[Ardèche] Balazuc, une journée en famille entre balade et fossiles

Vers la mi-mai, avec Mr 1er, nous avons mis nos réveils un dimanche matin pour avoir le temps d’aller explorer Balazuc, avant qu’il ne reprenne le train pour rentrer à Aix-en-Provence. Le but principal de notre visite était d’aller voir le Museum de l’Ardèche que j’avais été invitée à venir découvrir, mais nous en avons profité pour un avant goût d’été au bord de la rivière et un tour dans le joli village.

un village perché
Vue sur Balazuc depuis le pont sur la rivière

L’un des plus beaux villages de France

Au bord de la rivière Ardèche

Pour venir à Balazuc, nous avons suivi les indications du GPS. Depuis la plaine de Valence, il nous a fait passer à proximité d’Aubenas, puis nous avons bifurqué sur une toute petite route. Longeant un petit ravin, nous sommes arrivés sur la rive opposée de celle où le village est bâti et avons donc bénéficié d’une très belle vue sur celui-ci. (Attention, la circulation sur cette route fait l’objet de restrictions, renseignez-vous au préalable). Comme nous étions très tôt, nous avons vu trouver un stationnement sur le parking du bas du village. De là, nous sommes revenus à pied vers le pont pour profiter plus sereinement du point de vue. Nous sommes ensuite descendus au bord de la rivière. A cette heure matinale, nous étions seuls sur la plage.

des falaises arborées bordent une rivière
Sur la droite, on aperçoit le contrefort de la route par laquelle nous sommes arrivés
des falaises arborées bordent une rivière
Nous avons pris le temps de regarder et d’écouter la rivière, nous faisant surprendre par quelques grenouilles à nos pieds
des falaises arborées bordent une rivière
l’Ardèche passe au pied du village de Balazuc

Au fil des rues

Comme il était encore un peu trop tôt pour aller au Museum de l’Ardèche, nous avons décidé d’explorer les ruelles du village médiéval plutôt que le traverser en longeant la rue principale, percée au XIXe siècle à coups de dynamite. Nous arpentons de pittoresques petites rues qui passent parfois sous les maisons. Nous longeons une petite grotte bordée d’un passage souterrain. Figuiers et mûriers prodiguent une ombre qui sera bienvenue au cœur de l’été. Nous déambulons dans les calades (en faisant attention à ne pas glisser car Mr 1er a une entorse du genou et j’ai moi-même une cheville récalcitrante). J’étais déjà venue à Balazuc en 2017 avec Mr 2e et Melle 3e et nous étions monté sur le toit de l’église romane pour profiter de la vue. Compte tenu de l’état du genou de Mr 1er, nous n’irons pas cette fois, mais si vous passez à Balazuc, je vous le recommande.

une calade souterraine relie deux ruelles du village de Balazuc
Certaines calades ont été creusées dans le rocher
un passage couvert public sous une maison
les calades passent parfois sous les maisons
une place du village, entourée de végétation
Olivier, figuier, laurier rose : la végétation est très méridionale dans ce secteur de l’Ardèche

Le Museum de l’Ardèche

Tout en prenant notre temps, nous sommes arrivés au Museum de l’Ardèche à l’heure de l’ouverture matinale. Ne sachant pas vraiment à quoi nous attendre, nous avons été surpris par la modernité du bâtiment.

le bâtiment d'accueil du muséum de l'Ardèche
J’ai eu un coup de coeur pour les lettres métalliques servant d’enseigne au Museum, à la fois massives et élégantes. On ne peut pas les manquer et en même temps, elles s’inscrivent parfaitement bien dans l’environnement.

Un atelier « fouilles »

En arrivant, nous avons découvert que mon invitation nous donnait accès à un atelier Fouilles. Il y en avait justement un à 10.00, juste à l’ouverture. Nous avons donc commencé notre visite par l’atelier. Nous avons eu de la chance car nous étions seuls pour y participer. Le médiateur nous a emmenés sur l’arrière du bâtiment, à flanc de coteau. Là, sept bacs de fouilles représentent autant de milieux naturels que l’on peut croiser en Ardèche : pouzzolane, calcaire, granit, etc. Au bord de chaque bac, un panneau explique les minéraux et fossiles qu’il est possible de trouver dans le milieu naturel ardéchois correspondant, ainsi que sa localisation dans le département.

L'ombre d'un squelette de T-rex devant un squelette de tricératops
L’ombre du squelette du T-rex est projetée par le soleil au pied du squelette du tricératops (ces deux squelettes sont des moulages en bronze à taille réelle)

Notre mission est simple : nous avons une heure pour fouiller les sept bacs et y trouver fossiles et minéraux. Si le concept peut paraitre enfantin, je dois avouer qu’il est très facile de se prêter au jeu. Ainsi, avec Mr 1er, nous avons bien consciencieusement gratté chacun des bacs pour trouver un exemplaire de chacun des minéraux et fossiles qu’il était possible d’y trouver. Et si certains sont simples à repérer, d’autres demandent un peu plus de patience et d’attention. Le médiateur passe voir de temps en temps comment nous nous en sortons et nous aide un peu pour ceux que nous peinons à retrouver. Le temps qui nous était imparti a filé à toute vitesse, preuve que nous ne nous sommes pas ennuyés. Et nous avons eu la satisfaction d’avoir trouvé chaque minéral et chaque fossile indiqués sur les panneaux. En plus, nous repartons avec chacun nos trouvailles pour agrandir notre collection de petits trésors (qui pour ma part compte déjà quelques fossiles en particulier du pont aux étoiles de Rompon, et pas mal de coquillages et petits cailloux).

la main d'une personne qui cherche des petits fossiles au milieu de cailloux
Mr 1er en pleine fouille

La collection de fossiles

Après l’atelier Fouilles, nous sommes retournés à l’intérieur du Muséum pour découvrir la collection de fossiles. Nous avons un temps hésité à faire la visite libre, mais avons opté pour la visite guidée, sans regret. Le médiateur présente en effet de nombreuses images des animaux reconstitués que l’on peut par ailleurs découvrir en version fossile. La période balayée va du Cambrien il y a 541 millions d’années jusqu’à l’apparition des premiers hommes il y a 2 millions d’années. La diversité des espèces est donc très impressionnante. Environ 800 fossiles sont présentés dans l’exposition, dont la plus grande partie a été trouvée en Ardèche.

la salle du muséum présente de nombreux fossiles dans une scénographie moderne et lumineuse
Aperçu des fossiles du Muséum de l’Ardèche

