[Drôme] Bouvante-le-Haut, village de montagne

Il y a des hasards heureux et celui qui m’a conduit à Bouvante-le-Haut en est un. Au milieu du mois de septembre, alors que l’été commençait déjà à montrer les signes de son départ, j’ai du déposer un objet chez un ami à Saint Jean en Royans. Comme il connait mieux le secteur que moi, je lui ai demandé de me suggérer un endroit où aller me promener. Il m’a alors conseillé d’aller faire un tour du côté de Bouvante, dans le village du haut, puis d’aller me balader vers le lac. C’est lorsqu’il a évoqué le lac que je me suis souvenue être passée non loin il y quelques années en descendant du plateau d’Ambel par le col du Pionnier et celui de la Croix et que j’avais alors pensé qu’il faudrait que je revienne par là.

Sur la route vers le col du Pionnier

Le vieux village de Bouvante-le-Haut

Le village ne se devine pas immédiatement quand on s’enfonce dans la combe de Bouvante. En effet, la route serpente pas mal et ce n’est qu’au détour d’un des derniers virages que l’on aperçoit le clocher. Organisé autour d’une petite place où fontaine et lavoir sont alimentés par des sources, Bouvante-le-Haut a un charme un peu désuet. Blotti au pied de la montagne, sous le Roc de Toulau et les rochers de la Truite, il a cette allure des villages de montagne, à la fois chaleureuse et un peu brute. Le bâti en pierre a du caractère. Les tas de bois sont empilés le long des façades, sous les fenêtres, prêts à affronter la rigueur hivernale.

Sur la place du village…
Un village blotti au pied de la montagne
Plaque de cocher et fenêtre colorée… un charme un peu désuet
Au cœur du village, la fontaine…

Je fais assez rapidement le tour du village, qui n’est pas très grand. Je croise quelques poules qui traversent tranquillement une rue. Puis, je me rends sur les bord de la Lyonne, la rivière qui longe le village. Il a pas mal plu quelques jours avant, et on entend le chant de l’eau qui se faufile entre les rochers. Pourtant, après la sécheresse de cet été, le niveau de la rivière reste bas.

La Lyonne continue son chemin après la sortie du village en direction des gorges qu’elle a creusées. Depuis bientôt 100 ans, elle est cependant stoppée dans sa course par un barrage. En effet, en 1925, la construction d’un barrage a permis la création d’une retenue d’eau d’une vingtaine d’hectares alimentant une usine hydro-électrique située plusieurs kilomètres en aval via une conduite forcée. Cette retenue, connue sous le nom de lac de Bouvante, est située en milieu karstique et constitue le plus grand lac du Vercors. Toutefois, le niveau de l’eau y est très sensible aux saisons et après un été trop sec, il était au plus bas.

La Lyonne à la sortie du village de Bouvante-le-Haut
Rivière de montagne

Le lac de Bouvante

Souhaitant faire une petite randonnée, je suis partie donc en direction du lac après avoir laissé ma voiture sur une petite aire de stationnement en bordure de route au niveau du lieu-dit les Jacines. Un chemin carrossable se glisse à flanc de coteau en direction du plan d’eau (ou tout au moins de ce qui est le plan d’eau en temps normal, car là il est complètement à l’assec). Le ciel est couvert, et la température est automnale (à peine 10°C alors que c’est le plein milieu de l’après-midi). On aperçoit vaguement le barrage et la « tulipe » qui permet d’écouler le trop plein quand c’est nécessaire.

Le lac de Bouvante est normalement situé au fond du vallon, là où les herbes sont rouges..

Je suis entourée par les montagnes. Je retrouve avec un réel plaisir les paysages du Vercors que je n’ai pas parcourus depuis un moment. Toutefois, je n’irai pas jusqu’au barrage. En effet, d’une part la météo devient de plus en plus incertaine et d’autre part, une douleur à la cheville me contraint à rester raisonnable et à faire demi-tour avant de ne plus pouvoir poser le pied par terre. Je regrette un peu car j’aurais bien aimé apercevoir les installations de plus près et jeter un œil à la conduite forcée s’engageant dans les gorges de la Lyonne. Je reviendrai, c’est certain !

Le chemin se faufile au pied des montagnes
Vue sur le Roc de Toulau et les rochers de la Truite

Mais finalement, je compense en observant des vaches qui paissent dans un pré au bord du chemin. Au son de la cloche de la cheffe du troupeau, les autres membres, de tous âges, suivent à la queue leu leu pour passer d’un côté de la prairie à l’autre. On dirait qu’elles défilent rien que pour moi ! Et je dois avouer que le spectacle m’amuse un bon moment.

Pâturage dans la montagne
Un des veaux du troupeau
La vache en chef !
Le paysage dans la combe est très vallonné….

Sur le chemin du retour

Après avoir profité de ma courte randonnée, il est temps de rentrer. Je jette encore un coup d’œil aux montagnes alentour avant de reprendre la voiture. La route pour descendre sur Saint Jean en Royans offre de jolies perspectives et des points de vue sur les environs, mais il n’y a pas beaucoup d’endroits où s’arrêter pour une pause photo. Cependant au niveau d’un hameau, un lavoir-fontaine attire mon regard. Il y a une place pour se stationner un peu plus bas et j’en profite. La vallée disparait un peu dans les nuages mais la fontaine est pittoresque. Ce sera mon dernier arrêt avant de regagner la vallée de l’Isère, et je le fais durer un peu plus longtemps que nécessaire… Je ne suis pas si pressée de retourner dans le flot du quotidien !

Au bord du chemin…
Le charmant lavoir-fontaine du hameau de Maillet

Bouvante – Drôme – septembre 2022

[Bretagne] une journée à Saint Malo

Cela faisait longtemps que je n’étais pas retournée à Saint Malo, alors que j’y ai passé une partie de mes vacances depuis mon enfance jusqu’à ma vie d’adulte (mes grands-parents étaient malouins). Je pense que la dernière fois que j’y étais allée, c’était en hiver, pendant les vacances de Noël 2019 pour une promenade intra-muros. Nous y sommes donc allées toute une journée avec Melle 3e.


Pique-niquer face à la mer

Alors que nous sommes arrivées en fin de matinée, notre idée était de nous acheter à manger et de pique-niquer au bord de la mer. Nous n’avions pas spécialement prévu de nous diriger vers Saint Servan et avions commencé par vouloir nous arrêter vers Paramé ou Courtoisville mais le manque de stationnement disponible nous a conduit à changer d’idée. Nous avons finalement trouvé une place pour laisser la voiture au-dessus de la Tour Solidor.

Après avoir acheté de quoi pique-niquer, nous nous sommes installées sur un banc sur la digue qui longe l’anse des Bas Sablons. De là, la balade à faire était toute trouvée : Aleth nous tendait les bras !

