[Bouches-du-Rhône] une journée à Aix-en-Provence

J’étais déjà allée à Aix-en-Provence il y a 5 ans. Si j’avais globalement apprécié la ville, cela n’avait pas non plus été un coup de cœur absolu, et Aix ne faisait pas partie de ces villes où j’ai particulièrement envie de retourner. Mais alors pourquoi y avoir passé une journée, me direz vous. Tout simplement parce que l’Hôtel de Caumont présentait une exposition que Melle 3e souhaitait voir, et que tant qu’à faire le trajet, autant en profiter pour se balader en ville, et donner une seconde chance à Aix-en-Provence d’intégrer le club des villes où je veux revenir.

Place des Quatre Dauphins – quartier Mazarin

Flâner dans la vieille ville

Nous sommes arrivées à Aix-en-Provence en milieu de matinée un samedi. J’aurais préféré venir en semaine mais je ne pouvais pas prendre de congés et la date de fin de l’exposition approchait. Nous devions donc y aller durant un week-end. J’avais fait le choix du samedi par rapport au dimanche pour pouvoir profiter en ville des boutiques ouvertes, ce qui est toujours plus agréable. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que c’est aussi le jour du marché. Et le marché d’Aix du samedi matin, à la fois alimentaire et non alimentaire, est très vaste, s’étendant sur le Cours Mirabeau et de nombreuses places de la ville. Il attire aussi logiquement beaucoup de monde, rendant l’accès au stationnement un peu laborieux (et j’avais pourtant opté pour un très vaste parking souterrain mais il m’a fallu faire preuve de beaucoup de patience pour y accéder, puis descendre assez bas pour trouver une place !).

Place des Prêcheurs

Nous avons ensuite fait tous nos déplacements à pied, parcourant la vieille ville dans tous les sens. Nous avons commencé par les quartiers les plus anciens, au plan un peu anarchique. Les petites rues sont bordées des belles façades des anciens hôtels particuliers. Certains ont été transformés en boutiques. Nous en profitons pour entrer dans les cours, et jeter un œil aux escaliers majestueux.

Les jolies façades aux tonalités chaudes
Quand le soleil joue avec les fenêtres dans l’escalier de l’hôtel Boyer d’Eguilles (qui abrite la boutique Aroma-Zone)

Parmi les curiosités dans le centre ville d’Aix-en-Provence, il y a les fontaines. Construites entre les XVe et XIXe siècles pour approvisionner les habitants de la ville en eau, elles sont aujourd’hui des éléments décoratifs, sources de fraîcheur en été. Lors de notre visite, toutes les fontaines n’étaient pas en activité. Nous avons toutefois pu profiter de certaines d’entre elles, au hasard des places et des rues. Nous n’avons bien sûr pas manqué de jeter un œil à la fontaine moussue du Cours Mirabeau. Cette dernière se trouve en effet maintenant complètement engloutie par une énorme concrétion de tuf qui s’est déposée depuis sa construction en 1667 et sur laquelle la végétation s’est développé. Elle a la particularité d’être alimentée par une source chaude et sourd autour de 20° C toute l’année.

Place des Trois Ormeaux
Fontaine des Neuf Canons – Cours Mirabeau

Découvrir une libraire atypique

Alors que nous envisagions de passer cette journée à Aix-en-Provence, le hasard des réseaux sociaux m’a fait tomber sur une publication Instagram de la librairie Mon Chat Pitre. Le concept de la « ronron » librairie est celui d’une librairie aux allures cosy dans laquelle plusieurs chats évoluent en liberté. Tous ont été adoptés via une association. Forcément, nous avons eu envie d’aller découvrir ce qu’il en était. La façade est modeste mais ne laisse pas de doute sur le lieu. En vitrine, outre quelques ouvrages mis en valeur, on ne peut pas manquer le grand fauteuil, couvert de poils, et sur lequel un félin fait sa sieste. L’établissement, tout en longueur, se divise en plusieurs petites salles. Certaines ont un éclairage zénithal et toutes de jolis luminaires. Sur les tables et le long des murs, on trouve une belle sélection de livres. Après avoir trainé dans les rayons, difficilement fait un choix et croisé quelques chats libraires, nous passons à la caisse où les chats caissiers nous attendent. Nous ne regrettons pas du tout d’avoir entendu parler de cette librairie atypique où nous avons passé un bon moment.

Dès la vitrine, le ton est donné !
Une librairie qui donne envie de chercher son bonheur livresque
A la caisse, un assistant pas toujours très efficace

(*) Librairie Mon Chat Pitre, 13 rue de Montigny, Aix-en-Provence

Profiter d’une exposition à l’Hôtel de Caumont

Comme je l’ai dit plus haut, si nous sommes venues à Aix-en-Provence, c’est avant tout pour voir une exposition, présentée à l’Hôtel de Caumont. Melle 3e avait en effet repéré dès le début de l’automne la monographie consacrée à Alphonse Mucha et m’avait convaincue d’y aller. Il y a cinq ans, nous avions vu une exposition d’œuvres de Chagall dans le même centre d’art, situé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle au cœur du quartier Mazarin. Après avoir jeté un œil aux deux salles patrimoniales rappelant la vie passée de l’Hôtel de Caumont, nous entrons dans le vif du sujet.