A l’origine du Muséum de l’Ardèche, on trouve la passion d’un homme, Bernard Riou, pour la paléontologie qu’il a découverte en trouvant des ammonites dans les champs familiaux. Il explore les zones fossilifères autour de La Voulte sur Rhône d’où il est originaire. Et c’est en 1982 qu’il fait une énorme découverte : la plus vieille pieuvre connue au monde. A la suite de cela, il va continuer à chercher des fossiles, multipliant les découvertes originales, comme une jument hipparion gravide ou encore la plus ancienne châtaigne d’Ardèche (un vrai clin d’œil à ce fruit emblématique du département). Il constitue ainsi une énorme collection privée, et ouvre un premier espace muséographique à La Voulte. Il y a une quinzaine d’années, Emmanuelle, la fille de Bernard Riou, et Mehdi son mari lancent une entreprise de médiation scientifique axée sur les sciences naturelles. Très vite, l’idée d’un nouvel espace muséal proposant des actions de médiation émerge. La localisation est choisie en raison de sa proximité avec les Gorges de l’Ardèche et de leur flux touristique. Le Muséum de l’Ardèche est né. Il est inauguré en 2016. Aujourd’hui, il est devenu un incontournable de la région. Et, après l’avoir visité, vu la richesse et la diversité des collections, et apprécié la qualité de la médiation, instructive tout en restant ludique, je comprends aisément pourquoi. Mr 1er, qui m’accompagnait, apprécie depuis tout petit les fossiles (sa passion pour les dinosaures n’a pas vraiment cessé !). Il a, tout comme moi, été surpris de la quantité et de la qualité de ceux qui sont montrés au Muséum de l’Ardèche. Nous sommes arrivés curieux et intrigués et sommes repartis enchantés !

Collection de fossiles

(*) Vous pouvez retrouver les horaires d’ouverture, les tarifs, ainsi que le programme des différentes animations sur le site internet du Muséum de l’Ardèche.


Balazuc – Ardèche – mai 2025


Après la visite du Muséum de l’Ardèche, nous avons juste déjeuné en terrasse avant de repartir vers Montélimar et sa gare pour y déposer Mr 1er. Si vous avez un peu plus de temps, vous pouvez :

  • Profiter de la plage de Balazuc pour une baignade
  • Louer un kayak pour une balade sur la rivière
  • Aller vous promener le Vieil Audon, un hameau de Balazuc géré en coopérative
  • Partir un peu plus loin pour découvrir les autres jolis villages du secteur comme Vogüé (à 10 km) ou Labeaume (à 13 km),
  • Parcourir les gorges de l’Ardèche (le Pont d’Arc est à 23 km)
  • Visiter des grottes, par exemple l’Aven d’Orgnac (à 37 km) ou la Grotte Chauvet 2 (à 25 km)
au premier plan un village ancien, au second plan des falaises calcaires avec une tour de guêt
Vue sur la tour de la Reine Jeanne depuis le village de Balazuc


A noter : j’ai été invitée par le Muséum de l’Ardèche pour venir découvrir leurs activités, dans le cadre d’une collaboration commerciale non rémunérée. J’ai réellement apprécié l’expérience et la découverte, tout comme Mr 1er. Nous étions arrivés très perplexes (surtout après avoir vu à Ottawa et Toronto des fossiles de dinosaures), et nous sommes repartis entièrement convaincus par la qualité à la fois des collections et de la médiation.

[projet 52-2025] semaine 23 – château

Cette semaine, le projet 52 nous propose de découvrir un château. Si vous me suivez depuis un moment, vous devez déjà savoir que j’aime beaucoup le patrimoine et que donc je visite souvent des châteaux. Parmi mes plus récentes (re)découvertes, je peux citer Grignan, Aubenas, Dinan, Fougères, ceux de la forêt de Brocéliande ou encore les nombreux lieux visités lors de mon road-trip Châteaux & Chevaux de l’été dernier en Sologne et en Anjou. Et puis, il y a aussi tous les manoirs et autres petits châteaux que je peux croiser au hasard de mes balades, ceux ruinés qui dominent les villages autour de chez moi, celui de Crussol que j’aperçois quotidiennement, ou bien la Tour de Crest qui marque la jonction du Vercors et de la vallée de la Drôme. Autant dire que je n’ai que l’embarras du choix !

Cependant, j’avais envie de vous proposer un château dont je n’ai pas encore parlé ici. Il y a quelques semaines, je suis retournée visiter le château de Tournon, ce que je n’avais pas fait depuis les premiers temps de mon installation dans la région. La silhouette massive du bâtiment domine la ville et surveille la vallée du Rhône (vous pouvez l’apercevoir dans mon article sur un jardin tournonais dorénavant fermé). La photo que j’ai choisie cette semaine montre le logis, situé au sommet du château et entouré de terrasses panoramiques.

le logis en pierres d'un château


Si vous voulez découvrir comment les autres participants vivent la vie de château, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : je passe la journée avec des copains, et je n’aurai pas du tout le temps de passer sur l’ordinateur. Aussi, les commentaires qui seraient partis en modération et n’apparaitraient pas immédiatement seront validés à partir de demain dimanche. Il est inutile de les renvoyer.

[Ardèche] avec LivMyLife, j’ai expérimenté le quotidien d’une productrice de plantes

Mi-mai, j’ai passé une journée à partager le quotidien de Fanny, une productrice de plantes sur les hauteurs de Tournon en Ardèche. C’est à l’invitation de Maia, à l’origine du projet LivMyLife, que j’ai pu vivre cette expérience en immersion. Venez, je vous emmène découvrir ce beau projet et mon expérience concrète.

au premier plan un champ dans lequel le foin vient d'être coupé et sèche, en arrière plan des silhouettes de montagnes
Depuis la ferme de Fanny, on découvre un panorama somptueux

LivMyLife, c’est quoi ?

Je suis certaine que vous connaissez le principe du « vis ma vie ». Il s’agit d’avoir la possibilité, pendant un ou plusieurs jours, de se plonger dans le quotidien de quelqu’un d’autre. Si ce principe est assez répandu dans le monde de l’entreprise, par exemple pour découvrir le quotidien de collègues qui font d’autres métiers que le sien, il est parfois compliqué de trouver des professionnels pour le faire dans le monde artisanal ou agricole. Or, nombreux sont ceux qui aimeraient avoir un aperçu concret d’un métier, que ce soit parce qu’ils envisagent une reconversion ou par simple curiosité.

logo LivMyLife Expérience

Partant de ce constat, Maia a imaginé Livmylife, un concept de plateforme pour mettre en contact des Généreux qui ouvrent leurs portes et des Curieux qui viennent découvrir. Le but est de favoriser les échanges, en permettant aux Généreux de partager leur passion et aux Curieux de faire le plein d’idées inspirantes. Quand Maia m’a contactée, et m’a présenté ce projet, j’ai tout de suite aimé le concept, et me suis portée volontaire pour le tester.

