Alors que l’automne sortait doucement ses couleurs, je suis allée faire un tour dans le Vercors. Mon plan initial était de monter vers Font d’Urle. Comme la route de l’Arps que je prends habituellement était fermée pour travaux, je suis partie en direction de la route de Combe Laval. Cela faisait très longtemps que je n’y étais pas passée. Et j’ai finalement eu envie d’en profiter pleinement. C’est donc à pied que j’en ai parcouru les kilomètres les plus impressionnants.
J’ai laissé ma voiture au niveau du belvédère après le col de Gaudissart. Là, on voit la première arche creusée dans la roche. Sa forme vue d’ici lui a valu le surnom d’éléphant du Vercors.
Une balade en sous-bois
Cependant, avant de m’engager sur la route, j’ai fait un petit tour en sous-bois. J’ai suivi un chemin de randonnée balisé qui s’enfonce dans la forêt. Les couleurs automnales y étaient encore peu présentes, mais la lumière était particulièrement magique. En effet, le soleil venait juste d’arriver au niveau du sommets des arbres. L’humidité déposée par la nuit suintait le long des feuillages et créait un voile de brume magique. Là, seuls les oiseaux venaient troubler le calme.
Dans la forêt, l’automne s’installe doucement dans une ambiance magique
Combe Laval, une route mythique
Combe Laval, c’est une route mythique du Vercors. Construite au milieu du XIXe siècle, elle s’accroche à la falaise dominant la reculée pour relier Saint Jean en Royans au col de la Machine. Elle fait une dizaine de kilomètres en tout, mais ce sont surtout les 4 kilomètres (et quelques) entre les cols de Gaudissart et de la Machine qui sont impressionnants. Là, la route surplombe complètement le cirque. Elle a été creusée, à la pioche et avec quelques explosifs rudimentaires, dans la montagne. Elle passe parfois en encorbellement mais le plus souvent, elle se faufile sous la montagne.
L’entrée de la reculée de Combe Laval vue depuis la route
Je dois avouer qu’en voiture, elle peut être vraiment impressionnante. Elle est sinueuse, offre peu de visibilité et est régulièrement trop étroite pour se croiser. J’en garde un particulièrement mauvais souvenir un soir d’hiver alors que la nuit avait commencé à tomber et que la route était partiellement verglacée. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que je passe habituellement par la route de l’Arps quand je veux aller au col de la Machine, car les voies montantes et descendantes sont bien claires partout.
C’est ici, au niveau de l’éléphant, que la partie vertigineuse de la route débute
Cette fois, je l’ai donc parcourue à pied pour pouvoir profiter de la vue tout au long des un peu plus de 3 kilomètres de montée (je me suis arrêtée avant le dernier tunnel, un peu long et que je ne souhaitais pas emprunter à pied sans équipement de visibilité). Nous étions un samedi matin, et il y avait finalement assez peu de circulation. J’ai essentiellement croisé des vélos et des motos. J’ai aussi eu la chance de ne pas avoir de grosse pierre qui dévale la falaise au moment où je passais. Nous n’étions pas dans une période à fort risque (je n’irais pas à pied par là au moment du dégel ou après de fortes pluies qui font éclater la roche calcaire), même si j’ai entendu quelques petits cailloux tomber.
La route suit les contours des falaises de la reculée de Combe LavalDepuis la route, les points de vue sur les falaises de la montagne de l’Arps se multiplient
J’ai pris mon temps pour monter puis redescendre ces kilomètres époustouflants. Entre la vue sur le fond de la reculée de Combe Laval et celle sur les falaises de la montagne de l’Arps en face, on comprend les difficultés qu’il a fallu contrer pour construire cette route. Aujourd’hui, elle fait partie des plus belles routes du Vercors, et très certainement des plus impressionnantes.
En automne, les paysages sont sublimés par les couleurs chaudes
Route de Combe Laval – Saint Jean en Royans Vercors – Drôme octobre 2025
Parmi les autres routes remarquables du Vercors, vous pouvez emprunter :
La route des gorges de la Bourne entre Pont en Royans et Villard de Lans
La route des Ecouges entre Saint Gervais et Rencurel, il y a encore peu une des plus impressionnantes avec son tunnel de 500 mètres, sinueux, à voie unique et qui n’était pas éclairé (il l’est depuis 2021 avec un système de détection de mouvement)
La route des Goulets entre Sainte Eulalie en Royans et La Chapelle en Vercors, qui se décompose en deux parties, les Petits et les Grands Goulets. Cependant, la partie des Grands Goulets n’est aujourd’hui plus accessible pour des raisons de sécurité et est contournée par un tunnel moderne. Il est toutefois possible de la voir d’en face, par exemple depuis le belvédère de Révoulat.
Cette année 2025 marque le centenaire de l’exposition des Arts Décoratifs de Paris en 1925 qui est souvent considérée comme l’acte de naissance du mouvement Art Déco. A l’occasion de cet anniversaire, de nombreux lieux ont consacré une exposition à ce mouvement artistique. C’est le cas du Musée de Valence en cette fin d’année. L’exposition, inaugurée fin septembre, offre cependant un angle d’approche assez original puisqu’il s’agit de regarder comment l’Art Déco a été interprété dans les régions. Il en ressort une présentation très loin du parisianisme habituel. J’ai eu la chance de la découvrir dans des conditions exceptionnelles avec un petit groupe de créateurs de contenu avant même son ouverture au public, et accompagnés par la commissaire d’exposition.
L’art déco des régions – affiche de l’exposition au Musée de Valence
Les expressions régionalistes de l’Art Déco
Mobilier, décoration et architecture
L’exposition s’ouvre sur un rappel de celle de 1925 à Paris. Le visiteur en découvre le plan, ainsi que des photographies et maquettes des différents pavillons régionaux. Ceux-ci adoptent les codes vernaculaires du bâti traditionnel en lui appliquant les lignes structurées propres à ce qui deviendra l’Art Déco. Dans chaque pavillon, les artistes locaux ont réinterprété le mobilier, la décoration ou encore la vaisselle traditionnels. Trois mouvements régionalistes sont évoqués dans l’exposition du musée de Valence, issus de la Bretagne, du Pays Basque et de Provence. Le Pays Basque est représenté à travers un immense buffet ayant été conçu pour la villa du joueur de tennis René Lacoste. Massif, il est sculpté de motifs de jeux basques, et garni de lampes en verre coloré. La Provence est présentée avec des éléments ayant servi à décorer le pavillon des Alpes Maritimes à l’expo de 1925. Table, siège et appliques reprennent des éléments végétaux à motifs de vigne ou d’olivier dans un format stylisé, aux lignes simples.
