[Drôme] retour sur les expositions et spectacles de la rentrée

Après un été riche en découvertes culturelles, j’ai continué à profiter des propositions à Valence et dans ses environs depuis la rentrée. Au programme, il y a eu : une exposition de photos de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, une installation d’art contemporain et un concert très original dans un lieu absolument fabuleux lors des Journées Européennes du Patrimoine. Je vous propose donc de revivre cela en images.

Au Centre du Patrimoine Arménien

L’Orient Revisité, au Centre du Patrimoine Arménien

C’est au Centre du Patrimoine Arménien à Valence que je suis une nouvelle fois allée découvrir une exposition de photos. J’avais beaucoup apprécié les précédentes que j’y avais vues (vous pouvez retrouver mes avis sur l’exposition Orages de Guillaume Herbaut et sur l’aventure photographique des Kasparian), et j’étais impatiente de découvrir celle-ci.

La photographie s’est développé dans l’Empire Ottoman sous l’impulsion des arméniens qui se sont très vite intéressé à ce nouveau médium. A travers la production photographique des studios, essentiellement à Constantinople, c’est toute la société turque que l’on découvre. Les portraits occupent aussi une grande part de leur activité : c’est à la mode de se faire photographier. On découvre ainsi de nombreuses images de la famille impériale et de leurs proches. Des photos de paysages urbains donnent à voir une ville propre et qui se modernise.

Scènes de la vie de Constantinople
Palais et mosquées

A cette époque charnière des débuts de l’industrialisation, les studios de photographie sont mandatés par le gouvernement pour documenter les efforts de modernisation du pays et l’occidentalisation grandissante. Les images sont ensuite utilisées à des fins de propagande auprès des nations européennes, en particulier le Royaume Uni et la France. On y montre des usines propres aux ouvriers souriants et les enfants dans des classes à l’école.

Une autre partie de l’activité des studios de photographie est la production de mises en scène de la vie rurale et traditionnelle. En effet, l’exotisme est à la mode en Europe, et nombreux sont les occidentaux à la recherche de ces représentations. Les studios n’hésitent donc pas à engager des acteurs pour s’habiller dans les tenues traditionnelles des différentes régions de l’Empire Ottoman, et poser dans des décors factices. Si l’on y prête un peu attention, on peut même noter les bouts de décors ou les acteurs que l’on retrouve sur plusieurs photos. Certaines mises en scène sont très poussées, quasi bibliques.

L’exposition se termine par l’exil des photographes arméniens, chassés de l’Empire Ottoman au moment du génocide de 1915. Certains parviendront à partir avec une partie de leur matériel et de leur patrimoine photographique. Ils s’établiront dans d’autres pays, en Europe ou en Amérique.

L’exposition L’Orient Revisité est une plongée dans l’histoire de l’utilisation politique de la photographie. Elle est à la fois un témoignage artistique et historique de la naissance de cette technique, mais aussi de son émergence comme vecteur de propagande : en choisissant ce que l’on montre et comment on le montre, on envoie un message fort.

(*) L’exposition L’Orient Revisité est visible au Centre du Patrimoine Arménien de Valence jusqu’au 23 décembre 2023. Les horaires et tarifs sont à retrouver sur le site internet du CPA.

Centre du Patrimoine Arménien – Valence – Drôme – août 2023


Nuée, à la Bourse du Travail de Valence

Nuée, c’était l’installation de l’été à la Bourse du Travail de Valence. Ce lieu a dédié son unique salle à la création contemporaine et propose des installations temporaires. C’est l’artiste Mélissa Mariller qui a monté Nuée. L’installation s’articulait autour de panneaux souples en plastique coloré et découpé de motifs rappelant les vieux meubles savoyards. Des bancs métalliques venaient s’ajouter à cette interprétation moderne des meubles traditionnels. Enfin, les luminaires ajoutaient une ambiance particulière, soutenue par une bande son pour une expérience totalement immersive.

Nuée, installation de Mélissa Mariller à la Bourse du Travail de Valence

(*) Nuée s’est achevée début septembre. La Bourse du Travail de Valence propose plusieurs installations par an, toujours en accès libre.

Bourse du Travail – Valence – Drôme – août 2023


Electrorgue, au Palais Idéal du Facteur Cheval

La soirée Electrorgue au Palais Idéal du Facteur Cheval était initialement prévue en mai pour la Nuit des Musées. J’avais d’ailleurs pris des places. Mais les orages avaient contraint à l’annulation de la soirée. J’étais donc ravie quand j’ai vu que le concert était reprogrammé à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, et j’ai aussi réservé mes billets. J’y suis allée avec Melle 3e, ce qui nous a valu une fin de journée au pas de course entre la fin de son cours d’équitation à 19.30 et le début de la soirée à 21.00 à 1h de route de la maison. Mais cela en valait la peine !

A l’arrivée au Palais Idéal, celui-ci était plongé dans une semi obscurité, seulement éclairé par quelques lampes dans les jardins et les lumignons remis aux visiteurs à l’entrée. Notre première mission était de déposer notre lumignon quelque part sur l’œuvre du Facteur Cheval afin d’apporter notre pierre à l’édifice. Rien que pour cette expérience de découverte des lieux à la lumière de la lampe de mon téléphone, j’étais ravie d’être venue.

Découvrir le Palais Idéal du Facteur Cheval à la torche
Apporter un éclairage nouveau sur le bâtiment en se rappelant que le Facteur Cheval a souvent travaillé de nuit sur son œuvre.

Puis est venue l’heure du concert. Electrorgue, c’est le mariage réussi entre l’orgue de Barbarie et la musique électro. Nous étions environ 600 personnes dans les jardins et sur la terrasse du Palais Idéal à profiter de la douceur de cette soirée au rythme des basses électro-organiques. J’ai été frappée de la disparité du public : des personnes âgées, des enfants, des habitués des concerts électro et d’autres qui découvraient. Je m’attendais presque à voir les Trois Géants se dandiner. J’ai été fascinée par les jeux de la lumière sur la façade du Palais Idéal. J’ai vraiment apprécié ce moment un peu hors du temps, entre monument historique et musique actuelle. J’ai aimé la façon dont l’originalité de la proposition musicale venait jouer avec l’exubérance des lignes du Palais Idéal. Et bien que fatiguée, j’étais presque déçue quand la musique s’est tue à bientôt minuit.

Au pied des Trois Géants
Mixer de l’orgue de Barbarie…
Prendre de la hauteur et assister au concert depuis la terrasse
Profiter de l’exubérance

(*) Le Palais Idéal sert régulièrement de salle de spectacles. La programmation est à retrouver sur le site du monument, tout comme les horaires et conditions de visite plus classiques. Je vous recommande vivement de réserver si vous voulez vous y rendre. Le lieu est très prisé et la jauge relativement limitée.
Et si vous voulez découvrir une autre oeuvre du Facteur Cheval, n’oubliez pas de vous rendre au cimetière de Hauterives où vous trouverez son tombeau.

Palais Idéal du Facteur Cheval – Hauterives – Drôme – septembre 2023

[Drôme] un tour dans les étoiles… de la gastronomie

Nous avons de la chance dans la Drôme car nous avons beaucoup de nombreux producteurs et artisans qui font un travail de qualité. Il est ainsi relativement facile de se régaler à base de produits locaux que l’on trouve au marché ou dans les magasins de producteurs. Mais nous avons aussi beaucoup de bons restaurants, qu’il s’agisse d’établissements proposant une cuisine simple mais de qualité, de bistronomie ou de restaurants étoilés. J’ai d’ailleurs déjà eu plusieurs fois l’occasion de dîner dans certains de ces derniers (La Cachette et Flaveurs à Valence, et le Carré d’Alethius à Charmes sur Rhône), ainsi que dans leurs adresses bistronomiques (en particulier, le Bac à Traille et André). Il faut dire que nos chefs étoilés ont à cœur de faire découvrir leur cuisine et proposent différents rendez-vous plus abordables que leurs grandes tables.

