[Isère] Grenoble, une pause culturelle sur la route des stations de ski

Si vous partez au ski, je vous propose de faire une pause culturelle à Grenoble (qui se trouve sur le trajet vers de nombreuses vallées des Alpes). Et si vous ne partez pas au ski, je vous invite quand même à venir faire un tour dans la Capitale des Alpes où vous pourrez trouver de nombreux musées et expositions très intéressants. Pour ma part, je suis allée exprès à Grenoble samedi dernier parce que j’avais repéré une exposition, et j’en ai profité pour me balader et faire d’autres visites, accompagnée de Mr 2e. Cela faisait très longtemps que je n’étais pas venue pour me promener à Grenoble (la dernière fois, c’était en 2022 où profitant de devoir venir faire quelques achats, nous avions visité le muséum d’histoire naturelle et la précédente journée de balade remontait à 2020 avant le confinement) et malgré une météo un peu grise, ça a été un vrai plaisir d’y refaire un tour.

« Au bout de chaque rue, une montagne… » (Stendhal)

Le Couvent Sainte Cécile, eaux fortes de Rembrandt et bande dessinée

Nous sommes venus à Grenoble par le train, assez tôt le matin (depuis Romans, il faut compter 1 heure de TER). Nous avons commencé la journée en nous promenant en ville où nous souhaitions voir quelques boutiques, en particulier, la galerie Rêv’olution où Terres d’Oxymore vend ses poteries (je suis fan de ses messages à l’humour décalé et j’avais très envie d’avoir une 2e tasse à café pour les matins grognons). C’est comme cela que nous sommes passés devant le Couvent Sainte Cécile. Vu que nous avions du temps avant l’heure du déjeuner, nous avons poussé la grande porte en bois pour entrer dans la chapelle. Celle-ci, désacralisée, est maintenant une librairie – cabinet de curiosités et a fait l’objet d’un aménagement très réussi.

Ce qui nous a fait pousser la porte cependant, c’est une petite affiche annonçant le « Cabinet Rembrandt » : une exposition d’eaux fortes réalisées par l’artiste au XVIIe siècle. Une fois nos billets en main, nous avons parcouru les différentes pièces exposant des œuvres d’art. En effet, le couvent Sainte Cécile abrite le Fonds Glénat. Cette fondation a été créé pour mettre en valeur et préserver les collections de Jacques Glénat et des éditions éponymes. Le couvent abrite actuellement ainsi une exposition consacrée aux animaux dans l’art, une aux arts de la table et une autre à la bande dessinée. Cette dernière présente des dessins originaux dans lesquels on croise des personnages bien connus de la bande dessinée franco-belge comme Gaston Lagaffe, Alix ou Michel Vaillant mais aussi du monde du manga (Glénat a été le premier éditeur français à en publier).

Achille Talon

On découvre également le jardin de cet ancien couvent ainsi que le grand escalier transformé en galerie. Ce sont des peintres dauphinois ou de montagne qui y sont exposés. On y trouve ainsi plusieurs peintures de Gustave Doré, généralement connu pour ses gravures. Et parlant de gravure, le point fort de la visite, c’est bien entendu le cabinet des eaux fortes de Rembrandt. La collection de Jacques Glénat comprend une petite centaine de ces gravures, très fragiles, et une quarantaine d’œuvres sont présentées en rotation. La mise à disposition de loupes permet d’admirer la minutie des détails mis en œuvre par le maître dans cette technique de gravure (et des marchepieds permettent aux enfants aussi de se mettre à la hauteur de ces œuvres). Un dispositif numérique de médiation permet également de bien comprendre la technique mise en application pour réaliser une eau forte. En résumé, le couvent Sainte Cécile a été une très belle découverte.

un jardin dans une cour entourée de bâtiments anciens
Le jardin du couvent Sainte Cécile
une cage d'escalier ancienne avec des rambardes en fer forgé
L’escalier du couvent Sainte Cécile


(*) Le couvent Sainte Cécile est situé 37 rue Servan, à Grenoble, du côté du quartier des Antiquaires. Les horaires et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du couvent.


La Bastille, paysages et lieux culturels

Montée par les bulles et lecture de paysage

L’exposition que je souhaitais voir et le musée que nous avions prévu de visiter étant tous les deux situés au fort de la Bastille, nous avons pris le téléphérique pour y monter. Prendre les bulles, c’est une expérience à part entière. Elles sont d’ailleurs labellisées « Site touristique emblématique » de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Alors qu’on a l’habitude des téléphériques dans les stations de montagne, nous sommes ici en plein centre ville. Pourtant au fil de la montée, on a une vue panoramique sur les massifs environnants. C’est aussi l’occasion de découvrir le quartier Saint Laurent et les fortifications de la Bastille du dessus.

la ville de Grenoble avec le village olympique dominée par les montagnes enneigées
Depuis les bulles, la vue sur le village olympique et les montagnes de Belledonne.
une vue de Grenoble avec la rivière Isère au milieu et le Vercors au fond
Depuis les bulles, vue sur l’Isère et le massif du Vercors

Une fois en haut, j’ai l’habitude de commencer par aller admirer le paysage depuis la terrasse. Là, on a littéralement la ville à ses pieds. On peut aussi voir les trois massifs qui la bordent : le Vercors, Belledonne et la Chartreuse, sur les piémonts de laquelle le fort de la Bastille est construit. On suit également le tracé des vallées du Drac et de l’Isère. Et si la météo le permet, on devine même l’entrée de la combe de Savoie.

sommets enneigés des montagnes de Belledonne dominant Grenoble
Le massif de Belledonne domine Grenoble et la vallée de l’Isère


(*) Le téléphérique de Grenoble permet de rejoindre le fort de la Bastille depuis les quais de l’Isère, au niveau du jardin de ville. Les horaires de fonctionnement varient en fonction de la saison. Vous pouvez les trouver, tout comme les tarifs, sur le site internet du téléphérique. Vous pouvez aussi y consulter les informations relatives aux activités présentes au fort de la Bastille.


Experimenta, une exposition temporaire d’art contemporain

Si nous sommes montés à la Bastille, c’est avant tout pour aller voir les œuvres d’art contemporain installés dans le cadre de la Biennale Experimenta. Cette manifestation culturelle se situe aux confins de l’art et de la science. Sur le site sommital de la Bastille, elle a en particulier investit les salles Lesdiguières et Dutrievoz, situées à l’intérieur même de l’ancien fort. Le point commun entre les œuvres présentées est qu’elles interrogent notre rapport à la nature à travers l’empreinte que nous y laissons.

Le fléchage vers les salles d’exposition pour Experimenta m’a beaucoup plu

Parmi les œuvres présentées, certaines ont plus retenu mon attention que d’autres. C’est le cas :

  • Solaris de Nicky Assmann – une installation cinétique où la lumière vient frapper des films d’eau savonneuse, créant des irisations turbulentes hypnotiques (avec une petite pensée pour mon stage de fin d’études, autour des écoulements de fluides turbulents).
  • Ce qu’il reste à la nuit de Mathilde Reynaud et Fabien Malbet – une installation sonore et vidéo qui interroge notre rapport à l’espace et sa conquête.
  • Clams de Marco Barotti – une installation sonore et cinétique où des coquillages en plastique recyclé émettent des sons dépendant de la qualité des eaux de l’Isère captées un peu en amont.
  • Tipping point de Barthélemy Antoine-Lœff – une installation cinétique où goutte après goutte un glacier se créé, à mettre en parallèle avec la fonte des glaciers constatée partout dans le monde.
  • Flux de Barthélemy Antoine-Lœff – une installation cinétique où des roches suspendues et mises en mouvement évoquent la mémoire d’un cours d’eau. Cette installation extrêmement poétique a été un vrai coup de cœur.
une installation artistique contemporaine où des cailloux semblent en lévitation dans l'air
Flux de Barthélemy Antoine-Lœff
installation artistique contemporaine
Ce qu’il reste à la nuit de Mathilde Reynaud et Fabien Malbet


(*) Les installations de l’édition 2025 de la Biennale Experimenta sont visibles à la Bastille de Grenoble jusqu’au 1er mars 2025. L’entrée est libre et gratuite.


