Vous l’avez peut-être déjà compris : les journées sur la plage, les pieds dans le sable, à ne rien faire, ce n’est pas vraiment ce qui nous motive. Par contre, aller marcher au bord de la mer, avec des vues magnifiques sur les environs, voilà qui nous plait. Cet été, donc, nous n’avons pas changé nos habitudes et avons profité de belles journées pour randonner sur le long de la côte d’Emeraude. Nous avons fait en particulier deux jolies balades dans le secteur de Cancale, autour des pointes des Daules et du Grouin.
Randonnée en bord de mer
Faire le tour de la pointe des Daules
Nous avons commencé notre sortie au niveau de la pointe des Daules. Elle est située à l’extrémité ouest de la plage du Verger, une grande plage de sable bordée d’une dune et d’une lagune. Nous avions déjà fait une balade dans ce secteur en hiver. Cette fois encore, nous avons laissé la voiture sur l’un des parkings situés au dessus de la chapelle Notre Dame du Verger et nous avons rejoint le petit corps de garde à travers champs. Sa silhouette fait, de loin, penser à une chapelle, mais en s’approchant on s’aperçoit que ce que l’on pourrait prendre pour un clocher est en fait une tour de guet accessible par un escalier extérieur.
Se faufiler sous les arbresIl est possible de monter en haut de l’édifice par l’escalier extérieur
De là, nous avons emprunté le sentier qui traverse la lande en direction de la pointe. Nous avons croisé le GR34 sans l’emprunter. Nous souhaitions avant tout aller jusqu’au bout des rochers de la pointe des Daules. Un peu d’escalade plus tard, nous étions face à l’immensité de la mer, jouant à retrouver le nom des différentes avancées rocheuses et des plages nous entourant. Nous avons ensuite repris le sentier en direction de la plage du Verger. Comme il était encore tôt, nous avons alors décidé de reprendre la voiture pour rejoindre la pointe du Grouin.
Direction la pointe des DaulesLa pointe du Grouin (dont on devine le sémaphore), la pointe de Rochefroide, la pointe de la Moulière et la plage du Verger depuis la pointe des DaulesLes arméries maritimes dansent dans le ventAu bout du monde !Dans la lande, les bruyères sont toutes en fleurs.La plage du Verger et son poste de secours
Profiter du site de la pointe du Grouin
Ma précédente expérience à la pointe du Grouin avait été mitigée en raison de l’afflux de monde et du manque de respect du site. Depuis, de grands travaux d’aménagement ont eu lieu. J’étais donc curieuse de découvrir si cela changeait les choses et de quelle façon. Déjà, le parc de stationnement a été éloignée du cœur du site. Il est maintenant également plus vaste, plus accessible et mieux balisé, ce qui évite du stationnement sauvage. De là, des chemins bien dessinés partent vers la pointe, soit en quasi ligne droite, soit en rejoignant le sentier des douaniers. Certains sont même accessibles en fauteuil roulant. Nous avons pour notre part fait le choix de rejoindre le sentier qui longe le bord de la pointe en provenance de Cancale et de la pointe de Barbe Brûlée.
Nous prenons le sentier qui descend vers le GR34, face à l’Île des LandesEntre la pointe du Grouin et l’Île des Landes, le chenal est très emprunté En regardant vers Cancale, on voit la pointe de Barbe Brûlée, dominée par un petit manoir où j’étais allée en classe de mer en CM1
Depuis notre précédent passage, la lande a prospéré et a gagné en densité. Fougères, ajoncs, ronces et bruyères dissuadent maintenant naturellement les promeneurs de s’éloigner du chemin tracé. La nature a donc repris ses droits, profitant des difficultés d’accès dues aux travaux. Les points de vue sur l’Île des Landes (une réserve ornithologique où il est interdit d’accoster), le phare du Herpin et plus loin les îles Chausey se multiplient. Nous arrivons vers le bout de la pointe, là où les aménagements sont les plus notables. Une plateforme de planches a été aménagée, précisant que plus loin vers l’extrémité de la langue rocheuse, le danger est plus grand. Je m’assoie un long moment sur le bord de la plateforme, profitant du paysage, et observant un faucon crécerelle qui chasse sur la falaise que je domine.
Au bout de l’Île des Landes, le phare du Herpin prévient les navigateurs du dangerLa lande est plus dense sur la pointe du Grouin, assurant un gîte à toute une petite fauneLe faucon crécerelle scrute la lande sur la falaise à la recherche d’une proie
De la plateforme, un chemin en stabilisé permet de rejoindre le sémaphore en passant au dessus de l’ancien blockhaus. Tout autour du sémaphore, une terrasse a été installée, avec quelques bancs. De là, on peut avoir une vue à 365° sur les environs. Je suis littéralement tombée sous le charme de cet aménagement de type chemin de planches qui rend le site accessible à tous. Comme la météo est vraiment favorable, avec Melle 3e, nous décidons d’en profiter en prolongeant notre balade le long de la côte. Après avoir dépassé le sémaphore, nous bifurquons donc à droite sur le GR34 en direction de l’ouest. Plus nous avançons, moins il y a de monde. Le spectacle des vagues venant s’échouer sur les rochers en contrebas me fascine toujours autant. Nous finirons cependant par faire demi-tour pour revenir vers la voiture (l’alternative aurait été de rejoindre la route via un sentier qui ramène à un petit espace de stationnement, puis de la longer : c’est plus court mais nettement moins agréable). Il est temps pour nous de repartir, non sans une pause goûter à Cancale sur le trajet !
En direction du sémaphore depuis l’extrémité de la pointe du GrouinRegarder la mer depuis la terrasse entourant le sémaphoreProfiter de chaque point de vue sur la côteLa pointe du Grouin vue depuis le sentier des douaniers en arrivant de la direction de Saint Malo
Cette année, nous avons repris nos habitudes estivales et avons pris la route vers la Bretagne. En effet, si vous me suivez depuis un moment, vous avez du comprendre que je suis originaire de Bretagne et que j’y ai toujours ma famille. La subtilité vient du fait que « ma » Bretagne est vraiment limitrophe avec la Normandie (et quand je dis limitrophe, je parle de quelques kilomètres), pas très loin du Mont Saint Michel et de son immense baie. Forcément, le Mont a toujours été un point de repère fort dans le paysage, surtout qu’on le repère de loin. Tout aussi logiquement, je suis très souvent allée passer des après-midis ou des fins de journées dans la baie tout au long de mon enfance/adolescence. Et quand, maintenant, il est question d’aller se promener lorsque je suis là-bas, nos pas nous dirigent très régulièrement autour de la baie du Mont Saint Michel. Voici donc 4 suggestions de randonnée, plutôt tranquilles mais très différentes les unes des autres, le long de la baie du Mont Saint Michel, sur les sentiers que nous avons parcourus au cours de nos dernières vacances.
Dans la baie du Mont Saint Michel
En ville ou presque, sur le sentier des douaniers à Cancale
Cancale, été comme hiver, c’est traditionnellement notre première sortie des vacances. Nous allons marcher le long de la côte, faisons un tour sur le port, quelques emplettes et nous terminons par une crêpe. Cette année n’a pas dérogé à la règle. Concernant le choix de la balade sur place, je dois avouer qu’il est essentiellement dicté par deux faits sur lesquels je n’ai aucune maîtrise : la marée et l’endroit où nous trouvons un stationnement. Par exemple si la mer est basse, nous partons parfois marcher directement sur la grève. Inversement, à marée haute, nous nous dirigeons plutôt vers les rochers. Si le stationnement que nous trouvons est très excentre, alors nous partons vers le sentier des douaniers pour rejoindre le port et ses commerces.
Direction le sentier des douaniers à Cancale
C’est ce qui s’est passé cet été : nous étions à Cancale un jour où il y avait beaucoup de monde et nous n’avons pu stationner la voiture que loin du centre. Alors, nous sommes partis sur le chemin des douaniers, qui est ici une partie du GR34. Après un passage sous les voûtes des arbres, nous avons commencé à admirer les vues sur la baie (avec le Mont Saint Michel en tout petit dans le fond), les rochers de Cancale et des Rimains, les parcs à huitres, puis le port. Nous avons choisi de faire une balade assez courte car nous étions arrivés un peu tard et nous voulions avoir le temps d’une crêpe en plus de faire nos achats (pour les plus curieux, j’ai l’habitude de faire un stock de conserves de poissons à La Belle Iloise et d’épices chez Roellinger). Selon le temps et l’envie dont je dispose, j’apprécie de pouvoir facilement allonger ou raccourcir la balade le long du sentier des douaniers. Ainsi, pour le retour à la voiture, comme nous étions lourdement chargés, nous avons opté pour la version courte mais sportive qui consiste à remonter sur la falaise en empruntant les escaliers vers le monument aux disparus en mer.
Coup d’œil vers les îles-rochers alors que la mer descendLa mer découvre progressivement la grèveLes agapanthes sont en fleurs le long des murs des propriétés bordant le cheminMême par temps couvert, la lumière dans la baie me fascineAlors que la mer découvre les parcs à huitres les plus éloignés du rivage, les ostréiculteurs partent travailler.