La vue depuis notre place de pique-nique était plutôt jolie…

Faire le tour de la Cité d’Aleth

La promenade de la Cité d’Aleth fait partie de mes préférées quand je vais sur Saint Malo. Déjà, elle me rappelle des souvenirs d’enfance, de dimanches d’hiver en famille où nous y allions avec mes parents et mes grands-parents et terminions la sortie par un chocolat chaud dans un café sur le port Solidor. Ensuite, même sans y avoir des souvenirs d’enfance, il est difficile de ne pas l’apprécier : les points de vue sont variés et somptueux !

Nous sommes parties du port Solidor, où nous avons regardé les bateaux se mirer dans l’eau avant d’aller crapahuter dans les rochers au pied de la Tour. Après avoir contourné l’anse Saint Père, nous avons commencé à monter vers la pointe d’Aleth.

Le panorama sur Dinard se déploie devant nous, de la Vicomté jusqu’à la pointe du Moulinet. Nous repérons de loin quelques jolies villas dinardaises. Nous cherchons des yeux les bus de mer qui font la navette entre la Cité Corsaire et la Perle de la Côte d’Emeraude. Au loin, la silhouette du Cap Fréhel se devine.

Nous arrivons assez vite au niveau du bunker. En effet, durant la 2e guerre mondiale, l’armée allemande avait intégré une partie des anciennes défenses Vauban de Saint Malo dans le Mur de l’Atlantique. Le fort d’Aleth avait alors subi des aménagements, le transformant en bunker. Celui-ci abritait un poste de commandement et plusieurs cloches de défense avaient été construites sur le pourtour de la pointe d’Aleth. Le blockhaus principal abrite un musée, que nous n’irons pas voir cette fois, mais nous prenons quand même le temps de jeter un œil dans la cour du fort.

Puis, nous reprenons notre balade le long du sentier côtier. A cet endroit, il est bordé de pins qui lui donnent une allure nettement plus méditerranéenne. A travers les arbres, nous apercevons les différentes îles de Saint Malo.

Enfin, nous contournons la pointe et nous dominons le port des Sablons, faisant face aux murs de la vieille ville de Saint Malo. Nous approchons de la fin de notre tour. Mais, nous ne manquons pas de nous arrêter au niveau des cloches de défense installées par l’armée allemande. Elles sont marquées des impacts des obus qui leur sont tombées dessus, témoins de la violence de ces journées d’août 1944 au moment de la libération de Saint Malo. Mais aujourd’hui, elles ont trouvé un autre usage et servent de blocs d’escalade (d’ailleurs, Melle 3e n’a pas manqué d’en gagner le sommet, tout comme je l’ai fait des dizaines de fois avant elle…).

Le calme du port Solidor à marée haute
Au pied de la Tour Solidor, surveillant l’estuaire de la Rance, la réplique de la croix plantée par Jacques Cartier lorsqu’il a débarqué au Canada
Tout au long du chemin autour d’Aleth, admirer la vue….
Sous le fort, le sentier prend des airs méditerranéens
Face à nous, la pointe du Moulinet, puis la pointe de la Malouine (où on aperçoit une villa) et au fond la silhouette du Cap Fréhel
Le Grand Bé, la Cité Corsaire et son port, abrité par le môle des Noires
Stigmates des combats pour la libération de Saint Malo en août 1944….
… devenus aire de jeux…

Retourner visiter le grand aquarium

Alors que nous partions d’Aleth vers les bords de la Rance pour continuer à nous promener, nous avons croisé les panneaux indiquant la direction du Grand Aquarium. Nous y allions régulièrement quand les enfants étaient petits, généralement en hiver. Cela faisait une bonne dizaine d’années que nous n’y étions pas allés et Melle 3e a eu envie de retourner sur les pas de ses souvenirs d’enfance.

En arrivant sur le parking, je me suis rappelé pourquoi nous y allions préférentiellement en hiver : ce n’était pas juste une question de météo mais surtout une histoire de fréquentation du site ! Vers 15.00, le parking était en effet complet. Nous avons malgré tout eu la chance de voir assez vite une famille regagner son véhicule pour partir. Mais au vu du nombre de voitures qui tournaient dans les allées, tout le monde n’a pas eu cette chance… Nous n’étions toutefois pas au bout de nos peines car il y avait encore un bon moment de queue pour arriver à la caisse (mais après nos séjours au Puy du Fou et à Disneyland, ce n’était pas un peu d’attente qui allait nous effrayer ! ). Nous n’étions toutefois pas au bout de nos peines !

En effet, à l’intérieur de l’aquarium, il y avait également foule, et approcher des vitres des bassins dans les premières salles relevait de la gageure. Il était par ailleurs assez compliqué de rester devant un aquarium pour chercher à identifier les différents poissons qui y logeaient sans se faire bousculer.

Nous avons cependant eu l’impression au fil de la visite que la foule se diluait. Malgré tout, nous n’avons pas vraiment profité d’une immersion dans le silence du monde marin (impression que nous avions régulièrement eue lors de nos précédentes visites) tant le bruit ambiant était intense.

Après un passage par le bassin tactile, où cette fois, Melle 3e a pu toucher les poissons sans se faire mordre (elle avait été mordue au doigt par un bar alors qu’elle avait 4 ou 5 ans… c’est visiblement extrêmement rare), nous avons pris la direction des attractions. Si nous connaissions (et apprécions toujours) le nautibus qui emmène le visiter en « sous-marin » pour un voyage au milieu des poissons, nous avons découvert l’abyssal descender. Et il faut bien dire que cette 2e attraction ne mérite pas le temps d’attente qu’il y avait pour y accéder ce jour-là… Ni vraiment impressionnante, ni réellement immersive par rapport à d’autres attractions de même style que nous avions déjà pu faire (à la Cité de la Mer à Cherbourg, à Vulcania, au Volcan de Lemptégy… ), nous n’avons pas du tout accroché.

Au final, nous sommes reparties avec un avis très mitigé sur l’ensemble du site, sans doute en partie lié à l’affluence de ce jour-là. Le Grand Aquarium est un lieu de loisir, à catégoriser plutôt comme parc à thème que comme équipement de découverte scientifique (contrairement à Océanopolis à Brest par exemple). Et je crois que nous n’y retournerons pas de sitôt !

Je n’ai pris que quelques photos, et aucune des aquariums : trop de monde, trop de bousculades pour pouvoir prendre le temps de faire ses réglages et prendre des photos dans cet environnement à faible luminosité….

