En ce week-end pascal, je vous ai proposé de nous montrer des traditions dans le cadre du projet 52. C’est, vous l’aurez sans doute remarqué, un thème qui revient régulièrement au fil des ans. Il faut dire que j’aime bien ces traditions qui nous ancrent dans une lignée, dans une culture, dans un groupe. Certaines sont très anciennes et d’autres plus récentes, mais elles ont en commun de rapprocher des personnes à travers des rendez-vous et des gestes. Il peut s’agir de traditions familiales, comme se retrouver un jour donné de l’année, de traditions locales, comme les corsos ou les fêtes patronales, de traditions plus vastement partagées, comme la galette des Rois. Elles peuvent être gourmandes. Certaines servent à rythmer l’année. Elles sont souvent festives. Et surtout, elles continuent à se perpétuer, transmises de génération en génération et emportées dans les bagages de ceux qui quittent le bassin d’origine de la tradition, comme ces (ex)lyonnais qui allument des bougies le 8 décembre aux quatre coins du monde.
Puisque c’est Pâques, j’aurais pu vous parler de chocolats ramenés à la volée par les cloches revenant de leur exil romain (et oui, pas de lapin ou de lièvre de Pâques chez moi), ou encore de la pogne que l’on partagera ce week-end. Mais c’est une tradition qui ouvre la semaine pascale que j’ai choisie. En effet, le dimanche des Rameaux, c’est le jour du Suisse (de Valence), un biscuit en forme de bonhomme. Cette spécialité valentinoise est nommée en référence aux gardes Suisses qui accompagnaient le pape Pie VI lors de son exil à Valence à la toute fin du XVIIIe siècle. Et comme chaque année, je n’ai pas dérogé à la tradition, et dimanche dernier, il y avait bien un Suisse sur la table !
Pour voir les traditions des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
NB : Ce week-end de Pâques sera en grande partie familial, aussi je ne sais pas quand je pourrai venir ici pour valider les commentaires qui seraient passés en modération. Mais n’ayez crainte : je les validerai bien dès que possible.
C’était un de ces dimanches matins de fin d’hiver, quand la météo hésite à basculer au printemps. Le ciel bleu m’avait poussée à aller me promener. Je n’avais pas encore décidé de ma destination quand j’ai pris la direction de la vallée de la Drôme. La dernière fois que j’étais allée à Mirmande, c’était aussi un dimanche matin mais en pleine canicule. Alors que le thermomètre flirtait à peine avec les 3°C, je me suis dit que ce serait l’occasion de revoir le village autrement.
Le tour des remparts
Après avoir laissé la voiture sur le parking auprès de l’église Saint Pierre, dans le bas du village, une volée de marches m’a menée dans un charmant petit jardinet. Il ne s’agirait pas d’oublier que Mirmande fait non seulement partie des plus beaux villages de France mais aussi des villages botaniques de la Drôme. L’heure étant encore relativement matinale, le soleil restait assez bas, plongeant une bonne partie des lieux dans l’ombre.
Au dessus de la place de l’église
Afin de profiter au maximum du soleil, j’ai décidé de ne pas monter par la rue principale du vieux village mais de longer les anciens remparts en direction de l’est. Là, je prenais mon temps pour d’un côté admirer le paysage baigné de lumière et de l’autre, détailler les façades. Je remarquais par exemple de charmantes fenêtres fleuries ou de lourdes portes anciennes auxquelles je n’avais encore jamais prêté attention. Je m’en étonnais presque, tout en songeant que je n’étais finalement peut-être jamais passée encore par là.
Paysage de fin d’hiverJe n’avais encore jamais fait attention à cette porte et ses décorsLe long des rempartspresque le printemps…
La chapelle Sainte Lucie
Arrivée au bout des remparts, j’ai continué mon chemin en descendant le long du coteau sur lequel le village de Mirmande est perché. En contrebas, un ruisseau s’écoule, bordé par un lavoir. De l’autre côté, j’ai découvert la petite chapelle Sainte Lucie. Je n’avais pas le souvenir de l’avoir déjà vue. Elle se situe pourtant très près du village, le long d’une route y menant. Construite à la fin du XIXe siècle grâce à une souscription, elle a été vendue à la mairie de Mirmande en 2003 pour un franc symbolique. Devenue un débarras communal, elle a continué à s’abimer jusqu’en 2015 et le lancement de travaux de restauration. Actuellement fermée au public, une étude est en cours pour la sécuriser et la transformer en lieu culturel. Je suis complètement tombée sous le charme de cette petite chapelle, de sa sobriété et de son environnement bucolique.
La chapelle Saint Lucie, à côté du pont menant à une ancienne entrée du village de Mirmande
Les prémices du printemps au fil des calades
Faisant demi-tour, je suis ensuite revenue vers le village. J’ai tourné dans la première calade qui s’est présentée, m’enfonçant entre les maisons aux murs de pierres calcaires. C’est toujours un plaisir de se faufiler dans les ruelles, et de découvrir les recoins de Mirmande. Là aussi, je me suis retrouvée en dehors des chemins que j’emprunte habituellement dans le village. Un peu partout, le printemps commençait à frémir. Amandiers et arbrisseaux portaient leurs premières fleurs dont je me délectais les yeux tandis que le soleil commençait doucement à réchauffer l’atmosphère.
Ambiance printanière dans les ruelles de MirmandeAmandier en fleursDébut de floraisonTouche de rouge…
Alors que je n’avais vu personne depuis mon arrivée, en revenant ainsi vers le cœur du village, et alors que la matinée commençait à être bien entamée, j’ai croisé plusieurs groupes de visiteurs qui montaient en direction de l’église Sainte Foy. Pour ma part, j’ai choisi de ne pas pousser jusques là-haut, mais de continuer à flâner dans les ruelles en restant côté est du village. Connaissant moins ce secteur, la balade n’en était que plus agréable. J’ai ainsi pu profiter du soleil jouant sur les façades ainsi que de sympathiques perspectives urbaines.
