[projet 52-2024] semaine 42 – flaque

Avec les (très fortes) pluies que nous avons subies ces derniers jours, le thème Flaque pour cette semaine du projet 52 est particulièrement d’actualité. Je dois cependant dire que chez moi, dans la Drôme, les impacts du violent épisode cévenol que nous venons de vivre ont été très limités, et qu’il n’y a pas eu de dégâts notables. Nos voisins ardéchois, par contre, ont très touchés et les dégâts sont considérables. Je reste effarée des images que j’ai vues d’endroits que je connais bien, habituellement si paisibles. J’espère donc qu’aucun de vous n’a été touché par ces crues impressionnantes et que si cela a malheureusement été le cas, il n’y a que des dégâts matériels.

Finalement, de mon côté, ce n’est pas la pluie qui m’a inspirée cette semaine, mais une action menée par Valence Romans Agglo pour aider à la biodiversité dans la rivière. Depuis quelques années, le lit de la rivière qui passe pas loin de chez moi n’est plus régulièrement entretenu comme un espace vert contraint par l’humain et la nature y a repris ses droits sauvages. On a ainsi vu apparaître des saules autres osiers au milieu du lit de la rivière. Ces arbustes qui sont des variétés endémiques, stabilisent les berges. Ici, ils ont aussi eu comme impact de trop guider le flux de l’eau et au fil des années, le lit s’est creusé, accélérant le courant et donc l’érosion. Comme notre petite rivière est rarement soumise à des crues d’importance (en plus de 12 ans, je n’en ai vu que 2), le phénomène s’aggrave. Le lit étant de plus en plus creux, même en cas de fortes pluies, l’eau ne sort plus de son « canal » et creuse encore plus le lit. Bref, c’est un cercle vicieux.

Pour rompre cette spirale, une solution consiste à s’inspirer de l’ingénierie des castors. En créant des barrages perméables sur les rivières, les castors en ralentissent le flux et favorisent un élargissement du lit de celles-ci. Ils taillent aussi les arbustes qui croissent aux abords et dans la rivière. Cela permet à la biodiversité de s’épanouir. Une première expérience a été menée sur un cours d’eau à quelques kilomètres de chez moi avec un grand succès. Il y a même été constaté le retour de la loutre. Depuis quelques semaines, un chantier de « castorification » s’est tenu sur la rivière qui traverse le village (A noter : le mot « castorification » n’existe pas vraiment, mais je l’aime bien. Le terme officiel est « ingénierie castor »).

Comme il n’y a pas de castors au cœur du village (il y en a qui vivent dans cette rivière mais plus en aval), ce sont des humains qui ont construit un barrage comme les castors, utilisant les troncs légers et les branches des arbustes de la rivière. Les premiers effets ont été rapidement visibles : création d’une retenue d’eau en amont du barrage et déport d’une partie du flux d’eau sur les côtés du lit principal. J’ai hâte de suivre les évolutions de la rivière suite à ce chantier.

rivière
Le faux barrage de castor sur le lit principal de la rivière a conduit à la création d’une « flaque »


Pour voir les flaques chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

NB : je récupère ce matin Melle 3e qui rentre après plusieurs semaines sans être revenue à la maison. Je n’aurai donc pas beaucoup de temps à consacrer à la lecture des commentaires aujourd’hui, ni au déblocage de ceux qui seraient passés en modération. Je m’en occuperai toutefois le plus rapidement possible.

[exposition] Jean-Paul Gaultier pour Stéphane Kélian au Musée de la Chaussure

Depuis quelques mois, le musée de la chaussure de Romans sur Isère accueille une exposition que j’avais très envie d’aller voir : Jean-Paul Gaultier pour Stéphane Kélian, sous-titrée « roman d’une rencontre ». Mais ma spécialité est de me dire que j’ai le temps de voir une exposition avant qu’elle ne se termine et donc d’y aller un peu au dernier moment (voire de la manquer complètement). Cette fois, c’est trois semaines avant la fin que j’y suis allée. Et j’aurais clairement regretté de ne pas la découvrir.

portraits en noir et blanc de Stéphane Kélian et de Jean Paul Gaultier
Portraits de Stéphane Kélian à gauche et Jean-Paul Gaultier à droite

Le dialogue entre le chausseur et le couturier

Stéphane Kélian a été à la tête d’une des plus grandes maisons de chaussures de Romans. Il venait d’ouvrir sa première boutique parisienne quand il a rencontré Jean-Paul Gaultier, alors couturier « débutant ». Très vite, les deux hommes trouvent des points de rapprochement dans leur vision de la mode. Nous sommes au début des années 1980, et Stéphane Kélian va créer les modèles que Jean-Paul Gaultier imagine pour ses lignes de prêt-à-porter. Leur collaboration est en route et la marque « Jean Paul Gaultier pour Stéphane Kélian » voit le jour.

Chaussure Stéphane Kélian vue du dessous

Une mode avant-gardiste et audacieuse

La collaboration entre Jean-Paul Gaultier et Stéphane Kélian va durer de 1984 à 1996. Les modèles de chaussures sont audacieux, à l’image des vêtements de l' »enfant terrible de la mode » comme l’appellent alors les journalistes. Deux fois par an, les défilés des collections prêt-à-porter femme et homme de Jean Paul Gaultier renouvellent la vision de la mode. Portés par des inspirations fortes (esthétique de l’URSS qui commence à se fissurer, influences futuristes, références à l’âge d’or du cinéma..) et parfois provocatrices (par exemple la collection Les Rap’Pieuses ou celle Tatouages), ils donnent lieu à de grands shows où les chaussures sont plus qu’un simple accessoire.

sneaker et escarpin ballon de foot
Jean Paul Gaultier a fait sortir les baskets des terrains de sport pour les emmener sur les plateformes des défilés puis dans la rue
mannequins portant des vêtements désignés par Jean Paul Gaultier
Vêtements et chaussures sont présentés en parallèle dans l’exposition
2 chaussures en spandex noir et cuir fauve
Travailler des matières innovantes – chaussures en spandex et cuir
chaussure en cuir tressé
Le tressé mythique de la maison Kélian est sublimé par la vision de Jean Paul Gaultier

