[Bouches-du-Rhône] une journée à Aix-en-Provence

J’étais déjà allée à Aix-en-Provence il y a 5 ans. Si j’avais globalement apprécié la ville, cela n’avait pas non plus été un coup de cœur absolu, et Aix ne faisait pas partie de ces villes où j’ai particulièrement envie de retourner. Mais alors pourquoi y avoir passé une journée, me direz vous. Tout simplement parce que l’Hôtel de Caumont présentait une exposition que Melle 3e souhaitait voir, et que tant qu’à faire le trajet, autant en profiter pour se balader en ville, et donner une seconde chance à Aix-en-Provence d’intégrer le club des villes où je veux revenir.

Place des Quatre Dauphins – quartier Mazarin

Flâner dans la vieille ville

Nous sommes arrivées à Aix-en-Provence en milieu de matinée un samedi. J’aurais préféré venir en semaine mais je ne pouvais pas prendre de congés et la date de fin de l’exposition approchait. Nous devions donc y aller durant un week-end. J’avais fait le choix du samedi par rapport au dimanche pour pouvoir profiter en ville des boutiques ouvertes, ce qui est toujours plus agréable. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que c’est aussi le jour du marché. Et le marché d’Aix du samedi matin, à la fois alimentaire et non alimentaire, est très vaste, s’étendant sur le Cours Mirabeau et de nombreuses places de la ville. Il attire aussi logiquement beaucoup de monde, rendant l’accès au stationnement un peu laborieux (et j’avais pourtant opté pour un très vaste parking souterrain mais il m’a fallu faire preuve de beaucoup de patience pour y accéder, puis descendre assez bas pour trouver une place !).

Place des Prêcheurs

Nous avons ensuite fait tous nos déplacements à pied, parcourant la vieille ville dans tous les sens. Nous avons commencé par les quartiers les plus anciens, au plan un peu anarchique. Les petites rues sont bordées des belles façades des anciens hôtels particuliers. Certains ont été transformés en boutiques. Nous en profitons pour entrer dans les cours, et jeter un œil aux escaliers majestueux.

Les jolies façades aux tonalités chaudes
Quand le soleil joue avec les fenêtres dans l’escalier de l’hôtel Boyer d’Eguilles (qui abrite la boutique Aroma-Zone)

Parmi les curiosités dans le centre ville d’Aix-en-Provence, il y a les fontaines. Construites entre les XVe et XIXe siècles pour approvisionner les habitants de la ville en eau, elles sont aujourd’hui des éléments décoratifs, sources de fraîcheur en été. Lors de notre visite, toutes les fontaines n’étaient pas en activité. Nous avons toutefois pu profiter de certaines d’entre elles, au hasard des places et des rues. Nous n’avons bien sûr pas manqué de jeter un œil à la fontaine moussue du Cours Mirabeau. Cette dernière se trouve en effet maintenant complètement engloutie par une énorme concrétion de tuf qui s’est déposée depuis sa construction en 1667 et sur laquelle la végétation s’est développé. Elle a la particularité d’être alimentée par une source chaude et sourd autour de 20° C toute l’année.

Place des Trois Ormeaux
Fontaine des Neuf Canons – Cours Mirabeau

Découvrir une libraire atypique

Alors que nous envisagions de passer cette journée à Aix-en-Provence, le hasard des réseaux sociaux m’a fait tomber sur une publication Instagram de la librairie Mon Chat Pitre. Le concept de la « ronron » librairie est celui d’une librairie aux allures cosy dans laquelle plusieurs chats évoluent en liberté. Tous ont été adoptés via une association. Forcément, nous avons eu envie d’aller découvrir ce qu’il en était. La façade est modeste mais ne laisse pas de doute sur le lieu. En vitrine, outre quelques ouvrages mis en valeur, on ne peut pas manquer le grand fauteuil, couvert de poils, et sur lequel un félin fait sa sieste. L’établissement, tout en longueur, se divise en plusieurs petites salles. Certaines ont un éclairage zénithal et toutes de jolis luminaires. Sur les tables et le long des murs, on trouve une belle sélection de livres. Après avoir trainé dans les rayons, difficilement fait un choix et croisé quelques chats libraires, nous passons à la caisse où les chats caissiers nous attendent. Nous ne regrettons pas du tout d’avoir entendu parler de cette librairie atypique où nous avons passé un bon moment.

Dès la vitrine, le ton est donné !
Une librairie qui donne envie de chercher son bonheur livresque
A la caisse, un assistant pas toujours très efficace

(*) Librairie Mon Chat Pitre, 13 rue de Montigny, Aix-en-Provence

Profiter d’une exposition à l’Hôtel de Caumont

Comme je l’ai dit plus haut, si nous sommes venues à Aix-en-Provence, c’est avant tout pour voir une exposition, présentée à l’Hôtel de Caumont. Melle 3e avait en effet repéré dès le début de l’automne la monographie consacrée à Alphonse Mucha et m’avait convaincue d’y aller. Il y a cinq ans, nous avions vu une exposition d’œuvres de Chagall dans le même centre d’art, situé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle au cœur du quartier Mazarin. Après avoir jeté un œil aux deux salles patrimoniales rappelant la vie passée de l’Hôtel de Caumont, nous entrons dans le vif du sujet.

L’escalier d’honneur de l’Hôtel de Caumont a été pavoisé aux couleurs de l’exposition en cours

Si vous ne connaissez pas le nom de Mucha, vous avez sans doute déjà vu ses illustrations (ou des illustrations inspirées de son style). Né en République Tchèque (à l’époque où c’était une province de l’Empire Austro-Hongrois), Mucha arrive à Paris en 1887. Il rencontre d’autres artistes dont Paul Sérusier avec qui il se lie d’amitié. Ses qualités graphiques le font vite remarquer et il travaille avec la maison d’édition Armand Colin ou l’imprimeur Lemercier. C’est par ce dernier qu’il entrera en contact avec l’actrice Sarah Bernhardt en 1894, qui souhaite une nouvelle affiche pour Gismonda, la pièce qu’elle joue et qui est en perte de vitesse. Mucha est le seul illustrateur disponible. Sa proposition casse les codes en vigueur et pose les bases de son style. La pièce est un succès et Mucha devient l’illustrateur attitré des affiches des pièces de Sarah Bernhardt. Il affirme son style qu’il déploie sur les affiches de spectacle, mais aussi les publicités (et on peut au passage se rendre compte que l’image d’une femme un peu dénudée est déjà à la fin du XIXe siècle une méthode de marketing pour vendre tout et n’importe quoi : vins, bières, biscuits, vélos…).

La primevère (lithographie – 1899)

Convaincu que le beau doit être à la portée de tous, Mucha fait aussi éditer des illustrations allégoriques, où l’on sent sa proximité avec le mouvement symboliste. Il propose ainsi des séries autour des fleurs, des saisons, des arts, des moments de la journée. A chaque fois, on y retrouve son style si particulier et que l’on associe maintenant immédiatement à l’Art Nouveau. L’exposition parcourt ainsi la vaste production lithographique de Mucha. La dernière salle, toutefois, est dédiée à l’œuvre plus tardive de Mucha, une œuvre plus « slave », directement inspirée de son pays natal où il retourne en 1910 après quelques années aux Etats-Unis. Il peint alors en particulier une vaste série de vingt toiles monumentales, L’épopée slave, qui retrace l’histoire des slaves depuis le IIIe siècle. Si L’épopée slave n’est pas présentée lors de l’exposition (elle est cependant largement évoquée à travers une salle immersive qui plonge le spectateur au cœur de l’œuvre porté par la musique de Dvořák), d’autres toiles d’inspiration nationaliste et symboliste sont présentes. Si l’on y retrouve certains traits du « style Mucha », elles sont cependant bien différentes de son travail de dessinateur. De plus, elles apportent un éclairage sur le décalage entre l’artiste tel qu’il a été connu et l’artiste tel qu’il aurait souhaité être connu.

La rose (détail)- série Les Fleurs
lithographie – 1898
L’iris (détail) – série Les Fleurs
lithographie – 1898
L’été (détail) – série Les Saisons
lithographie – 1896
La Madone aux lys (détail)
huile sur toile – 1905
L’exposition permet aussi de découvrir les méthodes de travail de Mucha et en particulier, les photos de préparation de ses illustrations et tableaux. Il avait en effet pour habitude de faire poser des modèles, se mettant parfois lui-même en scène tout comme sa famille et ses amis.

(*) L’exposition « Mucha, maître de l’Art Nouveau » se tient jusqu’au 24 mars 2024 au centre d’art de l’Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence. Vous pourrez retrouver tous les détails pratiques sur le site internet de l’Hôtel de Caumont.
L’exposition suivante sera consacrée à Bonnard.
Je vous conseille vivement de réserver vos billets à l’avance sur internet : cela vous évitera une première queue à l’entrée du centre d’art. Par contre, en cas de forte affluence, il est possible que vous deviez quand même attendre un peu avant d’entrer dans l’exposition ensuite. En effet, les espaces sont relativement restreints et ont une jauge limitée. Par ailleurs, pour un meilleur confort de visite, je vous recommande de cibler des jours/horaires à moindre fréquentation pour les expositions à l’Hôtel de Caumont. Nous y étions un samedi de vacances scolaires, et si en arrivant pendant l’heure du déjeuner, nous avons pu éviter les files d’attente, il y avait énormément de monde dans les salles. Nous avons parfois du attendre avant de pouvoir visualiser correctement une œuvre par exemple.


Après la visite de l’exposition (ce qui nous a quand même pris pas loin de 2 heures), même s’il n’était pas très tard encore, nous étions fatiguées d’avoir piétiné dans la foule, et avons renoncé à aller faire un tour au musée Granet que nous avions pourtant repéré. Nous avons opté pour un goûter et quelques achats gourmands avant de reprendre la route du retour.

Façade sur le Cours Mirabeau


Adresses gourmandes

  • Nous avons profité de la météo plutôt clémente pour déjeuner en terrasse. Elles sont nombreuses dans la vieille ville, situées sur des places ou le long de rues piétonnes. C’est le hasard qui nous a conduit dans un bar à salades et sandwiches très sympa, où l’on constitue son repas en cochant les ingrédients que l’on souhaite sur une petite fiche.

    (*) Miam Miam, 9 rue Laurent Fauchier, Aix en Provence
  • Pour le goûter, nous sommes allées à l’Atelier du Mochi. Nous l’avions repéré le matin en croisant une personne qui avait un sac de la boutique. Quelques petites tables à l’intérieur mais surtout en terrasse permettent de déguster sur place les mochis traditionnels ou glacés fait maison, en les accompagnant d’un thé ou d’une boisson fraîche. Nous avons tellement apprécié ces mochis que nous en avons aussi acheté à emporter pour notre dessert du soir.