Capture écran de la page de recherche d'une offre sur le site internet LivMyLife.net
Capture écran du site internet https://livmylife.net/ faite le 16/05/2025

Après une recherche sur le site internet de LivMyLife pour choisir le stage en immersion qui me convenait, j’ai contacté Fanny qui produit des plantes sur les hauteurs de Tournon. Il y avait d’autres propositions très intéressantes mais j’avais comme critère que ce ne soit pas trop loin de la maison, et l’univers des plantes m’intéresse beaucoup. Suite à quelques échanges, nous avons convenu avec Fanny d’une date pour que je vienne sur sa ferme découvrir son quotidien.

Mon expérience en immersion chez Fanny, productrice de plantes

Une matinée au champ

Le rendez-vous était donné à l’atelier de Fanny vers 9.30. Nous sommes d’ailleurs arrivées pile en même temps, chacune par un côté de la route différent. Nous avons commencé par faire connaissance autour d’un tisane, issue des préparations de Fanny, et en avons profité pour discuter du planning de la journée et de mes attentes. Nous avons ensuite pris la direction du champ voisin où poussent les différentes plantes utilisées par Fanny pour leurs vertus, que ce soit dans ses infusions ou dans ses macérations cosmétiques. Notre première tâche était le désherbage des échinacées. Fanny a commencé par me montrer quelques plantes et me faisant découvrir aussi leurs odeurs. Puis nous avons commencé à arracher les herbes qui venaient étouffer les échinacées en pleine croissance, installées côte à côte et profitant de ce moment pour discuter.

Après une petite heure de désherbage, nous avons récupéré un panier et des épinettes pour aller cueillir le sureau en fleurs. Nous sommes partis dans les champs en pente derrière la ferme où le voisin de Fanny fait pâturer des chevaux (que nous n’avons pas croisés ce jour-là). Tout en navigant dans les ronces et les orties, nous avons coupé plus de 700 grammes de fleurs. Une fois le panier plein, nous sommes revenues vers la ferme pour mettre notre récolte à sécher. Fanny en a profité pour m’expliquer le fonctionnement de son séchoir qui tire partie de la chaleur du soleil via une tôle et une circulation d’air naturelle.

Un après-midi au labo

Avant de faire la pause déjeuner, nous avons déplacé un peu de matériel et de plantes séchées dans une petite salle à proximité en prévision de l’atelier que Fanny devait mener le surlendemain. Après le repas que nous avons partagé, nous avons fait des tâches à l’intérieur. Nous avons commencé par la mise en flacons d’un macérat huileux d’immortelle. Après m’avoir montré, Fanny m’a laissé faire. Et je dois avouer que cela demande beaucoup de précision pour remplir correctement des petits flacons de 15 millilitres. Une fois préparée la quarantaine de flacons dont Fanny avait besoin, nous avons débuté la préparation d’un mélange pour infusion avec des orties, du romarin, et de la menthe. Nous avons manqué de temps pour mélanger les plantes mais nous avons découpé les orties en plus petits morceaux, en particulier les tiges (que Fanny conserve dans son infusion car elles sont pleines de vertus). Après cela, il était temps de redescendre dans la vallée du Rhône pour notre dernière tâche de la journée. Fanny m’a emmenée réapprovisionner son rayon dans un des magasins de producteurs où elle distribue ses produits.

L’huile à l’immortelle était très d’une couleur dorée, et son odeur très parfumée.

Ce que j’ai pensé de mon expérience LivMyLife

J’ai réellement apprécié cette journée avec Fanny. Nous avons passé la plupart du temps à discuter. Fanny m’a donné plein d’explications très claires sur son métier, la façon dont elle travaille, et les vertus des plantes qu’elle utilise. Mais surtout, nous avons beaucoup échangé autour de nos parcours de vie respectifs. J’ai trouvé ces échanges vraiment très enrichissants. Fanny a su orienter la journée en fonction de mes aspirations, et je n’ai aucun doute qu’elle aurait pu mener la journée tout autrement si j’avais souhaité avoir plus de détails sur l’une ou l’autre facette de son métier.

Concernant le projet LivMyLife, comme je l’ai écrit plus haut, j’ai tout de suite été convaincue par le concept. J’avais très tôt échangé par écrit et par téléphone avec Maia, que j’ai rencontrée en mars sur un salon. Son enthousiasme pour ce projet est hyper communicatif. Quant à la plateforme, je l’ai trouvée très simple à utiliser en tant que Curieux. Si à ce jour, le nombre de propositions de stage est encore limité, Maia cherche activement de nouveaux Généreux. Si vous êtes intéressés pour en faire partie, n’hésitez pas à contacter Maia via le site internet de LivMyLife afin qu’elle vous donne plus d’informations.

Liens utiles

  • Plateforme LivMyLife : pour découvrir les propositions des Généreux et réserver un stage
  • Le site de Fanny La Magie des Plantes : pour découvrir et acheter les produits qu’elle fabrique à partir des plantes qu’elle cultive ou ramasse.


Tournon – Ardèche – mai 2025


(*) J’ai été invitée par LivMyLife à participer au stage chez Fanny. Il s’agit donc d’une collaboration commerciale (non rémunérée). Mon avis et mon enthousiasme sont bien réels et reflètent très exactement l’expérience que j’ai vécue.

[Drôme] quand la nature déploie le tapis rouge

Chaque printemps, les champs, les bas côtés et autres terre-pleins se parent de pointes de rouge. Les coquelicots font leur grand retour. Et ce printemps 2025, nous avons été particulièrement gâtés autour de chez moi. Déjà, chaque jour, sur le trajet vers le bureau, je souris en voyant les coquelicots qui peuplent les bords de la route, même au cœur de la zone d’activités. Mais c’est par hasard, en empruntant une route de campagne que j’ai aperçu un grand tapis rouge. Zigzagant entre les champs, j’ai trouvé un chemin pour y accéder. Dans un champ de céréales, les coquelicots étaient si nombreux qu’ils formaient un véritable tapis rouge.

Champ de coquelicots
Quelque part entre les territoires de Valence Romans et de la Vallée de la Drôme

Drôme – mai 2025

[projet 52-2025] semaine 22 – en groupe

Le thème de cette semaine pour le projet 52 est En groupe, et il m’a posé quelques difficultés. J’ai en effet voulu l’illustrer avec une photo d’un groupe que j’aurais prise lors d’une activité partagée. J’ai donc cherché dans mes archives car je n’en ai pas fait de façon très récente. Mes balades et sorties sont généralement effectuées en famille, avec quelques amis en nombre restreint (pas en nombre suffisant en tous cas pour parler de groupe), ou en solo. Je participe cependant régulièrement à des évènements de type instameet où nous faisons donc des activités en groupe. Je suis donc allée explorer les photos que j’avais prises lors des plus récents : au rugby, à Saint Etienne, dans la campagne ardéchoise ou dans les Monts du Lyonnais. Mais je n’ai pas trouvé de photo qui représentait le fait d’être en groupe.