L’escalier d’honneur de l’Hôtel de Caumont a été pavoisé aux couleurs de l’exposition en cours

Si vous ne connaissez pas le nom de Mucha, vous avez sans doute déjà vu ses illustrations (ou des illustrations inspirées de son style). Né en République Tchèque (à l’époque où c’était une province de l’Empire Austro-Hongrois), Mucha arrive à Paris en 1887. Il rencontre d’autres artistes dont Paul Sérusier avec qui il se lie d’amitié. Ses qualités graphiques le font vite remarquer et il travaille avec la maison d’édition Armand Colin ou l’imprimeur Lemercier. C’est par ce dernier qu’il entrera en contact avec l’actrice Sarah Bernhardt en 1894, qui souhaite une nouvelle affiche pour Gismonda, la pièce qu’elle joue et qui est en perte de vitesse. Mucha est le seul illustrateur disponible. Sa proposition casse les codes en vigueur et pose les bases de son style. La pièce est un succès et Mucha devient l’illustrateur attitré des affiches des pièces de Sarah Bernhardt. Il affirme son style qu’il déploie sur les affiches de spectacle, mais aussi les publicités (et on peut au passage se rendre compte que l’image d’une femme un peu dénudée est déjà à la fin du XIXe siècle une méthode de marketing pour vendre tout et n’importe quoi : vins, bières, biscuits, vélos…).

La primevère (lithographie – 1899)

Convaincu que le beau doit être à la portée de tous, Mucha fait aussi éditer des illustrations allégoriques, où l’on sent sa proximité avec le mouvement symboliste. Il propose ainsi des séries autour des fleurs, des saisons, des arts, des moments de la journée. A chaque fois, on y retrouve son style si particulier et que l’on associe maintenant immédiatement à l’Art Nouveau. L’exposition parcourt ainsi la vaste production lithographique de Mucha. La dernière salle, toutefois, est dédiée à l’œuvre plus tardive de Mucha, une œuvre plus « slave », directement inspirée de son pays natal où il retourne en 1910 après quelques années aux Etats-Unis. Il peint alors en particulier une vaste série de vingt toiles monumentales, L’épopée slave, qui retrace l’histoire des slaves depuis le IIIe siècle. Si L’épopée slave n’est pas présentée lors de l’exposition (elle est cependant largement évoquée à travers une salle immersive qui plonge le spectateur au cœur de l’œuvre porté par la musique de Dvořák), d’autres toiles d’inspiration nationaliste et symboliste sont présentes. Si l’on y retrouve certains traits du « style Mucha », elles sont cependant bien différentes de son travail de dessinateur. De plus, elles apportent un éclairage sur le décalage entre l’artiste tel qu’il a été connu et l’artiste tel qu’il aurait souhaité être connu.

La rose (détail)- série Les Fleurs
lithographie – 1898
L’iris (détail) – série Les Fleurs
lithographie – 1898
L’été (détail) – série Les Saisons
lithographie – 1896
La Madone aux lys (détail)
huile sur toile – 1905
L’exposition permet aussi de découvrir les méthodes de travail de Mucha et en particulier, les photos de préparation de ses illustrations et tableaux. Il avait en effet pour habitude de faire poser des modèles, se mettant parfois lui-même en scène tout comme sa famille et ses amis.

(*) L’exposition « Mucha, maître de l’Art Nouveau » se tient jusqu’au 24 mars 2024 au centre d’art de l’Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence. Vous pourrez retrouver tous les détails pratiques sur le site internet de l’Hôtel de Caumont.
L’exposition suivante sera consacrée à Bonnard.
Je vous conseille vivement de réserver vos billets à l’avance sur internet : cela vous évitera une première queue à l’entrée du centre d’art. Par contre, en cas de forte affluence, il est possible que vous deviez quand même attendre un peu avant d’entrer dans l’exposition ensuite. En effet, les espaces sont relativement restreints et ont une jauge limitée. Par ailleurs, pour un meilleur confort de visite, je vous recommande de cibler des jours/horaires à moindre fréquentation pour les expositions à l’Hôtel de Caumont. Nous y étions un samedi de vacances scolaires, et si en arrivant pendant l’heure du déjeuner, nous avons pu éviter les files d’attente, il y avait énormément de monde dans les salles. Nous avons parfois du attendre avant de pouvoir visualiser correctement une œuvre par exemple.


Après la visite de l’exposition (ce qui nous a quand même pris pas loin de 2 heures), même s’il n’était pas très tard encore, nous étions fatiguées d’avoir piétiné dans la foule, et avons renoncé à aller faire un tour au musée Granet que nous avions pourtant repéré. Nous avons opté pour un goûter et quelques achats gourmands avant de reprendre la route du retour.

Façade sur le Cours Mirabeau


Adresses gourmandes

  • Nous avons profité de la météo plutôt clémente pour déjeuner en terrasse. Elles sont nombreuses dans la vieille ville, situées sur des places ou le long de rues piétonnes. C’est le hasard qui nous a conduit dans un bar à salades et sandwiches très sympa, où l’on constitue son repas en cochant les ingrédients que l’on souhaite sur une petite fiche.

    (*) Miam Miam, 9 rue Laurent Fauchier, Aix en Provence
  • Pour le goûter, nous sommes allées à l’Atelier du Mochi. Nous l’avions repéré le matin en croisant une personne qui avait un sac de la boutique. Quelques petites tables à l’intérieur mais surtout en terrasse permettent de déguster sur place les mochis traditionnels ou glacés fait maison, en les accompagnant d’un thé ou d’une boisson fraîche. Nous avons tellement apprécié ces mochis que nous en avons aussi acheté à emporter pour notre dessert du soir.

(*) L’atelier du Mochi, 10 rue Boulegon, Aix-en-Provence

  • Impossible de repartir d’Aix en Provence sans calissons. Ces confiseries au melon et à l’amande sont en effet une spécialité locale. On en trouve bien entendu un peu partout en ville, mais une connaissance m’avait conseillé de les prendre à la Chocolaterie de Puyricard. Je ne regrette pas du tout d’avoir suivi son conseil : ce sont les meilleurs calissons que j’ai eu l’occasion de déguster. On y sent bien les goûts du melon et de l’amande sans qu’ils soient trop sucrés.

