Chaque printemps, les champs, les bas côtés et autres terre-pleins se parent de pointes de rouge. Les coquelicots font leur grand retour. Et ce printemps 2025, nous avons été particulièrement gâtés autour de chez moi. Déjà, chaque jour, sur le trajet vers le bureau, je souris en voyant les coquelicots qui peuplent les bords de la route, même au cœur de la zone d’activités. Mais c’est par hasard, en empruntant une route de campagne que j’ai aperçu un grand tapis rouge. Zigzagant entre les champs, j’ai trouvé un chemin pour y accéder. Dans un champ de céréales, les coquelicots étaient si nombreux qu’ils formaient un véritable tapis rouge.
Champ de coquelicots Quelque part entre les territoires de Valence Romans et de la Vallée de la Drôme Drôme – mai 2025
Le thème de cette semaine pour le projet 52 est En groupe, et il m’a posé quelques difficultés. J’ai en effet voulu l’illustrer avec une photo d’un groupe que j’aurais prise lors d’une activité partagée. J’ai donc cherché dans mes archives car je n’en ai pas fait de façon très récente. Mes balades et sorties sont généralement effectuées en famille, avec quelques amis en nombre restreint (pas en nombre suffisant en tous cas pour parler de groupe), ou en solo. Je participe cependant régulièrement à des évènements de type instameet où nous faisons donc des activités en groupe. Je suis donc allée explorer les photos que j’avais prises lors des plus récents : au rugby, à Saint Etienne, dans la campagne ardéchoise ou dans les Monts du Lyonnais. Mais je n’ai pas trouvé de photo qui représentait le fait d’être en groupe.
Finalement, je suis allée jeter un œil aux quelques photos que j’avais prises lors d’un séminaire professionnel l’an dernier. Nous étions à l’Alpe d’Huez, et une randonnée en groupe avait été proposée pour ceux que cela motivait. C’est à plusieurs centaines de personnes, et bien encadrés par une équipe de guides, que nous avions pris le départ en milieu de matinée pour une chouette balade sur l’alpage fleuri. Comme il s’agissait d’un évènement professionnel, je n’avais pas pris mon appareil photo (et je l’avais un peu regretté), mais je suis quand même revenue avec pas mal d’images dans mon téléphone. Coup de chance pour le thème de cette semaine, l’une d’elles montre une partie du groupe sur le chemin…
Randonnée à l’Alpe d’Huez – Isère (juin 2024)
Pour découvrir ce que les autres participants font en groupe, il suffit de suivre les liens dans les commentaires
Après une première expédition en tout début de saison sur les bords du Rhône pour trouver des orchidées sauvages, j’ai profité d’un matin ensoleillé de mai pour filer dans le Vercors. Je vais généralement dans le même secteur, sur les hauteurs de Combovin et de Lozeron. Là, les orchidées sont nombreuses et faciles à repérer. J’en ai d’ailleurs vu beaucoup sur les bas-côtés de la route tout au long de la montée depuis la plaine de Valence. Comme l’année dernière, je vous propose quelques photos des variétés observées, en mode portfolio.
Autour de ces prairies, les orchidées sont nombreuses.
Les orchis singe
Je pense que les orchis singe sont les plus nombreuses orchidées que j’ai observées ce jour-là. Elles se plaisent bien sur les pentes du Vercors et fleurissent en nombre. Ce sont elles qui me servent de point de repère. Avec leur couleur rose un peu voyante, elles manquent de discrétion. Et, quand je commence à les voir un peu partout sur les bords des routes des piémonts du Vercors., c’est qu’il est temps de monter pour une « chasse aux orchidées ».
On en trouve de différentes tailles, mais il n’est pas rare de voir de grands spécimensLa forme des fleurs fait penser à des petits singes (un peu comme ceux du jeu SOS Ouistiti), d’où son nomOrchis singe
Les orchis brûlés
Les orchis brûlés sont souvent plus discrets que les orchis singe. Je sais qu’il y en a dans ce secteur donc je les cherche du regard. Mais ils sont généralement tous petits et un peu cachés. Cette année cependant, j’ai eu le plaisir de trouver quelques individus de plus grande taille (une bonne vingtaine de centimètres de haut). En effet, ils peuvent atteindre jusqu’à une quarantaine de centimètres de haut, même s’ils en font généralement moins de vingt.