Finalement, je suis allée jeter un œil aux quelques photos que j’avais prises lors d’un séminaire professionnel l’an dernier. Nous étions à l’Alpe d’Huez, et une randonnée en groupe avait été proposée pour ceux que cela motivait. C’est à plusieurs centaines de personnes, et bien encadrés par une équipe de guides, que nous avions pris le départ en milieu de matinée pour une chouette balade sur l’alpage fleuri. Comme il s’agissait d’un évènement professionnel, je n’avais pas pris mon appareil photo (et je l’avais un peu regretté), mais je suis quand même revenue avec pas mal d’images dans mon téléphone. Coup de chance pour le thème de cette semaine, l’une d’elles montre une partie du groupe sur le chemin…

un groupe de personnes marche sur un sentier dans un alpage fleuri avec vue sur une montagne enneigée
Randonnée à l’Alpe d’Huez – Isère (juin 2024)


Pour découvrir ce que les autres participants font en groupe, il suffit de suivre les liens dans les commentaires

[Drôme] à la recherche des orchidées dans le Vercors- édition 2025

Après une première expédition en tout début de saison sur les bords du Rhône pour trouver des orchidées sauvages, j’ai profité d’un matin ensoleillé de mai pour filer dans le Vercors. Je vais généralement dans le même secteur, sur les hauteurs de Combovin et de Lozeron. Là, les orchidées sont nombreuses et faciles à repérer. J’en ai d’ailleurs vu beaucoup sur les bas-côtés de la route tout au long de la montée depuis la plaine de Valence. Comme l’année dernière, je vous propose quelques photos des variétés observées, en mode portfolio.

Autour de ces prairies, les orchidées sont nombreuses.

Les orchis singe

Je pense que les orchis singe sont les plus nombreuses orchidées que j’ai observées ce jour-là. Elles se plaisent bien sur les pentes du Vercors et fleurissent en nombre. Ce sont elles qui me servent de point de repère. Avec leur couleur rose un peu voyante, elles manquent de discrétion. Et, quand je commence à les voir un peu partout sur les bords des routes des piémonts du Vercors., c’est qu’il est temps de monter pour une « chasse aux orchidées ».

deux orchis singe
On en trouve de différentes tailles, mais il n’est pas rare de voir de grands spécimens
orchis singe
La forme des fleurs fait penser à des petits singes (un peu comme ceux du jeu SOS Ouistiti), d’où son nom
orchis singe
Orchis singe

Les orchis brûlés

Les orchis brûlés sont souvent plus discrets que les orchis singe. Je sais qu’il y en a dans ce secteur donc je les cherche du regard. Mais ils sont généralement tous petits et un peu cachés. Cette année cependant, j’ai eu le plaisir de trouver quelques individus de plus grande taille (une bonne vingtaine de centimètres de haut). En effet, ils peuvent atteindre jusqu’à une quarantaine de centimètres de haut, même s’ils en font généralement moins de vingt.

orchis brûlé
Orchis brûlés

Les orchis mâles

Avec leur jolie couleur violette et leur allure élancée, ils sont assez faciles à trouver même lorsque l’herbe est un peu haute. De plus, ils sont souvent en petit groupe. J’ai eu l’impression d’en voir plus cette année que les années précédentes.

Orchis mâles
un groupe de trois tiges d'orchis mâles
Orchis mâles
un orchis mâle au milieu des feuillages
Même un peu cachés dans les feuillages des ronces, on les repère assez facilement
un groupe de trois tiges d'orchis mâles
Orchis mâles
un groupe de cinq tiges d'orchis mâles
Orchis mâles

Les orchis pourpres

Cela faisait plusieurs années que je n’avais pas croisé d’orchis pourpre (je crois que cela remonte à 2021, lors d’une randonnée au pied du Vercors). J’avoue avoir d’ailleurs eu un peu de mal à les identifier. Par contre, je n’ai eu aucun mal à les voir : l’un des individus mesurait une bonne quarantaine de centimètres de haut. Leur particularité est qu’ils sont très foncés et portent beaucoup de macules pourpres sur leurs labelles.

orchis pourpre
Orchis pourpre
orchis pourpre
Orchis pourpre

Les orchis de Provence

Leur principale particularité des orchis de Provence, c’est leur couleur. En effet, la plupart des orchis qu’on trouve dans la Drôme sont dans des teintes de rose et de violet. Eux sont jaune pâle. Contrairement aux autres variétés que j’ai trouvé à plusieurs endroits dans le Vercors, je n’ai vu des orchis de Provence que dans le secteur du col Jérôme Cavalli. Il y a sont relativement nombreux même si leur couleur pâle nécessite de bien regarder pour les trouver. Ce sont par contre, je trouve, les moins faciles à photographier car leur couleur contraste peu avec le vert de l’herbe.

orchis de Provence
L’orchis de Provence est d’une jolie couleur jaune pâle

Bonus – profiter du paysage

Bien entendu, quand je vais chercher les orchidées sauvages, je ne manque pas non plus d’observer les environs, de profiter du chant des grillons et du vent dans les herbes, de sentir le soleil réchauffer le paysage. Ce n’est pas parce que je cherche des fleurs au ras du sol que je ne fais que ça. Lors de ma balade photographique sur la piste des orchidées dans le Vercors, j’ai fait une pause sur les hauteurs de Lozeron. J’aime beaucoup cet endroit, souvent très calme (encore plus depuis que la zone où il était possible de se stationner a été réduite car elle devenait un vrai camping avec de nombreux vans et camping-car ne respectant pas toujours ni les lieux ni les autres..). Et puis, la vue est superbe quand le temps est dégagé. Face à nous, la silhouette de l’immense synclinal de Saoû se dresse à l’horizon. Et si on fait un peu attention, il est aussi possible de voir le synclinal de Saint Pancrace, à Suze. Ce deuxième synclinal drômois, plus petit que celui de Saoû, est aussi beaucoup moins connu, coincé dans les paysages du Vercors environnant, entre les vallées de la Gervanne et de la Sye.

paysage de moyenne montagne avec une prairie au premier plan
Dans le fond, on voit nettement la silhouette du synclinal de Saoû
paysage de moyenne montagne avec une prairie au premier plan
La silhouette du synclinal de Saoû est dominée à gauche par les 3 Becs
paysage de moyenne montagne avec une prairie au premier plan
Dans le fond, on voit tout le synclinal de Saoû.
Sur la droite, on distingue les extrémités du synclinal de Saint Pancrace qui est en partie caché par un petit sommet arrondi.


Lozeron – Drôme – mai 2025


Rappel important : les orchidées sauvages sont des fleurs fragiles et protégées. Il est interdit de les cueillir. Afin de ne pas risquer de les piétiner, il est important de rester sur les chemins, ou comme ici, sur la route. En effet, toutes les fleurs photographiées dans cet article l’ont été sur le bas-côté d’une petite route de montagne assez peu passante.