Jeux d’ombre et de lumièreSous le noyer dénudéJeux de perspectivesPoésie des fenêtres
Dans l’atelier verrier Morfia
De nombreux artisans se sont installés dans le village de Mirmande. En redescendant par la rue principale, j’ai été attirée par la boutique d’une artisane verrière que je n’avais encore jamais vue. Comme elle était ouverte, je suis entrée… et j’ai pénétré dans un univers féérique. Je suis restée un bon moment à m’extasier devant la finesse et la poésie de certaines réalisations, comme les magnolias ou encore le mobile du Petit Prince. J’ai admiré le travail sur les colliers et j’ai finalement craqué pour une petite paire de boucles d’oreilles plus facile à porter au quotidien (mais je regrette un peu un petit collier en macramé et verre qui serait très sympa pour l’été… ). J’ai eu beaucoup de mal à me décider à quitter la boutique !
J’ai eu un coup de cœur pour ce collier aux perles en forme de cloche (mais je ne l’ai pas acheté car je ne suis pas certaine que j’aurais eu l’occasion de le porter)Fleur et feuilles de magnolia en verre, posé sur une branche
Atelier Verrier Morfia – dans la Grand Rue
Mirmande – Drôme – mars 2023
(*) Si vous venez à Mirmande, il faudra laisser votre voiture à l’extérieur du vieux village. Il y a quelques places auprès de l’église Saint Pierre, en bas du village, mais il faut arriver très (très) tôt le matin pour espérer en avoir une. Sinon, il faut se stationner aux abords du village côté est ou côte ouest, où des stationnements ont été aménagés (à l’ombre des arbres pour certains en plus). La visite du village se fait ensuite à pied. Mirmande étant un village perché aux ruelles médiévales pavées et avec pas mal d’escaliers, beaucoup d’endroits sont peu ou pas accessibles avec une poussette ou un fauteuil roulant. La partie de ma promenade le long des remparts est complètement accessible : c’est à l’intérieur du village que cela se complique. La chapelle Sainte Lucie est facilement accessible à pied depuis le village. Il faut compter moins de 10 minutes depuis l’église Saint Pierre.
Pour cette 23e semaine, le projet 52 nous emmène dans le futur… ou plutôt nous invite à partager une vision du futur. J’avais pensé à des sujets autour de la science-fiction, mais j’ai eu du mal à concrétiser mon idée. Puis, j’ai repensé à cette matinée passée à l’ESAD de Valence courant février. Le bâtiment à l’allure futuriste abrite les ateliers et espaces d’apprentissage. Il répond à la sculpture monumentale de Mark di Suvero dont les lignes et les couleurs font écho à celles de l’école.
Place des beaux-arts à Valence – un jour gris
Pour voir comment les autres participants nous invitent à regarder le futur, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
NB : Ce week-end des Rameaux va pour moi être bien rempli « dans la vraie vie », aussi je ne sais pas à quel moment j’aurais un instant pour venir voir vos participations, et valider les commentaires qui seraient passés en modération. Mais n’ayez crainte : je les validerai bien dès que possible.
Il y a quelques jours, j’ai été invitée par Valence Romans Tourisme afin de découvrir en avant première certains ateliers ouverts dans le cadre des Journées Européennes des Métiers d’Art (JEMA). Lancées en 2002, ces journées ont pour but de faire découvrir au grand public les professionnels des métiers d’art à côté de chez eux. Ouvertures d’ateliers, manifestations exceptionnelles, démonstrations de savoir-faire, les JEMA proposent une programmation variée et touchant des domaines d’activité souvent méconnus. Elles sont l’occasion de rencontres avec des personnes passionnées qui ont à cœur de partager. Lors de cette avant-première, nous avons pu visiter l’atelier d’une modiste-chapelière, celui d’une fabricante de bijoux et nous essayer à l’art du cyanotype.
Chapeau d’homme en feutre bicolore, fait sur mesure pour un client
Des chapeaux chez Blanche Abel
Nous avons débuté notre journée par l’atelier de Blanche Abel, installé dans une petite rue de la basse ville de Romans, à deux pas du musée de la Chaussure et des berges de l’Isère. Originaire de Romans, Blanche y est revenue après avoir créé sa marque à Paris et travaillé pour de grandes maisons de la mode ainsi que des productions pour le cinéma ou la télé. Elle créé des chapeaux sur mesure pour ses clientes et clients (ainsi que des petites séries pour des marques de luxe).
En attente d’emballage…
Dans l’atelier de Blanche, installé sur les 3 étages d’une maison de ville, on travaille la paille et le feutre de lapin. Nous commençons la visite par le show-room où la créatrice reçoit ses clients sur rendez-vous afin d’échanger avec eux sur la création du chapeau dont ils ont envie. Blanche nous y raconte son parcours (elle a débuté dans la cuisine avant une reconversion dans la mode, et a posé ses valises en divers lieux d’Europe avant de revenir à Romans). Elle nous explique ensuite les différents étapes de la réalisation d’un chapeau mais aussi les matières et leurs particularités. On sent toute la passion qu’elle a pour son métier à la façon dont elle en parle.
Blanche est passionnante à écouter quand elle parle de son métier, des chapeaux, des matières et de son engagement pour une relocalisation
Après cela, elle nous guide au premier étage où deux personnes sont en train de travailler. L’une coud le gros grain sur le bord de chapeaux en feutre, tandis que l’autre procède aux finitions sur un ensemble d’autres chapeaux. C’est l’occasion pour moi de me rendre compte de la dextérité des deux chapelières, de leurs gestes à la fois rapides et précis.
Couture du gros grain sur le bord d’un chapeau
Nous montons ensuite au deuxième étage. C’est là qu’a lieu le moulage des chapeaux sur les formes. Blanche possède de nombreuses formes de chapeaux, calottes et rebords, ce qui lui permet de multiplier les possibilités. Nous avons même le droit à la démonstration du démoulage d’un bibi, posé sur une forme à clés. Là encore, Blanche n’est pas avare d’explications sur les différents types de feutre, sur l’apprêt, sur les pailles (qui arrivent en ruban), sur la machine à coudre la paille qu’elle a acquis et dont elle apprendra bientôt à se servir pour être encore plus autonome et limiter encore plus les trajets de ses matières.
