J’avais repéré l’exposition Etretat, par-delà les falaises au Musée des Beaux Arts de Lyon avant même son ouverture fin novembre. Il était hors de question que je ne la visite pas tant l’affiche était alléchante, promettant Courbet, Monet et Matisse. Décembre étant toujours un mois très occupée, je l’avais notée dans mon agenda pour début janvier. C’est donc il y a une dizaine de jours que j’y suis allée, montant exprès à Lyon. Et je n’ai pas été déçue !
Une exploration chronologique
Les précurseurs
L’exposition propose un parcours chronologique du XVIIIème au XXème siècle afin de montrer la représentation d’Etretat dans l’art. La toute première représentation est datée de la fin du XVIIIème siècle et semble avoir été créé à des fins publicitaires. Etretat est un village de pêcheurs, difficile d’accès, et il met longtemps à attirer les artistes. Une première vague de peintres s’installe à Etretat à la suite d’Eugène Isabey, un peintre de marines qui réalise là des aquarelles « sur le motif » (c’est à dire, en posant réalisant ses dessins et peintures face au paysage à représenter). Nous sommes dans les années 1820 et progressivement, d’autres artistes viennent à Etretat. Ils sont issus des courants classiques et romantiques, comme les peintres Johann Wilhelm Schirmer et Eugène Delacroix mais aussi l’écrivain Victor Hugo qui fait quelques croquis des falaises dans un carnet de voyages en Normandie. Un peu plus tard, c’est Camille Corot qui fait un séjour à Etretat. Il y peint des scènes plutôt campagnardes.
Aquarelles d’Eugène IsabeyTableaux de Camille Corot
Un village prisé par les intellectuels
En parallèle, le village de pêcheurs se transforme sous l’influence de la mode des bains de mer. Et à partir des années 1850, Etretat devient un lieu de villégiature. Moins mondaine que d’autres stations balnéaires de la côte normande comme Deauville, Etretat se dote d’un caractère beaucoup plus artistique et intellectuel. Le village va bientôt attirer les peintres stars de l’époque : Gustave Courbet et Claude Monet. Dans leur sillage de nombreux autres artistes viendront peindre les paysages d’Etretat. Parmi eux, on note Eugène Boudin, Gustave Caillebotte, Félix Vallotton, Georges Braque, et Henri Matisse.
Eugène Le Poittevin prend comme inspiration la mode des bains de mer, mais aussi la vie des pêcheurs.Gustave Caillebotte / Félix Vallotton / Georges Braque
Les grands maîtres à Etretat
Gustave Courbet, les falaises et les vagues
C’est à la fin de l’été 1869 que Gustave Courbet séjourne pour la première fois à Etretat. Il est déjà connu, en particulier pour ses paysages de bord de mer, et à cette période, il a besoin d’argent. La célébrité du site lui assure de pouvoir vendre facilement les tableaux qu’il réalisera. Il s’intéresse d’abord aux falaises et en particulier à la falaise d’Aval qu’il voit depuis l’atelier qu’il loue. Il prépare en particulier un grand format représentant la Porte d’Aval. Mais la météo va venir l’inspirer encore plus, sous la forme d’une tempête violente. Il restitue les vagues, leur façon de rouler, et leurs couleurs sombres dans le tableau La Vague qui sera présenté au Salon de Paris en 1870. Avec La falaise d’Etretat, après l’orage, son autre tableau présenté au même salon, ce sera l’un des plus grands succès de sa carrière. Il réalisera d’ailleurs plusieurs tableaux sur le même sujet que La Vague jusqu’à la fin de sa vie.
La Vague – Gustave CourbetLa Falaise d’Etretat, près l’orage – Gustave Courbet
Claude Monet, les impressions
Entre 1869 et 1869, Claude Monet loue une maison à Etretat avec sa famille. C’est là qu’il réalise un tableau ambitieux, au format « portrait », rompant avec les conventions de représentation des scènes de vie. Le Déjeuner montre sa compagne à table avec leur fils Jean, tandis qu’une domestique en arrière plan s’assure du bon déroulé du repas et qu’une visiteuse avec une voilette s’appuie contre la fenêtre. Mais c’est dans les années 1880 que Monet viendra séjourner à plusieurs reprises à Etretat, essentiellement en automne ou en hiver. Là, il peint et dessine les falaises, dans les lumières changeantes, posant les bases du mouvement de l’impressionnisme. Chaque œuvre est commencée en plein air. Maupassant décrit alors Monet comme un chasseur d’impressions, menant de front plusieurs tableaux selon les effets de la météo et du moment de la journée sur la lumière. En tout, ce seront presque 80 toiles que Monet créera dans les paysages d’Etretat.
Le Déjeuner – Claude MonetAu premier plan : Etretat, l’Aiguille et la Porte d’Aval – Claude Monet En arrière plan : Chaumière normande – Claude Monet, sans doute mon tableau préféré de l’exposition avec ce beau jeu de reflets dans la mare (et dont je m’aperçois en rédigeant cet article qu’il n’est pas sans rappeler la palette de couleurs de la représentation du Jas de Bouffan par Cezanne qui avait été mon coup de cœur de l’exposition de l’été dernier à Aix en Provence)
Henri Matisse, au début du XXème siècle
C’est en 1920 qu’Henri Matisse séjourne à deux reprises à Etretat au cours de l’été. Il y accompagne sa fille Marguerite, convalescente. Les tableaux de son séjour avec Marguerite sont essentiellement des scènes d’intérieur où le paysage se voit à travers une fenêtre. Un peu plus tard, il s’intéresse au motif des falaises. Son travail se distingue de celui de ses illustres prédécesseurs par l’utilisation d’aplats de couleurs. Le trait est simplifié, les formes sans détails. Il créera aussi plusieurs natures mortes de poissons fraichement pêchés et peints sur la plage.
Intérieur, Etretat – Henri MatisseDessin à l’encre de chine – Henri Matisse
La photographie
En complément des représentations dessinées, ou peintes, l’exposition propose aussi une brève approche de la façon dont Etretat a été photographié. On découvre ainsi de nombreuses vues prises par Alphonse Davanne dans deux séries, l’une datée de 1852/1853 et l’autre de 1862. La photographie est alors un loisir réservé aux familles aisées qui en explorent les possibilités. Les clichés sont un mélange entre témoignage des paysages et photos de famille. Avec l’essor du tourisme à Etretat, on voit apparaître les cartes postales, reproduction mécanique de photographies. Enfin, l’exposition s’achève sur de grands formats contemporains, de Balthazar Burkhand, venu en 1995 sur les pas de Courbet saisir les vagues, et de Elger Esser qui, en 2000, suit les traces de Maupassant à Etretat.
L’effet visuel de l’escalier avec juste l’accroche des explications sur la salle au dessus était très théâtralA gauche : photographies d’Alphonse Davanne A droite : album photo présentant des vues d’Etretat
Exposition Etretat, par-delà les falaises Musée des Beaux Arts de Lyon Janvier 2026
Avis et informations pratiques
Ce que j’ai pensé de l’exposition
L’exposition est très agréable à parcourir. J’y étais un samedi matin à l’ouverture, et il y avait relativement peu de monde. Je suppose qu’en milieu de journée, la densité de visiteurs doit être plus élevée. Je vous conseille donc de choisir avec soin le moment où vous y allez. Les salles sont assez grandes pour bien voir les œuvres présentées, et prendre le recul nécessaire.
Les cartels sont très intéressants et apportent un très bon niveau d’information, sans être compliqués ou pédants. N’hésitez pas à les lire, ils permettent vraiment de comprendre la façon dont Etretat est devenu iconique. Il y a aussi à disposition un parcours de visite ludique pour les enfants.
L’exposition tient les promesses de son affiche. Les trois grands maîtres annoncés (Courbet, Monet, Matisse) sont bien présents, avec chacun leur salle et de nombreuses œuvres présentées. Ils sont par ailleurs, vous l’aurez compris, très bien accompagnés d’autres artistes.
Il m’a fallu environ 1h15 pour parcourir cette exposition.
Quelle que soit la saison, le jardin du Musée des Beaux Arts de Lyon est un havre de paix
Informations pratiques
L’exposition Etretat, par-delà les falaises se tient au musée des Beaux Arts de Lyon jusqu’au 1er mars 2026. Les informations pratiques sont disponibles sur le site internet du musée. Il est conseillé de prendre son billet en ligne avant de venir. Cela permet d’éviter la file d’attente à la caisse, et de s’assurer de pouvoir rentrer.
L’exposition sera ensuite présentée du 19 mars au 5 juillet 2026 au Städel Museum de Francfort-sur-le-Main (Frankfurt am Main), sous le titre Monets Küste. Die Endeckung von Etretat (La côte de Monet. La découverte d’Etretat).
Ayant longtemps travaillé à Lyon, j’évitais au maximum d’y retourner le week-end. C’est dommage car c’est une ville qui offre beaucoup de possibilités, tant à la découverte du patrimoine qu’en terme de propositions culturelles. Depuis bientôt 2 ans que je n’y vais plus quotidiennement, je prends plaisir à y aller me balader de temps à autre. Cette fois, c’est un cadeau gagné lors d’un concours à la rentrée qui m’a donné l’occasion d’aller jusqu’à Lyon. Mon lot comportait en effet une visite guidée du Vieux Lyon, et un repas dans un bouchon lyonnais. J’ai ajouté à ce programme la visite de l’acte 4 du Festival AiRT de Famille dans l’après-midi.
Vue sur la basilique de Fourvière depuis le côté de la cathédrale Saint Jean
Une visite du Vieux Lyon
Un coup d’œil à la cathédrale
J’ai commencé la journée par la visite du Vieux Lyon, avec une guide de l’office de tourisme. Le rendez-vous était place Saint Jean, devant la cathédrale. Ayant de l’avance, j’en ai profité pour retourner faire un tour à l’intérieur de celle-ci. J’ai constaté que la restauration de la splendide horloge astronomique était terminée. Malheureusement, je n’étais pas au bon moment pour l’admirer sonner. J’ai par contre profité de la douce lumière qui baignait la cathédrale, tandis que le soleil passait à travers les vitraux.