[Drôme] la floraison des iris – édition 2025

Chaque printemps, je profite d’avoir la chance que des producteurs d’iris soient installés pas très loin de chez moi pour une balade pleine de couleurs. Cette année, pour la première fois depuis que je suis dans la Drôme, je ne suis pas allée voir les iris du Grand Barbu. En effet, Daniel a arrêté sa production d’iris à la fin de la saison dernière et l’ensemble de ses iris ont été repris par un autre producteur. J’avoue que le charme du petit vallon où il était installé m’a un peu manqué. En effet, les autres producteurs ont installé leurs plantations en plein champ alors que Daniel avait créé un vrai jardin.

iris de différentes couleurs en fleurs
dans un champ d’iris

Les iris du Val de Drôme

J’avais déjà deux ou trois fois eu l’occasion d’aller me promener dans l’immense champ des iris du Val de Drôme. Situé à Grâne, il bénéficie d’un joli point de vue sur les ruines du château de Chabrillan d’une part et sur le synclinal de Saoû d’autre part. En pleine campagne, on aperçoit cependant le champ depuis la « grande route » qui va de Crest à Livron. Il faut ensuite zigzaguer sur des petites routes pour arriver jusqu’à la ferme.

au premier plan, un champ d'iris multicolores et en arrière plan la silhouette du synclinal de Saoû
Champ d’iris avec vue…

Ce qui frappe en arrivant sur place, c’est cette immense étendue d’iris en fleurs. Le champ est immense et ne se visite d’ailleurs pas en entier : certaines parties sont réservées à la culture. Malgré tout, il y a de quoi passer un long moment à parcourir les allées entre les rangées d’iris. J’y ai passé quasiment une heure et demie, à admirer les fleurs de toutes les couleurs et à profiter du doux parfum de certaines variétés.

champ d'iris multicolores
Je suis passée un peu tôt dans la période de floraison et certaines variétés n’étaient pas encore fleuries. Le pic de floraison a eu lieu quelques jours après mon passage, après un peu de beau temps et de chaleur.

Je ne me lasse pas d’admirer la diversité des couleurs des iris.

Iris passion

Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller voir le jardin Iris Passion cette saison. Je vous laisse donc aller jeter un oeil aux photos du printemps dernier.


Grâne – Drôme – mai 2025


Des iriseraies autour de Valence : La floraison des iris touche à sa fin pour ce printemps et il faudra maintenant attendre le printemps 2026 pour pouvoir de nouveau visiter les iriseraies.

  • Iris du Val de Drôme – 400 chemin des Buffières, 26400 Grâne. L’iriseraie est ouverte gratuitement aux visiteurs durant toute la période de floraison. Pour connaître la période et les horaires de visite, il faut consulter le site internet de la pépinière.
  • Iris Passion – 665 route de Bourg-Les-Valence, lieu dit Les Blaches, 26320 Saint-Marcel-les-Valence. C’est le champ de Cédric qui a repris les iris de Daniel (anciennement iris du Grand Barbu à Chabeuil). Là aussi, le jardin est ouvert à la visite gratuitement durant la période de floraison. Il est conseillé de prévenir en amont de sa visite. Les informations pratiques sont disponibles sur le site internet d’Iris Passion.

[projet 52-2025] semaine 21 – regarder en arrière

Cette semaine, le thème du projet 52 est regarder en arrière. On peut l’illustrer de façon littérale, en regardant derrière soi ou en jetant un œil dans un rétroviseur. On peut également l’illustrer de façon plus métaphorique, en s’intéressant au passé, que ce soit le sien ou un passé collectif. Alors, j’ai choisi de me pencher sur les mais passés. Par exemple :
En 2020, après une période de confinement et alors que nous avions encore pas mal de restrictions de circulation, ma voiture a décidé de casser son moteur.
En 2016, j’emménageais dans ma maison actuelle, et pas une seule fois depuis je n’ai regretté mon choix de logement.
En 2013, nous adoptions Vador.

J’étais donc partie pour rechercher des photos de ces évènements du passé. C’est comme cela que je suis retombée sur un dossier qui contenait des cartes postales anciennes que j’avais numérisées (à l’époque, j’avais envisagé de faire une série en avant/après mais je n’en ai jamais eu le temps). Parmi ces cartes postales, il y a celle-ci d’une rue du village de mon enfance, prise dans les années 1940 au sortir de la guerre. Et si j’ai choisi cette image en particulier, c’est parce que mes grands-parents sont dessus. En regardant la façon dont ils se tiennent, je sais qu’ils sont en train de rire !

une photographie des années 1940 en noir et blanc d'une rue de village avec des commerces et des habitants


Pour découvrir comment les autres participants regardent en arrière, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : ce samedi, je le passe avec des copains que je n’ai pas vus depuis longtemps. Si vos commentaires ne s’affichent pas parce qu’ils sont partis en modération, je viendrai les valider dans la journée de dimanche, quand tout le monde sera reparti.

[Paris] des idées hors des sentiers battus pour s’occuper même quand il pleut

Pendant les vacances de printemps, nous avons passé deux jours à Paris avec Melle 3e. Malheureusement, la météo n’a pas été très favorable et nous avons eu beaucoup de pluie, surtout le premier jour où il fallait traverser des caniveaux transformés en ruisseaux à chaque passage piéton. Aussi, nous avons largement privilégié les visites et activités à l’abri de la pluie, y compris le deuxième jour où nous nous méfiions encore des caprices du ciel. Toutefois, nous avons essayé de choisir des lieux un peu méconnus pour nous écarter des sentiers battus (et de la foule). Je vous emmène les découvrir au fil de ces deux journées parisiennes.

la tour Eiffel entre deux immeubles
C’est par hasard que nous sommes passées à côté de la Tour Eiffel…


Nous sommes arrivées en début de matinée par le TGV et avons posé nos valises à l’hôtel pas très loin de la gare de Lyon. Nous avions choisi de commencer par la visite de la basilique de Saint Denis.


La basilique-cathédrale de Saint Denis, nécropole des Rois de France

Même si la météo avait été plus favorable, nous serions allées à la basilique / cathédrale de Saint Denis. En effet, pour l’un de ses cours, Melle 3e avait choisi comme sujet d’étude le gisant de Bertrand Du Guesclin qui s’y trouve. En venant à Paris, il semblait donc évident d’aller le voir « en vrai ». Je n’étais allée qu’une seule fois à la basilique de Saint Denis, il y plus de 25 ans et j’en gardais un souvenir très flou. J’ai donc eu une vraie surprise en entrant dans l’église : je ne me souvenais pas que c’était si beau !

une rosace en vitrail dans une église gothique
La basilique de Saint Denis est le premier édifice gothique construit en France. L’abbé Suger avait conçu l’entrée dans l’église ainsi qu’un chœur surélevé pour accueillir les reliques de Saint Denis au XIIe siècle. Plus tard, au XIIIe siècle, Saint Louis fera élever et élargir la nef et ajouter des rosaces.