Orchis brûlés
Les orchis mâles
Avec leur jolie couleur violette et leur allure élancée, ils sont assez faciles à trouver même lorsque l’herbe est un peu haute. De plus, ils sont souvent en petit groupe. J’ai eu l’impression d’en voir plus cette année que les années précédentes.
Orchis mâlesOrchis mâlesMême un peu cachés dans les feuillages des ronces, on les repère assez facilementOrchis mâlesOrchis mâles
Les orchis pourpres
Cela faisait plusieurs années que je n’avais pas croisé d’orchis pourpre (je crois que cela remonte à 2021, lors d’une randonnée au pied du Vercors). J’avoue avoir d’ailleurs eu un peu de mal à les identifier. Par contre, je n’ai eu aucun mal à les voir : l’un des individus mesurait une bonne quarantaine de centimètres de haut. Leur particularité est qu’ils sont très foncés et portent beaucoup de macules pourpres sur leurs labelles.
Orchis pourpreOrchis pourpre
Les orchis de Provence
Leur principale particularité des orchis de Provence, c’est leur couleur. En effet, la plupart des orchis qu’on trouve dans la Drôme sont dans des teintes de rose et de violet. Eux sont jaune pâle. Contrairement aux autres variétés que j’ai trouvé à plusieurs endroits dans le Vercors, je n’ai vu des orchis de Provence que dans le secteur du col Jérôme Cavalli. Il y a sont relativement nombreux même si leur couleur pâle nécessite de bien regarder pour les trouver. Ce sont par contre, je trouve, les moins faciles à photographier car leur couleur contraste peu avec le vert de l’herbe.
L’orchis de Provence est d’une jolie couleur jaune pâle
Bonus – profiter du paysage
Bien entendu, quand je vais chercher les orchidées sauvages, je ne manque pas non plus d’observer les environs, de profiter du chant des grillons et du vent dans les herbes, de sentir le soleil réchauffer le paysage. Ce n’est pas parce que je cherche des fleurs au ras du sol que je ne fais que ça. Lors de ma balade photographique sur la piste des orchidées dans le Vercors, j’ai fait une pause sur les hauteurs de Lozeron. J’aime beaucoup cet endroit, souvent très calme (encore plus depuis que la zone où il était possible de se stationner a été réduite car elle devenait un vrai camping avec de nombreux vans et camping-car ne respectant pas toujours ni les lieux ni les autres..). Et puis, la vue est superbe quand le temps est dégagé. Face à nous, la silhouette de l’immense synclinal de Saoû se dresse à l’horizon. Et si on fait un peu attention, il est aussi possible de voir le synclinal de Saint Pancrace, à Suze. Ce deuxième synclinal drômois, plus petit que celui de Saoû, est aussi beaucoup moins connu, coincé dans les paysages du Vercors environnant, entre les vallées de la Gervanne et de la Sye.
Dans le fond, on voit nettement la silhouette du synclinal de SaoûLa silhouette du synclinal de Saoû est dominée à gauche par les 3 BecsDans le fond, on voit tout le synclinal de Saoû. Sur la droite, on distingue les extrémités du synclinal de Saint Pancrace qui est en partie caché par un petit sommet arrondi.
Lozeron – Drôme – mai 2025
Rappel important : les orchidées sauvages sont des fleurs fragiles et protégées. Il est interdit de les cueillir. Afin de ne pas risquer de les piétiner, il est important de rester sur les chemins, ou comme ici, sur la route. En effet, toutes les fleurs photographiées dans cet article l’ont été sur le bas-côté d’une petite route de montagne assez peu passante.
Chaque printemps, je profite d’avoir la chance que des producteurs d’iris soient installés pas très loin de chez moi pour une balade pleine de couleurs. Cette année, pour la première fois depuis que je suis dans la Drôme, je ne suis pas allée voir les iris du Grand Barbu. En effet, Daniel a arrêté sa production d’iris à la fin de la saison dernière et l’ensemble de ses iris ont été repris par un autre producteur. J’avoue que le charme du petit vallon où il était installé m’a un peu manqué. En effet, les autres producteurs ont installé leurs plantations en plein champ alors que Daniel avait créé un vrai jardin.
dans un champ d’iris
Les iris du Val de Drôme
J’avais déjà deux ou trois fois eu l’occasion d’aller me promener dans l’immense champ des iris du Val de Drôme. Situé à Grâne, il bénéficie d’un joli point de vue sur les ruines du château de Chabrillan d’une part et sur le synclinal de Saoû d’autre part. En pleine campagne, on aperçoit cependant le champ depuis la « grande route » qui va de Crest à Livron. Il faut ensuite zigzaguer sur des petites routes pour arriver jusqu’à la ferme.