Un flash-back dans la mode des années 1980 et 1990

Cette exposition est surtout une superbe plongée dans la mode iconoclaste des années 1980 et 1990. Jean Paul Gaultier mais aussi Thierry Mugler ou Claude Montana inventent une mode qui se défait des carcans des décennies précédentes et qui rend floues les frontières entre masculin et féminin. En parallèle, la collaboration entre Stéphane Kélian et Jean-Paul Gaultier compose un vestiaire complet, tant pour les hommes que pour les femmes, apportant à la chaussure un vent de nouveauté dans les formes (talons hauts pour les hommes ou sneakers par exemple) que dans les matières (utilisation du spandex ou encore de la maille néoprène). Ayant vécu l’émergence des créations de Jean Paul Gaultier dans les magazines de mode, j’ai apprécié découvrir en vrai les pièces présentées. Mention spéciale pour la scénographie, originale et décalée mais totalement en phase avec l’esprit Jean-Paul Gaultier de cette période.

exposition de vêtements et chaussures dans une ancienne chapelle
Vue d’ensemble sur l’exposition

Musée de la Chaussure – Romans – Drôme – octobre 2024

(*) L’exposition Jean Paul Gaultier pour Stéphane Kélian au musée de la chaussure de Romans se tient jusqu’au 3 novembre 2024

[petits moments] voir des aurores boréales dans la Drôme

Cette semaine, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire : il a été possible de voir des aurores boréales un peu partout en France. Le phénomène s’était déjà produit au mois de mai, sauf que je l’avais découvert le lendemain matin en voyant les nombreuses publications à ce sujet sur les réseaux sociaux. J’avais alors installé une application dédiée aux prévisions d’aurores boréales sur mon téléphone. Jeudi dernier, l’application m’a envoyé plusieurs alertes dans la journée pour me signaler que les conditions étaient favorables à la présence d’aurores boréales là où je me trouvais (à côté de chez moi donc). Il restait cependant un problème de taille : la couverture nuageuse qui ne permettait pas de voir le ciel.

Comme j’étais fatiguée, j’avais décidé de me coucher tôt. Aussi, vers 21.30, j’étais en pyjama et je m’apprêtais à m’installer sous la couette avec une série avant de dormir. J’ai jeté un œil à Instagram avant de poser mon téléphone pour la nuit, et j’ai vu des stories de copines en Ardèche qui montraient… des aurores boréales (Merci Marie-Noëlle et Gulwen !). La probabilité de pouvoir en observer chez moi venait d’augmenter d’un grand coup. J’avais été tellement déçue de ne pas les voir en mai que je ne voulais pas avoir de regrets cette fois. Je me suis donc rhabillée, j’ai sauté dans la voiture et je me suis éloignée du cœur du village avec ses lampadaires. J’arrivais à voir quelques étoiles entre les nuages, cela s’annonçait plutôt bien.

J’avais d’abord choisi un premier point d’observation à côté du centre équestre. En dehors du fait que l’endroit est un peu flippant avec les bruits des chiens et chevaux en pleine obscurité, je n’étais pas idéalement située car j’avais des arbres proches dans la direction du nord. J’ai donc changé d’endroit pour aller dans un village où l’éclairage est coupé à 22.00 et j’ai trouvé un stationnement orienté plein nord. Dans le ciel, je distinguais à l’œil nu des lueurs étranges. Avec une prise de photo un peu longue, c’était clairement une aurore boréale !

Mes photos ne sont pas extraordinaires en particulier à cause des fils électriques et du panneau de signalisation qui étaient dans mon champ de vision. Mais, je suis particulièrement heureuse d’avoir pu les faire. Les nuages ont vite refait leur apparition, alors je suis rentrée. Cependant, la nuit n’était pas finie et vers minuit, quand l’éclairage urbain a diminué dans mon village, en jetant un œil par la fenêtre, j’ai à nouveau vu cette lueur étrange. Une aurore boréale était en cours et je pouvais la voir depuis la maison. J’avoue que cette fois, j’ai manqué de courage pour ressortir et aller la voir depuis la sortie du village (vivant au coeur d’un vieux village, j’ai des bâtiments – et une colline – qui bloquent un peu la vue vers le nord…). Mais je suis restée longtemps à ma fenêtre cette nuit-là !

Ce que je retiens de cette expérience :

  • si mon application d’aurores boréales me signale une forte activité solaire, cela vaut la peine de tenter une sortie, même s’il y a un peu de nuages
  • il faut regarder vraiment plein nord : il suffit de dévier un tout petit peu à l’est ou à l’ouest pour ne plus rien observer
  • à l’écart de l’éclairage urbain, c’est mieux, mais il est possible de deviner des aurores boréales même en ville/village : une de mes connaissances a pu en observer dans le centre ville de Valence malgré les lampadaires
  • je n’ai pas de fenêtre qui donne plein nord : ma façade « nord » est en fait très légèrement décalée vers l’est
  • j’ai fait du repérage sur les cartes afin de trouver un lieu d’observation dégagé vers le nord, loin des lumières urbaines (avec le Vercors classé en réserve de ciel étoilé, ce n’est pas trop compliqué) et facile d’accès au cas où cela viendrait à se répéter
  • avec une lampe frontale de nuit en pleine campagne, c’est mieux

Edit du 13/10/2024 – 22.30 : l’application que j’utilise est My Aurora Forecast, dans sa version gratuite. Elle a l’immense avantage d’être simple d’utilisation.

[Ardèche x Haute-Loire] champignons et gourmandise pour l’Automnal Gourmand

L’Automnal Gourmand est un ensemble d’évènement durant tout le mois d’octobre sur les territoires Ardèche Hautes Vallées, du Pays de Lamastre et du Haut Pays du Velay, entre Ardèche et Haute-Loire. Le projet a été initié par Jacques Marcon, le chef 3 étoiles de Saint Bonnet le Froid pour fédérer les villages autour d’évènements gourmands en pleine saison des champignons, châtaignes et courges. La semaine dernière, j’ai eu la chance de participer au lancement de cette 4e édition de l’Automnal Gourmand. Je vous emmène pour un avant-goût de ce qui vous attend jusqu’au 3 novembre.