(*) Si vous souhaitez des renseignements pratiques sur la visite, vous trouverez les informations dont vous avez besoin sur le site internet du Grand Aquarium de Saint Malo


Après cela, l’après-midi touchait à sa fin et il était pour nous temps de rentrer. Mais si vous avez plus de temps sur Saint Malo, vous pouvez entre autres (toutes ces idées sont testées et approuvées !) :

  • Aller marcher sur la digue entre Paramé et Saint Malo, puis continuer sur le Sillon jusqu’à la ville intramuros
  • Faire un tour de murs
  • Aller vous promener autour de la pointe de la Varde
  • Visiter le site des Rochers Sculptés à Rothéneuf
  • Profiter d’une des nombreuses plages
  • Aller au marché le matin pour faire le plein de bons produits locaux et de poissons fraichement pêchés (il y a un marché chaque matin de la semaine dans différents quartiers et où vous retrouverez en grande partie les mêmes commerçants), et y manger une crêpe ou une galette-saucisse
  • Passer voir les bateaux sur le port, en particulier autour du bassin Duguay-Trouin
  • Découvrir le cimetière de bateaux à Quelmer, le long de la Rance
  • Prendre le bus de mer pour vous rendre à Dinard…

Saint Malo – Ille-et-Vilaine – août 2022

[Normandie] une journée autour du Mont Saint Michel

Le Mont Saint Michel n’est pas très loin de chez mes parents, et il a vraiment fait partie de mon paysage d’enfance. Lorsque nous allons en Bretagne (oui, le Mont est en Normandie, mais la maison de mes parents est en Bretagne..), nous ne manquons pas d’aller le voir. La dernière fois, c’est quasiment une journée complète que nous avons passée au Mont Saint Michel et autour…


L’après-midi sur l’herbu

Parmi nos promenades classiques, il y a celle sur l’herbu du Mont Saint Michel où nous partons soit à la rencontre des moutons, soit sur le rivage jusqu’aux lits des fleuves (et parfois, nous cumulons même les deux !). Notre départ se fait soit rive gauche du Couesnon, soit rive droite selon notre envie du moment. Des deux côtés, la vue sur le Mont Saint Michel est magique et chaque côté apporte un point de vue différent, plus sauvage côté Bretagne, plus monumental côté Normandie. Quant à la position exacte de départ, elle dépend ensuite uniquement de là où nous trouvons une place pour laisser la voiture… En plein été, les aires de stationnement les plus faciles d’accès sont souvent prises d’assaut alors nous nous éloignons pour des secteurs plus discrets, et donc plus calmes.

Cette année, c’est depuis un de ces endroits moins fréquentés situé non loin de la pointe de la Roche Torin que nous sommes partis. Le chemin d’accès à l’herbu est presque invisible sous la végétation, et il faut traverser un tapis d’orties, mais le chemin existe bien et conduit à une entrée pour randonneurs sur l’herbu. Il ne reste alors plus qu’à escalader la barrière à l’aide des aides qui sont en place. C’est finalement la partie la plus technique de la balade !

Une fois sur l’herbu, nous ne suivons pas particulièrement une direction (la pointe rocheuse nous offrira un point de repère suffisant pour nous retrouver au bon endroit pour retrouver la voiture). Comme chaque fois, nous nous laissons guider par les sentiers tracés par les moutons jusqu’à arriver au bord des crevasses taillées par la mer dans la tangue. Selon de quand date la dernière marée (et/ou la dernière forte pluie), on peut les traverser ou pas. Certaines peuvent abriter des poches de sables mouvants : il faut donc être prudent !

Cette année, l’herbu était tellement sec que nous avons pu passer partout sans souci, jusqu’à arriver à l’approche du lit des fleuves. Les salicornes poussent dans le sable qui s’est déposé au fil des marées. Leur couleur verte tranche avec le blond du sol !

L’eau n’est plus qu’à quelques mètres mais nous n’iront pas plus loin. A partir de là, le terrain devient plus instable et ce ne serait pas prudent de s’y aventurer sans un guide certifié (et pourtant je connais très bien ce secteur de la baie où j’ai passé énormément de temps en toutes saisons, ou peut-être justement parce que je connais très bien ce secteur….).

De toutes façons, il est temps de rentrer car une autre aventure nous attend plus tard dans la journée !

Depuis le chemin d’approche, on voit déjà le Mont Saint Michel
Tout autour, les champs ont été moissonnés
Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà vu l’herbu aussi jaune
Sur le rivage…
A l’approche du lit des fleuves
Salicornes sur sable

Herbu du Mont Saint Michel – Courtils – Manche – août 2022


Le soir, Si le Mont m’était conté….

Chaque été (ou presque), je profite d’une soirée au Mont Saint Michel pour parcourir l’abbaye dans le cadre des nocturnes. La formule a pas mal évolué depuis la toute première édition (au milieu des années 1990, et l’abbaye abritait alors des musiciens en live que l’on écoutait au fil d’une déambulation dans les salles). Ces dernières années, nous avions eu les Chroniques du Mont, dont les différents chapitres avaient été étalés sur plusieurs saisons. Cet été inaugurait un nouveau cycle : Si le Mont m’était conté…

Nous sommes arrivés vers 20.00 au Mont Saint Michel et sommes montés à l’abbaye par la grande rue. A cette heure, la plupart des touristes ont quitté les lieux et boutiques et restaurants étaient presque tous fermés.

Dans l’abbaye, équipés d’un audioguide dernière génération (les audios se déclenchent automatiquement lorsque nous pénétrons dans une pièce via un système de boucle bluetooth), nous commençons notre découverte par la salle des Gros Piliers. Nous irons ensuite de pièce en pièce, passant par des escaliers plus ou moins dérobés, jusqu’à terminer sur la plateforme devant l’abbatiale à l’heure du coucher du soleil.

Dans nos oreilles, la voix qui nous raconte le Mont au Moyen-Âge nous est familière. En effet, c’est Stéphane Bern qui a été choisi pour être le narrateur de l’histoire du Mont. Un acteur, dans le rôle d’un moine de l’abbaye, vient ajouter une touche de vie aux explications plutôt académiques. L’ensemble est plaisant et sans doute plus instructif que les précédentes éditions nettement plus portées sur l’aspect esthétique. Toutefois, les éclairages sont intéressants et permettent de se fondre dans l’ambiance un peu mystérieuse du Mont la nuit.

Nous avons été un peu déçus que la visite ne permette pas de vraiment (re)découvrir l’abbatiale où l’on ne fait que passer (des travaux de restauration sont en cours sur l’abbaye et certains lieux ne peuvent pas être rendus accessibles). Mais nous attendons avec impatience le chapitre suivant sur la Renaissance, prévu pour l’été 2023.

En arrivant sur la terrasse qui s’ouvre devant l’église, nous avons eu la belle surprise de constater que la marée était presque haute. La mer venait chatouiller doucement les pieds du Mont Saint Michel, tandis que le soleil déclinait. Nous avons pris le temps d’attendre que le soleil se couche sur l’horizon depuis ce belvédère somptueux sur l’ensemble de la Baie.