Le musée des troupes de montagne, un coup d’œil sur l’histoire militaire

Pour terminer notre journée de découvertes culturelles, nous avions choisi le musée des troupes de montagne. Situé dans le fort de la Bastille, nous l’avions repéré depuis longtemps mais n’avions pas encore eu l’occasion de nous y rendre. J’avoue que ce n’était pas forcément mon premier choix de musée à Grenoble mais quand on est plusieurs, il faut aussi tenir compte des goûts et centres d’intérêts de chacun. Finalement, j’ai été très agréablement surprise. En effet, à travers une douzaine de salles, le musée nous emmène dans un parcours chronologique découvrir l’histoire des troupes de montagne, des origines à nos jours. La scénographie est remarquable, mettant les objets en situation. Les cartels ne sont pas trop bavards et apportent les informations essentielles, surtout pour des non-spécialistes. Un audioguide, très bien conçu, complète le dispositif de médiation. Le visiteur se déplace ainsi au fil des salles en toute autonomie, à son rythme. Un focus particulier est mis sur le rôle que les troupes alpines ont joué lors des deux conflits mondiaux, ainsi que dans la Résistance. C’est d’ailleurs l’objet de l’exposition temporaire en cours qui suit un jeune grenoblois de son entrée en Résistance jusqu’en 1945 dans la 27e Division Alpine.

une mise en scène des premières troupes alpines avec un artilleur en uniforme et une mule portant un canon
Les débuts des troupes alpines
gros plan sur les mains d'un officier en uniforme de la seconde guerre mondiale étudiant des cartes topographiques de montagne
Poste de commandement alpin durant la seconde guerre mondiale


(*) Le Musée des Troupes de Montagne est localisé à l’intérieur du fort de la Bastille à Grenoble. Vous pouvez consulter les conditions de visite sur le site internet du musée.
Nous avons vraiment été très agréablement surpris de la qualité de l’exposition et de sa mise en scène. La visite est annoncée pour durer entre 30 et 40 minutes, et nous y avons passé plus d’une heure.


Grenoble – Isère – février 2025


Il y a de nombreux autres musées à Grenoble. Parmi ceux-ci, j’ai déjà eu l’occasion de visiter :

  • Le musée archéologique Saint Laurent
  • Le musée du Vieil Evêché qui outre ses collections permanentes et l’accès au baptistère paléo-chrétien propose des expositions temporaires de qualité. J’avais visité celles sur les estampes japonaises en 2019 et celle de photos de Vivian Maier en 2020.
  • Le musée de Grenoble, un musée des beaux-arts avec une forte composante contemporaine.
  • Le muséum d’histoire naturelle

[Isère] une journée en famille en Matheysine

Dans ma région Auvergne-Rhône-Alpes, nous avons plein de splendides paysages et de lieux emplis d’histoire(s). J’aime aller les découvrir (et c’est pour cela que je suis fière d’être éclaireuse pour Partir-Ici.fr, la plateforme régionale de tourisme responsable). Mais j’ai parfois tendance à rester dans les endroits que je connais déjà, souvent par facilité. Et il me faut un petit coup de pouce pour que je sorte de cette zone de confort géographique. Ainsi, c’est parce que j’ai gagné des places pour le petit train de la Mure à un concours organisé par Alpes Isère que j’ai pris la route vers la Matheysine un dimanche matin d’octobre avec Mr 1er.

un paysage de moyenne montagne très vert
Paysage de la Matheysine

La Matheysine, c’est quoi ?

Un peu de géographie

La Matheysine est un plateau marécageux situé à une trentaine de kilomètres au sud de Grenoble. La plateau matheysin est bordé par le Drac à l’ouest, qui le sépare du Trièves et du Vercors, et par la Romanche à l’est. En arrivant de Grenoble, on monte sur le plateau au-dessus de Vizille par la côte de Laffrey. Quand nous y sommes passés, nous avons profité d’une superbe mer de nuages dans la vallée de la Romanche, mais il n’était malheureusement pas possible de s’arrêter pour prendre quelques photos. Sur le plateau, plusieurs lacs se succèdent, longés par la route.

lac bordé d'une forêt aux couleurs d'automne
Au bord du lac des Cordeliers, à Pierre-Châtel

Un peu d’histoire

La Matheysine est sur le tracé de la route empruntée par Napoléon à son retour de l’île d’Elbe. D’ailleurs, c’est à Laffrey que l’empereur et ses troupes rencontrent celles du roi, venues pour les arrêter. Une statue équestre de Napoléon sur la Prairie de la Rencontre commémore d’ailleurs cet évènement. Mais, l’histoire de la Matheysine est surtout liée à celle du charbon. En effet, l’anthracite, une houille d’excellente qualité, y est exploitée tout au long du XIXe siècle et jusqu’à la fin du XXe siècle par les Houillières du Bassin du Dauphiné. La dernière mine, celle du Villaret, a fermé en 1997.

un chevalement de mine
Le chevalement du puits du Villaret, édifié en 1948, d’une profondeur de 235 mètres, est situé à Susville.

Un train pas comme les autres : le petit train de la Mure

Le petit train de la Mure était le but de mon déplacement en Matheysine. Il s’agit de l’ancienne voie de chemin de fer servant au transport du charbon depuis les mines jusqu’à la vallée de la Romanche. Aujourd’hui, seule une portion entre la gare de La Mure et un belvédère au dessus du Drac est exploitée, à vocation touristique. Le trajet se fait en aller/retour dans un petit train rouge à voie métrique. Ce train a été le premier train électrifié en courant continu en 1903, entre les gares de La Motte les Bains et de La Motte d’Aveillans, alimenté par une usine hydroélectrique sur le Drac. En 1912, c’est toute la ligne qui est électrifiée.

un billet du petit train de la Mure photographié dans un des wagons du train
Dans le petite train de La Mure

Le train a transporté le charbon jusqu’à la fin de l’exploitation minière. Il a avait progressivement été reconverti en train touristique. En 2010 toutefois, un éboulement conduit à la fermeture de la ligne. Il faudra attendre 2021 pour que la ligne ouvre à nouveau. Aujourd’hui, le trajet fait une quinzaine de kilomètres et emprunte de nombreux ouvrages d’art : des tunnels mais aussi des viaducs. En particulier, on passe sur le très impressionnant double viaduc de Loulla entre lesquels le train parcourt un demi cercle dans une longue courbe.

viaduc au milieu d'arbres aux couleurs automnales
Le viaduc aval de Loulla vu depuis le train qui passe sur le viaduc amont
viaduc au milieu d'arbres aux couleurs automnales
Vue sur le viaduc amont de Loulla – on devine le viaduc aval en dessous dans la végétation

Le trajet dure environ 50 minutes dans chaque sens. Bercé par le rythme doux du train, j’admire les paysages magnifiés par les couleurs de l’automne. Notre chef de train nous donne des informations sur les lieux que nous traversons, et nous raconte les légendes locales. Après avoir traversé des tunnels, le paysage est dominé par la barrière orientale du Vercors. Nous arrivons au terminus, le grand balcon.

Moyennes montagnes aus couleurs de l'automne
Par la fenêtre du train, admirer les couleurs de l’automne

A notre descente du train, nous continuons à pied sur le tracé de l’ancienne voie ferrée en empruntant un tunnel. A la sortie, nous découvrons un premier point de vue sur le lac de Monteynard-Avignonet et le Trièves, dominés par le Vercors. Comme il est presque midi, nous décidons de commencer par déjeuner. Compte tenu de l’incertitude sur la météo à cette période de l’année, nous n’avons pas emporté de pique-nique, et nous prenons donc notre repas au restaurant panoramique du site. C’est un petit self qui propose des recettes locales, en portions généreuses. La soupe et le gratin de ravioles sont les bienvenus.

La vue depuis la terrasse du restaurant panoramique

Après le repas, nous continuons notre promenade sur l’ancienne voie de chemin de fer. Au débouché d’un second tunnel piétonnisé, nous sommes émerveillés par le point de vue. Nous dominons complètement le barrage d’Avignonet, sur le Drac. Construit en 1962, le barrage d’une hauteur de 135 mètres a créé une retenue d’eau longue de 16 kilomètres, aux eaux turquoises dans la vallée encaissée du Drac. Une table d’orientation permet de repérer les éléments principaux du paysage. Et pour la toute première fois, j’ai l’occasion de voir en vrai la silhouette du Mont Aiguille. Ce sommet iconique du Vercors culmine à 2087 mètres et se reconnait très facilement. La première ascension du Mont Aiguille date de 1492 et est généralement considérée comme le premier acte d’alpinisme documenté.

un lac dans un canyon bordé d'arbres aux couleurs de l'automne avec des silhouettes de montagne au fond
Le lac de Monteynard-Avignonet délimite la Matheysine et le Trièves
un lac de barrage dominé par des montagnes
Vue sur le barrage de Monteynard-Avignonet, dominé par la barrière orientale du Vercors
montagnes rocheuses
Sur le bord du Vercors, la silhouette des rochers des Deux Sœurs se remarque
un lac dans un canyon bordé d'arbres aux couleurs de l'automne avec des silhouettes de montagne au fond
Au loin, on repère facile le profil du Mont Aiguille
un lac dans un canyon bordé d'arbres aux couleurs de l'automne avec des silhouettes de montagne au fond
Un dernier coup d’œil au paysage avant de repartir…

Nous observons plusieurs rapaces, dont certains que nous pensons être des aigles. A cette saison, les plateformes d’observation du paysage sont relativement calmes. Mais le temps file, et nous devons rebrousser chemin afin de gagner le train à l’heure pour le trajet de retour. C’est un peu à regret que je descends en gare de La Mure après cette belle expérience.