(*) L’atelier du Mochi, 10 rue Boulegon, Aix-en-Provence

  • Impossible de repartir d’Aix en Provence sans calissons. Ces confiseries au melon et à l’amande sont en effet une spécialité locale. On en trouve bien entendu un peu partout en ville, mais une connaissance m’avait conseillé de les prendre à la Chocolaterie de Puyricard. Je ne regrette pas du tout d’avoir suivi son conseil : ce sont les meilleurs calissons que j’ai eu l’occasion de déguster. On y sent bien les goûts du melon et de l’amande sans qu’ils soient trop sucrés.

(*) Chocolaterie de Puyricard, plusieurs boutiques en France, dont 2 à Aix. Nous sommes allées à celle située en bas du Cours Mirabeau


Aix-en-Provence – Bouches du Rhône – mars 2024

[Drôme] prendre de la hauteur au pied des châteaux forts

Du Moyen-Âge, il reste dans la Drôme de nombreuses traces, en particulier tout le long de la vallée du Rhône. Parmi celles-ci, on retrouve des vestiges de fortifications, qu’il s’agisse de vieux villages entourés de remparts parfois encore visibles ou de châteaux forts perchés sur les collines et surveillant les passages. La plupart de ces anciens châteaux forts sont maintenant des ruines, plus ou moins vastes et plus ou moins visibles. Par contre, ces vestiges sont des buts de balades ou randonnées très agréable où, une fois au pied de l’ancien château, on domine le paysage pour des vues panoramiques.

La Tour de Barcelonne, perchée sur les piémonts du Vercors

Une fin d’après-midi au château des Cornillans

Le château des Cornillans, si vous me suivez un peu dans mes balades, vous devez commencer à le connaître. Parmi les châteaux en ruines des environs de Valence, c’est un des plus proches de la maison. Comme il est aussi très facile d’accès, c’est devenu un lieu où je me rends très souvent quelle que soit la saison, y compris de façon un peu improvisée. C’était d’ailleurs le cas pour cette sortie. Imaginez un samedi où il fait très froid, avec en plus du mistral. Après une grosse semaine de travail, je manquais complètement de motivation pour sortir. J’avais donc décidé de passer la journée tranquillement à la maison, ne sortant que pour emmener Melle 3e à l’équitation en fin d’après-midi. Mais, en allant la déposer, j’ai aperçu le givre qui surmontait la Raye sous un beau ciel bleu. Le paysage était si beau, qu’il a suffi à me motiver pour aller vite fait mettre une tenue plus adaptée à la rando et attraper mes chaussures à la maison avant de filer sur les chemins de La Baume Cornillane.

Le blanc sur le haut de la montagne de la Raye, c’est bien du givre et pas de la neige…

En arrivant sur place, il me restait environ une heure avant le coucher du soleil. J’ai laissé la voiture au pied de la crête sur laquelle est construit le château et je suis partie sur ces chemins maintes fois parcourus. J’ai admiré la Raye dans son manteau de givre. J’ai fait un crochet par les roches de la Pangée qui m’impressionnent toujours. Puis, j’ai flâné dans les ruines du château.

J’ai beau voir cette montagne quotidiennement, je ne me lasse pas de l’admirer…
Les ruines de l’ancien donjon continuent à dominer les environs
Vers les roches de la Pangée, un nouveau panneau explicatif donne des informations sur cet ancien super-continent

Doucement, le soleil a commencé à descendre sur l’horizon. La lumière s’est faite plus douce, avant de venir couvrir les paysages d’une teinte dorée. Malgré le froid mordant, je n’avais pas envie de rentrer. J’ai cherché un endroit un peu abrité du vent pour continuer à regarder le soleil venir se cacher derrière les monts d’Ardèche. C’était tellement calme et beau que le temps semblait s’étirer. Puis, la nuit a commencé à tomber, indiquant qu’il était temps pour moi de rentrer me mettre au chaud après cette balade vivifiante.

Lumière de fin de journée depuis les hauteurs de La Baume Cornillane
Sur le bord des chemins, les herbes séchées…
Marcher dans les ruines du château des Cornillans
Face au soleil déclinant, dans les ruines du château
L’heure dorée sur les murs du château
Regarder le soleil se coucher…

La Baume Cornillane – Drôme – janvier 2024

(*) L’accès au château des Cornillans peut se faire depuis le village de La Baume Cornillane par des chemins balisés, au départ de la mairie. Il existe d’autres chemins d’accès tout au long de la crête. L’accès au château et aux roches de la Pangée est libre.


Un jour de vent à la Tour de Barcelonne

La Tour de Barcelonne n’est pas beaucoup plus loin que le château des Cornillans depuis chez moi. Et si l’accès est un peu moins immédiat, il reste quand même facile. J’ai pris l’habitude d’y monter depuis Combovin car le chemin est moins abrupt que depuis Barcelonne. Il offre également de plus jolis points de vue au fil de la montée. Après avoir laissé la voiture sur le parking du cimetière à Combovin et traversé la Véore, il suffit de suivre la petite route en légère montée puis d’emprunter le sentier qui monte sur la droite en direction des Terres Blanches.

En traversant la Véore
Comme des ombres chinoises…

Des Terres Blanches, on peut déjà apercevoir la Tour de Barcelonne sur une colline voisine. La direction à suivre devient alors évidente, sur un sentier très visible. Là, le sol peut parfois être glissant entre les flaques boueuses des jours d’après la pluie et les cailloux. Régulièrement, entre les frondaisons des arbres, la silhouette de la tour se devine.

La silhouette de la Tour de Barcelonne se devine entre les branches des conifères
Sur les sentiers…

Soudain, au détour du chemin, me voilà au pied de la tour, ancien donjon médiéval. Je monte jusqu’à la plateforme qui constituait la cour du château au Moyen-Âge. Le vent souffle fort et froid cet après-midi là. Malgré le soleil, cela n’incite guère les nombreux promeneurs à s’attarder à cet endroit découvert. Je prends toutefois le temps d’admirer le paysage. La vue est littéralement à 360° et couvre à la fois la plaine de Valence et les premières falaises du Vercors occidental. Je m’amuse, comme chaque fois, à retrouver des lieux connus comme les villages de Montvendre et de Chabeuil, ou encore la Raye. Mais le vent finit par avoir raison de ma contemplation, et je rebrousse chemin pour rentrer à la maison.

Au pied de la tour de Barcelonne
Vue sur la Raye et les piémonts du Vercors
L’ancien donjon médiéval a été restauré. Il n’est cependant pas accessible.
Les ruines de l’ancien château du Moyen Âge au pied du Vercors
Jeter un dernier coup d’oeil à la tour de Barcelonne en repassant aux Terres Blanches

Combovin & Barcelonne – Drôme – janvier 2024

(*) L’accès à la Tour de Barcelonne peut se faire depuis Combovin, comme évoqué ci-dessus. Il est aussi possible d’y accéder depuis le village de Barcelonne. Les chemins sont bien visibles et globalement balisés jusqu’à la tour. L’accès à la tour de Barcelonne est libre.
Il faut compter environ 30 minutes depuis le cimetière de Combovin pour accéder à la Tour. Il est possible de compléter la balade en allant jusqu’à la chapelle Sainte Marguerite depuis les Terres Blanches.


Si vous voulez découvrir d’autres points de vue depuis des ruines de châteaux forts aux environs de Valence, vous pouvez aussi aller voir :

[Drôme] se promener les pieds dans la neige

Si nous avons eu un début d’hiver très arrosé, les températures sont globalement restées douces et les premières neiges sont arrivées tardivement. Il m’a en effet fallu attendre mi-décembre pour pouvoir me promener dans les paysages blanchis. En plaine, elle a encore mis plus de temps à arriver, c’est seulement en janvier que les premiers flocons ont fait leur apparition, couvrant très progressivement les paysages d’un tapis blanc, bien vite balayé par des vents glaciaux.

des branches et des feuilles de hêtre givrées
Quand l’hiver vient remplacer l’automne…

Dans la forêt givrée au Grand Echaillon

Mi-décembre, alors que de la neige était un peu tombée sur le Vercors quelques jours avant, j’ai décidé un samedi après-midi d’aller voir s’il en restait un peu. Comme je n’avais pas envie de faire beaucoup de route, j’ai choisi d’aller vers le Grand Echaillon. Je m’étais dit que neige ou pas, j’y trouverai bien une balade à faire. Au pied du col des Limouches, les conditions de circulation étaient annoncées délicates car il avait gelé les nuits précédentes et que les nuages étaient bas. Et effectivement, si la route était bien dégagée, j’ai rapidement vu la température chuter sur le thermomètre de la voiture. Mais, en descendant sur Léoncel, j’ai su que mon idée était bonne car les crêtes étaient blanchies et l’ambiance en haut s’annonçait magique.

une crête de montagne, givrée en haut et pas en bas
Depuis le plateau de Léoncel, vu sur les crêtes du Grand Echaillon
des branches couvertes de givre
Sur le parking de l’auberge du Grand Echaillon

J’ai laissé la voiture sur le parking de l’auberge. Le thermomètre indiquait -5°C et le vent soufflait fort. Sitôt descendue, j’ai cherché mes gants et m’apercevoir que j’avais oublié de les prendre. Je trouvais malgré tout dommage de ne pas profiter un peu des paysages complètement givrés autour de moi. Alors, j’ai resserré mon écharpe, remonté ma capuche, et glissé mes doigts dans mes manches. Les lieux étaient silencieux. Je me suis enfoncée dans la forêt, suivant un chemin que je connaissais. La neige était glacée, et avait emprisonné les traces de pas d’animaux. J’ai reconnu le cerf, le renard, le lièvre et le loup. Le vent faisait danser les troncs des grands arbres en un ballet hypnotique.

une maison et un tas de troncs d'arbres dans une foret enneigée
Une ambiance complètement hivernale autour de l’auberge
un chemin dans une forêt enneigée
S’aventurer dans la forêt enneigée
les cimes des arbres givrées
Se sentir minuscule
une forêt enneigée avec au premier plan des arbres qui ont encore leurs feuillage automnal
L’automne n’avait pas encore complètement disparu
une forêt givrée
Au pied des grands arbres

J’ai ensuite pris la direction de la bergerie. J’avais pensé aller longer la crête jusqu’au point de vue sur le plateau de Léoncel. Mais le brouillard se faisait de plus en plus présent, effaçant le paysage. Je me suis donc contentée de marcher jusqu’à la bergerie, m’émerveillant de la façon dont le vent et le froid avaient paré la nature d’une couche de magie.

des cimes d'arbres givrées
Se laisser hypnotiser par le ballet des branches
une forêt givrée
Dans la forêt
des feuilles de hêtre givrées
Feuilles givrées
un chemin dans une forêt enneigée
Direction la bergerie
un chemin dans une forêt enneigée
Marcher dans un paysage enchanté
un chemin enneigé s'avançant dans le brouillard entre deux barrières
Minimalisme
un paysage complètement blanc de givre et de neige
La visibilité était devenue très faible

J’ai fini par faire demi-tour au bout de plus d’une heure de balade dans la magie de ces paysages givrés. De retour à la voiture, mon seul regret a été que l’auberge n’était pas encore ouverte pour la saison car j’y aurais bien pris un thé au coin de la cheminée.