Dans la nef de la cathédrale Saint JeanDans le chœur de la cathédrale Saint Jean
Un tour dans les traboules
J’ai découvert Lyon alors que j’étais étudiante. J’y avais en effet fait un stage dans un laboratoire de recherche en 1996, suivi d’un second dans un autre organisme de recherche l’année suivante (afin d’éviter toute confusion, il ne s’agissait pas de chimie ou de pharmacie, mais de modélisation mathématique en mécanique des fluides !). Lors de mon premier séjour, j’avais eu l’occasion de participer à une visite guidée du Vieux Lyon et j’avais ainsi découvert les traboules. Depuis, je n’avais pas refait de visite guidée. Le rendez-vous avec notre guide était place Saint Jean, au pied de la fontaine. Si la visite devait durer 1 heure, force sera de constater que notre guide est passionnée et aime partager. Et notre visite durera presque 1 heure et demie.
Au pied de la fontaine de la place Saint Jean
J’ai apprécié cette visite car, au delà de la découverte des lieux, j’ai appris plein de nouvelles informations. Par exemple, les façades dans les tons ocres telles qu’elles ont été refaites dans les années 1980/1990 ne correspondent pas du tout aux teintes qui étaient en usage dans ce quartier entre la Renaissance et le XVIIIe siècle. Les façades étaient en effet plutôt claires car il s’agissait d’un quartier de riches marchands et que l’ocre des crépis était du à la présence massive de tuiles pilées, dénotant plutôt un habitat peu fortuné. Ainsi, dorénavant, lorsque les façades sont refaites, elles sont claires. De même, le nom de la Tour Rose (aujourd’hui recouverte d’un enduit.. rose) était à l’origine d’une couleur blanc cassé, et tiendrait son nom d’une tâche de sang qui ne partait pas suite à un évènement tragique qui se serait passé dans la cour.
Enduit blanc et encadrements en pierres dorées : un aspect plus proche de celui d’origineLa Tour Rose
Les traboules ce sont des passages qui permettent de traverser une maison (ou plusieurs) pour aller d’une rue à l’autre. C’est un système qui permet de gagner de la place tout en conservant les circulations, dans un quartier coincé entre une colline et une rivière, et où donc l’espace est rare et l’habitat dense. Chaque maison était la propriété d’une seule famille, qui y logeait. Mais les traboules étaient accessibles à tous, ainsi que les puits qui se trouvaient dans les cours et les miradors qui surmontaient les escaliers. Ces miradors remplissaient plusieurs fonctions dont la surveillance du feu. Mais surtout, ils permettaient de profiter de la lumière du soleil. Le marchand qui possédait la maison pouvait s’y installer pour lire et écrire à la lumière du jour et chacun pouvait venir y « prendre l’air ». En effet, le soleil, tout comme l’eau (abondante dans le sous-sol), étaient des ressources communes et ne pouvaient pas être privatisées.
Tout en haut de l’escalier, au dessus du dernier étage, on trouve le miradorA l’angle de la rue Saint Jean et de la place Neuve Saint Jean, percée pour aérer le quartier et limiter les impacts des épidémies de pesteLe puits de la cour de la Tour RoseLe puits de la cour de la traboule de l’Hostellerie du Gouverneur
Les montées de la colline de Fourvière
Parmi les autres plaisirs d’une balade dans le Vieux Lyon, il y a les différentes montées qui partent à l’assaut de la colline de Fourvière. Si la plus ancienne est la montée du Gourguillon, depuis le quartier Saint Georges, les montées depuis le quartier Saint Jean ont l’avantage d’offrir de jolis points de vue sur la cathédrale. Cette fois, je suis montée par les escaliers de la montée du Garillan (qui part de la place du Petit Collège derrière le musée Gadagne). Puis, je suis redescendue par la Montée des Chazeaux. Le but était uniquement de profiter des panoramas tout en faisant un peu d’exercice !
Montée du GarillanLa skyline lyonnaise depuis la montée du GarillanLa cathédrale depuis la montée Saint Barthélémy
Le festival AiRT de Famille, pour découvrir les artistes lyonnais émergents
Au printemps 2024, j’étais allée voir l’acte 3 du festival AiRT de Famille dans l’ancienne galerie des Terreaux. Pour l’acte 4, les artistes ont investi un espace désaffecté sur les toits de l’ancien centre d’échange de Lyon Perrache. Le lieu est en cours de restructuration complète. La passerelle qui reliait le centre d’échange à la gare a déjà été entièrement refaite et le bâtiment fera bientôt l’objet de gros travaux. Au 4e étage, donnant directement sur les jardins suspendus, une quarantaine d’artistes a investi un peu plus de 1500 m2. Tous issu du programme omart qui a pour but de soutenir la création artistique locale dans une démarche culturelle de diffusion.
C’est parti pour la découverte du festival AiRT de famille acte 4Les Tokis permettent d’identifier les différentes thématiques
Chaque artiste disposait d’un espace pour lequel il a travaillé une proposition in situ, généralement en 3D. J’ai retrouvé les univers d’artistes que j’avais croisés lors de la précédente édition ou dans d’autres manifestations. Voici les propositions que j’ai préférées dans cet acte 4, sous titré « La métamorphose des mondes ».
Quand Poséïdon nous observe – Airgone Symb’Lob ou « Symbiosa » – Boun KaOblivion – Capie Danse macabre – FouapaHors Cadre – Charlène PlancheLe temps d’un contour – Kairos (détail)
Lyon – Rhône – octobre 2025
Informations pratiques
Visite guidée : l’office de tourisme de Lyon propose différentes visites guidées dans le Vieux Lyon mais aussi dans les autres quartiers. Les visites guidées permettent d’en apprendre plus sur l’histoire et les spécificités des villes. J’ai eu l’occasion d’en faire dans différentes villes, et j’ai chaque fois trouvé cela très instructif.
Les traboules : les traboules du Vieux Lyon sont toutes des passages privés. Certaines sont ouvertes dans la journée aux visiteurs. Il est impératif d’être respectueux et discret dans celles-ci. Il ne faut pas non plus forcer l’entrée en dehors des heures d’ouverture ou pour celles qui ne sont pas ouvertes au public. Il existe aussi des traboules sur la Croix Rousse et sur la Presqu’île. Sur le site de l’office de tourisme, il est possible de retrouver la liste des traboules accessibles au public.
Les bouchons lyonnais : ce sont les restaurants typiques de Lyon. On en trouve un peu partout en ville. Cette fois, nous avons déjeuné à l’Auberge des Canuts, sur la place Saint Jean (ce repas faisait partie du lot que j’avais gagné). Nous y avons bien mangé dans une vraie ambiance de bouchon. C’était bon, et copieux. Malgré le quartier très touristique, ce n’était pas un attrape touristes. On peut toutefois trouver aussi bon pour un peu moins cher dans des quartiers moins fréquentés ou des rues plus discrètes. Les plats typiquement lyonnais sont le saucisson brioché, le tablier de sapeur, le gâteau de foie, la quenelle de brochet sauce Nantua ou homardine, la cervelle de canut (qui est en fait du fromage blanc aux herbes), et pour le dessert la tarte aux pralines. On trouve souvent dans les bouchons des ravioles mais elles sont en fait originaires de la région du Royans dans la Drôme, et du St Marcellin, un fromage qui vient de la vallée de l’Isère. Les « bons » bouchons le proposeront en provenance de la Mère Richard, un fromager affineur réputé.
vue sur Lyon et la basilique de Fourvière depuis les jardins suspendus de Perrache
Festival AiRt de Famille – acte 4 : sur les toits de Perrache, accès en transports en commun arrêt Perrache (métro, tram, bus et gare SNCF). Initialement prévu jusqu’au 30 novembre 2025, le festival artistique est prolongé jusqu’au 4 janvier 2026. Il est impératif de prendre son billet en ligne car il n’y a pas de billetterie sur place. Toutes les informations pratiques sont à retrouver sur le site internet d’AiRT de Famille.
Les Monts du Lyonnais constituent un territoire à l’ouest de Lyon, s’étendant du sud du Beaujolais jusqu’à la vallée du Gier. J’avais déjà eu l’occasion de vous parler d’une journée que j’y avais passé il y environ un an et demi. Cette fois, c’est pour un week-end complet que j’ai retrouvé quelques copains Eclaireurs Partir-Ici.fr à l’invitation de l’office de tourisme des Monts du Lyonnais. Cette fois, il s’agissait de profiter d’activités plus automnales entre découvertes gastronomiques et paysages mordorés. Comme vous pourrez le constater, nous n’avons pas été gâtés par la météo et presque tout le week-end s’est passé sous la pluie. Mais cela n’a pas gâché du tout les découvertes, ni les bons moments.
L’automne dans les Monts du Lyonnais
Etape 1 : un début de journée à la brasserie Virage Sept à L’Arbresle
Nous avions rendez-vous à 10.00 le samedi matin à la brasserie Virage Sept. Située à L’Arbresle, c’est une petite brasserie artisanale. Pascal, l’un des fondateurs, nous y a accueillis. Après un café partagé, il nous a expliqué l’histoire et les valeurs de Virage Sept. Au départ, le lieu accueillait à la fois un atelier de réparation de cycles et la brasserie. Mais Pascal et son associé se sont aperçus que les deux métiers demandaient chacun trop d’engagement et ils ont dû faire un choix. Ils sont donc maintenant uniquement brasseurs.
La gamme de la brasserie Virage Sept au moment de ma visite. Vous noterez avec le nom de ces créations que le cyclisme n’est jamais très loin. D’ailleurs le nom Virage Sept vient du virage des Hollandais dans la montée de l’Alpe d’Huez.
Passionné, Pascal nous a expliqué les différentes étapes de la fabrication de la bière. Il nous a montré les céréales maltées et le houblon qui sont utilisés. Nous sommes même allés devant la brasserie voir les pieds de houblon que Pascal aimerait bien utiliser d’ici quelques années. Les explications sont vraiment intéressantes et permettent de comprendre comment on produit une bière. De plus, la démarche de la brasserie Virage Sept s’inscrit dans une dynamique durable. L’entreprise participe à 1% for the planet. Les matières premières sont le plus possible sourcées localement. Les bouteilles sont consignées et réutilisées après lavage par une société spécialisée située dans la région lyonnaise. La drêche (c’est la partie solide qui reste au fond de la cuve après l’embouteillage) est partiellement utilisée pour produire des biscuits apéritifs et le reste est donné à des agriculteurs locaux pour nourrir le bétail.