Mobilier et éléments décoratifs Art Déco de Provence
Les Seiz Breur, ou comment la Bretagne s’est appropriée l’Art Déco
Le mouvement régionaliste le plus représenté dans l’exposition du musée de Valence est le mouvement Seiz Breur. Ce courant artistique breton est né en 1923 autour de l’illustratrice (on dirait aujourd’hui graphiste) Jeanne Malivel et des artistes Suzanne et René-Yves Creston. Ils ont fédéré différents artistes et intellectuels bretons avec pour but d’exprimer de manière moderne les motifs traditionnels tout en valorisant les savoir-faire locaux. Ce sont eux qui sont en charge du pavillon Ty Breizh (la maison de Bretagne) lors de l’expo de 1925. Ils proposent ainsi tout un répertoire graphique qui renouvelle l’expression artistique bretonne, proposant ce qu’on nommerait aujourd’hui une nouvelle identité visuelle en s’appuyant sur les codes existants. Ce que nous considérons souvent comme des motifs traditionnels aujourd’hui sont en fait des interprétations Art Déco en lien avec les Seiz Breur.
Evocation de la salle de l’Osté de la maison de Bretagne à l’exposition de 1925, présentant le travail et les idées du groupe des Seiz BreurCafetière et sucrier de la faïencerie Henriot de Quimper, présentés lors de l’exposition de Paris en 1925Motifs dessinés par Jeanne Malivel pour des tissus ou des papiers peintsAssiettes à motifs bretons réinterprétés. Le décor de celle la plus à droite a été dessinée par le peintre Mathurin Méheut, qui a refusé de faire partie des Seiz Breur, mais a lui aussi réinterprété le graphisme breton dans les années 1920/1930Les illustrations issues de l’Art Déco en Bretagne se caractérisent par des couleurs franches et vives et des traits stylisés.
Modernités méconnues
L’exposition nous emmène suite explorer les savoir-faire régionaux et comment les industries ont intégré le vocabulaire de l’Art Déco dans leurs productions. Les exemples proposés sont avant tout issus des environs de Valence avec les soieries de Lyon, les rubans de Saint Etienne et les gants de Grenoble, mais la porcelaine et les émaux de Limoges sont aussi mis en avant. A travers des objets et échantillons de tissus et rubans, c’est toute la modernité du vocabulaire graphique Art Déco que l’on constate.
Motifs floraux de couleurs vives et fil d’or : les rubans reprennent les codes graphiques de l’Art DécoMotifs géométrique ou floraux mais toujours des formes claires, des couleurs vives et du doré !Catalogue de motifs de rubans stéphanois déposésTasses du service à boissons chaudes Stella en porcelaine de Limoges de la manufacture Chabrol Frères et PoirierService à dessert en porcelaine de Limoges de la manufacture Descote, Reboisson et BarangerOn ne serait pas vraiment surpris de trouver de la vaisselle avec ce motif rayons et nuages dans une boutique en 2025 ! Décor de Jean Luce pour la Manufacture AhrenfeldtQuand l’Art Déco des régions regagne Paris, il y est nommé « rustique » : le parisianisme n’est pas une nouveauté !
L’Art Déco à Valence et dans la Drôme
L’architecture, traces visibles de l’essor de l’Art Déco à Valence
Essentiellement sous l’impulsion des architectes Henri Joulie, Louis Bozon et Henri Garin, les bâtiments valentinois vont prendre les traits épurés de l’Art Déco. Il en reste aujourd’hui de très nombreux exemples. Ceux-ci sont localisés le long de l’ancienne Nationale 7, aujourd’hui avenue Victor Hugo, un quartier à l’extérieur des boulevards qui se développe entre les deux guerres. Il est en particulier boosté par le début du développement du tourisme, qui se fait alors en voiture. C’est ainsi que la station service Relais du Sud est aménagée, et offre encore actuellement sa silhouette iconique au regard des curieux. Parmi les bâtiments emblématiques, on trouve aussi l’immeuble à l’angle de l’avenue Victor Hugo et de l’avenue Pierre Semard (où se trouve maintenant le Monoprix), l’ancien grand magasin des Dames de France (devenu centre commercial Victor Hugo), et l’ancien palais consulaire.
Immeuble du 10 place Aristide Briand à Valence, architecte Henri Garin Villa de Monsieur Rey à Valence, architecte Henri JoulieIllustrations de Une cité moderne de Robert Mallet Stevens, l’architecte de la Villa Cavrois à Roubaix
Etienne Noël et la céramique de Dieulefit
Enfin, l’exposition évoque l’artiste Etienne Noël. Ce peintre est marqué par son passage (et sa blessure) dans les tranchées de la première guerre mondiale, où il croisera d’ailleurs Mathurin Méheut. Il développera ensuite une activité de céramiste et de verrier. Installé à Dieulefit, il crée des pièces utilitaires aux lignes modernes et originales, éloignées des formes traditionnelles. De même, en tant que verrier, il imaginera des coupes à champagne que l’on ne peut poser qu’une fois vides.
Service à thé par Etienne Noël
Avec plus de 300 objets présentés et un axe scientifique original centré sur les régions, cette exposition a été classée d’intérêt national. Toutefois si on ne connait pas le mouvement artistique Art Déco, elle peut sembler un peu difficile à aborder. Il ne faut donc pas hésiter à recourir aux outils de médiation, à lire les éléments de contextualisation à l’entrée de chaque salle et à se référer aux cartels. Une visite guidée est aussi une très bonne façon de ne pas se laisser submerger par des informations trop pointues.
Pour ma part, j’ai apprécié cette visite qui m’a permis d’approfondir les connaissances que j’avais déjà sur l’Art Déco, de mieux comprendre la façon dont il s’est décliné dans la vie courante à travers les objets utilitaires ou l’architecture et de faire le lien avec des objets croisés chez mes grands-parents ou trouvés dans des vide-greniers.
L’entrée de l’exposition
Exposition L’Art Déco des Régions, Modernités Méconnues Musée de Valence – Drôme – septembre 2025
Informations pratiques : L’exposition L’Art Déco des Régions, Modernités Méconnues est présentée au musée de Valence jusqu’au 11 janvier 2026. Une programmation de visites guidées et d’ateliers en lien avec l’exposition est proposée. L’ensemble des informations pratiques pour visiter l’exposition ou participer à un atelier est disponible sur le site internet du musée de Valence.