Lorsque nous sommes passées à la caisse, la personne nous a indiqué qu’une visite guidée d’environ 1 heure et demie partait bientôt. Nous avons décidé de la suivre et c’était une excellente idée. Nous avons découvert l’histoire de l’église, comment elle est devenue nécropole royale, comment la légende de Saint Denis a été réécrite pour cela, comment l’art funéraire a évolué au fil du temps (et de la façon dont les Rois de France percevaient la religion), ou encore comment la Révolution Française a épargné les tombeaux des Rois de France à titre patrimonial. La guide était fantastique (et le groupe de visiteurs très chouette), et finalement, entre la visite et les questions qui ont suivi, nous avons passé presque 3 heures à l’intérieur de la basilique (et sans trouver le temps long).

le chœur gothique de la basilique de Saint Denis et des gisants de la nécropole des Rois de France
Le choeur gothique de l’abbé Suger et quelques-uns des gisants de la nécropole royale.
un tombeau royal de la Renaissance
A la Renaissance, le gisant devient tombeau monumental. Le roi et la reine sont représentés au naturel en « transis » dans la partie inférieure, à leur image au moment de la mort, et en position de prière dans la partie haute, éternellement jeunes. Cela servait à marquer la différence entre le corps terrestre et l’âme.


Etant sorties à 14.00 de la basilique de Saint Denis, nous avons déjeuné rapidement dans un fastfood place de Clichy et avons décidé de rester du même côté de Paris pour notre visite de l’après-midi. Nous sommes donc parties pour le musée Jacquemart-André.


Le musée Jaquemart-André, un hôtel particulier devenu écrin de collections

Une collection privée du XIXe siècle

J’avais déjà visité le musée Jacquemart André plusieurs fois. En effet, il propose régulièrement des expositions temporaires d’envergure. C’est d’ailleurs l’exposition temporaire en cours qui a motivé notre choix de visite. Mais avant de découvrir les salles d’expositions temporaires, nous avons visité les collections permanentes. Le musée est situé dans l’hôtel particulier de Mr André et de son épouse née Jacquemart, couple de collectionneurs de la fin du XIXe siècle. Le bâtiment a été construit sous Napoléon III, à l’époque des grands travaux du Baron Haussmann qui perce le boulevard qui prendra son nom. En 1912, l’hôtel particulier et ses collections sont légués à l’Institut de France (qui en est toujours propriétaire) pour en faire un musée.

un escalier à double révolution encadré par des colonnes en marbre
L’escalier monumental de l’hôtel particulier Jaquemart-André

Aujourd’hui, on peut donc découvrir à la fois des pièces de réception et de vie du XIXe siècle. Je suis tombée il y a bien longtemps sous le charme du jardin d’hiver qui se prolonge d’un côté sur la terrasse surplombant le boulevard et de l’autre vers un escalier monumental époustouflant. Par ailleurs, Nélie André a précisé dans son testament l’emplacement de chaque œuvre de sa collection. C’est ce que l’on peut admirer dans son ancien atelier (elle était peintre) et les pièces attenantes. Parmi les œuvres les plus marquantes, il y a une Vierge à l’Enfant de Botticelli ou l’immense fresque de Tiepolo, récupérée sur le mur d’une villa vénitienne et transportée à Paris pour être installée dans l’escalier.

sculpture en marbre représentant la tête d'une fillette
Je crois que je photographie chaque fois cette sculpture dans le salon d’honneur
une sculpture antique représentant une femme au pied de l'escalier
Le hall est peuplé de statues antiques
fresque de Tiepolo représentant des festivités à Venise
J’aime particulièrement la façon dont le décor en stuc a été découpé pour permettre le positionnement du pied du jeune garçon sur la droite de la fresque de Tiepolo

L’exposition temporaire : Artemisia, héroïne de l’art

L’exposition temporaire que nous avons visitée est dédiée à la peintre italienne Artemisia Gentileschi qui a vécu au XVIIe siècle. Fille du peintre romain Orazio Gentileschi, Artemisia débute sa carrière dans l’atelier de son père. Elle est très influencé par le travail du Caravage qu’elle croise régulièrement. Encouragée par son père qui reconnait son grand talent, Artemisia produit jeune des tableaux d’envergure comme Suzanne et les vieillards. Elle part ensuite s’installer à Florence où elle bénéficie de la protection des Médicis. Ses sujets de prédilection sont les figures féminines qu’elle peint parfois comme des autoportraits. Elle joue avec le clair-obscur et la composition de ses tableaux pour en accentuer le côté dramatique. Ayant connu le succès de son vivant, ayant réussi à vivre de sa pratique artistique, Artemisia Gentileschi est une peintre majeure de la période baroque qui a pourtant peu à peu été oubliée, négligée par les historiens de l’art, au point que certains de ses tableaux (signés Artemisia Lomi, son nom d’épouse) ne lui ont été réattribués que récemment.

Une soirée au théâtre

Après un passage à l’hôtel en fin d’après-midi, nous avons pris la direction des Grands Boulevards. En effet, la raison première de notre séjour parisien était d’aller au théâtre. Melle 3e avait repéré que Cyrano de Bergerac était jouée au théâtre Antoine. Et il n’avait pas fallu bien longtemps pour me convaincre d’y aller. Le soir de la représentation, nous sommes arrivées en avance, et nous avons pu profiter de la lumière de fin de journée à travers les vitraux du foyer bar, au premier étage de l’établissement. Puis, nous avons gagné nos fauteuils, très bien situés au premier rang d’orchestre dans ce joli théâtre à l’italienne pour profiter d’une représentation de qualité.


Après une très bonne nuit de sommeil et un petit déjeuner copieux, nous sommes parties en direction de la rive gauche de la Seine, vers le Musée du Quai Branly. Sur le trajet, nous avons jeté un œil aux Invalides, où la file d’attente s’étirait déjà longuement alors que cela venait à peine d’ouvrir. Puis, c’est la Tour Eiffel que nous avons aperçue au dessus des bâtiments.