Cèpe et potimarron devant les plaquettes de l'évènement
Présentation de l’Automnal Gourmand à Saint Bonnet le Froid

Rendez-vous au lac de Devesset

Le rendez-vous était donné à 9.30 au lac de Devesset. Situé à 1100 mètres d’altitude sur le plateau ardéchois, ce lac a des allures de grand nord avec ses rives bordées de sapins. Si en été, le lieu est très fréquenté, en automne (surtout en semaine tôt le matin), il n’y a pas foule. Comme j’étais en avance, j’en ai profité pour me balader un peu sur les rives. Le vent faisait ondoyer l’eau, dans un mouvement carrément hypnotisant. Je ne connaissais pas le lieu mais je suis immédiatement tombée sous le charme.

sur le bord du lac
Avec cette lumière, et les rives arborées, le lac de Devesset m’a fait penser à la région des 1000 îles au Canada
sur le bord du lac
au rythme hypnotisant de l’eau qui ondule
sur le bord du lac
dépaysement garanti

Cueillette de champignons

Après un café/croissant partagé avec l’ensemble des partenaires de l’Automnal Gourmand (presque 120 personnes présentes ce matin-là !), Jacques Marcon a donné le top départ d’une cueillette de champignons, encadrée par des mycologues. Le plateau ardéchois est en effet un hotspot du champignon français, en particulier dans les environs du lac de Devesset. Il nous a été annoncé que nous trouverions sans problème plus de 40 variétés de champignons dont une bonne partie comestibles. J’avoue que le chiffre m’a semblé énorme sur le moment (spoiler alerte : ce n’est pas un chiffre exagéré).

promeneurs dans une clairière
C’est parti pour la chasse aux champignons !

Nous sommes partis en petits groupes et à peine avions nous fait quelques pas que nous trouvions une première coulemelle. Moi qui n’étais pas allée cueillir les champignons depuis des années et craignais de ne pas savoir reconnaître les espèces que j’avais l’habitude de ramasser enfant, j’ai vite été rassurée. J’ai beaucoup apprécié les explications données par le mycologue, que ce soit sur les premières identifications ou sur comment faire la cueillette. Cette fois, le but n’est pas de faire une cueillette alimentaire mais de ramasser un maximum de champignons différents pour qu’ils soient ensuite identifiés et exposés. C’est amusant car je repère des champignons auxquels je n’aurais sans doute pas prêté attention autrement.

champignons
Ces mini champignons étaient bien cachés dans les feuillages au sol
champignons
J’ai bien aimé la forme originale de certains champignons
champignons
Ca champignon orange un peu « punk » pousse sur les racines d’un arbre
personne prenant un champignon en photo avec un téléphone
Jouer à prendre les champignons en photo
personne ramassant un très gros champignon
Trouver de beaux spécimens
mousses gorgées d'eau
Après plusieurs jours de pluie, les mousses étaient gorgées d’eau
champignons
La couleur de celui-ci est assortie à celle des fruits des myrtilliers qui l’entourent !
personne ramassant des champignons
La récolte a été bonne !

Déjeuner dans un lieu d’exception

Après un peu moins de deux heures de balade / cueillette / échanges, il est temps de prendre la route pour rejoindre le lieu du déjeuner. Pour cela, nous prenons la direction de Saint Bonnet le Froid, en Haute-Loire, à deux pas de l’Ardèche. C’est en effet aux Maisons Marcon que nous sommes attendus. Là, nous sommes accueillis par Régis et Jacques Marcon (trois étoiles au guide Michelin). Ils nous rappellent, avec les responsables des différentes communautés de communes concernées, les origines de l’Automnal Gourmand et sa raison d’être pour valoriser un territoire rural et bien vivant, ainsi que les principaux temps forts sur les semaines à venir.

entrée d'un hôtel restaurant de luxe
L’arrivée aux Maisons Marcon à Saint Bonnet le Froid
Jacques et Régis Marcon
L’accueil par Jacques (au premier plan) et Régis (en arrière plan) Marcon

Afin de continuer dans la convivialité, un buffet froid avait été dressé dans la grande salle du restaurant gastronomique avec salade de lentilles, charcuteries et fromages locaux, produits par des prestataires participant à l’Automnal Gourmand. Mais le clou du repas, c’était le (fameux) cochon en croûte de foin préparé par les Marcon. En plus, j’ai eu l’immense chance d’arriver dans les cuisines pile quand Régis Marcon ouvrait la croûte de l’un des deux jambons : un moment exceptionnel pour la fan de cuisine et gastronomie que je suis. C’est ensuite Jacques Marcon qui servait le cochon découpé dans les assiettes, dans la cuisine, à la bonne franquette. Et la dégustation qui a suivi a été largement à la hauteur du spectacle de l’ouverture du jambon en croûte de foin. Le repas s’est achevé sur une gourmandise 100% ardéchoise : Lou Pisadou, un gâteau à la crème de marron (que j’avais déjà eu l’occasion d’apprécier l’an dernier du côté de Berg et Coiron).

chefs en cuisine
Dans les cuisines des Maisons Marcon avec les chefs Régis et Jacques Marcon
assiette de viande
Le délicieux jambon au foin accompagné d’un gratin aux cèpes
Lou Pisadou, spécialité pâtissière ardéchoise


C’est également dans les cuisines du restaurant de Régis et Jacques Marcon que nous avons pu découvrir l’exposition de tous les champignons ramassés le matin. Les quatre mycologues qui nous avaient accompagnés ont rangé les spécimens par type avant de soigneusement les étiqueter avec leurs noms et caractéristiques. Nous sommes largement au dessus des 40 espèces, preuve de la biodiversité des bords du lac de Devesset.


De nombreux évènements et animations à découvrir

Cette journée de lancement de l’Automnal Gourmand touche à sa fin. Elle a été riche en découvertes et en échanges. Mais l’Automnal Gourmand dure cinq semaines, avec de nombreuses animations et des temps forts iconiques. Parmi toutes les propositions, voici celles qui me tentent le plus dans la programmation de cette édition de l’Automnal Gourmand :

  • les castagnades de Saint Pierreville (les 12 et 13 octobre) et celles de Désaignes (le 20 octobre)
  • la foire aux champignons de Saint Bonnet le Froid (les 2 et 3 novembre)
  • une balade à la découverte du châtaignier à Saint Pierreville (le 12 octobre)

Il y a aussi des balades mycologiques comme celle que j’ai pu faire, avec Jérôme à Saint Bonnet le Froid (par exemple le 12 octobre), ou encore des randos gourmandes, des stages de cuisine, des visites de producteurs… Le programme est vraiment varié et s’intéresse à tous les aspects de la gourmandise automnale, même si les stars restent les champignons et les châtaignes.

forêt de sapins
balade en forêt autour du lac de Devesset


Devesset – Ardèche
Saint Bonnet le Froid – Haute-Loire
30 septembre 2024


(*) Cette belle journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) de l’office de tourisme Ardèche Hautes Vallées à participer à cette journée de lancement de l’Automnal Gourmand et je les remercie de m’avoir permis de vivre ces beaux moments.
C’était pour moi une découverte de ce territoire et de son voisin le Haut Pays du Velay, et j’ai eu un coup de cœur pour les paysages du plateau ardéchois mais aussi pour le sens de l’accueil de toutes les personnes rencontrées.

