[Pays-de-la-Loire] Châteaux & chevaux en Anjou

Après notre périple Châteaux & Chevaux autour de Blois, nous avons continué à suivre la Loire. Nous avons fait une pause déjeuner dans le charmant village d’Azay-le-Rideau, où nous nous étions arrêtées en rentrant de Bretagne fin 2022 et dont nous n’avons pas visité à nouveau le château cette fois. Nous avions en effet comme souhait de gagner l’Anjou assez tôt pour pouvoir visiter Saumur dans l’après-midi avant de nous rendre le lendemain au Cadre Noir.

un château en pierre blanche, perché sur une terrasse entourée de vignes
Le château de Saumur dominant la ville et la Loire

Saumur, en bord de Loire

Le château méconnu

Quand on pense « châteaux de la Loire », il me semble qu’on pense rarement à Saumur. Et pourtant, le château de Saumur domine la Loire, aux portes de l’Anjou et fait partie de la zone classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Je dois cependant dire que si Saumur s’est retrouvé à notre programme Châteaux & Chevaux, c’est essentiellement parce que nous souhaitions passer au Cadre Noir. Toutefois, il aurait été très dommage de ne pas faire un tour au château. Je l’avais d’ailleurs déjà visité, il y a plus de 25 ans. C’était mon tout premier château de la Loire !

un château fort en pierres blanches

Il ne m’avait toutefois pas autant marqué que d’autres châteaux visités dans les années qui ont suivi. Mais j’en gardais un souvenir joli bien que vague. Quand nous sommes arrivées, je lui ai trouvé fière allure, perché sur son coteau, dominant toute la ville et surveillant le fleuve. Il abrite depuis une centaine d’années le musée municipal. Aujourd’hui, c’est toujours la visite du musée qui rythme la découverte du château. Le premier étage accueille en effet la collection d’arts décoratifs, qui s’articulait autour d’une exposition consacrée à la céramique liée à la vigne lors de notre visite. Le second étage abrite la collection liée au cheval présentée autour des jeux équestres depuis l’Antiquité jusqu’à aujourd’hui. Avant de visiter les espaces muséographiques, nous avons suivi une courte visite guidée historique qui nous a permis de situer les différentes phases de la construction du château (et de l’abbaye qui occupait une partie du site) et son intérêt au fil des évènements depuis le Moyen-Âge.

vue sur le fleuve et une cour de château
Vue sur la ville et la Loire depuis une des tours du château de Saumur
des batiments anciens en pierre blanche dans un parc avec le château au fond
Les bâtiments de l’abbaye devant le château

L’introduction faite par le guide était vraiment très intéressante et permettait de mieux situer l’importance de Saumur et son château au fil du temps. J’avais peur d’être déçue par cette revisite mais je crois que le château de Saumur était encore plus impressionnant que dans mon souvenir. Après la visite du château, nous avons gagné le centre de la ville. Nous avons posé nos valises à l’hôtel puis nous sommes parties flâner dans les rues piétonnes du centre ancien. De nombreux bâtiments ont attiré notre regard : maisons à pans de bois, anciens hôtels particuliers, églises. Nous avons fini notre journée en dinant en terrasse, tout en sirotant un verre de vin de Saumur (avec modération).

façade de style renaissance
dans la cour de la mairie de Saumur


(*) La visite du château de Saumur nous a pris environ 2h30 en nous attardant dans les deux expositions du musée. Les conditions de visite sont disponibles sur le site internet du château. A noter : la découverte des espaces extérieurs dont le tour des remparts est gratuite.


L’équitation de tradition française au Cadre Noir

Si Melle 3e, passionnée de chevaux, avait déjà plusieurs fois visité le Cadre Noir (son père a de la famille à proximité), elle n’avait jamais eu l’occasion d’y voir des chevaux en spectacle ou au travail. En cherchant les possibilités, j’ai rapidement constaté qu’il n’y a pas de grands spectacles en été mais qu’en revanche, certaines séances de travail avec les jeunes chevaux ont lieu en public en matinée. J’avais donc calé notre passage à Saumur pour pouvoir y assister. Les photos ne sont pas autorisées durant le spectacle aussi, vous n’en verrez pas ici. Mais je peux vous dire que d’une part le lieu est superbe (en plus nous étions très bien placées) et que d’autre part, les explications données permettent de se rendre compte du travail accompli par les chevaux et leurs écuyers (même pour des néophytes). Les reprises de dressage présentées sont vraiment magnifiques.

Ecuries et carrière de dressage
Pendant que nous attendions pour entrer dans le manège, nous avons pu assister de loin à la détente d’un cheval dans la carrière qui nous faisait face.


(*) Il est possible de visiter le Cadre Noir uniquement en visite guidée. Les Matinales sont les séances de travail des jeunes chevaux : c’est ce à quoi nous avons assisté. En haute saison, un stand de restauration rapide est ouvert sur le site les matins de Matinales.
Pour notre part, nous avons très envie dorénavant de revenir pour assister à un gala !


Angers, en bord de Maine

De la ville au château

Après avoir assisté au spectacle du Cadre Noir, nous avons repris la route une trentaine de minutes pour rejoindre Angers. Nous avions prévu de nous balader en ville et de visiter le château (je tenais particulièrement à ce dernier point). Malheureusement, la météo a été un peu joueuse et nous avons essuyé plusieurs averses qui ont un peu limité nos envies de flâneries. Nous n’avons pas pu voir la maison d’Adam, immeuble à pans de bois sculptés, emblématique de la ville car elle était en restauration et masquée par une bâche. De même, la cathédrale Saint Maurice est en travaux, et nous avons d’abord pensé qu’elle n’était pas accessible. Mais, en en faisant le tour, nous avons repéré une entrée latérale discrète ouverte. A l’intérieur, j’ai été frappée par le maître-autel baroque à baldaquins, majestueux, et par la chaire à prêcher du XIXe siècle, en bois sculpté et offrant des détails à foison.

La chaire à prêcher néogothique du XIXe siècle dans la cathédrale Saint Maurice d’Angers

Nous avons ensuite rejoint le château à pied. Je ne l’avais jamais visité mais pourtant, j’étais plusieurs fois passée à côté, et j’ai toujours eu un faible pour les rayures qui ornent ses tours et remparts. Il a par ailleurs une allure un peu bizarre car ses tours ont été arasées au cours de son histoire. S’il semble un peu plat aujourd’hui, au Moyen-Âge, il se dressait fièrement au dessus de la Maine qui coule presque à ses pieds. Dans ce qui était autrefois la cour, on trouve maintenant un beau jardin. Il est aussi possible de monter sur les remparts pour bénéficier d’une belle vue sur la ville et les environs. On trouve même un jardin suspendu sur les murs du château !

rempart de château fort
Les rayures du château d’Angers
chapelle et logis seigneurial gothiques
La chapelle et le logis seigneurial, où est né le Roi René que l’on « croise » aussi à Aix en Provence
toit de chapelle gothique dépassant des arbres
Depuis les remparts, vue sur les arbres du jardin, le toit de la chapelle et la Maine que l’on devine au fond

Le Chant des Ondes, une exposition temporaire au château

Après avoir exploré le château (et comme une nouvelle averse s’annonçait), nous sommes allées voir l’exposition temporaire dans le logis seigneurial. Intitulée Le Chant des Ondes, elle s’intéresse à toutes les créatures mythiques liées à l’eau et charmant par leur chant. Nous croisons ainsi les sirènes et les ondines, mais aussi les roussalkas ou Mélusine. J’ai bien aimé la façon dont l’exposition fait le lien entre les mythes originels et la culture populaire, à travers des extraits de films, des livres, des jouets mais aussi en explorant certains logos utilisant l’iconographie de la sirène. Enfin, la scénographie de l’exposition était particulièrement onirique avec de nombreuses installations artistiques.

Sirènes dans l’iconographie artistique, façon cabinet de curiosités
A la rencontre de Roussalka

La tapisserie de l’Apocalypse, trésor du Moyen-Âge

Après ces mises en bouche, nous sommes parties à la découverte de la tapisserie de l’Apocalypse. J’avais déjà (vaguement) entendu parler de cette tapisserie médiévale, et je m’attendais à quelque chose un peu dans le style de la tapisserie de la Dame à la Licorne que j’avais vue au Musée de Cluny à Paris. En entrant dans la galerie qui lui est dédiée, j’ai déjà trouvé la tapisserie de l’Apocalypse immense, bien plus grande que tout ce que j’avais pu imaginer. Mais (et oui, il y a un mais), je n’étais pas au bout de mes surprises car je n’avais pas vu que la galerie faisait un angle et que la tapisserie continuait sur l’autre pan, encore plus long. Je crois que j’ai été tellement stupéfaite que je n’en ai même pas lâché une exclamation. En même temps, j’aurais du m’y attendre car les chiffres ne mentent pas : la tapisserie de l’Apocalypse telle que nous la connaissons aujourd’hui (et dont on sait qu’il manque des panneaux) mesure plus de 100 mètres de long !

Un (petit) bout de la tapisserie de l’Apocalypse

L’ensemble des panneaux reprend tout le livre de l’Apocalypse de Saint Jean (le dernier livre de la Bible), façon bande dessinée. Le dessin de la tapisserie est très précis, et certains visages sont de vrais portraits. Réalisée au XIVe siècle, elle utilise aussi des astuces de tissage pour rendre certains mouvements, telles les vagues ou les ondulations des cheveux. Elle était destiné à montrer le prestige (et la richesse) de la maison d’Anjou, d’où la grande qualité de son tissage. On y trouve également des détails façon Easter Egg, comme cet petit animal dans la bande décorative qui se cache dans un terrier au moment où la Bête apparait et cet autre qui en ressort quand la Bête est terrassée. La tapisserie évoque aussi la géopolitique de l’époque en Anjou dans un contexte de guerre de Cent Ans et alors que Louis Ier d’Anjou est membre de la famille du roi de France. On retrouve par exemple le Prince Noir dans les rangs des forces du Mal.