Un peu de dénivelé, sur les falaises de Carolles
Quelques jours plus tard, toujours sous une météo mitigée (nous aurons d’ailleurs droit à quelques gouttes de pluie avant la fin de la sortie), nous partons dans la direction opposée. Le but est d’aller marcher sur le GR longeant la côte normande, au niveau des falaises de Carolles. Là, il est facile d’avoir un peu de dénivelé à cet endroit où la côte s’élève mais reste constellée de criques et de plages. Nous avions déjà deux ou trois été randonner dans ce secteur. Quand on cherchait une idée, j’ai repensé à un tronçon que nous n’avions pas parcouru, au départ de la cabane Vauban où nous étions allés il y a 3 ans.
La cabane Vauban de Carolles
Il y a quelques années, nous étions partis de la grande plage de Carolles et avions longé la falaise en direction de Saint Jean le Thomas, en nous arrêtant juste après la vallée du Lude. Cette fois, l’idée était de partir de la cabane Vauban en direction de Jullouville pour aller jusqu’à la vallée du Lude et d’aviser ensuite (surtout parce que la météo était instable d’ailleurs). Du parking, le chemin se faufile entre les champs, sous le couvert des prunelliers. En arrivant à la cabane Vauban, c’est l’immensité de la Manche qui nous accueille. Dans le fond à gauche, un petit point se dessine de façon un peu vague : c’est le Mont Saint Michel.
Voyez-vous le Mont Saint Michel ?Au fond, on aperçoit la pointe du Roc de Granville
Nous avons suivi le GR223, sur le chemin des douaniers. Les points de vue sur la mer se succèdent, forcément grandioses. Nous traversons les bruyères. Sous nos pieds, le sentier est léger. Nous grimpons sur les rochers qui le bordent. Puis, nous abordons la descente vers la vallée du Lude. Nous nous enfonçons dans la verdure de la forêt. Après avoir traversé le petit fleuve côtier, nous choisissons de le longer jusqu’à son embouchure. Le chemin se faufile à travers la lande jusqu’à déboucher au port du Lude, une toute petite plage de galets, accès facile à la mer depuis le village de Carolles. Nous n’y étions jamais allés alors nous partons en exploration dans les rochers qui se sont détachés de la falaise au fil du temps. Quelques gouttes de pluie nous rappellent à la réalité, nous ne continuerons pas jusqu’à la grande plage à pied…
C’est parti !En haut des falaisesEn longeant Le Lude, nous traversons la landeNous arrivons au niveau de la plage du port du LudeDans les rochers de granitEn revenant à la cabane Vauban, nous constatons que la mer est bien descendue (et que le Mont Saint Michel est toujours là !)
Avec les moutons, sur l’herbu à Ardevon
Aller marcher sur l’herbu au milieu des moutons est aussi une de nos sorties habituelles lors de nos vacances bretonnes. C’est généralement une balade très calme, dont on peut facilement moduler la durée ou la distance parcourue, au cours de laquelle on profite de la vue sur le Mont Saint Michel loin de la foule. Nous avons plusieurs points de départ possible, dépendant essentiellement des possibilités de stationnement à proximité. Cette fois, nous avons pu nous arrêter sur le parking situé le long de la route allant d’Avranches au Mont, au niveau du Rivage à Ardevon. Il y a là une aire de pique-nique ombragée et la possibilité d’entrer soit sur l’herbu, soit sur la digue pour emprunter le GR qui longe le Cotentin jusqu’au pied du Mont Saint Michel.
Partir en direction du Mont Saint MichelLes moutons ne sont pas loinNe pas faire de bruit et ne pas bouger pour ne pas faire peur aux moutonsLe mouton du Mont Saint Michel a la tête et les pattes noires
Nous avons eu de la chance car les moutons étaient proches de la digue (il faut parfois s’avancer assez loin sur l’herbu pour apercevoir le troupeau). Nous avons commencé notre balade par la digue et le GR, partant dans la direction du Mont Saint Michel. Le chemin croise plusieurs barrières qui permettent d’empêcher les moutons d’y aller lors de leurs transferts. Il y a aussi régulièrement des portails ou des passages afin que les marcheurs puissent entrer sur le pré salé. Comme chaque fois, nous avons fini par entrer sur l’herbu. Là, empruntant les sentes de moutons (de fins chemins tracés par les passages répétés des ovins), nous avons prolongé la promenade, observant d’un côté le Mont et de l’autre les moutons, avant de revenir sur nos pas à l’heure du goûter.
Sur les sentes à moutonsdevant TombelaineMoutons sur le pré saléLes gardiens de la barrièreC’est bon : ils vont nous laisser passer.
Sur la plage, à la chapelle Sainte Anne
Cela faisait des années que nous n’étions pas allées à la chapelle Sainte Anne. Pourtant, on peut affirmer qu’on y a passé des heures et des heures. Il faut dire qu’une fois sur place, on le choix de ce que l’on fait : s’asseoir sur la digue pour admirer le paysage, partir marcher dans les polders, s’installer en contrebas de la digue dans l’herbe pour y lire, pique-niquer ou jouer au ballon, marcher entre les hautes herbes pour gagner le petit cordon de dunes et la grande plage derrière, poursuivre encore plus loin pour pêcher à pied lors des fortes marées…
Cette fois, nous y allions pour marcher, sur la digue, sur l’herbu, sur la plage. Nous n’avions pas arrêté notre choix en partant. Nous savions que nous serions accueillis par la petite chapelle sur la digue, dominant les mares lagunaires sur lesquelles les foulques prennent leurs aises. Nous savions qu’au loin, la silhouette du Mont Saint Michel nous observerait. Nous savions que nous serions seules ou presque, avec Melle 3e et une de mes nièces. Nous savions que nous passerions un agréable moment, bercées par le bruit du vent.
La chapelle Sainte Anne au bord de la mare lagunaireLa chapelle est construite sur la digueLes escargots s’agglutinent sur les brindilles
Nos pas nous ont menées sur la plage. Sous nos pieds, le crissement des coquillages écrasés s’est joint au chant du vent. En silence, nous en avons profité. Puis, apercevant quelque coquillage coloré, nous avons commencé à chercher les plus jolis, comme lorsqu’enfant nous les ramassions pour en faire des colliers ou des petits bricolages. Nous avions oublié de prendre un sac alors nous avons improvisé des « paniers » avec le revers d’un t-shirt ou une casquette. C’est le son des vagues qui m’a fait réaliser que nous étions là depuis longtemps. La mer se rapprochait au fil de la marée montante. Les chars à voile prenaient le chemin du retour, et nous avons fait de même, en prenant le temps d’écouter encore une fois notre silence rythmé par la mélodie du vent, des vagues et des coquillages.
La plage déserte à perte de vueRamasser des coquillages sur la plage
Cancale / Carolles / Ardevon / Saint Broladre Ille-et-Vilaine & Manche – juillet 2024
Il existe de nombreuses autres possibilités pour se promener le long de la baie du Mont Saint Michel, par exemple :
Le Mont Saint Michel, point de repère immuable dans la Baie
ATTENTION : La Baie du Mont Saint Michel recèle de nombreux dangers, et il convient de rester sur les chemins balisés et les plages référencées. Si vous souhaitez vous éloigner des chemins balisés, il est important de prendre un guide qualifié pour aller l’explorer. En effet, la Baie ne peut pas être cartographiée car les marées font bouger les lits des fleuves et se déplacer les points de repère. Y allant depuis l’enfance, j’ai appris à reconnaître les signes de certains dangers et je sais où et quand je peux m’y aventurer sans risque. Malgré tout, il y a des secteurs où je n’irai pas sans guide.
Aussi étrange que cela puisse sembler, je n’étais encore jamais allée à l’Alpe d’Huez. Pourtant, cette station iséroise est à quelque chose comme deux heures de route de la maison. D’ailleurs, lors de notre premier hiver dans la Drôme, nous avions passé quelques jours de sports d’hiver à Vaujany, qui partage le même domaine skiable. Mais depuis, mes balades ne m’avait jamais conduit dans ce secteur des Alpes, contrairement à d’autres massifs comme la Chartreuse ou le massif du Mont Blanc. C’est finalement grâce au hasard d’un évènement professionnel que j’ai découvert l’Alpe d’Huez mi-juin.
Une arrivée sous la grisaille
Avec le printemps que nous avons eu cette année, nous nous sommes beaucoup demandé si nous pourrions faire les activités prévues, essentiellement en plein air. D’ailleurs, le samedi, le ciel était très gris. Et c’est sous les nuages que nous avons monté les mythiques 22 virages en direction de la station. Aucun des sommets avoisinants ne se laissait deviner. Arrivés en milieu d’après-midi, nous avons posé nos valises au chalet où nous étions hébergées avec mes collègues (que des filles dans ce chalet, les garçons de nos services étaient dans d’autres hôtels). La vue depuis les fenêtres montrait surtout des nuages, même si la localisation de notre hébergement aux chalets de l’altiport laissait supposer que par beau temps, le panorama devait être sympathique. Ceci dit, nous avions peu de temps devant nous pour en profiter car nous étions attendues par nos autres collègues pour un temps de travail et de convivialité au cœur de la station.