Le Grand Echaillon – Drôme – décembre 2023


Sur les sentiers enneigés au pied du Vercors

Le premier week-end de janvier, il a neigé sur le Vercors. J’avais un temps envisagé de retourner au Grand Echaillon mais un coup d’œil à la montagne par la fenêtre et à la webcam sur internet m’en avait découragé. En effet, les sommets étaient nimbés d’un épais brouillard, la neige tombait et les conditions de circulation étaient annoncées difficiles (d’ailleurs, des copains ont voulu y aller mais ont dû s’arrêter avant la station tant la route était glissante). Le lundi matin (comme exceptionnellement, je ne travaillais pas), quelques flocons voletaient dans l’air chez moi et je me suis dit qu’en allant vers le pied du Vercors du côté de Peyrus, je trouverais peut-être la neige. Ce secteur, bien que proche de chez moi, est en effet souvent plus froid et enneigé.

Dès la sortie du village, la présence de la neige ne fait aucun doute

C’était une bonne idée car sitôt la sortie du village, les champs étaient couverts d’une pellicule blanche et la neige tombait plus fortement que chez moi. J’ai laissé ma voiture sur un emplacement de stationnement et je suis partie dans l’idée d’aller vers le Chemin des Moines (ce sont les premiers kilomètres du GR93). Si le début de ma balade s’est fait en suivant le balisage, j’ai bien vite bifurqué pour m’aventurer dans un sentier s’enfonçant dans les bois et éviter une marche sur route trop longue.

Direction le Chemin des Moines et le pas du Touet… avant de choisir de bifurquer

Tandis que l’averse de neige se densifiait, j’ai commencé à monter par ce chemin un peu escarpé. L’avantage, c’est qu’il m’a emmenée à l’abri du vent glacial, protégée par la colline sur laquelle j’avançais. J’ai continué à marcher, émerveillée par la forêt qui se couvrait peu à peu de neige, contrastant avec le vers des sapins et des genévriers. Le silence était total. Je n’entendais que le bruit de mes pas crissant sur la neige fraîche. L’instant semblait suspendu hors du temps. J’ai toutefois fini par faire demi-tour : l’heure du déjeuner approchait. En revenant à ma voiture, les routes avaient changé de couleur et on ne distinguait plus le bitume, entièrement blanchi. Cette fois, l’hiver semblait bien décidé à s’installer quelques temps !

C’est après avoir traversé le ruisseau que je me suis enfoncée dans les bois
Les fougères séchées retiennent la neige
Avancer sur les sentiers enneigés
Genévrier sous la neige

Peyrus – Drôme – janvier 2024


Au dessus des nuages à la Croix de Chabreille

J’étais montée à la Croix de Chabreille il y a deux ans, après avoir cherché plusieurs fois le chemin pour arriver au sommet. Après d’importantes chutes de neige un début de semaine de janvier, je suis allée me promener dans le Vercors. Mon idée de départ était de pousser jusqu’au Grand Echaillon. Mais en montant vers le col des Limouches, je suis passée au dessus des nuages et la neige était déjà abondante. J’ai donc profité que le parking à proximité de Chabreille soit encore quasiment vide (il était encore tôt le matin) pour changer mon plan et décider d’aller à la Croix de Chabreille pour profiter de la mer de nuages sur la vallée du Rhône.

un champ enneigé avec des personnes faisant de la luge
Très peu de monde en arrivant tôt le matin. Ce ne sera plus le cas quand je reviendrai récupérer ma voiture après ma randonnée : le parking débordera largement le long de la route et le champ sera noir de monde !

Après avoir hésité à prendre mes raquettes (cela aura son importance plus tard), j’ai finalement opté pour y aller sans. J’ai suivi le trajet que j’avais pris la dernière fois, traversant d’abord le champ où quelques familles sont déjà à pied d’œuvre pour enchainer les descentes en luge. Le soleil est encore assez bas et une bonne partie du pré est resté à l’ombre. Le soleil rasant fait briller la neige qui a glacé pendant la nuit.

Une bonne partie du champ est dans l’ombre
Le contraste entre la neige qui brille au soleil et les arbres encore à l’ombre est magique
Le soleil arrive doucement
Mais il va falloir encore un petit moment avant que je ne me retrouve au soleil

J’avance donc dans la neige, à l’ombre. Toutefois, le relief me protège du vent et j’ai plutôt chaud tandis que je marche. Surtout que, vu que je n’ai pas pris mes raquettes, je me retrouve rapidement à devoir faire plus d’efforts pour avancer dans une neige bien poudreuse et dans laquelle je m’enfonce généreusement. J’ai presque à chaque pas de la neige largement au dessus des chevilles (et à certains endroits, j’en aurai même jusqu’au dessus du genou !). Je dois avouer qu’à ce moment-là, je regrette un peu d’avoir eu la flemme de risquer de devoir porter les raquettes à la main dans certains passages !

un paysage enneigé
La neige est encore très fraiche.. et les raquettes (laissées dans le coffre de la voiture) auraient été pratiques !

Malgré tout, la balade est agréable. Il fait bon, les paysages sont somptueux et je commence à apercevoir la mer de nuages sur la vallée du Rhône. Après avoir loupé le chemin qui mène au second pré puis à la montée, je dois cependant revenir un peu sur mes pas. Mais je récupère assez vite mon itinéraire. Et j’attaque la montée un peu raide en direction de la Croix de Chabreille. Assez vite, celle-ci se dessine sur l’horizon. Je suis au sommet et je prends un moment pour contempler le paysage, grandiose !

paysage enneigé et mer de nuages
Je commence à apercevoir la mer de nuages sur la vallée du Rhône dans une trouée d’arbres
paysage enneigé et mer de nuages
La mer de nuages s’étend sur toute la plaine de Valence et la vallée du Rhône
une croix au sommet d'une montagne enneigée
Arrivée au sommet : la croix de Chabreille veille
paysage enneigé et mer de nuages
Les nuages couvrent toute la vallée du Rhône
paysage enneigé et mer de nuages
Les collines des piémonts du Vercors forment des îles

Pour redescendre, j’ai choisi cette fois de faire une boucle. Une fois arrivée à la croix, je suis redescendue de l’autre côté, suivant un chemin bien marqué qui m’a conduite jusqu’à la route. Il m’a ensuite suffi de la longer pour regagner le parking, tout en continuant à admirer le paysage couvert de neige !

paysage enneigé et mer de nuages
Et toujours la mer de nuages sur la vallée

Chateaudouble – Drôme – janvier 2024


Pour d’autres balades dans la neige en Drôme :

Et un peu plus loin, en Isère, sur le domaine nordique de Villard de Lans.

[Drôme] 3 petites balades d’hiver à côté de Valence

Entre décembre et janvier, j’ai déjà eu l’occasion de faire quelques jolies balades dans la Drôme. Ces promenades et randonnées sont forcément hivernales, même quand il n’y a pas de neige ! Comme chaque fois, la plupart sont réalisables en toutes saisons mais l’hiver leur apporte une « couleur » particulière et une ambiance plus froide. La nature y apparait dénudée, tandis que les températures invitent plutôt à rester au chaud. Mais quel bonheur de prendre un thé en rentrant d’une balade bien vivifiante !

des ruines de château fort sur une crête
Profiter du soleil sur les chemins


Au bord de l’Isère en crue à Romans

En décembre, les pluies ont été importantes et les fleuves et rivières ont eu tendance à déborder. A Romans, lorsque je suis passée pour voir les illuminations de Noël, l’Isère était en crue. Si elle était encore dans son lit, son débit était très impressionnant. Le fort courant produisait en outre un grondement sourd ne laissant aucun doute sur sa puissance.

une ville de nuit au bord d'une rivière en crue
Bourg de Péage depuis Romans, et les tourbillons du courant de l’Isère
de nuit, une rivière en crue sous un pont en ville
Sous le Pont Vieux, le niveau de l’Isère est élevé

Romans sur Isère – Drôme – décembre 2023


Dans le brouillard au jardin des Sables

Le jardin des Sables à Montvendre a été ma dernière sortie de 2023. La météo n’était pas très belle, avec beaucoup de brouillard, mais j’avais envie de prendre l’air. J’ai donc choisi d’aller une nouvelle fois dans ce jardin (privé mais ouvert au public sous condition de respecter les lieux), dont j’ai déjà eu l’occasion de vous parler à de nombreuses reprises. Je m’y étais souvent baladée au printemps et en été, un peu en automne aussi. Mais je n’y étais encore jamais allée en hiver. Avec le brouillard, l’ambiance était un peu mystique. J’étais ce matin-là, la seule visiteuse et seuls quelques oiseaux venaient troubler le silence. J’ai aussi été surprise de trouver quelques fleurs. Une nouvelle fois, j’ai pu constater que le jardin des Sables est un véritable havre de paix et qu’il fait bon y faire un tour.

paysage de campagne dans le brouillard
Il y avait beaucoup de brouillard ce jour-là
rose en train de faner
La fin des roses…
un chemin dans la forêt par temps de brouillard
Ambiance mystérieuse
coques des fruits du fusain
Le fusain a lâché ses graines
une petite rose avec des gouttes de rosée
perles de rosée

Jardin des Sables – Montvendre – Drôme – décembre 2023


Au centre de la Pangée à La Baume Cornillane

C’est pour débuter l’année que je suis retournée à La Baume Cornillane. Nous étions en effet le 1er janvier et le soleil brillait. J’avais il y a 2 ans inauguré l’année par une randonnée et très envie de recommencer cette année. J’ai choisi de faire une balade que je connais bien car d’une part, j’étais quand même un peu fatiguée et d’autre part, les chemins étaient détrempés après les pluies des jours précédents. L’idée était vraiment de prendre l’air, pas de réaliser un exploit sportif.

un paysage de colline avec les ruines d'un château
En direction du château des Cornillans

En ce milieu de matinée du 1er janvier, il n’y avait pas foule sur les sentiers mais j’ai tout de même croisé quelques autres promeneurs avec lesquels nous avons échangé un « bonne année ». De toutes façons, j’avais surtout envie d’un peu de calme après le tourbillon des fêtes de fin d’année. J’ai marché en profitant des paysages et du soleil qui réchauffait rapidement l’air, avant de rentrer pour passer le reste de la journée en mode cosy à la maison.