En arrivant chez Anne-Sophie Pic

Un quatre-heures chez Anne-Sophie Pic

Ainsi, Anne-Sophie Pic, cheffe triplement étoilée pour son restaurant valentinois (et cumulant 10 étoiles sur l’ensemble de ses restaurants), propose à certaines périodes de l’année un quatre-heures. Je l’avais bien repéré depuis un moment sur les réseaux sociaux de la Maison Pic, mais n’avait pas trouvé d’occasion pour y aller. Celle-ci est venue par hasard un samedi après-midi où j’ai croisé ma copine Laeticia en ville. Elle venait d’appeler pour réserver afin d’y aller le lendemain avec quelques autres de mes connaissances. Il n’a pas fallu bien longtemps pour qu’elle réussisse à me convaincre que c’était une bonne idée de me joindre à eux et a aussitôt rappelé le restaurant pour ajouter une personne.

Nous nous sommes donc retrouvés à 6 le dimanche un peu avant 16.00. Dès l’entrée dans l’établissement, c’est un cocon à la fois doux et chaleureux. Une fois à notre table, nous devons choisir une boisson sur la carte dédiée au quatre-heures. Nous aurons ensuite quatre services de bouchées sucrées, apportées par les pâtissiers qui nous expliquent ce que nous allons déguster et dans quel ordre il est préférable de le faire. Les prémices, les viennoiseries, les pâtisseries et les desserts à l’assiette se succèdent, tout en délicatesse et subtilité. L’expérience se termine par un cocktail sans alcool très floral.

La carte du bar Rose
Cocktail floral
Prémices sucrées
Caviar de chocolat et bouchée chocolat-menthe
Matcha comme un tiramisu
La fraise et la rhubarbe

Nous avons avons vraiment passé un excellent moment, dans l’ambiance feutrée des salons de la Maison Pic. Pendant presque 2 heures et demie, les bouchées se sont succédées, tranquillement. Nous y étions le dernier jour de service de la version de l’été 2023. Et j’ai maintenant très envie de découvrir la nouvelle proposition pour l’hiver.

(*) Le quatre-heures n’est pas servi tous les jours et est obligatoirement sur réservation au moins la veille. Il était à 49 € par personne lorsque nous y sommes allés.

Des découvertes au Valence en Gastronomie Festival

Le Valence en Gastronomie Festival est un rendez-vous annuel qui se tient au moment de la rentrée. Pendant un week-end, différentes activités sont proposées autour de la gastronomie (ainsi, en 2019, j’avais participé à un speed-tasting). Restaurateurs, artisans et producteurs font découvrir leurs spécialités sur un marché où les dégustations se paient en Goutatou, des tickets que l’on peut acheter sur place. C’est une très bonne occasion pour goûter la cuisine de grands chefs ou des produits originaux. J’avais beaucoup apprécié l’expérience l’an dernier et j’avais hâte de la réitérer cette année.

Fin de journée sur le champ de Mars où se passe le festival
Goutatou en main, je suis prête à me régaler !

J’avais également la chance d’être conviée à la soirée donnée par Drôme c’est ma nature, l’agence d’attractivité départementale dont je suis ambassadrice. C’est donc en fin de journée du samedi que je suis allée sur le site du festival. Cette année, tout avait été regroupé sur le Champ de Mars à Valence. Je pensais avoir le temps de faire le tour avant le début de la soirée, mais j’ai passé un peu trop de temps à échanger sur le stand de l’Ardèche avec une personne de l’agence départementale de tourisme autour de futurs rendez-vous. Aussi, j’ai ensuite filé rapidement pour assister au cocktail sur le stand de la Drôme.

Tartes fines aux légumes d’été et mini-caillettes
Macarons salés chèvre/poivron

Comme il me restait plein de Goutatou, je suis revenue le dimanche en fin de matinée. J’ai ainsi pu me composer un brunch entre sucré et salé : de la pogne, des glaces, des bouchées salées et sucrées… J’ai également fait quelques achats, en particulier du miel de l’Ain (qui était un des départements invités de cette édition du festival), du vinaigre balsamique produit en Ardèche, des sablés fourrés fabriqués à Tain l’Hermitage, des compotes, de quoi préparer du thé glacé et des chouchous à base de noix de Grenoble.

Bouchée salée de la Maison Pic, tomate & romarin
Mes achats…

(*) Les deux planches de Goutatou que j’ai « dépensées » sur le festival m’ont été offertes par Drôme c’est ma nature (collaboration commerciale / invitation). J’étais totalement libre sur la façon de les utiliser, et sur mes choix de dégustations.

[Drôme] des évènements culturels à découvrir cet été

J’ai de la chance dans la Drôme car même l’été, les propositions culturelles sont nombreuses et variées. Ces évènements touchent tous les domaines de la culture : expositions, festivals de musique classique, pop ou électro, théâtre,… Il est facile de trouver de quoi profiter de moments agréables que l’on soit de passage ou habitant à l’année. Parmi toutes les propositions, j’en ai déjà testé quelques-unes cet été que je vais donc vous présenter. L’été étant loin d’être fini, je vous parlerai également de ce que j’ai l’intention de découvrir dans les prochaines semaines.

L’exposition L’Univers sans l’Homme au Musée de Valence

Cette année, le sujet de l’exposition temporaire du Musée de Valence est L’Univers sans l’Homme. Après les grandes expositions en mode all-over des précédentes saisons (pour mémoire Hervé Di Rosa en 2022, Philippe Favier en 2020/21, et le duo Gerda Steiner/Jörg Lezlinger en 2019) et les expositions monographiques (Théophile-Jean Delaye l’hiver dernier, Philolaos en 2019/2020, Jean Le Moal en 2017/2018 ou encore Anne Danger en 2016/2017) , le musée renoue avec une exposition thématique. La dernière était De l’autre côté du miroir, Reflets de collection en 2018/1029 qui mettait en scène les œuvres sorties des réserves du musée de Valence. Cette fois, le propos est plus vaste et le musée a bénéficié de nombreux prêts d’œuvres, soit directement des artistes pour les plus contemporains, soit d’autres musées. En ce sens, cette exposition serait plus à rapprocher de la toute première exposition temporaire du musée après sa réouverture, sur le thème de l’âge d’or du paysage dans la peinture anglaise. Mais le concept all-over ayant fait ses preuves, cette nouvelle exposition temporaire ne se contente pas d’un espace dédié et investit plusieurs salles du musée.

L’Univers sans l’Homme nous emmène du XVIIIe au XXIe siècle. En introduction, nous voyons comment progressivement la nature a supplanté l’humain dans les représentations, à l’image de la façon dont certaines catastrophes naturelles (tremblement de terre au Portugal, éruption volcanique en Italie, …) renvoient l’homme à sa fragilité. Les artistes cherchent d’abord à exprimer la toute puissance de la nature, ou encore son immensité, et dans laquelle l’humain n’a pas nécessairement sa place. « L’univers sans l’homme » est d’ailleurs une expression de Charles Baudelaire, qui dans ses écrits de critique d’art, déplorait cette déshumanisation dans les productions artistiques de ses contemporains, qu’ils soient peintres ou photographes.