Une pause au bord du lac avant de redescendre vers Grenoble

Avant de rentrer, et comme il est encore relativement tôt, nous avions envie de marcher un peu. Nous avions repéré la Pierre Percée depuis le train et souhaitions aller la voir de plus près. Malheureusement, le parking au départ de la randonnée est tout petit et déjà complet quand nous arrivons. Nous changeons donc de plan et décidons de nous arrêter au bord d’un des lacs que nous avons longé en venant. Le hasard nous mène au lac des Cordeliers, à Pierre Châtel. Nous profitons d’un joli point de vue. Nous ne nous attarderons toutefois pas très longtemps car la pluie commence à tomber. Nous reprenons donc la route vers la Drôme en passant par Grenoble.

au bord d'un lac dominé par une montagne en fin de journée
Au bord du lac


La Mure / Monteynard / Pierre-Châtel – Isère – octobre 2024


(*) Le petit train de la Mure circule du printemps à l’automne, ainsi qu’en décembre. Le détail des ouvertures, horaires et tarifs est à retrouver sur le site internet du petit train. En été, il est conseillé de réserver sa place à l’avance pour s’assurer de pouvoir voyager.
Le trajet est obligatoirement un aller/retour avec un temps d’arrêt défini sur place au niveau du Grand Balcon. L’arrêt est plus long quand il se passe sur l’heure du repas. Il est possible de pique-niquer sur l’une des nombreuses aires aménagées ou de profiter du self panoramique. Le chef de train annonce l’heure maximale à laquelle il faut repartir du bout du site pour être à l’heure pour le départ du train, et c’est très pratique.
Sur le retour, à certains horaires, il est possible de s’arrêter pour visiter la Mine Image, un musée sur l’exploitation du charbon situé à La Motte d’Aveillans et qui permet d’entrer dans la mine. Cela semble très intéressant et je pense que je ferai cette visite lors d’un prochain passage en Matheysine.

un tunnel sur l'ancienne voie ferrée piétonnisé en noir et blanc
Le dernier tunnel avant la vue plongeante sur le lac de Monteynard-Avignonet
des diapositives en noir et blanc présentant des vues anciennes de la voie ferrée
J’ai beaucoup aimé la présentation de ces vues anciennes au restaurant panoramique

Pour voir le Mont Aiguille de près, il faut descendre un peu plus vers le sud dans le Trièves. On le voit aussi très bien depuis certains secteurs du Diois. Son ascension se fait via une voie d’escalade. Il est interdit de bivouaquer au sommet, qui est le domaine des bouquetins. Il y a de nombreuses randonnées qui passent au pied ou en font le tour. Cela reste sur ma liste des endroits que j’ai plus envie de découvrir.

vue en noir et blanc du lac de Monteynard entre les falaises du canyon du Drac avec la silhouette du Mont Aiguille et du Vercors dans le fond
Le lac de Monteynard dominé par le Vercors et la silhouette du Mont Aiguille

[Isère] découvrir l’Alpe d’Huez au début de l’été

Aussi étrange que cela puisse sembler, je n’étais encore jamais allée à l’Alpe d’Huez. Pourtant, cette station iséroise est à quelque chose comme deux heures de route de la maison. D’ailleurs, lors de notre premier hiver dans la Drôme, nous avions passé quelques jours de sports d’hiver à Vaujany, qui partage le même domaine skiable. Mais depuis, mes balades ne m’avait jamais conduit dans ce secteur des Alpes, contrairement à d’autres massifs comme la Chartreuse ou le massif du Mont Blanc. C’est finalement grâce au hasard d’un évènement professionnel que j’ai découvert l’Alpe d’Huez mi-juin.

Une arrivée sous la grisaille

Avec le printemps que nous avons eu cette année, nous nous sommes beaucoup demandé si nous pourrions faire les activités prévues, essentiellement en plein air. D’ailleurs, le samedi, le ciel était très gris. Et c’est sous les nuages que nous avons monté les mythiques 22 virages en direction de la station. Aucun des sommets avoisinants ne se laissait deviner. Arrivés en milieu d’après-midi, nous avons posé nos valises au chalet où nous étions hébergées avec mes collègues (que des filles dans ce chalet, les garçons de nos services étaient dans d’autres hôtels). La vue depuis les fenêtres montrait surtout des nuages, même si la localisation de notre hébergement aux chalets de l’altiport laissait supposer que par beau temps, le panorama devait être sympathique. Ceci dit, nous avions peu de temps devant nous pour en profiter car nous étions attendues par nos autres collègues pour un temps de travail et de convivialité au cœur de la station.

Les chalets de l’altiport – par la fenêtre de notre chalet
Le petit torrent derrière les chalets

Un réveil sous le soleil

Après une soirée et une nuit bien fraîche (quand nous sommes rentrées, certes un peu tard dans la nuit, le thermomètre affichait à peine 2°C), c’est sous un grand soleil que je me suis réveillée. Comme à mon habitude, j’avais d’ailleurs dormi sans fermer complètement les volets, tirant simplement le rideau. J’ai donc pu me rendre compte très tôt que la météo s’annonçait favorable. Et cela tombait bien car l’activité prévue ce dimanche matin, c’était randonnée. Je me suis fait un café que j’ai pris avec plaisir sur la terrasse du chalet après avoir enfilé un pull. Une autre de mes collègues s’était aussi réveillée de bonne heure. Nous avons donc bouclé nos valises, pour rejoindre le centre de la station où nous attendait un gros petit déjeuner et le départ de la randonnée.

Cette vue dès le réveil par la fenêtre de la chambre, quel bonheur !
La vue que j’avais en prenant mon premier café du matin.

Une randonnée à travers l’alpage fleuri

Le rendez-vous pour la randonnée était à 10.00 au palais des sports. Là, plusieurs guides de montagne nous attendaient. La randonnée était facultative après la courte nuit et il y avait la possibilité de rejoindre plus tard le lieu de pique-nique en empruntant les remontées mécaniques. Mais je ne voulais pas laisser passer l’occasion d’une jolie balade à travers l’alpage. J’étais d’ailleurs loin d’être la seule dans ce cas car selon nos estimations, sur environ 2000 personnes présentes pour le week-end, il y en avait bien 600 ou 700 qui sont parties à pied. Après avoir traversé le village et avant d’attaquer le sentier, l’un des guides nous a donné les consignes : la balade que nous nous apprêtions à faire faisait environ 3 km pour 300 mètres de D+, direction le restaurant d’altitude des Jeux à 2100 m d’altitude. Il fallait compter en moyenne 1 heure pour y arriver mais surtout, il fallait marcher à son rythme, celui où on peut papoter sans difficulté.

Randonner en groupe
Au départ de la station

Très vite, le groupe s’est étalé selon les différentes allures. Des guides se sont positionnés à différents niveaux de notre colonne. Pour moi qui ai l’habitude de randonner seule, c’était très étrange de me retrouver avec autant de monde sur le sentier et de discuter tout en montant. Le chemin nous a emmenés à travers l’alpage couvert de fleurs. Les reines des prés parfumaient l’air. Les trolles coloraient de jaune des secteurs entiers. J’ai même repéré pas mal d’orchidées, en particulier des orchis sureau. Je n’avais pas pris mon appareil photo lors de ce week-end, mais je n’ai pas pu m’empêcher de prendre plein de photos avec mon téléphone (vous n’en voyez, je vous assure qu’une toute petite partie dans cet article !). Forcément, je me suis souvent arrêtée, me retrouvant chaque fois dans un nouveau petit groupe. Nous avons aussi traversé plusieurs fois des ruisseaux, parfois sur des petits ponts de planches, parfois simplement à gué.