(*) Ma découverte de l’exposition a eu lieu dans le cadre d’une invitation à un instameet (collaboration commerciale non rémunérée). C’est toutefois une exposition que je serai allée voir de moi-même quoi qu’il en soit.
Voilà un mois que nous sommes officiellement en automne. Et cette semaine, le projet 52 nous invite à le montrer. En cette période de vacances scolaires (et de moments en famille en ce qui me concerne), je ne vais pas faire compliqué pour illustrer ce thème. Alors, certes, j’aurais pu montrer des fruits et légumes de saison comme les champignons, les courges, les châtaignes ou les noix, mais j’ai déjà épuisé cette carte avec le thème « par terre » il y a 2 semaines. J’en reviens donc aux classiques couleurs de l’automne. La photo a été prise lors d’une balade dans le Vercors qui commençait doucement à prendre ses teintes mordorées.
Route de Combe Laval – Vercors – Drôme octobre 2025
Pour voir ce que les autres participants montrent de leur automne, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : comme je l’ai écrit plus haut, ce sont les vacances scolaires et je passe du temps en famille et entre amis. Je n’aurai donc pas l’occasion de venir valider durant le week-end les commentaires qui seraient passés en modération. Je le ferai en début de semaine.
Autant le dire tout de suite, le thème de cette semaine pour le projet 52 n’est pas simple. C’est encore un de ces mots qui m’est venu à l’esprit un soir tardivement quand je listais les thèmes de l’année à venir. La persévérance, c’est une vertu, difficile à imager. Mais c’est aussi la détermination à tenir un objectif. Et de la détermination et de la persévérance, il en a fallu à ces hommes qui à la fin du XIXe siècle ont construit les routes vertigineuses du Vercors. Parmi ces routes, l’une des plus remarquables est celle de Combe Laval qui relie Saint Jean en Royans au col de la Machine. Destinée à raccourcir le trajet entre le plateau de Lente et la vallée, la route est construite à flanc de falaise, parfois en encorbellement, souvent à travers le rocher qui a été creusé à coups de barres à mine et d’explosifs. Aujourd’hui encore, cette route, comme d’autres dans le même secteur, fascine.
Pour voir comment les autres participants ont persévéré, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : c’est le premier week-end des vacances scolaires de la Toussaint et je serai bien occupée en famille. Je ne sais donc pas à quel moment du weekend je pourrai venir valider les commentaires qui seraient partis en modération. Je peux juste dire que je le ferai avant la fin du week-end.
Cette semaine, le projet 52 nous invite à regarder par terre. J’ai eu envie de partir sur une idée automnale. Après tout, nous sommes à la saison où les feuilles des arbres ont tendance à se retrouver par terre. Mais, à cette saison, il y a d’autres choses que l’on retrouve par terre : c’est le moment où certains fruits tombent des arbres. Certains, tels les glands et les faines, se retrouvent au pied des arbres en forêt. Mais d’autres sont aussi cultivés. C’est le cas autour de chez moi des noix, du côté de la vallée de l’Isère et du Royans, et des châtaignes, du côté de l’Ardèche. Et c’est actuellement le moment de la récolte.
A la toute fin du mois de septembre, j’ai participé à une journée de découvertes en Ardèche autour des produits locaux automnaux. J’ai en particulier visité une ferme qui produit des châtaignes. Nous étions juste avant la période de la récolte, et les castanéiculteurs avaient commencé à disposer sous les arbres les filets qui permettront de récupérer les châtaignes.
A noter : Si vous souhaitez vous-même ramasser des châtaignes en Ardèche, il faut savoir que c’est très réglementé. Déjà, la plupart des châtaigneraies sont privées, y compris les vieux châtaigniers que l’on croise en se baladant dans les bois. Il ne faut donc y pénétrer qu’avec l’accord explicite du propriétaire. De plus, sur certaines zones propriétés des communes, le ramassage peut être interdit : renseignez-vous au préalable sur les réglementations locales. Et dans tous les cas, il ne faut emporter qu’une petite quantité destinée à une consommation personnelle. Il existe d’ailleurs une charte du ramasseur de châtaignes sur certains territoires ardéchois. Les conseils qui y sont donnés sont d’ailleurs pertinents quel que soit l’endroit où vous voulez ramasser des châtaignes (sauf si vous êtes sur votre propre terrain !).
L’Automnal Gourmand est un ensemble de manifestations et d’évènements à travers les territoires du Pays de Lamastre, d’Ardèche Hautes Vallées et du Haut Pays du Velay, entre Ardèche et Haute-Loire. Cette année marque la 5e édition de ce festival qui fédère des fêtes gourmandes à travers les trois territoires dont les Castagnades et la Fête de la Courge de Saint Agrève. En début de semaine, j’étais invité à la journée de lancement de l’édition 2025 de l’Automnal Gourmand. Si l’an dernier, cette journée avait eu lieu entre le lac de Devesset et les Maisons Marcon à Saint Bonnet le Froid, nous avions cette fois rendez vous dans le Pays de Lamastre.
Lancement de l’Automnal Gourmand à la Ferme du Châtaignier
Une matinée à la Ferme du Châtaignier
L’accueil
La journée a commencé à la Ferme du Châtaignier où nous avons été accueillis par un café et des petits moelleux maison à la châtaigne. Après un temps de découverte de la boutique et de ses produits, et le mot d’accueil des élus et du chef Jacques Marcon (qui est le parrain de l’Automnal Gourmand), nous avons constitué des groupes pour visiter la ferme. Nous étions en effet une centaine d’ambassadeurs présents, entre les producteurs, restaurateurs, prestataires de service, les offices de tourisme, la presse et les créateurs de contenu. J’ai d’ailleurs eu le plaisir de retrouver Léa Dugreen (que vous pouvez suivre sur Instagram) et Gaëlle des Petits Drômois.
Petit déjeuner ardéchoisDans la boutique de la Ferme du ChâtaignierLa prise de parole des élus et du chef Jacques Marcon, parrain de l’Automnal Gourmand
La visite de la ferme
La Ferme du Châtaignier est une exploitation castanéicole depuis 7 générations. C’est aujourd’hui Michel, le père, qui nous emmène découvrir ses châtaigniers. Au milieu des arbres, il nous explique comment le châtaignier est devenu si emblématique de l’Ardèche, comment l’AOP Châtaigne d’Ardèche a redynamisé la filière, mais aussi quelles sont les différentes variétés ou encore les menaces auxquelles il faut faire face : champignons, insectes, réchauffement climatique. Il nous parle aussi de la récolte qui va bientôt débuter et pour laquelle les filets commencent à être placés sous les arbres. Chaque année, la ferme produit environ 60 tonnes de châtaignes.