Pascal nous montre son houblon et la partie qui est à récupérer pour fabriquer la bière
La gamme produite par Virage Sept est très variée. Elle a été plusieurs fois récompensée au concours général du salon de l’agriculture de Paris. Pascal a eu la gentillesse de nous permettre de découvrir plusieurs de ses produits, en mode dégustation. J’ai particulièrement apprécié la bière Prologue, une blonde aux saveurs de fruits exotiques, médaillée d’argent au salon de l’agriculture 2022. Mais mon coup de cœur va à la dernière création saisonnière, une bière brune aux arômes de Forêt Noire avec de purée de cerises des Monts du Lyonnais.
Virage Sept, c’est aussi un brewpub qui organise des concerts.
Etape 2 : un déjeuner à l’auberge du Pastoureau à Courzieu
Nous avons ensuite pris la direction de Courzieu, un petit village médiéval où se situe l’Auberge du Pastoureau. Ce restaurant se définit lui-même comme une auberge paysanne. Quand on passe la porte en bois, on entre immédiatement dans un univers chaleureux et convivial. Dans la cheminée, le feu de bois crépite. Dans les jolies salles aux murs et au sol de pierre, les grandes tables en bois brut invitent à s’installer. Le menu est sur l’ardoise. Il comprend entrée/plat/fromage/dessert et varie au fil des jours et des saisons. Les intitulés annoncent des plats du terroir réconfortants. Vu la météo, nous prenons presque tous la soupe, une crème de potimarrons aux cèpes. Le service ne se fait pas à l’assiette : on nous apporte les soupières directement sur la table. Pour les plats, ce sera plus diversifié : cuisses de grenouilles, quenelle lyonnaise, poulet aux morilles, le tout accompagné de gratin dauphinois. Là encore, les plats arrivent du four sur la table pour que nous nous servions. Tout est si copieux et délicieux que nous sommes plusieurs à délaisser le fromage (sec ou blanc) pour passer directement aux desserts, ultra-gourmands. Nous nous sommes régalés du début à la fin.
Le charme campagnard des environs de l’auberge du PastoureauCrème de potimarronGratin dauphinoisQuenelleUn régal dans l’assiette !
Etape 3 : un parcours des Murmures du Temps
C’est sous la pluie que nous gagnons ensuite le point de rendez-vous avec Camille, médiatrice des Murmures du Temps, à Saint Germain Nuelles. Les Murmures du Temps, ce sont trois boucles de randonnée mêlant paysages de la campagne et œuvres d’art contemporain. Celle que nous faisons est le circuit intitulé D’Or et de Vigne. Equipés de parapluies et de bonnes chaussures, nous nous élançons. Sur notre parcours, nous croiserons 4 œuvres contemporaines, mais aussi plein de patrimoine vernaculaire : croix de chemin, lavoir, cabanon de vigneron, cadole (qui est aussi un abri de vigneron mais en pierres sèches, non maçonné). Les ruelles du village de Saint Germain Nuelles sont bordées de maisons en pierres dorées, typiques de cette région du sud du Beaujolais.
Dans les rues de Saint Germain NuellesPoint de vue depuis le départ du circuit n°3 des Murmures du TempsAu bord du lavoir, alimenté par une source
Les quatre œuvres contemporaines que nous avons croisées sont, dans l’ordre :
Géo-Empathie de Julie Escoffier (Duo Evernia), dans les vignes
J’ai bien aimé la force tranquille qui se dégageait de Mémoire fossile. J’ai apprécié la poésie d’ORG Mitra, un système de lumières et de séquences de sons qui se déclenchent aléatoirement en fonction des mouvements sur l’autoroute et sous le pont. Couplé au ruissellement de l’eau ce jour-là, c’était, paradoxalement à son emplacement; très poétique. La colonne dorée m’a vraiment laissée perplexe. Enfin, j’ai aimé la façon dont Géo-Empathie se lie au terroir, surtout que Camille avait prévu le nécessaire pour que nous puissions effectuer un rituel de libation, devenant ainsi participants de la vie de l’œuvre.
Mémoire fossileORG MITRALa colonne doréeGéo EmpathieLes œuvres contemporaines du parcours D’or et de vigne des Murmures du Temps
Malgré la pluie, nous avons aussi beaucoup admiré les jolies couleurs des vignes à cette période de l’année. C’était si beau que cela compensait les pieds mouillés ! Nous n’avons cependant pas fait l’intégralité du circuit proposé, en n’allant pas voir les carrières de pierres dorées de Glay. Il faut dire que nous sommes partis tard et qu’à cette saison la nuit arrive tôt. Le temps que nous revenions à notre point de départ, l’obscurité avait d’ailleurs déjà commencé à s’installer.
Dans les vignes de Saint Germain Nuelles en automne
Etape 4 : une nuit au refuge d’Yzeron
Une arrivée épique
C’est de nuit que nous avons gagné notre hébergement. C’est important car c’est une des raisons pour lesquelles nous nous sommes perdus pour y aller. Nous roulions en convoi à 3 voitures, et avons tous loupé la « route à ne pas manquer » car nous n’avons pas vu les éléments qui se trouvaient sur la photo (de jour) que le propriétaire du gite avait envoyée. Après 2 demi-tours (oui, on a manqué la route une seconde fois !), nous avons trouvé le parking. Il restait maintenant à emprunter le chemin dans les bois pour arriver jusqu’au gite. Heureusement, nous avions prévu torches et frontales pour cette mini randonnée d’une douzaine de minutes dans l’obscurité. Je dois avouer que nous avons bien rigolé sur le trajet, nous imaginant une ambiance de scène d’introduction de film d’horreur.
Le chemin lorsque nous l’avons repris (de jour) pour partir. Je n’ai pas de jolie photo de l’ambiance nocturne.
Une soirée conviviale
Arrivés de nuit dans la maison, nous n’avons pas pu avoir le plaisir d’en découvrir l’environnement. Mais en entrant dans la grande salle, le premier mot qui m’est venu à l’esprit est cosy. La maison est en effet très accueillante. Par contre, elle est autonome en énergie et en eau, ce qui signifie en particulier qu’il n’y avait pas de chauffage à notre arrivée (mais comme il faisait 6 ou 7°C dehors, la chaleur emmagasinée dans la maison nous a donné une impression agréable dès notre entrée). Notre première action (après avoir quitté nos chaussures trempées) a donc été d’allumer le grand poêle qui sert à la fois pour le chauffage et la cuisine. Très vite la chaleur s’est diffusée dans toutes les pièces. Après la répartition des chambres, chacun a pris une douche rapide (il y a de l’eau chaude mais il faut être parcimonieux dans son utilisation, car l’eau provient de la montagne et la chaleur de panneaux solaires : ces ressources sont donc limitées).
La pièce principale, côté cuisine
Pour le repas, l’office de tourisme des Monts du Lyonnais avait fait pour nous des courses dans un magasin de producteurs. Nous avons donc diné d’une soupe, de charcuteries et de fromages locaux, dans une ambiance conviviale. Après le repas, nous avons sorti une petite enceinte à karaoké qui était disponible sur place, avons approché les fauteuils du poêle et passé une excellente soirée. Il y a également de nombreux jeux de société et plein de livres à disposition. Nous avons hyper bien dormi car la literie était vraiment confortable et en ayant bien chargé le poêle avant de partir nous coucher, nous avons conservé une bonne température dans toutes les pièces. J’ai été réveillée avec le jour et j’ai pu découvrir par la fenêtre l’environnement absolument magnifique.
La vue par la fenêtre…
Un petit déjeuner avec vue
Nous avons fait chauffer de l’eau et préparé du café pour prendre le petit déjeuner à la grande table tout en admirant la vue. Là encore, nous avions des produits locaux (yaourts, poires, jus de fruits, confiture, miel, beurre, œufs) en provenance d’un magasin de producteurs. Les filles de l’office de tourisme nous ont rejoint avec pain frais et viennoiseries pour partager ce moment avec nous, toujours dans la bonne humeur. Avant de repartir, nous avons exploré un peu les environs. Tout autour du gite, on trouve des chaises longues, des tables pour profiter de la vue, un terrain de pétanque (avec les boules), un brasero ou encore un barbecue. Bref, c’est l’endroit idéal pour passer un bon moment en famille ou entre amis dans un environnement à la fois outdoor et hyper confortable, en mode déconnexion (même si on capte plutôt bien la 4G). Il y a même des poules et des lapins.
Le refuge d’Yzeron dans son écrin forestier
C’est (déjà) l’heure de repartir. Nous reprenons le chemin qui descend au parking. Le soleil brille et nous permet de découvrir le superbe panorama sur les environs.
Sur le chemin du retourProfiter encore un fois de la vue…
Etape 5 : un atelier cueillette-cuisine au Jardin d’Yzeron
Un accueil chaleureux
Nous avons passé notre dimanche chez Sébastien, un ancien cuisinier devenu herbaliste. Il a associé ses deux métiers pour fonder le Jardin d’Yzeron où il propose des ateliers cueillette et cuisine. Nous sommes arrivés vers 9.30 et avons été accueillis par Sébastien (et sa gentille chienne Holly, grande star de la journée). Autour d’une tisane issue de plantes cueillies par Sébastien, il nous a expliqué le déroulement de la journée et présenté le menu que nous aurions à préparer. Nous nous sommes répartis en 3 petits groupes, pour préparer chacun une partie du repas. J’allais devoir cuisiner le dessert à base de prunelles sauvages avec Nata.
La tisane de Sébastien
Une cueillette fructueuse
Nous avons ensuite remis chaussures et blousons pour nous rendre dans un champ à proximité de chez Sébastien. Nous y avons trouvé beaucoup de trésors que nous avons appris à reconnaître grâce aux explications de Sébastien : oxalys, amarante, carotte sauvage, serpolet, oseille, mouron blanc, plantain, etc. Nos sacs de récolte se remplissent vite. Nous échangeons autour des vertus des plantes tout en ramassant le nécessaire pour préparer notre déjeuner. Il fait frais mais nous ne voyons pas vraiment le temps passer, happés par le sujet passionnant des plantes et la beauté du paysage.