Champ d’iris avec vue…
Ce qui frappe en arrivant sur place, c’est cette immense étendue d’iris en fleurs. Le champ est immense et ne se visite d’ailleurs pas en entier : certaines parties sont réservées à la culture. Malgré tout, il y a de quoi passer un long moment à parcourir les allées entre les rangées d’iris. J’y ai passé quasiment une heure et demie, à admirer les fleurs de toutes les couleurs et à profiter du doux parfum de certaines variétés.
Je suis passée un peu tôt dans la période de floraison et certaines variétés n’étaient pas encore fleuries. Le pic de floraison a eu lieu quelques jours après mon passage, après un peu de beau temps et de chaleur.
Je ne me lasse pas d’admirer la diversité des couleurs des iris.
Iris passion
Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’aller voir le jardin Iris Passion cette saison. Je vous laisse donc aller jeter un oeil aux photos du printemps dernier.
Grâne – Drôme – mai 2025
Des iriseraies autour de Valence : La floraison des iris touche à sa fin pour ce printemps et il faudra maintenant attendre le printemps 2026 pour pouvoir de nouveau visiter les iriseraies.
Iris du Val de Drôme – 400 chemin des Buffières, 26400 Grâne. L’iriseraie est ouverte gratuitement aux visiteurs durant toute la période de floraison. Pour connaître la période et les horaires de visite, il faut consulter le site internet de la pépinière.
Iris Passion – 665 route de Bourg-Les-Valence, lieu dit Les Blaches, 26320 Saint-Marcel-les-Valence. C’est le champ de Cédric qui a repris les iris de Daniel (anciennement iris du Grand Barbu à Chabeuil). Là aussi, le jardin est ouvert à la visite gratuitement durant la période de floraison. Il est conseillé de prévenir en amont de sa visite. Les informations pratiques sont disponibles sur le site internet d’Iris Passion.
Fin avril, je suis allée découvrir la micro ferme Wopaya à l’occasion d’une journée portes ouvertes. Le ferme est située à La Baume Cornillane (où je vais souvent me balader, que ce soit du côté du château des Cornillans, des roches de la Pangée ou de la cascade du Rif). Sur un peu plus d’un hectare de terrain, aux portes du village, Marithé a installé ses plantations l’année dernière. Elle produit essentiellement des plantes aromatiques et médicinales, ainsi que des petits fruits. L’ensemble du projet a été conçu et réalisé par Marithé aidé de ses proches.
Bienvenue à la ferme Wopaya
Ce qui frappe lorsqu’on arrive sur le terrain de Wopaya (et que l’on remarque de loin : je l’avais vue depuis longtemps en allant marcher aux environs du château), c’est la serre en forme de dôme géodésique. Située au centre d’une mare, de loin, elle fait penser à un hébergement insolite. Mais c’est une vraie serre qui a été pensée pour résister aux vents dominants et apporter un maximum de lumière aux plantes aux périodes de l’année où elles en ont le plus besoin. A l’intérieur, les jeunes plants de tomates, fraisiers, piments, maïs, tournesols ou encore courgettes semblaient effectivement s’y épanouir.
Jeunes pousses avec vue sur le château des Cornillans
Avec la mare entourant la serre, c’est toute une biodiversité qui s’est installée sur la ferme. Pendant la visite, on entendait d’ailleurs les grenouilles chanter. Et il n’était pas très compliqué de repérer des larves de libellules dans l’eau. Autour de l’eau, ce sont des bleuets qui ont été plantés. De l’aveu de Marithé, c’est déjà parce que c’est joli même si ensuite, elle en utilise les pétales dans les recettes de ses infusions.
Le petit pont en bois d’inspiration japonisante ajoute une touche de charme complémentaire à la serre.