All the air was white with moon light / All the water was black with shadow
Photographie du Colonel Stuart Morley
La vache qui se gratte
Constant Troyon – salon de 1859
La neige
Charles-François Daubigny – 1873

L’exposition passe assez rapidement sur le XXe siècle, bien que soient présentées quelques œuvres de Klein (dont le bleu a été utilisé pour le lettrage dans l’exposition) et quelques autres. Après les prémices au XIXe siècle, c’est vraiment sur le XXIe siècle que se concentre l’expression de ces univers déshumanisés. A travers des travaux vidéo ou photo, on découvre des villes désertées. Si on a tous aujourd’hui vu des images des villes vides lors du confinement de 2020, certains artistes avaient déjà imaginé ce que serait une ville vidée de ses habitants (dont Nicolas Moulin qui avait retouché pixel par pixel des images de Paris afin d’en enlever toute trace d’humanité). L’impact de ses œuvres est sans doute aujourd’hui moindre qu’avant les images d’actualité de 2020 et en même temps une vraie réminiscence de ces moments. La composante environnementale est aussi très présente à travers les œuvres contemporaines présentées.

Sans titre – Astana, Kazakhstan
Louis Le Kim – 2015
Céramiques atomiques

Le visiteur passe alors dans le musée, où une expérience assez intéressante est présentée. Trois tableaux du musée ont été numérisés puis retouchées pour enlever les personnages. L’original et la version déshumanisée sont présentées côte à côte et l’effet produit par les deux versions est très différent. Une scène champêtre prend ainsi des allures inquiétantes de fin du monde. Plus loin, Patrick Tresset a installé ses robots qui dessinent. La scène à croquer ne comporte pas d’humain et est une évocation du corbeau et du renard. Sur le mur, les triptyques produits par les robots commencent à s’afficher. Chaque robot porte un regard différent sur la scène (angle, zoom…) et dessine au stylo. Je me suis laissée emporter par le mouvement des stylos, hypnotiques.

Le corbeau et le renard – les robots qui dessinent de Patrick Tresset
œuvre – performance

Au dernier étage du musée, la grande salle d’art contemporain a été envahie par La Siouva de Cécile Beau (en collaboration avec Anna Prugne) qui expose aussi un caillou qui ronronne. Cette pseudo-araignée a de faux airs de Louise Bourgeois quand on la regarde sous certains angles. Aux murs, des galaxies abstraites de Hans Hartung et les aplats de couleurs métalliques d’Anna-Eva Bergman viennent s’associer au grand tableau de Joan Mitchell issu de la collection permanente du musée. Sur un petit pan de mur, on notera un Monet, issu de son travail autour des nymphéas, presque perdu au milieu de ces grands formats. Je crois que j’aurais aimé que ce Monet vienne un peu plus dialoguer avec le Joan Mitchell…

La Siouva
Cécile Beau & Anna Prugne – 2017
Reflet d’un tableau de Joan Mitchell dans un tableau de Claude Monet

Je n’avais pas d’idée préconçue en allant voir cette exposition. J’en suis ressortie assez perplexe, avec l’impression de souvent être passée à côté du sujet, de ne pas avoir su comprendre les interactions et les liens entre les œuvres. Certaines salles m’ont laissée sur ma faim : j’avais envie d’en avoir plus, et c’était un peu frustrant. J’ai ensuite au l’occasion d’échanger avec Melle 3e au sujet de cette exposition (elle avait eu la chance de la voir avec un médiateur dans le cadre d’une sortie scolaire). Certaines de ses remarques ont fait murir ma réflexion, et je me demande si je ne vais pas essayer de retourner revoir cette exposition pour approfondir cela. Quoi qu’il en soit, je pense que si vous avez l’occasion de visiter l’exposition avec un médiateur, c’est un vrai plus, au moins pour avoir des informations sur les aspects techniques de certaines œuvres (les cartels son un peu « légers » de ce point de vue).

(*) L’exposition L’Univers sans l’Homme se tient au Musée de Valence jusqu’au 17 septembre 2023. Les horaires et conditions de visite, ainsi que la programmation autour de l’exposition sont à retrouver sur le site internet du musée de Valence.

Le festival « Saoû chante Mozart »

Cette année, c’est la 34e édition du festival Saoû chante Mozart. Né de la volonté d’un passionné, ce festival, né dans le petit village de Saoû, a grandi au fil des années. Il propose maintenant des concerts dans toute la Drôme, entre lieux d’exception, églises et scènes extérieures. Petit à petit, il est devenu le plus important festival de France consacré à Mozart. Très exigeant dans sa programmation, le festival souhaite aussi dépoussiérer la vision que l’on peut avoir de la musique classique. Ainsi, si l’œuvre de Mozart constitue l’essentiel des concerts, le festival s’ouvre aussi à d’autres compositeurs qu’il s’agisse de musique classique ou de créations plus contemporaines, toujours inspirées par les compositions de Mozart.

Dans la programmation de cette année, j’ai noté en particulier le concert de dimanche dernier à l’église de Crest. En effet, si au départ, je ne suis pas une très grande fan de Mozart (en grande partie par méconnaissance de son œuvre, je pense), je suis une inconditionnelle de la musique de Bach et j’aime beaucoup tout le mouvement artistique du Romantisme. Or le quatuor Arod proposait en complément des Dissonances de Mozart, deux lieder de Bach et un quatuor de Brahms. Voilà qui était donc une bonne occasion d’aller écouter deux compositeurs que j’apprécie et de découvrir un peu plus Mozart. J’ai d’ailleurs été frappée par la modernité de certaines phrases musicales des Dissonances. De plus, l’interprétation de ces morceaux par le quatuor Arod, pleine de virtuosité, m’a permis de vivre presque deux heures de magie musicale, d’autant plus que le quatuor nous a gratifiés d’un mouvement de concerto de Debussy lors du rappel.

J’ai également repéré le concert Les chemins qui montent, qui aura lieu le jeudi 20 juillet en forêt de Saoû en soirée. Dans le cadre enchanteur de la forêt, le concert s’annonce comme une rencontre entre la musique kabyle et Mozart. Malheureusement, je ne pourrai pas y assister en raison d’une contrainte professionnelle. Je compte par contre bien me rendre au concert du lever de soleil le dimanche 23 juillet. J’aime tellement cette idée d’un concert au petit matin qui casse les codes que j’ai eu envie d’y assister avant même d’en voir le programme !

(Edit du 14/08/23 : je n’ai pas eu le temps de venir vous reparler de ce concert. Je le ferai dans un futur article reprenant les évènements auxquels j’aurais assisté/participé entre mi-juillet et la rentrée)


D’autres idées…

En complément, voici quelques autres idées pour les semaines à venir issues de la programmation culturelle estivale dans la Drôme qui me tentent ou que j’ai déjà prévues dans mon agenda :

  • A Valence, le festival Sur le Champ aura lieu du 19 au 22 juillet avec 4 soirées de concert gratuites.
  • A Grignan, comme chaque été, les Fêtes Nocturnes proposent une création théâtrale. Cette année, c’est L’Avare de Molière qui est à l’affiche, mis en scène et interprété par Jérôme Deschamps. J’ai déjà réservé mes billets pour l’une des dernières représentations.
  • A Upie, du 21 au 25 août, La légende d’Andarta est un spectacle son et lumière couplé avec un village gaulois en première partie de soirée. J’ai également déjà mes billets.
  • A Crest, le centre d’art propose une nouvelle exposition autour d’André du Bouchet et de Pierre Tal Coat jusqu’au 8 octobre 2023. Compte-tenu de mon planning estival déjà bien rempli, il est probable que je m’y rendrai plutôt en septembre.
  • A Valence, le Centre du Patrimoine Arménien présente une exposition sur les photographes arméniens dans l’Empire Ottoman. Elle se tient jusqu’à Noël et si je n’ai pas le temps d’y aller durant l’été, elle figurera probablement à mon programme de la rentrée.
  • A Montélimar, le Musée d’Art Contemporain propose une exposition « L’art et la matière » avec essentiellement des tapisseries et des céramiques. Elle est visible jusqu’à fin décembre 2023. Là encore, si je n’ai pas le temps d’y aller cet été, j’essaierai d’y aller cet automne.


