Cette quatorzième semaine du projet 52 nous incite à ne pas bouger avec ce thème immobile. Samedi dernier, en revoyant le thème pour aujourd’hui, je me suis posé pas mal de questions sur comment l’illustrer. Finalement, c’est presque par hasard que j’ai trouvé mon sujet.
En effet, lundi dernier, profitant du jour férié, après avoir récupéré Mr 2e à la gare, nous sommes allés faire un tour en fin d’après-midi dans le Vercors. Nous souhaitions aller vers le col de la Bataille mais la route était encore fermée. Alors, nous avons opté pour un autre col, moins grandiose mais qui nous permettait une jolie balade en forêt (bien entendu, je vous en reparlerai !). C’est au cours de cette promenade que nous avons croisé une ancienne plantation d’arbres. Les panneaux qui la marquent sont restés là depuis de nombreuses années, immobiles, tandis qu’ils se faisaient peu à peu absorber par les arbres sur lesquels ils étaient posés.
Pour découvrir ce qui est immobile chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
NB : je serai très occupée ce samedi. Aussi, je ne sais pas si j’aurais le temps de venir valider les commentaires qui passeraient en modération. Si vous ne voyez pas votre commentaire apparaître, ne vous inquiétez pas, ce n’est qu’une question de temps avant que je puisse venir le valider.
Le printemps a fait son apparition depuis quelques semaines maintenant. Je vous ai déjà emmenés avec moi cette saison pour découvrir les vergers en fleurs et quelques primevères. J’ai depuis continué mes petites balades, profitant d’éclaircies entre les averses, nombreuses ces derniers temps. Je suis restée sur Valence pour vous proposer deux idées de promenades dans des lieux que j’affectionne et où je retourne régulièrement au printemps.
Le soleil du matin à travers les cerisiers d’ornement du Parc Jouvet
Au Parc Jouvet, pour admirer les magnolias
Je vais souvent au Parc Jouvet, quelle que soit la saison. Il faut bien avouer que ce grand parc urbain, est plein de charme. Situé juste en dessous l’esplanade du Champ de Mars, à deux pas du centre-ville, il offre un cadre enchanteur pour flâner, prendre son temps, profiter d’un moment de détente. Pour ma part, c’est au printemps que je le préfère. Il y a encore assez peu de monde et les nombreux parterres commencent à être en fleurs. J’ai profité du jour où j’avais rendez-vous au Musée de Valence pour arriver tôt et me balader dans le parc. Vers 8.15, un samedi, j’ai surtout croisé quelques joggeurs et des personnes traversant le parc pour se rendre au marché.
Les fontaines du Parc Jouvet
En venant, j’avais une idée bien précise en tête : admirer la floraison des magnolias avant qu’il ne soit trop tard. En effet, après plusieurs jours de pluie et de vent, les pétales avaient déjà commencé à tomber et jonchaient les pelouses sous les arbres. Malgré tout, il restait assez de fleurs sur les branches pour que je puisse faire quelques photos.
Sous les magnolias, le long du canal de l’EpervièreCette fleur était posée sur banc. Je n’ai pas su dire si elle y était tombée ou si quelqu’un l’avait cueillie et posée là.Sous le ciel bleu…
Résumer le printemps aux magnolias serait cependant très réducteur. J’ai donc aussi flâné le long des canaux et des allées, m’émerveillant devant les jacinthes odorantes et les jonquilles à foison. J’ai pris mon temps sous les cerisiers d’ornement. J’ai regardé les canards se prélasser au soleil matinal. J’ai fait un grand tour dans le parc et c’était une sensation magique d’avoir ce lieu pour moi toute seule (ou presque).
Je ne me souvenais pas avoir déjà vu des jacinthes en fleur au Parc Jouvet. C’était une jolie suprise.Des canards, des jonquilles, un reflet : une certaine idée du calme !Chaque printemps, ces arbres à la floraison dense sont si beaux à regarder.
Si vous voulez voir d’autres images du Parc Jouvet au printemps, j’y étais :
Sur les bords du Rhône, pour chercher les orchidées
Chaque année, je prends un vrai plaisir à partir chercher les orchidées sauvages (ou à les croiser par hasard au bord des chemins). Celles qui ouvrent la saison sont les orchis géants, que l’on peut repérer de loin sur les talus ou dans les prés. Ils constituent d’ailleurs pour moi un très bon indicateur : quand je commence à en apercevoir sur les bords des routes alors que je circule en voiture, c’est qu’il est temps d’aller faire un tour sur les bords du Rhône.