Les chalets de l’altiport – par la fenêtre de notre chalet
Le petit torrent derrière les chalets
Un réveil sous le soleil
Après une soirée et une nuit bien fraîche (quand nous sommes rentrées, certes un peu tard dans la nuit, le thermomètre affichait à peine 2°C), c’est sous un grand soleil que je me suis réveillée. Comme à mon habitude, j’avais d’ailleurs dormi sans fermer complètement les volets, tirant simplement le rideau. J’ai donc pu me rendre compte très tôt que la météo s’annonçait favorable. Et cela tombait bien car l’activité prévue ce dimanche matin, c’était randonnée. Je me suis fait un café que j’ai pris avec plaisir sur la terrasse du chalet après avoir enfilé un pull. Une autre de mes collègues s’était aussi réveillée de bonne heure. Nous avons donc bouclé nos valises, pour rejoindre le centre de la station où nous attendait un gros petit déjeuner et le départ de la randonnée.
Cette vue dès le réveil par la fenêtre de la chambre, quel bonheur !
La vue que j’avais en prenant mon premier café du matin.
Une randonnée à travers l’alpage fleuri
Le rendez-vous pour la randonnée était à 10.00 au palais des sports. Là, plusieurs guides de montagne nous attendaient. La randonnée était facultative après la courte nuit et il y avait la possibilité de rejoindre plus tard le lieu de pique-nique en empruntant les remontées mécaniques. Mais je ne voulais pas laisser passer l’occasion d’une jolie balade à travers l’alpage. J’étais d’ailleurs loin d’être la seule dans ce cas car selon nos estimations, sur environ 2000 personnes présentes pour le week-end, il y en avait bien 600 ou 700 qui sont parties à pied. Après avoir traversé le village et avant d’attaquer le sentier, l’un des guides nous a donné les consignes : la balade que nous nous apprêtions à faire faisait environ 3 km pour 300 mètres de D+, direction le restaurant d’altitude des Jeux à 2100 m d’altitude. Il fallait compter en moyenne 1 heure pour y arriver mais surtout, il fallait marcher à son rythme, celui où on peut papoter sans difficulté.
Randonner en groupe
Au départ de la station
Très vite, le groupe s’est étalé selon les différentes allures. Des guides se sont positionnés à différents niveaux de notre colonne. Pour moi qui ai l’habitude de randonner seule, c’était très étrange de me retrouver avec autant de monde sur le sentier et de discuter tout en montant. Le chemin nous a emmenés à travers l’alpage couvert de fleurs. Les reines des prés parfumaient l’air. Les trolles coloraient de jaune des secteurs entiers. J’ai même repéré pas mal d’orchidées, en particulier des orchis sureau. Je n’avais pas pris mon appareil photo lors de ce week-end, mais je n’ai pas pu m’empêcher de prendre plein de photos avec mon téléphone (vous n’en voyez, je vous assure qu’une toute petite partie dans cet article !). Forcément, je me suis souvent arrêtée, me retrouvant chaque fois dans un nouveau petit groupe. Nous avons aussi traversé plusieurs fois des ruisseaux, parfois sur des petits ponts de planches, parfois simplement à gué.
Partout des reines des prés à l’odeur si caractéristique
orchidée sauvage au bord du sentier
Je ne connaissais pas encore les trolles, ces fleurs jaunes des alpages d’altitude, et je les ai trouvées très belles.
Sommet enneigé, ruisseau vif, trolles en fleurs, la beauté de l’alpage au printemps
Tapis de reines des prés
Juste avant d’arriver, un coup d’oeil sur les montagnes environnantes : le massif de Belledonne domine la vallée voisine et la station de Vaujany (qu’on ne peut pas apercevoir)
Un pique-nique magique
En arrivant, outre le panorama à 360° sur les massifs environnants (Belledonne, Taillefer et Ecrins en particulier), c’est le pique-nique qui nous attendait. Nous avions ainsi chacun un petit panier repas avec entrées, plats et desserts, ainsi qu’un joli choix de boissons bien fraîches, et un petit coussin pour nous asseoir. Nous nous sommes répartis sur tout autour de la station des remontées mécaniques. Nous avons profité du soleil (entre la randonnée sans ombre et le pique-nique, je n’ai pas manqué d’attraper un peu trop de couleurs). Nous avons profité du paysage en musique. Puis, petit à petit, nous avons pris le chemin de la descente, soit à pied (mon choix) soit via les remontées mécaniques. En effet, nos cars de retour respectifs nous attendaient à la station, et après ces deux journées très remplies, nous avions aussi hâte de pouvoir rentrer nous reposer un peu avant d’attaquer une nouvelle semaine de travail !
Pique-nique géant à plus de 2000 mètres d’altitude !
La station de l’Alpe d’Huez, nichée au creux des montagnes
Après nous être retrouvés au point de rendez-vous à Tournon, nous nous sommes organisés avec les autres instagrameurs présents pour covoiturer. Nous avons ensuite pris la direction du petit village de Lemps, à une douzaine de kilomètres. Nous étions en effet attendus au château de Lemps. C’est Isabelle, la propriétaire des lieux qui nous a accueillis.
L’arrivée dans la cour du château de Lemps
Un lieu chargé d’histoire(s)
Le château de Lemps est dans la famille d’Isabelle depuis 6 générations, mais son histoire remonte à plus de 1000 ans, quand il était la maison d’habitation d’une place forte des environs. Le château a ensuite évolué au fil des siècles, devenant de plus en plus confortable. Il y a quelques années, Isabelle a commencé à transformer sa maison de famille en maison d’hôtes. Elle a rénové et décoré plusieurs pièces, dans un esprit chic et chaleureux, faisant la part belle aux couleurs. Elle a su intégrer les meubles anciens à un décor plus moderne, sans rien perdre de l’âme de cette maison. J’ai été frappée en entrant dans le château de Lemps par l’impression « d’être à la maison » qui se dégageait. Je n’étais pas dans un lieu figé dans le temps, pas dans un magazine de déco (même si l’ensemble y aurait sa place). J’étais dans une maison vivante et accueillante, où je pouvais m’installer où bon me semble pour profiter de l’instant. J’aurais bien attrapé un livre dans la bibliothèque pour m’asseoir avec dans le jardin d’hiver, un thé fumant sur la table basse, et prendre un temps de lecture au calme.
Dans la salle de billard, installée dans l’ancien fumoir du châteauL’escalier majestueux et son lustre original, créé par Isabelle afin d’éclairer tous les niveauxDans l’ancienne cuisine, qui sert maintenant de salle à manger pour les hôtes au petit déjeuner
Le corridor du rez-de-chaussée dessert les espaces communs
Le jardin d’hiver et sa verrière, que l’arrière-grand-mère a fait installer à la Belle Epoque, est vraiment ma pièce coup de cœur.
La bibliothèque avec vue sur le jardin
Au salon
Une introduction au yoga
Après un café et la visite de l’intérieur du château, où Isabelle et son papa nous ont raconté de nombreuses anecdotes et souvenirs, nous sommes passés par la cour. Elle est vraiment charmante, tout comme le parc, mais ce jour-là, la météo avait décidé que nous n’en profiterions pas. Il était en effet prévu qu’Emilie (Pierre de Lune) nous fasse une initiation au yoga sous les grands arbres. Heureusement, le château de Lemps est un lieu plein de ressources et c’est dans la grange que les tapis ont été installés. Dans notre petit groupe, presque personne n’avait déjà fait du yoga. C’était d’ailleurs une totale découverte pour moi. La douceur et la bienveillance d’Emilie nous ont permis de profiter de cet instant. Et si nos mouvements étaient parfois un peu chaotiques, nous avons passé un excellent moment.
La pluie avait décidé de s’inviter au début de l’instameetL’accès à la grange est tout aussi charmant que l’ensemble des lieuxPrêts pour la séance de yoga !
(*) Le château de Lemps est une maison d’hôtes. Des évènements y sont aussi parfois organisés. Ce sera le cas le 21 septembre 2024 pour un festival de yoga : le Green Flow Festival.
Une randonnée à Saint Sorny
De Lemps, nous avons repris la voiture, direction Colombier-le-Vieux et le départ d’une jolie randonnée en direction de Saint Sorny. Après avoir dispatché le pique-nique dans nos sacs, nous avons emprunté un chemin en descente à travers bois. De temps à autres, une trouée dans les arbres nous permet d’admirer le paysage vallonné des environs. Quelques panneaux d’interprétation jalonnent le parcours qui se trouve dans l’espace naturel sensible des Gorges de la Daronne. Nous en apprenons ainsi un peu plus sur la flore et la faune qui nous entoure. Je remarque en particulier de superbes digitales pourpres (alors que j’en vois très rarement de mon côté du Rhône). Nous arrivons assez rapidement au hameau de Saint Sorny. Cet ancien prieuré édifié au XIIIe siècle ne manque pas de nous charmer sitôt que nous l’apercevons. Comme il s’agit d’une propriété privée, dont l’accès est gentiment autorisé par les propriétaires, nous nous faisons discrets. Nous profitons toutefois de notre passage pour aller admirer la jolie petite chapelle.