Chapeau de feutre sur la formeDémoulage du bibiEn pleine explications sur la paille
J’ai l’impression que Blanche pourrait nous raconter pendant encore des heures ce qui fait la beauté de son métier mais aussi comment elle aimerait une économie plus locale (actuellement, certaines matières ne sont pas fabriquées en France… car il n’y a pas de producteur. C’est le cas de la paille par exemple) et réduire encore son impact sur la planète. Mais l’heure tourne et nous sommes attendus dans un autre atelier…
Dans le showroomBoîte à chapeauBlanche peut fabriquer toutes sortes de chapeauxBibis de cérémonieLe feutre permet de nombreuses fantaisies, comme l’incrustation de cuir
(*) Blanche Abel, 26 rue Bistour, 26100 Romans
Des bijoux en cuir upcyclé et argent recyclé chez Janoé
EDIT du 07/09/2025 – Margaux a cessé son activité de bijoux en cuir upcyclé et en argent recyclé.
Notre deuxième arrêt de la matinée est prévu dans l’atelier Graines de Couleurs où nous rencontrons Margaux qui va nous parler de ses bijoux en cuir upcyclé et argent recyclé, qu’elle produit sous la marque Janoé. Là encore, il ne s’agit pas du premier métier de la créatrice. En effet, Margaux était auparavant animatrice pédagogique dans un parc animalier. Elle a découvert la matière première cuir un peu par hasard en tombant sur de jolies pièces dans une ressourcerie. Son côté créatif la pousse à essayer d’en faire quelque chose.
En se renseignant, elle se rend compte de l’énorme quantité de cuir qui est jetée chaque année par l’industrie maroquinière. C’est le point de départ de sa marque Janoé : utiliser les petits bouts de cuir qui sont normalement jetés. Margaux décide d’associer ce cuir à une matière précieuse recyclé : l’argent. Le reste, c’est son goût et sa sensibilité qui permettent la création de bijoux modernes, et écoresponsables.
Les bijoux Janoé en cuir upcyclé et argent recyclé
Après nous avoir parlé de ses valeurs, Margaux nous montre ses outils et ses sacs remplis de cuirs fabuleux (son fournisseur, situé à quelques kilomètres de Romans, récupère des cuirs des usines des grands noms de la mode, dont plusieurs sont installés dans les environs également). Elle nous permet même de nous essayer à la découpe du cuir, au couteau ou à l’emporte-pièce à l’aide d’une petite presse qui était à l’origine destinée à poser des rivets et a été modifiée pour être réemployée. C’est un vrai plaisir que d’échanger avec Margaux, dont on sent les convictions fortes et l’engagement dans le discours et dans les actes.
Margaux en pleine explication de l’utilisation de la presse pour découper à l’emporte-pièce
(*) Janoé Bijoux / Graines de couleurs, 22 rue Mathieu de la Drôme, 26100 Romans
Une pause déjeuner chez Magma Terra
EDIT du 07/09/2025 – Magma Terra a définitivement fermé
En sortant de Graines de Couleurs, nous avons traversé la place Maurice Faure pour nous rendre chez Magma Terra. J’avais déjà eu l’occasion d’y aller prendre un verre (leur terrasse est très agréable aux beaux jours). Cette fois, je découvre la salle de restaurant, lumineuse et chaleureuse. Il y a un menu du midi et un menu du soir, qui changent chaque semaine. L’accent est mis sur les produits locaux et de saison, avec une proposition végétarienne à chaque fois. Ce jour-là, j’ai choisi une salade de lentilles (avec pommes, patates douces, grenade, noisette et tomme de Léoncel) en entrée et un colombo de légumes en plat. Je n’ai pas pris de dessert mais ceux de mes camarades étaient très appétissants.
Une salle colorée et lumineuse
(*) Magma Terra, 10 & 12 place Maurice Faure, 26100 Romans
Du cyanotype avec l’atelier Les Mirettes
Une fois rassasié, il était temps pour nous de passer à l’action. Pour cela, direction l’Artisanoscope dans la côte Jacquemart. Là, nous avions rendez-vous avec Laure de l’atelier les Mirettes. Photographe, elle pratique aussi la technique du cyanotype à laquelle elle va nous initier. Le principe est simple : un produit photosensible est étalé sur une feuille de papier, on masque certaines parties de la feuille, on expose tout cela aux UV (naturels ou artificiels), puis on rince et on découvre une impression en négatif dans les tons de bleu.
J’aime beaucoup les résultats des cyanotypes, et j’avais envie depuis un moment d’essayer
Après nous avoir montré les possibilités à partir d’exemples qu’elle a pu réaliser, Laure nous a fait choisir une feuille sur laquelle le produit avait été étalé. Nous avons ensuite laissé libre cours à notre imagination à partir des éléments à notre disposition : feuilles, plumes, dessins et photos imprimés sur transparents, etc. C’était d’ailleurs assez amusant de repérer les caractères de chacun selon la composition qu’il a réalisée, plus ou moins méticuleuse.
Ma composition avant exposition
Après, nous avons embarqué nos « plaques » jusqu’à une petite place voisine afin de les exposer à la lumière du soleil. Le jour était plutôt couvert, et il a donc fallu un petit moment (passé à discuter gaiement) avant que la couleur ne vire, indiquant que les UV avaient fait leur part. Il ne restait plus qu’à rincer le produit dans un bain d’eau vinaigrée pour que la magie opère et qu’on récupère notre cyanotype.
Ma composition après exposition // nos cyanotypes
(*) L’Artisanoscope, boutique à Romans dans la côte Jacquemart, boutique à Valence dans la Grand Rue et tiers lieu le Chalutier à La Baume d’Hostun
Si vous aussi, vous souhaitez profiter des Journées Européennes des Métiers d’Art, cela se passe toute cette semaine jusqu’au week-end prochain. Vous pouvez retrouver le programme pour Valence Romans sur le site de l’office de tourisme.