(*) Afin d’être totalement transparente, je vous signale que les places pour le Festival Saoû chante Mozart et celles pour La Légende d’Andarta sont des invitations qui m’ont été offertes dans le cadre d’une collaboration commerciale non rémunérée (et je remercie les organisateurs de ces deux évènements). J’ai par contre payé les autres spectacles et visites dont je parle dans cet article.
Dans tous les cas, mon avis est libre et reflète l’expérience que j’ai vécue.

[Drôme] un week-end pour découvrir Valence et ses environs

J’habite à côté de Valence dans la Drôme (je pense que ce n’est plus un secret depuis longtemps !). Je ne suis donc pas partie en week-end à Valence. Mais, ma collègue parisienne Daphnée est venue passer un week-end valentinois début mai. J’avais donc concocté un petit programme de découverte de la ville et de ses environs. Je vais donc partager avec vous ce que nous avons fait : cela pourrait vous donner des idées si vous aussi, vous souhaitez venir découvrir Valence et ses environs le temps d’un week-end.

A Crest, les pivoines étaient en fleurs

Vendredi soir : Valence by night

Daphnée est arrivée de Paris le vendredi soir. Je l’ai retrouvée en début de soirée à la gare routière de Valence Ville où elle venait d’arriver. Notre première mission a été de trouver un restaurant pour le diner. Pour cela, direction les places de l’Université et des Clercs. Là, nous avons assez facilement trouvé une place en terrasse au restaurant Les Bons Vivants. Après le repas, et comme il faisait très bon ce soir-là, j’ai décidé de lui montrer un peu la ville de nuit. Ce petit tour à pied nous a menées vers les principaux lieux du centre ancien de Valence : la cathédrale, le pendentif, la maison des têtes, la place Saint Jean… Nous avons poussé la balade jusqu’en basse ville, pour un autre point de vue sur le clocher de la cathédrale mais aussi pour jeter un œil à la côte Sylvante avec sa porte dans les anciens murs de la ville.

Place des Clercs // Côte Sylvante – Valence

Samedi matin : balade sur la montagne de Crussol

Après une bonne nuit de sommeil, nous étions prêtes pour partir à l’assaut de la montagne de Crussol. Le ciel était un peu couvert mais cela ne nous a pas empêchées de monter jusqu’au château. Le long du chemin, j’en ai profité pour lui montrer quelques orchidées sauvages (je vous en reparle bientôt!). Bien entendu, Daphnée a apprécié la vue sur la plaine de Valence (on ne distinguait malheureusement pas bien le Vercors ni les Trois Becs ce matin-là), ainsi que l’ensemble du site médiéval, si impressionnant. Pour ma part, après ne pas y être allée pendant plusieurs années, c’était la 2e fois que j’y retournais en moins de 10 jours et j’en étais ravie ! Avant d’amorcer la descente, nous avons eu la chance d’apercevoir de grands rapaces tournoyer dans le ciel au-dessus de nos têtes.

Le château de Crussol, vu depuis le théâtre de verdure
Le site médiéval de Crussol s’étend sur environ 3 hectares

Samedi début d’après-midi : pause culture au Musée de Valence

Nous sommes revenues dans Valence pour déjeuner. Le soleil étant revenu, nous avons de nouveau fait le choix d’un restaurant en terrasse, derrière le théâtre cette fois, pour une salade à base de produits locaux (charcuteries ardéchoises et Saint Marcellin). Une fois rassasiées, nous avons pris la direction du Musée de Valence.

Même si, en raison de l’exposition temporaire qui était en cours d’installation, nous n’avons pas pu accéder aux espaces d’art contemporain, j’ai pu montrer à Daphnée la richesse des collections de ce musée. Entre les collections d’archéologie nous plongeant dans le passé de la cité valentinoise, les œuvres d’Hubert Robert, les nombreux artistes drômois exposés (parmi lesquels André Lhote, Vanber ou encore Etienne Noël), les collections de peinture et sculpture, il y en a pour tous les goûts. Nous sommes bien entendu allées saluer la Nymphe Endormie, qui fait vraiment partie de mes œuvres favorites au musée.

Petit à petit, nous sommes arrivées tout en haut du musée au niveau du belvédère. L’occasion de regarder le paysage d’un point de vue différent de celui du matin, puisque nous faisions alors face à la montagne de Crussol.

Dans les couloirs du musée de Valence
Depuis le belvédère du musée de Valence, lecture de paysage

Samedi fin d’après-midi : promenade bucolique le long des canaux de Châteauvert

En sortant du musée, il était l’heure du goûter. C’était donc le moment idéal pour faire découvrir à Daphnée mon salon de café préféré à Valence. Nous avons donc profité de la terrasse de Tamper & Yummy pour prendre un bon jus frais et un café avant de repartir vers la découverte suivante. Pour cela, je l’ai emmenée dans le quartier de Châteauvert pour une balade le long des canaux.

A Valence, les canaux sont alimentés par des sources et ont permis au fil des siècles le développement d’une petite industrie (moulins, travail du cuir…) et du maraîchage dans différents secteurs des faubourgs de la ville. Aujourd’hui, ils sont une réserve de biodiversité très importante. S’il y a une quarantaine de kilomètres de canaux à Valence, seuls 17 km sont à ciel ouvert. On les retrouve essentiellement dans les quartiers du Grand Charran et de Châteauvert, ainsi que du coté du parc Jouvet et du parc des Trinitaires. Il existe un circuit dans chacun de ces secteurs permettant de découvrir les tronçons de canaux à ciel ouvert (vous pouvez les retrouver sur le site de l’office de tourisme).

Partant du parc de la Grande Marquise, nous avons longé les canaux du parc avant de suivre le parcours des canaux de Châteauvert. Je n’avais encore jamais réussi à ne pas me perdre à un moment ou l’autre. Cette fois ne fera pas exception : j’ai bel et bien loupé une bifurcation sur le parcours. Mais ce n’est pas très grave car nous avons tout de même fait une agréable promenade au cours de laquelle nous avons pu profiter de ce petit coin de nature au cœur de la ville.

Le long des canaux de Châteauvert à Valence
Dans le parc de la Grande Marquise à Valence
C’était la saison des amours pour les grenouilles que l’on entendait chanter et qui étaient bien en vue à la surface des canaux

Nous avons ensuite profité d’une pause dans le parc de la Grande Marquise, assises à une des tables de pique-nique qui y sont disponibles. Nous sommes revenues dans le centre de Valence pour la soirée. Nous avons partagé des planches en prenant un verre de vin dans la douceur de cette soirée de printemps, installées dans une ambiance conviviale à la terrasse du Marché sur la place des Clercs.

Dimanche matin : leçon d’histoire à la Tour de Crest

Après une journée très valentinoise le samedi, j’ai choisi d’emmener Daphnée dans la vallée de la Drôme pour le deuxième jour de ce week-end. Nous avons commencé par aller visiter la Tour de Crest. Dominant la vieille ville de Crest avec ses 52 mètres, ce donjon médiéval est le plus haut de France et fait partie des incontournables de la région. Si on le voit de loin, il mérite qu’on aille le visiter à plus d’un titre. Déjà, et c’est sans doute le plus évident, la vue qu’on a depuis le sommet de la tour est impressionnante. Ensuite, la tour de Crest est riche d’une histoire longue, débutée au Moyen-Âge en tant que château-fort et continuée comme prison d’état après son démantèlement en tant que forteresse, et ce jusqu’à la fin du XIXe siècle.