(*) Chocolaterie de Puyricard, plusieurs boutiques en France, dont 2 à Aix. Nous sommes allées à celle située en bas du Cours Mirabeau


Aix-en-Provence – Bouches du Rhône – mars 2024

[projet 52-2024] semaine 10 – à la lettre

Cette semaine, le thème du projet 52, « à la lettre », nous incite à nous plonger dans les mystères de l’alphabet ou de la correspondance. J’avoue avoir mis ce thème sur la liste après avoir visité le Scriptorial d’Avranches et vu les manuscrits du Mont Saint Michel. Mais j’ai déjà utilisé cette illustration il y a trois semaines avec le thème « en papier ». Il me fallait donc une autre idée.

Parmi celles qui me sont venues à l’esprit, il y a eu :

  • Un animal qui aurait été nommé en fonction de la lettre de son année de naissance. Mais ce n’est pas le cas de Vador et je n’ai pas eu le temps d’aller au centre équestre depuis un moment.
  • Un courrier que j’aurais reçu. Mais ces derniers temps, je n’ai pas eu de lettre bien intéressante visuellement, ni que j’aurais pu exploiter de façon un peu décalée.
  • Une pile de vieilles lettres. Cependant, j’utilise régulièrement les cartes postales et autres courriers que j’ai récupérés chez mes grands-parents, et je souhaitais un peu d’originalité.
  • Une jolie typographie. Et cela tombe assez bien car le week-end dernier, je suis allée à Aix-en-Provence pour visiter l’exposition consacrée à Alphonse Mucha. Si son style de dessin est très connu, et immédiatement associé à l’Art Nouveau, je n’avais jamais prêté attention au travail de typographie sur ses affiches.
Détail de l’affiche pour Gismonda avec Sarah Bernhardt au Théâtre de la Renaissance – 1894


Pour découvrir ce que les autres participants ont fait à la lettre, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : ce week-end, je serai occupée à profiter de bons moments et partager des activités. Je ne sais donc pas à quel moment je pourrai venir valider les commentaires qui seraient partis en modération. Donc, ne vous inquiétez pas si votre commentaire ne s’affiche pas et met longtemps à apparaître : c’est sans doute qu’il est quelque part dans la file de modération et que je n’ai pas encore eu le temps de le valider

[Drôme x Isère] prémices printaniers

Cette année, nous avons eu un début de printemps précoce. Et même si l’hiver n’a peut-être pas dit son dernier mot (il a d’ailleurs neigé dimanche dernier sur la plaine de Valence), les premiers signes printaniers sont déjà nombreux. Je n’ai donc pas résisté à l’envie d’aller me balader dans la campagne pour découvrir les premières fleurs et les lumières printanières. Voici une partie de mon butin photographique.

primevères en fleurs
Primevères


Pique-nique au soleil à Beauvoir-en-Royans

C’est après une activité manuelle qui avait lieu au pied du Vercors que je suis allée, fin février, à Beauvoir-en-Royans. Le soleil brillait et la grande pelouse sur le site des Carmes m’a semblé l’endroit idéal pour pique-niquer. Cela faisait quasiment deux ans que je n’étais pas montée jusqu’au site médiéval. Comme à chaque fois, j’ai été impressionnée par les ruines de l’ancien château des Dauphins. Même s’il n’en reste pas grand chose, il est assez facile de se rendre compte de la taille qu’il avait.

ruines de château fort
Vestige du donjon de l’ancien château des Dauphins
ruines de château fort
Mur de la chapelle de l’ancien château des Dauphins

Je me suis assise sur un banc, profitant de la vue, magnifique, qui se déploie sur la Vallée de l’Isère. Construit sur un promontoire, le château avait initialement une vocation défensive et permettait de surveiller le passage dans la vallée. Le regard porte ainsi jusqu’à l’entrée de la cluse de Voreppe et on aperçoit le massif de la Chartreuse. Les primevères sont nombreuses, au pied des arbres ou des vieilles pierres (elles seront bientôt remplacées par les orchidées dont la floraison est plus tardive).

vue sur la rivière Isère qui s'écoule au pied des montagnes du Vercors
Vue sur la vallée de l’Isère depuis le site médiéval du Couvent des Carmes
primevères en fleurs
Au pied des vieilles pierres

Mais, le ciel se charge de me rappeler que nous sommes encore en février. Il se couvre et quelques gouttes tombent. Il est temps pour moi de rentrer, non sans jeter un dernier coup d’œil au Couvent des Carmes.

le Couvent des Carmes et un pan de mur médiéval de l'ancienne chapelle du château
Le mur de l’ancienne chapelle du château médiéval et le bâtiment conventuel du XVIIe siècle au pied du Vercors

Beauvoir-en-Royans – Isère – février 2024


Premières fleurs dans les vergers drômois

J’ai commencé à apercevoir les premières fleurs dans les vergers au début de la deuxième quinzaine de février. Et même si la météo était mitigée et le ciel un peu gris, je n’ai pas pu résister au plaisir d’aller trainer du côté de quelques champs d’abricotiers et de pêchers vers Châteauneuf sur Isère. Ce sont les variétés les plus précoces bien sûr qui ont commencé à fleurir. Je m’attendais surtout à voir les abricotiers en fleurs car j’en avais vu passer quelques images sur les réseaux sociaux, mais j’ai eu le plaisir de découvrir que les pêchers commençaient timidement leur floraison également.