Puis, nous sommes redescendus en empruntant le chemin des jardins et la montée des Fanils, nous amusant à observer les goélands sur les toits. Au pied du Mont, nous avons encore un peu pris le temps de regarder la nuit tomber complètement, avant de repartir à pied vers le parking, non sans un regard en arrière vers le Mont de temps à autre !

En descendant de la navette Le Passeur à l’arrêt Mont Saint Michel
Dans la salle des hôtes
Dans le cloître
La mer commence à entourer le Mont Saint Michel tandis que le jour décline
Coucher du soleil sur la mer
Goélands sur les toits (attendant que les touristes les laissent un peu tranquilles pour la nuit ?)
Au pied de l’abbaye
Fin de journée dans la Baie
Quand le Mont s’apprête à dormir…

Le Mont Saint Michel – Manche – août 2022

(*) Nous avons fait le choix de revenir au parking à pied car il y avait beaucoup de monde à attendre la navette lorsque nous sommes arrivés à l’arrêt : selon notre estimation, nous n’aurions pu prendre que la 2e voire la 3e navette à se présenter. Or, à cette heure-là, la fréquence des navettes est moindre et nous savons par expérience qu’il n’est alors pas plus long de rentrer à pied. Cela s’est encore vérifié car les personnes qui sont descendues de la navette quand nous sommes arrivés au parking faisaient la queue lorsque nous étions passés…
Il y a environ 2,5 km du rocher au parking. Si la nuit est claire, il n’y a pas besoin d’avoir un éclairage, mais il vaut mieux prévoir d’avoir une lampe (notez qu’aujourd’hui, nombre de téléphones portables offrent cette possibilité). Le temps moyen de parcours annoncé se situe autour de 45 min selon le trajet emprunté (nous mettons généralement une bonne demie-heure car nous marchons plutôt vite).
Revenir à pied au parking offre en outre l’avantage de points de vue assez sympathique sur le Mont pour peu qu’on prenne le temps de se retourner !

[petits moments] août 2022 – sécheresse et trottinette électrique

Après deux semaines de vacances bien occupées, entre Auvergne, Bretagne et Normandie, la suite du mois d’août s’est passée au travail… Mais, durant les week-ends et les fins de journées, j’ai multiplié les bons moments que ce soit des instants partagés en famille ou de jolies promenades.

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Un petit tour à la cascade…

Après une journée de télétravail, j’ai eu envie de prendre un peu l’air pour profiter d’une accalmie dans une semaine où les orages avaient été nombreux et parfois violents. Je suis allée faire un tour vers la cascade du Rif, à La Baume Cornillane. Je pensais que les pluies des jours précédents lui auraient permis de couler un peu, mais une fois sur place, je n’ai pu que constater son assec ainsi que celui du ruisseau qu’elle alimente ! S’il est fréquent que son débit diminue fortement en été, je ne l’avais encore jamais vue complètement asséchée, et je ne pensais pas que la mare sous la cascade puisse être sèche elle aussi à ce point…

Des panneaux d’interprétation ont été installés sur le site
Assec total de la cascade et du ruisseau…
Quand le soleil joue avec le feuillage des arbres

La Baume Cornillane – Drôme – août 2022

(*) Je vais assez souvent dans ce secteur. Si vous souhaitez voir la cascade en eau, vous pouvez aller voir comment elle était en octobre puis en janvier dernier par exemple.

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Une balade à la découverte des paysages et des produits locaux…

Un samedi midi, grâce à la plateforme Partir-ici.fr d’Auvergne Rhône Alpes Tourisme (dont je suis éclaireuse), j’ai eu l’occasion de vivre une expérience originale avec Trot Trot Trot en Drôme des Collines : un apéro-trott !

Le concept consiste à faire une balade en trottinette électrique tout terrain, en passant dans une chèvrerie et dans une domaine viticole afin de récupérer les produits nécessaires pour prendre l’apéritif avant de partager ce moment en pleine nature…

C’était un challenge pour moi (pas la partie apéritif, plutôt celle en trottinette…), et malgré mon sens de l’équilibre aléatoire et mes craintes à chaque fois que cela descendait/tournait/allait un peu trop vite, j’ai été fière de le faire jusqu’au bout (et sans tomber !).

En tous cas, j’ai beaucoup aimé le concept et je peux affirmer que chez Trot-Trot-Trot , ils sont hyper patients, très encourageants et drôlement sympas !

Prêts au départ // après l’effort, le réconfort
Fromages de chèvre Tommes de l’Aillon // Vin Domaine du Château Vieux

Génissieux / Triors – Drôme – août 2022

Et comme j’ai repéré des bons produits et de jolis paysages, il est bien possible que je retourne dans ce secteur pour une randonnée…

(*) L’apéro-trott était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) d’Auvergne Rhône Alpes Tourisme

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[petits moments] promenade sur le bord de mer

Cela faisait très longtemps que je n’étais pas allée me promener à Dinard. Aussi, durant mon séjour en Bretagne cet été, j’ai eu envie d’y faire une balade le long de la mer…

En effet, Dinard présente la particularité de disposer d’un cheminement piéton (intégré dans le GR34, le fameux sentier des douaniers breton) qui permet de longer la mer en faisant le tour des pointes rocheuses par le bas ! La partie la plus connue est la promenade du Clair de Lune, particulièrement fleurie et plantée d’une végétation exotique. Mais la promenade peut continuer bien au-delà de l’embarcadère du Bec de la Vallée en direction de la plage de l’Ecluse, la grande plage de Dinard, au pied du casino.

Toutefois, pour des contraintes liées à la difficulté de trouver un stationnement dans la station balnéaire en plein été, ce n’est pas ce secteur que nous avons parcouru. En effet, nous avons débuté notre balade entre Saint Enogat et Saint Lunaire, sur le GR34. Nous avons ainsi rejoint la plage de Saint Enogat où nous avons rejoint le cheminement pédestre au pied des rochers.

A partir de là, au fil de l’avancée, les points de vue sur Saint Malo et les ilots qui l’entourent se multiplient. La progression se fait au ras de l’eau (l’itinéraire n’est pas accessible si la marée est trop haute), entre les rochers, longeant parfois de petites criques desservies par des escaliers privés descendant des villas XIXe siècle situées au dessus.

Nous finissons par apercevoir la plage de l’Ecluse, où nous choisirons de ne pas poursuivre la promenade (nous avons déjà parcouru plus de 3 km et il nous faudra retourner à la voiture… après avoir fait un peu de shopping dans les jolies boutiques de la station).

Nous profiterons de notre passage dinardais pour aller acheter un goûter chez Vent de Vanille, le dernier né des Maisons de Bricourt (la galaxie de la famille Roellinger). Leurs glaces en particulier associent les épices aux parfums traditionnels pour le plus grand plaisir des papilles !