Des roches monolithiques, dites "roches de la Pangée" dans la campagne
Un coup d’œil aux Roches de la Pangée
un donjon en ruine qui se détache du paysage avec des rochers au premier plan
Les ruines du donjon du château des Cornillans se dressent au delà des roches de la Pangée
Panneau de signalisation de randonnée
De nouveaux panneaux de signalisation ont été installés. Ils sont couplés à un parcours de course d’orientation fixe.
un paysage de moyenne montagne recouvert de forêts
Vue sur la montagne de la Raye

La Baume Cornillane – Drôme – janvier 2024


Pour d’autres idées de balades hivernales dans la Drôme et ses environs, vous pouvez aller voir :

[Bretagne] 2 balades autour de la Côte d’Emeraude

La Côte d’Emeraude, c’est une portion du littoral breton qui va de la Pointe du Grouin au Cap Fréhel, s’étalant ainsi entre Ille-et-Vilaine et Côtes-d’Armor. Elle tire son nom de la couleur de la mer, oscillant entre bleu et vert. C’est « ma » côte bretonne, celle à proximité de laquelle j’ai grandi, centrée sur Saint Malo où habitaient mes grands-parents. J’y ai fait un nombre de promenades incalculable au fil des années, et j’y reviens régulièrement. Toutefois lors de nos vacances de Noël avec Melle 3e, nous ne sommes pas du tout allées sur la Côte d’Emeraude, mais nous avons fait deux jolies balades à proximité immédiate : d’abord à Cancale, à l’est de la Pointe du Grouin, puis à Dinan, un peu plus dans les terres.

A Cancale, nous ne sommes pas encore tout à fait sur la Côte d’Emeraude

Lumières d’hiver sur le port de Cancale

C’est le 24 décembre que nous sommes allées à Cancale. Nous avions en effet quelques courses à y faire en prévision du réveillon de Noël (en particulier, nous avions commandé notre bûche chez Grain de Vanille). Comme il faisait beau, nous en avons profité pour nous promener sur le port de la Houle. La lumière hivernale était féérique. Comme la marée montait, nous n’avons pas pu faire une longue balade sur la grève comme nous en avons l’habitude, quelle que soit la saison. Nous avons donc opté pour marcher jusqu’au bout de la jetée du port.

Sur la plage
Lumière d’hiver sur le port de la Houle
Se promener sur la jetée
A l’extrémité de la jetée, admirer la mer
Revenir vers le village

Puis, nous avons pris un peu de hauteur pour gagner le chemin de ronde. Au dessus des parcs à huitres, on trouve en effet le kilomètre zéro du sentier des douaniers. Ce chemin longe l’ensemble des côtes françaises et servait à surveiller les côtes, en particulier pour éviter la contrebande et les intrusions. Aujourd’hui, le sentier des douaniers est devenu un chemin de randonnée. La partie qui fait le tour de la Bretagne constitue le fameux GR34. Nous n’en avons parcouru qu’un petit bout, avant de rejoindre le centre de Cancale. Puis, nous sommes redescendues vers le port pour nous arrêter prendre un goûter dans une crêperie.

Vue sur la jetée depuis le haut de la falaise
Fin d’après midi sur le port de Cancale

Cancale – Ille-et-Vilaine – décembre 2023


(*) Adresses gourmandes à Cancale :

  • Pâtisserie : Grain de Vanille, place de la Victoire – le lieu est un salon de thé en dehors de la période des fêtes de fin d’année où toute l’activité est centrée sur les bûches et gâteaux festifs. Il est impératif de commander à cette période de l’année.
  • Crêperie : Ty Skorn, place de la Chapelle – sans doute notre crêperie préférée à Cancale. Nous y avons toujours été bien accueillis, et les crêpes y sont très bonnes. La salle a beaucoup de charme avec ses pierres apparentes et son poêle. Il y a quelques tables en terrasse côté mer et en été, une terrasse côté jardin.
  • Conserves de poisson : la Belle Iloise, quai Gambetta – nous y faisons nos provisions de sardines, maquereaux, tartinades et soupes de poisson à chacun de nos passages. D’autres boutiques de la marque existent un peu partout en France, mais celle de Cancale fait vraiment partie de nos rituels.

Dinan, sans la foule

Nous étions allés en famille à Dinan en plein période estivale il y a un peu plus de deux ans. Les rues étaient alors remplies de touristes, et la foule avait un peu limité notre envie d’explorer les rues médiévales. Aussi, nous avions envie d’y retourner et c’est la balade que Melle 3e a suggéré pour le jour de Noël. En plein mois de décembre et un jour férié, il y avait forcément beaucoup moins de monde !

Profiter des rues dinannaises sans la foule

Flâner dans les rues

Nous avons fait une longue balade dans les rues de Dinan, quasi désertes. C’était très agréable de pouvoir profiter de l’architecture et admirer les maisons à pans de bois sans être pressés de toutes parts. Nous avons vraiment pris notre temps. Il y a plus d’une centaine de maison à pans de bois dans les rues de Dinan (le chiffre exact serait 115 mais certaines sources indiquent 130). Certaines sont à porche, d’autres à encorbellement. Toutes ont un charme indéniable. Et contrairement à ce que l’on pense souvent, la plupart ne datent pas du Moyen-Âge mais des XVe et XVIe siècles. En effet, en Bretagne, on a longtemps continué à construire des maisons à pans de bois car les matériaux étaient faciles à obtenir et à travailler, contrairement à la pierre. On continuera donc à en construire jusqu’au XVIIIe siècle.

Place des Cordeliers, si la façade centrale est clairement à pans de bois, c’est aussi le cas de celle de gauche où les pans de bois sont recouverts d’un enduit
rue de la Lainerie
Le beffroi, dit Tour de l’Horloge, et l’hôtel Keratry, qui abrite la maison de la harpe celtique

Du centre, nous avons gagné le port sur la Rance en passant par la rue du Jerzual et la rue du Petit Fort. Ces deux rues sont bordées de maisons à pans de bois, mais ce qui fait leur plus grande particularité, c’est leur pente. En effet, elles descendent en ligne droite le long du coteau. Elles sont séparées l’une de l’autre par la porte du Jerzual, ancienne porte d’accès à la ville, percée dans les remparts (actuellement, on ne peut plus accéder aux remparts pour des raisons de sécurité car ils sont instables et une partie s’est effondrée il y a quelques années). Ce sont sans doute les rues les plus connues et les plus pittoresques de la ville. Et nous ne manquons jamais de les emprunter lorsque nous nous promenons à Dinan (nous les avons même déjà parcourues avec une poussette, ce que je déconseille vivement compte tenu de la pente et du pavage). Cette fois, nous ne ferons qu’un bref arrêt sur le port où tout est fermé mais où il y a quand même pas mal de monde à se promener en bord de Rance.

C’est parti pour descendre le Jerzual
Maisons à pans de bois et camélia en fleurs
On continue à descendre
Au niveau du port de Dinan, le vieux pont sur la Rance

Découvrir l’abbaye de Léhon

Après avoir jeté un œil au château de Dinan (fermé le jour où nous y étions, mais nous avons noté d’y revenir), nous avons repris la voiture pour quelques kilomètres afin de rejoindre Léhon. Je n’avais pas souvenir d’être déjà allée dans cette petite cité de caractère, élevée en bord de Rance autour de son abbaye. Nous avons commencé par faire un rapide tour du village, en descendant jusqu’à la rivière où le pont nous rappelle celui de Dinan situé un peu en aval.

Dans le village de Léhon
Le pont de Léhon sur la Rance

Puis, nous nous sommes dirigées vers l’abbaye Saint Magloire. Edifiée au IXe siècle, ce monastère bénédictin tire son nom d’un saint breton dont la dépouille aurait été volée par les moines et ramenée ici. L’abbaye telle que nous pouvons la voir aujourd’hui a été construite entre les XIIe et XIIIe siècles. L’église est ainsi de style gothique, et se compose d’une nef unique. On y trouve huit gisants, datant des XIIIe,XIVe et XVe siècles, et associés à la famille de Beaumanoir dont la chapelle funéraire était accolée à l’abbatiale. Après l’église, nous avons fait un tour dans le cloître, librement accessible, mais partiellement ruiné. Il nous faudra revenir en été afin de découvrir l’ensemble des bâtiments de l’ancienne abbaye et surtout ses jardins, situés au chevet de l’église.

La façade de l’église abbatiale Saint Magloire, devenue depuis église paroissiale
La nef de l’église où l’on aperçoit certains des gisants
Dans le cloître de l’abbaye Saint Magloire de Léhon

Dinan & Léhon – Côtes d’Armor – décembre 2023


(*) Adresse gourmande à Dinan :
Dans la rue du Jerzual, nous nous sommes arrêtées à La Manufacture du Jerzual qui propose crêpes et gaufres de Liège maison, ainsi que des glaces en été. Nous avons choisi de prendre notre goûter en terrasse (pentue) mais il y a aussi des places à l’intérieur avec un poêle pour se réchauffer.

[Pas-de-Calais] un week-end de décembre à Arras

Il y a un peu plus d’un an, j’avais passé un week-end en région parisienne avec des copains. C’était avec les mêmes que l’été d’avant nous avions prolongé un séminaire professionnel à Lille par quelques visites et moments conviviaux. Alors, avant que 2023 ne se termine, nous avons eu envie de nous retrouver pour un nouveau week-end dans les Hauts-de-France. Notre choix s’est porté sur Arras car l’une d’entre nous y habite et que la ville offre de jolies possibilités de balades. Quant à la date, nous avons fait en sorte de pouvoir profiter du marché de Noël. C’était en ce qui me concerne la première fois que je venais à Arras.

place des héros d'Arras un soir de marché de Noël
Arras – ville de Noël : le marché de Noël au pied du beffroi

Vendredi soir : direction le marché de Noël

Nous nous sommes retrouvés à Arras en milieu d’après-midi du vendredi. Le temps de poser nos valises chez ma copine, et de discuter un peu, la nuit était tombée. Nous sommes donc partis découvrir le marché de Noël. Nous avons commencé par la place des Héros, dominée par le beffroi illuminé. J’avoue qu’il ne m’a pas fallu longtemps pour tomber sous le charme. Entre la magie du grand sapin, les chalets et les superbes façades, c’était compliqué de résister.

place des héros d'Arras un soir de décembre
Place des héros, un soir de décembre

Nous avons fait le tour de la place des Héros, jetant un œil aux étals provisoires, et admirant les structures lumineuses devant le beffroi. Puis, nous avons pris la direction de la Grand Place. Je n’avais pas révisé avant de venir et c’est ainsi que j’ai découvert qu’il y avait deux immenses places aux façades de style baroque flamand, reliées par une petite rue au style homogène. L’ambiance y est conviviale en cette fin de semaine. La grande roue et les manèges tournent. Les stands sont animés. Nous nous réchauffons avec un bretzel et un vin chaud, avant de rentrer nous mettre à l’abri de froid.

illuminations de Noël à Arras
Les structures lumineuses de Noël au pied du beffroi
place des héros d'Arras un soir de marché de Noël
Autour du sapin, les chalets attirent les badauds
grande roue de nuit
La grande roue sur la Grand Place
grande roue de nuit
Grande roue et manèges
Grand Place d'Arras de nuit
Les façades de la Grand Place – la maison en brique à pignon à pas d’oiseaux est la plus ancienne de la ville
place des héros d'Arras un soir de marché de Noël
Retraverser la place des héros après la fermeture des chalets du marché de Noël
place des héros d'Arras un soir de marché de Noël
Place des héros
bretzel
Prendre un bretzel pour patienter jusqu’au diner
verre de vin chaud
Vin chaud (à consommer avec modération)