« Des myriades de chevaliers… » – le chevalier au panache blanc est le Edward de Woodstok, dit le Prince Noir

Nous avons eu la chance de suivre une visite guidée de la tapisserie et c’était vraiment très instructif, à la fois sur la lecture des différents panneaux, sur le contexte de la réalisation de la tapisserie et sur les aspects techniques du tissage puis de la conservation de l’ensemble. Seules, nous aurions certes pris conscience de l’immensité de cette œuvre unique, mais les 2 heures avec la guide nous ont permis de ne pas rester la voir de façon superficielle. Plus grande tapisserie médiévale conservée au monde, elle est inscrite au patrimoine de l’UNESCO au titre de la Mémoire du Monde. Rien que pour elle, il faut prendre le temps de s’arrêter au château d’Angers.

Le Bien gagne sur le Mal et enferme la Bête


(*) Les conditions de visite du domaine national du château d’Angers sont disponibles sur leur site internet. L’exposition Le Chant des Ondes est présentée jusqu’au 8 janvier 2025 au château d’Angers.
Entre la visite du château, l’exposition temporaire et la découverte de la tapisserie, nous avons mis environ 3h30 (dont 2 heures uniquement pour la tapisserie) et nous avons un peu abrégé la découverte extérieure en ne prenant par exemple pas le temps de parcourir les douves (nous avions de la route pour rejoindre la Bretagne où nous étions attendues en début de soirée).


Saumur & Angers – Maine-et-Loire – juillet 2024

[Drôme] des idées de sorties culturelles pour le début de l’été

Je l’ai déjà évoqué à de multiples reprises mais la Drôme (et ses environs) offre de nombreuses possibilités de sorties culturelles. Bien sûr, il y en a toute l’année mais en été, celles-ci se multiplient avec les festivals et autres concert s et représentations en plein air. De même, de nombreux lieux accueillent des expositions temporaires à cette période de l’année. Je vous propose donc de venir avec moi découvrir ce à quoi j’ai déjà assisté (ainsi que quelques idées pour la suite de l’été).

des sauges en fleurs devant un bâtiment en pierres
En sortant d’un concert au Prieuré de Charrière dans la Drôme des Collines

Le Festival Mozart, une approche décontractée de la musique classique

J’avais assisté l’an dernier à deux concerts estivaux du Festival Mozart (qui s’appelait encore Saoû chante Mozart). Depuis, j’avais écouté avec plaisir deux autres concerts, de chant choral, organisés par eux à Valence, un en plein hiver avec un programme de saison et un autre début mai au moment de la conférence de presse du festival. C’était chaque fois un très bon moment. Aussi quand l’organisation du festival m’a proposé d’assister de nouveau cet été à des concerts, j’ai bien sûr accepté.

Un coucher de soleil au prieuré de Charrière

Si l’année dernière, j’avais vraiment trouvé le concert au lever du soleil absolument magique, j’ai choisi cette année de vivre une autre expérience, en fin de journée cette fois. Le festival a cette année commencé sa programmation par des concerts en Drôme des collines. J’ai donc pris la route un soir après le travail direction le prieuré de Charrière à Chateauneuf de Galaure. J’ai commencé ma soirée par pique-niquer dans un champ (j’avais trouvé de bons produits locaux à l’épicerie du village de Claveyson sur le trajet). Comme je disposais d’encore un peu de temps, je suis descendue jusqu’au bord de la Galaure et j’ai un tour dans le hameau de Charrière.

vieux bâtiment en pierre
Dans la cour du prieuré de Charrière

L’heure du concert approchant, je me suis dirigée vers la chapelle du prieuré de Charrière où celui-ci avait lieu. Le prieuré est encore en cours de restauration, menée par une équipe de bénévoles. Il y a quelques années, la chapelle n’avait par exemple plus de toiture. Aujourd’hui, à l’abri de l’air et de l’eau, elle accueille des expositions et des concerts. En effet, l’acoustique de cette petite chapelle un peu rustique (le sol est encore en terre battue et les chaises sont celles en plastique du comité des fêtes local) est excellente et se prête parfaitement à l’accueil de petites formations.

chapelle en fin de journée
La chapelle du prieuré de Charrière en fin de journée.
billet de concert
C’est parti !

Ce soir-là, c’est le quatuor Hélios qui joue. Face à nous, une flûtiste, une violoniste, une altiste et un violoncelliste nous régalent pendant plus d’une heure de la musique de Mozart (avec une jolie transcription d’un concerto pour piano faite à l’époque et avec l’aval de Mozart lui-même), mais aussi de celle de Haydn (qui entretenait une amitié forte avec Mozart) et de Ries (qui fût un disciple de Beethoven et un concertiste renommé). La représentation se termine par un tango contemporain, preuve que la musique (dite) classique continue à vivre. Nous ressortons alors que le soleil commence à se cacher sous l’horizon. J’en profite pour visiter le prieuré, exceptionnellement ouvert, avant de prendre un verre au bar tenu par une association locale. Finalement, musique classique ou pas, un festival reste un festival !

concert d'un quatuor classique
Le quatuor Hélios
salut final d'un concert classique
Le quatuor Hélios

Switched-on Mozart, variation contemporaine sur une œuvre classique

Samedi après-midi, j’ai pris la direction de Saoû pour assister à un concert très original. Switched-on Mozart se veut dans la lignée du Switched-on Bach de Wendy Carlos. Le postulat de départ, rappelé en début de concert par Philippe Bernold, directeur du festival, est que « à l’époque de Mozart, on n’écoutait que de la musique contemporaine », et que Mozart a toujours été intéressé par les nouveaux instruments de son époque, comme la clarinette ou le piano-forte. Le festival Mozart s’est donc associé avec Inventer pour Apprendre, une autre association de Saoû qui propose une résidence estivale pour apprendre la composition à de jeunes musiciens. Arnaud Petit et Yannick Chapuis ont donc pris des partitions de Mozart et les ont adaptées à des instruments d’aujourd’hui : synthétiseurs, batterie, basse et guitare électrique.

devanture de bar avec son enseigne "Gasoline Palace"
La musique de Mozart au Gasoline Palace

C’est le résultat de ce travail qui était présenté samedi lors du concert. Afin d’être en phase avec le côté rock de cette version de Mozart, c’est au Gasoline Palace, un bar, que la prestation avait lieu. Il y avait même une boisson incluse dans le billet d’entrée. Si on m’avait dit qu’un jour, j’irai écouter Mozart aux instruments électriques dans un bar avec un verre à la main, je pense que j’aurais pris mon interlocuteur pour un fou. Et pourtant, c’est ce qu’il s’est passé samedi dernier ! Pendant une heure, la soprano Eleonore Lemaire et les solistes de l’orchestre de chambre de la Drôme ont fait vibrer la musique de Mozart comme on ne l’avait jamais entendue. Une nouvelle fois, le festival Mozart a montré que la musique classique n’est pas forcément poussiéreuse (ou en tous cas, qu’elle peut sans souci être dépoussiérée).

Mettre Mozart à l’électrique, c’est osé et comme l’a précisé Arnaud Petit en préambule du concert « Concernant le bon goût, nous sommes toujours resté à la lisière, sans jamais tomber dedans ».
Une interprétation de Mozart entre rock et punk, particulièrement réjouissante !

(*) Le festival Mozart continue jusqu’au 21 juin avec une programmation éclectique et variée. J’ai d’ailleurs déjà mon billet pour le concert Bach Contemplation en fin de semaine. Le concert de clotûre Bach Mirror en plein air m’aurait aussi bien plu mais je ne suis pas disponible..


(*) J’ai assisté à ces deux concerts en étant invitée par le Festival Mozart dans le cadre d’une collaboration commerciale non rémunérée, et je les en remercie. J’ai choisi moi-même les concerts auxquels j’ai assisté dans leur programmation, compte tenu de mes envies et de mes disponibilités. Mon avis est par ailleurs totalement libre.


Histoire d’un Cid, la nouvelle production des Fêtes Nocturnes de Grignan

Les Fêtes Nocturnes de Grignan font partie des évènements estivaux que j’attend chaque année. Cela commence déjà par la découverte quelques mois avant du spectacle qui sera joué et par qui, puis par la réservation des billets sans tarder car les gradins se remplissent vite. Il faut dire que chaque fois la pièce de théâtre, jouée dans le décor somptueux de la cour d’honneur du château de Grignan, est vraiment réussi. J’ai ainsi les années précédentes eu le plaisir d’assister aux représentations de Fracasse en 2021, Les Fâcheux en 2022 et L’Avare en 2023. Si les autres fois, j’y étais allée plutôt en fin de saison, cette année, notre organisation familiale (et les dates des épreuves du bac de Melle 3e) m’a permis d’y aller dès la première semaine de représentations.

scène de théâtre en plein air
En attendant le lever de rideau

Il faut dire que j’avais encore plus hâte d’y aller cette année en raison de la programmation. En effet, le spectacle Histoire d’un Cid est une relecture de la pièce Le Cid de Corneille. J’avais (comme beaucoup) étudié Le Cid en troisième, et après n’avoir auparavant lu en classe que quelques rares pièces de Molière avec des professeurs peu motivants, l’étude de celle-ci avec un enseignant intéressant m’avait fait apprécier le théâtre, classique ou plus contemporain. La proposition de Jean Bellorini, du TNP de Villeurbanne, est une revisite moderne de la pièce de Corneille. Elle fait rimer les alexandrins d’origine avec les mots contemporains. Elle emmène la pièce classique dans un registre de culture populaire, sans perdre l’esprit de la tragi-comédie. Elle nous gratifie de répliques qui pourraient devenir cultes, mention spéciale pour « Rodrigue, ton père, c’est Dom Diègue, pas Mick Jagger ». Elle met en lumière les punchlines de Corneille. Elle flirte même parfois avec la comédie musicale. Bref, c’est une version réjouissante d’un classique qui s’affranchit des codes, que vous l’aurez compris, j’ai beaucoup appréciée.

salut final d'une pièce de théâtre
4 acteurs et 2 musiciens, le salut final

(*) Histoire d’un Cid est joué dans la cour d’honneur du château de Grignan jusqu’à la fin de l’été dans le cadre des Fêtes Nocturnes 2024, organisées par le département de la Drôme. La pièce a fait l’objet d’une captation intégrale le 28 juin 2024 lors de la représentation à laquelle nous avons assisté avec Melle 3e. Elle sera diffusée le 8 août 2024 sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes et à la rentrée sur Culture Box.