Lors cet instameet, j’étais invitée par Valence Romans Tourisme (que je remercie pour cette belle opportunité et les jolies rencontres que j’y ai faites), en compagnie de Maxime pour Le Caillou aux Hiboux, Lionel pour De beaux lents demains, Jérôme, Léa, Jeane, Cécile de Terres de Drôme. Et bien entendu, ce que j’ai écrit ne reflète que mon ressenti personnel (et enthousiaste) de ce que j’ai vécu et des échanges qui ont eu lieu ce jour-là.
Pour cette 12e semaine du projet 52, le thème est Courant… Ce mot peut avoir plusieurs sens. On peut parler de courant pour désigner quelque chose de fréquent, que l’on rencontre souvent. On peut aussi parler du courant d’une rivière ou d’un fleuve. Ou bien, on peut désigner quelqu’un en train de courir.
Je crois que c’est le premier sens que j’avais en tête lorsque j’ai proposé le thème. Mais cette semaine, je n’avais pas vraiment d’inspiration pour vous mettre en scène un objet courant. Pour la rivière, j’ai manqué de temps pour aller en photographier joliment une. Alors, je me suis dit que j’allais vous faire courir, ou plutôt que j’allais faire courir un poney !
Cette année encore, Melle 3e participe à des compétitions d’équitation(du CSO – Concours de Saut d’Obstacles – et du CCE – Concours Complet d’Équitation – ). Et forcément, je suis cela depuis le bord des carrières et terrains avec un appareil photo à la main. Je prends donc des photos du couple en train de franchir les obstacles mais aussi en train de courir pour aller de l’un à l’autre (même si les puristes diront que le cheval ne courre pas mais qu’il trotte ou qu’il galope… ). J’essaie d’ailleurs aussi de les photographier dans des moments plus calmes : les photos y sont souvent plus nettes !
CSO d’il y a deux semaines à Parnans (Drôme) Et je viens de me rendre compte que Melle 3e avait, une fois de plus, perdu son étrier !
Pour voir ce qui est courant chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : j’ai pas mal de choses prévues ce week-end « dans la vraie vie », et je serai donc peu présente derrière l’ordinateur. Aussi, ne vous inquiétez pas si votre commentaire met un moment à être affiché : il n’est pas perdu et c’est juste que je n’ai pas encore eu l’opportunité de le valider…
Alors que c’est officiellement le printemps depuis hier, cela fait quelques jours qu’on a pu commencer à le voir arriver autour de nous. En effet, petit à petit, les fleurs envahissent les espaces qu’ils soient sauvages ou cultivés. C’est chaque année pour moi un vrai plaisir de voir revenir cette saison et ses couleurs. Je vais pouvoir repartir à la cueillette photographique des fleurs (ceux qui étaient déjà là les années passées savent à quel point j’aime prendre les fleurs en photos !). A vrai dire, j’ai déjà un peu commencé et je vous propose donc de me suivre à Valence et dans ses environs pour les premières floraisons.
Dans le Parc Jouvet à Valence
Magnolias : les stars du Parc Jouvet
Je vous ai déjà plusieurs fois parlé du Parc Jouvet. Cet espace de verdure en cœur de ville s’étend sur 7 hectares et constitue un magnifique jardin botanique public, inauguré en 1905. Il est depuis un lieu de promenade très prisé des valentinois. Ainsi, aux beaux jours, les vastes pelouses du parc sont littéralement prises d’assaut par les familles (qui y trouvent également une belle aire de jeux pour les enfants et un petit train) et les groupes d’amis. Le parc est parcouru de canaux, alimentés par le ruisseau de l’Epervière, apportant une petite touche de fraicheur bien agréable en été.
Ciel bleu printanierLes grands platanes n’ont pas encore retrouvé leur feuillageLa mare aux canards et l’enclos des moutons
Le Parc Jouvet est agréable quelle que soit la saison, mais il faut avouer que certaines sont plus photogéniques que d’autres. C’est le cas du printemps qui voit apparaitre les premières fleurs. Ce sont tout d’abord les jonquilles et autres narcisses qui viennent agrémenter les pelouses. Plusieurs variétés dont la floraison s’étale dans le temps sont disséminées dans le parc. Les jonquilles lancent vraiment le début de la saison printanière (y compris dans d’autres lieux de la ville puisqu’on en trouve le long de certaines rues ou sur les ronds-points).
Les premières jonquilles sont en fleurs
Mais les véritables stars du printemps au Parc Jouvet, ce sont les magnolias. Avec leur floraison imposante et éphémère, ils suffisent à attirer badauds et photographes en nombre. Il y a principalement deux endroits dans le parc où les trouver : d’une part le long du canal de l’Epervière côté boulevard dans le haut du parc et d’autre part à côté de la Maison du Gardien (qui est maintenant un lieu d’expositions). L’année dernière, j’étais allée fin mars pour voir les magnolias en fleurs au Parc Jouvet. Si j’avais pu voir beaucoup de variétés de fleurs, c’était un peu tard pour certains magnolias qui avaient déjà perdu leurs pétales.
Dans les magnolias en fleurs
Cette année, j’avais donc décidé d’y aller plus tôt. J’avais vu passer déjà quelques photos sur les réseaux sociaux et je savais que la floraison avait commencé quand je m’y suis rendue mi-mars. Le timing était plutôt bon car quasiment tous les arbres étaient en fleurs, et le vent et la pluie n’étaient pas encore venus disséminer les pétales. De plus, je suis venue en milieu de semaine et le parc était nettement plus calme qu’un vendredi soir (l’an dernier, j’y étais un vendredi soir d’un jour très printanier). J’ai ainsi pu longuement profiter des magnolias et de l’élégance de leurs fleurs.
