J’étais déjà allée sur le site médiéval du Couvent des Carmes à Beauvoir en Royans il y a quelques années. Je n’avais alors pas pu visiter le musée qui n’était pas ouvert. Depuis, j’avais complètement « oublié » d’y retourner. A l’occasion d’un jour férié de mai, alors que je cherchais une promenade en complément d’une visite au Jardin des Fontaines Pétrifiantes (je vous en reparle bientôt !), et que je regardais une carte, le nom de Beauvoir en Royans m’a sauté aux yeux. Notre sortie allierait donc culture et nature…
Le Couvent des Carmes
Le site du Couvent des Carmes est situé au pied du Vercors, dans la vallée de l’Isère qu’il surplombe. Avant le couvent, le lieu était celui du château des Dauphins, seigneurs du Dauphiné avant l’achat de celui-ci par le Royaume de France. Du château médiéval, il reste un pan de mur d’enceinte, une porte d’accès au fossé extérieur, un donjon à flanc de colline, et l’arche gothique qui portait le vitrail majestueux de la chapelle. C’est Humbert II qui, au XIVe siècle, créé le couvent au pied de son château de Beauvoir où il a pris résidence habituelle.
Le bâtiment du couvent est reconstruit au XVIIe siècle. Il abritait les salles communes et la chapelle au rez-de-chaussée et les cellules des moines au premier étage. L’escalier à 2 volées dessert via un palier la tribune de la chapelle. Il se distingue par sa superbe rambarde en fer forgé.
Aujourd’hui, le couvent héberge un musée d’histoire locale ainsi qu’une exposition semi-permanente (les oeuvres tournent au fil des années afin de garantir leur bonne conservation dans le temps) consacrée au peintre contemporain Bob ten Hoope. Cet artiste hollandais a en effet vécu une cinquantaine d’années au pied du Vercors et a légué une partie de ses œuvres au département de l’Isère. Parmi celles-ci, on retrouve des paysages du Vercors ou encore des portraits croqués sur le vif dans les cafés et restaurants des environs.
Durant la saison 2022, le musée accueille également une exposition temporaire Forest Art Project autour du thème de la forêt où art et science se mêlent pour montrer la beauté des grandes forêts de la planète et sensibiliser aux menaces qui pèsent sur leur avenir. J’ai particulièrement aimé l’œuvre de Claude Como installée sur le grand mur de la chapelle.
Après cela, nous continuons notre découverte en faisant le tour du bâtiment pour admirer l’ancienne cour du couvent et profiter du jardin médiéval dont les carrés sont plantés d’herbes médicinales et de plantes potagères.
Escalier en fer forgé et tomettes sur le sol – le charme d’un bâtiment du XVIIe siècleL’oeuvre de Claude Como installée dans la chapelle pour l’exposition Forest Art ProjectTraverser la forêt stylisée du Forest Art Project pour rejoindre l’exposition Bob ten HoopePaysage du Vercors par Bob ten HoopeBarbières par Bob ten HoopeExposition Bob ten HoopeExposition Forest Art Project – peindre le vivantExposition Forest Art Project – contraste entre la délicatesse du dessin et la toile de jute bruteIris dans le jardin médiévalLa chapelle du Couvent des Carmes vue de la courUn verger conservatoire a également été aménagé sur le site, au pied du Vercors
Les orchidées de la pelouse
Le site médiéval de l’ancien château est maintenant un espace de verdure public où il est possible de venir pique-niquer ou passer un moment en famille ou entre amis. Après avoir nous-même profité de l’endroit pour déjeuner, nous sommes allées voir les ruines de plus près. Mais finalement, ce qui m’a le plus attiré, ce sont des petites fleurs plus ou moins discrètes disséminées sur les vastes pelouse. L’endroit s’est avéré être plein d’orchidées sauvages !