D’autres idées pour cet été, ou après

Comme l’été ne fait que commencer, j’ai quelques autres idées à vous suggérer pour les prochaines semaines :

Je ne sais pas si j’aurais le temps de voir toutes ces expos durant l’été, mais je les ai notées pour l’automne.

[projet 52-2024] semaine 21 – couleur claire

Cette semaine, je vous ai proposé « Couleur claire » comme thème du projet 52. Le choix du sujet est donc très vaste, puisqu’il faut s’attacher à la couleur et non à l’objet de la photographie choisie.

Pour ma part, l’inspiration est venue comme une évidence alors que je visitais l’exposition du festival A(i)rt de Famille à Lyon. Parmi les univers des artistes qui ont chacun pris possession d’une ancienne boutique de la Galerie des Terreaux, celui de Trepid a forcément résonné avec le thème de la semaine.

Vivant par nature – nature morte par Trepid – Festival A(i)rt de Famille 2024


Pour découvrir les couleurs claires chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.


NB : je passe la journée avec des copains, et ne serai donc pas sur mon ordinateur. Ne vous inquiétez pas si votre commentaire n’apparait pas immédiatement (il semblerait que WP soit d’ailleurs un peu taquin en ce moment) : je le validerai dès que possible et au plus tard demain dimanche.

[Lyon] 4 activités pour une journée en ville

Avec Melle 3e, nous avons profité du pont de l’Ascension pour passer une journée à Lyon. Nous en parlions depuis un moment sans jamais trouver le temps dans nos plannings (chargés) respectifs. Nous avons finalement trouvé un créneau ce vendredi entre jours fériés et week-end. Nous avions en particulier envie de voir l’exposition du festival d’art AiRT de Famille, mais aussi de nous balader dans le Vieux Lyon ou au Parc de la Tête d’Or. Nous avons pris le train assez tôt le matin à Valence, et à notre arrivée à Lyon, nous sommes parties en direction des Terreaux pour prendre un café en terrasse au soleil. L’exposition que nous avions repérée n’ouvrant qu’une heure plus tard, nous avons décidé de traverser la Saône.

La monumentale fontaine Bartholdi sur la place des Terreaux

Flâner dans le Vieux Lyon

Nous sommes parties un peu au hasard des rues du Vieux Lyon. Nous n’avions rien de précis à y faire ou voir. Nous avons flâné, en admirant les façades Renaissance. Nous avons évoqué l’histoire du quartier et comment il a failli disparaître dans les années 1960 avant de devenir le premier secteur sauvegardé de France en 1964, puis d’être classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1998. Nous évitons au maximum la rue Saint Jean, prise d’assaut par les visiteurs. Nos pas nous mènent jusqu’au Musée Gadagne où nous regardons l’horloge sonner 11.00 et admirons la cour.

La cour du Musée Gadagne

Puis, nous allons jusqu’à la primatiale Saint Jean dans l’espoir de voir l’horloge astronomique, mais elle est actuellement en cours de restauration. Nous en profitons toutefois pour monter jeter un œil au trésor de la cathédrale, dont je ne connaissais pas l’existence. Tapisseries, marbres anciens finement sculptés, vêtement liturgiques lourdement brodés d’or et objets d’orfèvrerie réalisés entre le Moyen-Âge et le XIXe siècle y sont exposés. La pièce est petite mais néanmoins très intéressante. Après cette découverte, il est temps pour nous de déjeuner, et notre choix s’est porté sur Food Traboule, le food court du Vieux Lyon.

Dans la nef de la cathédrale Saint Jean
Dans la salle du trésor de la cathédrale

Profiter d’une exposition d’art

Après déjeuner, nous avons retraversé la Saône en direction des Terreaux pour découvrir l’exposition de la 3e édition du festival artistique AiRT de Famille. J’avais loupé les deux précédentes éditions et quand j’ai aperçu les premières photos de celle-ci sur les réseaux sociaux, j’avais noté dans mon agenda de prendre le temps d’aller à Lyon pour la voir. Cette année, cela se passe dans la Galerie des Terreaux, un ancien passage du XIXe siècle qui a abrité une galerie commerciale ensuite et est fermé depuis bientôt 30 ans. Je me souviens y avoir vu des expositions dans le cadre du off de la biennale d’art contemporain en 1997.

I close my eyes and use my recollection – par Mynah et Myeh – Festival AiRT de Famille 2024

Issus du programme d’incubation omart (un projet qui vise à rendre accessible à tous l’art et accompagner les artistes émergents lyonnais), une trentaine d’artistes participe à cet acte 3 du festival. Chacun a investi une pièce différente de la galerie et y a créé une œuvre en 3 dimensions. Ainsi, sur plus de 1000 mètres carrés, les scénographies immersives se succèdent (ce qui n’est pas sans nous rappeler les chambres de l’Hôtel 128 à Street Art City). On navigue d’un univers à l’autre au fil de l’ancienne galerie commerciale. Comme à chaque fois, certains univers nous interpellent, nous parlent tandis que d’autres nous laissent perplexes ou indifférents.

Pool land – par Dorothée Richard – Festival Airt de Famille 2024
J’ai particulièrement aimé l’utilisation complète de l’espace qui a été faite par l’artiste
Bienvenue en Oregon – par Nicolas Badout – Festival AiRT de Famille 2024
Coup de coeur pour l’immersion dans un décor de bande dessinée en noir et blanc
Papillon monarque – par Boun Ka – Festival AiRT de Famille 2024
Là aussi, une très belle utilisation de l’espace, entre chaos et structuration
L’île de Siam – par Gaspard Mariotte – Festival AiRT de Famille 2024
Une plongée onirique dans un décor exotique
L’île de Siam – par Gaspard Mariotte – Festival AiRT de Famille 2024
Il est possible de feuilleter le carnet de voyage de Gaspard Mariotte qui lui a inspiré cette mise en espace

Visiter le Musée des Beaux Arts

Après l’exposition, nous avons choisi de traverser la place des Terreaux pour explorer une autre facette de l’art : direction le Musée des Beaux Arts. Situé dans un ancien couvent, le palais Saint Pierre, le musée se déploie sur 2 étages entourant un joli petit jardin. Ce coin de verdure est un véritable havre de paix agrémenté de sculpture. Il suffit d’y pénétrer pour ne plus entendre les bruits de la ville qui l’entoure.

Dans le jardin du musée des Beaux Arts

L’ensemble est assez labyrinthique et s’il est possible de télécharger le plan (des QR Codes sont présents à cet effet un peu partout dans le musée), j’aurais aimé que de temps à autre, des panneaux indiquent sur un plan à quel endroit nous étions afin d’aider à se repérer. J’ai aussi moyennement aimé la muséographie de certaines salles. Entre les murs couleur « gris avec traces » et la rangée de trous à intervalles réguliers pour déplacer les cartels sous une verrière zénithale opacifiée par le temps et les dépôts, j’ai eu l’impression de me trouver sur un chantier inachevé. Dans d’autres salles, ce sont les éclairages qui m’ont un peu gâché l’expérience avec les grandes ombres portées qu’ils projetaient sur les tableaux exposés. Cependant, l’ancienne chapelle où sont présentées les sculptures permet d’en apprécier les détails, et d’autres salles jouent avec les perspectives pour mieux mettre les tableaux en valeur. Quoi qu’il en soit, les collections du musée par contre méritent largement qu’on s’y arrête. Que ce soit en sculpture ou en peinture, le musée propose au visiteur des œuvres à la fois d’artistes majeurs (Renoir, Pissaro, Gauguin, Manet, Monet, Degas, Rodin, Bourdelle, Maillol, Hubert Robert entre autres) ou plus locaux (dont Fantin-Latour, Alexandre Séon, Puvis de Chavanne ou encore Albert Gleizes).

Eurydice piquée sur les bords du Pénée– Jean-François Legendre-Héral (1822) – détail
Beatrix par Joseph Fabisch (1854) – détail du drapé de la robe
Beatrix par Joseph Fabisch (1854)
Alignement de grands maîtres
Le poème de l’âme. L’Idéal – Louis Janmot (1968) & perspective
Jeu de perspectives
Collections de peinture

Se mettre au vert au Parc de la Tête d’Or

Après ces découvertes artistiques (et un bon goûter sur les pentes de la Croix Rousse), nous avons eu envie de profiter du grand soleil pour faire un tour au Parc de la Tête d’Or, qui avec ses 105 hectares est l’un des plus vastes parcs urbains de France (à titre de comparaison, le parc Jouvet de Valence fait 7 hectares et celui du Thabor à Rennes 10 hectares). Nous avons donc pris le métro et fait quelques centaines de mètres à pied avant de franchir les grandes grilles. La chaleur du jour nous a fait éviter les serres (qui sont pourtant magnifiques). Nous nous sommes promenées dans les allées du jardin botanique et avons fait le tour de la roseraie historique. Nous souhaitions aller voir la grande roseraie et comptions pour cela traverser le lac par les îles mais des zones de travaux ne nous le permettaient pas. Compte tenu de la taille du lac (et des nombreux kilomètres déjà parcourus à pied), nous avons renoncé à en faire le tour. Nous avons donc flâné au bord de l’eau puis dans des allées à l’ombre avant de retourner au métro en direction de la gare pour prendre un train et rentrer à Valence.