(*) Le marché de Noël est installé à Arras jusqu’au 30 décembre 2024

Samedi matin : tourisme de mémoire à la carrière Wellington

Le samedi matin, nous avions mis le réveil car nous avions réservé une visite à la carrière Wellington. La journée débute avec une vue sur les toits givrés du centre ville. Aussi, c’est bien couverts que nous prenons la direction du quartier Ronville où se situe le musée-mémorial de la bataille d’Arras. La ville s’est en effet assez vite retrouvée sur la ligne de front lors de la première guerre mondiale. Le réseau de carrières souterraines de craie, creusé pour extraire les matériaux de construction de la ville depuis le Moyen-Âge, s’est alors révélé être un atout potentiel.

ligne de front de la première guerre mondiale passant par Soissons, Amiens et Arrras
La ligne de front

En 1916, le général Nivelle veut attaquer les lignes allemandes dans une opération surprise de grande ampleur. Ce sera le chemin des Dames, dans l’Aisne. Afin d’optimiser ses chances, il demande au général Haig, commandant les troupes anglaises, de préparer une attaque de diversion qui sera lancée une semaine plus tôt, dans un autre secteur, pour que les allemands envoient un maximum de troupes loin du lieu de la véritable offensive. C’est le site d’Arras qui est choisi, en raison de sa proximité avec le front et parce que les troupes anglaises y sont déjà stationnées. Le général Haig fait alors lancer un appel au volontariat dans tout l’empire britannique pour trouver des mineurs. C’est ainsi qu’une compagnie de mineurs et bûcherons néo-zélandais viendra creuser des tunnels complémentaires sous Arras, tirant partie de l’existant, reliant les anciennes carrières entre elles, ajoutant de nouvelles galeries pour permettre l’attaque, utilisant les espaces évidés pour stocker les gravats des nouvelles excavations. Au final, c’est un travail titanesque qui sera réalisé en toute discrétion sous la ville d’Arras (une entrée dans le centre ville permettait de rejoindre les différents sites souterrains), permettant le casernement de nombreuses troupes et une attaque surprise de grande ampleur. La bataille d’Arras sera lancée le 9 avril 1917 au matin du lundi de Pâques.

objets de la vie quotidienne des soldats de la première guerre mondiale
Le quotidien des soldats

La visite de la carrière Wellington permet de retracer les évènements préalables à la bataille d’Arras. Dans une muséographie moderne et mêlant les explications de la guide avec celles des voix off et des films projetés sur les murs de la carrière, nous découvrons le travail titanesque des tunneliers néo-zélandais ainsi que les conditions dans lesquelles ils l’ont effectué. Puis, nous suivons les soldats s’apprêtant à surgir sur la ligne de front depuis les profondeurs de la terre. C’est un voyage poignant dans une partie de notre histoire que je connais finalement assez mal en dehors des livres : celle de la première guerre mondiale (géographiquement, j’ai toujours vécu près de sites en lien avec la seconde guerre mondiale, et j’ai donc une meilleure connaissance des lieux de celle-ci. Concernant la première guerre mondiale, j’avais juste eu l’occasion de me rendre une fois dans le secteur de Verdun et au wagon de l’armistice en forêt de Compiègne). Et si le sujet est moins festif que les autres activités que nous avons faites durant le week-end, c’était vraiment une sortie extrêmement intéressante et à côté de laquelle il aurait été dommage de passer.

à l'intérieur de la carrière Wellington
A vingt mètres sous terre – les inscriptions en noir sur les murs datent de la première guerre mondiale, celles en rouge de la seconde guerre mondiale où le réseau souterrain a été réemployé en particulier comme abri
dans la carrière Wellington
évocation de la messe de Pâques 1917, à la veille de l’assaut
tunnel dans la carrière Wellington
tunnel creusé par les néo-zélandais lors des préparatifs de la bataille d’Arras

(*) Les informations pratiques relatives à la visite de la Carrière Wellington sont à retrouver sur leur site internet. Il est conseillé de réserver sa visite car le nombre de visiteurs en simultané est limité.

Samedi après-midi : à la découverte des places de la ville

Après avoir déjeuné, nous nous sommes rendus au musée des Beaux Arts d’Arras, situé dans l’ancienne abbaye Saint Vaast. Là, nous avons rendez-vous avec Audrey, une connaissance qui a longtemps été guide touristique dans la ville. Comme la plupart d’entre nous ne connaissions pas du tout la ville, elle nous a proposé une visite à la découverte des places d’Arras et de leur histoire. Après nous avoir dressé un bref historique de la cité depuis ses origines, Audrey nous a emmenés dans le musée pour découvrir le plan-relief datant du XVIIIe siècle. Il a été commandé après la fortification d’Arras par Vauban suite au rattachement de l’Artois à la France à la fin de la guerre de Trente Ans. Cela nous permet une vision globale de la ville et ses environs, et de la façon dont sont disposées les différentes places.

façade du 18ième siècle
L’ancienne abbaye Saint Vaast date du XVIIIe siècle
entrée du musée des beaux arts
Le grand escalier dans l’entrée du musée
le lion d'Arras
Le lion d’Arras se trouve au dessus du beffroi et est surmonté du soleil de Louis XIV

Nous partons ensuite vers la place des Héros en passant par la place de la Vacquerie. De là, nous admirons l’arrière de l’hôtel de ville et du beffroi, ainsi que les maisons reconstruites dans un style Art Déco (la ville était un champ de ruines à l’issue de la première guerre mondiale).

beffroi d'Arras
L’hôtel de ville et le beffroi depuis la place de la Vacquerie. Complètement détruits lors de la première guerre mondiale, l’ensemble a été reconstruit « à l’identique ». Toutefois, il n’y avait qu’un seul pavillon Renaissance initialement, le 2e a été ajouté lors de la reconstruction dans un but d’harmonie visuelle.
maisons Art Déco
On « coupe » les angles des rues afin de permettre aux voitures de circuler plus facilement
façades baroque flamand et art déco
Art Déco et baroque flamand

Nous arrivons sur la place des Héros. Avec la rue de la Taillanderie et la Grand Place, elles constituent un ensemble unique de 155 façades de style baroque flamand. Enfin, façades, pas tout à fait ! Audrey nous apprend que se sont les pignons des maisons que nous voyons car elles sont construites en profondeur. Cela permettait de mettre plus de maisons sur la même rue ou place, et c’est de là que vient l’expression « avoir pignon sur rue ». Chaque maison est différente mais beaucoup arborent des emblèmes les distinguant ou rappelant le métier du propriétaire. On trouve ainsi beaucoup de gerbes de blés (il y avait un commerce aux grains sur la Grand Place), sans qu’il y ait toutefois deux fois le même motif sur deux maisons différentes. Le soleil déclinant dore les maisons autour des places et on se rend bien compte de leur beauté. Audrey attire aussi notre attention sur les colonnes de grès au rez-de-chaussée des maisons qui permettent un passage abrité le long de celles-ci et sur les entrées de caves, les burguets, qui permettent de rejoindre les boves, d’anciennes carrières de craie, puis les tunnels creusés lors de la première guerre mondiale.

beffroi d'Arras
L’hôtel de ville de style gothique flamboyant et le beffroi
façades baroque flamand
Autour de la place des Héros
façades baroque flamand
Autour de la Grand Place

Avant de nous diriger vers le marché de Noël pour un vin chaud tous ensemble, Audrey nous emmène voir les géants d’Arras, au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville. Colas est un maraicher d’Achicourt, et Jacqueline son épouse vient vendre la production sur le marché de la place des Héros. Ils sont accompagnés de leur fils Dédé, mais aussi du Jouteur et de l’Ami Bidasse.

les géants d'Arras
Colas, Jacqueline et leur fils Dédé, géants de la ville d’Arras

(*) Nous sommes allés au musée des Beaux Arts d’Arras la veille de sa fermeture pour plusieurs années de travaux. Réouverture prévue en 2030.
Audrey ne propose pas de visites au public, mais vous pouvez vous adresser à l’office de tourisme du pays d’Artois qui propose des visites guidées thématiques.
Les géants sont visibles librement dans le hall du beffroi.

Dimanche matin : rester au chaud à regarder la neige

Nous avions initialement prévu d’aller nous promener le dimanche matin, soit à Vimy soit du côté de la citadelle d’Arras. Mais la météo nous a fait changer nos plans car peu après notre réveil, il s’est mis à neiger. Alors, nous sommes restés au chaud à papoter autour d’un café. Après tout, les week-ends entre amis doivent aussi permettre de juste passer des moments ensemble, sans nécessairement « faire quelque chose ». Quoi qu’il en soit, il y a encore énormément de lieux à découvrir à Arras et dans ses environs. Et pour ma part, j’ai très envie d’y retourner pour explorer un peu plus cette région que je connais trop peu.

ciel rose du matin sur les toits d'Arras
Matin d’hiver, avant la neige
neige sur les toits d'Arras
Matin enneigé


Quelques adresses et conseils

Venir et séjourner à Arras

Nous sommes tous venus à Arras en train, en transitant par Paris. Le trajet en TGV depuis la gare du Nord est d’environ 45 minutes. La gare d’Arras est à proximité immédiate du centre-ville. Nous n’avons absolument pas eu besoin de voiture durant ce week-end. Tout ce que nous avons fait était facilement accessible à pied.

Pour le séjour, nous logions chez ma copine. Toutefois, l’offre d’hébergement sur Arras est vaste et vous permettra de trouver un logement à votre convenance.

Se restaurer à Arras

Voici les adresses que nous avons testées, et approuvées, au cours du week-end :

  • Pour manger des spécialités du Nord : l’estaminet La Gayette, place de la Vacquerie
  • Pour manger des frites, sur place ou à emporter : la friterie du Carnot, 26 boulevard Carnot
  • Pour un dessert ou un goûter à emporter : Aux Merveilleux de Fred, 15 bis rue Léon Gambetta
  • Pour prendre un cocktail en jouant aux fléchettes : le White Horse, place des Héros


Arras – Pas-de-Calais – décembre 2023

[Haute-Savoie] que faire au pays du Mont Blanc, même s’il pleut ?

Durant les dernières vacances scolaires, je suis partie 3 jours au pays du Mont Blanc. En effet, depuis le mois de mars, Mr 2e s’est installé à Sallanches et je n’avais pas encore eu le temps ni l’occasion d’y aller. Ce n’était pas la première fois que je venais dans la région puisque tout juste 10 ans auparavant, nous avions passé quelques jours à Chamonix. Ces deux séjours au pied du Mont Blanc ont en commun de s’être passé sous la pluie après une première (demie) journée plus agréable. S’il y a 10 ans, les enfants étant petits, nous avions surtout profité du cinéma et de la piscine de la résidence où nous logions, cette fois, nous avons réussi à faire pas mal de balades malgré les averses. Prenez votre parapluie et suivez nous !

On a (presque) réussi à voir le Mont Blanc….