Les pâquerettes envahissent les pelouses.Le jaune des euphorbes contraste avec le bleu du ciel.
En effet, depuis 2020, année où j’ai entendu parler de cet endroit comme d’un beau spot à orchidées sauvages, je vais à Bourg-lès-Valence, du côté de l’usine hydro-électrique. Là, sur les talus qui bordent le fleuve, on peut trouver de nombreuses fleurs sauvages : des muscaris, des euphorbes, des pâquerettes, et bien sûr des orchidées. A cet endroit, on en trouve deux variétés : des orchis géants et des ophrys (de mars ? araignée ? chaque année je me pose à nouveau la question, chaque année je n’arrive pas à y apporter une réponse définitive, même si je penche pour des ophrys de mars). Avec le soleil, c’est toujours un plaisir en tous cas de les photographier. Et cette année, jolie surprise, j’ai croisé un orchis géant hypochrome (à la pigmentation défaillante et qui donc se décline en nuances de blanc et de vert).
Ophrys (de mars ? araignée ?)Ophrys (de mars ? araignée ?)Ophrys (de mars ? araignée ?)Au bord de l’eau – Ophrys (de mars ? araignée ?)Au bord de l’eau – Ophrys (de mars ? araignée ?)Au bord de l’eau – Ophrys (de mars ? araignée ?)Orchis géant hypochrome
Si vous souhaitez voir d’autres images des orchidées des bords du Rhône, j’y suis aussi allée :
en 2020, quand je découvrais le site, juste avant le confinement, et que j’avais déjà croisé un orchis hypochrome
en 2021, alors que j’avais une entorse de la cheville
Lors de la journée que j’ai passée à la découverte des coulisses du Musée de Valence, j’ai eu la chance de déjeuner dans le jardin privé du musée. Ce jardin, s’il est visible depuis les salles du musée, n’est généralement pas accessible. Il est en effet uniquement ouvert lors de journées spéciales (mais j’ai entendu dire que l’équipe du musée cherche comment une ouverture plus large pourrait être organisée). A chaque fois que j’ai eu l’occasion de me balader dans ce jardin, je me suis dit que c’était un endroit vraiment singulier. Au printemps en particulier, il permet de profiter du soleil et de la vue sur le Champ de Mars de façon fort agréable, entre la fontaine et les œuvres d’art. Lors de ce dernier passage, j’ai aussi constaté que des orchidées sauvages y avaient élu domicile.
Orchis géant au pied de la fontaineOphrys devant la façade sur jardin du musée de Valence
Si vous voulez profiter du jardin du musée de Valence, je vous invite à vous renseigner (via leur site internet) sur les journées spéciales que propose le musée et où l’accès au jardin est possible. Il est généralement ouvert lors des Rendez-vous aux Jardins, début juin.
Cette semaine, le thème du projet 52 nous invite à regarder ce qui a déjà vécu, ce qui est ancien. Il peut s’agir d’une personne, d’un lieu, ou d’un objet. Après ma visite dans les coulisses du Musée de Valence, le sujet était tout trouvé pour moi. Je suis en effet revenue de cette journée avec de très nombreuses photos d’objets plus ou moins anciens, plus ou moins complets, plus ou moins cassés, plus ou moins abimés.
C’est justement un objet abime que j’ai choisi pour illustrer ce thème. Pour l’atelier autour de la restauration de tableaux, le musée avait sorti deux tableaux des réserves nécessitant une restauration afin de nous servir d’exemples pour faire un diagnostic. L’un de ces tableaux, un portrait d’évêque, montrait particulièrement des signes de son âge déjà ancien.
Pour découvrir de quelle façon les autres participants ont choisi d’illustrer le thème Ancien, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
Ce printemps, j’ai eu la chance d’être invitée à un instameet exceptionnel à la découverte des coulisses du Musée de Valence. Si vous me suivez, vous avez sans doute déjà noté que j’aime découvrir des expositions ou des musées, et que j’apprécie tout particulièrement celui de Valence. Je m’y rends régulièrement, que ce soit pour parcourir les collections permanentes ou découvrir les expositions temporaires. Je n’ai ainsi pas manqué d’aller voir l’exposition en cours, Histoire(s) de Collections. Cette fois, c’est un programme surprenant et original qui m’attendait.
Direction le Musée de Valence !