C’est ainsi que je me suis retrouvée rapidement agenouillée dans l’herbe à photographier les orchis boucs, les ophrys abeille et les anacamptis pyramidaux qui peuplaient les lieux !
Enfin, nous avons terminé notre découverte de Beauvoir en Royans par un petit tour dans le vieux village. Nous y avons trouvé une église de poche et une place du village pleine de charme bordée de façades parées de vignes entourant un lavoir-fontaine rafraichissant (ce qui était bienvenu dans cette journée quasi-estivale).
Rappel : les orchidées sauvages sont fragiles, et nombre d’entre elles, protégées. Il ne faut en aucun cas les cueillir. Il convient également de faire attention à ne pas piétiner les jeunes pousses et donc d’être très prudent de là où on pose les pieds quand on se trouve dans un lieu où les orchidées poussent.
Notre premier arrêt a été pour aller découvrir les Gorges du Fier. J’y étais déjà venue il y a quelques 25 ans en arrière, lorsque j’étais étudiante et que je faisais un stage à Lyon (comme je ne connaissais pas du tout la région, j’avais alors largement profité de mes week-ends pour la parcourir). J’en gardais un souvenir impressionnant, et j’avoue que j’avais un peu peur d’être déçue. Cela n’a pas été le cas !
Le Fier est une petite rivière qui prend sa source au pied du Mont Charvin avant de finir sa course dans le Rhône. Sur son parcours, il a creusé d’impressionnantes gorges. Le site a été aménagé pour la découverte touristique à la fin du XIXe siècle par l’installation de passerelles, accrochées à la paroi plus de 20 mètres au dessus du cours d’eau, sur plus de 250 mètres de long.
Les passerelles existent toujours (rassurez-vous, elles ont été plus fois rénovées au fil des décennies et ne présentent aucun souci de sécurité). Ce sont elles qui font la particularité du site : elles permettent à tout un chacun d’accéder au cœur des gorges sans nécessiter de compétences techniques !
Après avoir laissé la voiture sur le parking aménagé en amont des gorges, nous avons traversé le Fier par le pont des Liasses, dans un paysage bucolique, dominé par le château de Montrottier (que nous avions croisé sur la route et que nous irons voir ensuite). Un petit chemin se faufilant dans le sous-bois nous conduit au pavillon d’accueil. Nous voilà parties pour une balade en aller/retour d’un peu plus d’un kilomètre à la découverte des gorges et de leur environnement.
Sitôt le pavillon d’accueil dépassé, nous entrons sur les passerelles qui nous conduisent à la porte d’entrée des gorges. Nous pénétrons alors dans un autre monde, mi aérien mi souterrain, un entre-deux impressionnant. Les passerelles courent le long de la paroi, épousant les formes de celle-ci. Une vingtaine de mètres sous nos pieds, la rivière s’écoule. Au dessus de nous, le soleil perce à travers la roche et la végétation, et fait miroiter l’eau par moments (j’ai volontairement choisi l’heure de notre visite alors que le soleil est au zénith en espérant cet effet…). Nous sommes dans un monde féérique, et je ne serais guère surprise de croiser quelques elfes…
Toutefois, un panneau marquant les hauteurs de crues nous ramène à la réalité. Celles-ci peuvent en effet complètement envahir les gorges, faisant monter le niveau de l’eau de plusieurs dizaines de mètres ! Cela me rappelle une fois de plus à quel point nous devons rester humbles face à la nature.
A la sortie des gorges, la promenade continue. Quelques panneaux explicatifs détaillent les différentes formations géologiques que l’on peut croiser sur le site : marmites de géants, lapiaz… Un peu plus loin, d’autres panneaux reprennent les légendes liées au site.
La rivière continue sa route après sa sortie des gorges. Se glissant dans la Mer de Rochers, vaste lapiaz, elle cascade et se faufile, avant de s’étaler alors que l’espace s’élargit.