Avec la pluie du printemps, les paysages sont très vertsDigitale pourpre (attention, c’est une plante toxique qu’il ne faut pas manipuler)Vue sur le vallon de la DaronneLe hameau de Saint SornyDans la chapelle de Saint Sorny
Nous nous éloignons un peu pour nous installer au fond d’un pré afin de profiter de notre pique-nique, sans nous laisser décourager par l’herbe mouillée. L’office de tourisme a prévu des produits locaux : saucisson, pâtés, fromages de chèvre, mais aussi des tartinades à base de pois chiches, des fruits frais et de la crème de marrons (il aurait été impensable de ne pas en avoir vu que nous sommes en Ardèche !). Une fois rassasiés, nous reprenons le chemin vers la rivière que l’on entend en contrebas. Au-dessus de la Daronne, une passerelle en bois est suspendue. La balade prend des airs d’aventure exotique (vous l’entendez aussi, la musique du générique d’Indiana Jones ?). L’endroit est pittoresque et vraiment photogénique. Nous nous aventurons les uns après les autres pour emprunter la passerelle et gagner la rive opposée (la passerelle ayant été fragilisée par les intempéries du printemps, il est fortement recommandé de ne passer qu’un par un dessus). Le temps nous étant un peu comptés avant la prochaine activité, nous ne terminerons pas la boucle du circuit de randonnée mais rebroussons chemin, tout en continuant à discuter, admirer et photographier.
Rester sur le sentier…La passerelle des gorges de la DaronneEn aval de la passerelleEn amont de la passerelle
(*) L’office de tourisme Ardèche Hermitage propose de nombreux circuits de randonnée. Vous pouvez les retrouver sur le site Rando en Ardèche Hermitage ou sur l’application Rando Ardèche Hermitage, disponible sur les stores Apple et Google. L’application vous permet aussi de vous géolocaliser et ainsi de suivre les itinéraires en temps réel. Il est aussi possible de conserver les descriptifs en mode déconnecté pour les consulter (pensez à les enregistrer avant le départ : le réseau 4G n’est pas forcément très bon partout !)
Le village de caractère de Boucieu-le-Roi
Je connaissais déjà le village de Boucieu-le-Roi mais c’est avec plaisir que j’ai de nouveau flâné dans les petites rues bordées de maisons vivaraises en pierre. Nous avons fait le tour du village, admirant le bâti, jouant avec les perspectives, nous amusant des petits personnages en pots de terre cuite peints, ou encore cherchant les jolis détails. Nous avons plus ou moins suivi le parcours de visite libre du village, et ses panneaux explicatifs. Puis, nous avons rejoint le parking en bas du village et l’aire de pique-nique adjacente pour un goûter à base de pogne et de jus de fruits locaux. Il était en effet indispensable de reprendre des forces avant l’activité suivante !
Le charme des maisons anciennesAvez-vous repéré le petit personnage au pied de l’escalier ?Un air du sud…Vue sur la vallée du Doux
Le vélorail des Gorges du Doux, une activité originale
Une descente en vélorail
L’ancienne voie ferrée qui relie Tournon-Saint Jean à Lamastre est devenue une ligne touristique qui se partage entre trains anciens et vélorail. La gare de Boucieu le Roi est ainsi devenue la gare de base du vélorail des Gorges du Doux. Plusieurs parcours sont possibles, mais on ne pédale toujours que dans le sens de la descente. Le parcours pour lequel nous avions rendez-vous nous a fait partir en vélorail depuis Boucieu. La descente fait environ 12 km. Après 6 km quasi à plat, la pente s’accentue et la vitesse peut atteindre 40 km/h. Compte tenu du poids de l’engin, il est impossible de dérailler, sauf en cas de collision. Mais des mesures de distance entre 2 équipages permettent de prévenir ce risque. L’activité est donc sans danger. Et s’il faut faire au moins 1m40 pour pouvoir pédaler, il est même possible d’embarquer avec des enfants, y compris très jeunes puisque des sièges bébés peuvent être installés à l’arrière sur les places « passager ». On peut même faire du vélorail avec son chien pour peu que celui-ci soit tenu en laisse courte. D’ailleurs, j’ai partagé l’activité avec Roxx et ses humains et il a clairement eu l’air d’apprécier. C’est vraiment une activité familiale !
La gare de Boucieu le RoiC’est parti !La gare de Colombier le Vieux. Juste après, il est possible de changer de pédaleurs sur une zone spécialement conçue pour s’arrêter en toute sécurité
Le parcours permet non seulement de s’amuser en prenant un peu de vitesse et en traversant des tunnels, mais il offre aussi de magnifiques points de vue sur la nature environnante. La voie ferrée longe les gorges du Doux, dont une grande partie est inaccessible en voiture. On traverse ainsi un paysage époustouflant, où l’eau a creusé son chemin, parfois de façon chaotique. On aperçoit aussi des ponts vertigineux ou encore une centrale hydro-électrique.
pont sur le DouxLa voie ferrée longe le DouxOn aperçoit la conduite forcée de la centre hydroélectrique de MordaneLa centrale hydroélectrique de Mordane, au fond des gorgesLes arches des ponts sont très hautes pour traverser les gorge du DouxQuand la Daronne rejoint le Doux..Le Doux descend au travers de chaos de rochesLa voie ferrée a été construite à flanc de montagneLonger les gorges du DouxUn dernier pont dans les gorges avant de rejoindre un secteur moins encaissé
Un retour en train vintage
Le retour à la gare de Boucieu le Roi se fait en train. Pour notre part, nous avons le choix entre un autorail vintage ou une voiture panoramique. Cette dernière est sans doute la plus simple expression du wagon ferroviaire : quelques bancs de bois dans une remorque couverte mais ouverte de tous les côtés. Nous avons choisi la voiture panoramique car elle permet de mieux profiter du paysage et de faire des photos (j’avoue d’ailleurs que la plupart des photos dans les gorges un peu plus haut ont été faites lors de ce trajet de retour). Son seul inconvénient est qu’elle se situe derrière l’autorail diesel et que donc parfois quelques effluves de pot d’échappement viennent nous chatouiller les narines, en particulier dans les tunnels. Il convient aussi d’y être prudent car dans les tunnels, elle ne passe qu’à quelques centimètres des parois. Hors de question de laisser dépasser quoi que ce soit !
Cet autorail avait été spécialement conçu pour la ligne des gorges du Doux et est moins large que ses contemporains construits pour des lignes plus standards.L’autorail qui remonte les passagers et tracte la voiture panoramique ainsi que tous les vélorails a une esthétique très vintageLe poste de conduite de l’autorailLa voiture panoramique et ses bancs de bois
(*) Nous avons fait le parcours des Etroits. Il faut compter 2 heures d’activité et il faut prévoir d’arriver 30 minutes avant à la gare de Boucieu. D’autres parcours sont possibles : le départ se fait en autorail et le retour en vélorail. Celui des viaducs semble vraiment très chouette aussi. Les parcours possibles varient selon les jours et l’horaire. Il faut se renseigner sur le site internet du vélorail des Gorges du Doux.
Notre journée se termine au retour à la gare de Boucieu. Nous reprenons les voitures pour revenir à Tournon. Je rentre un peu fatiguée après cette journée plutôt sportive, mais ravie de toutes les découvertes que j’ai faites.
Lemps / Colombier le Vieux / Boucieu le Roi – Ardèche – juin 2024
(*) Vous l’avez sans doute compris, cette journée était une invitation (collaboration commerciale non rémunérée) et je remercie l’office de tourisme Ardèche Hermitage ainsi que leurs partenaires pour cela. J’ai réellement apprécié les activités et lieux découverts au fil de cette journée. Le vélorail me tentait depuis un moment et je regrette juste de ne pas y être allée avant. J’ai très envie aussi de retourner au château de Lemps pour profiter pleinement des lieux. Quant à la randonnée, les photos parlent d’elles-même et j’ai aussi repéré quelques autres topo dans le même secteur grâce à l’application Ardèche Hermitage Rando. Il se pourrait donc bien que je vous en reparle.
Avec le retour du printemps, on a souvent plus envie de prendre l’air et de pouvoir être dehors. Malheureusement, cette année, il a souvent fallu viser les moments de soleil entre les averses. Et avec une météo souvent instable, il était compliqué de prévoir de longues randonnées ou d’aller en montagne. Malgré tout, j’ai saisi chaque instant possible pour sortir ou faire des activités. J’ai donc privilégié des lieux à proximité de la maison (mais vous pouvez sans doute trouver des équivalents ailleurs) et qui permettent de profiter de la campagne, même si le temps est maussade.