Partout des reines des prés à l’odeur si caractéristique
orchidée sauvage au bord du sentier
Je ne connaissais pas encore les trolles, ces fleurs jaunes des alpages d’altitude, et je les ai trouvées très belles.
Sommet enneigé, ruisseau vif, trolles en fleurs, la beauté de l’alpage au printemps
Tapis de reines des prés
Juste avant d’arriver, un coup d’oeil sur les montagnes environnantes : le massif de Belledonne domine la vallée voisine et la station de Vaujany (qu’on ne peut pas apercevoir)

Un pique-nique magique

En arrivant, outre le panorama à 360° sur les massifs environnants (Belledonne, Taillefer et Ecrins en particulier), c’est le pique-nique qui nous attendait. Nous avions ainsi chacun un petit panier repas avec entrées, plats et desserts, ainsi qu’un joli choix de boissons bien fraîches, et un petit coussin pour nous asseoir. Nous nous sommes répartis sur tout autour de la station des remontées mécaniques. Nous avons profité du soleil (entre la randonnée sans ombre et le pique-nique, je n’ai pas manqué d’attraper un peu trop de couleurs). Nous avons profité du paysage en musique. Puis, petit à petit, nous avons pris le chemin de la descente, soit à pied (mon choix) soit via les remontées mécaniques. En effet, nos cars de retour respectifs nous attendaient à la station, et après ces deux journées très remplies, nous avions aussi hâte de pouvoir rentrer nous reposer un peu avant d’attaquer une nouvelle semaine de travail !

Pique-nique géant à plus de 2000 mètres d’altitude !
La station de l’Alpe d’Huez, nichée au creux des montagnes

L’Alpe d’Huez – Isère – juin 2024

[projet 52-2024] semaine 30 – sportif

Je pense que vous l’aurez tous compris, le thème, Sportif, pour cette semaine du projet 52 est directement lié aux Jeux Olympiques qui débutent cette semaine à Paris. J’avais regardé pour trouver des places pour une des épreuves d’équitation, mais je n’ai pas réussi à en avoir. Après réflexion, je me dis que l’organisation pour séjourner et se déplacer à Versailles n’aurait sans doute pas été simple. Je n’ai pas non plus vu la flamme olympique lors de son passage dans la Drôme le 20 juin : je travaillais ce jour-là et Melle 3e passait une épreuve de bac à l’issue de laquelle je devais aller la récupérer.

Cependant, c’est un cliché olympique que je vous propose aujourd’hui pour illustrer le thème. En février dernier, j’ai passé une journée à Autrans, dans le Vercors. Si, lors de mon passage, la neige n’était pas au rendez-vous, la vasque olympique rappelle que la station a accueilli plusieurs épreuves de Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble en 1968.


Pour voir comment les autres participants sont sportifs, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.


NB : Actuellement en congés, je suis bien décidée à profiter complètement de ces moments en famille en déconnectant au maximum. Je validerai les commentaires qui seraient en modération dès que possible, et au plus tard mi-août à la reprise de mon rythme quotidien habituel ! De même, je n’aurai sans doute pas le temps de voir vos participations avant cette date.

[Auvergne-Rhône-Alpes] 9 cascades à découvrir

J’ai depuis l’enfance une passion pour les cascades et autres chutes d’eau. La façon dont l’eau chute m’a toujours fascinée. Je me souviens que lorsque j’étais petite, un ami de mon père, meunier, mettait en route la chute d’eau de son moulin rien que pour me faire plaisir. Je me souviens de ma joie lorsque j’allais regarder ce qui s’approchait le plus pour moi d’une cascade au quotidien : la passe à poissons au niveau du pont du Couesnon. Je me souviens avoir aimé des balades aux cascades de Mortain, les plus impressionnantes dans cette région de France. Je me souviens aussi de ma fascination pour la cascade d’Enfer, au dessus de Luchon dans les Pyrénées, ma première cascade aux proportions gigantesques, ma première cascade de montagne. Depuis que je suis installée dans la Drôme, j’ai découvert plusieurs cascades en Rhône-Alpes. Après être passée en revoir une la semaine dernière, j’ai eu envie de faire un petit récapitulatif de mes découvertes.

Dans le Vercors

La cascade du Rif à La Baume Cornillane, la perle cachée

Si je commence par la cascade du Rif, ce n’est pas par hasard. En effet, cette petite cascade discrète, située sur les piémonts du Vercors face à la plaine de Valence est l’une des plus proches de chez moi. Je m’y rends donc régulièrement quelle que soit la saison. Après les fortes pluies d’il y a 15 jours, voyant les rivières gonflées d’eau autour de la maison, je me suis dit que la cascade devait couler à flots. J’y suis donc allée un dimanche après-midi entre deux averses. Le niveau d’eau dans le ruisseau du Rif alors que je le remontais en direction de la cascade m’a vite assurée que je ne m’étais pas trompée. D’ailleurs, très vite, le bruit de l’eau chutant s’est fait entendre.

Le long du ruisseau du Rif
En arrivant au pied de la cascade
La cascade du Rif est une cascade de Tuf

Avec autant d’eau, j’ai eu envie de faire des essais au ras de la mare ou en pause longue. J’ai beau savoir que le sol est très glissant à cet endroit quand il a plu, je n’ai pas pu résister à l’envie de descendre au pied de la cascade (et bien sûr, j’ai glissé dans la descente – aie le genou!).

Se laisser hypnotiser par les mouvements de l’eau
Se laisser hypnotiser par les mouvements de l’eau (bis)
Essais de pause longue (à main levée)

Cascade du Rif – La Baume Cornillane – Drôme – mars 2024


Si vous voulez voir la cascade du Rif à d’autres moments, je l’ai déjà photographiée entre autres :

La cascade de la Baume d’Hostun, la discrète

Bien que située à l’entrée du village, la cascade de la Baume d’Hostun est une discrète. On ne la voit pas quand on passe sur la route qui longe le pied des Monts du Matin, car elle est bien cachée par la végétation. Et pour peu que, comme moi, vous n’arriviez pas au village par la route au bord de laquelle elle se trouve, vous risquez fort de la manquer. Cela serait dommage car elle est très jolie. J’étais allée la voir en mai 2020, et je pense qu’après de fortes pluies comme nous avons connues ces dernières semaines, elle doit couler encore plus. En effet, tout un côté de cette cascade de tuf était à sec lors de mon passage.

La Baume d’Hostun – Drôme – mai 2020

(*) La cascade est au bord d’une des routes d’accès au village de la Baume d’Hostun. Il est possible de se stationner dans le village et de venir à pied jusqu’à la cascade.
EDIT du 23/08/2025 : la cascade de la Baume d’Hostun est située sur un terrain privé. Il ne faut donc pas s’en approcher.

La cascade de la Pissoire et la chute de la Druise, les stars des Gorges d’Omblèze

Situées à l’entrée des gorges d’Omblèze, la cascade de la Pissoire et la chute de la Druise sont deux cascades drômoises très connues. Pour les trouver, c’est très simple, la cascade de la Pissoire est en bord de route après le moulin de la Pipe en direction d’Omblèze. Quant à la chute de la Druise, bien que très bien indiquée, elle se mérite un peu plus. Il faut laisser son véhicule sur le parking un peu après le moulin de la Pipe en direction d’Ansage, puis descendre par un petit chemin escarpé jusqu’à la rivière qu’il faut ensuite un peu remonter pour arriver au pied de la chute d’eau.

Cela fait longtemps que je n’y suis pas allée. Et en cherchant de quoi illustrer cet article, je me rends compte que je n’ai aucune photo convenable de la chute de la Druise. Cela me fait une bonne raison pour y retourner !

Débit de printemps (mars 2018)
Débit de printemps en pause longue (mars 2018)
Débit de fin d’été (octobre 2016)

Cascade de la Pissoire – Omblèze – Drôme

(*) Le sentier d’accès à la chute de la Druise, situé sur une propriété privée, a été refait récemment après avoir été fermé suite à des accidents répétés. La descente, sans être difficile, nécessite d’être correctement chaussé et d’emporter de l’eau : le soleil a vite fait de chauffer la paroi de calcaire. Le chemin est souvent glissant en arrivant au bord de la rivière. C’est cependant faisable avec des enfants qui sont habitués à marcher dans la nature (la première fois que j’y suis allée, j’étais accompagnée des enfants qui avaient alors 10, 7 et 4 ans et cela s’est très bien passé en prenant le temps de faire attention). A titre d’information, l’aller-retour par le sentier fait 1.8 km pour un D-/D+ de 140 m.
ATTENTION : il ne faut pas marcher dans l’eau, ni déplacer les galets, car il s’agit d’une zone de frayère.