Dans le jardin botanique
Dans la roseraie historique
Dans la roseraie historique
Dans la roseraie historique
Au bord du lac


Lyon – Rhône – mai 2024


Informations pratiques & bonnes adresses :

  • Trésor de la cathédrale Saint Jean – place Saint Jean, Lyon 5e (Vieux Lyon) – accès par un escalier donnant à droite de l’entrée de l’église – gratuit
  • Food Traboule – 22 rue du Boeuf, Lyon 5e (Vieux Lyon) – réservation conseillée, sinon, il est préférable d’arriver en tout début de service. Edit du 07/03/2025 : Food Traboule a définitivement fermé ses portes début 2025.
  • AiRT de Famille, acte 3 – galerie des Terreaux, entrée par la rue Lanterne, Lyon 1er – jusqu’au 21 juin 2024 – payant
  • Musée des Beaux-Arts de Lyon – place des Terreaux, Lyon 1er – payant (gratuit pour les moins de 18 ans)
  • A chacun sa tasse – 2 rue du Griffon, Lyon 1er (pentes de la Croix Rousse) – l’endroit idéal pour un goûter avec un joli choix de boissons et pâtisseries maison
  • Parc de la Tête d’Or – plusieurs entrées possibles dont la porte du Lycée avenue Verguin, la porte de la Tête d’Or avenue des Belges et la porte des Enfants du Rhône place du Général Leclerc – Lyon 6e – gratuit


Si vous voulez d’autres idées pour un séjour à Lyon, je vous propose :

  • un tour à Lugdunum, les ruines gallo-romaines de la colline de Fourvière
  • une descente de la Saône en canoë
  • Peinture fraîche, un festival de street-art que j’espère revoir à l’automne
  • la biennale d’art contemporain, dont la prochaine édition aura lieu du 21 septembre 2024 au 5 janvier 2025 (et dont j’espère bien avoir l’occasion de vous reparler cet automne)
  • l’un des nombreux musées de la ville, comme par exemple le Musée d’Art Contemporain ou celui des Confluences
  • un repas dans un bouchon pour découvrir les plats typiquement lyonnais
  • un tour aux Halles de Lyon pour faire vos provisions chez les meilleurs artisans de bouche de la ville

[Paris] un week-end entre Marais et Père Lachaise

Courant avril, je suis allée passer un week-end à Paris. Si le but était avant tout de retrouver des copains et de passer des moments ensemble, j’en ai aussi profité pour me balader et faire quelques découvertes. Celles-ci se trouvent majoritairement dans les quartiers du Marais et du Père Lachaise. En effet, mon hôtel était situé à côté de la gare de Lyon pour des questions de praticité (y allant en train et arrivant à gare de Lyon, j’ai naturellement choisi un hôtel à proximité afin de pouvoir laisser ma valise à la bagagerie de celui-ci avant le check-in/après le check-out). De plus, des travaux sur le métro généraient des fermetures sur plusieurs lignes, rendant complexe le changement de quartier.

Place de la Bastille

Autour du Marais

Flâner sur le port de l’Arsenal

Les deux matins où j’étais à Paris, j’ai débuté ma journée par un tour sur le port de l’Arsenal jusqu’à Bastille, en attendant l’heure de retrouver les copains. Je vous avais déjà parlé de ce lieu lors d’un de mes précédents séjours parisiens. Je l’avais découvert par hasard il y a une dizaine d’années alors que je me promenais dans les environs de la gare de Lyon en attendant mon train. J’aime son ambiance de petit port de plaisance coincé entre les immeubles. Il est bordé d’un jardin, rendant la promenade encore plus agréable. Tôt le matin, les quais du port de l’Arsenal ne sont fréquentés que par quelques joggers et le calme y est appréciable.

bateaux à quai dans Paris
Sur les quais du port de l’Arsenal
bateaux à quai dans Paris
Nous sommes entre la Seine et la place de la Bastille
Escaliers et colonne de Juillet sur la place de la Bastille
Bastille / Perspective

Se balader dans les rues du Marais

De la place de la Bastille, j’ai gagné le quartier du Marais. Là encore, c’est un quartier où j’aime bien prendre le temps de flâner. Les rues sont bordées d’anciens hôtels particuliers. De nombreuses façades sont superbes, et des petits jardins se cachent entre les bâtiments. C’est aussi un bel endroit pour faire du shopping alors que de nombreuses marques et concepts stores pointus ont investi les boutiques du quartier ces dernières années. Et bien sûr, j’en ai profité pour aller voir la place des Vosges, ma place parisienne préférée avec la régularité de ses façades de briques et pierre blanche, le charmant jardin qui en occupe le centre et les arcades qui la bordent. J’ai pu en profiter tôt le samedi matin, alors qu’elle était encore déserte, et c’était magique !

rue parisienne
Tôt le matin, dans les rues du Marais
arcades de la place des Vosges à Paris
Sous les arcades de la place des Vosges
square de la place des Vosges à Paris
Début de journée sur la place des Vosges
square de la place des Vosges à Paris
Strates de couleurs : toits gris/façades rouges et blanches/ feuillage vert
square de la place des Vosges à Paris
Ni les touristes ni les habitants du quartier n’ont encore investi les allées du square
Jardin d'un hôtel particulier du Marais à Paris
Faire une pause dans le jardin de l’Hôtel de Lamoignon
Jardin d'un hôtel particulier du Marais à Paris
Dans le jardin à la française de l’Hôtel de Sens

Découvrir des musées

Vous l’avez sans doute remarqué : j’aime bien explorer les musées et les expositions. Et ce n’est pas ce qui manque à Paris. Il est vraiment possible de trouver des propositions culturelles pour tous les goûts. Le quartier du Marais regorge de galeries (j’ai jeté un œil à certaines en passant devant mais j’étais trop matinale pour qu’elles soient ouvertes) et de musées. J’ai visité trois musées le dimanche, presque par hasard.

La maison de Victor Hugo

La maison (ou plutôt l’appartement) de Victor Hugo situé place des Vosges faisait déjà partie de mes envies lorsque j’étais venue à Paris avec Melle 3e en octobre 2022. Notre timing n’était pas bon (nous étions trop matinales) et avions finalement rejoint l’Île de la Cité pour visiter la Conciergerie et la Sainte Chapelle. Si le samedi matin, j’étais très tôt sur la place des Vosges, j’y suis repassée en milieu de matinée le dimanche en attendant de retrouver une amie pour le déjeuner. J’en ai donc profité pour entrer dans l’intimité de l’écrivain.

Situé dans l’appartement où Victor Hugo a vécu sur la place des Vosges, le musée n’est pas très grand. Il permet toutefois de découvrir des œuvres en rapport avec les écrits de Hugo, ainsi que des dessins qu’il a lui même faits. Par ailleurs, certaines pièces ont été reconstituées avec des décors issus d’autres lieux où l’auteur à vécu, que ce soit à Paris ou lors de ses années d’exil à Guernesey. Si ce musée ne mérite pas de se déplacer spécialement, il est intéressant de s’y arrêter si on passe dans le quartier.

escaliers d'un immeuble bourgeois à Paris
L’appartement de Victor Hugo est situé au 2e étage
salon de la maison de Victor Hugo, sur la place des Vosges à Paris
Le décor de la pièce provient de la maison de Victor Hugo à Guernesey

Le Musée des Archives Nationales

En début d’après-midi, alors que nous nous promenions avec une copine dans le Marais, c’est l’imminence d’une averse qui nous a décidées à aller faire un tour au Musée des Archives Nationales. Situé dans un superbe hôtel particulier, cet ancien lieu de stockage des archives du pays présente dorénavant des expositions temporaires et la possibilité d’admirer quelques décors du XVIIIe siècle. Lors de notre passage, le rez-de-chaussée était en partie consacré au discours de Simone Veil à l’assemblée nationale en 1973, présentant les minutes des débats ainsi que le texte lu par la députée. A l’étage, l’exposition principale était « Sacrilège ! L’État, les religions et le sacré, de l’Antiquité à nos jours« . Elle permet à travers de nombreux documents d’aborder la dimension politique du sacrilège, et replace cette notion au fil du temps, jusqu’à nos jours.

cour d'honneur d'un hôtel particulier à Paris
Cour d’honneur de l’Hôtel de Soubise, qui abrite le Musée des Archives Nationales
cour d'honneur d'un hôtel particulier à Paris
La colonnade de la cour d’honneur de l’Hôtel de Soubise
Manuscrit médiéval
Manuscrit médiéval
boites à archives anciennes
L’archivage du fil du temps
salon d'un hôtel particulier du 18e siècle à Paris
Les somptueux décors XVIIIe siècle de l’Hôtel de Soubise

Le Musée Carnavalet

Après la visite au Musée des Archives Nationales, la copine avec qui j’étais m’a laissé continuer seule mes explorations car elle avait un rendez-vous. J’ai donc fait un tour au Musée Carnavalet qui retrace l’histoire de Paris à travers de très nombreux artefacts. Je commençais à être déjà bien fatiguée de mon week-end, et en ce dimanche après-midi à la météo mitigée, il y avait foule dans les différentes salles. Je n’ai donc pas su apprécier les richesses du Musée Carnavalet à leur juste valeur. J’ai donc noté qu’il serait intéressant d’y retourner car ce que j’en ai vu donne envie de l’explorer plus. Il comporte entre autres une très belle collection d’enseignes et plaques de rue anciennes ainsi que de nombreux décors complets issus d’hôtels particuliers depuis détruits ou d’anciennes boutiques (dont la bijouterie Fouquet dont le décor avait été entièrement conçu par Alphonse Mucha).

cour d'honneur d'un hôtel particulier à Paris avec une statue en pied de Louis 14
La cour d’honneur du Musée Carnavalet dans l’Hôtel des Ligneris avec sa statue de Louis XIV
Pendule et décor du 18e siècle
Pendule et décor du XVIIIe siècle
boiseries décorées du 17e siècle
Le cabinet de l’Hôtel Colbert de Villacerf, un exemple de boiseries du XVIIe siècle
escalier monumental
Escalier d’honneur de l’Hôtel Le Pelletier de Saint Fargeau