Rochefort-Samson – Drôme – printemps 2024
Fabriquer des savons à la ferme de Julie
Dans les cadeaux déposés par le père Noël au pied du sapin, j’avais cette année encore un bon wecandoo pour un atelier de mon choix. L’an dernier, j’avais choisi des activités autour de la céramique et de la lavande. Cette année, j’ai opté pour la fabrication de savon. Pour cela, je suis allée chez Julie qui a une ferme où elle élève des ânesses. Elle les trait et se sert du lait pour fabriquer des savons. Je connaissais déjà Julie et ses savons pour l’avoir rencontrée il y a plusieurs années sur un petit marché de producteur et pour être allée visiter sa ferme lors de l’opération De Ferme en Ferme.
Les ânes de Julie
Il est tôt le matin quand nous arrivons à la ferme. Après un coup d’oeil au paysage qui se déploie au delà du bâtiment, Julie nous accueille dans l’écurie autour d’un thé et d’un café pour faire connaissance. Nous sommes 8 ce matin-là à participer à l’atelier, qui va durer 3 heures. Nous passons dans la boutique où Julie a installé le nécessaire pour que nous fabriquions nos savons, juste à côté de son laboratoire. Après quelques explications sur la saponification à froid, nous nous lançons dans la réalisation, en suivant le pas à pas que Julie nous a préparé. C’est simple et précis à la fois, et l’ambiance est à la bonne humeur. Je ne vois pas le temps passer, et pourtant l’heure du déjeuner est proche alors que chacun verse son savon dans un moule. C’était vraiment une belle expérience, et Julie sait partager sa passion pour la cosmétique artisanale et ses ânesses.
Tout est prêt pour commencer l’atelier
Le savon frais a une allure de crème dessert !
Avant de partir, je fais un tour dans la boutique pour acheter du savon et du baume à lèvres. En effet, mon savon ne sera utilisable que dans quelques mois. Il faut aussi avouer que la gamme proposée par Julie est très tentante (et que pour les avoir déjà essayés, je sais que ses savons sont top).
« Ici le bonheur est fait maison »
La jolie mise en scène des savons de Julie dans une armoire ancienne et des bassines en métal
(*) La ferme de Julie, Juli’Anesse, se situe dans la campagne de Rochefort Samson, 1235 Chemin des Ravets. La boutique à la ferme est ouverte deux après-midi par semaine, et Julie propose aussi une boutique en ligne.
Choisir ses iris chez un hybrideur
Si vous me suivez un petit peu, vous savez déjà que je suis fan d’iris. Pour ceux qui sont dans le même cas que moi et qui ont un jardin, il est possible d’aller choisir ses iris soit dans une pépinière, soit chez un hybrideur (qui donc créé ses propres iris et peut ensuite les proposer à la vente). Il y a plusieurs spécialiste de cette fleur dans la Drôme, et j’ai mes habitudes aux Iris du Grand Barbu depuis une bonne dizaine d’années. Mais, Daniel qui s’en occupe, va cesser son activité après cette saison. C’est Cédric qui va reprendre le flambeau, mais sur un autre terrain. Cette année marquait donc une transition, avec des iris visibles dans les deux jardins. J’étais allée au début du mois de mai voir les iris de Daniel au Grand Barbu, et j’y étais retournée un peu par hasard au milieu du mois. Je pensais alors avoir fini mes balades dans les iris pour l’année. Mais, un groupe de copains a organisé quelques jours plus tard, un peu à l’improviste, une visite chez Cédric, dans son jardin Iris Passion. Je n’ai pas hésité longtemps avant de me joindre à eux.
Iris Passion – Saint Marcel les Valence – Drôme – mai 2024
(*) Iris Passion, quartier les Blaches, 26320 Saint Marcel les Valence – prochaine ouverture au printemps 2025
Faire une promenade à travers champs
A chaque fois que cela a été possible, j’ai essayé d’aller me balader. Les occasions n’ont pas été si nombreuses et souvent les éclaircies de courte durée. J’ai donc privilégié les promenades proches de chez moi. Je n’ai ainsi pas forcément suivi d’itinéraire bien précis, préférant souvent ne pas trop m’éloigner d’un endroit où je pourrais m’abriter en cas de forte pluie soudaine, ou restant à proximité de ma voiture. Parmi ces balades, je peux citer la jolie petite boucle qui part du parc de Lorient à Montéléger en direction de Beauvallon le long de la Véore avec le retour le long du Pétochin. C’est une balade facile et pas trop longue que j’ai déjà fait plusieurs fois, et c’est celle à laquelle j’ai pensé en premier quand nous avons voulu nous promener avec une copine après plusieurs jours de fortes pluies. S’il y avait bien quelques flaques de boue sur le chemin, celui-ci était globalement très praticable. Nous en avons aussi profité pour une pause au bord d’une mare qui a été creusée par Valence Romans Agglo afin de favoriser la biodiversité. Bordée de quelques iris des marais, la mare accueille déjà de nombreuses grenouilles et des libellules.
Vue sur les champs environnantsAu bord de la mare
Montéléger/Beauvallon – Drôme – mai 2024
(*) Le départ de cette boucle se fait au parc de Lorient, le long de la rivière sur la rive droite. Arrivé au pont de Beauvallon, il faut le traverser et revenir vers Montéléger par la rive gauche de la Véore. Le chemin suit naturellement la Véore puis son affluent le Pétochin, que l’on peut traverser un peu plus loin via une passerelle en bois pour rejoindre la rive gauche de la Véore et l’entrée du Parc de Lorient. La boucle fait environ 5 km, et ne présente aucune difficulté.
Moutons dans un champ – Chabeuil – Drôme – mai 2024
Parmi les petites balades pas trop loin de chez moi, il y a aussi :
A cette saison, j’ai généralement envie de grand air, de me promener en montagne, de randonner, de découvrir de nouveaux lieux extérieurs. Le thème Caillou de cette semaine pour le projet 52 était au départ un peu en lien avec ces grandes balades dans la nature. Or, ce printemps a été globalement pluvieux (voire très pluvieux tendance orageuse), avec en prime pas mal de vent. Une des conséquences directes a été l’impact sur mon envie de promenades, que ce soit en campagne ou en montagne. Avec la météo que nous avons eu jusqu’à présent, j’ai nettement plus eu envie de trainer dans des musées que de flâner en plein air.
J’ai donc un instant pensé vous montrer des cailloux dans des musées. J’en avais vu de superbes au Museum d’Histoire Naturelle de Grenoble il y a 2 ans ou encore à Toronto l’été dernier, et j’avais quelques ammonites du Musée de Valence prises en photo cet hiver. Mais finalement, j’ai choisi de vous emmener en montagne, sur une balade faite début avril pour voir les crocus sur l’alpage de Font d’Urle. Ce jour-là, le vent soufflait bien fort mais le soleil était présent. Si la géologie des falaises et du plateau karstique est très intéressante, c’est un cairn que j’ai choisi pour illustrer le thème. Ce cairn est un cairn de balisage : il indique le chemin à suivre et est en quelque sorte un ancêtre des marquages colorés que l’on trouve maintenant sur les chemins de randonnée. D’un cairn, on aperçoit le suivant et on sait ainsi où se diriger. Ils sont très importants pour ne pas se perdre. Et, le long des crêtes, ils indiquent là où le marcheur peut passer sans risque, en restant visibles même quand il y a de la neige. Il ne faut pas les confondre avec les cairns « décoratifs » que l’on croise parfois et qui ont souvent un impact négatif sur les paysages : les cailloux fixent le sol, et servent d’habitat à une petite faune. La multiplication des empilements anarchiques de cailloux a donc un effet délétère sur les sites (et c’est vrai aussi dans les rivières).
Sentier du karst – Alpage de Font d’Urle – Vercors – Drôme – avril 2024
Si vous voulez voir à quoi ressemblent les cailloux chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
Il me suffit de traverser le Rhône pour être en Ardèche, et pourtant ce n’est généralement pas de ce côté que je vais me promener. Mais quand j’y vais, je suis assez rarement déçue de mes balades et découvertes. Depuis le début de l’année, j’ai eu quelques belles occasions de m’y rendre, essentiellement dans la vallée du Rhône. Je vous invite donc à me suivre pour des découvertes originales à l’occasion d’une balade dans les chênes verts en hiver, ou d’une visite nocturne d’une abbaye.
Au bord du Rhône, un soir de printemps. Depuis Cruas, regarder La Coucourde sur l’autre rive.
A Crussol, direction un site top secret
Les promenades à Crussol sont un grand classique pour les habitants de Valence et des environs. Il faut dire que ce château fort en ruine attire le regard de loin et que la balade y est plutôt facile. Mais le massif de Crussol comporte de très nombreux autres sentiers ne passant par le château et invitant à marcher au milieu des chênes verts. Début février, j’avais un peu de temps en fin d’après-midi et très envie de prendre l’air. C’est assez naturellement que j’ai pris la direction de Crussol.