Un peu plus loin, Marithé nous entraine à la découverte de la forêt jardin. C’est un concept que j’avais connu l’an dernier lors de la visite de la ferme du Croissant Fertile dans les Monts du Lyonnais. A La Baume Cornillane, Marithé a planté 3 étages de végétation : des fraisiers au sol, puis des cassissiers, groseillers et framboisiers qui occupent une hauteur intermédiaire et enfin des arbres fruitiers. L’idée est que chaque niveau puisse bénéficier des effets des autres, qu’il s’agisse d’ombre, d’humidité ou de l’aspect couvre sol. Les allées de la forêt jardin sont sinueuses dans le but là encore de limiter les impacts du vent en en « cassant » la trajectoire.
Une forêt jardin avec vue !
Sur une autre parcelle, Louison, le stagiaire de Marithé, a commencé à installer une culture en syntropie. L’idée est de maximiser la biomasse tout en étageant aussi les cultures. Il est ainsi prévu de planter des tomates et piments sur la partie basse et des maïs et tournesols pour la partie haute. La culture est initialement dense afin de permettre ensuite de venir tailler les plantes hautes pour créer des arrivées de lumière vers les plantes basses tout en laissant sur place les coupes en guise de paillage, qui en se décomposant enrichiront le sol. L’apport extérieur en eau est ainsi très modéré voire nul avec comme but la création d’un microclimat. C’est une expérimentation grandeur réelle que mènent donc Marithé et Louison cette année.
Je crois que j’ai eu un vrai coup de cœur pour la jolie serre de Wopaya
Pour terminer ma visite, j’ai passé un long moment dans la prairie mellifère qui occupe la partie du terrain qui n’est pas encore cultivée. Là, les fleurs étaient nombreuses en cette période de l’année. Comme un apiculteur a posé quelques ruches au fond du pré, c’était un vrai plaisir de regarder les abeilles venir butiner.
BourrachePhacélieTrèfle incarnat
Wopaya La Baume Cornillane – Drôme – avril 2025
Informations pratiques :
Marithé transforme les plantes produites sur la ferme Wopaya. Elle utilise les aromates pour les ajouter à des thés et tisanes ou des préparations originales, de type gomasio. Mes coups de coeur vont à la tisane Wake Up à base de menthe et de romarin et au Wopasio Salsa qui intègre du piment et du poivre. Si vous habitez dans la région de Valence, plusieurs commerçants proposent les produits de la ferme Wopaya (je les trouve par exemple chez mon boucher). Mais sinon, il y a un site de vente en ligne Wopaya.com.
Depuis un mois, le musée de Valence propose un nouvel accrochage dans le petit salon des dessins. Ce sont les couleurs éclatantes de Matisse qui ont pris place sur les murs. Jazz est un travail réalisé par l’artiste à la fin de sa vie. Alors que la maladie ne lui permet plus de s’exprimer avec toiles et pinceaux, il travaille avec des papiers colorés à la gouache qu’il découpe et colle. Le résultat est plein de vie et de couleurs. Au départ, Jazz était un hommage au cirque et aux souvenirs d’enfance, mais l’album devient peu à peu une improvisation vibrante, comme les notes d’un air de jazz.
Jazz est un ensemble de feuillets non reliés
Le travail sur l’album Jazz débuté en 1943 est achevé en l’année suivante. C’est Tériade, un ami éditeur et critique d’art de Matisse, qui édite l’album. Et il faudra attendre 1947 pour que le projet aboutisse après de nombreux essais d’impression pour respecter les couleurs vibrantes de Matisse. Jazz est imprimé à la gouache sur papier vélin, en utilisant des pochoirs pour reproduire les découpages de Matisse sur les 20 planches de l’ouvrage et les mêmes gouaches que l’artiste. Les textes sont écrits et calligraphiés à la plume de roseau par Matisse au cours de l’année 1946, et reproduits en fac-similé dans l’édition de l’ouvrage. Il sera tiré à 100 exemplaires, numérotés. Les planches actuellement exposées à Valence sont celles de l’exemplaire offert par Matisse lui-même au musée (et qui est maintenant conservé dans les fonds de la médiathèque Latour-Maubourg).