AmaranteCueillette sauvage avec vue
Un temps de cuisine convivial et un repas partagé
De retour dans la grande cuisine de Sébastien, nous faisons de la place autour de la table et étalons dessus notre récolte. Chacun sait ce qu’il doit préparer et récupère les plantes correspondantes. Nous nous mettons au travail en cuisine, partageant les ustensiles et certains ingrédients. L’ambiance est vraiment sympathique. Sébastien dispense des conseils avisés concernant la préparation des différents plats. Il nous fait aussi une démonstration expliquée de pochage d’œuf. Nous sommes bien occupés et ne voyons une fois de plus pas vraiment le temps passer.
En cuisine !
Une fois que tout est prêt, nous mettons la table. Sébastien dresse les assiettes et chacun explique ce qu’il a préparé. Les discussions vont bon train tout au long du repas, délicieux. Sébastien a même la gentillesse de me trouver quelque chose pour remplacer l’œuf poché de l’entrée alors que j’avais omis de le prévenir à l’avance. L’après-midi est déjà bien engagée quand nous arrivons au café. J’ai l’impression que personne n’a vraiment envie de partir, même si nous avons tous pas mal de route à faire. On se sent bien chez Sébastien, mais il est quand même temps de se quitter… jusqu’aux prochaines aventures !
Salade d’herbes sauvages et gâteau aux prunelles
L’Arbresle / Saint Germain Nuelles / Yzeron Monts du Lyonnais – Rhône Octobre 2025
Informations pratiques
Brasserie Virage Sept – 580A rue Claude Terrasse, 69210 L’Arbresle – magasin sur place et brewpub avec une programmation culturelle.
Auberge du Pastoureau – 4 place des Hostelleries, 69690 Courzieu – réservation indispensable
Les Murmures du Temps – projet culturel du pays de L’Arbresle – 3 circuits disponibles D’Or et de Vigne (9.3 km / D+ 155 m), Les balcons de l’abbaye (9.5 km / D+ 176 m) et La croisée des chemins (2.5 km / D+ 19 m). Le détail de chaque circuit est disponible sur le site internet. Chaque circuit associe patrimoine et art contemporain. Ils ont été inaugurés lors de l’été 2024 et certaines œuvres ont été installées pendant l’été 2025. Il est possible de se faire accompagner par un médiateur ou de faire les balades en autonomie à l’aide des panneaux explicatifs situés à proximité des œuvres.
Refuge d’Yzeron – 212 chemin de Py Froid, 69510 Yzeron – gite autonome forestier. L’électricité est produite par des panneaux solaires sur le site. Attention, en automne/hiver, lors des journées courtes et sombres, la production peut être un peu insuffisante. Nous nous sommes réveillés sans électricité. Mais pas d’inquiétude pour le chauffage (au bois) et la cuisine (au gaz ou au bois). Il y a des bougies pour s’éclairer si besoin. L’eau de pluie est récupérée via le ruissellement et des systèmes de cuves anciens. Elle est ensuite filtrée 4 fois avant d’arriver dans la maison. Un filtre Berkley est en outre disponible pour filtrer une dernière fois l’eau de boisson et cuisine. Le chemin d’accès dans la forêt est un chemin de randonnée : il ne conviendra donc pas à tout le monde. Si vous venez, prévoyez des frontales en cas d’arrivée nocturne.
Uniferme – 90 route départementale 34, Le Pont Rompu, Saint-Andéol-le-Château, 69700 Beauvallon – magasin de producteurs fermiers locaux à côté de Mornant. On y trouve à la fois des produits frais (fruits et légumes, fromages, charcuteries, viandes..) et en bocaux/bouteilles (jus de fruits, confitures, bocaux de légumes, soupes, miel…). Je m’y étais arrêtée l’année dernière en rentrant d’une escapade dans le secteur de Mornant/Riverie. C’est là que l’office de tourisme avait fait pour nous les courses.
Le jardin d’Yzeron – 10 chemin du Planil, 69510 Yzeron – Sébastien propose plusieurs formules d’ateliers et balades à la découverte des plantes sauvages et de leur utilisation en cuisine. C’est un passionné qui aime partager.
Vue sur les Monts du Lyonnais depuis les hauteurs de Py Froid à Yzeron
(*) Je parle dans cet article de bière et de vin. Je rappelle que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé et qu’il est donc à consommer avec modération.
(*) Ce week-end était une invitation de l’office de tourisme des Monts du Lyonnais (collaboration commerciale non rémunérée). J’ai été entièrement libre du contenu que j’ai produit à l’issue de ces 2 journées, et des avis et points de vue que j’ai émis. J’ai partagé ces moments avec d’autres éclaireurs de Partir-Ici.fr, la plateforme régionale pour soutenir un tourisme plus durable : Le Monde des Mirons, Balades autour de Lyon et Nata France Auvergne.
Créateurs de contenu en pleine action chez Sébastien du Jardin d’Yzeron
Cette fois, c’est pour retrouver ma copine Sophie (et quelques-uns de ses proches) que je suis allée à Lyon un dimanche d’avril. Nous nous étions donné rendez-vous à Fourvière peu avant l’heure du déjeuner. Mes horaires de train m’ont fait arriver un peu en avance, et malgré la météo un peu grise, j’ai commencé la journée en faisant un tour rapide dans le quartier de Saint Georges au pied de la colline puis en admirant le panorama depuis l’esplanade. Nos pas nous ont ensuite menés jusqu’au musée gallo-romain.
En sortant du funiculaire, faire face à la basilique Notre Dame de Fourvière
Flâner un peu à Saint Georges
Sur mon trajet entre la gare Part Dieu où j’étais arrivée et le haut de Fourvière, j’ai fait un arrêt à Vieux Lyon. J’avais au départ envisagé de monter à pied par les jardins jusqu’à la basilique où nous nous étions donné rendez-vous. J’en avais le temps, mais la météo un peu pluvieuse m’a découragée. Alors, j’ai pris un peu de temps pour flâner dans les petites rues. Habituellement, je pars côté Saint Jean et je vais jusqu’à Saint Paul. Cette fois, j’avais envie de changer et j’ai pris la direction de Saint Georges. Je crois que la dernière fois que j’y étais allée, c’était pour y déjeuner avec ma collègue Odile dont une nièce tenait un restaurant dans le quartier (et Odile ayant pris sa retraite en 2018, ça faisait donc quelques années !).
Dans le petit square au pied de l’église Saint Georges, les arbres de Judée étaient en fleurs et leur couleur s’accordait à celles des façades voisines.
En passant sur la place de la Trinité, j’ai eu un moment d’hésitation et j’ai envisagé d’emprunter la montée du Gourguillon jusqu’à Fourvière. Mais après ma flânerie, le temps commençait à être un peu juste pour être à l’heure au rendez-vous. J’ai donc pris le funiculaire.
Profiter du panorama depuis Fourvière
En arrivant devant la basilique, j’avais une vingtaine de minutes d’avance. Compte tenu que nous étions le dimanche des Rameaux et qu’une messe était en cours, l’accès à l’intérieur de l’église n’était pas possible. Après un bref arrêt au magasin de souvenirs pour acheter une carte postale (j’aime bien en envoyer, et j’en avais fait gagner une sur ma story Instagram du matin), j’ai pris le temps de profiter du panorama depuis l’esplanade. De là, on domine (presque) toute la ville. J’aime chercher du regard les lieux que je connais et repérer les marqueurs forts du paysage lyonnais : cathédrale Saint Jean, Vieux Lyon avec son enchevêtrement de toits, place Bellecour, quartier de la Presqu’île, quartier et musée de la Confluence, colline de la Croix Rousse, parc de la Tête d’Or, Cité internationale, tours de la Part Dieu et bien sûr les rubans du Rhône et de la Saône.
Pour aider le visiteur à se repérer, une maquette en bronze a été installée sur l’esplanade de Fourvière, à deux pas du point de vue sur la ville.
Nous avons déjeuné à la Salle à Manger des Apprentis d’Auteuil à Fourvière. Ce restaurant d’application est situé juste à côté de la basilique et propose une cuisine simple à base de produits frais. Le menu est unique (même s’il y a parfois la possibilité de choisir entre 2 propositions). Nous nous sommes régalés pour un prix plus que correct, avec un accueil vraiment sympathique. (Si vous souhaitez y manger, la réservation est conseillée)
Redécouvrir le musée gallo-romain
Après avoir déjeuné, nous avons encore pris un peu de temps autour de la basilique avant de nous rendre au musée gallo-romain. En effet, la météo était annoncée pluvieuse (même si finalement, elle sera essentiellement grise), et Sophie avait proposé que nous visitions ce musée qu’elle ne connaissait pas. L’idée m’a tout de suite plu. En effet, j’avais découvert ce musée en 1996 quand j’étais en stage à Lyon durant mes études, et n’y étais pas retournée depuis. J’avais eu plusieurs fois envie de le faire (dont une fois alors que je venais pour découvrir Lyon depuis un canoë sur la Saône), sans jamais réussir à concrétiser le projet. Cette fois a donc été la bonne.
Outre ses collections, l’une des particularités du musée gallo-romain de Lyon est sa conception architecturale. Conçu à la fin des années 1960 et édifié au début des années 1970, il est l’œuvre de l’architecte Bernard Zehrfuss. Extérieurement, il est complétement intégré dans la colline de Fourvière afin de ne pas dénaturer l’aspect visuel de ce site classé et de respecter le secteur protégé où il se trouve. Mais à l’intérieur, on est frappé par la modernité brutaliste du béton brut qui se déploie en vagues hélicoïdales. L’escalier d’accueil avec sa forme arrondie est devenu une icône graphique lyonnaise. Quant aux grandes baies vitrées panoramiques donnant sur le cœur même des théâtres romains, elles me font penser à celles des vaisseaux spatiaux des films et séries de cette époque. Je ne serais qu’à moitié surprise de croiser Mr Spock ou un Jedi au détour d’un couloir.
Quand l’expression « beau comme un dieu » prend tout son sens
Cet écrin sert à présenter les collections issues des fouilles locales. Lyon est occupée depuis bien avant l’Antiquité, mais elle prospère surtout sous l’Empire Romain (l’empereur Claude sera même natif de Lyon). Le visiteur découvre ainsi de nombreuses mosaïques et sculptures, mais aussi des objets du quotidien ou d’apparat. La quasi absence de lumière naturelle nous fait perdre la notion du temps au cours de ce voyage dans le passé. La présentation des œuvres reste assez classique même si on peut noter quelques modernisations de la médiation dans certaines salles (celle autour des objets de la cuisine par exemple), ainsi que quelques manipulations ludiques pour les enfants.