Un coup d’œil au château de Crussol en passant…
Comme le soleil commençait déjà à être bas, le château était dans l’ombre alors je suis partie de l’autre côté de la montagne chercher la lumière. A l’entrée du site de Crussol, j’ai donc pris sur la gauche, en direction du site d’escalade Top Secret. Très rapidement, j’ai de jolis points de vue bien dégagés sur Saint Péray et le château de Beauregard (où j’ai eu l’occasion de passer de bons moments il y a quelques années avec des copains – je me souviens en particulier d’un chouette déjeuner qui avait des allures de fête sous les arbres de la cour).
Vue sur Saint Péray et le château de Beauregard
Je n’avais pas forcément de destination précise en suivant les chemins dans le sous-bois, mais je me suis finalement retrouvée au pied du site d’escalade. Sur les parois calcaires, chauffées par le soleil de la journée et abritées du vent de la vallée, quelques grimpeurs s’entrainaient. J’ai encore continué à marcher un peu avant de rebrousser chemin. Le soleil commençait à décliner et se cacher derrière les coteaux striés de vignes. Le froid du soir arrivait. Il était temps de rentrer.
Garde-manger pour oiseaux, au bord du cheminMarcher entre les chênes vertsAu pied du site d’escalade Top SecretLe soleil commence à se cacherLumière d’hiverCoucher de soleil hivernal
Saint Péray – Ardèche – février 2024
A Cruas, découverte d’une abbaye à la lampe torche
J’avais découvert Cruas presque par hasard il y a un an, m’y arrêtant alors que j’étais en avance pour assister à une démonstration de combat médiéval au château de Rochemaure. Ce jour-là, je n’avais pas pu visiter l’abbatiale Sainte Marie faute de temps. Depuis, je surveillais les horaires d’ouverture afin de voir quand cela pourrait coïncider avec mes disponibilités. C’est comme cela que j’ai vu que, pendant les dernières vacances scolaires, l’office de tourisme Porte Sud Ardèche proposait une visite nocturne. Le rendez-vous étant fixé à 20.00, même si je n’étais pas en congés, c’était parfait.
Au bord du plan d’eau à Cruas
Avec Melle 3e, nous sommes donc parties après ma journée de travail. La météo (froid, pluie et vent) des jours précédents nous avait fait craindre de ne pas pouvoir pique-niquer, mais nous avons bénéficié de la seule journée vraiment printanière de la quinzaine. Nous avons donc emporté de quoi diner dehors. A Cruas, nous avons pris la direction du bord du Rhône, cherchant un petit coin de nature pour nous installer. Nous avons trouvé de la place au bord d’un lac de pêche, profitant même d’une table de pique-nique. Avant de partir en direction du centre du village, nous avons fait un tour sur la digue du Rhône, apercevant La Coucourde de l’autre côté du fleuve (nous avons plus l’habitude d’apercevoir Cruas depuis La Coucourde que nous traversons sur la N7 quand nous allons à Montélimar).
Le chevet de l’abbatiale de Cruas
Un peu en avance sur l’heure du rendez-vous, nous avons pris le temps de faire le tour de l’abbatiale pour en particulier admirer son chevet avec son architecture romane caractéristique : absides et absidioles, massif barlong, ou encore lanternon à bandes lombardes. Aucun doute n’est possible sur la période de construction. Et en effet, l’abbatiale a été construite aux XIe et XIIe siècles par une communauté de moines bénédictins qui occupaient le site depuis le IXe siècle (la première abbatiale a disparu, remplacée par celle-ci).
Alors que le jour commence à décliner, nous entrons dans l’église. C’est l’obscurité qui nous surprend en premier. Même en plein jour, l’intérieur, faiblement éclairé par quelques rares petites fenêtres, reste sombre, alors sans la lumière du jour, c’est le noir total dans la nef. La guide, munie d’une lampe torche, nous explique l’histoire de l’édifice tout en montrant les détails intéressants de son architecture. Située sur une route vers Saint Jacques de Compostelle, l’abbaye de Cruas était un lieu de passage pour les pèlerins qui s’y arrêtent pour prier sur les reliques de deux saints . Ceux-ci descendaient dans la nef de l’église par un escalier monumental, tandis que les moines restaient en haut de la tribune monastique pour assister aux offices.
Le dessous de la tribune monastique, avec ses chapiteaux et ses clés de voute sculptés.
C’est justement cette tribune monastique qui est une des principales particularités de cette église. Il s’agit d’une configuration dont peu d’exemples sont encore visibles et qui est dans un état de conservation absolument remarquables. Il faut dire qu’entre le XVIe et le XVIIe siècles, avec les guerres de religion, les moines quittent un temps le site de l’abbaye pour se réfugier dans le haut du village, au château des moines. Avant de laisser les lieux, ils murent l’accès à la crypte et à la partie située sous la tribune. On pense qu’ils l’ont fait pour éviter que les lieux ne se retrouvent envahis par les sédiments charriés par le Crûle, un ruisseau voisin qui déborde fréquemment. A leur retour dans l’église, ils décident non pas de déblayer ce qui s’est accumulé mais de combler le reste de la nef. Le sol de la nef disparait sous plus de 3,20 mètres de gravats. Peu à peu, on oublie la disposition originale de l’édifice. Au cours des années 1970 et 1980, plusieurs chantiers de fouilles vont avoir lieu dans l’église. Ils permettent de répondre aux questionnements sur les proportions étranges de l’édifice ou le fait que les colonnes semblent ne pas avoir de socle : une grande partie de l’intérieur de l’église a été comblée.
C’est ainsi que la tribune monastique est mise à jour, tout comme la crypte située sous le transept. On découvre alors les sculptures sur les chapiteaux, à la fois sous la tribune et dans la crypte. Cachés des siècles durant, ils sont en parfait état, et compte tenu de l’agencement de l’édifice, à hauteur d’yeux. Dans la partie haute également, les chapiteaux sont à hauteur d’homme. Les sculptures sont essentiellement inspirées de la nature : motifs végétaux, bestiaires, mais aussi animaux hybrides comme des griffons ou des hippogriffes. On note toutefois dans la crypte un orant, personnage priant debout bras levés, poli par le passage répété des mains des pèlerins.
Chapiteau sous la tribune monastique
Chapiteau sous la tribune monastique, la représentation serait celle de la communion
L’orant sur un chapiteau de la crypte
Créature mythique sur un chapiteau de la partie haute
Dans le chœur, une mosaïque du XIIe siècle représente Elie et Henoch, choisis par la main de Dieu et guidés vers le Paradis.
Découvrir l’abbatiale de Cruas dans l’obscurité, à la lueur d’une lampe torche, a été une expérience très intéressante. Dans le noir, nous avons perdu nos repères à la fois spatiaux et temporels (ma montre est formelle, nous avons été 1 heure et demie dans l’église, j’aurais été incapable de le dire sinon). Cela nous a permis de nous focaliser sur les détails architecturaux et sur l’ensemble exceptionnel qu’ils composent, sans être perturbés par des stimuli externes. J’ai maintenant très envie de découvrir d’autres lieux de cette façon, et si vous en avez l’occasion, je vous conseille d’en faire autant.
Avec la fin de l’hiver, les couleurs du Vercors changent, passant du blanc de la neige au vert de la végétation renaissante. Sur les plateaux, les crocus, les jonquilles et les autres fleurs viennent apporter leurs touches de couleurs. J’aime les changements de saison, quand on n’est plus vraiment en hiver et pas encore complètement au printemps. La nature semble reprendre vie progressivement. Les oiseaux ne manquent pas de signaler leur présence et les forêts résonnent de leurs chants. Chaque année, c’est un vrai plaisir d’aller randonner dans le Vercors, pour admirer ce printemps naissant.
Sur l’alpage de Font d’Urle
Une balade improvisée vers le Col du Lion
C’est au lendemain de Pâques que nous avons improvisé une balade avec Mr 2e. Comme nous sommes partis un peu tard dans l’après-midi, nous ne voulions pas aller loin. Nous avons donc pris la direction du Col de la Bataille. Fermé tout l’hiver, il était théoriquement rouvert depuis le matin. Mais le jour étant férié, la barrière était encore en place quand nous sommes arrivés au-dessus du Grand Echaillon. Nous avons donc opté pour laisser la voiture à cet endroit et continuer à pied. Nous n’avons toutefois pas emprunté la route vers le Col de la Bataille. En effet, il faut marcher assez longtemps en montée pour que les paysages deviennent sympas. Or, nous souhaitions une promenade tranquille.
Se promener le long d’une route forestière
Nous sommes donc partis en direction du col du Lion par une route forestière. Celle-ci progresse doucement sur un versant boisé, et était encore un peu au soleil de cet après-midi encore un peu frais (le thermomètre de la voiture nous avait indiqué 8°C). Nous avons marché jusqu’au col du Lion, où une prairie s’ouvre sur le Royans. Nous avons ensuite continué par un chemin forestier, apercevant les villages en contrebas à travers les arbres encore nus. Le soleil a commencé à décliner et se cacher derrière la montagne. C’est le moment que nous avons choisi pour faire demi-tour. (Nous aurions pu partir à travers bois en direction de l’auberge du Grand Echaillon mais après plusieurs jours de pluie en cette fin d’hiver, les sentiers étaient gorgés d’eau et nous ne souhaitions pas avoir à patauger).