Il est temps pour nous de faire demi-tour pour regagner l’entrée du site en parcourant à nouveau les impressionnantes passerelles. Avant de quitter les lieux, nous profitons de la terrasse pour prendre un rafraichissement sous la sentinelle vigilante du château de Montrottier : il est temps pour nous d’aller lui rendre visite !
En passant le pont des Liasses, on aperçoit les tours du château de MontrottierJuste avant de se précipiter dans les gorges, le Fier cascadeS’aventurer au cœur des gorgesLes passerelles sont accrochées à une vingtaine de mètres au-dessus du niveau normal de la rivièreLa voie ferrée passe au dessus des gorges depuis la fin du XIXe siècle et la mise en service de la ligne Annecy/Aix les BainsSe faufiler dans un monde minéralAu dessus des gorges, une voûte de végétation donne l’impression d’un monde féériqueDans la Mer de RochersAprès les gorges, le Fier reprend son cours tranquillementNous repartons en sens inverse sur les passerellesPar effet de paréidolie, on voit des visage dans les rochers
Gorges du Fier – Haute-Savoie – avril 2022
(*) Le site des gorges du Fier est ouvert de mi-mars à mi-octobre. Vous pouvez retrouver l’ensemble des informations pratiques sur leur site internet.
Une petit tour en sous-bois
Nous décidons de rejoindre le château de Montrottier à pied depuis les gorges. C’est une petite marche, bien indiquée, essentiellement en sous-bois, mais avec un joli dénivelé. Nous profitons de la fraicheur de quelques sources d’où partent des ruisseaux que nous traversons à gué (et dans lesquels, forcément, je plonge les pieds… Je suis en sandales, autant en profiter !). Sous les arbres, l’ail des ours est en pleine floraison, créant des tapis de fleurs blanches et dégageant une odeur bien reconnaissable.
Le sous-bois est tapissé des fleurs blanches de l’ail des oursDélicatesse des fleurs d’ail des ours
Lovagny – Haute-Savoie – avril 2022
Un château surprenant
Nous avions repéré de loin les hautes tours du château de Montrottier. En nous approchant, je lui trouve un air de château de conte de fées, seul au sommet de sa butte, sans aucun bâtiment à proximité. Dans les prés qu’il surplombe, des vaches paissent tranquillement, complétant un tableau très bucolique.
Nous commençons notre visite par le pré et les jardins, profitant de la vue sur les montagnes et la campagne. Puis, nous gagnons la cour du château où nous devons retrouver le guide pour découvrir certaines salles non librement accessibles. C’est en entrant dans la cour que le décor me frappe : j’ai déjà visité ce château, avec son gros donjon central et sa belle galerie Renaissance.
Si le château en lui-même est superbe, ce qui fait sa vraie particularité, ce sont ses collections. Au début du XXe siècle, Léon Marès reçoit le château en héritage, s’y installe mais surtout y installe ses collections. Durant 10 ans, il va imaginer et mettre en place un véritable musée privé, cabinet de curiosité s’étalant dans de nombreuses pièces du château. Les deux salles de la tour des religieuses abritent ainsi ses collections exotiques, témoins de l’attrait de l’époque pour les objets en provenance des colonies et issues des achats de Léon Marès (qui n’a jamais voyagé), et ses collections militaires, qui font sans doute suite au passé d’officier de Léon Marès. Il organise déjà des visites de celles-ci de son vivant.
A sa mort, en 1916, Léon Marès, sans héritiers, lègue le domaine de Montrottier et son contenu à l’Académie Florimontane, une société savante basée à Annecy, en précisant qu’il doit être enterré sur le domaine (sa tombe se situe dans le pré à l’arrière du château, on en aperçoit la croix sur la photo en tête de cet article), que ses collections ne doivent pas bouger et qu’elles doivent être ouvertes au public. Depuis 1919, le château et ses collections sont donc accessibles à tous, présentant un témoignage assez unique de demeure de collectionneur du début du XXe siècle.