Cinq planches issues de Jazz. On y retrouve en particulier le thème des algues en papier découpé dans les planches intitulées « Le lagon »
A droite – détail de la planche « Cirque » (et reflets du mur opposé de l’exposition) A gauche – la chute d’Icare
Au fil du musée, archéologie et beaux-arts
J’ai profité de ma visite au musée pour aller flâner dans les autres salles du musée. J’ai commencé par aller revoir les œuvres de Jaume Plensa, alors que l’exposition temporaire qui lui était consacrée se terminait le soir-même. J’ai croisé quelques œuvres arrivées en prêt du Musée d’Orsay, et encore en cours d’accrochage. J’ai découvert que le petit cabinet rouge (souvenir de l’exposition All Over avec Philippe Favier en 2020) accueillait maintenant plusieurs tableaux. Et j’ai fait un long tour dans les collections d’archéologie où je n’étais pas allée depuis longtemps. Et si vous voulez en découvrir plus sur le Musée de Valence, je vous emmène dans les coulisses du musée.
La Femme au Balcon Picasso (prêt du musée d’Orsay)L’os coché est un des artefacts les plus mystérieux de la collection d’archéologie du musée de Valence. Trouvé dans la grotte de Thais à Saint Nazaire en Royans, datant de la fin de la dernière période glaciaire, ce morceau d’os est entaillé de dizaines de petites coches. Depuis 1991 et les travaux d’Alexander Marschak, on considère qu’il s’agit d’un système d’enregistrement du temps, correspondant à l’observation de phénomènes astronomiques (phases de la Lune, etc.). Il a intégré un corpus de 6 objets sélectionnés au niveau européen pour une étude en cours sur les origines de la quantification du temps par l’homme. Il a ainsi été entièrement numérisé en 3D et un futur dispositif de médiation sera bientôt disponible, s’appuyant sur cette numérisation.
Le soleil a fini par pointer le bout de ses rayons, et cela m’a donné envie de faire un tour en Drôme Provençale. J’étais accompagnée de Mr 2e et nous avons choisi de retourner visiter le château de Grignan. La dernière fois que nous y étions allés tous les deux remontait à environ deux ans, au cours d’une belle demie journée dans les villages perchés environnants. J’y étais depuis allée avec des amies que j’avais emmenées découvrir les champs de lavande dans la campagne alentour. Cette fois, notre but était uniquement de visiter le château.
Le château qui domine le village
Redécouvrir le château de Grignan
Travaux et reconstruction(s)
Le château de Grignan est actuellement en travaux. Ceux-ci sont destinés d’une part à consolider les murs de soubassement et d’autre part à aménager le second étage pour l’ouvrir à la visite. Le département, propriétaire du château de Grignan, a eu la bonne idée de faire un parallèle avec l’époque de Madame de Sévigné. Elle plaignait en effet sa fille d’avoir à financer d’importants travaux de réaménagement de Grignan pour l’adapter au goût du jour, mais aussi le mettre en adéquation avec le rang de son époux, nommé lieutenant général de Provence. Ces travaux conduiront d’ailleurs à la vente du château de Grignan par Pauline de Simiane, petite fille de la Marquise de Sévigné, incapable de faire face aux créances laissées par ses parents. Au fil du temps, le château devient une ruine où l’on vient récupérer des pierres. Cependant en 1912, Marie Fontaine rachète Grignan. Elle consacre sa fortune à la reconstruction de Grignan au plus proche de son état du XVIIIe siècle, tout en installant le confort moderne à l’intérieur.
En 1684, la Marquise de Sévigné plaint sa fille de devoir faire des travaux au château.C’est la meilleure saison pour découvrir la façade de style Renaissance du château de Grignan, avant que la cour ne soit envahie par les gradins des Fêtes Nocturnes
Art de vivre
A l’intérieur du château, les décors évoluent au fil des saisons. En cette période printanière, de nombreux bouquets ont pris place dans les pièces du château. A l’office, un panier de légumes attend la cuisinière. Dans la salle à manger, la table est dressée. D’un côté, on peut admirer la table mise pour le service des fruits, comme au temps de Madame de Sévigné. De l’autre, les convives sont attendus pour le diner qui débutera par un service de poisson. Sur la grande table, et puisque nous sommes à Pâques, des sculptures en chocolat ont été installées et embaument toute la pièce.
Un air de jardin d’hiver dans le hall du châteauA l’office, il va bientôt être temps de préparer le repasDans le petit salon de Marie Fontaine, le son du gramophone accueille le visiteurLa table est dressée dans la salle à manger
Au soleil
Après avoir parcouru l’ensemble des pièces, nous ressortons du château par les terrasses. De là, on surplombe le village aux toits de tuile mais aussi l’ensemble de la campagne environnante avec une vue qui avoisine les 360 degrés. Même si le vent souffle, le soleil est présent et c’est un bonheur de s’attarder pour admirer le panorama. Au loin, on distingue la silhouette de la Montagne Sainte Victoire. Plus proche, le Mont Ventoux, le Géant de Provence, impose sa stature au sommet enneigé. Et à quelques kilomètres de là où nous sommes, c’est la tour de Chamaret qui nous fait face.