[Loire] Saint Etienne, une journée de découverte entre savoir-faire et gourmandise

Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir Saint Etienne. Jusqu’à présent, je n’en connaissais que la traversée par l’autoroute mais au fil des réseaux sociaux, j’avais eu l’occasion d’apercevoir des images qui me donnaient envie d’en voir plus. Aussi, quand Saint Etienne Hors Cadre (l’office de tourisme de la métropole stéphanoise) et Loire Tourisme m’ont invitée à passer une journée à Saint Etienne, je n’ai pas hésité un seul instant : j’avais dorénavant une bonne raison de venir m’y balader.

des jets d'eau au premier plan et un grand bâtiment du 19e siècle en arrière plan
Sur les marches de l’Hôtel de Ville, les couleurs de Paris 2024 rappellent que la ville a accueilli des épreuves dans le mythique stade Geoffroy Guichard.

Saint Etienne, côté ville

Le rendez-vous était donné à 9.00 du matin en centre ville. Je partais le matin même de Valence en voiture avec Jérôme, un copain lui aussi invité à partager cette journée de découvertes. Nous avions prévu une (bonne) petite marge sur notre temps de trajet, et nous sommes donc arrivés très en avance (quelque chose comme un peu plus d’une heure d’avance !). Nous avons donc profité de la ville encore un peu endormie pour nous balader. Nous avions laissé la voiture en périphérie puis pris un bus. En en descendant square Violette, ce qui m’a frappée, ce sont les belles façades fin XIXe / début XXe siècles.

une façade du 19e siècle et des câbles de tramway
L’hôtel des ingénieurs a été édifié par la société des anciens élèves de l’école des Mines de Saint Etienne au tout début du XXe siècle, et sa façade a été récemment restaurée.
une rue en noir et blanc
Saint Etienne est construite sur des collines et les rues sont rarement plates.
un kiosque à musique
Le kiosque à musique de la place Jean Jaurès a été édifié en 1914
un statue dorée au milieu d'un bassin avec des jets d'eau
Sur le bassin de la place Jean Jaurès, Daphné changée en laurier a retrouvé sa place en 2022 après avoir été fondue en 1942 pour en récupérer le bronze

Mais, c’est un peu plus loin que j’ai eu une vraie surprise. En approchant du cœur historique de la ville, ce sont des maisons à pans de bois que j’ai découvert. A l’angle de la place du Peuple, une magnifique façade entraine le regard vers la Droguerie de la Tour. Ce commerce y est établi depuis 1820 dans un bâtiment médiéval. Je pense que c’est à ce moment-là que le charme de Saint Etienne a commencé à opérer sur moi. La ville s’annonçait bien plus surprenante que je ne l’avais envisagé.

un maison à pans de bois et une maison avec une tour
Centre médiéval de Saint Etienne

Saint Etienne, côté gourmand

Les chocolats Weiss, une institution stéphanoise

Notre premier rendez-vous de la journée était à la boutique Weiss du centre ville. Il s’agit de la boutique historique de cette marque créée en 1882 par Eugène Weiss. S’inspirant des techniques viticoles, il crée des assemblages de cacao pour fabriquer ses chocolats. Il invente aussi des bonbons adaptés au voyage, comme la Nougastelle, au cœur de praliné et qui est encore un des best-sellers de la maison. Aujourd’hui, la maison Weiss reste une maison intégralement artisanale et travaillant le cacao en bean to bar. Forcément, le moment le plus attendu était celui de la dégustation, et la promesse alléchante a largement été tenue.

boutique de chocolats avec le portrait ancien du créateur
La boutique historique de la maison Weiss : un écrin de choix pour les créations chocolatées.
vitrine de chocolats
J’ai pu goûter plusieurs références chocolatées et pralinées : toutes sont excellentes
boite de chocolats et rubans
Passion rubans…

La Table des Matrus, une cuisine inventive

C’est un peu plus tard dans la journée que nous avons fait une seconde pause très gourmande. En effet, pour le déjeuner, nous sommes allés à la Table des Matrus (pour ceux, qui comme moi, ne parlent pas le gaga stéphanois, un matru est un enfant). Ce restaurant situé dans le centre de Saint Etienne propose une cuisine entièrement maison dans un cadre moderne et chaleureux. Le chef a à cœur de travailler avec des produits les plus locaux possibles, en respectant les saisonnalités. Les assiettes sont généreuses, inventives et succulentes. Le pain au levain est fait sur place, et vraiment délicieux. Je n’ai pas vu de fausse note tout au long du repas.

plat de viande avec des pommes de terre
Agneau, pommes sautées et crème de champignons
dessert avec des fraises
Baba à la Rhubarbe
6 guimauves sur une planche en bois
Guimauve au bourgeon de sapin


(*) Les chocolats Weiss ont deux adresses à Saint Etienne : 8 rue du Général Foy (où nous étions) et rue Eugène Weiss où se trouve désormais l’atelier de fabrication.

(*) La Table des Matrus, 26 rue Grand Gonnet à Saint Etienne. La carte change très régulièrement pour s’adapter aux approvisionnements.


Saint Etienne, côté savoir-faire

Armes, cycles et rubans : l’âge d’or de l’industrie stéphanoise

Mais la thématique de la journée n’était pas uniquement liée à la gourmandise. En effet, après avoir découvert le chocolat Weiss, nous avons pris la direction du Musée d’Art et d’Industrie. Ce musée, né en 1833, était à l’origine généraliste, héritier des cabinets de curiosité privé (comme beaucoup de musées à cette époque). A la fin de XIXe siècle, l’idée vient de le transformer en musée spécialisé dans les industries d’art qui sont en train de permettre le développement de la ville. Le Musée d’Art et d’Industrie devient alors un lieu de conservation mais aussi un lieu d’émulation pour inspirer les futurs créateurs d’armes, cycles et rubans. Encore aujourd’hui, le MAI de Saint Etienne s’articule autour de ces trois collections d’art industriel.

façade de musée datant du 19e siècle
Le bâtiment, construit au XIXe siècle, devait au départ abriter une sous-préfecture juste avant qu’une réorganisation de l’état ne désigne la ville comme préfecture. Il est alors transformé en palais dédié aux arts industriels.