Entre forêt et chaos rocheuxLes arbres n’ont pas encore retrouvé leurs feuillesDans la sapinièreProfiter du soleilSur le chemin
Nous aurons finalement marché un peu plus de 7 km avant de revenir à la voiture. Cette balade au grand air après plusieurs jours où la météo et nos autres activités nous avaient contraints à rester à l’intérieur nous a fait beaucoup de bien, et m’a rappelé à quel point il m’est nécessaire de passer du temps dans la nature pour me ressourcer.
Quand le soleil déclinant perce à travers les épicéas
Autour du col du Lion – Léoncel – Vercors – Drôme – avril 2024
Une promenade colorée à Font d’Urle
Quelques jours plus tard, c’est vers l’alpage de Font d’Urle que je suis partie randonner, seule cette fois. Cette année encore, j’avais envie de voir les crocus en fleurs. Cette explosion de fleurs violettes et blanches est toujours un ravissement. Je suis arrivée en fin de matinée sous un grand soleil. Le vent, cependant, était aussi bien présent. Après avoir laissé la voiture au village de Font d’Urle, je suis partie en direction de la porte d’Urle, puis sur les crêtes. Partout autour de moi, les pelouses sont parsemées de crocus, et je n’ai pas marché 100 mètres que je suis déjà allongée par terre pour les photographier.
Au ras des pâquerettes crocusCrocus violets sur l’alpageCrocus blancs sur l’alpageUn tapis de fleursPetites scillesPremières jonquillesLes couleurs du printemps sur l’alpage
Je continue ensuite ma balade le long des crêtes, admirant le paysage de tous les côtés. Aux sommets enneigés du Vercors oriental répondent les vallées verdoyantes en direction de la rivière Drôme : d’un côté encore un peu l’hiver et de l’autre déjà le printemps. Je suis chaque fois émerveillés par ces panoramas. Cette fois, je décide d’innover et je télécharge une application d’identification des sommets. Je m’amuse un moment à trouver les noms des montagnes qui m’entourent, qu’elles soient proches ou plus lointaines comme les sommets du synclinal de Saoû.
En regardant vers les sommets du Vercors orientalLes chemins qui descendent dans la vallée de Quint depuis le plateau d’AmbelSur les crêtes, le sentier est balisé par des cairns (dont ce sont la fonction première, bien loin des cairns ludiques que l’on trouve à trop d’endroits et qui nuisent à la conservation du paysage et de la petite faune)Les falaises de Font d’UrleLe long des crêtesCertaines dolines sont encore emplies de neigeDeviner le synclinal de Saoû à l’horizonL’impluvium a été construit pour retenir un peu d’eau de pluie sur le plateau et permettre d’abreuver les troupeaux qui s’y trouvent en été. Il n’y a en effet pas de source sur cette zone.
Je marche encore un moment sur les crêtes. Au loin, j’aperçois deux chevaux qui traversent la prairie, donnant au lieu un air de western, avec les silhouettes des montagnes en arrière-plan. Je rejoins finalement les sentiers sur l’alpage pour trouver un coin à l’abri du vent pour pique-niquer. Je suis entourée de fleurs, sans autre humain à portée de vue. Je prolonge cette pause au soleil (même si peu à peu le ciel se voile en raison d’un vent de sable qui gagne la région). Puis, je repars sur le sentier du karst pour rejoindre le village de Font d’Urle où m’attend mon thermos de café.
Quelques très rares arbustes sont réussi à s’installer sur le plateau, au milieu des chaos karstiques.Les choucas sont nombreux au bord des plaques de neige en train de fondre. (En fait, ces oiseaux sont des chocards à bec jaune, des cousins de choucas des tours que l’on peut voir par exemple à Crest. Mais en montagne, ils sont appelés de la même façon)Retour au village
Font d’Urle – Vercors – Drôme – avril 2024
Bonus : un arrêt au col de la Machine
Sur le trajet du retour de Font d’Urle, j’ai fait un arrêt pour prendre un rafraichissement au col de la Machine, et j’en ai profité pour jeter un œil au cirque de Combe Laval.
Les falaises de Combe Laval au niveau du col de la MachineLe cirque de Combe Laval
Col de la Machine – Saint Jean en Royans – Vercors – Drôme – avril 2024
Cet hiver aura vraiment été étrange. Après nous avoir gratifié de neige sur les hauteurs tôt dans la saison, puis d’un premier redoux fin décembre, d’une deuxième session de neige en janvier, c’est un gros redoux que nous avons en février. Et la neige a fondu un peu partout sur le Vercors. C’est comme cela que je me suis retrouvée à monter pour passer une journée à Autrans en pleine saison hivernale mais sans neige. En effet, Melle 3e et une de ses amies souhaitaient participer à une compétition de course d’orientation à ski, et celle-ci avait été déplacée à Autrans, la seule station du Vercors où il restait encore assez de neige sur les pistes de fond.
Autrans a accueilli les épreuves nordiques lors des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968
Autour du village, marcher dans les nuages
Après avoir accompagné Melle 3e et son amie pour louer les skis et faire les formalités d’accès aux pistes et à la course, je les ai laissées prendre la navette en direction du plateau de Gève pour les pistes de ski de fond. De mon côté, je suis partie vers le cœur du village pour prendre un café d’une part et faire un saut à l’office de tourisme d’autre part. La course et sa localisation n’ayant été confirmées que quelques jours avant, je n’avais pas eu le temps de regarder les possibilités de randonnées autour d’Autrans (et les conditions ne permettaient pas d’emprunter les boucles en raquettes balisées au départ du foyer nordique, sur lesquelles j’avais initialement un peu compté). Après m’avoir posé quelques questions sur mes souhaits en terme de durée et difficulté de la randonnée, la conseillère m’a donné un petit dépliant proposant plusieurs petites randonnées au départ du village et m’en conseillant plus particulièrement deux. Les nuages ayant gagné les environs, j’ai décidé de commencer par une petite boucle autour du village.
Dès la sortie du bourg, en revenant vers le foyer nordique, j’ai été enveloppée par les nuages. En descendant sur le Grand Pré, l’ambiance est devenue quasi mystique, entre les nappes de brouillard et la couleur de l’herbe encore brûlée d’avoir passé du temps sous la neige. De temps en temps, la silhouette d’un arbre se détachait sur l’horizon ou une trouée dans le ciel permettait d’apercevoir la forêt recouvrant les flancs de la montagne. Sur un peu plus de 4 kilomètres, quasi à plat, j’ai marché dans un univers hors du temps, hors du monde.
Au départ du foyer nordiqueEn arrivant sur le grand pré, l’ambiance se fait mystérieuse avec les nuages qui frôlent le pied de la montagneUne impression de solitude et d’immensité, où tous les bruits sont feutrés
En haut des tremplins, profiter de la vue
En revenant au village, il était encore tôt et le soleil semblait décidé à percer la couche nuageuse. Alors, après avoir récupéré mon pique-nique pour le glisser dans mon sac à dos, j’ai décidé de partir pour une deuxième boucle, un peu plus ambitieuse. J’ai donc pris la direction d’une petite montagne qui surplombe le village et sur le côté de laquelle sont installés les tremplins de saut à ski. Autrans a en effet une longue histoire avec le saut à ski, avec une première compétition qui a eu lieu en 1911. Depuis, le site a accueilli les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968 et on y retrouve plusieurs tremplins dont certains sont toujours utilisés.
Au départ, le site des tremplins, que l’on devine sur la gauche, est encore complètement dans les nuages.
Toujours en suivant le petit topo récupéré à l’office de tourisme, je traverse le village pour rejoindre le pied de la montagne du Bois de Claret. Je commence par la contourner en passant à côté de la statue de Notre Dame des Neiges. Les nuages sont toujours présents mais alors que je monte dans la forêt, progressivement, le soleil semble se faire de plus en plus présent. Je termine mon ascension en direction du belvédère des tremplins, et j’ai la bonne surprise de déboucher de la forêt avec un magnifique panorama. Je monte au sommet du tremplin de 70 mètres, abandonné. Je viens de trouver l’endroit parfait pour pique-niquer. Le soleil réchauffe le promontoire et la vue s’étend au dessus du village et sur les environs.
En passant à côté de Notre Dame des NeigesVue sur le hameau du BouchetVue sur le hameau du TrucVue sur le village d’Autrans et les environsDepuis le haut du tremplin de saut à ski de 70 mètres, vestige des Jeux Olympiques de 1968 à Grenoble
Après ma pause déjeuner, je repars pour terminer la boucle. Je m’enfonce dans le bois de Claret. La forêt a des allures de forêt magique tandis que le soleil perce par moments les frondaisons des grands épicéas. J’entends quelques rapaces s’exprimer au dessus des arbres. Bien que je croise quelques autres randonneurs, les lieux sont calmes et propices à la méditation. Je me fais la réflexion qu’en plein été, cette partie du chemin, bien ombragée, doit être particulièrement agréable et relativement fraîche. La lumière joue avec les feuillages, et les branches encore nues des myrtilliers semblent par moment recouvertes de cristal.