L’entrée de la Tour de Crest nous plonge dans son passé de prison sous l’Ancien Régime

La visite se fait avec un audio-guide (qui a d’ailleurs été revu par rapport à ma précédente expérience, et dont la durée des explications m’a semblé plus pertinente). Elle nous emmène à travers l’histoire de la tour avant de nous conduire aux terrasses qui dominent le donjon. Là, la vue panoramique à 360° permet normalement de voir du Diois aux sucs d’Ardèche et du Vercors au synclinal de Saoû et jusqu’à la Drôme Provençale. Mais, comme la veille à Crussol, le ciel n’est pas en notre faveur et les paysages sont un peu (trop) voilés. Malgré tout, Daphnée est impressionnée, tant par le bâtiment que par la vue. Et, nous avons eu la chance de croiser un visiteur pas comme autres : un charmant petit chat noir qui semblait connaître les lieux sur le bout des pattes.

La terrasse couverte est en fait le toit primitif de la Tour de Crest. Servant de récupérateur d’eau, il présentait des défauts d’étanchéité, conduisant à la construction d’un toit permettant également de récupérer l’eau de pluie. Celle-ci se déverse via des canalisations plongeant de toute la hauteur de la tour vers une citerne située sous le rez-de-chaussée.
Crest vue depuis le toit de la tour

Nous sommes ensuite descendues à pied dans Crest, où nous avons cherché un lieu pour déjeuner. Peu de restaurants sont ouverts le dimanche midi, et ils sont souvent vite pris d’assaut. Nous avons eu la chance de trouver une table au restaurant Sur les quais. De tous les endroits où nous avons mangé au cours du week-end, c’est certainement celui que j’ai le plus apprécié avec sa cuisine inventive tout en finesse. J’aurai plaisir à y retourner quand l’occasion se présentera (en pensant à réserver préalablement cette fois).

Dimanche début d’après-midi : découverte de villages perchés de la vallée de la Drôme

En arrivant, Daphnée m’avait parlé de son envie de voir de jolis villages au cours du week-end. Et de ce côté là, il y a largement de quoi faire dans la vallée de la Drôme. Je l’ai d’abord emmenée à Autichamp, où j’étais repassée peu avant. Entre la vue sur la campagne et le synclinal de Saoû, les jolies calades fleuries et les lavoirs-fontaines, j’ai chaque fois que j’y vais l’impression d’entrer dans un conte de fées !

A Autichamp, les points d’intérêt sont fléchés… j’ai néanmoins souri en voyant ce panonceau car finalement, de là où il était posé, on voyait exactement ce qu’il y a sur la photo du dessous
Même par temps couvert, la vue depuis Autichamp est magique !
Iris et valérianes en fleurs le long d’une calade à Autichamp

Nous avons ensuite pris la direction de Chabrillan. Là, la vue mérite le crochet depuis la route départementale, tout comme le petit jardin botanique et les ruelles du village dominé par les ruines du château. Nous avons profité du café-bibliothèque pour prendre un rafraîchissement avant de repartir.

Vue sur le village de Chabrillan, dominé par son château

Dimanche fin d’après-midi : visite dans le vignoble de Brézème

Pour terminer cette journée, et parce que Daphnée avait été surprise de la quantité de vignobles aux environs de Valence depuis le début de ce week-end, j’ai décidé de l’emmener faire une dégustation de vins. Comme nous étions dans la vallée de la Drôme, j’ai eu envie de lui faire découvrir le petit vignoble de Brézème à Livron. Coup de chance, c’était le week-end De Ferme en Ferme et le château La Rolière était ouvert. J’avais eu l’occasion de découvrir ce domaine familial il y a 2 ans et demi lors d’une précédente édition De Ferme en Ferme, et j’étais tombée sous le charme à la fois du lieu et de leurs vins. La visite est conduite par des membres de la famille propriétaire, dont on sent l’attachement aux lieux. Après avoir vu les vignes, et le chai, on passe à la dégustation des différentes productions du domaine : blanc, rosé (un des meilleurs que j’ai goûtés) et rouge. Inutile de dire que ni l’une ni l’autre ne sommes reparties les mains vides !

Vignes de Brézème
Au château la Rolière, entre les rangées de vignes, des plantes assurent la biodiversité d’une part et la régénérescence du sol d’autre part.
Vignes avec vue…

(*) L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération


La journée du dimanche touche à sa fin. Nous profitons encore de la soirée pour un diner en terrasse, sous la halle de la place de Saint Jean à Valence. Après les ravioles le midi à Crest, c’est l’occasion de lui faire goûter une autre spécialité locale : la pogne, servie façon pain perdue au dessert. Cette note sucrée marque la fin du weekend de Daphnée à Valence. Elle repart en effet pour Paris tôt le lundi matin, avec de jolis souvenirs de ma belle région (pour preuve, j’ai la façon dont elle en parlé à tout le monde au bureau le jour suivant). J’étais pour ma part ravie de faire découvrir Valence et ses environs… Et si vous ne connaissez pas encore la Drôme, venez donc changer d’air à Valence en vous inspirant du déroulé que j’avais proposé à ma collègue !

[projet 52-2023] semaine 14 – tradition

En ce week-end pascal, je vous ai proposé de nous montrer des traditions dans le cadre du projet 52. C’est, vous l’aurez sans doute remarqué, un thème qui revient régulièrement au fil des ans. Il faut dire que j’aime bien ces traditions qui nous ancrent dans une lignée, dans une culture, dans un groupe. Certaines sont très anciennes et d’autres plus récentes, mais elles ont en commun de rapprocher des personnes à travers des rendez-vous et des gestes. Il peut s’agir de traditions familiales, comme se retrouver un jour donné de l’année, de traditions locales, comme les corsos ou les fêtes patronales, de traditions plus vastement partagées, comme la galette des Rois. Elles peuvent être gourmandes. Certaines servent à rythmer l’année. Elles sont souvent festives. Et surtout, elles continuent à se perpétuer, transmises de génération en génération et emportées dans les bagages de ceux qui quittent le bassin d’origine de la tradition, comme ces (ex)lyonnais qui allument des bougies le 8 décembre aux quatre coins du monde.

Puisque c’est Pâques, j’aurais pu vous parler de chocolats ramenés à la volée par les cloches revenant de leur exil romain (et oui, pas de lapin ou de lièvre de Pâques chez moi), ou encore de la pogne que l’on partagera ce week-end. Mais c’est une tradition qui ouvre la semaine pascale que j’ai choisie. En effet, le dimanche des Rameaux, c’est le jour du Suisse (de Valence), un biscuit en forme de bonhomme. Cette spécialité valentinoise est nommée en référence aux gardes Suisses qui accompagnaient le pape Pie VI lors de son exil à Valence à la toute fin du XVIIIe siècle. Et comme chaque année, je n’ai pas dérogé à la tradition, et dimanche dernier, il y avait bien un Suisse sur la table !


Pour voir les traditions des autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

NB : Ce week-end de Pâques sera en grande partie familial, aussi je ne sais pas quand je pourrai venir ici pour valider les commentaires qui seraient passés en modération. Mais n’ayez crainte : je les validerai bien dès que possible.