Entrer dans les réserves
Le rendez-vous était donné un samedi matin à proximité du musée. Nous nous rejoignons sous le soleil avec quelques autres instagrameurs ainsi que les organisateurs de cette rencontre, à savoir le musée de Valence, l’office de tourisme de Valence Romans et l’agence d’attractivité de la Drôme. Je retrouve avec plaisir Maxime du Caillou aux Hiboux, Aurélie, Baptiste, Virginie et Christophe (car il se trouve que j’ai déjà participé à des instameets avec chacun d’entre eux) . Nous sommes prêts à nous rendre dans un lieu gardé secret : les réserves du musée de Valence.
Là, nous sommes accueillis par Béatrice, la régisseuse des collections. Autour d’un café, elle nous explique en quoi consiste son rôle, comment elle accompagne les œuvres qui se déplacent afin de garantir les bonnes conditions de leur voyage et de leur conservation une fois sur place. Nous apprenons que s’il y a environ 2 000 œuvres exposées dans le musée, les collections en comportent en fait 20 000. Il faut dire qu’une fois qu’une œuvre est entrée dans les collections d’un musée classé « musée de France », elle ne peut plus en sortir (sauf à faire l’objet d’une fastidieuse procédure de déclassement). Les collections sont en effet inaliénables et inaltérables. Elle nous raconte les mésaventures arrivées à certaines des œuvres, les dégâts de l’incendie de 1969, la façon dont étaient stockées les collections avant la fermeture du musée en 2006 pour son réaménagement.
Les caisses de transport sont conservées en attente de servir pour un autre trajet. La boîte verte est celle du tableau de Nymphéas de Monet, prêté par le musée d’art moderne de Saint Etienne pour l’exposition L’Univers sans l’Homme et qui reste encore quelques mois en prêt à Valence.
Il est maintenant temps de pénétrer dans les différentes réserves. En effet, les œuvres sont conservées dans des pièces séparées selon leur nature : organique, inorganique, métallique, dessins et peintures. A chaque nouvelle réserve, j’ai l’impression d’entrer dans la caverne d’Ali Baba. Les œuvres sont bien rangées, toutes numérotées. Elles remplissent étagères et armoires. Béatrice nous ouvre les tiroirs. Nous nous amusons avec les reflets des grands miroirs, vestiges de l’ancienne version du musée où les pièces étaient meublées. Les vestiges archéologiques emplissent des boîtes dans des compactus à l’allure futuriste. Le musée de Valence est le dépôt de toutes les découvertes archéologiques du Nord Drôme. On repère des lieux connus sur les étiquettes, suite à des fouilles ayant eu lieu à l’occasion de travaux comme ceux de la LGV.
Les collections du musée de Valence comportent un certain nombre d’œuvres issues de l’époque où il était une vitrine pour des savoir-faire et un lieu de découverte pluriel. Compte tenu du caractère inaliénable des collections, le musée est obligé de continuer à les conserver.EnchevêtrementsLe musée, façon garde-meubleArtefacts archéologiques en boîtes et compactus
Le clou du spectacle est bien entendu la réserve des peintures et dessins. Là, plusieurs dizaines d’œuvres d’Hubert Robert sont rangées et Béatrice en sort quelques-unes au hasard pour notre plus grand plaisir. Il faut dire que la collection Hubert Robert est une des fiertés du musée de Valence : c’est en effet la 3e plus importante au monde après celle des musées du Louvre à Paris et de l’Ermitage à Saint Pétersbourg. Puis, Béatrice tire un des immenses tiroirs-grille qui occupent les côtés de la pièce. Des tableaux de toutes tailles sont accrochés de chaque côté. Chaque rack dévoile des trésors picturaux. Toutes les époques sont représentées. Les donations de Vanber (qui avait aussi fait une donation à la ville de Crest où il avait son atelier) et Varbanesco occupent des pans entiers. Je suis comme un gourmand dans un magasin de confiserie, complètement émerveillée.
Sur cette grille, on retrouve des tableaux abîmés lors de l’incendie de 1969.Avec les expositions en cours, certaines grilles on été vidées de leurs tableaux. Certains formats ne tiennent que couchés sur les grilles, tandis que d’autres, monumentaux, sont stockées châssis démonté et toile en rouleau.Ces deux tableaux ont été récupérés à la fermeture du musée de Montélimar et nécessiteraient une restauration.Extrait de la donation Vanber
Déjeuner au soleil
Après cette plongée dans les salles aveugles des réserves, nous revenons à la lumière du jour pour profiter du soleil dans le jardin. Alors que le musée est fermé au public pour la pause méridienne, nous nous installons sur la terrasse de l’orangerie pour déjeuner. Nous flânons dans les allées de ce jardin suspendu, qui était celui du palais épiscopal. Quelques orchidées sauvages ont fleuri dans l’herbe. Chloris est sublimée par son écrin de verdure. Les échanges continuent au fil du repas. Nous nous régalons des anecdotes sur le musée : comment les dolia ont été déposées par une grue dans leur salle d’exposition avant l’installation de la toiture, comment les grandes mosaïques sont passées par la fenêtre avant la pose de la baie vitrée, etc.