La diversité et la variété des sujets collectionnés, ainsi que leur richesse, frappe le visiteur. Il y a tant de détails à admirer qu’une seule visite n’y suffit pas, surtout que la découverte des deux salles de la tour se font avec un guide, en groupe et que le temps et l’espace sont comptés (D’ailleurs, j’ai n’ai quasiment pas pris de photos des collections). J’avoue que j’aurais aimé pouvoir y passer plus de temps, et seule ou presque, afin de bien prendre la mesure de l’ampleur de ce que je contemplais !
Les autres salles du château (en visite libre) présentent également de très nombreux objets : faïences, vaisselles, objets décoratifs ou utilitaires, tapisseries… Il est parfois difficile de savoir où nos yeux doivent se poser !
Nous terminons notre visite par un tour dans la galerie et sur le rempart qui a été abaissé jusqu’au niveau du premier étage afin de donner de la lumière dans le château et de pouvoir profiter de la vue.
Le château de Montrottier côté préDans les jardinsLa cour du château avec son donjon et sa galerieLe fascinant escalier de la tour des religieuses, à vis sans pivot central, forme une spirale hypnotique.De la galerie, vue sur les montagnes au delà du mur d’entréeProfiter du doux parfum de la glycine sur le rempartLe château de Montrottier se dresse au sommet d’une butte tel un château de contes de féesCarte postale
Château de Montrottier – Haute-Savoie – avril 2022
Aller se promener au Jardin des Iris du Grand Barbu est un plaisir chaque année renouvelé ! Nous nous y rendons même souvent plusieurs fois chaque printemps, car chaque fois, le spectacle des iris en fleurs est différent : lumière du midi ou du soir, évolution de la floraison au fil du temps… Cela se joue sur des détails mais ce sont eux qui rendent chaque promenade unique.
Cette année, nous n’avons pas dérogé à notre désormais tradition printanière. J’y suis ainsi allée deux fois : seule un samedi après-midi et accompagnée de Melle 3e un soir de semaine après une journée de travail (et de lycée pour elle). Les deux sorties ont été de doux moments, véritables parenthèses de douceur au cœur de semaines au rythme effréné.
Le samedi, il y avait foule pour venir (re)découvrir ce jardin merveilleux. Comme chaque année, j’ai été accueillie par Daniel, le jardinier qui cultive et créé ces fabuleuses fleurs, et n’est pas avare lorsqu’il s’agit de partager sa passion. J’avais été un peu peinée lorsque j’avais vu dans son mail annuel d’annonce de la floraison que 2022 serait la dernière saison du jardin… Mais entre temps, un nouvel évènement est survenu et Daniel a trouvé un autre passionné pour reprendre le flambeau : il y aura bien de nouvelles saisons aux Iris du Grand Barbu.
Cette information importante en poche, je suis partie appareil photo en bandoulière au fil des chemins tracés autour des iris, en suivant les flèches pour ne louper aucune variété. Et comme chaque fois, cela a été un émerveillement d’où je suis revenue avec plus de 150 photos (vous devez donc comprendre par là qu’il va y avoir beaucoup de photos dans cet article !).
Comme Melle 3e n’avait pas pu m’accompagner le samedi, nous y sommes allées ensemble un soir de la semaine suivante. Le soleil commençait à baisser sur l’horizon, et baignait le jardin d’une lumière dorée. La chaleur de la journée avait diffusé les parfums des iris et c’était un ravissement pour l’odorat. J’avais de nouveau sorti mon appareil photo, essentiellement pour essayer de capter la si jolie lumière de la fin de journée (vous devez donc comprendre par là qu’il va y avoir vraiment beaucoup de photos dans cet article !).
Je ne sais pas si j’en aurai le temps, mais je ne peux pas exclure de retourner une fois de plus profiter des iris du Grand Barbu avant la fin de la saison !
