo Mercier à la Conciergerie

Comme nous avions pris un billet jumelé Conciergerie/Sainte Chapelle, nous avons tout de même fait la queue pour visiter ce joyau de l’architecture gothique flamboyante. Si la Sainte Chapelle de Paris fait certainement partie de ces monuments à voir, je crois que son côté très instagramable et sa popularité sur les réseaux sociaux en font un lieu très prisé des touristes. Ainsi que ce soit avec un billet « prioritaire » ou en ayant réservé un créneau horaire, il est difficile d’attendre moins d’une heure pour y accéder (et je n’ose pas imaginer le temps d’attente si on n’a pas de billet). Si on fait un ratio temps d’attente/temps de visite, celui-ci n’est clairement pas favorable ! Pendant que nous attendions, je me faisais la réflexion que si les réseaux sociaux conduisaient à des surfréquentations de lieux naturels, c’est aussi le cas pour les monuments. Et si la Sainte Chapelle est magnifique, nous avons pour notre part trouvé nettement plus riche, instructive et intéressante la visite de la Conciergerie voisine (mais qui n’étant pas aussi visuellement impactante trouve un écho moins puissant sur les réseaux sociaux).

Dans la chapelle basse de la Sainte Chapelle de Paris
L’effet « waouh » en entrant dans la chapelle haute (et qui justifie sa popularité sur Instagram !)
Plus de 1000 vitraux composent le décor de la chapelle haute
Un joyau de l’architecture gothique..

Après ces visites, la matinée était terminée. Il était temps de traverser la Seine pour rejoindre le Quartier Latin afin de trouver un petit restaurant pour déjeuner…

Avant de quitter l’Île de la Cité, nous sommes passées par la place Dauphine, au charme très « parisien »

Le musée Rodin

Notre destination suivante était le musée Rodin, dans le 7e arrondissement, à proximité des Invalides. Nous avons donc pris le métro pour quelques stations. Là encore, il s’agit d’un musée que j’avais visité il y a une vingtaine d’années. J’en gardais un joli souvenir et celui-ci n’a pas été démenti. Situé dans l’hôtel de Biron, le musée Rodin fait suite au legs par l’artiste de l’ensemble de ses œuvres et biens à l’état en 1916 (sous réserve de pouvoir y résider jusqu’à la fin de sa vie, et que l’Hôtel de Biron soit transformé en un musée lui étant consacré). Le legs contenait également les droits d’auteur et le musée est toujours le dépositaire du droit moral de l’artiste. Lors de notre visite, une exposition temporaire présentait la passion de Rodin pour les antiquités égyptiennes et les liens de celles-ci avec ses propres œuvres.

Mais la richesse du musée Rodin, c’est l’exposition de nombreux bronzes, marbres et plâtres représentant l’ensemble de l’œuvre du sculpteur et permettant de comprendre son processus de création. Je reste chaque fois impressionnée par la puissance qui ressort de ses sculptures, ainsi que par le détail de celles-ci. Le musée permet également de découvrir quelques tableaux ou sculptures d’autres artistes ayant appartenu à Rodin. Une salle est ainsi consacrée au travail de Camille Claudel, élève et maîtresse de Rodin. Elle a pourtant su faire naître son propre style, tout en finesse et délicatesse, flirtant sur le fil des fragilités humaines. Après les salles du musée, nous avons bravé une averse (dont nous nous sommes abritées sous les branches d’un marronnier centenaire) pour découvrir les sculptures monumentales installées dans le jardin.

L’Hôtel de Biron, côté jardin
L’Âge d’Airain – bronze d’Auguste Rodin – 1877
Le Baiser – marbre d’Auguste Rodin – 1882
Le Penseur – bronze d’Auguste Rodin – 1880 (taille originale de 70 cm, la version monumentale sera pensée en 1903)
La Valse – bronze de Camille Claudel – 1893

Le musée de Cluny

En sortant du musée Rodin, et comme il était l’heure du goûter, nous sommes retournées dans le Quartier Latin où nous avions repéré un café Pierre Hermé. Nous avions en effet envie de déguster une bonne pâtisserie et nous n’avons pas été déçues ! Après cela, la météo était toujours incertaine et il nous restait encore quelques heures avant de prendre le TGV du retour. Aussi, nous avons décidé de visiter un dernier musée. Notre choix s’est porté sur le Musée de Cluny, musée national du Moyen-Âge, car il était tout près de là où nous étions.

Installé dans un ancien hôtel particulier de la fin de Moyen-Âge et sur les anciens thermes de Lutèce, le musée de Cluny a été repensé en 2018. Il héberge de riches collections d’art couvrant toute la période du Moyen-Âge en Europe. Je ne sais pas dire si c’est parce que nous étions un peu fatiguées (j’avoue que j’ai profité plusieurs fois des bancs dans le musée car mes jambes commençaient à en avoir marre de me porter après 3 jours à plus de 15 km dont une partie en « piétinant »…) ou si parce que les explications des panneaux et cartels étaient insuffisantes, mais nous n’avons pas compris la muséographie qui ne nous a semblé ni vraiment chronologique ni vraiment thématique. Nous avons donc eu un problème de lisibilité de la collection présentée. Malgré tout, nous avons pu admirer des œuvres très intéressantes, dont les fameuses tapisseries de la Dame à la Licorne.

Dans la cour de l’hôtel médiéval de Cluny
Joyau de l’hôtel de Cluny, la chapelle de style gothique flamboyant dont la voûte repose sur un unique pilier central
Têtes de chapiteaux médiévaux
Vierge à l’enfant – la douceur des expressions des sculptures médiévales a quelque chose d’émouvant
Sainte Barbe
A mon seul désir – l’une des 6 tapisseries de la Dame à la Licorne


Notre séjour parisien se termine. Il nous faut retourner chercher nos valises puis prendre le train pour rentrer. Nous avons noté encore beaucoup de lieux où nous aimerions aller, et nous prévoyons déjà un futur séjour parisien…

Quais de l’Île de la Cité

Informations pratiques :

  • Conciergerie, 2 boulevard du Palais, Paris 1er (dans l’enceinte du Palais de Justice, présence possible d’un périmètre de sécurité) – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE) – possibilité de billet jumelé avec la Sainte Chapelle
  • Sainte Chapelle, 8 boulevard du Palais, Paris 1er (dans l’enceinte du Palais de Justice, présence possible d’un périmètre de sécurité) – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE) – possibilité de billet jumelé avec la Conciergerie
  • Musée Rodin, 77 rue de Varenne, Paris 7e – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE)
  • Musée de Cluny, 28 rue du Sommerard, Paris 5e – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE, tarif réduit pour les personnes accompagnant un mineur)