Lyon – Rhône – avril 2025
Informations pratiques :
Lugdunum, musée et théâtres romains, se trouve sur la colline de Fourvière. L’accès en transports en commun se fait soit par le haut avec le funiculaire jusqu’à Fourvière, soit par le bas en s’arrêtant à la station Minimes sur la ligne de funiculaire vers Saint Just. Les deux lignes de funiculaire partent de la station de métro Vieux Lyon et sont accessibles avec un billet de transport en commun, y compris en correspondance. Les horaires et conditions d’accès et de visite des théâtres et du musée sont à retrouver sur le site internet de Lugdunum.
Si vous cherchez d’autres idées de visites et balades à Lyon, je vous propose :
les différents musée de la ville par exemple le Musée des Confluences, le Musée de l’imprimerie, le Musée d’Art Contemporain, ou encore la Fondation Tomaselli (où j’ai très envie de me rendre)
Je suis passée rapidement à Lyon la semaine dernière pour déposer Melle 3e d’une part et récupérer Mr 2e d’autre part. Nous avions environ 2 heures tous les trois en ville, pour déjeuner ensemble. Sur notre trajet, nous sommes passés par la place des Célestins où les magnolias commençaient à être en fleurs. Il y avait d’ailleurs un joli contraste de floraison entre le côté ensoleillé et celui qui reste à l’ombre. J’aurais aimé pouvoir inclure ces quelques photos dans un article plus long sur Lyon, mais ce jour-là, le temps nous était bien trop compté pour faire une vraie balade ou visiter un musée. Pour autant, je trouvais dommage de ne pas les partager. Les voici donc en mode mini-portfolio.
Devant le théâtre des CélestinsThéâtre et magnolias, un classique du printemps lyonnaisLes fleurs blanches et roses des magnolias de la place des Célestins
Nous avons aussi fait le crochet par Cordeliers pour voir si les magnolias devant la chambre de commerce étaient fleuris. Mais leur emplacement étant assez peu ensoleillé, les fleurs étaient encore très discrètes.
Depuis la rentrée, j’ai eu plusieurs occasions d’aller à Lyon. Depuis que je n’y vais plus quotidiennement pour le travail, j’y vais quelquefois le week-end pour profiter de la ville. En septembre, j’ai ainsi passé une journée en famille où nous avons fait une grande balade de la Presqu’île jusqu’à Fourvière et une journée entre amis où nous sommes allés à la découverte de la Croix Rousse depuis Perrache. Et en octobre, j’ai enfin pris le temps de découvrir le Musée des Confluences. Si vous cherchez des idées pour découvrir Lyon, j’en ai donc quelques-unes à vous proposer.
Lyon, vue depuis Fourvière. On remarque la cathédrale Saint Jean au premier plan, et la place Bellecour sur la droite.
Autour de la colline de Fourvière
Pour cette balade à la découverte de la colline de Fourvière, nous sommes partis de la Presqu’île où nous avions déjeuné et avons traversé la Saône, profitant de la vue sur le quartier Saint Georges. J’étais accompagnée de Mr 1er, rentré la veille du Canada, et de Melle 3e qui s’apprêtait à faire sa rentrée le lendemain. Nous avons donc choisi de ménager tout le monde et d’emprunter la ficelle, le funiculaire qui monte depuis le Vieux Lyon jusqu’au pied de la basilique Notre-Dame de Fourvière. Mais il est tout à fait possible de monter à pied par l’une des rues pentues ou des escaliers qui partent à l’assaut de la colline. Vous pouvez par exemple passer par les Jardins du Rosaire ou la montée du Gourguillon que j’aime beaucoup.
Le quartier Saint Georges depuis le pont sur la SaôneLa basilique de Fourvière et la cathédrale Saint Jean depuis les quais de Saône, côté Presqu’île
La majestueuse basilique Notre-Dame de Fourvière
Je pense que cela faisait plus de 10 ans que je n’étais pas entrée dans la basilique de Fourvière. Comme je n’y vais pas souvent, je la redécouvre complètement à chaque fois. Sitôt les lourdes portes sculptées passées, on pénètre dans un décor extrêmement riche de mosaïques. Sur les murs et les plafonds, les tesselles racontent des histoires et reflètent les lueurs des bougies. D’un côté, les scènes racontent la relation de Marie à la France et de l’autre le rapport de Marie à l’Eglise. On est forcément impressionné par la richesse et la majesté des décors.
Les portes de la basilique sont ornées de lions monumentauxLa richesse des mosaïques de la basilique s’étale littéralement du sol au plafond
Mais la basilique de Fourvière cache une seconde église. Sous l’église haute, une crypte aux dimensions tout aussi impressionnantes que celles de l’église principale accueille dans une semi pénombre les Vierges du monde entier. Son décor est nettement plus sobre. Dédiée à Saint Joseph, elle avait été pensée pour être l’entrée du sanctuaire, le pèlerin devant prier Joseph avant d’aller vers Marie, de l’obscurité vers la lumière.
Au fond de la crypte, l’autel dédié à Saint Joseph
Le parc des hauteurs, ceinture verte de la colline
Après la visite de la basilique, nous avons pris longuement le temps d’admirer la vue sur la ville depuis la terrasse panoramique et de chercher à retrouver « vu d’en haut », les lieux que nous connaissons. Puis, nous sommes partis en direction de la tour métallique (que certains appellent Tour Eiffel lyonnaise alors qu’il n’y a aucun lien avec le célèbre ingénieur). Au pied de celle-ci, nous avons passé le grand portail qui mène à la passerelle des Quatre Vents. J’avais découvert cette passerelle et sa jolie vue sur la basilique un peu par hasard lors de mon tout premier séjour lyonnais en 1996. Elle était le premier maillon du parc des hauteurs : un cheminement piéton qui fait le tour de la colline. La balade suit à cet endroit le trajet d’une ancienne voie de tramway qui permettait de relier le cimetière de Loyasse à Saint Paul, dans le Vieux Lyon. La promenade longe les jardins de plusieurs couvents et monastères (n’oublions pas que Fourvière est la colline qui prie), et passe en surplomb de l’ancienne piste de ski de la Sarra. On rejoint ensuite les jardins de la Visitation, pour continuer notre balade au vert.
Balade au parc des hauteurs. Faire cette photo m’a amusée car j’en avais fait plusieurs très similaires l’été précédent tout au long de notre voyage au Canada .
Lugdunum, vestiges de la cité gallo-romaine
Avant d’entrer dans les jardins de la Visitation, nous avons fait un léger crochet pour aller jeter un œil aux vestiges de l’aqueduc du Gier. Cet aqueduc servait à alimenter Lyon en eau à l’époque gallo-romaine en captant les eaux du Gier. Construit vraisemblablement sous l’empereur Trajan, peut-être achevé sous Hadrien, l’ouvrage était long de 85 kilomètres et présentait de nombreux aménagements d’envergure. Aujourd’hui, il reste certains de ces aménagements dont un pont-siphon et de nombreuses arches disséminées dans la campagne des Monts du Lyonnais, dont les 72 arches à la sortie du village de Chaponost. Sur Fourvière, on approche de la fin du parcours de l’aqueduc et quelques piles, à moitié englouties dans les constructions environnantes, sont encore visibles.
Vestiges lyonnais de l’aqueduc du Gier
Nous ressortons à l’autre bout des jardins de la Visitation, entrant sur le site des théâtres gallo-romains de Fourvière par un petit chemin boisé. De là, nous dominons à la fois le grand théâtre et l’odéon (un théâtre de plus petite dimension, qui servait aux orateurs). Nous descendons entre les deux monuments, jusqu’à gagner le pavage d’une ancienne voie romaine.
Vue sur le théâtre gallo-romain de Fourvière. Il est utilisé chaque année à la belle saison pour le festival de Fourvière. Sur la droite au milieu, on devine l’une des fenêtres du musée Lugdunum, semi-enterré et qui abrite les collections archéologiques de la ville.
Flânerie dans le Vieux Lyon
Pour redescendre vers les quais et la Presqu’île, nous avons emprunté la montée du Chemin Neuf. Nous avons profité d’une pause au jardin du belvédère pour admirer la vue sur la cathédrale Saint Jean, juste en contrebas. Nous avons ensuite flâné un peu dans le Vieux Lyon, jetant un œil aux devantures des boutiques, faisant quelques achats. Nous avons fini par aller prendre le goûter sur la Presqu’île chez Loutsa, un torréfacteur qui propose quelques gourmandises, avant de prendre le métro pour rejoindre la gare Part Dieu et attraper le train du retour.
Vue sur la cathédrale Saint Jean depuis la montée du Chemin Neuf
A pied, de Perrache à la Croix Rousse
Une autre fois, j’ai profité de la présence de Delphine, une copine à Lyon pour l’y rejoindre avec Charles, un autre de nos copains. Delphine ne connaissait pas du tout la ville et Charles, lyonnais pur souche, avait concocté un programme de découverte sur 2 jours. Je ne pouvais me joindre à eux que le samedi et le programme était de découvrir la Croix Rousse à partir de la place Bellecour, puis de rejoindre Confluence. Comme j’arrivais à la gare de Perrache et que j’étais un peu en avance, j’ai rejoint le lieu de rendez-vous place Bellecour à pied.
La République, sur la place Carnot, en sortant de la gare de Perrache
Balade sur la Presqu’île
Avant de retrouver Delphine et Charles, j’ai commencé par rejoindre le quartier d’Ainay. Cela faisait très longtemps que je n’étais pas allée dans ce coin de Lyon. Autour de la basilique romane Saint Martin d’Ainay, les nombreux immeubles bourgeois datent essentiellement du XIXe siècle quand le quartier est devenu un lieu de résidence privilégié de la grande bourgeoisie lyonnaise. L’église était malheureusement fermée lors de mon passage et j’ai une nouvelle fois regretté de ne pas pouvoir y entrer.