Chloris de faceA travers Arcadie, montage de Pat BruderChloris de dosOphrys (il s’agit à mon avis d’un ophrys de mars, plus précoce que l’ophrys araignée, même s’il lui ressemble beaucoup)
Restaurer les tableaux
La journée se poursuit avec Marie-Anne, une restauratrice de tableaux. Elle nous explique comment elle procède pour d’abord analyser les travaux nécessaires. Les tableaux peuvent ainsi avoir besoin d’être simplement nettoyés et dans ce cas, les produits utilisés varient selon la nature de ce qui les a ternis : un vernis qui a jauni, de la suie, des vapeurs grasses ou de la nicotine par exemple. Mais parfois, il faut aller plus loin : réparer un trou dans la toile, rentoiler complètement la toile, fixer des écailles qui se détachent ou combler des lacunes. Nous nous essayons au diagnostic en utilisant la lampe UV afin d’identifier des repeints sur des tableaux abîmés que le musée a mis à notre disposition. Puis, nous nous amusons à nettoyer des petites toiles factices. Voir les couleurs éclater de nouveau après avoir passé le coton imbibé de produit nettoyant est très satisfaisant.
Ce tableau a pris un coup et la toile est rompue, fragilisant la couche picturale
Chercher les repeints avec la lampe UV
Avant/après – nettoyage d’un tableau
Nous prenons ensuite la direction des salles d’exposition du musée pour aller admirer quelques œuvres restaurées récemment ou au contraire dont le vernis a terni. Nous nous arrêtons longuement sur un tableau de Rubens qui a été restauré il y a peu, ainsi que sur un grand tableau d’Hubert Robert. Avec la lampe UV, nous découvrons les repeints et la précision du travail des restaurateurs. C’est extrêmement instructif, et cela apporte un regard précieux sur la nécessité de la conservation préventive des œuvres.
La journée se termine. C’est avec l’impression d’avoir vécu un rêve éveillé que je repars. Entrer dans les réserves d’un musée est magique quand, comme moi, on aime le patrimoine. Se rendre compte du volume et de la diversité des collections du musée de Valence était vraiment une expérience extraordinaire, et je remercie sincèrement le musée de Valence, Valence Romans Tourisme et l’agence d’attractivité de la Drôme de m’avoir permis de la vivre.
(*) Les réserves du musée ne sont pas ouvertes au public. J’ai pu y pénétrer grâce à une invitation du musée de Valence (collaboration commerciale non rémunérée). Toutefois, je ne peux que vous encourager à aller découvrir les quelques 2000 œuvres de l’exposition permanente, ainsi que les expositions temporaires, toujours de grande qualité, du musée de Valence.
Cette semaine, le projet 52 nous invite à nous rendre au sommet. Parmi mes idées en vrac, il y avait le sommet de l’échelle (métaphoriquement ou pas), le sommet des arbres, le sommet d’une tour ou d’une colline, ou encore une rencontre au sommet. J’ai d’abord envisagé de ressortir une photo des sommets du tourisme en Auvergne Rhône-Alpes auxquels j’ai assisté en novembre dernier. Mais finalement, je vais vous emmener en montagne (en même temps, cela ne vous surprendra peut-être pas !).
L’automne dernier, je suis allée dans la vallée de l’Arve et nous avons eu l’occasion d’aller marcher dans le massif du Mont Blanc. Et forcément, quand on croise un petit sommet, on ne peut pas s’empêcher de faire une petite pause pour admirer les environs, et faire quelques photos. Voici donc Melle 3e en pleine contemplation de la vallée de Chamonix.
Massif du Mont Blanc – octobre 2023
Et en photo bonus, me voici au même endroit à peu près au même moment, en train de prendre « quelques » photos.