Fleurs d'abricotiers
Fleurs d’abricotiers
Fleurs d'abricotiers
Fleurs d’abricotiers
Fleurs d'abricotiers
Fleurs d’abricotiers
Fleurs d'abricotiers en boutons
Fleurs d’abricotiers en boutons
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers

Chateauneuf-sur-Isère – Drôme – février 2024


Je ne sais pas si j’aurai une autre occasion d’aller photographier les vergers en fleurs cette saison, mais vous pouvez retrouver mes images des floraisons des années précédentes :


En prévision du printemps qui arrive (et de l’été qui suivra), voici quelques idées de promenades fleuries :

A noter : les périodes de floraison sont bien sûr données à titre indicatif et sont approximatives. Elles varient chaque année selon la météo.

[projet 52-2024] semaine 9 – naturel

Naturel : le thème de cette semaine dans le projet 52 est un peu fourre-tout. Et comme chaque fois que je mets un thème très ouvert dans la liste, j’ai du mal à trouver / décider comment le traiter !
J’ai d’abord pensé à quelque chose en lien avec la nature, mais soyons honnêtes, des photos de nature, vous en voyez beaucoup par ici. Puis, j’ai envisagé un obstacle de saut « naturel » dans un concours d’équitation. Le hic, c’est que cette année, Melle 3e a d’autres projets et a donc freiné ses participations à de telles compétitions (ceci dit les réveils hyper matinaux du dimanche matin ne me manquent pas). J’ai songé à une recette de cuisine à partir d’ingrédients naturels. Et c’est là qu’une idée (un peu saugrenue peut-être) m’est venue.

En effet, l’eau est une ressource naturelle. C’est d’ailleurs une ressource en danger entre les effets directs de la pollution et ceux indirects du réchauffement climatique. Il n’y a qu’à regarder les nombreuses restrictions d’usage de l’eau que nous avons chaque année, et qui semblent s’aggraver d’année en année, ou encore les lits des rivières en été. A certains endroits toutefois, on trouve encore des fontaines directement alimentées par des sources. Autour de chez moi, il y en a pas mal dans les villages et fermes du Vercors et de ses piémonts, ou dans la montagne ardéchoise. J’en croise régulièrement au cours de mes balades. En été, elles sont généralement les bienvenues car elles permettent de se rafraichir et même de remplir sa gourde (vérifiez quand même qu’elle ne soit pas marquée comme non potable avant !).

une fontaine qui coule au cœur d'un village
Fontaine / lavoir de Beauvoir en Royans – Isère – février 2024


Pour découvrir le naturel qui se cache chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : ce week-end, je serai en famille pour profiter de bons moments et partager des activités. Je ne sais donc pas à quel moment je pourrai venir valider les commentaires qui partiraient en modération. Donc, ne vous affolez pas si votre commentaire ne s’affiche pas et met longtemps à apparaître : c’est sans doute qu’il est parti dans la file de modération et que je n’ai pas encore eu le temps de le valider.

[Isère] une journée d’hiver à Autrans, sans la neige

Cet hiver aura vraiment été étrange. Après nous avoir gratifié de neige sur les hauteurs tôt dans la saison, puis d’un premier redoux fin décembre, d’une deuxième session de neige en janvier, c’est un gros redoux que nous avons en février. Et la neige a fondu un peu partout sur le Vercors. C’est comme cela que je me suis retrouvée à monter pour passer une journée à Autrans en pleine saison hivernale mais sans neige. En effet, Melle 3e et une de ses amies souhaitaient participer à une compétition de course d’orientation à ski, et celle-ci avait été déplacée à Autrans, la seule station du Vercors où il restait encore assez de neige sur les pistes de fond.

Autrans a accueilli les épreuves nordiques lors des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968

Autour du village, marcher dans les nuages

Après avoir accompagné Melle 3e et son amie pour louer les skis et faire les formalités d’accès aux pistes et à la course, je les ai laissées prendre la navette en direction du plateau de Gève pour les pistes de ski de fond. De mon côté, je suis partie vers le cœur du village pour prendre un café d’une part et faire un saut à l’office de tourisme d’autre part. La course et sa localisation n’ayant été confirmées que quelques jours avant, je n’avais pas eu le temps de regarder les possibilités de randonnées autour d’Autrans (et les conditions ne permettaient pas d’emprunter les boucles en raquettes balisées au départ du foyer nordique, sur lesquelles j’avais initialement un peu compté). Après m’avoir posé quelques questions sur mes souhaits en terme de durée et difficulté de la randonnée, la conseillère m’a donné un petit dépliant proposant plusieurs petites randonnées au départ du village et m’en conseillant plus particulièrement deux. Les nuages ayant gagné les environs, j’ai décidé de commencer par une petite boucle autour du village.

Dès la sortie du bourg, en revenant vers le foyer nordique, j’ai été enveloppée par les nuages. En descendant sur le Grand Pré, l’ambiance est devenue quasi mystique, entre les nappes de brouillard et la couleur de l’herbe encore brûlée d’avoir passé du temps sous la neige. De temps en temps, la silhouette d’un arbre se détachait sur l’horizon ou une trouée dans le ciel permettait d’apercevoir la forêt recouvrant les flancs de la montagne. Sur un peu plus de 4 kilomètres, quasi à plat, j’ai marché dans un univers hors du temps, hors du monde.