Au loin, le Mont Ventoux domine tout le paysageVu de la terrasse, le château de Grignan paraitrait presque modeste….
Flâner dans le village
Avant de prendre la route du retour vers la maison, nous profitons du beau temps pour flâner un peu dans les ruelles du village de Grignan. En ce week-end de Pâques ensoleillé, nous ne sommes clairement pas les seuls à avoir eu l’idée de venir par ici. Malgré tout, c’est agréable de s’attarder un peu et nous nous installons même à la terrasse du Café des Vignerons, à l’abri du vent, pour prendre un rafraichissement. Comme la carte des vins nous fait de l’oeil mais que nous sommes encore en milieu d’après-midi, nous choisissons d’acheter une bouteille à déguster à l’heure de l’apéritif à la maison pour prolonger un peu ce sentiment de vacances avant l’heure.
Le lavoir de Grignan avec sa forme ronde attire le regard au bout du mailLe charme des détails fleuris sur les rebords de fenêtre au cœur du vieux villageJe ne me lasse pas de contempler les toits recouverts de tuiles (alors même que je peux en voir depuis mes fenêtres, je ne manque jamais une occasion d’en photographier quand je suis en balade)
Grignan – Drôme – avril 2025
Informations pratiques :
Le château de Grignan est ouvert à la visite une grande partie de l’année. Les horaires et les conditions de visite sont détaillés sur le site internet du château.
Les Fêtes Nocturnes sont un spectacle de théâtre joué en plein air tout au long de l’été dans la cour du château. Les productions sont toujours de grande qualité. Cette année, c’est Le Barbier de Séville de Beaumarchais qui sera joué.
Le Café des Vignerons, situé sur une petite place juste à l’extérieur des anciens remparts du village, fait partie des Maisons du Clair de Plume, et propose en plus de son offre de boissons une petite restauration de qualité. Une très grande partie des vins des domaines de l’Appellation d’Origine Contrôlée Grignan-Les-Adhémar est disponible à la dégustation au verre ou à l’achat à la bouteille, au prix producteur. Attention : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
Cette fois, c’est pour retrouver ma copine Sophie (et quelques-uns de ses proches) que je suis allée à Lyon un dimanche d’avril. Nous nous étions donné rendez-vous à Fourvière peu avant l’heure du déjeuner. Mes horaires de train m’ont fait arriver un peu en avance, et malgré la météo un peu grise, j’ai commencé la journée en faisant un tour rapide dans le quartier de Saint Georges au pied de la colline puis en admirant le panorama depuis l’esplanade. Nos pas nous ont ensuite menés jusqu’au musée gallo-romain.
En sortant du funiculaire, faire face à la basilique Notre Dame de Fourvière
Flâner un peu à Saint Georges
Sur mon trajet entre la gare Part Dieu où j’étais arrivée et le haut de Fourvière, j’ai fait un arrêt à Vieux Lyon. J’avais au départ envisagé de monter à pied par les jardins jusqu’à la basilique où nous nous étions donné rendez-vous. J’en avais le temps, mais la météo un peu pluvieuse m’a découragée. Alors, j’ai pris un peu de temps pour flâner dans les petites rues. Habituellement, je pars côté Saint Jean et je vais jusqu’à Saint Paul. Cette fois, j’avais envie de changer et j’ai pris la direction de Saint Georges. Je crois que la dernière fois que j’y étais allée, c’était pour y déjeuner avec ma collègue Odile dont une nièce tenait un restaurant dans le quartier (et Odile ayant pris sa retraite en 2018, ça faisait donc quelques années !).
Dans le petit square au pied de l’église Saint Georges, les arbres de Judée étaient en fleurs et leur couleur s’accordait à celles des façades voisines.
En passant sur la place de la Trinité, j’ai eu un moment d’hésitation et j’ai envisagé d’emprunter la montée du Gourguillon jusqu’à Fourvière. Mais après ma flânerie, le temps commençait à être un peu juste pour être à l’heure au rendez-vous. J’ai donc pris le funiculaire.