Nous avons eu la chance de suivre une visite guidée avec une médiatrice réellement passionnante. La visite, très vivante, nous a permis en 1h30 d’avoir un très bon aperçu des trois collections. Nous avons ainsi appris pourquoi et comment Saint Etienne est d’abord devenue une ville où les armes étaient fabriquées, puis comment l’industrie du cycle y a fait son apparition. Nous avons aussi appris que Saint Etienne est encore actuellement la capitale du ruban, qu’il s’agisse des rubans utilisés par l’industrie du luxe, des rubans médicaux (les bandages en particulier) ou les rubans colorés qui ornent les sachets et boîtes de chocolat.

détail d'une armure médiévale
La collection d’armes du MAI couvre toutes les périodes depuis le Moyen-Âge jusqu’au XXe siècle où l’on retrouve les fusils Lebel et FAMAS, produits à Saint Etienne.
éléments d'armures médiévales
Détails des armures
une affiche de publicité pour des cycles et un grand bi
Plusieurs modèles de bicyclettes ont été conçus et produits à Saint Etienne
catalogue d'échantillons de rubans
Catalogue de rubans avec échantillons
bobines de fil sur un métier à tisser
Le MAI possède plusieurs métiers à tisser les rubans en état de fonctionnement. Autrefois, les ouvriers tisseurs travaillaient à domicile sur ces métiers installés dans leur logement.

Faire soi-même au cours d’un atelier créatif

Après avoir admiré le savoir-faire industriel de Saint Etienne, il était temps pour nous de nous essayer à un atelier créatif. Nous étions attendus pour cela au Dobry Lab. Ce lieu hybride est à la fois un salon de thé et un atelier de créateur. L’équipe du Dobry Lab créé en effet des objets graphiques sur papier, bois et textiles qui sont proposés à la vente. Mais ils animent aussi des ateliers créatifs. Le thème du nôtre était la création de tampons. Après avoir vu les exemples proposés, j’avoue avoir un peu craint de ne pas être à la hauteur et de ne pas y arriver. Mais, guidée en pas à pas, et bien encouragée, j’ai réussi à me lancer et à produire un tampon plutôt sympa. L’atelier a été unanimement apprécié par notre groupe, malgré nos compétences en dessin disparates.

salle pour un atelier créatif
Le Dobry Lab est prêt à nous accueillir !
dessin
Etape 1 – dessiner son motif sur papier calque (et se demander pourquoi j’ai choisi de mettre des sapins alors que je ne sais pas les dessiner correctement)
gravure d'un tampon
Etape 2 – creuser le motif reporté sur la gomme douce en utilisant une gouge
tampon avec des montagnes et des sapins stylisés
Etape 3 – faire un essai pour voir le résultat
livre accordéon avec les mentions Sainté et Saint Etienne
Les exemples du Dobry Lab sont nettement plus élaborés que nos créations. Ce qui est chouette, c’est que nous avons pu les utiliser pour personnaliser un petit leporello. Et comme nous étions ravis de cet atelier, nous nous sommes amusés à tamponner et signer les leporellos de tous les autres membres du groupe.
reflet d'une image Saint Etienne dans un gobelet doré
Jouer avec les reflets !
livre accordéon
Une journée à Saint Etienne – exemple de leporello réalisé par le Dobry Lab à partir de tampons


(*) Les conditions de visite du musée d’Art et d’Industrie de Saint Etienne, située 2 place Louis Comte, sont à retrouver sur le site internet du musée. Je vous encourage à participer à une visite guidée qui permet vraiment de comprendre les collections très techniques du MAI, et leur importance pour la ville de Saint Etienne.

(*) Le Dobry Lab est situé 52 rue Charles de Gaulle à Saint Etienne. La programmation des ateliers est disponible sur le site internet du café créatif.


Saint Etienne, miscellanées

En complément de ces découvertes, lors de cette journée à Saint Etienne, je suis aussi allée :

  • Au coffee shop Les Simones, 40 rue de la Résistance : cet endroit est à la fois un concept store dédié à la féminité et un lieu pour faire une pause autour d’une boisson fraîche sans alcool, un café ou un thé.
    EDIT 07/09/2925 : le coffee shop Les Simones a définitivement fermé ses portes
devanture de boutique

  • dans la rue des garages pour découvrir les fresques d’Ella et Pitr, des artistes stéphanois aux personnages que l’on reconnait du premier coup d’œil.
graf de Ella et Pitr représentant un personnage coincé entre les montants d'une porte
fresque d’Ella et Pitr dans la rue des garages

Saint Étienne m’a convaincue qu’elle est bien plus qu’une ancienne ville minière et industrielle, que son passé est une richesse et que son présent mérite de prendre le temps de la découvrir. Cependant, il me reste encore beaucoup de lieux à découvrir à Saint Etienne, par exemple le musée de la mine au Puits Couriot ou la cité du design. Et j’ai aussi repéré de chouettes lieux à découvrir autour de la ville, comme les gorges de la Loire ou la cité Le Corbusier à Firminy. J’ai donc ce jour-là ajouté Saint Etienne à ma liste d’endroits à revenir explorer.


Saint Etienne – Loire – septembre 2024


(*) Comme je l’ai indiqué en introduction, cette journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée). Je remercie donc Saint Etienne Hors Cadre et Loire Tourisme pour cela, ainsi que tous les lieux où nous avons été accueillis. Cet instameet était un évènement à destination des éclaireurs de la plateforme de tourisme régional et durable Partir-Ici.fr à laquelle je collabore.
J’ai vraiment apprécié ma découverte de la ville de Saint Etienne, et les activités auxquelles j’ai participé durant cette journée.

détail d'une façade représentant un chat jouant avec une balle
Sur une façade du centre ville stéphanois, des chats jouant avec une balle ont attiré mon regard. Je ne me souviens pas avoir déjà vu un motif similaire sur un immeuble.