Dans la lumière de la fin d’après-midiIl existe différentes formes et couleurs dans les fleurs de magnoliasAuprès de la Maison du GardienLe long du canal de l’EpervièreL’endroit parfait pour se donner rendez-vousLe tête dans les fleurs !Nuances de roseFin de journée sur les magnolias
J’ai passé plus d’une heure à me balader dans le parc. J’ai non seulement photographié les magnolias, mais j’ai aussi pris le temps de regarder les canards, de marcher tranquillement, d’écouter les grenouilles dont la saison des amours va commencer, et surtout de profiter de la douceur de l’instant…
Je n’étais pas la seule à être venue pour prendre des photos des magnolias
Valence – Drôme – mars 2023
Vergers en fleurs : les incontournables de la campagne
S’il y a bien un incontournable du printemps dans les environs de Valence, c’est la floraison des vergers. Il suffit de parcourir la campagne pour s’en rendre compte. C’est généralement depuis le train que je repère les champs aux couleurs blanches et roses signalant qu’il va être temps de prendre mon appareil photo et d’aller me balader sur certaines routes de campagnes vers Chateauneuf-sur-Isère. Ce n’est bien entendu pas le seul secteur où l’on peut trouver des vergers autour de Valence, mais je dois avouer que j’y ai mes habitudes et que je sais exactement où se trouvent les champs où je peux facilement m’arrêter.
La floraison des pêchers est encore timide
Contrairement aux dernières années, la floraison n’a pas été trop précoce. Si, en particulier en 2021, les premières fleurs étaient apparues dès le mois de février, elles ont cette année attendu que mars soit déjà entamé pour éclore. Ainsi,le week-end dernier, les pêchers étaient encore assez timidement fleuris et seuls les abricotiers précoces présentaient une floraison complète. D’ailleurs, les abeilles ne s’y sont pas trompées et ne sortent pas encore beaucoup. Alors qu’habituellement les champs bruissent de leurs bourdonnements, c’était ce matin-là extrêmement calme. Mais même sans abeilles à photographier, je suis restée un long moment à admirer les fleurs délicates qui deviendront de succulents fruits (si une gelée ne vient pas tout contrarier… croisons les doigts).
Chateauneuf-sur-Isère – Drôme – mars 2023
Quelques autres suggestions
Il y a bien sûr de nombreux autres endroits où il est possible d’admirer le printemps dans les environs de Valence. Mais, pour certains, il faudra encore un peu patienter. En effet, certaines variétés ne seront à leur pic de floraison que dans quelques semaines. Je vous propose donc d’autres idées à partir des balades et découvertes des années précédentes :
Le Jardin Zen d’Erik Borja à Beaumont Monteux – en avril pour profiter de la floraison des cerisiers du Japon, mais le jardin est agréable en toutes saisons
L’envers du décor… le thème de cette semaine dans le projet 52 nous invite à découvrir, non pas la face cachée de la Lune, mais celle de nos activités. Il s’agit donc de montrer ce que l’on cache habituellement. Pour ma part, j’ai donc envie de vous emmener un peu dans les coulisses du blog.
Ceux qui bloguent le savent : c’est une activité qui peut vite être extrêmement chronophage. Il y a ce qui semble un peu évident : le choix des photos et leur retraitement (même si je ne fais pas de retouche « lourde », je rectifie souvent un horizon, masque une feuille d’arbre qui s’est invitée dans un angle de ciel ou reprend la luminosité et le contraste) ou encore la rédaction des articles (et plus ils sont longs, plus cela prend de temps… entre le choix des mots, l’attention à essayer d’éviter les tournures de phrases répétitives et les fautes ). Il y a également tout ce qui arrive après la rédaction d’un article, et en particulier la réponse à vos commentaires. On a déjà là quelques heures occupées par semaine en ce qui me concerne.
En parallèle du blog, il y a les réseaux sociaux où je poste avec plus ou moins de régularité. Vous pouvez donc me retrouver sur Facebook ou Instagram, et depuis peu, sur TikTok où je regarde ce qu’il serait possible de faire. En complément, je publie aussi sur la plateforme Partir-Ici.fr de la région Auvergne Rhône Alpes pour laquelle je suis éclaireuse (ce qui implique aussi la participation à quelques évènements et conférences). Voilà qui m’occupe donc encore un peu plus dans la semaine.
Mais il y a aussi la phase amont : celle qui consiste à trouver des sujets, de nouveaux lieux (et quand on fait beaucoup de sorties autour de chez soi, on a parfois l’impression d’avoir écumé un peu toutes les possibilités déjà), des informations pour les intégrer ensuite aux articles. Je n’ai jamais tenté de chiffrer cette partie, qui souvent se fait au fil de l’eau entre veille sur les réseaux sociaux, newsletters des offices de tourisme et discussions avec les copains. Or, la semaine dernière, j’ai eu l’occasion de participer au salon Destination Ardèche qui avait lieu à une trentaine de kilomètres de chez moi. C’était une belle occasion de rencontrer les différents offices de tourisme du département ainsi que quelques lieux et prestataires. J’en suis repartie les bras chargés de documentation, que je vais utiliser pour trouver de nouvelles idées de balades, puis pour vous préparer de chouettes articles !
Il y a pas mal de lecture… que je n’ai même pas encore eu le temps de trier/ranger !
Pour découvrir l’envers du décor chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
La balade sur les flancs de Roche Colombe, c’est l’histoire d’une randonnée qui n’était pas du tout prévue, ou du moins pas prévue à cet endroit-là. J’étais en effet partie pour aller marcher au cœur de la forêt de Saoû. Il y avait à cela plusieurs avantages dont celui de pouvoir faire une jolie promenade avec peu de dénivelé. J’étais en effet fatiguée d’une semaine bien remplie et d’un début de week-end éprouvant, et j’envisageais plutôt une sortie tranquille. Mais les éléments en ont décidé autrement…
Rendez-vous raté avec la forêt de Saoû
J’avais donc pris la direction de Saoû en début d’après-midi. Le ciel était couvert et le mistral bien marqué. Je pensais aller vers l’Auberge des Dauphins et de là, faire un petit tour en empruntant un sentier plutôt plat au fond du synclinal. En arrivant sur le parking, l’ambiance était vraiment sombre. J’ai jeté un coup d’œil vers les sommets et ai découvert que les nuages s’y accrochaient. J’ai quand même commencé à marcher en direction de l’auberge. Mais, un panneau a attiré mon regard : celui annonçant les dates de chasses dans la forêt. Et pas de chance, ce jour-là était un de ceux autorisés pour la chasse en battue. Avec le brouillard, je n’arrivais pas à déterminer s’il y avait ou non quelque chose dans la direction où je souhaitais aller. J’ai donc décidé de changer complètement mon idée de balade et d’aller flâner dans les ruelles du village de Saoû.