Dans la châtaigneraie de la famille Grange à Lamastre
Aurélien, le fils (et responsable de la production) nous emmène ensuite voir les ateliers de transformation. En effet, l’intégralité de la production est transformée sur place. Les ateliers servent aussi à la transformation des autres productions fruitières de la ferme, ainsi qu’à d’autres agriculteurs qui louent les infrastructures pour transformer leurs châtaignes. La récolte n’ayant pas commencé, la production le jour de notre visite est limitée à la pâtisserie et à la fabrication de crème de marrons. Malgré tout, les machines de décorticage et de tri des châtaignes sont très impressionnantes.
Dans l’atelier, les machines à éplucher les châtaignes peuvent traiter plusieurs centaines de kg par heure.Dans l’atelier, les pots de crème de châtaignes attendent de refroidir
Enfin, nous terminons notre découverte de la châtaigne par une balade nature où nous apprenons comment les plantes se sont développées jusqu’à devenir des arbres et donner des fruits, protégeant leurs graines.
Balade naturaliste dans la châtaigneraieVue sur Lamastre depuis la châtaigneraie
Un déjeuner partagé convivial
Pour le déjeuner, nous étions attendu sur la terrasse de Cathy qui tient la ferme auberge de Jameysse à Désaignes. Là, l’ensemble des producteurs et restaurateurs participant à cette journée des ambassadeurs de l’Automnal Gourmand avait apporté un aperçu de son savoir faire. C’est donc sous forme de buffet que le repas a été généreusement servi. C’était l’occasion de découvrir des produits de grande qualité, parmi lesquels j’ai particulièrement apprécié :
les fromages de la ferme de l’Oppidum, à Saint Andéol de Fourchades (Ardèche)
les picodons de la chèvrerie de Bouchet Ravaux, à Jaunac (Ardèche)
les planches gourmandes des délices du Mézenc, au Fay sur Lignon (Haute Loire)
les bouchées végétales de l’Ane Têtu, un restaurant végétalien de Désaignes (Ardèche)
les confitures (et les pancakes) d’Un brun gourmand, de Saint Romain Lachalm (Haute Loire)
les macarons de Thico, de Saint Agrève (Ardèche)
le café de Saba, torréfié à Saint Bonnet le Froid (Haute Loire)
les chocolats Riou, au Cheylard (Ardèche)
Assortiments de délices locaux, d’Ardèche et de Haute Loire, sucrés et salés
Informations pratiques
Les partenaires chez qui nous avons passé un bon moment
Nous avons été accueillis à la Ferme du Châtaignier, située 700 chemin du Roux à Lamastre. Sur place, on trouve une boutique de produits préparés sur place. Il est aussi possible d’y prendre un goûter. Des visites de la ferme sont organisées, mais il y a aussi un sentier d’interprétation à travers la châtaigneraie. En particulier, durant l’Automnal Gourmand, la ferme du châtaignier organise des visites guides les mercredis et samedis.
Nous avons déjeuné sur la terrasse de la ferme auberge de la Jameysse, à Désaignes. Cathy y propose une cuisine de saison à base des produits de la ferme. En hiver, le feu crépite dans la cheminée de la grande salle aux longues tables conviviales.
Les évènements de l’Automnal Gourmand
La 5e édition de l’Automnal Gourmand a lieu du 27 septembre au 9 novembre 2025. Elle se décline entre rendez vous découvertes, temps forts et menus gourmands. L’an dernier, je n’avais pas eu l’occasion de participer aux différentes évènements en dehors de la journée de lancement, et je le regrette un peu. Cette année, mon mois d’octobre s’annonce bien rempli mais je vais essayer de garder un week-end pour l’Automnal Gourmand, même si je ne sais pas encore lequel.
Parmi les temps forts, j’ai particulièrement noté :
les Castagnades, par exemple celles de Désaignes le 19 octobre
la fête de la Courge de Saint Agrève et son concours de pâtisserie, qui aura lieu les 25 et 26 octobre
l’iconique foire aux champignons de Saint Bonnet le Froid, qui viendra clore cette édition de l’Automnal Gourmand les 8 et 9 novembre
Côté animations, je me laisserai bien tenter par une balade gourmande à Lamastre (les 11 / 14 / 21 / 28 octobre) ou à Désaignes (le 18 octobre) pour mêler découverte patrimoniale et dégustations (réservation via l’office de tourisme du Pays de Lamastre). Il y a aussi plein d’animations adaptées aux enfants durant les vacances de la Toussaint, dont des visites de chèvreries.
Star ardéchoise !
Lamastre & Désaignes Ardèche – 29 septembre 2025
(*) Cette journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) de la part des offices de tourisme des territoires organisant l’Automnal Gourmand, et en particulier de celui du Pays de Lamastre où se déroulait la journée. Comme l’année dernière, j’ai été ravie de vivre ces moments de partage avec les producteurs et prestataires de ces territoires aux paysages magnifiques, et j’ai découvert des produits exceptionnels.
Cette année, je n’ai fait qu’une seule visite lors des journées du patrimoine (pour cause de migraine…). Mais je dois dire que je suis plutôt contente du choix que j’ai fait. Je suis en effet allée au château de Roche Faucon à Chateaubourg en Ardèche. L’année dernière, déjà, j’avais voulu le visiter. Mais la file d’attente beaucoup trop longue alors que le monument venait à peine d’ouvrir ses portes m’avait dissuadée. Cette année, les propriétaires avaient choisi de ne proposer les visites que sur réservation afin de limiter la file d’attente d’une part et d’éviter les visiteurs frustrés d’autre part. J’avais réservé une place pour la première visite du samedi matin. C’est avec une quinzaine d’autres visiteurs que j’ai découvert le site.
Lors de cette ouverture exceptionnelle, on pouvait découvrir 3 salons ainsi que des parties communes de cet édifice dont les fondations remontent au XIe siècle. Situé sur un éperon rocheux, le château domine le village mais surtout la vallée du Rhône; à quelques dizaines de mètres du fleuve. On a donc depuis le château une vue panoramique sur les environs. A la fois habité et en cours de rénovation, le lieu était animé par la Maisnie du Chevalier Bragon. Nous avons commencé par découvrir le maître d’armes qui nous a présenté quelques équipements médiévaux. Puis, nous avons croisé le géographe et son apprenti qui prenaient des mesures par la fenêtre et les reportaient sur une carte à l’aide d’instruments anciens. Ensuite, ce sont les dames qui jouaient dans le salon. Enfin, dans une pièce en partie souterraine où le rocher affleurait, c’est le bourreau qui nous a parlé de son travail et ses outils.