[projet 52-2024] semaine 39 – avenir

Je crois que le thème de cette semaine pour le projet 52 est un des plus difficiles cette année. En effet, je me suis pas mal demandé comment illustrer l’avenir en photo. Après pas mal de réflexions où j’ai hésité entre montrer quelque chose de futuriste (mais quoi ?), des enfants ou encore un calendrier de 2025, j’ai repensé à cette photo prise lors d’une des mes dernières balades lyonnaises juste avant la rentrée. Nothing is permanent – Rien n’est permanent… Et mon côté optimiste l’a traduit par : L’avenir nous réserve le meilleur !

Sur un mur du parc des Hauteurs – Lyon – Rhône – septembre 2024


Pour découvrir ce que l’avenir inspire aux autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

NB : Je passe la journée avec des copains que je n’ai pas vu depuis longtemps. Je n’aurai donc pas le temps de venir vérifier les commentaires qui ne s’affichent pas car ils sont en modération. Je m’en occuperai le plus rapidement possible, mais sans doute pas avant demain.

[petits moments] une journée autour du patrimoine dans la campagne ardéchoise

Hier, pour les journées du patrimoine, j’avais repéré deux ouvertures exceptionnelles sur le territoire de Rhône Crussol. Nous avions donc décidé d’être pour 10.00 à l’ouverture du château Roche Faucon à Chateaubourg, un village situé le long du Rhône. Mais en arrivant sur place, et alors que ce n’était pas encore ouvert, la file d’attente de plusieurs dizaines de personnes, sachant que la jauge intérieure était limitée, nous a un peu découragés. Nous avons donc décidé de filer directement voir le second monument exceptionnellement ouvert. Et nous n’avons pas été déçus !

Découvrir la chapelle romane de Saint Martin de Galéjas

Nous sommes donc montés en direction de Saint Sylvestre, profitant de la beauté des paysages ardéchois dans l’automne naissant. Après avoir repéré sur une carte l’emplacement du hameau de Saint Martin de Galéjas, nous avons bifurqué sur une toute petite route. Après un moment de doute en arrivant sur le hameau, nous avons aperçu une toute petite chapelle à la sortie de celui-ci. La présidente de l’association qui s’occupe de la chapelle était présente pour nous accueillir. Nous avons donc eu droit à une visite guidée privée (le lieu étant isolé, il n’attire pas forcément la foule).

chapelle romane
Le mur ouest de la chapelle qui avait du être reconstruit

Construite à la fin du XIe siècle, la chapelle est adossée à une source « miraculeuse ». Son eau traite en effet les pathologies de la peau, dont la gale (ce qui a donné le nom de Galéjas au hameau). La source est d’ailleurs toujours accessible sur le flanc de la chapelle. A l’extérieur, on remarque surtout l’abside de forme carrée et l’asymétrie du clocher décalé sur le côté. A l’intérieur, on découvre une nef unique, légèrement asymétrique éclairée par des vitraux de la seconde moitié du XXe siècle de la maison Thomas à Valence. Ces vitraux ont été mis en place à la fin des années 1950 quand quelques riverains ont participé à la reconstruction de la chapelle dont un mur s’était écroulé. Et en 1961, la chapelle a été rendue au culte. D’ailleurs une messe y est célébrée chaque mois de septembre. Autrefois, c’était même un pèlerinage qui partait du village de Saint Sylvestre jusqu’au hameau. Et la chapelle conserve encore une jolie statue de procession en bois de tilleul représentant Saint Martin en habit d’évêque de Tours et datant de la fin du XVIIe siècle.

intérieur d'une chapelle romane avec des vitraux contemporains
A l’intérieur de la chapelle
chapelle romane
Le clocher asymétrique et l’abside carrée de la chapelle


Avant de quitter le hameau de Saint Martin de Galéjas, nous sommes allés de l’autre côté de la route par rapport à la chapelle pour acheter des picodons à la fromagerie Brunière. Ils sont vraiment excellents !


Aller à Boffres, un peu par hasard

Un tour dans le village

En quittant le hameau de Saint Martin de Galéjas, nous nous sommes demandés où nous pourrions déjeuner. Un panneau indiquant la direction d’Alboussière m’a fait penser que je voulais tester un repas à l’auberge de Boffres (pour ceux qui ne connaissent pas le secteur, Boffres est tout proche d’Alboussière). Sur la route, le réseau téléphonique n’était pas optimal et nous n’avons pas réussi à appeler pour réserver. Aussi, dès en arrivant à Boffres, nous sommes allés à l’auberge nous assurer d’avoir une table pour le déjeuner. Nous avons bien fait car le restaurant était déjà quasiment complet. Puis, en attendant qu’il soit l’heure de passer à table, nous avons fait un tour dans le village. Je m’étais déjà arrêtée à Boffres en rentrant de Saint Michel de Chabrillanoux et de Chalencon. Nous sommes donc allés directement au belvédère de l’église et dans les ruines du château.

table d'orientation
au belvédère de l’église de Boffres
clocher d'église et ruine de tour médiévale
L’église et les vestiges du château de Boffres

L’atelier de poterie d’Olivier Despert

En passant dans la rue principale de Boffres, j’avais repéré une échelle exposant quelques poteries. C’est en effet là qu’Olivier Despert a installé son atelier. Nous voyant jeter un œil à la vitrine, il nous a proposé de rentrer. Nous avons eu un très chouette échange sur la céramique, son atelier encore en travaux ou encore la vie du village. Nous avons même découvert que nous avons habité à quelques centaines de mètres à une époque. Il nous a montré son four qu’il a lui-même installé et qui fonctionne au bois. C’est techniquement plus difficile pour avoir la bonne température qu’un four électrique : il faut en effet réussir à monter à 1300°C, en évitant les changements trop brusques de température et garder des flammes puissantes. J’ai eu un coup de cœur pour ses poteries en grès, et j’ai craqué sur une nouvelle tasse à café (en même temps, j’en ai ébréché une que j’ai depuis longtemps, il fallait donc songer à la remplacer).

un four à poterie en briques
le four à poterie
céramiques en train de sécher
céramiques tournées en cours de séchage avant cuisson
tasses et bols
les tasses et bols sont tous tournés
tasses
la tasse que j’ai achetée se trouve sur cette photo !