(*) La cascade de la Pissoire est située le long de la route en direction des gorges d’Omblèze : on ne peut pas la manquer !

La cascade blanche, le rideau d’eau

La cascade blanche, avec sa comparse la cascade verte, est également très connue. Située sur la rivière Vernaison, à Sainte Eulalie en Royans, la cascade blanche est très facile d’accès. J’y suis allée une seule fois, en fin d’été, un jour gris. Cela m’a permis de profiter de la cascade avec peu de monde car l’endroit est habituellement un lieu de baignade prisé.

Cascade blanche – Sainte Eulalie en Royans – Drôme – août 2020

(*) L’accès (piéton) à la cascade blanche se fait depuis un chemin dont le départ est sur la gauche à la sortie de Sainte Eulalie en direction des Goulets.


Il y a de nombreuses autres cascades dans le Vercors, plus ou moins connues ou grandioses. On en trouve par exemple plusieurs dans la reculée de Combe Laval, dans les gorges de la Bourne ou du côté de Villard de Lans ou Autrans. Je suis encore très loin de les avoir toutes croisées, que ce soit de près ou de loin.

Apercevoir la cascade de Frochet dans la végétation
Reculée de Combe Laval – Saint Laurent en Royans – Drôme – avril 2017

En Chartreuse

Le cirque de Saint Même, le festival de cascades

Nous changeons maintenant de massif pour celui de la Chartreuse. Ce massif étant plus éloigné de la maison que le Vercors, je n’y suis allée qu’une seule fois pour le moment. Mais au cours de ce séjour, je tenais absolument à aller voir le cirque de Saint Même. A cheval entre Isère et Savoie, il est en effet réputé pour ses cascades. Et la réalité est largement à la hauteur de la réputation, avec plusieurs cascades successives sur la rivière du Guiers dans un cadre splendide. La photogénie de ces cascades ne fait aucun doute.

Cascade de la Pisse du Guiers – la plus basse de toutes
La grande cascade – sans doute la plus photogénique
La Grande Cascade et le pont des resquilleurs – le point de vue incontournable

Cirque de Saint Même – Isère x Savoie – juillet 2020

(*) Le parking est obligatoire (et payant selon la saison) à l’entrée du cirque de Saint Même. L’accès aux cascades se fait via des circuits de randonnée bien balisés, mais nécessite de pas mal marcher. Il est recommandé d’être bien chaussé.

La cascade de la Pisserotte, la spectaculaire

C’est au cours du même séjour en Chartreuse que j’ai découvert la cascade de la Pisserotte. Son originalité tient au fait qu’elle chute librement depuis le haut de la montagne à travers un cirque de poudingue. La paysage est lunaire et rend l’ensemble encore plus spectaculaire.

Cascade de la Pisserotte – Saint Joseph de Rivière – Isère – juillet 2020

(*) Pour accéder au parking de la cascade, il faut entrer dans le hameau des Grollets entre Saint Joseph de Rivière et le col de la Placette, puis continuer tout droit sur la route jusqu’à l’entrée de la forêt où se situe le parking. On aperçoit la cascade depuis la route quand on vient du col de la Placette. Il faut compter 1 km pour un D+ de 135 m pour accéder à la cascade depuis le parking. Attention, les derniers mètres sont à parcourir à flanc de ruisseau.


Le massif de la Chartreuse possède de nombreuses autres cascades, mais n’y ayant fait qu’un séjour de 3 jours, il a fallu faire des choix…


En Haute Savoie

La cascade de l’Arpenaz, la plus facile à trouver

Visible depuis l’autoroute entre Cluses et Chamonix, impossible de louper la cascade de l’Arpenaz. C’est lors de mon séjour en vallée de l’Arve à l’automne dernier que je suis allée la voir de près. Très facile d’accès, son pied est situé dans un joli bois, à proximité d’une aire aménagée pour le pique-nique.

Cascade de l’Arpenaz – Sallanches – Haute-Savoie – octobre 2023

(*) L’accès est fléché depuis la sortie de l’autoroute à Sallanches.


Une seule cascade pour la Haute Savoie, j’ai bien conscience que c’est très peu par rapport à toutes celles qui s’y trouvent. Mais c’est un département que je connais encore assez peu, et que j’espère avoir l’occasion de découvrir un peu plus dans les prochains mois.


En Auvergne

La cascade de Saillant, la découverte par hasard

J’ai assez peu été voir de cascades en Auvergne, alors que la région n’en manque pas. Je me suis plusieurs fois arrêtée dans les environs du Mont-Dore en rentrant de Bretagne l’été quand les enfants étaient petits. Mais je n’ai jamais réussi à les motiver pour une randonnée pour aller voir des cascades, alors que je n’avais aucune difficulté à les entrainer vers un sommet ou autour d’un lac. De cette époque, je n’ai donc que la cascade de Saillant à mon actif. Et encore, c’est par hasard que nous nous y étions arrêtés. Nous cherchions un endroit pour pique-niquer après un passage à Saint Nectaire et avant de rejoindre Issoire. J’ai cherché à m’arrêter au bord de la rivière et il se trouve que la cascade était juste là.

Cascade de Saillant – Saint Nectaire – Puy-de-Dôme – août 2015

La cascade de Vaucoux, la féérique

La cascade de Vaucoux fait aussi partie de mes découvertes de l’année dernière. Je me suis retrouvée à passer une journée autour de Besse, alors que j’avais initialement prévu une journée autour de Saint Nectaire, et d’aller revoir la cascade de Saillant. Cachée au fond d’un vallon boisé, la cascade de Vaucoux se trouve dans un cadre féérique, entourée de végétation, et avec un petit pont de bois qui traverse la rivière au pied de la cascade. Cette balade reste un de mes coups de cœur de 2023.

Cascade de Vaucoux – Besse – Puy-de-Dôme – juin 2023


En rédigeant ce récapitulatif des cascades que j’ai eu l’occasion de découvrir dans la région, je me rends compte à quel point certains secteurs, pourtant proches de la maison sont peu ou pas du tout représentés. C’est ainsi le cas de l’Ardèche qui a pourtant de très belles cascades. Il va donc falloir que je trouve un moyen de remédier à cette lacune afin de vous montrer de jolies cascades ardéchoises à l’avenir.


Hors-région – Spécial amateurs de cascades :
En complément, pour les fans de cascades, je vous invite à jeter un œil à celles qui sont sur le blog tout en étant complètement en dehors du périmètre de cet article. C’est par exemple le cas des chutes du Niagara, des cascades dans le parc national de Mont Tremblant au Canada ou de Gooseberry Falls aux Etats-Unis.
(Et un jour, je prendrai le temps de numériser mes photos de Norvège où les cascades sont nombreuses)

[Drôme x Isère] prémices printaniers

Cette année, nous avons eu un début de printemps précoce. Et même si l’hiver n’a peut-être pas dit son dernier mot (il a d’ailleurs neigé dimanche dernier sur la plaine de Valence), les premiers signes printaniers sont déjà nombreux. Je n’ai donc pas résisté à l’envie d’aller me balader dans la campagne pour découvrir les premières fleurs et les lumières printanières. Voici une partie de mon butin photographique.

primevères en fleurs
Primevères


Pique-nique au soleil à Beauvoir-en-Royans

C’est après une activité manuelle qui avait lieu au pied du Vercors que je suis allée, fin février, à Beauvoir-en-Royans. Le soleil brillait et la grande pelouse sur le site des Carmes m’a semblé l’endroit idéal pour pique-niquer. Cela faisait quasiment deux ans que je n’étais pas montée jusqu’au site médiéval. Comme à chaque fois, j’ai été impressionnée par les ruines de l’ancien château des Dauphins. Même s’il n’en reste pas grand chose, il est assez facile de se rendre compte de la taille qu’il avait.

ruines de château fort
Vestige du donjon de l’ancien château des Dauphins
ruines de château fort
Mur de la chapelle de l’ancien château des Dauphins

Je me suis assise sur un banc, profitant de la vue, magnifique, qui se déploie sur la Vallée de l’Isère. Construit sur un promontoire, le château avait initialement une vocation défensive et permettait de surveiller le passage dans la vallée. Le regard porte ainsi jusqu’à l’entrée de la cluse de Voreppe et on aperçoit le massif de la Chartreuse. Les primevères sont nombreuses, au pied des arbres ou des vieilles pierres (elles seront bientôt remplacées par les orchidées dont la floraison est plus tardive).