Iris du Grand Barbu – Chabeuil – Drôme – mai 2022
(*) Le jardin des iris du Grand Barbu est un jardin privé, ouvert au public durant le mois de mai. Il est possible d’acheter des iris : il suffit de les commander lors de la visite et ils seront à récupérer durant l’été. Bien entendu, il est indispensable de respecter le travail des jardiniers en faisant attention à ne pas abîmer les iris lors de la visite.
(*) Si vous voulez voir les floraisons des années précédentes:
Je n’étais pas retournée voir les collections de pivoines en fleurs à Crest depuis le printemps 2019. Il faut dire que les deux derniers printemps ont été plutôt limitants en terme de sorties…
J’ai profité d’une fin de journée de la dernière semaine d’avril pour y aller. Les pivoines arbustives étaient en pleine floraison, et c’était un bonheur pour les yeux (mais aussi pour l’odorat..). Par contre, la floraison des pivoines herbacées débutait tout juste.
Retour en (nombreuses) images sur cette visite…
Pivoines Rivière – Crest – avril 2022
(*) Pivoines Rivière est un horticulteur spécialisé dans les pivoines. Durant la période de floraison (grosso modo de mi-avril à début juin), le jardin de collection est ouvert librement au public durant les horaires d’ouverture de la pépinière. Il est possible d’acheter des pivoines à replanter chez soi.
Fleuri… Voilà un thème du projet 52 parfaitement de saison ! Il n’y a que l’embarras du choix en ce moment, que ce soit dans les parcs, sur les bas côtés des routes ou dans les champs.
J’aurais bien aimé prendre en photo les genêts dont le jaune éclatant a accompagné ma traversée du Forez (par l’autoroute) il y a 2 semaines, mais je manquais de temps pour m’arrêter (ou plutôt je manquais d’envie de prendre du temps alors que j’avais 4 heures de route à parcourir… à l’aller et au retour). Et je n’ai pas encore trouvé de champ de coquelicots à ma convenance cette année.
Mais je suis allée me promener dans mon iriseraie préférée, et cette année encore j’ai été subjuguée par les formes et les couleurs (et je vous en reparle bientôt !).
Je crois que c’est la première fois que je me rendais compte que plusieurs fleurs peuvent pousser sur la même tige d’iris !
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Pour découvrir les photos fleuries des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires…
A la fin du mois de mars, juste avant que début avril ne voit le retour d’une vague de froid hivernal, j’ai profité d’une fin de journée de télétravail pour aller voir les magnolias en fleurs au Parc Jouvet. Mais, alors que je pensais aller admirer la beauté du printemps, ce sont finalement les sons de celui-ci qui m’ont le plus marquée lors de cette promenade.
Arrivée sur place en toute fin d’après-midi, presque en début de soirée, après avoir laissé ma voiture de l’autre côté de la gare de Valence Ville et fait une course rapide dans une boutique du centre-ville, j’ai traversé le Champ de Mars qui bruissait des rires des lycéens profitant d’un moment de détente entre la fin des cours et le retour à la maison. Alors que je descendais les escaliers vers le parc, les bruits de l’agitation urbaine s’estompaient progressivement. Puis, le son des jets d’eau présents dans le haut du parc ont couvert les murmures de la ville.
J’ai emprunté le chemin qui partait sur ma gauche afin de rejoindre assez rapidement la maison du gardien et surtout les jolis magnolias qui se situent à côté. Mais je me suis laissée happer par les jonquilles le long du canal. Couchée dans l’herbe pour essayer d’attraper délicatesse dans la lumière déclinante, j’entendais des bribes de conversations provenant des bancs alentour, joyeuses retrouvailles en prévision du week-end débutant.
Au pied des magnolias, tables et bancs étaient tous occupés. Une dame qui profitait du soleil de la fin de journée pour lire et m’a vu prendre les arbres en photo a trouvé là l’occasion d’engager la conversation autour de la douceur ambiante, du printemps éclatant et de la lumière déclinante.