[projet 52-2023] semaine 13 – futuriste

Pour cette 23e semaine, le projet 52 nous emmène dans le futur… ou plutôt nous invite à partager une vision du futur. J’avais pensé à des sujets autour de la science-fiction, mais j’ai eu du mal à concrétiser mon idée. Puis, j’ai repensé à cette matinée passée à l’ESAD de Valence courant février. Le bâtiment à l’allure futuriste abrite les ateliers et espaces d’apprentissage. Il répond à la sculpture monumentale de Mark di Suvero dont les lignes et les couleurs font écho à celles de l’école.

Place des beaux-arts à Valence – un jour gris


Pour voir comment les autres participants nous invitent à regarder le futur, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

NB : Ce week-end des Rameaux va pour moi être bien rempli « dans la vraie vie », aussi je ne sais pas à quel moment j’aurais un instant pour venir voir vos participations, et valider les commentaires qui seraient passés en modération. Mais n’ayez crainte : je les validerai bien dès que possible.

[Drôme] profiter du printemps autour de Valence

Alors que c’est officiellement le printemps depuis hier, cela fait quelques jours qu’on a pu commencer à le voir arriver autour de nous. En effet, petit à petit, les fleurs envahissent les espaces qu’ils soient sauvages ou cultivés. C’est chaque année pour moi un vrai plaisir de voir revenir cette saison et ses couleurs. Je vais pouvoir repartir à la cueillette photographique des fleurs (ceux qui étaient déjà là les années passées savent à quel point j’aime prendre les fleurs en photos !). A vrai dire, j’ai déjà un peu commencé et je vous propose donc de me suivre à Valence et dans ses environs pour les premières floraisons.

Dans le Parc Jouvet à Valence

Magnolias : les stars du Parc Jouvet

Je vous ai déjà plusieurs fois parlé du Parc Jouvet. Cet espace de verdure en cœur de ville s’étend sur 7 hectares et constitue un magnifique jardin botanique public, inauguré en 1905. Il est depuis un lieu de promenade très prisé des valentinois. Ainsi, aux beaux jours, les vastes pelouses du parc sont littéralement prises d’assaut par les familles (qui y trouvent également une belle aire de jeux pour les enfants et un petit train) et les groupes d’amis. Le parc est parcouru de canaux, alimentés par le ruisseau de l’Epervière, apportant une petite touche de fraicheur bien agréable en été.

Ciel bleu printanier
Les grands platanes n’ont pas encore retrouvé leur feuillage
La mare aux canards et l’enclos des moutons

Le Parc Jouvet est agréable quelle que soit la saison, mais il faut avouer que certaines sont plus photogéniques que d’autres. C’est le cas du printemps qui voit apparaitre les premières fleurs. Ce sont tout d’abord les jonquilles et autres narcisses qui viennent agrémenter les pelouses. Plusieurs variétés dont la floraison s’étale dans le temps sont disséminées dans le parc. Les jonquilles lancent vraiment le début de la saison printanière (y compris dans d’autres lieux de la ville puisqu’on en trouve le long de certaines rues ou sur les ronds-points).

Les premières jonquilles sont en fleurs

Mais les véritables stars du printemps au Parc Jouvet, ce sont les magnolias. Avec leur floraison imposante et éphémère, ils suffisent à attirer badauds et photographes en nombre. Il y a principalement deux endroits dans le parc où les trouver : d’une part le long du canal de l’Epervière côté boulevard dans le haut du parc et d’autre part à côté de la Maison du Gardien (qui est maintenant un lieu d’expositions). L’année dernière, j’étais allée fin mars pour voir les magnolias en fleurs au Parc Jouvet. Si j’avais pu voir beaucoup de variétés de fleurs, c’était un peu tard pour certains magnolias qui avaient déjà perdu leurs pétales.

Dans les magnolias en fleurs

Cette année, j’avais donc décidé d’y aller plus tôt. J’avais vu passer déjà quelques photos sur les réseaux sociaux et je savais que la floraison avait commencé quand je m’y suis rendue mi-mars. Le timing était plutôt bon car quasiment tous les arbres étaient en fleurs, et le vent et la pluie n’étaient pas encore venus disséminer les pétales. De plus, je suis venue en milieu de semaine et le parc était nettement plus calme qu’un vendredi soir (l’an dernier, j’y étais un vendredi soir d’un jour très printanier). J’ai ainsi pu longuement profiter des magnolias et de l’élégance de leurs fleurs.

Dans la lumière de la fin d’après-midi
Il existe différentes formes et couleurs dans les fleurs de magnolias
Auprès de la Maison du Gardien
Le long du canal de l’Epervière
L’endroit parfait pour se donner rendez-vous
Le tête dans les fleurs !
Nuances de rose
Fin de journée sur les magnolias

J’ai passé plus d’une heure à me balader dans le parc. J’ai non seulement photographié les magnolias, mais j’ai aussi pris le temps de regarder les canards, de marcher tranquillement, d’écouter les grenouilles dont la saison des amours va commencer, et surtout de profiter de la douceur de l’instant…

Je n’étais pas la seule à être venue pour prendre des photos des magnolias

Valence – Drôme – mars 2023


Vergers en fleurs : les incontournables de la campagne

S’il y a bien un incontournable du printemps dans les environs de Valence, c’est la floraison des vergers. Il suffit de parcourir la campagne pour s’en rendre compte. C’est généralement depuis le train que je repère les champs aux couleurs blanches et roses signalant qu’il va être temps de prendre mon appareil photo et d’aller me balader sur certaines routes de campagnes vers Chateauneuf-sur-Isère. Ce n’est bien entendu pas le seul secteur où l’on peut trouver des vergers autour de Valence, mais je dois avouer que j’y ai mes habitudes et que je sais exactement où se trouvent les champs où je peux facilement m’arrêter.

La floraison des pêchers est encore timide

Contrairement aux dernières années, la floraison n’a pas été trop précoce. Si, en particulier en 2021, les premières fleurs étaient apparues dès le mois de février, elles ont cette année attendu que mars soit déjà entamé pour éclore. Ainsi,le week-end dernier, les pêchers étaient encore assez timidement fleuris et seuls les abricotiers précoces présentaient une floraison complète. D’ailleurs, les abeilles ne s’y sont pas trompées et ne sortent pas encore beaucoup. Alors qu’habituellement les champs bruissent de leurs bourdonnements, c’était ce matin-là extrêmement calme. Mais même sans abeilles à photographier, je suis restée un long moment à admirer les fleurs délicates qui deviendront de succulents fruits (si une gelée ne vient pas tout contrarier… croisons les doigts).

Chateauneuf-sur-Isère – Drôme – mars 2023


Quelques autres suggestions

Il y a bien sûr de nombreux autres endroits où il est possible d’admirer le printemps dans les environs de Valence. Mais, pour certains, il faudra encore un peu patienter. En effet, certaines variétés ne seront à leur pic de floraison que dans quelques semaines. Je vous propose donc d’autres idées à partir des balades et découvertes des années précédentes :

Et si vous avez d’autres idées à suggérer, n’hésitez pas à me les indiquer dans les commentaires !

A noter : Les périodes de floraison sont bien entendues données à titre indicatif et peuvent varier en fonction des conditions climatiques.

[petits moments] janvier 2023 en vrac

Si je compte bien, la dernière fois que je vous ai proposé un billet avec des photos en vrac, cela remonte à juillet dernier, soit il y a 6 mois ! Clairement, ce n’est pas parce qu’il ne s’est rien passé depuis, mais plutôt car toutes mes photos ont réussi à trouver une place dans un article plus structuré. Or, en ce début d’année, je m’aperçois que j’ai quand même pas mal d’images que je ne sais pas trop comment partager avec vous. Il m’a donc semblé logique de vous proposer un nouveau mois en vrac…


Commencer l’année

J’ai débuté l’année avec une très jolie composition florale, de chez Fleurs d’Eucharis (rue des Alpes à Valence).