La visite était animée par la Maisnie du Chevalier BragonLe plus mignon des habitants du châteauA l’intérieur du château
J’ai vraiment apprécié cette visite à la fois ludique et instructive. Le château est magnifique, même si cette découverte n’était qu’un bref aperçu de cet immense bâtiment. J’espère avoir une prochaine fois l’occasion d’en voir plus !
Le château de Roche Faucon domine le village de Chateaubourg
C’est un peu par hasard que je me suis retrouvée à mettre mon réveil un samedi matin pour aller faire une rando-wine en nord Ardèche. J’ai découvert le concept par un reel posté sur Instagram par l’office de tourisme Ardèche Grand Air. Pour vous situer, le territoire Ardèche Grand Air se situe autour d’Annonay. C’est un secteur d’Ardèche que je ne connais quasiment pas. Au printemps, je m’étais donc abonnée à leurs réseaux sociaux pour me souvenir d’aller y faire un tour. Début septembre, en milieu de semaine, j’ai vu passer leur publication sur la rando-wine : un concept qui allie une balade dans les vignes et une dégustation de vin. Un coup d’œil à la météo plus tard, je prenais ma place.
au pied du coteau de Rochevine
La randonnée
Dans les vignes sur le coteau de Rochevine
Le rendez-vous était donné à la cave de Saint Désirat. Là, j’ai retrouvé Sandrine, la guide qui allait nous accompagner et les 8 autres personnes inscrites ce jour-là. Début septembre, la saison touristique touche à sa fin mais en pleine saison, le groupe peut aller jusqu’à une trentaine de personnes. Très vite, nous prenons le chemin qui passe derrière la cave. Nous sommes au pied du coteau de Rochevine que la balade va nous emmener découvrir. Rapidement, le sentier devient abrupt. Ici les vignes sont plantées en échalas, sans terrasses.
Vignes au dessus du village de Saint Désirat
La randonnée concoctée par Sandrine nous emmène au cœur du vignoble. En montant, nous découvrons de superbes points de vue sur la vallée du Rhône, le massif du Vercors et le village de Saint Désirat. Sandrine en profite pour nous raconter un peu la vie de ce village. On y trouve en particulier une distillerie d’eaux de vie de fruits, née de la reconversion d’une famille d’arboriculteurs. On échange, on discute, on rigole. Cela me change de mes randos solos habituelles !
dans les vignesVue sur le village de Saint Désirat depuis le coteau de Rochevine
La saison des vendanges
Tout au long de la balade, Sandrine nous explique la façon dont viticulteurs et vignerons cultivent ici la vigne. Nous sommes sur l’appellation Saint Joseph. Située entre celles de Condrieu au nord et Cornas au sud, l’AOP s’étend sur une soixantaine de kilomètres le long de la rive droite du Rhône. En ce début du mois de septembre, après un été précoce, chaud et ensoleillé, les vendanges sont (déjà) bien avancées. Plusieurs parcelles sont vendangées, et pour notre plus grand bonheur, nous picorons quelques grains sur les grappes restantes. Un peu plus loin, les vendangeurs sont au travail. C’est pour nous l’occasion de voir comment ils s’organisent dans cette zone escarpée aux rangées sinueuses et courtes. Un vendangeur passe avec une hotte et récupère le contenu des seaux des cueilleurs pour ramener le raisin au tracteur.
grappes de raisin, de variété Syrahles vendangeurs au travail
Une salle dans un tunnel ferroviaire
En redescendant vers la cave de Saint Désirat, Sandrine nous fait découvrir une salle atypique. Ici, il y avait autrefois une voie de chemin de fer. Une galerie avait été construite pour protéger la voie ferrée des chutes de pierres du coteau de Rochevine, très friable. Située juste au dessus de la cave coopérative, la galerie a été rachetée par celle-ci. Fermée de chaque côté, elle est devenu une immense salle de réception d’une centaine de mètres de long. Des panneaux anti-bruit ont été installés au niveau de la voute pour limiter les échos et résonnances mais les parois sont restées brutes et suintent des récentes pluies. L’expérience est surprenante.
dans la galerie de la ClauxSur le tracé de l’ancienne voie ferrée
La dégustation de vins
La randonnée se termine là où elle a commencé : à la cave de Saint Désirat. C’est là que nous allons faire la dégustation de vins. Nous sommes ici en plein milieu de l’appellation Saint Joseph. Moins connue que ses voisines d’en face, les AOP Crozes-Hermitage et Hermitage, l’AOP Saint Joseph devient de plus en plus qualitative, avec des vignerons impliqués. Assez logiquement, c’est donc des vins de Saint Joseph que nous allons découvrir. Nous avons commencé par les blancs, mélange de cépages roussanne et marsanne. Puis nous avons découvert les rouges, issus exclusivement du cépage Syrah (qui historiquement serait une hybridation ancienne entre la roussanne de Savoie et la mondeuse d’Ardèche). Cette dégustation marque la fin de la rando-wine, une très chouette expérience pour découvrir un terroir et ses produits.
Dégustation du Saint Joseph blanc
Saint Désirat / Champagne – Ardèche – septembre 2025
Informations pratiques
Généralités
Les rando wines dans la vallée du Rhône Nord sont organisées par une association de guides en œnotourisme. On peut retrouver leurs différentes propositions via les offices de tourisme du secteur : Ardèche Grand Air, Porte de Drôme Ardèche, Ardèche Hermitage, Rhône Crussol, Vienne Condrieu.
Dans cet article, j’évoque la pratique du glanage(ou grappillage). Il s’agit de la possibilité de récupérer des restes de productions agricoles pour un usage familial après la récolte par l’agriculteur ou le propriétaire, uniquement du lever au coucher du soleil et sur un terrain non clôturé. Seule la jurisprudence reconnaît le glanage qui peut sinon être assimilé à du vol. Si vous vous promenez dans les vignes, il est impératif de ne pas piquer quelques grains sur les grappes des parcelles non récoltées. Si vous avez un doute sur le fait que la parcelle a été vendangée, ne touchez pas aux raisins.
Nous avons aussi croisé des figuiers sauvages au bord des vignes
Compte-rendu de dégustation
Pour les curieux, dans l’ordre, nous avons dégusté :
Saint Joseph blanc Amendine – un vin très frais, très léger, qui pourrait aller pour un apéritif estival ou un poisson grillé. Ca n’a pas vraiment été un coup de cœur.