Champs de lavandes au pied de Roche Colombe
Erreur de lecture à la sortie du village
Après avoir regagné Saoû et avoir traversé le village, j’ai laissé ma voiture sur le parking situé sur la route de Crest. Juste derrière, j’ai avisé un champ de lavandes au pied des falaises de Roche Colombe et même si elles n’étaient pas encore en fleurs, je m’en suis approchée (note pour moi-même : revenir en juin quand tout sera fleuri). Là, un panneau indicateur a retenu mon attention. Il indiquait la direction de Roche Colombe, l’extrémité est du synclinal. Et, sans doute un peu fatiguée, j’ai cru lire 1.4 km (je précise tout de suite que ce n’est pas ce qui est réellement indiqué). Me faisant la réflexion que je ne pensais pas que c’était aussi près (parce que justement ce ne l’est pas…), j’ai commencé à m’engager dans cette direction.
Le début de la montée se fait sur une petite route, assez peu large, et menant jusqu’à un parking permettant d’accéder à différents sites d’escalade sur les falaises. Si la montée est parfois un peu raide, elle ne présente cependant pas de difficultés. Il faut un peu plus d’un kilomètre pour arriver au niveau du parking d’escalade. Je pense que c’est là que j’ai réalisé que j’avais sans doute fait une erreur de lecture. Mais, peu importe, j’ai quand même continué à monter !
Un amandier en fleurs annonce l’arrivée prochaine du printemps
Chemin chaotique sur les pentes
Après le parking d’escalade, la route carrossable se transforme en sentier. Et rapidement, on se retrouve à progresser entre les cailloux et les racines des arbres environnants. Bien sûr, la pente continue à être très marquée. J’ai donc continué encore un bon moment avant de… faire demi-tour, juste avant le site d’escalade de la Poupoune. Plusieurs éléments m’ont conduite à cette décision, mais c’est principalement parce que je n’étais pas chaussée pour randonner (j’étais partie en ballerine et avec mon sac à main : je rappelle que je pensais marcher tranquillement sur un chemin plat et stabilisé) et que j’étais encore en rééducation suite à une entorse de la cheville. Après avoir pris connaissance une fois rentrée chez moi de quelques topos dans ce secteur, j’ai fait demi-tour avant que la montée ne devienne vraiment plus technique.
sur la partie carrossable du chemin
Alors, certes, je n’ai pas pu aller profiter du point de vue exceptionnel depuis le sommet de Roche Colombe, mais ce sera l’occasion de revenir randonner dans ce secteur. Toutefois, tout au long de ces un peu plus de 2 kilomètres de montée, j’ai profité de panoramas sur les montagnes environnantes. Et c’est finalement ce dont j’avais besoin au cours de cet après-midi : pouvoir prendre un grand bol d’air tout en marchant.
Retour au village
En redescendant vers le village, j’ai de nouveau pu pleinement profiter des paysages grandioses environnants. J’étais contente d’avoir pris un peu de hauteur à cet endroit. J’étais jusqu’à présent toujours restée au fond de la vallée. Et si c’est déjà impressionnant vu d’en bas, l’ensemble prend une dimension nettement plus épique lorsque le regard peut porter un peu plus loin.
Le village de Saoû au pied des rochersPorte d’entrée vers la forêt de SaoûBanc avec vue
Revenue à l’entrée du village un peu après 16.00, je n’ai pas trouvé en cette période estivale hivernale d’endroit où m’arrêter prendre un goûter. Cependant, l’épicerie de Saoû était ouverte et j’ai pu y acheter une boisson fraîche et une part de gâteau maison (j’en ai également profité pour faire le plein de confitures artisanales). Une façon bien agréable de conclure cette promenade !
Le thème de cette 10e semaine du projet 52 est bulle(s)… Je vais être honnête : j’avais plein d’idées très variées, même si toutes n’étaient pas simple à mettre en œuvre ou photographier.
J’ai d’abord pensé aux boissons à bulles, qu’elles soient avec ou sans alcool (ah.. le plaisir d’une bonne limonade artisanale…). J’ai d’ailleurs bien essayé quelquefois de capter la pétillance dans un verre mais je n’ai encore jamais obtenu de résultat qui me satisfasse vraiment.
J’ai aussi envisagé les bulles de savon, au sens large : bain moussant (mais sans baignoire, c’est compliqué), mousse du liquide vaisselle dans l’évier (mais comment le rendre glamour ?), et bien sûr bulles des jeux d’enfants. Il a bien sûr fallu que la pluie s’invite dans le ciel avant que je n’ai le temps de faire ma photo (mais c’est très bien qu’il pleuve enfin un peu, même si ce n’est pas encore suffisant !).
Il me restait donc les bulles de bande dessinée. J’aime bien lire des bandes dessinées, même s’il y a des styles auxquels je n’ai pas accroché du tout (par exemple les mangas dont je sais qu’il en existe d’excellents et dont mes enfants sont tous de grands lecteurs… je n’arrive pas à apprécier le style du dessin, et ça m’empêche d’apprécier le fond). J’en possède un certain nombre dans ma bibliothèque. Il restait donc à choisir comment les montrer ou quel album présenter. Finalement, mon choix s’est porté sur un album que j’ai depuis assez longtemps : le tome 2 des Chemins de Compostelle de Servais. Dans cet opus, une page de l’action se situe dans le village de mon enfance, et j’aime la façon dont cela a été dessiné, avec pléthore de détails. On y voit même la maison de mes parents !