Au départ du foyer nordique
En arrivant sur le grand pré, l’ambiance se fait mystérieuse avec les nuages qui frôlent le pied de la montagne
Une impression de solitude et d’immensité, où tous les bruits sont feutrés

En haut des tremplins, profiter de la vue

En revenant au village, il était encore tôt et le soleil semblait décidé à percer la couche nuageuse. Alors, après avoir récupéré mon pique-nique pour le glisser dans mon sac à dos, j’ai décidé de partir pour une deuxième boucle, un peu plus ambitieuse. J’ai donc pris la direction d’une petite montagne qui surplombe le village et sur le côté de laquelle sont installés les tremplins de saut à ski. Autrans a en effet une longue histoire avec le saut à ski, avec une première compétition qui a eu lieu en 1911. Depuis, le site a accueilli les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968 et on y retrouve plusieurs tremplins dont certains sont toujours utilisés.

Au départ, le site des tremplins, que l’on devine sur la gauche, est encore complètement dans les nuages.

Toujours en suivant le petit topo récupéré à l’office de tourisme, je traverse le village pour rejoindre le pied de la montagne du Bois de Claret. Je commence par la contourner en passant à côté de la statue de Notre Dame des Neiges. Les nuages sont toujours présents mais alors que je monte dans la forêt, progressivement, le soleil semble se faire de plus en plus présent. Je termine mon ascension en direction du belvédère des tremplins, et j’ai la bonne surprise de déboucher de la forêt avec un magnifique panorama. Je monte au sommet du tremplin de 70 mètres, abandonné. Je viens de trouver l’endroit parfait pour pique-niquer. Le soleil réchauffe le promontoire et la vue s’étend au dessus du village et sur les environs.

En passant à côté de Notre Dame des Neiges
Vue sur le hameau du Bouchet
Vue sur le hameau du Truc
Vue sur le village d’Autrans et les environs
Depuis le haut du tremplin de saut à ski de 70 mètres, vestige des Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble

Après ma pause déjeuner, je repars pour terminer la boucle. Je m’enfonce dans le bois de Claret. La forêt a des allures de forêt magique tandis que le soleil perce par moments les frondaisons des grands épicéas. J’entends quelques rapaces s’exprimer au dessus des arbres. Bien que je croise quelques autres randonneurs, les lieux sont calmes et propices à la méditation. Je me fais la réflexion qu’en plein été, cette partie du chemin, bien ombragée, doit être particulièrement agréable et relativement fraîche. La lumière joue avec les feuillages, et les branches encore nues des myrtilliers semblent par moment recouvertes de cristal.

Le chemin progresse au cœur de la forêt de grands épicéas
Le soleil joue avec les frondaisons des arbres et vient faire étinceler la végétation

Il est temps de redescendre de la montagne en direction de la vallée du Méaudret. Le chemin emprunte la ligne de pente quasiment en ligne droite et tout le dénivelé se fait en quelques centaines de mètres. J’arrive au niveau de la Ferme Julien. Les ruisseaux se rejoignent au bord de la Via Vercors en un doux glougloutement. Le retour au village par la voie verte est selon moi la partie la moins agréable de la boucle. Comme nous sommes en fond de vallée, nous ne sommes pas loin de la route et le trajet est assez monotone. De retour sur la place centrale d’Autrans, j’ai parcouru quasiment 6 kilomètres pour finir cette boucle.

La Ferme Julien et le fond de la vallée du Méaudret

Je retourne à la voiture pour changer mes chaussures de randonnée contre des chaussures plus légères, avant de revenir dans un salon de thé, prendre un goûter bien mérité. Après une bonne tarte aux myrtilles, je continue mon exploration du cœur du village, puis je reviens m’installer sur un banc à côté du centre nordique, profitant du soleil tant qu’il est présent. Mais les nuages reviennent envahir la vallée, poussés par un fort vent. Je me mets au chaud à l’intérieur du centre nordique pour attendre le retour des skieuses. Elles feront quasiment la fermeture des pistes, rentrant avec une des dernières navettes du plateau de Gève. Après avoir rendu le matériel, nous prenons la route du retour vers Valence, toutes les 3 un peu fatiguées de notre journée sportive mais heureuses d’avoir pu en profiter !

Autrans – Vercors – Isère – février 2024

(*) Quand vous arrivez dans un endroit que vous ne connaissez pas, même si c’est pour peu de temps, n’hésitez pas à passer à l’office de tourisme. Vous pourrez y bénéficier de conseils personnalisés sur les activités et d’informations pertinentes. Par exemple, le fait que la conseillère m’indique que les commerces du village sont fermés entre 12.30 et 15.00 m’a aidé à organiser ma journée et à décider quand partir pour ma 2e randonnée. Et si vous arrivez sans carte ni topo, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin à l’office de tourisme.

[projet 52-2024] semaine 8 – à l’abri

A l’abri : c’est le thème de cette semaine dans le projet 52. J’ai trouvé ce thème à la fois simple et complexe. En effet, il est assez facile de s’imaginer un abri, que ce soit pour le soleil, ou les intempéries. J’ai hésité à prendre en photo mon parapluie qui me permet de m’abriter lorsque je dois sortir et qu’il pleut. J’ai hésité à prendre en photo un préau d’école. Mais finalement, j’ai décidé de rester bien à l’abri et de vous montrer le spectacle auquel j’assistais depuis le couvert des arbres qui me protégeaient des gouttes de pluie cet après-midi là.

un arc en ciel au dessus d'un paysage verdoyant
Arc-en-ciel sur les hauteurs d’Eurre – Drôme – février 2024


Pour découvrir où les autres participants seront allés se mettre à l’abri, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[Drôme] 2 expositions à découvrir à Valence

A Valence, il y a régulièrement des expositions, au musée ou au centre du patrimoine arménien. J’ai pris l’habitude d’aller les voir à chaque fois. En effet, les propositions sont généralement très intéressantes, et me permettent d’élargir mes horizons et connaissances. Actuellement, les deux structures proposent des expositions temporaires que je suis allée voir. Au musée, il est question de regarder comment les collections se sont constituées. Au centre du patrimoine arménien, nous partons au Mexique avec un plasticien. Je vous invite à me suivre pour les découvrir.