Crédit photo : Melle 3e
Pour découvrir ce qu’il se trame au sommet chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
Depuis quelques semaines, les épisodes pluvieux se succèdent autour de chez moi. Ils ont comme point commun d’être plutôt brefs, mais violents. Ils apportent beaucoup de pluie et de neige même à basse altitude. Mais ils nous permettent aussi d’avoir de jolies lumières, souvent photogéniques. Si je vous ai déjà montré un des nombreux arcs-en-ciel que j’avais pu observer au cours d’une balade en février, j’ai aussi pris des photos des rayons du soleil jouant avec les mousses d’un muret. L’ambiance qui en résultait était… magique ! Parfait donc pour illustrer le thème de cette semaine du projet 52.
Mousses dans un rayon de soleil Eurre – Drôme – février 2024
Pour découvrir où se cache la magie chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : je ne vais pas être beaucoup disponible ce week-end encore. Aussi, si votre commentaire n’apparait pas, c’est qu’il est parti en modération. Je viendrai le valider le plus rapidement possible. Mais cela pourrait prendre jusqu’à la fin du week-end !
J’étais déjà allée à Aix-en-Provence il y a 5 ans. Si j’avais globalement apprécié la ville, cela n’avait pas non plus été un coup de cœur absolu, et Aix ne faisait pas partie de ces villes où j’ai particulièrement envie de retourner. Mais alors pourquoi y avoir passé une journée, me direz vous. Tout simplement parce que l’Hôtel de Caumont présentait une exposition que Melle 3e souhaitait voir, et que tant qu’à faire le trajet, autant en profiter pour se balader en ville, et donner une seconde chance à Aix-en-Provence d’intégrer le club des villes où je veux revenir.
Place des Quatre Dauphins – quartier Mazarin
Flâner dans la vieille ville
Nous sommes arrivées à Aix-en-Provence en milieu de matinée un samedi. J’aurais préféré venir en semaine mais je ne pouvais pas prendre de congés et la date de fin de l’exposition approchait. Nous devions donc y aller durant un week-end. J’avais fait le choix du samedi par rapport au dimanche pour pouvoir profiter en ville des boutiques ouvertes, ce qui est toujours plus agréable. Ce que je n’avais pas anticipé, c’est que c’est aussi le jour du marché. Et le marché d’Aix du samedi matin, à la fois alimentaire et non alimentaire, est très vaste, s’étendant sur le Cours Mirabeau et de nombreuses places de la ville. Il attire aussi logiquement beaucoup de monde, rendant l’accès au stationnement un peu laborieux (et j’avais pourtant opté pour un très vaste parking souterrain mais il m’a fallu faire preuve de beaucoup de patience pour y accéder, puis descendre assez bas pour trouver une place !).
Place des Prêcheurs
Nous avons ensuite fait tous nos déplacements à pied, parcourant la vieille ville dans tous les sens. Nous avons commencé par les quartiers les plus anciens, au plan un peu anarchique. Les petites rues sont bordées des belles façades des anciens hôtels particuliers. Certains ont été transformés en boutiques. Nous en profitons pour entrer dans les cours, et jeter un œil aux escaliers majestueux.
Les jolies façades aux tonalités chaudesQuand le soleil joue avec les fenêtres dans l’escalier de l’hôtel Boyer d’Eguilles (qui abrite la boutique Aroma-Zone)
Parmi les curiosités dans le centre ville d’Aix-en-Provence, il y a les fontaines. Construites entre les XVe et XIXe siècles pour approvisionner les habitants de la ville en eau, elles sont aujourd’hui des éléments décoratifs, sources de fraîcheur en été. Lors de notre visite, toutes les fontaines n’étaient pas en activité. Nous avons toutefois pu profiter de certaines d’entre elles, au hasard des places et des rues. Nous n’avons bien sûr pas manqué de jeter un œil à la fontaine moussue du Cours Mirabeau. Cette dernière se trouve en effet maintenant complètement engloutie par une énorme concrétion de tuf qui s’est déposée depuis sa construction en 1667 et sur laquelle la végétation s’est développé. Elle a la particularité d’être alimentée par une source chaude et sourd autour de 20° C toute l’année.