Le chemin progresse au cœur de la forêt de grands épicéasLe soleil joue avec les frondaisons des arbres et vient faire étinceler la végétation
Il est temps de redescendre de la montagne en direction de la vallée du Méaudret. Le chemin emprunte la ligne de pente quasiment en ligne droite et tout le dénivelé se fait en quelques centaines de mètres. J’arrive au niveau de la Ferme Julien. Les ruisseaux se rejoignent au bord de la Via Vercors en un doux glougloutement. Le retour au village par la voie verte est selon moi la partie la moins agréable de la boucle. Comme nous sommes en fond de vallée, nous ne sommes pas loin de la route et le trajet est assez monotone. De retour sur la place centrale d’Autrans, j’ai parcouru quasiment 6 kilomètres pour finir cette boucle.
La Ferme Julien et le fond de la vallée du Méaudret
Je retourne à la voiture pour changer mes chaussures de randonnée contre des chaussures plus légères, avant de revenir dans un salon de thé, prendre un goûter bien mérité. Après une bonne tarte aux myrtilles, je continue mon exploration du cœur du village, puis je reviens m’installer sur un banc à côté du centre nordique, profitant du soleil tant qu’il est présent. Mais les nuages reviennent envahir la vallée, poussés par un fort vent. Je me mets au chaud à l’intérieur du centre nordique pour attendre le retour des skieuses. Elles feront quasiment la fermeture des pistes, rentrant avec une des dernières navettes du plateau de Gève. Après avoir rendu le matériel, nous prenons la route du retour vers Valence, toutes les 3 un peu fatiguées de notre journée sportive mais heureuses d’avoir pu en profiter !
Autrans – Vercors – Isère – février 2024
(*) Quand vous arrivez dans un endroit que vous ne connaissez pas, même si c’est pour peu de temps, n’hésitez pas à passer à l’office de tourisme. Vous pourrez y bénéficier de conseils personnalisés sur les activités et d’informations pertinentes. Par exemple, le fait que la conseillère m’indique que les commerces du village sont fermés entre 12.30 et 15.00 m’a aidé à organiser ma journée et à décider quand partir pour ma 2e randonnée.Et si vous arrivez sans carte ni topo, vous trouverez tout ce dont vous avez besoin à l’office de tourisme.
Du Moyen-Âge, il reste dans la Drôme de nombreuses traces, en particulier tout le long de la vallée du Rhône. Parmi celles-ci, on retrouve des vestiges de fortifications, qu’il s’agisse de vieux villages entourés de remparts parfois encore visibles ou de châteaux forts perchés sur les collines et surveillant les passages. La plupart de ces anciens châteaux forts sont maintenant des ruines, plus ou moins vastes et plus ou moins visibles. Par contre, ces vestiges sont des buts de balades ou randonnées très agréable où, une fois au pied de l’ancien château, on domine le paysage pour des vues panoramiques.
La Tour de Barcelonne, perchée sur les piémonts du Vercors
Une fin d’après-midi au château des Cornillans
Le château des Cornillans, si vous me suivez un peu dans mes balades, vous devez commencer à le connaître. Parmi les châteaux en ruines des environs de Valence, c’est un des plus proches de la maison. Comme il est aussi très facile d’accès, c’est devenu un lieu où je me rends très souvent quelle que soit la saison, y compris de façon un peu improvisée. C’était d’ailleurs le cas pour cette sortie. Imaginez un samedi où il fait très froid, avec en plus du mistral. Après une grosse semaine de travail, je manquais complètement de motivation pour sortir. J’avais donc décidé de passer la journée tranquillement à la maison, ne sortant que pour emmener Melle 3e à l’équitation en fin d’après-midi. Mais, en allant la déposer, j’ai aperçu le givre qui surmontait la Raye sous un beau ciel bleu. Le paysage était si beau, qu’il a suffi à me motiver pour aller vite fait mettre une tenue plus adaptée à la rando et attraper mes chaussures à la maison avant de filer sur les chemins de La Baume Cornillane.
Le blanc sur le haut de la montagne de la Raye, c’est bien du givre et pas de la neige…
En arrivant sur place, il me restait environ une heure avant le coucher du soleil. J’ai laissé la voiture au pied de la crête sur laquelle est construit le château et je suis partie sur ces chemins maintes fois parcourus. J’ai admiré la Raye dans son manteau de givre. J’ai fait un crochet par les roches de la Pangée qui m’impressionnent toujours. Puis, j’ai flâné dans les ruines du château.
J’ai beau voir cette montagne quotidiennement, je ne me lasse pas de l’admirer…Les ruines de l’ancien donjon continuent à dominer les environsVers les roches de la Pangée, un nouveau panneau explicatif donne des informations sur cet ancien super-continent
Doucement, le soleil a commencé à descendre sur l’horizon. La lumière s’est faite plus douce, avant de venir couvrir les paysages d’une teinte dorée. Malgré le froid mordant, je n’avais pas envie de rentrer. J’ai cherché un endroit un peu abrité du vent pour continuer à regarder le soleil venir se cacher derrière les monts d’Ardèche. C’était tellement calme et beau que le temps semblait s’étirer. Puis, la nuit a commencé à tomber, indiquant qu’il était temps pour moi de rentrer me mettre au chaud après cette balade vivifiante.
Lumière de fin de journée depuis les hauteurs de La Baume CornillaneSur le bord des chemins, les herbes séchées…Marcher dans les ruines du château des CornillansFace au soleil déclinant, dans les ruines du châteauL’heure dorée sur les murs du châteauRegarder le soleil se coucher…
La Baume Cornillane – Drôme – janvier 2024
(*) L’accès au château des Cornillans peut se faire depuis le village de La Baume Cornillane par des chemins balisés, au départ de la mairie. Il existe d’autres chemins d’accès tout au long de la crête. L’accès au château et aux roches de la Pangée est libre.
Un jour de vent à la Tour de Barcelonne
La Tour de Barcelonne n’est pas beaucoup plus loin que le château des Cornillans depuis chez moi. Et si l’accès est un peu moins immédiat, il reste quand même facile. J’ai pris l’habitude d’y monter depuis Combovin car le chemin est moins abrupt que depuis Barcelonne. Il offre également de plus jolis points de vue au fil de la montée. Après avoir laissé la voiture sur le parking du cimetière à Combovin et traversé la Véore, il suffit de suivre la petite route en légère montée puis d’emprunter le sentier qui monte sur la droite en direction des Terres Blanches.
En traversant la VéoreComme des ombres chinoises…
Des Terres Blanches, on peut déjà apercevoir la Tour de Barcelonne sur une colline voisine. La direction à suivre devient alors évidente, sur un sentier très visible. Là, le sol peut parfois être glissant entre les flaques boueuses des jours d’après la pluie et les cailloux. Régulièrement, entre les frondaisons des arbres, la silhouette de la tour se devine.
La silhouette de la Tour de Barcelonne se devine entre les branches des conifèresSur les sentiers…
Soudain, au détour du chemin, me voilà au pied de la tour, ancien donjon médiéval. Je monte jusqu’à la plateforme qui constituait la cour du château au Moyen-Âge. Le vent souffle fort et froid cet après-midi là. Malgré le soleil, cela n’incite guère les nombreux promeneurs à s’attarder à cet endroit découvert. Je prends toutefois le temps d’admirer le paysage. La vue est littéralement à 360° et couvre à la fois la plaine de Valence et les premières falaises du Vercors occidental. Je m’amuse, comme chaque fois, à retrouver des lieux connus comme les villages de Montvendre et de Chabeuil, ou encore la Raye. Mais le vent finit par avoir raison de ma contemplation, et je rebrousse chemin pour rentrer à la maison.
Au pied de la tour de BarcelonneVue sur la Raye et les piémonts du VercorsL’ancien donjon médiéval a été restauré. Il n’est cependant pas accessible.Les ruines de l’ancien château du Moyen Âge au pied du VercorsJeter un dernier coup d’oeil à la tour de Barcelonne en repassant aux Terres Blanches
Combovin & Barcelonne – Drôme – janvier 2024
(*) L’accès à la Tour de Barcelonne peut se faire depuis Combovin, comme évoqué ci-dessus. Il est aussi possible d’y accéder depuis le village de Barcelonne. Les chemins sont bien visibles et globalement balisés jusqu’à la tour. L’accès à la tour de Barcelonne est libre. Il faut compter environ 30 minutes depuis le cimetière de Combovin pour accéder à la Tour. Il est possible de compléter la balade en allant jusqu’à la chapelle Sainte Marguerite depuis les Terres Blanches.
Si vous voulez découvrir d’autres points de vue depuis des ruines de châteaux forts aux environs de Valence, vous pouvez aussi aller voir :