Traverser la Seine pour gagner l’Île Saint Louis

En me promenant dans le Marais, mes pas m’ont menée jusqu’en bord de Seine. J’ai eu envie de traverser le pont qui me faisait face pour gagner l’Île Saint Louis. J’ai toujours eu un faible pour cette île, moins fréquentée et moins touristique que sa voisine l’Île de la Cité. Les beaux hôtels particuliers se succèdent le long des quelques rues de l’île. Je longe un peu les quais. L’ambiance est printanière. Puis, je gagne le cœur de l’île avec la longue rue qui la traverse sur toute sa longueur. Au passage, avant de regagner la rive droite et le Marais, je jette un œil à Notre-Dame. (La dernière fois que j’étais venue de ce côté, sur ce pont entre les deux îles, c’était le lendemain de l’incendie du 15 avril 2019. J’étais en déplacement professionnel à Paris, et il fallait que j’aille la voir, essentiellement pour réaliser ce qui s’était passé.)

la Seine à Paris
Direction l’Île Saint Louis par le pont Marie
rue de Paris
Le charme des rues transversales
glycine sur une façade
J’ai regretté de ne pas être au moment où cette glycine gigantesque est fleurie
Notre Dame de Paris en travaux
Un coup d’œil au chantier de Notre Dame. La cathédrale a de nouveau une flèche.
quais de la Seine à Paris
Quais de Seine

Autour du Père Lachaise

Plonger dans les œuvres d’art à l’Atelier des Lumières

C’est une de mes copines qui avait lancé l’idée de l’Atelier des Lumières. J’étais curieuse depuis un moment de vivre ce type d’expérience (cela fait des années que je me dis qu’il faudrait que j’aille aux Carrières de Lumière aux Baux de Provence d’ailleurs). Nous avions pris nos billets en ligne et n’avons pas eu à attendre pour entrer. Une fois les portes passées, le visiteur est plongé littéralement au cœur des œuvres projetées sur presque toutes les surfaces du bâtiment (qui est une ancienne fonderie). Nous y allions pour le spectacle sur l’Egypte des Pharaons, mais nous avons aussi vu celui sur les peintres orientalistes du XIXe siècle. Ce second programme semble faire débat sur les réseaux sociaux, accusé de manquer de contextualisation et de véhiculer une image erronée du monde Arabe, et en particulier des femmes.

Les peintures de l’Egypte antique s’animent sur les murs de l’Atelier des Lumières

Il faut dire que la rhétorique marketing du lieu annonce cela comme des « expositions ». Or à mon sens, l’Atelier des Lumières n’est ni un musée ni une exposition. Il est dommage donc d’appeler « expositions » les spectacles qui se jouent dans la halle de l’atelier (cela créé visiblement des attentes qui ne sont donc pas satisfaites, et en effet les œuvres utilisées sont peu voire pas du tout contextualisées). C’est une expérience immersive qui s’appuie sur des œuvres d’art pour les détourner en spectacle numérique (comme cela peut être fait aussi lors de projections monumentales de la Région des Lumières en Auvergne-Rhône-Alpes, par exemple à Valence, à Romans ou au Puy en Velay, ou encore au Mont Saint Michel ou à Bourges lors des parcours nocturnes estivaux). En choisissant de se positionner à tel endroit, de déambuler ou de rester statique, le spectateur devient acteur de son expérience de l’espace et du temps durant les projections. Il ne faut pas venir à l’Atelier des Lumières pour apprendre. Il faut y aller comme on va dans un parc d’attraction ou comme on va voir un bon spectacle : pour passer un bon moment.

En immersion complète dans les images

Parcourir les allées du cimetière

Après l’expérience son et lumière dans l’Atelier des Lumières, nous avons cherché un peu de calme. Pour cela, nous avons pris la direction du cimetière du Père Lachaise tout proche. Les cimetières me fascinent et les vieux cimetières encore plus. Celui du Père Lachaise a été créé au tout début du XIXe siècle et son plan a été imaginé par l’architecte Brongniart. Il n’a toutefois pas beaucoup de succès les premières années et il faudra que le préfet de Paris y fasse transférer Héloïse et Abélard, Molière ainsi que La Fontaine. Le cimetière gagne ainsi ses lettres de noblesse et doit être agrandi. En une cinquantaine d’années, il passe ainsi d’à peine 18 hectares à presque 44. Il comporte aujourd’hui environ 70 000 sépultures.

allée pavée bordée de monuments funéraires du 19e siècle au Cimetière du Père Lachaise à Paris
Les allées sont bordées de chapelles funéraires du XIXe siècle

Nous avons déambulé au fil des allées, sans but précis, sans chercher à voir de tombe en particulier. Nous sommes impressionnés par la densité des sépultures, et par l’esthétisme de certaines. Nous avons tout de même croisé la tombe de Jim Morrison. Nous avons surtout profité du calme de cet écrin de verdure. Là, les bruits de la ville semblent ne plus exister. Le vent secoue les feuilles des arbres. Les oiseaux chantent. Des chats se prélassent. Le cimetière fourmille de vie et de biodiversité. En nous éloignant des grandes allées pavées, nous entrons dans un autre monde où le temps semble suspendu et où la végétation pare les tombeaux. Le retour à réalité du monde en passant le grand portail du cimetière est plutôt brutale d’ailleurs.

Cimetière du Père Lachaise à Paris
Prendre les allées secondaires
Cimetière du Père Lachaise à Paris
Le cimetière est construit en pente
Monument funéraire au Cimetière du Père Lachaise à Paris
Pleureuse
Monument funéraire au Cimetière du Père Lachaise à Paris
Par endroits, la nature vient défier la mort
Cimetière du Père Lachaise à Paris
La géographie du terrain à imposé un enchevêtrement des sépultures par endroits
Monument funéraire au Cimetière du Père Lachaise à Paris
Monument funéraire
Cimetière du Père Lachaise à Paris
Comme une impression de pénétrer dans un autre monde
Monument funéraire au Cimetière du Père Lachaise à Paris
Pleureuses sur une chapelle funéraire
Monument funéraire au Cimetière du Père Lachaise à Paris
La densité des sépultures est plus importantes dans certaines zones escarpées
Monument funéraire au Cimetière du Père Lachaise à Paris
Comme un temple mystique au cœur d’une forêt


Bien entendu, j’ai aussi passé de longs moments à discuter autour d’un café, d’un repas ou d’un verre avec les copains, mais ces moments-là, je les garde pour moi !


Paris – avril 2024


Informations pratiques :

  • Maison de Victor Hugo, 6 place des Vosges, Paris 4e – gratuit pour l’accès à l’appartement
  • Musée des Archives Nationales, 60 rue des Francs Bourgeois, Paris 3e – gratuit
  • Musée Carnavalet, 23 rue de Sévigné, Paris 3e – gratuit
  • Atelier des Lumières, 38 rue Saint Maur, Paris 11e – payant
  • Cimetière du Père Lachaise – plusieurs entrées dont la porte principale 28 ter boulevard de Ménilmontant, Paris 20e – gratuit

[exposition] Ikats, Cultures du monde et créations contemporaines

Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé d’une exposition terminée. Je suis pourtant allée il y a un peu plus d’un mois voir celle-ci sur les ikats, mais je n’ai pas trouvé le temps d’écrire cet article avant qu’elle ne ferme ses portes à Crest. Toutefois, comme il s’agit d’une exposition qui n’a pas été spécifiquement montée pour Crest, il est possible qu’elle s’installe ailleurs dans les prochains mois.

Ikats anciens d’Indonésie

L’ikat est une technique de teinture des fils avant tissage, sur la chaîne, la trame ou bien les deux. Des réserves sont positionnées sur les fils à des endroits bien précis afin de tracer les motifs par la teinture préalable au tissage. Parfois, plusieurs bains de couleurs sont utilisés avec des réserves différentes. Cette technique est très développée dans toute l’Asie, depuis l’Asie centrale jusqu’au Japon. Traditionnelle, elle continue à être utilisée à plus ou moins grande échelle. Au Japon, les ikats trame et chaîne en fils de soie sont des objets artisanaux de grande précision. En Asie centrale, l’ikat est semi industrialisé et permet le tissage de grandes pièces de tissu ensuite utilisée pour l’habillement ou l’ameublement.

J’ai découvert cette technique si particulière à l’occasion d’une exposition au Centre d’Art de Crest cet hiver. Les commissaires Rémy et Monique Prin ont ramené de leurs voyages en Asie de nombreux ikats de toutes époques et de tous styles qu’ils présentaient en les contextualisant. Ils ont aussi rapporté la technique de l’ikat qu’ils ont utilisé pour des créations contemporaines en fils de coton, jouant sur les perspectives.

Ikats anciens d’Indonésie
Ikats anciens d’Indonésie
Ikats anciens de Malaisie
Vêtements en Ikat d’Ouzbékistan et Ikat contemporain par Rémy et Monique Prin
Ikats contemporains par Rémy et Monique Prin
Ikats (chaîne et trame) ancien du Japon
Ikats (chaîne et trame) ancien du Japon
Ikats (chaîne et trame) ancien du Japon

Centre d’Art de Crest – Drôme – mars 2024

(*) L’exposition s’est tenue à Crest du 10 février au 28 avril 2024

(**) Si vous souhaitez comprendre la technique de l’ikat, le plus simple est d’aller voir une vidéo. Celle en lien s’intéresse à la création des ikat chaîne et trame de Bali.

[Drôme] dans les coulisses du Musée de Valence

Ce printemps, j’ai eu la chance d’être invitée à un instameet exceptionnel à la découverte des coulisses du Musée de Valence. Si vous me suivez, vous avez sans doute déjà noté que j’aime découvrir des expositions ou des musées, et que j’apprécie tout particulièrement celui de Valence. Je m’y rends régulièrement, que ce soit pour parcourir les collections permanentes ou découvrir les expositions temporaires. Je n’ai ainsi pas manqué d’aller voir l’exposition en cours, Histoire(s) de Collections. Cette fois, c’est un programme surprenant et original qui m’attendait.

façade vitrée du musée de Valence
Direction le Musée de Valence !