Depuis la pointe de la Roche Pelée, vue sur Saint Malo et ses ilots
Villas au dessus de la plage de Saint Enogat
Cheminer le long de la mer…
Le long des plages, au pied des rochers
Regarder en arrière vers Saint Enogat
La pointe de la Malouine avec l’emblématique villa des Roches Brunes. En avant plan, on remarque l’oeuvre « Il Peso del Vento » de l’italien Penone sur le promontoire de la villa Greystones appartenant à François Pinault
Nous arrivons en vue de la plage de l’Ecluse
Saint Malo à l’horizon…
Sorbets framboise/harissa et fraise/poudre défendue (la poudre défendue est un mélange d’épices créé par Olivier Roellinger)

Dinard – Ille-et-Vilaine – août 2022

(*) Vent de Vanille, 3 bis Bd du Président Wilson, 35800 Dinard (en face de la piscine d’eau de mer)

[projet 52-2022] semaine 34 – en pleine nature

Cette semaine, le projet 52 nous emmène en pleine nature.

J’aime me retrouver en pleine nature, pour me promener, pour randonner, pour respirer, pour prendre l’air tout simplement. J’ai la chance d’avoir souvent habité à proximité de lieux où je pouvais facilement me retrouver en pleine nature. Enfin, je dis chance mais cela a aussi été un choix à certains moments !

Aujourd’hui, je peux aller dans le Vercors en quelques minutes de voiture ou me retrouver dans les bois à quelques minutes à pied. Quand j’étais en région parisienne, j’avais volontairement choisi mon lieu de vie à côté de forêts, dans lesquelles je pouvais me rendre à pied depuis chez moi. Enfant et adolescente, nous partagions nos dimanches entre l’herbu du Mont Saint Michel, la forêt de Villecartier, les promenades-cueillettes dans les chemins creux à la saison des champignons et des châtaignes… L’été, j’allais au bord de la mer chez mes grands-parents maternels, ou à la pêche aux coques dans la Baie du Mont Saint Michel avec mes grands-parents paternels.

Je peux affirmer que j’ai à la fois l’habitude et le besoin de me retrouver régulièrement en pleine nature pour équilibrer ma vie !

Alors, quand il a fallu choisir une photo pour illustrer le thème, j’ai eu du mal à faire un choix. En effet, je ne parvenais pas à me décider sur le lieu que j’allais vous montrer.

Finalement, j’ai opté pour une photo prise en bord de mer lors de mes dernières vacances en Bretagne. Nous sommes entre Saint Lunaire et Saint Enogat, sur le sentier des douaniers (sur une portion du superbe GR34), en train de randonner avec l’île de Cézembre face à nous.

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Afin de découvrir où les autres participants vont nous emmener en pleine nature, il suffit de suivre les liens dans les commentaires

[Auvergne] 24 heures à Montluçon

En avril, j’ai fait un saut à Montluçon et Mr 2e m’a accompagnée. Si le but premier n’était pas touristique, cela a cependant été pour nous l’occasion d’y passer (à peine) 24 heures et de profiter un peu de la ville et ses environs.

Je connaissais déjà un peu la ville de Montluçon où j’avais fait une étape il y a presque 2 ans en rentrant de Bretagne. J’avais alors profité d’une fin d’après-midi sur place pour visiter le MuPop, musée des musiques populaires. Cette fois, nous avons plutôt choisi de profiter du beau temps pour parcourir la vieille ville mais aussi les environs de Montluçon.


Samedi fin d’après-midi – La Cité Médiévale de Montluçon

Après avoir stationné la voiture sous les arbres de l’allée Marx Dormoy et posé nos valises à l’hôtel, nous sommes partis à l’assaut de la Cité Médiévale à pied (histoire de nous dégourdir les jambes après 4 heures de route).

Dominée par le château des Ducs de Bourbon, la vieille ville se déploie autour de deux églises : Notre Dame en haut de la colline, juste sous le château et Saint Pierre au pied de la colline. Nous commençons par monter jusqu’à l’esplanade du château pour profiter de la vue à quasiment 360° sur les environs. Nous nous servons des tables d’orientation présentes sur le site (il y a d’ailleurs deux versions tout autour de l’esplanade : une des années 1930 et une des années 1950).

Nous déambulons au fil des rues médiévales, allant de place en place, admirant les façades à pans de bois. Nous ne suivons pas particulièrement d’itinéraire : la Cité Médiévale n’est pas très étendue et il est aisé de s’y repérer pour visualiser les rues que nous n’avons pas encore explorées.

Nous gagnons alors les jardins Wilson, le jardin public du centre ville, construit sur l’emplacement des anciens remparts. Le soleil qui commence à baisser fait scintiller le jet d’eau du grand bassin central et dore les herbes des parterres. Il fait doux et nous prenons notre temps.

Après notre balade, nous choisissons de diner dans un restaurant de la basse ville. Puis nous regagnons notre hôtel en passant devant les jets d’eau de l’avenue Marx Dormoy avec lesquels le soleil déclinant s’amuse.

Sur l’esplanade du château des Ducs de Bourbon
L’église Notre Dame
Le passage du Doyenné
De l’église Notre Dame à l’église Saint Pierre
Façade à pans de bois et linteau sculpté
Dans les Jardins Wilson, profiter de la fin de journée
Vue sur le Beffroi du Château des Ducs de Bourbon
Certaines rues de la Cité Médiévale sont très calmes
Jets d’eau dans la lumière du soir

Montluçon – Allier – avril 2022


Dimanche matin – Néris-les-Bains et la voie verte vers Montluçon

Après une bonne nuit de sommeil, nous avons décidé de mettre le cap sur Néris-les-Bains. J’en avais entendu parler car ma mère y avait fait plusieurs séjours thermaux, et nous avait dit que c’était une jolie petite ville. Néris se situant à moins de 10 km de Montluçon, nous en avons profité pour y faire un tour.

Nous avons laissé la voiture à proximité du casino, et sommes partis à pied découvrir la ville. Le grand parc du casino nous a conduits jusqu’aux thermes (qui étaient fermés ce jour-là). De là, nous avons arpenté les rues bordées d’anciens hôtels et de jolies maisons datant de l’âge d’or de la station thermale, au XIXe siècle. Le centre-ville Belle Epoque n’est pas très étendu et nous en avons finalement assez rapidement fait le tour.

Un air de décor de film de Wes Anderson pour l’ancien Grand Hôtel..
Le bâtiment des thermes des années 1930 a été reconverti en spa
Élégante façade d’hôtel au charme désuet
Le casino a été construit à la Belle Epoque, au moment où « prendre les eaux » était à la mode

Mais, en arrivant de Montluçon, nous avions vu un ancien viaduc ferroviaire sur lequel nous avions aperçu des personnes. Nous avons donc cherché à retrouver cette ancienne voie ferrée pour aller nous y promener. Nous sommes donc partis à travers un parc dans la direction de Montluçon, et nous n’avons pas tardé à apercevoir au-dessus de nous un (autre) viaduc. Après l’avoir gagné, nous l’avons traversé et sommes partis sur ce qui est maintenant une voie verte reliant Montluçon à Néris.