vue sur la rivière Isère qui s'écoule au pied des montagnes du Vercors
Vue sur la vallée de l’Isère depuis le site médiéval du Couvent des Carmes
primevères en fleurs
Au pied des vieilles pierres

Mais, le ciel se charge de me rappeler que nous sommes encore en février. Il se couvre et quelques gouttes tombent. Il est temps pour moi de rentrer, non sans jeter un dernier coup d’œil au Couvent des Carmes.

le Couvent des Carmes et un pan de mur médiéval de l'ancienne chapelle du château
Le mur de l’ancienne chapelle du château médiéval et le bâtiment conventuel du XVIIe siècle au pied du Vercors

Beauvoir-en-Royans – Isère – février 2024


Premières fleurs dans les vergers drômois

J’ai commencé à apercevoir les premières fleurs dans les vergers au début de la deuxième quinzaine de février. Et même si la météo était mitigée et le ciel un peu gris, je n’ai pas pu résister au plaisir d’aller trainer du côté de quelques champs d’abricotiers et de pêchers vers Châteauneuf sur Isère. Ce sont les variétés les plus précoces bien sûr qui ont commencé à fleurir. Je m’attendais surtout à voir les abricotiers en fleurs car j’en avais vu passer quelques images sur les réseaux sociaux, mais j’ai eu le plaisir de découvrir que les pêchers commençaient timidement leur floraison également.

Fleurs d'abricotiers
Fleurs d’abricotiers
Fleurs d'abricotiers
Fleurs d’abricotiers
Fleurs d'abricotiers
Fleurs d’abricotiers
Fleurs d'abricotiers en boutons
Fleurs d’abricotiers en boutons
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers
Fleurs de pêchers

Chateauneuf-sur-Isère – Drôme – février 2024


Je ne sais pas si j’aurai une autre occasion d’aller photographier les vergers en fleurs cette saison, mais vous pouvez retrouver mes images des floraisons des années précédentes :


En prévision du printemps qui arrive (et de l’été qui suivra), voici quelques idées de promenades fleuries :

A noter : les périodes de floraison sont bien sûr données à titre indicatif et sont approximatives. Elles varient chaque année selon la météo.

[projet 52-2024] semaine 9 – naturel

Naturel : le thème de cette semaine dans le projet 52 est un peu fourre-tout. Et comme chaque fois que je mets un thème très ouvert dans la liste, j’ai du mal à trouver / décider comment le traiter !
J’ai d’abord pensé à quelque chose en lien avec la nature, mais soyons honnêtes, des photos de nature, vous en voyez beaucoup par ici. Puis, j’ai envisagé un obstacle de saut « naturel » dans un concours d’équitation. Le hic, c’est que cette année, Melle 3e a d’autres projets et a donc freiné ses participations à de telles compétitions (ceci dit les réveils hyper matinaux du dimanche matin ne me manquent pas). J’ai songé à une recette de cuisine à partir d’ingrédients naturels. Et c’est là qu’une idée (un peu saugrenue peut-être) m’est venue.

En effet, l’eau est une ressource naturelle. C’est d’ailleurs une ressource en danger entre les effets directs de la pollution et ceux indirects du réchauffement climatique. Il n’y a qu’à regarder les nombreuses restrictions d’usage de l’eau que nous avons chaque année, et qui semblent s’aggraver d’année en année, ou encore les lits des rivières en été. A certains endroits toutefois, on trouve encore des fontaines directement alimentées par des sources. Autour de chez moi, il y en a pas mal dans les villages et fermes du Vercors et de ses piémonts, ou dans la montagne ardéchoise. J’en croise régulièrement au cours de mes balades. En été, elles sont généralement les bienvenues car elles permettent de se rafraichir et même de remplir sa gourde (vérifiez quand même qu’elle ne soit pas marquée comme non potable avant !).

une fontaine qui coule au cœur d'un village
Fontaine / lavoir de Beauvoir en Royans – Isère – février 2024


Pour découvrir le naturel qui se cache chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

A noter : ce week-end, je serai en famille pour profiter de bons moments et partager des activités. Je ne sais donc pas à quel moment je pourrai venir valider les commentaires qui partiraient en modération. Donc, ne vous affolez pas si votre commentaire ne s’affiche pas et met longtemps à apparaître : c’est sans doute qu’il est parti dans la file de modération et que je n’ai pas encore eu le temps de le valider.

[Isère] une journée d’hiver à Autrans, sans la neige

Cet hiver aura vraiment été étrange. Après nous avoir gratifié de neige sur les hauteurs tôt dans la saison, puis d’un premier redoux fin décembre, d’une deuxième session de neige en janvier, c’est un gros redoux que nous avons en février. Et la neige a fondu un peu partout sur le Vercors. C’est comme cela que je me suis retrouvée à monter pour passer une journée à Autrans en pleine saison hivernale mais sans neige. En effet, Melle 3e et une de ses amies souhaitaient participer à une compétition de course d’orientation à ski, et celle-ci avait été déplacée à Autrans, la seule station du Vercors où il restait encore assez de neige sur les pistes de fond.

Autrans a accueilli les épreuves nordiques lors des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968

Autour du village, marcher dans les nuages

Après avoir accompagné Melle 3e et son amie pour louer les skis et faire les formalités d’accès aux pistes et à la course, je les ai laissées prendre la navette en direction du plateau de Gève pour les pistes de ski de fond. De mon côté, je suis partie vers le cœur du village pour prendre un café d’une part et faire un saut à l’office de tourisme d’autre part. La course et sa localisation n’ayant été confirmées que quelques jours avant, je n’avais pas eu le temps de regarder les possibilités de randonnées autour d’Autrans (et les conditions ne permettaient pas d’emprunter les boucles en raquettes balisées au départ du foyer nordique, sur lesquelles j’avais initialement un peu compté). Après m’avoir posé quelques questions sur mes souhaits en terme de durée et difficulté de la randonnée, la conseillère m’a donné un petit dépliant proposant plusieurs petites randonnées au départ du village et m’en conseillant plus particulièrement deux. Les nuages ayant gagné les environs, j’ai décidé de commencer par une petite boucle autour du village.

Dès la sortie du bourg, en revenant vers le foyer nordique, j’ai été enveloppée par les nuages. En descendant sur le Grand Pré, l’ambiance est devenue quasi mystique, entre les nappes de brouillard et la couleur de l’herbe encore brûlée d’avoir passé du temps sous la neige. De temps en temps, la silhouette d’un arbre se détachait sur l’horizon ou une trouée dans le ciel permettait d’apercevoir la forêt recouvrant les flancs de la montagne. Sur un peu plus de 4 kilomètres, quasi à plat, j’ai marché dans un univers hors du temps, hors du monde.

Au départ du foyer nordique
En arrivant sur le grand pré, l’ambiance se fait mystérieuse avec les nuages qui frôlent le pied de la montagne
Une impression de solitude et d’immensité, où tous les bruits sont feutrés

En haut des tremplins, profiter de la vue

En revenant au village, il était encore tôt et le soleil semblait décidé à percer la couche nuageuse. Alors, après avoir récupéré mon pique-nique pour le glisser dans mon sac à dos, j’ai décidé de partir pour une deuxième boucle, un peu plus ambitieuse. J’ai donc pris la direction d’une petite montagne qui surplombe le village et sur le côté de laquelle sont installés les tremplins de saut à ski. Autrans a en effet une longue histoire avec le saut à ski, avec une première compétition qui a eu lieu en 1911. Depuis, le site a accueilli les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968 et on y retrouve plusieurs tremplins dont certains sont toujours utilisés.

Au départ, le site des tremplins, que l’on devine sur la gauche, est encore complètement dans les nuages.

Toujours en suivant le petit topo récupéré à l’office de tourisme, je traverse le village pour rejoindre le pied de la montagne du Bois de Claret. Je commence par la contourner en passant à côté de la statue de Notre Dame des Neiges. Les nuages sont toujours présents mais alors que je monte dans la forêt, progressivement, le soleil semble se faire de plus en plus présent. Je termine mon ascension en direction du belvédère des tremplins, et j’ai la bonne surprise de déboucher de la forêt avec un magnifique panorama. Je monte au sommet du tremplin de 70 mètres, abandonné. Je viens de trouver l’endroit parfait pour pique-niquer. Le soleil réchauffe le promontoire et la vue s’étend au dessus du village et sur les environs.