Entrer dans les réserves

Le rendez-vous était donné un samedi matin à proximité du musée. Nous nous rejoignons sous le soleil avec quelques autres instagrameurs ainsi que les organisateurs de cette rencontre, à savoir le musée de Valence, l’office de tourisme de Valence Romans et l’agence d’attractivité de la Drôme.  Je retrouve avec plaisir Maxime du Caillou aux Hiboux, Aurélie, Baptiste, Virginie et Christophe (car il se trouve que j’ai déjà participé à des instameets avec chacun d’entre eux) . Nous sommes prêts à nous rendre dans un lieu gardé secret : les réserves du musée de Valence.

Là, nous sommes accueillis par Béatrice, la régisseuse des collections. Autour d’un café, elle nous explique en quoi consiste son rôle, comment elle accompagne les œuvres qui se déplacent afin de garantir les bonnes conditions de leur voyage et de leur conservation une fois sur place. Nous apprenons que s’il y a environ 2 000 œuvres exposées dans le musée, les collections en comportent en fait 20 000. Il faut dire qu’une fois qu’une œuvre est entrée dans les collections d’un musée classé « musée de France », elle ne peut plus en sortir (sauf à faire l’objet d’une fastidieuse procédure de déclassement). Les collections sont en effet inaliénables et inaltérables. Elle nous raconte les mésaventures arrivées à certaines des œuvres, les dégâts de l’incendie de 1969, la façon dont étaient stockées les collections avant la fermeture du musée en 2006 pour son réaménagement.

caisses de transport en bois
Les caisses de transport sont conservées en attente de servir pour un autre trajet. La boîte verte est celle du tableau de Nymphéas de Monet, prêté par le musée d’art moderne de Saint Etienne pour l’exposition L’Univers sans l’Homme et qui reste encore quelques mois en prêt à Valence.

Il est maintenant temps de pénétrer dans les différentes réserves. En effet, les œuvres sont conservées dans des pièces séparées selon leur nature : organique, inorganique, métallique, dessins et peintures. A chaque nouvelle réserve, j’ai l’impression d’entrer dans la caverne d’Ali Baba. Les œuvres sont bien rangées, toutes numérotées. Elles remplissent étagères et armoires. Béatrice nous ouvre les tiroirs. Nous nous amusons avec les reflets des grands miroirs, vestiges de l’ancienne version du musée où les pièces étaient meublées.  Les vestiges archéologiques emplissent des boîtes dans des compactus à l’allure futuriste. Le musée de Valence est le dépôt de toutes les découvertes archéologiques du Nord Drôme. On repère des lieux connus sur les étiquettes, suite à des fouilles ayant eu lieu à l’occasion de travaux comme ceux de la LGV.

de la vaisselle ancienne
Les collections du musée de Valence comportent un certain nombre d’œuvres issues de l’époque où il était une vitrine pour des savoir-faire et un lieu de découverte pluriel. Compte tenu du caractère inaliénable des collections, le musée est obligé de continuer à les conserver.
des sculptures en bronze sur une étagère
Enchevêtrements
des miroirs et meubles anciens, bâchés
Le musée, façon garde-meuble
des étagères pleines de caisses de rangement en plastique
Artefacts archéologiques en boîtes et compactus

Le clou du spectacle est bien entendu la réserve des peintures et dessins. Là, plusieurs dizaines d’œuvres d’Hubert Robert sont rangées et Béatrice en sort quelques-unes au hasard pour notre plus grand plaisir. Il faut dire que la collection Hubert Robert est une des fiertés du musée de Valence : c’est en effet la 3e plus importante au monde après celle des musées du Louvre à Paris et de l’Ermitage à Saint Pétersbourg. Puis, Béatrice tire un des immenses tiroirs-grille qui occupent les côtés de la pièce. Des tableaux de toutes tailles sont accrochés de chaque côté. Chaque rack dévoile des trésors picturaux. Toutes les époques sont représentées. Les donations de Vanber (qui avait aussi fait une donation à la ville de Crest où il avait son atelier) et Varbanesco occupent des pans entiers. Je suis comme un gourmand dans un magasin de confiserie, complètement émerveillée.

des tableaux sur une grille
Sur cette grille, on retrouve des tableaux abîmés lors de l’incendie de 1969.
des tableaux sur une grille
Avec les expositions en cours, certaines grilles on été vidées de leurs tableaux. Certains formats ne tiennent que couchés sur les grilles, tandis que d’autres, monumentaux, sont stockées châssis démonté et toile en rouleau.
des tableaux sur une grille
Ces deux tableaux ont été récupérés à la fermeture du musée de Montélimar et nécessiteraient une restauration.
des tableaux sur une grille
Extrait de la donation Vanber

Déjeuner au soleil

Après cette plongée dans les salles aveugles des réserves, nous revenons à la lumière du jour pour profiter du soleil dans le jardin. Alors que le musée est fermé au public pour la pause méridienne, nous nous installons sur la terrasse de l’orangerie pour déjeuner. Nous flânons dans les allées de ce jardin suspendu, qui était celui du palais épiscopal. Quelques orchidées sauvages ont fleuri dans l’herbe. Chloris est sublimée par son écrin de verdure. Les échanges continuent au fil du repas. Nous nous régalons des anecdotes sur le musée : comment les dolia ont été déposées par une grue dans leur salle d’exposition avant l’installation de la toiture, comment les grandes mosaïques sont passées par la fenêtre avant la pose de la baie vitrée, etc.

une statue dans un parc
Chloris de face
une façade vue à travers un assemblage de pièces de meccano
A travers Arcadie, montage de Pat Bruder
une statue dans un parc
Chloris de dos
orchidée sauvage
Ophrys (il s’agit à mon avis d’un ophrys de mars, plus précoce que l’ophrys araignée, même s’il lui ressemble beaucoup)

Restaurer les tableaux

La journée se poursuit avec Marie-Anne, une restauratrice de tableaux. Elle nous explique comment elle procède pour d’abord analyser les travaux nécessaires. Les tableaux peuvent ainsi avoir besoin d’être simplement nettoyés et dans ce cas, les produits utilisés varient selon la nature de ce qui les a ternis : un vernis qui a jauni, de la suie, des vapeurs grasses ou de la nicotine par exemple. Mais parfois, il faut aller plus loin : réparer un trou dans la toile, rentoiler complètement la toile, fixer des écailles qui se détachent ou combler des lacunes. Nous nous essayons au diagnostic en utilisant la lampe UV afin d’identifier des repeints sur des tableaux abîmés que le musée a mis à notre disposition. Puis, nous nous amusons à nettoyer des petites toiles factices. Voir les couleurs éclater de nouveau après avoir passé le coton imbibé de produit nettoyant est très satisfaisant.

un tableau abimé sur un chevalet
Ce tableau a pris un coup et la toile est rompue, fragilisant la couche picturale
un tableau abimé éclairé par une lampe UV
Chercher les repeints avec la lampe UV
Avant/après – nettoyage d’un tableau

Nous prenons ensuite la direction des salles d’exposition du musée pour aller admirer quelques œuvres restaurées récemment ou au contraire dont le vernis a terni. Nous nous arrêtons longuement sur un tableau de Rubens qui a été restauré il y a peu, ainsi que sur un grand tableau d’Hubert Robert. Avec la lampe UV, nous découvrons les repeints et la précision du travail des restaurateurs. C’est extrêmement instructif, et cela apporte un regard précieux sur la nécessité de la conservation préventive des œuvres.


La journée se termine. C’est avec l’impression d’avoir vécu un rêve éveillé que je repars. Entrer dans les réserves d’un musée est magique quand, comme moi, on aime le patrimoine. Se rendre compte du volume et de la diversité des collections du musée de Valence était vraiment une expérience extraordinaire, et je remercie sincèrement le musée de Valence, Valence Romans Tourisme et l’agence d’attractivité de la Drôme de m’avoir permis de la vivre.

Selfie-musée, le retour !

(pour mémoire d’autres expériences de selfie-musée : lors de l’exposition All Over Philippe Favier au musée de Valence, lors d’une exposition d’une partie de la collection Pinault à Rennes, lors de l’exposition Le Triomphe de la Couleur à Crest, au musée des Beaux-Arts de Montréal…)


Musée de Valence – Drôme – mars 2024


(*) Les réserves du musée ne sont pas ouvertes au public. J’ai pu y pénétrer grâce à une invitation du musée de Valence (collaboration commerciale non rémunérée). Toutefois, je ne peux que vous encourager à aller découvrir les quelques 2000 œuvres de l’exposition permanente, ainsi que les expositions temporaires, toujours de grande qualité, du musée de Valence.

[Bouches-du-Rhône] une journée à Aix-en-Provence

J’étais déjà allée à Aix-en-Provence il y a 5 ans. Si j’avais globalement apprécié la ville, cela n’avait pas non plus été un coup de cœur absolu, et Aix ne faisait pas partie de ces villes où j’ai particulièrement envie de retourner. Mais alors pourquoi y avoir passé une journée, me direz vous. Tout simplement parce que l’Hôtel de Caumont présentait une exposition que Melle 3e souhaitait voir, et que tant qu’à faire le trajet, autant en profiter pour se balader en ville, et donner une seconde chance à Aix-en-Provence d’intégrer le club des villes où je veux revenir.

Place des Quatre Dauphins – quartier Mazarin

Flâner dans la vieille ville

Nous sommes arrivées à Aix-en-Provence en milieu de matinée un samedi. J’aurais préféré venir en semaine mais je ne pouvais pas prendre de congés et la date de fin de l’exposition approchait. Nous devions donc y aller durant un week-end. J’avais fait le choix du samedi par rapport au dimanche pour pouvoir profiter en ville des boutiques ouvertes, ce qui est toujours plus agréable. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que c’est aussi le jour du marché. Et le marché d’Aix du samedi matin, à la fois alimentaire et non alimentaire, est très vaste, s’étendant sur le Cours Mirabeau et de nombreuses places de la ville. Il attire aussi logiquement beaucoup de monde, rendant l’accès au stationnement un peu laborieux (et j’avais pourtant opté pour un très vaste parking souterrain mais il m’a fallu faire preuve de beaucoup de patience pour y accéder, puis descendre assez bas pour trouver une place !).