Saint Joseph blanc Cuvée Côte Diane – un vin avec plus de présence que le précédent, qui pourrait s’accorder d’un fromage ou d’un plat léger. J’en ai pris une bouteille pour ramener à la maison.
Saint Joseph rouge Les Mariniers du Fleuve – un vin rouge avec une petite note poivrée. Celui que nous avons dégusté était encore jeune et restait très vert en fin de bouche. De ce fait, je ne l’ai pas spécialement apprécié et j’aurais aimé pouvoir découvrir une année antérieure.
Saint Joseph rouge Cuvée Côte Diane – vieilli partiellement en fût de chêne, il a une note très légèrement boisée. Je l’ai trouvé nettement plus intéressant que le précédent. J’en ai d’ailleurs aussi acheté une bouteille, pour essayer avec une viande en sauce cet hiver.
Saint Joseph rouge Cœur de Rochevine – la cuvée haut de gamme de la cave Saint Désirat, parcellaire et vieillie en fût de chêne. A la dégustation, il est nettement plus complexe que les précédents tout en gardant le caractère du Saint Joseph.
(*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération.
Tous les soirs de la semaine dernière, l’association Upidum a joué son spectacle le Souffle du Nord au domaine de Valsoyo, à Upie, pas très loin de chez moi. Il y a deux ans, ils avaient monté le 3e volet de La Légende d’Andarta. Cette fois, c’est un tout nouvel arc narratif qui a été développé. Comme pour Andarta, les scénaristes sont partis d’un fait historique : une violente bataille entre les Cimbres venus du Nord et les Romains en IIe siècle avant notre ère qui a eu lieu dans les environs. La tradition populaire veut même que ce soit de là que vient le nom du quartier Les Batailles à Upie. A partir de là, ils ont imaginé un scénario faisant intervenir une princesse cimbre, un centurion romain pas toujours très futé, un guerrier gaulois, quelques divinités et une créature mythologique. Ce n’est donc pas un récit historique mais une fiction fantastique. Impliquant 160 bénévoles, c’est une grosse production à l’échelle locale. Comme pour Andarta, le texte fait la part belle à l’humour et aux clichés façon Astérix. Le spectacle est familial, l’ambiance conviviale. La soirée commence presque 3 heures avant le début du spectacle avec un village gaulois qui comporte un marché artisanal, une mini ferme, des jeux, des temps de contes, et bien entendu une taverne.
Dans le village gaulois, tous les chemins mènent à Rome. A la taverne, la cervoise est fraiche. Avant le spectacle, les rapaces paradent comme ce Harfang des Neiges (ils viennent du zoo d’Upie). La météo a longtemps fait craindre que le ciel ne nous tombe sur la tête. L’espace scénique est au bord du petit lac de Valsoyo. Les décors, les costumes et la créature fantastique ont tous été conçus par les bénévoles de l’association.
Le souffle du nord Domaine de Valsoyo – Upie – Drôme août 2025
(*) Par souci de transparence, j’ai été invitée par l’association Upidum à ce spectacle (collaboration commerciale non rémunérée). J’avais bien aimé ma soirée à Andarta, et je n’ai donc pas hésité quand ils m’ont proposé de venir découvrir leur nouvelle création. Et je n’ai pas été déçue.
En juillet, j’ai été invitée avec d’autres éclaireurs Partir-Ici.fr par Dombes Tourisme à une journée de découverte de la région. Bien sûr, le programme avait été prévu en tablant sur du beau temps, ce qui est généralement le cas à cette saison de l’année. Mais, pas de chance pour nous, ce samedi là, la météo était à l’orage et c’est sous une pluie battante que nous avons découvert Chatillon sur Chalaronne, obligeant l’office de tourisme à adapter le programme au fil de la journée. Mais il est tout à fait possible de passer une très belle journée dans la Dombes, même quand il pleut !
Le ciel s’assombrit au dessus de Chatillon sur Chalaronne
Préambule : C’est où la Dombes ?
Pour ma part, je sais situer la Dombes depuis que j’avais fait mes stages sur Lyon quand j’étais étudiante. J’avais en effet une copine qui habitait Trévoux, une ville située à la limite de ce secteur de l’Ain, et j’avais eu l’occasion de lui rendre visite chez elle ainsi que de me balader un peu dans le coin. Mais si vous ne connaissez pas encore, c’est une zone qui est entre Lyon et Bourg en Bresse et dont la particularité est d’être couverte d’une multitude d’étangs. Cela en fait un paradis pour les pêcheurs mais aussi pour les ornithologues car de nombreux oiseaux y résident ou s’y arrêtent pendant les migrations. Ce n’est pas très loin de chez moi (environ 2 heures de route depuis Valence), mais je n’avais pas encore pensé à aller explorer par là.
Etang de Quinson
Visiter l’Hôtel Dieu de Châtillon sur Chalaronne et son apothicairerie
La vie en Dombes en 1900
Lors de notre journée dans la Dombes, il était prévu que nous visitions l’apothicairerie de l’ancien Hôtel-Dieu. Si la pluie ne nous a pas épargnés sur le trajet, elle n’a en rien contrarié cette intéressante découverte. A notre arrivée à l’Hôtel-Dieu, nous avons commencé par la visite en autonomie du musée de la vie dans la Dombes au début du XXe siècle. En quelques salles, c’est toute la vie quotidienne des dombistes qui nous est racontée à travers la présentation d’objets du quotidien collectés dans les familles de la région. J’ai eu un coup de cœur pour les coiffes présentées, et en particulier les délicats bonnets de dentelle.
Il y a beaucoup d’hortensias à Chatillon sur Chalaronne car c’est ici qu’il a été acclimatéCoiffes en dentelle de la DombesLa coiffe noire est une coiffe typique de cette région de l’Ain, et était portée pour les jours de fête
La pharmacie de l’Hôtel Dieu
L’apothicairerie, située dans un autre bâtiment de l’ancien Hôtel-Dieu, n’est accessible qu’avec un guide. Il faut dire que les lieux sont fragiles et la collection exceptionnelle. En effet, l’apothicairerie a conservé ses 120 pots en faïence de Meillonnas telle qu’à son ouverture en 1814, ainsi que son meuble d’origine. Celui-ci a été conçu spécialement pour ranger les pots de façon à la fois pratique et esthétique. Dans la pièce, des tiroirs permettent aussi de ranger des plantes séchées entrant dans la composition des remèdes. Enfin, quelques outils de mesure et de fabrication sont également présentés. De l’autre côté du couloir, on trouve la tisanerie. Là, de grands tiroirs organisés pour faciliter l’accès aux plantes les plus courantes servaient à stocker les plantes séchées. On y assemblait des tisanes aux vertus curatives. La pharmacie de l’Hôtel Dieu a cessé ses activités en 1939.
pots et flacons dans les étagères de l’apothicairerieLes étagères vont jusqu’au plafond. Dessous, des placards servent de rangements.Sur les façades des tiroirs, les noms des plantes sont précédés des abréviations RD pour Racine De et FD pour Feuille De
Petit bonus : la visite de la chapelle
Afin de nous faire faire un tour complet des lieux, nous avons pu entrer dans la chapelle. Celle-ci était située entre les salles des hommes et des femmes. L’ensemble était conçu de sorte à permettre aux malades d’assister à la messe depuis leur lit. Chaque salle était en effet séparée de la chapelle par des grilles.