***********************
Pour voir comment les autres participants ont joué avec les bulles, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
Il aura suffit d’un week-end ensoleillé en février pour me donner envie de prendre un peu de hauteur sans toutefois devoir aller trop loin de Valence ni m’engager sur une randonnée. C’était donc l’occasion parfaite pour aller découvrir quelques villages de charme, nombreux dans la région. Cette fois, me suis dirigée d’une part dans la vallée de la Drôme le samedi et d’autre part dans la vallée de l’Eyrieux le dimanche. Au programme : des vieilles pierres et des points de vue époustouflants sur les paysages environnants. Venez, je vous emmène !
Vue sur Cobonne – Drôme
Deux villages perchés au dessus de la vallée de la Drôme
Cobonne, un village médiéval
J’avais plusieurs fois vu passer des images de Cobonne, un village perché entre vallée de la Drôme et Vercors. Mais je n’avais encore jamais pris le temps de m’y arrêter alors que j’étais plusieurs fois passée à proximité en partant me promener. Réveillée assez tôt un samedi matin, le soleil qui brillait m’a donné envie de sortir. Cherchant où je pouvais aller, j’ai repensé à Cobonne. Le temps d’attraper mon appareil photo et j’étais partie. Je suis arrivée sur place de bonne heure, avant 9.00 du matin. J’ai suivi la direction du parking depuis l’entrée du village et me suis retrouvée au pied d’une muraille médiévale, en haut du village.
Vestiges du donjon et arrière de la petite église de Cobonne
En descendant de voiture, alors que tout est encore très calme dans le village endormi, je n’ai pas pu manquer d’entendre le son de l’eau qui coule. En effet, juste derrière moi, il y avait une fontaine. En m’approchant, je remarque quelques violettes discrètes qui annoncent le printemps à venir. Je profite d’un long moment à me laisser bercer par le bruit de l’écoulement, hypnotisée. L’eau dans le bassin est cristalline et il doit être très agréable de s’y rafraichir lorsqu’il fait un peu chaud.
Passion fontaines de village
Je retourne en direction du mur d’enceinte du village, et passe sous la porte de la Herse. Il s’agit là d’une des deux portes qui donnaient accès au village lorsqu’il était intégralement fortifié à partir du XIVe siècle (l’autre porte a aujourd’hui disparu). Elle donne au nord, sur l’ancien chemin des transhumances. De là, je descends la grande rue, m’arrêtant ici et là devant les façades des maisons restaurées. En effet, après la guerre, le vieux village était presque déserté, et il a fallu (comme dans nombre d’autres vieux villages) la volonté de quelques passionnés qui se sont lancés dans la reconstruction et la réhabilitation des lieux afin d’éviter la disparition du village.
La porte de la Herse vue depuis l’intérieur du villageL’église est adossée au mur d’enceinteDescendre la rue principaleAdmirer les façades encore endormies
Au milieu de la grande rue, une petite place accueille le lavoir, où l’eau coule à flot, transparente. Là encore, je marque une longue pause, hypnotisée par le son de celle-ci. Je me faufile entre les maisons, suivant l’amusant marquage en mosaïques. Puis, je termine en faisant le tour du village fortifié par l’extérieur. Depuis le jardin du donjon, j’aperçois la vallée de la Drôme, dominée par le synclinal de Saoû.
Passion fontaines de village (bis)Le marquage indiquant les chemins publics m’a fait penser à un personnage égyptienAu pied du donjonDepuis le jardin du donjon, vue sur Roche Colombe
Cobonne – Drôme – février 2023
Panoramas depuis le Vieux-Suze
De Cobonne, j’ai pris la direction de Suze. J’avais un peu moins entendu parler de ce village perché mais je l’avais repéré dans une publication de l’office de tourisme listant les villages perchés de la Drôme. La route me fait passer par un petit col sur une route au milieu de nulle part, et m’offre de jolis points de vue sur Cobonne et les environs. L’arrivée à Suze se fait par le village « moderne », celui du XIXe siècle, situé dans le bas. Le Vieux-Suze est un peu plus haut, et je laisse ma voiture sur le parking à l’entrée du vieux village.
Les vignes de Suze et la vue sur Roche-Colombe
Là, j’ai un joli point de vue sur les vignes (Suze est le territoire de l’AOC de la Clairette de Die). Après en avoir profité, je monte vers le village. Lui aussi a été reconstruit et restauré de façon récente. Je m’engage dans les ruelles et calades, multipliant les points de vue sur la vallée de la Drôme, le Vercors et le quartier des Jaux (le village moderne). Si Cobonne m’a charmée par son patrimoine, c’est surtout le panorama depuis Suze qui me plait ici. Mais le temps passe, il va bientôt être l’heure de déjeuner. Aussi je retourne vers Crest où le marché bat son plein afin de me ravitailler… et de rentrer à la maison.
Vue sur le quartier des JauxDirection le VercorsLe quartier des Jaux, dominé par la silhouette des Trois BecsAncienne église dans le Vieux Suze
Suze – Drôme – février 2023
Deux villages perchés au dessus de la vallée de l’Eyrieux
Le lendemain matin, le soleil brillait donc toujours, me poussant une nouvelle fois à partir en exploration. Cette fois, j’ai pris la direction de l’Ardèche. Mon idée de départ était d’aller admirer la vue sur la vallée de l’Eyrieux depuis le belvédère de Saint Michel de Chabrillanoux, puis d’improviser !
Le belvédère de Saint Michel de Chabrillanoux
La dernière fois que j’étais allée avec les enfants me promener le long de la Dolce Via, nous n’étions plus très loin du belvédère mais nous étions alors en période de crise sanitaire et un couvre-feu était en cours. Après notre promenade dans la vallée, il était trop tard pour pousser plus haut. Mais je tenais à revenir pour découvrir le panorama sur la vallée depuis ce belvédère, installé à l’occasion d’une rectification de la route entre les Ollières sur Eyrieux et Saint Michel de Chabrillanoux, mais aussi jeter un oeil à cet ouvrage atypique. En effet, la plateforme a été construite en encorbellement en bordure de l’ancienne route (qui sert maintenant de parking et d’aire de pique-nique) et est entièrement réalisé en bois de châtaigner local.