Arrivés sur le viaduc de Sainte Agathe que nous avions aperçu depuis la route, nous ne sommes pas déçus par notre choix de promenade. La campagne étale ses couleurs printanières en d’élégants vallonnements. Nous continuons quelques kilomètres avant de faire demi-tour, un peu avant d’arriver aux faubourgs de Montluçon.

Quelques magnolias sont encore en fleurs
L’ancienne voie ferrée entre Néris et Montluçon est devenue une voie verte
Depuis le viaduc de Sainte Agathe, admirer la campagne de la Combraille
Arbre solitaire

Néris-les-Bains – Allier – avril 2022


Dimanche après-midi – le parc du château de La Louvière

Le dimanche en début d’après-midi, avant de reprendre la route pour rentrer dans la Drôme, j’ai souhaité faire un arrêt au château de la Louvière, à Montluçon (que j’avais déjà repéré lors de mon précédent passage dans la ville sans prendre le temps de m’y arrêter). Situé un peu à l’extérieur de la ville, le château a été construit pour un industriel local dans les années 1920. C’est le Petit Trianon de Versailles qui a servi d’inspiration. Le parc arboré abrite de nombreuses essences.

Malheureusement, lors de notre passage, des travaux de restauration étaient en cours et des échafaudages entouraient l’ensemble du château. Le peu qu’on en apercevait avait cependant l’air charmant (et un coup d’œil à travers la vitre de la porte d’entrée m’a réellement donné envie de venir découvrir l’intégralité du lieu… ). Le petit bâtiment de l’orangerie est lui aussi très élégant…

La charmante orangerie du château de La Louvière

Parc de La Louvière – Montluçon – Allier -avril 2022


Après ces (presque) 24 heures à Montluçon et ses environs, il était temps de rentrer à la maison. J’ai bien repéré encore quelques lieux à découvrir dans le secteur, par exemple le village de Hérisson, la forêt de Tronçais ou encore les gorges du Cher… Ce sera une bonne raison pour revenir !

[Haute-Savoie] des Gorges du Fier au château de Montrottier

Après une journée passée au bord du lac et une très longue promenade dans le centre-ville d’Annecy, nous avons pris la direction de la montagne pour partir découvrir d’autres curiosités naturelles et historiques.


Une curiosité naturelle

Notre premier arrêt a été pour aller découvrir les Gorges du Fier. J’y étais déjà venue il y a quelques 25 ans en arrière, lorsque j’étais étudiante et que je faisais un stage à Lyon (comme je ne connaissais pas du tout la région, j’avais alors largement profité de mes week-ends pour la parcourir). J’en gardais un souvenir impressionnant, et j’avoue que j’avais un peu peur d’être déçue. Cela n’a pas été le cas !

Le Fier est une petite rivière qui prend sa source au pied du Mont Charvin avant de finir sa course dans le Rhône. Sur son parcours, il a creusé d’impressionnantes gorges. Le site a été aménagé pour la découverte touristique à la fin du XIXe siècle par l’installation de passerelles, accrochées à la paroi plus de 20 mètres au dessus du cours d’eau, sur plus de 250 mètres de long.

Les passerelles existent toujours (rassurez-vous, elles ont été plus fois rénovées au fil des décennies et ne présentent aucun souci de sécurité). Ce sont elles qui font la particularité du site : elles permettent à tout un chacun d’accéder au cœur des gorges sans nécessiter de compétences techniques !

Après avoir laissé la voiture sur le parking aménagé en amont des gorges, nous avons traversé le Fier par le pont des Liasses, dans un paysage bucolique, dominé par le château de Montrottier (que nous avions croisé sur la route et que nous irons voir ensuite). Un petit chemin se faufilant dans le sous-bois nous conduit au pavillon d’accueil. Nous voilà parties pour une balade en aller/retour d’un peu plus d’un kilomètre à la découverte des gorges et de leur environnement.

Sitôt le pavillon d’accueil dépassé, nous entrons sur les passerelles qui nous conduisent à la porte d’entrée des gorges. Nous pénétrons alors dans un autre monde, mi aérien mi souterrain, un entre-deux impressionnant. Les passerelles courent le long de la paroi, épousant les formes de celle-ci. Une vingtaine de mètres sous nos pieds, la rivière s’écoule. Au dessus de nous, le soleil perce à travers la roche et la végétation, et fait miroiter l’eau par moments (j’ai volontairement choisi l’heure de notre visite alors que le soleil est au zénith en espérant cet effet…). Nous sommes dans un monde féérique, et je ne serais guère surprise de croiser quelques elfes…

Toutefois, un panneau marquant les hauteurs de crues nous ramène à la réalité. Celles-ci peuvent en effet complètement envahir les gorges, faisant monter le niveau de l’eau de plusieurs dizaines de mètres ! Cela me rappelle une fois de plus à quel point nous devons rester humbles face à la nature.

A la sortie des gorges, la promenade continue. Quelques panneaux explicatifs détaillent les différentes formations géologiques que l’on peut croiser sur le site : marmites de géants, lapiaz… Un peu plus loin, d’autres panneaux reprennent les légendes liées au site.

La rivière continue sa route après sa sortie des gorges. Se glissant dans la Mer de Rochers, vaste lapiaz, elle cascade et se faufile, avant de s’étaler alors que l’espace s’élargit.

Il est temps pour nous de faire demi-tour pour regagner l’entrée du site en parcourant à nouveau les impressionnantes passerelles. Avant de quitter les lieux, nous profitons de la terrasse pour prendre un rafraichissement sous la sentinelle vigilante du château de Montrottier : il est temps pour nous d’aller lui rendre visite !

En passant le pont des Liasses, on aperçoit les tours du château de Montrottier
Juste avant de se précipiter dans les gorges, le Fier cascade
S’aventurer au cœur des gorges
Les passerelles sont accrochées à une vingtaine de mètres au-dessus du niveau normal de la rivière
La voie ferrée passe au dessus des gorges depuis la fin du XIXe siècle et la mise en service de la ligne Annecy/Aix les Bains
Se faufiler dans un monde minéral
Au dessus des gorges, une voûte de végétation donne l’impression d’un monde féérique
Dans la Mer de Rochers
Après les gorges, le Fier reprend son cours tranquillement
Nous repartons en sens inverse sur les passerelles
Par effet de paréidolie, on voit des visage dans les rochers

Gorges du Fier – Haute-Savoie – avril 2022

(*) Le site des gorges du Fier est ouvert de mi-mars à mi-octobre. Vous pouvez retrouver l’ensemble des informations pratiques sur leur site internet.