Profiter du panorama depuis Fourvière
En arrivant devant la basilique, j’avais une vingtaine de minutes d’avance. Compte tenu que nous étions le dimanche des Rameaux et qu’une messe était en cours, l’accès à l’intérieur de l’église n’était pas possible. Après un bref arrêt au magasin de souvenirs pour acheter une carte postale (j’aime bien en envoyer, et j’en avais fait gagner une sur ma story Instagram du matin), j’ai pris le temps de profiter du panorama depuis l’esplanade. De là, on domine (presque) toute la ville. J’aime chercher du regard les lieux que je connais et repérer les marqueurs forts du paysage lyonnais : cathédrale Saint Jean, Vieux Lyon avec son enchevêtrement de toits, place Bellecour, quartier de la Presqu’île, quartier et musée de la Confluence, colline de la Croix Rousse, parc de la Tête d’Or, Cité internationale, tours de la Part Dieu et bien sûr les rubans du Rhône et de la Saône.
Pour aider le visiteur à se repérer, une maquette en bronze a été installée sur l’esplanade de Fourvière, à deux pas du point de vue sur la ville.
Nous avons déjeuné à la Salle à Manger des Apprentis d’Auteuil à Fourvière. Ce restaurant d’application est situé juste à côté de la basilique et propose une cuisine simple à base de produits frais. Le menu est unique (même s’il y a parfois la possibilité de choisir entre 2 propositions). Nous nous sommes régalés pour un prix plus que correct, avec un accueil vraiment sympathique. (Si vous souhaitez y manger, la réservation est conseillée)
Redécouvrir le musée gallo-romain
Après avoir déjeuné, nous avons encore pris un peu de temps autour de la basilique avant de nous rendre au musée gallo-romain. En effet, la météo était annoncée pluvieuse (même si finalement, elle sera essentiellement grise), et Sophie avait proposé que nous visitions ce musée qu’elle ne connaissait pas. L’idée m’a tout de suite plu. En effet, j’avais découvert ce musée en 1996 quand j’étais en stage à Lyon durant mes études, et n’y étais pas retournée depuis. J’avais eu plusieurs fois envie de le faire (dont une fois alors que je venais pour découvrir Lyon depuis un canoë sur la Saône), sans jamais réussir à concrétiser le projet. Cette fois a donc été la bonne.
Outre ses collections, l’une des particularités du musée gallo-romain de Lyon est sa conception architecturale. Conçu à la fin des années 1960 et édifié au début des années 1970, il est l’œuvre de l’architecte Bernard Zehrfuss. Extérieurement, il est complétement intégré dans la colline de Fourvière afin de ne pas dénaturer l’aspect visuel de ce site classé et de respecter le secteur protégé où il se trouve. Mais à l’intérieur, on est frappé par la modernité brutaliste du béton brut qui se déploie en vagues hélicoïdales. L’escalier d’accueil avec sa forme arrondie est devenu une icône graphique lyonnaise. Quant aux grandes baies vitrées panoramiques donnant sur le cœur même des théâtres romains, elles me font penser à celles des vaisseaux spatiaux des films et séries de cette époque. Je ne serais qu’à moitié surprise de croiser Mr Spock ou un Jedi au détour d’un couloir.
Quand l’expression « beau comme un dieu » prend tout son sens
Cet écrin sert à présenter les collections issues des fouilles locales. Lyon est occupée depuis bien avant l’Antiquité, mais elle prospère surtout sous l’Empire Romain (l’empereur Claude sera même natif de Lyon). Le visiteur découvre ainsi de nombreuses mosaïques et sculptures, mais aussi des objets du quotidien ou d’apparat. La quasi absence de lumière naturelle nous fait perdre la notion du temps au cours de ce voyage dans le passé. La présentation des œuvres reste assez classique même si on peut noter quelques modernisations de la médiation dans certaines salles (celle autour des objets de la cuisine par exemple), ainsi que quelques manipulations ludiques pour les enfants.
Lyon – Rhône – avril 2025
Informations pratiques :
Lugdunum, musée et théâtres romains, se trouve sur la colline de Fourvière. L’accès en transports en commun se fait soit par le haut avec le funiculaire jusqu’à Fourvière, soit par le bas en s’arrêtant à la station Minimes sur la ligne de funiculaire vers Saint Just. Les deux lignes de funiculaire partent de la station de métro Vieux Lyon et sont accessibles avec un billet de transport en commun, y compris en correspondance. Les horaires et conditions d’accès et de visite des théâtres et du musée sont à retrouver sur le site internet de Lugdunum.