Ce triptyque datant de 1527 n’était pas à l’origine à l’Hôtel Dieu mais il y est conservéLa cour desservait les différents bâtiments de l’Hôtel Dieu. Elle permet aujourd’hui d’accéder à des jardins en visite libre.
(*) Le musée de la vie en Dombes en 1900 est en accès libre aux horaires d’ouverture de l’Hôtel Dieu. L’apothicairerie se visite uniquement en visite guidée. Les informations pratiques sont sur le site internet des musées municipaux.
Suivre une visite guidée pour découvrir Châtillon sur Chalaronne
Après la visite de l’Hôtel-Dieu, nous avons profité d’une accalmie côté pluie pour flâner un peu dans la ville de Chatillon sur Chalaronne, en particulier le long de la rivière et sur les petits ponts. Nous avons ensuite rejoint Diane, qui est guide conférencière, et propose via l’office de tourisme des visites guidées. Celle que nous avons suivie s’appelle Chatillon, regards d’hier et d’aujourd’hui. Diane nous a présenté des vues anciennes des lieux devant lesquels nous nous trouvions afin de constater les différences et de voir l’évolution des commerces dans le bourg au fil depuis la fin du XIXe siècle. Cette visite est aussi une opportunité d’évoquer le passé (et le présent) industriel de Chatillon sur Chalaronne ou encore les liens de la ville avec les courses de chevaux. En 1h30, Diane nous raconte la ville et son développement, mais également ses personnages célèbres (saviez-vous que Saint Vincent de Paul a été le curé de Chatillon sur Chalaronne ?) et ses particularités architecturales.
En visite guidée avec Diane dans les rues de Chatillon sur ChalaronneAu bord de la rivière à Chatillon sur ChalaronneLes rues de Chatillon sur Chalaronne, bordées de maisons à pans de bois et briques et la place du marché avec sa grande halle datant du XVe siècle
(*) La liste des visites guidées, leur dates et leur réservation se fait directement sur le site internet de Dombes Tourisme.
En complément des visites guidées, l’office de tourisme propose aussi Les aventures de Physalis : des pochettes de jeux de piste, l’un dans les rues de Chatillon sur Chalaronne et l’autre autour de l’étang Prêle, proche de la ville. Destinées aux familles (mais bien entendu jouables même sans enfants), les pochettes contiennent tout ce qu’il faut pour jouer et sont en vente à l’accueil de l’office de tourisme (place du champ de foire à Chatillon sur Chalaronne). Nous n’avons pas eu le temps de les essayer mais le matériel proposé donnait envie de jouer !
Les aventures de Physalis, des jeux de piste à faire en famille dans la Dombes
Prendre un cours de dessin en plein air
Parmi les activités originales proposées par Dombes Tourisme, il y a aussi La Dombes se dessine, des cours de dessin en plein air. Guidés pas à pas par Orianne Amiot, l’atelier permet de réaliser un dessin in situ. Au départ, nous devions aller au bord d’un étang (et en profiter pour faire de l’observation ornithologique) mais compte tenu de la météo, l’atelier a été rapatrié dans Chatillon sur Chalaronne, à proximité de la halle afin de pouvoir s’y abriter le cas échéant. C’est donc la perspective de la porte de Villars depuis la place du marché qui était notre sujet. Orianne fournit tout le matériel, et il suffit ensuite de se laisser guider pour démarrer. Petit à petit, on prend confiance et on interprète ce que l’on voit pour le traduire en lignes et en couleurs, toujours sous les conseils bienveillants d’Orianne. A la fin, sur la dizaine de participants que nous étions à l’atelier, il y avait autant de versions très différentes de la même rue vue du même endroit (et personnellement, je trouve cela fascinant). Et si vous vous demandez si vous avez les qualités artistiques nécessaires, arrêtez de vous poser des questions et essayez : avec Orianne, tout devient facile !
La porte de Villars à Chatillon sur Chalaronne : notre sujet de dessin du jourOrianne dessine en même temps que nous pour nous guider en pas à pas.Mon dessin…
(*) La liste des animations « La Dombes se dessine », leur dates et leur réservation se fait directement sur le site internet de Dombes Tourisme.
Se régaler
Aller au marché
La Dombes est une terre de gourmandise. A Chatillon sur Chalaronne, chaque samedi matin, les habitants et vacanciers se pressent sous la grande halle datant du XVe siècle. Là, un marché, reconnu marché d’exception au niveau national, se tient. Plusieurs dizaines de producteurs viennent proposer leurs produits : fruits, légumes, volailles de la Dombes et de Bresse, œufs, charcuteries, pain, pâtisseries, fleurs… Ce marché est une vraie pépite, typiquement le genre d’endroit où j’aime m’approvisionner (et contrairement à beaucoup de marchés, on y est à l’abri de la pluie !)
Le marché du samedi matin à Chatillon sur Chalaronne
Déguster des spécialités locales
Si vous me connaissez un peu, vous savez que je suis toujours curieuse de découvrir les spécialités culinaires locales lorsque je visite une région. Pour cela, nous sommes allés manger au restaurant La Gourmandine. Quand il fait beau, il dispose d’une charmante terrasse au bord de la rivière. Quand la météo est plus contrariante, la salle du restaurant est aussi pleine de cachet, avec ses briques apparentes. La carte fait la part belle aux produits locaux, en particulier le poulet Prince des Dombes ou celui de Bresse, les goujonnettes de carpes, la truite et les grenouilles (n’oublions pas que nous sommes dans une région d’étangs). Pour ma part, j’ai opté pour les grenouilles. C’est un plat que j’aime beaucoup mais que l’on trouve rarement au restaurant. Celles-ci étaient parfaites, cuites juste comme il faut, absolument pas sèches. Et pour le dessert, le moelleux cœur coulant au chocolat est à commander en début de repas, et il est excellent.