Aller voir la cascade de l’Arpenaz

Cette cascade, je l’ai repérée en arrivant sur Sallanches par l’autoroute A40. Sur la gauche, il était difficile de la louper. Alors, nous avons profité qu’il fasse beau pour un petit crochet. En effet, elle est extrêmement facile d’accès. Déjà, elle est très bien fléchée depuis la sortie de l’autoroute. Ensuite, un petit parking permet de se stationner à quelques centaines de mètres seulement du pied de la cascade. Là, s’il fait (vraiment) beau, il est possible de pique-niquer sur les quelques tables à disposition. Et l’on peut par un petit sentier sans difficulté s’approcher de la rivière puis de la cascade en quelques minutes.

La cascade de l’Apernaz vue depuis le parking
vue sur les montagnes
L’automne arrive doucement le long de la rivière

(*) L’accès à la cascade de l’Arpenaz se fait depuis l’entrée de Sallanches et est fléchée à la sortie de l’A40

S’émerveiller à la Mer de Glace et au Montenvers

Comme notre première (demie) journée sur place était annoncée comme la plus belle niveau météo, nous avons filé sur Chamonix après le bref arrêt à la cascade de l’Arpenaz. Nous souhaitions en effet aller voir la Mer de Glace. Nous avons donc pris nos billets à la gare du Montenvers et attendu le train suivant. Ce petit train à crémaillère nous a monté jusqu’au Montenvers, à 1913 mètres d’altitude, en une vingtaine de minutes à flanc de montagne. Le paysage depuis le petit train est impressionnant et l’on s’élève progressivement au dessus de la vallée de Chamonix jusqu’à arriver face aux Drus. En sortant de la gare, notre premier constat a été que la Mer de Glace nous a semblé bien lointaine. Si on voit très nettement la vallée morainique et le niveau que le glacier pouvait attendre, on ne voit plus vraiment la Mer de Glace au pied du Montenvers.

La gare de Chamonix sur le chemin de fer du Montenvers
Vue sur la vallée de Chamonix
Face aux Drus
Apercevoir le glacier

En cette fin octobre, de nombreux travaux avaient lieu au Montenvers afin de prolonger un peu la voie ferrée et de construire un nouveau téléphérique permettant aux visiteurs de s’approcher à nouveau du glacier sans trop de difficultés. En conséquence, le téléphérique existant était à l’arrêt et nous n’avons pas pu descendre vers le glacier (il est possible de le faire à pied mais nous n’étions pas équipés en conséquence et n’en avions pas le temps avant le dernier train de retour). Aussi, nous avons choisi de nous éloigner de la foule très présente sur la terrasse panoramique en faisant une balade sur l’autre versant de la montagne. Passant derrière l’hôtel du Montenvers, nous avons pris la direction du Plan de l’Aiguille. Nous savions que nous n’aurions pas le temps d’aller jusqu’au bout mais nous avons bien profité d’une jolie balade dans la montagne parée de ses couleurs automnales.

Le chemin, bien visible, s’élève à flanc de montagne entre les mélèzes
On s’élève assez rapidement. Preuve en est, le Grand Hôtel du Montenvers qui parait tout petit.
Mélèzes d’automne au pied des Drus
Quelques traces de neige rappellent que l’hiver approche
Couleurs d’automne
Mythiques Drus

Nous avons donc fait demi-tour au bout d’une petite heure à profiter des paysages grandioses et des couleurs vibrantes de l’automne. En effet, avant de redescendre, j’avais très envie de prendre une boisson chaude au bar du refuge du Montenvers. Nous nous y sommes installés dans un coin cosy, auprès d’une grande cheminée (hélas, pas encore en fonctionnement), et avons savouré une pause méritée. Puis, nous avons pris l’un des derniers trains redescendant dans la vallée, profitant une nouvelle fois de la vue.

profiter d’un moment au calme
pause dans un refuge grand luxe
Juste avant de repartir, nous avons bénéficié d’un rayon de soleil sur les Drus

(*) Le train du Montenvers a sa propre gare, située derrière la gare SNCF et accessible via une passerelle au dessus de la voie ferrée. Les horaires et tarifs sont disponibles sur le site internet de Mont Blanc Natural Resort qui gère les remontées mécaniques sur Chamonix. Il est possible de prendre ses billets l’avance via internet. Comme nous n’étions pas sûr du jour où nous irions, nous avons acheté nos billets en arrivant sur place. A cette période de l’année, nous n’avons pas eu à attendre.
Il est possible de dormir au refuge du Montenvers, d’y déjeuner ou juste d’y prendre une boisson. En été, une terrasse fait face aux Drus, tout comme la véranda. L’intérieur de cet établissement historique a le charme de la montagne d’antan.

Découvrir l’église baroque de Notre Dame de la Gorge

Nous abordons maintenant les jours de pluie. Notre deuxième jour en particulier a été marqué par des trombes d’eau. Nous avons donc privilégié des balades courtes et ne présentant pas de chemin technique ou périlleux. Nous avons commencé la matinée par aller découvrir la charmante église baroque de Notre Dame de la Gorge. Au dessus des Contamines, dans une combe au bout du monde, on trouve en effet une superbe église. Découvrir cette splendeur au cœur de la montagne est assez surprenant. Un parking permet de se garer à quelques centaines de mètres (l’accès en voiture au pied de l’église est réglementé). Nous les avons parcouru très rapidement, en une vaine tentative de ne pas être trop mouillés. L’intérieur de l’église mérite de s’y attarder avec ses décors travaillés. Si le temps avait été plus clément, nous aurions sans doute profité d’une belle balade au fond de la gorge…

La pluie nous fait hâter le pas sur la route d’accès, bordée d’un chemin de croix
Eglise baroque au cœur des montagnes
L’extérieur de Notre Dame de la Gorge
L’intérieur de Notre Dame de la Gorge

(*) Pour accéder à Notre Dame de la Gorge, il faut monter jusqu’aux Contamines, puis suivre les panneaux.

Se laisse hypnotiser au lac vert

Après être redescendus de Notre Dame de la Gorge en passant par les Contamines et Saint Gervais, nous avons changé de côté de la vallée pour monter au dessus de Passy en direction du plateau d’Assy et du lac vert. Je dois bien avouer que la montée vers le lac m’a fait douter de notre capacité à profiter du lieu une fois arrivés. En effet, toute l’ascension s’est faite non seulement sous la pluie mais au cœur des nuages. Un fort brouillard nous empêchait de distinguer quoi que ce soit autour de nous. Mais, en arrivant sur le plateau d’Assy, et la station de Plaine-Joux, nous avons une bonne surprise : le ciel est (relativement) dégagé et nous ne sommes plus dans le brouillard. Nous descendons jusqu’au lac vert où nous bénéficions d’une ambiance absolument magique, entre les couleurs d’automne des hêtres et des mélèzes, la belle couleur du lac et les gouttes de pluie qui font des cercles à la surface de l’eau, tandis que les nuages s’accrochent sur les pentes.

La magie du lac vert un jour de pluie en automne

(*) Le lac vert est situé sur la commune de Passy, et l’accès, bien fléché depuis la vallée, se fait via la station de Plaine-Joux.
Le lac doit sa couleur à la présence de cyanobactéries. Il constitue un milieu naturel fragile et il est absolument interdit de s’y baigner afin de le préserver. Un chemin permet de faire le tour du lac afin de profiter, par beau temps, de la pureté de l’eau qui permet de voir les arbres et végétaux qui y sont immergés.

Prendre le Mont Blanc Express

Afin de bénéficier de jolis paysages et d’une expérience de voyage, tout en restant au sec, nous avons pris le Mont Blanc Express entre la gare de Saint Gervais les Bains-Le Fayet et celle de Chamonix (nous aurions bien poussé l’expérience jusqu’en Suisse mais la suite du trajet était desservie uniquement par car ce jour-là en raison de travaux). Au fil du parcours dans la vallée, nous avons pu profiter des fenêtres panoramiques de ce train particulier. La ligne a en effet été construite au début du XXe siècle et est l’un des lignes de train les plus pentues de France sans crémaillère ou câble. C’est un véritable voyage qui nous emmène dans les paysages automnaux, au fil des petites gares et haltes, parfois desservies uniquement à la demande.

Les rames du Mont Blanc Express sont rouges
Vue panoramique au cours du voyage

(*) Côté français, le Mont Blanc Express est un TER géré par la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Se balader à Chamonix

Une fois à Chamonix, nous disposions de presque 3 heures avant de prendre notre train de retour à Saint Gervais les Bains. Nous avons donc sorti nos parapluies, direction le centre ville de Chamonix, à quelques minutes à pied de la gare. Là, nous avons fait les boutiques, essentiellement de sport, ainsi qu’un arrêt à la librairie où j’en ai profité pour acheter Premier de Cordée de Frison-Roche. J’avais en effet lu ce roman il y a bien longtemps et mon précédent séjour chamoniard m’avait donné envie de le relire, mais je n’en avais pas pris le temps. Compte tenu de la météo, nous savions que nous passerions une fin d’après-midi à l’abri dans notre chambre d’hôte et je n’avais pas pensé à emporter un livre. J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié cette relecture, forcément différente maintenant que je sais situer les lieux dont il est question.

La gare, sous les aiguilles de Chamonix
L’église de Chamonix et son clocher à bulbe

Comme aucune accalmie ne se profilait, nous avons pris le temps d’une longue pause goûter. Nous avons opté pour un établissement emblématique de Chamonix : l’ancien bar de la terrasse, récemment rénové et renommé « Rose du Pont ». Avec sa façade Art Nouveau toute rose située le long de l’Arve, il est difficile de le manquer. Lors de notre arrivée, une serveuse nous a conseillé de nous installer à l’étage, plus cosy avec ses canapés. Nous avons choisi une table dans une petite alcôve surplombant la rivière (et d’où la vue par beau temps sur les montagnes et en particulier le Mont Blanc doit être magnifique). Et nous avons passé presque une heure à discuter, tout en savourant notre goûter, avant de repartir à la gare.

Impossible de ne pas remarquer cette façade Art Nouveau
La décoration à l’étage est très cosy, entre Art Nouveau et Art Déco
Gros coup de cœur pour ce jus d’orange chaud avec miel et cannelle

(*) Rose du Pont, 43 place Balmat, Chamonix

Faire une dernière tentative pour voir le Mont Blanc

Lors de ce séjour, nous n’aurons pas vu le Mont Blanc alors que nous aurons constamment été à ses pieds. Avant de reprendre la route du retour, nous avons fait un arrêt dans le village de Combloux, entre deux averses. Notre tentative de voir le Mont Blanc sera partiellement infructueuse puisque seul son pied sera visible, le sommet étant toujours dans les nuages. Nous avons cependant fait une jolie promenade dans les petites rues du village, avec ses chalets plein de charme.

Au pied des montagnes, le village de Combloux
Le charme d’un vieux chalet à Combloux
C’est de Combloux que nous aurons la meilleure vue du séjour sur le Mont Blanc…

Nous avons encore fait un arrêt avant de prendre la route des gorges d’Arly pour descendre sur Albertville afin de faire un tour dans Megève. La station chic du Val d’Arly était en mode « intersaison », et pas mal de travaux étaient en cours dans le centre du village. Comme la pluie a fait son retour, nous ne nous sommes arrêtés que le temps de prendre un café dans un des rares établissements ouverts à cette période de l’année.