Place des Trois Ormeaux
Fontaine des Neuf Canons – Cours Mirabeau
Découvrir une libraire atypique
Alors que nous envisagions de passer cette journée à Aix-en-Provence, le hasard des réseaux sociaux m’a fait tomber sur une publication Instagram de la librairie Mon Chat Pitre. Le concept de la « ronron » librairie est celui d’une librairie aux allures cosy dans laquelle plusieurs chats évoluent en liberté. Tous ont été adoptés via une association. Forcément, nous avons eu envie d’aller découvrir ce qu’il en était. La façade est modeste mais ne laisse pas de doute sur le lieu. En vitrine, outre quelques ouvrages mis en valeur, on ne peut pas manquer le grand fauteuil, couvert de poils, et sur lequel un félin fait sa sieste. L’établissement, tout en longueur, se divise en plusieurs petites salles. Certaines ont un éclairage zénithal et toutes de jolis luminaires. Sur les tables et le long des murs, on trouve une belle sélection de livres. Après avoir trainé dans les rayons, difficilement fait un choix et croisé quelques chats libraires, nous passons à la caisse où les chats caissiers nous attendent. Nous ne regrettons pas du tout d’avoir entendu parler de cette librairie atypique où nous avons passé un bon moment.
Dès la vitrine, le ton est donné !
Une librairie qui donne envie de chercher son bonheur livresque
A la caisse, un assistant pas toujours très efficace
Comme je l’ai dit plus haut, si nous sommes venues à Aix-en-Provence, c’est avant tout pour voir une exposition, présentée à l’Hôtel de Caumont. Melle 3e avait en effet repéré dès le début de l’automne la monographie consacrée à Alphonse Mucha et m’avait convaincue d’y aller. Il y a cinq ans, nous avions vu une exposition d’œuvres de Chagall dans le même centre d’art, situé dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle au cœur du quartier Mazarin. Après avoir jeté un œil aux deux salles patrimoniales rappelant la vie passée de l’Hôtel de Caumont, nous entrons dans le vif du sujet.
L’escalier d’honneur de l’Hôtel de Caumont a été pavoisé aux couleurs de l’exposition en cours
Si vous ne connaissez pas le nom de Mucha, vous avez sans doute déjà vu ses illustrations (ou des illustrations inspirées de son style). Né en République Tchèque (à l’époque où c’était une province de l’Empire Austro-Hongrois), Mucha arrive à Paris en 1887. Il rencontre d’autres artistes dont Paul Sérusier avec qui il se lie d’amitié. Ses qualités graphiques le font vite remarquer et il travaille avec la maison d’édition Armand Colin ou l’imprimeur Lemercier. C’est par ce dernier qu’il entrera en contact avec l’actrice Sarah Bernhardt en 1894, qui souhaite une nouvelle affiche pour Gismonda, la pièce qu’elle joue et qui est en perte de vitesse. Mucha est le seul illustrateur disponible. Sa proposition casse les codes en vigueur et pose les bases de son style. La pièce est un succès et Mucha devient l’illustrateur attitré des affiches des pièces de Sarah Bernhardt. Il affirme son style qu’il déploie sur les affiches de spectacle, mais aussi les publicités (et on peut au passage se rendre compte que l’image d’une femme un peu dénudée est déjà à la fin du XIXe siècle une méthode de marketing pour vendre tout et n’importe quoi : vins, bières, biscuits, vélos…).
La primevère (lithographie – 1899)
Convaincu que le beau doit être à la portée de tous, Mucha fait aussi éditer des illustrations allégoriques, où l’on sent sa proximité avec le mouvement symboliste. Il propose ainsi des séries autour des fleurs, des saisons, des arts, des moments de la journée. A chaque fois, on y retrouve son style si particulier et que l’on associe maintenant immédiatement à l’Art Nouveau. L’exposition parcourt ainsi la vaste production lithographique de Mucha. La dernière salle, toutefois, est dédiée à l’œuvre plus tardive de Mucha, une œuvre plus « slave », directement inspirée de son pays natal où il retourne en 1910 après quelques années aux Etats-Unis. Il peint alors en particulier une vaste série de vingt toiles monumentales, L’épopée slave, qui retrace l’histoire des slaves depuis le IIIe siècle. Si L’épopée slave n’est pas présentée lors de l’exposition (elle est cependant largement évoquée à travers une salle immersive qui plonge le spectateur au cœur de l’œuvre porté par la musique de Dvořák), d’autres toiles d’inspiration nationaliste et symboliste sont présentes. Si l’on y retrouve certains traits du « style Mucha », elles sont cependant bien différentes de son travail de dessinateur. De plus, elles apportent un éclairage sur le décalage entre l’artiste tel qu’il a été connu et l’artiste tel qu’il aurait souhaité être connu.
La rose (détail)- série Les Fleurs lithographie – 1898
L’iris (détail) – série Les Fleurs lithographie – 1898
L’été (détail) – série Les Saisons lithographie – 1896
La Madone aux lys (détail) huile sur toile – 1905
L’exposition permet aussi de découvrir les méthodes de travail de Mucha et en particulier, les photos de préparation de ses illustrations et tableaux. Il avait en effet pour habitude de faire poser des modèles, se mettant parfois lui-même en scène tout comme sa famille et ses amis.