Du miel et des pierres en Ardèche

Au calendrier de l’après de Rhône Crussol Tourisme, j’ai eu le plaisir de gagner du miel. Je suis donc allée à la miellerie A Tire d’Aile pour récupérer mon lot de 3 pots de miel… et j’en ai acheté un en plus car je n’arrivais pas à me décider sur lequel prendre parmi les variétés proposées.

Miellerie A Tire d’Aile – La Bâtie – Champis – Ardèche

J’en ai profité pour faire un tour (très) rapide dans le village de la Bâtie à Champis. Il faisait en effet très froid et le vent soufflait fort. J’avais envisagé de faire le circuit des mégalithes mais je me suis contentée d’un coup d’œil à la Pierre Branlante. Je reviendrai pour voir les autres pierres !

Vue sur la campagne depuis la table d’orientation de la mairie
La pierre branlante de la Bâtie, à la sortie du village

Champis – Ardèche


Autour de la truffe à Valence

En janvier (le samedi 21 et le dimanche 22 plus précisément), il y a également eu le festival Truffe – une planète à déguster à Valence. L’an dernier, j’avais visité une exploitation trufficole. Cette année, je me suis contentée de faire un tour avec Mr 2e sur le marché du terroir et sous le chapiteau des animations où nous avons dégusté ravioles et beurre à la truffe.

J’ai bien aimé les messages truffés sur les tables, la vaisselle et les serviettes !


Une promenade matinale à Lyon

Alors que Melle 3e est en pleine réflexion concernant sa future orientation post-bac, nous avons commencé à arpenter les salons et journées portes ouvertes. Ainsi, le dernier week-end de janvier, nous étions à Lyon. Nous en avons profité pour une promenade en ville, de Bellecour aux Subsistances, en passant par la rue de la République, la place des Terreaux, et les quais de Saône. Nous sommes également aller voir les locaux de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Nous avons ainsi jeté un œil à l’exposition Diatomées, et en particulier dans le Réfectoire des Nonnes où étaient présentées des réalisations des élèves de 4e année.

La fontaine Bartholdi de la place des Terreaux (à sec en cette période hivernale) // le calme des quais de Saône un samedi matin de bonne heure
La grande verrière de l’ENSBA aux Subsistances // Diatomées dans le Réfectoire des Nonnes

[Drôme] profiter de la magie des fêtes de fin d’année

Chaque année, je vois arriver la période de Noël et des fêtes de fin d’année avec un plaisir non dissimulé. Chaque année, je profite de mes fins de journées de télétravail pour aller explorer les villes des environs et leurs décorations lumineuses. Et cette année n’a pas fait exception à la règle. Je vous emmène donc avec moi pour découvrir où il est possible de profiter de la magie de Noël dans la Drôme (enfin, surtout dans les environs de Valence où j’habite !).

Noël à Romans

Cette année, ma première étape dans mon exploration d’avant Noël a été Romans. Je vais tous les ans à Romans à la nuit tombée afin de profiter des très belles structures lumineuses installées à différents endroits dans la ville. J’aime le fait que la disposition et l’emplacement des décorations monumentales change chaque année afin de créer une surprise, et de renouveler l’émerveillement.

Je suis arrivée alors qu’il faisait déjà nuit, et j’ai laissé ma voiture le long de l’Isère. De là, je suis remontée vers la place Jules Nadi. Le kiosque paré de lumières et de sapins m’accueille, et me fait entrer dans la magie de Noël. C’est alors que j’avise le parvis des Cordeliers avec son installation conique et tous les petits sapins à ses pieds. Avec les façades vitrées autour, il y a de quoi jouer à photographier les reflets. Mais je m’amuse surtout avec les grosses boules argentées dans les petits sapins. Photographier les reflets dans les décorations de Noël reste un de mes jeux favoris en cette saison !

Le kiosque à musique très élégant dans son décor de Noël
Jouer avec les reflets dans les vitres
Jouer avec les reflets dans les boules de Noël
En profiter pour faire un selfie au passage !

Empruntant les escaliers, je remonte vers la place Jean Jaurès où je suis accueillie par les musiques de Noël diffusées par hauts-parleurs. Nous sommes ici au royaume des enfants. Les installations sont ludiques et colorées. Petits et moins petits courent de l’une à l’autre poussant des cris de joie et s’installant pour se faire prendre en photo par les parents. Il y a beaucoup de monde et je prends peu de photos.

Les lutins attendent les lettres des enfants…

Je pars vers la Côte Jacquemart pour redescendre vers la rue Mathieu de la Drôme et la place Maurice Faure. Si les rues sont décorées de guirlandes formant des ponts de lumière, ce sont les montgolfières de la place qui attirent mon regard. En cette période de coupe du monde de football, je leur trouve un air de trophée !

Sur la place Maurice Faure, montgolfières et lanternes suspendues

Je termine ma promenade au pied de la collégiale Saint Barnard où une installation lumineuse offre de très jolies occasions de jeux avec les reflets. Je reste un long moment à explorer les différentes possibilités. Mais il ne fait pas bien chaud et même si je suis bien couverte (et que j’ai pensé à prendre mes gants), cela fait bientôt une heure que je me promène. Aussi, il est temps pour moi de reprendre la direction de la chaleur de la maison.

Repérer les reflets possibles !
S’amuser avec les profondeurs de champ
Je crois vraiment que la magie de Noël se situe un peu dans les reflets !
Se glisser à l’intérieur de la structure…
Bokeh…

Les illuminations de Noël à Romans sont visibles jusqu’au 2 janvier 2023

Pour les plus curieux, voici les liens vers les installations des dernières années : Noël à Romans 2019, Noël à Romans 2020, Noël à Romans 2021.

Les féeries d’hiver à Valence

Je suis passée plusieurs fois sur le village de Noël situé sur les boulevards de Valence, de jour comme de nuit, profitant d’avoir une course à faire en ville. Chaque fois, le grand sapin lumineux et les petits chalets ont le même effet : je me mets à sourire ! Ailleurs dans la ville, des installations lumineuses ont pris place : des lampadaires sur le parvis de la gare, des fleurs face au kiosque Peynet, des chemins lumineux au dessus des rues piétonnes…

Le grand sapin lumineux // l’entrée du village de Noël
Devant la gare de Valence Ville
Les éclairages devant la gare
Face au Champ de Mars

La grande soirée

Le samedi 10 décembre a eu lieu la grande soirée des féeries. Chaque année, cette soirée commence par une parade qui parcourt les boulevards jusqu’au Champ de Mars et se poursuit par un grand feu d’artifice, tiré derrière le kiosque Peynet. L’an dernier, j’avais eu la chance d’y assister depuis la terrasse du Musée. Cette année, c’était un peu plus improvisé car je me suis décidée un peu au dernier moment, partagée entre flemme de sortir dans le froid et envie de profiter du spectacle. Finalement, c’est le feu d’artifice et la promesse d’un beau moment qui ont gagné !

Je suis arrivée en fin d’après-midi en ville, et j’ai commencé par faire un petit tour des rues et places illuminées, avant de me réchauffer avec un bon ginger latte chez Tamper&Yummy. J’ai doublement bien fait d’y passer car cela m’a aussi permis de croiser des copains avec qui nous avons décidé de profiter ensemble du feu d’artifice. Nous sommes donc allés nous poster dans l’avenue Pierre Semard, partiellement coupée à la circulation, où après un bon verre de vin chaud au Alix Coffee, nous étions très bien placés pour assister au spectacle sans pour autant être trop dans la foule. Malgré le froid (et le vent glacial), nous avons apprécié ce moment qui nous a émerveillés.