En passant à côté de Notre Dame des Neiges
Vue sur le hameau du Bouchet
Vue sur le hameau du Truc
Vue sur le village d’Autrans et les environs
Depuis le haut du tremplin de saut à ski de 70 mètres, vestige des Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble

Après ma pause déjeuner, je repars pour terminer la boucle. Je m’enfonce dans le bois de Claret. La forêt a des allures de forêt magique tandis que le soleil perce par moments les frondaisons des grands épicéas. J’entends quelques rapaces s’exprimer au dessus des arbres. Bien que je croise quelques autres randonneurs, les lieux sont calmes et propices à la méditation. Je me fais la réflexion qu’en plein été, cette partie du chemin, bien ombragée, doit être particulièrement agréable et relativement fraîche. La lumière joue avec les feuillages, et les branches encore nues des myrtilliers semblent par moment recouvertes de cristal.

Le chemin progresse au cœur de la forêt de grands épicéas
Le soleil joue avec les frondaisons des arbres et vient faire étinceler la végétation

Il est temps de redescendre de la montagne en direction de la vallée du Méaudret. Le chemin emprunte la ligne de pente quasiment en ligne droite et tout le dénivelé se fait en quelques centaines de mètres. J’arrive au niveau de la Ferme Julien. Les ruisseaux se rejoignent au bord de la Via Vercors en un doux glougloutement. Le retour au village par la voie verte est selon moi la partie la moins agréable de la boucle. Comme nous sommes en fond de vallée, nous ne sommes pas loin de la route et le trajet est assez monotone. De retour sur la place centrale d’Autrans, j’ai parcouru quasiment 6 kilomètres pour finir cette boucle.

La Ferme Julien et le fond de la vallée du Méaudret

Je retourne à la voiture pour changer mes chaussures de randonnée contre des chaussures plus légères, avant de revenir dans un salon de thé, prendre un goûter bien mérité. Après une bonne tarte aux myrtilles, je continue mon exploration du cœur du village, puis je reviens m’installer sur un banc à côté du centre nordique, profitant du soleil tant qu’il est présent. Mais les nuages reviennent envahir la vallée, poussés par un fort vent. Je me mets au chaud à l’intérieur du centre nordique pour attendre le retour des skieuses. Elles feront quasiment la fermeture des pistes, rentrant avec une des dernières navettes du plateau de Gève. Après avoir rendu le matériel, nous prenons la route du retour vers Valence, toutes les 3 un peu fatiguées de notre journée sportive mais heureuses d’avoir pu en profiter !

Autrans – Vercors – Isère – février 2024

(*) Quand vous arrivez dans un endroit que vous ne connaissez pas, même si c’est pour peu de temps, n’hésitez pas à passer à l’office de tourisme. Vous pourrez y bénéficier de conseils personnalisés sur les activités et d’informations pertinentes. Par exemple, le fait que la conseillère m’indique que les commerces du village sont fermés entre 12.30 et 15.00 m’a aidé à organiser ma journée et à décider quand partir pour ma 2e randonnée. Et si vous arrivez sans carte ni topo, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin à l’office de tourisme.

[Isère] une randonnée en raquettes à Villard-de-Lans

La neige a mis longtemps à pointer ses flocons cet hiver mais mi-janvier, elle s’est enfin décidée. Après des semaines à l’attendre, elle avait enfin recouvert le Vercors en quantité suffisante pour permettre une sortie en mode nordique. Mr 2e allait pouvoir étrenner ses nouveaux skis de fond et moi ressortir mes raquettes. Toutes les stations étaient en effet ouvertes pour le week-end du 21/22 janvier, promettant de jolis moments enneigés.

Ambiance nordique à Bois Barbu

Direction le domaine nordique du Haut Vercors

J’avais assez logiquement prévu de me rendre au Grand Echaillon, en raison de sa proximité avec la plaine de Valence (et donc de chez moi). Toutefois, avant de partir ce samedi matin-là, j’ai vérifié la météo et outre les températures glaciales prévues sur tout le Vercors, il était annoncé un très fort vent du nord sur la partie ouest du massif, faisant chuter le ressenti de température bien en dessous de -15°C à Léoncel. Vite, j’ai cherché un plan B permettant de bénéficier de meilleures conditions météo. Après avoir envisagé de me rendre à Herbouilly, j’ai choisi de filer sur Villard-de-Lans. C’est le même domaine, celui du Haut Vercors, mais la route est un peu moins longue.

Depuis la plaine de Valence, je suis passée par Pont-en-Royans et les gorges de la Bourne. Je crois que j’aime définitivement mieux cette route en hiver qu’en été. Creusée en partie à flanc de montagne, elle fait partie des routes vertigineuses du Vercors construites au XIXe siècle. Quand les montagnes sont couvertes de neige et que les stalactites de glace surgissent des surplombs de la paroi, cela ajoute une dimension épique à l’ensemble. La route des gorges de la Bourne est sans doute moins impressionnante que ses consœurs de Combe Laval ou des Ecouges (j’avais été en outre très impressionnée par le tunnel de cette dernière : non éclairé, à une seule voie, en double sens, avec une courbe au milieu de ses presque 500 mètres de long… mais il fait l’objet de travaux visant à l’éclairer au passage de véhicules et à signaler la présence d’un autre véhicule dans le tunnel avant de s’y engager. Restera donc l’effet du tracé de la route en encorbellement ). Mais elle est aussi nettement plus aisée à circuler, même s’il y a quelques endroits où on ne peut pas croiser un autre véhicule et où il faut donc se méfier. Elle est également bien dégagée en hiver.

Ce samedi matin, la route des gorges de la Bourne offrait donc son spectacle hivernal mais aussi de très bonnes conditions de route, malgré le froid. Je n’ai pas pu prendre de photos car je conduisais et les endroits pour s’arrêter sont rares (et peu accessibles en conditions hivernales). Une fois arrivés à Villard-de-Lans, nous avons pris la direction de Bois Barbu, qui est une des trois portes d’entrée sur le domaine nordique du Haut Vercors, avec toujours une route bien dégagée jusqu’à l’entrée de la zone de stationnement.

Vue depuis le foyer nordique de Bois Barbu

Dans la forêt entre Bois Barbu et Valchevrière

Après le queue à la caisse des forfaits car il y avait foule à vouloir profiter de ce premier jour de ski de l’année, Mr 2e est parti sur les pistes de fond tandis que j’ai filé sur les sentiers balisés pour les balades en raquettes. J’ai choisi de partir en direction de Valchevrière sur une piste verte. La promenade en aller/retour fait un peu plus de 7 km et est donnée pour 3h. Comme je disposais de 2h15 avant de retrouver Mr 2e au foyer nordique de Bois Barbu (en prévision de déjeuner), je savais que je n’irai pas jusqu’à Valchevrière cette fois, mais cela me permettait de suivre un balisage.

Au départ du foyer nordique de Bois Barbu/caisse des forfaits de ski de fond

Très vite, le chemin s’enfonce dans la forêt. Il y a peu de randonneurs ce matin-là et je me retrouve très vite seule sur mon itinéraire. Autour de moi, les arbres majestueux sont recouverts de neige. L’ambiance est féérique. Le silence est seulement troublé de temps à autre par le bruit de la neige qui dégringole des branches secouées par un petit coup de vent.

Dans la forêt…
… au milieu des arbres couverts de neige.

Au gré des clairières que je traverse, j’aperçois le ciel bleu au dessus des cimes des arbres. Le temps ne compte plus. Je profite de la beauté des paysages qui m’entourent et du calme absolu. Avec le bruit de mes raquettes dans la neige, je me fais presque l’effet d’être une intruse dans cet environnement si paisible. Le chemin monte puis redescend à plusieurs reprises, et finit par déboucher le long d’une piste de ski de fond (sur ce qui est en été, la route permettant de rejoindre Herbouilly depuis Bois Barbu). Je la longe sur quelques dizaines de mètres en prenant soin de bien garder ma droite pour ne pas gêner les skieurs sur cette piste à double sens. Puis de nouveau, le chemin s’enfonce dans les bois.

Apercevoir le bleu du ciel au passage des clairières
Avez-vous repéré la balise ?

Le sentier s’enfonce le long d’une piste forestière tandis que le soleil parvient à se frayer un passage à travers les branches. Soudain, un bruit me fait me retourner. Le vent a balayé la neige des branches qui tombe dans le rayon du soleil en une vision fantasmagorique. J’ai perdu la notion du temps et de la distance dans ce paysage immaculé, aussi je regarde ma montre. Je dispose d’encore un peu de temps avant de devoir rebrousser chemin. Je décide donc de continuer à avancer. Le chemin me ramène le long de la piste de ski. Je dépasse un des stations du chemin de croix qui va de Villard-de-Lans à Valchevrière en mémoire des résistants du hameau.