(*) L’exposition « Mucha, maître de l’Art Nouveau » se tient jusqu’au 24 mars 2024 au centre d’art de l’Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence. Vous pourrez retrouver tous les détails pratiques sur le site internet de l’Hôtel de Caumont. L’exposition suivante sera consacrée à Bonnard. Je vous conseille vivement de réserver vos billets à l’avance sur internet : cela vous évitera une première queue à l’entrée du centre d’art. Par contre, en cas de forte affluence, il est possible que vous deviez quand même attendre un peu avant d’entrer dans l’exposition ensuite. En effet, les espaces sont relativement restreints et ont une jauge limitée. Par ailleurs, pour un meilleur confort de visite, je vous recommande de cibler des jours/horaires à moindre fréquentation pour les expositions à l’Hôtel de Caumont. Nous y étions un samedi de vacances scolaires, et si en arrivant pendant l’heure du déjeuner, nous avons pu éviter les files d’attente, il y avait énormément de monde dans les salles. Nous avons parfois du attendre avant de pouvoir visualiser correctement une œuvre par exemple.
Après la visite de l’exposition (ce qui nous a quand même pris pas loin de 2 heures), même s’il n’était pas très tard encore, nous étions fatiguées d’avoir piétiné dans la foule, et avons renoncé à aller faire un tour au musée Granet que nous avions pourtant repéré. Nous avons opté pour un goûter et quelques achats gourmands avant de reprendre la route du retour.
Façade sur le Cours Mirabeau
Adresses gourmandes
Nous avons profité de la météo plutôt clémente pour déjeuner en terrasse. Elles sont nombreuses dans la vieille ville, situées sur des places ou le long de rues piétonnes. C’est le hasard qui nous a conduit dans un bar à salades et sandwiches très sympa, où l’on constitue son repas en cochant les ingrédients que l’on souhaite sur une petite fiche.
(*) Miam Miam, 9 rue Laurent Fauchier, Aix en Provence
Pour le goûter, nous sommes allées à l’Atelier du Mochi. Nous l’avions repéré le matin en croisant une personne qui avait un sac de la boutique. Quelques petites tables à l’intérieur mais surtout en terrasse permettent de déguster sur place les mochis traditionnels ou glacés fait maison, en les accompagnant d’un thé ou d’une boisson fraîche. Nous avons tellement apprécié ces mochis que nous en avons aussi acheté à emporter pour notre dessert du soir.
Impossible de repartir d’Aix en Provence sans calissons. Ces confiseries au melon et à l’amande sont en effet une spécialité locale. On en trouve bien entendu un peu partout en ville, mais une connaissance m’avait conseillé de les prendre à la Chocolaterie de Puyricard. Je ne regrette pas du tout d’avoir suivi son conseil : ce sont les meilleurs calissons que j’ai eu l’occasion de déguster. On y sent bien les goûts du melon et de l’amande sans qu’ils soient trop sucrés.
(*) Chocolaterie de Puyricard, plusieurs boutiques en France, dont 2 à Aix. Nous sommes allées à celle située en bas du Cours Mirabeau
Cette semaine, le thème du projet 52, « à la lettre », nous incite à nous plonger dans les mystères de l’alphabet ou de la correspondance. J’avoue avoir mis ce thème sur la liste après avoir visité le Scriptorial d’Avranches et vu les manuscrits du Mont Saint Michel. Mais j’ai déjà utilisé cette illustration il y a trois semaines avec le thème « en papier ». Il me fallait donc une autre idée.
Parmi celles qui me sont venues à l’esprit, il y a eu :
Un animal qui aurait été nommé en fonction de la lettre de son année de naissance. Mais ce n’est pas le cas de Vador et je n’ai pas eu le temps d’aller au centre équestre depuis un moment.
Un courrier que j’aurais reçu. Mais ces derniers temps, je n’ai pas eu de lettre bien intéressante visuellement, ni que j’aurais pu exploiter de façon un peu décalée.
Une pile de vieilles lettres. Cependant, j’utilise régulièrement les cartes postales et autres courriers que j’ai récupérés chez mes grands-parents, et je souhaitais un peu d’originalité.