De la plateforme, le regard embrasse une partie de la vallée et la rivière déroule ses méandres à nos pieds. On est également suffisamment en hauteur pour voir les Monts d’Ardèche modeler le paysage. La vue est clairement époustouflante, et je me laisse hypnotiser par le ballet des ombres des nuages (il faut dire qu’il y a pas mal de vent le jour où j’y suis).
En direction de Saint Sauveur de MontagutEn direction des Ollières sur EyrieuxVue sur les Monts d’Ardèche
Belvédère de Saint Michel de Chabrillanoux – Ardèche – février 2023
Pause dans le village de Saint Michel de Chabrillanoux
Après un long moment de contemplation, j’ai repris la route en direction du village de Saint Michel de Chabrillanoux. L’heure tournait et j’avais l’espoir de trouver de quoi acheter à manger (tout en regrettant de ne pas avoir anticipé quand j’étais plus bas dans la vallée et en commençant à me dire que je déjeunerais plus tard dans la journée en redescendant). En arrivant sur la place du village, j’ai d’abord jeté un œil au point de vue, plus vert, moins minéral que depuis le belvédère. Puis, j’ai pris le temps de regarder la fontaine couler (vous l’avez peut-être déjà compris : j’ai une passion pour les fontaines en fonctionnement).
Panorama depuis la place du village : on devine le Vercors dans le fondAu pied de la fontaine
J’ai alors avisé le bar -restaurant situé un peu plus loin et qui était éclairé. En m’approchant, j’ai entendu les bruits des discussions amicales et animées qui se tenaient à l’intérieur. Le tout était vraiment très engageant… sauf qu’il n’y a normalement pas de service le dimanche midi (tout au moins à cette période de l’année). Je suis tout de même entrée pour prendre un café. L’accueil était chaleureux et convivial. Des habitués étaient effectivement en grande discussion sur les futurs évènements à venir dans le village et la programmation culturelle des environs. Comme j’avais tout de même un peu faim, j’ai tenté ma chance et demandé s’il était possible d’avoir quelque chose à manger. La patronne m’a proposé un mafé poulet, en me disant qu’il faudrait le temps de cuire le poulet pour que ce soit prêt. Elle m’a ensuite installé une table à côté du poêle, et servi un succulent mafé accompagné d’une délicieuse limonade locale artisanale.
L’arcade à Saint Michel de Chabrillanoux – Le lieu s’annonce comme un « bistrot de vie » et ce n’est pas juste une phrase marketing. J’ai vraiment apprécié le moment que j’y ai passé. Il y a véritablement une âme ici.
Nous avons également un peu discuté… et c’est elle qui m’a donné des idées pour la suite de ma journée ! Elle me conseille ainsi d’aller faire un tour à Chalencon, situé à une quinzaine de kilomètres et de monter par les petits chemins jusqu’à la crête pour mieux profiter du panorama. Puis, elle me suggère de faire un arrêt à Boffres sur le trajet du retour par Vernoux afin de prendre un goûter à l’auberge du village.
Saint Michel de Chabrillanoux – Ardèche – février 2023
Chalencon, village de caractère
C’est ainsi que je suis allée à Chalencon. Il s’agit d’un village de caractère de l’Ardèche (pour mémoire, j’avais déjà découvert en Ardèche les villages de caractère de Beauchastel, Désaignes et Boucieu-le Roi, Saint Montan, mais aussi Vogüe, Balazuc, Labeaume, Jaujac, Alba la Romaine et Rochemaure). Je me suis stationnée à l’extérieur du vieux village et suis partie le découvrir à pied.
Le village perché de Chalencon, dominé par les ruines de son château
Chalencon est un village perché qui domine la vallée de l’Eyrieux, et offre de splendides points de vue. J’ai parcouru les ruelles bordées de maisons en granit aux fenêtres à meneaux, tombant sous leur charme intemporel. J’ai admiré le panorama depuis la place du Valla, dominant d’un côté la vallée et s’ouvrant de l’autre sur le plateau de Vernoux. C’est de ce côté d’ailleurs que l’on peut découvrir les cultures en terrasse qui ont façonné le paysage au fil des siècles.
Dans les rues du village médiévalL’habitat s’est adapté la penteLa place du Valla sur les anciens rempartsLa vallée de l’Eyrieux depuis la place du VallaAu dessus des toits du villageCultures en terrasses aux environs du village – vue depuis la place du Valla
Une fois arrivée en haut du village, j’ai continué en empruntant un petit chemin qui se faufile entre des ruines recouvertes de végétation en direction du sommet de la butte. En haut, on devine les vestiges de l’ancien château mais surtout, on bénéficie d’une vue encore plus panoramique sur les environs que depuis la place du Valla. Il y a même une table d’orientation pour mieux se repérer. On aperçoit même le haut du Mont Gerbier de Jonc (où il faudra vraiment que j’aille !).
Continuer à prendre de la hauteur…Se faufiler entre les ruines…
Chalencon – Ardèche – février 2023
Bonus : un arrêt à Boffres
Après un peu plus d’une heure à Chalencon, j’ai pris la direction du retour ver la maison via Vernoux en Vivarais. Cela me faisait donc passer à côté de Boffres. J’en ai profité pour faire un petit crochet afin de jeter un œil aux ruines du château qui dominent le village (il existe un jeu de pistes à destination des enfants pour découvrir le site, disponible via l’application Baludik). De là, on a un joli point de vue, mais après les paysages montagneux parcourus plus tôt dans la journée, le plateau semble manquer de relief !
L’église et les ruines du château de Boffresvue sur le plateau de Vernoux
Comme il était effectivement l’heure du goûter, je n’ai pas manqué de suivre le conseil avisé de mon hôte du midi et j’ai donc fait une pause à l’auberge de Boffres. Installée au soleil sur la terrasse, j’ai profité de la vue et, cela avait un goût de vacances. L’auberge travaille beaucoup de produits locaux et le coup d’œil à la carte m’a donné envie d’y revenir pour un déjeuner (affaire à suivre donc..).