Place des Prêcheurs

Nous avons ensuite fait tous nos déplacements à pied, parcourant la vieille ville dans tous les sens. Nous avons commencé par les quartiers les plus anciens, au plan un peu anarchique. Les petites rues sont bordées des belles façades des anciens hôtels particuliers. Certains ont été transformés en boutiques. Nous en profitons pour entrer dans les cours, et jeter un œil aux escaliers majestueux.

Les jolies façades aux tonalités chaudes
Quand le soleil joue avec les fenêtres dans l’escalier de l’hôtel Boyer d’Eguilles (qui abrite la boutique Aroma-Zone)

Parmi les curiosités dans le centre ville d’Aix-en-Provence, il y a les fontaines. Construites entre les XVe et XIXe siècles pour approvisionner les habitants de la ville en eau, elles sont aujourd’hui des éléments décoratifs, sources de fraîcheur en été. Lors de notre visite, toutes les fontaines n’étaient pas en activité. Nous avons toutefois pu profiter de certaines d’entre elles, au hasard des places et des rues. Nous n’avons bien sûr pas manqué de jeter un œil à la fontaine moussue du Cours Mirabeau. Cette dernière se trouve en effet maintenant complètement engloutie par une énorme concrétion de tuf qui s’est déposée depuis sa construction en 1667 et sur laquelle la végétation s’est développé. Elle a la particularité d’être alimentée par une source chaude et sourd autour de 20° C toute l’année.

Place des Trois Ormeaux
Fontaine des Neuf Canons – Cours Mirabeau

Découvrir une libraire atypique

Alors que nous envisagions de passer cette journée à Aix-en-Provence, le hasard des réseaux sociaux m’a fait tomber sur une publication Instagram de la librairie Mon Chat Pitre. Le concept de la « ronron » librairie est celui d’une librairie aux allures cosy dans laquelle plusieurs chats évoluent en liberté. Tous ont été adoptés via une association. Forcément, nous avons eu envie d’aller découvrir ce qu’il en était. La façade est modeste mais ne laisse pas de doute sur le lieu. En vitrine, outre quelques ouvrages mis en valeur, on ne peut pas manquer le grand fauteuil, couvert de poils, et sur lequel un félin fait sa sieste. L’établissement, tout en longueur, se divise en plusieurs petites salles. Certaines ont un éclairage zénithal et toutes de jolis luminaires. Sur les tables et le long des murs, on trouve une belle sélection de livres. Après avoir trainé dans les rayons, difficilement fait un choix et croisé quelques chats libraires, nous passons à la caisse où les chats caissiers nous attendent. Nous ne regrettons pas du tout d’avoir entendu parler de cette librairie atypique où nous avons passé un bon moment.

Dès la vitrine, le ton est donné !
Une librairie qui donne envie de chercher son bonheur livresque
A la caisse, un assistant pas toujours très efficace

(*) Librairie Mon Chat Pitre, 13 rue de Montigny, Aix-en-Provence

Profiter d’une exposition à l’Hôtel de Caumont

Comme je l’ai dit plus haut, si nous sommes venues à Aix-en-Provence, c’est avant tout pour voir une exposition, présentée à l’Hôtel de Caumont. Melle 3e avait en effet repéré dès le début de l’automne la monographie consacrée à Alphonse Mucha et m’avait convaincue d’y aller. Il y a cinq ans, nous avions vu une exposition d’œuvres de Chagall dans le même centre d’art, situé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle au cœur du quartier Mazarin. Après avoir jeté un œil aux deux salles patrimoniales rappelant la vie passée de l’Hôtel de Caumont, nous entrons dans le vif du sujet.

L’escalier d’honneur de l’Hôtel de Caumont a été pavoisé aux couleurs de l’exposition en cours

Si vous ne connaissez pas le nom de Mucha, vous avez sans doute déjà vu ses illustrations (ou des illustrations inspirées de son style). Né en République Tchèque (à l’époque où c’était une province de l’Empire Austro-Hongrois), Mucha arrive à Paris en 1887. Il rencontre d’autres artistes dont Paul Sérusier avec qui il se lie d’amitié. Ses qualités graphiques le font vite remarquer et il travaille avec la maison d’édition Armand Colin ou l’imprimeur Lemercier. C’est par ce dernier qu’il entrera en contact avec l’actrice Sarah Bernhardt en 1894, qui souhaite une nouvelle affiche pour Gismonda, la pièce qu’elle joue et qui est en perte de vitesse. Mucha est le seul illustrateur disponible. Sa proposition casse les codes en vigueur et pose les bases de son style. La pièce est un succès et Mucha devient l’illustrateur attitré des affiches des pièces de Sarah Bernhardt. Il affirme son style qu’il déploie sur les affiches de spectacle, mais aussi les publicités (et on peut au passage se rendre compte que l’image d’une femme un peu dénudée est déjà à la fin du XIXe siècle une méthode de marketing pour vendre tout et n’importe quoi : vins, bières, biscuits, vélos…).

La primevère (lithographie – 1899)

Convaincu que le beau doit être à la portée de tous, Mucha fait aussi éditer des illustrations allégoriques, où l’on sent sa proximité avec le mouvement symboliste. Il propose ainsi des séries autour des fleurs, des saisons, des arts, des moments de la journée. A chaque fois, on y retrouve son style si particulier et que l’on associe maintenant immédiatement à l’Art Nouveau. L’exposition parcourt ainsi la vaste production lithographique de Mucha. La dernière salle, toutefois, est dédiée à l’œuvre plus tardive de Mucha, une œuvre plus « slave », directement inspirée de son pays natal où il retourne en 1910 après quelques années aux Etats-Unis. Il peint alors en particulier une vaste série de vingt toiles monumentales, L’épopée slave, qui retrace l’histoire des slaves depuis le IIIe siècle. Si L’épopée slave n’est pas présentée lors de l’exposition (elle est cependant largement évoquée à travers une salle immersive qui plonge le spectateur au cœur de l’œuvre porté par la musique de Dvořák), d’autres toiles d’inspiration nationaliste et symboliste sont présentes. Si l’on y retrouve certains traits du « style Mucha », elles sont cependant bien différentes de son travail de dessinateur. De plus, elles apportent un éclairage sur le décalage entre l’artiste tel qu’il a été connu et l’artiste tel qu’il aurait souhaité être connu.

La rose (détail)- série Les Fleurs
lithographie – 1898
L’iris (détail) – série Les Fleurs
lithographie – 1898
L’été (détail) – série Les Saisons
lithographie – 1896
La Madone aux lys (détail)
huile sur toile – 1905
L’exposition permet aussi de découvrir les méthodes de travail de Mucha et en particulier, les photos de préparation de ses illustrations et tableaux. Il avait en effet pour habitude de faire poser des modèles, se mettant parfois lui-même en scène tout comme sa famille et ses amis.

(*) L’exposition « Mucha, maître de l’Art Nouveau » se tient jusqu’au 24 mars 2024 au centre d’art de l’Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence. Vous pourrez retrouver tous les détails pratiques sur le site internet de l’Hôtel de Caumont.
L’exposition suivante sera consacrée à Bonnard.
Je vous conseille vivement de réserver vos billets à l’avance sur internet : cela vous évitera une première queue à l’entrée du centre d’art. Par contre, en cas de forte affluence, il est possible que vous deviez quand même attendre un peu avant d’entrer dans l’exposition ensuite. En effet, les espaces sont relativement restreints et ont une jauge limitée. Par ailleurs, pour un meilleur confort de visite, je vous recommande de cibler des jours/horaires à moindre fréquentation pour les expositions à l’Hôtel de Caumont. Nous y étions un samedi de vacances scolaires, et si en arrivant pendant l’heure du déjeuner, nous avons pu éviter les files d’attente, il y avait énormément de monde dans les salles. Nous avons parfois du attendre avant de pouvoir visualiser correctement une œuvre par exemple.


Après la visite de l’exposition (ce qui nous a quand même pris pas loin de 2 heures), même s’il n’était pas très tard encore, nous étions fatiguées d’avoir piétiné dans la foule, et avons renoncé à aller faire un tour au musée Granet que nous avions pourtant repéré. Nous avons opté pour un goûter et quelques achats gourmands avant de reprendre la route du retour.

Façade sur le Cours Mirabeau


Adresses gourmandes

  • Nous avons profité de la météo plutôt clémente pour déjeuner en terrasse. Elles sont nombreuses dans la vieille ville, situées sur des places ou le long de rues piétonnes. C’est le hasard qui nous a conduit dans un bar à salades et sandwiches très sympa, où l’on constitue son repas en cochant les ingrédients que l’on souhaite sur une petite fiche.

    (*) Miam Miam, 9 rue Laurent Fauchier, Aix en Provence
  • Pour le goûter, nous sommes allées à l’Atelier du Mochi. Nous l’avions repéré le matin en croisant une personne qui avait un sac de la boutique. Quelques petites tables à l’intérieur mais surtout en terrasse permettent de déguster sur place les mochis traditionnels ou glacés fait maison, en les accompagnant d’un thé ou d’une boisson fraîche. Nous avons tellement apprécié ces mochis que nous en avons aussi acheté à emporter pour notre dessert du soir.

(*) L’atelier du Mochi, 10 rue Boulegon, Aix-en-Provence

  • Impossible de repartir d’Aix en Provence sans calissons. Ces confiseries au melon et à l’amande sont en effet une spécialité locale. On en trouve bien entendu un peu partout en ville, mais une connaissance m’avait conseillé de les prendre à la Chocolaterie de Puyricard. Je ne regrette pas du tout d’avoir suivi son conseil : ce sont les meilleurs calissons que j’ai eu l’occasion de déguster. On y sent bien les goûts du melon et de l’amande sans qu’ils soient trop sucrés.