Une jolie typographie. Et cela tombe assez bien car le week-end dernier, je suis allée à Aix-en-Provence pour visiter l’exposition consacrée à Alphonse Mucha. Si son style de dessin est très connu, et immédiatement associé à l’Art Nouveau, je n’avais jamais prêté attention au travail de typographie sur ses affiches.
Détail de l’affiche pour Gismonda avec Sarah Bernhardt au Théâtre de la Renaissance – 1894
Pour découvrir ce que les autres participants ont fait à la lettre, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.
A noter : ce week-end, je serai occupée à profiter de bons moments et partager des activités. Je ne sais donc pas à quel moment je pourrai venir valider les commentaires qui seraient partis en modération. Donc, ne vous inquiétez pas si votre commentaire ne s’affiche pas et met longtemps à apparaître : c’est sans doute qu’il est quelque part dans la file de modération et que je n’ai pas encore eu le temps de le valider
Cette année, nous avons eu un début de printemps précoce. Et même si l’hiver n’a peut-être pas dit son dernier mot (il a d’ailleurs neigé dimanche dernier sur la plaine de Valence), les premiers signes printaniers sont déjà nombreux. Je n’ai donc pas résisté à l’envie d’aller me balader dans la campagne pour découvrir les premières fleurs et les lumières printanières. Voici une partie de mon butin photographique.
Primevères
Pique-nique au soleil à Beauvoir-en-Royans
C’est après une activité manuelle qui avait lieu au pied du Vercors que je suis allée, fin février, à Beauvoir-en-Royans. Le soleil brillait et la grande pelouse sur le site des Carmes m’a semblé l’endroit idéal pour pique-niquer. Cela faisait quasiment deux ans que je n’étais pas montée jusqu’au site médiéval. Comme à chaque fois, j’ai été impressionnée par les ruines de l’ancien château des Dauphins. Même s’il n’en reste pas grand chose, il est assez facile de se rendre compte de la taille qu’il avait.
Vestige du donjon de l’ancien château des DauphinsMur de la chapelle de l’ancien château des Dauphins
Je me suis assise sur un banc, profitant de la vue, magnifique, qui se déploie sur la Vallée de l’Isère. Construit sur un promontoire, le château avait initialement une vocation défensive et permettait de surveiller le passage dans la vallée. Le regard porte ainsi jusqu’à l’entrée de la cluse de Voreppe et on aperçoit le massif de la Chartreuse. Les primevères sont nombreuses, au pied des arbres ou des vieilles pierres (elles seront bientôt remplacées par les orchidées dont la floraison est plus tardive).
Vue sur la vallée de l’Isère depuis le site médiéval du Couvent des CarmesAu pied des vieilles pierres
Mais, le ciel se charge de me rappeler que nous sommes encore en février. Il se couvre et quelques gouttes tombent. Il est temps pour moi de rentrer, non sans jeter un dernier coup d’œil au Couvent des Carmes.
Le mur de l’ancienne chapelle du château médiéval et le bâtiment conventuel du XVIIe siècle au pied du Vercors
Beauvoir-en-Royans – Isère – février 2024
Premières fleurs dans les vergers drômois
J’ai commencé à apercevoir les premières fleurs dans les vergers au début de la deuxième quinzaine de février. Et même si la météo était mitigée et le ciel un peu gris, je n’ai pas pu résister au plaisir d’aller trainer du côté de quelques champs d’abricotiers et de pêchers vers Châteauneuf sur Isère. Ce sont les variétés les plus précoces bien sûr qui ont commencé à fleurir. Je m’attendais surtout à voir les abricotiers en fleurs car j’en avais vu passer quelques images sur les réseaux sociaux, mais j’ai eu le plaisir de découvrir que les pêchers commençaient timidement leur floraison également.
Fleurs d’abricotiersFleurs d’abricotiersFleurs d’abricotiersFleurs d’abricotiers en boutonsFleurs de pêchersFleurs de pêchersFleurs de pêchers
Chateauneuf-sur-Isère – Drôme – février 2024
Je ne sais pas si j’aurai une autre occasion d’aller photographier les vergers en fleurs cette saison, mais vous pouvez retrouver mes images des floraisons des années précédentes :
Au mois de juin – les lavandes dans la campagne drômoise
Tout au long du printemps et jusqu’au cœur de l’été – un peu partout, sur le bord des chemins et dans les champs, de nombreuses variétés de fleurs : coquelicots, lilas, lys, colza, tournesols, etc.
A noter : les périodes de floraison sont bien sûr données à titre indicatif et sont approximatives. Elles varient chaque année selon la météo.