Si vous cherchez d’autres idées de visites et balades à Lyon, je vous propose :
les différents musée de la ville par exemple le Musée des Confluences, le Musée de l’imprimerie, le Musée d’Art Contemporain, ou encore la Fondation Tomaselli (où j’ai très envie de me rendre)
Chaque printemps, j’ai un rituel : je vais me promener sur l’alpage de Font d’Urle dans le Vercors. Là, entre quelques névés qui s’attardent, les fleurs envahissent la prairie. J’y monte toujours plus ou moins au même moment, autour de la mi-avril. Mais, cette année, la météo nous a fait la surprise d’abondantes chutes de neige en milieu de semaine dernière. Aussi, samedi, plus j’approchais du village, plus je voyais de la neige en quantité sur les bords de la route. En arrivant, je n’ai pu que constater la présence plus importante de la neige comparé aux autres années.
Le village de Font d’Urle
Cumulé avec un (très) fort vent, cela ne m’a pas donné envie d’aller m’aventurer bien loin sur le plateau. Je ne suis allée que jusqu’à la Porte d’Urle cette fois, mais malgré les rafales, j’ai photographié abondamment les petites fleurs. Le temps a passé plus vite que ce que je ne pensais et ma sortie aura duré presque 1 heure et demie malgré la faible distance parcourue. Plutôt qu’un récit, je vous propose cette fois juste un portfolio entre paysages de montagne enneigés et fleurs de printemps sur l’alpage.
Panoramas enneigés
Partout les névés rendent le cheminement compliqué. Sur l’alpage, mieux vaut les contourner car ils peuvent cacher une doline ou un scialet…
La porte d’Urle qui donne sur la Vallée de Quint est encore complètement enneigée
Fleurs de printemps
Habituellement, ce sont les crocus qui sont les stars des fleurs de l’alpage. Mais les chutes de neige de la semaine dernière en avaient brûlé beaucoup et ils commençaient tout juste à pointer à nouveau le bout de leurs pétales. Cela m’a permis de repérer beaucoup d’autres fleurs :
des jonquilles
des érythrones (dents de chien)
des anémones
des pensées sauvages
des gentianes
des tussilages
des renoncules
des coucous
Les jonquilles forment de jolis bouquets sur l’alpage. Elles percent même la neige par endroits.
Crocus
Les érythrones (dents de chien) poussent elles aussi parfois à travers la neige
Pensée sauvagerenoncules
Font d’Urle – Vercors – Drôme – avril 2025
Pour plus d’images du plateau de Font d’Urle au printemps, vous pouvez aller voir :
Pour ce samedi précédant Pâques, c’est justement ce thème que le projet 52 nous propose d’explorer. J’avais très envie d’aller photographier les pâquerettes qui tirent justement leur nom de cette fête printanière. Malheureusement, la météo n’a pas été très coopérative : il a plu non stop toute la semaine ! J’ai donc cherché ce que je pouvais prendre en photo à la maison. J’ai hésité à sortir quelques petits œufs en chocolat de leurs emballages mais ça aurait compromis ma future table de Pâques. Alors, j’ai opté pour une tradition de Pâques typique de la Drôme : la pogne.
Cette brioche légèrement parfumée à l’oranger est en effet le dessert traditionnel du déjeuner de Pâques. Cette préparation riche en œufs est bien adaptée pour ce jour de fin de Carême, période durant laquelle les œufs n’étaient pas consommés. Les pognes de Pâques sont plutôt des grands formats, à partager en famille ou entre amis. Bien sûr, il est possible de déguster des pognes toute l’année et en toutes circonstances, mais on la retrouve souvent pour accompagner des moments de partage. Et la tradition pascale de la pogne reste bien ancrée dans ma région.
Pour découvrir ce que Pâques inspire aux autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : ce week-end de Pâques sera familial pour moi. Je n’aurai pas beaucoup de temps à consacrer à mon ordinateur. Je ne sais pas quand je pourrai valider les commentaires qui n’apparaissent pas immédiatement, mais je le ferai le plus rapidement possible.