(*) Chocolaterie de Puyricard, plusieurs boutiques en France, dont 2 à Aix. Nous sommes allées à celle située en bas du Cours Mirabeau


Aix-en-Provence – Bouches du Rhône – mars 2024

[projet 52-2024] semaine 10 – à la lettre

Cette semaine, le thème du projet 52, « à la lettre », nous incite à nous plonger dans les mystères de l’alphabet ou de la correspondance. J’avoue avoir mis ce thème sur la liste après avoir visité le Scriptorial d’Avranches et vu les manuscrits du Mont Saint Michel. Mais j’ai déjà utilisé cette illustration il y a trois semaines avec le thème « en papier ». Il me fallait donc une autre idée.

Parmi celles qui me sont venues à l’esprit, il y a eu :

  • Un animal qui aurait été nommé en fonction de la lettre de son année de naissance. Mais ce n’est pas le cas de Vador et je n’ai pas eu le temps d’aller au centre équestre depuis un moment.
  • Un courrier que j’aurais reçu. Mais ces derniers temps, je n’ai pas eu de lettre bien intéressante visuellement, ni que j’aurais pu exploiter de façon un peu décalée.
  • Une pile de vieilles lettres. Cependant, j’utilise régulièrement les cartes postales et autres courriers que j’ai récupérés chez mes grands-parents, et je souhaitais un peu d’originalité.
  • Une jolie typographie. Et cela tombe assez bien car le week-end dernier, je suis allée à Aix-en-Provence pour visiter l’exposition consacrée à Alphonse Mucha. Si son style de dessin est très connu, et immédiatement associé à l’Art Nouveau, je n’avais jamais prêté attention au travail de typographie sur ses affiches.
Détail de l’affiche pour Gismonda avec Sarah Bernhardt au Théâtre de la Renaissance – 1894


Pour découvrir ce que les autres participants ont fait à la lettre, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : ce week-end, je serai occupée à profiter de bons moments et partager des activités. Je ne sais donc pas à quel moment je pourrai venir valider les commentaires qui seraient partis en modération. Donc, ne vous inquiétez pas si votre commentaire ne s’affiche pas et met longtemps à apparaître : c’est sans doute qu’il est quelque part dans la file de modération et que je n’ai pas encore eu le temps de le valider

[Drôme] 2 expositions à découvrir à Valence

A Valence, il y a régulièrement des expositions, au musée ou au centre du patrimoine arménien. J’ai pris l’habitude d’aller les voir à chaque fois. En effet, les propositions sont généralement très intéressantes, et me permettent d’élargir mes horizons et connaissances. Actuellement, les deux structures proposent des expositions temporaires que je suis allée voir. Au musée, il est question de regarder comment les collections se sont constituées. Au centre du patrimoine arménien, nous partons au Mexique avec un plasticien. Je vous invite à me suivre pour les découvrir.

Citation "sa place est dans un musée !"
« Sa place est dans un musée ! »J’ai retrouvé cette citation d’Indiana Jones sur les murs de l’exposition au Musée de Valence. J’aime la façon dont ce musée sait s’ouvrir à l’ensemble du monde et casser les codes traditionnels du musée. Cette fois, c’était donc en s’appropriant une phrase iconique de la pop-culture.


Histoires de collection, 2 siècles de donation au musée

A l’occasion des dix ans de sa réouverture, le musée de Valence a décidé de revenir sur la construction de ses collections à travers une exposition temporaire. Pour cela, de nombreuses œuvres ont été sorties des réserves et certaines sont présentées au public pour la première fois depuis bien longtemps. L’exposition débute par les origines de la création du musée et l’appel aux dons d’œuvres qui avait fait par le maire de Valence en 1834. Depuis, ce sont plus de 4000 œuvres et objets qui ont été donnés au musée de Valence.

livret de l'exposition Histoires de collection du musée de Valence

L’exposition parcours les donations par ordre chronologique, commençant par les deux dons exceptionnels de Julien Victor Veyrenc en 1835 et 1836. Ces donations constitueront entre autre le socle de la collection de dessins d’Hubert Robert que possède le musée (et qui est la 3e plus important collection au monde de cet artiste, après celles des musées du Louvre et de l’Ermitage). Les profils des donateurs sont variés : philanthropes, sociétés savantes, archéologues amateurs, artistes souhaitant assurer la pérennité de leur œuvre, personnalités locales confiant des portraits de famille, etc. Cette diversité est mise en évidence tout au long de la visite.

boite de papillons épinglés
Le musée comme héritier des cabinets de curiosité : l’histoire naturelle a toujours fait partie des collections. Ici, une boîte de papillons.
sachets en papier contenant des spécimens de papillons
Ces papillons, issus des réserves d’histoire naturelle du musée, sont encore ensachés et n’ont jamais été présentés.
Ammonites
La région offre de nombreux sites où l’on peut trouver des ammonites. Des spécimens de tailles très différentes font partie des collections du musée. Ici, une très grande ammonite est présentée côte à côte avec six toutes petites, créant un amusant effet de comparaison grand/petit.

Sur un fond jaune, très dynamique, l’exposition nous entraine donc à travers une histoire de l’art, depuis l’Antiquité jusqu’à l’art contemporain, avec en particulier la dotation Boncompain (qui avait à elle seule fait l’objet d’une exposition temporaire en 2015 : j’en avais parlé sur mon ancien blog). J’ai trouvé très intéressant de découvrir comment les collections du musée se sont construites, et de pouvoir jeter un œil à des œuvres peu montrées, qu’il s’agisse d’artistes reconnus, ou restés dans la pénombre.

Sculpture de femme de facture classique
Sculpture du XIXe siècle
torse masculin d'une statue antique
Fragment de sculpture gallo-romaine
vue générale dans l'exposition
Coup d’œil sur quelques œuvres de la donation Boncompain

Après l’exposition temporaire, nous en avons profité pour faire un tour dans l’exposition permanente afin de découvrir les nouveaux accrochages. Nous avons surtout vu de grands changements dans la partie consacrée à l’art contemporain. Ainsi, la grande structure arc-en-ciel a changé de place pour s’installer sur le grand plateau. Elle y est, à mon avis, bien mieux mise en valeur que dans son précédent emplacement. De même, le petit tableau rond de Nymphéas de Monet est resté sur les murs du Musée de Valence après l’exposition L’Univers sans l’Homme, mais positionné sur un mur plus petit et avec un éclairage limitant les reflets, on en profite plus.

œuvres d'art contemporain
sur le plateau d’art contemporain
sur le plateau d'art contemporain du musée de Valence
Face à face avec un tableau de Joan Mitchell

(*) L’exposition Histoires de collections se tient jusqu’au 19 mai 2024 au Musée de Valence. Les conditions de visite sont à retrouver directement sur le site internet du musée.


La Terre où est né le Soleil, Julien Lombardi

Julien Lombardi avait présenté son exposition La terre où est né le soleil aux rencontres d’Arles en 2022. Si le Centre du Patrimoine Arménien a déjà présenté plusieurs expositions photographiques (dont celle sur l’émergence de la photographie dans l’Empire Ottoman, celle sur les portraits du studio Kasparian ou encore les séries Orages de Guillaume Herbaut), celle-ci est très différente, tant dans le fond que dans la forme. En effet, le travail de Julien Lombardi est plus plastique que purement photographique. Ainsi, la mise en espace joue un rôle fort dans la présentation, et l’on trouve également plusieurs installations qui ne sont pas purement photographiques.

Flyer de l'exposition La terre où est né le soleil de Julien Lombardi au Centre du Patrimoine Arménien à Valence

Le postulat de départ de l’artiste est lié à la façon dont le peuple Wixarika, dans la vallée sacrée du Wirikuta, en plein cœur du Mexique, maintient sa culture depuis la colonisation espagnole jusqu’au monde contemporain et l’exploitation minière intense de ce bout de désert. A travers ses photos, mais aussi des montages avec des brochures publicitaires pour les mines, ou encore des photogrammes d’objets trouvés dans le désert, Julien Lombardi évoque le respect du peuple Wixarika pour cette vallée, la nature qui la peuple, le lien fort qu’ils entretiennent avec le monde sacré et les traditions qui perdurent malgré tout. Son travail, plus artistique que journalistique, brise les code de la photographie de témoignage, empruntant au passage quelques formes de restitution à la recherche scientifique.

Photographies par Julien Lombardi
Tunnel de mine et extraits de brochures publicitaires minières
Installation artistique  par Julien Lombardi
au premier plan, travail en 3D à partir de relevés topographiques
Installation artistique  par Julien Lombardi
photogrammes d’objets du désert – œuvre à manipuler pour découvrir la collection complète de photogrammes en les posant les uns après les autres sur le caisson lumineux – on retrouve dans cette installation des codes visuels liés à la recherche scientifique
photographies par Julien Lombardi
Photos du désert, terre sacrée des Wixarika

Comme c’est souvent le cas pour les expositions présentées au Centre du Patrimoine Arménien, celle-ci tient en peu de salles et peut se parcourir assez rapidement sans avoir l’impression de la survoler. Le travail de Julien Lombardi est assez atypique par rapport à ce qui est habituellement présenté au CPA. En effet, le musée nous a habitués à des expositions de type témoignage (qu’il s’agisse d’histoire ou du monde contemporain). Or cette fois, c’est vraiment un travail artistique qui est proposé. Lors de ma visite, j’ai bénéficié d’une « visite éclairage », à savoir une introduction à la visite d’une vingtaine de minutes par un médiateur. Cette présentation m’a laissé un peu perplexe et m’a semblé en dissonance avec les œuvres présentées ensuite. L’introduction s’est essentiellement faite autour du contexte géopolitique (colonisation, industrie minière, proximité avec la Californie et les Etats Unis, etc.) et très peu sur le travail artistique de Julien Lombardi. La médiation m’a par ailleurs donné l’impression de véhiculer une vision très européanocentrée de la culture du peuple Wixarika, ramenant toute une civilisation au rang de folklore, étriquant un peu le sens mystique derrière les propositions de Julien Lombardi.

photographies de cactus par Julien Lombardi dans le désert mexicain

(*) L’exposition « La terre où est né le soleil » est présentée jusqu’au 1er septembre 2024 au Centre du Patrimoine Arménien. Les conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du CPA.