La place devant la basilique d’Ainay
Après nous être retrouvés, nous avons décidé d’un saut au passage de l’Argue pour acheter des parapluies. En effet, la pluie avait décidé de s’inviter à nos retrouvailles, et nous étions 2 sur 3 à ne pas l’avoir prévue. Comme toute notre journée était prévue à pied dans les rues de la Capitale des Gaules, il était impératif de trouver l’équipement adéquat. Nous avons ensuite parcouru les lieux les plus emblématiques de la Presqu’île pour les faire découvrir à Delphine qui n’était jamais venue. Au programme : la place des Jacobins avec sa fontaine, la place des Célestins avec le théâtre et le parking, l’opéra, la place des Terreaux avec la fontaine Bartholdi et l’hôtel de ville…
Le théâtre des Célestins et au premier plan à gauche la lunette qui permet de jeter un œil au miroir tournant du parking souterrain, sans doute l’un des plus beaux parkings que je connaisseLa fontaine des JacobinsL’opéra de Lyon et son agrandissement par Jean NouvelL’arrière de l’hôtel de ville, au pied de l’opéra
Montée sur la Croix Rousse
Depuis la place des Terreaux, nous avons commencé à partir à l’assaut de la colline de la Croix Rousse. Sur les pentes, les immeubles aux hauts plafonds étaient les habitations et ateliers des canuts. Dans chaque appartement, un métier à tisser Jacquard était installé, permettant à l’ouvrier de travailler au tissage des soieries qui ont fait la réputation de Lyon. Ce quartier est, à l’instar du Vieux Lyon, parcouru de traboules qui permettent de traverser les immeubles. Nous avons emprunté l’une des plus célèbres, qui mène à la Cour des Voraces. Elle doit son nom au groupe de canuts à l’origine de plusieurs révoltes ouvrières au cours du XIXe siècle et qui avaient le siège de leur association à cet endroit. Presqu’en ruines, bordées d’immeubles insalubres dans les années 1980, elle a fait l’objet d’une rénovation et d’une remise en état des appartements dans les années 1990 alors que le quartier était encore populaire.
Immeubles des pentes de la Croix RousseL’impressionnant escalier de la Cour des Voraces
Nous avons ensuite continué notre ascension en direction de la place des Tapis et du mur des Canuts. Cette fresque monumentale est la plus grande d’Europe et représente la vie du quartier. Sa première version date de 1987. Elle a été actualisée une première fois en 1997 puis en 2013 afin de coller aux évolutions de la société et de la configuration du quartier. Celui-ci a connu une phase de gentrification importante depuis le début des années 2000. Ancien quartier populaire, les pentes de la Croix Rousse ont vu la proportion de cadres y habitant augmenter de façon significative (presque 2 fois plus que sur le reste de la ville). L’installation de couples et de jeunes familles avec un pouvoir d’achat plus élevé s’est accélérée et la physionomie du quartier a changé en conséquence. On peut ainsi noter un nombre grandissant de friperies, boutiques à vocation culturelle ou encore de coffee shops tendance.
La fresque des canuts
Cela se ressent également dans la présence notable de street-art un peu partout sur les pentes de la Croix Rousse. De nombreux collages et graffiti continuent à envahir les murs. Les escaliers, très nombreux sur les pentes, se parent de couleurs. Ce quartier est devenu à la mode alors qu’il avait mauvaise réputation il y a une trentaine d’années. Je me souviens de la première fois où je suis venue à Lyon en 1996 (pour y faire un stage de 2 mois) : mes collègues m’avaient déconseillé d’aller sur les pentes avec ce commentaire « ça craint ! ». Décidément, les choses ont bien changé depuis.
Les pentes, ce sont des escaliers un peu partout !Et quand on se retourne, on peut avoir de jolis points de vue sur la ville, même un jour de pluieEscalier coloré de la montée des CarmélitesL’escalier Prunelle est le premier à avoir pris des couleurs dans le quartier, en 2015
Après cette balade croix-roussienne, nous sommes revenus sur la Presqu’île pour déjeuner rue Mercière (une rue bordée de restaurants) avant de revenir à pied vers Perrache. Delphine et Charles ont continué jusqu’à la Confluence pendant que je reprenais le train pour rentrer chez moi.
Le musée des Confluences
C’est ainsi que je me suis souvenue que je n’étais encore jamais allée au Musée des Confluences. Peu après, avec Mr 1er et Mr 2e, nous sommes montés à Lyon un dimanche pour déjeuner avec Melle 3e (qui y étudie depuis la rentrée). Comme eux non plus n’y étaient jamais allés, nous avons donc décidé d’aller découvrir le musée en famille. Bien sûr, je connaissais déjà le bâtiment que l’on ne peut pas manquer quand on arrive à Lyon depuis le sud par l’A7 en direction du tunnel de Fourvière. Je l’apercevais aussi régulièrement depuis le train en quittant la gare de Perrache. De près, le bâtiment conçu par l’agence d’architecture Coop Himmelb(l)au ne déçoit pas. Son allure de gros cristal fonctionne bien, et quand on le contourne, on découvre le bassin au dessus duquel il est construit, allusion à la confluence du Rhône et de la Saône toute proche. Je découvrais d’ailleurs aussi la Confluence côté terre après l’avoir découverte il y a un an côté fleuve lors d’une sortie en kayak.
Le bâtiment en forme de cristalUn bassin sous le muséela Confluence, côté terre
A l’intérieur, les zones de circulation, hyper lumineuses, contrastent avec les salles d’exposition aux murs peints en noir. Nous avons essentiellement visité les collections permanentes. Plusieurs immenses thématiques interrogent le monde. La salle des Origines mêle les squelettes de dinosaures et autres fossiles aux mythologies asiatiques, aborigènes et inuit. La salle Espèces s’attache au vivent qu’il soit imaginaire ou réel, entre Sphinx et animaux empaillés. La salle Sociétés porte le regard sur la création technique humaine des origines à nos jours, la mettant en parallèle des ressources naturelles. La salle Eternités s’intéresse au rapport à la mort dans différentes civilisations. Si l’ensemble des artefacts présentés est de qualité, j’ai parfois eu du mal avec les choix de scénographie et de mise en résonnance des objets. Et si la mise en lumière est très bien réalisée, j’ai trouvé que les outils de médiation étaient parfois un peu « légers » et manquant de consistance et j’ai eu du mal à trouver la cohérence scientifique dans le propos tenu (changement de paradigme dans une même salle ou dans une même exposition, sans explication). Sans aucun doute, c’est un musée qui gagne à être visité accompagné d’un médiateur.
papillons et coléoptères – une de mes scénographies préférées dans le muséesculpture du Nunavut, qui nous a rappelé la visite du Musée de l’Histoire du Canadaquelques squelettes de dinosaures, là aussi clin d’œil aux musées canadiensle genre de mise en résonnance qui m’a laissée perplexe : poteries antiques et accélérateur de particulesJeu de miroir pour le SphinxJeu de rayures pour le tigre
Lyon – Rhône – septembre/octobre 2024
(*) Le musée des Confluences propose une exposition permanente et plusieurs expositions temporaires en parallèle. Un arrêt de tramway « Musée des Confluences » se situe pile devant le musée : le trajet est direct depuis les gares de Perrache et de Part Dieu. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site du Musée des Confluences.
Peinture Fraîche est un festival lyonnais de street art. J’avais assisté l’an dernier à la 5e édition qui s’était tenu aux anciennes usines Fagor. L’édition 2024 est sous-titrée Secret Spot : l’art urbain digital. Elle se tient dans un lieu inédit, et éphémère. De ce que j’ai lu, le festival a eu du mal à trouver un lieu adéquat cette année : il semblerait que Lyon ne disposait pas d’une friche industrielle pouvant les accueillir. C’est assez tardivement que l’ancien collège de la place de Serin a été en partie mis à disposition via un de leurs partenaires (un groupe d’immobilier qui a lui-même sollicité un de ses partenaires). Le lieu est atypique pour ce type d’évènement car il est déjà en cours de réhabilitation et de transformation en résidence pour étudiants. D’ailleurs, les ouvriers s’y affairent dans les étages et l’extérieur a déjà été complètement ravalé.
Derrière les installations du festival Peinture Fraiche, le chantier de rénovation du bâtiment est en cours.
C’est donc un espace restreint qui a pu être mis à disposition : seulement une partie du rez-de-chaussée et du sous-sol. De plus, c’est très tardivement que le festival a pu avoir confirmation de pouvoir utiliser ce lieu. La programmation est donc moins grandiose que l’an dernier, plus intimiste. Une grande part a aussi été fait au digital, entre installations vidéos et réalité augmentée (ce dernier aspect avait d’ailleurs déjà été exploré l’an dernier). Si j’ai bien aimé les fresques et installations « physiques » présentées, je n’ai pas vraiment accroché aux propositions artistiques digitales (Il aurait peut-être fallu que j’y passe plus de temps, mais je ne disposais que d’une heure entre un déménagement et la nécessité de reprendre la route avant l’heure de sortie des bureaux à la veille d’un grand week-end).
Parmi les artistes muralistes présentés, je connaissais déjà le travail de certains. Ainsi, le lyonnais PEC avait couvert un mur entier et quelques piliers de ses fameux Knars que l’on peut voir un peu partout dans l’espace public de la métropole. Le nantais Ador avait investi un espace faisant face à celui de PEC avec son univers aux personnages doux et facétieux. Le contraste entre les couleurs vives de PEC et les teintes claires d’Ador était très sympathique. A eux deux, ils occupaient les deux tiers du rez-de-chaussée. L’espace était complété par des écrans diffusant des créations digitales, une fresque de lettrage de PandorOner et une ville de Maxime Ivanez.
Maxime IvanezAdorPECAdorAdorPEC
Le suite de l’évènement se tenait dans le sous-sol du bâtiment, avec un chouette mood urbex. Là, les espaces avaient été totalement investi par successivement trois artistes déployant chacun leur univers. Le lyonnais 1Port avait en particulier créé une anamorphose, qui m’a fait penser à Méliès. Le muraliste Cobalt déployait « Capitaine Custo », une succession de fonds marins entre poissons et épaves. Puis, c’est Zeso qui avait complètement transformé l’espace entre fresque et installation artistique en trois dimensions (des installations très différentes des travaux de cet artiste que j’avais pu voir à Street Art City) .
CobaltZesoCobalt1Port
Peinture Fraiche Festival – Lyon – octobre 2024
(*) La 6e édition de Peinture Fraiche Festival se tient jusqu’à dimanche 3 novembre 2024. Le lieu est situé cette année place de Serin dans le 4e arrondissement de Lyon. Il faut compter une heure sur place, voir un peu plus si on s’attarde sur toutes les installations digitales. Attention : compte tenu du lieu, la jauge est limitée et les billets sont vendus uniquement en ligne.