Un peu plus loin, de la volière des perruches s’échappent des pépiements joyeux auxquels répondent des rires d’enfants charmés. Le long de la mare aux canards, entre battements d’ailes et coups de pattes palmées, les exclamations des plus jeunes cherchent à attirer l’attention des volatiles. Plus bas, l’ambiance est plus calme, conversations discrètes de personnes plus âgées, que ce soit sur les bancs ou sur les pelouses.
Alors que je remonte le canal, mon oreille est titillée par un tonitruant concert de coassements. La saison des amours bat son plein chez les grenouilles et elles le font savoir tout autour de la mare dont les abords ont été dégagés de leurs encombrants végétaux. C’est véritablement un spectacle audio-diffusé, et nous sommes nombreux à l’écouter de longues minutes ! Même les cris et les rires des enfants sur l’aire de jeux voisine ne parviennent pas à supplanter les bruits des batraciens…
Finalement, je rejoins une zone plus calme, au son de l’eau qui s’écoule dans un canal bordé de magnolias. C’est là un point de rendez-vous à l’entrée du parc et plusieurs personnes attendent silencieusement, perdus dans la contemplation des lieux.
Il est temps pour moi de revenir à la ville dont les sons se rapprochent à travers ceux des jets d’eau, des rires et des conversations enjouées.
Descendre vers le cœur du Parc JouvetPasser sous les arbres en fleursJonquilles au bord du canalLa maison du gardien bordée par les magnolias en fleursS’émerveiller devant les fleurs épanouiesDans la lumière du soir naissant…Les jolies couleurs des feuilles des érables du JaponFeuilles & fleursTulipes éclatantesJ’aime beaucoup le charme romantique de cet endroitAttendre sous les magnolias
Parc Jouvet – Valence – Drôme mars 2022
(*) Conçu au tout début du XXe siècle, le parc Jouvet s’étale sur environ 7 hectares au pied du centre-ville. L’accès est libre chaque jour de l’année, les horaires d’ouverture et fermeture variant légèrement selon les saisons.
Chaque année, je scrute l’arrivée du printemps, et surtout celle des premières fleurs. Comme vous le savez peut-être (sans doute ?) déjà, j’aime beaucoup prendre les fleurs en photos. Je commence à devenir impatiente de retrouver les fleurs sauvages ou cultivées dès que les jours se mettent à rallonger de façon notable (mon point de repère est lié au fait que le jour est levé ou presque quand je prends le train le matin, et qu’il ne fait pas encore nuit quand j’en descends le soir à la gare, ce qui se situe globalement fin février). Je me mets alors à scruter les bas côtés des routes de campagne et les arbres dans les vergers à la recherche de signes de floraison. Et petit à petit, j’aperçois des fleurs dans les arbres fruitiers ou des petites tâches de couleur au bord de la route. Je note alors mentalement de revenir avec l’appareil photo ou qu’il est temps d’aller voir si le printemps a gagné mes spots favoris pour les fleurs sauvages….
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Mais, je n’ai pas forcément besoin de sortir de chez moi pour voir le printemps approcher. Il me suffit de faire attention à ce qu’il se passe dans ma cour. En effet, les petites jonquilles (dont j’ai planté les bulbes durant le premier automne dans ma maison, en 2016) y fleurissent autour de la mi-février.
Dans la cour – mi-février 2022
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Ce sont généralement les orchis géants qui « lancent » la saison des photos de fleurs sauvages. Autour de chez moi, ils fleurissent vers le début du mois de mars, par exemple le long du Rhône à Bourg-lès-Valence ou sur certains talus que j’ai pu repérer. Mais cette année, c’est mi-février en sud Ardèche que j’ai trouvé « mon » premier spécimen fleuri… et même si la photo n’est pas terrible (la lumière en plein milieu de journée n’est pas idéale…), j’aime la symbolique de « ma première orchidée sauvage de l’année » !