Le musée du quai Branly, à la découverte des arts extra-européens

Avant d’entrer dans le bâtiment, nous avons longé le jardin du musée, très élégant. Nous avons jeté à un œil à L’Ô, une installation contemporaine du plasticien Yann Kersalé située dans le jardin, aux abords de la billetterie. Puis, nous avons gagné l’entrée du musée et commencé notre visite par l’exposition temporaire Au fil de l’or.

des bâtons lumineux sont plantés au milieu de la végétation sous le bâtiment du musée du Quai Branly
Sous les pilotis du bâtiment, les tubes lumineux de l’installation L’Ô de Yann Kersalé

L’exposition temporaire : Au fil de l’or

Bien qu’étant arrivées quasiment à l’ouverture, il y avait foule pour voir l’exposition temporaire Au fil de l’or. Elle était une des raisons pour lesquelles nous avions mis le Musée du Quai Branly à notre programme (l’autre était le fait que Mr 2e nous avait recommandé le musée suite à la visite qu’il y avait faite l’été dernier). Le propos de l’exposition était de retracer au fil du temps et des continents l’usage de l’or dans l’habillement. Après quelques généralités sur la formation de l’or et les formes sous lesquelles on le trouve, l’exposition détaillait les découvertes archéologiques puis les techniques utilisées par les artisans depuis les petites pièces cousues jusqu’au fil métallique.

deux robes haute couture de la créatrice chinoise Guo Pei en broderies de fil d'or
L’exposition était rythmée par la présentation des robes Haute Couture contemporaines de la créatrice chinoise Guo Pei

Au fil des salles, l’exposition entrainait les visiteurs à travers le temps et l’espace, du Moyen-Âge à nos jours, de l’Andalousie au Japon. J’ai eu beaucoup de mal à suivre le conducteur de l’exposition, ponctuée en outre des robes Haute Couture de la créatrice chinoise Guo Pei (et l’intérêt de la présentation de la Maison Lesage en fin d’exposition m’a laissée perplexe). J’ai toutefois apprécié découvrir les pièces d’habillement présentées. Toutes étaient de petits chefs d’œuvre de broderie et de tissage.

trois caftans bordées d'or
Caftans marocains anciens
deux tenues de mariage brodées d'or
Tenues de mariage (dont j’ai oublié la provenance…)

Le parcours des continents

Après l’exposition temporaire, nous avons rejoint l’exposition permanente présentée sous forme de parcours des continents en quatre grandes zones : Amérique, Afrique, Asie, Océanie. L’espace forcément limité du musée oblige à une sélection dans la diversité culturelle de chacune des zones, et à positionner à proximité des artefacts qui n’ont rien à voir les uns avec les autres, que ce soit par leur signification, leur époque ou encore leur origine géographique précise. En outre, il m’a très clairement manqué les clés pour comprendre la plupart des œuvres exposées. Je ne suis donc pas tombée sous le charme du musée du Quai Branly et, s’il est possible que j’y retourne, ce sera accompagnée d’un médiateur (ou a minima de l’audioguide… que nous avons regretté de ne pas avoir pris).

Tête sculptée d'un Moaï de l'île de Pâques exposée dans le hall du musée du Quai Branly
Dans le hall, le visiteur est accueilli par une tête de Moaï de l’île de Pâques,
ramené en France par Pierre Loti en 1872.
(Est-ce que j’ai pensé au Moaï de la série de films La Nuit au Musée en le voyant ? – Oui, tout à fait !)


En sortant du musée du quai Branly, nous avons cherché un endroit pour déjeuner. Comme le musée se trouve à 2 pas du Champ de Mars et de la Tour Eiffel, le quartier est très touristique. Aussi, les restaurants ressemblent beaucoup à des attrape-touristes : prix élevés pour des plats simples (presque 20€ pour une part de quiche avec un peu de salade verte), décoration cliché, serveurs qui alpaguent les chalands depuis le bord de leur terrasse, etc. Nous avons donc choisi de marcher un peu pour nous éloigner et gagner un secteur où les parisiens sont plus nombreux que les touristes. Nous avons trouvé plusieurs restaurants sympathiques et à prix corrects sur la rue Saint Dominique.

Notre plan initial pour l’après-midi était de nous rendre au Musée d’Orsay où l’exposition temporaire nous faisait envie. J’ai fait l’erreur de ne pas réserver de billets avec créneau horaire à l’avance. En arrivant devant le musée, il y avait au moins 2 heures d’attente pour accéder à la caisse. Nous avons donc opté pour un plan B qui s’est avéré une excellente surprise.


Le musée Bourdelle, un coup de cœur dans le quartier de Montparnasse

C’est dans le quartier de Montparnasse que se situe le Musée Bourdelle. Ce quartier a en effet été un haut lieu de création artistique au début du XXe siècle, et particulièrement dans l’entre-deux guerres. On a ainsi pu y croiser entre autres Fernand Léger, Brancusi, George Braque ou Paul Cézanne. Antoine Bourdelle s’installe impasse du Maine, dans un petit atelier, en 1886. Quelques années plus tard, il entre comme praticien dans l’atelier de Rodin qui le prend sous son aile. Petit à petit, Bourdelle s’émancipe, obtient de prestigieuses commandes et accueille à son tour des élèves dans son atelier de l’impasse du Maine. Ils s’installent progressivement dans plusieurs bâtiments voisins, organisés autour de cours. C’est là qu’on trouve aujourd’hui le musée Bourdelle.

des ébauches de sculptures dont le centaure mourant dans l'atelier du sculpteur Antoine Bourdelle
Dans l’atelier de Bourdelle. Au premier plan, une version de travail pour le Centaure Mourant.

En arrivant, nous nous attendions à un petit musée. Mais dès l’entrée dans le jardin, nous sommes accueillies par des bronzes monumentaux. Un peu plus loin, une porte donne sur le hall des plâtres où sous une lumière zénithale, nous découvrons les versions de travail grandeur nature de nombreuses œuvres du sculpteur. Nous parcourons ensuite les différents ateliers ainsi qu’un salon. Chaque pièce permet de découvrir soit l’intimité du sculpteur, soit son travail, parfois mis en regard de celui de ses élèves (dont ont fait partie Germaine Richier et Alberto Giacometti).

De gauche à droite : ? et La baigneuse accroupie au rocher dans le jardin sur rue , Héraklès archer sous la galerie couverte, Sapho dans la cour intérieure

sculptures grandeur nature dans le hall des plâtres du musée Bourdelle à Paris
Dans le hall des plâtres

Avant son décès en 1929, Bourdelle souhaite qu’un musée soit créé pour abriter son œuvre (peut-être est-il inspiré par Rodin qui légué son hôtel particulier et sa collection pour en faire un musée ?). Au début des années 1930, aidées par un mécène, Cléopâtre Sevastos (l’épouse de Bourdelle) et Rhodia (leur fille) achètent les ateliers de l’impasse du Maine. Les premières visites commencent en 1938 et le musée est inauguré en 1949. Depuis, il est devenu propriété de la Ville de Paris et a connu déjà deux extensions (dont l’une permet d’accueillir des expositions temporaires). Pour ma part, ce musée a été un vrai coup de cœur. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit si chouette, si vaste, si intéressant, avec autant d’œuvres présentées. Pour ne rien gâcher, le lieu en lui-même avec son jardin, sa cour et ses galeries courantes est également très agréable.

dans une chambre, gros plan sur un bronze représentant une femme assise de trois-quarts et appuyée sur une colonne
Cléopâtre Sevastos par Bourdelle


Après la visite du musée Bourdelle, et comme nous disposions encore d’assez de temps avant de prendre notre train de retour à la gare de Lyon, nous nous sommes arrêtées dans le Marais pour visiter la maison de Victor Hugo que j’avais vue l’année dernière mais que Melle 3e ne connaissait pas.