Je crois que le thème de cette semaine pour le projet 52 est un des plus difficiles cette année. En effet, je me suis pas mal demandé comment illustrer l’avenir en photo. Après pas mal de réflexions où j’ai hésité entre montrer quelque chose de futuriste (mais quoi ?), des enfants ou encore un calendrier de 2025, j’ai repensé à cette photo prise lors d’une des mes dernières balades lyonnaises juste avant la rentrée. Nothing is permanent – Rien n’est permanent… Et mon côté optimiste l’a traduit par : L’avenir nous réserve le meilleur !
Sur un mur du parc des Hauteurs – Lyon – Rhône – septembre 2024
Pour découvrir ce que l’avenir inspire aux autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
NB : Je passe la journée avec des copains que je n’ai pas vu depuis longtemps. Je n’aurai donc pas le temps de venir vérifier les commentaires qui ne s’affichent pas car ils sont en modération. Je m’en occuperai le plus rapidement possible, mais sans doute pas avant demain.
Il y a une quinzaine de jours, j’ai été invitée par l’office de tourisme des Monts du Lyonnais pour participer à un instameet à la découverte d’une partie de leur territoire. Le programme comportait différentes activités pour profiter de la campagne autour du joli village de Mornant (spoiler alert : la journée a été fabuleuse !). Je vous propose donc de me suivre dans ma découverte des Monts du Lyonnais, juste après un petit rappel géographique.
Panorama depuis le village de Riverie
Les Monts du Lyonnais, c’est où ?
Très honnêtement, c’est la première question que je me suis posée quand j’ai reçu l’invitation. Je situais vaguement les Monts du Lyonnais juste en dessous du Beaujolais, à l’ouest de Lyon. En me renseignant, j’ai découvert qu’en fait, la zone descend beaucoup plus bas, quasiment jusqu’à la vallée du Gier (Mornant est à une dizaine de kilomètres de Givors). C’est aussi beaucoup plus près de chez moi que ce que j’imaginais. Je me suis aussi rendue compte que lorsque j’étais étudiante, en stage dans la région lyonnaise, j’avais carrément tourné autour des Monts du Lyonnais sans jamais vraiment y aller, ou du moins sans jamais vraiment me rendre compte que j’y étais. Je me souviens par exemple que le vendredi soir en sortant de mon stage, je prenais la voiture pour aller faire mes courses dans un centre commercial à Saint Genis Laval. De fait, je passais donc dans les Monts du Lyonnais. De même, j’étais allée voir les superbes arches de l’aqueduc du Gier à Chaponost, sans les situer dans les Monts du Lyonnais. Comme quoi, on ne connait pas forcément bien les lieux à côté desquels on vit (mon stage avait tout de même duré 6 mois !).
Le Croissant Fertile, paysans boulangers
Mais cette fois, je sais où je vais et c’est un peu avant midi que j’ai rejoint le groupe à la ferme du Croissant Fertile à Mornant. Pour les autres, la journée avait commencé par une balade en trottinette électrique à laquelle je n’ai pas participé (si vous vous souvenez, j’avais fait une balade sur ce type d’engin déjà et était arrivée à la conclusion que ce n’est pas une activité que j’avais envie de pratiquer à nouveau, mais de l’avis général la balade matinale autour de la chapelle Saint Vincent de Saint Laurent d’Agny était vraiment sympa). Après les retrouvailles avec les copains Eclaireurs pour Partir-Ici.fr et avoir fait connaissance avec les quelques autres instagrameurs présents, nous avons suivi une visite de la ferme.
Denis et Honorine sont paysans boulangers. Ils cultivent des céréales sur leur ferme bio qu’ils transforment ensuite eux-mêmes en pain qu’ils vendent en circuit court. C’est Honorine qui nous guide dans notre découverte de leur activité. Elle commence par nous expliquer les origines de la culture des céréales, de la référence du nom de la ferme à cette région d’Asie Mineure où la domestication des blés a eu lieu et de la façon dont les blés ont évolué. Elle nous parle de comment les gros industriels ont pris la main sur la culture céréalière en France après la 2e guerre mondiale quand il a fallu nourrir toute la population avec une main d’œuvre diminuée, comment la mécanisation à outrance et l’utilisation d’engrais chimiques a conduit à un cercle infernal de sélection drastique des blés sur leurs caractéristiques génétiques pour répondre aux enjeux des grandes exploitations céréalières, comment une « variété » est devenue peu à peu une uniformité et comment certains paysans ont choisi de revenir à des cultures plus empiriques et respectueuses. Honorine nous montre aussi les différences entre les céréales cultivées sur la ferme : blés, seigle et sarrasin.
Honorine de la ferme du Croissant Fertile à Mornant
Ensuite, Honorine nous emmène dans sa forêt jardin où du blé a été planté pour nous donner un aperçu d’à quoi ressemblent leurs champs. On découvre donc des blés de population (donc des blés mélangés, pas une variété unique) bien verts à cette période de l’année. On constate que tous les pieds ne sont pas à la même hauteur et que les épis ont des différences. Honorine nous montre aussi les fleurs du blé (j’ai donc appris que le blé fleurit, ce qui lorsqu’on y réfléchit est assez logique si on veut obtenir des grains).
Blés de populationBlé en fleurs
Puis, nous revenons vers la ferme pour qu’Honorine nous parle des étapes à partir de la moisson. On croise d’ailleurs la moissonneuse-batteuse, une vieille dame qui a une cinquantaine d’années et que Denis a remis en état et entretient. Puis, nous jetons un œil aux silos, tandis qu’Honorine nous donne des explications sur le stockage et la conservation des grains ainsi que sur la vis sans fin. Nous passons ensuite dans la meunerie où deux fois par semaine, le blé est écrasé avec une meule de pierre, puis tamisé pour séparer le son de la farine. Enfin, nous passons dans le fournil pour les dernières informations sur la fabrication du pain et le levain. Ce qui frappe en entrant, c’est avant tout la bonne odeur de pain qui se dégage, mettant tout de suite l’eau à la bouche. Et cela tombe bien car nous terminons par une dégustation des pains de la ferme : ils sont absolument délicieux (j’en ai d’ailleurs acheté 1 kg, et il n’a pas fait long feu une fois de retour à la maison : ramené le samedi soir, le lundi après le petit déjeuner, il n’en restait plus. Nous étions trois !).
dans le fournil, les panières sont bien rangées en attendant la prochaine fournée de paindans le pétrin, quelques pains cuits la veille nous attendent
Un repas frais et local
Après cette mise en bouche, il était temps de passer au repas. Et il faut dire que l’office de tourisme des Monts du Lyonnais nous a bien gâtés. Ils avaient dressé des tables à l’ombre, sous la grange de la ferme (car au milieu d’un mois de mai bien pluvieux, nous avons bénéficié d’une journée de grand soleil !). Il y en avait pour tous les goûts : des tartes et salades préparées par Alice au Pays(un traiteur mornantais que je connaissais car il livrait des plats dans un magasin à côté du bureau à Lyon), ainsi que des fromages, des charcuteries, des tartinades, des cerises et des jus de fruits de producteurs locaux achetés à la boutique Uniferme, juste à côté de Mornant (j’y ai d’ailleurs fait un arrêt en repartant pour acheter des fraises, du jus de fruits, de la confiture et du fromage).
Tarte salée et charcuteriesPlateau de fromages
Riverie, petite cité de caractère
Après le repas, nous avons pris la route direction le village de Riverie qui a été classé en 2017 « petite cité de caractère ». Quand on arrive sur place, on comprend rapidement pourquoi. Riverie est en effet un village médiéval plein de charme. Accueillis par un des adjoints au maire, nous avons pu profiter d’une belle promenade dans les ruelles et le long du chemin de ronde. Les voitures sont limitées dans le bourg à celles des riverains et c’est ainsi très agréable de flâner en admirant les jolies façades. Quant aux vues depuis le chemin de ronde, elles sont époustouflantes et on n’a aucun mal à imaginer pourquoi une place forte avait été installée ici au Moyen-Âge. Par temps dégagé, on voit les Alpes, des Ecrins au Mont Blanc. On devine aussi très bien l’agglomération lyonnaise, située à une trentaine de kilomètres.
Le village de Riverie est très fleuri
Depuis le village, les vues panoramiques sont nombreuses
Riverie est située au cœur des Monts du Lyonnais, dans un écrin de verdureDepuis le village, apercevoir les AlpesDepuis le chemin de ronde, on voit bien l’agglomération lyonnaise et on devine même la forme du Crayon sur la gauche
Le château de Riverie, chambres et table d’hôtes
En milieu d’après-midi, nous étions attendus au château de Riverie avec les Eclaireurs pour une présentation des Gites de France de la région Auvergne Rhône Alpes et de leur partenariat avec Partir-Ici.fr. Le château de Riverie propose des chambres et une table d’hôtes, labellisées Gites de France. Nous avons pu jeter un œil à quelques-unes des chambres, et cela m’a donné très envie d’y séjourner. Morena et Stéphane ont su aménager les lieux dans un style en adéquation avec le bâti, dans un esprit très cosy chic. Leur jardin est un havre de paix d’où l’on bénéficie d’une vue sur le village et tous les environs. Stéphane, qui est cuisinier de métier (et « toque blanche » dans le cadre de son emploi), propose chaque soir un repas à base de produits frais et locaux. Pour nous, il avait préparé un superbe goûter, servi dans le jardin. Nous nous sommes régalés et avons apprécié passer ce moment à discuter à l’ombre des grands arbres.
Dans la cour du château de Riverie
Le château de Riverie est très accueillant
Dans le jardinvue sur les toits du village depuis la terrassele buffet du goûter regorge de produits frais et locaux
Certains de mes camarades sont ensuite partis à la chasse aux Gnolus dans le village de Riverie afin de le découvrir de façon un peu plus approfondie. Je devais pour ma part reprendre la route vers la maison afin de retrouver Melle 3e. Mais cet avant-goût des Monts du Lyonnais m’a donné très envie d’y revenir. De plus, avant le rendez-vous à la ferme du Croissant Fertile, j’avais fait un saut au bureau de l’office de tourisme de Mornant et la conseillère m’a donné plein d’autres idées de séjours et balades dans les environs ! (Je vous l’ai déjà dit mais les offices de tourisme sont le meilleur endroit pour récupérer des informations tant sur les lieux à ne pas manquer que sur des pépites méconnues)
La basse-cour de la ferme du croissant fertile
Mornant & Riverie – Rhône – mai 2024
(*) Vous l’avez compris, cette journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée). J’ai été sincèrement surprise par la beauté des paysages et la diversité des activités et lieux à découvrir dans ce secteur des Monts du Lyonnais. C’est un coin de ma région qui est peu connu mais qui mérite qu’on y prête attention.