Quand la neige tombe des branches dans un rayon de soleil….
La station n°11 du chemin de croix menant de Villard-de-Lans à Valchevrière

Je ne vais pas aller jusqu’au hameau de Valchevrière car il me reste selon mon estimation encore au moins 800 mètres pour y arriver. J’hésite cependant à pousser jusqu’au belvédère mais je commence à fatiguer (et ma cheville qui se remet tout juste d’une entorse montre elle aussi des signes de fatigue). Aussi, après une petite pause, il est temps pour moi de prendre le chemin du retour à Bois Barbu. Pour cela, il me suffit de revenir sur mes pas. Après avoir quitté le bord de la piste de ski, je ne me méfie cependant pas assez et glisse dans une descente. La poudreuse amortit fort heureusement la chute, mais il me faut un petit moment pour réussir à me dépêtrer de mes raquettes et me relever. Je reste donc prudente dans les descentes qui suivent, mais bien vite je suis de nouveau sur un terrain plus plat et je peux reprendre un bon rythme.

C’est dans la descente à gauche que j’ai glissé…
Un dernier effort de montée et c’est l’arrivée !

J’arrive à Bois Barbu en même temps que Mr 2e. Après avoir un temps envisagé de déjeuner sur place, nous préférons retourner à la voiture et nous acheter sur la route de quoi manger. Nous sommes en effet tous les deux bien fatigués de nos efforts !

Site nordique du Haut Vercors – porte de Bois Barbu
Villard-de-Lans – Isère – janvier 2023

(*) L’accès aux promenades en raquette est gratuit. De nombreux itinéraires sont possibles à partir de différents lieux de la station de Villard-de-Lans/Corrençon-en-Vercors. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de l’office de tourisme.
L’accès aux pistes de ski de fond est soumis à l’achat d’un forfait. Il est chargé sur un support réutilisable à acheter la première fois. Cette carte peut servir pour charger des forfaits de ski de fond ou de ski alpin sur la station. Et elle est utilisable longtemps : j’étais contente d’avoir pensé à en emporter une que j’avais à la maison et dont la dernière utilisation datait de 2014 pour le domaine alpin !
Pour tout savoir des autres activités proposées sur la station, et scruter les webcams, il suffit de se rendre sur le site internet de l’office de tourisme de Villard-de-Lans/Correçon-en-Vercors.


Un peu d’histoire : la bataille de Valchevrière

Si je n’ai pas pu aller jusqu’au hameau de Valchevrière cette fois, je souhaite quand même vous parler un peu de son histoire. Le hameau, niché au cœur de la forêt, avait été peu à peu déserté durant l’entre-deux-guerres, habité uniquement en été par quelques paysans gardant leurs troupeaux. Les maisons ont été utilisées comme camp par des maquisards, menés par le lieutenant Chabal. Le 21 juillet 1944 est lancée l’opération générale contre la Résistance du Vercors. Parmi les évènements les plus marquants, on retient souvent l’atterrissage de planeurs allemands à Vassieux-en-Vercors entre le 21 et le 23 juillet et les combats qui s’en sont suivi. Mais la bataille de Valchevrière a également été particulièrement violente. Dans la journée du 22 juillet, au niveau du belvédère, sur la route, les résistants sont attaqués par plus de 300 hommes de l’armée allemande. La compagnie Chabal tiendra sa position le plus longtemps possible mais sera finalement débordée par une armée mieux équipée et plus nombreuse. Une fois le verrou de Valchevrière tombé, les allemands gagnent la maîtrise de tout le Vercors Sud. Ils incendient les maisons vides de Valchevrière, n’épargnant que la chapelle, afin qu’elles ne puissent plus servir de refuge pour la Résistance. Le hameau ne sera jamais reconstruit. Il est maintenant, tout comme le belvédère un lieu de mémoire.

(*) En été, le belvédère de Valchevrière est accessible directement depuis la route entre Villard-de-Lans et Herbouilly. En hiver, il faut y aller à pied (raquettes) ou à ski de fond. Depuis le belvédère, un chemin forestier conduit au cœur du hameau.

[Isère] sous le charme des cristaux au Muséum d’Histoire Naturelle de Grenoble

C’est pour faire des achats que nous sommes allées, Melle 3e et moi, à Grenoble. Mais nous avons souhaité en profiter pour visiter un musée. Le hic, c’est que nous y étions un mardi, seul jour de « libre » dans notre planning, et que beaucoup de musées sont fermés ce jour-là. Nous avons donc choisi le Muséum d’Histoire Naturelle parmi les musées ouverts le mardi… et cela a été une très bonne idée qui nous a permis de découvrir des dizaines de cristaux !

Nous avons rejoint le Muséum à pied depuis le centre historique de Grenoble où nous étions juste avant. En même pas dix minutes, nous étions devant la grille du Jardin des Plantes (où nous aurions pu aller découvrir les serres botaniques, mais la forte chaleur ambiante nous en a dissuadées : nous les avons notées pour une prochaine fois). Après avoir traversé le jardin, c’est un éléphant qui nous a accueillies sous le péristyle puis une girafe dans le hall d’accueil. Impossible de se tromper : nous sommes bien dans un muséum d’histoire naturelle aux collections anciennes !

D’ailleurs, en entrant nous dirigeant vers les salles d’exposition, nous sommes frappées par l’architecture du bâtiment. Ouvert en 1855, il porte les marqueurs typiques de son époque. Au premier étage, la salle principale, toute en longueur et ornées de boiseries, est entourée par une mezzanine. L’ensemble a un charme désuet, mélange de cabinet de curiosité et de science façon XIXe siècle.

La muséographie, par contre, est très contemporaine. Plusieurs espaces se succèdent : la faune alpine dans la salle principale, les espèces en voie de disparition, l’entomologie, et surtout les cristaux et fossiles, des Alpes et d’ailleurs.

Si la partie sur la faune attire les enfants qui y découvrent de près de nombreuses espèces animales locales (il s’agit d’animaux empaillés datant pour la plupart des jeunes années du Muséum), ce sont les cristaux, roches et fossiles qui nous ont le plus émerveillées.

Dans la salle nommée Cristal Symphonie, des cristaux du monde entier sont mis en valeur par un éclairage adéquat, faisant même appel aux UV pour faire ressortir la luminescence de certains spécimens. Chaque fois que j’ai l’occasion d’admirer des cristaux, je suis stupéfaite de la façon dont la nature a pu créer des formes géométriques si parfaites : cubes, prismes, faisceaux se sont formés naturellement ! Bien qu’elle soit de taille réduite, nous avons passé un long moment dans cette salle.

Puis, nous nous sommes dirigées vers la mezzanine. Celle-ci présente une exposition chronologique sur la formation géologique des Alpes, expliquant les différentes roches que l’on peut y trouver ainsi que les nombreux fossiles qui y sont enfermés (j’ai d’ailleurs noté plusieurs sites pas très loin de chez moi que j’aimerais bien pouvoir découvrir in situ). Puis, nous sommes de nouveau plongés dans l’univers des cristaux et en particulier des quartz, nombreux dans les Alpes (et cela m’a donné envie de retourner à Chamonix visiter le musée regroupant les cristaux si particuliers du massif du Mont Blanc).

Je n’avais pas emporté mon appareil photo (puisque nous allions à Grenoble essentiellement pour des achats), et je l’ai un peu regretté ! Heureusement que j’avais mon téléphone pour me sauver la mise et emporter un peu de la magie des cristaux avec moi (j’ai quand même dû faire pas loin de 70 photos !)….

En repartant, nous nous sommes dit que ce muséum d’histoire naturelle (comme beaucoup d’autres en France) mériterait d’être un peu plus connu car il nous a permis de nous émerveiller sur la nature qui nous entoure… Et c’est là sans doute le premier pas pour chercher à la protéger !

La salle principale et sa mezzanine au charme très XIXe siècle
Cristal Symphonie
Et soudain, la nature s’est dit « tiens si je fabriquais des formes géométriques colorées »…
Faisceaux
Sous une lampe UV, certains cristaux deviennent luminescents
Cristallisations de quartz
Quartz fumé alpin
Quartz des Alpes

Muséum d’Histoire Naturelle – Grenoble – Isère – juillet 2022

(*) Le Muséum est situé au 1 rue Dolomieu à Grenoble. Les horaires, conditions de visite et d’accès sont à retrouver sur le site internet. L’accès au Jardin des Plantes est libre (et a priori celui aux serres botaniques également).