La place centrale de Megève
L’office de tourisme et le mignon petit pont de pierre sur la rivière à Megève


Dormir au pays du Mont Blanc

Lors de ce séjour, nous avons dormi dans une chambre d’hôtes à Saint Gervais les Bains. Le chalet l’Aiglon est très accueillant, avec une déco montagne bien présente, ajoutant un certain charme. Le propriétaire a su être très accueillant et de bon conseil. Nous avons en particulier dégusté sur ses conseils une fondue savoyarde et une raclette au restaurant l’Edelweiss dans Saint Gervais (oui, nous y sommes allés les deux soirs, tellement nous avions été enchantés). Nous avons très bien dormi dans des chambres très cosy. Et nous avons beaucoup aimé le système de commande pour les viennoiseries et le pain du petit déjeuner afin de limiter le gaspillage tout en disposant d’un large choix.

La salle commune qui sert d’accueil
La déco montagne dans les chambres

(*) Les deux nuitées m’ont été offertes par Auvergne Rhône Alpes Tourisme et les Gites de France de la région AURA en tant qu’éclaireuse pour Partir-Ici.fr, la plateforme de la région pour un tourisme durable et de proximité. Ces deux nuitées constituent donc une collaboration commerciale. J’ai cependant choisi le lieu et l’établissement où je me suis rendue.
Le reste de mon séjour est un choix complètement personnel pour lequel j’ai payé l’ensemble des activités mentionnées.


Au pays du Mont Blanc :
Chamonix, Saint Gervais, Sallanches, Passy, Les Contamines, Combloux, Megève
Haute Savoie – octobre 2023

[Drôme] les couleurs de l’automne autour de Valence

Chaque année, l’arrivée de l’automne s’accompagne d’un changement d’ambiance le long des chemins, dans les parcs et dans les forêts. Cette année, l’été a joué les prolongations et c’est timidement que les couleurs d’automne ont fait leur apparition dans les environs de Valence. J’ai surveillé les variations dans le feuillage des arbres quasi quotidiennement en rentrant de la gare par les routes de campagne. Le changement de couleur a commencé à se faire sentir seulement dans la deuxième quinzaine d’octobre. C’est quasiment un mois plus tard qu’habituellement. Et même là, ce n’était pas encore bien net, comme un frémissement d’automne.

Début d’automne au parc de Lorient

Prémices d’automne au Parc de Lorient

Mi-octobre, je suis allée faire un tour au Parc de Lorient. C’est un endroit où je me rends de temps à autre, quelle que soit la saison. Il est généralement assez fréquenté car il possède de grandes prairies agréables pour pique-niquer ou jouer. Un espace de course d’orientation y est également installé (c’est d’ailleurs grâce à cela que je l’avais découvert il y a une dizaine d’années : Mr 1er y allait avec le collège pour pratiquer la course d’orientation et avait voulu me le montrer).

Depuis le parking, le parc est accessible via des escaliers ou une rampe douce

J’y suis allée un samedi en tout début d’après-midi. Il y avait encore assez peu de monde (ce ne sera plus le cas à la fin de ma balade car je retrouverai le parking plein en repartant). Comme souvent, je suis partie sur la droite du parc, vers la grande allée bordée de platanes majestueux. Quelques feuilles commencent à joncher le sol. Mais la plupart sont encore bien accrochées dans les branches et commencent tout juste à virer de couleur. De même dans les tilleuls, la plupart des feuilles sont bien vertes.

Doucement les feuilles changent de couleur
Premières feuilles dorées sur les tilleuls
Les pieds dans les feuilles mortes

Même si les couleurs d’automne sont trop discrètes pour la période de l’année, la balade est très agréable. Je me dirige vers le bord de la Véore. J’hésite un temps à la longer jusqu’à Beauvallon. Mais je ne dispose pas de beaucoup de temps et je n’ai pas envie d’avoir à presser le pas. Alors, je m’enfonce dans la petite forêt qui borde la rivière. J’aime beaucoup m’attarder sur le cheminement en bois qui protège la ripisylve et ajoute du charme au lieu. J’essaie d’apercevoir l’écureuil qu’un autre promeneur m’a signalé peu avant, mais sans succès. Ma promenade se termine. Je retourne au parking en longeant la rivière.

Le charme des petits ponts sur les fossés
Ce genre de cheminement qui donne envie d’aller voir ce qui se cache au bout
Feuilles d’automne
Au cœur de la ripisylve

Parc de Lorient – Montéléger – Drôme – octobre 2023


Fin de journée au centre de la Pangée

Toujours en octobre, c’est après une journée de télétravail que je suis partie prendre l’air à La Baume Cornillane. Là encore, c’est un endroit où je vais souvent et en toutes saisons. Il est en effet facile d’accès depuis la maison et offre de superbes points de vue, sans nécessiter de longue marche. A cette saison où le jour décline de plus en plus tôt, et comme il était déjà plus de 17.00 quand je suis partie, c’était donc parfait. Ce soir-là, un épisode cévenol était en approche et on l’apercevait arrosant déjà les montagnes de l’Ardèche. La température d’environ 25°C était bien trop élevé pour la deuxième quinzaine d’octobre, et le fort vent de sud ne venait même pas diminuer le ressenti.

Coup d’oeil vers les ruines du château des Cornillans

Les paysages par contre avaient commencé à prendre leurs teintes d’automne. Au bord du chemin, les herbes séchées par le soleil de l’été bruissaient dans le vent. L’ensemble avait des airs de lande écossaise, paysage battu inlassablement par les vents. Partie depuis l’arrière de la crête qui surplombe le village, j’ai commencé par gagner les roches de la Pangée. De là, j’ai longé la crête pour me rendre dans les ruines du château des Cornillans. Je commence à bien connaître ces paysages : la vue sur la Raye, la plaine de Valence, l’encoche de la vallée de l’Eyrieux se dessinant sur la ligne de l’Ardèche… Et pourtant, chaque fois, la lumière apporte une touche de changement. Je suis restée longtemps à admirer l’horizon, regardant la pluie s’avancer. J’ai fini par battre en retraite avant qu’elle ne soit trop proche (et j’ai bien fait car les premières gouttes sont arrivées alors que je ne sois revenue à la maison), heureuse de ce voyage au centre d’un monde ancien.

Le long du chemin
vue sur la plaine de Valence
Approcher des roches de la Pangée
Au pied de la grande roche de la Pangée
Longer la crête
Dans les ruines du château des Cornillans
Vue sur la Raye
Un dernier coup d’œil à la roche de la Pangée avant de repartir

La Baume Cornillane – Drôme – octobre 2023


Depuis ces deux balades, il a énormément plu, rendant la recherche des couleurs d’automne dans la plaine peu agréable. Je vous reparlerai bientôt des couleurs de l’automne dans les montagnes de Haute Savoie, mais il n’y aura pas d’autre article dans la vallée du Rhône sur cette saison. Cependant, j’ai au fil des années déjà pas mal publié sur cette saison et je peux vous proposer quelques autres idées automnales :

[Lyon] une journée de découvertes hors des sentiers battus

Si je travaille à Lyon, c’est assez rare que j’ai le temps de m’y balader. Au mieux, je me contente de sortir vite fait du métro à Vieux Lyon ou à Bellecour pour faire une course rapide. Quand l’équipe Partir Ici d’Auvergne-Rhône-Alpes Tourisme m’y a invitée à une demie-journée de découvertes lyonnaises, j’en ai profité pour faire une promenade matinale sur la colline de Fourvière avant de rejoindre le groupe pour le déjeuner et l’après-midi.

Vue sur Lyon depuis les jardins du Rosaire

Se promener sur la colline de Fourvière

(re) Découvrir le site gallo-romain

Arrivée tôt par le train à la gare de Lyon Part Dieu ce samedi matin (mais moins tôt qu’un matin de semaine), j’ai filé prendre le métro puis le funiculaire direction Minimes. Ma première idée était de passer voir les théâtres romains de Lugdunum, puis de faire un tour au musée gallo-romain. Celui-ci ouvrant à 10.00 et ayant rendez-vous à 11.30 dans le Vieux Lyon, j’ai finalement craint de manquer de temps pour en faire le tour. J’ai donc décidé de reporter ma visite à une autre fois et de profiter du beau temps. J’ai donc commencé par arpenter le site des théâtres que je trouve toujours aussi impressionnant depuis que je l’ai découvert en 1996 (en même temps que la ville de Lyon où je faisais mon stage de maîtrise – on dirait d’ailleurs plutôt Master 1 maintenant ! ).

Entrer dans le site des théâtres romains par l’ancienne rue avec son pavement de dalles

Le site se compose d’un théâtre et d’un odéon. Cette configuration est rare dans le monde romain et a su tirer partie de l’inclinaison naturelle de la colline de Fourvière. Le théâtre, sur la droite quand on arrive par le bas du site, est un des plus ancien de la Gaule Romaine, et l’un des plus vastes. Il avait initialement 5000 places, avant d’être agrandi et porté à 10000 places. De l’autre côté du site, l’odéon n’avait « que » 3000 places et servait pour des représentations plus intimes, musique ou déclamations. Il pouvait aussi faire office de lieu de réunion. L’un comme l’autre ont servi de carrière de pierres au fil du temps mais n’ont jamais complètement disparus ou été ensevelis. Aujourd’hui, ils sont un lieu de promenade mais aussi de spectacles lors du festival des Nuits de Fourvière.

Le théâtre romain de Fourvière
Vue sur le théâtre à travers l’écrin de verdure du jardin attenant

Descendre dans le Vieux Lyon par les jardins du Rosaire

Comme je disposais d’encore un peu de temps, j’ai choisi de redescendre à pied dans le Vieux Lyon. Cela faisait un moment que j’avais repéré les jardins du Rosaire sans avoir eu l’occasion d’y passer. Ils ont été intégrés dans le Parc des Hauteurs qui se déploie tout autour de la colline de Fourvière, et dont je connais déjà la partie se déployant sur le côté nord de la colline, avec la passerelle des Quatre-Vents rejoignant le cimetière de Loyasse. Une des entrées des jardins du Rosaire se situe juste en dessous des théâtres romains, c’est celle que j’ai empruntée. Très vite, on quitte l’agitation urbaine pour un havre de verdure avec une vue imprenable sur la ville.

Se promener dans les anciens vergers

Les jardins du Rosaire ont été constitués en réhabilitant et mettant en valeur d’anciens jardins privés laissés à l’abandon. Ils serpentent sous la basilique de Fourvière pour rejoindre le Vieux Lyon. On y chemine à travers d’anciens vergers. On y trouve une roseraie (que j’essaierai de revenir voir au printemps) et une collection d’hortensias. On y croise aussi divers aménagements, vestiges des utilisations passées des lieux. La promenade y est agréable et ombragée. Les points de vue et belvédères sur la cité se succèdent. Je m’amuse à reconnaître les différents bâtiments que j’aperçois. J’arrive finalement à la sortie du parc.