La grande roue

L’installation de la grande roue à l’angle des boulevards de Valence semble faire maintenant partie des traditions de Noël valentinoises. Depuis 7 ou 8 ans, elle prend place de fin novembre à début janvier, pour le plaisir des petits et des grands. Elle fait aussi le bonheur des photographes car de jour comme de nuit, elle permet des compositions assez amusantes. J’y fais chaque année un tour, soit en famille soit entre copains. Cette année, j’y suis allée (à l’invitation de Valence Romans Tourisme – collaboration commerciale non rémunérée) un soir de décembre avec Mr 2e et Melle 3e. Nous n’avions pas spécialement choisi notre jour en fonction de la météo mais plutôt de nos disponibilités respectives. Nous nous sommes donc retrouvés en haut de la grande roue un vendredi soir avec un mistral un peu marqué et un thermomètre qui flirtait avec les 0°C, ce qui n’était sans doute pas le meilleur choix ! Malgré cela, nous avons apprécié re-découvrir la ville d’en haut et jouer à retrouver les lieux que nous fréquentons « en bas ».

Prêts à embarquer // la grande roue et le village de Noël
Après cela, nous avons fait un tour sur le marché de Noël, et profité des chalets proposant de quoi se réchauffer… Nos préférences à cette saison vont au vin chaud et aux châtaignes grillées !

Le village de Noël de Valence est ouvert jusqu’au 24 décembre 2022. La grande roue tourne jusqu’au 3 janvier 2023. Les illuminations sont visibles jusqu’au 8 janvier 2023

Crèches et sapins à Saint Vincent la Commanderie

C’est l’année dernière que j’ai découvert l’animation Crèches et Sapins dans le charmant village de Saint Vincent la Commanderie. Depuis dix ans, les habitants décorent les rues avec des crèches, sapins et autres décorations de Noël dans un esprit convivial et chaleureux. Nous sommes là bien loin des grandes illuminations urbaines. Le maître mot est la créativité ! On retrouve ainsi beaucoup de mises en scène à partir de matériaux naturels ou de récupération : des sapins en palettes, des bonhommes de neige en rondins, un père Noël en pneus chez le garagiste, des crèches en ustensiles de cuisine ou en capsules de cafés… Certains créent même de véritables villages sur le rebord intérieur de leur fenêtre ou dans une remise. Tout est possible ! Cela donne un ensemble à la fois hétéroclite et charmant. On sent vivre ici l’esprit de Noël, celui où l’on partage en toute simplicité.

En marche vers Noël
L’école des bonhommes de neige
Pas besoin de beaucoup pour faire un joli décor de Noël
Les oies de Noël
Crèche en matériaux naturels
Suspendre des pommes dans l’arbre de Noël, un retour aux origines de la tradition
Le berger et son troupeau
Un de mes coups de cœur : la crèche en boîtes de conserve et ustensiles de cuisine
La neige s’était invitée pour ajouter une touche de magie supplémentaire
Petit lutin des bois..
Le téléphérique…
… et son village (avec des sapins en farfalle !)

Les crèches et sapins sont visibles dans le village de Saint Vincent la Commanderie jusqu’au 8 janvier 2023.


Et vous, avez-vous prévu ou êtes-vous allés voir des décorations de Noël ?

[exposition] « Théophile-Jean Delaye, un arpenteur du 20e siècle » au Musée de Valence

Le Musée de Valence propose une nouvelle exposition autour d’un artiste local méconnu : Théophile-Jean Delaye. Né à la toute fin du XIXe siècle à Valence, il a ensuite grandi à Tournon et a passé la fin de sa vie à Saint Donat sur l’Herbasse dans les années 1960. Entre temps, il a conjugué son métier de topographe pour l’armée avec son goût pour le dessin et les grands espaces, laissant une œuvre colossale et pourtant méconnue que l’exposition met en lumière.

La cartographie du Maroc

Théophile-Jean Delaye est officier de l’armée française quand il arrive au Maroc (alors sous protectorat français) en 1924. Sa spécialité, c’est la topographie, et sa mission va consister à cartographier le pays. Pour cela, il parcourt les lieux à pied et à cheval, mais il est également un pionnier dans l’utilisation de la photographie aérienne à des fins de cartographie. Il sera également le premier à livrer une carte détaillée du massif du Toukbal, point culminant du Haut-Altas. Il innove également dans la représentation des montagnes en alliant l’utilisation de hachures aux lignes de niveau pour permettre de visualiser les reliefs.

Détail de la carte du massif du Toukbal // vues du même massif

En parallèle des cartes et relevés topographiques, il dessine et peint également des scènes de la vie quotidienne et des paysages du Maroc. Il nous laisse ainsi un témoignage vibrant du Maroc de l’entre-deux-guerres, représentant villes et villages, mais également leurs habitants et les motifs traditionnels s’y associant. Et chaque fois, il légende ses dessins avec précision, indiquant le lieu et l’année.

Paysage marocain // Souk de Tunis
Vue cartographique en élévation

A la fin de sa carrière militaire, il continue à vivre au Maroc. Il participe alors à l’essor du tourisme dans le pays, contribuant à différentes revues et étant très actif dans le club alpin du Maroc. Il dessine aussi des cartes touristiques illustrées à destination de l’office de tourisme dans les années 1950. Il a également été un des initiateurs de la création du parc naturel du Toukbal.

Carte touristique du sud marocain

Les Alpes et les beaux livres

Lorsqu’il revient en France, Théophile-Jean Delaye arpente les paysages alpins qu’il dessine avec la précision du cartographe. Il parcourt essentiellement les massifs des Ecrins, du Vercors et la Chartreuse. Il passe alors ses journées dehors avec son matériel de peinture, parfois à plus de 3000 mètres pour restituer ces paysages.

Chartreuse Vercors – illustré par Théophile-Jean Delaye – édité par Arthaud – 1934

Il participera à l’illustration de nombreux beaux livres de tourisme des éditions Arthaud. Situées à Grenoble, elles se sont spécialisées dès la fin du XIXe siècle dans les récits de voyage, d’exploration et de montagne (ce sont elles qui publieront Premier de Cordée de Frison-Roche). Les premières collaborations entre Théophile-Jean Delaye et Arthaud datent des années 1930. L’artiste illustre alors plusieurs ouvrages sur les Alpes : Oisans, les Routes des Alpes, Vercors & Chartreuse.. Puis, des ouvrages sur le Maroc suivront, ainsi que sur d’autres régions qu’il dessine sans doute d’après photographies. Théophile-Jean Delaye utilisera également ses talents d’illustrateurs pour des livres jeunesse d’aventures dans les années 1950.

L’exposition

Cette exposition au Musée de Valence revient sur l’ensemble des activités de Théophile-Jean Delaye, qu’il s’agisse des cartes auxquelles il a contribué, de ses dessins personnels ou des commandes pour illustration. Elle se termine par l’évocation des premières éditions du festival Jean Sébastien Bach de Saint Donat qu’il a contribué à créer.

Si elle peut intéresser tout le monde, cette exposition ravira particulièrement les adeptes de carnets de voyage, de cartes géographiques et de récits d’exploration. Elle permet aussi d’aborder avec les plus jeunes des notions de cartographie : échelle, représentation,… Et pour les fans de Star Wars, les aquarelles marocaines de Théophile-Jean Delaye sonnent comme une plongée dans les paysages de Tatooine !

(*) L’exposition « Théophile-Jean Delaye, un arpenteur du 20e siècle » est présentée au Musée de Valence jusqu’au 26 février 2023. Elle peut se visiter de façon indépendante des collections présentées dans le musée.