Paris – avril 2025


Quelques informations pratiques

Musées et visites

  • Basilique de Saint Denis : située en dehors de Paris mais accessible par la ligne 13 du métro, station Basilique de Saint Denis. La partie muséale est gérée par le Centre des Monuments Historiques mais peut être fermée lorsqu’il y a des célébrations dans l’église : il est conseillé de s’assurer préalablement de l’ouverture de la basilique aux visites. L’accès à la partie muséale est payante (gratuite pour les moins de 26 ans de l’UE et pour les moins de 18 ans). L’ensemble des conditions de visite est disponible sur le site internet de la basilique.
  • Musée Jacquemart André : 158 boulevard Haussmann, 8e arrondissement. Il s’agit d’un musée privé, payant pour tous. Le détail des horaires et tarifications est à retrouver sur le site internet du Musée Jacquemart André.
    L’exposition « Artemisia, héroïne de l’Art » est présentée jusqu’au 3 août 2025
    .
  • Théâtre Antoine : 14 boulevard de Strasbourg, 10e arrondissement. La programmation et les réservations sont accessibles sur le site internet du théâtre Antoine.
    L’accès au foyer bar est possible une heure avant le début de la représentation.

  • Musée du Quai Branly – Jacques Chirac : 37 quai Branly, 7e arrondissement. L’accès se fait en passant par le jardin, soit depuis le quai, soit depuis la rue de l’Université. L’ensemble des informations pratiques est disponible sur le site internet du Musée du Quai Branly.
  • Musée d’Orsay : esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 7e arrondissement. Ne faites pas la même erreur que moi si vous voulez le visiter : réservez un billet à l’avance via le site internet du musée d’Orsay. Il n’y a en effet aucune garantie de pouvoir entrer dans le musée sans avoir un billet préalablement acheté.
  • Musée Bourdelle : 18 rue Antoine Bourdelle, 15e arrondissement. L’accès aux collections permanentes est gratuit, comme dans tous les musées de la ville de Paris. Les horaires et les informations concernant les expositions temporaires sont à retrouver sur le site internet du musée Bourdelle.
    Un salon de thé a été installé au premier étage, dans l’ancien appartement de Rhodia Bourdelle et Michel Dufet. Disposant d’une terrasse au dessus du jardin et d’une jolie salle où l’on retrouve le décor imaginé par Dufet, il est très agréable.

  • Maison de Victor Hugo : 6 place des Vosges, 4e arrondissement. L’entrée est gratuite. Les jours et heures d’ouverture sont disponibles sur le site internet de l’appartement.
  • Cathédrale Notre Dame de Paris : île de la Cité, 4e arrondissement. Suite à la réouverture de la cathédrale après les travaux consécutifs à l’incendie du 15 avril 2019, je souhaitais la visiter. Malheureusement, en raison du décès du Pape François, les visites étaient suspendues les jours où nous étions à Paris. Si vous voulez visiter la cathédrale, il est conseillé de réserver un billet en ligne . Celui-ci est gratuit (et facultatif) mais permet de réguler le flux de visiteurs dans le monument. L’ouverture des créneaux de visite se fait 2 à 3 jours avant.

Transports en commun

Nous avons fait tous nos déplacements à pied ou en métro. Depuis les changements de tarification de la RATP le 1er janvier dernier, il existe maintenant un forfait Navigo Jour, rentable à partir du moment où on prend au moins 5 fois le métro dans la journée. C’est le forfait que nous avons choisi. Le premier jour, nous avons voulu les prendre sur nos téléphones. Si le chargement sur le téléphone de Melle 3e a très bien fonctionné, le mien a refusé de charger le titre de transport après l’avoir payé malgré plusieurs tentatives. J’ai donc dû aller au guichet pour (re)prendre un forfait sur ma carte Navigo physique. Finalement, le forfait dématérialisé se chargera sur mon téléphone tout seul quelques heures plus tard (j’en ai demandé le remboursement mais sans trop d’espoir). Un conseil : si vous voulez utiliser votre téléphone comme support, prévoyer de faire les manipulations à un endroit où vous avez un bon niveau de réseau. Je pense vraiment que c’est la cause de mon souci. Malgré tout, le lendemain, je suis allée à une borne de recharge pour mettre le forfait sur la carte physique.

Hébergement

Pour l’hébergement, le choix à Paris est vaste et il existe des propositions dans à peu près toutes les gammes de prix. Je vous conseille de faire attention à la localisation afin que ce soit pratique par rapport à votre point d’arrivée/départ si vous souhaitez utiliser le service de bagagerie. Il peut être intéressant de vérifier aussi la facilité d’accès aux lieux où vous souhaitez vous rendre. Ainsi, j’avais une nouvelle fois choisi un hôtel à proximité de la gare de Lyon où nous arrivions par le TGV. Ceux où j’étais déjà descendue étaient complets quand j’ai voulu réserver. J’ai donc pris un autre hôtel entre Gare de Lyon et Bastille. Nous y étions très bien. L’accueil a été excellent. Et la chambre était très calme et confortable.


Pour d’autres idées originales à Paris :

[projet 52-2025] semaine 20 – en chemin

Avec ce thème, en chemin, le projet 52 nous invite à nous déplacer tout en observant. J’avoue avoir eu du mal à choisir comment m’orienter sur le chemin. J’avais envisagé de prendre en photo un panneau ou un balisage au cours d’une randonnée, mais la météo hasardeuse de ces dernières semaines ne m’a pas encouragée à trop m’aventurer. J’avais pensé à vous montrer des fleurs capturées au bord d’un sentier, mais là encore, j’ai manqué d’occasions. Et puis, en allant faire une activité à Saint Nazaire en Royans (dont je vous reparle bientôt), j’ai emprunté un chemin entre le parking et le bord de la rivière. Là, quelques bâtiments inutilisés ont servi de support à un festival local de street-art. Alors, en chemin, je me suis arrêtée pour regarder les fresques.

un chemin passe entre deux murs recouverts de fresques de street art
Deux oeuvres réalisées lors du festival Graff en Vallée au cours de l’été 2024
Saint Nazaire en Royans – Drôme


Pour découvrir ce que les autres participants ont fait en chemin, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : ce week-end sera en grande partie familial. Aussi, je ne sais pas à quel moment je pourrai passer valider les commentaires qui n’apparaissent pas. Je viendrai au plus tard dimanche soir libérer les commentaires qui seraient en modération.