Un déjeuner à l’auberge

J’ai beaucoup aimé notre repas de l’auberge de Boffres. Le cadre est un doux mélange entre une déco industrielle et un côté très nature. Les tables et chaises dépareillées créent une ambiance chaleureuse. Sur la carte, la cuisine proposée est à la fois raffinée et inventive, à base de produits locaux et de saison (les producteurs sont d’ailleurs tous listés sur la carte). Les propositions changent donc très régulièrement au rythme des approvisionnements. Et c’est en lisant les plats que j’ai eu un peu peur. En effet, il y avait le choix entre du magret de canard pour le plat carné et un œuf pour le plat végétarien. Or, je n’aime pas beaucoup le magret servi trop peu cuit à mon goût et je ne peux pas manger un œuf entier car je ne le digère pas. Mais l’équipe de l’auberge de Boffres a su s’adapter et j’ai pu avoir une magnifique assiette de légumes, mélangeant les accompagnements des deux plats à la carte. Je me suis régalée !

raviole servie dans un bouillon et surmontée d'une feuille de capucine
En entrée, une raviole au fenouil et chèvre frais
plat de légumes cuisinés
En plat, un bel assortiment de légumes cuisinés, mention spéciale pour les brocolis brûlés
flan patissier
En dessert, un flan pâtissier café et cardamome sur un lit de pralin et graines de tournesol soufflées.

(*) L’auberge de Boffres, située au cœur du village, est réputée et il est conseillé de réserver. Aux beaux jours, l’établissement dispose d’une jolie terrasse avec vue sur la vallée. Il est aussi possible de s’y arrêter pour prendre un verre, déguster un cookie maison ou faire quelques achats d’épicerie locale.

paysage de collines verdoyantes avec des champs et des forets
la vue depuis Boffres


Saint Sylvestre & Boffres – Ardèche – septembre 2024

[petits moments] un week-end, deux festivals

Ce week-end, je me suis rendue à deux festivals, très différents l’un de l’autre mais tous les deux sur le territoire de Valence Romans. Ce sont tous les deux des rendez-vous annuels où j’ai l’habitude faire un tour. Je vous en propose un petit aperçu rapide, même si les éditions 2024 de ces évènements sont maintenant terminées.

Les Rencontres de la Photo de Chabeuil

Sur un grand week-end, entre 20 et 30 expositions de photos sont proposées dans divers lieu du village, et du hameau de Parlanges, dans le cadre des Rencontres de la Photo de Chabeuil. Toutes les expositions sont gratuites et en entrée libre. En ce qui me concerne, c’est le vendredi que j’ai profité d’une grande partie des expositions (je n’ai pas eu le temps d’aller voir celles aux serres de Parlanges). Les artistes exposés font des propositions très différentes les unes des autres. J’ai comme chaque fois été plus sensibles à certaines. Mon coup de coeur a été pour les photographies polaires de Pierre Alexandre Chevallier, suivi du travail entre l’image et le support de Guillaume Holzer, des personnages surgissant des paysages d’Eric Ribot et du grain des photos de Maya Paulès.

Entrée de bâtiment ancien en pierre
Devant la mairie, le drapeau des Rencontres de la Photo
Françoise Huguier est l’invitée d’honneur de cette édition
caisses de transport d'œuvres d'art dans un bâtiment industriel
Backstage
focus sur la texture d'une toile imprimée
Jeux de texture avec les supports des photos de Guillaume Holzer
Détail d’une photo de Maya Paulès – Le grain dans la série Solastalgia
Détail d’une photo de Maya Paulès

Chabeuil – Drôme – 13 septembre 2024

Valence en Gastronomie Festival

Valence en Gastronomie est un autre festival que j’aime beaucoup et auquel je me rends chaque année. Sur un week-end, de nombreuses animations autour de la gastronomie et de ses matières premières sont proposées. Cette fois, j’ai passé une matinée complète sur le marché des pagodes Goutatou. Les pagodes sont des stands qui réunissent à la fois des producteurs et des restaurateurs et pâtissiers. Grâce à un système de tickets (les fameux Goutatou qu’il faut acheter en arrivant sur place), il est possible de déguster des mini portions de produits locaux, de plats de grands chefs, de pâtisseries mais aussi de vin, bière ou jus de fruits. J’y suis allée avec Mr 1er le samedi matin à l’ouverture et avec 2 planches de Goutatou, nous avons pu varier les dégustations mais aussi faire l’équivalent d’un repas chacun. Nous n’avions en effet plus faim pour déjeuner ensuite.

Le festival Valence en Gastronomie a lieu sur le champ de Mars, autour du kiosque Peynet
Comme nous sommes dans la Drôme, il y a forcément des ravioles. Ici celles de la Mère Maury avec une crème parmesan-citron de Aix&Terra
Apprendre à casser les noix avec la Confrérie de la Noix de Grenoble
Les cookies aussi bons que beaux du pâtissierAurélien Fournier (un ardéchois qui reste un de mes coups de cœur année après année )

Valence en Gastronomie – Drôme – 14 septembre 2024


Et si vous voulez vous rafraichir la mémoire, je vous ai déjà parlé de :

[projet 52-2024] semaine 37 – au ras du sol

Cette semaine, le thème « au ras du sol » du projet 52 nous invite à regarder à nos pieds. J’avais d’abord pensé à une perspective où j’aurais posé mon appareil photo au sol. C’est un type de photo que j’aime bien. Mais ma mémoire des thèmes m’a joué un tour et alors que j’ai eu l’occasion les 2 derniers week-ends de me promener en ville à Lyon et Saint Etienne, je j’ai pas pensé à prendre une telle photo. Par contre, à côté de l’hôtel de ville de Saint Etienne, j’ai pris en photo une jolie plaque d’égout. Cela faisait très longtemps que je n’en avais pas trouvé de remarquable. Aussi, je n’ai pas manqué de la photographier. En cherchant comment illustrer ce thème, j’ai parcouru mes photos prises le week-end dernier. Et elle m’a semblé très bien convenir !

une plaque d'égout de Saint Etienne avec indiquée dessus la localisation à côté de l'hôtel de ville et l'altitude 515,30 mètres


Pour découvrir ce qui se trouve au ras du sol chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires


Edit du 16/09/24 : à la lecture du commentaire d’Evelyne, j’ai poussé un peu les recherches. Et en effet, ce n’est pas une plaque d’égout et elle est plus à rapprocher d’un repère de nivellement.