Une petit tour en sous-bois

Nous décidons de rejoindre le château de Montrottier à pied depuis les gorges. C’est une petite marche, bien indiquée, essentiellement en sous-bois, mais avec un joli dénivelé. Nous profitons de la fraicheur de quelques sources d’où partent des ruisseaux que nous traversons à gué (et dans lesquels, forcément, je plonge les pieds… Je suis en sandales, autant en profiter !). Sous les arbres, l’ail des ours est en pleine floraison, créant des tapis de fleurs blanches et dégageant une odeur bien reconnaissable.

Le sous-bois est tapissé des fleurs blanches de l’ail des ours
Délicatesse des fleurs d’ail des ours

Lovagny – Haute-Savoie – avril 2022


Un château surprenant

Nous avions repéré de loin les hautes tours du château de Montrottier. En nous approchant, je lui trouve un air de château de conte de fées, seul au sommet de sa butte, sans aucun bâtiment à proximité. Dans les prés qu’il surplombe, des vaches paissent tranquillement, complétant un tableau très bucolique.

Nous commençons notre visite par le pré et les jardins, profitant de la vue sur les montagnes et la campagne. Puis, nous gagnons la cour du château où nous devons retrouver le guide pour découvrir certaines salles non librement accessibles. C’est en entrant dans la cour que le décor me frappe : j’ai déjà visité ce château, avec son gros donjon central et sa belle galerie Renaissance.

Si le château en lui-même est superbe, ce qui fait sa vraie particularité, ce sont ses collections. Au début du XXe siècle, Léon Marès reçoit le château en héritage, s’y installe mais surtout y installe ses collections. Durant 10 ans, il va imaginer et mettre en place un véritable musée privé, cabinet de curiosité s’étalant dans de nombreuses pièces du château. Les deux salles de la tour des religieuses abritent ainsi ses collections exotiques, témoins de l’attrait de l’époque pour les objets en provenance des colonies et issues des achats de Léon Marès (qui n’a jamais voyagé), et ses collections militaires, qui font sans doute suite au passé d’officier de Léon Marès. Il organise déjà des visites de celles-ci de son vivant.

A sa mort, en 1916, Léon Marès, sans héritiers, lègue le domaine de Montrottier et son contenu à l’Académie Florimontane, une société savante basée à Annecy, en précisant qu’il doit être enterré sur le domaine (sa tombe se situe dans le pré à l’arrière du château, on en aperçoit la croix sur la photo en tête de cet article), que ses collections ne doivent pas bouger et qu’elles doivent être ouvertes au public. Depuis 1919, le château et ses collections sont donc accessibles à tous, présentant un témoignage assez unique de demeure de collectionneur du début du XXe siècle.

La diversité et la variété des sujets collectionnés, ainsi que leur richesse, frappe le visiteur. Il y a tant de détails à admirer qu’une seule visite n’y suffit pas, surtout que la découverte des deux salles de la tour se font avec un guide, en groupe et que le temps et l’espace sont comptés (D’ailleurs, j’ai n’ai quasiment pas pris de photos des collections). J’avoue que j’aurais aimé pouvoir y passer plus de temps, et seule ou presque, afin de bien prendre la mesure de l’ampleur de ce que je contemplais !

Les autres salles du château (en visite libre) présentent également de très nombreux objets : faïences, vaisselles, objets décoratifs ou utilitaires, tapisseries… Il est parfois difficile de savoir où nos yeux doivent se poser !

Nous terminons notre visite par un tour dans la galerie et sur le rempart qui a été abaissé jusqu’au niveau du premier étage afin de donner de la lumière dans le château et de pouvoir profiter de la vue.

Le château de Montrottier côté pré
Dans les jardins
La cour du château avec son donjon et sa galerie
Le fascinant escalier de la tour des religieuses, à vis sans pivot central, forme une spirale hypnotique.
De la galerie, vue sur les montagnes au delà du mur d’entrée
Profiter du doux parfum de la glycine sur le rempart
Le château de Montrottier se dresse au sommet d’une butte tel un château de contes de fées
Carte postale

Château de Montrottier – Haute-Savoie – avril 2022

(*) Les conditions de visite, jours et horaires, sont disponibles sur le site internet du château de Montrottier.


Après ces découvertes, nous avions encore envie de profiter du grand soleil de ce jour-là avant de reprendre la route vers la maison…

(à suivre…)

[Drôme] le retour de la neige

En fin de semaine dernière, une vague de froid a succédé aux journées quasi-estivales que l’on avait connues la semaine précédente, et la neige a fait son grand retour. Vendredi matin, elle tombait légèrement lorsque je suis partie travailler mais ne semblait pas vraiment tenir autour de chez moi. Cependant, en rentrant de Lyon, vendredi soir, j’ai vu que le Vercors était bien blanc jusqu’à des altitudes basses. Dans la nuit de vendredi à samedi, la neige est de nouveau tombée, et en rentrant tardivement d’une séance au cinéma, j’avais pu constater qu’elle tenait même dans mon village de la plaine de Valence. Samedi matin, les toits étaient effectivement blanchis mais le mistral avait tendance à balayer rapidement les flocons. Toutefois, par la fenêtre, je pouvais apercevoir que le Vercors avait gardé sa couche de neige.

Aussi, en emmenant Mr 1er et Melle 3e au centre équestre, j’ai pris mon sac à dos et mes chaussures de randonnée. Je savais par expérience que la neige y tient souvent bien… et je n’ai pas été déçue ! Environ 1 kilomètre avant d’arriver, la neige était bien présente dans les champs, et en se rapprochant, il devenait manifeste qu’il avait fallu dégager la route avec une lame chasse-neige. Plus haut, le paysage était tout blanc.

Partant du parking du centre équestre, j’ai vite été surprise par les rafales de vent très fortes. Mais l’appel de la neige était trop fort. Alors, j’ai enfilé mes gants, fermé mon blouson et remonté la capuche de ma veste polaire (j’avais assez stupidement oublié mon bonnet !). Puis, j’ai pris la direction du pied de la montagne.

Pour le début de cette sortie, j’ai suivi le même itinéraire que lors d’une promenade faite au printemps dernier. Dans les prés, les chevaux et poneys ne semblent pas perturbés par la couche blanche qui a recouvert leur environnement. Ils me regardent avec curiosité lorsque je passe avant de bien vite trouver leur foin plus intéressant. La piste monte en se faufilant dans le paysage complètement blanc. La couche de neige fait entre 15 et 20 cm si j’en crois mes estimations, mais j’arrive à avancer là où elle a déjà été tassée ou n’a pas tenu. Le mistral balaie régulièrement le paysage, soulevant les derniers flocons tombés et secouant les branches des arbres. Les rafales de vent font tomber des petits paquets de neige (je suis encore plus contente d’avoir ma capuche…), et je m’efforce chaque fois que c’est possible de me mettre dos au vent.