Avec Melle 3e, nous avons profité du pont de l’Ascension pour passer une journée à Lyon. Nous en parlions depuis un moment sans jamais trouver le temps dans nos plannings (chargés) respectifs. Nous avons finalement trouvé un créneau ce vendredi entre jours fériés et week-end. Nous avions en particulier envie de voir l’exposition du festival d’art AiRT de Famille, mais aussi de nous balader dans le Vieux Lyon ou au Parc de la Tête d’Or. Nous avons pris le train assez tôt le matin à Valence, et à notre arrivée à Lyon, nous sommes parties en direction des Terreaux pour prendre un café en terrasse au soleil. L’exposition que nous avions repérée n’ouvrant qu’une heure plus tard, nous avons décidé de traverser la Saône.
La monumentale fontaine Bartholdi sur la place des Terreaux
Flâner dans le Vieux Lyon
Nous sommes parties un peu au hasard des rues du Vieux Lyon. Nous n’avions rien de précis à y faire ou voir. Nous avons flâné, en admirant les façades Renaissance. Nous avons évoqué l’histoire du quartier et comment il a failli disparaître dans les années 1960 avant de devenir le premier secteur sauvegardé de France en 1964, puis d’être classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998. Nous évitons au maximum la rue Saint Jean, prise d’assaut par les visiteurs. Nos pas nous mènent jusqu’au Musée Gadagne où nous regardons l’horloge sonner 11.00 et admirons la cour.
La cour du Musée Gadagne
Puis, nous allons jusqu’à la primatiale Saint Jean dans l’espoir de voir l’horloge astronomique, mais elle est actuellement en cours de restauration. Nous en profitons toutefois pour monter jeter un œil au trésor de la cathédrale, dont je ne connaissais pas l’existence. Tapisseries, marbres anciens finement sculptés, vêtement liturgiques lourdement brodés d’or et objets d’orfèvrerie réalisés entre le Moyen-Âge et le XIXe siècle y sont exposés. La pièce est petite mais néanmoins très intéressante. Après cette découverte, il est temps pour nous de déjeuner, et notre choix s’est porté sur Food Traboule, le food court du Vieux Lyon.
Dans la nef de la cathédrale Saint JeanDans la salle du trésor de la cathédrale
Profiter d’une exposition d’art
Après déjeuner, nous avons retraversé la Saône en direction des Terreaux pour découvrir l’exposition de la 3e édition du festival artistique AiRT de Famille. J’avais loupé les deux précédentes éditions et quand j’ai aperçu les premières photos de celle-ci sur les réseaux sociaux, j’avais noté dans mon agenda de prendre le temps d’aller à Lyon pour la voir. Cette année, cela se passe dans la Galerie des Terreaux, un ancien passage du XIXe siècle qui a abrité une galerie commerciale ensuite et est fermé depuis bientôt 30 ans. Je me souviens y avoir vu des expositions dans le cadre du off de la biennale d’art contemporain en 1997.
I close my eyes and use my recollection – par Mynah et Myeh – Festival AiRT de Famille 2024
Issus du programme d’incubation omart (un projet qui vise à rendre accessible à tous l’art et accompagner les artistes émergents lyonnais), une trentaine d’artistes participe à cet acte 3 du festival. Chacun a investi une pièce différente de la galerie et y a créé une œuvre en 3 dimensions. Ainsi, sur plus de 1000 mètres carrés, les scénographies immersives se succèdent (ce qui n’est pas sans nous rappeler les chambres de l’Hôtel 128 à Street Art City). On navigue d’un univers à l’autre au fil de l’ancienne galerie commerciale. Comme à chaque fois, certains univers nous interpellent, nous parlent tandis que d’autres nous laissent perplexes ou indifférents.
Pool land – par Dorothée Richard – Festival Airt de Famille 2024 J’ai particulièrement aimé l’utilisation complète de l’espace qui a été faite par l’artisteBienvenue en Oregon – par Nicolas Badout – Festival AiRT de Famille 2024 Coup de coeur pour l’immersion dans un décor de bande dessinée en noir et blancPapillon monarque – par Boun Ka – Festival AiRT de Famille 2024 Là aussi, une très belle utilisation de l’espace, entre chaos et structurationL’île de Siam – par Gaspard Mariotte – Festival AiRT de Famille 2024 Une plongée onirique dans un décor exotiqueL’île de Siam – par Gaspard Mariotte – Festival AiRT de Famille 2024 Il est possible de feuilleter le carnet de voyage de Gaspard Mariotte qui lui a inspiré cette mise en espace
Visiter le Musée des Beaux Arts
Après l’exposition, nous avons choisi de traverser la place des Terreaux pour explorer une autre facette de l’art : direction le Musée des Beaux Arts. Situé dans un ancien couvent, le palais Saint Pierre, le musée se déploie sur 2 étages entourant un joli petit jardin. Ce coin de verdure est un véritable havre de paix agrémenté de sculpture. Il suffit d’y pénétrer pour ne plus entendre les bruits de la ville qui l’entoure.
Dans le jardin du musée des Beaux Arts
L’ensemble est assez labyrinthique et s’il est possible de télécharger le plan (des QR Codes sont présents à cet effet un peu partout dans le musée), j’aurais aimé que de temps à autre, des panneaux indiquent sur un plan à quel endroit nous étions afin d’aider à se repérer. J’ai aussi moyennement aimé la muséographie de certaines salles. Entre les murs couleur « gris avec traces » et la rangée de trous à intervalles réguliers pour déplacer les cartels sous une verrière zénithale opacifiée par le temps et les dépôts, j’ai eu l’impression de me trouver sur un chantier inachevé. Dans d’autres salles, ce sont les éclairages qui m’ont un peu gâché l’expérience avec les grandes ombres portées qu’ils projetaient sur les tableaux exposés. Cependant, l’ancienne chapelle où sont présentées les sculptures permet d’en apprécier les détails, et d’autres salles jouent avec les perspectives pour mieux mettre les tableaux en valeur. Quoi qu’il en soit, les collections du musée par contre méritent largement qu’on s’y arrête. Que ce soit en sculpture ou en peinture, le musée propose au visiteur des œuvres à la fois d’artistes majeurs (Renoir, Pissaro, Gauguin, Manet, Monet, Degas, Rodin, Bourdelle, Maillol, Hubert Robert entre autres) ou plus locaux (dont Fantin-Latour, Alexandre Séon, Puvis de Chavanne ou encore Albert Gleizes).
Eurydice piquée sur les bords du Pénée– Jean-François Legendre-Héral (1822) – détailBeatrix par Joseph Fabisch (1854) – détail du drapé de la robeBeatrix par Joseph Fabisch (1854)Alignement de grands maîtresLe poème de l’âme. L’Idéal – Louis Janmot (1968) & perspectiveJeu de perspectivesCollections de peinture
Se mettre au vert au Parc de la Tête d’Or
Après ces découvertes artistiques (et un bon goûter sur les pentes de la Croix Rousse), nous avons eu envie de profiter du grand soleil pour faire un tour au Parc de la Tête d’Or, qui avec ses 105 hectares est l’un des plus vastes parcs urbains de France (à titre de comparaison, le parc Jouvet de Valence fait 7 hectares et celui du Thabor à Rennes 10 hectares). Nous avons donc pris le métro et fait quelques centaines de mètres à pied avant de franchir les grandes grilles. La chaleur du jour nous a fait éviter les serres (qui sont pourtant magnifiques). Nous nous sommes promenées dans les allées du jardin botanique et avons fait le tour de la roseraie historique. Nous souhaitions aller voir la grande roseraie et comptions pour cela traverser le lac par les îles mais des zones de travaux ne nous le permettaient pas. Compte tenu de la taille du lac (et des nombreux kilomètres déjà parcourus à pied), nous avons renoncé à en faire le tour. Nous avons donc flâné au bord de l’eau puis dans des allées à l’ombre avant de retourner au métro en direction de la gare pour prendre un train et rentrer à Valence.
Dans le jardin botaniqueDans la roseraie historiqueDans la roseraie historiqueDans la roseraie historiqueAu bord du lac
Lyon – Rhône – mai 2024
Informations pratiques & bonnes adresses :
Trésor de la cathédrale Saint Jean – place Saint Jean, Lyon 5e (Vieux Lyon) – accès par un escalier donnant à droite de l’entrée de l’église – gratuit
Food Traboule – 22 rue du Boeuf, Lyon 5e (Vieux Lyon) – réservation conseillée, sinon, il est préférable d’arriver en tout début de service. Edit du 07/03/2025 : Food Traboule a définitivement fermé ses portes début 2025.
AiRT de Famille, acte 3 – galerie des Terreaux, entrée par la rue Lanterne, Lyon 1er – jusqu’au 21 juin 2024 – payant
A chacun sa tasse – 2 rue du Griffon, Lyon 1er (pentes de la Croix Rousse) – l’endroit idéal pour un goûter avec un joli choix de boissons et pâtisseries maison
Parc de la Tête d’Or – plusieurs entrées possibles dont la porte du Lycée avenue Verguin, la porte de la Tête d’Or avenue des Belges et la porte des Enfants du Rhône place du Général Leclerc – Lyon 6e – gratuit
Si vous voulez d’autres idées pour un séjour à Lyon, je vous propose :
un tour à Lugdunum, les ruines gallo-romaines de la colline de Fourvière
la biennale d’art contemporain, dont la prochaine édition aura lieu du 21 septembre 2024 au 5 janvier 2025 (et dont j’espère bien avoir l’occasion de vous reparler cet automne)
l’un des nombreux musées de la ville, comme par exemple le Musée d’Art Contemporain ou celui des Confluences
un repas dans un bouchon pour découvrir les plats typiquement lyonnais
un tour aux Halles de Lyon pour faire vos provisions chez les meilleurs artisans de bouche de la ville