La Gourmandine est située dans une maison ancienne à pans de boisAu restaurant : assiette de grenouilles et moelleux au chocolat
(*) Le restaurant La Gourmandine est situé 142 Rue Pasteur à Chatillon sur Chalaronne. Il est recommandé de réserver car l’établissement a une capacité limitée.
Découvrir le savoir faire d’un MOF Chocolatier
Pour nous réconforter face aux aléas météorologiques, l’office de tourisme a demandé à Vincent Durant de nous accueillir, et il a gentiment accepté au pied levé pour notre plus grand bonheur. En effet, Vincent Durant est Meilleur Ouvrier de France chocolatier. De plus, il s’inscrit dans une démarche de promotion des produits locaux en sourçant au maximum ses matières premières dans la région. On trouve ainsi dans ses chocolats du beurre et du piment de Bresse ou encore des graines de tournesols d’un agriculteur de la région. La provenance est d’ailleurs indiquée sur les étiquettes des chocolats dans la boutique. Il cherche en outre à minimiser les kilomètres parcourus par ses emballages (produits donc à proximité) et à les rendre réutilisables. Pour cela, presque tous ses chocolats ont la même forme, celle d’un petit palet. Ainsi, ils peuvent tous prendre place dans les petits plateaux thermoformés empilables spécialement conçus pour Vincent Durant. Même les jolis petites grenouilles en chocolat ont des dimensions adaptés pour s’y insérer. C’est avec beaucoup de générosité que Vincent Durant nous a fait découvrir l’étendue de sa gamme, des chocolats aux associations insolites aux boissons maison (cola et kombucha) en passant par les pralines multicolores à l’enrobage fruité. Et tout était délicieux !
Le beau meuble de style bressan a été réalisé pour Vincent Durant par un artisan local. D’autres meubles de même facture vont suivre pour meubler la boutique. Les confitures étaient tellement tentantes que j’en ai acheté pour ramener à la maison.Les grenouilles et les palets en chocolat de Vincent Durant
(*) La boutique de Vincent Durant se situe 39 rue Etienne Bouillet, dans le centre médiéval de Chatillon sur Chalaronne.
Assister à un spectacle
Lors de cette journée dans la Dombes, j’ai découvert que la région était un territoire très riche en festivals. Je connaissais de réputation celui des Musicales du Parc des Oiseaux qui accueille chaque année de très belles têtes d’affiche. Mais j’ai appris qu’il y avait un festival d’arts du cirque au début de l’été (fin juin/début juillet) et un festival de musique dédié aux cuivres en juillet. Cuivres en Dombes propose une programmation variée avec des évènements allant de l’apéritif musical au concert classique. Ces évènements ont en outre la particularité de se dérouler dans des lieux patrimoniaux majeurs du territoire, par exemple sous la halle de Chatillon que j’ai déjà évoquée. Le soir où j’étais dans la Dombes, le concert aurait dû se dérouler en plein air au domaine du Gouverneur (qui semble magnifique). Le département ayant été placé en alerte orange aux orages, le spectacle a été rapatrié en intérieur à l’hippodrome de Chatillon. Sur place, il était possible de boire un verre et de déguster une planche. J’avais choisi celle dite dombiste et qui proposait des produits à base de poisson d’eau douce. Quant à la programmation du jour, en première partie Heptabrass, un groupe d’anciens élèves de la Haute Ecole de Musique de Genève proposait un programme issu de la musique classique, tandis qu’en seconde partie le groupe australien Hot Potato Band offrait une prestation pleine d’énergie et de bonnes vibrations.
HeptabrassHot Potato BandUne soirée au festival Cuivres en Dombes
(*) Le festival Cuivres en Dombes a lieu chaque année en juillet. Il propose aussi quelques spectacles « hors saison ».
S’il ne pleut pas trop, se balader autour d’un étang
Le lendemain, la météo était plus clémente et j’ai eu envie de profiter un peu des étangs avant de reprendre la route vers la Drôme. Je suis donc allée à l’étang du Plantay car j’avais repéré sur le site internet de Dombes Tourisme une jolie balade à faire. Je n’ai pas été déçue. Entre les points de vue sur la Tour du Plantay (actuellement en cours de restauration), le calme des rives de l’étang seulement troublé par le chant des grenouilles et les oiseaux que j’ai pu observer, j’ai effectivement fait une très belle promenade. Concernant les oiseaux, sans prendre le temps de m’arrêter pour les attendre, j’ai pu voir des foulques, des canards colvert et des hérons. Et en chemin, au bord d’un autre étang, c’est un couple de cigognes qui s’est envolé devant moi.
Au bord de l’étang du Plantay
Un peu plus loin, se recueillir au sanctuaire d’Ars
Toujours sur la route du retour, avant de rejoindre la vallée du Rhône, j’ai fait un arrêt au village d’Ars sur Formans. Il s’agit du village de Saint Jean Marie Vianney, le curé d’Ars. C’est aujourd’hui un lieu de pèlerinage avec plusieurs basiliques, l’une datant de la fin de XIXe siècle et construite par Pierre Bossan (l’architecte de la basilique de Fourvière à Lyon) et l’autre plus récente, en partie souterraine mais ne présentant pas d’intérêt visuel majeur. Malheureusement, je n’avais pas calculé que nous étions un dimanche matin et qu’il ne me serait pas possible de visiter la basilique du XIXe siècle, avec les messes s’y succédant. J’ai tout de même jeté un œil au presbytère, et aux chapelles voisines, ainsi qu’à l’impressionnante lanterne où les pèlerins déposent leurs intentions de prière en allumant une votive.
dans le village du Saint Curé d’Ars
Châtillon sur Chalaronne et la Dombes – Ain – juillet 2025
(*) Bien entendu, ces activités ne sont pas réservées aux jours de pluie et peuvent être réalisées aussi quand il fait beau. J’espère d’ailleurs que lorsque vous irez dans la Dombes, le soleil brillera. Mais si ce n’est pas le cas, on ne s’y ennuie pas !
A noter : J’ai effectué les différentes activités à Châtillon sur Chalaronne (visite de l’Hôtel Dieu, visite guidée, cours de dessin, repas, découverte du chocolatier et concert Cuivres en Dombes) dans le cadre d’une invitation à un instameet par Dombes Tourisme (collaboration commerciale non rémunérée). Les avis et retours d’expérience restent cependant les miens.