Arrivée au moment où la piste suivie l’an dernier bifurque plein nord, je choisis d’emprunter une sente à peine marquée partant à l’est. Le but est de m’éviter de devoir marcher face au vent. Et, très vite, je m’aperçois que je suis en plus abritée du mistral par la colline. Après un petit passage en sous-bois, je me retrouve à flanc de coteau, sur le chemin qui monte toujours. La neige a laissé le sentier partiellement dégagée et, fort heureusement, je repère des traces de pas là où elle a tenu. Il ne s’agirait pas de poser le pied n’importe où et risquer de faire une mauvaise chute : l’endroit n’est pas vraiment passant et je ne suis pas certaine que le téléphone capte correctement !

Le paysage est magique. Les arbres et arbustes sont couverts de neige, donnant une dimension si spéciale au lieu. Quelques fleurs contrastent avec la neige, comme si l’hiver voulait livrer un dernier combat avant de s’incliner face au printemps.

Sur le versant me faisant face, je vois les arbres osciller sous l’effet du vent. Je l’entends également. Alors qu’habituellement, la neige tend à rendre les paysages silencieux, cette offensive hivernale est particulièrement bruyante. Les piémonts du Vercors semblent s’être transformés en une lointaine contrée inhospitalière. J’ai l’impression d’être bien loin de chez moi, tant le dépaysement est total.

Mais, la météo semble vouloir se dégrader et le ciel commence à s’obscurcir. Il est temps de rebrousser chemin et de redescendre vers les écuries. Je fais alors demi-tour, tout en prenant le temps d’admirer encore le paysage qui m’entoure et de jeter un œil à la plaine de Valence que l’on devine dans le lointain avec ses couleurs printanières.

De retour sur la piste qui longe les prés à chevaux, je retrouve les bourrasques de vent et je regrette un peu le sentier abrité. Alors, je presse le pas pour regagner plus vite l’abri des écuries. Là, je retrouve Mr 1er qui m’attend pour rentrer à la maison. Nous avons bien mérité le bon chocolat chaud que je m’apprête à préparer en arrivant !

Depuis le parking du domaine équestre des Pialoux
La neige donne une dimension différente aux paysages connus
Vieilles pierres et sapins enneigés
Les prés des chevaux sont recouverts de neige
Le Roi des Forêts ?
Sur la piste, en direction de la montagne
Régulièrement, le vent soulève la neige…
Printemps vs hiver
Magie des paysages enneigés
La neige redessine les silhouettes des arbres encore nus
Au cœur de la montagne enneigée
Printemps vs hiver (bis)
Dans le lointain, les couleurs printanières de la plaine
Redescendre de la montagne
Le long des prés des chevaux…

Montvendre / La Baume Cornillane – Drôme – 2 avril 2022

(*) une partie des pistes et chemins empruntés sont privés et appartiennent au domaine équestre des Pialoux. J’avais l’autorisation d’y circuler à pied. Il convient également de ne pas aller perturber les chevaux qui sont au pré.

[Drôme] une randonnée de fin d’hiver autour du Grand Echaillon

Juste avant l’arrivée du printemps, j’ai eu envie de profiter encore un peu de la neige… Comme je ne souhaitais pas passer trop de temps sur la route, j’ai choisi d’aller à la station du Grand Echaillon (après avoir jeté un oeil à la webcam et constaté qu’il restait un tout petit peu de neige). C’est la station de ski de fond la plus proche de Valence. De chez moi, il faut à peine plus de 30 minutes pour s’y rendre, et son enneigement étant moins important (et plus aléatoire) que dans les stations situées plus au cœur du Vercors et ne disposant que de peu de pistes (28 km au Grand Echaillon contre 130 km à Font d’Urle ou 153 km à Herbouilly), elle est aussi moins fréquentée.

En montant jusqu’à la station, je me suis rapidement rendue compte qu’en effet, en cette toute fin du mois de février, la neige n’était plus présente que par plaques, et compte-tenu des températures, que les pistes seraient sans doute de véritables patinoires. De toutes façons, mon but n’était pas de faire du ski de fond, mais de faire une petite randonnée, où même les raquettes ne seraient pas nécessaires.

Arrivée assez tôt le matin, le parking était encore désert. J’ai laissé la voiture devant l’auberge, et je suis partie sur une boucle accessible uniquement en hiver : la piste raquettes de la Bergerie de l’Echaillon. Quand il y a de la neige, le circuit, bien balisé, est damé et permet une balade facile quel que soit son niveau en randonnée en raquettes (il y a quelques années, je l’avais fait avec ma fille âgée de 6 ou 7 ans). Quand il n’y a pas de neige, on peut tout de même profiter des splendides paysages…

Assez vite, le bâtiment de la bergerie se profile, blotti dans un léger creux, à proximité d’une source. Je fais un petit crochet pour aller voir le paysage depuis la crête. Je devine les 3 Becs dans le fond. Je domine le plateau de la Vacherie. J’aperçois le rocher du Vellan. Toute une géographie se déploie à mes pieds.

La suite de la boucle s’enfonce un peu dans les bois. Les plaques de neige y sont plus présentes, et les quelques fois où il faut croiser ou longer une piste de ski de fond sont périlleuses car la neige damée est devenue glace.

Une heure après être partie, je suis de retour au niveau de l’auberge. Entre temps, elle a ouvert, et j’en profite pour prendre un café au soleil… A l’abri du vent sur la terrasse, il fait presque chaud et même le pull m’est superflu (mais il faut dire que je ne suis pas très frileuse). Je laisse le temps s’étirer tout en faisant le plein de vitamine D avant de reprendre la voiture et redescendre dans la plaine.

Quelques plaques de neige persistent…
La Bergerie de l’Echaillon
Il est possible de rejoindre le GR93 (dont le point de départ se trouve à Peyrus)
Le long du GR93
En hiver, les pâturages de l’Echaillon sont ouverts et il est possible d’y accéder via le circuit balisé de la Bergerie. Attention, en été, ils sont clos et il ne faut pas y pénétrer pour ne pas perturber les troupeaux à l’alpage (les troupeaux sont en outre souvent gardés par de vigoureux chiens patous qui vous considèreraient comme une menace…).
L’hiver va doucement céder sa place au printemps.
De la crête, on surplombe le plateau agricole de La Vacherie.
L’endroit permet de s’amuser à reconnaître les sommets environnants….
Plusieurs pistes de ski de fond passent à proximité de la maison forestière.
Le plaisir d’un café au soleil….

Le Grand Echaillon – Léoncel – Drôme – février 2022

(*) Lorsque l’enneigement le permet, et que les pistes sont ouvertes, il est possible de louer des skis de fond ou des raquettes à neige au rez-de-chaussée de l’auberge. Les forfaits de fond sont à acheter au même endroit. L’auberge propose un service de bar et de restauration (sur place ou à emporter) pour le déjeuner et le goûter.