Citation "sa place est dans un musée !"
« Sa place est dans un musée ! »J’ai retrouvé cette citation d’Indiana Jones sur les murs de l’exposition au Musée de Valence. J’aime la façon dont ce musée sait s’ouvrir à l’ensemble du monde et casser les codes traditionnels du musée. Cette fois, c’était donc en s’appropriant une phrase iconique de la pop-culture.


Histoires de collection, 2 siècles de donation au musée

A l’occasion des dix ans de sa réouverture, le musée de Valence a décidé de revenir sur la construction de ses collections à travers une exposition temporaire. Pour cela, de nombreuses œuvres ont été sorties des réserves et certaines sont présentées au public pour la première fois depuis bien longtemps. L’exposition débute par les origines de la création du musée et l’appel aux dons d’œuvres qui avait fait par le maire de Valence en 1834. Depuis, ce sont plus de 4000 œuvres et objets qui ont été donnés au musée de Valence.

livret de l'exposition Histoires de collection du musée de Valence

L’exposition parcours les donations par ordre chronologique, commençant par les deux dons exceptionnels de Julien Victor Veyrenc en 1835 et 1836. Ces donations constitueront entre autre le socle de la collection de dessins d’Hubert Robert que possède le musée (et qui est la 3e plus important collection au monde de cet artiste, après celles des musées du Louvre et de l’Ermitage). Les profils des donateurs sont variés : philanthropes, sociétés savantes, archéologues amateurs, artistes souhaitant assurer la pérennité de leur œuvre, personnalités locales confiant des portraits de famille, etc. Cette diversité est mise en évidence tout au long de la visite.

boite de papillons épinglés
Le musée comme héritier des cabinets de curiosité : l’histoire naturelle a toujours fait partie des collections. Ici, une boîte de papillons.
sachets en papier contenant des spécimens de papillons
Ces papillons, issus des réserves d’histoire naturelle du musée, sont encore ensachés et n’ont jamais été présentés.
Ammonites
La région offre de nombreux sites où l’on peut trouver des ammonites. Des spécimens de tailles très différentes font partie des collections du musée. Ici, une très grande ammonite est présentée côte à côte avec six toutes petites, créant un amusant effet de comparaison grand/petit.

Sur un fond jaune, très dynamique, l’exposition nous entraine donc à travers une histoire de l’art, depuis l’Antiquité jusqu’à l’art contemporain, avec en particulier la dotation Boncompain (qui avait à elle seule fait l’objet d’une exposition temporaire en 2015 : j’en avais parlé sur mon ancien blog). J’ai trouvé très intéressant de découvrir comment les collections du musée se sont construites, et de pouvoir jeter un œil à des œuvres peu montrées, qu’il s’agisse d’artistes reconnus, ou restés dans la pénombre.

Sculpture de femme de facture classique
Sculpture du XIXe siècle
torse masculin d'une statue antique
Fragment de sculpture gallo-romaine
vue générale dans l'exposition
Coup d’œil sur quelques œuvres de la donation Boncompain

Après l’exposition temporaire, nous en avons profité pour faire un tour dans l’exposition permanente afin de découvrir les nouveaux accrochages. Nous avons surtout vu de grands changements dans la partie consacrée à l’art contemporain. Ainsi, la grande structure arc-en-ciel a changé de place pour s’installer sur le grand plateau. Elle y est, à mon avis, bien mieux mise en valeur que dans son précédent emplacement. De même, le petit tableau rond de Nymphéas de Monet est resté sur les murs du Musée de Valence après l’exposition L’Univers sans l’Homme, mais positionné sur un mur plus petit et avec un éclairage limitant les reflets, on en profite plus.

œuvres d'art contemporain
sur le plateau d’art contemporain
sur le plateau d'art contemporain du musée de Valence
Face à face avec un tableau de Joan Mitchell

(*) L’exposition Histoires de collections se tient jusqu’au 19 mai 2024 au Musée de Valence. Les conditions de visite sont à retrouver directement sur le site internet du musée.


La Terre où est né le Soleil, Julien Lombardi

Julien Lombardi avait présenté son exposition La terre où est né le soleil aux rencontres d’Arles en 2022. Si le Centre du Patrimoine Arménien a déjà présenté plusieurs expositions photographiques (dont celle sur l’émergence de la photographie dans l’Empire Ottoman, celle sur les portraits du studio Kasparian ou encore les séries Orages de Guillaume Herbaut), celle-ci est très différente, tant dans le fond que dans la forme. En effet, le travail de Julien Lombardi est plus plastique que purement photographique. Ainsi, la mise en espace joue un rôle fort dans la présentation, et l’on trouve également plusieurs installations qui ne sont pas purement photographiques.

Flyer de l'exposition La terre où est né le soleil de Julien Lombardi au Centre du Patrimoine Arménien à Valence

Le postulat de départ de l’artiste est lié à la façon dont le peuple Wixarika, dans la vallée sacrée du Wirikuta, en plein cœur du Mexique, maintient sa culture depuis la colonisation espagnole jusqu’au monde contemporain et l’exploitation minière intense de ce bout de désert. A travers ses photos, mais aussi des montages avec des brochures publicitaires pour les mines, ou encore des photogrammes d’objets trouvés dans le désert, Julien Lombardi évoque le respect du peuple Wixarika pour cette vallée, la nature qui la peuple, le lien fort qu’ils entretiennent avec le monde sacré et les traditions qui perdurent malgré tout. Son travail, plus artistique que journalistique, brise les code de la photographie de témoignage, empruntant au passage quelques formes de restitution à la recherche scientifique.