Un coup d’oeil à la basilique de Fourvière
Les cyclamens marquent la fin de l’été…
Dans les jardins du Rosaire

Flâner dans le Vieux Lyon

Il me reste à descendre la Montée des Chazeaux avec son spectaculaire point de vue sur la cathédrale Saint Jean pour rejoindre le Vieux Lyon. Là, je profite un peu de l’architecture Renaissance de ce quartier classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Je suis toujours amusée d’emprunter une traboule, ce passage à travers les cours des maisons qui permet de joindre une rue à l’autre. Je flâne d’une rue à l’autre. J’essaie de prendre quelques photos mais l’ensoleillement du milieu de la matinée n’est pas le meilleur pour cela dans ce quartier aux rues étroites et au bâti élevé. Je vais jusqu’au musée Gadagne où je jette un œil à la cour. A côté de l’entrée, l’horloge Charvet s’apprête à sonner l’heure avec son jeu d’automates. Je m’arrête pour regarder ce spectacle pittoresque. Puis, je file vers le lieu de rendez-vous pour retrouver les copains pour déjeuner.

Vue sur la cathédrale Saint Jean depuis la Montée des Chazeaux
Architecture Renaissance dans le Vieux Lyon
Dans la cour du Musée Gadagne

Déjeuner à Food Traboule – dorénavant fermé

Edit du 07/03/2025 : En voulant réserver, je viens de m’apercevoir que Food Traboule a fermé définitivement ses portes début 2025…

Pour le déjeuner, j’ai retrouvé la Team Partir Ici devant Food Traboule. Sur le concept d’un food court, Food Traboule a investi plusieurs maisons du Vieux Lyon, autour d’une cour dominée par la Tour Rose. Là, une quinzaine de stands répartis dans les étages permettent de choisir ce que l’on va manger, puis de se retrouver autour d’une même table. La nôtre se trouve sous la verrière dans la cour et nous profitons à la fois de la lumière et de la vue sur les façades intérieures et leur architecture Renaissance.

Devant Food Traboule
Sous la verrière

Après avoir pris un cocktail (sans alcool), nous partons explorer les différents stands. Il y a beaucoup de choix : pokebowls, burgers, poulet, pizzas, pâtes, spécialités lyonnaises… Il y a de quoi satisfaire tous les goûts. Je choisis des frites de quenelle pour ma part. Après avoir commandé et réglé, on me confie un biper qui sonnera lorsque mon plat sera prêt à être récupéré. D’autres stands proposent les saveurs sucrées. Face au choix difficile, je prends un tiramisu avec un café sur place et un cookie à emporter (il sera parfait le lendemain au petit déjeuner).

Beau & bon
Frites de quenelle

(*) Food Traboule, 22 rue du boeuf, Lyon 5e (Vieux Lyon)

Faire du canoë en pleine ville

Après le repas, nous sommes partis en groupe prendre le bus afin de rejoindre le pont Koenig à Vaise. Là, une activité vraiment très originale nous attendait. En effet, nous avons retrouvé l’équipe de Lyon Canoë pour une balade en kayak sur la Saône. Après nous être rapidement changés sur le quai pour enfiler nos tenues de sport et un petit brief sur les consignes de navigation et de pagayage, nous avons embarqué en binôme dans les kayaks. C’était parti pour plus de 2 heures sur l’eau et environ 8 km.

Fourvière depuis le pont Koenig

J’avais déjà constaté lors d’une sortie en canoë à Romans que depuis l’eau, on ne voit pas la ville pareil. C’est encore plus marquant à Lyon où l’urbanisation est plus forte. Passer sous les ponts et passerelles, croiser les bateaux, admirer les façades et les points de vue, entendre les cloches de la cathédrale Saint Jean sonner… autant de souvenirs à conserver. Et puis, il y a les rires avec Léa, ma comparse de kayak, et tout le groupe. Les manœuvres souvent hasardeuses et les immanquables collisions, là encore sources de rires. On s’émerveille, on s’amuse, on ne voit pas le temps passer, même si vers la fin, nos bras nous rappellent que nous sommes là depuis un moment. Arrivés à la Confluence, il nous reste un dernier effort à fournir : traverser le Rhône et le remonter sur une centaine de mètres afin de rejoindre la base nautique de Lyon Canoë. On sort les embarcations de l’eau. On profite des vestiaires pour se changer. La journée touche à sa fin. Nous nous quittons à l’arrêt de tramway voisin car nous ne partons pas tous dans la même direction, fatigués mais ravis à la fois de nos activités et des rencontres que nous avons faites.

Crédit photo : Amélie d’Auvergne Rhône Alpes Tourisme

(*) Lyon Canoë propose plusieurs formules en kayak ou en paddle qui sont détaillées sur leur site internet. Pensez à prévoir une tenue confortable et ne craignant pas l’eau, ainsi qu’un change, indispensable !


Lyon – Rhône – septembre 2023


(*) Le repas et la balade en canoë étaient des invitations de Auvergne Rhône Alpes Tourisme, constituant donc une collaboration commerciale. Cependant, mes avis sont comme à chaque fois sincères et libres.

[Drôme x Ardèche] 3 balades pour les jours gris

Ce printemps a été très pluvieux dans la Drôme. Et la météo n’a pas toujours été très favorable à de longues balades ou à des randonnées. Mais comme il n’était pas question pour moi de ne pas mettre du tout le nez dehors, j’ai fait des petites sorties ces jours gris. Au programme : des villages et de courtes randonnées pas très loin de la maison. Je vous en propose trois exemples ici. Bien entendu, elles sont aussi réalisables par grand beau temps, mais vous pourrez constater à travers les photos que même sous un ciel couvert, elles restent agréables.

Vue sur la forêt de Saoû depuis le Poët Célard

Le Poët Célard, village perché de la vallée du Roubion

J’étais déjà allée me promener il y a quelques années au Poët Célard. Ce village perché au dessus de la vallée du Roubion offre en particulier un magnifique point de vue sur le synclinal de Saoû. Ce jour-là, la pluie menaçait fortement (spoiler alert : je n’y ai pas complètement échappé car elle m’a rattrapée sur la route du retour), et la forêt de Saoû n’était donc pas une bonne option pour une balade. J’ai donc continué ma route jusqu’à l’entrée du village du Poët Célard.

Une fois sur place, j’ai fait le tour du village, passant par les jolies ruelles et calades. Je suis montée jusqu’au château. J’avais espéré pouvoir y prendre un café mais l’hôtel était encore fermé. Tant pis, j’ai arpenté l’ancienne forteresse et ses jardins suspendus, profitant du panorama. J’ai terminé ma balade par un petit crochet au lavoir-fontaine ( #PassionFontaines ).

Le château domine le village
Dans les ruelles du village
Panorama sur le synclinal de Saoû
Dans la calade qui monte au dessus de l’ancienne église
A l’entrée du château
Dominer le village
Depuis l’esplanade du château, vue panoramique sur la vallée du Roubion
Au lavoir-fontaine

Le Poët Célard – Drôme – avril 2023


Romans-sur-Isère, et son ciel de papillons

Après les rubans en 2020, les ballons en 2021 et les feuillages tropicaux en 2022, la ville de Romans a mis en place une nouvelle installation artistique au dessus des rues piétonnes que sont la côte Jacquemart et la rue Matthieu de la Drôme. Cet été, ce sont des papillons multicolores qui viennent égayer les virées shopping en centre-ville.

Je n’ai pas (encore) eu l’occasion de les voir sous le soleil, mais même lorsque la météo est hasardeuse, ils sont plein de pep’s. J’essaierai de trouver un moment un jour ensoleillé pour aller les revoir et capturer la façon dont les couleurs jouent avec le soleil…

Dans la côte Jacquemart
Dans la rue Mathieu de la Drôme
Je n’avais pas souvenir d’avoir déjà vu la fontaine du joueur de flûte en eau.. La sculpture est l’œuvre de Toros qui a signé plusieurs monuments à Romans, à Valence et dans les environs.

Romans sur Isère – Drôme – mai 2023


Soyons, balade à la Tour Penchée

C’est un peu le hasard qui m’a conduite à Soyons. Je partais en effet pour Crussol avec dans l’idée de chercher des orchidées. Par crainte de la foule au niveau du château de Crussol, j’ai bifurqué vers la Tour Penchée de Soyons où je n’étais pas allée depuis très longtemps (a priori ma précédente visite datait de 2017 et de la prise de cette photo). Depuis le parking des grottes, je suis rapidement partie à l’assaut des escaliers puis de la jolie montée qui mènent sur le plateau de Malpas, au pied de la Tour et d’où l’on domine la vallée du Rhône.

En direction de la tour Penchée

Construite au XIIe siècle pour protéger l’abbaye de Soyons, la tour faisait partie d’un ensemble de fortifications plus important. L’ensemble a été détruit au XVIIe siècle par les troupes royales comme bon nombre de fortifications un peu partout en France. La tour a alors pris son aspect penché en raison d’une destruction partielle qui a affaiblit sa base. Depuis, des travaux de sécurisation ont été menés afin d’empêcher son effondrement total…

Bientôt l’arrivée sur le plateau de Malpas
Vue sur la montagne de Crussol
Détails de la tour ruinée
Depuis le pied de la Tour Penchée, on domine la vallée du Rhône

De là, j’avais envisagé de gagner le sommet du Serre de Guercy voisin. On peut en effet y profiter d’une belle vue sur la montagne ardéchoise. Mais, quelques gouttes sont venues me rappeler que la météo était instable et je ne souhaitais pas être sous l’orage au sommet. J’ai donc opté pour la prudence en redescendant vers le parking. J’ai juste fait une pause rafraichissement à la brasserie 3.6.9 située au bord du chemin. Je ne connaissais pas du tout leurs bières, mais j’ai été séduite par leur IPA (alors que ce n’est généralement pas ma bière préférée) et j’ai acheté quelques autres de leurs produits afin de découvrir un peu plus leur univers très aromatique.

Accueil façon ginguette à la brasserie

Soyons – Ardèche – mai 2023

(*) En complément de la balade à la Tour Penchée de Soyons, il est possible de visiter deux grottes situées sur le flanc du Serre de Guercy. La Trou du Renard est une grotte à concrétions calcaires. La grotte de Néron est un ancien habitat de l’homme de Néandertal. Sa visite permet d’en apprendre plus d’une part sur l’archéologie et les fouilles mais aussi sur le mode de vie de celui qui nous a légué une partie de notre patrimoine génétique d’homme moderne et dont la civilisation était plus évoluée que ce que l’imagerie populaire aurait tendance à nous faire croire. Je n’ai pas visité les grottes cette fois car il y avait pas mal à attendre avant la visite suivante et beaucoup de visiteurs déjà, mais je l’avais fait il y a quelques années et j’avais trouvé cette visite vraiment très instructive.