Saint Montan – Ardèche – 17 février 2022
(Je vous emmènerai dans les prochaines semaines à la recherche des orchidées sauvages dans toute leur diversité…)
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Les hellébores sont aussi des fleurs précoces et on trouve des variétés sauvages assez facilement au bord des chemins ombragés, en sous-bois.
Bois des Naix – Bourg de Péage – Drôme – février 2022
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Les jonquilles commencent à faire leur apparition dans les parcs et plate-bandes à compter de la fin février. J’aime bien aller au Bois des Naix à Bourg de Péage où elles sont nombreuses à agrémenter les grandes pelouses, mais également au Parc Jouvet à Valence. J’apprécie également de les voir le long de certaines rues ou sur quelques ronds-points valentinois.
Début de floraison des jonquilles au Bois des Naix Bourg de Péage – Drôme – fin février 2022
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Il est difficile de passer à côté de la floraison des vergers quand on circule quotidiennement sur les routes drômoises. L’arboriculture est en effet très présente dans plusieurs secteurs, dont la plaine de Valence. Il y a ainsi de très nombreux champs d’arbres fruitiers et c’est chaque année un vrai plaisir de les voir fleurir. Ce sont les abricotiers précoces qui ouvrent le bal, généralement fin février. Les autres variétés d’abricots et de pêches suivent alors, puis c’est le tour des cerisiers et des autres fruitiers. Durant quelques brèves semaines, les champs sont parés de blanc et de rose.
Cette année, j’ai pu m’arrêter prendre quelques photos alors que la floraison venait tout juste de débuter dans un champ d’une variété précoce d’abricots. (Malheureusement un épisode de gel nocturne est survenu quelques jours après, faisant des dégâts importants sur les fleurs fragiles…)
Chateauneuf sur Isère – Drôme -fin février 2022
J’y suis retournée deux semaines plus tard. La floraison était alors nettement plus avancée. Ainsi les champs de pêchers étaient parés du rose de leurs fleurs, parmi lesquelles de petites feuilles vertes commençaient à faire leur apparition. Toutes ces fleurs ne manquaient d’ailleurs pas d’attirer les abeilles qui se trouvaient fort affairées à butiner. La récolte du pollen semblait d’ailleurs fructueuse si l’on en croit les gros paquets jaunes qui venaient alourdir leurs pattes !
Au cœur des champs en fleursOn remarque certains pétales abimés par le gel. Ce verger a été protégé des effets du froid par l’allumage de bougies de paraffine.Les abeilles sont au travail !
Ce mois de février a été marqué par quelques jours d’isolement familial pour cause de covid, et une dizaine de jours d’immobilisation de ma main droite pour cause de tendinite sur la liaison pouce/poignet… L’avantage, c’est que j’ai eu du temps pour me reposer ! Par contre, j’ai un peu ralenti le rythme par ici.
Mais février a aussi été le mois de mon anniversaire. Et ma mère m’a, cette année encore, fait livrer un superbe bouquet !
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Nous n’avons pas non plus dérogé à la soirée crêpes de la Chandeleur…
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J’ai pu profiter de magnifiques couchers de soleil…
Valence – 06/02/2022
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A l’occasion d’une course à faire à Montélier, j’ai fait un crochet par le Jardin Sémaphore où je n’étais pas allée depuis très longtemps. Il présente surtout l’intérêt d’être un bel espace de jeux pour les enfants, avec un petit canal au milieu et deux belles sculptures : un chat s’étirant, et deux fillettes se chuchotant des secrets. Toutefois, je préfère largement la poésie du Jardin des Rêves.
Chuchotis – Christian Maas (2000)Toutes griffes dehors – Christian MAAS (2005)Chuchotis – Christian Maas (2000)
Jardin Sémaphore – Montélier – Drôme
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J’ai reçu la boite de chocolats que j’avais gagné chez Chocoladdict… et ils sont délicieux !