Photographies par Julien Lombardi
Tunnel de mine et extraits de brochures publicitaires minières
Installation artistique  par Julien Lombardi
au premier plan, travail en 3D à partir de relevés topographiques
Installation artistique  par Julien Lombardi
photogrammes d’objets du désert – œuvre à manipuler pour découvrir la collection complète de photogrammes en les posant les uns après les autres sur le caisson lumineux – on retrouve dans cette installation des codes visuels liés à la recherche scientifique
photographies par Julien Lombardi
Photos du désert, terre sacrée des Wixarika

Comme c’est souvent le cas pour les expositions présentées au Centre du Patrimoine Arménien, celle-ci tient en peu de salles et peut se parcourir assez rapidement sans avoir l’impression de la survoler. Le travail de Julien Lombardi est assez atypique par rapport à ce qui est habituellement présenté au CPA. En effet, le musée nous a habitués à des expositions de type témoignage (qu’il s’agisse d’histoire ou du monde contemporain). Or cette fois, c’est vraiment un travail artistique qui est proposé. Lors de ma visite, j’ai bénéficié d’une « visite éclairage », à savoir une introduction à la visite d’une vingtaine de minutes par un médiateur. Cette présentation m’a laissé un peu perplexe et m’a semblé en dissonance avec les œuvres présentées ensuite. L’introduction s’est essentiellement faite autour du contexte géopolitique (colonisation, industrie minière, proximité avec la Californie et les Etats Unis, etc.) et très peu sur le travail artistique de Julien Lombardi. La médiation m’a par ailleurs donné l’impression de véhiculer une vision très européanocentrée de la culture du peuple Wixarika, ramenant toute une civilisation au rang de folklore, étriquant un peu le sens mystique derrière les propositions de Julien Lombardi.

photographies de cactus par Julien Lombardi dans le désert mexicain

(*) L’exposition « La terre où est né le soleil » est présentée jusqu’au 1er septembre 2024 au Centre du Patrimoine Arménien. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du CPA.

[projet 52-2024] semaine 7 – en papier

Le thème « en papier » de cette semaine dans le projet 52 a été pensé comme une variation du thème Origami que je trouvais un peu restreint. Je l’avais d’ailleurs déjà ouvert l’an dernier en c’est plié ! et il y a trois ans en pliage(s). Changement d’approche donc en se concentrant sur la matière première de ces petits bricolages : le papier. Cependant, comme je ne suis toujours pas très habile à fabriquer des origamis, j’ai assez naturellement mis cette façon d’illustrer le thème de côté.

J’avais dans l’idée de vous montrer une œuvre d’art en papier mais je me suis vite rendue compte que les photos dont je disposais étaient surtout des œuvres d’art sur papier, et que le matériau support avait une importance très relative. (Si vous êtes curieux, vous pouvez quand même aller jeter un œil aux cartes et dessins de Théophile-Jean Delaye ou aux affiches d’Obey par exemple). J’ai hésité avec une photo prise la semaine dernière au musée de Valence montrant des papillons collectés et stockés dans des sachets de papier calque (je la garde finalement pour vous parler plus en détail de l’exposition en cours dans un futur article). J’ai finalement choisi une photo de ces papiers précieux que sont les manuscrits médiévaux du Mont Saint Michel, dont j’ai pu voir quelques exemplaires au Scriptorial d’Avranches à Noël.


Pour découvrir ce que les autres participants ont comme papiers, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.


NB : afin de profiter de moments en famille ce week-end, je n’aurai pas beaucoup de temps à consacrer au blog. Aussi, si votre commentaire n’apparait pas, c’est sans doute qu’il est passé en modération. Je viendrai le valider dès que possible.

[Drôme] prendre de la hauteur au pied des châteaux forts

Du Moyen-Âge, il reste dans la Drôme de nombreuses traces, en particulier tout le long de la vallée du Rhône. Parmi celles-ci, on retrouve des vestiges de fortifications, qu’il s’agisse de vieux villages entourés de remparts parfois encore visibles ou de châteaux forts perchés sur les collines et surveillant les passages. La plupart de ces anciens châteaux forts sont maintenant des ruines, plus ou moins vastes et plus ou moins visibles. Par contre, ces vestiges sont des buts de balades ou randonnées très agréable où, une fois au pied de l’ancien château, on domine le paysage pour des vues panoramiques.

La Tour de Barcelonne, perchée sur les piémonts du Vercors

Une fin d’après-midi au château des Cornillans

Le château des Cornillans, si vous me suivez un peu dans mes balades, vous devez commencer à le connaître. Parmi les châteaux en ruines des environs de Valence, c’est un des plus proches de la maison. Comme il est aussi très facile d’accès, c’est devenu un lieu où je me rends très souvent quelle que soit la saison, y compris de façon un peu improvisée. C’était d’ailleurs le cas pour cette sortie. Imaginez un samedi où il fait très froid, avec en plus du mistral. Après une grosse semaine de travail, je manquais complètement de motivation pour sortir. J’avais donc décidé de passer la journée tranquillement à la maison, ne sortant que pour emmener Melle 3e à l’équitation en fin d’après-midi. Mais, en allant la déposer, j’ai aperçu le givre qui surmontait la Raye sous un beau ciel bleu. Le paysage était si beau, qu’il a suffi à me motiver pour aller vite fait mettre une tenue plus adaptée à la rando et attraper mes chaussures à la maison avant de filer sur les chemins de La Baume Cornillane.