[Isère] découvrir l’Alpe d’Huez au début de l’été

Aussi étrange que cela puisse sembler, je n’étais encore jamais allée à l’Alpe d’Huez. Pourtant, cette station iséroise est à quelque chose comme deux heures de route de la maison. D’ailleurs, lors de notre premier hiver dans la Drôme, nous avions passé quelques jours de sports d’hiver à Vaujany, qui partage le même domaine skiable. Mais depuis, mes balades ne m’avait jamais conduit dans ce secteur des Alpes, contrairement à d’autres massifs comme la Chartreuse ou le massif du Mont Blanc. C’est finalement grâce au hasard d’un évènement professionnel que j’ai découvert l’Alpe d’Huez mi-juin.

Une arrivée sous la grisaille

Avec le printemps que nous avons eu cette année, nous nous sommes beaucoup demandé si nous pourrions faire les activités prévues, essentiellement en plein air. D’ailleurs, le samedi, le ciel était très gris. Et c’est sous les nuages que nous avons monté les mythiques 22 virages en direction de la station. Aucun des sommets avoisinants ne se laissait deviner. Arrivés en milieu d’après-midi, nous avons posé nos valises au chalet où nous étions hébergées avec mes collègues (que des filles dans ce chalet, les garçons de nos services étaient dans d’autres hôtels). La vue depuis les fenêtres montrait surtout des nuages, même si la localisation de notre hébergement aux chalets de l’altiport laissait supposer que par beau temps, le panorama devait être sympathique. Ceci dit, nous avions peu de temps devant nous pour en profiter car nous étions attendues par nos autres collègues pour un temps de travail et de convivialité au cœur de la station.

Les chalets de l’altiport – par la fenêtre de notre chalet
Le petit torrent derrière les chalets

Un réveil sous le soleil

Après une soirée et une nuit bien fraîche (quand nous sommes rentrées, certes un peu tard dans la nuit, le thermomètre affichait à peine 2°C), c’est sous un grand soleil que je me suis réveillée. Comme à mon habitude, j’avais d’ailleurs dormi sans fermer complètement les volets, tirant simplement le rideau. J’ai donc pu me rendre compte très tôt que la météo s’annonçait favorable. Et cela tombait bien car l’activité prévue ce dimanche matin, c’était randonnée. Je me suis fait un café que j’ai pris avec plaisir sur la terrasse du chalet après avoir enfilé un pull. Une autre de mes collègues s’était aussi réveillée de bonne heure. Nous avons donc bouclé nos valises, pour rejoindre le centre de la station où nous attendait un gros petit déjeuner et le départ de la randonnée.

Cette vue dès le réveil par la fenêtre de la chambre, quel bonheur !
La vue que j’avais en prenant mon premier café du matin.

Une randonnée à travers l’alpage fleuri

Le rendez-vous pour la randonnée était à 10.00 au palais des sports. Là, plusieurs guides de montagne nous attendaient. La randonnée était facultative après la courte nuit et il y avait la possibilité de rejoindre plus tard le lieu de pique-nique en empruntant les remontées mécaniques. Mais je ne voulais pas laisser passer l’occasion d’une jolie balade à travers l’alpage. J’étais d’ailleurs loin d’être la seule dans ce cas car selon nos estimations, sur environ 2000 personnes présentes pour le week-end, il y en avait bien 600 ou 700 qui sont parties à pied. Après avoir traversé le village et avant d’attaquer le sentier, l’un des guides nous a donné les consignes : la balade que nous nous apprêtions à faire faisait environ 3 km pour 300 mètres de D+, direction le restaurant d’altitude des Jeux à 2100 m d’altitude. Il fallait compter en moyenne 1 heure pour y arriver mais surtout, il fallait marcher à son rythme, celui où on peut papoter sans difficulté.

Randonner en groupe
Au départ de la station

Très vite, le groupe s’est étalé selon les différentes allures. Des guides se sont positionnés à différents niveaux de notre colonne. Pour moi qui ai l’habitude de randonner seule, c’était très étrange de me retrouver avec autant de monde sur le sentier et de discuter tout en montant. Le chemin nous a emmenés à travers l’alpage couvert de fleurs. Les reines des prés parfumaient l’air. Les trolles coloraient de jaune des secteurs entiers. J’ai même repéré pas mal d’orchidées, en particulier des orchis sureau. Je n’avais pas pris mon appareil photo lors de ce week-end, mais je n’ai pas pu m’empêcher de prendre plein de photos avec mon téléphone (vous n’en voyez, je vous assure qu’une toute petite partie dans cet article !). Forcément, je me suis souvent arrêtée, me retrouvant chaque fois dans un nouveau petit groupe. Nous avons aussi traversé plusieurs fois des ruisseaux, parfois sur des petits ponts de planches, parfois simplement à gué.

Partout des reines des prés à l’odeur si caractéristique
orchidée sauvage au bord du sentier
Je ne connaissais pas encore les trolles, ces fleurs jaunes des alpages d’altitude, et je les ai trouvées très belles.
Sommet enneigé, ruisseau vif, trolles en fleurs, la beauté de l’alpage au printemps
Tapis de reines des prés
Juste avant d’arriver, un coup d’oeil sur les montagnes environnantes : le massif de Belledonne domine la vallée voisine et la station de Vaujany (qu’on ne peut pas apercevoir)

Un pique-nique magique

En arrivant, outre le panorama à 360° sur les massifs environnants (Belledonne, Taillefer et Ecrins en particulier), c’est le pique-nique qui nous attendait. Nous avions ainsi chacun un petit panier repas avec entrées, plats et desserts, ainsi qu’un joli choix de boissons bien fraîches, et un petit coussin pour nous asseoir. Nous nous sommes répartis sur tout autour de la station des remontées mécaniques. Nous avons profité du soleil (entre la randonnée sans ombre et le pique-nique, je n’ai pas manqué d’attraper un peu trop de couleurs). Nous avons profité du paysage en musique. Puis, petit à petit, nous avons pris le chemin de la descente, soit à pied (mon choix) soit via les remontées mécaniques. En effet, nos cars de retour respectifs nous attendaient à la station, et après ces deux journées très remplies, nous avions aussi hâte de pouvoir rentrer nous reposer un peu avant d’attaquer une nouvelle semaine de travail !

Pique-nique géant à plus de 2000 mètres d’altitude !
La station de l’Alpe d’Huez, nichée au creux des montagnes

L’Alpe d’Huez – Isère – juin 2024