Le blanc sur le haut de la montagne de la Raye, c’est bien du givre et pas de la neige…

En arrivant sur place, il me restait environ une heure avant le coucher du soleil. J’ai laissé la voiture au pied de la crête sur laquelle est construit le château et je suis partie sur ces chemins maintes fois parcourus. J’ai admiré la Raye dans son manteau de givre. J’ai fait un crochet par les roches de la Pangée qui m’impressionnent toujours. Puis, j’ai flâné dans les ruines du château.

J’ai beau voir cette montagne quotidiennement, je ne me lasse pas de l’admirer…
Les ruines de l’ancien donjon continuent à dominer les environs
Vers les roches de la Pangée, un nouveau panneau explicatif donne des informations sur cet ancien super-continent

Doucement, le soleil a commencé à descendre sur l’horizon. La lumière s’est faite plus douce, avant de venir couvrir les paysages d’une teinte dorée. Malgré le froid mordant, je n’avais pas envie de rentrer. J’ai cherché un endroit un peu abrité du vent pour continuer à regarder le soleil venir se cacher derrière les monts d’Ardèche. C’était tellement calme et beau que le temps semblait s’étirer. Puis, la nuit a commencé à tomber, indiquant qu’il était temps pour moi de rentrer me mettre au chaud après cette balade vivifiante.

Lumière de fin de journée depuis les hauteurs de La Baume Cornillane
Sur le bord des chemins, les herbes séchées…
Marcher dans les ruines du château des Cornillans
Face au soleil déclinant, dans les ruines du château
L’heure dorée sur les murs du château
Regarder le soleil se coucher…

La Baume Cornillane – Drôme – janvier 2024

(*) L’accès au château des Cornillans peut se faire depuis le village de La Baume Cornillane par des chemins balisés, au départ de la mairie. Il existe d’autres chemins d’accès tout au long de la crête. L’accès au château et aux roches de la Pangée est libre.


Un jour de vent à la Tour de Barcelonne

La Tour de Barcelonne n’est pas beaucoup plus loin que le château des Cornillans depuis chez moi. Et si l’accès est un peu moins immédiat, il reste quand même facile. J’ai pris l’habitude d’y monter depuis Combovin car le chemin est moins abrupt que depuis Barcelonne. Il offre également de plus jolis points de vue au fil de la montée. Après avoir laissé la voiture sur le parking du cimetière à Combovin et traversé la Véore, il suffit de suivre la petite route en légère montée puis d’emprunter le sentier qui monte sur la droite en direction des Terres Blanches.

En traversant la Véore
Comme des ombres chinoises…

Des Terres Blanches, on peut déjà apercevoir la Tour de Barcelonne sur une colline voisine. La direction à suivre devient alors évidente, sur un sentier très visible. Là, le sol peut parfois être glissant entre les flaques boueuses des jours d’après la pluie et les cailloux. Régulièrement, entre les frondaisons des arbres, la silhouette de la tour se devine.

La silhouette de la Tour de Barcelonne se devine entre les branches des conifères
Sur les sentiers…

Soudain, au détour du chemin, me voilà au pied de la tour, ancien donjon médiéval. Je monte jusqu’à la plateforme qui constituait la cour du château au Moyen-Âge. Le vent souffle fort et froid cet après-midi là. Malgré le soleil, cela n’incite guère les nombreux promeneurs à s’attarder à cet endroit découvert. Je prends toutefois le temps d’admirer le paysage. La vue est littéralement à 360° et couvre à la fois la plaine de Valence et les premières falaises du Vercors occidental. Je m’amuse, comme chaque fois, à retrouver des lieux connus comme les villages de Montvendre et de Chabeuil, ou encore la Raye. Mais le vent finit par avoir raison de ma contemplation, et je rebrousse chemin pour rentrer à la maison.

Au pied de la tour de Barcelonne
Vue sur la Raye et les piémonts du Vercors
L’ancien donjon médiéval a été restauré. Il n’est cependant pas accessible.
Les ruines de l’ancien château du Moyen Âge au pied du Vercors
Jeter un dernier coup d’oeil à la tour de Barcelonne en repassant aux Terres Blanches

Combovin & Barcelonne – Drôme – janvier 2024

(*) L’accès à la Tour de Barcelonne peut se faire depuis Combovin, comme évoqué ci-dessus. Il est aussi possible d’y accéder depuis le village de Barcelonne. Les chemins sont bien visibles et globalement balisés jusqu’à la tour. L’accès à la tour de Barcelonne est libre.
Il faut compter environ 30 minutes depuis le cimetière de Combovin pour accéder à la Tour. Il est possible de compléter la balade en allant jusqu’à la chapelle Sainte Marguerite depuis les Terres Blanches.


Si vous voulez découvrir d’autres points de vue depuis des ruines de châteaux forts aux environs de Valence, vous pouvez aussi aller voir :

[projet 52-2024] semaine 6 – tout neuf

Je n’ai pas fait les soldes et je n’ai rien acheté (en dehors des courses alimentaires et autres produits d’entretien) ces dernières semaines. Le thème « tout neuf » de cette semaine du projet 52 ne tombe donc pas vraiment à pic ! J’ai donc cherché ce que j’avais de neuf (ou presque) autour de moi. Assez facilement, mes yeux sont tombés sur le clavier de mon ordinateur au bureau. Bingo ! J’ai en effet un ordinateur tout neuf, spécialement sorti du carton pour moi le lendemain de mon arrivée, après que le premier qui m’avait été attribué a lamentablement crashé au démarrage et n’a jamais voulu entendre raison ensuite.


Pour voir ce qu’il y a de neuf chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires. Peut-être seront-ils plus inspirés que moi !